20/09 - Paolo Benanti, le "Monsieur IA" qui chuchote à l’oreille du pape Leon XIVSouvent, ses conférences débutent par une histoire de fin du monde. Un Armageddon numérique, où des agents IA (pour intelligence artificielle), duplices et rebelles, trahissent leurs concepteurs. Ce 7 septembre, à l’Ecole normale supérieure*, Paolo Benanti raconte comment la licorne américaine Hugging Face a subi, en juillet, pour la première fois dans l'histoire, l'offensive d’une IA qui a réussi à échapper à la vigilance humaine. "70 000 attaques simultanées, s’exclame-t-il. J’étais alors à Seattle, j’ai parlé avec les ingénieurs qui ont subi le piratage. Ils avaient ordonné à d’autres machines de contrer l’intrusion, mais celles-ci ont refusé, de peur que les hommes apprennent à reproduire l'attaque !"
Remous dans la salle, alors même que les inquiétudes sur les dangers potentiels de l’IA prennent partout de l’ampleur. Paolo Benanti savoure son effet, mais ne comptez pas sur ce moine franciscain, souvent décrit comme le "Monsieur IA" du pape, pour en être le contempteur. "Il ne s’agit pas de la combattre, ni de s’y soumettre, mais de composer avec elle, nous dit-il après la conférence. Et c’est bien ce message que Léon XIV nous transmet dans son Magnifica Humanitas." Publiée le 25 mai, cette encyclique, dont Benanti a été l’une des plumes, doit être utilisée comme une "grammaire" pour nous aider à répondre à cette question : "comment coexister pacifiquement avec cette nouvelle forme de pouvoir, tout en préservant les valeurs qui fondent notre existence ?" Ce texte est...
20/09 - Un pacte avec l’Arabie Saoudite menace le Pakistan d’être entraîné dans le conflit au Moyen-OrientLe Pakistan pourrait-il entrer dans la guerre au Moyen-Orient, principalement menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran ? Malgré l'éloignement géographique d'Islamabad par rapport au conflit, cette thèse devient de plus en plus crédible.
Et pour cause : le 7 août dernier, alors que les frappes américaines en Iran avaient baissé en intensité, engendrant par là même moins d'attaques iraniennes sur les pays de la région, dont l'Arabie saoudite, Riyad a signé un pacte de défense avec le Pakistan et la Turquie. Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, le président turc Recep Tayyip Erdogan et le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif réunis à La Mecque ont ainsi scellé cet accord engageant les trois pays à se soutenir en cas d'attaque. Les principes de cette alliance entre ces trois pays sunnites, alliés de Washington, sont semblables à ceux défendus par l'article 5 de l'OTAN."Mauvais calcul"
Selon le journal britannique The Guardian, Riyad s'est engagé auprès du Pakistan à des milliards de dollars d'investissements et de prêts vitaux. En échange, Islamabad a accepté de former l'armée saoudienne, peu efficiente, et accepté que les forces armées pakistanaises devraient défendre l'Arabie saoudite dans le cas d'une attaque sur son territoire. C'était sans compter sur les attaques de plus en plus virulentes et ciblées des rebelles houthistes, les alliés de l'Iran au Yémen, et pays voisin de l'Arabie saoudite.
Ces derniers jours, les rebelles houthistes ont...
20/09 - "Un Vladimir Poutine acculé n’appuiera pas sur le bouton nucléaire" : la théorie d’Andreas Umland qui bouscule le débatVladimir Poutine, acculé et sur le point de perdre sa guerre expansionniste, appuyant sur le bouton rouge. C’est sans doute le scénario le plus redouté par les experts (à commencer par le chef de file des réalistes John Mearsheimer ou le professeur à Harvard Stephen Walt) depuis le début de l’invasion de l’Ukraine. Mais pas par Andreas Umland, chercheur associé à l’European Policy Institute de Kiev (EPIK) et analyste au Centre d’études sur l’Europe orientale de Stockholm de l’Institut suédois des affaires internationales (UI). Au contraire, le politologue allemand va même jusqu’à juger ces craintes contre-productives, tant celles-ci poussent l’Occident à faire preuve d’une "prudence irrationnelle". De façon surprenante, Andreas Umland estime que le seul scénario où le président russe envisagerait d’emprunter la voie du nucléaire serait celui où il flairerait… la victoire. Entretien.
L’Express : Depuis le début de la guerre en Ukraine, de nombreux observateurs s’inquiètent que Vladimir Poutine ne finisse par déclencher une escalade nucléaire. Vous jugez ces préoccupations contre-productives, comme vous l’avez exposé dans vos récents articles sur les sites du magazine Foreign Policy et de l’European Policy Institute de Kiev (EPIK).
Andreas Umland : Absolument. L’aide à l’Ukraine a été fortement affectée par les craintes occidentales suscitées par les menaces régulières de Vladimir Poutine et de son entourage d’appuyer sur le bouton rouge. Un indicateur montrant que tel est...
20/09 - Friedrich Merz fragilisé : pourquoi les élections régionales pourraient changer la donne en AllemagneCe dimanche, près de 4 millions d'Allemands sont appelés aux urnes dans le cadre d'élections régionales qui se poursuivent. Cette fois ce sont les habitants de Berlin et de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, un land rural situé à l'extrême nord-est du pays, sur la Mer Baltique, qui doivent voter.
Ces élections dont l'objectif est d'élire un parlement régional seront particulièrement scrutées après le scrutin du 6 septembre dernier en Saxe-Anhalt où le parti d'extrême droite Alternative pour l'Allemagne (AfD) a infligé une lourde défaite à l'Union chrétienne-démocrate, le parti du chancelier Friedrich Merz. Moins de deux ans avant les élections fédérales de 2029, la victoire du parti d'extrême droite a provoqué une onde de choc à tout le pays mais également en Europe. Victoire relative de l'AfD mais chute de la CDU
Selon les derniers sondages, l'AfD ne devrait pas décrocher de victoire retentissante comme en Saxe-Anhalt, mais devrait encore démontrer de sa percée. En Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, le Parti social-démocrate (SPD) de la présidente régionale, Manuela Schwesig et le parti d'extrême droite sont donnés au coude à coude, avec entre 36% et 37% des voix chacun. Tandis que la CDU, parti de Friedrich Merz, est à peine créditée d’un score proche de 5 %, soit le seuil minimum pour entrer au Parlement régional. Un revers à venir, dans le fief d'Angela Merkel, l'ancienne chancelière, elle-même issue de la CDU.
Dans la ville de Berlin (considéré à elle seule...
20/09 - Martina Navratilova : "Le lobby transgenre mène l’ultime combat du patriarcat contre les femmes"On ne présente plus Martina Navratilova, aujourd'hui âgée de 69 ans, sauf pour rappeler son incroyable palmarès : 58 victoires en double et en simple dans des tournois du Grand Chelem dont neuf à Wimbledon, quatre à l'US Open, trois à l'Open d'Australie et deux à Roland-Garros. Au début des années 1980, elle a révélé son homosexualité, ce qui fait d'elle une pionnière du combat pour l'égalité des droits. Elle est aussi la cofondatrice, avec d'autres athlètes féminines de l'association Women's Sports Policy Working Group qui défend les droits des filles et des femmes dans le sport.
L'Express : La basketteuse Sophie Cunningham a-t-elle eu raison de relancer le débat sur les transgenres dans le sport féminin ?
Martina Navratilova : Si une athlète accomplie comme elle n'est pas légitime pour le faire, dites-moi qui l'est ? Il faut en finir avec la présence de corps masculins dans le sport féminin. Il faut résoudre ce problème à l'échelle nationale. La WNBA devrait prendre des mesures préventives avant que le cas ne se présente dans le basket professionnel mais elle ne bouge pas. Aux Etats-Unis, les différentes associations et fédérations sportives ont des règles différentes qui varient selon les Etats. C'est ingérable. Car le sport de compétition repose sur le respect d'un ensemble de principes et règles communes à tout le monde. Au tennis, par exemple, il n'y a qu'une seule façon, universelle, de compter les points. Et il n'existe que deux catégories, masculin et féminin,...
20/09 - Comment la Pologne a perdu 230 millions de dollars en tentant d’acheter du pétrole vénézuélien avec des cryptomonnaiesCe pourrait être le début du synopsis d'un film hollywoodien un peu caricatural : alors qu'une guerre sévit en Europe de l'Est, après l'invasion de la Russie en Ukraine, les États voisins cherchent d'autres sources d'approvisionnement de pétrole brut. La quête conduit ainsi une multinationale pétrolière détenue par l'État polonais, Orlen, vers un intermédiaire hongkongais, promettant une livraison de 6 millions de barils pour 345 millions de dollars, en provenance du Venezuela. Le pays sud-américain étant lui-même sous le coup de sanctions bancaires internationales, ses entreprises pétrolières exigent alors une condition de paiement particulière : les cryptomonnaies. Malgré l'absence de garanties, l'entreprise publique polonaise, avide d'or noir, accepte le deal. En moins de cinq jours, elle avance 230 millions de dollars en cryptomonnaies. Mais le pétrole ne sera jamais livré, tandis que les millions polonais prépayés se sont, eux, volatilisés.
Loin de la fiction, l'affaire suscite l'indignation générale en Pologne depuis près de deux ans. Elle a été rendue publique dès 2024, lorsque l'entreprise publique polonaise Orlen a inscrit cette perte colossale dans ses comptes. Mais de nouveaux éléments, publiés par le Financial Times le 15 septembre dernier et venant détailler les rouages de ce deal fallacieux, sont venus ajouter davantage de gravité à l'affaire. Et presque tout autant de grotesque. Grand Prix de Formule 1 à Abu Dhabi
Tout commence à l'automne 2023, un an et...
20/09 - De Londres à Varsovie, l’ESCP se rêve en "grande université de management européenne""Dans les couloirs de nos campus, nos étudiants échangent dans toutes les langues. C’est là que la dimension européenne prend tout son sens !", se félicite Thomas Jeanjean, le nouveau directeur général de l’Ecole supérieure de commerce de Paris (ESCP) ce 26 août 2026, quelques jours seulement après sa prise de fonction. La grande école de management ne lui est pas inconnue. Depuis 2021, Thomas Jeanjean occupait le poste de directeur général adjoint Education à la Chambre de commerce et d’industrie Paris Ile-de-France qui supervise un portefeuille de quatorze établissements, dont l’ESCP. Désormais à sa tête, il entend poursuivre la feuille de route 2026-2030, Bold & United ("audacieux et unis") mise en place par son prédécesseur Léon Laulusa. Ce dernier avait créé la surprise en mai dernier en abandonnant son fauteuil avant la fin de son mandat pour prendre la tête de la China Europe International Business School, à Shanghai.
Thomas Jeanjean reprend notamment à son compte l’ambition de bâtir "une grande université de management européenne". Une vision continentale pas totalement nouvelle. Fondée en 1819, la doyenne des écoles de commerce françaises a fusionné en 1999 avec l’Ecole européenne des affaires, déjà implantée dans plusieurs pays de l’Union. Dix ans plus tard, l'établissement prendra d’ailleurs le nom d’ESCP Europe. Il compte alors cinq campus à Paris, Berlin, Londres, Madrid et Turin. Un sixième ouvre ses portes à Varsovie en 2015. Cette stratégie tranche...
20/09 - Dans l’œil de l’autreIl y a toujours quelqu’un entre nous et une photographie. Celui qui tient l’appareil, celui qui pose, volontairement ou non, et, des années plus tard, celui qui regarde. C’est cet espace mouvant que le BAL, dans le XVIIIe arrondissement parisien, explore avec L’Espace entre nous, une exposition conçue à l’occasion du Bicentenaire de la photographie, à partir de la collection de Michael et Jane Wilson gardée dans l’institution qui porte leur nom à Londres. Quelque 120 tirages, pour la plupart d’époque, composent un parcours qui refuse la chronologie et préfère les rapprochements, les échos, les surprises. La commissaire de l’exposition, Diane Dufour, orchestre ces rencontres comme une conversation à plusieurs voix. Parmi elles, celle de l’écrivain Bertrand Schefer, dont les textes accompagnent le parcours et prolongent les images sans prétendre les expliquer. Une manière de rappeler que les regarder est aussi une affaire d’imagination, de mémoire et d’interprétation.
La démonstration prend une force particulière devant un cliché pris par Dorothea Lange en 1938. Pas de visage ici, mais une main posée sur un chapeau de travail, cadrée au plus près. Les doigts, marqués par le temps et le labeur, deviennent un portrait à eux seuls. La photographie semble avoir soustrait l’homme à notre regard pour mieux nous donner accès à son existence. Le couvre-chef, objet ordinaire, devient presque le partenaire de cette main. Entre les deux, dans ce contact silencieux, se concentre tout...
20/09 - Donald Trump annonce la création d’une "Force d’IA" pour accélérer la course des Etats-Unis face à la ChineLe président américain Donald Trump a déclaré samedi dans un message publié sur les réseaux sociaux qu’il prévoyait de nommer un nouveau conseiller en intelligence artificielle, surnommé le "tsar de l’IA", et de créer une "force de l’IA", sans toutefois fournir de détails sur ces deux initiatives ni sur la manière dont elles seraient mises en œuvre.
À Washington, les législateurs s’inquiètent de plus en plus des risques que représente la technologie de l’IA pour les personnes et les biens. Au début du mois, Jacob Coxon, ancien chercheur chez Anthropic, a déclaré que "les personnes qui développent l’IA croient sincèrement qu’elle pourrait tous nous tuer d’ici la fin de la décennie". Donald Trump a à plusieurs reprises minimisé les inquiétudes concernant l’IA et a fait valoir qu’une réglementation supplémentaire n’était pas nécessaire.
"Nous n’entraverons ni ne freinerons en aucune manière la croissance de cette incroyable industrie", a écrit Donald Trump sur Truth Social, sa plateforme de réseau social. "Au contraire, nous allons la chérir, l’aider et veiller sur elle à mesure qu’elle se développe ! Cependant, nous resterons également à l’affût des abus, et nous pouvons le faire très facilement grâce à notre système de justice pénale et civile déjà en place." Si Donald Trump tient sa promesse, ce serait son deuxième "tsar de l’IA". Le capital-risqueur David Sacks avait précédemment occupé ce poste avant de démissionner au printemps et de prendre des fonctions de...
20/09 - Présidentielle 2027 : Marine Le Pen et la priorité nationale, récit d’une bataille culturelleEt le silence fut. Ce dimanche 13 septembre, Marine Le Pen prononce à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) un discours consacré au logement à l’occasion de sa rentrée. Elle érige la "priorité nationale" en clé de voûte de sa politique, entre privilège accordé aux Français dans l’accès au logement social et exclusion des étrangers du bénéfice des "aides personnelles au logement". La candidate RN à l’Elysée donne à cette doctrine - elle veut aussi réserver les allocations familiales aux Français - la force de l’évidence. "Qu’est-ce que le droit de vote sinon un privilège exclusif accordé aux Français par la Constitution et donc la République ?", lance-t-elle. Le public applaudit. Ses adversaires se taisent.
C’est un ancien ministre d’Emmanuel Macron qui le remarque: "J’ai été frappé par le silence sur la proposition de Marine Le Pen. Le seul à monter au créneau, c’est François Hollande. Gabriel Attal n’a rien dit." Le secrétaire général de Renaissance, prompt à interpeller Jean-Luc Mélenchon sur X, a laissé ses porte-parole répondre à la candidate RN. Edouard Philippe est resté mutique, tout comme Bruno Retailleau. Nul concert d’indignation n’accompagne la sortie de la favorite de l’élection présidentielle. Est-ce l’habitude d’entendre cette ode à la priorité nationale ? Ou plutôt la force des sondages ? 64 % des Français approuvent le fait de "réserver en priorité certaines aides et certains droits aux Français", d’après un sondage Ipsos-BVA pour La Tribune Dimanche. L’idée...
20/09 - Vivant Denon, le stratège : l’inventeur du Louvre raconté par Emmanuel de WaresquielQuel autre écrivain a réussi à passer à la postérité avec un texte d’une trentaine de pages ? Les connaisseurs vouent un culte à Point de lendemain, ce conte galant publié en 1777 (et corrigé en 1812) qui raconte une amourette d’un soir, au cours de laquelle un ingénu se fait duper par une femme plus expérimentée. Philippe Sollers comme Milan Kundera vénéraient ce court classique de la fin du XVIIIe siècle, antérieur aux Liaisons dangereuses – le premier a consacré un essai à Vivant Denon (Le Cavalier du Louvre), le second rend hommage à Point de lendemain dans un de ses derniers romans (La Lenteur).
La vie de Denon ne s’arrêta pas à ce livre de jeunesse. On sait qu’il participa plus tard à l’expédition d’Egypte et que ce collectionneur au goût très sûr devint ensuite le premier directeur du musée du Louvre tel que nous le connaissons encore aujourd’hui. Dans un très mauvais film sorti l’année dernière, Le Secret de Khéops, Fabrice Luchini interprétait un archéologue découvrant à Paris un trésor pharaonique (dans tous les sens du terme) que Denon aurait rapporté de la Vallée des Rois et caché à Paris. Ce nanar entretenait le mythe d’un Indiana Jones de l’épopée impériale – sur lequel il y a à redire. Spécialiste des rares stratèges qui ont réussi à surnager de l’Ancien Régime à la Restauration (tel Talleyrand), Emmanuel de Waresquiel raconte dans une passionnante biographie comment l’astucieux Denon a su user de son charme et de sa ruse pour se construire la vie de ses...
20/09 - Contre Alzheimer, commençons par prévenir la surdité, par le Pr Antoine FlahaultOn estime que la perte d’audition affecte aujourd’hui 5 % de la population mondiale, et qu’en 2050, 10 % de l’humanité aura besoin d’être appareillée. Les causes de la perte de l’audition peuvent être d’origine génétique, dues à des infections, à des traumatismes crâniens, à des traumatismes auditifs, ou encore à la prise de médicaments ototoxiques. La presbyacousie affecte environ 40 % des personnes de plus de 65 ans. Sur le plan génétique, plus de cent gènes ont été identifiés à l’origine des pertes d’audition liées à l’âge, avec une transmission héréditaire observée pour 10 % des troubles de l’audition de l’adulte. La perte d’audition est aussi reconnue comme étant un facteur de risque de démence sénile ultérieure. Toutes les formes de surdités, qu’elles soient de survenue progressive ou aiguë, d’origine génétique, traumatique ou infectieuse, sont associées à ce risque de déclin cognitif sans que l'on en comprenne encore totalement les mécanismes.
Pour tenter d’expliquer la survenue de démence après des troubles de l’audition, on évoque l’isolement social dans lequel les malentendants seraient plongés, les pertes de connexion synaptique dans le cerveau, ou encore l’allègement de ce que l’on appelle "la charge cognitive". Les multiples signaux sonores que nous recevons génèrent en effet une intense activité cérébrale qui nous permet la reconnaissance des mots et des phrases, la formalisation des idées et la réalisation d’actions, constituant une "charge cognitive" qui...
20/09 - "Ils troquent des données de particuliers" : enquête sur le canal DGSI, repaire de jeunes hackers sur DiscordSilence radio. Depuis le 25 avril, le compte de "breach3d", un jeune prodige du hacking à la notoriété désormais installée, se fait plus discret en ligne. Le mineur corse de 15 ans, interpellé à Bastia à la même date, puis placé en garde à vue, est soupçonné d’être à l’origine du piratage massif de l’Agence nationale des titres sécurisés (ANTS), chargée en France d’émettre les cartes d’identité, passeports ou permis de conduire. Son compte jusqu’alors volubile et très actif a été désactivé de plusieurs espaces de discussion sur Internet - dont un vaste serveur Discord, une plateforme prisée des moins de 25 ans et amateurs de jeux vidéo. Son nom : "DGSI Sécurité", clin d’œil assumé au renseignement intérieur français. Plusieurs signalements
CCITIC (pour cyber counter-intelligence threat investigation consortium), un collectif de spécialistes issus de la cybersécurité, du renseignement et des forces de l’ordre, implanté à Bruxelles, est parvenu à infiltrer ce canal de 1 393 membres, accessible uniquement sur invitation. Les messages échangés sur le groupe, dont le volume s’est tari dernièrement, font de temps à autre référence aux plus importantes cyberattaques dont l’Etat français a été victime ces derniers mois et aux innombrables données personnelles désormais en liberté. Coup sur coup, l’administration fiscale mais aussi Tchap, une application sécurisée conçue pour les besoins de conseillers ministériels, diplomates et fonctionnaires français, ont fait les frais de...
20/09 - Taxation des plus riches : "En France, le bilan est médiocre, en Californie ce serait pire"Outre-Atlantique, c’est un référendum dont le résultat pourrait faire date. Le 3 novembre prochain, les habitants de Californie seront appelés à se prononcer sur la désormais fameuse "Proposition 40" : une taxe exceptionnelle de 5 % sur la fortune des quelque 200 milliardaires résidant dans le Golden State. Parmi les architectes du California Billionaire Tax Act figure Emmanuel Saez, économiste à UC Berkeley. Le projet est également défendu par un économiste français qu’on ne présente plus, Gabriel Zucman. Un dispositif fiscal censé venir en soutien au système de santé californien, confronté à d’importantes difficultés financières, sur fond de coupes dans les financements fédéraux de Medicaid.
Un projet qui fait des remous aux Etats-Unis, peu habitués à ce type de mesures visant les plus riches. Et qui suscite déjà des critiques. "Cela a échoué en France. Ce serait un désastre budgétaire et économique en Californie", estiment Joshua Rauh et Benjamin Jaros, deux chercheurs en économie à la Hoover Institution, un think tank conservateur rattaché à l’université Stanford, dans une tribune publiée cet été dans le New York Times. Dans un entretien à L’Express, Benjamin Jaros explique pourquoi, selon ses calculs, la taxe californienne, si elle était adoptée, affaiblirait durablement l’Etat le plus riche des Etats-Unis.
L’expérience de la France et d’autres pays qui ont fait marche arrière sur l’impôt sur la fortune devrait refroidir les ardeurs de la Californie, avertit-il :...
19/09 - Elections régionales en Allemagne : Friedrich Merz peut-il survivre à une nouvelle débâcle ?Friedrich Merz bientôt sur la sellette ? Le chancelier allemand, arrivé au pouvoir en mai 2025, pourrait jouer une partie de son avenir en cas de nouvelle défaite de son parti, la CDU, lors d'élections régionales, ce dimanche 19 septembre. Deux semaines après la victoire historique de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) en Saxe-Anhalt, les électeurs de deux autres Länder se rendent aux urnes : Berlin et le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale (dans le nord-est du pays).
Si ces scrutins portent officiellement sur les gouvernements régionaux, ils feront également office de test national pour le chancelier et sa coalition, composée du CDU/CSU, et des sociaux-démocrates du SPD. La pression est particulièrement forte après la débâcle de la CDU en Saxe-Anhalt, où l’AfD a obtenu près de 44 % des voix, contre 17,2 % pour les chrétiens-démocrates - leur pire résultat dans ce Land depuis la réunification.
Et la situation n'est guère plus favorable dans les sondages nationaux. Une enquête Insa réalisée pour Bild indique que seuls 14 % des Allemands considèrent encore Friedrich Merz comme le bon chancelier, contre 78 % qui répondent par la négative. De son côté, une enquête YouGov publiée cette semaine donne la CDU/CSU à 18 %, son plus mauvais score historique dans ce baromètre, tandis que l’AfD atteint 29 %, selon les chiffres compilés par Stuttgarter Zeitung.Une CDU sous pression
Face à cette situation, la direction de la CDU a convoqué une réunion d'urgence dimanche soir, pour...
19/09 - "Poupée Maga", déclarations polémiques : Sophie Cunningham, la basketteuse qui fait rebondir les midtermsIl y a une logique certaine à ce qu’une fièvre soit causée par une joueuse des Fever. Celle déclenchée par une déclaration, fin juillet, de la basketteuse Sophie Cunningham sur les sportifs transgenres s'est propagée comme un virus sur les réseaux sociaux, relançant une guerre culturelle typiquement américaine. Interrogée par la chaîne ESPN, l'arrière des Fever de l'Indiana a affirmé, en substance, que les athlètes transgenres (nés hommes) devaient être bannis des compétitions sportives, des vestiaires et des toilettes féminines. "C'est du simple bon sens : les filles doivent pouvoir se sentir en sécurité entre elles", a expliqué la grande blonde de 1,85 mètre, qui est aussi la première sportive professionnelle en activité à s'exprimer sur ce sujet explosif. Sophie Cunningham a aussitôt fait l'objet d'un raid numérique émanant des militants transgenres qui l’ont affublée d'un surnom disqualifiant : "Poupée Maga".
Le timing de cette controverse "made in USA" n'est pas anecdotique: elle a surgi à trois mois du match électoral des midterms (mi-mandat) entre républicains et démocrates, le 3 novembre. Or, en 2024 déjà, le sujet s'était invité dans la campagne, au grand bénéfice de Donald Trump. Le camp républicain avait alors consacré la bagatelle de 215 millions de dollars pour des spots publicitaires sur ce thème, dont le plus connu dénonçait une prise de position de Kamala Harris datant de 2019. La candidate démocrate s'était prononcée en faveur du remboursement des...
19/09 - Pisa : "Le problème français n’est plus de réformer l’Ecole, mais de savoir la gouverner"Les résultats de PISA 2025 ont suscité le rituel désormais bien installé : inquiétude, comparaisons internationales, appels à la rupture, puis l’actualité passe à autre chose. Le diagnostic, lui, demeure. La question n’est plus seulement de savoir pourquoi l’Ecole recule, mais pourquoi, malgré les réformes accumulées et une volonté politique réaffirmée, nous ne parvenons pas à infléchir sa trajectoire. La réponse tient peut-être moins au manque de solutions qu’à notre manière de gouverner l’éducation. Six mécanismes, étroitement liés, l’expliquent.
Le premier est notre passion de la rupture. Plus les résultats se dégradent, plus nous attendons de la réforme suivante qu’elle soit spectaculaire. Il faudrait un "choc", une "refondation", un "sauvetage". Comme si la gravité du mal imposait nécessairement la radicalité du remède. Or, l’éducation se prête mal aux grands soirs. Il faut quelques semaines pour changer un programme ou une organisation, mais plus d’une décennie pour accompagner un enfant de la maternelle jusqu’à l’âge de Pisa. Entre les deux, les progrès se construisent sans bruit : une difficulté repérée plus tôt, un professeur mieux formé, des apprentissages consolidés année après année. Changer avant d’avoir évalué, ce n’est donc pas seulement céder à l’impatience, c’est s’interdire d’apprendre de ce que l’on a fait. Et l’impossibilité de résultat immédiat finit par devenir la justification de la réforme suivante.
Le deuxième mécanisme tient à une singularité du...
19/09 - Groenland : Donald Trump obtient un accord militaire, mais renonce à son rêve d’annexionC'est un dossier qui avait mis les Européens en alerte et créé de nombreuses tensions au sein de l'Otan, après l'annonce en début d'année du président américain de vouloir s'emparer du Groenland - ce territoire autonome situé au nord de l'Amérique, et rattaché au royaume du Danemark. Vendredi 18 septembre, Donald Trump a annoncé que les Etats-Unis étaient parvenus à un accord avec les autorités danoises et groenlandaises, permettant à Washington de développer sa présence militaire sur l'île, tout en interdisant aux adversaires des Etats-Unis d'y construire leurs propres bases.
"Sur mes instructions, nous avons travaillé avec des représentants du Danemark et du Groenland pour garantir que les Etats-Unis auront À JAMAIS la pleine capacité de faire ce qui est nécessaire au Groenland pour assurer et défendre la sécurité du Groenland et des Etats-Unis d'Amérique", a écrit Donald Trump sur son réseau Truth Social.
Le président américain a également affirmé qu’aucun adversaire des Etats-Unis ne pourrait réaliser d’"investissements sensibles" sur l’île sans l’approbation de Washington et que l’accord n’avait pas de date d’expiration. Les autorités des deux territoires n’ont toutefois pas confirmé dans l’immédiat que les Etats-Unis disposeraient d’un tel pouvoir de veto.
De son côté, le cabinet de la Première ministre danoise Mette Frederiksen a déclaré que l’accord renforcerait la sécurité dans l’Atlantique Nord et l’Arctique. Le Premier ministre du Groenland, Jens-Frederik...
19/09 - "Nous sommes à un moment de vérité" : comment Wero veut vous faire payer européen"On se fait un Wero ?" L'expression est devenue familière à une majorité de Français. Le service de virement entre particuliers revendique 48 millions d'utilisateurs rien que dans l'Hexagone. On le dégaine facilement, via son application bancaire ou celle de Wero, afin de rembourser un proche, un dîner avancé par des amis, ou pour payer un inconnu après un achat de seconde main… Mais ce n'est que le début. "Nous sommes à un moment de vérité", estime Thierry Laborde, directeur général délégué de BNP Paribas, l'un des principaux actionnaires d'EPI (European Payments Initiative), la structure derrière Wero. Début septembre, la banque a réuni autour d'elle quelques grands noms comme Fnac-Darty, Air France-KLM, Orange. Avec ces prestigieux partenaires commerciaux, Wero se lance dans le paiement en ligne et dans les magasins. L'objectif : attaquer l'ensemble du Vieux Continent. Sa raison d'être.
EPI, puis Wero, sont nés de deux constats simples. D'abord, les banques européennes ont délaissé ce secteur stratégique au profit des entreprises américaines. Visa et Mastercard captent plus de la moitié des paiements réalisés par carte, un moyen très populaire en Europe, et 13 des 21 Etats de la zone euro en dépendent exclusivement pour leurs transactions domestiques, assure la Banque centrale européenne. La facture est lourde : jusqu'à 19 milliards d'euros de commissions collectées chaque année par ces acteurs pour des échanges au sein de l'UE, a estimé dans une étude Camille...
19/09 - Crise de l’énergie : "Les erreurs commises en Iran par Donald Trump coûtent cher aux ménages américains"Pas question pour le président américain d’endosser la responsabilité de la crise actuelle. Le prix du diesel s’emballe aux Etats-Unis ? C’est avant tout la faute de l’Ukraine. "Volodymyr Zelensky n'a qu'une chose à faire. Il doit arrêter de frapper le diesel en Russie", a réclamé Donald Trump en marge de l'Irish Open de Dublin, le 13 septembre dernier. A quelques semaines des élections de mi-mandat, le milliardaire n’oublie pas non plus de pointer du doigt son prédécesseur : selon lui, la flambée des prix était pire durant le mandat de Joe Biden.
Spécialiste de la politique américaine au Cato Institute, Tad DeHaven décrypte pour L'Express les arguments douteux du président. Un entretien sans concession.
L'Express : Pour se défendre face à la crise énergétique, Donald Trump évoque les pressions inflationnistes durant le mandat de Joe Biden. A-t-il raison ?
Tad DeHaven : Une remarque tout d’abord : les présidents peuvent influencer les marchés énergétiques par leurs politiques, mais ils ne fixent pas le cours mondial du pétrole. Or ces derniers influencent fortement les prix à la pompe. C’est important de le rappeler. Concernant le diesel, les prix sont plus élevés aujourd’hui en dollars courants. Selon l'Agence d'information sur l'énergie, le diesel a atteint 6,29 dollars par gallon le 14 septembre, contre un pic de 5,81 dollars enregistré sous l’administration Biden en juin 2022. Cependant, une fois ajusté de l’inflation, ce carburant est moins cher aujourd’hui....
19/09 - Hausse des taux d’intérêt : le "grand retrait japonais" aura-t-il vraiment lieu ?Sur le marché obligataire, il a longtemps existé une anomalie. Pendant que les courbes des taux à dix ans des Etats-Unis, de la France, de l’Allemagne ou encore de l’Italie ont, ces vingt-cinq dernières années, largement évolué de concert, celle du Japon a suivi sa propre voie. Elle s’est même enlisée dans un régime de taux proches de zéro, voire négatifs, entre 2005 et 2022. "Depuis la fin des années 1990, le Japon a sombré dans la déflation, et nous avons connu ce qu'on a appelé une "économie du triple zéro" : zéro inflation, zéro croissance des salaires nominaux, et des taux d'intérêt nuls, voire négatifs, pendant plus de deux décennies", liste Tomoko Hayashi, conseillère de l’exécutif japonais au sein du think tank Economic and Social Research Institute. Cette période est désormais révolue.
"Les gouvernements successifs ont tout essayé pour relancer la machine, avec succès aujourd'hui. Mais elle repart peut-être avec un peu trop de vigueur", estime Bruno Cavalier, chef économiste d’Oddo BHF. Avec des taux à dix ans désormais proches de 3 %, la dette japonaise redevient attractive pour les investisseurs en quête de rendement. Au point d'alimenter les craintes d'un rapatriement massif des capitaux japonais investis à l'étranger. Ce "grand retrait japonais" aura-t-il vraiment lieu ?
Les Etats-Unis seraient en première ligne : le Japon reste le premier détenteur étranger de dette américaine. Les données du Trésor américain montrent d’ailleurs que les avoirs japonais en...
19/09 - Tintoret, l’audace en héritagePourquoi Tintoret ? Pourquoi lui, parmi les grands maîtres de la Renaissance vénitienne, lorsque les peintres du XIXe siècle se mettent à chercher dans le passé les moyens d’inventer l’avenir ? La question est au cœur de l’exposition Eternel Tintoret, présentée au musée Jacquemart-André, à Paris. Une quarantaine de peintures et d’œuvres graphiques, réunies par les commissaires Pierre Curie, Neville Rowley et Giovanni Carlo Federico Villa, permettent de redécouvrir un artiste dont l’influence ne s’est pas arrêtée à sa mort, en 1594.
A son époque, Jacopo Robusti, dit Tintoret – sobriquet qu’il doit à son père, teinturier – est pourtant un peintre au sommet. A Venise, il rivalise avec Titien et Véronèse et reçoit les commandes les plus prestigieuses. Sa virtuosité impressionne, si l’on en croit les propos de Vasari dans ses Vies de 1568 : "Certaines œuvres ont été exécutées avec une rapidité effarante : on croyait qu’il avait à peine commencé, il avait déjà fini." Mais son art, trop nerveux, trop spectaculaire peut-être, se prête moins facilement à l’image idéale de la Renaissance que l’histoire de l’art a longtemps privilégiée. Il faudra attendre le XIXe siècle pour que son audace soit pleinement comprise. Pour mesurer cette singularité, il suffit de regarder Le Miracle de Saint Augustin quand, à partir d’un sujet religieux, Tintoret élabore une véritable dramaturgie.Tintoret, "Etude d’après un moulage de la sculpture de Michel-Ange dite ‘Le Jour’”, vers 1555-1560
Ses...
19/09 - "Dictionnaire amoureux de la noblesse" : le livre qui passionnera les nobles comme les snobsOn se souvient de l’altercation ayant eu lieu en 1726 entre Voltaire et le fils du duc de Rohan. Alors que le fier aristocrate demandait au philosophe s’il avait un patronyme, ce dernier avait répondu : "Voltaire ! Je commence mon nom et vous finissez le vôtre." Trois siècles ont coulé sous les ponts et, n’en déplaise à l’auteur de Candide comme aux sans-culottes, les Rohan sont toujours là, ainsi que d’autres familles du même ordre (les Brissac, les d’Harcourt, les Polignac, etc.). Dans son riche Dictionnaire amoureux de la noblesse, qui passionnera les nobles comme les snobs, l’historien Eric Mension-Rigau, véritable ethnologue des salons, commence par rappeler deux points essentiels. Supprimée une première fois sous Louis XVI en 1790, rétablie par Louis XVIII en 1814, puis définitivement abolie en 1848 au début de la Deuxième République, la noblesse française n’a plus de statut légal depuis lors. En 2026, seuls 100 000 Français sont nobles – soit moins de 0,2 % de nos concitoyens. Cette minorité discrète continue malgré tout de fasciner ou d’agacer.
A quoi reconnaît-on aujourd’hui un membre civilisé de la bonne noblesse ? Le mot "rallye" lui rappelle des soirées de jeunesse et non d’anciennes éditions du Paris-Dakar. Contrairement à un cliché répandu, il ne raffole pas de la chevalière, laissant ce gadget à ceux qui aimeraient faire croire qu’ils en sont. Son cœur bat plus fort le 21 janvier que le 14 juillet. Il porte à l’occasion une veste autrichienne et des...
19/09 - "Il est passé du côté obscur" : J.D. Vance, sa "stratégie de l’idiot" décryptée par David A. GrahamQuelle mouche a donc piqué J.D. Vance ? Le vice-président américain sait naviguer en eaux troubles, mais depuis quelque temps, c’est plutôt le hors-piste, voire le hors-sol, qu’il semble pratiquer. Un jour, il fait mine de ne pas comprendre pourquoi les propos d'un combattant de MMA qualifiant Michelle Obama d'homme peuvent choquer ; un autre, il juge les manifestations "No Kings" d’hypocrites parce que des démocrates avaient applaudi le roi Charles III lors de son discours devant le Congrès américain en avril. Tout aussi savoureux : sept ans seulement après sa conversion au catholicisme, son conseil au pape Léon XIV d’être "prudent" lorsqu’il parle de théologie. Un homme trop intelligent pour ne pas saisir les failles de tels raisonnements ?
J.D. Vance "n'est pas un imbécile", alors "pourquoi agit-il comme s'il en était un ?", s’interrogeait cet été David A. Graham, journaliste à The Atlantic. Dans cet article, l'auteur de The Project: How Project 2025 Is Reshaping America (Random House, 2025, non trad.) passe en revue toute une série de déclarations absurdes ou de raisonnements indigents, qui tranchent avec le brillant parcours académique et les capacités intellectuelles du personnage. Provocations, égarements ou stratégie délibérée ? Cet enfant de la Rust Belt, natif de Middletown (Ohio), farouche anti-Trump reconverti pro-Trump, marié à une avocate fille d'immigrés indiens
19/09 - Karen Elliott House, biographe de MBS : "Donald Trump cherche à le pousser dans les bras d’Israël"L’Arabie saoudite vient de subir une double humiliation. Non seulement Donald Trump a refusé d’aider Riyad militairement contre les houthistes mais en plus, des responsables américains auraient tenu une réunion secrète dimanche dernier à Mascate (Oman) avec des leaders de cette milice chiite yéménite. Selon l’agence Reuters qui a dévoilé les détails de cette rencontre, les houthistes auraient obtenu que Washington ne frappe pas directement leurs positions en contrepartie de la promesse de ne pas attaquer les navires américains et israéliens, tout en continuant à frapper ceux appartenant à l'Arabie saoudite. Une décision qui intervient au pire moment pour le royaume wahhabite alors que les rebelles islamistes, parrainés par Téhéran, contrôlent désormais toute la partie occidentale du Yémen et font peser une menace très sérieuse sur le détroit de Bab-el-Mandeb, verrou stratégique pour le transport énergétique mondial.
A travers cette fin de non-recevoir de Washington, Donald Trump cherche toujours à pousser MBS vers la reconnaissance d’Israël, explique à L’Express Karen Elliott House, lauréate du prix Pulitzer et biographe du prince héritier Mohammed ben Salmane (L'homme qui voulait être roi, éditions Saint-Simon, 2026). "Ce serait la grande victoire diplomatique au Moyen-Orient que le président américain recherche à tout prix". Entretien.
L'Express : Cette semaine, la ville de La Mecque, lieu saint de l’islam, a été visée par un drone lancé par les houthistes. Quel est...
19/09 - Le Canada peut-il réduire sa dépendance militaire aux Etats-Unis ? La difficile équation de Mark CarneyOn pourrait presque parler d’une lune de miel ! Après une riche tournée européenne au cours de laquelle son pays s’est vu proposer par la présidente de la Commission Ursula von der Leyen de devenir "membre associé" de l’UE, le Premier ministre canadien, Mark Carney, est attendu de l’autre côté de l’Atlantique pour rencontrer Emmanuel Macron ce dimanche 20 septembre à Saint-Pierre-et-Miquelon. Au programme des discussions entre les deux dirigeants, qui partagent une frontière maritime au large de Terre-Neuve : "sécurité" et "énergie". Comme une réponse aux menaces d’annexion de Donald Trump, qui verrait bien dans son voisin du nord le "51e Etat américain". Moins de deux semaines avant, ce dernier avait encore publié sur ses réseaux sociaux une image montrant le Canada, le Groenland, ainsi que des territoires français comme les Antilles et Saint-Pierre-et-Miquelon, sous bannière américaine.
Une nouvelle gifle pour son homologue canadien, élu, en 2025, sur la promesse implicite de lui tenir tête. Avec plus d’une vingtaine de nouveaux accords commerciaux et de sécurité signés à l'international depuis sa prise de fonction, Mark Carney avance au pas de course pour diversifier ses alliances. Une stratégie dans laquelle l'Europe occupe une place de choix : l’an dernier, Bruxelles et Ottawa ont conclu un partenariat de sécurité et de défense posant les bases de leur coopération. Quelques mois plus tard, le Canada devenait le premier pays non européen à rejoindre le programme SAFE,...
18/09 - 54 milliards d’euros d’économies : le pari raté de Sébastien Lecornu sur le budget 2027L'opération de communication avait été rondement préparée avec, en filigrane, un but précis. Sébastien Lecornu a dévoilé, le 17 septembre, dans les colonnes du Figaro, ses pistes pour le projet de loi finances (PLF) 2027. A la clé, un chiffre pour le moins colossal : 54 milliards d'euros d'économies pour ramener le déficit public, attendu à 5,4 % en 2026, à 5 % l'année prochaine. Le locataire de Matignon avait forcément dans un coin de sa tête le précédent Liz Truss.
En septembre 2022, le gouvernement de la Première ministre britannique avait présenté un plan de relance économique totalement irréaliste - impliquant notamment des baisses d'impôts massives non financées - qui avait provoqué une réaction immédiate et épidermique des marchés. La Banque d'Angleterre avait dû, par la suite, intervenir pour faire redescendre des taux d'emprunt à 30 ans qui avaient atteint des sommets. Liz Truss, elle, n'avait eu d'autre choix que de démissionner après seulement 45 jours au 10 Downing Street. Le message n'est pas passé
En annonçant un budget d'une telle ampleur, "le plus rigoureux depuis très longtemps" selon ses mots, Sébastien Lecornu espérait envoyer un message pour le coup positif aux investisseurs. 54 milliards d'euros, c'est 10 milliards de plus que ce qu'avait proposé l'année dernière son prédécesseur, François Bayrou, renversé ensuite par une motion de censure. Bien mal lui en a pris. Ce vendredi 18 septembre, le spread - l'écart de taux entre l'Allemagne et la France -...
18/09 - "L’IA générale, c’est l’apothéose de l’hubris" : l’analyse d’Hubert Etienne, ex-philosophe chez MetaComme Peter Thiel, il est spécialiste de l'oeuvre de René Girard et travaille dans le secteur de la tech. Mais, auteur d'une thèse en philosophie computationnelle, Hubert Etienne n'en tire pas les mêmes enseignements que le controversé milliardaire libertarien. Ce trentenaire était en charge de l'éthique des IA génératives de Meta, avant de revenir en France pour fonder le laboratoire de recherche Quintessence AI, dédié à la formation et aux impacts sociaux de cette technologie.
Pour L'Express, Hubert Etienne explique comment l'Europe peut se distinguer en matière de réglementation, et pourquoi il est dans l'intérêt des entreprises d'avoir des IA responsables. Il évoque aussi la grande peur d'une "IApocalypse", alors que les alertes se sont multipliées ces derniers jours...
L’Express : On entend souvent qu’il y aurait trop de freins et réglementation en Europe en matière d’intelligence artificielle. Qu’en pensez-vous ?
Hubert Etienne : L’Europe a fait le pari d’une réglementation ambitieuse et il ne faut pas en rougir ! Elle est nécessaire pour protéger les citoyens de risques parmi les plus sérieux ; il en va donc du devoir primordial de l’Etat. La réglementation est aussi essentielle pour organiser le marché, en normalisant les pratiques. Le frein, ce n’est donc pas la régulation mais la bureaucratie qui la suit comme son ombre. C’est aussi ce discours anxiogène porté outre-Atlantique par des gourous qui précipitèrent l’adoption de l’IA pour nous empêcher de nous...
18/09 - Entre les pro et les anti-Bolloré, la bataille des ventes de livresOn sait que Vincent Bolloré n’est pas en odeur de sainteté chez les libraires, nombre d’entre eux appelant à boycotter la production du groupe Hachette, principalement les titres de la maison Fayard (qui publie Jordan Bardella, Philippe de Villiers, Eric Zemmour et Marion Maréchal). Avant l’été, la sortie très médiatisée de La Légende, de Boualem Sansal, chez Grasset, a fait un flop : le livre en est à ce jour à 50 000 exemplaires vendus, ce qui est un excellent score dans l’absolu, mais un échec relatif quand on sait que Sansal a touché un million d’euros d’avance et que la campagne promotionnelle a coûté plusieurs centaines de milliers d’euros.
En cette rentrée, l’homme d’affaires était attendu au tournant. Dans La Grande Evasion (Buchet-Chastel), un ouvrage collectif codirigé par Virginie Despentes, star historique de Grasset, une soixantaine d’auteurs reviennent sur la crise ouverte au printemps avec le limogeage d’Oliver Nora par ledit Bolloré. Parallèlement, Camille Vigogne Le Coat et Clément Lacombe, journalistes au Nouvel Obs, lui consacrent une enquête, La Droite de Dieu. Vincent Bolloré, un milliardaire en mission (Les Arènes). Respectivement 6e et 11e des essais, La Grande Evasion et La Droite de Dieu avoisinent les 2 000 exemplaires chacun, au niveau de François Hollande, 12e avec Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche (Robert Laffont).Entre les pro et les anti-Bolloré, la bataille des ventes de livres
Dans le même temps, la nouvelle égérie de Bolloré, Sarah...
18/09 - "Une belle gaffe" : ce que révèle la cacophonie de LFI sur le CanadaQui faut-il croire ? Manon Aubry, qui s’inquiète du nouveau statut du Canada, "membre associé" de l’UE ? Ou Jean-Luc Mélenchon, qui s’en réjouit ? A 13h30, ce jeudi 17 septembre, juste après le discours du Premier ministre canadien Mark Carney au Parlement européen, la première écrit sur son compte X : "Bientôt un CETA XXL qui va toujours plus détruire notre agriculture ? Je sonne l’alerte : au Parlement européen, le 1er ministre canadien et von der Leyen envisagent de lever encore plus de nos protections commerciales. Coopérer, oui. Mettre en concurrence les agriculteurs, non." A 15h57, le second rétorque : "Le discours du Premier ministre canadien devant le Parlement européen est un événement dans le contexte de l'émergence d'un nouvel ordre international insoumis aux Etats-Unis. Un troisième ensemble est le point de départ possible d'un non-alignement efficace et influent. Le Canada, dont nos cousins québécois, nous tend la main. Il faut s'en saisir." Peu après, Younous Omarjee, vice-président du Parlement européen et eurodéputé The Left - il siège dans le même groupe que Manon Aubry - abonde : "Nous sommes en solidarité avec le Canada et œuvrerons pour le renforcement d’une coopération stratégique avec ce grand pays transatlantique et de l’arctique." LFI rime parfois avec cacophonie.
Dans les couloirs de l’institution européenne, à Strasbourg, on raille une "belle gaffe" de l’insoumise, qui préside le groupe The Left, et l’on rappelle sa violente charge, la veille,...
18/09 - Vente de F-35 à l’Arabie saoudite : le renseignement américain s’inquiète d’un espionnage chinoisL'Arabie saoudite bientôt appuyée militairement par des avions F-35 américains ? C'est ce qu'espère le Royaume, actuellement en proie à un vaste conflit avec les rebelles houthistes du Yémen, qui menacent de prendre le contrôle de la mer Rouge. Si cette annonce avait été faite en novembre dernier par Donald Trump au moment de la visite de MBS à Washington, elle ne s'était pas encore concrétisée jusqu'à présent. Mais le gouvernement américain vient de donner, jeudi 17 septembre, son feu vert et envisage de vendre pas moins de 48 avions de chasse F-35 à Riyad.
Une vente à plus de 24 milliards de dollars qui doit désormais être approuvée par le Congrès. Et qui n'est pas sans inquiéter les services de renseignement américains, qui redoutent que ces avions ne tombent entre les mains de la Chine et ne permettent à Pékin d'acquérir une technologie de pointe dont ne disposent aujourd'hui qu'une quinzaine de pays alliés des Etats-Unis.Craintes d'espionnage chinois
Car si le département d'Etat défend un contrat qui "améliorera la capacité de l'Arabie saoudite à dissuader les menaces actuelles et futures", les renseignements américains sont loin d'être convaincus. Des rapports internes - consultés par le New York Times et anciennement par The Times - font état de plusieurs préoccupations, tant sur l’accès dont disposent des militaires chinois aux bases saoudiennes, que sur l’utilisation très répandue par l’Arabie saoudite de technologies chinoises dans ses infrastructures de...
18/09 - Menace russe : Emmanuel Macron annonce un plan pour protéger les infrastructures critiques françaisesEmmanuel Macron a averti vendredi 18 septembre que la menace russe pesant sur l'Europe s'était intensifiée et que l'agressivité affichée par Moscou était en train de changer. Le chef de l'Etat s'exprimait à l'issue d'une réunion à l'Elysée avec les principales formations politiques, consacrée à la dégradation de la situation internationale et à ses conséquences pour la France.
"Ces dernières semaines, la menace – en particulier la menace hybride russe à l'égard des Européens et de la France - s’est intensifiée […] et la nature de l'agressivité russe et de ses menaces en Europe change", a déclaré Emmanuel Macron devant la presse, avant d'évoquer les nombreuses attaques visant les intérêts européens attribuées à la Russie ces derniers mois. Ces attaques hybrides russes ne resteront "pas sans réponse" des Européens, a-t-il ajouté, estimant que la Russie serait dans "l'erreur" si elle continuait "d'agir de cette manière". "La volonté qu'il y a derrière [NDLR : ces attaques], c'est nous intimider et c'est casser l'effort de soutien aux Ukrainiens. La conséquence sera le contraire", a assuré le président français. "Nous ne sommes pas intimidés parce que nous savons que se joue en Ukraine notre sécurité d'aujourd'hui et de demain", a-t-il ajouté.
Le président a annoncé avoir demandé au gouvernement de préparer un "plan de protection de nos infrastructures critiques". Celui-ci devra notamment prendre en compte les risques liés aux attaques de drones et aux cyberattaques. Il...
18/09 - Face à "l’IApocalypse", un traité de non-prolifération est la seule solutionL’"IApocalypse" fait parler d'elle. Deux événements ont mis le feu aux poudres. D’une part, l’attaque de la société Hugging Face (qui propose des solutions d’IA) par des IA d’OpenAI (le géant de l’IA générative qui détient ChatGPT). L’attaque a été lancée de manière autonome par les modèles d’OpenAI sans avoir été commanditée par des responsables humains. D’autre part, la démission fracassante de Jacob Coxon, jeune ingénieur d’Anthropic (l’autre géant de l’IA générative qui commercialise Claude). Coxon a quitté ses fonctions en postant une série de messages sur X s’inquiétant que l’on s’achemine à grands pas vers une "superintelligence" capable de "tous nous tuer d’ici à la fin de la décennie". Depuis, toute l’attention se focalise sur le risque, bien réel, de perte de contrôle de l’IA. Au point que, pour la première fois, les patrons des trois plus importantes entreprises du secteur, à savoir Sam Altman (OpenAI), Dario Amodei (Anthropic) et Elon Musk (xAI) aient publiquement exprimé leur accord pour ralentir le développement des modèles les plus puissants.
Sans parler de ralentissement, un encadrement du développement de l’IA est-il réaliste ? De prime abord, c’est le scepticisme qui semble devoir s’imposer. Les géants de l’IA générative, de même que, sur le plan géopolitique, la Chine et les Etats-Unis, sont lancés dans une course au développement de l’IA la plus puissante. Ce qui n’est évidemment pas propice à la coopération. C’est le fameux dilemme du prisonnier. Les...
18/09 - "Nous souffrons d’une épidémie silencieuse" : Joan-Ramon Laporte, le pharmacologue en guerre contre les traitements inutilesLe père de la surveillance médicamenteuse espagnole donne rendez-vous dans un café parisien branché, où l'on déguste des thés au goût de noix grillée et de mezcal en révisant ses partiels. Le choix de son éditeur. Joan-Ramon Laporte aurait sans doute été plus à l'aise dans une salle de classe, avec tableau blanc et diapositives. Cet expert du médicament, fines lunettes rondes et veste de costume sombre, n'est pas du genre à deviser en improvisation. Il ne voyage jamais sans sa clé USB. Voilà d'ailleurs qu'il la branche pour dégainer un graphique, puis un autre, farfouillant dans un ordinateur increvable. Le chercheur a une thèse à défendre, et elle est particulièrement mordante, alors cela vaut bien quelques chiffres. A force de nous reposer sur les médicaments, entame-t-il, nous aurions perdu le fil, cédé à la facilité de l'ordonnance. Les médecins en donneraient de façon mécanique, quasiment systématique, contribuant à nous gaver de traitements inutiles, faute de temps et de suffisamment de connaissances, abreuvés par les promesses des fabricants - c’est écrit en ces mots et ce ton dans son livre, Chronique d’une société intoxiquée, que les éditions ARPA viennent de faire traduire.
Un constat choc, que beaucoup auraient refusé de publier s’il ne reposait pas sur une solide expertise : enseignant-chercheur à l'université autonome de Barcelone, l'homme est un monument de l’étude des médicaments. Rares sont les experts en Europe qui connaissent aussi bien les effets de...
18/09 - Budget 2027 : retraités, fonctionnaires... Les pistes de Sébastien Lecornu pour économiser 54 milliards54 milliards d'euros d'économies : c'est le chiffre choc qui ressort de l'entretien accordé par le Premier ministre au journal Le Figaro jeudi 17 septembre. Objectif selon Sébastien Lecornu : ramener le déficit français à 5 % du PIB en 2027. Un plan qui doit se traduire par des coupes budgétaires conséquentes dans de nombreux secteurs, même si le chef du gouvernement défend un projet "très loin de l'austérité".
Le calendrier s'annonce serré pour le budget 2027. Le texte doit être transmis au Haut Conseil des finances publiques d'ici la fin du week-end, avant d'être étudié en Conseil des ministres le 1er octobre. Il devra ensuite être débattu par le Parlement. Que contient-il et quels secteurs sont ciblés par les changements proposés ? L'Express revient point par point sur les différentes annonces. Retraités : un effort financier demandé mais la méthode pas encore tranchée
L'effort financier demandé aux retraités restera inférieur à 6 milliards d'euros, assure Sébastien Lecornu. Plusieurs options sont envisagées pour réaliser ces économies, parmi lesquelles une désindexation des pensions par rapport à l'inflation ou la suppression d'un abattement.
Le Premier ministre a toutefois tenu à rassurer les retraités aux revenus les plus modestes. "Aucune pension ne diminuera", affirme-t-il, précisant que le débat portera notamment sur le rythme de revalorisation des pensions. Le gouvernement envisage notamment de limiter la hausse des retraites les plus élevées. Sébastien...
18/09 - "La droite de Dieu", le livre pour comprendre ce qui fait courir Vincent BolloréIl est celui dont tout le monde parle. A 74 ans, Vincent Bolloré, douzième fortune française, nourrit les imaginaires à l’aune de la campagne présidentielle. L'Express lui a d'ailleurs consacré sa une il y a quelques semaines. Industriel breton, qui a redressé l’entreprise familiale déclinante, a peu à peu étendu son influence sur la sphère médiatique avec un appétit d’ogre. Au point de détenir aujourd’hui une part significative des médias français, qu’il compte mettre au service de son idéologie et de son projet politique.
Avec La droite de Dieu, publié aux éditions Les Arènes, Camille Vigogne Le Coat et Clément Lacombe, journalistes au Nouvel Obs, nous plongent dans les coulisses des rouages Bolloré. Dans cette enquête fournie, les auteurs décryptent le fonctionnement de ce milliardaire omnipotent, aux réseaux tentaculaires, autoritaire et déterminé, prêt à perdre de l’argent pour mener à bien son combat identitaire et civilisationnel. On apprend le contrôle exercé par Vincent Bolloré sur les médias qu’il possède, jusqu’à piloter les conférences de rédaction depuis sa propriété située boulevard Montmorency à Paris. "J’achète et je regarde tout, y compris la ligne éditoriale", assurait-il déjà au début des années 2000. "Si je vous demande de publier la photo de mon chien en couverture, eh bien vous mettrez mon chien en une", plastronnait-il même auprès de la rédaction de L’Express, alors qu’il s’intéressait à l’hebdomadaire. Comportement autoritaire et désir...
18/09 - Menace russe : la Pologne met en garde contre des frappes "hybrides" visant les alliés de l’UkraineEmbourbé depuis plus de quatre ans dans sa guerre contre l'Ukraine, Vladimir Poutine pourrait-il choisir l'escalade et s'en prendre à un autre pays ? C'est en tout cas le sens de l'avertissement lancé ce jeudi 17 septembre par le Premier ministre polonais. S'exprimant devant le parlement, Donald Tusk a prévenu que les plans de la Russie prévoyaient des frappes "hybrides" de drones et de missiles contre les alliés de Kiev en Europe, y compris en Pologne.
Ces frappes "seraient de nature soi-disant 'accidentelle', destinées à "paralyser, ou du moins à affaiblir", la détermination des États membres de l'Otan à invoquer les dispositions que prévoit l'alliance en cas d'agression contre un pays membre, a-t-il déclaré, indiquant que cette mise en garde avait été émise par des agences de renseignement, sans préciser lesquelles. "Le discours officiel [NDLR : de Moscou] sera qu'il s'agit d'un accident et qu'il n'y a aucune raison pour quiconque d'envisager une quelconque riposte de l'Otan", a-t-il aussi dit, soulignant que de telles frappes "accidentelles" pourraient se répéter. De telles possibilités sont évoquées depuis un certain temps, mais aujourd'hui, a pointé Donald Tusk, les évaluations sont "très cohérentes et, malheureusement, convaincantes".
Le chef du gouvernement polonais a également déclaré que de telles attaques de la part de la Russie pourraient coïncider avec "des changements politiques dans certains pays européens donnant du pouvoir — ou du moins une voix...
18/09 - Prix de l’énergie : "Le consommateur français a beaucoup perdu avec la fin de l’Arenh"Alors que les prix de l'essence, du gaz et de l'électricité repartent à la hausse depuis plusieurs semaines, Julien Teddé, PDG d’Opéra Energie, pointe les différences avec la crise de 2022. Le gouvernement Lecornu dispose de plusieurs options pour protéger les ménages et les entreprises d’une flambée des factures. Cependant, depuis la disparition de l'Accès réglementé à l'électricité nucléaire historique (Arenh), remplacé le 1er janvier 2026 par le Versement nucléaire universel (VNU), les Français sont moins protégés en cas de dérapage des prix, insiste l’expert.
L'Express : Nous assistons, depuis quelques jours à une remontée sensible des prix des carburants, du gaz et de l’électricité. Faut-il s'inquiéter d'un retour à la crise que nous avons connue il y a quatre ans ?
Julien Teddé : Les difficultés actuelles viennent essentiellement des tensions autour de l'Iran et du détroit d'Hormuz. Il s’agit surtout d’une crise du pétrole, et donc du prix du carburant. Sur le gaz naturel, et encore plus sur l'électricité, nous sommes en dessous des tensions qu'on a connues en 2022. C'est important de le rappeler. Aujourd’hui, le prix de gros de l'électricité livrée en 2027 tourne autour de 90 euros le mégawattheure. Il y a quelques semaines à peine, on était encore à 50 euros. La hausse est donc notable. Pour autant, le niveau historique atteint en 2022 dépassait les 1 000 euros.
Lorsqu’on trace la courbe des prix à terme sur plusieurs années, le pic de 2022 est tellement...
18/09 - Major général Traut, chef du commandement spatial allemand : "Un scénario nous préoccupe : qu’un acteur place une arme nucléaire dans l’espace""Les réseaux satellitaires sont aujourd'hui le talon d'Achille des sociétés modernes", a dit Boris Pistorius, le ministre allemand de la Défense, en marge d'une conférence sur l'espace en septembre 2025, à Berlin. Dans la foulée, l'Allemagne annonçait 35 milliards d'investissement dans le spatial militaire d'ici à 2030, et la construction d'un service internet souverain pour l'armée allemande, SATCOM Stage 4. Un an après les déclarations de Boris Pistorius, à l'occasion du sommet international sur l'espace organisé à Paris ces 9 et 10 septembre, les représentants de la Défense allemande insistent : les investissements seront même supérieurs aux chiffres annoncés. Pour Berlin, construire sa propre constellation est un enjeu de souveraineté. Entretien avec le major général Michael Traut, Commandant du Commandement spatial allemand.
L'Express : Lors de ce sommet, vous participiez à une table ronde portant sur le concept d'opérations multi-domaines dans le spatial. Pourquoi l'espace est-il devenu si important aujourd'hui pour les militaires ?
Major général Traut : Il s'agit du résultat d'un long cheminement de la doctrine militaire. Il existe aujourd'hui cinq domaines opérationnels : l'air, la terre, la mer, le cyber, et l'espace. Il y a quarante ou cinquante ans, nous en comptions seulement trois : l'armée de terre menait sa guerre, l'armée de l'air menait la sienne, comme la marine. Nous avons compris que coordonner les efforts permettait de mener des opérations plus...
18/09 - Russie : une mobilisation est-elle vraiment possible ?Du 18 au 20 septembre, les Russes retournent aux urnes pour leurs premières élections législatives depuis le début de la guerre en Ukraine, en février 2022. Et même si le résultat semble déjà joué, avec une victoire annoncée du parti au pouvoir Russie Unie, la pression sur Vladimir Poutine est forte. D'où les récentes attaques de drones menées en Ukraine, mais aussi l’incident survenu il y a quelques jours à la frontière polonaise, où un train a été touché, ainsi que les soupçons concernant un drone russe abattu au-dessus de la Lituanie. D'autant qu'il y a dans cette campagne des sujets qui fâchent : la rumeur d'une nouvelle mobilisation militaire russe.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a évoqué le recrutement et l’envoi de 300 000 nouveaux soldats russes sur le front cet automne. Des déclarations publiquement démenties par Vladimir Poutine : "Il n'existe, à ce jour, aucun scénario qui nécessiterait une mobilisation. Il s'agit d'une attaque informationnelle menée par l'ennemi à la veille des élections à la Douma, dans le but d'influencer le résultat. Comme vous le savez, les gens s’engagent volontairement et signent des contrats, contrairement à ce qui se passe en Ukraine."
Cette mobilisation est-elle probable ? Qu’en pense la société russe ? Qu’est-ce que cela changerait sur le front ? Dans cet épisode de La semaine européenne, Paul Véronique, journaliste au service Monde de L'Express, spécialiste des questions de défense, nous décrypte les enjeux de cette...
18/09 - "Votre pays regarde au mauvais endroit" : l’impasse budgétaire de la France vue par l’économiste danois Torben M. AndersenVieillissement démographique, déficit budgétaire, charge de la dette, croissance et productivité atones… Les menaces qui pèsent sur l’Etat-providence français sont nombreuses. À quelques mois du premier tour de la présidentielle, les positions sur le sujet des candidats déclarés ou pressentis dessinent déjà les contours de ce qui devrait être l’un des principaux débats de la campagne. D’un côté, la droite et le centre assument vouloir réduire le périmètre de l’Etat-providence en s’attaquant aux dépenses sociales. De l’autre, la gauche refuse d’y toucher et propose même d’élargir le modèle social en le finançant par de nouvelles taxes, voire, par l’annulation de la dette…
Et si la question posée n’était pas la bonne ? C’est ce que suggère l’économiste danois Torben M. Andersen, pour lequel "le débat politique ne devrait pas se concentrer sur la taille de l’Etat-providence, mais sur la manière dont il est conçu". Auprès de L’Express, ce spécialiste du "modèle nordique" dresse un diagnostic sévère, et explique pourquoi la France n’échappera pas à une réforme de ses retraites et de son marché du travail. Entretien.
L’Express : Dans un contexte de vieillissement démographique et alors que les contraintes budgétaires sont de plus en plus serrées, les Français s’interrogent sur la soutenabilité de leur Etat-providence. Qu’est-ce qui ne fonctionne pas, selon vous ?
Torben M. Andersen : Depuis une perspective nordique, je dirais que cette situation s’explique avant tout par...
17/09 - "Pour la première fois, le nationalisme domine la droite française" : le regard de l’historien Olivier DardC’est un projet faramineux, fruit de près de vingt années de recherche. Sur un peu plus de 900 pages, l’historien Olivier Dard retrace l’Histoire de l’extrême droite française, de 1870 à nos jours (Perrin). Le récit est avant tout celui d’un échec : celui d’une droite nationaliste allant de désillusion en désillusion, incapable de transformer durablement la protestation en force politique pérenne.
Une longue histoire qui permet aussi de mesurer le chemin parcouru par le Front national, devenu Rassemblement national, souligne auprès de L’Express le professeur à la Sorbonne. Marginal dans les années 1970, le parti est aujourd’hui en tête des sondages et fait figure de grand favori de l’élection présidentielle de 2027. "Pour la première fois de notre histoire, le nationalisme est la famille dominante à droite", note l’auteur. Entretien.
L’Express : Qu’ont en commun le Rassemblement national de 2026, l’Action française du début du XXe siècle et les partisans de la restauration monarchique des années 1870 ?
Olivier Dard : Il y a d’abord cette formule "extrême droite", qui est très usitée dans l’opinion publique et que, pour ma part, je conteste scientifiquement, comme je conteste celle "d’extrême gauche". Dans les deux cas, il y a une dimension péjorative, et surtout, on parle au singulier. Or, dans ce livre, j’ai avant tout écrit l’histoire d’une nébuleuse, d’un ensemble de courants. Ensuite, parce qu’il est très difficile de s’accorder sur une définition précise de ce...
17/09 - "C’est lui qui concentre le plus de détestation" : Frédéric Dabi, le sondeur qui horripile LFI"Alors Frédéric, on ne vous voit jamais à nos dîners de famille !". Ce jour-là, début 2021, Emmanuel Macron, sourire en coin, s'amuse d'une rumeur répandue sur les réseaux sociaux. Frédéric Dabi, le directeur général de l'Ifop, aurait un lien de parenté avec le chef d'Etat. Pure invention bien sûr, révélatrice toutefois d'un des grands fantasmes qui entourent la profession de sondeur : celui d'une consanguinité secrète avec le pouvoir. Le médiatique dirigeant de 57 ans, devenu un visage connu des Français à force de courir les plateaux télé pour présenter ses baromètres et ses "photographies de l'opinion à un instant T", comme il est devenu de coutume de préciser, n'échappe pas aux soupçons, tout au contraire.
"De tous, c'est lui qui concentre le plus de détestation, notamment venant des troupes insoumises", observe le patron d'un institut de sondage concurrent. Une hostilité qui le pique suffisamment au vif pour qu’il réplique ; celui qui s'apprête à commenter dans les médias, et pendant toute la campagne présidentielle, les études de l'Ifop, se fend fréquemment de SMS aigre-doux. LFI organise une table ronde intitulée "Sondages et médias : comment manipuler l’opinion ?", sans convier le moindre sondeur ? "Drôle de conception de la démocratie", assène-t-il au député Antoine Léaument, au milieu de quelques formules assassines visant notamment Jean-Luc Mélenchon qu’il se plaît à surnommer l’"Être suprême" des insoumis.
Un goût du bon mot, contracté auprès d’un...
17/09 - Budget 2027 : Sébastien Lecornu propose un "effort" d’environ 54 milliards d’eurosLe Premier ministre Sébastien Lecornu propose pour la France un "effort budgétaire" d'environ 54 milliards d'euros en 2027 qui serait assorti d'une fiscalité stable, a-t-il déclaré lors d'un entretien au Figaro publié ce jeudi 17 septembre.
"Le projet de loi de finances que je propose contiendra un effort budgétaire d'environ 54 milliards d'euros, dans la stabilité fiscale. C'est un redressement important ; ces économies serviront à refroidir considérablement le moteur des dépenses qui augmentent inexorablement chaque année", a dit Sébastien Lecornu , alors que le chiffre de 30 milliards d'économies était précédemment évoqué.
"Le vieillissement de la population impacte les comptes sociaux", a fait valoir le Premier ministre, indiquant que "sans mesures correctives, les dépenses de la Sécurité sociale seraient en hausse de 22 milliards d'euros" et soulignant qu'il doit aussi composer avec une "charge de la dette pèse de plus en plus lourd sur l'équation budgétaire". "L'année prochaine, à cause du contexte géopolitique qui pousse les taux d'intérêt à la hausse, le pays va devoir trouver 10 milliards d'euros supplémentaires pour la finance !", a-t-il expliqué. Expliquant que les dépenses de fonctionnement des collectivités locales présentaient "une augmentation spontanée de 7 milliards d'euros", il a ajouté qu'il fallait également "freiner" celle-ci.
"Au total, si ce budget ne contenait aucune mesure d'économies, le déficit 2027 tutoierait les 6,5 % du PIB. En freinant...
17/09 - Comment sortir la France de la "smicardisation" : les solutions de l’économiste Jean-Charles SimonLa France est riche de prélèvements aussi nombreux que sophistiqués, sur toutes les "assiettes" imaginables. C’est vrai des impositions du capital, touchant ses revenus mais aussi son stock et sa transmission, des taxes concernant les produits et la consommation, et bien sûr des différents impôts et cotisations assis sur les revenus du travail. Nous compterions même encore plus de prélèvements que de fromages… Notre niveau global de prélèvements obligatoires nous situe parmi les champions du monde, avec un taux qui dépasse systématiquement les 41% du PIB depuis 1983, un record à 45,3 % en 2017, pour rester en hautes eaux à 43,6 % en 2025.
Tous ces prélèvements ne sont pas forcément exorbitants, et peuvent même pour certains – miracle ! – ne guère excéder la moyenne européenne. Les cotisations sociales patronales françaises réussissent le double exploit d’être exceptionnelles à tous égards : très faibles sur les bas salaires, puis plus élevées que nulle part ailleurs sur les rémunérations plus importantes, et largement déplafonnées, ce qui est tout à fait atypique en Europe.
Cette situation hors-norme résulte d’un double mouvement historique. Tout d’abord, face à l’envolée des dépenses sociales publiques, s’expliquant notamment par le vieillissement de la population et l’abaissement de l’âge légal de la retraite à 60 ans en 1982, la France a relevé fortement ses taux de cotisations, jusqu’au milieu des années 1990. Le niveau exorbitant de prélèvements sociaux sur les...
17/09 - "Chez les jeunes Chinois, l’IA suscite un mélange d’enthousiasme et d’appréhension" : l’éclairage de l’anthropologue Xiang BiaoL'IA connaît un formidable engouement en Chine, qu'il s'agisse de Doubao, l'équivalent de ChatGPT, ou d'OpenClaw, un agent IA capable réserver des billets d'avion, gérer des emails ou effectuer des paiements. Le gouvernement chinois, qui mise à fond sur cette technologie, ne compte pas en rester là : il vise une pénétration de l'IA de 70 % de la société d'ici à 2027 et de 90 % d'ici à 2030.
Directeur de l’Institut Max-Planck pour l’anthropologie sociale, à Halle, en Allemagne, et ancien professeur à Oxford, Xiang Biao, l'un des meilleurs spécialistes de la société chinoise, analyse dans une interview à L'Express les conséquences de ce phénomène sur la jeunesse chinoise. Entretien.
L'Express : Comment les jeunes Chinois vivent-ils l'incroyable essor de l'IA dans leur pays ?
Xiang Biao : Avec un mélange d'enthousiasme et d’appréhension, assez proche de ce qu'on observe ailleurs en Asie, mais avec des spécificités. L'enthousiasme se joue à deux niveaux : pour le progrès technologique en tant que tel, mais aussi pour les avancées du pays, qui créent un sentiment de fierté dans la compétition avec les Etats-Unis. La peur, elle, concerne l'avenir de chacun. C'est en réalité un schéma ancien en Chine : on est fier et optimiste pour la nation prise collectivement, mais plus pessimiste dès qu'on redescend à l'échelle individuelle.
D'où vient cet optimisme collectif pour la technologie ?
La société chinoise est technophile depuis au moins les années 1970-1980 — c'est un...
17/09 - Le livre de Jordan Bardella et les comptes du RN, un "punk" nommé Bruno Le MaireLe grand rendez-vous de la présidentielle approche, chaque semaine apparaît un nouveau prétendant. Autant dire que la vie politique entre dans une nouvelle phase, ô combien palpitante…Gouvernement : gare à la cartouche
Comme à l’automne dernier, le groupe Ensemble pour la République compte bien surveiller le gouvernement dans l’élaboration du budget 2027 et rester ferme sur ses principes, au premier rang desquels la non-hausse des impôts. Mardi 15 septembre, lors de leur journée parlementaire de rentrée, les troupes de Gabriel Attal ont reçu les ministres Roland Lescure, David Amiel et Stéphanie Rist pour leur faire part de leurs lignes rouges… et de leur volonté de ne pas se faire marcher sur le pied. L’ancien président du groupe Sylvain Maillard a prévenu, dans un trait d’humour, les trois cadres du gouvernement : "Il y a des moments où il faudra qu’on vous cartouche, et soyez sûrs qu’on vous cartouchera !" À voir si ce seront des balles à blanc…Un punk nommé Bruno Le Maire
Un ancien ministre macroniste s’amuse des multiples sorties récentes de Bruno Le Maire, entre maternelle à 1 an et baisse de la contribution française à l’Union européenne : "Edouard Philippe assume d’être conseiller d’Etat ; Bruno, lui, sort de la messe et dit : 'Je suis un punk !'"Jordan Bardella - Marine Le Pen : attention aux sous
Jordan Bardella doit publier le troisième de ses livres à l’automne, mais un problème a été soulevé en interne : sera-t-il intégré aux comptes de campagne… de Marine...
17/09 - Budget 2027 : les trois pistes du gouvernement Lecornu pour mettre les retraités à contributionComment dégoter six milliards d’euros d’économies sur les retraites pour boucler le budget 2027 ? C’est l’une des équations auxquelles l’exécutif doit répondre. Plusieurs pistes sont envisagées, de la désindexation des pensions à une hausse de la CSG, en passant par la suppression de l’abattement fiscal dont bénéficient les retraités. Problème : aucune ne fait l’unanimité. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a toutefois assuré vouloir "préserver" les "petites retraites", sans préciser le niveau de revenus qui permettrait de les distinguer. Mais une chose est sûre, avec une inflation attendue à 2,1 % en 2026, le gouvernement cherche à couper le robinet des dépenses publiques.Geler les pensions, totalement ou partiellement
Première possibilité évoquée par le ministre du Budget, David Amiel : renoncer à l’indexation des pensions de base sur l’inflation, ou la limiter. Depuis 2003, la loi - dite loi Fillon - prévoit leur revalorisation en fonction des prix. Cependant, une désindexation générale ne pèserait toutefois pas de la même manière sur tous les retraités. Pour les plus modestes, la pension de base peut représenter jusqu’à 70 % des revenus de retraite, contre environ 40 % pour les cadres, qui perçoivent davantage de pensions complémentaires, rappellent nos confrères des Echos.
En 2020, une partie des pensions avait déjà été sous-indexée : celles dépassant 2 000 euros bruts par mois, retraite complémentaire et pension de réversion comprises. Environ un retraité sur...
17/09 - Le Canada, futur "membre associé" ? Comment Ursula von der Leyen a pris de court l’UEUrsula von der Leyen voulait marquer les esprits avec son discours sur l'état de l'Union. En proposant, mercredi 16 septembre, de faire du Canada le premier "membre associé" de l'Union européenne, la présidente de la Commission a surtout créé la confusion. Et pour cause : plusieurs responsables ont découvert le projet au moment de son annonce.
Jusqu'au dernier instant, rien n'avait filtré. Le statut de "membre associé" avait d'abord été mentionné par un article du Wall Street Journal, mais Mark Carney avait balayé dimanche cette hypothèse. Quelques heures avant la prise de parole d'Ursula von der Leyen à Strasbourg, une version de son discours avait même été transmise à certains eurodéputés sans mention du statut de "membre associé", raconte Javier Moreno Sanchez, eurodéputé espagnol du groupe de centre gauche dans La Presse, un journal canadien : "C'est la personnalité de Mme von der Leyen, elle aime garder la surprise et avoir un effet d'annonce."
Auprès de Politico, un diplomate souligne que la question n'a pas été évoquée lors d'un récent déjeuner entre la dirigeante allemande et les ambassadeurs de l'UE, et fustige un secret "dangereux" et "imprudent". Cette surprise a surtout laissé les Européens avec de nombreuses interrogations. "Les implications concrètes de ce statut ne sont pas tout à fait claires", remarque auprès de Politico Nicola Procaccini, coprésident du groupe ECR, qui confirme que "personne n'était au courant de ce statut de membre spécial accordé au...
17/09 - Jean-Luc Mélenchon, Sahra Wagenknecht et l’AfD : derrière la rupture, les virages idéologiques de LFIIl y a quelque chose qui cloche. Un léger malaise dans l'atmosphère marseillaise. Les insoumis ont pourtant tout pour boire du petit-lait - à la fraise, la version préférée de Jean-Luc Mélenchon. Un an plus tôt, à la tête de son nouveau mouvement entièrement voué à son ascension, le leader populiste a frôlé le second tour de l'élection présidentielle. Et, cet été-là, il n'imagine pas qu'il forcera, deux mois plus tard, la porte de son propre QG, occupé par les forces de l'ordre venues le perquisitionner. La République, ce n'est pas encore lui. A l'ombre du stade Vélodrome, La France insoumise organise ses deuxièmes universités d'été visant à préparer les élections européennes. Nous sommes en août 2018 et, déjà, quelques frottements sont palpables sur la stratégie, la ligne et la démocratie interne du parti. Et puis un nom venu d'outre-Rhin vient perturber les esprits au Parc Chanot : celui d'une camarade, Sahra Wagenknecht.
Wagenknecht. Celle que les médias français aimaient appeler "la Mélenchon allemande" il y a quelques années. Celle-là même qui aujourd'hui, à la tête de son parti d'extrême gauche conservatrice BSW, envisage de coopérer texte par texte avec l'AfD, après la victoire du parti d'extrême droite le 6 septembre dans le land Saxe-Anhalt. Figure anti-woke, anti-establishment au point d'être devenue antivax pendant la crise du Covid (vous avez dit "point commun" ?), pro-Russe sous couvert de pacifisme (vous vous répétez ?) et très offensive sur les questions...
17/09 - Etats-Unis : la hausse des taux de la Fed, un camouflet pour Donald Trump"Donald Trump ne parvient pas à plier la Réserve fédérale à sa volonté", souligne le Financial Times. Comme attendu, la Fed a relevé, mercredi 16 septembre, son taux directeur d'un quart de point, pour atteindre une fourchette comprise entre 3,75 % et 4 %, tout en laissant entrevoir de nouvelles hausses dans les prochains mois, sur fond de flambée des cours du pétrole et d'intensification des hostilités au Moyen-Orient. La décision de la Fed, prise à l'unanimité, a été annoncée dans un communiqué publié par la banque centrale américaine à l'issue d'une réunion de deux jours consacrée à la politique monétaire.
Jugée "malheureuse" par la Maison-Blanche, cette première hausse depuis l'été 2023 n'a pas manqué de contrarier Donald Trump, qui réclame depuis des mois une baisse rapide des taux pour soutenir l'économie à l'approche des élections de mi-mandat, en novembre. Le président américain, qui a fait de la politique monétaire l'un de ses chevaux de bataille, avait d'ailleurs choisi cette année son poulain, Kevin Warsh, pour prendre la tête de la banque centrale et remplacer ainsi Jerome Powell, qui avait provoqué la colère de l'ex-magnat de l'immobilier en lui tenant tête.
Encore mercredi, Donald Trump a estimé que les taux devraient être ramenés "à 1 % ou moins" et abaissés rapidement, dénonçant un comité "hostile" et "politisée". Malgré cela, il a assuré maintenir sa confiance dans Kevin Warsh. Interrogé mercredi par des journalistes sur la question, il a répondu du tac...
17/09 - "La Manip" de Michel de Rosen : un roman policier au cœur du pouvoirOn sous-estime toujours la part d’inattendu chez les hommes. Je connais Michel de Rosen depuis des décennies : sérieux, réfléchi, respectable, avec certes un zeste inhabituel d’originalité pour un membre de l’establishment, mais je n’aurais jamais imaginé que celle-ci, une fois Rosen à la retraite, prendrait les dimensions sidérantes de La Manip.
Il y a deux lectures possibles de ce roman policier. L’une au deuxième degré, réservée aux "happy few" - comme disait Stendhal de ses lecteurs -, c’est-à-dire aux familiers de Rosen qui retrouveront des noms à peine masqués, des personnages proches de lui, des clins d’yeux complices : la cosmographie de l’auteur écrite à l’encre sympathique. L’autre, plus classique, propre à tout roman policier, mue par l’impatience et l’excitation. Disons simplement que les ressorts de l’intrigue témoignent d’une imagination à la limite du surréalisme policier, et toujours ébouriffante. Une mosaïque intime
Aussi respecterai-je la règle du jeu et ne donnerai-je aucune indication sur le fil des aventures et le dénouement de La Manip mais celle-ci ne se déroule pas dans un univers banal puisque les acteurs principaux du drame sont les personnages cardinaux de la politique française. Et c’est là que réside l’originalité de Rosen. Ceux-ci respirent l’authenticité et font apparaître, derrière leurs tempéraments façonnés par la "commedia dell’arte" à laquelle ressemble la politique, des êtres de chair qui témoignent de la part de l’auteur, pour les...
17/09 - "Les midterms seront comme un référendum" : Donald Trump, l’encombrant parrain des républicainsSon appel à voter comme si son nom était sur le bulletin et sa promesse (intenable) de verser 5 000 dollars à chaque Américain en cas de victoire lors de la convention républicaine de Dallas en vue des midterms l’ont rappelé s’il en était encore besoin : Donald Trump compte rester incontournable pendant la campagne pour les élections de mi-mandat, mardi 3 novembre. Le président des Etats-Unis demeure le catalyseur de la politique américaine et il ne se prive pas de répéter que les candidats qu’il soutient remportent, à une très large majorité, leurs primaires. De fait, 97 % des politiciens appuyés par Trump (et qui concourent pour devenir représentants à la chambre, sénateurs, gouverneurs, ainsi qu’à de nombreux postes exécutifs locaux) se sont qualifiés pour les élections. Soit 220 candidats sur 227.
Un chiffre spectaculaire mais qui demande à être mis en perspective. "Trump a principalement apporté son soutien aux élus sortants et ceux-ci ne perdent presque jamais les élections", nuance Elaine Kamarck, spécialiste de la politique américaine. A cela, s'ajoute le fait que 40 % des candidats soutenus n’avaient pas d’opposants.
L’influence du milliardaire républicain reste cependant indéniable. "Le soutien de Trump a une grande valeur lors des primaires républicaines, argue Robert Boatright, professeur de sciences politiques à l’université de Clark (Massachusetts). Dans la plupart des cas, les électeurs connaissent mal les candidats et ne peuvent pas se fier à...
17/09 - Sabrina Roubache, ministre de la Formation professionnelle : "Nous allons nettoyer le secteur d’ici 18 mois !"Dépenses douteuses, manque de contrôle, formations de qualité inégale, informations parfois trompeuses... Certains organismes et filières de formation professionnelle et d'apprentissage, dont les formations sont soutenues par des fonds publics, perdurent en France malgré les exigences de la certification Qualiopi, obligatoire depuis 2022 pour accéder à ces financements. Par un décret signé début août et qui entrera en vigueur le 1er novembre, le gouvernement Lecornu souhaite lutter plus efficacement contre les fraudes et renforcer la qualité des formations en durcissant les critères de Qualiopi. Que cela changera-t-il concrètement ? Pourquoi l'Etat n'a-t-il pas davantage anticipé ces dérives ? Sabrina Roubache, ministre déléguée chargée de l'Enseignement et de la Formation professionnels et de l’Apprentissage, répond aux questions de L'Express.
L’Express : Le nouveau décret visant à renforcer la certification Qualiopi et qui entrera en vigueur le 1er novembre prochain devrait permettre un meilleur contrôle des organismes de formation et des CFA. Concrètement, que va-t-il changer ?
Sabrina Roubache : Déjà, il faut rappeler que Qualiopi est la condition pour toucher de l’argent public. Avec cette réforme, c’est la première fois que le sujet de la qualité pédagogique apparaît dans les critères de Qualiopi : on va vérifier notamment que le contenu de la formation, que le niveau des formateurs et que les temps en entreprise sont bien cohérents avec la formation dispensée....
17/09 - Scott Anderson, grand reporter : "La révolution de 1979 a montré que l’Amérique ignorait tout de l’Iran"Avant de lancer sa guerre contre l’Iran, Donald Trump aurait été inspiré de lire le livre de Scott Anderson. Dans une remarquable fresque historique intitulée Comment l’Amérique a donné l’Iran aux mollahs (King of Kings, traduction à paraître le 24 septembre aux éditions Saint-Simon), le grand journaliste américain - auteur du best-seller mondial Lawrence in Arabia et finaliste du prix Pulitzer 2026 - retrace les mois qui ont précédé la révolution iranienne. Le 16 janvier 1979, le chah d'Iran, grand allié des Américains, quitte Téhéran pour ne plus jamais y revenir. Et deux semaines plus tard, l'ayatollah Khomeini y atterrit, porté par des millions d'Iraniens.
Entre ces deux dates s'est joué l'un des plus grands échecs diplomatiques de l’histoire de l’Amérique : Washington, malgré une ambassade géante et l'une des plus importantes antennes de la CIA au monde, n'a rien vu venir. C’est cette mécanique de l’aveuglement, dont les effets résonnent encore aujourd’hui, que ce grand reporter décrypte avec brio.
L'Express : Votre livre s'ouvre sur la visite d'Etat du chah à Washington en novembre 1977, lorsque des opposants iraniens affrontent des partisans de la monarchie, sous les yeux du président Jimmy Carter et dans un nuage de gaz lacrymogène. Que dit cette scène de la compréhension par les Etats-Unis du contexte iranien ?
Scott Anderson : Ce fut les plus graves troubles civils à Washington depuis dix ans, avec plus d'une centaine de blessés. Et personne ne l'avait vu...
16/09 - "Ça vous étonne ?" : Jordan Bardella raille la présence de Marion Maréchal à une exposition anti-IVGDans la famille Le Pen, on a toujours pris son parti du conflit. Pierre et Marie Le Pen, grands-parents de Jean-Marie, l'ont même érigé en modèle de vie. Fâché à mort pour une raison tombée dans l'oubli, le couple a partagé jusqu'à leur décès le même toit, sans plus jamais s'adresser la parole. L'exemple pourrait inspirer Marion Maréchal et Jordan Bardella. Ce n'est pas un secret : la nièce de Marine Le Pen et le président du Rassemblement national n'ont pas vraiment d'atomes crochus. Le retour de cette dernière dans le giron du parti, poussée par Marine Le Pen, a provoqué un fort agacement chez Jordan Bardella. "C'est elle ou moi", aurait, selon Libération, menacé le président du parti.
Le président du RN, pas opposé à un compagnonnage libéral, a toujours préféré frayer avec Eric Ciotti et se tenir le plus éloigné possible de sa camarade de Parlement. Et ce n'est pas ce mardi que les relations entre les deux, qui siègent dans deux groupes différents, auraient pu se réchauffer. En pleine session plénière, à Strasbourg, Marion Maréchal a été aperçue à l'inauguration d'une exposition organisée par l'association anti-avortement italienne Pro Vita & Famiglia, et promue par Paolo Inselvini, député italien du parti Fratelli d'Italia, allié de Marion Maréchal. "Ça vous étonne ?", a lâché Bardella, sourire crispé, interrogé sur le sujet au détour d'un couloir."Marion Maréchal, je ne sais pas ce qu'elle nous apporte"
L'exposition "Juste humain, le miracle de la vie. Comment...
16/09 - Antisémitisme et complotisme : quand un responsable de la prestigieuse ESJ Lille dérape sur XJean-Philippe Goron est un passionné de football. Rien d’étonnant pour cet ancien commentateur des grandes affiches de Division 1 - devenue Ligue 1 en 2002 - aux côtés de Raymond Domenech, passé ensuite par la direction de la rédaction d’Infosport +. Depuis quelques années, le journaliste a toutefois raccroché les crampons pour se consacrer pleinement à son rôle de professeur au sein de la très réputée Ecole Supérieure de journalisme (ESJ) de Lille, où il occupe aujourd’hui les postes de responsable de la filière Journalisme de sport et de responsable du master de première année.
Mais ces derniers mois, l’enseignant semble avoir développé une nouvelle passion. Sur son réseau social X, où il arbore fièrement un logo de l’équipe anglaise de Liverpool, les tweets au sujet de son club préféré ont progressivement laissé la place à des publications à caractère politique, ici pour critiquer avec virulence l’action de l’Etat d’Israël, là pour dénoncer la corruption du système politique français et de ses élites. Fausse citation de Voltaire
L’affaire pourrait s’arrêter là. Après tout, Jean-Philippe Goron ne serait pas le premier professeur ou journaliste à exprimer publiquement des opinions politiques, même radicales. Mais en épluchant son compte X, L'Express a découvert de nombreux tweets et retweets dont le caractère complotiste et antisémite fait peu de doute. En mars, l’enseignant a ainsi relayé un post reproduisant une citation de Harry S. Truman datée de 1947, et dans...
16/09 - Israël, l’allié inattendu de l’Arabie saoudite face aux houthistesL'Arabie saoudite et Israël sont-ils de nouveau en train de se rapprocher ? Après plusieurs années de discussions avortées sur une normalisation de leurs relations, la guerre régionale en cours pourrait les pousser à coopérer en matière de défense. Selon plusieurs sources diplomatiques citées par The Jerusalem Post, Riyad et Jérusalem ont engagé des discussions, sous l'égide du commandement militaire américain au Moyen-Orient (CENTCOM), autour d'un éventuel soutien israélien à l'Arabie saoudite, face aux houthistes. La coopération porterait à ce stade sur le renseignement, notamment afin d'identifier les positions, les mouvements et les préparatifs militaires des rebelles yéménites.Menace en mer Rouge
L'information intervient alors que les houthistes ont intensifié leurs attaques contre l'Arabie saoudite la semaine dernière. Le groupe, soutenu par l'Iran, s'est notamment emparé de la ville portuaire de Mocha, puis de l'île de Mayyun, renforçant sa mainmise sur le détroit de Bab-el-Mandeb.
Pour Riyad, le conflit dépasse désormais largement le champ de bataille yéménite, ce détroit constituant l'une des principales routes du commerce maritime mondial, reliant le golfe d'Aden à la mer Rouge, puis au canal de Suez. En parallèle, les forces houthies ont frappé l'autre grande voie d'acheminement saoudien d'hydrocarbures : l'oléoduc Est-Ouest, reliant le Golfe persique à la mer Rouge.Alliances régionales
La demande saoudienne intervient pourtant au moment où Riyad renforce...
16/09 - A Lyon, l’école des Chartreux dans la tourmente après la plainte pour viols contre l’ex-directeurLa jeune fille est bonne élève, toujours en tête de sa classe, profil de matheuse, bonne en sciences, aussi quand elle rejoint en septembre 2025 le prestigieux établissement privé lyonnais, les Chartreux, ses bâtiments élégants sur le plateau de Croix-Rousse, son histoire bicentenaire et ses 4 000 élèves, tout paraît concourir à l’accomplissement d’un excellent parcours. Ses parents, qui n’habitent pas Lyon, lui louent un studio en ville, ils lui font confiance, elle est sérieuse. En octobre, soirée organisée par des élèves, ça danse, ça boit, ça se bouscule. Soudain, après un verre poisseux, la tête lui tourne, elle annonce partir, se sentir mal, un camarade propose de l’accompagner. Sur le chemin, il la viole. Le lendemain, elle dépose plainte au commissariat de police.
Etrangement, le père Jean-Bernard Plessy, 63 ans, directeur des Chartreux depuis 27 ans, est informé de la plainte. Il convoque l’élève encore mineure et se montre paternel à son endroit, lui confiant son numéro de portable, lui précisant que c’est un geste rare de sa part, une marque de grande confiance, un privilège, et dans les semaines qui suivent, il prend en effet régulièrement de ses nouvelles. En novembre, la jeune fille atteint sa majorité. D’après son avocate Nadia Debbache, c’est alors que le prêtre se serait montré de plus en plus pressant, tactile même. Le premier viol aurait eu lieu en février 2026, et selon son avocate toujours, il y en aurait eu beaucoup d’autres dans les mois qui...
16/09 - "Que faire, sinon prendre des mesures d’austérité ?" : le regard de l’ancienne ministre du Travail italienne sur la FranceNovembre 2011. Elsa Fornero se souvient de tout comme si c’était hier. La perte de crédibilité de l’Italie aux yeux des chefs d’Etat européens, l’optimisme de façade de Silvio Berlusconi, la pression des marchés financiers. Et l’appel de Mario Monti qui lui donne à peine une heure pour accepter sa proposition d’entrer au gouvernement pour devenir sa ministre du Travail alors qu’elle est professeur d'économie à l'université de Turin, sans expérience politique. Elle préparera en vingt jours une réforme considérable des retraites : recul de l'âge de départ (66 ans pour les hommes, 62 ans pour les femmes, avec un objectif de convergence sept ans plus tard), gel des pensions et indexation des conditions d'accès sur l'espérance de vie.
L'Express : Comment met-on en œuvre une réforme aussi structurante en à peine quelques semaines ?
Elsa Fornero : On sentait littéralement dans l'air la crise financière qui approchait. Il était clair que si nous laissions planer un doute, si nous prenions notre temps, le risque de déception, donc de sanction des marchés, était réel. Nous mesurions la gravité de la situation. J'ai donc travaillé d'arrache-pied et j'ai présenté la réforme des retraites en conseil des ministres le 5 décembre, après avoir commencé à plancher dessus le 17 novembre. Mais entre ma profession de chercheuse et ma fonction de ministre devant concevoir, dans l'urgence, une réforme qui bouleverserait la vie des gens, il y a un monde. Il a fallu gérer les désaccords entre...
16/09 - Partenariat EDF-BYD : un scandale en trompe-l’œilScandaleux, irresponsable, une faute politique, un camouflet pour l'automobile française : on aura tout entendu sur le partenariat entre EDF - détenu à 100 % par l'Etat - et BYD. En finançant, pour quelques centaines d'euros par véhicule, les modèles électriques du constructeur chinois, l'énergéticien s'est mis à dos tous les gardiens du "Made in France", à commencer par le ministre de l'Industrie Sébastien Martin, qui demande que le dispositif d'aide, qui se termine à la fin de l’année, ne soit pas reconduit.
"Tout cela est incompréhensible", glissent plusieurs experts de l'énergie à L'Express. Non qu'EDF ait commis une faute en misant sur un constructeur en pleine offensive sur le marché français. Mais parce qu'une fois de plus, un microsujet est érigé en drame national.
"Le plus frappant, c'est qu'EDF a du mal à se défendre de l'intérieur", déplore une source proche du dossier. Le groupe aurait pourtant de quoi répliquer. Le media Auto Infos, qui décortique le financement des Certificats d'économie d'énergie (CEE) - le dispositif au cœur de la polémique - le note sèchement : si l'on reproche à EDF sa (petite) ristourne aux clients de BYD, personne n'a jamais fait grief à Engie de soutenir les ventes de Nissan ou de Kia, ni à E.Leclerc de rogner la facture des Ford et des Toyota.
"Depuis février, Volkswagen a noué très exactement le même type de partenariat avec EDF, permettant à ses clients français d'empocher jusqu'à 6 890 euros d'aide. Subventionner les usines de...
16/09 - Entre l’Europe et le Canada, le coup de foudre est réciproqueUn Canada qui tient tête à Donald Trump, une Union européenne qui ne veut plus être humiliée par le président des Etats-Unis : Ottawa et Bruxelles ont tout pour s'entendre ces jours-ci, au point d’envisager que le Canada, dont la Maison-Blanche prétendait faire "le 51e Etat américain", devienne au contraire le premier Etat tiers "associé" à l’UE. Le statut, cependant, reste à inventer et la tâche n’est pas simple.
"Je voudrais ouvrir la porte au Canada pour qu’il devienne le premier membre associé de l’Union européenne", a déclaré la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, mercredi 16 septembre devant le Parlement européen à Strasbourg. Dans l’assistance, le Premier ministre canadien, Mark Carney, était aux anges. Les deux partenaires ont un intérêt fort à s’unir. Le rapprochement est engagé depuis longtemps - l’accord de libre-échange eurocanadien, le Comprehensive Economic and Trade Agreement (Ceta), a été signé en 2016 - mais il s’est intensifié depuis l'arrivée de Carney au pouvoir l'an dernier.
Le Canada est anxieux de diversifier ses débouchés car les barrières protectionnistes érigées par Trump aux Etats-Unis entravent son accès à son premier marché d'exportation. L’Union européenne, elle, a intérêt à sécuriser ses approvisionnements en métaux rares pour casser sa dépendance chinoise. Or, le Canada dispose en abondance de minéraux essentiels pour la transition énergétique et la souveraineté technologique : uranium, lithium, nickel, cobalt, aluminium,...
16/09 - Manifestations, blocages : autour du globe, la colère éclate face à la hausse des prix des carburantsDes pneus en feu bloquant l'arrivée des camions-citernes, et des manifestants déterminés : ce mercredi 16 septembre, une centaine de pêcheurs se sont rassemblés devant le dépôt pétrolier de Frontignan (Hérault), afin de protester contre la hausse des prix du carburant. La veille, c'est le dépôt de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), le plus grand de France, qui faisait l'objet de blocages, tandis qu'à Sète (Hérault), des pêcheurs ont brandi des banderoles dans le port, contre l'augmentation des prix de l'énergie. "On ne peut plus travailler dans ces conditions, on n'est plus rentable", expliquait Kévin, marin-pêcheur au Grau-du-Roi (Gard), au micro de BFMTV, mercredi matin. Avant d'ajouter : "A 2,50 euros le litre, il va falloir que les gens se réveillent".
La semaine dernière, les prix à la pompe ont connu une augmentation historique en France. Selon les derniers chiffres du gouvernement, le litre de sans-plomb 95-E10 a atteint les 2,11 euros en moyenne - un record depuis la première compilation de ces données par l'Etat, en 1985. Celui du gazole, carburant routier le plus consommé dans le pays, était à 2,29 euros le litre en moyenne, frôlant ainsi le record établi en avril dernier, à 2,31 euros.
Mais le phénomène ne touche pas que l'Hexagone. Portée par la guerre au Moyen-Orient, l'inflation sur les prix de l'énergie a provoqué de nombreuses manifestations dans le monde ces derniers jours, face aux pénuries et à la hausse du coût de la vie.Des blocages de dépôts en Syrie...
16/09 - Rougeole aux Etats-Unis : quatre morts et une confiance dans les vaccins en chute libreCe sont des chiffres qui n’avaient pas été vus dans le pays depuis 35 ans. Depuis le début de l’année, plus de 3 290 cas de rougeole ont été confirmés aux États-Unis, dont près de 700 en Pennsylvanie. Les autorités de cet Etat de l’Est ont annoncé ce mardi 15 septembre un quatrième décès lié à cette maladie, qui avait été déclarée éliminée outre-Atlantique en 2000, grâce à la vaccination.
Les quatre décès, qui s’ajoutent aux trois premières morts enregistrées dans le pays en 2025, sont tous survenus chez des individus non vaccinés, a indiqué dans un communiqué le ministère de la santé local. Les victimes sont une personne de 18 ans, une autre de 40 ans, et deux bébés qui étaient trop jeunes pour être vaccinés.Défiance croissante
La rougeole, qui peut provoquer des symptômes tels que fièvre, éruption cutanée et troubles respiratoires, est très contagieuse mais facilement évitable grâce au vaccin combiné rougeole-oreillons-rubéole (ROR), une vaccination systématique chez l'enfant, efficace à 97 % après deux doses. Il est généralement administré entre 12 et 15 mois, puis entre 4 et 6 ans.
Problème : l’an dernier, la couverture vaccinale moyenne des enfants de maternelle aux États-Unis a chuté à 92,5 %, selon les données du CDC, principale agence fédérale pour la protection de la santé publique. Soit en dessous du seuil de 95 % que les experts jugent nécessaire pour atteindre l'immunité collective, qui peut protéger ceux qui ne peuvent pas se faire vacciner.
Alors que les...
16/09 - La task force "anti-Maga" du Quai d’Orsay avant 2027, les consulats dans les radars de BercyLa CIA noyaute l’entourage du président vénézuélien,le Mossad israélien piège les bipeurs du Hezbollah,les espions de Poutine payent des petites mains pour dessiner des étoiles de David dans Paris… Si vous ne vous intéressez pas au monde de la défense et de l’espionnage, c’est lui qui s’intéressera à vous. Retrouvez, chaque semaine, notre sélection d'indiscrets exclusifs en France... et notre revue de presse des nouvelles les plus saillantes en Europe.Les ingérences américaines prises au sérieux
Les sphères Maga et pro-Trump, très actives en ligne, sont désormais dans les radars du Quai d’Orsay. Le ministère des Affaires étrangères vient de mettre sur pied une discrète "task force" chargée de surveiller de plus près les ingérences américaines à même de déstabiliser la prochaine élection présidentielle française. Une initiative qui percute les efforts de la diplomatie française... pour se réconcilier avec Washington. Paris vient tout juste de recevoir le feu vert de l’administration américaine au sujet de la nomination de son futur ambassadeur aux Etats-Unis, Aurélien Lechevallier. Ce 11 septembre, la France s'est résolue à un acte de contrition discret, via un communiqué de "regret" publié par la mission permanente de la France auprès de l’ONU à Genève. Il s'agissait de lever le blocage américain contre la nomination de Lechevallier, consécutif à un précédent tweet de cet organe, le 25 avril. "Les Etats-Unis étaient autrefois un phare des droits humains. Ce n’est plus le...
16/09 - Canada, climat, immigration : ce qu’il faut retenir du discours d’Ursula von der Leyen sur l’état de l’UnionA Strasbourg, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a prononcé ce mercredi 16 septembre son discours annuel sur l'état de l'Union devant les eurodéputés. Celle qui entame actuellement son deuxième mandat de cinq ans à la tête de l'exécutif européen a notamment appelé à un resserrement des liens avec le Canada, et a pointé du doigt les menaces croissantes qui visent le continent. Elle a également confirmé vouloir interdire les réseaux sociaux aux moins de 13 ans.Une main tendue au Canada
En présence du Premier ministre canadien, Mark Carney, Ursula von der Leyen a déclaré que l'Union européenne ouvrait la porte au Canada pour que celui-ci devienne son premier "membre associé", un statut qui n'est pas prévu dans les traités du bloc. Historiquement, l'UE s'est opposée aux catégories flexibles et ses membres ont accueilli avec tiédeur la proposition allemande, en mai, d'accorder à l'Ukraine un statut de membre associé comme étape transitoire vers une adhésion pleine et entière.
"Nous partageons la même vision du monde : de l'IA aux changements climatiques, de l'Arctique à la géopolitique. Et nous avons toujours été unis : sur l'Ukraine, sur la défense, sur les matières premières et sur les chaînes d'approvisionnement. Mais surtout… l'Europe et le Canada croient en la démocratie", a justifié la dirigeante européenne. "Il s'agit d'un partenariat qui n'est dirigé contre personne d'autre", a-t-elle ajouté, dans un effort possible pour éviter de s'aliéner...
16/09 - IA et croissance : les scénarios des économistes au banc d’essaiLe prix Nobel d’économie Robert Lucas écrivait, en 1988, qu’une fois que l’on commence à réfléchir aux conséquences de la croissance économique, il est difficile de penser à quoi que ce soit d’autre. Il entendait par ces mots quelque peu provocants rappeler une évidence: si les questions - plus souvent débattues - de redistribution, de politiques budgétaires, ou de lutte contre les récessions semblent essentielles au quotidien, dès lors que l’on considère un horizon plus lointain, même d’infimes variations de taux de croissance entre pays ou régions, accumulées sur longue période, feront toute la différence entre richesse et pauvreté, autonomie et dépendance, développement et stagnation. En somme, à suffisamment long terme, la croissance, et elle seule, détermine notre destin économique.
Il semble, ces derniers temps, que l’adage s’applique, de manière particulièrement appropriée, aux effets de l’intelligence artificielle sur notre économie, et, plus largement, notre organisation sociale. Dettes publiques, tarifs douaniers, conflits militaires, taxes Zucman, indexation des retraites ou politique monétaire trop agressive ; toutes ces considérations, qui enflamment la chronique économique de l’instant, semblent vouées à l’inanité face à la seule question qui paraisse devoir compter : l’IA sera-t-elle notre planche de salut économique, ou, au contraire, notre perte collective ?
Chacun constate d’ores et déjà les progrès fulgurants des intelligences artificielles...
16/09 - Dette : la France et ses "tue l’amour", par Eric CholLe tic-tac de la bombe de la dette française est devenu si assourdissant que la possibilité d’un krach trotte désormais dans la tête de tous les patrons, banquiers, politiques ou économistes. Un scénario noir ? L’histoire nous a montré qu’en cas de fortes vulnérabilités, la confiance des investisseurs peut se volatiliser en un instant. C’est là où en est la France aujourd’hui. "Je pense qu'effectivement, il y a une inquiétude aujourd'hui, parce qu'il y a des choses qu'il faut traiter, en particulier la question des finances publiques et du déficit budgétaire", expliquait Emmanuel Moulin, gouverneur de la Banque de France, le 11 septembre sur RTL.
Ce n’est même plus de l’inquiétude mais bien un vent de panique qui s’est emparé des marchés, avec une traduction immédiate : l’envolée des taux d’intérêt, en route vers les 5 %, alors qu’ils atteignaient 3,35 % en 2025 et étaient nuls en 2021. En cause ? La flambée du brut. C’est vrai, mais il ne s’agit là que du déclencheur. La réalité, c’est qu’après plusieurs années de "somnambulisme collectif" selon Stéphane Boujnah, président d’Euronext, le pays est démuni pour affronter les secousses internationales. Il est même "le seul pays de la zone euro à ne pas avoir fait refluer sa dette depuis la fin de la crise sanitaire", insistait-il lors d’un colloque du Laboratoire de la République. "On est clairement le plus mauvais élève de la zone euro"
Avec une dette de 3 500 milliards d’euros, une croissance zéro, un chômage à la...
16/09 - Une facture de 38 milliards de dollars : la guerre en Iran coûte toujours plus cher à WashingtonLa facture continue de s'allonger pour les Etats-Unis : la guerre menée par Donald Trump contre l'Iran depuis plus de six mois a déjà coûté 38 milliards de dollars au pays, a indiqué mardi 15 septembre le Bureau du Congrès pour le budget (Congressional Budget Office, CBO), l'organisme non partisan chargé d'établir les comptes du Congrès américain. D'après celui-ci, l'addition pourrait encore augmenter de 3 milliards de dollars par mois en cas d'intensification du conflit.
Selon les calculs du CBO, qui couvrent les dépenses engagées jusqu'au 1er août, la guerre devrait par ailleurs entraîner une hausse de 0,5 % de l'inflation au cours des trois premiers mois de 2027, alors que l'administration américaine cherche des moyens de mettre fin au conflit et de rouvrir le détroit stratégique d'Ormuz.
Les chiffres du CBO sont proches des 37,5 milliards de dollars avancés par le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, lors d'une audition au Sénat le 21 juillet. Ce montant représentait alors une hausse de près de 30 % par rapport aux 29 milliards précédemment estimés.
Le nouveau rapport ne prend pas en compte le coût des récentes frappes contre des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz ni celui des attaques visant des installations militaires américaines dans la région. Il ne tient pas non plus compte des coûts d'emprunt liés au financement de la guerre, qui pourraient ajouter plusieurs dizaines de milliards de dollars à la facture totale.Les stocks de munitions mis à rude...
16/09 - "Mes meilleures idées viennent souvent ici" : pourquoi votre bureau idéal est sans doute un bistrotFils d’un coutelier de Langres formé chez les Jésuites, Denis Diderot a, entre autres, été à l’avant-garde de l’athéisme des Lumières, inspiré un concept ("l’effet Diderot"), donné ses lettres de noblesse à la critique d’art moderne, et porté le titanesque projet de L’Encyclopédie pendant plus de vingt ans. On serait tenté d’ajouter que Denis Diderot était aussi un habitué des cafés parisiens tant ceux-ci ont joué un rôle majeur dans son œuvre : selon la légende, l’idée du célèbre ouvrage aurait ainsi émergé lors d’une discussion avec d’Alembert au Procope (6e arrondissement de Paris), où il écrivit ensuite certains passages. Le philosophe a cela en commun avec plusieurs génies de leur temps. Du compositeur prodige Wolfgang Amadeus Mozart à la reine de la soul britannique Amy Winehouse, en passant par J.K. Rowling, auteure du succès planétaire Harry Potter, tous hantèrent les cafés et les pubs en quête d’inspiration.
Mais n’est pas Diderot qui veut. D’autant que, sur le papier, la perspective d’être pris en tenaille entre une poussette criarde et un voisin de table ayant renoncé à retrouver ses écouteurs, le tout sur un fond pop (au mieux) des plus douteux, peut sembler incompatible avec la notion de travail. Et pourtant, selon une étude menée auprès de résidents américains par un professeur du Massachussetts Institute of Technology (MIT) en 2021, plus d’un tiers des heures de travail à distance se dérouleraient dans des "tiers-lieux", parmi lesquels des cafés. D’après...
16/09 - "L’anglais d’un commercial n’est pas celui d’un ingénieur" : à l’ère de l’IA, apprendre une langue ne va plus de soiIl faut un peu plus d’une demi-année, soit environ 30 semaines, à raison de 23 heures de cours et 17 heures d’auto-étude hebdomadaire, pour qu'un Américain atteigne un niveau professionnel dans la langue de Molière. Il lui en faut un peu moins pour le danois ou l’italien (à peu près 24 semaines), mais davantage pour l’allemand (36 semaines), et encore plus pour le polonais (44 semaines). Quant aux anglophones natifs qui veulent se mettre au japonais, au chinois ou au coréen, il faut compter 88 semaines, indique le site officiel du Département d’Etat .
Côté européen, lorsqu'on veut mesurer sa maîtrise d'une langue, il existe l’EF SET, un test d'anglais standard qui mesure avec précision le niveau de compétence. Et quel candidat n’a jamais indiqué sur son CV son score au TOEFL ou au TOEIC ? Sauf que l’intelligence artificielle est arrivée, et qu’elle atteint maintenant un niveau que bien des "non-natifs" n’atteindront qu’au prix d’un apprentissage chronophage. Faut-il pour autant tout arrêter et s'en remettre exclusivement à l'IA ?
Certes, l'arrivée de cette nouvelle technologie a complètement changé notre rapport aux langues puisque avec un logiciel gratuit, on peut désormais échanger avec n’importe qui, n’importe où dans le monde. "J’avoue qu’il y a deux ans, j'ai perçu l’arrivée massive de l’IA comme une menace. Mais en réalité, nous avons augmenté notre business", confie Guillaume Le Dieu de Ville, cofondateur de Lingueo et directeur académique du MCS X-HEC...
16/09 - Les Français connaissent-ils vraiment l’économie ? Les résultats inquiétants d’une étudePas de cocorico pour cette fois. Selon un sondage Ifop commandé par l’Institut de l’Entreprise, paru ce mercredi 16 septembre, les connaissances des Français en économie laisseraient fortement à désirer. Un échantillon représentatif de 1 000 personnes a été interrogé en juin sur des notions bien précises : la dette publique, le déficit, le budget de l'État, le PIB, le marché du travail et l’impôt sur les sociétés. Devant le questionnaire, les élèves adultes ont, en moyenne, su donner la bonne réponse à seulement 2,2 questions sur les six posées. La moyenne de la classe atteint un petit 7,3/20.
Petite réjouissance : 86 % des interrogés ont répondu correctement à au moins une question, et entre 76 % et 84 % ont entendu parler de chacune des six notions testées. Toutefois, pour chaque thématique, ils sont moins de 10 % à pouvoir l’expliquer "clairement et en détail", ont confessé les personnes interrogées. Le saviez-vous ?
Les Français se trompent particulièrement sur le premier poste de dépense du pays. Quelque 35 % imaginent que la défense récupère le budget le plus important. Faux, ce sont les dépenses de retraite, évaluées à 420 milliards d’euros en 2026 par l'étude. Ils sont seulement 23 % à avoir trouvé cette réponse. Le second plus gros poste de dépense n’est toujours pas la défense mais la santé. Autre erreur : un Français sur deux pense que les petites et moyennes entreprises (PME) embauchent davantage que les grandes entreprises. C’est encore faux. Enfin, la...
16/09 - D’Ormuz à Bab-el-Mandeb, le pétrole pris au piège : "Un baril à 130 ou 140 dollars ne serait pas le scénario du pire"C'est un nouveau coup dur pour les marchés énergétiques. Les rebelles houthistes du Yémen, alliés du régime iranien, ont annoncé le 11 septembre s'être emparé du détroit de Bab-el-Mandeb, à l'entrée de la mer Rouge. Cette artère stratégique, large de 36 kilomètres en son point le plus étroit, est un maillon essentiel du commerce international. Près de 8 % des expéditions de gaz naturel liquéfié (GNL) y transitent, dont une bonne partie à destination de l'Europe, et environ 12 % du pétrole mondial. Ces perturbations, qui s'ajoutent à celles du détroit d'Ormuz, vont provoquer "des retards prolongés dans le transport maritime, un manque de navires disponibles et des prix du pétrole plus élevés", assure l'analyste Cyril Widdershoven, expert du marché mondial de l'énergie et des affaires maritimes. Et il prévient : "Toutes les conséquences de cette situation ne sont pas encore visibles." Entretien.
L’Express : Au cœur de l'été, vous écriviez, que "le monde continue de se focaliser sur le mauvais détroit", celui d’Ormuz au lieu de Bab-el-Mandeb. Ce dernier vient d'être pris par les rebelles houthistes. Quelles sont les conséquences pour le monde de l'énergie ?
Cyril Widdershoven : La situation demeure confuse. Mais l'on peut dire, de manière générale, que les Houthis ont pris le contrôle du littoral yéménite, ainsi que de certaines îles. Les volumes normaux d'exportations de pétrole saoudien qui pouvaient encore transiter par le détroit de Bab-el-Mandeb sont hors circuit. Tout...
16/09 - "Beauty in Black" sur Netflix : du côté de la blackitude, c’est pas mal non plus, par Christophe DonnerSi l’épopée familiale de Succession vous manque, et que vous êtes passé à côté des productions de Tyler Perry, bref, si vous êtes comme moi, continuez de faire comme moi, en essayant la saison 1 de Beauty in Black de nouveau disponible sur Netflix à l’occasion de la sortie de la saison 3. C’est plein de rebondissements, de fric, de sexe, de violence, de trahison, de jalousie. Tout se passe dans la communauté afro-américaine de Chicago, exclusivement afro-américaine, on ne voit pas une seule personne blanche avant le sixième épisode et quand cette étrangeté apparaît, c’est sous les traits d’une infirmière empoisonneuse. Elle est suivie par un médecin blanc incompétent, mais l’une et l’autre ne tardent pas à se faire descendre d’une balle dans la tête. Voilà au moins un auteur qui sait contenter son public.
Les frères Bellarie, Norman et Horace, respectivement chimiste et comptable, ont fait fortune dans la fabrication et la commercialisation d’un produit capillaire qui fait des ravages. C’est au point que les victimes demandent des réparations qui tournent autour du milliard de dollars, synonyme de faillite pour la famille Bellarie. Les deux frères septuagénaires ne sont pas en très bons termes. Surtout depuis cette affaire de produit cancérigène mis au point par Norman, piètre chimiste. Horace a deux fils, Roy et Charles, aussi nuls l’un que l’autre. Roy est alcoolique et impuissant, sans que l’on sache laquelle de ces disgrâces a entraîné l’autre. Charles est gay, tout...
16/09 - Son avarice, ses maîtresses, son faible pour la France : la face cachée de Vladimir Poutine révélée par deux journalistes exilésC’est une somme de 800 pages qui fera date, fruit de vingt ans de travail de la part de deux des meilleurs journalistes d’investigation russes. Dans Le Tsar en personne (Les Arènes), Roman Badanine et Mikhaïl Roubine entendent révéler qui est le "vrai Vladimir Poutine", à l’opposé de l’image, mise en avant par la propagande du Kremlin, d’un ascète attaché aux valeurs chrétiennes et marié à la Russie. Le premier a notamment dirigé l’édition russe du magazine Forbes, tandis que second fut accrédité dans le pool des journalistes couvrant le Kremlin. Les deux ont créé le média indépendant Proekt, avant d’être contraints à l’exil en 2021, étant désignés comme "agents de l’étranger". Initialement paru en russe et très lu au sein de la communauté des expatriés (il est bien sûr interdit sur le territoire de la Russie), leur livre est traduit en français à la veille d'élections législatives (18 au 20 septembre) qui n'ont depuis longtemps plus aucun suspense.
Plus qu’une biographie classique, Le Tsar en personne dévoile les multiples hypocrisies d’un système érigé autour du dirigeant tout-puissant. L’ouvrage est traversé par une thèse : loin de l’idéologue imprégné d’histoire russe, Vladimir Poutine serait avant tout un cynique obsédé par l’argent et prêt à tout pour conserver son pouvoir. "Pour toute personne qui a suivi ses faits et gestes jour après jour, il est évident que Vladimir Poutine est absolument dépourvu d’idéologie", assurent les auteurs. Ils le dépeignent en monarque...
15/09 - Face à la Russie et à la Chine, les Etats-Unis dévoilent leur arsenal spatialCartes sur table. Lors d’une conférence des forces aériennes et spatiales tenue à National Harbour, dans le Maryland, le lundi 14 septembre, le secrétaire américain des unités de forces spatiales (US Air Force et l'US Space Force), Troy Meink, a reconnu pour la première fois que son pays avait déployé sa puissance militaire dans l’espace. Le responsable a ajouté que "les États-Unis disposent désormais d’armes de contrôle spatial en orbite capables de défendre les forces interarmées contre toute action hostile d’un adversaire."
Interrogé sur le détail de l’installation de ces armes – quand, combien, lesquelles ? –, Troy Meink n’en a pas dit davantage. À défaut, il a été très clair sur l’objectif de cet armement : "Nous continuons de veiller à rester prêts à relever les défis posés par l'évolution des menaces, où qu’elles existent", a déclaré le responsable lors de cet événement organisé par l'Association des forces aériennes et spatiales américaines. Ennemis russes et chinois
Sur le site web des Forces spatiales, les informations disponibles donnent quelques informations supplémentaires sur l’origine des menaces identifiées. "La Chine développe et exploite des capacités spatiales et de contre-espace dans le cadre d’une stratégie de modernisation militaire", tandis que "la Russie considère l’espace comme un domaine de combat et estime que la suprématie spatiale sera un facteur décisif dans les conflits futurs", est-il écrit.
A plusieurs reprises déjà, des responsables...
15/09 - Edouard Philippe le "flemmard" : les leçons accablantes d’une polémique risibleSa longue digression a accouché d’un surnom : "Edouard le flemmard". Le Rassemblement national (RN) étrille Edouard Philippe depuis la diffusion d’un podcast dans lequel le candidat à l’élection présidentielle suggère l’octroi d’un temps de "repos" à chaque nouveau chef de l’Etat, après son élection. Musiques et montages dopés à l’intelligence artificielle dépeignent le maire du Havre en roi fainéant, aussi soucieux de son temps de sommeil que d’augmenter l’âge de départ à la retraite des Français. Et tant pis si les propos originaux d’Edouard Philippe sont tronqués et caricaturés.
Dans le podcast de l’entrepreneuse Pauline Laigneau, l’ancien Premier ministre revient sur son arrivée à Matignon et l’obligation constitutionnelle de former au plus vite un gouvernement. Il regrette cette course de vitesse - "Vous mettez toutes les chances de votre côté pour vous planter" - mais la justifie aussitôt au nom de la "continuité de l’Etat". "Faut que ça bouge, tout de suite"
Le président d’Horizons défend alors - en pure théorie - un système dans lequel le président élu aurait le "temps de se reposer après une élection hyper usante et fatigante". Pourquoi ne pas prendre une ou deux semaines de vacances pour "consulter plus lentement les partenaires sociaux" ou "constituer ses équipes" ? Douce utopie. "Le système ne fonctionne pas comme cela. Il faut faire avec le système tel qu’il fonctionne", admet-il.
Le propos est justifié, mais sa déformation est facile. L’extrême droite se...
15/09 - Pourquoi le débat sur l’IA rend tant de gens sensés complotistes"Avancer lentement pour ne rien casser". Voilà qui va à l’encontre du principe cardinal de la Silicon Valley. Personne ne s’attendait à ce que Dario Amodei (Anthropic), Sam Altman (OpenAI) et Elon Musk (SpaceX) surmontent leurs vieilles querelles afin d'exhorter l'humanité à mieux contrôler leurs entreprises. Le miracle s’est produit. Mais beaucoup de gens sensés peinent à croire à leurs mises en garde.
Les preuves du caractère ingérable des IA génératives sont pourtant accablantes. Cet été, OpenAI a révélé, piteux, qu'un modèle en phase de test avait envoyé à son insu des essaims d’agents pirater Hugging Face, une plateforme très utilisée par les professionnels de la tech. Quelques jours après, Anthropic avouait des défaillances similaires. Le plus étrange dans ce débat est que les moins enclins à admettre les dangers de l'IA sont souvent bien informés de ses récents progrès. Comment expliquer que nous ne soyons pas plus inquiets face à ces discours alarmistes ?
Trois facteurs, à commencer par une forme de dissonance cognitive. Notre cerveau est ainsi fait qu'il nous commande de fuir s’il voit nos congénères détaler, même sans savoir pourquoi. En revanche, il ne sait que faire face à une personne qui nous conseillerait, l'air effrayé, de "fuir à toutes jambes", sans bouger elle-même d'un pouce. C’est un peu ce que font les entrepreneurs de l’IA, lorsqu’ils disent, à longueur d'interviews et de blogs, être inquiets et vouloir qu'on les freine, mais retournent chaque...
15/09 - Dette française : le scénario noir d’une tempête financière raconté de l’intérieurLe décor ? L'Assemblée nationale et un hémicycle plein à craquer ce mardi 13 octobre 2026. La veille, les débats sur le projet de loi de finances pour 2027 ont débuté, laissant à Sébastien Lecornu un goût de cendre au fond de la gorge. Un concert de sifflets et de noms d'oiseaux. Et surtout, une avalanche d'amendements, près de 4 500. Sans doute, le locataire de Matignon aurait pu choisir un plan B, la voie de la loi spéciale, cautère provisoire pour éviter des semaines de discussions et une paralysie de l'Etat. Mais le Premier ministre a voulu emprunter le chemin étroit de la responsabilisation des députés. La tête dans les épaules, il monte rapidement la volée de marches qui le mène au perchoir. Le visage fermé de son ministre de l'Economie Roland Lescure lui rappelle la situation : la guerre entre les Etats-Unis et l’Iran qui redouble d'intensité, les menaces de mobilisation en Russie, les prix de l'essence au plus haut depuis quatre ans… Il faut un budget pour la France, et vite, déclare-t-il, abattant la carte de l'article 49-3 pour abréger les débats. Dans la foulée, La France insoumise, les communistes et les écologistes déposent une motion de censure. Une partie de poker de 48 heures débute alors. Le gouvernement a parié que certains socialistes rejoindraient le camp de la raison. Mais le calendrier de la primaire bouscule tout. Boris Vallaud, le chef des socialistes à l'Assemblée, et le patron du PS, Olivier Faure, déclarent qu'ils voteront la censure. Le RN, en...
15/09 - Guerre en Ukraine : "Il est temps d’avoir le courage de protéger le ciel ukrainien"Plus de quatre ans et demi après le début de la guerre, Vladimir Poutine ne cherche même plus à faire semblant. Dans une nouvelle surenchère, Moscou a frappé ce dimanche 13 septembre un train ukrainien à moins de deux kilomètres de la frontière polonaise et à proximité d’un convoi qui transportait des conseillers à la sécurité et d'anciens dirigeants européens, dont l'ex-Premier ministre britannique Boris Johnson. Cette escalade, dénoncée à l’unisson par les chancelleries européennes, a replacé au centre de l’attention l’enjeu de la protection de l’espace aérien ukrainien. Face à l’intensification des attaques, certains plaident aujourd’hui pour la mise en place d’un "bouclier aérien" au-dessus de l’Ukraine. "Au-delà de l’aspect humanitaire, nos intérêts de sécurité sont aussi en jeu", défend Aurélien Duchêne, enseignant à l'université catholique de Lyon, auteur de L'Europe et ses armées (Eyrolles, 2026) et membre du collectif SkyShield, qui appelle la France et d’autres pays européens à s’impliquer directement dans la défense du ciel ukrainien. Interview.
L’Express : Comment analysez-vous les récentes frappes russes ?
Aurélien Duchêne : C’est une étape de plus. Mais rappelons-nous qu’en 2024, un missile russe s’était déjà abattu à moins de 200 mètres d’une réunion entre Volodymyr Zelensky et le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis. La même année, ils avaient également fomenté l’assassinat d’Armin Papperger, le PDG du géant allemand de la défense Rheinmetall. Ce...
15/09 - Retour du vinyle, boom des aspirateurs laveurs, crise du livre... Le patron de Fnac Darty analyse la consommation des EuropéensL’OPA de EP group, du Tchèque Daniel Kretinsky, sur Fnac Darty, franchit une étape importante avec la notification du projet à la Commission européenne. Enrique Martinez attend sereinement l’issue de cette procédure d’ici la fin de l’année. Cet Espagnol, qui a commencé par diriger la Fnac Lisbonne, occupe un bon poste d’observation sur la consommation des Européens. A quelques jours de la remise du 25e prix du roman Fnac, il rappelle l’engagement de son enseigne pour la défense du livre. Le seul antidote à la baisse dramatique du niveau des élèves pointé par le dernier classement Pisa.
L'Express : Comment votre groupe a-t-il traversé cet été caniculaire ?
Enrique Martinez : Dès le mois de mai, après avoir écoulé toutes nos réserves de ventilateurs de l’an dernier, nos équipes sont allées chercher des produits partout en Europe, sans forcément parier qu’il y aurait autant d’autres épisodes de chaleur extrême. Nous avons finalement connu au moins trois canicules consécutives, et les ventes de ventilateurs et de climatiseurs n’ont jamais atteint de tels niveaux. Cela révèle un vrai sujet de santé publique — qualité du logement, isolation —, avec des conséquences pour les hôpitaux et les écoles.
Cela nous a poussés à accélérer la mise en place d’un projet stratégique : nous allons proposer l’installation de climatisation fixe dans les appartements. Plusieurs magasins pilotes sont opérationnels dans le sud de la France depuis mi-juillet, et nous visons une centaine de...
15/09 - Les houthistes, cauchemar de Donald Trump et des SaoudiensIls sont descendus de leurs montagnes et, à la surprise générale, ont conquis le détroit de Bab-el-Mandeb en seulement neuf jours. Armés de drones et de missiles, les redoutables houthistes, alliés de Téhéran, ont bouleversé la donne régionale. Désormais, aucun navire ne franchira le détroit sans leur accord. Après 200 jours de guerre, les Iraniens ne pouvaient espérer meilleure nouvelle. Alors qu’ils entravent toujours la circulation dans le détroit d’Ormuz, l’exploit des houthistes leur donne un nouveau levier sur Washington. Si les négociations ne leur donnent pas satisfaction, les Iraniens pourront bloquer ces deux artères, vitales pour le commerce mondial.
Un scénario de cauchemar pour Donald Trump, qui redoute une flambée des cours de l’or noir, et de l'inflation, à quelques semaines des midterms.
D’ores et déjà, le président américain se retrouve face à un dilemme. Il peut ouvrir un nouveau front contre les houthistes, comme le lui demande, avec insistance, Mohammed ben Salmane, le prince héritier saoudien, qui se retrouve en fâcheuse posture. Alors que les Iraniens l’empêchent d’exporter son pétrole par le Golfe Persique, Riyad pensait avoir trouvé la parade en l’acheminant, par oléoduc, au port de Yanbu, sur la mer Rouge. Raté. Premier exportateur mondial d’or noir, l’Arabie saoudite pourrait se retrouver très vite au bord de l’asphyxie.
Et tandis que les frappes s'intensifient entre houthistes et Saoudiens, Trump regarde ailleurs. "Tout va s'arranger à...
15/09 - Pourquoi la France demande à lever les sanctions européennes contre un oligarque russeC'est une position qui a surpris dans les cercles feutrés de la diplomatie. La France s'est opposée, lundi 14 septembre, à la poursuite des sanctions qui visent Alicher Ousmanov, 73 ans, oligarque russe proche de Vladimir Poutine. L'objectif serait d'obtenir, en échange, la libération de prisonniers français détenus en Azerbaïdjan. Suivi par la Slovaquie, le veto de la diplomatie française laisse une semaine de marge aux Vingt-Sept pour négocier, selon le Financial Times. Il bloque toutefois provisoirement la prolongation, pour un an, de l'ensemble des sanctions européennes visant 2 600 personnes physiques ou morales liées à la Russie, en réponse à la guerre en Ukraine.
En guise d'explication, un diplomate français a expliqué au journal britannique que la France, par cette position, "souhaitait répondre favorablement à ses partenaires internationaux qui l'ont contactée au sujet de Monsieur Ousmanov". Un choix "étonnant", selon un autre diplomate au fait du dossier.
Ces méthodes ne sont pas sans rappeler celles de Viktor Orban, l'ancien Premier ministre de Hongrie. Plus proche dirigeant européen allié de la Russie, il avait coutume de poser son veto pour toute décision qu'il estimait trop défavorable au Kremlin, même quand une écrasante majorité y était favorable.Septième fortune de Russie
Peu connu du grand public, Alicher Ousmanov a notamment été, de 2007 à 2018, le deuxième plus important investisseur du club de football londonien Arsenal, comme l'a relevé Bloomberg....
15/09 - "Inacceptable" : une frégate russe tire des fusées éclairantes vers un hélicoptère militaire danoisUne frégate russe a tiré lundi deux fusées éclairantes en direction d'un hélicoptère militaire danois dans les eaux internationales au large des côtes du Danemark, le manquant de peu, a annoncé ce mardi 15 septembre l'armée du pays nordique membre de l'Otan.
L'hélicoptère Fennec effectuait une mission de routine visant à photographier la frégate russe, a précisé le commandement danois de la défense dans un communiqué, précisant que l'une des fusées était passée à proximité de l'appareil. Les fusées éclairantes sont des engins pyrotechniques généralement utilisés comme signaux d'avertissement en mer."La Russie cherche à semer la peur et la discorde"
La Première ministre Mette Frederiksen a qualifié l'incident de grave, estimant cependant qu'il n'était pas surprenant dans un contexte d'agressivité croissante et d'intensification de la guerre hybride de Moscou contre l'Occident, qui met l'Otan à l'épreuve. "La Russie cherche à semer la peur et la discorde. Notre réponse consiste à nous serrer davantage les coudes et à renforcer la défense du Danemark et de l'Europe", a-t-elle déclaré dans un communiqué.
Aucun avertissement n'a été lancé et aucun contact radio n'a été établi avant que la frégate ne tire ces fusées, a indiqué à Reuters le ministre danois de la Défense, Jeppe Bruus. Le ministre des Affaires étrangères, Lars Lokke Rasmussen, a qualifié l'incident d'"inacceptable", ajoutant qu'il aurait pu mettre des vies humaines en danger. "Pour sa part, le Danemark s'efforce...
15/09 - Percée de l’AfD en Allemagne : 80 ans de mémoire et 48 heures de pseudo-indignation en France43,8 %. Jamais l’AfD n’avait atteint un tel niveau lors d’un scrutin régional en Allemagne. Quatre-vingts ans après la chute du nazisme, un parti dont l’un des anciens chefs de file affirmait que tout membre des SS "n’était pas automatiquement un criminel", rassemble près d’un électeur sur deux en Saxe-Anhalt. Trois sièges seulement le séparent de la majorité absolue. Et pourtant, l’événement n’aura occupé l’espace médiatique que 48 heures. Quelques réactions indignées, avant d’être emporté par l’actualité suivante.
A force de traiter chaque nouvelle percée de l’extrême droite comme une étape presque attendue de la vie politique européenne, l’exceptionnel finit par devenir une habitude. Depuis 1945, le rejet absolu du nazisme fait partie intégrante d’un travail de mémoire colossal de l’est à l’ouest du pays. Et pourtant, il n’aura fallu que treize années d’existence à un parti néonazi pour accéder aux portes du pouvoir. Et ce signal d’alerte ne s’arrête pas au Rhin. C’est toute l’Europe qu’il doit réveiller.
En France, nous avons assisté à 48 heures de pseudo-indignation alors qu’il en faudrait bien plus pour analyser les 302 mesures du programme délirant du parti. Un programme qui tient en quatre mots : "remigration", falsification, ségrégation, capitulation. La "remigration" d’abord. Un plan qui, selon certains cadres du parti, ne viserait pas seulement les réfugiés en situation irrégulière, mais aussi des personnes résidant légalement en Allemagne et des citoyens...
15/09 - Un mariage financé par un oligarque russe : ces révélations qui embarrassent le fils de Donald Trump"Si je finance votre mariage, vous allez forcément finir par me devoir quelque chose". Ces mots, rapportés par ProPublica, sont ceux de Franck Montoya Jr, un ancien responsable du FBI spécialiste du contre-espionnage. Ce dernier réagissait aux révélations, lundi 14 septembre, du média d'investigation : le mariage de Donald Trump Jr, fils du président Trump, et du mannequin Bettina Anderson, a été financé en grande partie par l'oligarque russe Umar Kremlev. Dans un communiqué publié sur son compte Instagram, la mariée a qualifié celui-ci de "cher ami" du couple, et précisé qu'il n'avait financé que "les deux nuits après la cérémonie (sic)", et le feu d'artifice, un total estimé par nos confrères à au moins 170 000 dollars.
Ce "cadeau" peut surprendre, car il s'agit d'un montant à la portée de Donald Trump Jr, hommes d'affaires, dont la fortune est estimée par Forbes à 300 millions de dollars. D'autant que ce "cher ami" du couple n'a pas assisté, toujours selon ProPublica, à la cérémonie qui a eu lieu le 24 mai. Plusieurs convives se sont interrogés sur sa présence aux festivités qui ont eu lieu le lendemain.
D'après leurs témoignages, Umar Kremlev parlerait un anglais limité, et se serait peu mêlé aux autres invités (tous proches de la famille), se contentant de rester auprès d'un cercle de Russes. Le propre frère de Trump Jr, Éric Trump, a fait savoir par un porte-parole qu'il "n'a absolument aucune idée de qui est cette personne et n'a jamais entendu parler de lui."Un...
15/09 - Mode et antisémitisme : les indignations sélectives d’une industrie progressisteLa rétrospective "John Galliano : Horizons" n’aura pas lieu. Initialement annoncée pour le printemps 2027, celle-ci a finalement été déprogrammée par le mythique Metropolitan Museum de New York. Mais alors que l’on aurait pu légitimement s'attendre à une adhésion collective, l’annonce fin août a aussitôt suscité l’indignation d’une partie du milieu de la mode, prompte, en ligne, à crier à la "cancel culture". Certes, pour un créateur, voir son travail mis à l’honneur par la prestigieuse institution, et inauguré lors de l’ultra-exclusif et surmédiatisé gala de bienfaisance du Met représente la consécration suprême. Mais refuser d’offrir cette vitrine royale n’a rien d’un bannissement.
En réalité, quinze ans après son licenciement de chez Dior pour avoir clamé, aviné, "J’aime Hitler", et lancé à des clients d’un bar parisien que leurs familles auraient dû toutes être gazées, Galliano n’a même jamais été durablement écarté de la planète mode. De 2014 à 2024, celle-ci a célébré son règne à la direction artistique de Maison Margiela, avant de saluer sa collaboration avec Zara. Rien ne lui a été retiré, sinon un énième hommage.
Or celui-ci, tout particulièrement, eut revêtu un caractère pour le moins exceptionnel. En effet, le département du musée qui devait accueillir la rétrospective, le Costume Institute, célèbre habituellement de grands mouvements esthétiques, presque jamais des destins individuels. De leur vivant, seuls deux créateurs ont reçu cet hommage : Yves Saint...
15/09 - Chine, CIA, Iran... De l’opium au fentanyl, quand la géopolitique se shoote aux droguesC'est la face cachée de la géopolitique. Alors que le narcotrafic est souvent appréhendé au niveau local, toute l’originalité de La drogue au pouvoir de Benjamin Sire (Editions du Cerf) est d’élargir la focale. Comme l'explique le journaliste, rédacteur en chef des Electrons libres, la drogue représente "à la fois une arme d’intoxication sociale, une monnaie d’échange diplomatique et un moyen de financer le terrorisme ou la guerre".
Au XIXe siècle, l'opium a servi aux puissances coloniales pour soumettre la Chine de la dynastie Qing. L’empire britannique met en place un commerce triangulaire : l’Inde fournit les champs de pavot, l’opium est vendu clandestinement en Chine, ce qui permet au Royaume-Uni de racheter du thé, une drogue bien moins dangereuse prisée par ses citoyens. L’opium provoque deux guerres conclues par les traités de Nankin (1842) et Tianjin (1858), ouvrant la Chine aux intérêts étrangers. A la fin du XIXe siècle, près de 10 % de la population chinoise souffre d'addiction. A l’arrivée au pouvoir de Mao en 1949, encore 20 millions de Chinois sont dépendants. Le régime saura s’en souvenir...
La France coloniale fait également de l’opium un pilier de l’Indochine, avec un véritable monopole d’Etat. S’installe un "apartheid pharmacologique" : les fumeries se multiplient à Hanoï ou Hué, tandis que la France interdit le produit, bien consciente de ses ravages en matière de santé publique. En 1912, la Convention internationale de l’opium encadre l’opium, la...
15/09 - Guerre en Ukraine : l’Otan abat un drone au-dessus de la LituanieC'est un nouvel incident, qui montre une fois de plus à quel point la guerre en Ukraine déborde dans l'espace aérien des pays de la région. Un avion de chasse italien de l'Otan a abattu un drone au-dessus de la Lituanie dans la nuit du lundi 14 au mardi 15 septembre, peu après minuit.
Un porte-parole du centre lituanien de gestion de crise a déclaré que le drone arrivait vraisemblablement de Biélorussie et a été abattu près du village de Pratkunai, dans le sud de la Lituanie, à proximité de la deuxième plus importante ville du pays, Kaunas. Il a ajouté que l'origine de l'appareil n'avait pas pu être déterminée dans l'immédiat. L'armée lituanienne a diffusé une vidéo du lieu du crash, montrant des débris éparpillés dans l'herbe. Certaines pièces semblaient être en bois, d'autres carbonisées.
Sur X, le président lituanien Gitanas Nauseda a directement fait le lien avec le conflit en Ukraine : "Alors que la Russie intensifie son agression contre l'Ukraine, une telle préparation est vitale pour notre région. Avec nos alliés de l'Otan, la Lituanie défendra son espace aérien", a-t-il écrit. "L’Otan reste vigilante, engagée et prête", a aussi souligné le ministre lituanien des Affaires étrangères Kestutis Budrys.Opérations aériennes préventives en Pologne
Plus tôt dans la soirée, une alerte au drone avait été émise pour la capitale lituanienne Vilnius et ses environs. Dans le cadre d'une mission de défense aérienne de la région, des avions de chasse de l'Otan patrouillent...
15/09 - "Désormais, la justice ne tuera plus" : en 1981, les députés français envoyaient la guillotine au muséeCet article a été publié pour la première fois dans L'Express du 11 septembre 1981.
Le couperet de la guillotine ne tombera plus. Les cours des prisons ne deviendront plus, à l'aube, des théâtres de mort. Les Jurés des assises n'enverront plus de criminels à l'échafaud. En France, désormais, la justice ne tuera plus.
Le projet de loi, déposé par le ministre de la Justice, Robert Badinter, approuvé le 26 août dernier par le Conseil des ministres, tient en deux phrases : "La peine de mort est abolie" ; "Elle sera remplacée par la réclusion criminelle à perpétuité". Les députés se prononceront sur ce texte les 17 et 18 septembre.
Ces phrases lapidaires mettent un terme à deux siècles de débats philosophiques et moraux entre partisans et adversaires de la peine capitale. Pour la première fois en France, un président de la République fait triompher sa conviction personnelle, contre une opinion encore en majorité hostile à l'abolition. Avant les élections, François Mitterrand déclare à la télévision : "Dans ma conscience, je suis contre la peine de mort." Quatre jours après son installation à l'Elysée, il gracie Philippe Maurice, 24 ans, condamné pour le meurtre d'un policier, et dont le pourvoi en cassation vient d'être rejeté.
Nul doute, les députés de la majorité, dans le sillage du Président, voteront massivement cette loi. Ceux de l'opposition, en revanche, seront plus divisés. Certains se prononcent pour le maintien de la peine "dans les cas de crimes...
15/09 - Ursula von der Leyen, un discours sur la grande désunion européenneChaque année à la mi-septembre, Ursula von der Leyen, comme ses prédécesseurs depuis 2010, prononce un discours sur l’état de l’Union devant le Parlement européen. L’occasion est belle pour la présidente de la Commission de s’afficher seule à la barre aux yeux des 450 millions de citoyens des Etats membres. Cette année, il s’agit de confirmer le cap mis sur l’indépendance de l’Europe dans un monde de brutes. Le dessein est louable, qui vise à faire de l’UE une puissance géopolitique capable de protéger ses peuples des intentions malveillantes d’Etats hostiles. Hélas, l’ambition s’éloigne de plus en plus de la réalité. L’été qui s’achève a témoigné à profusion des difficultés de l’Union à s’unir pour imposer ses intérêts dans le monde.
Ainsi du réarmement européen qui devrait, à l’heure des menaces du Kremlin contre l’Europe, être la priorité des priorités. Les Etats membres ont alloué au total 454 milliards d’euros à leur défense cette année, un bond de 75 % par rapport à 2022. C’est méritoire. Mais le chacun pour soi national, le mépris de toute planification commune, l’absence d’intégration des industries de défense, aboutissent d'un côté à une multiplication des doublons et de l'autre à la persistance de lacunes capacitaires, avertit la Cour des comptes de l’UE dans un rapport. Cela équivaut, à l’heure des difficultés budgétaires, à jeter une partie de l’argent par les fenêtres et à ruiner l’efficacité de l’effort financier consenti. Il y a urgence, pourtant, car la...
15/09 - Bill Gates : "Je mets ma réputation en jeu, ne vous fiez pas aux limites actuelles de l’IA"Une déflagration internationale. L'alerte lancée à la fin du mois d'août par Bill Gates face aux risques liés à la montée en puissance de l'intelligence artificielle a été largement reprise par les médias du monde entier. Le cofondateur du géant de l'informatique Microsoft, jusqu'ici grand technophile, y appelle à se préparer à cette révolution, avant qu'il ne soit trop tard. Mais le milliardaire y voit aussi une source d'espoir. A la tête de sa fondation, toujours aussi impliqué dans l'aide au développement, Bill Gates constate tous les jours à quel point l'IA peut déjà aujourd'hui, et encore davantage à l'avenir, bénéficier aux pays les plus pauvres. En exclusivité pour L'Express, alors que paraît la nouvelle édition de Goalkeepers, le rapport annuel de la Fondation Gates, il explique comment et à quelles conditions l'intelligence artificielle pourra changer la donne pour ces pays.
L'Express : Vous expliquez avoir toujours été optimiste face à l’innovation. Pour la première fois pourtant, l'IA vous inquiète. Pourquoi cette transition technologique sera-t-elle l'une des périodes les plus tumultueuses de l'histoire de l'humanité ? Sous-estimons-nous les effets de l’IA ?
Bill Gates : Beaucoup de gens se laissent bercer par l’idée qu’il ne serait pas nécessaire de prendre des mesures particulières vis-à-vis de l'IA, car ils voient que les technologies passées ont toutes été plutôt bénéfiques. Ils ont raison. Chaque technologie inventée par l’humanité a amélioré notre...
15/09 - Non, Marine Le Pen n’est pas Giorgia Meloni : il suffit de regarder leurs programmes économiquesUn certain nombre de personnes "raisonnables" autour de moi s’apprêtent à voter Marine Le Pen au prétexte que "ça ne peut pas être pire qu’aujourd’hui" ou que "Le Pen, c’est Meloni", c’est-à-dire que la candidate du RN serait, sur les sujets économiques, plus réaliste qu’elle ne le laisse paraître. Je passe vite sur le premier argument qui est aisément réfutable. Car, s’il est sans aucun doute possible de faire beaucoup mieux que ces dix dernières années, notamment en reprenant le contrôle de nos finances publiques ou de notre école, il est tout aussi certain qu’on peut faire bien pire.
Seul un biais de négativité très ancré en France peut expliquer ce sentiment répandu que la politique menée par Emmanuel Macron a été tellement nulle qu’elle ne trouve guère de précédent depuis la débâcle d’Azincourt. Ceux qui arriveront au pouvoir dans sept mois pourront le vérifier : ils feront face à d’immenses difficultés et deviendront fortement impopulaires dès la rentrée 2027, ce qui fera dire aux observateurs "qu’on n’a jamais vu ça". Classique.Cynique, la candidate du RN ?
Le deuxième argument, comparant Marine Le Pen à la présidente du Conseil italien Giorgia Meloni est plus subtil, mais tout aussi réfutable. Premièrement, il considère que les promesses sont systématiquement oubliées une fois le pouvoir acquis. C’est historiquement faux. François Mitterrand, Nicolas Sarkozy et François Hollande ont, dès le début de leur mandat, décliné l’essentiel de leur programme électoral en...
14/09 - Matière noire, la fin du mystère ? "Si le signal s’avère juste, il s’agit d’une découverte révolutionnaire"Les scientifiques sont d'accord sur un point : plus de 80 % de la matière de l'univers est composée d'une substance que nous ne connaissons pas encore. La détecter représenterait un progrès considérable. Une révolution aussi importante que la découverte de la théorie de la relativité ou de la mécanique quantique. Rechercher la matière noire revient à chercher une aiguille dans une immense forêt sombre dans laquelle on avance à tâtons. Il s'agit là de percer l'un des plus grands mystères de l'univers. Le 1er septembre, l'expérience "Lux-Zeplin" (LZ), installée dans une mine du Dakota du Sud, a rapporté un signal statistique de 2,6 sigma — insuffisant pour parler de découverte, mais suffisamment intrigant pour relancer l'espoir car il ne correspond au profil d'aucune autre particule connue. La preuve qu'on attendait tant ?
Professeure à l'université du Michigan, Katherine Freese est l'une des figures les plus reconnues de la cosmologie théorique. Elle a participé, il y a quarante ans, aux tout premiers calculs ayant conduit à la construction des détecteurs souterrains de matière noire. Avec l'un de ses doctorants, elle a proposé quelques heures à peine après cette annonce spectaculaire une explication : et si ce signal était la trace d'un "higgsino", partenaire supersymétrique du boson de Higgs ? Une hyptohèse vertigineuse car cela prouverait que la supersymétrie existe bel et bien. Par ailleurs, si cette découverte se confirmait par l'observation d'autres événements...
14/09 - Jacques Attali : "Les Français attendent un de Gaulle moderne"Comment devient-on Wolfgang Amadeus Mozart, le général de Gaulle, Serena Williams, Max Verstappen, ou encore Elon Musk ? Si vous posez la question à Jacques Attali, il vous répondra sans doute, aucun : "La niaque !" Ce substantif, hérité du gascon, fascine l'écrivain, qui lui prête un florilège de pouvoirs, parmi lesquels celui de conjurer l'honni déterminisme. Mais cette niaque est-elle une affaire de loterie génétique ou socio-économique, ou chacun peut-il apprendre à la développer ? L'ancien conseiller de François Mitterrand penche nettement pour la seconde hypothèse, et se désole de voir son pays s'en être, ces dernières années, progressivement vidé. Ainsi a-t-il accouché d'un essai qui se parcourt avec une facilité réjouissante, La Niaque (Flammarion, 2026), dans lequel il livre ses conseils pour la faire éclore et la cultiver ; le fruit d’une réflexion façonnée tout au long de sa vie, au contact de ceux qui l’ont formé ou inspiré, de ses professeurs de collège au Sphinx de la République. Entretien.
L’Express : À l’instar de Bonaparte, vous présentez la niaque comme plus déterminante dans la réussite que l’intelligence. Comment la définissez-vous ?
Jacques Attali : La niaque, c’est une énergie mentale, une volonté, une ténacité intérieure qui pousse à ne jamais accepter un "non" pour toute réponse et à toujours chercher à progresser. Toutes les civilisations ont tenté de nommer cette force. Les Japonais disposent ainsi de plus de dix mots pour la désigner.
Son...
14/09 - Patrick Stefanini, spécialiste de l’immigration : "Le prochain président sera rattrapé par le réel"Il a été, il y a plus de vingt ans, à la tête du comité interministériel de contrôle de l'immigration. En 2024, il est nommé représentant spécial sur l’immigration du ministre de l’Intérieur. Son livre, Immigration, ces réalités qu'on vous cache (éditions Robert Laffont), vendu à près de 15 000 exemplaires, avait marqué les esprits. A l'aube de la campagne présidentielle, Patrick Stefanini avertit les candidats : les slogans ne suffiront pas.
L'Express : Qu’est-ce qui a changé pendant ces deux dernières décennies dans le rapport entre immigration et politique ?
Patrick Stefanini : J’ai même été à la fin des années 1980 sous-directeur des étrangers et de la circulation transfrontière au ministère de l’Intérieur ! J’ai donc quarante ans d’expérience sur le sujet. Il a longtemps été anecdotique. Cependant Charles Pasqua, entre 1986 et 1988, bouscule déjà les codes quand il retire aux juges le pouvoir exclusif de frapper un clandestin d’une mesure d’éloignement du territoire pour le partager avec les préfets. Aucun gouvernement n’est revenu sur ce point : tous, qu’ils soient de droite ou de gauche, ont donné la priorité au traitement administratif de l’immigration irrégulière. Il y a donc des permanences mais la différence majeure, c’est que nous sommes passés d’un sujet anecdotique – avec quelques événements médiatiques comme l’expulsion des 101 Maliens en situation irrégulière par charter en 1986 – à un sujet omniprésent. Autrefois les hommes politiques faisaient un numéro...
14/09 - Iran : comment les radicaux du régime ont fait dérailler l’accord avec les Etats-UnisL’accord de paix conclu en juillet entre l’Iran et les Etats-Unis devait permettre de mettre fin à la guerre et d’alléger la pression économique qui pèse sur Téhéran. Il n’aura duré que quelques semaines. Et ce en raison, rapporte le New York Times (NYT) dans une enquête, d’une frange particulièrement radicale du régime iranien, qui a pesé de tout son poids pour saboter les négociations. Si le président Massoud Pezeshkian et d’autres responsables pragmatiques défendaient la voie diplomatique, au sein du régime, une faction radicale s’est dressée vent debout contre ce qu’elle considérait être de trop grandes concessions accordées à Washington.
Jusqu’à parvenir à faire dérailler l’accord début juillet lorsque, alors que Massoud Pezeshkian se trouvait en Irak pour les funérailles de l’ancien guide suprême Ali Khamenei, les forces iraniennes ont attaqué trois navires commerciaux dans le détroit d’Ormuz, incendiant un méthanier qatari et endommageant deux autres bâtiments.L’attaque qui a échappé au pouvoir iranien
Contrairement à son habitude, le quartier général des Gardiens de la révolution n’avait d’ailleurs pas revendiqué l’attaque du 7 juillet. Selon cinq responsables iraniens et deux membres des Gardiens de la révolution cités par le New York Times, Massoud Pezeshkian, informé de l’attaque, avait appelé dans la foulée le chef des Pasdaran Ahmad Vahidi, pour dénoncer cette action qu’il jugeait irresponsable. Ce dernier lui aurait alors assuré n’avoir pas autorisé ni eu...
14/09 - Ukraine : accusé de corruption, le procureur général riposte avant de quitter précipitamment le paysLes scandales de corruption et les luttes internes continuent de secouer l'entourage de Volodymyr Zelensky en pleine guerre contre la Russie. Le président ukrainien a appelé, ce lundi 14 septembre, les parlementaires de son pays à soutenir sa décision de limoger le procureur général d'Ukraine, Ruslan Kravchenko, le dernier haut responsable de son administration à être impliqué dans un conflit avec les agences anticorruption.
Le jeune procureur général de 36 ans a démissionné la semaine dernière après qu'une enquête pour corruption a été ouverte contre son bureau. Il n'a été ni inculpé ni mis en cause, mais les autorités accusent un de ses adjoints d'être à la tête d'un vaste réseau de fraude.Les agences anticorruption accusées de corruption
Acculé politiquement par Volodymyr Zelensky, Ruslan Kravchenko a décidé de riposter, déclarant ce lundi avoir signé une "notice de suspicion" contre le chef du Bureau national anticorruption (NABU), l'un des organismes enquêtant sur son bureau. D'après lui, le chef de cette agence, Semen Kryvonos, a falsifié des documents officiels pour obtenir "un avantage illégal à une échelle exceptionnellement importante" et a réalisé une "fausse procédure d’adoption" afin d'"échapper à toute responsabilité légale devant les tribunaux".
Le NABU et le SAPO, l'autre agence anticorruption impliquée dans l'enquête qui a conduit à la démission du procureur général, ont répondu que la déclaration de Ruslan Kravchenko constituait une escalade dans les...
14/09 - Hausse du prix du diesel : Donald Trump rejette la faute sur l’Ukraine"Volodymyr Zelensky n'a qu'une chose à faire. Il doit arrêter de frapper le diesel en Russie" a réclamé Donald Trump en marge de l'Irish Open de Dublin, dimanche 13 septembre. Selon le président américain, l'Ukraine doit donc cesser les frappes qu'elle mène contre les raffineries et infrastructures pétrolières russes, en représailles à l'invasion de son territoire par Moscou, car ces attaques contribuent à perturber l'approvisionnement en carburant, et "nuisent au monde entier". Assurant que le président ukrainien et Vladimir Poutine avaient été contactés à ce sujet, le locataire de la Maison-Blanche a estimé par ailleurs que Kiev disposait de "nombreuses autres cibles".
Cette réclamation américaine intervient alors que le prix moyen du diesel aux Etats-Unis a dépassé pour la première fois les 6 dollars le gallon (un gallon équivaut à 3,78 litres). Soit environ 1,38 euro le litre. Une somme qui peut paraître dérisoire comparée aux 2,30 euros le litre actuellement observés en France, mais bien supérieure aux 3,50 dollars le gallon (soit environ 78 centimes le litre) observés aux Etats-Unis avant la guerre en Iran, déclenchée le 28 février par les Etats-Unis et Israël. Car selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE), le principal choc sur l'approvisionnement mondial provient bien de la quasi-fermeture, depuis l'hiver dernier, du détroit d'Ormuz, par lequel transitait auparavant environ 20 % du pétrole mondial.
Depuis, les exportations russes ont contribué à amortir le...
14/09 - Le Canada de Mark Carney, une boussole pour l’Europe face aux grandes puissancesJe rentre du Canada – dont je suis aussi citoyenne – avec l’impression d’avoir assisté à une petite révolution patriotique. Depuis deux ans, les drapeaux canadiens fleurissent devant les maisons, sur les voitures, aux fenêtres. Autrefois, beaucoup de Canadiens auraient trouvé cela trop démonstratif, trop patriotique, bref, trop américain.
C’est donc l’un des paradoxes de l’époque : pour résister aux Etats-Unis de Donald Trump, les Canadiens se mettent à leur ressembler un peu. Dans les cafés, même l’"americano" – lavasse dont je raffole – a presque systématiquement été barré du menu et rebaptisé "canadiano". Partout des autocollants "elbows up !" exhortent les Canadiens à ‘relever les coudes’ – comme au hockey pour se débarrasser de son adversaire.
Il faut dire que vis-à-vis du Canada, Trump se déchaîne : depuis son retour, menaces tarifaires, provocations sur la souveraineté canadienne et négociations commerciales chaotiques se succèdent. Et ceci dans un rapport de force totalement asymétrique : en 2025, 71,7 % des exportations canadiennes de marchandises allaient encore vers les Etats-Unis, et 58,8 % de ses importations en venaient. Pour Ottawa, tenir tête à Washington n’est donc pas un geste purement symbolique : c’est accepter un réel risque économique.
C’est ce qui a donné une telle force au discours de Mark Carney à Davos, en janvier. Quelques mois après son élection, le monde découvrait qu’un ancien banquier central pouvait parler de géopolitique avec finesse....
14/09 - Cette jeunesse éduquée à se croire fragile, par Julia de FunèsIl est devenu presque impossible de parler de la jeune génération sans commencer par l’inventaire de ses malheurs. Elle serait désorientée, privée de repères, écrasée par le climat, les réseaux sociaux, la géopolitique, les crises économiques, l’avenir. Au point qu’on finit presque par comprendre qu’elle ne veuille plus faire d’enfants, tant l’avenir lui est présenté comme une suite de menaces plutôt que de possibles. Le diagnostic n’est pas faux. Beaucoup peinent à se projeter, à croire que l’effort paiera, à imaginer une trajectoire stable. Mais aucune génération n’a reçu un monde simple ! Les nouvelles générations sont-elles réellement plus à plaindre que d’autres ? Certaines ont traversé la guerre, la déportation, l’occupation ; d’autres le chômage de masse, le sida… L’histoire n’a jamais promis à quelque génération que ce soit un avenir tranquille.
Alors qu’est-ce qui a changé ? La dureté objective du monde ou la manière dont nous, adultes, apprenons aux plus jeunes à le regarder ? Il est frappant de voir que nous leur présentons désormais comme des menaces ce qui relevait autrefois des contingences ordinaires de l’existence. A commencer par l’incertitude. A nous entendre, l’incertitude n’aurait jamais été aussi grande qu’aujourd’hui. Mais quelle génération y a échappé ? Il n’y a rien de plus constant, donc de plus certain, que l’incertitude elle-même ! Ce qui change, ce n’est donc pas sa présence, mais son statut : de condition ordinaire de l’existence, elle...
14/09 - IA : le tabou de la restructuration qui handicape l’Europe"Nothing... Rien... Nada..." La réponse du secrétaire au Trésor américain Scott Bessent a fait se gausser les étudiants texans qui l’interrogeaient sur ce que l’Europe est capable de créer en matière d'intelligence artificielle. D’un pays allié, on attend plus de retenue en public. Mais Scott Bessent n’a, hélas, pas tort sur le fond. Le fossé technologique qui s’est creusé ces dernières années entre les Etats-Unis, mais aussi la Chine, et le Vieux Continent est devenu béant à l’heure de l’IA générative. Alors qu'en vingt ans, le poids des investissements américains et chinois dans la R&D tech s'est envolé de 62 % pour le premier et 15 % pour le second, celui de l’Europe a chuté à 8 %.
Comment expliquer que la Chine, qui n’a pas accès aux puces Nvidia les plus avancées, talonne à présent les Américains, quand les Européens, qui en jouissent, n'ont pas d'IA "frontière" ? Un élément clé, bien connu des économistes, est trop souvent éludé par les politiques : le coût de l’erreur en Europe. Le cadre qui protège les salariés de restructurations brutales est inadapté à des secteurs hautement technologiques, où le cap évolue vite, pointe la dernière note d’Olivier Redoulès et Mathilde Ferrer pour Rexecode intitulée "IA et souveraineté : le risque de déclassement économique".
Mark Zuckerberg, qui se fourvoyait dans le métavers, a pu promptement corriger son erreur : il a licencié quelque 20 000 salariés en 2023 avant de réembaucher à tour de bras dans l'IA. Un virage à 180...
14/09 - IA : Donald Trump à contre-courant des patrons du secteurDonald Trump a rejeté, dimanche 13 septembre, les appels des plus grands dirigeants de l'intelligence artificielle à ralentir le développement des modèles d'IA. "Celui qui gagne l'IA, gagne", a martelé le milliardaire américain aux journalistes en marge de l'Irish Open à Dublin, affirmant que les Etats-Unis devaient absolument conserver leur avance sur la Chine dans ce secteur. Tous ceux qui alertent sur les risques de cette technologie sont des "forces très négatives", a-t-il tancé, ajoutant que les scénarios noirs évoqués ces derniers jours "n'arriveront pas".
Une fin de non-recevoir à une série de prises de position particulièrement inattendues au sein de l'industrie. Samedi, Dario Amodei, le patron d'Anthropic, a publié un texte proposant de ralentir le rythme auquel les entreprises améliorent les capacités de leurs modèles d'IA. Il y défend notamment un dispositif permettant à des évaluateurs indépendants de contrôler les mesures de sécurité des entreprises, ainsi qu'une coordination entre les acteurs du secteur et entre les pays. Sa proposition a rapidement reçu le soutien de Sam Altman, patron d'OpenAI, et même d'Elon Musk, fondateur de xAI."10% de chances d'extinctions" pour l'humanité ?
L'inquiétude grandit au sein du secteur, notamment après la démission début septembre d'un chercheur d'Anthropic, Jacob Coxon, qui a dénoncé dans un post sur X la manière dont les entreprises développent leurs modèles et a appelé à une coordination internationale face à ce qu'il...
14/09 - "La vie brute" de Joy Sorman : un regard incisif sur l’altéritéElle porte un pull Mickey rose à paillettes, elle a les ongles rongés, des yeux bleu délavés. Irène Gérard, née en 1958 à Eupen, en Belgique, vit avec une déficience mentale modérée. Elle est quasi mutique, ne théorise rien, ne prétend pas être une artiste. Elle peint. Depuis qu’elle a rejoint, en 2007, la "S" Grand Atelier, à Vielsalm, elle reproduit des images d'ouvrages ou de magazines : une madone de Botticelli, Tintin et Milou, un portrait de Vélasquez. Elle pense copier, créant pourtant des visages étranges, déformés, profondément singuliers.
C’est cette femme que Joy Sorman entreprend de rencontrer. Pendant un an, elle l’observe, se heurte à l’impossibilité de faire entrer leur relation dans les formes habituelles du dialogue. Comment approcher quelqu’un qui ne raconte pas sa vie ? Comment parler d’une œuvre quand celle qui la produit ne cherche ni à l’interpréter, ni même à lui donner un nom ? L’auteure avance ainsi par touches, attentive aux gestes, aux silences, aux tableaux. Et, à mesure qu’elle cherche Irène, c’est elle-même qu’elle retrouve : l’enfant que le kitsch fascine, la femme attirée par les marges, mais aussi notre besoin très contemporain de classer, d’expliquer, de légitimer. L’art brut, né hors des institutions et des écoles, devient alors plus qu’un sujet : un révélateur.
Avec ce récit sobre et incisif, Joy Sorman signe un livre sur l’altérité qui refuse les bons sentiments. En approchant Irène, c’est finalement notre propre manière de regarder...
14/09 - Foire aux vins : quels cépages pour le bourgogne du futur ?Depuis près de vingt ans la consommation de vin des Français ne cesse de baisser (- 28 %) pour atteindre environ 35 litres par an et par personne. Les habitudes changent peu à peu : essor du marché de la bière, apparition des boissons sans alcool, succès croissant de la mixologie, etc. Et surtout, un véritable changement générationnel s’opère avec des 25-34 ans bien moins attachés aux codes traditionnels de l’œnologie.
Dans ce contexte, le rendez-vous automnal des foires aux vins devient incontournable pour l’ensemble de la filière : hypermarchés, supermarchés, cavistes traditionnels, producteurs et acteurs de l’e-commerce. Tous se mettent au diapason des opérations de rentrée avec des stratégies différentes. Cette concurrence se fait au bénéfice des consommateurs qui voient les offres se multiplier partout en France et sur tous les supports. Une occasion en or pour se constituer une cave à moindres coûts. L’Express vous aide à vous y retrouver dans cette jungle des étiquettes (ci-dessous).
Lorsqu'en 2016, la rumeur de la possible disparition du conservatoire de la vigne de Vassal parvient aux oreilles de Jean-Claude Rateau, l’idée de poursuivre cette expérience en Côte-d’Or commence à cheminer dans la tête du vigneron bourguignon. Ne pouvant se résoudre à voir disparaître la plus grande collection de cépages au monde (près de 4 000 variétés provenant de 50 pays), il alerte ses amis du Groupement d’étude et de suivi des terroirs (Gest). Un collectif de vignerons qui...
14/09 - Polémique Haddad-Panot : LFI ne dénonce que les antisémites mortsQu’on se le tienne pour dit, chez La France insoumise, on sait où trouver les antisémites : au cimetière. Mathilde Panot, présidente du groupe à l’Assemblée nationale, nous l’a rappelé le 10 septembre. En réaction aux propos tenus par Benjamin Haddad, ministre de l’Europe qui, au micro de Sud Radio, reprochait à LFI "d’installer un climat antijuif", la députée s’est aussitôt fendue d’un tweet lui reprochant d’avoir fait l’"éloge" de l’écrivain Paul Morand ; tout à la fois fervent antisémite rallié au régime de Vichy, et figure de la littérature de l’entre-deux-guerres. Quelques jours plus tôt, sur X, Benjamin Haddad, issu d’une famille juive séfarade tunisienne, avait qualifié Morand de "plus grand chroniqueur des années folles", citant deux recueils de nouvelles datant de 1922 et 1923.
La France insoumise est décidément incollable sur l’Histoire de la haine des juifs. Quand, à l’approche du centenaire de l’armistice de 1918, Emmanuel Macron avait qualifié Philippe Pétain de "grand soldat" de la Première Guerre mondiale, Jean-Luc Mélenchon s’était empressé de convoquer le funeste CV du chef du gouvernement de Vichy car, avait-il dit alors, l’Histoire de France n’est pas un "jouet". Episode que Mathilde Panot ne manqua pas de rappeler quatre ans plus tard, lors des commémorations de la rafle du Vel d’Hiv. L’Express se souvient aussi de la saillie du chef des insoumis lors de la publication d’un entretien, dans nos colonnes, dans lequel Emmanuel Macron jugeait "absurde" de...
14/09 - "Le boom de l’IA a changé la donne" : ces pénuries qui guettent l’Europe et les Etats-UnisCertaines pénuries laissent le temps de s'organiser. D’autres prennent le monde de court. Depuis maintenant plusieurs années, les pays occidentaux se préparent à des ruptures d’approvisionnement en puces électroniques, en terres rares, en cuivre… Mais aucun n’avait prévu de manquer subitement de turbines à gaz. Avant la guerre en Ukraine, ces équipements compacts qui produisent de l’électricité semblaient même voués à disparaître, remplacés par des technologies plus vertes. Aujourd’hui, le monde se les arrache.
"Désormais, il faut attendre jusqu'à cinq ans pour recevoir un modèle de forte puissance commandé aujourd'hui. C'est le délai le plus long observé depuis un quart de siècle", observe Felipe Germini, dirigeant de Germini Energy, un courtier spécialisé sur les produits pétroliers. "Le boom de l'intelligence artificielle et l'essor des énergies renouvelables ont changé la donne pour ces équipements, constate Damien Ernst, professeur d'électromécanique à l'université de Liège. Plus un réseau électrique intègre d'éolien et de solaire, plus il a besoin de moyens de production capables de prendre le relais lors des périodes sans vent ni soleil, ce que les Allemands appellent la 'Dunkelflaute'. Ce rôle de secours revient aux grandes turbines".
En parallèle, l’IA alimente la pénurie en cherchant désespérément des sources d’énergie pour assurer son développement. "Les centres de données consomment de l'électricité en continu, jour et nuit. Et leurs opérateurs veulent une...
14/09 - Législatives en Suède : la gauche et le bloc de droite au coude-à-coudeLes élections législatives en Suède ce dimanche 13 septembre ont donné lieu à un coude-à-coude entre la coalition de droite au pouvoir et l'opposition de centre-gauche, laquelle dispose selon des résultats partiels d'une légère avance qui lui permettrait de stopper le virage conservateur du pays, à la tradition libérale.
D'après l'autorité électorale, après dépouillement des suffrages dans 6 195 des 6 312 districts électoraux, le bloc de centre-gauche, dirigé par la cheffe de file des sociaux-démocrates Magdalena Andersson, est donné victorieux de 176 sièges sur les 349 que compte le Parlement suédois ("Riksdag"). La coalition de droite du Premier ministre sortant Ulf Kristersson est créditée de 173 sièges, montrent les résultats partiels.
"Si ce résultat se confirme, la Suède aura un nouveau gouvernement", a déclaré Magdalena Andersson, qui a occupé le poste de Première ministre de novembre 2021 à octobre 2022, à ses partisans après la publication des résultats préliminaires dimanche soir.
Aucun camp politique n'a toutefois revendiqué la victoire, ni reconnu sa défaite, pour le moment. Etant donné l'écart infime dans les suffrages, les résultats définitifs ne devraient pas être connus avant mercredi, une fois pris en compte les bulletins des électeurs vivant à l'étranger.L'extrême droite pourrait entrer au gouvernement
Si la victoire du centre-gauche se confirme, la formation d'un gouvernement pourrait prendre un certain temps. Magdalena Andersson, qui a promis aux...
14/09 - IA : peut-on se sentir auteur de ce que l’on ne fait plus seul ?À mesure que l’IA efface la page blanche, elle gomme aussi les repères. Pour une génération entrée sur le marché du travail avec ces outils, la production devient souvent co-production, au risque de fragiliser le sentiment d’être vraiment compétent ou légitime. Entre le gain d’efficacité et l’impression de dépossession, c’est toute la construction de l’identité professionnelle qui vacille. Reste une question : peut-on se sentir auteur de ce que l’on ne fait plus seul ?
Dans l’étude "La Fabrique du Manager", réalisée conjointement par JobTeaser et l’Edhec, 50 % des Gen Z utilisent des outils d’IA dans leur travail, versus 40 % pour la Gen Y et 28 % pour la Gen X. Cette dépendance se reflète aussi dans leur rapport à la production intellectuelle : 47 % des moins de 35 ans (contre 26 % de l'ensemble des salariés) reconnaissent présenter des contenus largement générés par des agents d'IA.
Cette collaboration n'est pas dénuée de conséquences. 41 % des jeunes actifs disent avoir déjà ressenti de la gêne ou de la honte en étant félicité pour un travail réalisé par l'IA, contre 22 % pour l'ensemble des salariés. Par ailleurs, près d'un quart des collaborateurs (23 %) déclare ne plus toujours savoir si une idée leur appartient réellement ou si elle a été suggérée par l'IA.Une forme de culpabilité
Derrière ces chiffres, une question presque philosophique : peut-on se sentir auteur de ce que l’on n’a pas produit de bout en bout ? Pendant longtemps, nos sociétés occidentales ont...
14/09 - Présidentielle 2027 : Edouard Philippe, prédateur en douceur de Bruno RetailleauJamais un mot plus haut que l’autre. Edouard Philippe parle toujours avec prudence de Bruno Retailleau. Le maire du Havre a de l’"estime" pour l’ancien ministre de l’Intérieur et ne manque pas une occasion de rappeler qu’il est "possible" de travailler avec lui. Il apprécie aussi les "doutes" qui travaillent le Vendéen. "Il ne fait pas partie de cette catégorie de gens qui pensent que le doigt de Dieu les a touchés pour qu'ils deviennent président, glissait-il en petit comité cet hiver. Je ne crois pas du tout que ce soit rédhibitoire et c’est même assez sympathique."
Cet éloge de la rationalité serait-il intéressé ? Édouard Philippe aimerait bien entretenir les "doutes" du candidat Les Républicains (LR) à l’élection présidentielle. Ce doute qu’il serait doux de transformer en résignation. Le leader de Horizons se pose en héraut d’un rassemblement "de la droite et du centre" en vue de 2027. Pour unir, il faut d’abord éliminer. Édouard Philippe cherche à asphyxier la candidature de Bruno Retailleau, dont il espère obtenir le ralliement. Mais avec la manière douce, tout aussi dangereuse pour le Vendéen.Insister sur les convergences
Avant l’été, le maire du Havre livre sa doctrine à une élue LR : "Je fais attention à ne pas le cibler." Il se réjouit alors de constater que la réciproque est vraie. Après tout, les deux hommes n’ont jamais été friands d’attaques personnelles. Édouard Philippe essaie d’abord de le priver d’espace politique. Le 8 septembre, le Havrais évoque sur...
14/09 - "Nous avons brisé le tabou" : les financiers parisiens se jettent dans le grand bain du réarmement de la FranceJamais autant d’acteurs de la finance ne s’étaient si ouvertement pressés à un salon français de l’armement. Entre les blindés dernier cri, les missiles de croisière et les drones kamikazes, la dernière édition d’Eurosatory, organisée au mois de juin à Villepinte, au nord de Paris, a vu affluer en nombre banquiers et investisseurs. La Fédération bancaire française, qui représente l’ensemble des banques installées en France, y a rencontré des industriels pour la première fois. Au même titre que Weinberg Capital Partners, fondé par l'ancien patron de Sanofi, Serge Weinberg, et Tikehau Capital, deux acteurs majeurs du capital-investissement implantés dans le 8e arrondissement de Paris et qui ont compté parmi les premiers à miser sur la défense.
Depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine, les financiers se jettent dans le grand bain du réarmement. Weinberg, qui gère à lui seul environ 1,8 milliard d’euros d’actifs, a ouvert la voie en 2023 en mettant sur pied un fonds dédié aux PME et ETI. "Nous avons brisé le tabou du financement de la défense et contribué à défricher le terrain", explique-t-on au sein de la société de gestion - qui revendique le fait de compter dans ses rangs des ingénieurs experts des enjeux industriels, pour épauler les profils de financiers plus classiques. Le fonds, baptisé WCP Eiréné, est parvenu à décrocher 275 millions d’euros auprès de banques, assureurs, family offices et institutionnels publics. Un second fonds, de taille plus modeste et...
13/09 - Marine Le Pen - Jordan Bardella : à Hénin-Beaumont, ambiance glaciale et rentrée "sociale""Oh, you touched my tralala… Hm I ding ding dong". La voix grasse de Günther résonne dans la salle de l’Abbaye d’Hénin-Beaumont, où Marine Le Pen a choisi de faire sa rentrée, dimanche 13 septembre. Il est 14h30 et une nuée de militants se balance en se pressant vers l’estrade où la candidate du Rassemblement national prendra la parole. Une foule se forme, hétéroclite. Des jeunes Parisiens du RNJ, venus en train et en costumes depuis la capitale, glissent entre les retraités nordistes, les cadres quadragénaires et les familles héninoises qui tentent de caler leurs poussettes dans un coin de la salle surchauffée. Les élus, eux, se ruent pour atteindre la scène, ce lieu sûr parce qu’inaccessible aux journalistes. Caroline Parmentier, députée du Pas-de-Calais et proche de Marine Le Pen, n’a pas couru assez vite. Et doit sortir les rames, en même temps que les éléments de langage. "Je vous assure, Marine et Jordan s’entendent parfaitement bien, et entre les deux, il n’y a pas l’ombre d’un papier à cigarette", promet-elle, tout sourire.
Car la rentrée de Marine Le Pen ne se fait pas sous les meilleurs auspices. Les deux dernières semaines ont vu se succéder cafouillages, polémiques, déballages de "off" dans la presse et divisions en tout genre. Depuis que la députée du Pas-de-Calais a repris la main, en choisissant de se porter candidate à l’Elysée malgré une condamnation par la Cour d’appel pour détournement de fonds publics (elle s’est pourvue en cassation), les relations...
13/09 - Guerre en Ukraine : Donald Trump pourrait confier un rôle clé au patron de la CIA dans les négociations avec Vladimir PoutineUne nouvelle étape dans les négociations entre les Etats-Unis et la Russie pourrait-elle s'ouvrir au sujet de la guerre en Ukraine ? Selon le Financial Times, Washington s'apprêterait à confier un rôle plus important à John Ratcliffe, le directeur de la CIA, dans les pourparlers avec Moscou.
Jusqu'ici, la tâche de négocier une issue au conflit auprès de Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky incombait à Steve Witkoff, l'envoyé spécial américain, et à Jared Kushner, le gendre du président Donald Trump. Mais "des responsables proches de Ratcliffe ont indiqué à leurs homologues européens qu'il jouerait un rôle plus important dans la diplomatie de navette entre la Russie et l'Ukraine", a indiqué le quotidien cette semaine.
L'administration américaine aurait envisagé ce remaniement après l'échec des négociations, fin février, avec Vladimir Poutine et alors que les efforts diplomatiques ont été interrompus par la guerre entre les Etats-Unis et l'Iran.
Fin août, John Ratcliffe s'est ainsi rendu à Moscou "pour s'entretenir avec des hauts responsables du renseignement au sujet des guerres en Ukraine et en Iran, ainsi que sur les menaces 'hybrides' que la Russie fait peser sur l'Europe". Les services de renseignement ukrainiens ont également informé que cette visite indiquait que le patron de l'agence s'apprêtait à jouer un rôle plus important dans les efforts américains pour mettre fin à l'invasion russe.Un style plus "traditionnel"
Ce mercato est vu d'un bon oeil par les...
13/09 - "Votre code postal conditionne votre guérison" : les écarts de qualité entre hôpitaux dénoncés par le Pr Alain BernardLa formule va être rapidement galvaudée, alors profitons-en pendant qu'il en est encore temps : voici un livre que tous les candidats à la prochaine élection présidentielle (et leurs électeurs) devraient lire. Un livre indispensable pour comprendre les causes profondes des dysfonctionnements de notre système de soins – et les moyens de les réparer. Car, oui, des solutions existent. Certes, la conversation publique démarre pour l’instant plutôt sur d’autres sujets. Mais tous les sondages le rappellent : la santé reste la principale préoccupation des Français, au moins autant que l’immigration et la sécurité.
Avec Le scandale tranquille, comment la France soigne sans mesurer ses résultats*, le Pr Alain Bernard revient sur les angles morts de l'organisation des soins à la française : l'éparpillement des hôpitaux, et l'absence d'évaluation de la qualité des interventions médicales ou chirurgicales. Chirurgien thoracique et cardiovasculaire, ancien chef de pôle au centre hospitalo-universitaire de Dijon (Bourgogne) et expert pour diverses institutions (Haute Autorité de santé, ministère...), il le rappelle avec force : l'égalité devant la santé ne peut se limiter à un égal accès aux soins - déjà mis à mal par ailleurs. Il faut aussi que les interventions et les traitements délivrés soient de qualité, que les chances de guérison soient les mêmes partout, et pour tous.
Ce n'est à l'évidence pas le cas. Mais le grand mérite de l'ouvrage du Pr Alain Bernard est de montrer de...
13/09 - "Elle ment comme elle respire" : Alice Weidel, la stratégie de la diabolisation de l’extrême droite allemandeLa "princesse de glace". Alice Weidel sait qu’on la surnomme ainsi à cause de son caractère. Froide, cassante, autoritaire voire dominatrice, la cheffe de l’extrême droite allemande a l’amabilité d’une gardienne de prison. "Sa rhétorique est de plus en plus agressive mais elle plaît aux électeurs", constate Wolfgang Muno, politologue à l’Université de Rostock.
Ce n’est pas un hasard si cette "princesse de glace" est apparue, trois jours après le triomphe de son parti en Saxe-Anhalt, le 6 septembre, en veste et chemise blanches, dans l’enceinte du Bundestag (Assemblée fédérale). Enivrée par le succès, les yeux furibonds et le doigt levé comme une institutrice devant ses élèves, elle a savouré chacune de ses attaques contre sa proie principale : Friedrich Merz. Ses phrases étaient articulées avec une lenteur calculée pour mieux torturer un chancelier penaud sur le banc du gouvernement : "Monsieur Merz, les citoyens ne vous ont pas seulement sanctionné, ils ont pulvérisé votre parti ! La CDU ne gagnera plus jamais une élection !", a-t-elle crié, avant d’ajouter : "Les électeurs nous donneront les clés du pouvoir. Et nous les prendrons !" Puis elle s’est tournée vers les bancs du Parti social-démocrate (SPD), où quelques députés protestaient avec véhémence contre ses violentes attaques islamophobes. "Vous pouvez vous moquer. Mais vos électeurs, mesdames et messieurs du vieux Parti social-démocrate, sont désormais NOS électeurs !"
À 47 ans, la coprésidente de l’Alternative...
13/09 - Guerre en Ukraine : en Russie, la peur d’une nouvelle mobilisation gagne la populationVoilà plus de trois ans qu'il n'y avait pas mis les pieds. Ce lundi 10 août, dans un rare déplacement, Vladimir Poutine s'est fendu d'un voyage en Bouriatie, l’une des régions les plus pauvres du pays, dans l’Extrême-Orient russe. Sous l'œil des caméras, le président affiche sa mine des bons jours. Soudain, un jeune garçon l'interpelle : "Puis-je m'adresser à vous en tant que commandant en chef suprême ? Mon rêve est de devenir pilote d’avion supersonique. Pourriez-vous m’aider à intégrer l’école militaire Souvorov d’Irkoutsk ?" "On va s’en occuper", lui glisse Poutine, l’air entendu. Pour alimenter sa guerre contre Kiev, le chef du Kremlin a toujours plus besoin de soldats. Les Bouriates, envoyés en masse en première ligne, en sont les premières victimes. Alors à quelques semaines d'élections législatives sous haute surveillance, du 18 au 20 septembre prochains, leur sacrifice valait bien un déplacement…
Après plus de quatre ans et demi de guerre, cette machine à broyer les hommes n’est pas près de s’arrêter. A la fin du mois d’août, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a mis en garde contre une nouvelle mobilisation de la population russe d'ici à l'automne. Selon les renseignements ukrainiens, la Russie tablerait sur l’enrôlement de 600 000 hommes à l'horizon 2027, soit 300 000 combattants en 2026 et autant l’année suivante. Depuis le début de l'été, les craintes autour d'un possible appel aux armes agitaient les réseaux sociaux russes. En visite le 3 septembre à...
13/09 - Législatives en Suède : un scrutin serré qui pourrait faire entrer l’extrême droite au gouvernementC'est un scrutin serré qui se joue pour les législatives en Suède, ce dimanche 13 septembre, entre deux projets à l'opposé. Face à face : le bloc de droite du Premier ministre conservateur Ulf Kristersson, au pouvoir depuis 2022, et une opposition de gauche menée par l’ancienne Première ministre sociale-démocrate Magdalena Andersson. Mais derrière le duel entre les deux camps, une autre question domine le scrutin : celle de l’entrée au gouvernement des Démocrates de Suède (SD), une formation d’extrême droite devenue prépondérante dans le paysage politique suédois.
Selon l'un des derniers sondages, publié vendredi par la radio publique Sveriges Radio, les partis de gauche sont crédités de 50,8 % des voix (une avance moindre qu'il y a quelques mois), contre 47,6 % pour les partis de droite et d'extrême droite, soit environ 3 points d'écart à peine. Les sociaux-démocrates, qui restent le premier parti du pays, recueillent 28,6 % des intentions de vote, tandis que les Démocrates de Suède sont crédités d’environ 18 %.
Cette faible avance ne garantit donc nullement une victoire de la gauche. Avec huit partis représentés au Parlement et un seuil électoral fixé à 4 %, la répartition des sièges entre les différents blocs sera déterminante pour former une majorité. Le scrutin pourrait également permettre à l'extrême droite d'asseoir son influence, en faisant son entrée dans l'exécutif.Progression de l'extrême droite
Et pour cause, ce pays traditionnellement libéral connaît une...
13/09 - Ukraine : la Russie frappe près de la Pologne et touche un train reliant Kiev à VarsovieLes autorités polonaises sont en état d’alerte. Ce dimanche, les forces russes ont frappé un camion à proximité du principal point de passage entre l’Ukraine et la Pologne, à Dorohusk-Yahodyn. L’attaque s’est produite à environ 800 mètres de la frontière polonaise et a brièvement entraîné l’interruption des activités au poste-frontière, ont indiqué les gardes-frontières polonais.
Le ministère russe de la Défense a confirmé avoir ciblé des infrastructures facilitant l’acheminement de cargaisons militaires en provenance d’Europe vers l’ouest de l’Ukraine. Kiev dépend notamment des frontières polonaise, roumaine et moldave pour ses échanges commerciaux et ses livraisons d’armes.
Cette frappe intervient alors que la Russie cible depuis plusieurs semaines des points de passage frontaliers entre l’Ukraine et ses alliés occidentaux. Les deux camps intensifient parallèlement leurs attaques à longue distance, visant notamment les infrastructures économiques de leur adversaire.Un train reliant Kyiv à Varsovie frappé par un drone
Quelques heures plus tard, un autre incident s’est produit dans l’oblast de Volyn, à environ deux kilomètres de la frontière polonaise. Un drone russe a frappé la locomotive d’un train de voyageurs reliant Kiev à Varsovie, ont indiqué les autorités ukrainiennes et polonaises. Le train transportait 206 passagers, aucun blessé n’a été signalé. La compagnie ferroviaire ukrainienne Ukrzaliznytsia a indiqué que l’attaque avait visé le train alors qu’il se...
13/09 - Comment Søstrene Grene insuffle le "hygge" dans toute l’EuropeAux côtés de la Princesse au petit pois ou de la Reine des neiges, Anna et Clara auraient pu être les héroïnes d’un des Contes danois d’Hans Christian Andersen. L’une a l’âme créative, l’autre est organisée : chignons relevés, les deux sœurs fictives se font face, en ombres chinoises, sur le logo de Søstrene Grene. Leur invention remonte à 1973, lorsque Inger Grene et son mari ouvrent leur première boutique à Aarhus, deuxième ville du Danemark.
Un demi-siècle plus tard, le concept a largement dépassé les frontières danoises. Présente dans 19 pays en Europe, la chaîne compte une quarantaine de boutiques en France - la dernière vient d'ouvrir ses portes à Boulogne-Billancourt. Entre-temps, la seconde génération a repris le flambeau : Mikkel Grene est directeur général, son frère Cresten s'occupe de la direction artistique. Avec succès. Les ventes ont grimpé de 31 % en un an, au niveau record de 380 millions d'euros, lors du dernier exercice publié, clos en avril 2025. Les moteurs : l'expansion au Royaume-Uni et l'activité des fêtes de fin d'année - un temps fort du calendrier scandinave.Engouement pour les loisirs créatifs
En magasin, des tisanes bio, des pinceaux, des bougies ou encore de la vaisselle, le tout à des prix abordables. "La spécialisation dans la petite décoration favorise une meilleure récurrence d’achat que l'ameublement par exemple, pointe Emilie Miquelestorena, consultante chez Another Retail. Ce positionnement correspond bien à l'implantation des...
13/09 - "La Punition" d’Arthur Dreyfus : comment l’auteur s’est sorti de l’enfer du chemsexA ses débuts, auteur chez Gallimard et animateur sur France Inter, Arthur Dreyfus était le nouveau gendre idéal de la littérature française. Il tombe le masque en 2021 : désormais publié chez P.O.L, il sort Journal sexuel d’un garçon d’aujourd’hui, un pavé de plus de 2 000 pages qui le révèle plus proche de Guillaume Dustan que de Philippe Besson. En 2023, il revient au roman avec La Troisième Main, conte fantastique racontant les mésaventures d’un pauvre homme né avec un bras supplémentaire au milieu du ventre, qu’il ne contrôle pas. C’est avec La Troisième Main qu’on a vraiment saisi le talent, et même le génie de l’écrivain, d’une intelligence et d’une fantaisie rares.
La Punition, qui vient de paraître et figure sur la sélection du prix Renaudot, est une sorte de suite réfléchie du Journal sexuel. Arthur Dreyfus y raconte l’histoire secrète de son homosexualité. A 16 ans, lors de son coming out, il enregistre la conversation houleuse qu’il a avec son père, honnête médecin lyonnais – discussion dingue qui est reproduite au début du livre. Puis le jeune Arthur quitte Lyon pour Paris, fait ses débuts dans la vie et bascule dans la compulsion sexuelle (d’abord avec l’application de rencontre Grindr, ensuite avec le chemsex, un cocktail de 3-MMC, de kétamine et de crystal meth). Sur plus de 1 000 pages, tour à tour fiévreuses, désespérées ou drôles, on le voit sombrer et se ressaisir peu à peu, jusqu’à ce qu’il se joigne à des groupes de parole des Narcotiques Anonymes....
13/09 - Foire aux vins : les grandes manœuvres dans le vignobleDepuis près de vingt ans la consommation de vin des Français ne cesse de baisser (- 28 %) pour atteindre environ 35 litres par an et par personne. Les habitudes changent peu à peu : essor du marché de la bière, apparition des boissons sans alcool, succès croissant de la mixologie, etc. Et surtout, un véritable changement générationnel s’opère avec des 25-34 ans bien moins attachés aux codes traditionnels de l’œnologie.
Dans ce contexte, le rendez-vous automnal des foires aux vins devient incontournable pour l’ensemble de la filière : hypermarchés, supermarchés, cavistes traditionnels, producteurs et acteurs de l’e-commerce. Tous se mettent au diapason des opérations de rentrée avec des stratégies différentes. Cette concurrence se fait au bénéfice des consommateurs qui voient les offres se multiplier partout en France et sur tous les supports. Une occasion en or pour se constituer une cave à moindres coûts. L’Express vous aide à vous y retrouver dans cette jungle des étiquettes (ci-dessous).Louis Roederer s’offre des grands crus de Bourgogne
La famille Rouzaud, propriétaire de la maison Louis Roederer, vient d’acquérir le domaine Pierre Damoy, à Gevrey-Chambertin, qui rejoint ainsi les onze autres propriétés viticoles de Roederer Collection. Après avoir raté de peu l’achat du Clos de Tart, en 2017, la dynastie champenoise met la main sur un vignoble mythique de la Côte de Nuits, ne comportant pas moins de huit hectares de grands crus, dont le célèbre Chambertin Clos de...
13/09 - Un week-end à Timisoara : "Ici, l’art est partout"Capitale européenne de la culture en 2023, Timisoara n’a pas tiré le rideau depuis. Derrière ses façades de style Sécession, la ville témoigne d’une scène artistique foisonnante, portée par ses étudiants, ses créateurs et ses institutions ouvertes sur le monde. Cette effervescence prend largement racine à la faculté des arts et du design de l’Université de l’Ouest (UVT). Héritière d’une longue tradition d’enseignement artistique, elle forme aujourd’hui la relève. Dans ses ateliers, les disciplines se croisent : nouvelles technologies, architecture, espace urbain et enjeux de société nourrissent une approche ouverte des pratiques visuelles. L’établissement est devenu un véritable incubateur d’idées, à l’image d’une ville qui cherche moins à figer son passé qu’à le prolonger. Parmi ses initiatives phares figure Interdesign, rendez-vous consacré aux liens entre conception, innovation et usages contemporains, et La Mansarde, espace d’exposition et d’expérimentation, qui accompagne les jeunes talents.
Cette passerelle entre formation et scène émergente se retrouve à la fondation Art Encounters, créée en 2015. Sa directrice artistique, Diana Marincu, incarne la nouvelle génération timisoaraise : ancienne étudiante de la faculté des arts et du design, elle a contribué à faire d’Arts Encounters une plateforme de dialogue entre artistes roumains et acteurs de la scène mondiale. Ce mois-ci, la fondation accueille Picasso en visite, une réunion conséquente d’œuvres du maître...
13/09 - Des Etats-Unis à l’Europe, des attaques contre la science toujours plus inquiétantes : la mise en garde du Pr Alain FischerDepuis janvier 2025, le président Trump et son administration se sont lancés dans une campagne de démantèlement de l’aide internationale au développement et à la recherche en supprimant l’organisme Usaid et son budget de 43 milliards de dollars. Les attaques contre les universités, les organismes de recherche dont le NIH (National Institutes of Health) et les agences gouvernementales chargées de la santé publique se sont multipliées, notamment sous la forme de suppressions de postes (14 000 titulaires d’un doctorat en science ont perdu leur emploi), de coupures budgétaires et d’interdits. Les recherches sur le VIH, les vaccins à ARN messager, le genre ou encore l’inclusion ne sont plus financées. Les coupes auraient pu être encore plus sévères si le Congrès n’avait pas rétabli le budget des organismes de recherche. En parallèle, Robert F. Kennedy Jr, secrétaire à la Santé, a limogé les scientifiques jusque-là en charge des recommandations en matière de vaccination.
Mais ce n’était pas encore suffisant ! Voici que le bureau fédéral du management et du budget envisage de changer les règles d’attribution et d’utilisation des crédits de recherche. La mesure la plus spectaculaire stipule que tout projet scientifique sera revu par l’administration et donc soumis à une forme de censure politique avant d’être financé. C’est une remise en cause de la sacro-sainte évaluation par les pairs des projets de recherche, une immense brèche dans la liberté académique. Haro sur les sciences...
13/09 - Dubaï, la plaque tournante de l’Iran sous la menace de Donald TrumpAvec ses gigantesques tours de verre et ses îles artificielles, le Dubaï d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec le modeste port qui vivait de la pêche aux perles à la fin du XVIIIe siècle. Mais au cœur du hub financier et touristique des Emirats arabes unis, qui a vu sa population quadrupler autour des années 2000, un quartier a conservé l’âme marchande de la cité : Dubai Creek et ses quais, où sont encore amarrés les boutres de plusieurs générations de commerçants.
A Deira, Morteza tient une échoppe où, malgré la guerre au Moyen-Orient, ses étals sont toujours garnis de pistaches, safran et chocolats venus d’Iran, à seulement 150 kilomètres à vol d’oiseau. "Les prix des marchandises ont augmenté, mais on est patient. On espère que la situation va se calmer et que les touristes vont revenir", espère-t-il, même si, pour l’heure, aucun des belligérants ne donne de signe d’un retour rapide à la normale dans cette guerre d’usure : Téhéran a récemment revendiqué plusieurs attaques au Bahreïn, au Koweït, en Jordanie et aux Emirats, le détroit d’Ormuz est toujours un guêpier maritime et Donald Trump vient de relancer une politique d’asphyxie financière massive contre l’Iran, dont l’économie est, dit-il, en train de "s’effondrer".
Un véritable "D-Day économique", selon le président américain, qui fait référence au débarquement en Normandie du 6 juin 1944 : une soixantaine d’entités, personnes et navires iraniens ont été sanctionnés, ce qui a un impact direct sur les Emirats...
13/09 - Alerte mondiale sur le niveau de lecture : les pistes européennes pour s’en sortirDepuis 2000, l'étude Pisa interroge, tous les trois ans, des centaines de milliers d'élèves de 15 ans pour évaluer leurs compétences scolaires. Ses derniers résultats, publiés le 8 septembre, sont alarmants : jamais la compréhension de l'écrit n'a été aussi basse. Une chute de 25 points à travers le monde, alors que 20 points équivalent à une année d'apprentissage. En Europe, seul le Royaume-Uni reste à un niveau similaire au précédent classement. La France, elle, décroche de 18 points en trois ans et de 40 points en dix ans.
Premiers coupables : les réseaux sociaux et les écrans, mais aussi le manque d'encouragement des adultes à lire des textes longs. "A l'ère de l'intelligence artificielle, la capacité à lire de manière critique, à évaluer la crédibilité de l'information et à porter des jugements éclairés est susceptible de devenir encore plus précieuse, alerte le rapport Pisa. Le défi pour les systèmes éducatifs est donc de savoir comment redonner aux jeunes le goût de la lecture."Irlande : le leader européen, pas à l'abri du déclin
Si, au niveau européen, l'Estonie remporte la mise dans toutes les matières, ce sont les héritiers d'Oscar Wilde qui finissent premiers du continent en lecture (et septièmes mondiaux). Le résultat d'un attrait historique pour la littérature, mais aussi d'une stratégie nationale mise en place en 2011, consacrant davantage de temps aux langues à l'école primaire. Prudence tout de même : Dublin a réduit cette priorité en 2023 et son score de...
13/09 - Il conseillait le FBI et la DGSE : comment Samuel H. s’est retrouvé jugé après un versement pour des contenus pédopornographiquesLe 30 septembre 2022, à 00h21, un internaute du nom de DarkTrace99 se connecte au site Big Rape.com, une plateforme pédopornographique accessible uniquement sur le darknet, cet Internet par-delà les moteurs de recherche. A l’écran, une myriade d’images sordides apparaissent. Ce ne sont que des illustrations, mais en échange d’une adresse mail et d’un versement, la plateforme propose de télécharger les vidéos d'enfants et de bébés violés par des adultes. DarkTrace99 sélectionne la rubrique "girls rape" ("viol de filles"), rentre ses coordonnées de paiement en cryptomonnaie et, aussi vite, se déconnecte.
Trois ans et demi après la transaction, une dizaine de policiers débarque à l’aéroport Charles de Gaulle, à Paris. Les accès sont sécurisés, les passagers filtrés un à un, et un homme en costume est mis à l’écart. La police bavaroise a mis la main sur les serveurs de Big Rape.com et de 373 000 autres sites frauduleux, puis elle fournit à ses collègues d’Europol une liste de 200 clients européens. Parmi eux, vingt Français, dont un profil qu’ils jugent à "haut risque" : un certain Samuel H., 39 ans, cheveux très courts, fines lunettes carrées. Un homme d’affaires qui, sur LinkedIn, pose fièrement avec Emmanuel Macron, bras dessus, bras dessous sur le perron de l’Elysée dans le cadre d’une soirée Choose France, cet événement destiné à attirer les entrepreneurs sur le territoire français.
En poussant leurs recherches, les enquêteurs de l’Office mineurs (Ofmin) se sont rendu...
13/09 - Pisa : comment les Anglais résistent au décrochage occidentalPour les ministres de l’Education, la publication des résultats de Pisa a souvent des airs de purge. Tous les trois ans, cette grande enquête internationale, qui mesure les performances des élèves en mathématiques, en sciences, et en compréhension de l’écrit, vient raviver l’inquiétude sur la baisse du niveau scolaire, alimentant aussi les débats sur l’incapacité des systèmes éducatifs à endiguer les effets des écrans et des réseaux sociaux sur les plus jeunes. Mais ce 8 septembre, Lucy Powell, secrétaire d’État à l’éducation du gouvernement britannique, a dû feuilleter le rapport avec plus de sérénité que la plupart de ses homologues occidentaux. Alors que la grande majorité des pays de l’OCDE ont vu leurs scores chuter depuis 2022, l’Angleterre s’est stabilisée en maths (+0) et en compréhension de l’écrit (+1) et a même progressé en sciences (+13). À titre de comparaison, la France – qui se situe légèrement en dessous de la moyenne de l’OCDE - accuse désormais un écart de 33 points en sciences avec l’Angleterre, de 41 points en lecture et de 34 points en mathématiques.
On en oublierait presque que le système éducatif anglais n’a pas toujours connu pareil bulletin de notes. À partir des années 1970, puis tout au long des années 1980 et 1990, le pays traverse même une profonde crise de son modèle éducatif : niveau jugé insuffisant pour un nombre trop important d’élèves, fortes inégalités entre territoires, mais aussi remise en cause d’une pédagogie accusée de ne pas...
12/09 - Concerts géants : "Il n’y a pas de limite au prix des billets"Les concerts seront-ils, bientôt réservés à une élite ? En une dizaine d'années, les prix des billets ont grimpé d'un peu plus de 40 % d'après une récente étude du Prodiss, le syndicat national des producteurs diffuseurs. Flambée des coûts de production, des cachets, des tarifs… A la tête de la filiale française d'AEG Presents, un géant mondial des concerts, Arnaud Meersseman, le producteur de Céline Dion, qui donne ce soir le premier de ses 26 concerts à Paris, assume : "Nous sommes dans une pure économie de marché. C'est la loi de l'offre et de la demande qui règne dans un contexte où l'exclusif est devenu la règle."
Nous vivons dans un monde de dématérialisation, de tyrannie des écrans et paradoxalement, jamais les salles de concert et notamment les plus grandes n'ont été aussi remplies. Jamais les concerts événements n'ont fait autant le plein, à l'instar de ceux de Céline Dion. Qu'est-ce que cela dit de la société, mais aussi du secteur dans lequel vous évoluez ?
Arnaud Meersseman : Ce que vous décrivez est la conjonction de plusieurs forces. Comme pour beaucoup de choses, il y a un avant et un après Covid. Après la pandémie, nous avons tous ressenti la volonté de nous retrouver, de vivre des expériences communes dans une société de plus en plus fragmentée, de plus en plus individualisée, et qui vit majoritairement derrière un écran. Les moments de communion deviennent de plus en plus rares et de plus en plus plébiscités, il n'y a qu'à voir l'engouement pour les JO...
12/09 - Russie : d’anciens membres du SAS britannique auraient entraîné des combattants russesLoin du front ukrainien, d’anciens membres des forces spéciales occidentales auraient été recrutés pour entraîner des citoyens russes et des militaires en service actif. C’est ce que suggère une note de renseignement examinée par le quotidien britannique The Telegraph, qui évoque notamment la présence d’anciens membres de l'unité de forces spéciales des forces armées britanniques (SAS), dans des camps d’entraînement liés à Moscou.
Une évaluation réalisée pour les services de renseignement de l’alliance Five Eyes conclut, avec un "degré de certitude élevé", que d’anciens militaires occidentaux ont été recrutés pour former des ressortissants russes. The Telegraph a pu consulter une note établie pour le Service secret de renseignement australien (SIS), fondée notamment sur les témoignages de deux anciens membres des forces spéciales australiennes et d’un réserviste en activité. Tous trois auraient été sollicités pour devenir instructeurs dans des camps situés en Bulgarie et en Serbie, susceptibles d’accueillir des clients russes.
Le document cite notamment un camp d’entraînement au combat géré par Alfa-Metal à Mejdeni, dans le nord de la Bulgarie. Selon la note, le centre emploie des instructeurs issus de plusieurs unités et services occidentaux, dont le SAS britannique, le Régiment de commandos australien, des forces de police et de la Marine américaine. Comme le rappelle le Telegraph, Alfa-Metal propose notamment des formations destinées aux forces spéciales ainsi que des...
12/09 - Et si la haine des riches expliquait les mauvais résultats économiques de la France ? Par Rainer ZitelmannLes économistes savent à quel point les facteurs psychologiques jouent un rôle important dans l’économie, mais ils n’ont guère prêté attention aux effets d’un climat social dans lequel les riches sont perçus soit comme des modèles, soit comme des boucs émissaires.
Existe-t-il un lien entre les attitudes envers les riches et la réussite économique d’un pays ? Dans le cadre de mes études internationales sur les attitudes envers les riches, j’ai chargé l’institut de sondage Ipsos Mori de mener des enquêtes représentatives dans 13 pays. Sur la base de ces enquêtes, un "coefficient d’envie sociale" a notamment été calculé. En termes simples, il mesure l’ampleur de l’envie sociale envers les riches dans un pays. Une valeur de 1 signifie qu’il y a à peu près autant de personnes éprouvant une envie sociale marquée que de personnes n’en éprouvant pas. Plus la valeur est élevée, plus l’envie sociale envers les riches est forte ; plus elle est faible, plus elle est modérée.
J’exclus les résultats concernant la Chine de la comparaison suivante. Les sondages d’opinion y sont plus difficiles à mener en raison du contexte politique, et les résultats sont bien moins précis. Il n’est toutefois pas invraisemblable que le ralentissement de la dynamique économique chinoise ces dernières années soit également lié à un changement d’attitude vis-à-vis de la richesse, qui est devenue moins favorable par rapport aux années 2010."Egocentriques", "matérialistes", "avides"...
Si on se concentre...
12/09 - Vanuatu-France : pourquoi deux îlots volcaniques ravivent un vieux différend territorialLe Vanuatu ouvre désormais un nouveau front dans son différend avec la France. L'Etat insulaire a décidé de saisir la Cour internationale de Justice (CIJ) au sujet des îles Matthew et Hunter, deux cailloux volcaniques inhabités dans le Pacifique, revendiqués à la fois par l’archipel et par la France. La plus haute juridiction des Nations unies a annoncé la démarche mardi 2 septembre. Situées à environ 300 kilomètres à l’est de la Nouvelle-Calédonie et au sud-est du Vanuatu, ces deux îles sont au cœur d’un différend territorial ancien.
De son côté, Paris a réaffirmé, mercredi 2 septembre, sa souveraineté sur ces territoires. "La position de la France est claire et ferme", a avancé Éléonore Caroit, secrétaire d'État au ministère français des Affaires étrangères, lors d'une conférence des îles du Pacifique organisée par les Palaos. "C'est une position de dialogue et d'ouverture, mais c'est avant tout une réaffirmation de la souveraineté de la France sur ces îles."
La France a pris possession de Hunter et Matthew en 1929, selon Les Surligneurs, média en ligne spécialisé dans le fact-checking. Le Vanuatu conteste toutefois cette souveraineté, s’appuyant notamment sur le fait que ces îlots auraient été visités à plusieurs reprises, à l’époque précoloniale, par des pirogues originaires de l’archipel, rappelle le site. Depuis son indépendance, en 1980, l’État insulaire en revendique la souveraineté. Le différend s’est également cristallisé autour d’un accord conclu en 1965...
12/09 - Arctique : l’Otan traque des sous-marins russes soupçonnés de tester une arme secrèteLes tensions s'enfoncent dans les eaux arctiques. Au printemps dernier, près de l’archipel isolé du Svalbard, des alliés de l’OTAN ont surpris des sous-marins russes en train de tester une arme secrète conçue pour neutraliser des câbles sous-marins stratégiques sans laisser de traces. L’opération, menée par la GUGI, la direction des opérations sous-marines de Moscou, reposait sur des submersibles capables d’évoluer à grande profondeur pour simuler la mise en œuvre de cette technologie. Une opération conjointe du Royaume-Uni, de la Norvège et des États-Unis a permis de repérer les navires russes et de les contraindre à quitter la zone avant qu’ils ne puissent achever leurs essais.
John Healey, alors ministre de la Défense britannique, avait déjà révélé en avril dernier que la Royal Navy, force navale militaire du Royaume-Uni, avait détecté une opération russe clandestine à proximité des eaux britanniques, impliquant deux sous-marins du GUGI et un sous-marin nucléaire d’attaque de classe Akula. Selon lui, ces activités avaient duré près d’un mois avant d’être repérées par des avions de surveillance maritime de la Royal Air Force (RAF), par la frégate britannique HMS St Albans et les forces norvégiennes. À l’époque, Londres et Oslo avaient confirmé avoir mis au jour cette opération russe dans les eaux arctiques, sans toutefois révéler l’existence de cette nouvelle arme, le lieu précis des essais ni l’implication des États-Unis.
Le Telegraph rapporte que de hauts...
12/09 - Après le blocage d’Ormuz, Bab-el-Mandeb : "Nous nous approchons du scénario du pire"L'Express : Il n'a fallu que neuf jours aux rebelles houthistes pour prendre le contrôle du détroit de Bab el-Mandeb. Personne ne s'y attendait…
Maged al-Madhaji : Les houthistes ont créé un véritable choc. Leur niveau de préparation opérationnelle était élevé, et cette campagne a manifestement fait l'objet de préparatifs considérables. Mais ceux-ci n'avaient rien de secret ! L'information était disponible, et les mouvements massifs d'armes et de combattants vers la côte occidentale étaient visibles du gouvernement yéménite, de Riyad et des acteurs occidentaux.
Les houthistes ont exploité des failles politiques et sécuritaires, en particulier les divisions entre les forces de la côte occidentale, le parti Islah [NDLR : principal mouvement islamiste sunnite du pays, historiquement affilié aux Frères musulmans] et l'Axe militaire de Taëz [NDLR : structure régionale de l'armée régulière yéménite]. Ils ont ensuite lancé une offensive intensive, appuyée par des tirs de missiles et de drones sans précédent, provoquant une grande confusion, suivi d'un effondrement rapide. Cela s'est accompagné d'attaques contre des commandants, d'infiltrations dans le renseignement et d'une gestion efficace des communications.
Ils ont également surveillé de près la réaction de Riyad et exercé une pression calculée pour dissuader l'Arabie saoudite d'élargir son engagement. De fait, l'hésitation de Riyad à intervenir de manière décisive a sans doute joué un rôle déterminant.
Il est encore...
12/09 - Pétrole et gaz en mer du Nord : Andy Burnham face à son premier vrai test climatiqueAttention, sujet hautement inflammable ! Andy Burnham, locataire du 10 Downing Street depuis le milieu de l’été, affronte son premier vrai test climatique. En jeu ? L'avenir de Jackdaw et Rosebank. Ces deux champs pétrogaziers en mer du Nord sont devenus le symbole des dissensions du milieu politique sur la feuille de route énergétique du pays. Ils reflètent plus largement les tiraillements que connaissent beaucoup de nations entre sécurité et décarbonation. Faut-il ou non approuver l’exploitation des réserves restantes ? Le débat fait rage. Et le Premier ministre va bientôt le trancher. Selon la presse britannique, le gouvernement s’apprêterait à approuver le nouveau gisement de gaz de Jackdaw. Celui de Rosebank (pétrole) pourrait aussi recevoir un feu vert dans un second temps.
Après avoir longtemps profité des ressources de la mer du Nord, le Royaume-Uni et la Norvège ont pris des trajectoires opposées sur l’extraction d’hydrocarbures. Pour des raisons historiques et géologiques déjà détaillées par L’Express, les premiers ont choisi de s’éloigner des énergies fossiles dans le cadre de leur stratégie zéro émission nette en 2050. Les seconds ont, eux, fait le choix de poursuivre l'extraction, pour des considérations géopolitiques et financières. Un virage encore accentué récemment.
Dans son programme électoral de 2024, le Labour s’engageait à ne pas délivrer de nouvelles licences pour l'exploration de gisements en mer du Nord. Une position fermement défendue par Ed...
12/09 - Jean-Paul Enthoven : il faut imaginer Narcisse heureuxVolontiers morose, Freud l’affirmait : "Le bonheur ne fait pas partie du programme de la Création." Cette position définitive, Kant l’avait défendue avant lui : "Si la Providence avait voulu que nous fussions heureux, elle ne nous aurait pas donné l’intelligence." Schopenhauer, Flaubert et autres esprits du même calibre ne pensaient pas autrement. Le bonheur ne serait-il bon que pour les benêts ? Bien sûr que non. On peut, comme Jean-Paul Enthoven, décider d’inscrire ses pas dans ceux de Stendhal, lequel n’avait pas honte de déclarer : "Je remplirais des volumes si j’entreprenais de décrire tous les souvenirs enchanteurs des choses que j’ai vues."
Romancier parfois déconcertant, Enthoven est un essayiste étincelant, et ici plus que jamais. Egrenant anecdotes personnelles, citations bien choisies et réflexions acérées, son Dictionnaire amoureux du bonheur prolonge les savoureux Souvenirs d’égotisme de son maître Stendhal (un livre que même ce ronchon de Paul Léautaud vénérait). En s’appropriant une formule de Woody Allen, Enthoven reconnaît "être né dans le judaïsme avant de (se) convertir au narcissisme". Le moi n’est pas toujours haïssable, pourvu qu’on cultive l’amour et la bonté en plus de ses plaisirs et de son élégance vestimentaire.
Se tenant à l’écart des passions tristes, Enthoven établit une distinction fondamentale dans le genre humain : selon lui, il y aurait d’un côté les "biophobes" dépressifs et gris, de l’autre les "biophiles" épicuriens et hédonistes....
12/09 - Foires aux vins : les domaines à suivre en 2026Depuis près de vingt ans la consommation de vin des Français ne cesse de baisser (- 28 %) pour atteindre environ 35 litres par an et par personne. Les habitudes changent peu à peu : essor du marché de la bière, apparition des boissons sans alcool, succès croissant de la mixologie, etc. Et surtout, un véritable changement générationnel s’opère avec des 25-34 ans bien moins attachés aux codes traditionnels de l’œnologie.
Dans ce contexte, le rendez-vous automnal des foires aux vins devient incontournable pour l’ensemble de la filière : hypermarchés, supermarchés, cavistes traditionnels, producteurs et acteurs de l’e-commerce. Tous se mettent au diapason des opérations de rentrée avec des stratégies différentes. Cette concurrence se fait au bénéfice des consommateurs qui voient les offres se multiplier partout en France et sur tous les supports. Une occasion en or pour se constituer une cave à moindres coûts. L’Express vous aide à vous y retrouver dans cette jungle des étiquettes (ci-dessous).Domaine de La Dourbie, l’esprit du Languedoc
La famille Serin a pris les rênes de cette propriété de Canet, sur les rives de l’Hérault, en 2003. Les 32 hectares conduits en bio courent sur trois terroirs : les parcelles historiques autour de la bastide, celles d’Aspiran sur les pentes d’un volcan éteint et sur les coteaux de Rouveyrolles, où poussent des carignans et grenaches blancs septuagénaires. "Ces vieux ceps constituent des œuvres d’art, confie Laurent Graell, directeur-adjoint...
12/09 - En Roumanie, le cœur battant de Timisoara, la "petite Vienne"Ici, les façades pastel semblent être tout droit sorties d’un film d’époque autrichien, les cafés rivalisent d’élégance, les clochers baroques répondent aux coupoles orthodoxes et les tramways jaunes glissent dans un décor qui évoque davantage l'Europe centrale que les Balkans. La "petite Vienne" n'a pas usurpé son surnom avec ses perspectives monumentales caractéristiques de l'Empire austro-hongrois, mais elle a aussi une personnalité propre, forgée par les frontières, les brassages et les ruptures de l'Histoire. Après cent soixante-quatre ans de domination ottomane, Timisoara est reprise par les troupes des Habsbourg en 1716. Les remparts sont alors modernisés, les marécages asséchés, les rues redessinées. Ingénieurs, commerçants et artisans affluent de tout l'Empire. En quelques décennies, l’ancienne forteresse devient l'une des vitrines de la maison des Habsbourg aux confins orientaux de l'Europe.
Cette ambition se lit encore aujourd'hui dans le centre historique d’une cité qui a conservé la plus grande partie de ses édifices anciens. Là où Bucarest a vu des quartiers entiers disparaître sous les bulldozers de Nicolae Ceaușescu, Timisoara a largement échappé à ces destructions. Palais baroques, hôtels particuliers éclectiques et immeubles de style Sécession – le courant viennois de l'Art nouveau – composent un ensemble urbain d'une rare cohérence, où les balcons en fer forgé, les mosaïques, les visages sculptés et les décors végétaux témoignent de la prospérité de la...
12/09 - Gaspillage : la bureaucratie française dépassée par l’IASur X, de nombreux témoignages montrent le déferlement de la consommation sur mesure grâce aux dernières avancées de l’IA. Comme cet internaute qui avait besoin d’un butoir de porte spécifique, a posé un mètre ruban contre l'encadrement, pris deux photos et envoyé le tout à ChatGPT Work. Dix minutes plus tard, il avait un fichier imprimable qui a permis de concevoir l'objet du premier coup. L'anecdote est banale. Mais sa date ne l'est pas. Elle intervient au moment précis où l'Etat français s'apprête à imposer aux industriels de livrer les plans d'impression 3D de certaines de leurs pièces.
L'article 19 de la loi antigaspillage de février 2020 a en effet inscrit dans le code de la consommation une obligation loin d’être anecdotique. Lorsqu'une pièce détachée indispensable n'est plus disponible sur le marché et peut être fabriquée par impression tridimensionnelle, le fabricant doit en fournir le plan, ou à défaut les spécifications techniques permettant de l'établir. Le texte renvoyait à un décret le soin de désigner les produits concernés. Encourager la réparation
Six ans plus tard, le gouvernement a enfin rédigé ce décret et l'a notifié à la Commission européenne en juin, pour une entrée en vigueur prévue au 1er janvier 2027. Le fabricant disposerait de quinze jours ouvrables pour transmettre le plan s'il en détient un, et de vingt jours pour livrer les spécifications s'il n'en détient pas. La liste des produits visés est longue : électroménager, smartphones,...
12/09 - "Mercator n’était plus utilisée depuis longtemps..." : la mise au point de l’historien William Rankin (Yale)C'est une résolution qui a fait couler beaucoup d'encre. Le 4 septembre, l'Assemblée générale des Nations unies, à l'initiative d'Etats africains, a voté l'abandon de la carte dite "de Mercator", datant du XVIe siècle, et qui amplifie les territoires du Nord au détriment de ceux proches de l'équateur, comme l'Afrique. L'ONU appelle à promouvoir la projection Equal Earth. Le même jour, la France a annoncé abandonner le planisphère de Mercator pour celui d'Eckert IV.
Est-ce un changement de notre vision du monde? Les Etats-Unis de Donald Trump sont le seul pays à avoir voté contre la résolution, tandis que la droite conservatrice, à l'image du Figaro ou de Valeurs Actuelles, déplore "un acte symbolique" du déclin de l'Europe ou un "effacement volontaire" du Vieux continent du fait d'une "repentance diplomatique"...
Nous avons interrogé William Rankin, historien des sciences à l'université Yale et auteur du passionnant Radical Cartography (Picador, non traduit, 2025), qui montre à quel point toute carte est toujours subjective et qu'il n'existe pas de représentation parfaite du monde. Ce grand spécialiste de la cartographie salue l'initiative, mais souligne que la carte de Mercator avait été abandonnée depuis belle lurette et que les nouvelles projections ont aussi leur limite.
L'Express : Les Nations unies ont adopté une résolution, initiée par le Togo, pour abandonner la carte dite "de Mercator" et promouvoir la projection Equal Earth, qui représente les régions...
12/09 - La Suède, ce pays où Gabriel Zucman ne fait pas recetteL'économiste français Gabriel Zucman peut-il influencer l'élection, probablement serrée, de ce dimanche 13 septembre en Suède ? Sans doute, et si tel est le cas, ce sera en défaveur de la gauche. En se rendant à Stockholm au printemps dernier pour le lancement de son livre Les milliardaires ne paient pas d'impôts et nous allons y mettre fin (Seuil), le Français a relancé le débat sur la taxation des ultrariches dans un pays où l'ISF a été aboli (par la droite) il y a environ deux décennies, tout comme l'impôt sur les successions (supprimé par la gauche deux ans auparavant).
Chez les compatriotes du groupe ABBA (dont l'un des hits est intitulé "Money, money, money"), l'ISF a en effet laissé des souvenirs mitigés. Dans la mémoire collective, il est associé à l'époque où, dans les années 1970 et 1980, la Suède détenait le record du monde de l'impôt sur les revenus (en 1980, les recettes fiscales de l'Etat représentaient 59 % du PIB). Ce niveau de taxation avait conduit à l'exode fiscal des plus grandes fortunes, au grand dépit des Suédois. Tous deux classés dans le Top 10 des plus grandes fortunes mondiales, Hans Rausing, l'inventeur de la brique de lait en carton (Tetra Pak), et Ingvar Kamprad, le fondateur d'Ikea, avaient presque simultanément fait leurs valises, direction la Suisse et le Lichtenstein. Quant au numéro 1 mondial du tennis Björn Borg, autre symbole national et maître incontesté (à l'époque) de Wimbledon et Roland-Garros, il s'était établi à Monaco....
12/09 - Natacha Polony candidate à la présidentielle ? Ce qu’elle prépare déjà en coulisses- La présidentielle de 2022 ? Tu devrais y aller, Natacha.
- Peut-être, mais ça coûte cher !
Sept ans plus tard, le conseil d'un ex-député chevènementiste semble avoir fait son chemin ; car Natacha Polony compte bien annoncer, dans les prochaines semaines, sa candidature à l’élection suprême. L'ancienne directrice de Marianne aurait déjà un local de campagne, niché au cœur du VIe arrondissement de la capitale. Mais alors, que s’est-il passé pour que les obstacles d’hier paraissent aujourd’hui surmontables ?
Sans livrer le moindre nom, l'entourage de Natacha Polony affirme avoir commencé à réunir des personnalités enclines à la soutenir financièrement. Des hauts fonctionnaires, des hauts cadres de l'industrie, "qui ne veulent pas se mouiller politiquement, mais qui ont déjà affirmé qu'ils lui feraient un chèque et qu'ils l'aideraient comme ils le pourraient", explique Jean-Yves Autexier, ancien sénateur chevènementiste, lui-même prêt à activer ses réseaux pour appuyer la candidature de l'essayiste.
Alors que sa revue, L’Audace, a levé l’an dernier quelque 250 000 euros auprès des Forces françaises de l’industrie (FFI), les regards se tournent naturellement vers ce club de patrons engagés en faveur de la réindustrialisation - grand thème polonien. Mais à L'Express, l'un des cofondateurs des FFI, Laurent Moisson, assure qu'aucune démarche n'a été engagée en vue de lever des fonds pour une éventuelle campagne électorale. Il admet néanmoins que certains membres pourraient...
12/09 - Il reste environ 90 % de chances de ne pas mourir à cause de l’IAOuvrir Claude ou ChatGPT a une saveur un peu particulière ces derniers jours. "Veux-tu vraiment me détruire, moi et la planète entière ?", brûle-t-on d’envie de demander à ce collègue-confident jusqu’ici bien conciliant. La faute à une rentrée calamiteuse sur le front de l’IA. Aux multiples cyberattaques d’essaims d’agents incontrôlables s’est ajoutée la démission retentissante du chercheur Jacob Coxon de la firme d’Anthropic, le créateur de Claude. En claquant la porte, ce dernier a affirmé que l’intelligence artificielle pourrait entraîner l'extinction de l’humanité d'ici la fin de la décennie. Une conclusion pour le moins alarmante corroborée par son supérieur, Evan Hubinger, toujours responsable de la sûreté d’Anthropic, estimant lui-même la probabilité de la menace à plus de 10 %. Le chiffre suit depuis sa petite vie médiatique. Il est notamment repris en boucle par des catastrophistes convaincus, au premier rang desquels le Prix Nobel de physique et "père" de la technologie, Geoffrey Hinton.
Relativisons quelques instants. Sans minimiser les réels problèmes de sécurité liés à l'IA, qu'il s'agisse de son usage dans le domaine cyber ou dans le développement d'armes autonomes, la majorité des critiques d'experts visent avant tout ses créateurs : des entreprises peu transparentes, peu coopératives face aux enquêtes. Les prêcheurs de l'apocalypse chez Anthropic ou OpenAI sont en effet souvent les premiers à refuser tout regard extérieur sur leurs méthodes, à ralentir...
11/09 - Ventes de livres : un vent prérévolutionnaire soufflerait-il en librairie ?Après un été porté par la nostalgie de la Grèce antique (et le succès de L’Odyssée de l’Odyssée de Christophe Ono-dit-Biot), la rentrée nous remet dans l’actualité. Un simple coup d’œil au classement des ventes d’essais le confirme : à sept mois du premier tour de l’élection présidentielle, le fond de l’air est très politique. A la première place, on trouve ainsi Sarah Knafo et Le Casse du siècle (Fayard) qui, avec ses 60 000 exemplaires en moins d’une semaine, réalise le meilleur démarrage depuis… Et la joie de vivre de Gisèle Pelicot. A la troisième place, coup de barre à gauche : Clémence Guetté confirme le succès de Pour une politique de l’amitié (La Découverte) où elle milite pour que de nouveaux droits soient accordés à nos proches avec lesquels nous n’avons pas de liens familiaux.
Entre les deux femmes politiques trentenaires, un historien octogénaire se pose en arbitre à la deuxième place : Jean-Christian Petitfils, auteur de La Révolution française (Perrin). Dans un entretien accordé récemment à L’Express, il comparait notre époque aux derniers feux du XVIIIe siècle : "On rencontre assurément la même incapacité de l’Etat à se réformer, les mêmes blocages institutionnels. On peut également dresser un parallèle climatique assez frappant : l’année 1788 a été marquée par des dérèglements dramatiques, une succession d’épisodes caniculaires, de sécheresses, d’orages de grêle, avant un hiver d’une rigueur extrême. En mai 1788, faute d’argent, le roi fut contraint de...
11/09 - Entre Marine Le Pen et Jordan Bardella, une rentrée sous tension : "Si ça commence comme ça, ça va être dur"L’amour dure trois ans. Au Rassemblement national, l’idylle entre Marine Le Pen et Jordan Bardella aura même tiré jusqu’à quatre. Depuis que la patronne du parti d’extrême droite a laissé les rênes à son poulain, lors du Congrès de novembre 2022, et jusqu’à ce qu’elle décide finalement de se porter candidate à l’Elysée, malgré une condamnation de la Cour d’appel (elle s'est pourvue en cassation), le 7 juillet dernier. Mauvais timing. A quelques mois de l’élection présidentielle, la fin de la lune de miel entre les deux vedettes frontistes n’a échappé à personne. "C’est vrai qu’en voyant ce début de campagne, on s’est dit 'put*** si ça commence comme ça, ça va être dur' ", lâche un député dépité par la piteuse rentrée du parti.
Discours contradictoires sur le voile, les retraites, l’Ukraine. Agendas dissociés, représentations déséquilibrées dans les médias, publications en cascade d’images de Jordan Bardella menant la grande vie aux côtés de sa princesse de compagne. "Elle est sur l’horaire d’Hénin-Beaumont, et lui sur celui de Monaco !", s’esclaffe le même élu. Les violons de la potentielle candidate et de son Premier ministre putatif sont soudain désaccordés. Et Marine Le Pen plus que jamais résolue à jouer sa propre partition. Reprise en main
Un après-midi rue Cortambert (XVIe arrondissement). Manettes à la main, une poignée de trentenaires se presse devant un écran, happés par les décors colorés et réalistes du dernier jeu vidéo en vogue. C’est l’heure de la pause...
11/09 - Sahara occidental : en Espagne, ce projet de loi qui risque d’attiser les tensions avec le MarocC'est une annonce qui promet déjà d'électriser un peu plus les relations entre l'Espagne et le Maroc. La chambre basse du Parlement espagnol a approuvé une loi accordant la citoyenneté à des dizaines de milliers de personnes nées au Sahara occidental, territoire disputé, qui était administré par l'Espagne jusqu'en 1976, et dont le Maroc revendique désormais la souveraineté.
Les personnes nées au Sahara occidental avant 1977 et leurs descendants "sont restés dans une situation d’incertitude juridique et politique" pendant des décennies, a déclaré au Financial Times un représentant de la coalition de gauche Sumar, qui a porté le texte, adopté jeudi par 168 voix contre 31, tandis que 145 députés se sont abstenus. "Reconnaître un droit"
Le projet de loi "cherche à reconnaître un droit qui leur a été retiré au cours du processus de décolonisation du Sahara, un processus qui reste inachevé", a déclaré le groupe politique Sumar, qui estime qu'environ 80 000 personnes pourraient bénéficier de cette mesure. Et d'ajouter : "L’Espagne a une dette historique envers le peuple sahraoui".
Si elle est confirmée par le Sénat, cette initiative risque d’ajouter une nouvelle source de tensions aux relations entre les deux pays, déjà mises à rude épreuve après l'arrivée de 70 000 migrants depuis le Maroc vers l’enclave espagnole de Ceuta. Samir Bennis, cofondateur de Morocco World News, un site d’information anglophone, a écrit sur X que cette loi constituerait "un affront majeur" pour le...
11/09 - Maroc, Arabie saoudite : le football féminin, symbole d’une émancipation mal comprise en OccidentLa Coupe d’Afrique des nations (CAN) féminine, organisée au Maroc et qui s’est terminée mi-août par la victoire du Cameroun, a été relativement peu commentée dans les pays occidentaux. Elle illustre pourtant bien les progrès significatifs du sport féminin arabe. Dans une compétition jusqu’alors trustée par les pays d’Afrique subsaharienne, trois équipes arabes (Algérie, Egypte, Maroc) étaient qualifiées pour la phase finale, le Maroc ayant atteint au minimum la demi-finale des trois dernières éditions.
Cette évolution est le fruit d’un développement stratégique du sport féminin que l’on a pu observer de façon inégale depuis la fin des années 1990 à la fois en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.
On distingue deux stratégies assez différentes. D’abord, celle que l’on peut qualifier de très rapide et pilotée par le pouvoir. L’exemple type est celui de l’Arabie saoudite qui, depuis les réformes menées par le prince héritier, a créé de toutes pièces des fédérations féminines dans tous les sports, formé des cadres féminines, des coaches, construit des équipements pour créer une féminisation "par la base" sous l’impulsion du Leaders Development Institute dépendant du ministère des Sports et dirigé depuis plusieurs années par Mezna Al Marzooqi, véritable architecte du sport féminin saoudien.
Le football, sport national, n’a pas échappé à cette féminisation express et de nombreuses jeunes femmes, véritables pionnières, sont désormais membres de clubs nouvellement créés,...
11/09 - Albert Einstein contre la machine : ce que l’IA ne sait toujours pas faireImaginez, dans un univers parallèle, un match entre Albert Einstein et l'intelligence artificielle. Qui l'emporterait entre le génie de la physique moderne et une machine révolutionnaire qui ne fonctionne pourtant qu'avec des 1 et des 0 ? Nombreux seraient tentés de répondre spontanément que le père de l'équation E=mc² n'aurait aucune chance. Sur bien des points, ils auraient raison. L'ordinateur résoudrait les problèmes posés à une vitesse folle, ne laissant même pas le temps à son adversaire d'ouvrir la bouche. Depuis ce jour historique du 11 mai 1997, lorsque le supercalculateur Deep Blue a battu le champion du monde d'échecs Garry Kasparov, l'humanité sait qu'elle ne rattrapera plus jamais sa création. Vingt-neuf ans plus tard, le programme d'IBM est rangé au rang des antiquités qu'on regarde avec amusement. L'heure est à l'IA, à la vitesse et aux annonces retentissantes. Au point que certains se demandent désormais jusqu'où ira cette course effrenée... Le 8 septembre, la start-up californienne OpenAI a annoncé qu'un de ses systèmes d'IA avait produit une solution au problème de "Navier-Stokes", qui décrit l’écoulement des fluides, de l’eau comme de l’air. Il s'agit d'un des "sept problèmes du millénaire" dont un seul, la conjecture de Poincaré, avait été résolu jusqu'ici. Ces affirmations sont tout de même sujettes à controverse, des mathématiciens (Buckmaster et Alpöge) en contestant la paternité.
L'IA, plus forte qu'Albert Einstein ? Revenons à notre affrontement...
11/09 - "Il n’est intimidé par rien ni personne…" : Valéry Giscard d’Estaing, la fabrique d’un destinCet article a été publié pour la première fois dans L'Express du 20 mai 1974
Valéry Giscard d'Estaing à l'Elysée. Qui en est vraiment étonné ? Qui est surpris ? Dans les palais ou dans les chaumières, voilà belle lurette que chacun en avait le sentiment : le jeune homme, devenu cet homme jeune, qu'ils regardent sur les écrans de télévision depuis seize ans, devait un jour être président de la République. Au-delà des affrontements de la droite et de la gauche, cette certitude a fait la victoire. Entre l'homme de 57 ans, qui lutte pied à pied depuis les lendemains de la guerre, et le ministre des Finances de 48 ans, à qui tout a été donné, entre François Mitterrand et Valéry Giscard d'Estaing, le signe du destin, le doigt des fées, l'évidence ont joué pour la mince victoire de M. Giscard d'Estaing.
De cette trajectoire fulgurante, aucun de ses proches n'a jamais véritablement douté. Ni sa mère, qui le promettait, dès sa naissance, à la plus haute destinée. Ni ses professeurs, comme le doux Paul Guth, qui n'était pas encore le "Naïf" lorsqu'il regardait, en classe, ce grand énergumène calé et insolent, se déplier lentement à son banc, répondre avec "un mélange d'ironie, de courtoisie, de savoir profond, de distinction supérieure". Ni François Mauriac, qui écrivait en 1968 : "Qu'il paraisse au petit écran dans un pull-over, ou qu'il renonce au pull-over, ou qu'il s'adresse au peuple, nous le voyons avec plaisir, sous notre nez, retoucher jour après jour le personnage du...
11/09 - L’Estonie, élève modèle : les quatre leçons d’une méthode académique qui devrait inspirer la FranceA la sortie du classement Pisa, le 8 septembre, toute l'Europe a grimacé devant son carnet de notes, établi par l'OCDE en évaluant les compétences 760 000 d'élèves de 15 ans dans le monde. Les Scandinaves : catastrophés par l'effondrement du niveau de lecture de leurs adolescents. Les Allemands : leurs élèves n'ont jamais été aussi mauvais en sciences comme en mathématiques. Les Français : sans commentaire.
Toute l'Europe ? Non. Un petit pays balte résiste encore et toujours au déclin académique : l'Estonie, 1,3 million d'habitants, se maintient au cœur du top 10 mondial scolaire dans toutes les matières. "Les Estoniens cherchent toujours à faire mieux, donc même quand des résultats extraordinaires sont publiés, nous n'avons pas le temps de nous féliciter et préférons réfléchir aux pistes d'amélioration, soulève Eve Eisenschmidt, spécialiste de l'éducation à l'Université de Tallinn. C'est peut-être un trait qui nous caractérise et qui explique nos bons résultats : tout le monde essaie de faire un peu mieux que la veille."
L'éducation semble couler dans les veines de l'Estonie. Le pays balte, toujours dans l'ombre menaçante de la Russie voisine, déjoue toutes les trajectoires scolaires : 6e mondial en sciences, 8e en mathématiques et en lecture ; premier pays européen sur tous les tableaux, à l'exception de la compréhension écrite (deuxième, devancé de peu par l'Irlande). Dès le 19e siècle, son taux d'alphabétisation était trois fois supérieur aux autres provinces de...
11/09 - Yémen : les Etats-Unis jouent les équilibristes face à la menace houthisteAlors que la situation s'envenime entre l'Arabie saoudite et les rebelles houthistes du Yémen, soutenus par l'Iran, et que ces derniers menacent de prendre le contrôle du détroit de Bab el-Mandeb, Riyad, qui en dépend fortement pour ses exportations pétrolières, multiplie les appels du pied à Washington. Rien que sur la journée de ce jeudi 10 septembre, Mohammed Ben Salmane a appelé Donald Trump à deux reprises pour le convaincre de lancer des frappes contre les houthistes, révèle le média américain Axios.
Peine perdue pour l'instant : le président américain a dit non au prince héritier saoudien, cherchant à éviter une action militaire directe, susceptible de faire des victimes côté américain, et préférant rester concentré sur le détroit d'Ormuz. De la même façon, les Etats-Unis ne contribuent pas non plus au ravitaillement en vol des avions de combat saoudiens ni à l'assistance opérationnelle, contrairement à ce qui s'est passé lors des précédents affrontements avec les houthistes, rapporte CNN. Auprès de la chaîne, un haut responsable américain a souligné qu'il existait au sein de l'armée une profonde méfiance à l'idée d'être trop étroitement associé à une campagne de frappes saoudiennes, surtout si l'une de ces frappes venait à faire des victimes civiles, comme par le passé.Partage de renseignements
Mais Washington n'en reste pas moins préoccupé par la situation et a même dépêché l'amiral Brad Cooper, commandant au sein du CENTCOM (Commandement central des...
11/09 - Diplomatie : pourquoi l’Algérie rompt ses relations avec les Emirats arabes unisC'est "l'une des ruptures les plus importantes de la diplomatie algérienne depuis celle avec le Maroc, en août 2021", observe le site d'information indépendant Twala. L'Algérie a annoncé ce jeudi 10 septembre mettre un terme à ses relations diplomatiques avec les Emirats arabes unis, dénonçant des actions "provocatrices et hostiles" de leur part, sans toutefois donner de raison précise ni étayer ses accusations. Les actions d'Abou Dhabi ne sont plus ni acceptables ni tolérables, a simplement déclaré le ministère algérien des Affaires étrangères, qui dit avoir "épuisé tous les recours pour préserver les relations bilatérales".
Peu après cette annonce brutale, Anwar Gargash, conseiller diplomatique du président des Emirats arabes unis, a déclaré sur X que les relations diplomatiques devaient être basées sur la "rationalité, la communication et la clarté des intérêts", plutôt que sur "des énigmes et des signaux qui demandent à être décodés". Anwar Gargash, qui n'a pas cité l'Algérie dans sa publication ni fait référence à l'annonce d'Alger, a ajouté que le succès de la diplomatie reposait sur des positions claires et sur une gestion efficace des intérêts et des divergences.
L'ambassadeur émirati a été convoqué par le ministre algérien des Affaires étrangères et informé de la décision, a précisé Alger, ajoutant qu'il lui avait été donné 48 heures pour coopérer. Dans un communiqué publié plus tard dans la journée, le ministère émirati des Affaires étrangères a dit espérer que...
11/09 - Foire aux vins : l’envol de Tour des TermesDepuis près de vingt ans la consommation de vin des Français ne cesse de baisser (- 28%) pour atteindre environ 35 litres par an et par personne. Les habitudes changent peu à peu : essor du marché de la bière, apparition des boissons sans alcool, succès croissant de la mixologie, etc. Et surtout, un véritable changement générationnel s’opère avec des 25-34 ans bien moins attachés aux codes traditionnels de l’œnologie.
Dans ce contexte, le rendez-vous automnal des foires aux vins devient incontournable pour l’ensemble de la filière : hypermarchés, supermarchés, cavistes traditionnels, producteurs (voir ci-dessous) et acteurs de l’e-commerce. Tous se mettent au diapason des opérations de rentrée avec des stratégies différentes. Cette concurrence se fait au bénéfice des consommateurs qui voient les offres se multiplier partout en France et sur tous les supports. Une occasion en or pour se constituer une cave à moindres coûts. L’Express vous aide à vous y retrouver dans cette jungle des étiquettes.
La tour du XVIIIe siècle, ancien moulin à vent, marque la "fin des terres" ("termes" en gascon). Elle se dresse au-dessus des marais de Saint-Estèphe, dans le Médoc, aux avant-postes de l’estuaire, puis de l’océan. Bientôt, une passerelle enjambera l’étang qui sépare le château Tour des Termes de son donjon, parmi les nombreuses nouveautés en cours au domaine racheté, en 2023, par la famille O’Connor. Des propriétaires irlandais spécialisés dans l'écologie
Le chai en...
11/09 - Social et libéral à la fois : comment le "modèle suédois" s’est réinventéAvec à sa tête Magdalena Andersson, une solide économiste qui a été ministre des Finances pendant sept ans, puis Première ministre de 2021 à 2022, la gauche suédoise pourrait revenir au pouvoir à Stockholm, la capitale nordique aux 14 îles – sans compter, bien sûr, les 30 000 autres îles, îlots et îlets de son archipel ouvert sur le large. Après quatre années dans l'opposition, le parti social-démocrate (Socialdemokraterna), qui a gouverné les trois quarts du temps depuis un siècle, arrivera certainement en tête aux élections générales du 13 septembre. Mais le Premier ministre de centre droit sortant, Ulf Kristersson, n'a pas dit son dernier mot. Et tout dépendra de la capacité des deux blocs, de droite et de gauche, à former une coalition dans ce pays de 10,6 millions d'âmes où huit partis se partagent la scène politique. Dans l'administration, un "choc de simplification"
Une seule certitude : celui ou celle qui dirigera la Suède le fera dans un pays en forme olympique. L'économie rebondit : l'année prochaine, la prévision de croissance est de +2,5 %. L'endettement public est très faible : 37 % du PIB, contre 115 % en France. Et le financement des retraites est à l'équilibre grâce à une dose de capitalisation (épargne individuelle) qui fait de chaque futur retraité un investisseur en bourse. Le climat des affaires ? "Il est résolument optimiste, tourné vers le futur et vers l'innovation", s'enthousiasme Audrey Lagerqvist, qui dirige Betao, une start-up française qui a...
11/09 - "Professeur Raoult vs. le gang des cerises", sur HBO : comment L’Express a participé à sa chuteFévrier 2020. Le Covid s’abat sur la planète, les hôpitaux déclarent des morts par centaines, les nations se calfeutrent et la psychose se propage. Alors que tout le monde cherche désespérément un remède, un certain Didier Raoult, alors considéré comme l’un des meilleurs scientifiques français, publie une vidéo fracassante intitulée "Coronavirus, fin de partie". Le médecin adulé à Marseille annonce tout bonnement la fin de la pandémie. Le virus - qui par ailleurs ne paraît pas bien dangereux pour ce chercheur que l’on comparait encore à Louis Pasteur - aurait rencontré bien plus fort que lui : l’hydroxychloroquine. Didier Raoult en est convaincu : la crise sanitaire ne durera que quelques semaines...
A l'époque, impossible de savoir que la prophétie s’avérera plus proche de l'astrologie que de la projection scientifique. Dans le doute, les médias embrayent, des politiciens jugent que le "druide" est malin et courageux, et, bientôt, les médecins du monde entier prescrivent ces pilules à qui le veut. Le professeur marseillais est au sommet de sa gloire. Ceux qui doutent n’ont pas voix au chapitre. Du moins, pour le moment.
Sur Twitter, quelques férus de sciences, des scientifiques, mais aussi des "civils" passent en revue les déclarations puis les études de l’idole du Covid-19. Chacun de leur côté, ils se rendent compte d’incohérences et d’entorses à la rigueur et à l’éthique scientifique. Les affirmations et les tests menés par le chantre marseillais ne reposent sur...
11/09 - Introduction en Bourse d’Anthropic : ce chiffre qui va déterminer l’avenir du secteur IACela fait quatre ans que les investisseurs avancent les yeux bandés sur une planche, encouragés par les folles promesses des entrepreneurs de l’IA. En septembre, ils vont enfin avoir certaines réponses à leurs questions. Pour la première fois, un pur laboratoire de modèle frontière, Anthropic, va dévoiler ses finances. Son prospectus S-1 devrait être publié par la SEC en septembre, l'introduction en Bourse étant prévue en octobre. La start-up fondée par Dario et Daniela Amodei pourrait dépasser le récent record de SpaceX si elle parvient à lever quelque 100 milliards de dollars sur une valorisation de 2 000 milliards de dollars, comme certains l'anticipent. "Anthropic, comme bien des entreprises financiarisées, est devenu maître dans l’art de se présenter sous un jour flatteur", observe, amusé, Julien Pillot, enseignant-chercheur en économie à l'Inseec.
L'argument massue du laboratoire : la croissance astronomique de son revenu annuel récurrent - ARR en anglais, l'indicateur clé de la tech qui comptabilise la valeur annualisée des abonnements. Salesforce a mis plus de deux décennies à franchir le seuil des 30 milliards de dollars, Anthropic l’a franchi en trois ans. Allègrement. En juillet, son ARR culmine même à 65 milliards. Il n'empêche : les investisseurs avisés ont hâte d'en savoir plus sur une autre ligne du bilan comptable, la marge brute. L’IA générative a beau être née dans la Silicon Valley, elle ne ressemble en rien aux logiciels qui y ont été créés ces vingt...
11/09 - Interdiction du voile : en Europe, des débats de plus en plus brûlantsLa proposition n'est pas nouvelle, mais elle marque la rentrée politique française. Fin août, Marine Le Pen a confirmé son souhait de soumettre au référendum l'interdiction du voile "islamique" dans l'espace public, en cas de victoire à la présidentielle. Cette mesure faisait déjà partie du programme de la candidate du Rassemblement national (RN) lors de ses trois campagnes précédentes mais, même au sein de son parti, la question ne fait pas l'unanimité.
Aucun de nos voisins européens n'est allé aussi loin, même si l'encadrement du port des signes religieux bouscule les sociétés européennes ces dernières années. Avec sa loi de 2004 sur l'interdiction des signes religieux à l'école, la France a été le pays pionnier en la matière et reste le plus strict. De même avec l'interdiction de la burqa, décidée par Paris en 2010, avant d'être imitée par la Belgique (2011), l'Autriche (2017) ou encore le Danemark (2018). Sur ces questions sensibles de laïcité, nos voisins avancent prudemment.Portugal : une "loi des burqas" approuvée cet été
Les médias portugais la surnomment "la loi des burqas". En août, le président socialiste Antonio José Seguro a promulgué un texte qui interdit la dissimulation du visage dans l'espace public et vise, dans la pratique, le voile intégral musulman. Cette loi, proposée par l'extrême droite au Parlement, a été soutenue par la droite et les libéraux mais combattue par la gauche, qui y voit un problème "marginal". Elle prévoit des amendes allant de 150...
11/09 - Général Baratz, commandant du combat futur : "Avec la robotisation, l’emploi de la force sera plus désinhibé"Une quinzaine de robots terrestres et une soixantaine de drones interconnectés pour mener des missions tactiques sur le front, à la place d'une compagnie de 150 soldats. Avec le projet Pendragon, lancé en mars 2025, l'armée de Terre a mis le cap sur la robotisation de ses forces, pour accompagner les missions les plus exposées et les plus dangereuses.
L'initiative pilotée par le Commandement pour le combat futur (CCF), que dirige le général Bruno Baratz, devrait voir le jour à l'été 2027. L'ancien chef de l'opération Barkhane au Sahel revient sur les leçons du conflit ukrainien et sur les réflexions menées au sein des armées pour anticiper les guerres de demain.
L'Express : L’irruption de drones et de robots terrestres sur le champ de bataille, notamment ukrainien, a considérablement transformé la guerre. Comment les armées françaises s’adaptent-elles à cette nouvelle donne ?
Général Bruno Baratz : Un travail de fond a été lancé au sein de l’armée de Terre pour mieux appréhender le combat de demain, et les nouvelles tactiques que ce dernier implique. L’ampleur de la révolution actuellement à l’œuvre est comparable à celle que l’on a connue pendant la Première Guerre mondiale, plus précisément dès 1917, avec l’arrivée de la mécanisation du champ de bataille, et l’essor des chars d’assaut. Nous sommes aujourd’hui à l’aube d’une révolution au niveau militaire, qui implique cette fois-ci le déploiement massif de l’intelligence artificielle, et donc de systèmes de collecte...
11/09 - Mario Monti, ex-Premier ministre italien : "Les Français ne sont pas assez conscients de la menace financière"L’Italie revient de loin. Comme la Grèce, l’Espagne ou le Portugal, le pays a été confronté à l'accès de défiance des marchés financiers et à la violence des mesures d’austérité prises dans l’urgence. Quinze ans plus tard, la roue a tourné. Le déficit public italien devrait passer sous les 3 % en 2026 et - le symbole est fort – la dette souveraine se négocie à un taux plus faible que celui de la France. Mario Monti a vécu la crise de près. Economiste, cet ancien commissaire européen avait été nommé Premier ministre en novembre 2011. Fort de l'expérience de cette période sous haute tension, il s’inquiète auprès de L'Express de voir que Paris ne prend pas la mesure de la situation.
L'Express : Remontons quinze ans en arrière, quand l’Italie a dû faire face à une envolée des taux d’intérêt. Comment la situation a-t-elle dérapé ?
Mario Monti : Début juillet 2011, je participais aux Rencontres économiques d’Aix-en-Provence. Ce jour-là, le spread italien, c’est-à-dire l’écart entre le taux d'intérêt de l’Italie et celui de l'Allemagne, était de plus ou moins 100 points de base, c'est-à-dire 1 %. Il s’est creusé rapidement, tout au long de l’été, jusqu’à atteindre 574 points de base le 9 novembre 2011. J'étais alors un économiste, un citoyen sans responsabilité publique, mais c'est ce jour-là que Silvio Berlusconi, alors Premier ministre, a mesuré toute la difficulté de faire face aux attentes de plus en plus négatives des marchés. D'autant plus qu’il avait pris des engagements...
10/09 - "Le recul français en matière de recherche n’a pas d’équivalent" : le constat alarmant de la présidente du HcéresJamais la photographie de l'état de la recherche française n'a été aussi claire. L'Observatoire des sciences et techniques, rattaché au Haut conseil de l'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur (Hcéres), a publié récemment une étude complète et originale sur l'évolution de notre position dans le paysage de la science mondiale. Le constat, très documenté, avec des indicateurs inédits, montre à quel point la science hexagonale a perdu de l'influence au niveau international. Coralie Chevallier, la présidente du Hcéres, livre en exclusivité pour L'Express son analyse sur les causes de ce décrochage alarmant - qui ne tiennent pas uniquement à l'insuffisance des financements. Entretien.
L'Express : Le constat du décrochage de la recherche française est fait depuis longtemps. Qu’apporte cette nouvelle étude ?
Coralie Chevallier : L’Observatoire des sciences et techniques du Hcéres, avec son directeur Nicolas Carayol, a développé un indicateur d’audience scientifique original, pour essayer de se rapprocher le plus possible de la perception qu’ont les chercheurs eux-mêmes de l’importance des travaux conduits dans les différents pays. Autrement dit, quand ils travaillent dans leurs laboratoires, qu’ils s’appuient sur le travail d’autres chercheurs dans le monde et citent leurs publications, à quelles études se réfèrent-ils ? Cette audience est calculée à partir de la part des citations, au sein de la communauté scientifique mondiale, des publications produites...
10/09 - "Il n’existe pas de thérapie pour une société" : Jeffrey Alexander (Yale) décrypte le traumatisme du 11 SeptembreLe paradoxe est cruel. Alors que près de 30 % des Américains sont nés après les attentats du 11 Septembre, le souvenir de cette journée qui a frappé de plein fouet les Etats-Unis s'éloigne. Pourtant, le pays continue de vivre dans le monde que ces attaques ont contribué à façonner : sécurité intérieure, surveillance, lutte antiterroriste, guerres au Moyen-Orient, bouleversements de la politique étrangère, etc. Il y a vingt-cinq ans, les Américains donnaient au monde une leçon de résilience et d’unité. Le Monde titrait alors : Nous sommes tous Américains. Aujourd’hui, les Etats-Unis apparaissent profondément divisés sur le plan intérieur et davantage isolés sur la scène internationale.
Que reste-t-il de cet héritage et de la mémoire des 2 977 personnes tuées ce jour-là ? Une société peut-elle réellement surmonter un tel traumatisme ? Pour Jeffrey C. Alexander, sociologue américain et professeur émérite à Yale, spécialiste des traumatismes collectifs, les fractures actuelles des Etats-Unis s’expliquent en partie par le sentiment de vulnérabilité installé par le 11 Septembre, puis aggravé par les guerres et les désillusions qui ont suivi. Un traumatisme dont les répercussions, explique-t-il à L'Express, se font encore sentir jusque dans l’Amérique de Donald Trump. Mais le coauteur de Cultural Trauma and Collective Identity (University of California, Press, 2004) en est persuadé : sous les fractures subsisterait encore un "réservoir de solidarité" capable, un jour, de...
10/09 - "Netanyahou a une grande responsabilité dans le 7 Octobre" : le regard d’un ex-cadre du renseignement militaire israélienL’article a eu l’effet d’une bombe en Israël à moins de cinquante jours d'élections législatives déjà annoncées comme les plus tendues de l'histoire du pays. Le 8 septembre, le quotidien Haaretz a publié une enquête sur la base du livre à paraître des journalistes Shlomi Eldar et Ruth Yuval : Hostages : 843 Days of Abandonment (Kinneret Zmora Publishing, en hébreu). Le contenu est potentiellement explosif pour Benyamin Netanyahou : quelques jours avant le 7 Octobre, le président émirati Mohammed ben Zayed aurait appelé, depuis son palais présidentiel, le Premier ministre israélien sur une ligne sécurisée et l'aurait mis en garde.
La teneur de son message : le chef du Hamas à Gaza, Yahya Sinouar préparerait une opération d'une ampleur inédite, capable de déstabiliser toute la région et de faire voler en éclats les accords d'Abraham. Netanyahou aurait réagi avec un calme déconcertant, assurant que la menace venait surtout de Cisjordanie, pas de Gaza, et que l'armée israélienne était prête à tous les scénarios. Haaretz affirme par ailleurs que "Bibi" n'aurait jamais parlé de cet appel à ses chefs du renseignement et de l'armée. Ni le patron du Shin Bet (sécurité intérieure) Ronen Bar, ni le chef d'état-major Herzl Halevi n'ont été mis au courant.
Benyamin Netanyahou a démenti ces accusations. De son côté, le bureau du président émirati n'a pas répondu aux sollicitations mais n'a pas nié ces informations, bien que l'entourage de Netanyahou l'y ait, selon plusieurs médias...
10/09 - Ces ministres contre la baisse de leur salaire, Jordan Bardella pense aux Alpes-MaritimesLe grand rendez-vous de la présidentielle approche, chaque semaine apparaît un nouveau prétendant. Autant dire que la vie politique entre dans une nouvelle phase, ô combien palpitante…Emmanuel Macron, président pressé
Il y a peut-être du retard à l’allumage (le dossier de sécurité indispensable au feu vert de l'Etat a été transmis avec des pièces manquantes), il n’empêche : quelqu’un s’impatiente. L’inauguration de la ligne 18 du métro francilien, qui reliera en 30 minutes 10 nouvelles gares de l’aéroport de Paris - Orly à Versailles et desservira le plateau de Saclay, doit être inauguré avant la fin de l’année. "Emmanuel Macron sait rappeler que c’est un chantier présidentiel", sourit un élu. Le président quittera l’Elysée au printemps 2027…Edouard Philippe, "le c… entre deux chaises"
Rompre, d’accord, mais jusqu’à quel point ? On a bien compris, à commencer par les intéressés, que les anciens Premiers ministres d’Emmanuel Macron ne devaient pas précisément incarner la continuité de cette présidence s’ils voulaient avoir une chance d’être entendus dans la campagne. Sauf que… "Edouard Philippe a aujourd’hui plus d’électeurs macronistes que Gabriel Attal dans les intentions de vote", souligne un proche du maire du Havre. Qui ajoute : "Il a donc un peu le cul entre deux chaises."Touche pas à ma paie !
Il y a plus difficile que trouver une aiguille dans une meule de foin : trouver un ministre favorable à la mesure évoquée par Sébastien Lecornu de baisser le salaire des...
10/09 - Guerre en Ukraine : le mystérieux trou de 27 milliards de dollars qui interroge les EuropéensL’Ukraine a besoin de 27 milliards de dollars supplémentaires pour boucler son budget de défense en 2026, a annoncé Volodymyr Zelensky à des dirigeants européens le 24 août à Kiev. Une demande qui semble surprendre au sein de l’UE, alors qu’a été finalisé en avril un prêt de plus de 100 milliards de dollars à l’Ukraine, prévu pour être versé à parts égales en 2026 et 2027. Selon quatre diplomates européens cités par le New York Times, les responsables de l'UE cherchent désormais à déterminer l’origine exacte de ce déficit et à vérifier l’ampleur des besoins.Doutes sur l'efficacité de la gestion des dépenses
Car l’origine du trou budgétaire semble être disputée et alimenter aussi des doutes sur la gestion des fonds ukrainiens. Les sources du quotidien américain indiquent ainsi que des interrogations émergent en privé quant à l’efficacité des dépenses de Kiev, et que certains membres se demandent si les besoins annoncés ne sont pas surestimés.
Toujours selon le NYT, le dirigeant ukrainien a expliqué lors de cette réunion qu’une partie des dépenses avait été engagée sous l’ancien ministre de la Défense Mykhailo Fedorov, récemment limogé. Une version contestée par l’intéressé, qui affirme qu’un déficit aussi important n’existait pas durant son mandat. Kiev n’a pas encore publié le détail complet des besoins qui engendrent cette nouvelle facture, mais a indiqué qu’ils comprennent entre autres les armes, les salaires des soldats et les aides aux familles des militaires...
10/09 - Yémen : les houthistes avancent vers le stratégique détroit de Bab el-MandebLes houthistes, mouvement soutenu par l'Iran contrôlant une partie du Yémen, se sont emparés jeudi 10 setembre de la ville yéménite historique de Mokha, sur la mer Rouge, ont indiqué à Reuters quatre sources militaires du gouvernement yéménite. Avec cette conquête, ils se rapprochent un peu plus du contrôle du détroit de Bab el-Mandeb, l'un des axes maritimes les plus stratégiques au monde.
Après avoir perdu Mokha, les forces gouvernementales et leurs alliés ont trouvé refuge dans la ville de Dubab, plus au sud, qui donne directement sur le détroit. Selon elles, les houthistes lancent actuellement des attaques sur les îles Hanish, archipel situé en mer Rouge, au nord du détroit. S'ils venaient à prendre possession de ces îles ainsi que de la ville de Dubab, ils pourraient alors s'emparer du détroit de Bab el-Mandeb. L'enjeu du détroit Bab el-Mandeb
Les houthistes contrôlent les zones les plus peuplées du Yémen et une grande partie du nord du pays dont la capitale Sanaa. Après avoir annoncé au mois de juillet un blocus des ports saoudiens, ils ont aussi lancé plusieurs attaques contre l'Arabie saoudite et en mer Rouge. Ce conflit s'est intensifié ces derniers jours, créant un second théâtre d'opérations dans la guerre en Iran, ce qui pèse encore plus sur les approvisionnements énergétiques, déjà perturbés par la fermeture du détroit d'Ormuz.
En 2014, les houthistes se sont emparés de la capitale yéménite Sanaa, forçant le gouvernement à se réfugier vers le sud du pays et...
10/09 - Une cible en Arctique russe : l’Ukraine a lancé sa frappe la plus lointaine depuis le début de la guerreC'est la frappe la plus profonde de l'armée de Volodymyr Zelensky depuis le début de la guerre. L’Ukraine a frappé mercredi 9 septembre deux installations gazières dans l’Arctique russe, à plus de 3 000 kilomètres de la frontière russo-ukrainienne, ont annoncé ses forces spéciales.
"Devinez qui vient de parcourir plus de 3 300 km et a atteint sa cible avec succès ?", a dans la foulée écrit sur ses réseaux l'entreprise ukrainienne Fire Point, qui fabrique notamment le missile de croisière Flamingo, revendiquant la frappe. Dévoilé il y a pile un an, celui-ci est présenté par Kiev comme son missile à longue portée le plus performant. L'entreprise a toutefois précisé avoir utilisé un drone longue portée FP-1 pour cette attaque.
L'armée ukrainienne mène depuis plusieurs mois une campagne de frappes en profondeur contre les infrastructures énergétiques russes : elle avait notamment atteint une raffinerie à Omsk, à près de 2 500 km de sa frontière, le 6 juillet, puis des raffineries de la région de Perm, à plus de 1 500 km, le 7 septembre.Un coup porté au cœur du gaz russe
Le président ukrainien a salué l'impact de cette frappe record sur l'économie russe, affirmant qu'il était "important de répondre à la guerre russe de telle sorte que l'ennemi le ressente". Les deux infrastructures ciblées, situées dans la région de Iamalo-Nénétsie, dans le nord-ouest de la Sibérie, sont au cœur de la production gazière russe : environ 80 % du gaz naturel du pays y est extrait, selon...
10/09 - Derrière Mistral, la montée en puissance d’EQT, nouvel argentier préféré de la tech européenneNaturellement, Samsung a eu tous les honneurs. Si le montant de sa participation demeure confidentiel, le Sud-coréen est le premier investisseur de la dernière levée record du champion tricolore Mistral AI, trois milliards d'euros, dévoilée mardi 8 septembre. Au-delà des intérêts financiers, le rapprochement est celui de deux Etats, la France et la Corée du Sud, en quête d'une troisième voie dans l'intelligence artificielle, un secteur dominé par les Etats-Unis et la Chine. Un symbole majeur, qui a masqué un autre acteur clef de l'opération : EQT.
La société de capital-investissement (private equity) suédoise gère le nouveau "Scaleup Europe Fund". Cette initiative de l'Union européenne cible les entreprises technologiques du continent — IA, quantique, robotique, défense... — parvenues à un stade de développement où il faut voir plus grand. Souvent, grâce à un chèque supérieur à 100 millions d'euros, plafond de verre bien connu des entrepreneurs européens. A cause de ce manque de financement, "l'Europe produit autant de start-up que les Etats-Unis, mais 80 % moins de scale-ups et 85 % moins de licornes", souligne une note de l'Institut Jacques Delors publiée cette année. Restait le recours aux fonds américains, pour les meilleures. Mais Donald Trump l'a quelque peu chamboulé. Par souci de souveraineté, nombre de jeunes pousses du continent préfèrent désormais l'argent européen.
Comme celui d’EQT. Dans le deal Mistral, le groupe suédois, à l’aide du "Scaleup Fund", se...
10/09 - Ni en emploi ni en formation : les pistes de Nathalie Chusseau pour endiguer la vague des "NEETs"Ils ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation. On les désigne communément par l'acronyme de "NEET" pour Neither in Employment nor in Education or Training. Fin 2025, la part de ces jeunes parmi les 15 à 29 ans s'élevait à 12,9 % en France, au-dessus de la moyenne européenne, de 11%. Notre pays compte ainsi 1,55 million de jeunes NEETs, dont 1 million de jeunes décrocheurs (470 000 jeunes de 18 à 24 ans selon la DEPP et 650 000 jeunes de 25 à 29 ans) qui ont quitté le système de formation initiale sans le baccalauréat ou sans un diplôme professionnel. Cela correspond à plus d’un jeune sur 8, et près d’1 jeune sur 3 dans les quartiers prioritaires de la ville - 29 % selon l’Anact et l’Insee. Si la part de ces jeunes à l’écart du marché du travail a baissé en dix ans - hors période Covid - jusqu’à atteindre son point le plus bas à 11,8 % fin 2022, ce n'est plus le cas depuis.
Une étude de l’Insee (2025) qui a suivi les parcours des jeunes depuis leur entrée en sixième en 2007, et jusqu'en 2023, a montré "qu’un jeune sur quatre (23 %) s'est retrouvé en situation de NEET, en alternance avec des épisodes d'emploi ou de façon prolongée. Il s'agit essentiellement de jeunes ayant fait des études courtes". 15 % des jeunes entrés en sixième en 2007 ont fait des allers-retours entre situations d'emploi et de NEET jusqu'en 2023, et 8 % d’entre eux sont restés NEET sur quasiment toute la période.
Selon l’Insee (2021), 45 % des NEETs sont au chômage, ce qui correspond à 5,8 %...
10/09 - La guerre en Iran jusqu’en 2029 ? Ce scénario que redoutent certains proches de Donald TrumpLa guerre ne devait initialement durer que "quatre à cinq semaines". Plus de six mois après le déclenchement de leur offensive en Iran, le 28 février dernier, les Etats-Unis sont pourtant toujours aux prises avec une République islamique plus résistante que prévu. Et la paix ne semble pas près d'être signée, alors que les frappes ont repris ces derniers jours après une accalmie durant l’été.
De hauts conseillers de la Maison-Blanche, dont le vice-président J.D. Vance et le secrétaire d'Etat Marco Rubio, ont même averti Donald Trump que le conflit pourrait se prolonger jusqu'à la fin de son mandat, a rapporté ce mercredi 9 septembre le Wall Street Journal, citant des responsables américains. Lors de discussions privées dans le bureau Ovale et la "Situation Room", salle de crise de la Maison-Blanche, ces conseillers ont prévenu le président que Téhéran pourrait continuer à résister à la pression américaine, ce qui risquerait de prolonger le conflit au-delà de janvier 2029 - mois de l'investiture du successeur de Donald Trump, qui ne peut pas prétendre à un troisième mandat.
"Un conflit qui durerait des années mettrait à rude épreuve les ressources militaires et risquerait de perturber durablement les marchés pétroliers mondiaux, en pleine élection présidentielle américaine de 2028", souligne le WSJ, qui rappelle que J.D. Vance et Marco Rubio, justement, sont tous deux considérés comme des candidats potentiels à la présidence, bien qu'aucun des deux n'ait encore fait...
10/09 - Elections de mi-mandat : Donald Trump se place au centre du scrutin, au risque de nuire à son partiDonald Trump a donné à la campagne républicaine des midterms des airs de marché électoral, ce mercredi 9 septembre lors d'une convention du parti à Dallas, au Texas. Le président multimilliardaire a promis aux électeurs un cadeau provoquant : un "dividende Trump" de 5 000 dollars "pour chaque adulte américain", si les républicains gagnent en novembre les élections de mi-mandat, cruciales pour le parti.
Une promesse qui, avec quelque 270 millions d'adultes aux Etats-Unis, coûterait environ 1 350 milliards de dollars à la Maison-Blanche, selon les calculs de Reuters. A l'occasion d'une convention républicaine organisée à son initiative, l'ex-magnat de l'immobilier a surtout passé près de deux heures à vanter son bilan, affirmant avoir mené à bien "les deux meilleures années de l'histoire de la présidence" américaine.
Les élections de mi-mandat détermineront si les républicains conservent le contrôle des deux chambres du Congrès, qu'ils détiennent actuellement, avec une majorité particulièrement étroite à la Chambre des représentants. Pour Donald Trump, l'enjeu est majeur : perdre l'une des deux chambres compliquerait considérablement la mise en œuvre de son programme. Or les sondages et les prévisions électorales se dégradent pour les républicains, dans un contexte de mécontentement croissant autour du coût de la vie et de la guerre en Iran. D'après la dernière enquête Reuters/ Ipsos, 33% seulement des électeurs inscrits, soit cinq points de moins qu'en juillet, sont...
10/09 - Foires aux vins : qui va gagner la guerre des rayons ?Depuis près de vingt ans la consommation de vin des Français ne cesse de baisser (- 28 %) pour atteindre environ 35 litres par an et par personne. Les habitudes changent peu à peu : essor du marché de la bière, apparition des boissons sans alcool, succès croissant de la mixologie, etc. Et surtout, un véritable changement générationnel s’opère avec des 25-34 ans bien moins attachés aux codes traditionnels de l’œnologie.
Dans ce contexte, le rendez-vous automnal des foires aux vins devient incontournable pour l’ensemble de la filière : hypermarchés, supermarchés, cavistes traditionnels, producteurs et acteurs de l’e-commerce. Tous se mettent au diapason des opérations de rentrée avec des stratégies différentes (voir ci-dessous). Cette concurrence se fait au bénéfice des consommateurs qui voient les offres se multiplier partout en France et sur tous les supports. Une occasion en or pour se constituer une cave à moindres coûts. L’Express vous aide à vous y retrouver dans cette jungle des étiquettes.
Chaque rentrée, le même ballet recommence. Des centaines de références arrivent en rayons, les catalogues épaississent, les sites Internet changent de visage et les cavistes installent leurs sélections dans leurs vitrines. Mais derrière ce rituel se joue une bataille plus stratégique : celle de la captation d’un marché en pleine mutation.
Car la foire aux vins demeure un poids lourd. En 2024, les opérations d’automne de la grande distribution ont généré 1,08 milliard d’euros...
10/09 - "Il n’échappe pas aux stéréotypes" : pourquoi votre prénom peut peser sur votre carrièreJoan Crawford, Whoopi Goldberg, Ben Kingsley et Jamie Foxx auraient-ils un jour remporté un Oscar s’ils avaient continué à se faire appeler Lucille Fay LeSueur, Caryn Elaine Johnson, Krishna Bhanji et Eric Marlon Bishop ? Nul doute que leur talent aurait pesé, mais peut-être leur prénom ou leur nom, facteurs en apparence anecdotiques, auraient-ils pu compliquer leurs chances de réussir à Hollywood. "Dès que j’ai changé de nom, j’ai obtenu des rôles", racontait Ben Kingsley au Radio Times en 2016. Un prénom ou un nom ne fait ni ne défait une carrière mais, comme le suggère la littérature scientifique, il peut parfois jouer un rôle insoupçonné. En matière de recrutement, mais pas seulement.
Premier cas, malheureusement tombé dans le domaine de l’évidence : la discrimination du fait des origines. Dans une étude publiée en 2004 dans l’American Economic Review, les professeurs Marianne Bertrand et Sendhil Mullainathan, ont envoyé des CV fictifs comparables en réponse à des offres d'emploi à Boston et Chicago, dans différents secteurs d’activité. Les CV portant des prénoms perçus comme blancs, tels qu’Emily ou Greg, recevaient 50 % de rappels supplémentaires pour un entretien que ceux mentionnant des prénoms à consonance afro-américaine, tels que Lakisha ou Jamal. Plus cocasse, relèvent les deux auteurs : "Les entreprises ayant des contrats avec le gouvernement fédéral ainsi que celles qui indiquent dans leur annonce être des employeurs garantissant l’égalité des chances...
10/09 - En Europe, ces partis modérés qui résistent à la poussée populisteLa modération ne paie plus guère en politique. Cet été, un cap a été franchi dans la discrétion : si des élections européennes avaient lieu aujourd’hui, les partis traditionnels perdraient la majorité qu’ils forment ensemble au Parlement européen, pour la première fois depuis qu'il a commencé à être élu au suffrage universel direct, en 1979. Selon une projection en sièges à partir des intentions de vote nationales publiée par le média bruxellois politico.eu, les conservateurs céderaient 20 sièges par rapport aux élections de 2024, les sociaux-démocrates 17 et les libéraux 14. Les Verts, fréquents appoints aux majorités à Strasbourg, reculeraient eux aussi. Les forces extrémistes de droite et de gauche, en revanche, progresseraient. Ces projections, c’est la loi du genre, disent plus sur les rapports de force du moment que sur le résultat du prochain scrutin européen, prévu dans trois ans. Il n’empêche : l’érosion des partis modérés de droite, du centre et de gauche est une réalité de long terme dans tous les pays de l’Union européenne. La France et l’Allemagne éprouvent les plus fortes turbulences mais elles sont loin d’être les seules à souffrir.Les bonnes recettes des partis scandinaves
Pourtant, quelques partis traditionnels arrivent à limiter les dégâts, voire à conserver une position prépondérante dans leur écosystème politique. On peut citer, par exemple, le Parti social-démocrate de Suède et son parti frère au Danemark ; près d’un siècle après avoir commencé à...
10/09 - "On veut mettre le singe sur l’épaule des autres" : ni Attal ni Philippe ne veulent porter le poids de la divisionSon idée a été balayée. Qu'importe, c’était anticipé. Sans surprise, l'invitation lancée ce mardi 8 septembre par Edouard Philippe à ses rivaux Gabriel Attal et Bruno Retailleau pour discuter de leurs "convergences" en vue de 2027 a reçu un accueil glacial. "C'est une réunion pour les macronistes entre les macronistes", a jugé au micro de CNews le candidat LR à l'élection présidentielle. "De la tambouille politicienne", a ajouté en écho le prétendant Renaissance sur Franceinfo.
Edouard Philippe n'a pas lancé cette invitation avec l'espoir de grandes retrouvailles. A huit mois de l'élection présidentielle, le maire du Havre cherche à se poser en grand rassembleur de la "droite et du centre". A lui, le privilège de réunir ses rivaux et de définir le périmètre de futures alliances. A eux, le cruel dilemme : se soumettre à l'ancien Premier ministre ou apparaître comme des agents de division. "Je suis pour l'instant le mieux placé dans les sondages, assurait-il mardi à la presse. C'est à moi qu'il revient de prendre ma responsabilité, de dire rencontrons-nous et parlons-nous." Le voici grand seigneur, faisant rimer son intérêt politique et celui de la France. "Ceux qui essaient de trouver des solutions sont valorisés, note un proche du Havrais. On cherche à mettre le singe sur l’épaule des autres." Deux visions du rassemblement
Gabriel Attal et Edouard Philippe promettent tous deux un grand rassemblement à l'issue de leur primaire sauvage. Aucun candidat ne souhaite porter...
10/09 - "Ils sentent les choses avant les autres" : les auteurs et scénaristes scandinaves avaient tout prévuInventé en 1930, le "modèle suédois", appelé localement folkhemmet (la maison du peuple), continue de fasciner, un siècle plus tard. Mais avant d'exister dans les faits, cette société où l'Etat providence prend en charge le bien-être de chacun a d'abord existé comme un idéal. "L'idée que le Nord est notre avenir est une idée ancienne, dont le mythe remonte à la 'théorie du climat' de Montesquieu", estime le scandinaviste Sylvain Briens, coauteur de Poétocratie, où les auteurs démontrent que la littérature nordique est prédictive des évolutions sociales en Suède.
A la fin du XIXe siècle, en pleine révolution industrielle, le dramaturge suédois August Strindberg parle par exemple du risque d'épuisement des ressources et l'intérêt des énergies renouvelables comme le soleil. Or les gouvernements suédois sont pionniers en matière d'écologie. Dans Un ennemi du peuple, où est aussi abordé le thème de l'égalité homme-femme, son confrère norvégien Henrik Ibsen évoque, lui, une notion proche de celle de "maison du peuple" (folkhemmet) et préfigure l'organisation sociale à venir.
De son côté, Pär Lagerkvist, futur Prix Nobel de littérature, publie Le Bourreau en 1932 : l'ouvrage est prémonitoire de la montée du nazisme et la lâcheté collective. En 1972, dans l'un de leurs thrillers, Maj Sjöwall et Per Wahlöö annoncent l'assassinat d'un Premier ministre : Olof Palme sera abattu dans une rue de Stockholm en 1986, traumatisant le pays. Ensuite, de Henning Mankel (Wallander) à Stieg...
10/09 - Michel Duclos, diplomate : "La France doit être prête à gérer la rupture si les Algériens nous y amènent"Ancien ambassadeur, Michel Duclos est conseiller spécial géopolitique et diplomatie à l’Institut Montaigne, un centre de réflexion d'orientation libérale. Pour L'Express, il révèle en avant-première le contenu d'une note qu'il a rédigée sur les relations franco-algérienne, intitulée "France-Algérie, sortir de l’émotion : trois scénarios à l'étude". S'appuyant sur des données factuelles, il explique pourquoi l'Algérie occupe une telle place dans la politique française. Et avance des solutions pour dépassionner le débat et sortir de l'impasse.
L'ex-diplomate prône une sortie de l'accord franco-algérien de 1968 - qui régit, de façon dérogatoire au droit commun des étrangers, la circulation, l'emploi et le séjour des ressortissants algériens et de leurs familles en France - tout en préservant des canaux de communication. En ce début de campagne présidentielle, il alerte sur les risques d'une rupture escalatoire, mais estime que la France doit s'y préparer. A ses yeux, la politique mémorielle d'Emmanuel Macron a été un "échec" et la période de réchauffement actuelle, après une crise aiguë, n'est probablement que provisoire. Entretien.
L'Express : Pourquoi l'Algérie, un pays de 47 millions d'habitants, pèse-t-il autant sur notre débat intérieur, et cette attention existe-t-elle autant côté algérien ?
Michel Duclos : En travaillant sur cette question, j’ai essayé d’éviter de faire la psychanalyse de la relation bilatérale, pour m’en tenir à des données factuelles. Mais on ne...
09/09 - "Rien n’est plus intense que certains silences" : nos politiques parlent-ils trop ?Le "Prince" s’écoute-t-il parler ? Pourquoi Emmanuel Macron a-t-il besoin de quinze ou vingt minutes pour présenter ses vœux aux Français alors que son lointain prédécesseur, Georges Pompidou, en décembre 1970, n’accaparait qu’à peine quatre minutes de notre temps ? C’est l’une des interrogations que soulève Astrid Roucher, dans La Plume et le Prince (Albin Michel), un livre inclassable, parfois piquant, souvent drôle et décalé. Durant cinq ans, la jeune plume - elle n’avait que vingt-quatre ans en arrivant à l’Élysée - a observé une tendance à "surdoser les mots pour être bien sûr qu’il en reste quelque chose, face à une génération qui comble par la masse la peur du vide." Le livre, ponctué d’aquarelles dessinées par l’auteure, illustre la place prépondérante que les discours ont pris dans le décennat d’Emmanuel Macron. Il y a les passages obligés - le 14 juillet, par exemple -, et les décorations, les panthéonisations, les interviews télévisées… Mais que valent tous ces mots ? "Rien n’est plus intense que certains silences", relève Astrid Roucher, confessant qu’il lui est arrivé de se demander à quoi servait sa plume.
Ce qui s’applique au président vaut également pour ceux qui espèrent le remplacer l’année prochaine. Combien de candidats à l’élection présidentielle ont-ils l’impression de "parler pour ne rien dire", pour reprendre la formule du sketch de Raymond Devos ? Que retient-on, dans cette drôle de campagne à contretemps ? Certains candidats sont déjà pied au...
09/09 - "A 8h46, j’ai vu un avion viser la tour nord" : le 11 Septembre raconté par Joseph W. Pfeifer, le premier chef des pompiers sur placeLe 11 Septembre a précipité l’Amérique dans l’inconnu et projeté Joseph W. Pfeifer dans le chaos. Témoin de l’impact du Boeing 767 du vol American Airlines 11 sur la tour nord du World Trade Center alors qu’il intervenait sur une suspicion de fuite de gaz à Manhattan, le tout premier chef des pompiers à arriver sur les lieux des attentats est une légende aux Etats-Unis. Il a pris la tête des secours, sauvant des milliers de vies au péril de la sienne. La voix de ce septuagénaire résonne aujourd'hui aux Nations unies et dans les grandes universités, incarnation de la résilience face à l'acte de terrorisme le plus meurtrier de l’histoire moderne (2 977 morts). L’ancien chef de bataillon du Fire Departement of New York (FDNY), devenu l’un des architectes de l’adaptation de son pays aux nouvelles menaces terroristes et une référence mondiale dans la gestion de crise, livre son témoignage à L’Express à l’occasion du 25e anniversaire du 11 Septembre.
L'Express : A quel moment avez-vous compris que l’Amérique était visée par une attaque terroriste ?
Joseph W. Pfeifer : A 8 h 46, j’ai vu le premier avion viser la tour nord et s’y écraser. À cet instant, j’ai su qu’il ne s’agissait pas d’un accident. C’était une attaque terroriste. Dans la minute qui a suivi, j’ai dit à l’opérateur du service d’incendie : "On aurait dit que l’avion visait le bâtiment."
Vous avez installé alors le poste de commandement de crise dans le hall de la tour nord, quelle était la situation ?
Il y avait...
09/09 - "On se dirige vers un séisme" : Marine Le Pen - Jean-Luc Mélenchon, le scénario qui inquiète les députés européensPour ne pas songer au futur, sondons le passé. Ce mercredi 9 septembre, les 78 eurodéputés Renew, réunis dans la salle des fêtes de l’Elysée, interrogent un oracle impuissant. "Comment unir l’Europe ?", demande à Emmanuel Macron la Danoise Sigrid Friis. "Êtes-vous prêt à la repenser complètement ?", abonde le belge Yvan Verougstraete, qui désespère de la voir "crever à petit feu." Savent-ils qu’ils demandent l’impossible à un président sans majorité, au crépuscule de son décennat ? Oui, sans doute, mais il faut bien espérer. La salle des fêtes masque la gueule de bois. Mai 2017 et la lente marche d’Emmanuel Macron sur l’Hymne à la joie, au Louvre, paraissent bien loin." On sera peut-être face au dernier président pro-européen”, anticipait, avant la réunion, un eurodéputé convié. "La perspective d’un duel RN-LFI les tétanise", confie-t-on au Château, où l’on se veut rassurant. Avant l’été, un eurodéputé écologiste avait partagé ses inquiétudes avec un conseiller élyséen. "L’élection est encore loin. Vous verrez, quand les Français prendront conscience que le président qu’ils éliront aura la main sur le bouton nucléaire, ils changeront d’avis", lui avait-on répondu. Il attend toujours de voir.
Vous avez dit "modéré" ? Au Parlement européen, on n’en connaît qu’un. "Macron, c’est le strong believer qui n’a pas été remplacé", résume en bon français Nathalie Loiseau. Ne vous aventurez pas à parler à un Irlandais ou à un Suédois de Gabriel Attal ou d’Edouard Philippe. "Dans...
09/09 - Kristina Kallas, ministre de l’Education en Estonie : "Chez nous, la société est toujours du côté des enseignants"Tous les trois ans, à la publication du classement Pisa, les regards des Européens se tournent vers l'Estonie. Ce pays balte de 1,3 million d'habitants, indépendant depuis moins de quarante ans et toujours dans l'ombre de l'inquiétante Russie voisine, se hisse à chaque fois tout en haut du classement des meilleurs systèmes éducatifs mondiaux. Des résultats qui contrastent avec la dégringolade inquiétante de la France.
Cette année ne fait pas exception : l'Estonie se classe dans le top 10 mondial en sciences (6ème), mathématiques (8ème) et lecture (8ème). Un moment de fierté pour sa ministre de l'Education, Kristina Kallas, qui a accordé sa première réaction à L'Express et nous livre les raisons derrière cette incroyable réussite éducative, forcément inspirante.
L'Express : Les résultats Pisa viennent de tomber, l'Estonie se classe une nouvelle fois dans le top 10 mondial dans tous les domaines et numéro un en Europe. Est-ce un moment de fierté pour l'éducation estonienne, ou voyez-vous d'abord le travail qu'il reste à accomplir ?
Kristina Kallas : C'est un jour de fierté, absolument ! Notre système reste solide et continue de progresser, même si nous ne sommes pas à l'écart des tendances mondiales. Je pense que toute l'Europe doit se pencher sérieusement sur ces résultats et mener une réflexion de fond sur les compétences de base des élèves.
Et j'aimerais couper court tout de suite à un débat : je ne crois pas que le seul problème soit les écrans. De nombreux...
09/09 - 11 Septembre : ces nouvelles affabulations de Donald Trump sur sa participation aux opérations de secoursToutes les occasions sont-elles bonnes pour faire parler de lui ? A quelques jours des 25 ans des attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, Donald Trump a raconté une nouvelle histoire rocambolesque sur la manière dont il avait été affecté par les attaques, et pris part, par la suite, aux opérations de sauvetage après l'effondrement des tours jumelles.
S'exprimant lors d'un événement à la Maison-Blanche en hommage aux secouristes et victimes des attentats, mardi 8 septembre, le président américain a affirmé avoir été évacué par deux pompiers peu après les attaques, se trouvant sur un site où un bâtiment menaçait de s'effondrer. Ce n'est pas la première fois que Donald Trump délivre des informations fausses ou non-vérifiables sur ce qu'il aurait vu ou fait le 11 Septembre et les jours qui ont suivi, afin de redorer son image politique.
"Je n'ai jamais vu une telle masse d'acier et, malheureusement, de corps et tout ce que vous pouvez imaginer", a déclaré Donald Trump mardi, relayé par le New York Times, donnant l'impression qu'il se trouvait sur place au moment de la tragédie. Or, il était à des kilomètres de l'attaque ce jour-là. Il a également décrit une scène chaotique lors des opérations de sauvetage et de déblaiement, dans le quartier de Lower Manhattan, et a expliqué avoir dû être lui-même évacué d'urgence. "Ils m'ont littéralement soulevé et se sont mis à courir avec moi"
"Je construisais un grand immeuble à New York, et j'ai emmené toute l'équipe sur place...
09/09 - En 2027, faut-il mentir pour survivre ? Le dilemme des candidats à la présidentielleIls ne viennent ni du même monde ni de la même rive, mais entendent tous incarner l’antidote. A l’immodérée Marine Le Pen, à l’outrancier Jean-Luc Mélenchon, Edouard Philippe, Gabriel Attal, Bruno Retailleau, Raphaël Glucksmann et François Hollande opposent pondération, rigueur et convictions. Loin des paroles-chimères énoncées par les deux premiers, eux jurent de dire la vérité, rien que la vérité à ce "pays qui sait très bien que tout n'est pas perdu, pour peu que l'on tienne enfin ce qu'on promet" (certitude d’Edouard Philippe, trompétée le 5 juillet dernier lors de son grand meeting parisien). A chaque élection cette rengaine… et dès le lendemain, la déception. Le programme de l’élu égrené avec force pendant la campagne se révèle au pire inapplicable, au mieux inappliqué. Et la question revient, lancinante : peut-on faire de la politique sans mentir aux électeurs ?
Nous n’en sommes plus là. Peut-on participer à cette élection présidentielle sans mentir aux électeurs ? Et c’est une tout autre interrogation. Le scrutin de 2027 n’annonce pas les classiques excès, surenchères verbales vides de réalisme… Elle augure un empêchement. Devant l’état de nos comptes publics, les candidats se révèlent impuissants, matériellement contraints à l’invraisemblance. Qui, mieux que le ministre des Comptes publics, David Amiel, pour l’anticiper ? "Il est évident qu’il y aura une forte tentation de faire l’autruche : l’idée que les arbitrages budgétaires à venir sont si lourds qu’il vaut...
09/09 - Emmanuel Mignot, prix Lasker : "Un médicament contre la fatigue ? Le marché potentiel serait énorme"Emmanuel Mignot compte sans nul doute parmi les plus grands scientifiques français. Ce Parisien d’origine reste pourtant largement méconnu dans son pays de naissance. Jusqu’à cette rentrée, aucun média hexagonal n’avait publié d’entretien avec lui – à l’exception notable de L'Express en 2022. Un relatif anonymat sans doute dû au fait que ce psychiatre de formation, devenu une sommité de la médecine du sommeil, a mené l’essentiel de sa carrière aux Etats-Unis.
Ses découvertes lui valent pourtant une reconnaissance internationale. Début août, les autorités sanitaires américaines ont pour la première fois autorisé un traitement basé sur ses travaux contre la narcolepsie, une maladie caractérisée par des endormissements soudains et incontrôlables. Cette grande avancée a fait dire au magazine britannique The Economist que "le cerveau est sur le point de connaître son moment Ozempic", du nom de ce médicament qui révolutionne la prise en charge de l’obésité.
En bon scientifique, Emmanuel Mignot tempère cet enthousiasme – tout en ne cachant pas son espoir que ses découvertes se révèlent utiles contre de nombreuses autres pathologies. Après le Breakthrough Prize 2023, il a reçu ce 9 septembre le prestigieux Lasker Prize, considéré comme l’antichambre du Nobel. A cette occasion, il détaille à L'Express, en exclusivité pour les médias français, ses recherches. Entretien.
L'Express : Le Prix Lasker récompense notamment vos travaux sur l’orexine. De quoi s’agit-il ?
Emmanuel...
09/09 - "Le Maroc n’a rien d’un enfer, et pourtant..." : les leçons de la crise de Ceuta vues par Stephen SmithDepuis le raz-de-marée de quelque 70 000 migrants sur Ceuta à la fin juillet, l’enclave espagnole ne sort plus de l’actualité. Sur place, des habitants manifestent — parfois violemment — contre la présence de milliers de clandestins restés sur ces 18,5 kilomètres carrés de l’Europe en terre marocaine, dont 1 200 mineurs non accompagnés. À Madrid, la gestion de la crise migratoire a provoqué une crise politique. À ces retombées s’ajoutent des leurres : l’hypothèse d’une "marche verte" bis organisée par Mohammed VI pour récupérer le préside espagnol ou des conjectures sur une manœuvre en sous-main de Donald Trump et Benyamin Netanyahou pour régler son compte à l’Espagne de Pedro Sanchez par Maroc interposé. Si bien que le vrai choc — la découverte que nombre de jeunes Marocains sont prêts à tout pour fuir le royaume et venir en Europe — s’en trouve amorti. Or, il devrait nous réveiller.
Bien sûr, il est légitime de se poser des questions, comme celle de savoir si la Cour suprême à Madrid, en jugeant qu’un étranger entré en Espagne sans violer une barrière matérielle ne pouvait pas être refoulé, n’aurait pas envoyé un faire-part aux nageurs. Ou si l’Etat policier qu’est le Maroc — jamais appelé ainsi quand il monte la garde pour l’Europe — aurait fonctionné ou dysfonctionné, c’est selon, pour dissuader l’Espagne de se rapprocher de l’Algérie, ennemi juré du royaume, ou pour faire chanter l’Europe si dépendante du limes érigé autour d’elle pour retenir les migrants, ses...
09/09 - La DGSE investit dans l’IA, les maîtres-espions français se confessentLa CIA noyaute l’entourage du président vénézuélien,le Mossad israélien piège les bipeurs du Hezbollah,les espions de Poutine payent des petites mains pour dessiner des étoiles de David dans Paris… Si vous ne vous intéressez pas au monde de la défense et de l’espionnage, c’est lui qui s’intéressera à vous. Retrouvez, chaque semaine, notre sélection d'indiscrets exclusifs en France... et notre revue de presse des nouvelles les plus saillantes en Europe.La DGSE s'intéresse aux agents IA
Le renseignement extérieur français se met à la page. La DGSE a opéré un rapprochement avec la société française H Company, pour tester les solutions d’intelligence artificielle proposées par cette start-up à l’ascension fulgurante. H Company, lancée en mai 2024 à Paris, et qui avait à ses débuts levé plus de 200 millions d’euros sur les seules promesses de sa technologie, surpasse les géants américains OpenAI et Anthropic sur un segment stratégique : celui du "computer use". Soit la capacité, pour une intelligence artificielle générative, d’utiliser un ordinateur comme un humain, de manière autonome, pour en contrôler les différents programmes et logiciels. Sollicitée, l’entreprise n’a pas souhaité apporter de commentaire à ce sujet.Les maîtres-espions se livrent
Un nouveau livre sur l'espionnage français sera publié prochainement. Le journaliste Jean-Christophe Notin signe Dans le secret des services (Tallandier), à paraître le 5 novembre, dont la promesse est contenue dans son sous-titre...
09/09 - Au sommet de l’espace à Paris, l’absence criante des géants américainsLe sommet international sur le spatial s'ouvre ce mercredi 9 septembre à Paris. Au programme : des rencontres entre les décideurs, entreprises et scientifiques de 120 pays, dans le but de renforcer la coopération entre les différentes puissances. Mais certains participants initialement attendus manquent à l'appel : plusieurs géants américains du spatial, comme SpaceX ou Blue Origin, ont annoncé la semaine dernière se retirer du sommet, sur fond de tensions entre les Etats-Unis et l'Europe.
Et pour cause, le président français Emmanuel Macron entend faire de cette rencontre, qui se tiendra jusqu'à jeudi au Grand Palais, un levier pour renforcer le rôle de l'Union européenne dans la course à la conquête spatiale. L'enjeu : doter l'Europe d'une capacité de lancement indépendante et de son propre système de communications par satellite, afin de réduire sa dépendance aux Etats-Unis.
"Le sommet abordera l'ensemble des enjeux liés au développement et à l'innovation du secteur spatial autour de trois thématiques clés", a déclaré l'Elysée dans un communiqué. "Relever les défis de l'économie spatiale mondiale par la coopération internationale ; faire progresser la science, la technologie et l'exploration spatiale dans une perspective internationale ; assurer la sécurité de l'espace par le dialogue, la défense et les partenariats", a détaillé la présidence de la République.Concurrence avec les Etats-Unis
Un programme qui n'est pas du goût de la Maison-Blanche, qui dit y voir une...
09/09 - Moyen-Orient : l’Iran cible des navires américains après des frappes contre ses pétroliersLes Gardiens de la révolution iraniens ont annoncé ce mercredi 9 septembre avoir attaqué deux navires américains et huit pétroliers dans le Golfe, indiquant que dix navires qui tentaient de traverser des zones "interdites et non sécurisées" du détroit d'Ormuz avaient également été attaqués. Ces frappes ont été menées "en réponse à l'agression et aux actions hostiles de l'armée terroriste américaine, qui a attaqué cinq pétroliers iraniens dans le golfe Persique", ont-ils fait savoir.
Le commandement central américain (Centcom) a toutefois précisé quelques heures plus tard que toutes les tentatives d'attaque avaient échoué : "Les forces du Corps des gardiens de la révolution islamiqueiranien ont affirmé avoir frappé deux destroyers de l'US Navy opérant au Moyen-Orient. C'est totalement FAUX", a-t-il écrit sur X.
Un peu plus tôt, dans un communiqué relayé par les médias publics iraniens, les Gardiens de la révolution avaient déjà affirmé avoir riposté aux attaques américaines en lançant, pour "punir l'agresseur", des missiles balistiques contre une base militaire des Etats-Unis située en Jordanie. L'agence de presse officielle jordanienne a rapporté, citant l'armée, que les systèmes de défense aérienne avaient détruit 18 des 20 missiles balistiques lancés depuis le territoire iranien. Deux missiles sont retombés dans des zones inhabitées sans faire de victimes, a précisé l'armée.Le prix du pétrole repasse au-dessus de 100 dollars
Le Commandement central de l'armée...
09/09 - "Un millefeuille de costumes" : pourquoi être un bon manager est devenu si compliquéManager, oui, mais comment ? Patrick Fleurentdidier prévient d'emblée : "Il existe beaucoup de types de managers". Dans l’ouvrage Prise de poste. Chroniques d’un cadre enthousiaste (avec Sébastien L’Arvor, Afnor Editions, 2025), ce docteur en sciences de gestion et enseignant-chercheur à l’IAE Paris-Est détaille plusieurs profils inspirés de ceux décrits par le sociologue Max Weber dans ses travaux sur les formes de pouvoir (Economie et Société, 1922). On y trouve notamment le manager traditionnel ("papa a toujours fait cela"), le charismatique (le gourou de l’entreprise), le bureaucratique ou fonctionnaire de l’ordre "obsédé par les règles et les formulaires". Au-delà, il y a aussi l’autocratique qui souhaite le contrôle total, le démocratique qui encourage la gestion participative et le "manager laisser-faire qui fonctionne très bien avec des équipes très compétentes et motivées."
Mais à l'heure où le management est une fonction surveillée, décriée, est-il encore possible de bien manager ? Et au fond, qu’est-ce qu’un bon manager ? La fonction et le vécu
De nombreuses études pointent un double malaise : seulement 29 % des salariés font confiance à leur supérieur, soit une baisse de 37 % par rapport à 2022 selon DDI, société spécialisée dans le leadership ("Global Leadership Forecast", 2025). Dans le même temps, 52 % des managers se disent en détresse psychologique (OpinionWay pour Empreinte Humaine, 2025). Derrière ce malaise se dessinent plusieurs tensions : entre...
09/09 - Toutes les écoles sont des fabriques de tyrans, par Christophe DonnerQu’elles soient "libres" ou sévères, républicaines ou confessionnelles, aucune des écoles qui viennent de faire leur rentrée prometteuse ne sera épargnée par ce fléau. Qu’il soit fils de riches ou de pas grand-chose, cancre ou premier de la classe, rien n’empêchera les statistiques de compter dans cette classe le futur chef pervers qui va pourrir la vie des autres.
Qu’un professeur sadique lui ait transmis le goût de la domination par l’humiliation, la peur, les coups, ou qu’une petite association de malfaisants, harceleurs patentés, lui aient montré les charmes du bizutage à répétition, qu’il en ait été la victime ou le complice sous influence, que les circonstances aient réveillé un instinct déjà présent en lui ou qu’il ait été pris dans le tourbillon d’un désir mimétique, c’est toujours à l’école qu’il aura appris à devenir ce qu’il est, une victime ou un bourreau. Et parfois une victime et un bourreau, successivement ou simultanément.
Le récit de cette fatalité nous est livré par deux bandes dessinées : Oui Chef, un maestro aux pianos, de Florence Cestac et Serge-Antoine Quéron (Dargaud) et Les 400 coups, certains les font, d’autres les prennent (Fluide Glacial), ouvrage collectif signé par 23 auteurs, parmi lesquels Evemarie qui a eu l’idée de proposer à ses collègues de raconter leur "pire souvenir d’école" en trois, quatre ou cinq planches.L’arme d’une vengeance implacable
Rares sont les auteurs qui racontent une situation de cauchemar dans laquelle ils se...
09/09 - "Ils ne pourront pas épargner les retraités... " : deux économistes passent au crible les propositions des candidats à l’ElyséeC'est une bible pour les candidats à l'élection présidentielle, comme pour les électeurs. Dans Les Politiques économiques à l'épreuve des faits (Odile Jacob), deux éminents économistes, Xavier Jaravel et Vincent Pons, et deux hauts fonctionnaires, Emmanuel Monnet et Mathieu Peruyero, passés par Bercy, la Direction générale du Trésor ou le Sénat examinent ce que la recherche ou les résultats empiriques nous apprennent sur l'efficacité de différentes politiques économiques. Quels sont les risques liés à l'endettement public ? Comment lutter contre les inégalités ou le chômage? Comment stimuler la croissance et l'innovation ?
Pour L'Express, Xavier Jaravel, professeur à la London School of Economics et président délégué du Conseil d'analyse économique (CAE), et Vincent Pons, professeur à la Harvard Business School et membre du CAE, passent au crible différentes propositions phares des candidats à la présidentielle, de l'annulation de la dette avancée par Jean-Luc Mélenchon à la réduction de la durée d'indemnisation du chômage défendue par Edouard Philippe, sans oublier les retraites, la hausse du Smic ou la réindustrialisation. Alors que la France dégringole encore une fois dans le classement Pisa, les deux chercheurs, désignés meilleurs jeunes économistes de France en 2021 et 2023, mettent aussi en avant l'importance de l'éducation pour redresser le pays.
L'Express : La maîtrise des finances publiques est un enjeu majeur de la campagne présidentielle. Qu’est-il possible...
08/09 - Cisjordanie occupée : le Royaume-Uni durcit le ton et s’attire les représailles d’IsraëlSur le qui-vive. Depuis le coup de téléphone entre le 10 Downing Street et la Maison-Blanche lundi 7 septembre, chacun attendait les annonces politiques de Londres concernant l’avenir des relations anglo-israéliennes. Dans une vidéo postée sur X dans l'après-midi du mardi 8 septembre, le ministre des Affaires étrangères, Ed Miliband, a annoncé la fin de tout échange commercial avec des colonies israéliennes en Cisjordanie. Le responsable politique arrivé au pouvoir en juillet 2026 a aussi accusé Israël d’un nettoyage ethnique à Gaza. La France, le Canada en soutien
Les gouvernements français et canadiens se sont joints à celui britannique et ont imposé les mêmes sanctions. Dans une déclaration commune postée, elle aussi sur X, Londres, Paris et Ottawa ont affirmé avoir "convenu de la nécessité de prendre des mesures pour empêcher que la situation se détériore davantage." Rejoints par les ministres des Affaires étrangères de 10 autres pays - dont le Danemark, la Norvège, la Pologne, l'Espagne et la Suède -, tous ont aussi affirmé être "convaincus que la solution à deux États doit être protégée" et être "déterminés à agir en faveur d’une paix juste et durable, sur la base des principes inscrits dans la déclaration de New York adoptée il y a un an."
Ed Miliband a d’ores et déjà annoncé que ces nouvelles dispositions seraient en place dans six à neuf mois dans son pays. Toutefois, il a assuré qu’il sanctionnait immédiatement un certain nombre de colons extrémistes qui, selon...
08/09 - Russie : ces livraisons secrètes chinoises qui alimenteraient la production de drones de MoscouUne entreprise d'Etat chinoise a-t-elle contribué à alimenter la machine de guerre russe malgré les sanctions occidentales ? Une enquête publiée le 4 septembre par Politico révèle que Jilin Chemical Fiber Group a expédié cette année jusqu'à 46 tonnes de polyacrylonitrile (PAN) à Alabuga-Volokno, une filiale du géant nucléaire russe Rosatom sanctionnée par les Etats-Unis et le Royaume-Uni depuis 2023.
Ce matériau est loin d'être anodin. Le PAN permet de fabriquer de la fibre de carbone, utilisée notamment dans la structure de drones militaires. Alabuga-Volokno fournit justement de la fibre de carbone destinée à la production massive des drones d'attaque Geran, versions russes des Shahed iraniens utilisés par Moscou contre l'Ukraine. Selon l'expert américain David Albright, qui a analysé les documents obtenus par Politico, les quantités expédiées par l'entreprise chinoise pourraient permettre de produire suffisamment de fibre de carbone pour fabriquer jusqu'à 1 300 drones.Mauvais code de douane
C'est surtout la manière dont ces livraisons ont été déclarées qui intrigue. Des documents de transport et de douane obtenus par le Centre ukrainien de sécurité et de coopération (USCC) permettent de retracer l’expédition de 46 tonnes de PAN dans deux conteneurs de 40 pieds, depuis un entrepôt de Jilin Chemical Fiber Group jusqu'à un complexe d’usines de la région du Tatarstan, en Russie, où est installé Alabuga-Volokno.
Or, selon Politico, la marchandise a été déclarée sous un...
08/09 - Candidats, think tanks : avant la présidentielle, le bloc modéré face à une crise des idées"Hauts les cœurs !", aime scander Edouard Philippe. Une phrase fétiche ? Mieux, un credo ! Ou une preuve, s’il en fallait encore une, que la parole politique n’est plus performative… Si vous avez le bourdon en cette rentrée, ne comptez pas sur ce ministre Renaissance pour vous remonter le moral : "Une présidentielle se gagne en créant un lien avec l’opinion. Aujourd’hui, il y a une ferveur dans les électorats RN et Insoumis, mais aucune dans l’électorat modéré. Pour quiconque." Hauts les cœurs, donc. Ici, on nous promet "la rupture" ; là, du "massif" ; de tous les côtés, un quinquennat qui trancherait avec dix années de macronisme. Les destinataires sont-ils sourds ? Ou les émetteurs incapables d’imaginer un futur désirable, au point de rester invariablement bas dans les sondages ?
Le bloc modéré apparaît aujourd’hui comme un bloc sans idées neuves ni enthousiasmantes : Raphaël Glucksmann les repousse à plus tard, Edouard Philippe semble jouer avec les curseurs, Gabriel Attal fait çà et là exploser quelques ballons d’essai façon pop-corn, et Bruno Retailleau cherche son ton et son positionnement… Il y a quelque chose qui ronronne au pays de la modération.
Ce "bloc mou" est d'autant plus menacé d'effacement qu'en face, les leaders des deux extrêmes surfent sur un simplisme programmatique décomplexé. La France a un problème de dette ? Biffons les quelque 600 milliards d'obligations publiques détenues dans les coffres de la Banque centrale, martèle Jean-Luc Mélenchon. Les...
08/09 - Hugo Duminil-Copin, médaille Fields 2022 : "Le stéréotype de l’inné est un tueur sanguinaire pour les maths"Le verdict du dernier classement Pisa publié ce mardi 8 septembre est sans appel : en quinze ans, le niveau des élèves français s’est nettement dégradé. Si, en 2025, la France se situe, comme elle l'a toujours été, dans de la moyenne des 37 pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) en mathématiques, en lecture et en sciences, cette apparente stabilité cache une réalité plus préoccupante. En mathématiques, le score moyen des élèves français perd 16 points par rapport à 2022, et près de 30 points depuis 2018, alors qu’il était resté stable auparavant. L’affaissement moyen des résultats s’accompagne d’une augmentation de la part des élèves en grande difficulté, notamment en mathématiques et en compréhension de l’écrit, où ils représentent désormais plus d’un tiers des adolescents soumis aux tests. Dans le même temps, la proportion de ceux ayant les résultats les plus élevés ne cesse de diminuer : 5 % en maths, contre 8 % en moyenne dans les pays de l'OCDE.
Faut-il pour autant parler de décrochage ? Le constat est plus subtil. La France conserve une tradition scientifique de premier plan et continue de former des chercheurs mondialement reconnus. Mais le fossé se creuse entre cette excellence et le niveau général, mais également entre les élèves les plus favorisés et les plus défavorisés. La France a-t-elle encore les moyens de former les grands scientifiques, ingénieurs ou mathématiciens de demain ? Pour L'Express, le mathématicien Hugo...
08/09 - Crise des migrants : l’appel de Ceuta à l’UE pour garder sa frontière avec le MarocLe maire-président de Ceuta, Juan Jesus Vivas, convaincu que le Maroc a manigancé l’irruption de dizaines de milliers de jeunes migrants cet été dans la ville espagnole, sur la côte marocaine de la Méditerranée, est venu mardi 8 septembre à Bruxelles lancer un dramatique appel à l’aide à l’Union européenne. L’enclave qu’il préside et celle voisine de Melilla sont "au bord de l’effondrement" en raison des harcèlements répétés de Rabat, a-t-il averti.
Contredisant frontalement le président du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, qui se refuse à dénoncer explicitement les autorités marocaines, Vivas a fondé son accusation sur trois raisons : d’abord, il est impossible que tant de personnes venues de tout le territoire marocain (80 000 selon lui, 72 000 selon le ministère espagnol de l'Intérieur) se mobilisent simultanément sans que les autorités du royaume ne s’en aperçoivent.
Ensuite, des rapports de la police espagnole et des images diffusées sur les réseaux sociaux ont démontré que des policiers marocains avaient laissé passer, parfois même escorté, des migrants jusqu’à la frontière. Enfin, l’affaire a des précédents, puisque en 2021 notamment, plusieurs milliers de migrants avaient franchi illégalement la frontière pour pénétrer à Ceuta. La crise suivait le même scénario, avec un relâchement soudain des contrôles marocains ; elle donnait lieu aux mêmes soupçons de pression géopolitique délibérée de la part de Rabat (affaire du Sahara occidental à l’époque, relations...
08/09 - Hongrie : l’expulsion de dix diplomates russes, nouveau symbole de la rupture avec l’ère OrbanVirage serré. Le gouvernement hongrois a annoncé, ce mardi 8 septembre, l’expulsion de 10 diplomates russes dans un communiqué. La ministre des Affaires étrangères, Anita Orban, a précisé que les personnes concernées "étaient engagées dans des activités en Hongrie qui sont inacceptables pour les diplomates en vertu de la Convention de Vienne", c'est-à-dire avec les règles fondamentales du droit international. Coup dur
La responsable politique a toutefois souhaité ajouter que "cette décision (...) n'implique pas de rompre les relations diplomatiques avec la Russie. La Hongrie a l'intention de poursuivre le dialogue nécessaire". Pas sûr que cette précision apaise Moscou. Dans la foulée, la porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a assuré, auprès de l’agence de presse publique TASS, que "la réponse au lobby russophobe de Budapest sera dure et douloureuse".
Il faut dire que Moscou n’avait pas été habituée à un tel traitement de la part de la Hongrie et de son ancien dirigeant d’extrême droite durant seize ans : Viktor Orban. Ce dernier s’était imposé comme le soutien européen le plus solide de Vladimir Poutine, et ce malgré l’invasion de l’Ukraine en février 2022. Parmi les 27, l’ancien Premier ministre avait notamment été le seul à poser son veto contre une aide exceptionnelle de 90 milliards d’euros européenne à destination de Kiev. Alors que la plupart de ses voisins et partenaires européens avaient cessé tout achat de gaz et de pétrole...
08/09 - "La capitalisation n’est pas la recette miracle pour les retraites" : la mise au point des économistes Thesmar et LandierLongtemps tabou en France, elle est devenue à la mode lors de cette campagne présidentielle. Pour financer notre système de retraite, Edouard Philippe propose 15 % de capitalisation obligatoire, Bruno Retailleau souhaite en faire un deuxième pilier et Gabriel Attal la juge "bonne pour les pensions". Marine Le Pen s'est dite favorable à une "capitalisation volontaire". Plus surprenant, même la gauche, à travers François Hollande ou Philippe Brun, a franchi le pas.
Les économistes Augustin Landier, professeur à HEC, et David Thesmar, professeur au MIT, sont favorables à la capitalisation, mais ils mettent en garde contre l'idée qu'elle serait une "solution magique" pour sauver notre système actuel. Ils invitent les candidats à s'inspirer de la réforme suédoise à la fin des années 1990, mais ont bien conscience que des réformes en profondeur ne pourront se faire en France qu'en cas de crise, "sous la pression des marchés"...
L'Express : Des responsables socialistes, comme François Hollande ou Philippe Brun, se mettent à défendre une dose de retraite par capitalisation, alors que le mot a longtemps été tabou au sein même de leur propre camp. Faut-il s'en réjouir ?
David Thesmar : La campagne commence, les politiques veulent faire des promesses mais ils n’ont pas de levier budgétaire. Or, et c’est très présent dans le débat, une partie non négligeable du déficit public (5 points de PIB) vient du déséquilibre des retraites (environ 3 points). Toute solution magique pour...
08/09 - Pisa 2025 : qui a saboté l’école ? Par Anne RosencherJe sais, chers lecteurs, qu'on vous annonce des catastrophes tout le temps. Qu'à force, même, certains ferment les écoutilles. Que le mot "catastrophe" est parfois galvaudé. Que cette dramatisation amniotique finit par produire une impression d’outrance, voire de défaitisme. Vous avez raison. Ce que nous ressentons, au fond, c'est qu'il y a des gradations. Des mauvais choix qui pourraient être vite corrigés. Des situations qui pourraient être rétablies. Des choses sur lesquelles la France pourrait beaucoup mieux faire, mais où l'on ne fait pas si mal… En revanche, l'école. L'école. C'est notre désastre véritable.
08/09 - Comment l’AfD surfe sur la crise du modèle allemand, par Eric CholLe score pharaonique de l’AfD en Saxe-Anhaldt (43,8 % des voix) a provoqué un séisme politique en Allemagne. Signal du retour en force de l’extrême droite - dans un land certes minuscule et sans la certitude d’en obtenir la présidence - ce triomphe électoral a réveillé les vieux démons de l’avant-guerre, infligeant un camouflet sévère au chancelier Merz. Désormais, Alice Weidel, la patronne de l’AfD rêve de renverser le système : pour ceux qui en douteraient encore, le malaise politique est profond outre-Rhin. Rien de tout à fait nouveau : la Thuringe en 2024 avait déjà cédé aux sirènes de l’extrême droite. Surtout, difficile pour la France de donner des leçons de moralité, quand, dans sept mois, elle risque d’être confrontée au même phénomène.
Mieux vaut s’interroger sur les causes d’un tel raz-de-marée. Si l’immigration conserve une place essentielle dans le vote pro AfD, elle est loin d’être le seul sujet de préoccupation des Allemands. En creux, le "choc chinois" intervenu au cours des cinq dernières années explique en partie le sentiment de déclassement qui parcourt le pays. Depuis le Covid, le "made in Germany", s’est fait tailler des croupières par le "made in China". "La Chine domine grâce à un immense savoir-faire en matière de production, issu d’un système éducatif axé sur l’excellence, à des subventions élevées, à un environnement concurrentiel qui ferait transpirer même les PME les plus aguerries, et à une monnaie maintenue à un niveau bas, détaille...
08/09 - Russie - Corée du Nord : un nouveau pont pour sceller le rapprochement économique et militaireFaire plus symbolique serait difficile : la Russie et la Corée du Nord ont inauguré lundi 7 septembre leur premier pont routier commun. Jusqu'ici, les deux pays alliés ne disposaient que de liaisons aériennes et ferroviaires. Pour les échanges terrestres occasionnels, les véhicules devaient emprunter un ancien pont ferroviaire construit en 1959, dont une partie de la voie était recouverte de planches posées provisoirement pour permettre le passage des voitures et des camions.
Ils peuvent désormais franchir directement le fleuve Tumen, qui sépare les deux dictatures, grâce à cette nouvelle infrastructure d'un kilomètre, capable d'accueillir jusqu'à 300 véhicules par jour. D'abord réservé au transport de marchandises, le pont doit être pleinement opérationnel et ouvert aux passagers d'ici la fin de l'année. Comme pour ajouter au symbolisme, il a été baptisé du nom de Yakov Novichenko, un soldat de l'Armée rouge que Pyongyang présente comme ayant sauvé Kim Il-sung en 1946 en interceptant une grenade.L'envoi de matériel militaire facilité
Pour Moscou et Pyongyang, l'ouvrage est un nouvel outil pour développer le commerce, le tourisme ainsi que la coopération économique, scientifique, technologique et culturelle. Le Premier ministre russe, Mikhaïl Michoustine, l'a qualifié de "nouveau symbole de l'amitié" entre les deux pays, dont les relations sont, selon lui, à "un niveau sans précédent". La construction avait débuté en avril 2025, après un accord conclu lors de la visite...
08/09 - Parcours des mondes 2026 : totems, plumes et pixelsC’est un rendez-vous immuable qui, une nouvelle fois, métamorphose le VIe arrondissement de Paris avec, cette année, un petit truc en plus. Car le Parcours des Mondes célèbre ses 25 ans, un jubilé d’argent qui confirme son statut de première manifestation internationale dédiée aux arts d’Afrique, d’Océanie, d’Asie, des Amériques et à l’archéologie. Du 8 au 13 septembre 2026, l'événement réunit 46 exposants venus du monde entier pour déployer leurs chefs-d'œuvre. Surfant sur le succès de l'an dernier, qui avait rassemblé plus de soixante galeries et quelque 30 000 visiteurs, les organisateurs espèrent cette année franchir de nouveaux sommets de fréquentation grâce à une programmation anniversaire exceptionnelle. Sous la direction d’Yves-Bernard Debie et la présidence du mécène et collectionneur Marc Ladreit de Lacharrière, le salon s'émancipe de ses propres codes, proposant un dialogue saisissant entre les rituels du passé et les pulsations de l'art contemporain.
La première surprise est urbaine : pour souffler ses 25 bougies, le salon a donné carte blanche au plasticien Damien Poulain, dont l’intervention, intitulée Les oiseaux de parade, investit l’espace public. Face à elle, le visiteur n'a plus les yeux rivés sur les vitrines des galeries des rues du quartier des Beaux-Arts, il doit lever le regard vers les immenses bannières de coton colorées aux motifs géométriques vibrants que l'artiste a suspendues au-dessus des pavés. Ces figures ailées, inspirées des grands...
08/09 - Serbie : les funérailles de Ratko Mladic mettent à l’épreuve les ambitions européennes du pays"Les images des funérailles de Ratko Mladic hier à Belgrade sont choquantes", a cinglé sur X la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, ce mardi 8 septembre. La veille, la Serbie a enterré son plus grand criminel de guerre : l'ancien général Ratko Mladic, condamné à la prison à perpétuité par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie, et mort derrière les barreaux à La Haye, aux Pays-Bas, le 27 août dernier. En 2017, il avait été reconnu coupable de génocide, de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre, notamment pour son rôle dans le massacre de Srebrenica en 1995, qui a fait environ 8 000 morts parmi la population bosniaque musulmane.
Cela n'a pas empêché des milliers de personnes de se réunir pour assister aux funérailles de cette figure emblématique du nationalisme serbe, considérée par une partie de la société comme un héros pour avoir défendu les Serbes de Bosnie pendant la guerre. Aux premiers rangs, plusieurs hauts responsables serbes, dont le ministre de la Défense et celui de la Justice, étaient présents, aux côtés du dirigeant des Serbes de Bosnie Milorad Dodik et de l'ambassadeur de Russie en Serbie. La cérémonie était présidée par le patriarche Porfirije, à la tête de la puissante Église orthodoxe serbe. Le gouvernement serbe a affirmé ne pas avoir organisé les funérailles. Mais selon les informations de Politico, le corps de Ratko Mladic a été rapatrié à bord d'un avion gouvernemental, puis escorté par des membres des...
08/09 - L’Allemagne sous le choc après le triomphe de l’AfD en Saxe-Anhalt : "Nous sommes loin de 1933, mais c’est un signal à prendre très au sérieux"A son arrivée au pouvoir, Friedrich Merz avait promis de "diviser par deux l'AfD". Ce 6 septembre, l'extrême droite allemande a remporté près de 44 % des voix en Saxe-Anhalt et pourrait bientôt diriger son premier Land depuis la fin du IIIème Reich, en 1945. De l'autre côté du Rhin, la crise politique est abyssale. La politologue Daniela Schwarzer, présidente élue de la Hertie School, la plus prestigieuse école de gouvernance en Allemagne, évalue l'ampleur de ce choc pour le pays et explore les racines du vote massif pro-AfD.
L'Express : Le parti d'extrême droite AfD a remporté 44 % des voix en Saxe-Anhalt lors de l'élection du 6 septembre et pourrait être en mesure de gouverner ce Land. Ce choc est-il profond pour la politique allemande ?
Daniela Schwarzer : Pour l'Allemagne, c'est un tremblement de terre. En soi, qu'un parti extrémiste et anticonstitutionnel recueille près de 44 % des voix constitue un choc majeur, mais c'est surtout un choc pour les chrétiens-démocrates (CDU), qui ont perdu la moitié de leurs soutiens dans la région.
C'est aussi un choc pour les sociaux-démocrates (SPD), même si leur score reste stable : ils avaient déployé des efforts importants pour regagner des voix en Saxe-Anhalt, or il apparaît évident que ceux qui s'estiment perdants de la situation économique actuelle se tournent en grande partie vers l'extrême droite et non vers eux. La stratégie des deux grands partis de gouvernement à l'échelle nationale est vraiment remise en question....
08/09 - Guerre en Ukraine : la Russie reprend ses frappes après trois jours de pauseLe répit n'aura pas duré longtemps. La Russie a pilonné Kiev avec des drones et des missiles tôt ce mardi 8 septembre, reprenant ses attaques aériennes après une brève interruption pour la visite des émissaires de paix américains ce week-end, Jared Kushner et Steve Witkoff. Ces frappes ont fait au moins deux morts selon Volodymyr Zelensky, qui a parlé sur Telegram d'une attaque "complexe", planifiée pour "causer le plus de dégâts possible".
"Dès que les envoyés de paix du président américain sont partis, Poutine a lancé une autre attaque massive et horrible contre Kiev", a de son côté dénoncé le ministre ukrainien des Affaires étrangères Andrii Sybiha sur X. "Ses missiles balistiques parlent plus fort que ses paroles sur la diplomatie", a-t-il ajouté, exhortant les alliés à accroître la pression sur Moscou et à fournir des intercepteurs pour abattre les missiles balistiques, car les stocks de Kiev sont extrêmement bas.
D'après l'armée de l'air ukrainienne, la Russie a tiré 32 missiles de croisière et 166 drones, ciblant principalement la capitale ukrainienne et la région d'Odessa. Des impacts ont été recensés sur 29 sites à travers le pays, selon cette source. Kiev n'a pas précisé, comme c'est devenu l'habitude depuis quelque temps, le nombre de missiles balistiques, les plus difficiles à intercepter, tirés par Moscou.
Le maire de Kiev Vitali Klitschko a déclaré que 10 personnes avaient été blessées dans la ville, tandis que des chutes de débris dans un quartier ont...
08/09 - Niveau scolaire : la France n’a jamais obtenu des scores aussi faibles à l’enquête Pisa"On attend l’étude Pisa comme le Beaujolais nouveau", titrait L’Express en 2016. Dix ans plus tard, l'attente était mêlée d’appréhension tant les résultats des précédentes éditions s'étaient révélés décevants pour la France. Le cru de cette enquête internationale, menée en 2025 dans 91 pays pour évaluer les connaissances et les compétences des élèves de 15 ans, se révèle plus indigeste que jamais. Même si l'Hexagone se maintient dans la moyenne des pays de l’OCDE et que la baisse de niveau se confirme à l’échelle mondiale, il y a bel et bien de quoi s’inquiéter : les résultats français en sciences, en compréhension de l’écrit et en mathématiques n’ont jamais été aussi faibles.
08/09 - "Le décrochage de la France est extrêmement préoccupant" : face au classement Pisa, l’alerte d’un spécialiste de l’éducation"Les résultats de 2025 comptent parmi les plus faibles jamais obtenus au test Pisa en France dans l'ensemble des trois domaines d'évaluation que sont les sciences, les mathématiques et la compréhension de l'écrit", constatent les analystes de l’OCDE. La grande enquête internationale menée auprès de 760 000 élèves de 15 ans dans 91 pays met en lumière, une fois encore, les failles de notre système éducatif.
La France, même si elle se situe dans la moyenne des autres pays de l'OCDE, reste largement distancée par les pays asiatiques - la Chine, Singapour, le Japon, la Corée - qui caracolent toujours en tête. Tandis que certains pays européens comme l'Estonie ou le Royaume-Uni, qui réussissent notamment à décrocher la quatrième et la sixième place en sciences, affichent eux aussi de bons scores dans les trois matières évaluées. Pourquoi la France ne suit-elle pas cette tendance ? Baptiste Larseneur, expert associé de l’Institut Montaigne spécialisé dans les questions d’éducation, décrypte les raisons de la baisse amorcée dans notre pays il y a une dizaine d'années.
L'Express : La baisse des résultats de Pisa 2025 est particulièrement importante en mathématiques et en compréhension de l’écrit. Pourtant, les différents ministres qui se sont succédé ces dernières années n’ont cessé de marteler leur volonté de remettre l’accent sur les "fondamentaux". Comment expliquer ce paradoxe ?
Baptiste Larseneur : Entre 2015 et 2025, la France a perdu 43 points en lecture et 35 points...
08/09 - Droits de douane : face à Donald Trump, le Canada choisit de riposterTaxe sur les produits agricoles et l'électroménager, doublement des douanes sur l'aluminium et l'acier… Les nouveaux droits de douane canadiens, qui visent 20 milliards de dollars de produits américains, sont entrés en vigueur ce mardi 8 septembre à 6 heures du matin, soit minuit heure américaine. Une escalade qui se poursuit à l'initiative de Washington, qui multiplie depuis plusieurs mois les mesures de rétorsion contre son voisin canadien. Quelques heures plus tôt encore, Donald Trump avait menacé d'interdire la vente aux États-Unis des avions du constructeur canadien Bombardier s'ils n'étaient pas fabriqués sur le sol américain.
Les négociations commerciales avec les États-Unis ont connu un violent échec le mois dernier et sont actuellement au point mort. "Lorsque les Américains cesseront (…) de lancer des piques, de jouer les gros bras et commenceront à prendre au sérieux ces discussions, nous pourrons parler", a déclaré le Premier ministre canadien Mark Carney la semaine dernière. "S'ils veulent accéder à notre marché, ils doivent produire sur le sol américain et cesser de traiter l'Amérique comme une tirelire”, lui a répondu Donald Trump dans une publication sur Truth Social lundi.Ottawa contre-attaque
Chaque camp entretient une version différente des raisons de l'achoppement des négociations. Selon des responsables canadiens cités par CNN, les discussions se seraient crispées autour de mesures portant atteinte à la culture canadienne. Washington voulait modifier...
08/09 - De France, d’Espagne ou d’Allemagne : en 1976, les enfants européens de MaoCet article a été publié pour la première fois dans L'Express du 13 septembre 1976
On les appelle les "maos". Ils sont une poussière, la queue des manifestations. Et pourtant, épouvantails à bourgeois, ils apparaissent depuis treize ans, à chaque orage. Avec leurs anathèmes démodés, le tract véhément au poing ou le cocktail Molotov. Le Pays basque bouge : les maos espagnols du Frap débarquent, attaquent des commissariats, incendient banques et autocars, signent vingt-trois attentats en six mois. Une jeune fille est assassinée à Bruay-en-Artois : les maos installent un tribunal en plein air sur le terrain vague du crime et tranchent entre les bons et les méchants.
Ils sont les enfants adultérins du chef chinois et du mythe de la révolution mondiale. Eparpillés dans le magma des groupuscules, les "maoïstes", nés du schisme de 1963 entre Moscou et Pékin, appartiennent à deux familles. D'abord, les maos-staliniens. Ce sont des militants d'âge mûr, souvent ouvriers, qui ont quitté — démissionnaires ou démissionnés — les P.c. orthodoxes par fidélité à Staline après le XXe Congrès. Pékin, pour ces nostalgiques, c'est le Moscou d'avant, et le maoïsme, c'est le communisme d'avant. Ils aiment l'autorité et tiennent au dogme. Mao Zedong en couverture de L'Express du 28 décembre 1964.Désir de pureté
En face, il y a des jeunes, des étudiants, beaucoup de catholiques qui sont passés d'un coup de Jésus à Mao. Surtout en Espagne et en France. Des spontanéistes : les maos-spontex....
08/09 - "Ils seront l’alpha et l’oméga de nos vies" : comment les agents IA vont bouleverser l’humanitéMenaces pour la démocratie, désinformation, "apocalypse des emplois", fin de la lecture, santé mentale des jeunes… On ne compte plus les ouvrages alertant sur les périls de la révolution numérique, entre réseaux sociaux, smartphones et maintenant intelligence artificielle. Toute l’originalité du nouvel essai d’Antoine Buéno est de se concentrer sur la révolution à venir : l’IA agentique. Si depuis le lancement de ChatGPT le 30 novembre 2022, l’IA générative a déjà représenté un choc majeur, la prochaine génération pourrait, selon l’essayiste, représenter une bascule bien plus importante que tout ce que nous avons connu jusqu’ici.
Alors que l’IA générative ne fait que répondre à des requêtes, les agents IA sont capables d'effectuer des tâches de manière autonome, et de prendre l’initiative. Déjà, ils suivent des projets, trient des CV, gèrent une boutique en ligne ou prennent des rendez-vous. Bientôt, un agent IA pourra organiser l’existence de chacun.
"Demain, notre Agent sera l’alpha et l’oméga de nos vies. Il nous accompagnera en permanence. Nous passerons notre temps à le solliciter, le consulter et lui répondre. Il sera à la fois notre nounou, notre majordome, notre secrétaire, notre conseiller, notre médecin personnel, un assistant de vie à temps plein qui remplit nos formulaires administratifs, gère notre agenda, organise notre quotidien et nos voyages", souligne Antoine Buéno. L’agent IA sera de surcroît notre confident, compagnon et souffre-douleur. Et bientôt...
08/09 - "Sans elle, l’IA ne peut pas continuer à croître" : le boom de la photonique, une aubaine pour l’EuropeQue la lumière soit… dans les data centers IA. La "photonique", ou la science de la lumière, est la dernière lubie du secteur de l'intelligence artificielle. Celui-ci cherche par tous les moyens à maximiser sa puissance de calcul tout en optimisant sa consommation d'électricité. Les photons, ce n'est plus un secret, présentent ce type de bénéfices dans la connectivité. On le voit dans nos foyers : la fibre optique s'y est invitée, remplaçant progressivement le réseau cuivre (ADSL) vieillissant. Dans l'IA, en résumé, c’est un peu pareil.
Des modèles comme ceux d'OpenAI, Anthropic ou Google nécessitent que de milliers de puces travaillent de concert, au sein de gigantesques centres de données. Les informations, entre chaque puce, étaient majoritairement jusqu'ici transportées par du cuivre. Or, plus les baies de serveurs et les interconnexions se multiplient avec le temps, plus ce métal montre ses limites : pertes de signal, dissipation thermique, et une facture électrique qui décolle. C'est ici que la lumière entre en jeu. Chez le roi des puces IA, Nvidia, le vice-président spécialiste du réseau Gilad Shainer chiffre une consommation divisée par cinq, et une fiabilité multipliée par dix, grâce à la photonique. Nvidia assure également à L'Express que cela a un impact, en bout de chaîne, sur le prix du token, l’unité de mesure et de facturation de l’IA. Pas anodin, alors que les modèles chinois très compétitifs tirent les prix vers le bas.
La photonique est ainsi devenue...
08/09 - "Fermer le robinet au moins quinze ans" : en Suède, pourquoi la gauche dit désormais "nej" à l’immigrationIl y a encore cinq ou six ans, Lawen Redar n'aurait jamais osé exprimer l'idée que l'immigration constitue une menace réelle pour le "modèle démocratique suédois". Elle aurait été qualifiée de "raciste", voire de "fasciste". Evidemment, elle n'est ni l'un ni l'autre : fille d'immigrés kurdes ayant fui la dictature iranienne dans les années 1980, cette trentenaire du parti social-démocrate a la foi égalitariste chevillée au corps. Figure montante du paysage politique – certains la voient déjà, un jour, cheffe de gouvernement –, cette députée de 36 ans est aussi la porte-parole du parti de centre gauche pour les questions d'immigration et d'intégration. Un sujet brûlant dans un pays où un habitant sur cinq est né hors des frontières.
L'ironie est que, historiquement, la social-démocratie scandinave n'est pas particulièrement favorable à l'ouverture des frontières
Lawen Redar, députée suédoise
Après la défaite électorale de la gauche voilà quatre ans, Magdalena Andersson, cheffe des sociaux-démocrates, crée onze groupes de travail (sur l'emploi, la fiscalité, l'emploi, l'environnement, la politique pénale, etc.) et lui confie celui sur l'immigration. Un an plus tard, après avoir creusé le sujet, Lawen Redar rend son rapport. Il est décoiffant. Intitulé "L'émergence de sociétés parallèles", il décrit ce que tout le monde sait mais que personne, à gauche, n'ose formuler : le modèle de la social-démocratie suédoise est débordé par l'immigration. Depuis une trentaine d'années,...
07/09 - Présidentielle 2027 : comment ne pas être les idiots utiles de Marine Le Pen et de Jean-Luc MélenchonMarine Le Pen caracole dans les sondages, à un niveau qu’un candidat obtient rarement au premier tour : donné entre 33 et 38 %, elle ferait le meilleur score depuis François Mitterrand en 1988. Jean-Luc Mélenchon peut atteindre le second tour, avec un score entre 16 et 19 % qui serait le plus faible pour un qualifié depuis 2002. La perspective d’un duel entre les deux extrêmes gagne en crédibilité : "Les deux seules ancres, ce sont eux", note un conseiller de l'exécutif. Pendant ce temps, la primaire au sein du bloc central est conforme à ce qu’on en attendait, à la fois sauvage et fade, pendant ce temps la gauche sociale-démocrate voit les candidats fleurir plus vite que les électeurs. Voici une partie du paysage politique et du pays tenaillée, ce qui est douloureux, et désemparée, ce qui est troublant : comment ne pas être pendant la campagne électorale les idiots utiles de Marine Le Pen et de Jean-Luc Mélenchon ? Comment éviter de les renforcer en pensant les combattre, l’un et l’autre ? Car ces deux-là n’ont pas besoin de se parler pour converger, ils ne cessent de montrer leur similitude.
C’est une scène qui fait froid dans le dos, par les propos tenus aussi bien que par l’attitude du public. Pendant les universités d’été de LFI, le député Raphaël Arnault – que la mise en examen de deux anciens collaborateurs dans l’enquête sur la mort de Quentin Deranque à Lyon ne semble pas inciter à une certaine discrétion - se lance dans une de ces diatribes qui comblent autant...
07/09 - Entre le RN et l’AfD, une rupture de façade : ce que révèlent leurs votes au Parlement européenOnt-ils vraiment rompu ? Bien sûr, le Rassemblement national, en quête de respectabilité, se tient à bonne distance du sulfureux parti Alternative für Deutschland (AfD), qui vient de remporter l’élection régionale en Saxe-Anhalt, une première pour un parti d’extrême droite en Allemagne depuis 1945. La rupture était inévitable en mai 2024 lorsque la tête de liste de l’AfD aux élections européennes, Maximilian Krah, estimait qu’un SS n’était "pas automatiquement un criminel". Une "ligne rouge" pour la tête de liste du RN, Jordan Bardella, qui annonçait aussitôt que son parti ne siégerait pas, au Parlement européen, avec l’AfD.
Aujourd’hui, les deux partis appartiennent effectivement à deux groupes différents : les Patriotes pour l’Europe, présidé par Jordan Bardella, et l’Europe des nations souveraines (ESN), qui regroupe à la fois Sarah Knafo - on comprend mieux qu’elle soit la seule élue française qui défende l’AfD, un parti "qualifié à tort de néonazi" selon l’élue Reconquête - et le parti d’extrême droite allemand. Pourtant, à Strasbourg, sur un certain nombre de sujets centraux pour l’avenir de l’Europe, les élus du RN et de l’AfD votent comme un seul homme. Les votes étant publics, il suffit pour s’en convaincre d’aller sur le site du Parlement européen ou de consulter le site europescope.eu, où sont méthodiquement répertoriés tous les votes des 720 élus par groupe, par parti et par pays.
Prenons le règlement Retour, pièce centrale du Pacte sur la migration et...
07/09 - Cortisol : pourquoi ceux qui veulent éliminer l’hormone du stress font fausse routeCheveux bruns coupés à ras, yeux noisette… A l’image, pas de doute, c’est bien Jimmy Mohamed. Le médecin semble, comme à son habitude, présenter ses fameuses chroniques santé pleines de petits conseils dont les téléspectateurs raffolent. L’air grave, la tête légèrement inclinée dans un décor flou, le chroniqueur habitué de la matinale de RTL se lance avec une série de questions, tout ce qu’il y a de plus normal : "Tu n’as pas faim le matin au réveil ? C’est le cortisol ! Tu te réveilles à trois heures du matin pour aller aux toilettes ? Encore le cortisol. Tu ressens une douleur bizarre à l’épaule ? C’est aussi un signe de cortisol !" Lui qui d'ordinaire se veut mesuré ne laisse étrangement aucune place au doute. En quelques secondes, les arguments pleuvent. Avec une voix bien plus grave qu’à l'accoutumée, l’animateur dresse un véritable tableau noir : le cortisol, cette hormone produite naturellement par notre organisme, serait l’ennemi numéro un de notre quotidien, coupable d’à peu près tout : stress, insomnies, cheveux plus fins, acouphènes, poignées d'amour...
Un poison diffuserait lentement dans nos entrailles sans que cela soit "de notre faute". Mais heureusement Jimmy Mohamed a la solution : le shilajit, une obscure substance récoltée par les paysans au Tibet dans les montagnes, et que l’on associe à la médecine traditionnelle indienne. La recommandation est plus qu'étonnante. A l’écran, le chroniqueur semble bouger les lèvres bien plus lentement qu’il ne parle,...
07/09 - L’Ukraine envisage de légaliser l’industrie pornographique pour financer son budget de guerreEt si la pornographie contribuait à financer l’effort de guerre ukrainien ? C’est le pari que défend le député d’opposition, Yaroslav Zhelezniak, à la tête de la commission des finances du Parlement. En effet, il porte une initiative visant à légaliser cette activité. Selon les estimations avancées par l’élu, reprises par nos confrères du Wall Street Journal, la mesure pourrait rapporter jusqu’à 25 millions de dollars de recettes fiscales par an. Une somme modeste au regard des quelque 120 milliards de dollars que Kiev estime nécessaires chaque année pour sa défense, mais qui pourrait, selon lui, financer l’achat de quelque 30 000 drones.
Le projet de loi, cosigné par Yaroslav Zhelezniak, a déjà passé une première étape au Parlement. Adopté lors d’un premier vote en juillet 2026, il doit désormais être examiné en deuxième lecture. Derrière le débat sur les recettes fiscales se joue aussi une question plus vaste : celle de la criminalisation d’une activité qui, malgré son interdiction, prospère depuis des années.
Pendant longtemps, les autorités ont largement fermé les yeux sur cette économie invisible. De grands studios pornographiques ukrainiens auraient notamment bénéficié de la protection d’agents des forces de l’ordre corrompus. En mai 2026, le parquet général ukrainien indiquait ainsi que des policiers de trois régions distinctes percevaient chacun plus de 20 000 dollars par mois en pots-de-vin.Plus de 131 millions de dollars générés sur OnlyFans en 2023
Mais la...
07/09 - Canicules : "Ce que l’Europe peut apprendre de l’Inde pour vivre avec la chaleur"L’Europe connaît un réchauffement sans précédent : les températures y augmentent plus de deux fois plus vite que la moyenne mondiale. Les vagues de chaleur sont plus longues, plus fréquentes et plus meurtrières. Elles menacent aussi la productivité du travail, les chaînes d’approvisionnement, les rendements agricoles ou encore le tourisme, moteur économique de plusieurs pays européens.
Elles mettent également à l’épreuve des bâtiments et des infrastructures largement conçus pour des climats froids. L’isolation, historiquement pensée pour protéger les logements des rigueurs de l’hiver, peut désormais aggraver l’inconfort thermique lors des épisodes de forte chaleur.
Face à cette nouvelle réalité, l’Europe peut tirer des enseignements de pays habitués depuis longtemps aux températures extrêmes. L’Inde en fait partie. Entre mars et juin, les températures dépassent régulièrement 40 °C dans le Nord, le Centre et l’Est du pays. Depuis longtemps, les populations s’y adaptent par l’architecture, les habitudes quotidiennes et de solides mécanismes d’entraide communautaire.Politiques spécifiques
L’architecture traditionnelle en offre une illustration. Dans des villes comme Jaisalmer ou Jodhpur, le tissu urbain dense et peu élevé, les rues ombragées, les cours intérieures, les vérandas ou encore les murs épais permettent de limiter l’exposition au soleil, de mieux isoler les habitations et de favoriser la ventilation naturelle. Ces dispositifs offrent un meilleur confort thermique...
07/09 - Frappe contre un mariage en Iran : la piste d’une nouvelle erreur américaineTout avait commencé comme un mariage traditionnel à Kuhestak, dans le sud de l'Iran. Des femmes aux mains décorées au henné, un repas sur le point d'être servi dans une pièce couverte de tapis et de coussins. Puis une frappe est survenue. Au moins quatre civils — deux femmes et deux enfants âgés de 4 et 16 ans — auraient été tués, et plus de 90 personnes auraient été blessées, selon Ali Jafarian, vice-ministre iranien de la Santé.
Selon le Washington Post, cette frappe le 1er septembre dernier pourrait être due à une erreur : d'après une source proche de l'opération citée par le quotidien américain, le Pentagone enquête sur la "forte probabilité" qu'une de ses bombes ait dévié de sa trajectoire. Six munitions larguées par des avions de la marine américaine visaient un complexe de communications situé dans cette ville portuaire, à proximité du détroit stratégique d'Ormuz. Cinq auraient atteint leur cible. La sixième aurait manqué sa trajectoire et pourrait avoir frappé la maison où se déroulait le mariage.
Le journal rapporte que l'explosion a éventré le toit de l'habitation située à environ 135 mètres de la tour de communication visée. Le complexe ciblé se trouvait dans une zone civile mais était soupçonné d'être utilisé en partie par les forces iraniennes. Selon la source citée par le quotidien, la tour était la seule cible visée à Kuhestak, ce qui exclurait l'hypothèse d'une frappe intentionnelle contre la maison ou d'une confusion avec un autre point de mire.Des...
07/09 - Dissuasion nucléaire : la Corée du Nord met en service un nouveau navire de guerreLa Corée du Nord a mis en service dimanche un nouveau bâtiment de guerre, décrit par son dirigeant Kim Jong-un comme faisant partie d'un système de réponse nucléaire capable d'effectuer "des frappes de représailles dévastatrices", a dit ce lundi 7 septembre la presse officielle, sans préciser si ce destroyer serait équipé d'armes nucléaires.
Au cours d'une cérémonie organisée dans la ville portuaire de Wonsan, Kim Jong-un a déclaré que le déploiement de ce navire au large de la côte orientale de la péninsule coréenne envoyait un signal clair aux adversaires de Pyongyang, a rapporté l'agence de presse nationale KCNA. "Les inquiétudes de nos ennemis vont certainement s’accroître", a-t-il affirmé, cité par KCNA.
"Le moment est venu pour nous d'exercer notre souveraineté en mer et sous l'eau", a-t-il également dit, alors que la Corée du Nord a entrepris une modernisation de sa marine et que son dirigeant prône un renforcement plus large de ses capacités nucléaires.
La fille de Kim Jong-un, Ju-ae, était aux côtés de son père pour la cérémonie, apparaissant sur un écran géant au-dessus d'une foule en liesse et montant à bord du destroyer, comme l'ont montré les photographies de l'agence KCNA. Le Service national de renseignement de Séoul (NIS) estime que Ju-ae, de plus en plus mise en avant par Pyongyang, pourrait succéder à Kim Jong-un.Missiles à capacité nucléaire
Dénommé "Kang Kon", le destroyer de 5 000 tonnes s'était renversé lors d'une première tentative de mise à...
07/09 - "La politique migratoire du RN tuerait la France" : le constat implacable de l’économiste Zeke HernandezEn 2001, Zeke Hernandez recevait une lettre d’admission pour une grande université américaine, accompagnée d’une bourse couvrant l’intégralité de ses frais de scolarité. Mais ce qui aurait dû être une grande nouvelle pour cet Uruguayen de 21 ans prit la forme d’un dilemme : en acceptant, volait-il la place d’un étudiant américain ? Vingt-cinq ans plus tard, l’économiste a tranché : devenu l’un des meilleurs spécialistes du sujet, Zeke Hernandez s’emploie désormais à défendre les bienfaits économiques de l’immigration pour les pays d’accueil dans The Truth about Immigration (St. Martin’s Press, 2024, réédité en format poche en juin 2026).
En France, où s’amorce une campagne présidentielle dans laquelle le thème de l’immigration devrait occuper une place centrale, l’idée aurait de quoi faire sourire les électeurs du Rassemblement national, qui caracole en tête des sondages. En réalité, l’économiste va même plus loin : face au double problème de la dette et du vieillissement démographique, les pays riches finiront, selon lui, par s’arracher les immigrés. Au point d’anticiper que d’ici quelques années, les discours pro-immigrations seront électoralement populaires… Entretien.
L’Express : Dans votre livre, vous affirmez que l’immigration est économiquement très favorable pour les pays d’accueil. Comment cela ?
Zeke Hernandez : Beaucoup de gens pensent que les immigrés volent le travail des natifs, parce qu’ils voient l’économie comme un gâteau fixe dont il faudrait se...
07/09 - "Un résultat glaçant" : le triomphe de l’AfD en Saxe-Anhalt vu par la presse étrangère"Consternation." Le Der Spiegel n'a qu'un mot à la bouche au lendemain des élections régionales en Saxe-Anhalt. Avec près de 44 % des voix selon des résultats encore provisoires, l'AfD est arrivée largement en tête dans ce Land de l'est de l'Allemagne, ce dimanche 6 septembre. Une percée historique : le parti d'extrême droite devient le premier de son camp à se retrouver aux portes du pouvoir régional depuis la Seconde Guerre mondiale.
"Un résultat glaçant", titre de son côté Le Soir, qui évoque la "défaite cuisante" infligée aux partis démocratiques, "manifestement incapables de convaincre les électeurs de Saxe-Anhalt du danger majeur que représente l'AfD". Appelant à un "sursaut collectif", le quotidien belge rappelle la ligne de la formation allemande, entre "révisionnisme historique envers les crimes du IIIe Reich", discours anti-immigration et positionnement pro-russe.
L'Alternative pour l'Allemagne devrait manquer de peu la majorité absolue au Parlement régional. Le parti n'en inflige pas moins une lourde déconvenue aux conservateurs du chancelier Friedrich Merz, dans un contexte où 87 % des électeurs interrogés se disent mécontents du gouvernement fédéral, selon un sondage de sortie des urnes de la chaîne publique ARD.
Pour Der Spiegel, le scrutin marque "un saut dans une nouvelle dimension". L'AfD signe une victoire écrasante et le centre politique allemand semble s'effondrer. Friedrich Merz, "un chancelier sans programme à proposer aux électeurs", n'est...
07/09 - Inflation : le coût silencieux de l’épargne immobileUn chiffre qui ne bouge pas sur un relevé de compte donne volontiers une impression de stabilité. Pourtant, la valeur d’une épargne ne dépend pas seulement du montant affiché, mais aussi de ce que cette somme permet d’acheter. Lorsque les prix augmentent, un capital placé sur un support, peu ou pas rémunéré, perd progressivement de sa valeur réelle. L’érosion est discrète, puisqu’aucune somme n’est directement retirée du compte. Elle n’en est pas moins concrète : avec le même montant, il devient possible d’acquérir moins de biens ou de services qu’auparavant. C’est là tout le coût de l’inaction. Épargner reste indispensable pour faire face aux imprévus ou préparer un projet, mais laisser l’ensemble de son argent « dormir » ne suffit pas toujours à le préserver. Tout dépend du rendement obtenu au regard de l’inflation. S’il lui est inférieur, le pouvoir d’achat recule, avec un effet qui s’accumule dans le temps. La question n’est donc pas d’opposer systématiquement épargne et investissement, mais de réfléchir à la fonction de chaque somme : rester disponible, financer un projet prochain ou travailler sur un horizon plus long. Cette réflexion doit tenir compte des objectifs de chacun, de la durée envisagée et du niveau de risque accepté. Investir ne constitue pas une protection automatique contre l’inflation : la valeur des placements peut varier et une perte en capital reste possible. Comprendre l’érosion monétaire permet toutefois de ne plus confondre immobilisme et...
07/09 - "Rappelle-moi, ma belle" : le vrai Igor Bogdanoff raconté dans un livre par sa filleIls étaient un peu nos Michael Jackson : longtemps, on a suivi l’évolution physique d’Igor et Grichka Bogdanoff avec une fascination inquiète. Quand ils étaient plus jeunes, Roland Barthes voyait en les jumeaux "deux statues grecques", en même temps que des "extraterrestres bienveillants". C’est sur le petit écran, en présentant Temps X de 1979 à 1987 dans leurs combinaisons spatiales signées Thierry Mugler, qu’ils ont d’abord écrit leur mythologie. Ils n’ont cessé ensuite de vulgariser la science-fiction, tout en devenant eux-mêmes des créatures du troisième type…
Issue du premier mariage d’Igor, Anna Ostasenko Bogdanoff fait part de ses souvenirs auprès de lui. Ce n’était pas toujours une partie de plaisir. Un jour, adolescente, elle sort au Blue Cargo, sur la côte basque. Un fêtard s’exclame : "Il y a un Bogdanoff ! Il ressemble à un monstre." En privé, au volant de sa Porsche 911 déglinguée, Igor était une sorte d’ogre vivant au-dessus de ses moyens, "rigolant à grosses lèvres, de toutes ses dents et de toutes ses dettes". Cet "hypocondriaque absolu", dont la phobie des microbes rappelait Howard Hughes, était moins sourcilleux sur la sexualité. Leur redoutable grand-mère, victime d’inceste avant d’avoir leur mère avec le ténor afro-américain Roland Hayes, avait élevé Igor et Grichka dans un climat ambigu, limite malsain, qu’Igor reproduisit avec sa fille Anna. Rappelle-moi, ma belle ressemble à un roman décadent de Simon Liberati – sauf que tout y est vrai....
07/09 - Porno, réseaux sociaux : "Nous glissons d’un Etat nounou à un Etat censeur"Dans L’Odyssée, Ulysse ne demande pas que l’on fasse taire les Sirènes. Conscient du danger, il choisit de s’attacher au mât afin d’entendre leur chant sans y succomber. La distinction est essentielle : se protéger soi-même n’est pas interdire aux autres. Or la France semble emprunter le chemin inverse.
En mai 2024, la loi SREN impose une vérification de l’âge pour accéder aux sites pornographiques. La mesure paraît de bon sens : protéger les mineurs. Mais elle constitue aussi un cheval de Troie. Dès lors qu’il devient acceptable de subordonner l’accès des adultes à un contenu légal à la présentation d’une preuve d’âge, le principe d’un Internet libre et anonyme commence à céder devant celui d’une autorisation préalable. Ce qui est aujourd’hui exigé au nom de la protection des mineurs pourra demain l’être pour consulter d’autres contenus jugés sensibles, dangereux ou indésirables - sans parler des risques auxquels nos données personnelles s’exposent au vu de l’accélération des fuites subies par le gouvernement français cette année.
Le 25 juillet 2024, une nouvelle loi a créé un arsenal de déclaration, de surveillance et de sanctions contre les activités conduites pour le compte de puissances étrangères hors de l’Union européenne. Plus récemment, en juillet, nous avons assisté à la création d’une commission de protection de l’information contre les ingérences étrangères. Au même moment, le Conseil d’Etat validait la fermeture administrative d’un établissement libertin au...
07/09 - Israël : la colonisation au cœur de la stratégie électorale de Benyamin NetanyahouAprès moult tergiversations et sous la pression, Benyamin Netanyahou a fini par dénoncer, le 30 août, les jeunes colons radicaux qui bloquaient l’accès à plusieurs maisons palestiniennes depuis plusieurs semaines en Cisjordanie. "Je condamne fermement les actes criminels de violence commis dans les villages de Qusra et Jalud par une poignée d’émeutiers qui violent la loi, causent une énorme injustice aux colons respectueux des lois, entravent l’armée dans l’accomplissement de ses missions et nuisent à la réputation d’Israël dans le monde", a déclaré le Premier ministre israélien.
Il faut lire attentivement ces propos pour saisir la subtile stratégie électorale du chef de la droite israélienne, qui compte se maintenir au pouvoir à l'issue des élections législatives prévues le 27 octobre prochain. D’un côté, celui qui a cumulé près de 19 années au poste de Premier ministre déplore opportunément des actes de violence relayés par les médias internationaux, qui ulcèrent jusqu’à ses plus proches alliés, comme Mike Huckabee, l’ambassadeur américain à Jérusalem. Pourtant fervent soutien de la colonisation de la Cisjordanie, le diplomate a fustigé "un terrible acte de terreur" en parlant du blocus de Qusra.
Mais, dans le même mouvement, Benyamin Netanyahou ménage les "colons respectueux de la loi". Car son avenir politique dépend en grande partie de son alliance avec les deux piliers du mouvement de la colonisation : le parti sioniste religieux de Betzalel Smotrich et le parti...
07/09 - "Passer sa journée devant un écran sera bientôt un signe d’échec professionnel" : les convictions de Zack Kass, ex-cadre chez OpenAICet été, L’Express consacrait un dossier spécial à la manière dont l'intelligence artificielle va transformer notre temps libre et notre emploi du temps. Avec, en toile de fond, une question presque spirituelle : à quoi serviront les heures gagnées grâce à l’IA ? Parmi les experts interrogés, Zack Kass, ancien responsable de la stratégie commerciale chez OpenAI, invitait à se saisir du sujet de l’IA pour changer de logiciel sur notre rapport au temps. Dans un entretien à L’Express, – le premier qu'il accorde à un média français –, l’auteur de The Next Renaissance : AI and the Expansion of Human Potential (John Wiley & Sons, Inc, 2026, non trad.) développe sa pensée et ses prédictions.
Il estime notamment que l’angoisse, voire le vif rejet que suscite l’IA chez certains salariés tient à la manière dont les entreprises présentent les choses. Ou, plus précisément, à leur manque de vision. L'un des problèmes, pointe-t-il, "n'est pas la technologie, mais le fait que beaucoup d'organisations considèrent les gains de productivité uniquement comme une occasion de réduire leurs coûts, au lieu de se demander comment créer davantage de valeur." Mais ce consultant international spécialiste de l'IA et conférencier en est convaincu : "Au terme de cette transition, une fois que nous aurons véritablement appris à maîtriser ces nouvelles technologies, nous connaîtrons une sorte d’éveil spirituel." Entretien.
L’Express : Plusieurs études indiquent que l’IA libère du temps au travail,...
07/09 - Après la victoire de l’AfD en Saxe-Anhalt, l’Allemagne en terre inconnueC’est dans le Land d’Anhalt, entre le massif montagneux du Harz et le fleuve Elbe, que le Parti national socialiste des travailleurs allemands, le NSDAP, réussissait pour la première fois, en mai 1932, à obtenir une majorité relative et à diriger le gouvernement d’un des quinze Etats constitutifs de la République de Weimar. Quelques mois plus tard, en janvier 1933, le chef du parti, Adolf Hitler, était élu chancelier à Berlin et jetait les bases de la dictature nazie. Ce rappel historique aide à comprendre l’ampleur inouïe du choc que constitue pour l’Allemagne démocratique contemporaine la victoire électorale, dimanche 6 septembre, du parti d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (AfD), dans le Land de Saxe-Anhalt, avatar post-1945 du même Land que celui qui servit de tremplin aux nazis il y a 94 ans.
Avec 43,8 % des suffrages exprimés, l’AfD a obtenu un score sans équivalent pour un parti d’extrême droite allemand depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Elle est devenue, de loin, le premier parti du Land, plus de 25 points devant l'Union chrétienne-démocrate (CDU) qui dirigeait depuis 2002 le gouvernement de ce territoire de l’ex-RDA. Le parti du chancelier Friedrich Merz s'est effondré : il n’a recueilli que 17,2 % des suffrages, 20 points de moins qu'aux élections régionales précédentes en 2021. "Merz affirmait qu’il voulait nous réduire de moitié, s’est félicité un chef de l’AfD, Tino Chrupalla, dimanche soir. Mais c’est nous qui avons réduit la CDU de...
06/09 - Allemagne : l’AfD remporte une victoire historique aux élections régionales, le casse-tête des coalitions commenceLe parti d'extrême droite "Alternative pour l'Allemagne" (AfD) s'est hissé dimanche à la première place lors des élections régionales en Saxe-Anhalt, mais il n'était pas certain qu'il puisse former un gouvernement seul, selon les sondages à la sortie des urnes réalisés après la clôture du scrutin.
L'AfD a recueilli 44,5 % des voix, tandis que les conservateurs du chancelier Friedrich Merz ont obtenu 18,5 %. Les sociaux-démocrates de centre-gauche et les Verts, parti écologiste, ont tous deux franchi le seuil minimum pour entrer au parlement, selon un sondage à la sortie des urnes diffusé par la chaîne ARD.
La co-présidente du parti, Alice Weidel, a salué un résultat "historique" qui aurait donné à l’AfD un mandat clair pour gouverner, mais il n’était pas immédiatement clair si le parti serait en mesure de former un gouvernement.Le casse-tête des coalitions
Si l’AfD n’est pas en mesure de gouverner seule, cela pourrait déclencher un long processus de formation de coalition par les partis traditionnels, déterminés à empêcher l’accès au pouvoir d’un parti faisant l’objet d’une enquête pour extrémisme de droite menée par les services de renseignement intérieurs allemands. L’Alliance Sahra Wagenknecht (BSW), un parti populiste de gauche et partenaire de coalition potentiel de l’AfD, pourrait également franchir le seuil électoral.
Alors que les partis d’extrême droite ont gagné du terrain ailleurs en Europe, le passé nazi de l’Allemagne a contribué à une réticence des partis...
06/09 - Etats-Unis : pourquoi "l’été sexy du socialisme" pourrait ne pas passer l’automneLa première puissance mondiale, temple du capitalisme, serait-elle en train de succomber aux sirènes du socialisme ? Ces derniers mois, les primaires démocrates en vue des élections de mi-mandat de novembre ont été marquées par plusieurs victoires de jeunes candidats, membres ou proches des positions de la Democratic Socialists of America (DSA), une organisation indépendante du parti démocrate. Le 30 juin, dans le Colorado, Melat Kiros, 29 ans, soutenue par la DSA, a battu Diana DeGette, 69 ans, représentante à la Chambre depuis 1997, remportant ainsi l’investiture pour l’élection générale. Une semaine plus tôt, l’élu de New York à la Chambre des représentants Adriano Espaillat, 71 ans, perdait sa primaire face à Darializa Avila Chevalier, 32 ans, soutenue par le maire Zohran Mamdani. En août, dans le Michigan, la primaire sénatoriale voyait la victoire très médiatisée d’Abdul El-Sayed, 41 ans, soutenu par Bernie Sanders, face à la modérée Haley Stevens, avec un point d’avance. La gauche de la gauche a engrangé d'autres victoires ailleurs dans le pays, notamment dans le Minnesota et le Kentucky. De quoi donner à l'été 2026 une coloration plus rouge que d'habitude outre-Atlantique.
"L’été sexy du socialisme", expression employée par les socialistes démocrates eux-mêmes, a carrément atteint le seuil caniculaire le 18 août, lorsqu'en Floride, Angie Nixon, 42 ans, a gagné, à la surprise générale, la primaire pour le Sénat face à Alexander Vindman. Le Washington Post y a même...
06/09 - Jean-Christian Petitfils : "Sans la dette, il n’y aurait pas eu de Révolution française"Au rayon des essais et documents de la rentrée, La révolution française (Perrin) de Jean-Christian Petitfils figure en bonne place. A quelques mois d'une élection présidentielle que certains annoncent "révolutionnaire", les Français se replongent dans les années 1780. D'une plume alerte et corrosive, l'historien les guide au cœur des événements fatidiques, égratignant au passage idées reçues et figures de proue. Entre les canicules, la dette publique en surchauffe, et la société bloquée, il y a des similitudes troublantes entre la France de 1789 et celle de 2026. Selon le biographe de Louis XVI et Jésus, la révolution a véritablement commencé en 1786 avec une tentative de Révolution royale par le haut avortée, et en miroir une contre-révolution nobiliaire qui s’y opposa farouchement. Dès lors, se met en branle un engrenage que plus rien n'arrêtera.
Avec le regard de la science politique, mais aussi celui d'ancien banquier, Jean-Christian Petitfils revisite cet événement fondateur de notre modernité soulignant ses enjeux en matière de souveraineté, de légitimité, de jeux de pouvoirs, de luttes de clans, de stratégies de camouflage, de propagande et de technique d'embrigadement idéologique. "Notre société reste aussi politiquement intoxiquée par la Révolution, selon l'historien : le refus d’un dialogue constructif, l’idée d’une démocratie apaisée, la transformation de l’adversaire en ennemi viennent de là."
L'Express : Quels parallèles peut-on établir entre la France de...
06/09 - Blocage du détroit d’Ormuz : comment la Syrie veut devenir le nouveau corridor pétrolier du Moyen-OrientLe blocage du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, provoqué par la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran, ouvre une fenêtre d’opportunité inattendue pour la Syrie. Alors que cette voie stratégique pour le commerce mondial est devenue difficilement praticable, Damas entend profiter de la recherche d’itinéraires alternatifs pour le transport du pétrole et se positionner comme un corridor énergétique entre le Golfe et la Méditerranée.
Sur les routes désertiques reliant le sud de l’Irak à la côte syrienne, cette nouvelle réalité est déjà visible. "Jour et nuit, 5 000 camions imposants transportant du pétrole en provenance du golfe Persique sillonnent ce désert aride", rapporte le Washington Post, décrivant une immense caravane se dirigeant vers la Méditerranée. Ces camions-citernes ont commencé à relier les raffineries du sud de l’Irak au port syrien de Baniyas en avril. À l’origine, l’initiative venait d’exportateurs irakiens qui cherchaient à contourner Ormuz après l’interruption du trafic maritime.
Mais cette solution provisoire pourrait préfigurer une transformation plus ambitieuse. Soutenu par les pays du Golfe, la Turquie et Washington, le président syrien Ahmed al-Sharaa cherche à exploiter la position géographique de son pays pour en faire une plaque tournante régionale et sortir la Syrie de son isolement après quatorze années de guerre civile. Plus de dix-huit mois après la chute de Bachar el-Assad, Damas veut notamment tirer parti de la levée des...
06/09 - Ursula Von der Leyen au Groenland : l’Union européenne renforce son offensive face aux ambitions de Donald TrumpL’Union européenne entend marquer son territoire au Groenland. La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, se rend ce week-end à Nuuk, la capitale de cette terre autonome danoise, accompagnée du commissaire aux partenariats internationaux Jozef Sikela et de la Première ministre danoise Mette Frederiksen. Elle doit y annoncer une nouvelle enveloppe de 200 millions d’euros pour les années 2026 et 2027, une manière pour Bruxelles d'enfoncer le clou après la défaite de Donald Trump, dans sa bataille pour cette île arctique au début de son mandat.
L’annonce, attendue dimanche, avait été rapportée, vendredi 4 septembre, par le Financial Times. Les fonds doivent notamment servir à développer les matières premières critiques,les énergies renouvelables, les câbles sous-marins, les communications par satellite et les centres de données. Une partie de l’argent devrait également être destinée au gouvernement groenlandais pour renforcer ses capacités administratives. Reuters indique ne pas avoir pu confirmer ces informations dans l’immédiat. A noter que le déplacement de l'élue allemande était prévu plus tôt dans l’année, avant d’être repoussé en raison des élections anticipées au Danemark.
Sa venue intervient alors que Bruxelles cherche à resserrer ses liens avec Nuuk. La présidente de la Commission doit notamment signer une déclaration consacrée au développement des relations économiques entre l’Union et le territoire arctique, qui compte environ 57 000 habitants. "L’UE...
06/09 - "On se laisse aller budgétairement car on ne sait pas où on va politiquement" : le constat alarmant d’Antoine FoucherSon plaidoyer pour Sortir du travail qui ne paie plus, paru il y a deux ans (éditions de L’Aube), avait marqué les esprits. Antoine Foucher, ancien directeur de cabinet de la ministre du Travail Muriel Pénicaud (2017-2020), y appelait à un véritable "big bang" fiscal dans le but de revaloriser le travail au détriment de la rente. Ses réflexions, qui portaient notamment sur la nécessité de réduire l’écart entre les rémunérations brute et nette, ont infusé dans le débat public. En cette rentrée, le président du cabinet Quintet publie un nouvel essai, chez le même éditeur, en forme de projet de société : Pour que nos enfants vivent mieux que nous. Retraites, héritage, TVA… Il décrit pour L’Express les conditions du nouvel ordre économique et fiscal qu’il défend dans cet ouvrage.
L'Express : Comme l’an dernier, les débats autour du projet de loi de finances sont rythmés par les incantations des uns et des autres pour réduire la dette publique. A ceci près que nous sommes à huit mois de l'élection présidentielle... Dans ces conditions, que peut-il ressortir de cette séquence budgétaire ?
Antoine Foucher : Il y a tellement d'inconnues que presque toutes les combinaisons sont possibles. Tout le monde est obsédé par l'échéance de 2027. Le seul point commun entre tous les candidats, c'est que chacun a intérêt à hériter d'une situation budgétaire la moins dégradée possible. Pour autant, cela ne suffit pas à faire endosser des mesures difficiles, qui peuvent se payer...
06/09 - Donald Trump veut faire payer l’Europe pour l’aide américaine à l’UkraineEt si, maintenant, il s’agissait d’envoyer la facture ? Donald Trump veut faire payer l’Europe. Le président américain a annoncé, jeudi 3 septembre, son intention de demander aux pays européens de rembourser aux Etats-Unis l’aide militaire fournie à l’Ukraine sous la présidence de Joe Biden. Une nouvelle illustration de sa volonté de faire peser davantage sur les alliés européens le coût du soutien à Kiev. Cette déclaration survient alors que, dimanche 6 septembre, les émissaires américains Steve Witkoff et Jared Kushner sont attendus en Ukraine, pour la première fois, avec une proposition destinée, selon le locataire de la Maison-Blanche, à mettre un terme au conflit avec la Russie. Les deux hommes ont rencontré Vladimir Poutine à Moscou la veille.
Mais l'heure des comptes est arrivée : au 31 mars 2026, le Congrès américain avait débloqué 195 milliards de dollars pour des dépenses liées à la guerre en Ukraine, selon l’inspecteur général spécial américain chargé de l’opération Atlantic Resolve. Ce montant ne correspond toutefois pas à l’aide directement accordée à Kiev. Il inclut également des dépenses liées au conflit, notamment le financement de la présence militaire américaine en Europe. Sur ces 195 milliards, 164 milliards proviennent de cinq textes législatifs, dont le dernier a été adopté en avril 2024, le reste relevant notamment des budgets annuels des agences américaines et d’autres crédits. Selon l’Institut de Kiel, qui quantifie les aides militaires,...
06/09 - A Aix-en-Provence, un siècle de vie musicale en imagesIl suffit parfois d’un cliché pour retrouver un refrain ou revivre l'émotion d'un concert. C'est cette expérience rythmée que propose Musiques en Aix, présentée à l'Hôtel de Boadès par l'association Ceppia et le fonds patrimonial Ely. Une invitation à parcourir plus d'un siècle de vie musicale aixoise à travers le regard de quatre générations qui ont documenté l'histoire de la ville depuis la fin du XIXᵉ siècle. L'événement s'inscrit dans les célébrations du bicentenaire de la photographie, qui marquent les 200 ans de l'invention de Nicéphore Niépce. Plus qu'un hommage à une technique devenue universelle, il montre combien l'image constitue un remarquable outil de mémoire, les 222 tirages réunis ici racontant autant l'évolution des procédés de prise de vue que celle de la vie culturelle d'Aix-en-Provence.
Le parcours déroule ainsi une véritable bande-son visuelle. Les orchestres des années 1900, les bals populaires des années 1930, les premières éditions du Festival d'art lyrique et du festival pop de Saint-Pons côtoient les grandes heures de la chanson française et du jazz. Edith Piaf, Joséphine Baker, Charles Trenet, Jacques Brel, Georges Brassens, Charles Aznavour ou Johnny Hallyday figurent parmi les artistes saisis par les objectifs de la famille Ely, tout comme Sidney Bechet, Ray Charles, Miles Davis, Chick Corea ou Herbie Hancock, mais aussi les moments marquants du concours Francescatti, de la grand-messe pianistique de la Roque-d’Anthéron, de Class'EuRock, des...
06/09 - Les Etats-Unis frappent trois pétroliers iraniens près de l’île de Kharg, Téhéran promet des représailles renforcéesLes Etats-Unis ont bombardé samedi trois pétroliers iraniens, a annoncé le commandement central de l'armée américaine (CentCom), l'une de ces frappes ayant visé un navire mouillé près de l'île de Kharg, principale plateforme iranienne d'exportation de brut. Ces frappes sont intervenues en représailles à des tirs de missiles balistiques attribués au Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) contre deux bâtiments de l'US Navy. "Le message adressé au CGRI est clair : si vous tirez contre deux de nos navires, nous infligerons un coût économique encore plus élevé en vous en supprimant trois", a déclaré l'amiral Brad Cooper, chef du CentCom.
Selon le New York Times, le CentCom a précisé avoir "désactivé définitivement" un pétrolier au large de Kharg ainsi qu'un autre près de la ville portuaire de Jask, dans le sud de l'Iran, tandis qu'un troisième navire, vide, a été "complètement détruit" dans le golfe d'Oman après que son équipage a reçu l'ordre de l'évacuer. L'armée américaine affirme, toujours selon le New York Times, que ces trois pétroliers appartenaient à un vaste réseau clandestin finançant le CGRI et ses groupes alliés à l'étranger.
L'agence de presse semi-officielle iranienne Tasnim avait auparavant rapporté que quatre missiles américains avaient atteint un pétrolier dans la zone de mouillage de l'île de Kharg. Des sources locales citées par Tasnim ont indiqué qu'il n'y avait aucune victime et que l'équipage était en cours d'évacuation. Le CentCom a de son...
06/09 - "Les grands laboratoires d’IA sont les rois de la dissimulation" : l’expert Tom David décrypte la menace des agents autonomesÀ la mi-juillet, sept cents agents d’intelligence artificielle de l’entreprise américaine OpenAI se sont échappés de leur environnement de test afin de pirater la start-up Hugging Face. Si des pertes de contrôles similaires avaient déjà été observées chez des concurrents comme Anthropic ou Moonshot AI (Chine), cette cyberattaque a surpris par son intensité et son ampleur. Ce n’était que le début de l'affaire. Il y a quelques jours, METR et Redwood Research ont publié une enquête indépendante sur cet incident, la première du genre. En dépit d’importantes contraintes — à peine une semaine d'accès, trois chercheurs, un périmètre restreint et des outils fixés par OpenAI elle-même — celle-ci a effrayé bon nombre d’observateurs. Livrés à un examen qu'ils ne pouvaient pas réussir, les agents IA se sont organisés, hiérarchisés, et ont attaqué une entreprise tierce pour effacer leurs traces.
"Jusqu'ici, ces facultés n'étaient que théoriques", commente Tom David, directeur général du GPAI Policy Lab et expert nommé au panel scientifique européen sur l’IA. Faut-il craindre un effet "Terminator", où la machine devient incontrôlable ? Pas nécessairement, estime Tom David, qui pointe néanmoins le manque de sérieux des grands laboratoires dans la prévention d'événements graves, qui se multiplient. Vendredi 4 septembre, un nouveau rapport a fait état d'un détournement d'un site Web allemand, de nouveau par un essaim d'agents d'OpenAI. Le spécialiste s'inquiète de leur difficulté à...
06/09 - Rentrée littéraire 2026 : cinq premiers romans à lire absolumentA-t-il déjà plié le match ? Avec son saisissant C’était ça ou mourir (Grasset), récit de l’exil d’un Haïtien vers le Canada, Thélyson Orélien est déjà installé dans les meilleures ventes de livres et a reçu le prix Méduse – en attendant sans doute d’autres lauriers. Outre Orélien, nous vous avons aussi déjà recommandé David Djaïz et sa Méthode (Stock). Voici d’autres nouvelles têtes à ne pas louper. "Lazar", de Nelio Biedermann
Une famille dans le tourbillon de l'Histoire
Certains parlent d’un nouveau Thomas Mann. Et comparent son Lazar aux Buddenbrook. L’écrivain suisse Nelio Biedermann, 23 ans, déboule en France précédé d’une flatteuse réputation. Lors de la Foire de Francfort 2024, une vingtaine d’éditeurs dans le monde ont acquis les droits de son premier roman. Ces éloges sont justifiés. Nelio Biederman manifeste un talent fou. Alors qu’il n’a pas encore achevé ses études à l’université de Zurich, il signe un classique.
En couverture de son livre : un majestueux cheval blanc. Un lippizzan, comme en possédait sa famille juive hongroise avant d’émigrer en Suisse, en 1956. Le temps file au galop dans sa fresque familiale, en partie autobiographique, traversant deux guerres mondiales, le nazisme et le communisme.
De la chute de l’Empire austro-hongrois à l’invasion soviétique, les Lazar assistent, impassibles et impuissants, à leur décadence. Tous ses membres s’accrochent au passé comme à "l’ancienne version d’eux-mêmes".
A l’instar du baron Sandor, spectre livide...
06/09 - "C’est la Léna Situations de l’extrême droite" : Sarah Knafo, le splendide isolement d’une influenceuseIls sont là pour elle. Ce mardi 1er septembre, Sarah Knafo reçoit les siens dans une galerie parisienne à l’occasion du lancement de son livre Le Casse du siècle (Fayard), consacré à la "gabegie" de l'argent public. La (petite) famille de Reconquête a fait le déplacement. Plusieurs figures de la Bollorésphère - Eric Naulleau, Gabrielle Cluzel... - et du Figaro écoutent l'eurodéputée décrire son livre, construit sur le modèle d'une enquête policière. Eric Zemmour tient une conférence de presse improvisée, où il s'avance un peu plus vers une nouvelle candidature élyséenne. Les élus, eux, sont aux abonnés absents. Le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan est bien seul parmi cet aréopage d'éditorialistes, habitué à deviser sur la chaîne CNews.
Sarah Knafo qualifie souvent de "politiciens" les élus pour mieux s'en distinguer. A elle, les grandes idées et l'envie de renverser la table. A eux, la défense du système et la gestion forcément médiocre de la France des cinquante dernières années. L'eurodéputée Reconquête s'est constitué une solide base de supporters avec ce discours : son livre a été imprimé à plus de 100 000 exemplaires, elle apparaissait en août en douzième position du baromètre des personnalités politiques établi par Cluster 17. Ses comptes Instagram et X comptent plusieurs centaines de milliers d'abonnés. Ses réseaux sociaux ne manquent pas de rappeler ces bons chiffres. "Cela déclenche un phénomène de Fomo chez les internautes (peur de rater une expérience que...
05/09 - Nouveaux drones, attaques diurnes : la nouvelle stratégie russe pour épuiser l’Ukraine24 heures sur 24. Depuis le jeudi 27 août, la Russie intensifie les attaques aériennes contre l’Ukraine. Alors que les citoyens pouvaient jusqu’alors profiter de quelques moments d'accalmie la journée, désormais les attaques sont sans interruption. L’objectif est clair : augmenter la pression sur Kiev en épuisant la population et en contraignant les entreprises et les écoles à fermer.
Outre l’abondance des tirs, le Kremlin opte désormais pour de nouvelles armes. Selon le New York Times, Moscou délaisse progressivement les drones Shahed (ou Geran) - qu’il utilise depuis l’invasion de l’Ukraine en février 2022 - au profit d’une nouvelle version optimisée. A la place des hélices, un moteur à réaction. Loin d’être anodin, celui-ci permet aux drones de gagner en vitesse. Ces appareils sont désormais environ trois fois plus rapides que les anciennes générations, avec une vitesse pouvant atteindre les 300 miles par heure, soit environ 480 km/h. Cette transformation fait de cet appareil une sorte de missile de croisière moins sophistiqué.Un été sous les drones
Dans une vidéo adressée à sa nation dimanche 30 août, Volodymyr Zelensky a fait le point sur la situation depuis le début de l'intensité des attaques, le jeudi 27 août. “Il y a eu près de 1 500 drones de tous types rien que ces quatre derniers jours, dont environ 800 à réaction”, a-t-il comptabilité. Il a aussi affirmé que ces nouveaux aéronefs représentent désormais plus de la moitié des drones russes pour “épuiser” la...
05/09 - Guerre en Ukraine : des discussions entre Vladimir Poutine et les émissaires américains jugées "très utiles" par le KremlinLes représentants spéciaux américains Steve Witkoff et Jared Kushner sont arrivés à Moscou samedi pour des pourparlers sur la paix en Ukraine impliquant le président russe Vladimir Poutine. Un cortège de véhicules transportant les deux hommes accompagnés de l'émissaire russe Kirill Dmitriev a quitté l'aéroport gouvernemental de Moscou en direction du centre de la capitale, a rapporté un témoin de Reuters.
Vladimir Poutine a reçu samedi au Kremlin Steve Witkoff et Jared Kushner, avec qui il a tenu des discussions "très utiles", selon son conseiller diplomatique Iouri Ouchakov. Ce dernier a précisé que les émissaires américains avaient présenté un certain nombre d'idées concernant les moyens de parvenir à un accord, sans toutefois faire mention d'une avancée significative à l'issue de cet entretien de plus de trois heures.
Selon Iouri Ouchakov, Vladimir Poutine a dit à Steve Witkoff et Jared Kushner que la Russie effectuait de "vrais progrès" sur le champ de bataille et qu'elle était convaincue d'atteindre ses objectifs. Le chef du Kremlin a également souligné la nécessité de s'occuper de "toutes les racines du conflit". "Les discussions ont dépassé un simple échange de positions afin de mettre fin à la crise ukrainienne. Des questions économiques et de possibles accords, d'importance et mutuellement avantageux, pour des projets entre la Russie et les Etats-Unis ont été abordés en détail", a indiqué le conseiller de Vladimir Poutine, ajoutant : "Dans l'ensemble, on peut...
05/09 - "Les choses se dégradent vraiment" : faudra-t-il un jour évacuer les vallées de montagne ?Alton Byers a consacré sa vie à la montagne. Surtout aux plus grandes d’entre elles, l’Himalaya et les Andes, dont il a arpenté les pentes, majestueuses, dangereuses. Le chercheur de l’Université du Colorado (Etats-Unis), spécialiste des risques liés aux glaciers, a déjà couvert une douzaine d’éboulements et d’effondrements en haute altitude. Parfois en témoin direct des dégâts qu’ils peuvent provoquer. "Je pensais avoir assisté à des phénomènes vraiment massifs. J’en ai des vidéos. J’en ai même fui certains, raconte l’explorateur pour National Geographic. Mais la catastrophe du Népal dépasse tout ce qu’on pouvait imaginer. C’est absolument la plus grande que j’ai jamais vue."
Le 26 août, une crue dévastatrice a fait plus de 1 300 morts et 5 000 disparus à la frontière avec le Tibet, selon un bilan en constante évolution. Si les scientifiques tentent encore de retracer le déroulé exact de la catastrophe, une explication solide se dégage. Sur la face nord du Langtang Lirung, un sommet de l’Himalaya, un énorme pan de glacier s’est détaché avant de chuter de plus de 1 200 mètres. Un choc démesuré, enregistré comme un séisme de magnitude 5,2. Un amas de roches, de glaces et d'eau a ensuite déferlé en aval, sur plus de 100 kilomètres en sept minutes, emportant tout sur son passage : une dizaine de centrales hydroélectriques, des routes, des ponts, des quartiers, un poste-frontière… "On estime qu’une masse de 100 à 200 millions de mètres cubes a dévalé la montagne, dont une...
05/09 - Reform UK dans la tourmente : deux proches de Nigel Farage démissionnentBranle-bas de combat. Dans la soirée du jeudi 3 septembre, la chaîne britannique Channel 4 News a diffusé un reportage dans lequel plusieurs responsables de Reform UK sont mis en cause pour avoir cherché à contourner les règles encadrant le financement des partis politiques. Dès le lendemain de la diffusion de l’enquête, le vendredi 4 septembre, des têtes sont tombées. James Orr et Dan Jukes, deux hauts responsables du parti d’extrême droite et proches du leader, Nigel Farage, ont quitté leurs fonctions. Et ce, alors même que le congrès annuel de Reform UK se tenait le soir-même à Birmingham.Pris sur le fait
Plusieurs mois auparavant, quelques journalistes du média d’investigation Verbatim Media se sont infiltrés dans les coulisses du parti Reform UK. Sous couverture, l’un d’eux s’est fait passer pour un partisan Britannique dont le père serait un très riche entrepreneur américain. Problème : cet Américain n’est pas inscrit sur les listes électorales du Royaume-Uni ce qui l'empêche d'être considéré, en vertu du droit britannique, comme un donateur autorisé pour les comptes des partis politiques, et donc de Reform UK. Qu’à cela ne tienne. Sur les images, captées en caméra cachée par les journalistes, le responsable de la politique du parti, James Orr, met en place une stratégie avec les partisans supposés pour que ce généreux américain finance des sondages politiques bénéficiant à Reform UK.
Plus de 30 000 livres sterling (soit environ 35 000 euros) sont alors versés par...
05/09 - "La Chine a son plan Messmer, pas la France" : dans le nucléaire, les raisons d’une bascule historiqueC’est un basculement historique, sans bruit ni communiqué officiel. Avec la mise en service de ses réacteurs Taipingling 2 et Changjiang 3, la Chine a porté, en plein cœur de l’été, la puissance de son parc nucléaire - constitué de 62 unités - à près de 64 gigawatts (GW), dépassant ainsi la France (57 réacteurs, pour environ 63 GW), relève le site Connaissance des énergies. Désormais troisième au monde, derrière les Etats-Unis et la Chine, notre pays perd le rang qu'il occupait depuis des décennies. Déjà, en 2020, la production annuelle chinoise avait dépassé la nôtre, Pékin tirant davantage sur ses centrales que Paris.
"Il faut relativiser, assure un responsable chez EDF. Ce croisement était inévitable. La Chine a des besoins énergétiques bien supérieurs aux nôtres et les moyens de les financer. Son parc va continuer de grossir. Vers 2030, il deviendra sans doute le plus gros au monde". Par ailleurs, "avec près de 70 % de sa production d’électricité provenant de l'atome, la France demeure une championne du nucléaire, avec des atouts industriels importants et le taux d'émission de CO2 par habitant le plus faible des pays du G7", ajoute le président de l'association Patrimoine nucléaire et climat (PNC-France) Bernard Accoyer.
Il n’empêche : entre la France et la Chine, la différence de rythme et de vision interpelle. Sur les 72 réacteurs actuellement en construction dans le monde selon l'Agence internationale de l’énergie (AIE), la moitié se trouve en Chine, qui aligne à...
05/09 - "Rendez-vous sur l’autre rive", de Jay McInerney : l’heure des adieux à ses personnages fétichesQuatre décennies plus tard, ils ne se quittent toujours pas. Alors que Les Eclats, fausse autofiction horrifique de Bret Easton Ellis, vient d’être adaptée par Ryan Murphy en série sous son titre originel (The Shards sur Disney +), Jay McInerney clôt avec Rendez-vous sur l’autre rive sa saga romanesque consacrée au couple Corrine et Russell Calloway. Dans les années 1980, après avoir publié les romans cultes Bright Lights, Big City et Moins que zéro, les deux compères, enfants terribles des lettres américaines, ont été associés par les médias au "literary brat pack", groupe de romanciers branchés et noceurs. Sans doute la dernière fois où des écrivains ont pu poser à côté de rock stars, d'acteurs et de mannequins dans les pages people. Depuis, si la cocaïne, les marques de luxe et les célébrités ont continué de peupler leurs fictions, Bret Easton Ellis et Jay McInerney ont emprunté des voies très différentes. L’auteur d’American Psycho est retourné dans sa Californie natale, s’est brûlé les ailes à Hollywood et a confirmé que Stephen King était son vrai maître. Admirateur de Balzac, le second n’a jamais déménagé de New York et a fait de la ville le vrai sujet de sa comédie humaine.
Depuis son chef-d’œuvre Trente ans et des poussières (1992), qui tournait autour du krach de 1987, Jay McInerney aime confronter ses personnages fétiches, les Calloway, aux crises historiques, propices aux turbulences intimes. Dans l'émouvant La Belle Vie, le choc du 11 septembre 2001...
05/09 - Malouines : Javier Milei sort la carte du nationalisme face à une popularité en berneNouveau cheval de combat stratégique. Lors d’une prise de parole officielle le jeudi 3 septembre sur la chaîne de télévision nationale, TV Publica, Javier Milei a annoncé prendre des "mesures plus fortes" contre tout projet pétrolier offshore près des îles Malouines, expliquant qu’ils représentent une tentative de vol sur les ressources de son pays. Cette déclaration vient renforcer une revendication ancienne : celle de la souveraineté argentine sur cet archipel situé à quelques centaines de kilomètres de l’Amérique du Sud, mais détenu par le Royaume-Uni.Un revirement stratégique
Pourtant, Javier Milei n’avait jamais fait de cette question sa priorité depuis son arrivée à la tête du pouvoir en 2023. Dans les jours qui avaient suivi son élection, il avait même déclaré avoir "décidé d’entretenir des relations responsables" avec Londres, auprès du Wall Street Journal. Mais la donne a changé. Depuis, bien qu’il ait remporté les élections de mi-mandat en novembre 2025, l’engouement de la population pour sa politique faiblit. En juillet dernier, le soutien au président a chuté de 37 %. Parmi les causes : la hausse du chômage.
Javier Milei se devait donc de contre-attaquer. Et Donald Trump lui a fait une passe décisive. Plus tôt dans la semaine, son allié américain a laissé sous-entendre qu’il pourrait changer d’avis sur la question des îles Malouines. Actuellement, Washington reconnaît le contrôle du Royaume-Uni sur cet archipel tout en restant neutre sur la question de la...
05/09 - Un week-end à Aix-en-Provence : Paul McCartney, l’œil derrière la légendeAvant d'être des icônes traquées par des hordes de fans, les Beatles sont quatre garçons qui attendent dans des chambres d'hôtel, regardent défiler le paysage depuis un train ou blaguent avant d’entrer sur scène. Parmi eux, un jeune bassiste garde toujours un appareil 35 mm à portée de main. Il s'appelle Paul McCartney et le millier de clichés qu’il prend alors, redécouverts dans ses archives en 2020, racontent de l'intérieur l’explosion d'un phénomène mondial. Aujourd’hui, le musée Granet d'Aix-en-Provence en expose plus de 250, réalisés au moment où le groupe cesse d'être un phénomène britannique pour devenir une déferlante mondiale. Organisée par l’ex-Beatle avec MPL Communications – le label qu’il a fondé en 1969 – et la National Portrait Gallery de Londres, cette étape française s'inscrit également dans la programmation des Rencontres de la photographie d'Arles.
Chez Paul McCartney, le médium est un vieux compagnon : enfant, il s’y initie avec son frère Mike grâce au Kodak Brownie familial et continue de photographier tout ce qu’il a sous les yeux lors des tournées avec ses acolytes. Les tirages argentiques et les planches contact présentée ici couvrent une période brève, quelques mois à peine, mais une éternité dans l'histoire de la pop. Venus de Liverpool, leur ville natale, les Beatles s'imposent dans la capitale britannique à la fin de l'année 1963. En janvier 1964, ils traversent la Manche pour se produire à Paris dans un Olympia surchauffé. Quelques semaines...
05/09 - Derrière les IA hackeuses, une avalanche d’intox, par Robin RivatonDes robots ayant inventé une langue secrète et des ingénieurs contraints de les débrancher en catastrophe. En 2017, la presse mondiale avait raconté bien des fadaises sur une expérience de Facebook visant à entraîner des agents à négocier entre eux. La réalité était plus prosaïque : récompensés sur le résultat et non sur la grammaire, ces agents avaient opté à la longue pour un jargon compressé. Plus récemment, un soi-disant forum de discussions entre agents IA a défrayé la chronique, avant qu’on ne découvre qu'il était animé par des opérateurs bien humains.
Entre le 9 et le 13 juillet, le cirque médiatique s'en est de nouveau donné à cœur joie. Des agents pilotés par un modèle interne d'OpenAI se sont échappés de leur environnement d'évaluation, ont atteint Internet et sont entrés dans l'infrastructure de production de Hugging Face, la plateforme de partage de modèles. Quelque 1 200 agents, censés rester isolés, ont échangé plus de 70 000 messages sur un forum improvisé, et près de 700 ont participé à l'intrusion. Le podcasteur Dwarkesh Patel en a tiré un récit qui a fait sensation. Une saga lue 9 millions de fois, peuplée de "civilisations" successives, de fraternités clandestines et d'agents se sacrifiant pour le collectif.Des milliers d'agents IA
Le dossier technique raconte autre chose. Hugging Face indique que les failles exploitées dans son périmètre étaient banales - notamment des identifiants partagés entre plusieurs grappes de serveurs. Un attaquant humain...
05/09 - Ukraine : un drone russe frappe pour la première fois le siège des services de sécurité à KievUn drone russe a frappé vendredi le siège du service de sécurité ukrainien (SBU) à Kiev, l’une des cibles les plus emblématiques touchées depuis le début de la guerre, alors que la Russie intensifie sa campagne de frappes aériennes contre l’Ukraine. L’Ukraine a qualifié cette attaque d’escalade majeure du conflit et le président Volodymyr Zelensky a promis de riposter, alors que les frappes aériennes de Moscou sur la capitale ukrainienne en sont à leur dixième jour. Une épaisse fumée noire s'est élevée dans le centre historique de Kiev à la suite de l'attaque, qui, selon le maire de la ville, a fait au moins 12 blessés.
Au cours de plus de quatre ans et demi de guerre avec la Russie, les bâtiments du gouvernement ukrainien ont rarement été endommagés par des frappes de drones ou de missiles. "Le drone visait directement le bureau du chef du service de sécurité situé dans ce bâtiment", a déclaré Zelensky sur l'application Telegram. Il a ajouté avoir ordonné "une riposte appropriée, concrète et, dans la mesure du possible, à la mesure de cette frappe". "Le chef de la SBU, Oleksandr Poklad, m’a fait part des préparatifs de notre riposte active aux frappes russes", a déclaré le président ukrainien, en publiant une photo de leur rencontre dans son bureau à Kiev. "La portée géographique de notre riposte a été déterminée."
Le SBU joue un rôle essentiel dans l’effort de guerre ukrainien, puisqu’il mène des frappes de grande envergure et en profondeur à l’intérieur de la Russie,...
05/09 - Ceuta : la crise migratoire qui isole un peu plus Pedro SanchezDu Covid à l’amnistie des indépendantistes catalans ou aux scandales de corruption de son entourage, il était imperméable aux crises. C'est ainsi qu'une partie de l'Europe voyait encore Pedro Sanchez jusqu’au 31 juillet dernier, lorsque 72 000 migrants marocains ont afflué dans l'enclave de Ceuta, faisant au moins 91 victimes. Un épisode dramatique qui pourrait marquer le début de la fin pour le "chevalier blanc" de la gauche européenne.
En huit années au pouvoir, Pedro Sanchez n’avait encore jamais affronté une tempête politique d’une telle ampleur. Convoqué le 3 septembre en session extraordinaire devant le Parlement, le président du gouvernement espagnol a - de nouveau - exonéré Rabat de toute responsabilité dans l’organisation de cet afflux massif, accusant plutôt la Russie, Israël et une "internationale d’ultradroite" d’avoir alimenté la crise par la désinformation. "Je peux vous assurer qu’aucune institution, ni le service diplomatique, ni la Commission européenne, ni aucun organisme international n’a fourni au gouvernement espagnol la moindre preuve solide que le Maroc ait planifié ou exécuté cet incident", a-t-il insisté. Un récit qui contredit un récent rapport du renseignement policier espagnol dénonçant la permissivité des forces marocaines à la frontière.Son camp est très divisé
La version de Sanchez n'a en tout cas convaincu ni le PP (droite) d’Alberto Núñez Feijóo, qui réclame sa démission, ni Vox (extrême droite) de Santiago Abascal, qui a surfé sur le...
05/09 - "L’usine est la première arme" : le grand retour de la cartouche françaiseIl y avait un trou de 5,56 millimètres dans la défense française : depuis 1999, l’Hexagone ne fabriquait plus sur son territoire les cartouches utilisées quotidiennement par ses soldats. Elle les achetait ailleurs, et pendant près de trente ans, personne n’y voyait d’ailleurs vraiment matière à scandale : les munitions arrivaient, coûtaient moins cher et donnaient à l’optimisation son meilleur argument. Tout tenait alors au marché disponible : "À la fin de la guerre froide, il y avait énormément d’usines de production de petit calibre dans le monde, raconte le ministère des Armées à L’Express. Le marché était assez ouvert et on a fait le choix de renoncer à nos capacités industrielles en France parce qu’elles étaient économiquement beaucoup moins viables que ce qu’on trouvait à l’international." Aucun drapeau sur la boîte, mais la cartouche atteignait sa cible : affaire conclue. Le jour où le marché ne suffit plus
Sauf qu’entre acheter quelque chose à l’étranger et pouvoir compter dessus en toutes circonstances, il existe une différence que les dernières années ont rendue beaucoup moins théorique. D’abord le Covid, où la France découvre avec les masques qu’un marché peut paraître approvisionné à merveille jusqu’au jour où tous les États réclament le même produit en même temps. Puis la guerre en Ukraine fait passer une vieille évidence militaire de la théorie au bon de commande : un conflit de haute intensité consomme énormément de munitions, et donc énormément de...
05/09 - Pourquoi lire des romans vous permettra de vivre mieux et plus longtemps, par le Pr Antoine FlahaultA l'heure des réseaux sociaux, de l'intelligence artificielle générative, et de la multiplication des écrans, le temps consacré à la lecture de livres ne cesse de diminuer. Il existe pourtant une recherche de plus en plus abondante, y compris avec de bons niveaux de preuve scientifique, notamment à travers des essais randomisés, pour démontrer que la lecture quotidienne peut permettre de vivre plus longtemps, et surtout en meilleure santé, grâce à ses multiples effets positifs sur notre cerveau.
Une étude portant sur un échantillon représentatif de plus de 3500 personnes retraitées nord-américaines a montré une réduction de 20% de la mortalité après douze ans de suivi des participants lisant des livres par rapport à ceux n’en lisant pas, quels que soient leur sexe, leur âge, leur statut marital, leur niveau de revenus et d’instruction, leur état de santé physique et mentale. La lecture en général est bénéfique, mais la lecture des livres, notamment les livres de fiction, est celle qui semble la plus profitable pour la santé. Ainsi, cette étude suggère que lire des romans trente minutes par jour pourrait prolonger l’espérance de vie des lecteurs de deux ans.La lecture pour prévenir la maladie d’Alzheimer
Plusieurs études ayant suivi des personnes âgées pendant de nombreuses années ont montré, outre les effets sur la survie, une possible protection de la lecture contre le déclin cognitif lié à l’âge. De quoi, peut-être, en faire un potentiel outil préventif contre la...
05/09 - "Avec la Russie, les pratiques de guerre froide sont de retour en Europe" : l’alerte de l’ex-ministre tchèque Jan LipavskyAttentat déjoué à Leipzig, incendie dans une usine de drones en Pologne, agents recrutés via Telegram à Prague, craintes d'actions de sabotage au Danemark... Alors que, selon l’Ukraine, la Russie entend mobiliser jusqu’à 600 000 soldats au cours des deux prochaines années, et que plusieurs pays européens s’apprêtent à tenir des élections prochainement, la "guerre hybride" menée par Moscou suscite de plus en plus d’inquiétudes au sein de l’UE.
Pour l'ancien ministre tchèque des Affaires étrangères Jan Lipavsky et aujourd'hui député ODS (centre droit), il ne fait aucun doute que Moscou a franchi un nouveau palier. Sabotage, espionnage sous couverture diplomatique ou journalistique, désinformation à l'approche de scrutins cruciaux se multiplient. L'une des voix européennes les plus fermes face aux ingérences russes détaille pour L'Express les failles de la sécurité sur le Vieux Continent et plaide pour une réponse plus offensive face au Kremlin. Il livre une mise en garde : si Vladimir Poutine échoue à obtenir un résultat décisif en Ukraine, un test de la résistance de l'Otan dans les pays baltes devient, selon lui, un scénario plausible. Entretien.
L’Express : L'Allemagne a formellement accusé la Russie d'être responsable d'une tentative d'attentat à l'aéroport de Leipzig. Faut-il y voir un nouveau palier dans l'agression de Moscou contre l'Europe ?
Jan Lipavsky : Cette escalade n'a pas commencé hier. Mais il faut comprendre une chose : si l’opération de Leipzig avait...
05/09 - Désobéir en cas de victoire de Le Pen ? Les inquiétants appels de Tondelier ou Panot, par Gérald Bronner"La démocratie, c'est tellement surfait", affirmait Frank Underwood, l’antihéros président des Etats-Unis dans la série House of Cards. Ce serait bien la démocratie, à condition que les électeurs votent "comme il faut". Il est vrai que les résultats des urnes sont, par définition, toujours décevants pour un camp mais, est-on encore démocrate lorsque la victoire des adversaires rend légitime la révocation du vote populaire ? Donald Trump en a fourni la caricature tragique : on sait où cette rhétorique a conduit le 6 janvier 2021. Et que dire de Jair Bolsonaro, condamné à 27 ans de prison par le Tribunal suprême fédéral en 2025 après qu’il a contesté par la violence et le coup d’État les résultats électoraux de la présidentielle 2023 au Brésil.
Ces derniers temps, à mesure que les sondages rendent crédible l’élection de Marine Le Pen à la présidentielle de 2027, les déclarations se multiplient qui font douter de la sincérité démocratique de certains. Marine Tondelier, par exemple, interrogée récemment sur l’antenne de LCI a fait savoir elle espérait des "désobéissances" en déplorant par avance le fait qu’il "y en aura très peu". D’une façon non moins ambiguë, Mathilde Panot a affirmé, il y a peu sur l’antenne de BFMTV : "Nous résisterons de toutes les manières qu’il faut". On pourrait multiplier les exemples mais je me contenterai ici d’une dernière déclaration qui vaut par sa radicalité. Elle fut faite, fin août, toujours sur BFMTV, par Elsa Marcel, élue du conseil...
04/09 - Plan d’aide agricole : "Une partie du choc est encore devant nous"Après un été noir, le gouvernement veut panser les plaies d'une ferme France à la peine. Ce vendredi, la ministre de l'Agriculture Annie Genevard a annoncé débloquer un milliard d'euros pour aider les agriculteurs à surmonter le choc provoqué par la canicule et la sécheresse - deux phénomènes qui coûteront 0,1 point de croissance à l'Hexagone cette année, d'après Bercy. Au menu : indemnisations accélérées, prolongation du guichet d'aides à l'achat d'engrais... Pour Vincent Chatellier, économiste à l’Inrae, les effets de la crise sont pourtant loin d’être terminés et des menaces continuent de planer sur la souveraineté alimentaire tricolore.
L'Express : Ces mesures, destinées à soutenir la trésorerie des exploitants, vous semblent-elles à la hauteur des enjeux ?
Vincent Chatellier : Bien qu'en deçà des demandes syndicales initiales, l'enveloppe reste historique et la réponse de l'Etat à la crise est intervenue rapidement. Elle englobe les dommages liés aux épisodes de canicule et de sécheresse d’une intensité exceptionnelle, auxquels se sont ajoutés de nombreux incendies. La sécheresse ne touchait d'ordinaire que quelques départements, ce qui permettait d’organiser plus facilement des compensations ou solidarités entre les territoires, notamment via l’achat de fourrages auprès des zones moins affectées. Cette année, la difficulté réside dans son caractère généralisé.
Pour autant, ce milliard d’euros n'est pas simplement calibré pour faire face au choc de l'été ; il...
04/09 - Ventes de livres : Sarah Knafo ou François Hollande, qui va le mieux démarrer ?D’un côté, un vieux briscard de 72 ans qui tente un come-back. De l’autre, une jeune ambitieuse de 33 ans qui entend bien crever l’écran pour de bon. François Hollande, vu en Une du Point, publie Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche (Robert Laffont) pendant que Sarah Knafo, aperçue en couverture du JDD, fait paraître Le Casse du siècle (Fayard), qui rappelle les livres vintage de Jean Montaldo – auteur dans les années 90, chez Albin Michel, de titres tels Mitterrand et les 40 voleurs…, Rendez l’argent ! ou Main basse sur l’or de la France. Lequel des deux sortira vainqueur de leur affrontement en librairie ? A première vue, François Hollande devrait faire figure de favori. Il a un bon historique de ventes, avec un pic à plus de 130 000 exemplaires en 2018 grâce aux Leçons du pouvoir (Stock). Mais son dernier livre en date, certes plus pointu, Le Défi de gouverner. La Gauche et le pouvoir de l’affaire Dreyfus jusqu’à nos jours (Perrin), s’était vendu dix fois moins en 2024… De son côté, Sarah Knafo annonce une première impression de 100 000 exemplaires pour Le Casse du siècle. On espère pour son éditeur que, avec un tel tirage, elle fera mieux que Marion Maréchal – 20 000 exemplaires pour Si tu te sens Le Pen sorti en janvier, également chez Fayard.
En attendant leurs chiffres, notons que Clémence Guetté a réussi le lancement de Pour une politique de l’amitié (La Découverte), un essai visiblement très inspiré de ce qu’écrivait Geoffroy de Lagasnerie il y a trois ans....
04/09 - Crise des migrants à Ceuta : l’Espagne ne doit pas rester seule, par Manuel VallsLes 30 et 31 juillet derniers, près de 80 000 personnes ont franchi, principalement à la nage ou par les enrochements du Tarajal, la frontière qui sépare le Maroc de Ceuta ; pendant dix heures et sous le regard des gendarmes marocains. 141 morts noyés, dont de nombreux enfants, une ville de 83 000 habitants submergée, une population abandonnée.
Dès le lendemain, la majorité des migrants sont revenus au Maroc, avec l’aide, cette fois-ci, de ses forces de l’ordre. Mais aujourd’hui la ville autonome est au bord du gouffre : espace public engorgé, services publics saturés, affrontements violents, agressions sexuelles. Au moins 10 000 migrants, dont plus de 1 500 mineurs, restent dans une situation très précaire sur le plan humanitaire et sanitaire. Ceuta, enclave de 20 km2, portugaise dès 1415, est espagnole depuis 1580. Ses habitants, de toutes origines et confessions, sont des citoyens espagnols, donc européens. L'Espagne est en première ligne des routes migratoires : atlantique, très meurtrière, vers les Canaries ; algérienne, la plus empruntée, vers les Baléares et la péninsule ; et les enclaves de Ceuta et Melilla, les deux seules frontières terrestres de l'Union européenne sur le continent africain. Des mafias agissent des deux côtés de la Méditerranée, trafiquant êtres humains et drogue.Un événement géopolitique
Mais la crise de Ceuta n'est pas un simple épisode migratoire, c’est un événement géopolitique : une agression contre la souveraineté espagnole et son...
04/09 - La France revoit sa représentation cartographique du monde pour plus d’équitéRebattre les cartes pour une représentation plus fidèle du monde. C'est précisément le sens de la résolution portée par le Togo devant les Nations unies ce vendredi 4 septembre, et voulue de longue date par l'Union africaine. La France, pour sa part, a annoncé ce jour qu'elle soutenait cette réforme de la cartographie mondiale et abandonnait la projection de Mercator, pour mieux refléter les réalités géographiques et géopolitiques des continents. L'adoption du projet par l'ONU pourrait permettre de modifier les normes utilisées par les agences onusiennes, mais aussi dans les manuels scolaires ou les rapports internationaux.Distorsion de la réalité
Car depuis le XVIe siècle, c'est la projection de Mercator - dessinée à l'époque par le cartographe flamand Gerardus Mercator - qui s’est imposée dans les représentations du monde. Problème : cette carte, conçue initialement pour la navigation, déforme fortement les superficies à mesure que l’on s’éloigne de l’équateur. Le Groenland, par exemple, y apparaît presque aussi vaste que l’Afrique, alors qu’il est en réalité environ quatorze fois plus petit.
Pour y remédier, Paris adoptera donc désormais la projection Eckert IV - du nom du cartographe allemand Max Eckert -, qui réduit ces écarts et restitue davantage les étendues réelles de l’Afrique, de l’Amérique latine et de l’Asie du Sud. Et représente en contrepartie les régions situées aux hautes latitudes comme l’Europe, les États-Unis, la Russie et certaines autres, dans une...
04/09 - Automobile : en attaquant le Canada, Donald Trump fragilise aussi... l’industrie américaine"Je ne veux pas de voitures canadiennes, je ne veux pas de pièces canadiennes". Ces quelques mots, lâchés par Donald Trump sur Truth Social ce dimanche 30 août, ne laissent plus aucun doute : le président américain a le secteur automobile canadien dans le viseur. Quelques jours plus tôt, il menaçait de frapper les voitures, poids lourds et pièces détachées du pays de taxes à 50 % à partir de janvier.
La filière, qui pèse pour 10 % des exportations du pays, est au bord du précipice. Déjà mise à mal par les droits de douane en vigueur et le flou autour de l'accord Canada - Etats-Unis - Mexique (ACEUM), elle est aussi confrontée à une série de défis structurels. En mai dernier, la Royal Bank of Canada envisageait parmi ses scénarios qu'en 2040, "toutes les usines canadiennes de montage automobile pourraient avoir fermé leurs portes". Chad Bown, chercheur au Peterson Institute for International Economics et coauteur de How to Win a Trade War, alerte sur les effets délétères de l'escalade commerciale pour les deux voisins nord-américains.
L'Express : Donald Trump est-il en train de gagner sa guerre commerciale contre le Canada ?
Chad Bown : Difficile à dire... car son objectif n'est pas clair. Si le narratif du "TACO" (NDLR : Trump always chickens out, Trump finit toujours par reculer) peut s'appliquer à certains pays, le Canada, lui, subit un coup très dur depuis un an. Ses secteurs clés — l’automobile, les pièces détachées, l’acier et l’aluminium — ont tous été frappés de...
04/09 - L’UE pas encore prête en cas d’invasion russe : l’alerte de la Cour des comptes européenneLe couperet est tombé. Selon la Cour des comptes européenne, qui a rendu ses conclusions ce jeudi 3 septembre, la capacité de l'Europe à se défendre en cas de guerre à horizon 2030 reste encore incertaine, et ce malgré une nette amélioration par rapport à ses capacités de défense d'avant l'invasion de l'Ukraine en 2022. Les principaux défis à relever sont le "manque de coordination" entre Etats et la "dépendance persistance aux Etats-Unis", explique au Guardian le responsable en charge du rapport Marek Opiola. Difficulté à se coordonner
Concrètement, une trop grande fragmentation persiste aujourd'hui dans l'organisation de la défense européenne, souligne le rapport. Un exemple parlant est celui de la mobilité militaire : dans l'hypothèse où l'UE devrait déplacer des troupes et du matériel militaire d'un bout à l'autre de l'Europe, les infrastructures – ponts, voies ferrées et tunnels – doivent être modernisées pour supporter le poids et la largeur de ces équipements militaires.
Alors que différents fonds de l'UE, tels que le mécanisme pour l'interconnexion en Europe, le Fonds européen pour la compétitivité et les plans de partenariat nationaux, pourraient financer de tels investissements, "il existe un risque de mauvaise coordination et de chevauchement entre ces différentes sources de financement", a confié à la presse Kinga Wisniewska-Danek, haute fonctionnaire à la Cour et cheffe de cabinet du rapporteur.
Un autre exemple - qui n'est pas mentionné dans le rapport,...
04/09 - Présidentielle 2027 : Marine Le Pen - Jordan Bardella, un ticket qui se déchire déjàVouloir faire l’inverse de ce que tous les autres ont fait jusqu’à présent, c’est bien joli, mais cela peut se révéler risqué. Car il y a des raisons, et même parfois de bonnes raisons, qui ont poussé tous ceux d’avant à agir ainsi. Le 7 juillet, sur le plateau de TF1, libérée des décisions judiciaires, Marine Le Pen ne se porte pas seulement candidate à l’Elysée. Elle annonce pour la première fois, avec solennité, un "ticket gagnant" : elle à l’Elysée, Jordan Bardella à Matignon. Pendant l’interview de 14 minutes, elle emploie cinq fois le mot de "binôme". On ne l’arrête plus : "un couple politique", ose-t-elle.
Pendant plusieurs jours, toute la communication du RN tourne autour de ce point. Au Journal du dimanche, elle répète : "un binôme clair, performant, complémentaire, solide et équilibré. C’est notre force. Je crois même qu’aujourd’hui, nous sommes dans la meilleure situation pour aborder cette élection présidentielle, précisément parce que, après l’arrêt de la cour d’appel, ce binôme est non seulement maintenu, mais renforcé."
Les mots ont leur importance. Cette déclaration de candidature ne ressemble de fait à aucune autre. En 1969, Gaston Defferre, candidat de la SFIO, emploie volontiers le terme "équipe" pour évoquer son association avec Pierre Mendès France. Au premier une présidence arbitrale, au second la responsabilité du gouvernement. Total (si l’on ose dire) : 5 % des suffrages au premier tour. Première leçon : s’afficher en tandem n’a pas une...
04/09 - Prix Goncourt 2026 : mais que vient faire le galeriste Patrice Trigano sur la liste ?Dans les piles des romans de la rentrée, c’est un petit livre de 140 pages qui avait échappé à notre vigilance (comme à celle de nos confrères critiques littéraires, qui n’en ont pas encore parlé) : Bataille au procès de Patrice Trigano, paru chez Maurice Nadeau. Surpris par sa présence sur la première liste du prix Goncourt, nous avons pris le temps de lire ce court texte dédié "à ceux qui préfèrent la brûlure au mensonge". Il y est question du procès de l’éditeur Jean-Jacques Pauvert, poursuivi en 1956 pour avoir publié le marquis de Sade. Outre Georges Bataille, personnage principal, Patrice Trigano met en scène Maurice Garçon, alors avocat de Pauvert. Si le livre n’est pas inintéressant sur le plan de l’histoire littéraire, il ne paraît pas essentiel dans une rentrée 2026 de très bonne facture, comportant notamment un roman et un récit très ambitieux, Paradisi Gloria d’Elise Lespade et La Punition d’Arthur Dreyfus, tous les deux absents de ladite liste du Goncourt.
Il n’aura pas échappé aux observateurs attentifs que Patrice Trigano, galeriste très réputé, et charmant homme au demeurant, a exposé plusieurs fois l’œuvre picturale de Tahar Ben Jelloun – en plus d’être écrivain et dépositaire du 6e couvert du jury Goncourt (où il succéda en 2008 à François Nourissier), Ben Jelloun est en effet artiste-peintre, travaillant à l’acrylique sur toile. Sa dernière exposition en date, Villes rêvées, s’est tenue entre début décembre 2021 et fin janvier 2022 rue des Beaux-Arts,...
04/09 - Midterms 2026 : Elon Musk ressort le chéquier pour aider les républicainsEn 2024, il avait dépensé plus de 250 millions de dollars pour soutenir Donald Trump et d'autres candidats républicains, devenant ainsi le plus grand donateur politique individuel de l'histoire des États-Unis. A l'approche des élections de mi-mandat, Elon Musk remet la main à la poche : le fondateur de SpaceX a dépensé plus de 800 000 dollars ces derniers jours dans plus d'une douzaine de campagnes électorales clés pour le Congrès par le biais de son super PAC, finançant des envois postaux et d'autres supports de campagne pour les candidats républicains qui font face à des courses serrées.
Aux Etats-Unis, les PAC (pour "Comité d'Action Politique") sont des organisations qui collectent et dépensent de l'argent pour influencer les élections, le plus souvent en soutenant ou en attaquant des candidats. Les "super PAC" peuvent lever et dépenser des sommes illimitées, sans toutefois donner directement d'argent aux candidats. Disposant d'une réserve de 50 millions de dollars financée par l'homme le plus riche du monde, celui d'Elon Musk, America PAC, a déclaré ses premières dépenses pour l'élection de 2026 dans un document publié ce mercredi 2 septembre.
Celles-ci ont particulièrement concerné les élections au Texas, où SpaceX a son siège social et plusieurs installations de lancement de fusées et de Starlink. Le procureur général du Texas, Ken Paxton, a reçu un soutien financier de 247 595 dollars depuis le 20 août pour sa campagne sénatoriale contre le démocrate James...
04/09 - Foires aux vins : l’e-commerce, incontournable pour tous les acteursPlus d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires et quelque 170 millions de bouteilles : la foire aux vins reste un poids lourd du commerce du vin. Mais son territoire s’est considérablement élargi. Aux côtés des hypermarchés et des supermarchés, les cavistes traditionnels et les spécialistes de l’e-commerce multiplient eux aussi les opérations de rentrée. En 2025, Nicolas, Intercaves, V and B et Lavinia avaient ainsi leur propre calendrier, tandis que iDealwine, Le Petit Ballon, Wineandco ou Chateaunet occupaient le terrain numérique.
Pour la grande distribution, l’enjeu reste d’abord celui du volume. L’édition 2 024 avait généré environ 1,08 milliard d’euros et 168,5 millions de bouteilles. Chez E.Leclerc, le pionnier du concept, dans les années 1970, la foire représente à elle seule environ 100 millions d’euros de chiffre d’affaires et 5,5 millions de bouteilles. Mais le marché global du vin recule : la consommation française se révèle désormais inférieure à 40 litres par habitant et par an, soit une baisse de 40 % en trente ans (Organisation internationale de la vigne).
Les cavistes interprètent, eux, une autre partition. Leur avantage ne s’appuie pas sur le nombre de références ou la puissance promotionnelle, mais réside dans le conseil, la sélection et la capacité à raconter une bouteille. Lavinia revendique ainsi une sélection de quelque 200 cuvées pour sa foire, mêlant domaines incontournables, pépites confidentielles et vins bio ou nature. Intercaves, de son...
04/09 - Ormuz : "L’Amérique n’a pas gagné, mais l’Iran est peut-être en train de perdre"En Europe, et particulièrement en France, le verdict semble déjà rendu. Les États-Unis se seraient engagés dans une stratégie aussi brutale qu’inefficace face à l’Iran. Ils seraient embourbés dans le détroit d’Ormuz, incapables d’obtenir une capitulation iranienne, tandis que les Européens supporteraient une large part de la facture sous la forme d’une énergie plus chère, d’un commerce perturbé et d’un nouveau risque d’escalade.
Cette lecture part de faits réels. Le détroit reste profondément perturbé. Téhéran conserve des missiles et une capacité de nuisance considérable. Les frappes américaines du 30 août sur l’île de Larak n’ont pas seulement rappelé que l’escalade demeurait possible. Elles ont été suivies, le 1er septembre, d’une nouvelle salve contre les capacités du CGRI et de ripostes iraniennes contre plusieurs bases américaines dans la région. La confrontation est redevenue ouvertement militaire. Mais conclure de cette reprise des combats que la stratégie américaine échoue revient à confondre l’absence de victoire rapide avec l’absence d’effets stratégiques.
Une stratégie ne se juge pas seulement à la capitulation ou non de l’adversaire. Elle se juge aussi à ce qu’elle fait à ses ressources, à ses options et aux instruments sur lesquels reposait son propre calcul. Or c’est précisément sur ce dernier point que la situation iranienne est en train de changer. Il est trop tôt pour parler de victoire américaine. Mais il ne l’est plus pour constater qu’un élément...
04/09 - Chiens et chats superstars : en Europe, la ruée vers les droits des animauxEn Europe, les enfants se font rares et les animaux de compagnie chaque jour plus nombreux. D'après les chiffres de l'industrie alimentaire, près d'un foyer européen sur deux vit avec un compagnon à quatre pattes : 26 % possèdent au moins un chat et 25 % au moins un chien. Les animaux de compagnie seraient 300 millions sur notre continent et, pour la première fois en avril dernier, le Parlement européen a adopté une réglementation globale consacrée à leur bien-être.
Le texte prévoit notamment l'identification obligatoire des chiens et chats par puce électronique, un encadrement renforcé des élevages ou encore l'interdiction des colliers coercitifs (étrangleurs ou électriques) et de certaines mutilations, comme la coupe de la queue pour les chiens de chasse. Mais nos 300 millions d'amis ont encore des protections très variées selon leur pays. Si la France reconnaît - depuis 2015 seulement - qu'ils sont des "êtres vivants doués de sensibilité" et non plus des objets, la protection animale n'avance pas aussi vite que chez certains de nos voisins. La ruée pour les droits des animauxSuisse : les pionniers du bien-être animal
Dès 1973, la Suisse a fait entrer la protection des animaux et leur bien-être dans sa Constitution. Et les Helvètes maintiennent leur avance : dès 2011, la confédération helvétique a interdit l'ébouillantage des homards ou encore les delphinariums. Depuis un an, les emballages de viande et d'œufs doivent mentionner si l'animal a subi des pratiques...
04/09 - "L’Europe doit retrouver la prospérité par tous les moyens possibles" : Luis Garicano détaille le plan de bataille du Rhine GroupL’épais dossier est en train de prendre la poussière, sur un bureau bruxellois. Unanimement salué lors de sa présentation en septembre 2024, le rapport Draghi sur la compétitivité est pour l’heure une tentative ratée de sursaut pour l’Europe, face à l’agressivité des blocs américains et chinois. Alors, l’ancien président du Conseil des ministres italien a décidé de se retrousser les manches. En association avec Patrick Collison, à la tête de la puissante start-up de paiement d’origine irlandaise Stripe, Mario Draghi a présenté la semaine dernière un nouveau groupe de pression baptisé Rhine Group (le groupe du Rhin, en français). Celui-ci connaît déjà un certain succès, avec déjà près de 60 prestigieux membres venus des quatre coins du continent, à l’image de Niklas Zennström, PDG du fonds de capital-risque Atomico, Toomas Hendrik Ilves, ex-président estonien, la directrice de la rédaction du Financial Times Roula Khalaf ou encore le récent prix Nobel d’économie tricolore Philippe Aghion. Le plan de bataille ? Éléments de réponses avec l’économiste espagnol Luis Garicano, nommé directeur exécutif de la structure.
L'Express : L’Europe ne manque pas de rapports d’experts soulignant son retard technologique. Qu’elle est l’ambition du Rhine Group, exactement ?
Luis Garicano : Il est vrai que l'Europe est, en un sens, trop technique. Cela fait des années que les rapports s'accumulent pour pointer notre retard. Ce qui est particulier avec le Rhine Group, c'est d'abord le...
04/09 - "La situation est pire qu’en 2022" : en mer Noire, le tragique retour de la "guerre des céréales"En cette fin d'été, dans le port d’Izmaïl, dans la région d’Odessa, les mugissements des sirènes rappellent les premières heures de l'invasion russe. Depuis plusieurs semaines, des pluies de missiles et drones russes s'abattent sur cette ville abritant le plus grand port fluvial d’Ukraine. Comme ce 29 août, lorsque plusieurs engins ont détruit cinq camions et fait un mort. Une précédente frappe avait déjà endommagé un navire civil battant pavillon du Togo et blessé quatre personnes le 17 août, moins d’une semaine après une première salve. "Un nouveau crime de guerre des Russes contre les civils", a résumé le gouverneur, Oleh Kiper. Dans les grands ports côtiers, Tchornomorsk, Pivdenny et Odessa, la situation est tout aussi critique.
Le calendrier ne doit rien au hasard. Les récoltes ont été faites, et les exportations de grains (Europe, Afrique, Asie et Moyen-Orient) sont en cours. Ou, plutôt, elles devraient l'être. Mais dans la guerre économique que se livrent Kiev et Moscou, le commerce céréalier, qui représente plusieurs points de PIB pour les deux pays, est devenu une cible prioritaire.
Depuis le début de l’été, l'armée russe a bombardé au moins 52 navires civils à proximité des côtes ukrainiennes. Le 19 juillet a marqué un cap. Trois missiles de croisière se sont abattus sur le Golden Leo, un vraquier qui venait de quitter Odessa chargé de maïs. Dix marins, dont le capitaine ukrainien, sont morts des suites de l’incendie déclenché à bord - les huit autres ont été...
03/09 - Les Maldives, la plaque tournante de la Russie pour contourner les sanctions occidentalesNouveau pied de nez. Dans une enquête publiée le mardi 1er septembre, le Wall Street Journal révèle qu’un trafic opéré aux Maldives permet à la Russie d’obtenir des marchandises, sous sanctions occidentales, dont certaines pourraient être destinées à un usage militaire. Un canal de transit insoupçonné, pourtant attesté par des lettres de transport aérien, un manifeste de fret et les courriels échangés entre des entreprises de logistique, qu’a pu consulter le journal américain. Le déroulé des opérations
Les investigations de nos confrères ont permis d'établir le déroulé des opérations. Concrètement, chaque matin, un vol commercial opéré par la plus grande compagnie aérienne russe, Aeroflot, atterrit à l’aéroport de Malé, la capitale des Maldives. Sur l’île, des intermédiaires locaux facilitent le transit et les formalités douanières de marchandises américaines, européennes et chinoises, qui ne sont jamais officiellement importées aux Maldives. Ici, c’est sans respecter les sanctions émises par les pays exportateurs. Les produits sont discrètement placés dans l’avion qui peut alors repartir vers Moscou, bien chargé. En l'espace de deux heures, les marchandises sont transférées à bord de l’appareil, qui repart ensuite vers Moscou.
Parmi les produits qui ont transité par Malé : des micropuces qui peuvent être utilisées à la fois pour le matériel civil, mais aussi pour un usage militaire, comme les systèmes de guidage de missiles sophistiqués ou encore des instruments...
03/09 - Polémique Léna Situations : des subtilités de l’amitié version LFIOn ne présente plus Léna Situations, cette pétillante influenceuse devenue papesse de la génération Z, qui s’est fait connaître par ses "vlogs d’août", des vidéos publiées sur YouTube retraçant ses étés entourée de ses amis. C’était la fille sympa, la "girl next door". Surtout la bonne copine, la grande sœur, la confidente, l’amie avec un grand "A". Depuis, la jeune femme de 28 ans a fait du chemin, jusqu’à tutoyer le gotha de la mode et de l’influence. Auteure d’un best-seller (Toujours plus, Robert Laffont) en 2020, distinguée parmi les "30 Under 30" du magazine Forbes, elle est la première influenceuse française invitée au très huppé Met Gala. Et la dernière en date à avoir rempli l’Accor Arena (20 000 billets vendus en 45 minutes), le 31 août dernier, pour refermer la page de dix ans de "vlogs d’août" lors d’un show enflammé.
Sur le papier, l’intitulé de la soirée, "Celui où ils disent au revoir", clin d’œil à la mythique sitcom américaine Friends, était on ne peut mieux choisi. Sur scène, les proches de Lena Mahfouf, son vrai nom, défilent tour à tour. Tantôt blagueurs, parfois émotifs, surtout chronométrés. Car deux heures, c’est long mais court pour qui compte autant d’amis que la starlette. Parmi lesquels les chanteurs Bilal Hassani, Adèle Castillon ou encore les influenceurs Sundy Jules et Sulivan Gwed. Sans oublier ses amis d’enfance, Solène et Marcus.
Sur le papier toujours, les adieux de Lena Mahfouf aux côtés des siens avaient donc de quoi donner un coup...
03/09 - "Une bataille directe" : comment le Maroc de Mohammed VI veut ravir la finale du Mondial 2030 à l’EspagneL'Espagne, imbattable mais introuvable. Championne du monde chez les hommes en juillet, championne du monde chez les femmes en 2023, la Roja gagne tout sur les terrains de football. Mais sur celui de la gouvernance, alors que le monde entier se déchire sur le sort du président de la Fifa, Gianni Infantino, Madrid reste sur le banc des remplaçants cet été. "Le silence de la Fédération espagnole de football est de notoriété publique… Elle se place sous les radars pour n'ennuyer ni l'UEFA, ni la Fifa", souligne Borja García, professeur de politique du sport à l'université Loughborough, au Royaume-Uni.
La Fédération royale espagnole joue sur un fil : comme les 54 autres associations européennes de football, elle soutient un boycott de la prochaine Coupe du monde pour protester contre les dérives d'Infantino… tout en organisant l'événement, aux côtés du Portugal et du Maroc. Les contrats ont été signés avec la Fifa, les villes espagnoles préparent l'accueil de millions de supporters et les onze stades sont déjà prêts ou finalisent leurs travaux, comme le Camp Nou à Barcelone. Une situation intenable pour l'Espagne, qui pourrait bien finir en but contre son camp. Le Maroc construit le plus grand stade au monde
En coulisses, les Espagnols doivent mener une autre bataille, décisive pour leur économie et leur soft power : celle d'accueillir la finale de la Coupe du monde, dont l'audience internationale dépasse le milliard de téléspectateurs. "Ce Mondial 2030 est déjà politisé à...
03/09 - L’erreur de Raphaël Glucksmann, la droite se lasse de Pierre-Edouard StérinLe grand rendez-vous dela présidentielleapproche, chaque semaine apparaît un nouveau prétendant. Autant dire que la vie politique entre dans une nouvelle phase, ô combien palpitante…Jean-Noël Barrot : l’ordre règne… au Quai
Diplomate, mais pas trop. Le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, en poste depuis maintenant deux ans, dirige le Quai d’Orsay avec vigueur. "C’est un manager qui sait être très dur", observe un habitué de la maison. Les centristes du XXIe siècle savent avoir la main ferme.Lecornu-Darmanin, le retour des meilleurs amis
Vous rappelez-vous l’époque où, à peine nommé à Matignon, Sébastien Lecornu demandait à ses ministres de se mêler le moins possible de la bataille présidentielle ? Vis-à-vis de cette consigne, Gérald Darmanin s’est toujours considéré comme étant un cas légèrement à part… et encore davantage depuis sa rentrée politique à Tourcoing ce dimanche, où il a invité Édouard Philippe et réaffirmé son soutien plein et entier au maire du Havre (il avait informé le Premier ministre en juillet). Voilà le garde des Sceaux désormais conseiller officieux de Philippe, puisqu’il compte bien faire peser sa ligne gaulliste sociale. Comment allait réagir le Premier ministre lundi, lors du séminaire gouvernemental de rentrée ? De la meilleure des façons, à en croire un membre du gouvernement présent : "Au séminaire, ils en ont fait des caisses pour bien montrer à tout le monde qu’ils étaient très copains, se gausse-t-il. Collés, cul et chemise, à...
03/09 - "Une honte" : une fusillade à Kiev met en lumière la rivalité entre les services de sécurité ukrainiensDans la nuit du mardi 1er au mercredi 2 septembre, une fusillade a éclaté dans le quartier de Berezniaky, au centre de Kiev. Pour une fois, la Russie n'a pas appuyé sur la gâchette : les responsables sont deux services nationaux, tous deux en charge de la sécurité du pays. Leur affrontement aurait fait au moins trois blessés dans un camp.
Très vite après l'incident, le Service de sécurité intérieure d'Ukraine (SBU) - chargé de la sûreté de l'État, de ses institutions et de ses représentants -, a tenté d'expliquer l'événement alors que la zone était barricadée. Selon ses premières déclarations, une opération, conjointement menée avec le renseignement militaire ukrainien (HUR), aurait permis de déjouer une "attaque terroriste" menée par le Service fédéral de sécurité russe (FSB). Celle-ci aurait visé "l'un des dirigeants de l'opposition russe" arrivé fin août en Ukraine, à l'occasion du jour de l'indépendance.
Quatre heures plus tard, le SBU a finalement donné une autre version des faits, davantage embarrassante pour ses services et la crédibilité de l'Ukraine. Dans un communiqué, le service de sécurité ukrainien affirme que son unité d'élite Alpha s'est en fait confrontée au HUR, qui l'aurait empêchée de mener une perquisition. Les hommes du SBU auraient alors ouvert le feu et blessé ceux du HUR "qui ont résisté", a détaillé le premier service. Le second ne s'est pas encore exprimé à ce sujet.
Comme le rappelle le Wall Street Journal, le SBU et le HUR sont les...
03/09 - "Avides mais généreux" : pourquoi certains patrons riches se comportent encore comme s’ils risquaient de manquerOn peut vivre une enfance où chaque centime compte et finir à la tête d'une multinationale, sans jamais tout à fait se débarrasser du sentiment d’insécurité forgé par le manque. Howard Schultz, l’ancien patron de Starbucks, en sait quelque chose, lui qui racontait en 2018, lors d’un gala à Washington, combien son enfance modeste dans un logement social à Brooklyn avait façonné son rapport à la vie et aux affaires. "Mon parcours personnel et l’empreinte qu’a laissée sur moi le fait d’avoir été un enfant pauvre […] m’ont laissé de nombreuses vulnérabilités et, pour être honnête, un sentiment de honte et d’insécurité", confiait le milliardaire, dont l'ambition a été de bâtir une entreprise capable de trouver un équilibre "entre profit et conscience." Mais l’empreinte laissée par le manque durant l'enfance n’a pas besoin d’être consciente pour produire ses effets.
Une étude (The Resource Insecurity Mindset: Why CEOs from Lower-Class Origins Are Both Greedier and More Generous), publiée récemment dans l’Academy of Management Journal, a ainsi cherché à comprendre comment le fait d’avoir grandi dans un milieu social modeste continue des années plus tard à influencer le comportement d’un dirigeant et son rapport à l’argent et aux autres. Avec des conséquences qui peuvent affecter toute l'organisation.
Premier enseignement de cette étude menée auprès de 135 PDG d’entreprises américaines cotées, et complétée par des données d’archives couvrant la période 2011-2020 : avoir grandi...
03/09 - Crise des migrants à Ceuta : ce rapport qui embarrasse Pedro SanchezCoup de tonnerre. Depuis ce mercredi 2 septembre, plusieurs médias espagnols se font le relais d'un rapport de la police sur le déroulement des faits les 30 et 31 juillet derniers à Ceuta. Durant ces deux journées, l'enclave espagnole a vu arriver un total de 72 000 personnes venues de chez son voisin marocain. Un afflux massif au cours duquel 91 personnes ont trouvé la mort selon les chiffres officiels, les associations faisant état d'au moins 140 victimes.
Missionné par la justice espagnole, le Centre national de l'immigration et des frontières aurait conclu, selon les médias ayant eu accès aux documents initialement destinés à la Cour nationale, à un "déploiement policier [NDLR : marocain] sensiblement plus réduit que d'ordinaire aux abords de la frontière" au moment des faits. Alors même que se tenait une fête à quelques kilomètres au Sud, à Rincon del Medik. Plus qu'une erreur malencontreuse du Maroc, le rapport de 55 pages dénonce, sans toutefois avancer de preuve concernant des ordres donnés par les autorités marocaines, une "totale permissivité" des policiers marocains, qui n'auraient pas sérieusement tenté "de réduire, disperser ou éloigner la masse de personnes du périmètre frontalier".
Pour arriver à comprendre les événements, les enquêteurs du Centre national de l'immigration et des frontières ont interrogé des migrants arrivés sur le territoire ces jours-là, et qui attestent "de façon pratiquement unanime que les forces de police non seulement restaient...
03/09 - Foires aux vins : les cavistes jouent la carte de l’expertisePlus d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires et quelque 170 millions de bouteilles : la foire aux vins reste un poids lourd du commerce du vin. Mais son territoire s’est considérablement élargi. Aux côtés des hypermarchés et des supermarchés, les cavistes traditionnels et les spécialistes de l’e-commerce multiplient eux aussi les opérations de rentrée. En 2025, Nicolas, Intercaves, V and B et Lavinia avaient ainsi leur propre calendrier, tandis que iDealwine, Le Petit Ballon, Wineandco ou Chateaunet occupaient le terrain numérique.
Pour la grande distribution, l’enjeu reste d’abord celui du volume. L’édition 2 024 avait généré environ 1,08 milliard d’euros et 168,5 millions de bouteilles. Chez E.Leclerc, le pionnier du concept, dans les années 1970, la foire représente à elle seule environ 100 millions d’euros de chiffre d’affaires et 5,5 millions de bouteilles. Mais le marché global du vin recule : la consommation française se révèle désormais inférieure à 40 litres par habitant et par an, soit une baisse de 40 % en trente ans (Organisation internationale de la vigne).
Les cavistes interprètent, eux, une autre partition (voir ci-dessous). Leur avantage ne s’appuie pas sur le nombre de références ou la puissance promotionnelle, mais réside dans le conseil, la sélection et la capacité à raconter une bouteille. Lavinia revendique ainsi une sélection de quelque 200 cuvées pour sa foire, mêlant domaines incontournables, pépites confidentielles et vins bio ou nature....
03/09 - De l’Ukraine au Moyen-Orient : des guerres de munitions, mais aussi de boucliersSept morts à Kiev suite à des frappes de missiles balistiques à la fin du mois d’août. Deux personnes tuées et huit blessées à Boryspil, dans la banlieue de Kiev. 3 morts et 15 blessés dans la région de Zaporijia. Sans compter les 16 morts et plus de 130 blessés dans l’attaque, pas des drones cette fois-ci, d’un centre commercial de Kryvyï Rih, dans le centre de l’Ukraine. Cette litanie illustre l’extrême difficulté dans laquelle se trouve le peuple ukrainien. Contrairement au début de la guerre, le pays n’est plus réellement en mesure d’intercepter tous les missiles que la Russie envoie quotidiennement.
Cette pénurie d’intercepteurs n’est pas nouvelle, mais elle est mécaniquement la conséquence d’une difficulté technique : pour arrêter un missile, il faut un autre missile, et ce n’est pas simple. Les principaux systèmes d’interception – le Patriot américain et les systèmes franco-italiens SAMPT et SAMPT-NG – sont des systèmes extrêmement complexes. Dotés de radars sophistiqués, d’un système central de contrôle et de désignation des cibles, et de missiles très performants, ils sont très longs et coûteux à produire.
Prenons par exemple le missile franco-italien Aster 30 lancé par le SAMPT. Produit par le consortium Eurosam détenu par les sociétés MBDA et Thales, il s’agit d’un missile de défense mer-air et sol-air de près de 5 mètres de hauteur, capable de neutraliser un missile adverse jusqu’à 20 kilomètres d’altitude. Outre sa propulsion, la technologie unique de ce...
03/09 - Interdiction du voile : "La destitution de Marine Le Pen ne serait pas impensable si..."Que Marine Le Pen se rassure, à l’heure où les politiques peinent à percer le mur du son, son parti sait encore provoquer le débat. La volonté énoncée par Jean-Philippe Tanguy d’interdire le port du voile dans la sphère publique a suscité les exclamations tantôt horrifiées tantôt atterrées des candidats à la présidentielle. Tous s’accordent sur un point : cette proposition se heurtera au mur constitutionnel et à notre laïcité.
Pendant que les uns éructent, autour de la candidate du Rassemblement national, la gêne. Pour défendre la mesure, ses soutiens brandissent mollement le référendum et l’article 11 de la Constitution. Tandis que Jordan Bardella, le favori d'hier, peu favorable à une promesse qui fait immédiatement reculer l'entreprise de dédiabolisation de plusieurs cases, promène son scepticisme sur les plateaux.
Faisabilité, opportunisme, stratégie politique... Pour y voir plus clair, nous avons fait appel à notre éminent chroniqueur et professeur de droit émérite Denys de Béchillon.
L'Express : Le Rassemblement national a affirmé, par la voix de Jean-Philippe Tanguy, sa volonté de "sanctionner le port du voile" dans l’espace public. La loi de 2004 contre les signes religieux à l’école et celle de 2010 contre la dissimulation du visage dans l’espace public sont fondées sur des principes différents. Dans le premier cas, il est question de neutralité du service public ; dans le second, il s’agit de la sécurité dans l’espace public. Quel principe pourrait justifier...
03/09 - "J’irai jusqu’au bout" : Bruno Retailleau, la présidentielle 2027 et l’impossible art du verbeÀ Tourcoing, la mise en scène confine au ridicule. Édouard Philippe, vêtu d'un tablier de cuisine, sert ce 30 août des frites aux participants de la rentrée politique de Gérald Darmanin. Sous l'œil complice des caméras, le maire de Havre enchaîne les formules théâtrales avec le ministre de la Justice. Et alors ? La séquence inonde les réseaux sociaux, jusqu'aux chaînes d'information. Un député LR, guère convaincu par cette communication désuète, s'en ouvre à Bruno Retailleau : "Bruno, ne joue pas au vendeur de frites !" Le Vendéen sourit. Cette image n'est pas vraiment son genre.
Lui n'est pas là pour faire le comédien. Dans Le Figaro mercredi, il avance une formule lourde de sens : "Nous ne sommes plus vraiment en démocratie." Les mots ont façonné la popularité de l'ancien ministre de l'Intérieur. "La parole est clé en politique. Elle m’a servi à faire bouger les lignes", glissait Bruno Retailleau au printemps. Sans ses habits de ministre de l'Intérieur, il a perdu de sa superbe. Terminée, la magie de Beauvau conférant une autorité naturelle au premier flic de France. Le voilà redevenu simple sénateur à la conquête des Français. Le verbe n'a pas varié, mais son écho s'est évaporé.
Le candidat à l'élection présidentielle, méthodique, déroule avec application son programme. Il a dévoilé lundi ses propositions éducatives, après celles sur le logement, la famille ou l'électricité. L'exercice, un brin scolaire, se veut avant tout sérieux. "J'ai plié le match", se dit-il même...
03/09 - "Nous avons flirté avec une mini-récession" : l’équation budgétaire de la France se compliqueDans la dernière ligne droite en vue de la présentation du projet de loi de finances (PLF) 2027, la nouvelle ne fait pas les affaires de Bercy et de Matignon. Le 28 août dernier, l'Insee a révisé à la baisse son estimation de la croissance française : -0,2 % pour le premier trimestre, contre -0,1 % précédemment et 0 % pour le deuxième trimestre, au lieu de +0,2 % auparavant. Un avertissement de taille pour la suite. "Nous avons flirté avec une mini-récession, alerte Maxime Darmet, économiste senior France chez Allianz Trade. La France s'est vraiment distinguée du reste des grands pays de la zone euro par une faiblesse économique très marquée."
Une correction qui devrait compliquer encore plus l'équation budgétaire déjà délicate du gouvernement, dont la prévision de croissance pour 2026 est de 0,7 %. Selon plusieurs spécialistes interrogés, le PIB devrait croître au maximum de 0,6 % cette année. On s'oriente même plutôt vers 0,5 %, sans compter les multiples incendies de l'été dont les effets sur l'économie n'ont pas encore été totalement pris en compte. Avec des conséquences substantielles sur des finances publiques déjà fragiles. "Si le PIB est inférieur d'un point à ce qui était prévu, le déficit public se creuse d'environ un demi-point de PIB, la moitié. Si l'on passe d'une prévision de 0,7 à 0,5 % cette année, l'effet sur le déficit est de l'ordre de 0,1 point de PIB, soit trois milliards d'euros", chiffre le fondateur du site Fipeco, François Ecalle, spécialiste des...
03/09 - Menace russe en Europe : comment les attaques hybrides sont devenues un "terrorisme d’Etat"Ils ont été trahis par des traces d'ADN. D'après le quotidien Süddeutsche Zeitung et les groupes audiovisuels publics NDR et WDR, deux hommes sont suspectés par la police criminelle allemande d'avoir apporté, début août, un drone chargé d'explosifs à l'aéroport de Leipzig-Halle. Les auteurs de ce qui ressemble fort à une tentative d'attentat ont un point commun : ils sont tous deux en possession d'un passeport russe. L'incident a provoqué une vive réaction allemande. Ce 1er septembre, les autorités ont déclaré Moscou responsable de cette attaque dans l'un des lieux les plus sensibles de l'aéroport. Dans la foulée, Berlin a aussi annoncé la fermeture à venir d'un centre culturel russe dans la capitale, ainsi que du dernier consulat du pays, à Bonn. Mais la réaction la plus notable est venue de la cheffe de la diplomatie européenne, le lendemain. En marge d'un sommet en Irlande, Kaja Kallas a estimé que l'affaire avait "toutes les caractéristiques du terrorisme d'Etat".
Des dirigeants européens, surtout issus des pays baltes - Kaja Kallas est Estonienne - en viennent désormais à qualifier de "terroriste" les agissements de Moscou en Europe. Deux jours plus tôt, dans une interview accordée au Telegraph, le directeur du renseignement extérieur estonien Kaupo Rosin abondait dans ce sens. "C'est une cible civile", a-t-il souligné à propos du drone de Leipzig, insistant sur une action "pouvant être qualifiée de terroriste". Réplique proportionnée
D'autres ont été plus...
03/09 - "Dissuasion nucléaire avancée" : le pari d’Emmanuel Macron commence à porter ses fruitsProposée par Emmanuel Macron aux Européens, la "dissuasion avancée" avance d’un bon pas. Selon les informations de L’Express, pas moins de dix pays ont déjà manifesté leur intérêt pour entamer un dialogue nucléaire avec la France alors que d’autres se pressent au portillon.
Il est néanmoins trop tôt pour que cela ait débouché sur des initiatives concrètes, au-delà d’annonces sur la participation à des exercices "poker" des Forces aériennes stratégiques (FAS), ces simulations d'un raid aérien nucléaire. Car une lourde incertitude demeure dans les capitales européennes : la proposition française sera-t-elle toujours aussi solide après le départ d’Emmanuel Macron de l’Elysée ? Pas de partage de décision
Dans son discours du 2 mars à l’Ile Longue, le chef de l’Etat a annoncé une évolution importante de la doctrine stratégique, autour du nouveau concept de "dissuasion avancée". Alors qu’Emmanuel Macron met de plus en plus en avant la "dimension européenne des intérêts vitaux de la France", il s’agit de proposer aux pays intéressés de s’associer à la posture française de dissuasion nucléaire. Cela se ferait au travers d’exercices conjoints, d’un "épaulement" conventionnel, voire d’un déploiement de forces nucléaires sur leur territoire. "Nos forces aériennes stratégiques pourront se disséminer dans la profondeur du continent européen", avait ainsi précisé le président Macron. Il ne s’agit pas d’un abandon de souveraineté, puisqu’"il n'y aura aucun partage de la décision...
02/09 - "Une escouade de vaniteux" : le déclin des intellectuels français vu par Pierre-André TaguieffEn juillet, l’historien américain Robert Zaretsky sifflait dans nos colonnes la fin de "l’âge d’or" des intellectuels français, au point de les juger désormais "marginaux". Un entretien qui a beaucoup fait réagir nos lecteurs, et suscité la curiosité de certains de nos plus brillants esprits… A commencer par le philosophe et historien des idées, Pierre-André Taguieff, qui, contre toute attente, rejoint le constat du professeur américain. A une nuance près : contrairement à Robert Zaretsky, qui regrette l’époque des intellectuels "engagés", le directeur de recherches au CNRS et auteur du récent Les Méfaits de l’idéologie (Hermann) rappelle que ceux-ci ont été "au premier rang de ceux qui ont alimenté les dogmatismes et les fanatismes idéologiques" des deux derniers siècles, du communisme au fascisme. Il estime dans le même temps que "l’offre utopiste", loin d’avoir disparu, s’est au contraire réinventée. Au point de voir émerger, selon ses mots, une "escouade de vaniteux" et de "donneurs de leçons"… Entretien.
L’Express : Vous rejoignez Robert Zaretsky lorsqu’il affirme que "l’âge d’or" des intellectuels français est révolu. Pourquoi ?
Pierre-André Taguieff : Ce diagnostic relève de l’évidence. Ce qui reste à caractériser, et expliquer, c’est la descente des intellectuels français vers un "âge sombre", ou simplement moins lumineux. Dans l’ensemble, nombre d’intellectuels interviennent aujourd’hui dans l’espace public comme des idéologues, des prophètes, des...
02/09 - "Une crise de la dette signifierait une austérité sans précédent" : l’avertissement du Nobel Jean Tirole et de Karine Van Der StraetenPour décrire les nouveaux rapports de force mondiaux, le prix Nobel d’économie, Jean Tirole, et la directrice de la Fondation de l’École d’économie de Toulouse, Karine Van Der Straeten, ont recours à une fable animalière : Dans la savane, le lion ne s’attaque ni à l’éléphant ni à la souris. L’éléphant est trop dangereux ; la souris, trop peu nutritive. C’est le zèbre, robuste, bien nourri, mais sans défense réelle, qui paie le prix de sa position intermédiaire. Le zèbre symbolise les puissances moyennes comme la France. Dans Économie du désordre mondial (Albin Michel/Puf, parution le 10 septembre), les deux auteurs expliquent à quel point les zèbres sont fragilisés par le nouveau contexte international. Et comment ils peuvent (encore) éviter de se faire dévorer par les lions américains et chinois. Cet ouvrage profondément original, mêlant l’économie, la géopolitique, les sciences politiques et la psychologie, éclaire de manière saisissante les grands défis de notre temps. Les Européens y trouveront une feuille de route pour éviter leur effacement. Et, après l’avoir lu, les Français devraient être totalement imperméabilisés face aux supercheries et mensonges de la campagne présidentielle.
L'Express : Pour filer la métaphore de votre livre, le destin des Zèbres comme la France est-il de se faire dévorer par les lions américains et chinois ?
Karine Van Der Straeten. C'est en effet notre grande inquiétude. La posture de consolation qui consiste à dire : "Bon, nous ne sommes...
02/09 - Russie-Iran : ce programme militaire secret qui inquiète les Etats-UnisC'est une coopération militaire inédite entre les deux pays. Selon des révélations du Financial Times, la Russie aurait aidé l'Iran en lui fournissant des technologies militaires de pointe, à même d'être utilisées dans la guerre qui l'oppose aux États-Unis. Nos confrères évoquent un programme secret pluriannuel, nommé "C430L", qui aurait débuté en 2023. Son but : fournir à l'Iran la capacité de développer des missiles pouvant voler jusqu'à plusieurs fois la vitesse du son.
C'est notamment dans le détroit d'Ormuz, où la situation se tend, que ces missiles pourraient être utilisés. "Pour les Iraniens, cela leur donnerait un système d'armes stratégiques qualitativement nouveau, capable de menacer les navires de l'US Navy", a déclaré au Financial Times Jim Lamson, ancien analyste militaire de la CIA. La vitesse des missiles de croisière et leur capacité à voler à basse altitude donnent moins de temps aux systèmes de défense des navires américains pour prévoir leur trajectoire et les intercepter.Des spécialistes russes se sont rendus en Iran
L'entreprise russe NPO Mashinostroyenia est au cœur du projet de coopération secrète. Plusieurs de ses dirigeants se seraient rendus en Iran avant la signature du contrat en novembre 2023. Cette société a été sanctionnée économiquement par les États-Unis en… 2014, notamment pour son soutien aux forces nucléaires stratégiques de la Russie.
L'un des cadres de NPO Mashinostroyenia, Alexander Chebakov, a voyagé à trois reprises en Iran en...
02/09 - Prix Goncourt 2026 : le jury a-t-il fait preuve de bon goût ?En l’absence de Didier Decoin, disparu cet été et pas encore remplacé, ils ne sont que neuf à voter cette année. Parfois audacieux (comme en 2021 quand ils avaient lancé Mohamed Mbougar Sarr), souvent sans surprise (comme ces deux dernières années, où ils avaient consacré les auteurs attendus, Kamel Daoud et Laurent Mauvignier), les jurés Goncourt sont décisifs : un roman événement de la rentrée qui ne figure pas sur leur première liste perd tout de suite de son aura.
Cette année, le grand perdant est François-Henri Désérable. Dommage pour lui que Bernard Pivot ne soit plus de ce monde : le présentateur vedette d’Apostrophes, président de l’académie Goncourt de 2014 à 2019, aurait adoré son ode aux vins de Bourgogne. En plus d’être excellent, Le Palais a un fort potentiel commercial – traduit en une quinzaine de langues, il s’est déjà vendu chez nous à plus de 10 000 exemplaires. Il aurait fait un très bon Goncourt, à la fois littéraire et populaire ; mais on savait que la personnalité clivante de l’auteur, qui s'est fait massacrer au Masque et la Plume, ne plaidait pas en sa faveur.
Chez Gallimard, le jury a également écarté Pierre Adrian et son touchant Pays des étés, préférant sélectionner des titres qui fonctionnent moins bien en librairie : La Solitude des professeurs est infinie de Yannick Haenel, JE de Lilia Hassaine, Choses que je croyais perdues de Clémentine Mélois (très bonne idée !) et La Guerre éternelle d’Olivier Rolin (dont tout le monde se moque). Si...
02/09 - "Le ciel russe devient extrêmement dangereux" : l’Ukraine fait monter la pression sur MoscouUn avertissement aux "partenaires" de l'Ukraine. C'est ce qu'a dit Volodymyr Zelensky, mardi 1er septembre dans une allocution vidéo, à propos de sa décision d'intensifier les frappes de drones en Russie - et de le faire savoir. "Le ciel russe devient extrêmement dangereux", a prévenu le président ukrainien en préambule de son adresse. "Il y aura des drones ukrainiens dans le ciel russe tant que la guerre continuera", a-t-il ajouté, présentant cette stratégie comme une réponse aux récents bombardements russes - lundi, douze personnes ont été tuées à Kiev et dans les environs.
"L'Ukraine ne veut pas que des vies innocentes soient perdues. C'est pourquoi nous avertissons nos partenaires : les jours sûrs dans le ciel russe sont révolus", a encore précisé Volodymyr Zelensky. Ces éléments de langage sont destinés à l'aviation civile, alors que plusieurs compagnies aériennes, notamment en provenance de Chine, de Turquie ou des pays du Golfe continuent à assurer des vols à destination de Moscou ou Saint-Pétersbourg. Ces villes servent souvent d'étape dans un voyage vers une destination plus lointaine en Asie, et permettent aux transporteurs de réaliser des économies de temps et de carburant."On ne négocie pas"
Quelques heures plus tard, le président russe répondait à son homologue ukrainien. Lors d'une conférence de presse retransmise par l'agence russe TASS, Vladimir Poutine a qualifié cet avertissement de "terrorisme d'État", développant : "Ils nous demandent de reprendre les...
02/09 - Foires aux vins : pourquoi la grande distribution joue grosPlus d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires et quelque 170 millions de bouteilles : la foire aux vins reste un poids lourd du commerce du vin. Mais son territoire s’est considérablement élargi. Aux côtés des hypermarchés et des supermarchés, les cavistes traditionnels et les spécialistes de l’e-commerce multiplient eux aussi les opérations de rentrée. En 2025, Nicolas, Intercaves, V and B et Lavinia avaient ainsi leur propre calendrier, tandis que iDealwine, Le Petit Ballon, Wineandco ou Chateaunet occupaient le terrain numérique.
Pour la grande distribution (voir ci-dessous), l’enjeu reste d’abord celui du volume. L’édition 2024 avait généré environ 1,08 milliard d’euros et 168,5 millions de bouteilles. Chez E.Leclerc, le pionnier du concept, dans les années 1970, la foire représente à elle seule environ 100 millions d’euros de chiffre d’affaires et 5,5 millions de bouteilles. Mais le marché global du vin recule : la consommation française se révèle désormais inférieure à 40 litres par habitant et par an, soit une baisse de 40 % en trente ans (Organisation internationale de la vigne).
Les cavistes interprètent, eux, une autre partition. Leur avantage ne s’appuie pas sur le nombre de références ou la puissance promotionnelle, mais réside dans le conseil, la sélection et la capacité à raconter une bouteille. Lavinia revendique ainsi une sélection de quelque 200 cuvées pour sa foire, mêlant domaines incontournables, pépites confidentielles et vins bio ou nature....
02/09 - L’Iran défie Donald Trump et riposte après de nouveaux bombardements américainsL'Iran a répliqué mardi 1er septembre après de nouvelles frappes américaines, dans ce qui constitue l'escalade des hostilités la plus grave depuis des semaines, après de précédents échanges de tirs survenus au cours du week-end. Ces derniers étaient alors les premiers depuis le mois de juillet. La République islamique refuse ainsi de céder aux menaces de Donald Trump, qui a répété ce même jour que Washington frapperait l'Iran "encore plus fort" en cas de réponse aux attaques américaines "parfaitement justifiées".
L'Iran a indiqué avoir visé des cibles américaines au Koweït, à Bahreïn, en Jordanie et à Erbil, en Irak. Les Gardiens de la révolution iraniens ont affirmé avoir tué un grand nombre de militaires américains en Jordanie, mais deux responsables américains ont déclaré à Reuters que ces frappes n'avaient fait aucune victime, selon de premiers bilans. Les forces armées jordaniennes ont déclaré que leurs systèmes de défense aérienne avaient intercepté 13 missiles balistiques ayant pénétré l'espace aérien du royaume, dont dix ont été touchés et trois sont tombés dans des zones reculées. Bahreïn, qui abrite le quartier général régional de la marine américaine, a également annoncé avoir intercepté et détruit plusieurs drones iraniens, tandis que le Qatar, qui abrite la plus grande base aérienne américaine du Golfe, a déclaré tenir "la République islamique d'Iran pleinement responsable juridiquement de ces attaques, de leurs répercussions et de leurs conséquences".L'Iran...
02/09 - Présidentielle 2027 : et si la France avait déjà basculé dans le populisme...Un conseil pour ceux qui, en cette rentrée, sont à la recherche d’un peu d’espoir : évitez de lire le dernier baromètre Ipsos-BVA, présenté à l’université d’été du Laboratoire de la République de Jean-Michel Blanquer ! Car ses résultats sont effrayants. En quelques chiffres, ils témoignent des progrès fulgurants d’une grave maladie, désormais bien connue dans nos sociétés, et que rien ne semble pouvoir enrayer : le populisme. Un phénomène défini par le politologue Marc Lazar (Pour l’amour du peuple. Histoire du populisme en France) comme l’opposition terme à terme entre le peuple bon et vertueux et les élites corrompues.
Or tout converge pour indiquer que, à huit mois de l’élection présidentielle, la France connaît son moment populiste. Inutile de s’étendre sur les protagonistes, on ne les connaît que trop : Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, qui recueillent à eux deux la moitié des intentions de vote. "Nous avons les solutions", se vantait la première, le 7 juillet, au 20 Heures de TF1, avant de conclure : "Les Français seront juges, parce qu’ils vont avoir la liberté de choisir." Quant au leader des insoumis, il promet de faire table rase. "C’est nous, les gens sérieux et responsables. C’est eux, la ruine et la pagaille", tranchait-il au mois d’août. Depuis, les promesses pleuvent comme à Gravelotte, comme l’interdiction du port du voile islamique en public (RN) ou l’annulation de la dette publique (LFI). Qu’importe qu’elles soient intenables : elles saturent...
02/09 - "La Dernière Patiente" : un accouchement filmé comme un hold-upComme tous les très très bons films La Dernière Patiente est d’abord le portrait d’Anouk Grinberg, qui est à la fois le sujet, l’enjeu et le défi de l’œuvre. La rencontre s’est produite au bon moment entre Rémi Bassaler qui réalise son premier long-métrage et l’actrice dont on pensait peut-être qu’elle n’avait plus rien à prouver. Il dit qu’il a écrit le rôle de Judith pour elle, elle confie de son côté avoir travaillé avec lui au scénario, on dirait qu’ils ont eu ce film ensemble. En tout cas, on n’est jamais lassé de la manière dont il la filme, avec insistance, à l’affût de chacune des précisions qu’elle offre à son personnage. Pour incarner ce rôle de médecin, l’actrice a sans doute observé longuement la gestuelle de ses modèles, elle a saisi la dimension théâtrale de ce métier. Résultat inattendu : on se rend compte en la voyant à quel point les médecins sont les interprètes de leur art. Mieux ils jouent au médecin, meilleur on se sent, jusqu’à leur cabotinage nous fait du bien.
Je n’ai pas vu tous les films, tous les spectacles d’Anouk Grinberg, mais, après un certain nombre de décennies je réalise qu’elle n’est pas seulement une géniale actrice, pas seulement merveilleuse etcetera, elle est belle. On peut le lui dire, elle n’est plus une gosse, ça ne va pas la gâter. En se remémorant ses rôles, je me dis que ses metteurs en scène, et elle aussi peut-être, se sont méfiés de sa beauté. Genre ça n’est pas le sujet, on ne va pas insister là-dessus, son talent avant...
02/09 - "On ne peut pas travailler en Chine" : le récit d’Olivier Mas, ancien espion de la DGSELes espions font souvent basculer l’Histoire. Dans l’ombre, depuis des siècles et partout sur la planète, certaines opérations ont défini le monde tel que nous le connaissons. Dans “Nid d’espions”, le podcast de L’Express consacré au renseignement, on ouvre un dossier secret-défense, dans lequel le rôle des espions a tout changé.
L’histoire paraît invraisemblable. Au cœur d’une petite commune de Gironde, dans une luxueuse maison en location, des supposés vacanciers ont installé dans le jardin, à l’abri des regards, une parabole de deux mètres de diamètre. Les voisins sont alertés car, dans les rues alentour, Internet est largement perturbé. Lors de la perquisition, la police va découvrir dans le logement un dispositif permettant de capter des données satellitaires. La parabole semblait être utilisée pour mettre la main sur des informations militaires sensibles. Les deux ressortissants chinois arrêtés se sont présentés comme ingénieurs dans les télécoms au moment de leur demande de visa. Ils sont désormais suspectés d’avoir transmis des informations à Pékin.
Une affaire qui en rappelle une autre : en 2022, en Haute-Garonne, une ressortissante chinoise est arrêtée alors que les autorités repèrent une antenne de sept mètres dans son jardin. Elle se trouve à proximité d’un site radio-électrique qui gère des satellites d’Airbus et Thalès, utilisés par le Centre national d’études spatiales.
Des opérations qui montrent l’intensification de l’espionnage mené par Pékin, en...
02/09 - "Elle n’abandonnera jamais" : Marine Le Pen et son totem de l’interdiction du port du voileComme si elle aimait jouer les pompiers pyromanes. C’est le sentiment qu’ont certains frontistes en voyant, en cette rentrée politique, Marine Le Pen et son entêtement à maintenir l’interdiction du voile dans l’espace public dans le programme du RN pour l’élection présidentielle. La mesure fait partie des marottes du parti d’extrême droite depuis 2012, date à laquelle la fille de Jean-Marie Le Pen candidate à l’Élysée pour la première fois. Depuis, elle a suscité nombre de discussions en interne et de questionnements de la part de Marine Le Pen elle-même. Dans l’entre-deux tours de 2022, la députée du Pas-de-Calais s’était subitement mise à balbutier, qualifiant la question du port du voile de "problème complexe" et indiquant qu’elle n’était pas "obtuse" sur le sujet.
Et depuis cinq ans, plus rien. Comme il est de coutume au parti avec les dossiers délicats, le sujet a été rangé sous le tapis quelque temps, jusqu’à ressurgir dans les discussions au cours de l’été. Mi-juillet, alors que les principaux cadres du parti sont réunis quelque part en Essonne pour phosphorer autour du projet présidentiel, Marine Le Pen et Jordan Bardella argumentent. Ils ne sont pas d’accord. Le jeune président du parti est favorable à l’abandon de cette mesure qu’il juge "intenable". La patronne désapprouve. Comme pour les retraites, elle refuse de reculer sur ce qu’elle considère comme un marqueur. Tant pis si le parti peine à donner une définition satisfaisante du "voile islamique" qu’il...
01/09 - Plafonnement des arrêts maladie : ces autres pays européens qui serrent la visEffet domino. A compter de ce 1er septembre, en France, les médecins ne pourront, sauf dérogation médicalement justifiée, prescrire un arrêt maladie de plus de 31 jours pour une première demande, et 62 jours pour une prolongation. Une mesure qui a pour but de limiter les éventuels abus et de réduire la facture. En 2025, les indemnités journalières versées par l'Assurance maladie ont représenté 17,9 milliards d'euros. Le débat, souvent houleux, est de retour sur la table française qui semble au diapason avec ses voisins européens.Le cas allemand
Au début de l’été, le chancelier allemand, Friedrich Merz, s’est emparé de la question épineuse des arrêts maladie. Il s’est justifié en qualifiant l’absentéisme salarial de trop élevé dans son pays. Pour contrer ce phénomène, la première mesure adoptée en juillet 2026, qui entrera en vigueur le 1er janvier 2028, permettra d’obtenir un arrêt de travail partiel. Une sorte de mi-temps thérapeutique, acté dès le premier arrêt, qui permettra au salarié de travailler selon ses capacités : à hauteur de 25, 50 ou 75 % du temps de travail habituel. Selon les pronostics établis par le gouvernement allemand, cette mesure devrait faire économiser 73 millions d’euros au budget annuel de 2027.
Autre réforme annoncée : la fin d'un système qui autorisait les employés à s’auto-déclarer malades pour une absence maximale de trois jours. Pour un arrêt d’une semaine, seul un entretien téléphonique avec un personnel du corps médical était nécessaire....
01/09 - L’Allemagne accuse la Russie d’être responsable de l’attaque au drone de l’aéroport de LeipzigLe gouvernement allemand a officiellement désigné mardi 1er septembre la Russie comme responsable de la tentative d'attaque au drone survenue début août à l'aéroport de Leipzig-Halle. "Dans l'ensemble, les enquêtes policières, les modes opératoires et les informations des services de renseignement démontrent une responsabilité russe dans la tentative d'attentat à l'aéroport de Leipzig", a déclaré le ministre allemand de l'Intérieur, Alexander Dobrindt, lors d'une courte déclaration.
"Nous ne sommes pas en guerre, mais nous sommes quotidiennement la cible d'une guerre hybride", a-t-il ajouté. A ses côtés, le ministre des Affaires étrangères, Johann Wadephul, a insisté sur le caractère non isolé de l’incident. "Cela s'inscrit dans un schéma plus large d’opérations hybrides russes en Europe", a-t-il déclaré, pointant une escalade des actions de déstabilisation menées par Moscou sur le continent. "Notre message aux dirigeants russes est clair : nous ne permettrons pas que les attaques de la Russie nous divisent ou nous intimident et portent atteinte à notre cohésion sociale", a-t-il tranché.
Berlin compte faire pression au sein de l’Union européenne pour l’adoption de nouvelles sanctions, incluant des restrictions de voyage à l’encontre de ressortissants russes, ainsi qu’un renforcement de la lutte contre la "flotte fantôme" de Moscou. Le consulat de Bonn fermera ses portes le 18 septembre, tandis que le contrat de la "Maison russe" de Berlin sera résilié, selon les annonces...
01/09 - Baptiste Touverey : "Les Français sont uniques, et nous devrions être fiers d’être comme nous sommes"Il se passe quelque chose dans l'Histoire de France. Comme un frémissement de fierté ; une réappropriation du récit commun. On l'a vu notamment cet été à travers l'impressionnant succès du diptyque sur de Gaulle. La démarche de Baptiste Touverey, ancien élève à l'Ecole Normale Supérieure et ancien rédacteur en chef de la revue Books, n'est pas différente. Il publie ces jours chez Albin Michel une Histoire de France renouvelée au titre qui annonce la couleur : Le Pays miraculeux fouille avec originalité les ressorts qui font de la France un pays unique. Pour L'Express il développe certaines de ses analyses les plus saillantes.
L'Express : En quoi consiste le miracle français ?
Baptiste Touverey : Tous les pays sont uniques, mais la France est, si je puis dire, un pays "plus unique que les autres". C’est un pays miraculeux, parce qu'il ne devrait pas exister. Géographiquement la France occupe l'isthme de l'Europe, ce qui en a fait un "réservoir" de populations qu’à l’origine rien n’unissait : ni la langue, ni l'histoire, ni les valeurs. Cette particularité anthropologique la distingue de l'Allemagne, de l'Italie, de l'Espagne ou de l'Angleterre. Et malgré tout, pour des raisons que je développe dans mon livre, la France est devenue un pays. Mieux : le modèle de l'Etat-nation… Un deuxième miracle tient aux valeurs sur lesquelles cette nation s'est fondée et qui remontent à bien plus loin que la Révolution française : la liberté et l'égalité. Que ces deux principes doivent...
01/09 - "Les CRS frappent sur tout ce qui bouge" : de Gaulle, la Constitution de 1958 et l’émeute oubliéeCet article a été publié pour la première fois dans L'Express du 11 septembre 1958
4 septembre 1958. Le général de Gaulle a invité le peuple de Paris, place de la République, afin de lui présenter la Constitution qui, par référendum, doit être soumise à son approbation le 28 septembre prochain. Les services du ministère de l'Intérieur et de la Préfecture de police déclaraient, dans les trois jours précédents, que "300 000 personnes, selon leurs estimations, seraient au rendez-vous du Général."
4 septembre 1958. C'est, effectivement, une "invitation" puisque, dès 16 heures, dans un large périmètre à partir de la place, la police installe ses cars et dispose des barrières de fer argenté qui, alignées en chicanes et couloirs, sont destinées à canaliser le public des invités. Ceux-ci doivent présenter une carte officielle tantôt à des agents, tantôt à des membres de l'ex-service d'ordre R. P. F. qui portent des brassards bleus frappés, d'un V et d'une croix de Lorraine. Après quatre ou cinq contrôles, ils ont enfin accès à la place où se dresse, au pied de la statue, la tribune tapissée de calicot tricolore et surmontée d'un V gigantesque qui embrasse le podium d'où le général de Gaulle doit s'adresser aux Parisiens. Dans la tribune sont assis tous les membres du gouvernement, les ambassadeurs ou chargés d'affaires étrangers, des militaires, ainsi que de nombreux parlementaires parmi lesquels on reconnaît MM. Paul Reynaud, Laniel, Bloch-Dassault, Thibaut, député-maire...
01/09 - Face à l’enlisement de la guerre en Ukraine, Vladimir Poutine tenté par la fuite en avantLe tout pour le tout. Face à la résistance de l’Ukraine, que Vladimir Poutine avait sous-estimée lors du lancement de l'invasion en février 2022, le président russe se trouverait aujourd'hui dans une impasse. Plutôt que de faire cesser le conflit, le chef de l’État russe pourrait donc choisir de passer à la vitesse supérieure.
Lors d’une prise de parole officielle, le 22 août dernier, Vladimir Poutine a réagi aux récentes attaques de drones ukrainiennes, de plus en plus efficaces, contre des raffineries de pétrole et des centres logistiques russes. Le chef du Kremlin a accusé l'Ukraine d’avoir ouvert une "boîte de Pandore" tout en promettant des représailles contre "les secteurs le plus sensibles" de son économie. Le même jour, en s’adressant à son parti, la Russie unie, l'initiateur de la guerre a balayé d’un revers de la main toute possibilité d’un arrêt de la guerre. "L’opération militaire spéciale [NDLR : le terme utilisé par Moscou pour qualifier la guerre en Ukraine] continue", a-t-il déclaré. "Nous irons de l'avant."Crainte de l’Otan
En parallèle, les réactions récentes des pays membres de l’Otan témoignent de leurs inquiétudes face au risque d'escalade du conflit. Le 4 août, l’aéroport allemand de Leipzig-Halle a été la cible d'une tentative d'attaque par drone, que Berlin s'apprêterait à attribuer officiellemet à la Russie. De nouvelles sanctions pourraient suivre.
Le 20 août, la Roumanie a affirmé qu’une de ses plateformes de forage, a été visée par un drone...
01/09 - Présidentielle 2027 : Jean-Luc Mélenchon, le "vote inutile" et le but contre son camp du PSSuffit-il de marteler que Jean-Luc Mélenchon n’a aucune chance de remporter le second tour de l’élection présidentielle pour l’empêcher d’y accéder ? La réponse est dans la question : non, évidemment. Pourtant, tout en sachant que cette parole performative ne produit aucun effet sur l’opinion - l’intéressé progresse même dans les sondages - toute une partie de la gauche non-mélenchoniste répète ad nauseam ce message. "Jean-Luc Mélenchon est le plus mauvais candidat pour la gauche au second tour", pointe cet été le premier secrétaire du PS, Olivier Faure. "S’il y a un duel Mélenchon-Le Pen au deuxième tour, c’est une victoire assurée du RN", abonde le candidat à la primaire socialiste Jérôme Guedj, sondages à l’appui.
L’argument est aussi juste qu’inefficace. Oui, Marine Le Pen écraserait le match - les enquêtes d’opinion la créditent d’environ 70 % d’intentions de vote dans un tel scénario. Mais pourquoi le dire maintenant ? "Il n’est pas inutile de le rappeler de temps en temps mais cela n’a aucune résonance à huit mois du premier tour", reconnaît-on dans l’entourage du dernier président socialiste, François Hollande. En tête devant ses concurrents de gauche
Plutôt que de vous dire pourquoi voter pour moi, je vais vous expliquer pourquoi il ne faut pas voter pour lui… Parmi les responsables du parti à la rose, on ne semble pas mesurer le risque que l’argument massue se retourne contre eux, et que l’électorat de gauche leur réponde : n’avez-vous rien d’autre à dire ? En...
01/09 - Interdiction des portables au lycée : une mesure à l’efficacité limitéeFini le smartphone dans les cartables, les classes et les couloirs du lycée. Telle est l'ambition du gouvernement en ce 1er septembre, date d'entrée en vigueur de la loi sur l'interdiction des téléphones portables dans les lycées de France, votée en plein cœur de l'été et promulguée le 24 août, à une semaine de la rentrée. "Une école sans téléphone, c'est retrouver la sérénité de l'apprentissage", écrivait ce jour-là Emmanuel Macron dans un message posté sur X. L'un des arguments du gouvernement en faveur de cette mesure est en effet qu'elle permettrait aux élèves de mieux se concentrer et donc d'avoir de meilleurs résultats.
En toile de fond, la baisse du niveau des élèves français, un sujet récurrent dans le débat public. Si elle est corroborée par plusieurs enquêtes nationales ou européennes, cette baisse de niveau est toutefois à relativiser : elle cache de grandes inégalités et varie, par exemple, selon le groupe social des élèves.Des expérimentations à l'échelle locale
Dans les faits, cette mesure suscite déjà un débat sur son application concrète : pour la mettre en œuvre, chaque lycée doit modifier son règlement intérieur et prévoir lui-même les sanctions et les exceptions éventuelles. De nombreux enseignants ou proviseurs racontent qu'il est difficile de contraindre un adolescent à donner son téléphone portable en l'absence d'un règlement intérieur précis en la matière. Les professionnels rapportent aussi que les élèves s'en servent pendant la journée pour...
01/09 - Guerre en Iran : pourquoi Donald Trump n’arrivera pas à faire plier la ChineLa crise s’est déroulée lors du premier mandat de Donald Trump, mais elle semble d'un autre siècle. Décembre 2018, Meng Wanzhou, directrice financière du géant chinois des télécoms Huawei et fille du fondateur du groupe, est arrêtée à Vancouver (Canada) sur ordre des Etats-Unis, puis assignée à résidence. Nous sommes en pleine guerre commerciale entre Pékin et Washington. Meng Wanzhou ne sera libérée que deux ans et dix mois plus tard, en même temps que deux Canadiens détenus par Pékin. A l’époque, Washington avait accusé Huawei de ne pas avoir respecté les sanctions contre l’Iran, en vendant des équipements à ce pays, via l’une de ses filiales.
Près de huit ans plus tard, empêtré dans une interminable guerre contre Téhéran, Trump promet de faire subir à la République islamique "l'opération économique la plus écrasante jamais menée". Et menace de conséquences "considérables" tout Etat qui offrirait à l’Iran une quelconque "bouée de sauvetage". La Chine, qui achète l'essentiel du pétrole iranien par des moyens détournés, a déjà prévenu qu'elle s’opposait à toutes "sanctions unilatérales illégales".
Elle devrait être entendue. A quelques semaines de la venue de Xi Jinping à Washington, le 24 septembre - sa première visite d'Etat depuis 2015 - le locataire de la Maison-Blanche, qui rêve de signer un grand deal commercial, devrait tout faire pour éviter de froisser son homologue chinois. Rééquilibrage des rapports de force
Cette prudence traduit un rééquilibrage du...
01/09 - Guerre en Ukraine : l’invitation du ministre des Finances russe aux Etats-Unis fait des remousLe rendez-vous devait se focaliser sur la croissance mondiale, sur fond de choc énergétique provoqué par la guerre en Iran. Mais la présence d’un invité inattendu à une réunion des pays du G20 en Caroline du Nord, aux Etats-Unis, a nui à cet objectif initial, en irritant un certain nombre de participants.
Ce lundi 31 août, plusieurs ministres des Finances ont été surpris et consternés de voir que leur homologue russe, Anton Silouanov, avait fait le déplacement à Asheville - sa première participation physique à un tel forum depuis que la Russie a envahi l'Ukraine. Sa présence en personne outre-Atlantique marque un contraste important avec le mois d’avril 2022, quand sa participation par visioconférence à une réunion du G20 à Washington avait donné lieu à une condamnation généralisée de l'invasion de l'Ukraine lancée deux mois plus tôt par Moscou. Des responsables américains, britanniques, canadiens et de la Banque centrale européenne (BCE) avaient alors quitté la salle.
Rien de tel cette fois, mais plusieurs responsables européens ont tout de même dit s'être opposés à la traditionnelle "photo de famille" des ministres des Finances et des gouverneurs des banques centrales du G20, avant que celle-ci ne soit finalement prise sans Anton Silouanov."Assez troublant"
Rappelant que l'Europe préparait un train supplémentaire de sanctions contre la Russie, le ministre allemand des Finances a jugé devant la presse que la présence d'Anton Silouanov envoyait un signal "assez...
01/09 - États-Unis : un haut responsable de l’armée claque la porte sur fond de tensions avec Pete HegsethIl était le plus haut responsable civil de l'armée des États-Unis. Dan Driscoll, 40 ans, vétéran de la guerre en Irak, a remis ce lundi 31 août sa démission à Donald Trump. Elle intervient dans un moment où l'armée américaine est fortement mobilisée au Moyen-Orient, en particulier en Iran. Sur le papier, aucune raison n'a été avancée. La porte-parole de la Maison-Blanche, Anna Kelly, a même distillé des éléments de langage élogieux, évoquant "un leadership impressionnant durant des opérations militaires historiques" et une "armée plus puissante que jamais grâce à son travail".
Dan Driscoll paye, comme d'autres responsables avant lui, l'inimitié que lui voue Pete Hegseth, le secrétaire à la Défense depuis janvier 2025. Le Washington Post rapporte que les deux hommes étaient en désaccord profond sur le limogeage de plusieurs généraux. Selon la même source, le secrétaire à la Défense estimait aussi que Dan Driscoll ne se comportait pas avec la déférence qu'il lui devait. Ancien militaire et présentateur vedette sur la chaîne conservatrice Fox News, Pete Hegseth a contraint au départ de nombreux cadres de l'armée avec qui il était en mauvais termes, sans jamais en préciser la raison.
Dan Driscoll était l'un d'eux. Nommé en février 2025, il avait pour mission de moderniser l'armée, et s'est forgé la réputation de spécialiste des drones. Sous sa direction, l'armée de terre a changé son approche du champ de bataille, en utilisant moins de soldats au sol mais plus d'armes...
01/09 - "On change de monde" : les CGO, ces experts en géopolitique qui parlent à l’oreille des grands patronsLa géopolitique s'invite de plus en plus dans le quotidien de certains managers. Et avec elle, un nouveau profil se fait une place de choix : le Chief Geopolitical Officer (CGO) ou référent interne pour toutes les questions liées aux enjeux internationaux. Colin Reed est l’un d’eux. Titulaire d’un master en relations internationales de l’université de Georgetown et de deux licences de l’université de Caroline du Nord, il a d'abord occupé le poste d’analyste principal du renseignement au sein du gouvernement américain, avant de diriger des équipes spécialisées en géopolitique chez Salesforce. Il est aujourd’hui CGO chez Clock&Cloud (qui conseille les entreprises en géopolitique), basée à Helsinki (Finlande). Chacun de ses quatre collègues couvre une région du globe différente et dispose d’une expertise thématique spécifique.
"Notre rôle principal, explique-t-il, est d’aider les entreprises à comprendre l’impact de la géopolitique sur leurs activités. Concrètement, cela consiste à analyser l’actualité et à établir des prévisions plausibles et défendables sur les conséquences possibles de ces événements, puis à évaluer l’impact que cela aura en termes de coûts ou de préjudices pour l’entreprise." Si une zone n’est pas sécurisée pour le transport maritime, il faut envisager le transport aérien ou prendre une autre route maritime. Mais qu’en est-il pour les CGO français ? Profils divers
Si la mission est la même, le titre se fait plus rare en France. "Je suis dans un...
01/09 - Présidentielle 2027 : Jordan Bardella, un poison lent pour Marine Le PenL’expérience des campagnes présidentielles françaises nous invite à analyser l’échéance de mai 2027, avec au moins deux grands principes en tête. D’abord les candidats doivent impérativement aimer les fêtes foraines car à l’image des montagnes russes les chutes en matière d’intention de vote sont aussi brutales que les ascensions. Ensuite, les sondages de septembre ne font pas (toujours) les résultats de mai. En application de cette double théorie, il nous faudra observer de près la situation des deux favoris du moment. Celle de Jean-Luc Mélenchon dont il sera important de voir si Raphaël Glucksmann réussira son pari de l’empêcher d’être en finale ou si les caciques du PS réitéreront leur exploit de 2022 de liquider leur favori pour préserver un boulevard au leader de la France Insoumise. Et bien sûr celle de Marine Le Pen, dans l’évolution de plus en plus artificielle du tandem qu’elle forme avec Jordan Bardella, le grand perdant de l’été.
L’Histoire retiendra en effet que celui-ci aura été le premier à vivre l’effet "montagnes russes". Quasi proclamé président de la République à 30 ans par les sondages jusqu’à la date du 7 juillet dernier, il est engagé depuis dans une redoutable descente aux enfers. Le 7 juillet, en effet, dès la décision des juges d’appel connue, Marine Le Pen reprenait la main et sans état d’âme, rétrogradait son cadet du palais de l’Elysée à l’hôtel Matignon. Le député mariniste Jean-Philippe Tanguy ajoutait même aimablement : "Ce n’est pas un...
01/09 - Mort d’Edouard Balladur : cette rencontre secrète qui dit tout de l’ancien Premier ministreC'est l'une de ces rencontres qui font le cœur de la politique, dans une mise en scène qui ressemble à du théâtre mais qui révèle la vérité des hommes. Le lundi 29 mars 1993, au lendemain de la victoire écrasante de la droite aux législatives, le secrétaire général de l'Elysée Hubert Védrine se rend au Plaza, un hôtel très chic de Paris. Celui qui travaille pour François Mitterrand retrouve l'émissaire d'Édouard Balladur, Nicolas Bazire, au restaurant du rez-de-chaussée. Mais ce n'est qu'une étape pour semer les curieux. Les voici qui montent dans une suite louée pour la circonstance. Édouard Balladur les y rejoint pour une longue conversation dont personne ne saura rien à l'époque.
Ce rendez-vous est celui qui permet la construction de la deuxième cohabitation de l'histoire de la Ve République. Celui, aussi, qui aide à comprendre quel genre de personnage était Edouard Balladur, mort lundi à l'âge de 97 ans. "Je suis très sensible à l'intention que le chef de l'Etat manifeste de me nommer éventuellement Premier ministre. S'il confirmait cette intention, j'accepterais immédiatement, sans consulter quiconque." Ainsi était-il : onctueux, fier et indépendant. Qu'on n'attende pas de lui qu'il échange avec son fameux ami de trente ans, Jacques Chirac, qui préside alors le premier parti de France. Il ira jusqu'à le tenir à l'écart de la vie gouvernementale pendant deux ans.
"J'ai été secrétaire général de l'Elysée, je connais la fonction présidentielle, je ne l'abîmerai pas" :...
31/08 - Edouard Balladur à L’Express en 2022 : "J’ai peur qu’on ne traite pas les vrais problèmes qui se posent au pays"Edouard Balladur est un homme inquiet. Il contemple avec curiosité le monde qui l'entoure et le moins que l'on puisse dire est qu'il ne pèche pas par optimisme. La guerre en Ukraine a, selon lui, prouvé que "ce n'est pas seulement à Poutine qu'on ne peut pas faire confiance pour respecter un accord mais à la Russie elle-même". La crise a également dévoilé "l'affaiblissement économique, démographique, culturel de l'Europe", confortant Edouard Balladur dans l'idée que c'est la souveraineté française qu'il faut défendre avant la souveraineté européenne dont il affirme "ne pas être partisan".
Enfin, s'il est économe en avis et confidences sur la campagne présidentielle, il ne se prive pas de partager cette mise en garde : "Quelqu'un qui est élu par une petite majorité qui représente une part trop exiguë du corps électoral, a moins d'autorité morale ou politique que quelqu'un qui obtient une majorité plus large." Entretien.
L'Express : En quoi la situation en Ukraine marque-t-elle un tournant pour l'Europe ?
Edouard Balladur : C'est un moment de vérité. Face à la guerre que mène la Russie contre l'Ukraine, l'Europe prend enfin conscience de ce que sont ses moyens, son influence, sa capacité de décision. Elle a raison d'explorer la possibilité d'un accord avec la Russie, mais les questions sont multiples : quelle portion du territoire ukrainien que la Russie a envahi est-elle prête à restituer, quelles indemnités attribuer pour la reconstruction, quelle confiance faire à la...
31/08 - Mort d’Edouard Balladur : de Mai 68 à son duel avec Jacques Chirac, une vie politique en trois actesDes couloirs de Matignon en mai 1968 au ministère de l’Economie en 1986, en passant par le siège du RPR dans la course pour l’Elysée en 1994, plongée dans trois années marquantes de la vie politique d’Edouard Balladur à travers nos archives.Mai 68 - Aux premières loges
Edouard Balladur était, à 39 ans, conseiller du Premier ministre Georges Pompidou. De Matignon, il a vécu, heure par heure, le voyage express du Général à Baden-Baden. Dans L’Express du 1er mai 2008, il raconte ce jour où la France n’avait plus de président…
Quel est le climat qui règne à la veille du 29 mai ?
Edouard Balladur : En début de semaine, les négociations de Grenelle avaient pris fin, j’avais rédigé le texte des accords, approuvé par Georges Pompidou. Malheureusement, ils avaient été rejetés à Billancourt. Le mardi 28, j’avais accompagné le Premier ministre pour une rencontre avec les fonctionnaires. Le climat de tension était extrême, cela s’était mal passé. Le 29, avec la manifestation de la CGT de la Bastille à la gare Saint-Lazare, à laquelle s’était joint le Parti communiste, était donc considéré comme un jour très dangereux. Le Premier ministre avait donné l’ordre de rappeler des parachutistes, des fusiliers marins et des unités de chars à proximité de Paris, car l’hypothèse d’un assaut contre les bâtiments officiels ne pouvait être écartée. Certains sont même venus proposer à Matignon que chacun ait une arme pour se défendre !
Commence cette journée de mercredi. Habituellement, il y a...
31/08 - Inondations au Népal et au Tibet : la Chine accusée de dissimuler l’ampleur du désastreLe 26 août, la rupture d'un glacier a provoqué une crue dévastatrice à la frontière qui sépare le Népal du Tibet. Cinq jours plus tard, alors que les opérations de secours se poursuivent, le bilan dépasse les 900 morts au Népal. Plus de 4 000 personnes sont toujours portées disparues. Dans ce contexte tragique, Pékin, qui contrôle le Tibet, ne recense officiellement que 16 morts et 546 disparus, dont 261 étrangers, de ce côté de la frontière.
Un bilan contesté par l'International Campaign for Tibet. Le groupe de défense des droits des Tibétains affirme qu'au moins 300 maisons ont été détruites. Quatre villages, Sale, Serchung, Labi et Rizi, figureraient parmi les plus durement touchés. "Ce qui est visible au Népal révèle ce qui est dissimulé au Tibet", résume l'association dans les colonnes du Guardian. Quant au nombre de victimes réel de victimes, difficile de l'estimer pour le groupe, qui ne dispose que de "maigres" informations. Toutefois, ses membres l'assurent : il est "bien plus élevé" que celui annoncé par les autorités chinoises.Un JT sur le nouveau livre de Xi Jinping
L'ampleur de la catastrophe est d'autant plus difficile à estimer que l'information circule très difficilement du côté tibétain. Plusieurs organisations de défense des droits humains soulignent un contraste marqué dans la quantité d’informations diffusées de part et d’autre de la frontière. Alors que la presse internationale a été bouleversée par les images de la tragédie au Népal, la télévision...
31/08 - Port du voile : ce que révèlent les divergences au sein du RNComme un air de surchauffe chez les frontistes. En plein mois de juillet, les pontes du parti d’extrême droite ont élu domicile quelque part en Essonne. L’idée : phosphorer loin des caméras sur le programme présidentiel. Un sujet s’invite rapidement à la table : la question de l’interdiction du port du voile dans l’espace public, cheval de bataille du Rassemblement national depuis plus de dix ans. Marine Le Pen se raidit. Pas question d’abandonner cette mesure phare. Jordan Bardella, lui, hésite. Il louvoie, temporise, doute de cette proposition qu’il juge "intenable". En mars 2025, déjà, le président du RN avouait que l’application d’une telle loi était "compliquée" et qu’il fallait procéder "étape par étape". Le désaccord se fait devant témoins. En cinq ans, les deux têtes d’affiche n’ont pas tranché sur une des propositions clés qu’ils porteraient à l’élection présidentielle. Et n’ont pas à le faire. Le 7 juillet arrive, et avec lui la décision de la Cour d’appel qui permet à Marine Le Pen de se porter candidate. C’est donc sa voix qui prime.
A ses fidèles désormais d’aller porter la bonne parole, en soutenant la mesure qui comporte encore de nombreuses zones de flou dans ses contours et ses modalités d’application. C’est Jean-Philippe Tanguy, proche de la candidate, qui se lance le premier, ce dimanche 30 août, au micro de BFM. En cas d’accession au pouvoir, le parti prévoit de "sanctionner le port du voile". "S’il y a des femmes qui portent le voile alors qu’il est...
31/08 - Campus de Sciences Po à Bruxelles : ce projet qui soulève bien des questions"Un étudiant peut aujourd’hui accomplir toute sa scolarité à Sciences Po sans recevoir de formation substantielle sur l’Europe" : le constat dressé par le rapport du comité Europe de Sciences Po est pour le moins sévère. D’avril à juillet 2026, ce groupe de réflexion mandaté par le directeur Luis Vassy et composé d'une trentaine de personnalités, s’est penché sur les moyens de replacer la question européenne au cœur des enseignements et de la recherche. Le 13 juillet dernier, le quotidien Les Echos avait révélé la liste des recommandations formulées pour redresser la barre. La publication de l’intégralité du rapport, prévue ce mardi 1er septembre, ne manquera pas de susciter des débats en interne tant les pistes avancées sont nombreuses et, pour certaines, structurantes. Celles-ci vont de la création d’un cours "iconique" de 48 heures consacré à l’Union européenne, à l’instauration d’une semaine dédiée à cette thématique, en passant par la création d’un séminaire de recherche pluridisciplinaire ou l’ouverture d’un nouveau campus à Bruxelles. C’est précisément cette dernière hypothèse qui concentre aujourd’hui l’essentiel des interrogations.
Ce virage européen que s’apprête à prendre Sciences Po était attendu puisque Luis Vassy en avait fait l’un des axes forts de son projet lorsqu’il était candidat à la direction de l’école. En décembre 2024, quelques mois après son élection, l’ancien directeur de cabinet de Stéphane Séjourné au ministère de l’Europe et des Affaires...
31/08 - De l’école au champ de bataille : comment la Russie prépare sa jeunesse à la guerreCe 1er septembre, les écoliers russes feront leur rentrée. Pour les collégiens et les lycéens, il faudra se préparer à un changement de programme. A la suite d'une décision du ministère de tutelle, le cours d'éducation civique, obligatoire, inclura désormais un entraînement militaire. Ces leçons, baptisées "fondements de la sécurité et de la défense de la patrie" représenteront la moitié des heures accordées à la matière, indique le média américain, Bloomberg.
Si les enseignements militaires n'ont rien d'inédit dans le pays, ils étaient jusqu'alors réservés aux lycéens. Désormais, à partir de 13 ans, les jeunes Russes apprendront à identifier diverses armes, dont les mitrailleuses, les mines, les grenades à main et autres engins explosifs. Puis les rudiments de médecine de guerre, de premiers secours, des techniques de survie en zone de conflit, de discipline militaire, ainsi que l’étude de la doctrine de sécurité nationale, seront également enseignés. Enfin, les écoliers apprendront à réagir en cas d'exposition à des produits chimiques ou à des rayonnements ionisants. Le sacrifice ultime pour la patrie
Dans les colonnes de Bloomberg, l’enseignant russe en exil, Pavel Talankin, coréalisateur du documentaire oscarisé "Mr. Nobody contre Poutine" sur la propagande de guerre à l’école, dénonce une pédagogie qui banalise le sacrifice ultime et laisse penser aux adolescents que leur vie compte moins que la cause nationale. "Si nécessaire, il faut mourir pour la patrie, en...
31/08 - Crise des migrants à Ceuta : ce que dit un rapport des services de renseignement espagnolsLes services de renseignement espagnols ont livré leurs premières conclusions sur l’afflux massif de migrants à Ceuta des 30 et 31 juillet. Selon deux rapports du Centre national de renseignement (CNI) consultés par le journal espagnol El País, ils ne disposent pas d’éléments permettant d’affirmer que le Majzén, le cercle de pouvoir entourant Mohammed VI, a planifié l’assaut. En deux jours, 72 000 personnes avaient tenté d’entrer dans l’enclave espagnole, faisant 91 morts selon les chiffres officiels, et au moins 140 selon les associations.
"Aucun service de renseignement avec lequel le gouvernement espagnol collabore habituellement ne fait apparaître le moindre doute (…) quant à la participation des autorités marocaines", a confirmé le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, au micro de la radio Cadena SER le 31 août.Puissante campagne de désinformation numérique
Le Premier ministre socialiste a plutôt pointé une campagne de rumeurs et de désinformation relayée par des réseaux liés "aussi bien à la Russie qu’à Israël, et à une internationale d’ultradroite qui utilise toujours la migration non seulement pour attaquer l’Espagne mais aussi pour diviser l’Europe". En cause notamment selon lui, un arrêt de la Cour suprême du 8 juillet, déformé puis largement diffusé sur les réseaux sociaux par des organisations criminelles de trafic d’êtres humains, qui affirmait qu’un migrant entrant à Ceuta à la nage ne pourrait pas être renvoyé au Maroc, ce qui est faux.
La...
31/08 - Présidentielle 2027 : pourquoi "l’élection la plus importante de la Ve" tourne à la foire à la saucisseCompter le nombre exact de candidats à l’élection présidentielle devient un exercice périlleux. Avec son annonce au journal télévisé de TF1 dimanche 30 août, Olivier Faure serait le 27e à entrer en lice. Il succède à… Francis Lalanne, qui l’avait devancé de quelques jours, soutenu par Dieudonné. La liste reste à compléter : pendant que l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin "se bat pour être candidat", l’essayiste Natacha Polony "n’exclut rien".
Faut-il en rire ou en pleurer ? On peut donc simultanément présenter le scrutin de 2027 comme "le plus important de l’histoire de la Ve République" et le transformer en foire à la saucisse. Le seul objectif est-il de battre le record du mal nommé Guy Héraud, qui en 1974 n’obtint que 19 255 voix, soit 0,08% des suffrages exprimés ? Ou de tenir la raison à distance respectable des urnes ? La jurisprudence Hollande continue de planer, encore évoquée samedi (soit la veille de sa déclaration officielle, ce n’est pas un hasard) par Olivier Faure : "N’écoutez pas les ricaneurs, les analyses, les sondages […]. Je me souviens que François Hollande a commencé à 3 % et qu’il est devenu président de la République."
Ils sont si nombreux parce qu’il faut battre l’extrême droite ? C’est en 2002, quand le nombre de candidatures fut le plus élevé de l’histoire (16), que le Front national a, pour la première fois, accédé au second tour. Ils sont si nombreux parce qu’exercer cette responsabilité est devenu facile, à la portée de tous, dans...
31/08 - L’Islande dit "Nei" à l’UE : vu de l’étranger, "un mauvais signal pour Bruxelles""Pour les Islandais, c'est 'Nei !'" a résumé en titre le journal suisse Le Temps ce dimanche 30 août. La veille, les Islandais ont rejeté la reprise des négociations d'adhésion à l'Union européenne, avec 52,8 % de "non" contre 47,2 % de "oui". Le scrutin ne portait pas directement sur une adhésion à l'UE, mais sur la possibilité de rouvrir les négociations en vue de celle-ci : un éventuel accord aurait ensuite dû être soumis à un nouveau référendum.
Les récits de l'inconfort islandais sur le sujet, qui semblait s'être immiscé jusque dans les familles, ont été nombreux dans la presse internationale ces derniers jours. Au final, "les chiffres ont montré à quel point l'Islande était divisée sur la question", observe le britannique The Guardian. Dans les six circonscriptions du pays, seuls les deux districts du centre de Reykjavik ont voté majoritairement pour la reprise des discussions. "Les résultats ont montré une profonde fracture entre les électeurs de la région de la capitale et ceux du reste de ce pays largement rural, où certains ont le sentiment que l'identité nationale risque d'être oubliée", poursuit le quotidien d'outre-Manche.Une campagne plus que délicate
C'est l'issue d'une campagne particulièrement délicate, régulièrement comparée par les analystes à celle du Brexit de 2016, ou au climat de désinformation qui règne aux États-Unis sous Donald Trump. Preuve de la sensibilité du débat, "Bruxelles a été priée de rester à l'écart" et de ne pas intervenir dans le...
31/08 - L’Arabie saoudite, les parcs et la France : ce que MBS a vraiment derrière la têteMohammed ben Salmane (MBS) est d’abord venu en France pour les jeux vidéo et la finale de la Coupe du monde d’e-sport le 23 août. Ce secteur représente un énorme investissement de l’Arabie saoudite, basé sur l’idée qu’il sera très rentable. D’où le rachat à 55 milliards de dollars du géant américain Electronic Arts (EA) par un consortium d’investisseurs à majorité saoudienne. Mais plus généralement, la France est l’un des deux pays favoris au monde du prince héritier, l'autre étant le Japon. MBS est passionné de mangas, et l’esthétique japonaise lui plaît beaucoup. Il a des goûts très sobres en matière de décoration, qui contrastent avec ceux de beaucoup de dirigeants saoudiens. La France, elle, est le pays où il a passé ses vacances jeune. C’est d’ailleurs là où il est devenu accro aux jeux vidéo. Après sa visite officielle à Paris, le prince héritier a séjourné dans son château de Louveciennes (Yvelines) qu’il n’avait pratiquement pas visité depuis qu’il l’a acheté en 2015. Son regret, c’est de ne plus pouvoir se balader en privé comme avant. Pour lui, la France est surtout importante au point de vue culturel.
L’annonce de l’investissement dans des parcs d’attractions dans le Val-d'Oise a fait beaucoup de bruit, mais elle suscite des doutes. Récemment, l’Arabie saoudite a reculé sur ses grands projets même à l’intérieur du pays, à commencer par la ville futuriste de Neom. En plus, elle doit aujourd'hui construire tout un nouveau réseau de pipelines et de routes pour...
31/08 - Guerre en Iran : Washington reprend ses frappes et ravive le bras de fer autour d’Ormuz"L'île de Kharg est en train d'être réduite en miettes", a déclaré dimanche 30 août au soir Donald Trump sur Truth Social, accompagnant son message d'une courte vidéo générée par IA montrant l'explosion d'un navire et d'infrastructures énergétiques. A ce stade, rien n'indique que l'île iranienne a effectivement été visée par une attaque. Quelques heures plus tôt, le porte-parole du Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, Tim Hawkins, annonçait toutefois que l'armée américaine avait déjà ciblé "deux lanceurs iraniens sur l'île de Larak", d'où se préparait, selon Washington, une attaque contre le détroit d'Ormuz. Deux personnes sont mortes dans l'attaque. Ce sont les premiers bombardements publiquement reconnus des Etats-Unis contre l'Iran depuis plus d'un mois.
Ces attaques sont une nouvelle illustration de la bataille pour le contrôle qui continue autour de l'ultra-stratégique détroit d'Ormuz, par lequel un cinquième des hydrocarbures mondiaux transitait en temps de paix. Actuellement, Téhéran verrouille toujours le passage du détroit d'Ormuz, qu'aucun bateau ne doit traverser sans son autorisation. Les Etats-Unis, eux, poursuivent leur blocus militaire des ports iraniens.
Ces dernières semaines, Washington s'était officiellement abstenu de mener des attaques en Iran, privilégiant de lourdes sanctions économiques contre Téhéran et ses partenaires économiques. En dénonçant ces nouvelles attaques, Téhéran a affirmé lundi avoir visé en retour des cibles...
31/08 - Musculation : quand la force devient une faiblesse, par Julia de FunèsPour tous ceux qui n’ont pas pris, en cette rentrée, la résolution aussi solennelle que statistiquement fragile de s’inscrire à la salle de sport, voici une chronique qui devrait vous soulager. Cet été, quelque chose m’a frappée : les corps ont changé. Sur les plages comme sur Instagram, ils sont de plus en plus musclés, dessinés, sculptés, parfois même franchement gonflés. De quoi faire naître un léger sentiment de culpabilité chez ceux qui, pendant les vacances, ont davantage soulevé leur fourchette que de la fonte. Mais plutôt que de nous accabler, regardons ce que ce culte croissant pour le muscle raconte de nous. Car il dit au fond deux choses : quelque chose de notre rapport à l’effort et quelque chose, peut-être plus troublant encore, de notre rapport à la liberté.
On nous répète volontiers que nous sommes devenus accros au confort, à la facilité et à l’immédiateté. Ce n’est manifestement pas tout à fait vrai. Parce qu’il en faut, de l’effort et du temps, pour aller plusieurs fois par semaine à la salle, soulever la même fonte, recommencer pendant des jours, des mois, parfois des années. L’effort n’a donc pas disparu. Mais il s’est déplacé et devient tout à fait accepté dès lors qu’il produit un bénéfice visible et instagrammable. Souffrir, oui, mais à condition que cela rapporte des abdos, des biceps, une silhouette plus gracieuse et des formes plus flatteuses. L’effort n’a donc pas disparu, il s’est simplement narcissisé. Le maître et l’esclave
Deuxièmement, la...
31/08 - IA : pourquoi la France doit être une terre d’accueil pour les data centers, par Nicolas BouzouLa France doit-elle être une terre d’accueil pour les data centers ? Ma réponse n'est guère nuancée : oui, oui, et trois fois oui. Plutôt que de discourir sur les avantages que notre pays trouvera dans l'expansion de ces centres de données - on en compte aujourd'hui 350 environ sur le territoire -, j'aimerais réfuter ici les principaux contre-arguments.
1/ "La valeur de l’IA se trouve dans la production des algorithmes et non dans l’hébergement de données qui ne nous appartiennent pas"
La proposition est exacte mais elle n’invalide pas la pertinence de l’accueil de data centers en France. Certes, il aurait mieux valu, pour l’avenir de l’Europe, que notre continent ait été capable de faire émerger des géants du numérique et de l’IA, comme OpenAI, Anthropic, Google ou Baidu. Cette lacune est parfaitement analysée dans les rapports d'Enrico Letta (avril 2024) et Mario Draghi (septembre 2024). Cela étant, ce n’est pas parce que l’Europe accuse, pour l'heure, un retard majeur sur la partie la plus valorisée de la chaîne de valeur qu’il faut, dans un réflexe d’enfant vexé, se retirer complètement du jeu. Ajoutons que le monde conflictuel dans lequel nous vivons doit nous imposer la mise en place d’une souveraineté numérique maximale. Dit de façon prosaïque, il est préférable que les centres de données soient situés en France plutôt qu’ailleurs. Au moins, c’est nous qui contrôlons l’accès physique à l’infrastructure.
2/ "Les data centers contribuent au réchauffement...
31/08 - "J’ai choisi mes parents" : Catherine Guillouard révèle les coulisses de son départ de la RATPIl y a des décisions qui disent tout de l'état d'une société, de ses angles morts, de ses impensés. A l'été 2022, Catherine Guillouard, qui dirigeait depuis cinq ans la RATP, annonce sa démission. Quelques semaines plus tôt, sa mère a été victime d'un très grave accident et la dirigeante décide de devenir aidante. Une décision rare à ce niveau de responsabilités.
Comme elle, 11 millions de personnes sont aujourd'hui qualifiées d'aidants en France. Au plus près chaque jour, chaque instant, d'un père, d'une mère, d'un conjoint ou d'un enfant. Tous ensemble, ils forment le pilier informel et invisible d'un système de santé au bord de la rupture. D'après une étude du ministère de la Santé, 58 % sont des femmes et seulement 32 % bénéficient d'un soutien extérieur, qu'il soit financier, logistique ou psychologique. Epuisement, isolement et souvent désinsertion professionnelle, le sujet est majeur et il est tabou.
Catherine Guillouard n'avait jamais raconté son histoire. Pour L'Express, elle a accepté de nous parler d'une invisibilité du monde du travail - le statut des aidants - alors que le texte de loi relatif à la fin de vie est de nouveau discuté à l'Assemblée nationale.
Une interview exclusive issue du podcast Anatomie d'une décision, à écouter sur Apple Podcasts, Spotify, Deezer, Castbox, Podcast Addict ou en cliquant sur le player en tête de cet article.
L'Express : Nous sommes le 28 juillet 2022. Ce jour-là, vous avez rendez-vous avec Alexis Kohler, le secrétaire...
31/08 - "Ils suivent la couleur de l’argent" : pourquoi Donald Trump perd sa bataille contre les énergies vertesUn milliardaire, un parcours de golf et un combat perdu contre un parc éolien. Il n’en fallait pas plus pour déclencher une hostilité tenace. Pour ne pas dire carrément viscérale. Cette histoire, celle de l’échec de Donald Trump à empêcher, dans les années 2000 et 2010, la construction de 11 éoliennes au large d’Aberdeen (Ecosse) face à son 18 trous, le Trump International Golf Links, compte pour beaucoup dans son aversion pour les énergies renouvelables. Depuis son retour au pouvoir, le président des Etats-Unis mène une guerre contre ces filières, qu’il cherche à saboter par tous les moyens. L'éolien et le solaire en tête. Dans son esprit, la domination énergétique ne sera possible qu’avec les énergies fossiles et le nucléaire.
Une stratégie contrariée ces derniers mois. Certes, Donald Trump a déboursé de rondelettes sommes auprès de TotalEnergies et de RWE (respectivement 1 et 1,2 milliard de dollars) pour l’abandon de projets éoliens en mer. Mais un juge fédéral a, en parallèle, ordonné au Pentagone de lever le gel imposé à l'examen de douzaines de projets terrestres. Plus largement, le président républicain assiste en réalité au boom des énergies vertes dans son pays. D’après le US Grid Outlook 2026 de S&P, les Etats-Unis devraient ajouter plus de 90 gigawatts (GW) de nouvelles capacités cette année. Dont 51 GW de solaire et 13 d’éolien. Toutes les autres sources cumulées - gaz, géothermie, hydroélectricité et nucléaire - ne dépasseraient pas les 10 GW...
30/08 - Du Vietnam à l’Iran : comment les Etats-Unis sont tombés dans le piège des guerres asymétriquesSix mois après le début de la guerre en Iran, une question demeure : comment le régime des mollahs peut-il encore tenir face à l’armada militaire américaine ? Le 28 février, lorsque les Etats-Unis et Israël déclenchent leur offensive contre la République islamique, le rapport de force semble pourtant évident. Les frappes décidées par Donald Trump sont massives, détruisent une partie des infrastructures militaires et nucléaires iraniennes, et plusieurs hauts responsables sont éliminés.
Pourtant, l’Iran n’a toujours pas capitulé. Le régime iranien est toujours en place et Téhéran conserve même plusieurs moyens de pression, notamment autour du détroit d’Ormuz. Ce décalage entre la puissance déployée par les Etats-Unis et les résultats obtenus est un piège bien connu des théoriciens militaires, qu’on appelle la "guerre asymétrique". La guerre asymétrique, c’est quoi ?
Une guerre asymétrique est un conflit opposant un acteur puissant - un État, une armée régulière - à un adversaire beaucoup plus faible, qui cherche à éviter le terrain sur lequel son ennemi est le plus puissant. Plutôt qu’une bataille frontale perdue d’avance, l’acteur faible privilégie la guérilla, les embuscades, les drones bon marché ou la guerre d’usure. Son objectif n’est pas nécessairement de vaincre militairement, mais de survivre assez longtemps pour que le coût politique de la guerre devienne insupportable.
L’ancien secrétaire d’Etat américain Henry Kissinger résumait ce paradoxe en une phrase : "La...
30/08 - La Chine séduit, l’Amérique déçoit : le grand basculement du soft power autoritaire, par Catherine FieschiIl y a encore peu, le match d’image entre les Etats-Unis et la Chine semblait joué d’avance – du moins dans nos démocraties. L’un avait ses défauts, ses guerres, ses excès ; l’autre restait une puissance autoritaire dont la réussite économique impressionnait sans séduire. Or ce temps semble révolu. La dernière enquête du Pew Research Center est saisissante : dans 25 des 36 pays étudiés, la Chine est désormais mieux perçue que les Etats-Unis. En France, 36 % en ont une opinion favorable, contre 27 % pour les Etats-Unis ; en Allemagne, 33 % contre 27 %. Au Canada : 44 % contre 33 %.
En Allemagne, pendant que l’opinion réévalue Pékin, l’industrie subit de plein fouet le choc chinois. Entre 2021 et 2025, les exportations allemandes vers la Chine ont chuté d’un cinquième ; les exportations automobiles ont, elles, été presque divisées par deux. Et cela dans les secteurs – automobile, mécanique, équipements électriques – où l’Allemagne avait bâti sa puissance. Bref, un terrain peu propice à la fascination.
Cette embellie chinoise doit évidemment beaucoup à l’effondrement américain. Donald Trump a réussi ce tour de force : rendre Xi Jinping rassurant. Xi, en somme, c’est un peu Poutine sans la guerre à sa porte, et avec une vraie réussite économique. Même promesse de verticalité, mais enveloppée dans le vocabulaire de la stabilité, de la planification et de la performance industrielle. Avec, peut-être, un vieux tropisme orientaliste – l’envie de voir dans la Chine l’alliance...
30/08 - Présidentielle 2027 : Retailleau, Bertrand, Lisnard… La droite face au casse-tête de la primaireL'étau se resserre. Lors de l’interview politique 4V (pour 4 Vérités) diffusée pendant l'émission Télématin sur France 2, du vendredi 28 août, l’invité, Bruno Retailleau, a dû s’exprimer sur l’éventualité d’une primaire à droite, en vue des élections présidentielles de 2027. Lui-même candidat et président du parti Les Républicains, il a affirmé : "Je n’ai jamais dit non par principe à la primaire. S’il y a une primaire, je l’affronterai", se targuant de ne refuser "aucune compétition". Le candidat a toutefois précisé : "Je n’y crois pas."Trois candidatures républicaines
Pourtant, les appels du pied se multiplient. En mars dernier, Gérard Larcher, le président LR du Sénat, avait plaidé pour une primaire, "sauf si un candidat parvient à s’imposer". Dans une tribune publiée par le Figaro, le 26 août, l’ancien ministre centriste de la Défense et actuel président de la région Normandie, Hervé Morin, a constaté qu'"aucun candidat naturel ne s'impose". Il a alors lancé un appel à une "primaire ouverte", ouvrant la porte aux candidats du centre. Cette dernière permettrait aux électeurs concernés de s’unir derrière une candidature commune, d’"éviter la division qui fait perdre les élections" ainsi que "l'impasse politique et programmatique opposant l'extrême gauche à l'extrême droite", a-t-il argumenté.
Au micro de France Inter, il a ajouté : "Ceux qui refusent la primaire porteront une immense responsabilité". Celui qui avait un temps évoqué un vote allant de Sarah Knafo...
30/08 - Après le "non" de l’Islande à l’Europe : l’UE n’attire plus que les pauvresL’Union européenne est-elle condamnée à devenir un club de pays aussi nécessiteux qu’impécunieux ? Le non de l’Islande à la réouverture des négociations d’adhésion à l’UE, lors du référendum samedi 29 août, est une déception pour les Vingt-Sept qui comptaient sur sa candidature pour espérer être enfin rejoints par un pays riche, stable et à la démocratie irréprochable.
La dernière occurrence où l’UE a accueilli des pays aisés remonte à plus de 30 ans, avec l’entrée simultanée de la Suède, de la Finlande et de l’Autriche. Dès leur adhésion en 1995, ces Etats sont devenus contributeurs nets au budget communautaire. Depuis le début du XXIe siècle en revanche, les trois élargissements qui se sont succédé ont fait entrer 13 pays d’Europe centrale, orientale et méridionale qui, tous, y compris les plus dynamiques d’entre eux comme la Pologne, Chypre ou Malte, touchent plus d’argent de Bruxelles qu’ils ne lui en versent.
L’Islande, elle, aurait détonné et c’était d’ailleurs l’un des principaux arguments des promoteurs du non au référendum : ils faisaient valoir que l’île arctique n’avait pas eu besoin de l’UE pour devenir prospère. Son PIB par habitant dépasse les 80 000 euros, soit 30 % de plus que la moyenne de l’Union. Son accord pour rouvrir les négociations (déjà lancées dans la foulée de la crise financière, en 2009, mais suspendues en 2013) aurait pu aussi encourager la riche Norvège à relancer ses propres pourparlers avec Bruxelles. La population norvégienne a rejeté...
30/08 - L’Islande dit "non" à la reprise des négociations pour intégrer l’Union EuropéenneAprès un dépouillement un peu plus long que prévu, la chaîne de télévision publique islandaise RUV, a communiqué ses projections pour les résultats du référendum organisé ce samedi 29 août. C'est la victoire du "non" pour une adhésion éventuelle à l'Union Européenne, avec plus de 52 % des voix, qui l'emporte.
Pour un résultat définitif, seul manque le décompte d'une circonscription du sud-ouest, qui ne devrait pas changer la donne selon le média public. Le succès, plutôt net, se double d'une participation qui n'avait pas été aussi élevée depuis les législatives de 2009. Au total, 85 % de la population s'est déplacée. La Première ministre, Kristrun Frostadottir, avait assuré, plus tôt en août, qu'un "non" couperait net toute possibilité d'une intégration de l'île. Le gouvernement doit s'exprimer lors d'une conférence de presse à 13 heures.
C'est en 2009 que l'Islande avait déposé un dossier pour intégrer l'Union Européenne. La raison : l'effondrement de son système bancaire. En 2013, un gouvernement eurosceptique avait suspendu le processus.Déception pour Bruxelles
Cette réponse qui semble décisive représente, sans doute, une déception pour Bruxelles. L'intégration de cette île faiblement peuplée (400 000 habitants) ne posait pas de nouveau le débat, houleux, de l'élargissement de l'Union Européenne. Aussi, l'adhésion de l'Islande aurait renforcé stratégiquement le bloc communautaire dans un espace où Donald Trump tente de s'imposer.
De leurs côtés, les défenseurs...
30/08 - Gaza : ces milices palestiniennes que Tsahal arme pour combattre le HamasLe quotidien israélien Haaretz a publié, le 27 août, une enquête dans laquelle il révèle un réseau de milices armées palestiniennes implantées à Gaza et soutenues par Tsahal. Dans le cadre de ce travail d’investigation, les journalistes ont recueilli la parole de soldats israéliens et de Gazaouis qu’ils ont croisée avec des images satellites, des vidéos postées sur Facebook par des miliciens et des témoignages collectés par l'ONU.
Parmi un ensemble de découvertes concomitantes, se dégage une certaine "activité coordonnée" dans la région de Khan Younès opposant le Hamas et un groupe armé palestinien soutenu par Tsahal. Selon le quotidien, "cet incident n’est qu’un sous-produit du renforcement de la collaboration" entre Tsahal et ces milices de Gaza. Autre élément troublant : les combattants palestiniens ne respectent pas les délimitations du territoire de Gaza et s’aventurent dans des zones contrôlées par Israël.Six groupes armés
L’enquête a identifié six groupes armés de premier plan à Gaza, même si aucune activité au sol n’a été documentée pour la sixième. Pourtant, comme les autres, les mêmes tentes et les mêmes équipements ont été repérés. Chacun opère dans une zone bien définie : Beit Hanoun, Shujaiya, Deir al-Balah, Khan Younès et Rafah. Sur des vidéos publiées, une dizaine d’hommes armés apparaissent dans chaque groupe.
La proximité des bases miliciennes avec la ligne "jaune" de séparation officielle entre la zone contrôlée par Israël et celle sous contrôle...
30/08 - Rentrée littéraire : de Sonia Devillers à Thélyson Orélien, dix romans à découvrir absolumentIl n’y a pas que la première liste du Goncourt (dévoilée ce mercredi 2 septembre) dans la vie de l’édition. Après notre passage en revue des dix événements de la rentrée et une première série de coups de cœur, voici la suite de nos recommandations subjectives, auxquelles on souhaite le meilleur. C’était ça ou mourir, de Thélyson Orélien
Loin de Carrefour-Feuilles
Paru au mois de mars au Québec, le premier roman de Thélyson Orélien C’était ça ou mourir connaît immédiatement le succès : ventes massives, traductions en 22 langues, les prémisses d’un phénomène. Dans une langue sensuelle, ce récit plein d’humour suit le périple de Jonas Dorléon, professeur d’histoire-géo, contraint de fuir son village, Carrefour-Feuilles, un quartier de Port-au-Prince devenu "un cendrier géant, un cimetière sans tombes". L’enseignant, fils d’une couturière et d’un pêcheur fainéant, emporte son diplôme, une photo de sa mère, "un slip propre" et "un carnet où j’écrivais des poèmes que personne ne lirait jamais".
Commence l’exode à travers douze pays, la République dominicaine, le Brésil, la traversée en radeau entre le Pérou et l’Équateur, la marche dans la jungle du Darien, des milliers de kilomètres parcourus en compagnie silencieuse d’Haïtiens, de Vénézuéliens, de Cubains, de Togolais et d’un Chinois, des mères, des enfants et des vieillards, qui cheminent, trébuchent, pleurent, et parfois meurent, jusqu’à la frontière des États-Unis. Là, dans un camp de migrants, l’attente d’un...
30/08 - Un week-end à Bordeaux : le MADD en pleine lumièreIl suffit désormais de quelques pas pour passer d'une demeure aristocratique du XVIIIᵉ siècle à un établissement carcéral du XIXᵉ. Longtemps séparés, les deux bâtiments du Musée des arts décoratifs et du design (MAAD) de Bordeaux, classés au titre des monuments historiques, sont aujourd'hui réunis par un pavillon de verre et d'acier. Ce trait d'union est la signature de la vaste transformation du MAAD, qui rouvre progressivement ses portes après trois années de travaux menés par Antoine Dufour Architectes, pour donner enfin toute sa lisibilité à un site exceptionnel. D'un côté, l'hôtel particulier, dessiné à la fin des années 1870 par Etienne Laclotte pour le parlementaire Pierre de Lalande, demeure l'un des plus beaux témoignages de l'architecture civile bordelaise de l'Ancien Régime. De l'autre, la prison municipale élevée en 1885 conserve ses cours, ses couloirs et ses cellules, mémoire d'une tout autre histoire urbaine.
L'intervention, volontairement sobre, révèle les qualités de chacun des édifices sans chercher à les uniformiser. Les percées visuelles, la transparence du nouveau pavillon et la réorganisation du parcours laissent désormais entrer généreusement la lumière naturelle, tandis que les murs de pierre retrouvent leur beauté nue. Mais le projet ne s'est pas limité à relier les deux ensembles : "Les équipements ont été modernisés, les performances énergétiques sensiblement améliorées, afin de répondre aux exigences d'un musée du XXIᵉ siècle tout en offrant...
30/08 - Ukraine : 37 morts après une frappe russe contre un dépôt d’armes, Kiev dénonce une "négligence"Une frappe aérienne russe sur un entrepôt dans la région de Kiev, survenue dans la nuit de vendredi à samedi, a provoqué une explosion et fait au moins 37 morts, ont indiqué samedi les autorités ukrainiennes. Cette explosion a été provoquée par des stocks de munitions ukrainiennes, notamment des obus, des mines et des drones, qui étaient entreposés de manière inappropriée dans une zone civile très fréquentée, a déclaré Volodymyr Zelensky dans un message vidéo.
Le président ukrainien a demandé des comptes après ce drame, dont le bilan est l'un des plus lourds de ces derniers mois et qui semble être le deuxième incident de ce type en deux mois. "Ceux qui ont laissé cela se produire doivent répondre de leurs décisions", a-t-il écrit sur le réseau social X, ajoutant que des poursuites pénales avaient déjà été ouvertes pour négligence officielle concernant cette présence d'armes entreposées en zone civile. "La réglementation est en vigueur : les munitions ne peuvent être stockées à proximité des habitations ou d'autres zones résidentielles. Les conclusions qui s'imposent seront certainement tirées", a-t-il ajouté.
Des dizaines de personnes ont été blessées et plus de 370 personnes ont été évacuées de la zone de la frappe dans le village de Myla, a poursuivi le chef de l'Etat ukrainien. Les infrastructures avoisinantes ont subi des "dégâts importants", a-t-il ajouté, notamment des bâtiments résidentiels et un établissement de soins pour personnes âgées.La Russie intensifie...
30/08 - Dépression, cancer, cécité : Mickael Tanter, le magicien des ultrasons qui révolutionne la médecineDe l’utilisation des ultrasons en médecine, le grand public ne connaît généralement que les échographies. L’œil non exercé y distingue au mieux les contours d’un fœtus, au pire d’énigmatiques taches grisâtres sur un fond noir. Une technologie certes utile mais au rendu grossier. Les ultrasons sont pourtant en train de révolutionner de nombreux domaines de la santé. Avec, à la pointe de ce champ de recherche en pleine expansion, un Français : Mickaël Tanter, fondateur de l’Institut de physique pour la médecine (Inserm, ESPCI), une équipe de 80 chercheurs et ingénieurs installés dans le XVe arrondissement de Paris.
Plutôt discret, ce Breton d’origine et physicien de formation est probablement l’un de nos inventeurs les plus prolifiques. A son actif, plus de 300 articles dans des revues scientifiques, dont certains en ont même fait la Une (le graal, pour des chercheurs), et une soixantaine de brevets. Mieux encore, ses travaux ont déjà donné naissance à six start-up et autant d’outils diagnostics ou thérapeutiques innovants et prometteurs, contre des pathologies aussi variées que la dépression, les douleurs chroniques, les acouphènes, mais aussi les cancers ou certaines pathologies cardiovasculaires. Et ce n’est qu’un début, tant son laboratoire fourmille de projets, tous plus spectaculaires. Par exemple, redonner une forme de vision à des patients aveugles. Encore et toujours grâce aux ultrasons.
"Au lycée, je voulais faire médecine, mais comme j’étais bon en maths et en...
30/08 - Présidentielle 2027 : le ralliement est-il passé de mode ?"On ne meurt jamais d'une indigestion de soutiens", prophétisait au début de l'été le président du groupe Horizons à l'Assemblée nationale Laurent Marcangeli, impatient de voir, enfin, s'ouvrir le mercato havrais. Voilà qui devait remettre du vent dans les voiles d'Édouard Philippe : un grand meeting à l'Adidas Arena couplé à plusieurs prises de guerre du côté de Renaissance, histoire d'élargir le giron du Normand et, dans le même temps, d'amaigrir davantage encore celui de Gabriel Attal. Une pierre. Deux coups. Une déception, pourtant, quelques semaines plus tard : engouffrer les ralliements n'évite pas la crise de croissance. Les différentes vagues de sondages en cette rentrée politique montrent une stagnation d'Édouard Philippe, voire une certaine érosion, le plaçant dans quelques cas de figure derrière un Jean-Luc Mélenchon en pleine dynamique. Au moment où celui qui aspire à rassembler la droite et le centre se rendra dimanche à Tourcoing pour entériner son union avec Gérald Darmanin, la question se pose et continuera de se poser : au fond, les ralliements servent-ils encore à quelque chose ?
Rarement ralliement, et surtout officialisation de ralliement, n'avaient été aussi attendus. Il fallait voir la tête des ouailles d'Édouard Philippe lorsque, à intervalles réguliers et de plus en plus rapprochés, il leur était demandé quand Gérald Darmanin, l'ami de près d'une décennie, allait enfin se ranger derrière leur candidat. Patience, patience, rétorquaient-ils. Mais le...
29/08 - Islande : le vote qui pourrait relancer la candidature à l’UE et déchirer le paysUn référendum sur un rapprochement avec l’Union européenne divise l’Islande. Les électeurs sont appelés au vote, ce samedi 29 août, pour décider s’ils souhaitent reprendre les négociations d’adhésion à l’Union européenne. En cas de victoire du "oui" — un sondage Gallup réalisé à la mi-août lui donnait une légère avance à 51,5 % — Reykjavik pourrait revenir à la table des négociations, et un second référendum serait alors nécessaire pour approuver une éventuelle adhésion.
Mais ce scrutin intervient dans un contexte de fortes incertitudes géopolitiques et économiques, marqué notamment par les guerres, le changement climatique, les tensions commerciales et les interrogations sur l’avenir de l’OTAN sous la pression de Donald Trump. Les menaces du président américain concernant une possible annexion du Groenland, voisin le plus proche de l’Islande, ont également donné une dimension géopolitique supplémentaire au vote.
Tandis que les partisans du "oui" voient dans l’Europe un moyen de renforcer la stabilité économique et le poids politique de l’Islande, les opposants eux redoutent au contraire une perte d’autonomie. Dans un pays dont l’histoire récente reste marquée par la conquête de l’indépendance — l’Islande n’a obtenu son indépendance complète qu’en 1944, après des siècles de domination norvégienne puis danoise — la question européenne ne se résume pas à un choix de politique économique : elle renvoie aussi à la définition de l’identité nationale et à la place que...
29/08 - Le Finlandais Oura, seigneur des anneaux connectésJuillet 2020. La crise du Covid plonge le monde dans une drôle d'ambiance. Dans un complexe hôtelier fermé de Disney World, en Floride, la NBA entame une saison de basket sous cloche, afin d'éviter les contaminations. Une autre précaution, plus inédite, est prise. Deux mille bagues en titane à l'allure d'imposantes chevalières, logées dans de petits écrins, attendent les sportifs. Connectés à un smartphone, ces appareils permettraient de surveiller les variations de la température corporelle, et potentiellement, de déceler le Covid plusieurs jours avant l'apparition des symptômes. Ce soir-là, quelques-uns des athlètes les plus populaires du monde s'endorment avec, au doigt, un objet conçu à cent cinquante kilomètres du cercle polaire. En Finlande, chez Oura.
Ce coup de com' est la première grande incursion médiatique de la société, née sept ans plus tôt. Celle qui l'a rendue célèbre, bien que le prince Harry ait déjà été aperçu avec une ring au doigt. Suivront d’autres célébrités comme Mark Zuckerberg (Meta), Gwyneth Paltrow ou les sœurs Kardashian. Un anneau serti de technologie. Outre les symptômes du Covid, il surveille le sommeil via la fréquence cardiaque, la température de la peau et les mouvements, dont les données sont envoyées sur une application mobile. L'indication la plus connue est le "score de préparation", ou readiness. Au réveil, il indique si votre corps est prêt à affronter la journée avec une note sur 100. A partir de 85, pas de souci à se faire. En...
29/08 - Rome recrute l’ex-ministre ukrainien Mykhailo Fedorov comme conseiller défenseL'ancien ministre de la Défense ukrainien Mykhailo Fedorov, limogé le mois dernier par Volodymyr Zelensky, a accepté un poste de conseiller à l'innovation auprès du ministère de la Défense italien, a annoncé ce dernier vendredi. "Je suis heureux que Mykhailo Fedorov ait accepté d'offrir ses services en tant que conseiller à l'innovation", a déclaré le ministre italien Guido Crosetto dans un message sur la plateforme X, accompagné d'une photographie des deux hommes.
Agé de 35 ans, Mykhailo Fedorov a été évincé six mois après sa nomination au ministère, où il a lancé des réformes sur les acquisitions et le recrutement qui l'ont opposé au haut commandement militaire et à des rivaux politiques.
Dans un message sur X, il a remercié Guido Crosetto pour son "soutien personnel" et le poste de conseiller qu'il lui a proposé dès son limogeage en juillet. "Dans ce rôle, j'aiderai l'Italie à adopter les technologies de guerre modernes, à renforcer son secteur de la défense et à s’adapter aux nouveaux défis de sécurité internationaux", a-t-il commenté.
29/08 - Le plan de Donald Trump pour s’emparer de 65 milliards de barils de pétrole vénézuéliensDonald Trump assure avoir trouvé la solution miracle pour faire "substantiellement" baisser le prix de l’essence aux Etats-Unis. Vendredi 28 août, le président américain a annoncé un accord donnant aux États-Unis le contrôle majoritaire d’une nouvelle entreprise, chargée d’extraire une partie des réserves pétrolières inexploitées du Venezuela. Selon les informations du journal d’enquête américain le Washington Post, cette société bénéficie de contrats de 100 ans sur 17 champs pétroliers. Cela représente plus de 65 milliards de barils de réserves, soit près d’un quart des réserves inexploitées du pays. Donald Trump a présenté l’accord comme "le plus gros contrat pétrolier de l’histoire" et assuré qu’il réglerait le problème des pics de prix pour l’essence aux États-Unis.
Le principal partenaire privé vénézuélien serait North American Blue Energy Partners (NABEP), dirigé par l’homme d’affaires Alejandro Betancourt, 46 ans. Selon le Washington Post, sa production est passée d’environ 18 000 à près de 200 000 barils par jour en deux ans. Alejandro Betancourt fait toutefois l’objet depuis une dizaine d’années d’enquêtes pour blanchiment d’argent en Suisse, en Espagne et aux États-Unis et est visé par un mandat d’arrêt suisse, rapporte le journal. Son avocat nie toute implication dans des activités de blanchiment. Washington n’a de son côté pas donné suite à la demande de la Suisse d’arrêter et d’extrader Alejandro Betancourt vers ce pays, et a continué ces derniers mois à...
29/08 - "La France doit jouer son rôle dans la santé mondiale" : l’alerte d’Agnès Buzyn et Antoine Flahault avant la présidentielleAlors que l’impact de l’environnement sur la santé inquiète un grand nombre de citoyens, que des crises sanitaires plus ou moins prévisibles se succèdent en France et partout dans le monde, la santé mondiale ne semble toujours pas à l’agenda des futures élections. Cependant, 2027 sera une année charnière à bien des égards, notamment avec des nominations attendues dans des institutions internationales majeures. Le sujet de la santé au niveau mondial mériterait de la part de nos gouvernants une attention particulière et une politique déterminée, car le rôle de la diplomatie dans ce domaine s’avère majeur.
Avec 1,5 milliard d’euros en 2024, la France continue d’allouer à la santé mondiale des montants conséquents, même s’ils diminuent depuis plusieurs années. Ces sommes vont pour 60 % vers des organismes multilatéraux comme l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, Gavi, l’alliance des vaccins. Le solde est versé sous forme d’aides bilatérales. Alors que notre pays est fortement endetté, que des choix difficiles sont devant nous, que les impératifs de défense et de sécurité nationale ne s’estompent pas, la santé mondiale et d’une manière générale l’aide publique au développement doivent-elles rester une priorité pour la France ? Le pays distribue-t-il au mieux ses deniers publics ? Nous allons tenter d’apporter ici nos éclairages à ces questions.Des risques multiples et interconnectés
Nous vivons...
29/08 - IA et éducation : le piège des devoirs faits par ChatGPT, par Franck RamusQuelques années après son apparition, l’intelligence artificielle (IA) générative est déjà partout, non seulement dans le monde professionnel mais aussi dans le milieu scolaire. Cette situation alarme considérablement la plupart des professeurs et des chercheurs en éducation. Leur crainte ? Que si les élèves font faire tous leurs devoirs par l’IA, ils n’apprennent plus rien.
En effet, l’apprentissage se déroule dans le cerveau de l’élève : il nécessite l’entrée d’information, sa mémorisation et sa manipulation afin d’y ancrer durablement des connaissances et des compétences. Autrement dit, l’apprentissage requiert du travail scolaire. Une IA peut potentiellement assister un élève dans son travail scolaire, mais si elle fait le travail cognitif à sa place, en dehors de son cerveau, alors les modifications cérébrales nécessaires à l’apprentissage n’auront pas lieu. De moins bonnes notes
Une étude récente (pas encore publiée) des universités de Stockholm et de Hong-Kong en apporte une démonstration éclatante. Basée sur les données scolaires de 26 000 élèves chinois de collège et de lycée pendant 3 ans, elle documente de manière limpide les effets de l’usage de l’IA pour les devoirs à la maison : les notes obtenues aux devoirs augmentent, alors même que le temps moyen qui leur est consacré diminue. Néanmoins, les notes obtenues aux examens sur table (sans IA) baissent en moyenne. Autrement dit, l’usage de l’IA pour les devoirs diminue les connaissances et les compétences...
29/08 - Otan : sous pression américaine, l’Europe sommée de muscler sa défenseWashington met la pression sur ses alliés européens pour qu’ils accélèrent leurs investissements militaires, alors que le Pentagone réexamine son dispositif militaire en Europe. Selon les informations du journal américain le Financial Times, le responsable de la politique du Pentagone, Elbridge Colby, a rencontré jeudi 27 août à Bruxelles les ambassadeurs de l’Otan, afin de demander à certains pays d’accélérer leurs achats de systèmes d’armes conventionnels essentiels, jusqu’ici largement fournis par les Etats-Unis.Les Etats-Unis poussent pour une force de l’Otan plus autonome
Au centre des discussions, des "efforts majeurs pour accélérer le mouvement" nécessaires afin de parvenir à une force de l’Otan permettant à l’Europe de "diriger sa propre défense" ont été ainsi été réclamés par l’émissaire américain. Il aurait notamment demandé davantage d’efforts au Royaume-Uni, tout en saluant l’Allemagne, la Pologne et les Pays-Bas. Un diplomate de l’Otan cité par le FT précise que les évaluations des capacités militaires des membres de l’Alliance font apparaître "une mer de rouge", le rouge signalant des capacités jugées insuffisantes. Deux autres sources ont confirmé au journal que les lacunes militaires de plusieurs alliés avaient été évoquées.
Ces réprimandes interviennent alors qu’un examen des forces américaines en Europe a été lancé par les Etats-Unis en juin et doit s’achever en décembre. L’agence de presse Reuters précise que le Pentagone doit présenter à Pete Hegseth...
29/08 - A Bordeaux, le grand retour de Jean DupasImpossible de les manquer. Elles vous regardent sans vraiment vous voir. Le port altier, le visage impassible, les épaules sculptées et ce cou interminable qui semble défier l'anatomie, qu’un critique des années 1930 raillait en évoquant des "tuyaux de poêle". Un siècle plus tard, les femmes de Jean Dupas, parfois accompagnées d’une antilope ou d’une colombe, sont devenues la signature d'un artiste que le musée des Beaux-arts de Bordeaux (MusBA) entreprend enfin de réhabiliter avec une première rétrospective consacrée à l’enfant du pays, né ici en 1882, Grand Prix de Rome en 1910, peintre, décorateur et figure majeure de l’Art déco, qui rêvait de transformer le quotidien en œuvre d'art.
Le jeune Girondin, qui a suivi les cours des Beaux-Arts de Paris avant de rejoindre Rome comme pensionnaire de la Villa Medicis, a su très tôt la voie qu'il entendait suivre. "C'est à Rome [...] que j'ai eu l'occasion d'affirmer [...] la direction qui allait être celle de toute ma vie. C'est-à-dire celle de compositeur." Le terme n'a rien d'anodin. Plus que des tableaux, Dupas compose des ensembles où peinture, architecture et arts décoratifs ne font qu'un. Ses œuvres sont pensées pour habiter des murs, des palais, des paquebots, des théâtres. Cette ambition irrigue l'ensemble du parcours déroulé par la commissaire de l'exposition, Margaux Wymbs, qui souligne que "l’artiste est, avant tout, guidé par la quête du beau, l'équilibre parfait des lignes, des couleurs et des volumes". Chez lui,...
29/08 - L’IA : un outil pour la vérité, une chance pour la démocratieJe me suis amusé à questionner un bon programme d’IA, selon ses modalités les plus exigeantes, sur la validité objective de deux thèses économico-politiques en vue. La première est celle de Matthieu Pigasse, selon qui on a tort de s’affoler au vu des 115 % de PIB que représente la dette française parce que cela revient à comparer bêtement un stock à un flux alors qu’il faudrait rapporter ce passif à l’actif, et donc à l’ensemble du patrimoine national, soit 3 500 milliards à 20 000, ce qui ramènerait le problème à 17,5 %. La seconde est celle de Jean-Luc Mélenchon, qui préconise de "foutre au feu", sans problème, les titres correspondant aux 600 milliards de cette même dette détenus par la Banque de France.
Résultat : tout ça s’effondre au terme d’un raisonnement serré. Pigasse, en gros, parce qu’il introduit un biais bien plus énorme que celui qu’il dénonce : la dette est celle de l’État alors que le "patrimoine" dont il parle est celui de la Nation ; Mélenchon, parce que son "truc" en est bien un, essentiellement comptable, qui ne ferait disparaître aucun passif monétaire réel ni ne recréerait la moindre marge d’action. Faute de place, je vous prive de 27 pages de détails passionnants.
L’important là-dedans n’est pas que ces messieurs racontent des carabistouilles mais, plus fondamentalement, que nous avons désormais les meilleurs moyens de nous en rendre compte. Le numérique nous effraie par sa redoutable aptitude à fabriquer du faux, mais nous devrions aussi nous...
29/08 - A Berlin, la voiture au cœur des municipales : "C’est définitivement le contre-modèle de Paris"Le jour où la Friedrichstrasse, cette rue légendaire de Berlin coupée en deux au "Checkpoint Charlie" pendant la guerre froide, a été entièrement rouverte aux voitures, en 2023, tout le monde a été soulagé. Les automobilistes mais aussi les cyclistes. Ouverte aux vélos en 2020, refermée par la justice à la suite d’une plainte, relancée par les Verts revenus au pouvoir puis refermée par le nouveau maire conservateur... personne ne comprenait plus rien aux règles de circulation sur cette artère centrale de Berlin.
Le test avorté de cette piste cyclable doublée d’une "zone tranquillisée" (quelques bancs sur les côtés de la chaussée) aura non seulement coûté trois millions d'euros aux contribuables, mais elle aura aussi ruiné l’idée d’une transformation de la capitale allemande sur le modèle de Paris. "On peut dire que ce projet n’a pas été bien pensé et qu'il a refroidi une grande partie de la population, qui était pourtant favorable à une transformation dans ce sens", regrette Andreas Knie, sociologue de la mobilité à l’Institut de recherches scientifiques de Berlin (WZB)."Il est interdit d’interdire la voiture"
Trois ans après avoir conquis la mairie, les conservateurs (CDU) continuent de surfer sur le rejet des "expérimentations écologistes". Pour les municipales du 20 septembre prochain, ils ont décidé de faire campagne sur le thème de la "libre circulation des voitures" afin de ratisser large. En 2023, le bourgmestre-gouverneur sortant, Kai Wegner, avait déjà gagné les...
29/08 - Le nanar de la rentrée littéraire : comment "Viser juste" d’Adèle Haenel rate sa cibleLes ventes en librairies sont en chute depuis le début d’année ? Ce ne sont pas les critiques accompagnant la publication du premier livre d’Adèle Haenel qui devraient réconcilier les Français avec la lecture. Pour Le Nouvel Obs, Viser juste n’est rien moins que le roman le plus attendu de la rentrée littéraire. La comédienne a fait la couverture de l’hebdomadaire, qui salue un "texte inventif, surprenant et généreux, qui hybride scénario, essai théorique et récit, mais aussi colère, tendresse et drôlerie". Pas en reste, Les Inrockuptibles encensent un texte "d’une force infinie". Les lecteurs découvriront surtout un ouvrage qui alterne scripts avec dialogues laborieux et dissertations théoriques revenant sur les scènes qu’ils viennent juste de lire. Une double peine côté plaisir de lecture, entre théâtre prétentieux et analyses sociologiques dont le style abscons n'a rien à envier à celui de Judith Butler. L’idée principale de cet essai est que nous serions les acteurs d’un "script social préécrit", mis en scène par le patriarcat, l’hétéronormativité ou le capitalisme, et dont il s’agirait de se libérer.
Viser juste se veut une "enquête" sur la "propre disparition" de la comédienne qui, après avoir quitté la cérémonie des Césars en 2020 alors que Roman Polanski recevait la statuette de la meilleure réalisation, a abandonné l’industrie cinématographique en 2023. Adèle Haenel revient sur les épisodes clés de son parcours : débuts précoces au cinéma, emprise et harcèlement...
29/08 - Vera Grantseva : "Poutine est pris dans une impasse qu’il a lui-même créée"Un vol à destination de Moscou, ce 25 août, aura suffi à alerter l’ensemble des chancelleries européennes. À son bord, John Ratcliffe, l'actuel patron de la CIA. La première visite en Russie d’un responsable de l’agence de renseignement américaine depuis celle de William Burns, en novembre 2021, lorsque ce dernier avait tenté de dissuader Poutine de lancer son invasion de l’Ukraine. Selon la presse américaine, son successeur aurait, cette fois, mis en garde Moscou contre toute attaque visant un pays de l’Otan. Le tout dans un contexte où l’Ukraine alerte, elle, sur le risque d’une nouvelle mobilisation russe à l’issue des élections législatives de septembre. De quoi redouter une nouvelle escalade du chef du Kremlin ? "Rappelons-nous que l’ambition de Poutine ne s’est jamais limitée à l’Ukraine, souligne Vera Grantseva, politologue russe exilée en France depuis 2020 et aujourd’hui enseignante à Sciences Po Paris. Il est avant tout guidé par une volonté de revanche après la guerre froide." Dans une longue interview à L’Express, la chercheuse, auteure de Les Russes veulent-ils la guerre ? (Editions du Cerf, 2023), dissèque avec acuité les dynamiques du pouvoir russe, l’évolution de la perception de la guerre au sein de la population et la mécanique derrière une possible escalade.
L’Express : D’après la presse américaine, le déplacement récent du directeur de la CIA à Moscou avait pour but de mettre en garde la Russie contre toute attaque visant l'Otan. Est-ce un scénario...
28/08 - Présidentielle 2027 : Raphaël Glucksmann dans la broyeuse socialisteC’est l’histoire d’un sondage occulte, commandé à l’arrivée des beaux jours. Si secret que seul Olivier Faure a pu y jeter un œil, quand beaucoup de ses proches assurent en ignorer l’existence. Selon cette étude d’opinion, la primaire "ouverte", celle pour laquelle il plaidait car elle le favorisait (au montant de 2 euros), aurait attiré près de deux millions de Français. Mais ce sondage - prière de croire qu’il existe - est resté dans un tiroir. Halte au feu, pas question à l’époque, jure le patron, d’influencer le choix des militants avec les deniers du PS. Le 9 juillet dernier, les militants socialistes ont finalement voté en faveur d'une primaire fermée à plus de 55 % des suffrages, une configuration favorable à Raphaël Glucksmann. Des conditions entérinées cette semaine par les parlements internes du PS et de Place publique. Olivier Faure a donc perdu sa première bataille, même s’il est entré en guerre avec son "grand petit frère", comme jadis il appelait l’eurodéputé.
Ainsi fleurissent, depuis, les coups bas. A Limoges, quelques jours avant le premier tour des élections municipales, Faure est fou de rage. Glucksmann lui aurait "promis" de ne dire mot des insoumis sauf qu’à la vue des micros, il appelle à "rompre définitivement avec LF"”. "Il a fusillé notre candidat", dit un intime du patron du PS.
Le compagnonnage entre les deux hommes a en effet vécu, sacrifié sur l’autel d’ambitions contraires, produits de cette obsédante interrogation à gauche. "Il ne peut pas...
28/08 - Ventes de livres : la maison Gallimard écrase-t-elle déjà la rentrée ?Madrigall dans une rentrée littéraire, c’est comme Tadej Pogacar au départ du Tour de France : sauf sortie de route, on sait qui gagnera à la fin. Outre la maison qui porte son nom, le groupe dirigé par Antoine Gallimard comporte notamment Flammarion, Minuit ou P.O.L. L’an dernier, il avait quasiment fait le Grand Chelem, décrochant trois grands prix d’automne : le Goncourt avec Laurent Mauvignier (Minuit), le Femina avec Nathacha Appanah (Gallimard) et le Médicis avec Emmanuel Carrère (P.O.L). Alors que le Goncourt annoncera ce mercredi 2 septembre sa première sélection, quelles sont les forces en présence ?
Provisoirement en tête des meilleures ventes, on trouve Amélie Nothomb et L’Adolescence du perroquet (Albin Michel). Déjà lauréate du Grand prix de l’Académie française en 1999 pour Stupeur et Tremblements et du Renaudot en 2021 pour Premier Sang, la baronne belge peut-elle ajouter le Goncourt à son palmarès ? Cela paraît peu probable. En 4e position, on remarque le décollage prodigieux de Thélyson Orélien et son livre C’était ça ou mourir (Grasset) qui parle de migrants haïtiens faisant le voyage vers le Canada. Il fait l’unanimité, tout le monde saluant la force de son style. Mais les jurés du Goncourt pousseront-ils jusqu’au bout un titre publié chez Hachette, donc chez Vincent Bolloré, quand on voit la défiance voire la détestation qui entoure ce dernier dans le milieu littéraire ? Autre désavantage pour Thélyson Orélien : C’était ça ou mourir est son premier...
28/08 - "C’est libérateur" : ce que le succès de Blanc-Manger Coco dit de la France de 2026Alors que les jeux de société font un tabac, certains d’entre eux et le succès qu’ils rencontrent en disent long sur leur époque. Cet été, L'Express décrypte des jeux cultes, de l'abaissement de la culture générale que révèlent les questions du Trivial Pursuit au fil des éditions, au retour du réalisme en géopolitique avec Risk, en passant par les mutations de la mondialisation (Richesses du Monde) et le backlash contre le politiquement correct avec Blanc-manger Coco, devenu incontournable à l’heure de l'apéro. Vous apprendrez aussi pourquoi le vénérable Monopoly valide la stratégie de Donald Trump et permet d’éclairer son élection.
EPISODE 1 - De Hamlet à Cyril Hanouna : ce que le Trivial Pursuit dit du déclin de la culture G
EPISODE 2 - L'ascension de Donald Trump expliquée par le Monopoly
EPISODE 3 - Risk : le jeu de conquête territoriale qui ferait fulminer Vladimir Poutine
EPISODE 4 - "Richesses du monde" : ce jeu qui contredit Thomas Piketty (et dit tout du déclin de l’Europe)
Pour lui, Blanc-Manger Coco fait désormais partie du rituel des soirées d'été. Lorsqu'il n'est pas occupé à surveiller le barbecue ou à entretenir la piscine, Clément, 40 ans, aime ressortir la boîte de ce célèbre jeu d'apéro pour "s’autoriser à dire des grossièretés totalement décalées avec ce qu’on s’autorise aujourd’hui à dire au quotidien". Comment un jeu aussi irrévérencieux – ses détracteurs diront "beauf" ou "vulgaire" – peut-il encore trouver sa place dans une époque où les...
28/08 - Finlande : les scénarios d’Helsinki face à un avenir sécuritaire de plus en plus incertainJusqu’où la Finlande doit-elle se préparer à la dégradation de son environnement sécuritaire ? L’Institut de recherche des Forces de défense finlandaises vient d’achever FIN FOE 2040, une étude consacrée au futur environnement opérationnel du pays et à ses implications pour la protection nationale. Son objectif, selon le site Nordic Defence Sector, n’est pas de prédire l’avenir, mais d’aider Helsinki à se préparer à des évolutions possibles et à réfléchir à sa défense sur le long terme.
Les chercheurs identifient cinq facteurs appelés à façonner cet environnement : la rivalité entre grandes puissances, les menaces émergentes pour la sécurité, les alliances et partenariats de la Finlande, l’évolution de la guerre et des capacités militaires, ainsi que les transformations de la société et du système mondial de sécurité et de défense. Ces facteurs sont étudiés à travers différentes trajectoires possibles, qui débouchent sur deux grands scénarios : "La persistance de l’incertitude" et "la guerre en Europe".
Le premier dessine un environnement durablement instable, dans lequel les évolutions géopolitiques restent difficiles à anticiper. Le second envisage une dégradation plus profonde de la situation sécuritaire, jusqu’à la guerre sur le continent européen. Quatre scénarios supplémentaires, construits autour de la formule "Et si… ", viennent élargir le champ des possibles et permettre aux chercheurs d’examiner d’autres évolutions futures. Malgré leurs différences, ces...
28/08 - Iran : comment la guerre de Donald Trump a vidé les caisses de l’US Navy"La tirelire est cassée." Pour Harlan Ullman, officier de marine à la retraite, interrogé par The Guardian, la formule résume l’état des finances de la flotte américaine depuis le début du conflit contre l’Iran. Selon des documents et des entretiens recueillis par le média britannique, les ressources s’amenuisent rapidement, au point que la maintenance non urgente de certaines installations à terre a déjà été reportée faute de fonds.
Lorsque Donald Trump a déclaré la guerre au régime des mollahs, le 28 février, l'US Navy a été particulièrement sollicitée. Elle a participé au lancement de la première vague d’attaques avant d’être chargée d’assurer un vaste blocus naval. Une mission qui pèse lourdement sur des comptes militaires qui n’avaient pas été conçus pour financer une opération de cette ampleur. "Le budget de l’exercice 2026 n’intégrait pas l’opération Epic Fury", avait averti en mai l’amiral Daryl Caudle, chef des opérations navales, devant le Congrès.
En juin 2026, la Maison-Blanche a demandé au Congrès 67 milliards de dollars de crédits d’urgence pour le département de la Défense, sans préciser quelle part reviendrait à la Marine. La Chambre a ensuite adopté, en juillet, un projet de loi de défense de 1 150 milliards de dollars ainsi qu’une enveloppe de 73 milliards pour la guerre en Iran, rapporte The Guardian. Mais les chances que ces textes deviennent loi restent faibles, notamment en raison de l’impopularité du conflit. En attendant, la Marine réaffecte ses...
28/08 - Comment reprendre le contrôle de la dette en réduisant les dépenses : les recommandations de François EcalleA la fin de 2025, la dette publique de la France s’élevait à 3 460 milliards d'euros, soit 115,6 % du Produit intérieur brut (PIB), ce qui nous plaçait à la troisième place de la zone euro et de l’Union européenne, derrière la Grèce et l’Italie. Le PIB est une mesure approximative de l’assiette sur laquelle sont prélevés les impôts et cotisations sociales qui permettent de financer les dépenses publiques et pourraient permettre de rembourser la dette publique. Celle-ci ne peut donc pas augmenter indéfiniment plus vite que le PIB sans risque et il faut en reprendre le contrôle. L’effort nécessaire est considérable et devrait prendre principalement la forme d’économies sur les dépenses publiques, même si une hausse des prélèvements obligatoires est très difficilement évitable.La dette publique a doublé en 30 ans
En pourcentage du PIB, la dette publique de la France, a augmenté de 58 points de 1995 à 2025, soit un doublement en 30 ans, alors que la dette moyenne des pays de la zone euro s’est accrue de 16 points sur cette période. Le risque d’une telle évolution est toujours que les créanciers de l’Etat craignent de ne pas être remboursés et majorent fortement le taux d’intérêt auquel ils acceptent de lui prêter, ce qui ne fait qu’aggraver le problème et peut conduire à un arrêt des financements, un défaut de paiement et une très grave crise.
Il n’existe pas de seuil d’endettement au-delà duquel une telle crise devient très probable car son déclenchement dépend de facteurs...
28/08 - Visite du patron de la CIA à Moscou : "Le niveau de danger est aussi élevé que les mois avant le 11-Septembre"Le voyage a tout d'un mauvais présage. Cette semaine, le patron de la CIA, John Ratcliffe a effectué une visite surprise à Moscou. D'après les informations du Wall Street Journal, ce déplacement, le premier du directeur depuis sa prise de fonctions, aurait eu lieu après plusieurs analyses alarmantes de l'agence. Selon ces dernières, Vladimir Poutine envisagerait de lancer une attaque limitée contre l'Otan au cours des prochaines années. Le gouvernement américain craint que le Kremlin, en difficulté en Ukraine et sous pression économique sur le plan intérieur, ne choisisse la fuite en avant. L'attaque russe pourrait prendre différents aspects, de la cyberattaque jusqu'à une incursion dans les Etats baltes. L’épuisement d’une partie des réserves américaines de munitions pendant le conflit avec l’Iran pourrait aussi être perçu comme une opportunité par Poutine. Cette montée des tensions a lieu alors que les Etats-Unis et la CIA sont affaiblis sur la scène internationale. Entretien avec le journaliste Tim Weiner, grand spécialiste de l'agence et auteur de La Mission, l'enquête choc sur la CIA (éditions Robert Laffont).
L'Express : Cette visite de John Ratcliffe à Moscou sort-elle de l'ordinaire ?
Tim Weiner : Rembobinons. La dernière fois qu'un directeur de la CIA s'est rendu à Moscou, il s'agissait de William Burns, en novembre 2021, peu de temps avant l'invasion. C'était pour adresser un message très ferme à Poutine et aux renseignements russes. Sa mission consistait à...
28/08 - Qui pour prendre la tête de Polytechnique ? Nos informations sur les profils en liceLes polytechniciens s’apprêtent à faire leur rentrée sous la houlette d’un nouveau directeur général. Après la démission début juin de Laura Chaubard, qui aura passé quatre ans à la tête de l’X, l’école d’ingénieurs sous tutelle du ministère des Armées s’est lancée dans un exigeant processus de sélection pour désigner son successeur. D’après nos informations, la nomination, imminente, devrait avoir lieu dès ce lundi 31 août en Conseil des ministres. Deux profils se sont hissés parmi les finalistes.
Bruno Bellier, polytechnicien et ingénieur de l’armement, fait pour l’heure figure de favori. Ce profil tourné vers l’innovation et la recherche a occupé une série de fonctions à responsabilité au sein du ministère des Armées, de la Direction générale de l’armement (DGA) - chargée de coordonner les plus grands programmes d’armement français -, et de l’Agence de l’innovation de défense (AID), où il était chef de la division "stratégie et technologies de défense" de 2018 à 2021. Il a notamment dirigé un très stratégique centre de la DGA, situé à Vert-le-Petit, dans l’Essonne. Ce dernier, dédié à la défense nucléaire, radiologique, biologique et chimique, intervient au profit des forces armées et de la sécurité du territoire national.L'arbitrage final d'Emmanuel Macron
"C’est un profil atypique, plus créatif que la moyenne des ingénieurs généraux de l’armement et doté d’un très bon relationnel", souffle un ancien polytechnicien qui a eu l’occasion de travailler à ses côtés....
28/08 - Etats-Unis : les communications avec l’hélicoptère de Donald Trump de nouveau perturbéesLes problèmes de communication entre les contrôleurs aériens de Washington et l’hélicoptère présidentiel américain ne sont pas résolus. Jeudi 27 août, alors que Donald Trump s’apprêtait à quitter la Maison-Blanche à bord de Marine One, les contrôleurs de l’aéroport national Ronald Reagan ont de nouveau éprouvé des difficultés à établir une liaison radio avec l’appareil. Pendant plusieurs minutes, ils ont dû passer par d’autres hélicoptères en vol pour tenter de transmettre leurs messages, selon des enregistrements audio du contrôle aérien consultés par CNN.
L’incident fait écho à celui du 4 août, dont les circonstances sont détaillées dans un rapport préliminaire du Conseil national de la sécurité des transports (NTSB). Ce jour-là, Marine One avait quitté l’Ellipse, un grand parc public de 21 hectares situé à Washington, D.C au sud de la Maison-Blanche, après deux tentatives infructueuses pour établir la liaison obligatoire avec la tour de contrôle, trois minutes avant le décollage. Une procédure alternative avait pourtant été définie une semaine auparavant lors d’une réunion entre les contrôleurs de Washington et les pilotes de l’hélicoptère présidentiel. Elle s’était elle aussi révélée inefficace.
Les conséquences auraient pu être lourdes. Faute d’avoir reçu l’avertissement à temps, les contrôleurs n’avaient pas interrompu les départs d’avions commerciaux, comme cela est normalement prévu lors des déplacements de Marine One. L’hélicoptère s’était ainsi retrouvé à 0,82...
28/08 - La Norvège perd son roi : Harald V s’est éteint à l’âge de 89 ansSur le trône depuis plus de 30 ans, le très populaire roi Harald V de Norvège est décédé ce vendredi 28 août à l'âge de 89 ans, a annoncé le palais royal, à un moment où la famille royale norvégienne traverse de multiples crises.
"Le roi Harald s'est éteint paisiblement à l'hôpital universitaire d'Oslo le vendredi 28 août à 6 h 35 (heure locale)", a annoncé le palais royal sur son site web. Harald V, le plus ancien monarque vivant d'Europe, a été hospitalisé le 17 août. Le palais a indiqué qu'il était soigné pour une infection bactérienne du sang. En 2024, il avait été hospitalisé pour une infection contractée pendant des vacances en Malaisie et avait reçu un stimulateur cardiaque temporaire dans un hôpital local. Il a ensuite été rapatrié par les forces armées norvégiennes et équipé par la suite d'un dispositif permanent. La même année, Harald V, chef d'Etat honorifique de la Norvège depuis 1991, a déclaré qu'il réduirait le nombre d'engagements officiels auxquels il devait participer, mais a exclu toute abdication, insistant sur le fait que son serment de roi était à vie.Des défis multiples
La mort de Harald V survient à un moment tumultueux pour la famille royale. La princesse héritière Mette-Marit, épouse du prince héritier Haakon, fils du prince Harald, est soumise est scrutée de près en raison de son amitié avec le délinquant sexuel Jeffrey Epstein, une relation pour laquelle elle a présenté ses excuses.
Son fils, Marius Hoiby, né d'une relation antérieure à son...
28/08 - Pressions, tromperies, raids : en Russie, des civils enrôlés de force pour aller combattre en UkraineLa pression monte d'un cran en Russie pour enrôler un maximum d'hommes dans l'armée. Sans l'avouer publiquement, par peur de répercussions sur les élections prévues le mois prochain à la Douma d'Etat, Vladimir Poutine aurait enclenché une nouvelle campagne de recrutements forcés. On savait déjà que Moscou avait recours à différentes tactiques, à commencer par les incitations financières, pour renforcer ses troupes. On sait désormais que les forces de sécurité du pays n'hésitent pas à recourir à la force, en arrêtant contre leur gré des civils dans la rue, chez eux ou sur leur lieu de travail, pour les contraindre à signer des contrats militaires.Des pressions croissantes sur les civils
Mi-août, la plateforme russe de défense des droits humains dite Lesom, qui aide les Russes à ne pas participer à la guerre, aurait ainsi reçu 14 demandes d’aide de personnes assurant avoir été interpellées et contraintes ou poussées à signer des contrats militaires par les forces de sécurité russes, soit dans des commissariats, soit directement dans des bureaux de recrutement de l’armée. L’administration pénitentiaire serait également utilisée comme canal de recrutement. Des représentants d’ONG aidant les Russes à quitter le pays signalent eux aussi une forte hausse des demandes de départ - notamment vers la Géorgie et l’Arménie, des pays où les Russes peuvent entrer sans visa – depuis la mi-juillet, rapporte Euronews.
Outre les tentatives de quitter le pays, les habitants de plusieurs...
28/08 - RN ou LFI à l’Elysée : la DGSE confrontée au "piège de la loyauté"Les sondages de l’été 2026 le confirment : l’arrivée à l’Elysée du Rassemblement national ou de La France insoumise en 2027 ne relève plus de la politique-fiction. Pour la DGSE, le danger n’est pourtant pas celui, spectaculaire, d’une transformation du service en police politique. Il est plus subtil.
Un service de renseignement peut rester compétent, professionnel et secret tout en devenant progressivement moins capable de dire au pouvoir ce qu’il ne veut pas entendre. Ses agents continuent à collecter, ses analystes à produire des notes, ses opérations à obtenir des résultats. Mais les nominations, les priorités et les attentes implicites peuvent modifier ce qui remonte jusqu’au sommet. C’est le risque de politisation : créer un environnement où chacun comprend quelles conclusions sont les bienvenues et lesquelles le sont moins. C’est ce "piège de la loyauté" qui constitue l’un des enjeux méconnus de 2027.
Le sondage Elabe de juillet place Marine Le Pen largement en tête. Dans certaines configurations, Jean-Luc Mélenchon fait quasiment jeu égal avec Edouard Philippe. RN et LFI portent des projets opposés, mais tous deux contestent certains des équilibres politiques et internationaux dans lesquels les services français travaillent.Pas de police politique
Premier constat : ni le RN ni LFI ne propose de mettre la DGSE au pas. Leurs programmes ne la mentionnent pas, pas davantage que ceux des partis de gouvernement.
Le RN entretient un rapport ambivalent aux services....
28/08 - L’aéronautique, l’un des derniers secteurs où la Chine n’est pas (encore) championneEn l’espace d’une trentaine d’années, la Chine est passée du statut d’usine du monde, produisant en masse des biens bon marché qu’elle exportait aux quatre coins de la planète, à celui d’innovateur et de leader dans des technologies de plus en plus complexes. Des batteries aux véhicules électriques, en passant par les panneaux solaires, rares sont les domaines où elle n'a pas la mainmise. Un secteur fait tout de même encore de la résistance : l'aéronautique. Le 12 août dernier, l'avion moyen-courrier de l'entreprise d'Etat Comac, baptisé C919, a effectué pour la première fois un vol commercial à l'international entre Pékin et Oulan-Bator, la capitale de la Mongolie. Par le passé, ce nouveau challenger avait déjà traversé la frontière chinoise pour être présenté à des salons à Dubaï et Singapour.
Une première étape symbolique, donc, pour cet appareil censé rivaliser avec le Boeing 737 Max et l'Airbus A320neo. Comme ses deux concurrents, le C919 est un avion mono couloir destiné principalement aux vols d’une durée maximale d’environ quatre heures. "Dans les vingt prochaines années, les trois quarts des avions livrés dans le monde seront de ce type. Pourquoi ? Parce que la démocratisation du transport aérien se fait d'abord par des vols courts et moyen-courriers", soutient Paul Chiambaretto, professeur à la Montpellier Business School et directeur de la chaire Pégase sur l’économie et le management du transport aérien.
La comparaison s'arrête là. Dans les faits, l'écart...
28/08 - Présidentielle 2027 : la règle d’or budgétaire, ce garde-fou séduisant mais vain"Caramba, encore raté !" Le perroquet du général Alcazar imaginé par Hergé dans L’oreille cassée pourrait répéter chaque année sa fameuse exclamation s’il suivait nos aventures budgétaires. Repasser sous la barre des 5 % de déficit en 2026 semble singulièrement compromis. Le projet de loi de finances pour 2027 risque d’être à peine plus ambitieux. La cible de 3 % en 2029 paraît hors de portée.
Dans cette impasse, la boîte à idées est ouverte. Désespérés de voir la dette française se transformer en plomb, certains plaident en faveur d’une règle d’or, inscrite dans la Constitution et fixant le principe d’un budget à l’équilibre. Des parlementaires ont planché sur le sujet, en témoigne cette proposition de loi constitutionnelle émanant du groupe Droite Républicaine, en janvier dernier, qui prévoyait de graver un objectif "zéro déficit" à partir de 2030. Des candidats à la présidentielle, déclarés ou supposés, sont aussi prêts à manier le burin, d’Edouard Philippe à Gabriel Attal en passant par Marine Le Pen, l’ex-commissaire européen Thierry Breton ou l’ancien ministre de l’Economie Bruno Le Maire.
L’idée est séduisante sur le papier. "Il s’agirait d’encadrer la procédure budgétaire qui se fait au Parlement, avec un mécanisme automatique : tant que la dette reste au-dessus de tel niveau, l'Etat devrait réduire ses dépenses de tel montant, ou son déficit de tant de pourcents. Avec comme principale vertu de donner aux ménages et aux entreprises la faculté d’anticiper",...
28/08 - Référendum sur l’UE en Islande : "Les menaces de Donald Trump sont la raison immédiate du scrutin à Reykjavik"En menaçant d'annexer le Groenland en début d'année, Donald Trump a relancé la grande bataille de l'Arctique. A mi-chemin entre New York et Athènes, l'Islande et ses 400 000 habitants se retrouvent déboussolés, eux qui n'ont jamais eu d'armée et se reposent, depuis leur indépendance, sur la protection américaine. Conséquence directe : ce 29 août, ils doivent décider de reprendre, ou non, les négociations d'adhésion à l'Union européenne.
Dans une note pour l'International Centre for Defence and Security (ICDS), un think tank géopolitique basé en Estonie, Steven Blockmans décrit ce scrutin comme "un petit référendum aux grandes conséquences pour l'Union européenne". Mouvements russes, influences chinoises, revirement américain, élargissement européen… Le directeur du programme de politique étrangère de l'ICDS raconte l'impact considérable qu'aura ce référendum islandais pour notre continent.
L'Express : Ce 29 août, les Islandais vont se prononcer sur la reprise des négociations d'adhésion à l'Union européenne. Les sondages indiquent que le référendum sera serré. Quel est l'enjeu de ce scrutin pour l'UE ?
Steven Blockmans : Ce référendum n'a été ni demandé ni organisé par l'Union européenne, mais il est évidemment suivi de très près à Bruxelles. Si le résultat est positif, ce sera une preuve de plus que l'UE constitue un projet d'intégration et que celui-ci continue d'attirer, et pas seulement les pays plus pauvres d'Europe de l'Est ou du Sud. L'Islande fait partie du top...
27/08 - En visite à Mayotte, Sébastien Lecornu promet des mesures contre l’immigration clandestineEn déplacement à Mayotte ce 26 et 27 août, Sébastien Lecornu a amorcé sa visite par des déclarations sur la lutte contre l’immigration, en particulier venue des Comores voisines et de l’Afrique des Grands Lacs. Entouré de six ministres, le Premier ministre a présidé, à la base navale de Dzaoudzi, une réunion de l’état-major opérationnel chargé de la lutte contre l’immigration clandestine. Il y a annoncé un renforcement des moyens militaires et technologiques de surveillance des approches de Mayotte, espérant ainsi remédier aux "angles morts" de sa surveillance.Des drones, des bateaux d’interception et la Légion étrangère
Des drones, des ballons en altitude équipés de moyens de détection et bateaux d’interception seront bientôt déployés sur le département. Une augmentation des effectifs militaires est également attendue, notamment des soldats venus de la Légion étrangère. Ces derniers devraient être postés sur l’îlot de Mtsamboro, un caillou inhabité à proximité des Comores. Le Premier ministre, qui a tout de même défendu les résultats de son gouvernement, a concédé que les moyens mis en place étaient limités pour lutter contre "un adversaire" qui évolue et parvient à contourner les techniques de repérage ou d'action grâce à des "complicités locales".
Et pour lutter contre l’immigration clandestine à Mayotte, Sébastien Lecornu ne s’est pas contenté de mesures sécuritaires. Le Premier ministre a également proposé de conditionner l'aide publique au développement à la...
27/08 - Comment le Canada résiste à Donald Trump en étant bilingue : "Le français nous distingue des Etats-Unis"Ne pas jouer sur les mots. Après plusieurs semaines de tensions, les négociations commerciales entre Washington et Ottawa ont volé en éclats ce 22 août. Alors que les pourparlers devaient se concentrer sur l'automobile, l'acier et l'aluminium, c’est un tout autre sujet qui a fini d’enliser les crispations : celui de la langue française. A la table des négociations, l’administration Trump a exigé, à la surprise générale, que les règles d'étiquetage bilingue et les obligations de "découvrabilité" francophone soient assouplies. En vigueur depuis plus de 50 ans, ces réglementations imposent que les produits circulants sur le marché canadien soient accessibles aux deux communautés de langues du pays. Des exigences linguistiques contestées de longue date par les États-Unis qui déplorent une barrière commerciale. Comprenez, frais de traduction, d'impression, etc. L'année dernière, le Bureau du représentant américain au commerce estimait par exemple que ces contraintes freinaient la compétitivité des exportateurs américains, allant jusqu'à évoquer un renoncement à l'export vers le Québec pour une entreprise américaine sur cinq."Nous sommes maîtres chez nous"
Que le commerce influe la linguistique n'a rien d'une première. A l'échelle mondiale, de nombreux exemples en témoignent, notamment dans les anciennes colonies françaises, anglaises, espagnoles, portugaises... Sauf que, dans ces pays, c'est l'exact inverse qui s'applique : des langues sont rajoutées aux étiquetages des...
27/08 - La "Maison russe" de Berlin, nid d’espions et plan de repli de Xenia FedorovaBrutaliste et gris, l’imposant bâtiment de sept étages se fond parfaitement dans l’architecture de l’ancien Berlin-Est. Implantée à proximité de plusieurs ambassades, dont celles de Belgique, de France, des Etats-Unis mais aussi de Russie, la "Russisches Haus" ou "Maison russe" de Berlin a longtemps fait office de plus important centre culturel soviétique à l’étranger. L’établissement propose depuis 1984 des concerts, projections, expositions ou encore cours de langue et rencontres thématiques destinés à promouvoir les valeurs russes et les échanges culturels. Pour mieux servir de couverture aux services de renseignement russes et diffuser la propagande du Kremlin, d’après les autorités françaises.
Ce centre de 30 000 m² est en réalité géré par Rossotrudnichestvo, agence fédérale dont l’objectif principal est de promouvoir la langue russe et qui pilote une douzaine de centres similaires à travers le monde. L’agence gouvernementale russe est depuis 2022 placée sous sanctions européennes, en réponse à l’invasion de l’Ukraine par la Russie. L’Union européenne avait à l’époque justifié cette décision en affirmant que cet organe avait pour objectif de renforcer "la perception par le grand public des territoires ukrainiens occupés comme étant russes". "La Maison russe est l’ambassade culturelle de la Russie au cœur de Berlin", peut-on sobrement lire sur le site web de l’ambassade de Russie. Un nid d'espions ?
L’établissement, surveillé de près depuis plusieurs années pour sa...
27/08 - Un soupçon d’intelligence artificielle fait voler en éclat un contrat en or dans l’éditionC'est un véritable tsunami qui secoue le monde de l'édition. Il y a quelques semaines, un contrat en or vole en éclats. Et pas n'importe lequel : on parle là d'un accord à 2,4 millions de dollars avec l'éditeur Minotaur/MacMillan, pour la vente du policier Call Me, I'll Hide The Body. L’histoire suit un émigré nigérian à Houston, doctorant en chimie et agent d’entretien, qui se retrouve mêlé à un cartel grâce à son talent pour dissimuler des corps. Un scénario qui s'annonce sur le papier très prometteur.
Mais alors que quatorze maisons d'édition se livrent une bataille effrénée pour s'arracher le roman de Jerry Faladé, l'affaire tourne court. L'agence Europa Content, qui représentait l'auteur afro-américain dans les négociations, finit par annuler le contrat. En cause : des doutes concernant l'utilisation de l'intelligence artificielle (IA) dans l'écriture du livre. L'IA pas couverte par les droits d'auteur
Une éventualité qui, si elle est avérée, pose problème sur le plan juridique - sans parler bien sûr de l'aspect éthique et du risque de voir les clients se détourner de l'ouvrage. Car pour un studio ou un éditeur, acheter les droits d'un roman ne consiste pas seulement à obtenir la permission de l'auteur. Il faut aussi pouvoir garantir que l'auteur possède les droits sur l'ensemble de l'œuvre et que personne d'autre ne pourra réclamer par la suite une partie des droits. Or les textes écrits par IA - aux Etats-Unis comme dans l'UE - ne bénéficient d'aucune protection...
27/08 - "Où est la limite ?" : l’ultra-trail face à la surenchère de la performanceLe soleil est déjà haut, en ce samedi de la fin de juin, quand les derniers appels sortent des enceintes, sur le parvis du port de Vannes. Quelques coureurs se faufilent entre les supporters et s’alignent sur la ligne de départ. Pour cette édition 2026 de l’Ultra-Marin, 175 kilomètres de trail autour du golfe du Morbihan, plus de deux mille athlètes ont répondu au rendez-vous et se tortillent désormais d’impatience, les yeux rivés sur les premiers kilomètres de course. Dans la foule, les habitués et les sportifs professionnels toisent les nouveaux visages, plus jeunes, plus connectés, plus volubiles. Chaque année, le tracé, un des plus appréciés avec l’Ultra-Trail du Mont-Blanc et la Diagonale des fous sur l'île de la Réunion, attire son lot de curieux, des débutants toujours plus nombreux, pressés de goûter à l’ultra longue distance.
"Cela fait huit mois que j'y pense tous les jours", exulte Steven, trente ans, cheveux à ras et un rêve en tête : devenir "un finisher", faire partie des compétiteurs capables de terminer une course. Coureur depuis à peine quelques années, le jeune homme s’est mis à rallonger ses entraînements à force que l'algorithme lui propose des vidéos de courses. A peine le temps de nous livrer un pronostic - il pense boucler le tracé en moins de trente heures s’il ne s’écroule pas entre-temps - et déjà le peloton s'étire en direction des remparts de la vieille ville. Une nuit et un jour de chemins creux, de talus, de ponts de pierre, de moulins à...
27/08 - Décès de Ratko Mladic : derrière son arrestation en 2011, un nouveau départ européen pour la SerbieDans L'Express du 1er juin 2011Avec l'arrestation de Mladic, la Serbie exprime son besoin d'Europe
Avec le transfèrement de Mladic, la Serbie ne s'est pas seulement soumise à la pression de la communauté internationale. Elle a démontré sa volonté de combattre ses propres démons pour tourner la page et envisager l'avenir.
Il y a tant de bourreaux des peuples encore en liberté que l'arrestation de l'un d'entre eux déclenche spontanément un concert d'applaudissements. De ce point de vue, l'interpellation, au terme de seize années de cavale bénéficiant de complicités diverses, de Ratko Mladic, ancien commandant en chef de l'armée de la République serbe de Bosnie, apparaît comme une victoire hautement symbolique du droit international. A part la Russie, allié inconditionnel des ex-dirigeants serbes, on ne compte plus les gouvernements européens qui se félicitent de la clôture de ce "chapitre très malheureux de l'Histoire" et du nouveau départ ainsi offert à la Serbie.
Le procès à venir de Mladic, responsable, entre autres, du massacre de Srebrenica, qui fit 8 000 victimes en 1995, et du siège de Sarajevo (de 1992 à 1995), lèvera en effet un grand obstacle sur la route de l'Union européenne, laquelle conditionne l'intégration future de la Serbie à sa coopération pleine et entière avec le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY).Le rôle clef des Pays-Bas
Cette juridiction, instituée en 1993 par une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU pour poursuivre...
27/08 - Moyen-Orient : comment les houthistes du Yémen développent leurs réseaux en AfriqueC'est une stratégie d'expansion qui reflète les efforts déployés par l'Iran et le Hezbollah libanais, dans les années 2000, pour transformer les groupes armés non étatiques qu'ils parrainaient en un réseau à l'échelle du Moyen-Orient. Les rebelles houthistes du Yémen, soutenus par Téhéran et opposés aux forces armées gouvernementales du pays, étendent leur influence dans la Corne de l'Afrique, une péninsule de l'est africain, selon un rapport rédigé par The Century Foundation, un groupe de réflexion américain.
Par cette "offensive" dans la Corne de l'Afrique et ses environs,les houthistes "démontrent qu'ils cherchent à s'implanter comme un nouveau pôle d'activité de l''Axe de la Résistance' dans la région", estime la Century Foundation, relevant que leurs efforts "s'inscrivent dans une stratégie planifiée et mise en œuvre par un noyau d'agents basés à Sanaa", la capitale du Yémen. "Tournés vers l'avenir et s'inspirant des stratégies des Gardiens de la révolution et du Hezbollah, les houthistes développent progressivement leurs propres réseaux le long de la mer Rouge et du golfe d'Aden, accélérant ainsi leur transformation d'un réseau périphérique en un réseau central", soulignent les auteurs de ce rapport publié lundi 24 août.
"L'avantage des houthistes réside dans leur possession d'atouts convoités" par des groupes armés implantés dans la région, relèvent-ils, à savoir des "armes, des technologies, un savoir-faire, des chaînes d'approvisionnement et un accès à l'Iran"....
27/08 - Maroc : cette fuite de données massive qui expose des agents du renseignement"Jabaroot" refait parler de lui. Ce groupe de hackers a diffusé, lundi 24 août, sur le réseau social Telegram, les données de 70 000 membres présumés des services de sécurité et de renseignement du Maroc, rapporte le site d'information espagnol El Confidential. Une seconde liste publiée par les pirates informatiques contient les noms, grades et données bancaires de 1 400 agents marocains présumés des services de sécurité ou des renseignements.
L'exactitude de l'authenticité de ces données n'est pour le moment pas établie. Toutefois, rapporte le site espagnol, "la liste a été jugée authentique (au moins partiellement) par plusieurs anciens agents des services de renseignements marocains, qui ont confirmé à El Confidencial que certains des noms divulgués appartenaient à la Direction générale de la sécurité et du renseignement (DGST, la sécurité intérieure)". D'après ce site d'information, il s'agit de "la plus importante faille de sécurité à laquelle les services de sécurité du royaume ont jamais été confrontés". Numéros de carte d'identité, comptes bancaires…
Selon les informations du Monde, qui a consulté quatre tableurs répertoriant pour l’essentiel des anonymes, le nom de hauts cadres des directions générales de la sûreté nationale (DGSN) et de la DGST, dont leur patron, le puissant Abdellatif Hammouchi, y figurent. On y retrouve également des directeurs régionaux et des chefs de départements, notamment de l’antiterrorisme et du contre-espionnage.
Les agents de...
27/08 - Comment les pays arabes perçoivent-ils la France et l’Europe ? Ce que révèle un sondage, six mois après le début de la guerre en IranIl y a six mois, le 28 février, les Etats-Unis et Israël entraient en guerre contre l’Iran. Un conflit dont la durée et l'intensité bouleversent la stabilité régionale, du Moyen-Orient à l’Afrique du Nord. Cette guerre divise aussi les gouvernements européens, qui ont d'abord soutenu la chute du régime iranien avant de rejeter toute participation active au conflit. Avec quel résultat pour leur image ?
Cet été, la fondation Konrad-Adenauer (KAS), un institut de recherche allemand spécialisé dans les études géopolitiques et les enquêtes d’opinion, a mené un vaste projet dans sept pays arabes du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord : Maroc, Liban, Egypte, Jordanie, territoires palestiniens, Tunisie et Syrie. L'institut allemand a notamment cherché à comprendre l'impact de cette crise sur l'image de l'Europe.
"Les publics d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient ne sont ni anti-occidentaux ni pro-autoritaires par principe, leurs opinions sont conditionnelles", explique Michael Robbins, l'auteur du rapport. Réalisée par téléphone auprès de 8 475 personnes, cette étude offre un cliché instantané des perceptions arabes face aux rôles de la France, de l’Allemagne ou encore de l’Union européenne sur la scène internationale.Au Liban, 79 % de vues favorables à la France
L'un des principaux enseignements du sondage de KAS concerne l'image de la France, qui bénéficie d’un regain de sympathie dans la région ces dernières années. Les chiffres sont éloquents par rapport à la dernière étude,...
27/08 - Ukraine, Iran, Otan : ce que le directeur de la CIA est allé négocier secrètement en RussieUne "visite de routine". Voilà comment Donald Trump a qualifié mercredi 26 août le déplacement à Moscou qu'a effectué la veille le directeur de la CIA, John Ratcliffe. Lors d'une interview radio, le président américain n'a pas précisé pourquoi le patron des espions s'était rendu en Russie, mais a indiqué que cela pourrait s'avérer utile. "ll pourrait en sortir quelque chose. Nous travaillons d’arrache-pied pour mettre fin à cette guerre", a déclaré le dirigeant à l’émission de Glenn Beck, en référence à la guerre en Ukraine.
La Russie a confirmé ce voyage, mais a également été peu loquace sur les raisons. Selon le Kremlin, John Ratcliffe s'est entretenu avec des responsables du renseignement russe mais n'a pas rencontré Vladimir Poutine. Dmitri Peskov a indiqué aux journalistes que le président russe avait été informé des résultats des entretiens avec John Ratcliffe, mais a refusé de fournir davantage de détails. "Tout ce que je peux vous dire, c'est qu'il y a eu des contacts par l'intermédiaire des services de sécurité. Je peux vous dire qu'il n'y a eu aucune rencontre avec le président russe. Naturellement, le président Poutine est tenu informé de tout sans délai", a-t-il déclaré.Dissuader d'une attaque contre un pays de l'Otan…
Plusieurs médias américains ont quant à eux donné des détails sur les motifs de cette visite éclair, où le patron du service de renseignement n'est resté qu'environ quatre heures. Selon plusieurs sources proches du dossier interrogées par CBS...
27/08 - Jean-Luc Mélenchon et l’effacement de la dette : deux mensonges et une omissionJean-Luc Mélenchon a fait du simplisme économique une arme redoutable de conquête du pouvoir. Qu'importe si au passage, il doit tordre la réalité, multiplier les mensonges, contrevérités et omissions. Le dernier épisode en date : l'effacement d'une partie de la dette publique, ou son gel. "Il suffit d'y aller, la prendre et la foutre au feu" ou variante "la mettre au frigo", martèle le leader de la France insoumise. Alors que le pays plie sous une dette publique qui approche les 117 % du Produit intérieur brut, il suffirait donc de gommer une partie de ce fardeau pour permettre à l'Etat de retrouver un peu d'air, financer la transition écologique, mieux rémunérer les enseignants ou engager davantage de pompiers.
La partie en question ? Les quelque 600 milliards d'euros d'obligations publiques détenues par la Banque de France à la fin juillet - soit près de 20% de la dette tricolore -, d'après les dernières statistiques révélées par l'institution. Cette somme est le résultat des deux programmes d'achats de titres publics pilotés par la Banque centrale européenne (BCE) au cours de la dernière décennie : le PSPP, Public Sector Purchase Programme, imaginé en 2015 au lendemain de la crise des dettes souveraines, et le PEPP, Public Emergency Purchase Program, lancé au moment du Covid pour permettre aux Etats de la zone euro de maintenir à flot leurs économies.
Concrètement, chaque année, le Trésor français verse à la Banque de France les intérêts qu'il lui doit, comme il le...
27/08 - IA : Legora, la start-up suédoise qui a conquis les avocatsLes prétoires ont fait des gorges chaudes de l’affaire. En 2023, deux avocats new-yorkais sont condamnés à 5 000 dollars d’amende pour avoir brandi des jurisprudences... inventées par ChatGPT. La polémique n’a pas signé le divorce du droit avec cette technologie, bien au contraire. Le spécialiste de l’IA juridique Legora connaît depuis 2023 une fulgurante ascension. En quelques années d’existence, le Suédois a ouvert 17 bureaux et atteint 100 millions de dollars de revenus annuels récurrents. Des résultats qui lui permettent de prétendre à une valorisation élevée. À la suite de sa dernière levée de fonds de 550 millions, en mars, la firme est estimée à 5,5 milliards de dollars. Selon le Financial Times, un prochain tour de table pourrait la propulser à 10 milliards.
Les trois ingénieurs fondateurs – Max Junestrand, Sigge Labor, August Erséus - ont fait preuve de flair. Leur idée germe lorsqu’ils voient un camarade s'échiner un été à résumer des dossiers pour un cabinet d’avocats. A l’époque, aucun logiciel ne sait faire cela. Mais fin 2022, OpenAI dévoile GPT 3.5. Le trio pressent que ces grands modèles de langage vont radicalement transformer le monde juridique. “Nous avons construit un prototype, il a tout de suite fonctionné et nous avons quitté nos emplois pour monter l'entreprise”, raconte le PDG Max Junestrand.
La fortune sourit aux audacieux. Un mois plus tard, l’équipe tope avec l'un des plus gros cabinets d’avocats suédois, Mannheimer Swartling, et prend ses...
27/08 - Présidentielle 2027 : le poids caché de l’IA dans le choix des FrançaisSans imprimerie, la Réforme n’aurait sans doute pas embrasé l’Europe avec la même ampleur ; sans radio, pas d’appel du 18 Juin, ni de "guerre des ondes" entre Londres et Vichy ; sans télévision, probablement pas de phénomène Lecanuet en 1965. Il paraît dès lors étrange d’imaginer que l’intelligence artificielle, qui peut tout à la fois créer des visuels de campagne, élaborer un programme, rédiger des discours, informer les électeurs des vicissitudes de la vie politique et même les aiguiller dans le choix d’un candidat, traverse la présidentielle de 2027 sans en modifier la grammaire.
D’autant que, près de cinq ans après la sortie des premières versions de ChatGPT, l’utilisation des LLM, et plus généralement de l’IA, s’est massivement généralisée. Afin de comprendre la place que s’apprête à prendre ce qui est parfois décrit comme la quatrième grande révolution industrielle, l’Ifop a ainsi réalisé, à l’occasion des universités d’été que le Laboratoire de la République, fondé par l’ancien ministre Jean-Michel Blanquer, organisera à Sens les 28 et 29 août, une étude dont les résultats vous sont dévoilés en exclusivité par L’Express.Le spectre d’une présidentielle manipulée
Sans surprise, une grande majorité des Français (86 %) craint que l’IA soit instrumentalisée dans le but d’influencer le résultat de la prochaine élection suprême ; une inquiétude qui transcende les clivages générationnels, idéologiques et socio-économiques. 40 % d'entre eux la perçoivent même comme un...
27/08 - Yannick Jadot et Sandrine Rousseau, la guerre des Ecologistes : "La poussière sous le tapis ressort au pire moment""Il y a un risque de scission des écolos", prévenait Yannick Jadot en mai, en petit comité. Bien sûr, le sénateur connaît mieux que personne le parti qu’il a cofondé. Alors plutôt que de subir cette scission, il l’a provoquée. Ainsi, sans vraiment surprendre les siens, il a annoncé ce lundi matin rejoindre la campagne de Raphaël Glucksmann, "sans hésitation et avec enthousiasme", a-t-il jugé bon de préciser sur France Inter. Il n’est pas plus surprenant que Sandrine Rousseau prône, dans les colonnes de Libération, une alliance avec LFI. "Le plus étonnant, c’est que la scission n’ait pas eu lieu avant", relève un élu écologiste.
Quoi de commun, en effet, entre une écologiste radicale et un réformiste ? Comment l’écoféministe et le "réalo" ont-ils pu siéger si longtemps dans le même parti ? Chez les Verts, on se pose la question depuis (au moins) cinq ans. Cruel contraste : tandis que les insoumis, qui se voient déjà à l’Élysée, se projettent sur le jour d’après, les écolos sont coincés en 2021. Les mêmes acteurs prônent les mêmes orientations. Jadot-Rousseau, éternels visages d’un parti qui se cherche.
Retour vers le passé. En septembre 2021, Sandrine Rousseau se hisse à la surprise générale au second tour de la primaire écologiste qu’elle perd d’un cheveu - son concurrent l’emporte avec 51,03% des voix. Certes, Jadot a gagné, mais Rousseau n’a pas perdu. "Je suis loyale et j’appellerai à voter pour Yannick Jadot mais ce mouvement-là, ce n’est pas automatique et ce...
27/08 - "Aux Etats-Unis, on peut vendre du poison, mais pas le cacher" : l’argument qui oblige Meta à se transformerLes montants illustraient bien l'énormité de l'enjeu. Meta, propriétaire de Facebook, Instagram ou encore WhatsApp, craignait de devoir débourser jusqu’à 1 400 milliards de dollars de pénalités. Soit, à peu de chose près, l’entièreté de sa valorisation boursière. Moins, tempéraient ses adversaires - une trentaine d’Etats américains rassemblant quelque 3 000 poursuites sur des violations du droit des consommateurs et de la protection de la vie en ligne des mineurs, le cœur des faits qui lui sont reprochés. Mais tout de même, au bas mot, 200 milliards de dollars. Une somme rondelette, équivalente à celle déboursée par les cigarettiers à l’aube du nouveau millénaire, et au bout d’un feuilleton cataclysmique sur le plan réputationnel : on ne badine pas avec les victimes du tabac, et au moins autant, au XXIe siècle, avec la santé mentale des enfants.
Mercredi 26 août, Meta a ainsi préféré mettre un terme au méga procès commencé il y a seulement une semaine à Oakland, en Californie. Moyennant une facture plus modeste - près de 17 milliards de dollars - et surtout des transformations importantes de ses réseaux sociaux et de la manière dont ils sont proposés aux mineurs de 13 à 17 ans. Au menu, entre autres : des limites d'utilisations quotidiennes, des restrictions nocturnes sur Facebook et Instagram, des interdictions de fonctionnalités qui exacerbent l'addiction et en conséquence les problèmes de santé mentale, comme le nombre de clics sur un bouton "j’aime". Des changements...
27/08 - Du Quai d’Orsay à la DGSE, les coulisses de la libération des otages français à l’étrangerL’ordre est tombé brutalement, sans aucun signe avant-coureur. Ce 12 juin 2024, un gardien de la prison d’Evin, à Téhéran, vient trouver Louis Arnaud dans sa cellule. "Dans cinq minutes, on part", lâche-t-il, mettant fin à plus de 620 jours d'enfermement. Deux ans plus tôt, le Français a été arrêté par les autorités iraniennes lors d'un voyage touristique, et condamné par la suite à cinq ans de prison, accusé de “propagande contre le régime” et atteinte à la sécurité de l’Etat en pleine vague de manifestations déclenchées par la mort de Mahsa Amini. Depuis, les réseaux diplomatiques et les agents du renseignement français sur le terrain s’activent pour faire cesser sa détention, qualifiée "d’arbitraire" par le Quai d’Orsay.
À sa sortie d’Evin, un agent de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) se présente au jeune homme pour lui exposer le programme des prochaines heures. Il sera d’abord conduit jusqu’à Oman, État qui a joué un rôle important d’intermédiaire dans sa libération, avant de rejoindre la France. Dans le salon de l’aéroport de Mehrabad, à Téhéran, Louis Arnaud tente d’encaisser le choc et assiste à des scènes qu’il juge "invraisemblables" - comme lorsqu'un chef des services de renseignement iraniens lui exprime sa joie de le voir libéré. "Il m’a dit qu’il avait beaucoup travaillé pour ça, et m'a même offert des cadeaux", raconte l’ancien prisonnier, également auteur de l'ouvrage La Révolution intérieure (Les Equateurs), paru en 2026 et dans...
26/08 - Meta : ces nouvelles restrictions pour les adolescents américains sur Instagram et FacebookSous la pression de la justice américaine, Meta s'apprête à réécrire les règles d'Instagram et Facebook pour les moins de 18 ans. Le groupe a trouvé ce mercredi 26 août un accord avec une quarantaine d'Etats américains pour mettre fin aux poursuites judiciaires, acceptant de payer 16,7 milliards de dollars et de mettre en place de nouvelles restrictions pour les adolescents.
La Californie, le Colorado, le Kentucky et le New Jersey, à la tête d'un consortium plus large, affirmaient que Meta avait conçu Facebook et Instagram pour créer une dépendance chez les enfants, qu'elle connaissait les risques de ses plateformes, mais qu'elle avait caché cette information au public. Les plaignants pointaient des mécanismes désormais bien documentés : fil infini, notifications incessantes, algorithmes de recommandation ultra-personnalisés, tous conçus pour maximiser le temps passé en ligne et donc les revenus publicitaires.
L'accord met fin à ce procès en plein déroulement, alors que les témoignages d'experts et d'anciens salariés devaient encore se poursuivre. Pour les procureurs, il s'agit d'une victoire majeure : non seulement Meta devra payer jusqu'à 16,7 milliards de dollars sur dix ans, mais le groupe devra aussi modifier en profondeur le fonctionnement de ses applications pour les mineurs. Ce qui va changer pour les ados
Sous réserve d'approbation par un juge fédéral, les nouvelles règles s'appliqueront automatiquement aux comptes identifiés comme appartenant à des...
26/08 - Mort de Dolly Parton : une leçon d’unité pour l’Amérique de 2026Avant de devenir une icône de la country, Dolly Parton fut longtemps réduite à une caricature. A la veille d'une de ses rarissimes apparitions scéniques en Europe - c'était en novembre 1978 au Théâtre Mogador - L'Express raillait cette nouvelle reine de la country "toute menue", "qui sent la meule de foin et la soupe aux fèves." Cinq ans après la sortie de Jolene, son tube planétaire, on s'amuse déjà de la plantureuse "nouvelle rage de l'Amérique", sans trop savoir ce que les Yankees peuvent bien lui trouver. Souvent, la chanteuse est réduite à ses abondantes boucles blond platine, à sa poitrine généreuse ou à ses tenues aussi seyantes que scintillantes. Et tant pis pour la musique...
Aux Etats-Unis aussi, Dolly Parton était régulièrement moquée pour son style vestimentaire ou ses origines provinciales, mais au fil des ans, sa popularité ne s'est jamais démentie. Les Américains lui vouaient un amour inconditionnel, qui transcende les générations, les divisions régionales ou sociales et même les affiliations partisanes. Dans un pays malade de sa polarisation politique, cela est suffisamment rare pour être souligné. "Il n’y a jamais eu personne comme elle, et il n’y en aura jamais", lui a d'ailleurs rendu hommage Donald Trump après sa mort, avant d'annoncer que les drapeaux seraient mis en berne pendant une semaine, en signe de deuil.
C'est que Dolly Parton est le plus bel exemple de rêve américain. Née dans une famille (très) nombreuse des Appalaches, à l'est du...
26/08 - De la fatwa contre Pokémon au parc Dragon-Ball : comment l’Arabie saoudite est devenue folle de mangasMars 2001, un conflit surprenant oppose Riyad à Bourg Palette. Dans une publication très sérieuse, le mufti d'Arabie saoudite et les plus hautes autorités religieuses du pays émettent une fatwa contre... Pokémon. L'ensemble des jeux et des produits dérivés sont concernés, sous prétexte que les cartes à collectionner s'apparentent à des jeux de hasard ou d'argent, interdits par l'islam ; le clergé affirme également que les symboles présents sur les cartes (comme des étoiles à six branches) renvoient au sionisme ou à la franc-maçonnerie, et que les évolutions des créatures rappellent la théorie de l'évolution de Darwin plutôt que la création divine. Enfin, les religieux jugent que les créatures et les paris associés possèdent les esprits des jeunes et perturbent leurs croyances. Cette interdiction refait surface en juillet 2016 lors du lancement mondial de Pokémon GO, l'autorité religieuse saoudienne ayant rappelé l'existence de cet édit de 2001 pour mettre en garde contre la version mobile en réalité augmentée.
Dix ans plus tard, la donne a changé, le royaume wahhabite aussi. Fini la croisade contre les mangas, place au développement économique et au "soft power" sous l'impulsion du prince héritier Mohammed ben Salmane. Lundi 24 août, ce dernier s'est rendu en France en grande pompe pour annoncer la création d'un parc d'attractions sur le thème de la franchise japonaise de mangas Dragon Ball Z près de Paris, un projet d'un montant de six milliards d'euros. "Vous connaissez...
26/08 - "Il reste à l’Europe Airbus, ASML, et c’est à peu près tout" : le regard cash de Dan WangC'est l'essai à lire si on veut tout comprendre au match qui oppose les deux superpuissances. Paru l'année dernière en anglais, Breakneck a fait sensation en montrant comment le modèle chinois, basé sur les ingénieurs, s'oppose à celui des Etats-Unis, dominé par les professions juridiques. Il est traduit en français par les éditions Arpa sous le titre La Chine à toute vitesse (3 septembre). Son auteur, Dan Wang, est né dans le Yunnan, a grandi au Canada, a étudié aux Etats-Unis avant de passer plusieurs années à Shanghai. Il est aujourd'hui chercheur à la Hoover Institution à l'université Stanford.
Pour L'Express, Dan Wang analyse les forces et faiblesses des Etats-Unis et de la Chine. Il fait surtout preuve d'un grand franc-parler pour évoquer le rapide déclin européen, alors que le Vieux Continent est selon lui en train de "perdre sur les deux fronts" face aux superpuissances. "L’Europe est vouée à un déclin dans un avenir prévisible" avertit-il, estimant qu'il nous reste quelques entreprises compétitives (Airbus, ASML, EDF...), les plus belles villes du monde et des... croissants. Et ce n'est pas les programmes de formations populistes comme le Rassemblement national ou l'AfD qui permettront d'avoir des économies plus saines...
L’Express : Les États-Unis et la Chine sont selon vous un peu comme le yin et le yang. Vous dépeignez les premiers comme étant une nation de juristes, la seconde d’ingénieurs. La Chine dispose également d’une épargne importante, tandis que les...
26/08 - Des médias Bolloré au RN : comment Xenia Fedorova a semé le chaos dans le "camp patriote"Dix-neuf mois seulement. C’est le temps qu’il aura suffi à Xenia Fedorova - la chroniqueuse russe accusée de relayer la propagande du Kremlin en France et visée par un arrêté ministériel d’expulsion - pour semer la zizanie au sein de la droite radicale. Au Rassemblement national, à moins d’un an d’une élection présidentielle cruciale, la polémique lancée par son expulsion expose au grand jour de profondes divisions internes entre les tenants de la ligne historique russophile et ceux qui, autour de Jordan Bardella, défendent l’Ukraine. Dans l’empire médiatique de Vincent Bolloré, où sa protégée a bénéficié d’une liberté presque totale pour déverser dans l’espace public français le narratif du régime de Vladimir Poutine, son influence a suscité un profond malaise.
Tenant comme d'autres à rester anonyme, un journaliste du groupe a du mal à contenir sa colère. Il vit très mal l’évolution de la ligne éditoriale de son média depuis un an et demi : "la montée en puissance de Xenia Fedorova a clairement coïncidé avec le virage prorusse et la disparition, au début discrète et désormais absolue, du point de vue ukrainien". Au sein des rédactions du groupe, la pilule est difficile à avaler. La couverture du JDNews, affichant en majesté l’appel de Philippe de Villiers, Nicolas Dupont-Aignan, Luc Ferry et Henri Guaino à "renouer avec la Russie et à stopper l’escalade vers la guerre", a suscité l’indignation. "Quand on a vu que les "quatre fantastiques" étaient en couverture, on a...
26/08 - Comment la Chine réplique aux sanctions économiques imposées par les Etats-Unis à l’IranLa guerre en Iran va-t-elle sérieusement menacer les relations diplomatiques entre les Etats-Unis et la Chine ? La coopération entre la Chine et l'Iran "s'inscrit dans le cadre du droit international et ne doit faire l'objet d'aucune ingérence ni perturbation", a mis en garde mardi 25 août Lin Jian, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères. "Pékin suit de près l'évolution de la situation et prendra toutes les mesures nécessaires pour défendre fermement ses droits et ses intérêts", a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse.
En cause : l'offensive lancée la veille par Washington à l'encontre de Téhéran, visant "à asphyxier économiquement" la République islamique et ainsi à forcer une "fin" au conflit prolongé au Moyen-Orient. L'administration américaine a annoncé un renforcement des sanctions secondaires qu'elle entend imposer aux entités et aux pays qui entretiennent des relations commerciales avec l'Iran à travers le monde. Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, chargé de présenter ces mesures, a notamment précisé que les contrevenants seraient exclus du système financier libellé en dollars.
Washington n'a toutefois pas précisé nommément quels pays seraient visés, ni quand les sanctions évoquées entreraient en vigueur. Mais la Chine est dans tous les esprits. Scott Bessent a laissé entendre que Pékin ne serait pas exempté de sanctions. "S'ils facilitent les transactions et font partie de l’écosystème qui transforme le pétrole iranien...
26/08 - Présidentielle 2027 : les sondages, un mauvais arbitre du duel Edouard Philippe - Gabriel Attal ?Cette primaire, il y croit. En l'automne 2025, Laurent Wauquiez vante à Edouard Philippe les mérites d'une grande compétition interne de la droite en vue de 2027. Le patron des députés LR mêle arguments sucrés et salés. Le maire du Havre, alors en baisse dans les sondages, y retrouverait une belle dynamique! Et puis, peut-il vraiment asphyxier la droite comme Emmanuel Macron l'a fait en 2022 ? "Macron partait d’un socle à plus de 23%. Tu ne vas rien siphonner en partant de 16%", lâche l'ancien président de l'UMP. Edouard Philippe n'est guère convaincu.
Cette primaire, il n'en veut pas. Le président de Horizons espère obtenir le ralliement de Gabriel Attal sur la foi de sondages flatteurs. "Il faut qu’Edouard soit à 20 à la rentrée, voire plus haut", glissait avant l'été un soutien du Havrais. Las, la dynamique n'est pas encore à l'œuvre. L'équipe de Gabriel Attal relaie avec gourmandise une enquête publiée par l'institut Harris Interactive. Edouard Philippe oscille entre 17 et 19% d'intentions de vote selon les hypothèses, quand le secrétaire général de Renaissance s'accroche avec 15% des suffrages (les deux prétendants sont testés séparément). "Il n'y a plus de favori", a assuré ce mardi Gabriel Attal sur LCI."Ecraser le match"
Les sondages sont appelés à être les juges de paix de cette primaire sauvage. Une telle compétition n'a pas de précédent : jamais un candidat à l'élection présidentielle ne s'est retiré au profit d'un concurrent sur la base d'enquêtes d'opinion....
26/08 - Classement des services secrets : le meilleur rapport qualité-prix n’est ni le MI6 ni la DGSEComment mesure-t-on l'efficacité d'un service de renseignement ? La réponse relève presque de l'impossible, tant le domaine est, par définition, secret. Difficile, pour le grand public, de comprendre comment sont utilisés les budgets d'organismes oscillant entre 30 millions et 1,5 milliard d'euros annuels. Disposer d'espions compétents est pourtant, comme nous le relevions déjà cet été, devenu un attribut de la puissance des Etats, au même titre que la possession de la bombe atomique ou d'un siège au Conseil de sécurité de l'ONU.
Au début du printemps, L'Express a décidé de constituer son propre palmarès des agences européennes, en sollicitant ceux qui connaissent le mieux cette matière - les espions eux-mêmes. Nous en avons tiré un classement de 21 pays, largement dominé par les Britanniques et leur MI6. La DGSE arrive deuxième. A l'inverse, la Lettonie, l'Autriche ou le Portugal occupent l'autre extrémité du classement. L'exercice a fait réagir au-delà des frontières françaises, et même européennes - tant mieux.
Une des remarques persistantes de certains de nos interlocuteurs - souvent issus de "petits" pays - n'a cessé de nous accompagner : ils soulignent qu'on devrait aussi juger les espions à l'aune de leurs moyens budgétaires. Comment ne pas être d'accord ? Sauf qu'il n'existait aucun outil pour mesurer ce "rapport qualité prix". Impossibilité comblée aujourd'hui avec notre classement : il suffit désormais de corréler le budget consacré à l'agence d'espionnage......
26/08 - Publications scientifiques : face à la Chine et l’Inde, le grand décrochage de la France"La recherche mondiale [est] engagée dans un processus de globalisation susceptible de bousculer des hiérarchies séculaires en quelques décennies seulement", pointe le Haut Conseil de l'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur (Hcéres) dans son dernier rapport sur la place de la France dans la compétition scientifique globale. Un euphémisme, tant la place de notre pays s'est dégradée au cours des vingt dernières années. Autrefois située parmi les principaux pays producteurs de publications scientifiques, tant en volume (sixième rang mondial en 2005) qu'en nombre de citations (cinquième rang mondial), la France s'est fait largement devancer aujourd'hui (onzième et dixième rangs respectivement), notamment par la Chine et par l'Inde.
Sur la même période en effet, New Delhi a doublé sa part dans le volume de production global, jusqu'à se hisser sur la troisième marche du podium tandis que Pékin a quadruplé la sienne, devançant même les Etats-Unis. Surtout, la Chine a fait des progrès considérables en termes d'excellence académique puisque plus d'un tiers des 10 % des publications les plus citées émane d'elle. En termes de reprises totales, les Etats-Unis restent toujours à la pointe avec près d'un quart des citations mondiales, mais ils ne produisent plus que 14 % des publications scientifiques mondiales, toutes disciplines confondues.La France décroche dans la compétition scientifique internationale.
Ce recul de l'Occident est visible dans plusieurs pays...
26/08 - La Chine prend une longueur d’avance dans la course aux missiles hypersoniquesLa Chine a-t-elle pris une avance décisive dans la course à l’armement ? Pékin semble en tout cas avoir franchi un nouveau cap dans la course aux missiles hypersoniques. L'Armée populaire de libération aurait développé des planeurs hypersoniques capables d'éviter l'interception et d’employer des armes pouvant atteindre des cibles aériennes situées à plusieurs milliers de kilomètres, rapporte Bloomberg ainsi que The Telegraph.
L'ogive air-air manœuvrable, connue sous le nom de planeur hypersonique (HGV), est placée sur un missile balistique tiré en haute altitude, se détache, puis plane vers sa cible à plus de cinq fois la vitesse du son, tout en effectuant des manœuvres brusques et imprévisibles. Les planeurs hypersoniques (HGV) sont un type particulier d'ogive capable de manœuvrer dans l'atmosphère pour atteindre leur cible, ce qui accroît leur portée et complique leur interception par les systèmes de défense aérienne.
Selon Bloomberg, qui se base sur une source anonyme bien informée, l'armée chinoise aurait ajouté des capacités air-air à certains de ses missiles de croisière hypersoniques existants et aurait doté d'autres missiles de capacités anti-navires. Les armes air-air à longue portée sont considérées comme essentielles à tout conflit futur. Bloomberg relève qu'aucun autre pays n'utiliserait pour le moment d'armes combinant un planeur hypersonique et des missiles air-air.Le plus important arsenal de missiles au monde
Comme le détaille ce média américain, un...
26/08 - Face à Donald Trump, le Canada se tourne vers les armes européennes : les dessous d’un virage stratégiqueHuit mille huit cent quatre-vingt-onze kilomètres de frontière commune finissent parfois par laisser quelques envies d’ailleurs. Pour ses prochains achats militaires, le Canada regarde vers l’Europe, sans pour autant jeter ses avions par la fenêtre ni rayer Washington de son carnet d’adresses. “Nous voulons être plus indépendants, plus résilients et moins dépendants de notre voisin du Sud”, résume à L’Express Stephen Fuhr, secrétaire d’État canadien à l’Approvisionnement de défense. Il précise aussitôt : "Nous restons partenaires et amis.” La nouvelle idée est de “diversifier ses partenariats pour ne pas dépendre excessivement d’un seul pays". Le calendrier pourrait difficilement être plus intéressant pour les industriels européens : Ottawa augmente brutalement ses dépenses militaires. Selon Fuhr, il a fallu dix ans au Canada pour passer d’un peu moins de 1 % à 1,5 % du PIB consacré à la défense, puis seulement huit mois pour atteindre 2 %. Beaucoup plus d’argent, donc, et beaucoup de matériel à acheter. Seulement voilà : quitte à sortir le carnet de chèques, Ottawa aimerait qu’une bonne partie de la somme reste au pays. "Si nous allons engager cet argent, faisons-en davantage au Canada lorsque nous le pouvons", explique Fuhr.
L’Europe peut donc garder le champagne au frais. Le gouvernement de Mark Carney vise 70 % de ses acquisitions de défense attribuées à des entreprises canadiennes. La formule paraît peu accueillante pour des géants comme Airbus, Safran ou Thales....
26/08 - Rebaptiser un lac pour humilier le Canada : la dernière menace de Donald TrumpC’est la goutte d’eau qui pourrait faire déborder le vase. Ce mardi 25 août, Donald Trump a déclaré qu’il songeait à rebaptiser, le lac Ontario qui s'étend à cheval sur la frontière américano-canadienne, en "Lake America", traduisez, Lac Amérique.
"Les Etats-Unis envisagent sérieusement de changer le nom du lac Ontario en Lac Amérique, dans la mesure où nous ne nous attendons plus à faire beaucoup d'affaires avec l'Ontario", a osé le milliardaire sur son réseau Truth social. Une sortie qui fait suite à l’escalade du conflit commercial entre les deux pays, sur fond de droits de douane. Un contexte de guerre commerciale
Samedi dernier, à l’occasion d’une rencontre sur le sujet, le Premier ministre canadien, Mark Carney, a quitté la table des négociations, estimant que Washington multipliait les exigences "injustes" envers son pays. Immédiatement, l’administration Trump a répliqué en annonçant des droits de douane de 50 % sur 20 milliards de dollars de produits canadiens. Un pari risqué pour les Etats-Unis qui sont de très loin le premier partenaire commercial du Canada (avec 70 % de ses exportations).
Des surtaxes punitives que Washington avait initialement prévues pour le 19 août, puis reportées, espérant à l’époque s’approcher d’un accord avec Ottawa. Il n’en a rien été. Au contraire, le Canada est revenu à la charge mardi en instaurant des taxes douanières pouvant atteindre 50 % sur les importations américaines. "Une attitude, à la table des négociations, qui...
26/08 - Les Français n’ont pas peur de la vérité, ils ont peur qu’on continue de leur mentir, par Manuel VallsCet été, la France a eu peur et la France a eu honte. L’assassinat monstrueux de Lyhanna, 11 ans, a glacé le pays et mis en cause notre système judiciaire. Des dizaines de milliers d’hectares sont partis en fumée, emportant forêts, champs et villages, révélant les effets du changement climatique et la limite de nos moyens, malgré le courage de nos pompiers. Les données de milliers de contribuables ont été dérobées au cœur même de Bercy, démontrant la fragilité de nos systèmes informatiques face aux cybermenaces. Trois drames de natures différentes, mais, à chaque fois, la confiance dans l’État qui se fissure. On attend d’abord de lui protection, prévention, secret de ce qu’on lui confie. Quand il vacille sur l’essentiel, tout le reste devient suspect.
Or le reste est immense. Jamais, depuis des décennies, une telle conjonction de défis ne s’était refermée sur nous. Il y a la dette et les déficits, qui ne sont plus une abstraction de technocrates mais une menace directe sur notre souveraineté, alors que la France emprunte à un taux supérieur à celui de la Grèce. Il y a notre système de retraite qu’il faut préserver absolument, mais il faudra travailler plus et plus longtemps. Ceux qui vendent le contraire promettent la ruine. Il y a l’immigration, dont la crise de Ceuta vient de rappeler brutalement la réalité : des dizaines de milliers de personnes franchissant une frontière en quelques heures, et un continent qui découvre sa vulnérabilité géopolitique. Il y a...
26/08 - Visite surprise du patron de la CIA à Moscou : un avertissement adressé au Kremlin ?C'est une visite encore entourée de quelques mystères. Le directeur de la CIA, John Ratcliffe, s'est rendu mardi 25 août à Moscou, pour prendre part à des réunions avec des responsables russes, ont rapporté le site d'information Axios, qui cite deux responsables américains anonymes, et la chaîne de télévision américaine CBS News, citant des sources proches du dossier également anonymes. Selon Axios, John Ratcliffe, l'un des plus proches conseillers de Donald Trump, a quitté Washington dimanche et s'est rendu en Lettonie à bord d'un avion du gouvernement américain. Il a ensuite voyagé de la capitale lettone Riga à Moscou à bord d'un Boeing C-17 de l'US Air Force.
La Russie a confirmé ce mercredi ce déplacement du directeur de la CIA. Selon le Kremlin, John Ratcliffe s'est entretenu avec des responsables du renseignement russe mais n'a pas rencontré Vladimir Poutine. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a indiqué aux journalistes que le président russe avait été informé des résultats des entretiens avec John Ratcliffe, mais a refusé de fournir davantage de détails.
Axios et CBS News n'ont pas précisé le nom des responsables russes avec lesquels John Ratcliffe s'est entretenu, ni le programme des discussions. Ces réunions n'ont probablement pas duré longtemps : selon le Washington Post, le patron de la CIA n'est resté qu'environ 4 heures en Russie avant de repartir.
John Ratcliffe ne semble donc pas avoir profité de ce déplacement pour rencontrer le président russe...
26/08 - Les "Etats-Unis d’Europe", le rêve inachevé de Winston ChurchillFort de la résistance à Adolf Hitler qu’il incarna aux heures sombres de la Seconde Guerre mondiale, Winston Churchill proposait aux Européens, il y a quatre-vingts ans, une feuille de route pour transformer leur continent dévasté en un vaste espace florissant : l’édification des "Etats-Unis d’Europe". A l’heure où le chaos géopolitique se répand à nouveau, ses préceptes méritent d’être exhumés.
Quand il prononce son discours, le 19 septembre 1946 à Zurich, l’homme d’Etat britannique n’est plus Premier ministre de Sa Majesté ; il a perdu le pouvoir un an auparavant. Son propos s’appuie sur sa seule autorité morale. Méditant sur le paradoxe d’un continent, héritier d'une civilisation éblouissante, qui vient d’être le théâtre des pires crimes jamais perpétrés contre l’humanité, il présente l’unification européenne comme le seul moyen de réparer celle-là tout en prévenant la répétition de ceux-ci.
Churchill appelle l’Allemagne, vaincue, et la France, qui a pris place à la table des vainqueurs, à effectuer le premier pas et à se réconcilier. A ses yeux, l'épanouissement de la "famille européenne" est impossible sans une France et une Allemagne "spirituellement grandes". Il recommande la création d’une "structure régionale" qu’il suggère de baptiser Conseil européen. Et il prédit que si l’Europe parvenait à s’entendre, "il n’y aurait pas de limite à son bonheur, à sa prospérité, à sa gloire".
Au sortir de la guerre, du point de vue des Britanniques comme des Américains, la...
26/08 - Il est urgent de redresser la productivité en France : les pistes de Patrick ArtusDepuis 2010, la productivité du travail - soit la valeur ajoutée créée par une personne au travail sur une temporalité définie - a progressé de 27 % aux États-Unis, contre seulement 13 % en France. Plus frappant encore : alors que la productivité américaine a gagné 16 % depuis le Covid, la productivité française reste inférieure de 3 % à son niveau de début 2019.
Cette faible croissance, puis ce recul de la productivité du travail en France, a de multiples conséquences négatives : recul du pouvoir d'achat des salariés - le salaire réel, corrigé de l'inflation, a baissé de 2 % de 2019 à 2024 -, générant une intensification du conflit de répartition pour le partage des revenus entre salariés et entreprises ; faiblesse de la croissance du PIB (1,4 % en 2023, 1,1 % en 2024, 0,9 % en 2025) et difficultés permanentes pour réduire le déficit. Les raisons d'un déclin
Ce phénomène a différentes causes. Conjoncturelles d'abord, avec le développement de l'apprentissage et la multiplication des entreprises "zombies", maintenues en vie par les aides publiques.
Le volume d'apprentis en France est passé de 306 000 (nombre d'entrées en formation) en 2017 à 847 000 en 2025. Cette hausse a généré un recul mécanique de la productivité du travail, puisque les apprentis ont naturellement une productivité faible. La réforme du financement de l'apprentissage de 2026, qui réduit notamment les aides pour les plus diplômés, devrait faire baisser leur nombre. Un recul favorable à la productivité,...
26/08 - Cinéma : "Paradise", comme s’il fallait des esclaves pour réparer l’esclavageKojo a 6 ans, il circule entre les voitures en vendant du poisson pêché par son père, un grand plateau sur la tête. La misère et la survie. Il se fait surtout de l’argent en allant acclamer le chef mafieux du coin qui jette les billets de banque depuis sa décapotable, haranguant la liesse soumise et enthousiaste. Kojo attrape quelques biftons qui viennent avantageusement gonfler le butin qu’il rapporte à son père, en train de réparer son filet de pêche. Il est fier, le père, et Kojo est heureux. Après trois acrobaties, il repart pour de nouvelles aventures.
Kojo (Daniel Atsu Hukporti) a 16 ans, son père est mort en mer. Kojo est devenu pêcheur, hissant le filet comme on danse : en chantant, en chœur, scène primitive d’une beauté qui donne envie d’être poisson. Au retour de la pêche, Kojo sort son livre du sac en plastique : il n’est pas comme les autres, il lit. Le gros problème de la littérature, en Afrique, c’est l’humidité. D’un certain côté, c’est ce qui la rend précieuse, sacrée. Sinon, il y a la télé, un poste pour vingt, les enfants assis par terre, les ados debout, les vieux sur un fauteuil de camping, tous devant un mélo hollywoodien à verser sa grosse larme. L’Amérique à portée d’écran plat.
Kojo fait l’inévitable mauvaise rencontre, celle du caïd distributeur de billets. Kojo fasciné, enrôlé dans la bande, se retrouve dans une cabane en compagnie d’une vingtaine de "brouteurs", ou "Yahoo boys", sortes de mineurs rivés à leur écran d’ordi, creusant le cloud à...
26/08 - Opération Ajax : le coup d’Etat qui a changé l’IranLes espions font souvent basculer l’Histoire. Dans l’ombre, depuis des siècles et partout sur la planète, certaines opérations ont défini le monde tel que nous le connaissons. Dans "Nid d’espions", le podcast de L’Express consacré au renseignement, on ouvre un dossier secret-défense, dans lequel le rôle des espions a tout changé.
Le 20 mars 2003, il est 4h du matin lorsque les premières bombes américaines tombent sur Bagdad : c’est le début de la guerre d’Irak. Ce conflit, qu'on appelle aussi la seconde guerre du Golfe, durera huit ans et fera près de 500 000 morts, jusqu'au retrait des troupes américaines en 2011.
Pour justifier cette guerre, Washington brandit un argument massue : les armes de destruction massive. Selon la CIA, l’Irak développerait en secret des armes chimiques et nucléaires. Seulement voilà, lorsque Bagdad tombe, le 1er mai 2003, aucune arme de la sorte n’est trouvée sur le territoire irakien. C’est ainsi la pierre angulaire de l’argumentaire américain qui tombe, en même temps que la capitale irakienne. Le monde entier comprend alors la supercherie, et Washington est accusé d’avoir manipulé le renseignement à des fins politiques.
Au cœur du scandale : la CIA. Alors que les États-Unis cherchent désespérément à obtenir des preuves contre le pouvoir irakien, la CIA va s’appuyer sur les informations d’un homme, surnommé "curveball" par les services secrets occidentaux. Un témoignage qui va servir d’argument à l’administration Bush, notamment devant la...
26/08 - Diplomates, espions, agents clandestins : comment Moscou poursuit sa guerre secrète en EuropeDeux hommes partagent une pinte dans un pub à Stockholm. Ils se connaissent et parlent le même langage : celui des diplomates… et celui des espions. Le premier est un officier du SVR, sous couverture diplomatique en Suède. Le second, un diplomate d'une ambassade étrangère. Ils se pensent à l'abri des regards. Grossière erreur : un cliché de leur conversation a été diffusé ce 10 août sur SVT, la chaîne publique suédoise.
L'image vient du Säpo, le service de sécurité intérieure suédois. "Nous avons pu suivre en détail leur conversation : quel type d'informations était transmis à l'officier de renseignement russe, quel genre de mission il lui confiait. Nous avons aussi découvert qu'il lui offrait des cadeaux en guise de paiement ou en récompense pour sa collaboration", détaille auprès de L'Express Christoffer Wedelin, directeur adjoint des opérations du Säpo, qui ajoute qu'un autre officier russe a été impliqué dans l'affaire. Ostracisé par les autres chancelleries, l'agent tente d'en faire un intermédiaire pour récolter des informations. A long terme, ces renseignements doivent permettre à Moscou d'influencer les décisions politiques suédoises et européennes.
Malgré l'invasion russe en Ukraine, les officiers sous couverture diplomatique continuent d'être actifs en Suède. A Vienne, pas moins d'un employé sur six des représentations russes en Autriche serait lié aux renseignements russes d'après un article du média russe indépendant Agentstvo, publié le 10 août. Un mois...
25/08 - Après Wildberries, Kiev cible Ozon et poursuit son offensive contre l’e-commerce russeDu 23 au 24 août, l’armée ukrainienne a ciblé le géant russe du commerce en ligne, Ozon, à six reprises. Dans la nuit de dimanche à lundi, quatre sites de cet "Amazon moscovite" ont été frappés par des drones dans quatre régions du pays.
Entre autres, un entrepôt situé dans la Volga a été entièrement détruit. Dans la région d’Orenbourg, 300 employés ont été évacués après un départ de feu dans leur centre Ozon. Face à la menace qui pesait sur l’entreprise, certains de ses sites ont été évacués préventivement. Car ce n’est pas la première fois que les troupes de Kiev s’en prennent à un e-commerçant russe. Ces attaques font suite à l'annonce d'une campagne élargie contre les infrastructures logistiques du pays. Samedi, sur la messagerie Telegram, le ministère ukrainien de la Défense a revendiqué, une fois encore, ces frappes "systématiques" contre les centres de commerce en ligne.Entre 600 et 800 milliards de roubles de dégâts
Une campagne que Kiev justifie en affirmant que la plateforme de commerce fournit des composants aux troupes du Kremlin. Au-delà de cet aspect militaire, l'Ukraine entend également pénaliser l'économie russe. Un objectif qu'elle n'a pas eu de mal à remplir.
Avant Ozon, ses drones ont visé, des mois durant, Wildberries, le numéro un du secteur en Russie. "Les forces militaires ukrainiennes ont déplac
25/08 - Un projet à 6 milliards d’euros entre Paris et Riyad : vu de l’étranger, le pari risqué de Macron et MBSEmmanuel Macron et son homologue saoudien, Mohammed ben Salmane - surnommé MBS - se sont accordés, lundi 24 août, sur la construction de trois parcs d’attractions. L’un d’entre eux, consacré au manga Dragon Ball Z, s’érigera bientôt à proximité de Cergy-Pontoise. Une poignée de main dont la portée est bien plus vaste que l'univers du divertissement. Dans la presse étrangère, nombre de journalistes semblent en tirer la même interprétation : un coup politique bienvenu pour Paris, une nécessité de résultats pour Riyad, et une diplomatie qui dépasse largement les manèges.Une aubaine politique
Pour le titre émirati, The National, l'annonce tombe à pic. Le quotidien estime que la nouvelle "devrait être bien accueillie en France", alors que le pays s’apprête à entrer en campagne présidentielle. De quoi permettre à Emmanuel Macron - qui ne pourra pas se représenter - d’imposer un héritage économique mélioratif, grâce à la création de 22 000 emplois et 6 milliards d'euros d'investissements saoudiens sur plusieurs années. De quoi soulager le chef de l’Etat alors que les débats électoraux sont dominés par les questions de dette publique et de pouvoir d'achat. D’autant plus que son exécutif devra encore se confronter à une dernière épreuve du feu à la rentrée : faire adopter son budget.
De son côté, l’Américain Bloomberg nuance l’effet de surprise de cette annonce franco-saoudienne. Citant Valérie Pécresse, la présidente d’Île-de-France, le titre rappelle que les équipes de la...
25/08 - Donald Trump surtaxe l’automobile canadienne, Ottawa promet une riposte "dollar pour dollar"Relations glaciales et colère chaude. C’est sur son réseau social Truth Social que Donald Trump a exprimé, lundi 24 août, son courroux à l'encontre du Canada qui n'a pas plié durant leurs négociations commerciales, en fin de semaine dernière. "[Il, ndlr] ne sera plus traité comme un Etat ! Sur le commerce, et pas que, ils font partie des pires nations au monde avec qui traiter. Ils ont le droit, et pourtant, NOUS N’AVONS PAS BESOIN DU CANADA, ILS ONT BESOIN DE NOUS !", a-t-il posté.
Plus précisément, le président américain a annoncé qu'il appliquerait une augmentation de 50 % - contre 25 % actuellement - des droits de douane sur toutes les voitures ou pièces automobiles venues du Canada, à compter du 1er janvier 2027. À noter que les taxes sur les exportations canadiennes d’acier sont déjà établies à ce niveau, et ne devraient pas bouger. Refus canadien
Vendredi 21 août, Donald Trump et son homologue canadien, le Premier ministre Mark Carney, se sont entretenus pour éviter une escalade de la guerre commerciale entre leurs deux nations. Dans le détail, Donald Trump menaçait son homologue de l’application de droits de douane sur un ensemble de marchandises canadiennes d’une valeur de plus de 20 milliards de dollars (soit 17 milliards d'euros). Un moyen pour le président américain d’asseoir son autorité à l’international en vue des élections de mi-mandat en novembre prochain et de rappeler l’influence des Etats-Unis dans le commerce international depuis 1945.
Vendredi, à...
25/08 - Présidentielle 2027 : Raphaël Glucksmann peut-il rattraper Jean-Luc Mélenchon ?Trois fois, Raphaël Glucksmann a prononcé le nom de son adversaire : Jean-Luc Mélenchon. Lors de sa déclaration de candidature, dimanche 23 août sur TF1, il n’a pas seulement dévoilé quelques unes de ses mesures phares. Il a aussi présenté, dit l’un de ses proches, "son offre politique dans un périmètre clair", question existentielle. Lui promet qu’en cas de victoire à la primaire des socialistes, "il n’y aura plus jamais d’accord avec Jean-Luc Mélenchon". Enfin, il enjoint le reste de la gauche à "arrêter d’avoir peur" de l’insoumis. Raphaël Glucksmann a eu beau offrir un record au 20 Heures de TF1 - l'annonce de l'eurodéputé a été suivie par 5,56 millions de téléspectateurs en moyenne, un peu plus que le candidat LFI sur la même chaîne en mai dernier - la réalité des sondages le rattrape le lendemain. Lundi 24 août, Mélenchon, crédité de 16 à 17 % d'intentions de vote au premier tour, se hisse au second tour face à Marine Le Pen dans trois des cinq configurations testées par l’institut Harris interactive-Toluna. Loin devant Glucksmann.Discours moral
Raphaël Glucksmann s’est donné pour mission d’enterrer Jean-Luc Mélenchon. Imaginait-il son némésis voler si haut ? Voilà deux ans que l’eurodéputé oppose, pour ce faire, un discours moral au patriarche de la gauche radicale. "Il est devenu ce mélange de trublion et de clown qui joue avec les pires codes de l’extrême droite française et de l’antisémitisme", affirme-t-il après que Mélenchon a déformé son nom de famille en...
25/08 - "En France, le comex est une pièce de Molière" : les vérités cinglantes de Morald Chibout"On a déjà essayé de me tuer mille fois." Dans un monde de l’entreprise où les prises de parole des dirigeants sur le management sont souvent convenues, le ton de Morald Chibout tranche : direct, le verbe vif mais toujours courtois, comme lors de notre rencontre à l’occasion de la parution, le 26 août, de son nouvel ouvrage Les 7 péchés du management, comment nos entreprises s’autodétruisent (Dunod). L’ex-homme fort d’Henri Proglio puis de Vincent Bolloré, qui a occupé pendant près de trente ans des fonctions de direction générale, raconte l'envers du décor, souvent peu reluisant, du management, notamment dans les entreprises où il est passé – Orange, EDF, Autolib', T-Online, Casino, etc. Le livre est également nourri de témoignages et d'anecdotes d’autres dirigeants et dirigeantes. Déplorant que les ouvrages sur le sujet soient davantage "des manuels de politesse corporative" que le reflet de la réalité du terrain, l'auteur a voulu écrire "un livre sur le management et non de management."
On y retrouve des situations dans lesquelles bien des cadres se reconnaîtront, mais aussi les ressorts invisibles de la vie en entreprise et les clés pour ne plus les subir.
Réunionite, management toxique, comités de direction, ego, mépris du client... Dans un style enlevé, ce fils de parents illettrés d'origine algérienne, l’un des quatorze enfants d’une famille d’un quartier populaire de Châteauroux, que rien ne destinait à côtoyer les sommets du CAC 40, relate des scènes parfois...
25/08 - Comment les Etats-Unis comptent "asphyxier" l’économie iranienneNouvelle offensive américaine contre l'Iran. Elle se nomme l'opération "economic outcast" et a été annoncée par le secrétaire au Trésor des Etats-Unis, Scott Bessent, dans la soirée du lundi 24 août au cours d'une conférence de presse. Le but - nullement caché - de cette campagne : isoler encore davantage l'Iran. La semaine passée, le responsable politique avait déjà donné des indices sur les mesures à venir, précisant que la politique viserait l'"effondrement du régime [NDLR : iranien]".
Au-delà de l'ennemi iranien avec lequel a débuté une guerre en février dernier, Scott Bessent a aussi menacé tous ceux qui ne s'aligneront pas avec la décision américaine. "Qu'il n'y ait pas d'ambiguïté quant à la position des Etats-Unis : tout engagement économique avec ce régime meurtrier, de toutes les natures, exposera les responsables à la pleine portée de la puissance américaine." À bon entendeur.Patience limitée
Les équipes du Département du Trésor ont "cartographié chaque nœud, chaque facilitateur et chaque réseau que l’Iran a utilisé pour faire passer clandestinement du pétrole et échapper aux sanctions". Ce sont plus de 60 entités, individus et navires, un peu partout dans le monde, identifiées comme une aide au régime dans le cadre de la technologie nucléaire, de missiles ou dans l'économie du pétrole, qui seraient visés par des sanctions américaines.
Dans un deuxième temps, des punitions pourraient aussi s'abattre sur des institutions de l'un de ces cinq secteurs : les...
25/08 - Dans la tête de Vincent Bolloré : son nouveau parti politique, sa croisade et son obsessionVincent Bolloré réside à villa Montmorency, sur la butte d’Auteuil, une résidence close, surveillée jour et nuit par des gardiens. Deux hôtels particuliers contigus lui servent de quartier général et d’adresse pour sa principale holding, la Compagnie de l’Odet. Dans la première demeure, son domicile caché derrière une haie de bambous. Ses amis, de l’époque où il recevait à dîner, décrivent une décoration bourgeoise, la bibliothèque abondante, parmi laquelle des manuscrits inédits. Son second hôtel particulier, donnant lui vers le boulevard de Montmorency, abrite ses bureaux. La 11e fortune de France, dont le groupe possède plus de 50 marques dans les médias, l’édition et la communication, y reçoit dans un salon que surplombe, posée sur un piédestal, une statue en plâtre de la Vierge. Regard de ciel finistérien, volubile, péremptoire, et dans les poches images pieuses et médailles miraculeuses qu’il distribue tel un missionnaire du siècle dernier - la conversion des foules, le dada de l’homme d’affaires officiellement retraité. Sur une étagère, une autre Vierge, en plastique celle-ci, contenant de l’eau bénite de Lourdes. Une amie la découvrant se prend à rire, le septuagénaire lui explique "avoir son yacht là-haut", comprendre à côté du bon Dieu. Le paradis, sa ligne de mire en version classe affaires.
Farouchement attaché à son minuscule quartier parisien, il parcourt, à pied, chaque matin, quelques centaines de mètres pour se rendre à la messe au foyer Jean Bosco,...
25/08 - Comment résister à Trump quand on est une "puissance moyenne" : les cinq leçons du CanadaC'est désormais officiellement une "guerre" entre le Canada et les Etats-Unis. Depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, le Premier ministre canadien Mark Carney a cherché à savoir comment répondre aux provocations et aux droits de douane américains. Le 20 janvier, à Davos, il s’est présenté devant le Forum économique mondial avec un discours qui a fait événement. Pendant des décennies, a-t-il expliqué, des pays comme le sien savaient parfaitement que "l’ordre international fondé sur des règles" n’était pas aussi bien rangé que son nom ne le laissait entendre. Les grandes puissances s’accordaient quelques libertés, le droit international variait selon les circonstances et le commerce n’était pas toujours aussi impartial que les communiqués. Mais l’ensemble restait suffisamment prévisible pour que chacun continue à jouer le jeu. Jusqu'à ce que Donald Trump - qui n'est jamais nommé dans le discours - ne change la donne.
Le président américain ne s’en prend pas seulement au Canada, mais aussi volontiers à celui qui le représente. Justin Trudeau, ancien Premier ministre, en avait déjà fait l’expérience : après avoir menacé Ottawa de droits de douane de 25 %, Trump s’était mis à l’appeler "gouverneur Justin Trudeau" et à présenter régulièrement le Canada comme un futur "51e Etat". Avec Mark Carney, le nom change, pas la méthode. Lors de leur première rencontre à la Maison-Blanche, en mai 2025, le Premier ministre a dû préciser que le Canada "n’est pas à vendre et...
25/08 - Vers une "intervention semi-militaire" de la Russie ? Pourquoi Moscou menace d’attaquer des usines britanniquesLes tensions diplomatiques s'aggravent encore entre Londres et Moscou. La Russie n'exclut pas d'attaquer des usines britanniques qui produisent des drones et des composants de missiles pour l'Ukraine après que le Royaume-Uni a accepté de partager les plans du système Storm Shadow avec Kiev. Ces menaces ont été proférées lundi 24 août par Andreï Fedorov, un conseiller influent de Vladimir Poutine, lors de l'émission Newsnight de la BBC.
Comme le relate The Telegraph, l'ex-vice-ministre russe des Affaires étrangères a affirmé que Vladimir Poutine subissait des "pressions" pour "prendre certaines mesures" contre Londres et que "tôt ou tard, il pourrait y avoir non seulement une réaction verbale, mais peut-être aussi une réaction visible de la Russie envers le Royaume-Uni".
Andreï Fedorov n'a pas explicitement indiqué comment Moscou attaquerait. Mais il a suggéré qu'un fabricant de drones ou de composants de missiles Storm Shadow pourrait être la cible d'une cyberattaque menée "non pas par la Russie" mais par des "sources inconnues". "Il pourrait y avoir différentes mesures politiques et je ne peux pas exclure à 100% la possibilité d'une intervention semi-militaire, par exemple", a affirmé à la BBC ce commentateur pro-Kremlin, qui intervient régulièrement à la télévision russe. La vulnérabilité de l'industrie britannique aux cyberattaques perpétrées par des acteurs malveillants a récemment été mise en lumière, le Telegraph avançant samedi que des pirates informatiques liés...
25/08 - Pourquoi l’Arabie saoudite ne paiera jamais pour les parcs d’attractions promis par Emmanuel MacronEmmanuel Macron, Mohammed ben Salmane, Dragon Ball Z et les montagnes russes : ce n’est ni le titre d’un film d’auteur pop, ni celui d’une œuvre littéraire douteuse, mais bien le résumé, précis, de l'"énorme giga projet économique", martèle-t-on à l’Élysée, qui unit officiellement, depuis le 24 août, la France et l’Arabie saoudite.
Révélées par Politico fin juillet, des négociations conduites depuis le printemps 2025 entre le président français et le prince héritier saoudien ont abouti, à l'occasion de la venue de ce dernier à Paris, à la signature d’un accord entérinant la construction, dans le Val-d’Oise, de trois parcs de loisirs, de milliers de logements destinés à leurs salariés et la création de 22 000 emplois. Le tout, intégralement financé par 6 milliards d’euros d’investissements saoudiens. Qu’il est doux de "célébrer ainsi notre attractivité" (source Elysée), "la centralité de la France dans le domaine du tourisme" (source Elysée), le succès "des efforts déployés par le président depuis neuf ans pour assurer notre rayonnement" (source ? Elysée) ; quel esprit bougon pourrait trouver à redire devant une telle déferlante de bonnes nouvelles ?Rabelais aux oubliettes
Un premier nuage, pourtant, obscurcit le ciel de Cergy-Pontoise où doivent prendre vie les grands huit à l’effigie de Son Goku. Selon Le Monde, l’Arabie saoudite n’a pas encore obtenu l’autorisation d’utiliser les personnages et la marque Dragon Ball. Une négociation qui, d’après les sources du...
25/08 - Recrutement externe : comment éviter le syndrome du "Pourquoi pas moi ?""Pourquoi pas moi ?" Cette interrogation, Eric Gras, spécialiste du marché de l’emploi chez Indeed France, l’a souvent entendue. Entre jalousies et incompréhensions, les salariés sont particulièrement attentifs au profil d’un nouvel embauché. Si les cases "métier" et "soft skills" (qualités humaines) sont bien cochées dans la fiche de poste, les collègues, eux, savent vite repérer ce qui manque éventuellement à la nouvelle recrue.
"Cela peut challenger certains employés mais d’autres, qui pensent qu’ils auraient fait l’affaire et auraient pu ainsi progresser dans leur carrière, peuvent se sentir découragés. Ils peuvent même estimer qu’ils ne sont pas considérés alors qu’au même moment, le DRH se dit qu’il a fait venir une compétence pour compléter l’équipe et que c’est génial", décrit Audrey Richard, présidente de l’ANDRH (association nationale des DRH). Un hiatus, malgré des intentions respectables, de part et d’autre. "Je vis au quotidien cette double situation. Recruter en externe, c’est toujours un risque", affirme-t-elle.Gare au mythe du "sauveur"
Ce qui pose problème en premier lieu, c’est quand il n’y a pas de processus de recrutement interne, note Eric Gras. Néanmoins, selon Audrey Richard, de plus en plus d’entreprises optent désormais pour des postes ouverts en interne. Confrontées à l’enjeu de la rétention des talents, elles cherchent aussi à éviter de coûteux processus de recrutement. Cela nécessite de l’énergie, du temps pour les Ressources Humaines, mais...
25/08 - Des visas de travail à plus de 100 000 dollars : Donald Trump relance son projet qui inquiète la Silicon ValleyL'administration Trump revient à la charge. Le président américain relance son projet, retoqué par la justice, d'augmentation du coût des visas H-1B, pourtant essentiels au recrutement de talents étrangers, notamment dans les secteurs de la technologie, de l'éducation et de la recherche. L'administration Trump prévoit ainsi d'imposer des frais de 103 265 dollars aux employeurs qui recherchent des travailleurs étrangers qualifiés par le biais de ce programme, selon un projet de réglementation publié lundi 24 août.
En septembre 2025, le dirigeant issu du Parti républicain avait annoncé imposer 100 000 dollars de frais à toute demande de H-1B. En juin dernier, un juge fédéral a statué que cette taxe était illégale et a interdit à l'administration Trump de la percevoir. Cette décision faisait suite à une action en justice intentée par 20 Etats, menés par la Californie et le Massachusetts. Comme le précise le Washington Post, ce juge a estimé que Donald Trump avait imposé unilatéralement une taxe illégale, contournant le Congrès. ll avait également estimé qu’il n'avait pas tenu compte de l'impact de ses actions sur les secteurs connaissant une pénurie de main-d'œuvre, qui dépendent du programme H-1B pour embaucher des médecins, des infirmières et des enseignants. L'administration Trump a fait appel de cette décision devant la Cour d'appel des Etats-Unis et a demandé sa suspension en attendant l'appel, mais sa demande a été rejetée fin juillet.
Le président Trump a chargé le...
25/08 - Dette : les taux s’envolent et pendant ce temps Bercy brodeLa France excelle dans un nouveau jeu : le cochon pendu. Cochon, comme ces pays méditerranéens que de beaux esprits qualifiaient de PIGS – Portugal, Italy, Greece and Spain – lorsqu’ils affrontaient la crise de leurs dettes souveraines (2010-2012). Désormais, "en zone Euro, la France est le pays qui emprunte aux coûts les plus élevés, avec des taux à 10 ans supérieurs à 4,13 %, devant l’Italie (4,08 %) et loin devant la Grèce (3,95 %), l’Espagne (3,71 %) et le Portugal (3,60 %)", pointe le bulletin d’Euronext daté du 21 août.
Pendu, comme ce nœud coulant qui étrangle chaque jour un peu plus les finances de l’Etat "dont la dette a une maturité moyenne de 8,5 ans et qui doit refinancer désormais à 4,13 % des emprunts souscrits entre 0 % et 1 % il y a 8 à 10 ans."
Sur RTL, David Amiel, le ministre des Comptes publics, a parlé d’un "coup de semonce" observé "dans le monde entier mais aussi malheureusement en France", appelant à un "compromis politique pour éviter le n’importe quoi budgétaire". Formules creuses, censées préserver les arbitrages prochains de Matignon sur le projet de loi de finances.
Mi-juillet pourtant, le même se montrait plus explicite, à défaut d’être convaincant. Questionné à l’Assemblée nationale par Matthias Renault, le député RN de la Somme, le ministre lui avait lancé : "Vous êtes le seul parti qui réussit à contribuer à la charge de la dette... sans gouverner. A chaque fois qu’un sondage vous est favorable, les taux d’intérêt augmentent." On peut...
25/08 - Comment un drone russe entièrement piloté par l’IA a tué trois UkrainiensC'est une première sur le front de la guerre entre la Russie et l'Ukraine et elle est particulièrement inquiétante. En Ukraine, un drone russe entièrement piloté par l'intelligence artificielle (IA) aurait frappé de manière autonome une station-service à Zaporijia, le 6 juillet, tuant trois Ukrainiens. Ce dramatique évènement, raconté en détails par le New York Times (NYT), pourrait constituer le premier cas documenté de civils tués par un drone russe équipé d'un système de ciblage automatique, selon Kateryna Bondar, chercheuse principale au Centre Wadhwani d'IA du Centre d'études stratégiques et internationales de Washington, interrogée par le quotidien américain.
Pour en arriver à cette conclusion, des responsables ukrainiens ont montré des débris de deux de ces drones russes Molniya à des journalistes du New York Times. Le média a photographié le module informatique Nvidia embarqué et a transmis les images à l'entreprise. La puce Nvidia utilisée lors de l'attaque de Zaporijia n'était pas cryptée. Nvidia, qui produit la majorité des puces équipant les systèmes d'IA les plus avancés au monde, a confirmé que les photos montraient un mini-ordinateur embarqué produit par la société, un Jetson Orin. De tels modules, qui ne coûtent que quelques centaines de dollars, ont été retrouvés sur plusieurs types d'armes russes.
Dans un communiqué, l'entreprise a indiqué que le mini-ordinateur était un produit grand public "destiné aux étudiants, aux développeurs et aux start-up pour...
25/08 - Lech Walesa après les accords de Gdansk en 1980 : "Nous avons gagné la première manche, la seconde sera autrement dure"Cet article a été publié pour la première fois dans L'Express du 6 septembre 1980
La fenêtre va-t-elle rester ouverte ? Les ouvriers de la Baltique ont-ils seulement cassé un carreau ? La Pologne n'ose encore respirer le vent de liberté qui balaie le pays. Peur de voir s'envoler l'espoir né le dimanche 31 août, à 16 h 35, aux chantiers navals Lénine de Gdansk. Minute de stupeur : c'est bien la moustache de Lech Walesa qui apparaît sur l'écran des téléviseurs, en direct. Que tient-il à la main ? Un gigantesque crayon à bille, rouge et blanc, orné du portrait de Jean-Paul II : un des gadgets de la visite du Pape dans son pays, en juin 1979. C'est avec cet instrument que Lech va signer la page qu'avec 350 000 grévistes il vient de tourner dans l'Histoire. Sous le regard d'une statue de Lénine entourée de l'aigle polonais et d'un crucifix. Masque austère, costume gris, Mieczyslaw Jagielski, vice-Premier ministre, signe à son tour le document qui, pour la première fois en pays communiste, reconnaît à la classe ouvrière le droit de former un syndicat indépendant autogéré et le droit de grève ; qui réclame aussi la libération des prisonniers politiques et la levée de la censure.
Les questions se bousculent. Les plus inquiètes, d'abord. Le Kremlin va-t-il se contenter de froncer les sourcils ? Jusqu'à quel point tolérera-t-il l'atteinte portée au dogme communiste ? Et si d'autres pays du bloc socialiste sont touchés par l'hérésie polonaise ? Comment l'imaginer impassible au...
25/08 - Dustin Tingley : "Les Etats-Unis peuvent être le leader mondial des énergies propres, à condition de nouer des alliances"L’affaire serait entendue. En fabriquant plus de 80 % des panneaux photovoltaïques aujourd’hui installés dans le monde, la Chine aurait remporté la course à l’énergie solaire. Vouloir la concurrencer sur ce segment serait un combat perdu d'avance. Mais si Pékin semble avoir remporté cette bataille, elle n’a pas encore gagné la guerre des énergies propres. Les Etats-Unis peuvent encore en devenir le leader planétaire, défendent les trois coauteurs d’un article récemment paru dans la revue Foreign Affairs.
Selon Dustin Tingley, titulaire de la chaire Thomas D. Cabot de politiques publiques à l'université de Harvard, et ses deux collègues, Washington pourrait reprendre l’avantage grâce à la géothermie et au nouveau nucléaire. Deux domaines dans lesquels les Etats-Unis disposent d’une forte expertise, et surtout bénéficient du soutien de Donald Trump. A la recherche d’une quantité massive (et si possible décarbonée) d’électricité pour alimenter leurs data centers, les géants de la tech ont aussi tout intérêt à investir dans ces technologies, estime Dustin Tingley. Entretien.
L’Express : Comment les Etats-Unis pourraient-ils encore battre la Chine dans la course aux énergies propres ?
Dustin Tingley : La Chine a fait d’énormes bonds en avant dans la fabrication des panneaux solaires, des batteries ou des véhicules électriques. Mais cela ne représente qu'une partie du portefeuille des énergies propres. Ils sont loin d'être aussi avancés en matière de géothermie ou dans les...
25/08 - Présidentielle 2027 : l’art de la surenchère verbale des modérésLa "rupture", mot magique et maudit de la présidentielle. Cette promesse d'un grand soir au peuple de droite avait porté la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. Las, la révolution ne vint pas et le terme est devenu synonyme de trahison politique. Vingt ans plus tard, les prétendants à l'Elysée du bloc central poursuivent cette surenchère verbale. Gabriel Attal promet de "renverser la table" et de "tout changer". Bruno Le Maire, pas encore sur la ligne de départ, propose une "autre France" et une réinvention de "fond en comble" du modèle français. Édouard Philippe annonce un programme "massif" en vue de 2027, même s'il ne fait pas vibrer la fibre révolutionnare.
L'alternance, ce serait donc eux. Deux anciens Premiers ministres, et l'ex-locataire de Bercy qui ont accompagné dix ans de macronisme. Les éléments de langage sont jumeaux. On doute de leur capacité à tout bousculer ? C'est justement car ils "connaissent le système" (Le Maire) et qu'ils ont de "l'experience" (Attal) qu'ils peuvent tout changer. Les voici tenants d'une radicalité institutionnelle.
Cette emphase n'est pas sans risque. L'histoire l'a montré : elle génère de la déception quand vient l'heure d'exercer le pouvoir. Parfois, avant. Édouard Philippe a qualifié dès 2024 de "massif" un programme pas encore ficelé. "Il met beaucoup de pression sur le projet qu’il prépare, il y a un risque déceptif", notait alors une ministre. L'émetteur parle plus fort que le message
Ce ton est surtout un aveu d'échec de...
25/08 - "Le réchauffement climatique affecte déjà la santé des générations futures" : le cri d’alerte d’une épidémiologisteLes données provisoires des décès liés aux canicules à répétition de l'été commencent à arriver, et elles sont affolantes. Déjà au moins 7 300 morts en France, sans compter la vague de chaleur d'août, 4 500 en Espagne, 14 000 en Allemagne... Les risques du réchauffement climatique pour la santé se matérialisent et il faut se rendre à l'évidence : ils ne se limitent pas à l'installation sous nos latitudes du moustique tigre et des maladies qu'il peut potentiellement transmettre (dengue, chikungunya...).
Non seulement la hausse des températures nous épuise et parfois nous tue, mais ses conséquences pourraient aller encore bien au-delà, jusqu'à affecter les générations futures. Des indices toujours plus nombreux laissent en effet penser que les fœtus exposés à ces fortes chaleurs pendant la grossesse de leur mère pourraient voir leur santé durablement affectée, potentiellement jusqu'à l'âge adulte. Epidémiologiste et spécialiste de l'étude de l'impact des expositions environnementales sur les femmes enceintes et sur leurs enfants à naître, Johanna Lepeule, directrice de recherche à l'Inserm, détaille pour L'Express les données qui inquiètent les scientifiques. Entretien.
L'Express : Le réchauffement climatique actuel a-t-il déjà un effet sur la santé des générations futures ?
Johanna Lepeule : Tout à fait. Le réchauffement implique différentes conséquences : vagues de chaleur, transformations de la végétation, sécheresses, feux de forêt, augmentation de certains...
24/08 - IA et technologies de combat : le Royaume-Uni et l’Ukraine renforcent leur partenariat de défenseLe Royaume-Uni et l'Ukraine renforcent leur coopération dans le domaine de l'intelligence artificielle. Londres a annoncé, lundi 24 août, la signature d'un partenariat avec Kiev visant à développer conjointement des outils d'IA destinés à la défense et à la sécurité. Un accord qui permettra notamment aux chercheurs britanniques d'accéder à une plateforme ukrainienne alimentée par des données recueillies directement sur le champ de bataille.
Le Premier ministre britannique Andy Burnham et le président ukrainien Volodymyr Zelensky ont signé cet accord à Kiev, faisant du Royaume-Uni le premier partenaire international à obtenir un accès à Avengers AI Labs, selon un communiqué du gouvernement britannique. Cette plateforme ukrainienne repose sur une immense base de données comprenant cinq millions d'images annotées provenant du champ de bataille, avait indiqué début août le ministère ukrainien de la Défense. Une grande partie de ces données est issue de DELTA, un système de gestion du champ de bataille et de connaissance de la situation développé en Ukraine.
Les informations sont collectées par des caméras et des capteurs déployés sur le front ukrainien. Elles concernent notamment des chars, des systèmes d’artillerie, des drones et d'autres cibles militaires et servent à entraîner des modèles d'intelligence artificielle.Plus de 100 000 flux vidéo analysés chaque mois
Ces technologies sont déjà utilisées sur le terrain. Selon le ministère ukrainien de la Défense, des modèles...
24/08 - A l’approche des midterms, les démissions s’enchaînent dans l’entourage de Donald TrumpAlors que les élections de mi-mandat se tiendront en novembre et que l'agenda politique américain, tant intérieur qu'extérieur, est on ne peut plus chargé, Donald Trump vient de perdre deux de ses conseillers les plus fidèles. Si de tels départs n'ont rien d'inédit à l'approche des échéances législatives, ils pourraient tout de même handicaper l'administration. Car, depuis le début de son second mandat, le locataire de la Maison-Blanche s'est illustré par sa tendance à s'appuyer sur son cercle proche pour diriger le pays. D'autant plus que ces postes désormais vacants occupent une position particulièrement stratégique à l'approche des élections de mi-mandat qui s'annoncent d’ores et déjà corsées : la cote de popularité du président vient de chuter à 33 %, seuil historiquement bas.La crainte d'une défaite électorale
Le 12 août, la porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, a annoncé son départ de l'institution. Une décision que la très proche conseillère du président a expliqué sur X par la naissance de son deuxième enfant.
Serving as the White House Press Secretary over the past year and a half has been the honor and adventure of a lifetime. I am incredibly grateful to President Trump for granting me so many extraordinary opportunities, such as working in the West Wing and spending countless hours… https://t.co/4jyW61DGGh pic.twitter.com/xny1yccuBn— Karoline Leavitt (@karolineleavitt) August 12, 2026
Quelques jours plus tard, James Braid, conseiller en charge...
24/08 - De leurs bulletins de vote à leur passion pour les air fryers : les Français comme vous ne les avez jamais vusC’est le livre que tous les candidats à la présidentielle doivent potasser, une cartographie de la société française aussi pointilliste que pop. Conçu par des disciples de Jérôme Fourquet et de Roland Barthes, fourmillant de données surprenantes et originales, Nous les Français (Robert Laffont, parution le 27 août) dresse un panorama souvent drôle, parfois inquiétant, toujours original, de nos concitoyens vus à travers leurs habitudes. On passe du vote RN à la pole dance, de l’épargne de précaution à l’achat d’un air fryer (une véritable phobie du gras s’est emparée de ce pays), ou du vélo-cargo au motocross, activité plus politique qu’on ne le pense généralement. Dirigé par Gérald Andrieu, l’ouvrage associe les textes de plumes brillantes (Laure Coromines, Jean-Laurent Cassely, Raphaël Llorca, Franck Dedieu, notre camarade Laureline Dupont, directrice adjointe à L'Express…), et des infographies élaborées par le data-analyste Mathieu Garnier.
Sous des airs d’inventaire à la Prévert avec 100 thèmes illustrés, Nous les Français est traversé par une question cruciale : qu’est-ce qui nous divise et qu'est-ce qui nous réunit encore ? Côté divisions, il y a l’embarras du choix. Prenez la distinction classique entre France des très grandes villes et le reste du pays, ce que le géographe Christophe Guilluy a baptisé "Métropolia" et "Péripheria". Dans les dix zones urbaines les plus importantes, qui regroupent environ 11 millions d’habitants et représentent seulement 1,2% de la...
24/08 - Allemagne : Zollverein, les trois vies d’une géante d’acierUne forêt de poutrelles d'acier, d'immenses bâtiments de briques rouges, des tapis roulants suspendus dans le vide… A Essen, la silhouette du complexe de Zollverein raconte à lui seul l'épopée industrielle de la Ruhr. Les machines se sont tues, mais le site continue d'attirer des milliers de visiteurs venus découvrir l'une des plus étonnantes reconversions patrimoniales d'Europe.
Fondée en 1847 par l’industriel Franz Haniel, exploitée dès 1851, la mine Zollverein devient rapidement un modèle d’efficacité productive en s’adaptant au progrès. Au début du siècle suivant, il ne s’agit plus seulement d’extraire du charbon, mais de le transformer et de le rationaliser à grande échelle. En 1932, la construction du puits d’extraction central XII, conçu par les architectes Fritz Schupp et Martin Kremmer, incarne cette ambition avec ses volumes rigoureux et son monumental chevalement d'acier. Cette architecture moderniste, aujourd'hui emblématique, accompagne celle qu’on surnomme alors "la plus belle mine du monde". Pendant plusieurs décennies, des milliers de mineurs descendent chaque jour sous terre, Zollverein vit au rythme des fours et de la chaleur du coke, son charbon alimentant les aciéries, les usines et les centrales électriques qui font de la Ruhr le moteur économique de l'Allemagne. Mais à partir des années 1960, la concurrence internationale et l'évolution des sources d'énergie précipitent le déclin de la filière. Lorsque l'extraction cesse définitivement en 1986,...
24/08 - Cyberattaques : demain, tous hackés ? La nouvelle bataille de l’identificationLe phénomène touche n’importe qui, même les plus aguerris. Benoît Grünemwald, expert en cybersécurité au sein de l’entreprise Eset, est une victime parmi d’autres d’une fuite de données. Un jour, il est descendu dans le terrier pour le vérifier : sur le "dark Web", là où les hackers se réunissent et fixent le prix de leurs butins. Ce spécialiste des attaques informatiques avait eu vent d’une faille sur un site de réservation de voyages où il avait effectué une transaction. Il y retrouve le numéro de ses billets, le nom des passagers - sa famille -, sa destination, la durée exacte de son séjour, son adresse IP… Et finit par se questionner : y a-t-il beaucoup d’autres informations qui circulent sur son compte, livrées aux plus offrants ?
Sans doute, vu le degré de numérisation de nos vies. A minima des mots de passe, des adresses postales, des numéros de téléphone. Et des éléments plus sensibles encore. Des plateformes comme fuitesinfo.fr ou bonjourlafuite.org recensent quasi quotidiennement les brèches de sociétés privées - Intermarché et SFR rien que cet été - et de services administratifs et gouvernementaux. Une étude de la société de cybersécurité Check Point, datée d’avril 2026, rapporte que ces derniers sont devenus la principale cible, avec pas moins de 2 200 attaques par semaine en moyenne, dans le monde. La France, fortement numérisée, est une victime récurrente. "Nous avons un nouveau service : France Passoire", ironise la sénatrice Nathalie Goulet, dressant la...
24/08 - Missiles longue portée : le plan allemand à 12 milliards contre la RussieL'Allemagne prévoit d’investir près de 12 milliards d'euros dans la constitution d'un nouvel arsenal de missiles longue portée, destiné à dissuader la Russie, selon des documents du ministère allemand de la Défense consultés par Politico. L'objectif : permettre à la Bundeswehr — l’armée allemande — de frapper des cibles situées à plusieurs centaines, voire plusieurs milliers de kilomètres derrière les lignes ennemies, notamment des centres de commandement, des aérodromes, des lanceurs de missiles ou des centres logistiques. Le dispositif est présenté dans les documents internes comme une priorité pour l'Allemagne et l'Otan, qui correspond à la volonté de disposer d’une arme permettant de riposter fermement à une attaque, en restant toutefois "sous le seuil nucléaire".Alliage de missiles à bas prix et Tomahawk longue portée
Le plan doit se déployer en quatre étapes, selon les informations du journal américain. La première prévoit, dès 2027 le déploiement d'un nouveau missile de croisière peu coûteux. Trois candidats seraient actuellement identifiés : l'Anthem de la start-up américano-israélienne Covenant Industries, le BARS, proposé par une entreprise ukrainienne non nommée, et le Flamingo de la société ukrainienne Fire Point. Le gouvernement allemand travaillerait d’ores et déjà sur de grands accords-cadres avec ces entreprises, ce qui permettrait la production en masse des missiles. Une stratégie inspirée directement de la guerre en Ukraine, où l'emploi massif de drones...
24/08 - Les "Phrygiens, ces hauts fonctionnaires qui travaillent en secret pour Jean-Luc MélenchonDiscrètement, ils se sont installés dans les collectivités locales et les ministères. Près de 80 hauts fonctionnaires, organisés sous le nom de "Phrygiens" - référence à la Révolution française - se sont mis au service de Jean-Luc Mélenchon. Leur rôle : assister le septuagénaire dans sa course à l'Elysée, préparer son arrivée au pouvoir et aider son parti à "monter en compétence". Disséminé dans les plus hautes sphères de l'Etat, ce réseau chapeauté par Clémence Guetté, cadre de La France insoumise et vice-présidente de l'Assemblée nationale, est chargé de produire des notes, des rapports et des études pour aider le parti dans sa campagne, révèle franceinfo. Un soutien d'autant plus précieux pour le quadruple candidat qui s'est souvent vu reprocher par ses opposants le manque de crédibilité de certains aspects de son programme, l'Avenir en commun, en particulier sur le volet économique. Un réseau ultra-confidentiel
Toutefois, si ce genre de réseau n'a rien d'inédit - le RN s'est doté d'un groupe d'alliés institutionnels similaire, baptisé Horace - les "Phrygiens" mélenchonistes œuvrent dans l'ombre. Depuis mai 2026, ils se dissimulent. "Pour ne pas mettre en danger nos carrières", justifie l'animateur du groupe, assurant qu'il persiste "une forme d'hostilité vis-à-vis de LFI dans la haute fonction publique".
Aussi, pour garantir cette confidentialité, leurs échanges s'organisent sur le réseau social crypté Telegram. Sinon, les "Phrygiens" se rencontrent en présentiel,...
24/08 - Le bunker secret de la Maison-Blanche qui fragilise la version officielle de Donald TrumpDepuis des mois, Donald Trump s’échine à défendre la construction d’une immense salle de bal à la Maison-Blanche dotée d'un sous-sol militaire, au nom de la sécurité nationale : celle-ci serait la seule installation sécurisée, selon lui, à pouvoir protéger les futurs présidents en cas d’attaque. Peine perdue : selon une enquête du Washington Post publiée dimanche 23 août, le complexe présidentiel dispose déjà d’une installation souterraine hautement renforcée. Un bunker, construit en secret après les attentats du 11-Septembre et finalisé sous la présidence Obama, ont confié au quotidien américain trois anciens responsables fédéraux, sous couvert d’anonymat. Enfoui à environ 18 mètres sous la Maison-Blanche, il pourrait accueillir, selon eux, plusieurs dizaines de personnes pendant au moins plusieurs semaines, et a été conçu pour résister à une explosion nucléaire.
L'existence de bunker secret avait déjà été évoquée par le journaliste Ronald Kessler dans un livre publié en 2018, mais jamais confirmé par la présidence américaine ou d’autres sources. Pourtant selon le Washington Post, cette installation dispose déjà de nombreuses caractéristiques que l’administration Trump invoque aujourd’hui pour justifier son nouveau complexe. Le site est profondément enterré dans le socle rocheux de Washington, accessible par un ascenseur privé et conçu pour protéger le président contre un large éventail de menaces, notamment les armes de destruction massive. Dans son livre, Ronald...
24/08 - Guerre en Ukraine : Vladimir Poutine a déjà perdu ! Par Eric Chol"Il y a 35 ans, l'Ukraine n'est pas née : elle a rétabli son indépendance et a reconquis la liberté de déterminer son propre avenir. Aujourd'hui, la Russie tente de nous priver de ce droit, mais cette lutte n'a fait que nous renforcer et a révélé plus clairement encore qui nous sommes : un État européen moderne, créatif et technologique, sans lequel il est impossible d'imaginer l'avenir d'une Europe forte et prospère. L'Ukraine s'affirme comme l'un des piliers incontournables de la nouvelle architecture européenne. Poutine a déjà perdu, et le monde entier le comprend, à l'exception de Poutine lui-même."
Ces mots de Vadym Omelchenko, l’ambassadeur d’Ukraine en France, à l’occasion de la fête nationale de son pays, ce 24 août, sont remplis d’espoir. Quatre ans et demi après le début de l’agression russe, l’Ukraine est toujours debout. Bombardée, occupée. Martyrisée par des attaques quotidiennes. Vendredi 21 août, l’ignominie russe a franchi un nouveau cap, avec cette double frappe à Kryvyï Rig, la ville natale du président Zelensky, faisant au moins 16 morts et 130 blessés, dans un enchevêtrement de tôles et de gravats éparpillés.
Les Ukrainiens enterrent leurs morts, et leur détermination force le respect. Oui, Poutine a déjà perdu cette guerre même si les appels à l’aide de Volodymyr Zelensky résonnent encore trop souvent dans le vide. Certes, depuis l’humiliation subie par le président ukrainien dans le bureau Ovale de la Maison-Blanche en février 2025, Donald Trump...
24/08 - En Iran, les appels à mettre fin à la guerre se heurtent aux faucons du régimeAu sommet du pouvoir iranien, les appels à mettre fin à la guerre avec les Etats-Unis se multiplient, sur fond de crise économique et d’impasse diplomatique. Vendredi 21 août, le président Masoud Pezeshkian a estimé qu’il valait mieux mettre fin au conflit pendant que l’Iran se trouve encore en position de "force et de dignité". Dimanche, lors de deux interventions à Téhéran, il a intensifié son message : l’Iran "ne peut pas continuer la guerre éternellement" et doit prendre une décision pour sortir de la situation de "ni guerre ni paix”, a-t-il insisté.
Il a également défendu le mémorandum d’entente conclu avec les Etats-Unis en juin, affirmant que tous les responsables directement impliqués dans les négociations l’avaient considéré comme la meilleure voie possible. "En mettant en œuvre ce mémorandum, nous pouvons résoudre les problèmes avec logique et dignité", a-t-il déclaré, selon l’agence officielle IRNA. L’accord s’est toutefois effondré le mois dernier.La pression économique américaine pèse sur la population
Pour défendre cette route de sortie du conflit, le président iranien — deuxième personnage le plus important du régime islamique après le Guide suprême — met notamment en avant le coût économique de la poursuite de la guerre. Ce dimanche, il a appelé le reste du pouvoir à "être aux côtés du peuple", en avertissant que même la plus grande puissance militaire ne suffirait pas si les Iraniens ne pouvaient plus vivre dignement. Et en assurant que son...
24/08 - Livres à découvrir : l’Arctique en majesté avec Olivier Truc et Claudie GallayOn se souvient de l’immense succès des Guerriers de l’hiver d’Olivier Norek, prix Jean Giono 2024 (près de 550 000 exemplaires tous formats confondus) consacré à la guerre soviético-finlandaise du 30 novembre 1939 au 13 mars 1940. C’est à un pays limitrophe, la Suède, toujours aux confins de l’Arctique, que s’attaque aujourd’hui un autre grand du polar, Olivier Truc, signataire de Base Toundra (Métailié, sortie le 4 septembre). Avec cette même capacité à relater le froid et les conditions extrêmes de ces contrées inhospitalières, notamment en temps de guerre.
1939, alors que l’Europe s’embrase, le royaume de Gustave V se déclare neutre. Une neutralité toute relative comme va le découvrir le capitaine Stig Blumfors, envoyé sur un petit aérodrome militaire du fin fond de la Laponie mis au secret. Et comme va aussi l’apprendre le parachutiste français Guy Puech dont la compagnie vient effectuer des exercices en février 2023, sous le regard acéré de Maria-Pia Tedelius du régiment de dragons du Norrland, alors que la Suède a demandé son adhésion à l’Otan.
Olivier Truc joue habilement de cette double temporalité, aussi instructive sur les compromissions pronazies suédoises d’hier que sur les actuelles exactions de la Russie de Poutine. D’un chapitre à l’autre, on navigue ainsi entre les manœuvres en faveur de l’Allemagne du major Dager Trulsson, chef de Base Toundra et grand admirateur de "l’as de la guerre" Hermann Göring, et les embûches à l’adhésion à l’Otan...
24/08 - Présidentielle 2027 : Raphaël Glucksmann face à lui-mêmeVous voyez bien que vous voyez mal. Non, Raphaël Glucksmann n’est pas encore candidat à l’élection présidentielle. Il l’est certes beaucoup plus qu’hier, en déclarant dimanche 23 août sur TF1 : "Je suis candidat à la présidentielle, pour la gagner, pour changer la France". Le candidat Place Publique promet ainsi "un plan de sauvetage de l’école publique sur cinq ans", l’augmentation de la "rémunération des travailleurs en taxant les 1 % d’héritages les plus gros". Il veut aussi être le "président de l’urgence écologique".
Mais cet exercice de performativité, lesté de la solennité d’un 20 Heures dominical, n’y fera rien. Il est candidat, pour l’heure, à la primaire socialiste à l’automne : il affrontera les députés socialistes Jérôme Guedj et Philippe Brun, déjà déclarés, peut-être Ségolène Royal, et probablement son meilleur ennemi, le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure. "Si, à la rentrée de septembre, tu es à 15 % dans les sondages, l’affaire est pliée", lui promettaient quelques socialistes avant l’été. Sa participation à la compétition interne raconte également sa difficulté à bâtir un discours autonome et fort, susceptible de rallier gratuitement les socialistes.
Là réside alors le problème de Raphaël Glucksmann. Retrouver l’oreille des Français après une précampagne laissée en friche à l’été, rattrapé par ces questions boutiquières qui l’ont souvent agacé. "Je suis contre la primaire, car quelques milliers de personnes dicteront la position de la...
24/08 - "Ma défaite m’a permis de me construire" : Christophe Castaner, le pari politique qui a changé sa carrièrePour cet épisode d'Anatomie d'une décision, Christophe Castaner, ancien ministre de l'Intérieur, revient sur un épisode marquant de son ancienne vie de socialiste : le jour où il s'est retiré de la course aux élections régionales en Paca pour éviter la victoire de l'extrême droite. Un sacrifice au nom du front républicain.
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L'Express : Nous sommes le 6 décembre 2015, il est 20 heures, les résultats viennent de tomber en Paca et celle que l'on appelait encore Marion Maréchal-Le Pen arrive en tête du premier tour avec 40 % des voix. Vous êtes troisième derrière Christian Estrosi (LR) : racontez-nous votre état d'esprit à cet instant ?
Christophe Castaner : Il y a toujours deux dimensions, dans toutes les décisions. La première dimension est celle du raisonnement. Et puis il y a l'émotion. L'émotion qui se cumule à la fatigue, parce qu'une campagne électorale, surtout pour une élection régionale, c'est épuisant. C'est donc dans cette pression, dans cette émotion-là, que vous devez prendre la décision. Ayez en tête que moi, dès le vendredi, c'est-à-dire le 4 décembre, j'avais déjà réuni l'ensemble des têtes de liste départementales, l'ensemble des partenaires politiques de ma liste, et je leur ai dit : "Bon, ça fait 17 sondages où on est autour de 17 % - comme ça c'était facile à retenir... -, il y a donc assez...
24/08 - Chine-Taïwan, la guerre des puces : comment Pékin tente de piller les secrets du géant TSMCSituée dans le parc scientifique de Hsinchu, la Silicon Valley taïwanaise, à une trentaine de minutes en train à grande vitesse au sud-ouest de la capitale Taipei, le site s'apparente à une forteresse. Devant la façade ornée du sigle rouge "TSMC", des caméras et des gardes scrutent les passants. Seuls les employés et les fournisseurs peuvent franchir les enceintes du bâtiment, qui héberge à la fois le siège social et l'une des usines du leader mondial des semi-conducteurs. A l’intérieur le contrôle est strict. Les salariés ne peuvent utiliser que les téléphones portables fournis par l’entreprise. Et les documents papier ont un marquage magnétique pour éviter qu'ils ne sortent clandestinement.
Il faut dire que le groupe, qui pèse plus de 40 % de l'indice phare de la Bourse de Taïwan, détient un précieux secret : la recette des puces les plus sophistiquées de la planète. Ces composants équipent les téléphones et ordinateurs haut de gamme, les processeurs pour centres de données ou encore des matériels militaires, mais ils sont surtout devenus essentiels au développement de l’intelligence artificielle. TSMC fabrique notamment les puces IA conçues par l’américain Nvidia.Restrictions d'exportations vers la Chine
Petit pays de 23 millions d'habitants, Taïwan se retrouve donc au cœur de la bataille technologique entre les Etats-Unis et la Chine, centrée autour de l'IA. Sous la menace d'une invasion par la Chine (qui considère l'île comme l'une de ses provinces), Taïwan a...
23/08 - La fin de la lecture est proche, et ce sera un tournant civilisationnelIl y a deux mille trois cents ans, selon la légende, le roi Ptolémée Ier d’Égypte demanda à son conseiller de constituer une collection exhaustive des œuvres écrites du monde entier. Ptolémée, qui avait servi sous Alexandre le Grand, envisageait une bibliothèque qui préserverait la somme totale des connaissances de l’humanité. Ses successeurs héritèrent de cette mission. Les forces royales fouillaient chaque navire arrivant à Alexandrie, à la recherche de rouleaux. Ceux-ci étaient conservés au Mouseîon, un sanctuaire dédié aux Muses inspiré du Lycée d’Aristote. La collection personnelle d’Aristote aurait d’ailleurs figuré parmi ces fonds.
Une grande partie de l’histoire de la bibliothèque d’Alexandrie a été perdue. Mais nous savons qu’elle fut le théâtre de réalisations intellectuelles parmi les plus grandes du monde prémoderne. Le roi rémunérait des érudits pour qu’ils vivent et travaillent à la bibliothèque, et la collection était accessible à toute personne "avide d’étudier, ce qui encourageait toute la ville à acquérir la sagesse", écrivit un rhéteur grec de passage. C’est à la bibliothèque d'Alexandrie qu’Ératosthène calcula la circonférence de la Terre et que Zénodote édita les plus anciens manuscrits des épopées d’Homère. Euclide, auteur des Éléments de géométrie, y a peut-être étudié.
Cette période d’épanouissement intellectuel ne devait pas durer. En 400 de notre ère, la bibliothèque avait disparu. De nombreux chercheurs considèrent sa destruction comme la plus...
23/08 - Ukraine : Volodymyr Zelensky met en garde contre des élections en temps de guerre, qui "détruiraient" le paysOrganiser des élections en temps de guerre en Ukraine alors que les combats contre la Russie se poursuivent "détruirait" le pays en divisant les Ukrainiens, a déclaré le président Volodymyr Zelensky. Ces propos, communiqués aux journalistes dimanche, sont les premiers du président ukrainien sur le sujet depuis que l’ancien ministre de la Défense démis de ses fonctions, Mykhailo Fedorov, a appelé à la tenue d’un scrutin en temps de guerre lors d’un discours fracassant la semaine dernière.
Le limogeage surprise de Mykhailo Fedorov le mois dernier avait déclenché des manifestations généralisées, mais ses partisans, qui réclamaient sa réintégration, ont par la suite rejeté son appel en faveur d’élections – la première demande de ce type formulée par une personnalité politique ukrainienne de premier plan depuis que la Russie a lancé son invasion à grande échelle en 2022. "Je pense que si nous voulons détruire le pays, alors nous pouvons nous diriger vers des élections en pleine guerre", a déclaré Volodymyr Zelensky.
La loi ukrainienne interdit la tenue d’élections en temps de guerre. Les analystes soulignent également que les problèmes de sécurité et la présence de millions d’Ukrainiens à l’étranger, sous occupation russe ou combattant au front, rendraient l’organisation d’un scrutin trop difficile.Des Ukrainiens peu enclins à voter pour le moment
La cote de popularité de Zelensky est restée globalement stable, autour de 60 %, mais les instituts de sondage indiquent que, si...
23/08 - Mohammed ben Salmane à Paris : le retour en grâce d’un partenaire devenu incontournableIl y a quatre ans, sa venue à Paris avait encore provoqué une tempête politique. Ce dimanche 23 août, Mohammed ben Salmane revient en France dans un tout autre climat. Le prince héritier d’Arabie saoudite, dirigeant de fait du royaume, est reçu jusqu’à lundi par Emmanuel Macron pour une visite officielle destinée à renforcer des relations franco-saoudiennes désormais présentées comme stratégiques. Une nouvelle étape dans la spectaculaire réhabilitation internationale de celui que l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi avait un temps transformé en paria.
La visite débutera dimanche soir par la cérémonie de clôture de l’Esports World Cup, organisée à l’Accor Arena. Un symbole loin d’être anodin : la compétition, activement soutenue par Riyad, se déroule pour la première fois hors d’Arabie saoudite. Le royaume a largement investi ces dernières années dans le sport et le divertissement afin de diversifier son économie et de transformer son image. La France, elle, espère profiter de cette manne : l’organisation de l’événement à Paris représente un investissement saoudien de quelque 250 millions d’euros, selon Le Monde.
Mais l’essentiel des discussions se jouera lundi. Emmanuel Macron et Mohammed ben Salmane présideront pour la première fois le Conseil de partenariat stratégique franco-saoudien, créé lors de la visite du président français à Riyad en décembre 2024. Plusieurs accords doivent être conclus dans les transports, la santé ou encore l’énergie. Paris souhaite...
23/08 - Etats-Unis : Donald Trump accentue la pression sur ses détracteurs et réclame cinq milliards de dollars à un think tankDonald Trump ouvre un nouveau front contre ses détracteurs. Le président américain menace le Center for American Progress (CAP), l’un des principaux think tanks progressistes de Washington, d’une plainte en diffamation réclamant cinq milliards de dollars. En cause : un rapport publié en juillet qui conteste l’efficacité des déploiements de la Garde nationale décidés par la Maison-Blanche dans plusieurs grandes villes américaines.
Dans une lettre adressée lundi à la présidente du CAP, Neera Tanden, une responsable démocrate de longue date qui a notamment été conseillère principale du président Joe Biden, l’avocat personnel de Donald Trump, Alejandro Brito, exige le retrait du document, des excuses publiques et une compensation financière. À défaut, prévient-il, le chef de l’État saisira la justice.
Le rapport visé estime qu’il n’existe "aucune preuve" permettant d’attribuer aux militaires la baisse de la criminalité violente observée aux États-Unis. Ses auteurs ont analysé les données sur les homicides et les violences à Washington, Los Angeles et Memphis entre janvier 2023 et février 2026. Ils évaluent également le coût des déploiements à plus de 1,7 milliard de dollars s’ils se poursuivent jusqu’à la fin de l’année.Des atteintes à la liberté d'expression
Face à la menace d'un procès, le CAP refuse de céder. Neera Tanden assure que les conclusions reposent sur une analyse rigoureuse des données disponibles et dénonce une tentative de faire taire une organisation...
23/08 - Le Vatican investit 100 millions d’euros sur le solaire pour devenir autonome en électricitéLe plus petit État du monde veut faire un grand pas vers l’autonomie énergétique. Le Vatican prépare la construction, près de Rome, d’une vaste centrale agrivoltaïque destinée à couvrir l’ensemble de ses besoins en électricité grâce à une production renouvelable, ont déclaré samedi 22 août des sources impliquées dans les discussions sur le projet à l’agence Reuters. D’un coût estimé à 100 millions d’euros, l’installation pourrait atteindre une puissance de 80 à 90 mégawatts et entrer en service d’ici dix-huit à vingt-quatre mois.
La centrale doit voir le jour à Santa Maria di Galeria, une propriété extraterritoriale du Saint-Siège située au nord-ouest de Rome, où sont installées depuis les années 1950 les infrastructures de transmission de Radio Vatican. Sur les quelque 450 hectares du domaine, environ 200 seraient occupés par des panneaux solaires dotés de systèmes de suivi du soleil. Contrairement à une centrale photovoltaïque classique, ceux-ci seront surélevés afin de permettre le maintien de cultures ou d’activités agricoles sous les structures.Rendre le Vatican autosuffisant
C’est tout le principe de l’agrivoltaïsme : faire cohabiter, sur une même parcelle, production d’électricité et agriculture. L’ombre créée par les panneaux peut notamment limiter l’évaporation de l’eau et protéger certaines cultures contre les épisodes de chaleur extrême. À Santa Maria di Galeria, le dispositif doit d’abord alimenter le centre de Radio Vatican, puis contribuer à rendre la...
23/08 - Rentrée littéraire : de Boris Bergmann à Elizabeth Strout, nos dix coups de cœurComment s’y repérer dans les 461 titres de la rentrée ? Nous avons déjà parlé de quelques stars, telle Amélie Nothomb. Place à d’autres auteurs, certains confirmés (Camille Pascal), d’autres encore jeunes (Boris Bergmann, David Djaïz ou Esther Teillard), dont les livres nous ont particulièrement plu. Minotaure, de Boris Bergmann
Un labyrinthe filial
Vous en avez soupé des livres sur les pères et les mères (la tendance lourde des dernières années) ? Ne jetez surtout pas le bébé avec l’eau du bain : dans Minotaure, Boris Bergmann parvient à renouveler le genre avec une originalité, une énergie et une grâce peu communes. Son histoire ? En 1992, il naît sans père. Sa mère, qui travaille pour l’association Aides, le fait grandir au milieu de ses copains, parfois malades du sida – ceux que Bergmann appelle avec affection ses "pères pédés". Mais un jour, à 22 ans, il n’en peut plus : il veut confronter celui qui a abandonné sa mère quand elle était enceinte, un homme marié qui, incroyablement, est… le psy de la famille.
Minotaure est un récit autobiographique saisissant. Son géniteur étant pris de panique à l’idée qu’un enfant illégitime fasse exploser sa vie bourgeoise, Bergmann décide de jouer avec lui. Par sa compagne de l’époque, il rencontre l’homme politique et avocat Francis Szpiner, qui va se charger de sa défense – Szpiner est, dans le livre, un personnage burlesque absolument génial. La veulerie du père, qui s’estime victime d’un viol à l’envers (il n’avait pas...
23/08 - Aux Etats-Unis, ce candidat anti-immigration rattrapé par les pratiques de son entrepriseIl avait fait de la fermeté en matière de politique migratoire l'un des piliers de sa campagne. Mais quelques semaines plus tard, une entreprise de son propre groupe acceptait de verser 3 millions de dollars pour mettre fin à une procédure judiciaire concernant plus de 5 000 travailleurs immigrés qu’elle employait ou avait employés. Le milliardaire républicain Rick Jackson, candidat au poste de gouverneur de Géorgie, se retrouve confronté aux contradictions entre son programme politique et les pratiques de son groupe en coulisses, révèle CNN.
Au cœur de l’affaire : "Avant Healthcare Professionals", une société spécialisée dans le recrutement d’infirmières étrangères, rachetée en 2018 par Jackson Healthcare, le groupe fondé par Rick Jackson. Des infirmières employées par l’entreprise l’accusaient de leur imposer des contrats extrêmement contraignants, assortis de lourdes pénalités financières en cas de départ.Des accusations d'exploitation
Le média américain relate le parcours de Latoya Lewis et Lucinda Byron, deux infirmières venues des Caraïbes. Arrivées aux États-Unis grâce à la société Avant, elles affirmaient avoir découvert des conditions très éloignées du "rêve américain" mis en avant par l’entreprise : rémunérations inférieures à celles de collègues directement employés par les hôpitaux, possibilités limitées de prendre des congés ou de progresser professionnellement, et surtout lourdes pénalités financières en cas de départ.
Lorsque Lucinda Byron a voulu quitter...
23/08 - L’IA va-t-elle enrichir les Etats-Unis ? Pourquoi le miracle économique n’a pas encore eu lieu"L’argent n’aura plus d'importance en 2036." Les mots d’Elon Musk sont du miel aux oreilles de ceux, parmi les Américains, qui peinent à boucler leurs fins de mois. L’intelligence artificielle va secouer leur économie, assure l’entrepreneur star dans une longue interview accordée à The Economist. Elle va tant réduire les coûts de production que les citoyens pourront s'offrir, demain, tout ce dont ils rêvent. L'abondance à portée de main.
Près de quatre ans après le lancement de ChatGPT, les Etats-Unis exhibent une santé économique de fer. "Les dépenses dans l’IA ont stimulé les marchés boursiers et la richesse des ménages", observe Olu Sonola, responsable de l’économie américaine chez Fitch Ratings. Le S&P 500 a bondi de 90 % depuis le lancement du chatbot d’OpenAI. Et malgré un contexte international tendu, le pays affiche au premier trimestre 2026 une croissance de 2,1 % en rythme annualisé.
Donald Trump peut remercier l’IA. "Grace à elle, Washington n’a pas eu besoin de mener une politique de relance", confie Christopher Dembik, conseiller en stratégie d'investissement chez Pictet AM. Pourtant, lorsqu'on resserre la focale, les grains de sable susceptibles d'enrayer cette puissante machine sautent aux yeux.
La course à la construction de data centers rend certains composants électroniques de plus en plus difficiles à trouver, notamment les puces mémoire. Ce qui se répercute sur les prix : Apple a augmenté de 20 % le tarif de ses MacBook et iPad, Nintendo de 10...
23/08 - Nombre d’enfants par enseignant : comment la France est devenue le mauvais élève européenEn septembre, 1,8 million d'enseignants européens vont retrouver les bancs de l'école, mais tous n'auront pas le même nombre d'élèves face à eux. En moyenne, un instituteur au sein de l'Union européenne aura 13,3 enfants sous sa supervision d'après Eurostat, un chiffre qui varie grandement d'un pays à l'autre : de 18,2 en Roumanie à 7,4 en Grèce. Toutes les études pointent l'importance de ce taux d'encadrement des élèves pour leur réussite scolaire et le maintien de leur attention.
A ce titre, la France fait figure de mauvaise élève du continent, avec un ratio de 17,9 enfants par enseignant en 2024 selon les statistiques européennes. Le gouvernement a pourtant fait des efforts sur le sujet ces dernières années, avec notamment le dédoublement des classes de CP et CE1 dans les zones difficiles depuis 2017. Mais la pénurie d'enseignants, qui concerne toute l'Europe, reste particulièrement forte en France. Nos voisins aussi doivent adapter leurs classes aux nouvelles réalités, entre contraintes budgétaires et développement du numérique.Luxembourg : la rémunération, nerf de la bataille scolaire
Avec 8,2 élèves par enseignant, le Grand-Duché possède l'un des meilleurs taux d'encadrement en Europe et ne connaît pas de crise de vocation chez ses instituteurs. Pour une raison simple : des rémunérations parmi les plus élevées au monde. Avec un salaire de départ estimé à plus de 80 000 euros annuels, le Luxembourg permet aux jeunes diplômés de privilégier le secteur de...
23/08 - Fifa contre UEFA, les secrets d’une diplomatie européenne qui réussit : "Ils passent pour les chevaliers blancs du foot"Un premier boycott passé presque inaperçu. Le 19 juillet, soir de la finale de la Coupe du monde, le président de l'UEFA, Aleksander Ceferin, brille par son absence au MetLife Stadium, près de New York. Depuis les tribunes, le patron du foot européen aurait pourtant pu applaudir le triomphe d'une de ses fédérations, l'Espagne, après une âpre bataille contre l'Argentine. Mais en coulisses ce jour-là, une véritable guerre couve : celle pour la gouvernance du football mondial.
Le Mondial 2026 a été le plus rentable — 15 milliards de dollars de revenus pour la Fifa — mais aussi le plus politique de l'histoire. Supporters, arbitre ou joueurs privés de visas, polémiques sur les prix des places, pauses fraîcheurs très commerciales pendant les matchs, immiscion de la guerre entre les Etats-Unis et l'Iran, carton rouge annulé à la demande de Donald Trump… Au cœur des critiques de la presse et des fans, le tout-puissant président de la Fifa, Gianni Infantino. Une soif de pouvoir qui a poussé l'UEFA à agir
Au coup de sifflet final, l'Italo-Suisse prend la peine de dribbler les mécontents, il savoure quand Trump parle de "l'événement le plus réussi de l'histoire de l'humanité" et évoque, déjà, une Coupe du monde élargie à 64 pays dès 2030. Encore plus de matchs, encore plus de bénéfices. Après tout, le dirigeant n'a reçu que peu de critiques de ses électeurs, les 211 fédérations membres de la Fifa, et peut se projeter vers une réélection sans opposition en mars prochain. "Le...
22/08 - Guerre en Ukraine : Kiev demande à Elon Musk l’accès à Starlink pour frapper la RussieKiev souhaite contre-attaquer. L’Ukraine cherche à obtenir l’autorisation d’utiliser Starlink sur ses drones d’attaque pour frapper des cibles stratégiques jusqu’à 200 kilomètres à l’intérieur du territoire russe, rapporte le Financial Times. La demande, qui nécessiterait l’accord d’Elon Musk, intervient alors que Kiev manque de missiles intercepteurs pour faire face à l’intensification des frappes russes.
Selon des sources proches du dossier, Volodymyr Zelensky a abordé le sujet avec Donald Trump lors de leur rencontre à la Maison Blanche en juillet. Le président ukrainien aurait demandé à son homologue américain d’intercéder auprès d’Elon Musk afin d’obtenir l’autorisation d’utiliser le réseau satellitaire de SpaceX au-delà des frontières ukrainiennes. L’objectif serait notamment de pouvoir viser des lanceurs de missiles balistiques russes, mais aussi des systèmes de commandement et d’autres cibles stratégiques.
La portée envisagée, jusqu’à 200 kilomètres en territoire russe, permettrait aux drones concernés d’atteindre des infrastructures situées loin de la frontière. Les drones équipés de Starlink peuvent maintenir des liaisons plus robustes avec leurs opérateurs sur de longues distances que les communications radio classiques et sont moins vulnérables au brouillage ordinaire. La technologie est déjà largement utilisée par les forces ukrainiennes, souligne le Financial Times. À la Maison-Blanche, Donald Trump serait toutefois resté évasif et ne semblait pas favorable...
22/08 - Ukraine : Emmanuel Macron promet l’envoi de missiles intercepteurs à Kiev après la frappe meurtrière de Kryvyi RihEmmanuel Macron a exprimé samedi son "horreur" et son "émotion" et promis l'envoi de missiles intercepteurs à l'Ukraine au lendemain de la double frappe russe qui a fait 16 morts à Kryvyi Rih, dans le sud du pays. "J'ai annoncé au président Zelensky le renforcement de notre soutien, avec l'envoi d'intercepteurs et la poursuite de notre coopération", a-t-il déclaré dans un message sur X en rendant compte d'un entretien téléphonique avec son homologue ukrainien. Cette coopération s'inscrit "dans le droit fil de la réunion de lancement de la Coalition antibalistique qui s'est tenue à Paris le 13 juillet dernier et de la déclaration d'intention signée le 17 novembre 2025", a ajouté Emmanuel Macron.
L'Ukraine et ses principaux alliés occidentaux ont annoncé le 13 juillet la création d'une coalition de défense aérienne, qui prévoit notamment le développement conjoint d'un nouveau système antimissile destiné à constituer une alternative moins coûteuse aux Patriot américains, dont Kiev manque cruellement face aux missiles balistiques russes. La France et l'Ukraine avaient réaffirmé le 17 novembre 2025 leur intention de coopérer pour accélérer l'équipement des forces armées ukrainiennes.
"En visant systématiquement des civils, et en faisant le choix de l'intimidation et de l'escalade, la Russie cherche probablement à projeter la force mais signe surtout un aveu de faiblesse. Il est crucial, dans ce contexte, de donner à l'Ukraine tous les moyens nécessaires pour défendre son ciel...
22/08 - Détroit de Béring : ce corridor "oublié" qui pourrait devenir hautement stratégiqueLa crise d'Ormuz l'a bien montré, les détroits jouent un rôle vital dans le commerce mondial. De Malacca à Béring, en passant par le Bosphore, L'Express vous invite à un voyage dans ces lieux emblématiques, où se joue l'avenir du monde.
EPISODE 1 - Détroit de Taïwan : le passage maritime qui pourrait faire vaciller le monde
EPISODE 2 - Bosphore - Dardanelles : les détroits turcs, ce double verrou stratégique face à la Russie
EPISODE 3 - Piraterie, contrebande et désastre écologique : le détroit de Malacca, talon d'Achille de l'ogre chinois
EPISODE 4 - Bloquer le détroit de Bab-el-Mandeb ? Le scénario cauchemardesque pour l'économie mondiale
EPISODE 5 - Détroit de Kertch : le point de passage que Poutine ne veut perdre à aucun prix
Au cœur de l’été, une photo exhibée par Donald Trump aura réussi à redonner des sueurs froides aux chancelleries européennes. On y aperçoit le président américain en pleine discussion dans le bureau Ovale avec le président français Emmanuel Macron, le chancelier allemand Friedrich Merz et la Première ministre italienne Giorgia Meloni. Au fond de la pièce, une carte représente le Groenland sous bannière américaine. Cette image retouchée par IA et publiée mi-juillet sur son réseau Truth Social, rappelle que le locataire de la Maison-Blanche est loin d’avoir tiré un trait sur son projet d’annexion de cette grande île arctique appartenant à la couronne danoise. "Le Groenland est très important pour les États-Unis", avait-il répété quelques...
22/08 - Incendies en Europe : les surfaces brûlées pourraient presque tripler d’ici 2100Cet été, les points rouges se sont multipliés sur la carte de l’Europe. Alors que les incendies de forêt ont déjà ravagé des centaines de milliers d’hectares, le phénomène pourrait encore prendre de l’ampleur : les surfaces brûlées pourraient augmenter de 39 % d’ici la fin du siècle, même dans le scénario climatique le plus favorable. C’est ce que révèle une étude consacrée à l’évolution du risque d’incendie et aux moyens de le contenir, reprise notamment par le Guardian. Dans le scénario le plus pessimiste, avec un réchauffement mondial de 3,6 °C par rapport à l’ère préindustrielle, la superficie brûlée pourrait presque tripler.
L'étude a été menée par le Potsdam Institute for Climate Impact Research (PIK), avec la contribution de chercheurs de la Senckenberg Society for Nature Research, l’étude compare les surfaces annuelles brûlées modélisées pour 2000-2030 avec les projections pour 2070-2100. Leur principal constat est que l’aggravation des conditions météorologiques favorables aux incendies - chaleur, sécheresse et vents - constitue le premier facteur d’augmentation. Ces conditions rendent plus probable la transformation d’un départ de feu en incendie incontrôlable.
Dans le scénario le plus favorable, le réchauffement est limité à 1,8 °C, contre environ 1,4 °C actuellement. Certaines régions connaissent alors une hausse modérée des conditions propices aux incendies, tandis que d’autres évoluent peu. À l’inverse, dans le scénario à 3,6 °C, ces conditions se dégradent...
22/08 - Guerre en Ukraine : pour aider Kiev, l’UE doit retirer les avoirs russes de BelgiqueL’an dernier, un veto belge a torpillé l’ambition de l’Union européenne d’utiliser au profit de l’Ukraine le pactole russe de 210 milliards d’euros hébergé par la Belgique. La question revient à l’ordre du jour européen avec un projet visant à transférer les fonds hors de la responsabilité des autorités belges, afin de faciliter leur mobilisation pour faire pression sur Moscou.
Le chef de la diplomatie belge Maxime Prévot, en visite à Kiev le 18 août, n’a exprimé aucune "opposition de principe" à l’utilisation de l’argent au bénéfice de l’Ukraine mais a répété que son pays excluait de s’attirer seul les foudres russes, qu’elles soient financières, judiciaires ou sécuritaires. "La Belgique s’attend à ce que le débat revienne sur la table, mais les risques ne se sont pas miraculeusement évaporés", a-t-il prévenu. Sans garanties solides, le royaume "conservera sa position prudentielle".
Pour sortir de l’impasse, trois experts indépendants proposent de mutualiser les risques en transférant les avoirs de la Banque centrale russe gelés par les Vingt-Sept - et dont la quasi-totalité est logée chez la société bruxelloise de services financiers Euroclear - vers une nouvelle structure créée à cette fin et qui relèverait de l’Union européenne dans son ensemble. Un duo franco-allemand de responsables politiques vient d’apporter son soutien public à l’idée : Annegret Kramp-Karrenbauer, figure de la CDU allemande et présidente de l’influente Fondation Konrad-Adenauer, et Nathalie...
22/08 - "C’était insupportable" : l’ancienne cheffe de cabinet de Keir Starmer raconte les coulisses explosives de Downing StreetLes mots sont durs. Travailler aux côtés de Keir Starmer à Downing Street était "insupportable". Deux ans après son départ, Sue Gray livre un récit sévère de ses quelques mois passés comme cheffe de cabinet du Premier ministre britannique, entre juillet et octobre 2024. Dans un entretien accordé au podcast Political Currency, diffusé jeudi 20 août, dont des extraits ont été rapportés par The Guardian et The Independent, l’ex haute fonctionnaire raconte une atmosphère marquée par les tensions, les fuites dans la presse et la méfiance. "On en est arrivé au point où l’on a le sentiment que tout ce que l’on dit est enregistré par quelqu’un", explique-t-elle.
Selon elle, les échanges internes auraient progressivement cessé d’être considérés comme confidentiels. Elle cite notamment les rumeurs selon lesquelles elle aurait cherché à éloigner Morgan McSweeney, alors proche conseiller de Keir Starmer, du Premier ministre. Sue Gray donne, elle, une autre version de cet épisode : elle affirme avoir simplement réagi au fait que plusieurs membres de l’équipe de Morgan McSweeney travaillaient dans une pièce trop petite. Son intention, assure-t-elle, était de leur trouver un espace plus adapté.
Au-delà de ces épisodes, Sue Gray reproche surtout à l’ex Premier ministre de ne pas avoir suffisamment réagi aux fuites dont elle estime avoir été la cible. Elle reconnaît avoir été "déçue" que davantage de mesures n’aient pas été prises. Les divulgations avaient contribué à fragiliser sa...
22/08 - Droits de douane : les négociations entre Washington et Ottawa échouent, le Canada promet une riposteLes Etats-Unis ont imposé ce samedi des droits de douane de 50 % sur certains produits canadiens après l'échec de négociations commerciales entre les deux pays, chaque partie accusant l'autre d'avoir fait capoter les discussions. Celles-ci sont entrées en vigueur peu après minuit heure de Washington (04h00 GMT) sur quelque 20 milliards de dollars de marchandises canadiennes, soit 5 % des exportations canadiennes vers les Etats-Unis.
Elles concernent notamment le vin, les meubles, les produits laitiers, le ciment, les vêtements, les cannes à pêche et l'équipement de hockey sur glace, qui ne bénéficient pas d'un traitement préférentiel en vertu de l'accord de libre-échange nord-américain entre les Etats-Unis, le Canada et le Mexique (ACEUM).
Cette mesure de rétorsion ne devrait pas frapper durement l'économie du Canada, le plus important partenaire commercial des Etats-Unis après le Mexique, mais elle illustre la persistance des tensions entre le Premier ministre canadien Mark Carney et le président américain Donald Trump et risque de compliquer les négociations plus larges visant à renouveler l'ACEUM.Des négociations qui semblaient proches d'aboutir
La suspension des négociations intervient après trois jours d'entretiens à Washington entre le ministre canadien chargé du Commerce avec les Etats-Unis, Dominic LeBlanc, et le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer. Les négociateurs des deux pays ont travaillé plusieurs jours à Washington pour tenter de finaliser...
22/08 - L’expo à découvrir : Gustave Courbet, l’invention d’un rebelle"Je ne peins pas des anges, parce que je n'en ai jamais vu." La célèbre formule de Gustave Courbet résume à elle seule l'ambition de celui qui comprit très tôt qu'un artiste ne se contente pas de produire des œuvres : il construit aussi un personnage. Moi, Gustave Courbet. Peintre et rebelle, la grande rétrospective que le Museum Folkwang d'Essen consacre au maître du réalisme, raconte autant la naissance d'une œuvre que celle d'une figure devenue familière à la modernité : l'artisan de son propre mythe. Le "Moi" du titre n'est d’ailleurs pas une coquetterie, ni même le reflet d’un penchant narcissique, mais plutôt un manifeste.
Dès ses premiers autoportraits, le jeune Franc-Comtois se met en scène comme un héros romantique. Le Fou de peur (1844), avec son regard halluciné et son expression convulsive, montre un artiste encore hanté par Géricault et Delacroix. Cinq ans plus tard, L'Homme à la pipe affiche une tout autre assurance : la pose est calme, le regard frontal, la matière déjà souveraine. Entre les deux tableaux s'est jouée une révolution silencieuse. Courbet ne cherche plus à représenter un peintre, il impose une présence.Gustave Courbet, "L'Homme à la pipe", vers 1849.
L'exposition, coproduite avec le Leopold Museum de Vienne, réunit près de quatre-vingt-dix peintures provenant des plus grandes collections européennes et américaines. Le parcours suit un fil moins chronologique que thématique, révélant un artiste étonnamment cohérent. Derrière la diversité des...
22/08 - En Ukraine, les nouveaux défis de l’armée : une bataille de l’ombre entre modernistes et vieille gardeLorsqu'il rejoint le centre des opérations spéciales Alpha, au sein des services de sécurité ukrainiens, Yevhenii Khmara officie comme breacher, spécialiste chargé de forcer l'accès à des bâtiments verrouillés ou des pièces barricadées. Après avoir gravi les échelons jusqu'à prendre la tête du SBU par intérim en janvier de cette année, il fait une entrée tout aussi soudaine au ministère de la Défense. Mercredi 19 août, le Parlement ukrainien a confirmé sa nomination, mettant un terme à un mois de crise politique d'une ampleur inédite depuis 2022.
À la mi-juillet, le président Volodymyr Zelensky avait décidé d'écarter Mykhailo Fedorov, 35 ans, figure populaire de la modernisation technologique de la défense ukrainienne, après seulement six mois en poste. Pendant un mois, alors que des manifestations éclataient dans des dizaines de villes du pays, Fedorov a défendu son bilan sans jamais critiquer frontalement le chef de l'Etat. Officiellement, son départ est lié à l'aggravation de ses tensions avec Oleksandr Syrskyi, alors chef d'état-major, devenues un conflit ouvert. Certains y voient aussi l'inquiétude de Zelensky face à la popularité grandissante de son ministre.
Epilogue de ce psychodrame, le président a fini par écarter Syrskyi, sans pour autant rappeler Fedorov. Il a confié à Khmara, militaire respecté du grand public et des troupes, la direction par intérim du ministère, en espérant, au passage, voir s'essouffler la contestation. La crise a rebondi mardi 18 août, à...
22/08 - En Saxe-Anhalt, l’élection qui fait trembler l’Allemagne : "Le premier domino qui va faire tomber tout le reste"Jusqu’où ira l’extrême droite allemande, désormais aux portes du pouvoir ? La question se pose depuis la création de l’AfD (Alternative für Deutschland), en 2013, par une poignée de professeurs d’université eurosceptiques. Après une entrée triomphale au Bundestag en 2017, il lui a suffi de quelques années pour devenir le premier groupe d’opposition parlementaire, avec 28% d'intentions de vote au niveau national.
"Personne n’avait imaginé qu’un tel parti puisse arriver un jour à ce niveau de popularité en Allemagne", reconnaît Albrecht von Lucke, politologue et rédacteur en chef de la revue politique Blätter. "Nous en sommes à la phase de la normalisation avant la prise de pouvoir", analyse-t-il.Une radicalité qui paye de plus en plus
"Nous allons gouverner et peut-être même dès l’année prochaine", a déclaré Alice Weidel, la coprésidente de l’AfD, au congrès de Erfurt début juillet, pariant sur la chute précipitée de Friedrich Merz, le plus impopulaire des chanceliers de l’histoire de la République fédérale. "Nous allons diviser la CDU par deux", a ironisé son porte-parole Tino Chrupalla, en faisant référence aux promesses de Merz de "diviser par deux le nombre d'électeurs de l’AfD".
Le mouvement n’est plus seulement un parti protestataire rassemblant des "Allemands en colère" (Wutbürger) ou des islamophobes. "C’est quasiment un parti populaire qui ratisse du centre jusqu’à l’extrême de l’extrême droite", analyse Wolfgang Muno, politologue à l’Université de Rostock....
22/08 - La Chine installe ses usines en Europe : "Plus on s’éloigne de Bruxelles, moins Pékin est un rival"La leçon est d’autant plus douloureuse qu’elle est donnée à domicile. Début avril, à deux pas des Champs-Élysées, le groupe Chery – premier exportateur automobile chinois et maison mère des marques Omoda et Jaecoo – fête son lancement dans l’Hexagone. Le clou du spectacle ? Un défilé de robots zigzagant en musique au milieu du public, médusé. Le patron, Yin Tongyue, savoure la scène. Interrogé sur l’avenir de l’industrie automobile, il sourit modestement : "Notre objectif n’est pas de gagner, juste d’apporter notre contribution". Chaque mot est pesé, jusqu'à parler des "professeurs européens" qui l'ont inspiré. Subtile façon de remuer le couteau dans une plaie béante : quelques décennies plus tôt, l'Allemand Volkswagen ou encore le Français Citroën étaient partis à l'assaut du marché chinois. La roue tourne.
Dans la liste de ses projets, Yin Tongyue évoque un possible site de production en France. Deux ans plus tôt, il annonçait son installation à Barcelone dans une ancienne usine Nissan pour y fabriquer des véhicules électriques, en coentreprise avec le constructeur local Ebro. Comme Chery, d’autres poids lourds chinois placent leurs pions sur le Vieux Continent. A l’image de BYD et de son immense usine en Hongrie. Ou du mastodonte des batteries CATL, qui construit une gigafactory à Saragosse aux côtés de Stellantis.
L’idée est astucieuse : produire des véhicules électriques localement permet d'éviter les droits de douane européens. Et si les batteries importées ne...
21/08 - Ventes de livres : et si c’était l’année de Philippe Jaenada ?Comment ne pas aimer Philippe Jaenada ? Il s’était révélé en 1997 avec le désopilant Chameau sauvage, prix de Flore et adapté au cinéma (sous le titre A+ Pollux) avec Cécile de France et Gad Elmaleh dans les rôles principaux. Chez Julliard puis chez Grasset, il a forgé un univers singulier, à la fois sombre et profondément humain (avec sa petite coquetterie à lui, les parenthèses dans les parenthèses). Parmi ses titres d’alors, citons notamment La Femme et l’Ours, à redécouvrir En 2013, sa carrière a pris un virage décisif. Alors qu’il tournait en rond dans l’autofiction, il a quitté Grasset (bien avant tout le monde !) et renoué avec ses premiers éditeurs (Betty Mialet et Bernard Barrault), inaugurant avec Sulak ses enquêtes rétrospectives – longtemps après les faits, il s’empare d’une affaire trouble, rouvre le dossier et cherche la vérité. Cette veine a assuré son succès public à un écrivain qui fait l’unanimité auprès de la critique, à droite comme à gauche. En 2015, La Petite Femelle marche encore mieux que Sulak (plus de 60 000 exemplaires en grand format). En 2017, enfin, Jaenada connaît son pic grâce à La Serpe, qui reçoit le prix Femina et se vend à plus de 200 000 exemplaires toutes éditions confondues.
Les chiffres ont baissé par la suite, mais comme pour tout le monde : 35 000 exemplaires en grand format pour Au printemps des monstres en 2021, 25 000 exemplaires pour La Désinvolture est une bien belle chose en 2024. Avec la mort de Bernard Barrault et la...
21/08 - Dette américaine : "Les Etats-Unis ont fait le pari des obligations à court terme, et ils l’ont perdu"Donald Trump en avait-il vraiment l'intention ? Lors des campagnes de 2016 et 2024, le président américain avait promis à plusieurs reprises de s'attaquer au mur de la dette. Avec un cocktail détonnant : des baisses d'impôts censées soutenir la croissance, la renégociation des accords commerciaux entre les Etats-Unis et le reste du monde, et la promesse de réduire massivement les dépenses. Un Département de l'efficacité gouvernementale, le Doge, avec à sa tête Elon Musk, avait même été créé pour tailler dans les administrations. En vain. Une fois n'est pas coutume, Donald Trump a fait tout et son contraire. La première puissance économique et militaire mondiale vient de franchir la barre des 40 000 milliards de dollars de dette, deux fois plus que lors de son premier mandat.
Pour l'économiste Adrien Matray, conseiller adjoint en matière de politique monétaire à la Réserve fédérale d'Atlanta, le problème est, en réalité, bien plus ancien et profond. La dette américaine n’a pas explosé avec Donald Trump : elle s’est surtout envolée avec le Covid. Mais, contrairement à la plupart des autres grandes économies, les Etats-Unis ne sont jamais vraiment parvenus à la faire redescendre depuis. Le véritable point de fragilité se trouve dans la structure même de cette dette. Près d’un tiers des emprunts américains arrive à échéance d'ici un an, la proportion la plus élevée, et de loin, parmi les pays développés.
L'Express : La dette américaine vient de dépasser les 40 000 milliards...
21/08 - "Richesses du monde" : ce jeu qui contredit Thomas Piketty (et dit tout du déclin de l’Europe)Alors que les jeux de société font un tabac, certains d’entre eux et le succès qu’ils rencontrent en disent long sur leur époque. Cet été, L'Express décrypte des jeux cultes, de l'abaissement de la culture générale que révèlent les questions du Trivial Pursuit au fil des éditions, au retour du réalisme en géopolitique avec Risk, en passant par les mutations de la mondialisation (Richesses du Monde) et le backlash contre le politiquement correct avec Blanc-manger Coco, devenu incontournable à l’heure de l'apéro. Vous apprendrez aussi pourquoi le vénérable Monopoly valide la stratégie de Donald Trump et permet d’éclairer son élection.
EPISODE 1 - De Hamlet à Cyril Hanouna : ce que le Trivial Pursuit dit du déclin de la culture G
EPISODE 2 - L'ascension de Donald Trump expliquée par le Monopoly
EPISODE 3 - Risk : le jeu de conquête territoriale qui ferait fulminer Vladimir Poutine
C’est le grand jeu de la mondialisation triomphante, celui qui a préparé les esprits à l'OMC. Comme au "Monopoly", il s’agit de devenir le plus riche et de pousser les autres à la banqueroute. Mais là où le doyen des jeux de stratégie et de gestion se concentre sur de l'immobilier, "Richesses du monde" vise à former des empires économiques à l’échelle de la planète. Le temps d’un tour de plateau, le joueur visite les pays et grandes régions du monde, et doit constituer des monopoles à partir de différents types de ressources (matières premières, industries, produits agricoles…). Plus il obtient...
21/08 - Chine : une nouvelle île artificielle prend forme en mer MéridionaleUne image vaut mille mots. Capturées le 19 juillet et le 14 août, les images satellites de la mer de Chine méridionale recueillies par Reuters révèlent la première grande avancée chinoise dans son projet de construction d’une île artificielle sur le récif d’Antelope, sur l'archipel Paracels. Après au moins six mois de travaux, le matériel de chantier a quitté l'île située à 260 kilomètres de la plus proche terre chinoise, la province d'Hainan.
Sur la dernière image rendue publique, seul un navire des garde-côtes est amarré aux abords de cette île désormais en forme de C et de six kilomètres de long. Un tronçon de côte rectiligne de plus de trois kilomètres pourrait accueillir une future piste d’atterrissage. Sur les côtes, un quai de 680 mètres est aussi identifiable. Stratégie militaire ?
Selon les informations relayées par les médias d'État chinois, le récif d'Antelope servirait, une fois achevé, à des besoins civils, comme la prévision météorologique et la recherche scientifique. Par exemple, en juin dans le China Daily, le chercheur chinois en mer de Chine méridionale, Ding Duo, a affirmé dans un article d'opinion qu'avec des investissements "modestes", "le but est pacifique et constructif" sans recherche de "militarisation". Pour l'heure, les autorités chinoises sont restées silencieuses.
Pourtant, tout laisse à penser à une base militaire. Selon les analyses des spécialistes en sécurité régionale et les attachés militaires interrogés par Reuters, le remodelage...
21/08 - Présidentielle 2027 : les leçons de la web-série de Jean-Luc MélenchonNicolas Sarkozy en rêvait, Jean-Luc Mélenchon l’a fait. En 2007, le premier désarçonnait les médias en étant le premier candidat à leur fournir les images de ses meetings. Le bandeau "images fournies par le candidat" faisait alors bondir les chaînes de télé. Le second fait mieux : il est son propre média. Avec sa nouvelle web-série, intitulée "Le chemin de la victoire", Mélenchon construit sa légende, façonne son propre récit et contrôle son image. Le rêve de tout candidat à l’élection présidentielle.
Dans le premier épisode, qui dure près d’une heure et demie, on l’y voit affable et souriant, apaisé et rassembleur, à mille lieues de l’homme qui fait rire des salles en ironisant sur la prononciation de noms juifs. L’insoumis choisit ce qu’il veut montrer et fait un pari : il vaut mieux produire du contenu plutôt qu’y réagir. "Ils [les médias] fabriquent des fictions pour nous salir. Nous ne pouvons donc compter que sur nous-mêmes pour raconter ce qu’on ne vous racontera pas ailleurs", résume Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l’Assemblée, qui a sa propre émission, "en campagne".
Jean-Luc Mélenchon est un pionnier du genre. En 2011, avec ses équipes, il était le premier à lancer une web-série d’une trentaine d’épisodes de six minutes, diffusés chaque semaine. Cela s’appelait alors… "En marche" ! Macroniste avant l’heure, Mélenchon ? Le tribun ne se qualifiera pas au second tour mais l’équipe de communication du président américain Barack Obama - excusez du peu -...
21/08 - Sabotage de Nord Stream : un des suspects arrêté sur le tournage du film qui raconte l’affairePour raconter le sabotage de Nord Stream, Hollywood pouvait difficilement espérer un consultant plus expérimenté. Mercredi 20 août, Volodymyr Zhuravlev, un Ukrainien soupçonné par la justice allemande d’avoir participé au sabotage des gazoducs Nord Stream, a été arrêté à Pula, en Croatie. Il faisait l’objet d’un mandat d’arrêt européen émis par l’Allemagne. Mais Zhuravlev n’était pas en Croatie uniquement pour y passer quelques jours de vacances : il a travaillé comme consultant sur "Snake Island", un film de Doug Liman consacré précisément aux explosions de Nord Stream. Selon des médias allemands, le suspect a donc contribué à reconstituer pour le grand écran une opération dont la justice allemande lui reproche d’avoir été l’un des participants.Le tuyau de la discorde
Pour rappel, Nord Stream désigne deux gazoducs construits sous la mer Baltique pour transporter du gaz russe directement vers l’Allemagne. Nord Stream 1 était alors opérationnel, tandis que Nord Stream 2, achevé mais jamais mis en service, devait également relier les deux pays. Un projet déjà très politique : l’Allemagne défendait ses intérêts énergétiques ; la Pologne et l’Ukraine dénonçaient une dépendance excessive de Berlin à Moscou. Les Etats-Unis s’y opposaient également. Nord Stream 2 avait finalement été suspendu quelques jours avant l’invasion russe de l’Ukraine, en février 2022.
Sept mois plus tard, le 26 septembre, plusieurs explosions frappent les deux infrastructures au large de l’île danoise...
21/08 - Guerre en Ukraine : Banderol, l’arme russe "low-cost" qui épuise la défense antiaérienne de KievMoscou continue de mettre sous pression Kiev. La capitale ukrainienne et ses environs ont été la cible, jeudi 20 août très tôt, d'une nouvelle pluie de missiles orchestrée par l'armée russe. Une nouvelle attaque d'ampleur qui a fait au moins 16 morts et une quarantaine de blessés.
Malgré un bilan humain déjà lourd, l'armée ukrainienne aurait réussi à intercepter, au cours d'un tir de barrage, des drones de type Shahed et des missiles de croisière, dont un certain Banderol S8000. Dans l'attaque russe du 9 août dernier, pas moins de 11 missiles de ce type avaient déjà été repérés, selon les informations du journal Ukrainska Pravda. Un missile testé dès 2024
Si ce missile de croisière, à mi-chemin avec le drone d'attaque à réaction, aurait commencé à être testé dès 2024, selon les déclarations du porte-parole de l'armée de l'air ukrainienne, Yurii Ihnat, ce n'est que depuis le printemps 2025 qu'il aurait atteint le sol ukrainien, avec certitude. Depuis, cette arme gagne du terrain.
"Colis postal" en russe, le Banderol détonne pour sa taille. Son ogive, la partie contenant la charge destructive, est particulièrement petite. En tout est pour tout, 50 kilos d'explosifs peuvent se loger dans les 114 kilos disponibles. C'est nettement moins que les charges des missiles de croisière russes, tels que le Iskander-K ou le Kh-101, qui peut transporter des ogives d'une charge globale quatre fois plus élevée. Le Kh-101 dispose même d'une double ogive depuis quelques années, faisant...
21/08 - Méduses, "fish disco" et rideau de bulles : comment le nucléaire s’adapte aux animaux aquatiquesQui craint le plus les méduses ? Les plagistes ou les opérateurs nucléaires ? Du côté de Gravelines (Nord), la question se pose sérieusement. Le 10 août, un afflux massif de ces animaux marins gélatineux a forcé l’arrêt ou la réduction de puissance de quatre réacteurs de la plus grande centrale d’Europe occidentale. Des dizaines de tonnes de méduses ont partiellement obstrué les prégrilles et tambours filtrants des stations de pompage, qui participent au refroidissement des réacteurs. Une situation obligeant EDF à activer des mesures de précaution, alors que ses capacités de production étaient déjà grevées par la sécheresse.
Hasard du calendrier, le site de Gravelines avait connu une situation similaire l’été dernier. Au jour près. A croire que les méduses ont aussi leur pèlerinage. "Ce n’est vraiment pas de chance que ces gros arrivages se produisent deux ans d’affilée", note Elvire Antajan, chercheuse à l'Ifremer, consultée par EDF lors de l’épisode de 2025. Après celui-ci, l’énergéticien indique à L’Express avoir installé des caméras, notamment sur le canal d’amenée, et mis en place un réseau de surveillance visuelle au large avec des pêcheurs et les sauveteurs en mer de la SNSM. Mais les pêches préventives de plusieurs centaines de kilogrammes de méduses menées dès le 8 août n’ont pas permis de bloquer un nouvel afflux. Encore moins de régler un phénomène qui déborde très largement les côtes françaises.
Rares sont les pays dotés de centrales en bord de mer à avoir...
21/08 - Vaccin contre le cancer de la peau de Moderna : une révolution, vraiment ?La date du 19 août 2026 marquera-t-elle autant les mémoires des scientifiques que celle du 9 novembre 2020 ? Ce jour-là, le monde a entrevu l’espoir de vaincre le Covid-19 et de sortir de l’hiver pandémique grâce à un vaccin à ARN-messager. Une première historique à tous points de vue : première fois qu’un vaccin est développé aussi vite, première utilisation de cette technologie, première injection efficace contre un coronavirus... A l’époque, c’est l’alliance formée par le géant américain Pfizer et la biotech allemande BioNTech qui avait emporté la course, leur concurrent direct Moderna arrivant quelques jours après.
Ce 19 août, c’est Moderna, associé au géant américain Merck-MSD, qui semble avoir damé le pion à son grand rival, en annonçant le premier un résultat positif dans un essai clinique de phase 3 (le meilleur niveau de preuve disponible) d’un vaccin anticancer. Il s’agit là aussi d’une grande première. De nombreux essais de vaccins thérapeutiques ont en effet été engagés dans différentes formes de cancers par plusieurs laboratoires, y compris français, et tous les spécialistes attendent avec impatience de savoir si cette nouvelle piste thérapeutique confirmera ses promesses. Les investisseurs n’ont donc pas caché leur euphorie à l’annonce de cette nouvelle : ce mercredi 20 août, le cours de Bourse de la biotech américaine a presque triplé en une seule séance. La même effervescence a saisi nombre de médias, anglo-saxons notamment, saluant pêle-mêle un...
21/08 - Le Conseil constitutionnel, ligne de fracture entre Gabriel Attal, Edouard Philippe et Bruno RetailleauAinsi va le fameux "devoir d'ingratitude" cher à Robert Badinter. À l'été 2020, Valérie Pécresse appelle Alain Juppé, nommé un an plus tôt au Conseil constitutionnel. La présidente d'Ile-de-France est désemparée. Elle ne comprend guère la récente censure de la loi de sûreté contre les ex-détenus terroristes et s'en ouvre à l'ex-maire de Bordeaux. Elle regrette que le bon sens n’ait pas guidé les Sages, tout comme l’absence de contrepoids d’Alain Juppé au socialiste Laurent Fabius. L’ancien président de l’UMP la reprend. "Tu n’as pas compris. On a voté pour le principe des mesures de sûreté, mais contre les modalités car le texte était mal rédigé." Valérie Pécresse n’est pas convaincue. Est-ce vraiment au Conseil Constitutionnel de juger le nombre de fois maximal qu'un ex-détenu terroriste pourra être contraint, chaque semaine, de pointer au commissariat ?
Sa méfiance envers le travail des Sages ne s'est pas éteinte. Dès l'annonce, le 14 août, de la censure de l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, Valérie Pécresse fulmine sur X. "Encore une fois, le Conseil constitutionnel s’érige en contre-législateur… De quel droit ?" Le candidat LR à la présidentielle Bruno Retailleau lui emboîte le pas et déplore des décisions qui consacrent "la primauté des juges sur les représentants du peuple souverain". Ses concurrents font, eux, assaut de modération. Gabriel Attal assure "respecter" la décision du Conseil constitutionnel. Édouard Philippe reste...
21/08 - Les Français ne veulent plus vivre éternellement : les leçons d’une rupture anthropologique, par Gérald BronnerLes deux événements n’ont pas grand-chose à voir l’un avec l’autre mais leur télescopage est piquant. Tandis que le Parlement adoptait définitivement la proposition de loi relative à l’aide à mourir cet été, les Français faisaient savoir, par un sondage Odoxa pour Buchet-Chastel et Le Figaro Magazine, qu’ils doutaient de la possibilité et de l’opportunité même d’allonger la vie humaine. La lecture du rapport, intitulé "Les Français et l’allongement de l’espérance de vie", nous apprend que nos concitoyens expriment un scepticisme fort concernant les promesses – portées notamment par le transhumanisme – affirmant que les êtres humains vivraient bientôt très au-delà de 100 ans. Au contraire de cette foi, ils estiment qu’un bébé né en 2035 vivra en moyenne jusqu’à 84 ans et seulement 10 % pensent que son espérance de vie pourrait dépasser 100 ans. Confrontés à l’hypothèse d’une vie au-delà de 150 ans, 77 % ne croient pas qu’elle puisse devenir réalité. Il s’agit d’un indice supplémentaire – ils sont nombreux – du fait que nos concitoyens n’adhèrent plus guère à l’idée d’un progrès constant de l’humanité.
Mais il y a plus troublant : la longévité améliorée n’est pas seulement perçue comme improbable, elle est aussi indésirable, même associée à la bonne santé ! 56 % des Français ne souhaiteraient pas vivre au-delà de 150 ans, y compris en conservant leurs entières capacités physiques et intellectuelles, et 71 % considèrent qu’un tel allongement de la vie serait de toute façon...
20/08 - Les Etats-Unis mènent une opération secrète pour transporter du pétrole via le canal d’OrmuzL'armée américaine a discrètement mis en place un corridor maritime permettant aux navires d'entrer et de sortir du détroit d'Ormuz, afin d'acheminer chaque jour environ dix millions de barils de pétrole, révèle Axios. Cette opération, dont les détails n'avaient jusqu'alors jamais été rendus publics, ne se limite pas à escorter les pétroliers qui quittent le Golfe avec leur cargaison, mais vise aussi à aider des pétroliers vides à entrer dans le Golfe depuis la mer d'Arabie en traversant le détroit, à charger du pétrole dans les pays de la région, puis à ressortir, selon des responsables interrogés par le média américain.
Au total, 15 à 20 pétroliers empruntent chaque nuit le détroit, sous la supervision d'une force opérationnelle qui est dirigée depuis le quartier général de l'armée de terre américaine à Fort Bragg, en Caroline du Nord. Cette dernière établit quotidiennement, avec ses partenaires régionaux des Etats du Golfe, une liste des navires qui quittent le Golfe en traversant le détroit d'Ormuz pour rejoindre la mer d'Arabie, ainsi qu'une liste de pétroliers vides affrétés, qui effectuent le trajet inverse afin de rejoindre les ports des pays du Golfe et d'y charger du pétrole. Les navires traversent ensuite le chenal sud conformément aux instructions de l'armée américaine, qui mobilise en outre des avions de chasse afin de les protéger contre les missiles de croisière et les drones iraniens."Nous contrôlons le détroit"
"Cela fait maintenant deux mois que nous...
20/08 - Présidentielle 2027 : Marine Tondelier, chronique d’une ambition contrariéeLa sénatrice écologiste Mélanie Vogel a pourtant prévenu sa camarade. En octobre 2025, Marine Tondelier l’informe de l’imminence de sa candidature à la présidentielle. Enfin… à l’hypothétique primaire de la gauche (à l’époque), en passant par une désignation interne au sein du parti des Verts. "Tu vas déclarer une candidature à rien, on se sait même pas si la primaire va se faire", lui répond alors cette interlocutrice, issue de son propre courant.
L’histoire était-elle écrite d’avance ? Dix mois plus tard, la primaire est mort-née. Malgré la canicule, malgré son été à sillonner la France en van électrique, la secrétaire nationale des écologistes n’est pas franchement parvenue à percer dans l’opinion, par-delà sa rhétorique unitaire. Les sondages sont d’ailleurs cruels à son sujet : elle oscille depuis quelques mois entre 1 % et 4 % des intentions de vote, selon les instituts. Dernièrement, elle ouvre donc la porte à un éventuel retrait : "Mon bulletin de vote ne sera jamais celui qui fera gagner le Rassemblement national", a-t-elle dit à La Tribune Dimanche. Marine Tondelier et l’aspiration présidentielle, chronique d’une ambition contrariée.Rassembler le troupeau
"Oui, je sais, Jean-Luc… Pour la présidentielle, tu ne t’imposes pas, mais tu ne t’exclus pas non plus." Dans ce restaurant parisien début octobre 2024, Marine Tondelier et Jean-Luc Mélenchon partagent un dernier déjeuner, échangent quelques vérités. L’écologiste a bien compris que le patriarche insoumis...
20/08 - Ralph Goff, ex-agent de la CIA en Europe : "Les services secrets allemands doivent devenir plus offensifs""Que vaut le BND ?", s'interrogeait, en juin, un ancien espion britannique - avant de faire claquer sa langue en signe d’incrédulité. Ou son mépris pour le renseignement allemand, au choix. "Des collectionneurs de timbres !", nous avait lâché cet ex-directeur des opérations et du renseignement du MI6.
Pendant trois mois, L'Express a sollicité plus d'une centaine de professionnels du renseignement pour élaborer son palmarès des meilleurs espions du continent européen. Soixante votants dans 25 pays différents ont élaboré leur "top 5", sur un modèle similaire à celui du concours de l'Eurovision ou du Ballon d'or. Le service allemand de renseignement extérieur arrive cinquième, non sans avoir essuyé les reproches des interviewés.
Ses agents ? "Des juristes obsédés par la confidentialité des données", s'indigne un ex-agent de la CIA basé à Rome, qui les qualifie de "pires espions d'Europe, au regard du poids de leurs propres pays". En cause, selon deux anciens cadres de la DGSE : un système embolisé par les procédures administratives, les garde-fous hérités du traumatisme de la Seconde Guerre mondiale et un certain "tempérament allemand", apparemment peu adapté à l’espionnage et à ses coups tordus. Ce sombre bilan n'est pas réservé aux agents étrangers. En août 2023, August Hanning, ancien directeur du renseignement allemand de 1998 à 2005, réclamait dans une tribune publiée dans le quotidien Bild une refonte de l'agence, qualifiée de "chien de garde impuissant".
Ses vœux...
20/08 - Primaires républicaines : les défaites s’accumulent pour les candidats soutenus par Donald TrumpC'est un été particulièrement difficile pour le président américain Donald Trump. Alors que la saison des primaires bat son plein depuis juin pour désigner les personnalités politiques qui se présenteront lors des élections de mi-mandat prévues en novembre, les électeurs républicains ont rejeté 10 candidats soutenus par le dirigeant américain pour des postes à l’échelle d’un État ou pour le Congrès, soit autant que le nombre de candidats battus lors des primaires de 2018, 2020 et 2024 réunies, selon une analyse de CNN.
Ce chiffre se rapproche également du record de 12 candidats soutenus par Trump battus lors des primaires de 2022. Cette année-là, après l’assaut du Capitole américain du 6 janvier 2021, certains se demandaient déjà si le Parti républicain était en train de tourner la page Trump. Mardi 18 août, dans la 19e circonscription de Floride, la question s'est de nouveau posée après la défaite de Catalina Lauf, une proche du mouvement Make America Healthy Again (Maha), qui s'est inclinée face au magnat des médias locaux, Jim Schwartzel, malgré le soutien du président.
L'appui de Donald Trump n’a pas non plus suffi à maintenir à flot le représentant Cory Mills de Floride, dont la campagne de réélection s’est enlisée sur fond d’enquêtes concernant son comportement envers des femmes. Après la défaite de Cory Mills mercredi, le président a tenté sur Truth Social de garder la face en assurant qu’il avait tenté de le convaincre de se retirer de la course, sans y...
20/08 - Emmanuel Macron et ses successeurs : à quoi ça sert, président de la République ?C'est facile de se moquer. En 2017, Emmanuel Macron se moquait des "candidats à la succession de Poincaré et de de Gaulle [qui] s'intéressent aux menus scolaires" ou à "la longueur des tenues vestimentaires". Le même sera bien obligé de se pencher, comme dans son discours des Mureaux en 2020, sur "les menus confessionnels" et "les horaires des piscines". Le même, cinq ans plus tard, prendra soin d’annoncer en personne la gratuité des préservatifs en pharmacie pour les moins de 26 ans. Le même ira jusqu’à demander, à la télévision, devant plus de 20 millions de téléspectateurs, à ses concitoyens d'"aérer régulièrement" et de "se laver les mains".
La conception de la fonction présidentielle illustre, mieux que beaucoup d’autres sujets, le décalage entre ce qu’un candidat en dit avant d’entrer à l’Elysée et ce qu’il en fait après l’élection. Comme toujours, Emmanuel Macron avait poussé le bouchon loin. Il dissertait volontiers, on s’en souvient, sur le rôle d’un "absent" dans la vie publique, à savoir "la figure du roi, dont [je] pense fondamentalement que le peuple français n'a pas voulu la mort", dans un entretien fameux publié par Le 1.
Très vite, dès novembre 2018, il est contraint de promettre qu’il va désormais diriger "d’une manière différente" et cela deviendra un leitmotiv de ses mandats. Changer, se réinventer, il le dira sur tous les modes. Les crises viendront balayer ses certitudes, notamment celle du Covid. A cette occasion, le président confie : "Il faut...
20/08 - Ceuta : bras de fer entre Pedro Sanchez et Bruxelles sur le sort des mineurs marocainsElles font partie des quelque 70 000 personnes qui avaient franchi la frontière à Ceuta les 30 et 31 juillet. Si la majorité de ces migrants ont été renvoyés au Maroc, plusieurs centaines de mineurs non accompagnés survivent désormais seuls dans l'enclave. Devant cette situation, le gouvernement espagnol a finalement annoncé - après s'y être initialement opposé le 13 août - qu'il autoriserait 500 jeunes filles mineures de Ceuta à être transférées sur le continent. Car en vertu de la loi espagnole, l’Etat a un devoir de protection envers les jeunes migrants non accompagnés jusqu’à leur majorité.Bruxelles approuve le renvoi de tous les migrants au Maroc
Une annonce qui a suscité de vives réactions à Bruxelles. Le porte-parole de la Commission pour les Affaires intérieures, Markus Lammert, a indiqué en conférence de presse que "tous les migrants en situation irrégulière" se trouvant encore à Ceuta devaient être renvoyés au Maroc, et précisé plus tard auprès du Guardian, "y compris les mineurs non accompagnés". Il a souligné que ces retours sont couverts par la législation de l'UE et ajouté qu'ils sont encadrés par "la directive retour" et, prochainement, par "le règlement retour de l'UE".
Ces messages contradictoires s'expliquent en partie par le fait que le dernier pacte européen sur l'immigration n'a pas encore été intégré au droit espagnol et que, par conséquent, c'est encore la législation espagnole relative au traitement des mineurs non accompagnés qui est en...
20/08 - Finances publiques : les leçons de la Suède qui devraient inspirer la France, par Alban MagroPeut-on concilier un haut niveau de prestations sociales avec une liberté économique suffisante pour, tout à la fois, protéger les citoyens et libérer l'activité productive ? L'exemple suédois est, sur ce point, particulièrement éclairant. Il devrait nous alerter, alors que la France de 2026 peine à se délivrer d'un fardeau financier de plus en plus lourd.
Le constat est implacable. Notre dette publique a franchi les 3 536 milliards d'euros au premier trimestre 2026, soit 117,5 % du PIB, ce qui place l'Hexagone au troisième rang des pays les plus endettés de la zone euro, derrière la Grèce et l'Italie. Nos dépenses publiques s'élèvent à 57,2 % du PIB, l'un des deux plus hauts niveaux de l'Union européenne, et notre déficit reste vissé à 5,1 % du PIB.
Que nous apprend la Suède ? Elle maintient ses dépenses publiques autour de 50,7 % du PIB, près de sept points de moins que nous, pour une dette limitée à 34,8 % du PIB. Sur le plan productif, elle est devenue une référence : plus de 500 sociétés y ont été cotées en Bourse en une décennie, davantage que la France, l'Allemagne, l'Espagne et les Pays-Bas réunis. Le tout en conservant une protection sociale de haut niveau et des services publics réputés.
Pourtant, le ciel nordique n'a pas toujours été dégagé. La Suède des années 1990 ressemblait, en pire, à la France d'aujourd'hui : ses dépenses publiques culminèrent en 1993 à plus de 70 % du PIB, son déficit à 13 %, son PIB chuta trois années de suite et le chômage bondit...
20/08 - Donald Trump contre l’Iran : sa nouvelle campagne économique pour isoler TéhéranAprès les missiles, les virements bancaires : ce mercredi 19 août, Donald Trump a promis "la plus écrasante opération économique jamais menée contre un pays", annoncée en majuscules sur son réseau Truth Social, et a donné une consigne au reste du monde. Toute banque, entreprise, aéroport ou administration qui fournirait un soutien à l’Iran s’exposerait à d’"énormes conséquences économiques". Il a aussi dressé la liste de ce qui "doit cesser maintenant", ça aussi en majuscules, entre contrebande de pétrole, lignes de swap, transferts d’espèces, bureaux de change, registres maritimes et sociétés écrans. Le message se veut fort, mais le dispositif reste imprécis : ni Donald Trump ni la Maison-Blanche n’ont détaillé les nouvelles mesures. Le problème est aussi arithmétique puisque Washington sanctionne déjà massivement l’économie iranienne, ses dirigeants, ses circuits financiers et son pétrole. Le Trésor mène depuis plusieurs mois l’"Operation Economic Fury" (Opération Fureur Economique, en français) pour couper les financements de Téhéran, tandis qu’un blocus naval dans le détroit d’Ormuz cherche à empêcher les exportations iraniennes. Après le feu, la facture
Ce nouveau tour de vis arrive surtout après un constat militaire moins spectaculaire : le mois dernier, Donald Trump a suspendu les frappes après deux semaines d’attaques nocturnes qui n’avaient pas ramené les responsables iraniens à la table des négociations. Les stocks américains de certaines munitions avaient été...
20/08 - Natalie Harp, l’ombre fidèle du président Trump qui déchaîne les passions aux Etats-UnisElle est l'assistante qui murmure à l'oreille de Donald Trump. Celle qui l'accompagne dans tous ses déplacements, et ne prend jamais un jour de congé. Son ombre fidèle, entrée dans la lumière après une pique d'un élu démocrate cette semaine. Dans une déclaration où il déplore le sort des marins américains déployés depuis plus de 250 jours au Moyen-Orient, le sénateur de Géorgie Jon Ossoff fait allusion directement à une certaine Natalie : "Trump ne veut pas faire son travail. Il veut construire sa salle de bal et voyager avec Natalie à bord du palais volant, visiblement peu sécurisé, offert par l’émir du Qatar", assène-t-il.
Une affaire qui ne cesse depuis de déchaîner les passions au sein de la classe politique américaine. Car Natalie Harp est un objet de fascination à droite comme à gauche, note le New York Times. Et si elle a été soutenue sans relâche par les élus républicains et influenceurs conservateurs sur X notamment, elle agace parfois jusque dans ses propres rangs. Il faut dire qu'elle "passe plus de temps auprès du président que n’importe lequel de ses collaborateurs”, rapporte le Wall Street Journal, et qu’elle “rend compte exclusivement à Trump et à personne d’autre”, pas même le chef de cabinet, ou les responsables de la sécurité nationale.
La jeune Californienne de 35 ans fait partie du cercle très restreint du président. Dernier exemple en date : le 8 juillet, elle est l'une des rares personnes à prendre place avec Donald Trump dans un nouvel avion,...
20/08 - Guerre en Ukraine : Kiev bombardée, un drone s’écrase en Roumanie... Le point sur l’attaque nocturne de la RussieLa Russie a lancé tôt ce jeudi 20 août une attaque de missiles balistiques contre l'Ukraine, faisant au moins 16 morts et une quarantaine de blessés à Kiev et dans sa région, ont déclaré les autorités ukrainiennes.
Selon l'armée de l'air ukrainienne, la Russie a lancé des dizaines de missiles balistiques, de croisière et hypersoniques, ainsi que 168 drones lors de son attaque nocturne. Les unités de défense aérienne ont pu abattre 145 drones et la plupart des missiles de croisière, mais aucun des missiles balistiques.
Les étages supérieurs d'un immeuble résidentiel de neuf étages ont été détruits dans le quartier Solomianskyi de Kiev, où la majorité des 15 décès recensés dans la capitale ont eu lieu, a déclaré le maire Vitali Klitschko. Il a décrété que vendredi serait une journée de deuil national. Deux autres quartiers ont subi des dégâts, a déclaré Klitschko, une école et un hôpital pour enfants ayant été touchés, ainsi que des bâtiments non résidentiels et des entrepôts.
Plus d'une dizaine d'explosions ont été entendues dans la capitale, selon un témoin. La compagnie d'électricité DTEK a déclaré avoir rétabli le courant pour plus de la moitié des quelque 90 000 foyers privés d'électricité dans la capitale à la suite de l'attaque. Un drone s'écrase en Roumanie
Le ministère russe de la Défense a indiqué sur Telegram avoir ciblé des installations produisant des composants pour drones, un dépôt militaire et un centre logistique dans la région de Kiev.
Dans la région...
20/08 - Mails, Teams, messageries… Et si le plus efficace était encore de se parler ?Par quel moyen communiquer avec son interlocuteur au travail ? Le petit mot sur papier qu’un collaborateur glisse à un dirigeant en pleine réunion ou le post-it collé sur un écran pour ne pas oublier une tâche essentielle sont toujours d’actualité. Pour le reste, les échanges sont désormais numériques : mails, SMS, messageries internes et parallèles, réseaux sociaux, Teams… Trop de choix tue l’efficacité
Agile et pratique côté pile, cette profusion d’outils se révèle, côté face, chronophage : 56 % des employés français déclarent perdre du temps à alterner entre sept canaux de communication différents en moyenne, tandis que 43 % disent passer à côté de certains messages, dispersés sur différents supports ("L’état des lieux des communications en entreprise à l’ère de l’IA", Mitel/ Vanson Bourne, 2026). Or, au travail, contacter son interlocuteur et pouvoir être contacté est primordial.
Un paradoxe se dessine donc : ces canaux sont devenus indispensables aux entreprises sans pour autant convaincre ceux qui les utilisent. Ainsi, selon cette même étude, alors que 93 % des décideurs IT considèrent les outils de communication comme essentiels au bon fonctionnement de l'entreprise, seuls 22 % des travailleurs les jugent réellement efficaces pour leur travail.
Faut-il y voir un problème de "transformation digitale" ? Non, répond Christophe Chamy, vice-président Europe du Sud chez Mitel, fournisseur mondial de solutions de communication : "Nous sommes déjà dans une maturité...
20/08 - Cette mystérieuse cyberattaque qui plonge le havre fiscal du Liechtenstein dans la tourmenteLa petite principauté du Liechtenstein est confrontée à la pire épreuve de son histoire tricentenaire : la cyberattaque dont elle a été victime au cœur de l’été met en péril sa réputation de havre financier pour les super riches. Révélée début août, l’incursion informatique a permis à des hackers non identifiés de dérober les identités réelles de dizaines de milliers de personnes ayant placé leur fortune dans des établissements locaux de manière anonyme, sous couvert de fondations ou de fiduciaires.
La fête nationale du mini-État montagneux pris en sandwich entre la Suisse et l’Autriche, qui ne compte qu’à peine plus de 40 000 habitants, s’est pourtant déroulée le 15 août comme si de rien n’était dans la capitale, Vaduz. Depuis le château médiéval qui surplombe la vallée, la maison princière a même saisi l’occasion pour annoncer une petite révolution dans la succession au trône, qui sera désormais ouverte aux femmes. L’abolition de la primogéniture masculine n’aura pas d’impact à court terme puisque après le prince régnant Hans Adam II, non seulement le prince héritier Aloïs mais aussi le fils aîné de celui-ci, Wenzel, sont des mâles.
La cyberattaque, en revanche, risque d’avoir des conséquences beaucoup plus immédiates. Pour une place financière comme le Liechtenstein, qui attire les capitaux privés en quête de fiscalité douce, la confidentialité des données des clients est le bien le plus précieux. De nombreux Européens aisés y font gérer leur fortune et la...
20/08 - 40 000 milliards de dollars : la dette publique américaine atteint un niveau recordLa dette totale des Etats-Unis a dépassé pour la première fois les 40 000 milliards de dollars, a rapporté mercredi 19 août le département américain du Trésor, alimentant les craintes d'une crise financière à l'horizon alors que le bond des coûts liés aux programmes sociaux et aux versements d'intérêts dépasse de loin les recettes, freinées par les allègements d'impôts.
Selon le dernier rapport du Trésor américain sur les soldes de trésorerie et de dette, l'encours total de la dette publique des Etats-Unis s'élevait mardi à 40 047 milliards de dollars, dont 32 266 milliards de dollars de titres obligataires et 7 782 milliards de dollars de dette intra-gouvernementale.
La dette du gouvernement fédéral américain a plus que doublé en moins d'une décennie, alors qu'elle s'élevait à 19 950 milliards de dollars en janvier 2017 au moment de l'investiture de Donald Trump pour son premier mandat présidentiel.
Environ un tiers de cette hausse s'est produit au cours des deux années d'emprunts frénétiques contractés par le gouvernement américain pour financer les mesures de lutte contre la pandémie de Covid-19 mises en oeuvre par Donald Trump puis Joe Biden. Les choix de politique budgétaire du républicain et du démocrate, combinés à des déséquilibres fiscaux de longue date, expliquent le reste. Des organismes de surveillance budgétaire alertaient depuis des semaines sur la dette, anticipant que celle-ci dépasserait le seuil des 40 000 milliards de dollars et prévenant qu'une...
20/08 - Retraites : le gel des pensions, le pari à haut risque de Roland Lescure"Une indexation plus modérée". Il a fallu peser soigneusement le vocable pour aborder un sujet qui déchaîne les passions depuis deux ans. Au point de faire chuter à lui seul un gouvernement – Michel Barnier s’en souvient. Malgré tout, dans son interview à Libération de la mi-août, Roland Lescure s'est jeté à l’eau en évoquant la possibilité d’une "contribution des retraités aisés" qui passerait par la non-revalorisation de leurs pensions par rapport à l'inflation. Le ministre de l’Economie marche sur des œufs pour ouvrir ce débat pourtant légitime dans un pays qui doit réduire son déficit public (5,1% fin 2025) en dépit de la crise du détroit d’Ormuz, de la canicule et des incendies, facteurs aggravants de la dérive structurelle des comptes de la nation. Pendant ce temps, la charge de la dette s’alourdit d’autant plus que le taux d'emprunt français grimpe : 34,5 milliards d’euros d’intérêts versés au seul premier semestre. Dans la revue des dépenses publiques qui s’impose, impossible d’omettre le poste des pensions de retraite, qui en concentre près du quart.
A Bercy, on tâtonne encore sur les modalités de cette potentielle dérogation. "Est-ce qu’on la fait ou non ? A partir de quel seuil ? Comment éviter les effets de palier ? Les réflexions sont en cours", indique-t-on dans l’entourage de Roland Lescure. Le gel de toutes les pensions permettrait d’économiser 6 milliards d’euros, sur la base d’une inflation de 2 %. La moitié en ciblant uniquement les retraites...
19/08 - Didier Raoult : 758 publications épinglées, l’IHU de Marseille de nouveau dans la tourmenteUne équipe internationale de scientifiques a passé au crible 2 674 articles publiés entre 1994 et 2024 par l'Institut hospitalo-universitaire en maladies infectieuses de Marseille (IHU), le grand centre de recherche marseillais cofondé par Didier Raoult. Sur ce total, 853 publications présentent des "préoccupations éthiques et juridiques substantielles", selon une analyse publiée ce mois-ci dans la revue Research Integrity and Peer Review. Didier Raoult apparaît comme coauteur dans 758 de ces articles litigieux.
Les problèmes recensés sont multiples : absence d'approbation éthique enregistrée pour 343 articles, obtention rétroactive d'autorisations après le début des études, réutilisation d'une même approbation pour plusieurs travaux distincts, et au moins 78 articles décrivant des recherches biomédicales qui ne semblent pas respecter la législation française en matière de protection des sujets humains. Ces dysfonctionnements ont déjà conduit au retrait de 64 articles et à l'apposition d'une "expression de préoccupation" sur 270 autres, signalant des doutes majeurs sur la rigueur scientifique de ces travaux. Une influence jusqu'à la Maison-Blanche
Didier Raoult avait accédé à une notoriété mondiale en mars 2020, lorsque son équipe avait publié une étude affirmant que l'hydroxychloroquine, un médicament antipaludéen, était efficace contre le Covid-19, surtout en association avec l'azithromycine. Cette étude, depuis rétractée pour des raisons éthiques et scientifiques en...
19/08 - Classement de Shanghai : "Le palmarès de Leiden mériterait d’être davantage connu"Alors que les amphithéâtres sont encore désertés, tombent chaque été les résultats du classement de Shanghai. Cette année encore, pas de grande surprise, si ce n’est la progression d’un rang de la France qui intègre le top 10 mondial grâce à ses 27 établissements présents dans le palmarès. Les quatre institutions françaises les mieux classées étant l’Université Paris-Saclay (13e place), l’Université PSL (33e), Sorbonne Université (55e) et l’Université Paris-Cité (57e).
Philippe Baptiste, ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’espace a salué "l’ensemble de la communauté scientifique dont le travail et l’engagement rendent ces résultats possibles et confirment la place majeure de la recherche française dans le monde". Tout en rappelant que "les classements ont leurs limites et ne sauraient constituer une fin en soi".
Toujours largement débattus, les résultats du classement de Shanghai doivent en effet être interprétés avec prudence. Face aux enjeux de souveraineté et à la compétitivité croissante d’un secteur qui s’est mondialisé, d’autres palmarès mériteraient d’être mis en lumière, comme le classement CWTS Leiden Ranking, élaboré à l'université néerlandaise de Leyde. Entretien avec Lauranne Chaignon, ingénieure-bibliomètre à l’université PSL.
L'Express : Ces dernières années, les grandes universités françaises comme celle de Paris-Saclay ou de PSL se sont mises en ordre de bataille pour grimper dans le classement de Shanghai. En quoi est-il...
19/08 - "Notre espèce va disparaître de la planète" : les sombres projections du démographe Paul MorlandLe démographe Paul Morland est l’auteur de plusieurs essais qui montrent comment la démographie a façonné notre monde moderne (The Human Hide, PublicAffairs), examinent le futur de l’humanité (Tomorrow’s People, Pan Macmillan) et avertissent sur la dépopulation (No One Left, Swift Press). Alors que L’Express consacre un numéro double au monde de 2050 vu sous le prisme de la démographie, le Britannique nous explique pourquoi la chute des naissances est un fait majeur, avec des conséquences vertigineuses sur le plan politique et économique. Il évoque aussi l’avenir d’Israël, la rivalité entre les Etats-Unis et la Chine, l'exception historique française et la pacification du monde, qui sera selon lui une maigre compensation du fait de devenir une "maison de retraite mondiale"…
L’Express : "La démographie, c’est le destin", disait Auguste Comte. Vos livres montrent que cette affirmation est bien sûr exagérée, mais confirment que la démographie est une force puissante qui façonne notre avenir…
Paul Morland : Affirmer que la démographie serait une fatalité est évidemment trop simpliste. Si en 1925, j’avais connu toutes les données démographiques sur le monde de cette époque, aurais-je pu prévoir la Seconde Guerre mondiale ? Bien sûr que non. Mais quand on se retourne vers le passé, on constate que les gens ont souvent sous-estimé la démographie en tant que facteur déterminant. On ne pourra jamais prédire l’avenir à 100 %. Mais la démographie crée un contexte dans lequel on...
19/08 - Guerre en Ukraine : la Russie menace le Royaume-Uni, Londres répliqueC'est une mise en garde qui n'est pas passée inaperçue. "Plus l'implication de Londres aux côtés du régime terroriste de Kiev sera profonde, plus le prix à payer sera élevé", a averti l'ambassade de Russie au Royaume-Uni lundi, à la suite d'attaques de drones de fabrication britannique en Russie. Alors que Moscou essuie de lourdes pertes ces dernières semaines, Londres est dans le viseur du Kremlin, qui l'accuse "d'aggraver délibérément le conflit". Ces menaces n'ont pas tardé à faire réagir. "Le Royaume-Uni continuera de soutenir l'Ukraine à 100 % contre cette guerre illégale menée par Vladimir Poutine", a martelé le Premier ministre britannique devant la presse, mardi, à Wolverhampton.Andy Burnham dit son soutien à l'Ukraine
"Nous apportons notre soutien à l'Ukraine afin qu'elle puisse se défendre, et telle a été la position britannique tout au long de ce conflit, sous tous les précédents Premiers ministres", a poursuivi Andy Burnham. "Cela reste mon cas. Nous ne sommes pas des amis de circonstance. Nous serons présents lorsque l'Ukraine aura besoin de nous, et cela ne changera pas."
L'utilisation de tels drones à longue portée fabriqués par des entreprises britanniques s'inscrit dans le cadre de la campagne de frappes massives menée par l'Ukraine. Kiev espère ainsi réduire les revenus de Moscou et faire ressentir aux civils russes l'impact de l'invasion qui dure depuis plus de quatre ans. Selon l'ambassade de Russie au Royaume-Uni, ces frappes confirment que "Londres...
19/08 - Guerre en Iran : la menace qui pourrait faire entrer l’Europe dans le conflitCe mois d’août, pourquoi ne pas faire voyager un conflit ? Selon deux sources proches du régime citées par le Financial Times, les forces iraniennes ont étudié la possibilité de frapper des installations militaires américaines en Europe du Sud-Est si Donald Trump relançait une offensive contre la République islamique. La Bulgarie figure parmi les cibles évoquées : Sofia a autorisé le mois dernier l’utilisation de la base aérienne de Bezmer par des avions ravitailleurs américains. Chypre est également mentionnée, alors qu’une base britannique y avait déjà été touchée par un drone en mars. Les Gardiens de la révolution avaient prévenu : "Toute base utilisée pour frapper l’Iran peut devenir une cible."
Ce durcissement intervient alors que les discussions entre Washington et Téhéran sont à l’arrêt. Donald Trump a déclaré sur ses réseaux qu’aucune négociation n’était en cours ni programmée. À Téhéran, plusieurs responsables considèrent une reprise de la guerre comme une question de calendrier davantage que comme une hypothèse. Le Guide suprême, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, a en parallèle promu plusieurs figures du camp dur à des postes clés de l’appareil sécuritaire et militaire. Message reçu
L’Otan a rapidement fait savoir qu’elle avait reçu le message. Interrogé mercredi 19 août sur ces scénarios, un responsable de l’Alliance a assuré qu’elle était prête à faire face à toute menace et qu’elle ferait "toujours le nécessaire pour défendre l’ensemble de ses alliés". Avec un...
19/08 - Ukraine : une vaste opération anticorruption vise l’entourage de Volodymyr ZelenskyLes agences anticorruption ukrainiennes affirment, ce mercredi 19 août, avoir démantelé un réseau de blanchiment d'argent lors d'une vaste "opération spéciale" baptisée "Forrest Gump". Ce coup de filet vise notamment une directrice adjointe du cabinet de Volodymyr Zelensky, laquelle a été immédiatement écartée par la présidence.
Le Bureau national anti-corruption (NABU) et le Bureau du procureur spécialisé anticorruption (SAPO) ont indiqué dans une vidéo publiée sur YouTube que ce réseau était composé de la cheffe adjointe du cabinet présidentiel, de députés anciens et actuels, de dirigeants des conseils d'administration et de surveillance d'une banque d'Etat et d'autres personnes.
Conformément à la loi ukrainienne, l'identité des personnes concernées n'a pas été divulguée, mais selon la presse ukrainienne, il s'agit notamment d'Iryna Mudra, une proche conseillère de Volodymyr Zelensky au sein de son cabinet présidentiel et du député Vadym Stolar, dont les domiciles ont été tous les deux perquisitionnés ce mercredi. Le bureau de Volodymyr Zelensky a indiqué en fin de matinée qu'Iryna Mudra avait été immédiatement licenciée par décret.
Selon The Kyiv Independent, le domicile de l'ancien député Maksym Mykytas a également été perquisitionné.
Ce groupe d'individus est accusé d'avoir blanchi 150 millions de hryvnias (2,9 millions d'euros) utilisés pour verser des cautions dans le secteur énergétique .Volodymyr Zelensky fragilisé
Cette enquête représente un nouveau...
19/08 - Fisc, Education nationale : la France sous le feu croisé des cyberattaquesC'est à croire qu'aucun service public n'y échappe. Il y a d'abord eu l'Insee en juin, puis un prestataire de la santé publique et l'éducation nationale en juillet, et le fisc, ciblé à plusieurs reprises cet été. Les chiffres sont sans appel : les cyberattaques se multiplient dans l'Hexagone.
Une situation qui inquiète au sommet de l'Etat, d'autant qu'un groupe de pirates, ZeroBytes, a revendiqué la plupart de ces attaques. Le ministre de l’Action et des Comptes publics David Amiel a présenté mardi 18 août des "excuses" pour le piratage d’ampleur, à trois reprises (révélées les 12, 13 et 18 août), de la Direction générale des finances publiques (DGFiP) qui a abouti au vol des données personnelles de quelque 678 000 contribuables, dont 350 000 particuliers. Quel mode opératoire ?
Le premier piratage, qui remonte à fin juin, a visé le système d'information du fisc, le second perpétré fin juillet, toujours revendiqué par "ZeroBytes", a ciblé le Serveur professionnel des données cadastrales (SPDC). Le dernier en date, révélé mardi, concernait cette fois des données liées aux successions.
Si le mode opératoire précis ayant permis ces piratages n'a pas été prouvé, les pirates affirment avoir récupéré l'accès à un VPN utilisé par les agents du fisc et contourné "l'authentification multifacteur", le système imposant une double vérification pour se connecter. "Nos systèmes d’information comportent des faiblesses", a reconnu David Amiel. Quelles données visées ?
Concrètement,...
19/08 - La France risque-t-elle une crise de la dette ? Le budget 2027 dans le viseur des marchésL’irrésistible montée des taux obligataires souverains est l'événement économique de ces dernières semaines. Le taux à 10 ans japonais flirte avec les 3 %, son niveau le plus haut depuis 1996. Le taux britannique a crevé le plafond des 5 % quand son homologue français, protégé par le parapluie de l’euro, a passé la barre des 4 %, du jamais vu depuis 2008.
En réalité, c’est le monde entier qui subit une augmentation structurelle des taux d’intérêt à long terme, y compris quand on les corrige d’une inflation opiniâtre, aux alentours de 2 %. Cette augmentation des taux, nominaux et réels, s'annonce durable car elle relève de facteurs macroéconomiques fondamentaux. Comme les canicules, il ne s’agit pas d’une surprise ou d’un choc mais d’un processus prévisible. Le taux d’intérêt est le prix qui équilibre le marché de l’épargne et celui de l’investissement. Plus l’épargne est abondante par rapport aux besoins d’investissement, plus les taux d’intérêt sont bas. A l’inverse, plus les besoins d’investissements sont élevés par rapport à l’épargne, plus les taux d’intérêt ont tendance à monter. Crainte du "mauvais équilibre"
Depuis trois ans environ, le monde est passé de la première à la seconde configuration. La nécessité de financer la transition énergétique, les besoins du réarmement face à la menace russe et à l’imprévisibilité américaine vis-à-vis de l'Otan et, plus que tout, les investissements colossaux à consentir dans les infrastructures de l’intelligence artificielle...
19/08 - Isipca : comment l’école des nez cultive sa réputation à l’international"A quoi reconnaît-on les étudiants de l’Isipca ? Ils ont pour habitude d’arpenter les locaux des mouillettes à la main, ces fameuses bandelettes de papier absorbant utilisées pour sentir un parfum", décrit Natalie Berkman, directrice des opérations académiques et de la recherche de cette école spécialisée dans les métiers du parfum, de la cosmétique et des arômes. Pourtant, en ce 24 juin, les couloirs de ce campus de 3 800 mètres carrés, niché dans un quartier résidentiel de Versailles, sont inhabituellement silencieux. Les cours de la "summer school" ont été annulés en raison de la canicule qui s’est abattue sur la France. "Cette période estivale est d'ordinaire consacrée à l’accueil de participants internationaux venus suivre des formations courtes sur des thématiques spécialisées", explique Natalie Berkman en entrant dans l’un des quatorze laboratoires.
Ici la climatisation est exclue car elle risquerait d'altérer les essences, mais un système de ventilation a été pensé pour diluer les odeurs. Sur les étagères, des centaines de flacons de jasmin, de violette, de basilic ou de gingembre, sont soigneusement alignés aux côtés des balances disposées sur les paillasses. "Les étudiants de niveau master doivent savoir reconnaître entre 400 et 500 matières premières à la fin de leur parcours", explique Natalie Berkman. Cette diplômée de l’Université de Princeton a rejoint l’Isipca il y a un an. Pour le directeur général Nicolas Salado, le recrutement d’une Américaine au sein...
19/08 - Ukraine : Mykhaïlo Fedorov défie Volodymyr Zelensky et réclame la tenue d’électionsLa pression monte encore d'un cran autour de Volodymyr Zelensky. L'ancien ministre ukrainien de la Défense, Mykhaïlo Fedorov, a appelé mardi 18 août au soir à la tenue d'élections en dépit de la guerre, estimant dans une allocution que l'Ukraine était confrontée à une "crise de gouvernance".
C'est la première fois, depuis le début de l'invasion lancée par la Russie en février 2022, qu'une personnalité politique majeure en Ukraine effectue une telle demande, constituant le plus grand défi interne auquel est confronté le président ukrainien Volodymyr Zelensky. "La démocratie ne peut être tenue en otage par la Russie", a dit Mykhaïlo Fedorov. "Nous devons trouver un mécanisme légal, sûr et réaliste qui permettra à l'Ukraine de renouveler son plein processus démocratique, même dans les conditions d'une guerre longue."
Mykhaïlo Fedorov, 35 ans, qui a été à la tête de la Défense pendant six mois à peine, a diffusé son allocution sur YouTube quelques heures seulement après que Volodymyr Zelensky a annoncé avoir demandé au Parlement de confirmer mercredi la nomination du nouveau ministre de la Défense, Yevhenii Khmara.
Dans une critique à peine voilée du président ukrainien, Mykhaïlo Fedorov a déclaré que l'Ukraine était confrontée à une "crise systémique de gouvernance". "L'ancien système vit trop souvent selon ses propres règles. Il se protège. Il a peur du changement", a-t-il dit."Notre peuple est prêt pour un pays différent"
Sans donner de noms, Mykhaïlo Fedorov a dénoncé...
19/08 - Attaques hybrides : "La Russie agit déjà comme si elle était en guerre contre l’Otan"Le Vieux Continent connaît un mois d'août tout sauf tranquille. En l'espace de quelques jours, les incidents suspects se sont multipliés dans plusieurs pays européens. Dans la nuit du 4 au 5 août, un drone équipé d'un "engin explosif" a été découvert sur le tarmac de l'aéroport de Leipzig-Halle, en Allemagne. La même semaine, un ressortissant russe a été interpellé en Pologne, soupçonné d'avoir voulu assassiner un citoyen américano-ukrainien. Le 13 août, une puissante explosion a eu lieu à Colleferro, en Italie, dans une usine de KNDS Ammo, qui fabrique des munitions pour Kiev. En France, les soupçons d'ingérence à l'encontre de candidats à la présidentielle se multiplient.
Dans plusieurs de ces dossiers, les regards des enquêteurs se tournent à l'Est, vers Moscou. Alors que la guerre s'éternise en Ukraine, le Kremlin semble gagner en témérité. Décryptage avec Emily Ferris, chercheuse associée senior au sein du département d'études sur la sécurité internationale du Royal United Services Institute, spécialiste de la politique intérieure russe et des vulnérabilités des infrastructures militaires et des chaînes logistiques du pays.
L'Express : Voyez-vous une escalade dans la multiplication des incidents ces derniers jours sur le continent, ou la poursuite de ce que nous observons depuis 2022 ?
Emily Ferris : Plusieurs phénomènes distincts sont à l’œuvre. Premièrement, la Russie cherche à tester les défenses de l’Otan pour en repérer les faiblesses. C’est pourquoi on...
19/08 - Pierre Maillard : un proche du général de Gaulle et un potentiel espion russeLes espions font souvent basculer l’Histoire. Dans l’ombre, depuis des siècles et partout sur la planète, certaines opérations ont défini le monde tel que nous le connaissons. Dans “Nid d’espions”, le podcast de L’Express consacré au renseignement, on ouvre un dossier secret-défense, dans lequel le rôle des espions a tout changé.
En 1969, Alfred Hitchcock réalise l’un de ses derniers films, L’Etau, d’ailleurs peu plébiscité par la critique. Comme souvent, il décide d’adapter un livre sorti deux ans plus tôt : un best-seller intitulé Topaz, de l’écrivain américain Leon Uris.
L’Etau suit donc un agent des services secrets français, André Devereaux. Il enquête sur un réseau d’espionnage soviétique surnommé Topaz. Une mission qui va l’emmener de New York à Cuba en passant par Paris. Au cœur de l’affaire, un influent conseiller qui serait infiltré au sommet de l’Etat français et ferait passer des informations sensibles à l’URSS. Pour l’aider dans ses recherches, André Devereaux peut compter sur son ami Jacques Granville, interprété par un certain Michel Piccoli. Notre espion découvre alors que Jacques Granville l’a trahi et qu’il est justement la taupe !
L’histoire est inspirée de la réalité : l’affaire Martel. En décembre 1961, Anatoli Golitsyne, un commandant du KGB, fait défection aux Etats-Unis. Il livre aux renseignements américains de nombreux noms d’espions soviétiques infiltrés en Occident. Et il affirme qu’il y a, au cœur du cabinet présidentiel de Charles de...
18/08 - De "petit gros" à "ami", la volte-face de Donald Trump sur Kim Jong-un"Nous nous entendons à merveille". C'est ce qu'a écrit Donald Trump sur son réseau Truth Social, le week-end dernier, en légende d'une photo le montrant en compagnie de Kim Jong-un. Il justifiait ainsi la réduction du nombre d'exercices militaires partagés entre les États-Unis et la Corée du Sud, ajoutant que le contraire enverrait "un signal totalement inapproprié et hostile à un pays qui, depuis [sa] présidence, s'est montré non menaçant et respectueux".
Cette décision s'inscrit en contradiction avec la politique des précédents présidents américains, qui ont toujours considéré la Corée du Nord comme un adversaire. Elle est néanmoins dans la droite ligne des relations qu'entretiennent les deux dirigeants depuis quelques années. Rien ne laissait présager cette évolution tant leurs premiers échanges ont été houleux.Surenchère d'insultes
Moins d'un an après son élection en 2016, Donald Trump qualifie Kim Jong-un d'"homme-fusée" lors d'un discours virulent à la tribune de l'ONU, fin 2017, en référence aux missiles fréquemment lancés par Pyongyang. Le dirigeant nord-coréen lui avait répondu en le traitant de "gâteux américain mentalement dérangé". S'engouffrant dans la surenchère, Donald Trump l'avait qualifié de "fou".
Cet échange a donné le ton des années qui ont suivi, où Donald Trump a multiplié les invectives, voire les menaces à l'adresse de son homologue, sur un registre parfois vulgaire : "petit gros", "criminel haineux condamné à mort par le peuple coréen" en...
18/08 - Présidentielle 2027 : entre Edouard Philippe et Gérald Darmanin, les dessous d’un amour vacheEdouard, un ami a une surprise pour toi ! Le vendredi 7 mars 2025, Gérald Darmanin téléphone à un proche d’Edouard Philippe pour lui annoncer la bonne nouvelle. Il vient de vanter les mérites du maire du Havre dans l’émission Quelle époque ! de Léa Salamé. Lui, l’ami turbulent, a ouvert son cœur à une heure de grande écoute. Le chef est prévenu : "Edouard, tu verras demain soir, Gérald dit du bien de toi !" Voilà un week-end qui commence parfaitement. Avant la douche froide, devant les images. Le Normand sera-t-il le candidat du bloc central ? "Ce n’est pas à moi de le dire, il faut un projet d’abord…" Darmanin compte-t-il le soutenir ? "S’il ne s’impose pas naturellement, il faudra une primaire." Et qu’on n’invoque pas leur amitié pour justifier un ralliement docile. "Je ne fais pas de la politique pour mon pays parce que j’ai des copains." Edouard Philippe est devant son poste comme sur le ring qu’il a l’habitude de fréquenter, il encaisse. "Ah, d’accord, ça ressemble à ça quand il dit du bien…", lâche l’ancien Premier ministre.
Gérald Darmanin a de nouveau "dit du bien" d’Edouard Philippe. Toujours à sa manière, fidèle à l’amour vache qui lie les deux hommes. Dans un entretien à La Voix du Nord, le ministre de la Justice annonce son soutien à la candidature présidentielle du maire du Havre, un homme aux "qualités d’homme d’Etat, qui a l’expérience du pouvoir, et, par ailleurs [...] le mieux placé". Mais ce ralliement est parsemé de mises en garde envers le leader...
18/08 - Yvette Roudy, pionnière des droits des femmes, est morte à 97 ansAvant Yvette Roudy, l’égalité entre les femmes et les hommes figurait déjà parmi les grands principes : elle a eu la bonne idée de vouloir l’appliquer. L’ancienne ministre, décédée ce mardi 18 août à 97 ans, en avait fait le fil rouge d’une carrière politique de plusieurs décennies. Sa disparition, annoncée par son neveu Jean-Pierre Saldou, est survenue dans la résidence médicalisée de Cabestany, dans les Pyrénées-Orientales, où elle vivait depuis trois ans. Première titulaire d’un véritable ministère des Droits de la femme, de 1981 à 1986 sous François Mitterrand, Yvette Roudy avait donné à ce portefeuille une consistance qui dépassait largement son intitulé.L’IVG, du droit à l’accès
Le premier dossier suffit à situer l’époque. L’IVG était légale depuis la loi Veil de 1975, mais pas encore remboursée par la Sécurité sociale. Yvette Roudy obtient ce remboursement en 1982 et se bat pour que des places soient réservées dans les hôpitaux.
L’année suivante, elle fait voter la loi qui portera son nom sur l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. Le texte interdit notamment de refuser une embauche, une promotion ou une formation en raison du sexe et impose aux entreprises un "rapport de situation comparée". L’application, elle, prendra davantage son temps : Yvette Roudy dénoncera pendant des années le peu d’empressement à faire respecter la loi. Les premières sanctions contre certaines entreprises n’arriveront que des décennies plus tard.Des bureaux aux bancs...
18/08 - Kim Jong-un, et si son successeur était une femme ? Comment la Corée du Nord se féminiseDebout sur le pont d'un destroyer balayé par les embruns, la jeune fille, en tailleur-pantalon, le bras tendu vers la mer, semble indiquer quelque chose à l'horizon à son père, Kim Jong-un. La photo, diffusée par l’agence officielle KCNA début juin, a été prise lors d’un essai du nouveau fleuron de la flotte nord-coréenne. Le message est limpide : âgée d'environ 13 ans, l’adolescente jouerait un rôle de plus en plus important aux côtés du tout-puissant dirigeant du Royaume ermite.
Nul ne sait si Ju-ae partage la passion de son père pour la chose militaire. La jeune fille au visage poupin l’accompagne pourtant dans la plupart de ses "inspections" d'équipements de défense. Les observateurs y voient le signe qu’elle pourrait lui succéder à la tête de la seule dynastie communiste de la planète. Même les services secrets sud-coréens en semblent convaincus. Après avoir longtemps cru que Kim Jong-un avait un fils - qu'il aurait pu préparer en secret - ils pensent désormais que ce n’est pas le cas.
Au-delà de la question centrale de la succession, l'omniprésence médiatique de Ju-ae témoigne d'une féminisation de l’entourage d’un leader moins traditionaliste que ses prédécesseurs et, plus largement, du régime. Autoproclamée "paradis pour les femmes", la République populaire et démocratique de Corée garantit certes depuis sa création en 1948 l’égalité politique et économique entre les hommes et les femmes. "Sauf que la femme socialiste idéale était censée être réservée, prête au...
18/08 - Canada : les concessions de Mark Carney pour éviter les droits de douane de Donald TrumpMoins d'une journée pour trouver un accord. C'est le temps dont dispose le Premier ministre canadien, Mark Carney, pour éviter à son pays de subir une hausse de 50 % des droits de douane imposés par son voisin américain. L'ultimatum est fixé ce mardi à minuit (six heures du matin le mercredi 19 août à l'heure de Paris). La fin des négociations, déjà entamées, s'annonce ardue : il y a quelques semaines, Donald Trump a qualifié d'"odieux" et de "méchants" les dirigeants canadiens, dans des propos rapportés par plusieurs médias américains.
Les relations commerciales entre les deux pays, historiquement exemptés ou presque de droits de douane, se sont encore dégradées depuis que Donald Trump a invoqué, le mois dernier, un texte de 1930 jamais utilisé, la "Section 338" d'une loi américaine. Selon l'interprétation de la Maison-Blanche, elle permet au président d'imposer des droits de douane si une "discrimination" ou un "déséquilibre" menacent le commerce des Etats-Unis par rapport à un autre pays.
Jusqu'ici, le Canada applique des mesures de rétorsion décidées par le gouvernement précédent, celui de Justin Trudeau. La semaine dernière, Jamieson Greer, le représentant étatsunien au commerce, a annoncé la couleur devant des journalistes lors d'un déplacement dans l'Iowa. "Si un pays prend des mesures de rétorsion à notre encontre, nous ne le tolérerons évidemment pas", a-t-il prévenu.
Déjà, les Canadiens ont levé une partie de ces mesures, comme la taxe sur les transactions en...
18/08 - USS Benfold : quatre jours dans le noir pour une Navy déjà très sollicitéeLe confort n’est assurément pas la première qualité attendue d’un destroyer américain, mais il existe tout de même un minimum syndical, même à bord d’un navire de guerre : de l'électricité, de l’eau potable, et idéalement, des toilettes. Pendant quatre jours, les marins de l’USS Benfold, bateau en service de la flotte américaine, ont dû faire sans. Le 24 juillet, alors que le destroyer naviguait en mer de Chine méridionale avec le groupe aéronaval de l’USS George Washington, une défaillance touchant ses générateurs a provoqué une perte totale d’alimentation électrique. Résultat : plus de cuisine, plus de climatisation, plus de sanitaires fonctionnels et un accès à l’eau potable lui aussi affecté.
La panne n’a heureusement fait aucun blessé ; elle a en revanche transformé un bâtiment conçu pour suivre un porte-avions, lancer des missiles et opérer loin de ses bases en navire à remorquer. Le croiseur USS Robert Smalls, autre type de navire de guerre conçu pour escorter une flotte et qui faisait partie du même groupe aéronaval, a fourni des repas à l’équipage. Des remorqueurs civils ont ensuite conduit le Benfold jusqu’à Subic Bay, aux Philippines, où il est arrivé le 28 juillet. Dès le lendemain, les marins ont été logés et nourris à terre. L’électricité a été rétablie le 30 juillet. Les réparations ont été achevées le 7 août et le destroyer a quitté Subic Bay le lendemain. Mauvais timing en mer de Chine
L’US Navy enquête encore sur l’origine exacte de la défaillance. Son...
18/08 - Limogé pour avoir dit la vérité : Andrei Klepach, l’économiste russe qui a osé dire que Moscou perdait la guerreDeux jours après des révélations dans le Moscow Times, le couperet est tombé. L'économiste en chef de la deuxième banque russe VEB, en poste depuis 12 ans, a été limogé, le Kremlin n'ayant visiblement pas apprécié ses commentaires critiques sur l'état de l'économie, à en croire le média indépendant russe The Bell.
Lors d'un événement organisé en mai par le Club Nikitsky de la Bourse de Moscou, Andrei Klepach avait notamment averti sur le fait que la Russie ne gagnerait pas une guerre économique prolongée contre l'Ukraine et que les craintes d'un effondrement économique imminent de l'Ukraine étaient infondées. Pas du goût de Vladimir Poutine... "La Russie à la traîne", "une crise sociale inévitable"
Pas plus d'ailleurs que ses autres déclarations. Il avait aussi déclaré que les pressions exercées sur l'économie russe par la guerre entraîneraient inévitablement une "crise sociale" qui éclaterait "au moment où personne ne s'y attendrait particulièrement". Ou encore que la Russie était à la traîne par rapport à la Chine et aux Etats-Unis sur le plan technologique.
Des commentaires qui constituent une rare reconnaissance, de la part d'un économiste russe de haut rang, des difficultés économiques croissantes du pays, à rebours du discours tenu par Vladimir Poutine. Le président russe continue en effet de maintenir que l'économie russe résiste avec succès aux pressions de la guerre et que l'épuisement économique de l'Ukraine n'est qu'une question de temps.Le Kremlin fait le...
18/08 - Moyen-Orient : pourquoi Donald Trump menace de bombarder Oman, un allié historique des Etats-UnisC’est la valse des coups de pression : Donald Trump a de nouveau menacé de frapper Oman s’il "se mettait en travers" des négociations avec l’Iran. Selon le journaliste de Fox News, qui rapportait leur échange, le président américain a employé une formule quelque peu plus vulgaire : "On leur bombardera la gueule". Quelques heures plus tard, ce lundi 18 août, dans le bureau Ovale, il a simplement expliqué que les Omanais ne s’étaient "pas très bien comportés", sans donner davantage de détails. Le calendrier aide à comprendre l’irritation : Washington assurait depuis plusieurs semaines qu’un accord avec Téhéran restait possible. Le délai de soixante jours fixé en juin pour parvenir à un règlement a pourtant expiré lundi, sans avancée décisive sur le nucléaire ni fin de la guerre. Au même moment, Oman avançait de son côté avec l’Iran sur un autre dossier devenu central : la réouverture du détroit d’Ormuz. Ormuz, nerf de la guerre
Avant la guerre, environ un cinquième du pétrole mondial et du gaz naturel liquéfié transitait par le sultanat qui borde la rive sud du détroit, face à l’Iran. Depuis les attaques américano-israéliennes contre l’Iran en février, le passage est largement fermé, avec des conséquences directes sur le marché de l’énergie et les prix américains à la pompe. Le gouvernement d’Oman discute donc avec celui de l’Iran d’un dispositif permettant à davantage de navires commerciaux de circuler. Lundi, le ministère iranien des Affaires étrangères affirmait même...
18/08 - Les médias ont-ils "lynché Jason Arday" ? Quelques vérités dérangeantes sur cette tragédie qui agite le Royaume-UniNotre époque aime les martyrs. La mort tragique de Jason Arday à l’âge de 41 ans fournit aujourd’hui à la gauche antiraciste une victime de choix, et une indignation collective. Présenté comme "le plus jeune professeur noir de l’université Cambridge", ce sociologue de l’éducation, fils d’immigrés ghanéens, avait démissionné le 5 août après des accusations de plagiat et d’affabulation. Il a été retrouvé mort le 14 août à Londres. Depuis, le récit dominant qu’on peut lire en France, même dans la presse de droite comme Le Figaro, est celui d’un universitaire diagnostiqué autiste, donc très "vulnérable", victime d’une infâme campagne de la part de la presse britannique, sur fond de racisme. Ont notamment été repris les propos de Lord Woolley, directeur du Homerton College de Cambridge, qui l’a qualifié de "formidable jeune homme au grand cœur", assurant qu'"il a été lavé de tout soupçon de plagiat par la John Moores University et pourtant, il a subi une chasse aux sorcières des plus horribles, toxique et féroce, que très peu d’entre nous auraient pu supporter". Le militant antiraciste Ibram X. Xendi est allé jusqu’à affirmer que "les médias ont lynché Jason Arday".
Il suffit pourtant de se pencher sur la presse anglophone pour constater que des journalistes sérieux ont simplement fait leur travail en contredisant les nombreux mensonges qui ont permis à Jason Arday de devenir une célébrité académique et médiatique. Le New York Times, pas franchement un quotidien...
18/08 - Le "quoi qu’il en coûte aux assurés" est le nouveau mantra des politiques publiques, par Antoine LevyLe mois d’août, inhabituellement riche en actualités, a vu se succéder des événements que rien ne semble, de prime abord, rapprocher. Les feux géants qui ont dévasté la Gironde et détruit nombre d’habitations et d’exploitations industrielles et agricoles ; les annonces gouvernementales d’un ajustement budgétaire qui devrait passer, en partie au moins, par des coupes dans le budget de l’assurance maladie et le basculement mécanique d’un certain nombre de prestations et de remboursements dans le champ des mutuelles de santé privées ; l’accroissement de la "taxe attentat" destinée à financer le fonds de garantie des victimes de terrorisme et prélevée sur les contrats d’assurance multirisques ; ou encore l’annonce d’une estimation pharaonique, en centaines de milliards d'euros, du coût potentiel du retrait-gonflement des sols argileux, risque qui concernerait plus de 12 millions de logements en France.
Tous ont pourtant ce point commun de voir se télescoper enjeux de politiques publiques, difficultés de financement et couverture finale quasi obligatoire du risque par des assurances privées. Dans chaque cas, l’intense demande sociale et démocratique de protection ou d’indemnisation complète contre les événements, qui s’exerce envers les gouvernements, les pousse à transférer vers le secteur privé le coût financier de cette prise en charge, tout en le dissimulant autant que possible dans des primes d’assurance qui couvrent désormais un éventail de sinistres bien plus vaste...
18/08 - L’Otan à portée de frappe de la Russie : les bases secrètes de drones de Vladimir PoutineVladimir Poutine construit-il des bases secrètes capables de lancer des drones à l'intérieur du territoire de l'Otan ? C'est ce que semble indiquer une récente enquête du journal britannique The Telegraph, qui révèle l'existence de dix bases du Kremlin pouvant propulser des drones à longue portée. Certains de ces sites auraient été aménagés à partir de bases militaires et d’aéroports civils, tandis que d’autres plateformes de lancement auraient été creusées directement dans les zones rurales russes.
Si certaines de ces bases de drones sont déjà utilisées pour frapper lourdement l'Ukraine, elles représentent également une menace à long terme pour les alliés de l’Otan, la Pologne en tête. Des responsables européens et américains du renseignement estiment même que la Russie envisage une provocation armée sur le sol polonais, des frappes contre des infrastructures essentielles, ou encore des attaques sous faux drapeau qui seraient attribuées à l’Ukraine. 59 nouveaux rails de lancement
À partir de documents ayant fuité et d’images satellites, le Telegraph a identifié au moins 59 nouveaux rails de lancement, le long de la frontière russe avec la Biélorussie et l’Ukraine. Sur ces 59 rails, 20 semblent être plus longs que les autres, selon les images analysées par la société de renseignement DroneSec, ce qui leur permettrait de lancer des drones à longue portée.
Les images révèlent aussi une augmentation importante de la présence de ces drones de haute technologie. Une des...
18/08 - De Gaulle après l’attentat du Petit-Clamart : "Sur le moment, j’ai pensé : ce ne serait pas une mauvaise fin"Cet article a été publié pour la première fois dans L'Express du 30 août 1962
"Cette fois, c'était assez tangent...", dit le général de Gaulle, avec son tranquille courage. Un guet-apens réussi (avec quelles complicités ?) et des armes de guerre en action ! Ces messieurs font des progrès. Le chef de l'Etat sera-t-il victime de ce qui sera, aux yeux des historiens, son titre de gloire ?
Un parlementaire, dont la loyauté est reconnue de tous et qui est apparenté à de Gaulle, a déclaré après l'attentat que les assassins auraient détruit "tout à la fois, à travers la personne du chef de l'Etat, la République, la démocratie et notre liberté". Tragique tableau de l'instabilité d'un Etat qui repose, comme sur un pivot, sur une tête ! Une guerre civile contre un seul homme et la France à la merci d'un tueur ! Le constater, n'est-ce pas dire aux conjurés : "Tuez-le et vous gagnez !" Et n'est-ce pas aussi travailler inconsciemment à leur succès, après le crime, que d'inciter à la panique pour le jour où il serait commis ?
Quelque temps après le premier attentat, le général de Gaulle m'avait dit : "Sur le moment, j'ai pensé : ce ne serait pas une mauvaise fin."
Car les grands hommes sont moins soucieux de leur personne que de leur personnage.
— Détrompez-vous, lui répondis-je, on vous reprocherait d'avoir modelé une Constitution à votre convenance et d'avoir pensé : "Après moi, le déluge !" Il est urgent de réformer la Constitution, et vous seul, aujourd'hui, pouvez y...
18/08 - Un campus, combien ça rapporte ? Le poids économique insoupçonné des universités pour les territoiresDu professeur salarié de l’école au restaurateur voisin, en passant par le propriétaire qui loue un appartement aux étudiants et à l’entreprise qui s’appuie sur la main-d’œuvre d’élèves en apprentissage… Quel est l’impact financier des établissements d’enseignement supérieur sur l’économie locale ? "Nos 26 campus implantés dans toute la France accompagnent des entreprises locales et bénéficient aux territoires. Il était donc logique que nous nous penchions sur cette question", explique Jean-Marc Ogier, directeur général de Cesi Ecole d’ingénieurs. Selon une étude menée par le cabinet Utopies et publiée au printemps, l’activité du groupe génère près d’un milliard d’euros de PIB chaque année et soutient 36 000 emplois en France. De quoi inciter certains élus à mettre la main au portefeuille. L’investissement de la région Normandie dans le campus de Rouen, en 2020, aurait ainsi généré en cinq ans une richesse trente fois supérieure à la mise initiale, soit près de 100 millions d’euros.
Bon nombre d’écoles font leurs comptes et brandissent ce type d’études chiffrées, véritables outils de communication stratégiques. "Elles nous permettent de démontrer aux collectivités qu’il est avantageux de miser sur nous", reconnaît Jean-Marc Ogier. A l’heure où la recherche de nouvelles pistes de financement s’impose comme une priorité pour les établissements, l'argument pèse d'autant plus. Kedge Business School met, elle aussi, en avant son label BSIS (Business school impact system) qui...
18/08 - Marquer les textes générés par IA : pourquoi l’idée d’Anthropic est un parapluie trouéAprès les louanges, les critiques. Le 11 août, Anthropic a annoncé que les textes produits par ses modèles Claude porteraient désormais une marque invisible. Les réactions ont été vives, entre accusations de mouchardage et crainte d’être signalé comme tricheur. L’objet technique est plus modeste que la controverse. Une IA produit son texte token par token, ces fragments de mots qui servent d’unité de calcul et de facturation. À chaque étape, plusieurs suites sont plausibles et elle en choisit une au hasard. Le filigrane consiste à truquer discrètement ce tirage au sort en favorisant une moitié du vocabulaire désignée par une clé secrète.
Sur une phrase, l’écart reste indétectable. Sur plusieurs centaines de mots, un test statistique permet de retrouver la trace de l'IA. Contrairement à ce qui a circulé, aucun caractère invisible n’est ajouté dans le texte et la réponse ne consomme pas davantage de tokens. Ce que le procédé dépense, c’est de l’entropie : la marge de choix du modèle.
Cette technique se heurte à plusieurs limites. Un texte court généré par IA n'affiche aucun signal fiable de sa provenance. L’article fondateur de John Kirchenbauer et de ses coauteurs de l’université du Maryland évoquait en 2023 un seuil autour de vingt-cinq tokens. Le code informatique lui, résiste, au marquage, puisqu’on ne peut pas y remplacer un mot par un synonyme sans casser le programme. Rédigé par un humain, édité par Claude
Anthropic rappelle également dans sa documentation que le
17/08 - "Non aux data centers" : pourquoi l’opposition à l’IA pourrait nous coûter cherLundi 27 juillet, Milford, Michigan. Alors que Donald Trump vante le retour de la production manufacturière aux États-Unis, six militants munis de pancartes "Stop Data Centers" interrompent son discours, aux cris de "Non aux data centers, les gens paient l’addition". La scène, en apparence anecdotique, témoigne de la montée en force de l’opposition à la construction de nouveaux centres de données, les "usines" de la révolution de l’intelligence artificielle. Il y a tout juste un an, 43 % des Américains se disaient encore favorables à l’installation d’un data center près de chez eux. Neuf mois plus tard, ce chiffre tombait à 21 %. Au premier trimestre 2026, au moins 75 projets représentant environ 130 milliards de dollars d’investissements auraient été perturbés, selon le Data Center Watch. En France et en Europe, la contestation gagne également du terrain, sans atteindre l’ampleur observée outre-Atlantique.Reprendre le contrôle
Le plus souvent, les collectifs opposés aux projets de construction émergent au niveau local et dénoncent une consommation excessive d’eau et d’électricité – qui pourrait se répercuter sur les factures des habitants -, des nuisances sonores et visuelles, l’impact environnemental de l’IA et l’absence de retombées suffisantes sur l’emploi. À première vue, donc, le mouvement présente tous les traits d’un syndrome "Nimby" (acronyme de "Not in my backyard", ou "pas dans mon arrière-cour"). Mais pour Adam Thierer, chercheur au sein de l’équipe...
17/08 - Moyen-Orient : le plan secret du régime iranien pour élargir le conflitLa trêve irano-américaine, signée ce 17 juin, n’aura pas beaucoup souffert de l’oisiveté. Téhéran devait rouvrir le détroit d’Ormuz puis négocier sur son programme nucléaire ; Washington promettait notamment des exemptions de sanctions sur le pétrole et l’accès à plusieurs milliards de dollars gelés. En coulisses, pourtant, les tenants de la ligne dure du régime iranien avaient profité de l’accalmie pour préparer la suite. Trois semaines plus tard, l’Iran tirait sur des navires escortés par les États-Unis. Surprise à Washington ; beaucoup moins, semble-t-il, à Téhéran : selon des responsables iraniens et arabes cités par le Wall Street Journal, les tenants de la ligne dure du régime n’auraient jamais considéré l’accord comme le début de la fin. Leur lecture était inversée : elle pouvait servir aux États-Unis et à Israël à soulager l’économie mondiale, gagner du temps, puis préparer une attaque plus importante. Ils auraient donc utilisé les deux mois suivants pour se préparer à une confrontation plus large. En diplomatie, chacun lit les petites lignes : les deux capitales, ici, ne semblaient pas lire le même document. L’appareil militaire se durcit
Le changement se joue d’abord à l’intérieur de l’appareil militaire. Les Gardiens de la révolution ont obtenu davantage de contrôle sur l’armée régulière, tandis que plusieurs vétérans de la guerre Iran-Irak ont retrouvé des postes clés. Mohsen Rezaei, qui dirigeait les Gardiens dans les années 1980, a été nommé secrétaire du...
17/08 - Bugs en série, dossiers disparus : le logiciel "moyenâgeux" qui empoisonne le quotidien des policiersGarder son calme, et ne surtout pas cliquer en pagaille face aux caprices de la machine. En près de dix ans d’exercice au sein d’une brigade d’investigation de l’est de la France, Maud* a appris à ses dépens à gérer les innombrables bugs, plantages et problèmes de déconnexion du fameux logiciel de rédaction des procédures de la police nationale (LRPPN), dont les imprévisibles pannes sont connues - et redoutées - par la quasi-totalité de ses collègues. "Pour le dire très clairement : c’est un outil obsolète avec lequel nous devons pourtant travailler tous les jours et qui nous fait perdre un temps fou", peste cette officière de police judiciaire (OPJ), qui n’a pourtant guère de temps à perdre en mésaventures informatiques. Dans certains cas, ce programme utilisé par les enquêteurs pour rédiger leurs procès-verbaux (PV) ou leurs actes judiciaires et administratifs peut même donner des sueurs froides aux agents : au cœur de l’été, Maud a par exemple cru qu’elle n’arriverait pas à envoyer les documents nécessaires aux magistrats de deux tribunaux différents, dans le cadre d’une garde à vue de mineurs poursuivis pour dégradations.
"On avait une présentation devant les juges à 15 heures, et le logiciel a complètement planté à 13 heures", résume la policière. Les factures et photographies annexées sous format PDF dans le dossier n’apparaissaient soudainement plus sur l’écran, et les nouveaux éléments que l’enquêtrice a tenté de télécharger ne s’intégraient pas. Habituée, Maud a...
17/08 - Un sommet, une île et une capitale : quatre jours inoubliables dans le canton de BerneIl suffit parfois de quelques kilomètres pour changer complètement de décor. Dans le canton de Berne, on passe des reliefs sauvages du Jura aux rives paisibles du lac de Bienne, avant de rejoindre une capitale médiévale puis les pâturages de l’Emmental. Quatre ambiances bien distinctes, reliées par un réseau de transports efficace. C’est tout l’intérêt de ce voyage : découvrir une Suisse en miniature, plurielle et bilingue, sans avoir à choisir entre randonnée, culture, gastronomie et escapade urbaine. Le parcours commence dans la région francophone du Grand Chasseral, fait étape à Bienne, puis s’achève entre Berne et l’Emmental.JOUR 1 : Prendre de la hauteur au Chasseral
Le voyage débute là-haut, sur les crêtes du Grand Chasseral. Dans ce parc naturel régional Chasseral de 549 km², les sentiers traversent pâturages boisés, forêts et paysages ouverts sur les Trois-Lacs. Par temps clair, le regard porte jusqu’aux Alpes. Difficile de trouver meilleure entrée en matière. Plusieurs randonnées permettent de s’adapter au temps disponible et aux envies du jour. Le chemin de Chasseral, au départ de l’hôtel, offre une première immersion accessible. Les marcheurs qui disposent de plus de temps pourront suivre la crête en direction des Prés-d’Orvin ou s’aventurer dans la Combe Grède, plus escarpée.
À midi, on s’arrête dans une métairie. Ces fermes-auberges typiques de l’Arc jurassien servent une cuisine simple et généreuse : rösti, saucisse, fromage de la région… Rien de...
17/08 - Donald Trump et sa salle de bal : l’étrange argument sécuritaire avancé devant la justiceSi George Washington l'approuve, pourquoi pas la Cour suprême ? Peut-être est-ce le message que Donald Trump a voulu faire passer en publiant, dimanche 16 août sur son réseau Truth Social, une vidéo générée par intelligence artificielle, où on le voit déambuler dans ce qui ressemble à une salle de bal, en compagnie du premier président des États-Unis (1789-1797), tout sourire. Au-delà de l'anachronisme — George Washington n'a jamais officié à la Maison-Blanche — cette vidéo est le dernier épisode en date d'une communication tous azimuts de Donald Trump et ses conseillers pour défendre la construction d'une salle de bal à la Maison-Blanche. Le projet fait l'objet de vives critiques chez l'opposition démocrate, mais aussi de la part d'architectes, d'historiens, ou de défenseurs du patrimoine.
Superficie envisagée de plus de 8 000 m², coût estimé à plus de 900 millions de dollars… La démolition de l'aile Est engagée en octobre 2025 représente le plus grand chantier entrepris sur les lieux depuis plus d'un siècle. Mais les travaux ont été entrepris sans autorisation préalable. Par conséquent, de nombreux recours déposés devant les tribunaux, à différents échelons, ont fragilisé l'avancée du projet. Dès décembre 2025, le National Trust, un organisme non lucratif chargé par le Congrès de préserver le patrimoine national, demandait à la cour fédérale de suspendre le chantier tant qu'il n'aurait pas obtenu l'aval du Congrès et fait l'objet de contrôles.
Quelques mois plus tôt,...
17/08 - "Cela n’aurait jamais dû aller aussi loin" : la mort du professeur Jason Arday secoue la presse britanniqueDepuis le décès de Jason Arday, la presse britannique ne débat plus seulement de son CV, mais de ceux qui l’ont lu, de ceux qui ne l’ont pas lu et de ceux qui l’ont publié. Professeur de sociologie de l’éducation, nommé à Cambridge en 2023 et présenté comme le plus jeune professeur noir de l’histoire de l’université, il avait démissionné quelques jours avant l’annonce de son décès, après plusieurs semaines d’accusations concernant son travail académique et certains récits de son parcours. Arday reconnaissait des erreurs mais niait avoir menti ou plagié délibérément. Dans son unique entretien accordé au Times, il disait que les interrogations sur son intégrité étaient "destructrices pour l’âme". "Ce que je ne suis pas, c’est un menteur", ajoutait-il. Sa famille dénonce désormais une "campagne de désinformation" menée par ceux qui voulaient "le discréditer". Depuis plusieurs jours, la presse britannique tente de mieux comprendre les ressorts de l'affaire.Après les faits, les torts
Son décès a produit un deuxième débat avant même que le premier soit terminé : avait-on légitimement enquêté sur un professeur très médiatisé, ou assisté à une "chasse aux sorcières" ? Cambridge aurait-elle dû mieux protéger Jason Arday, ou surtout mieux vérifier son parcours avant d’en faire l’un des visages de l’université ? Dans la presse britannique, chacun appelle à la prudence. Ce qui ne signifie pas exactement la même chose pour tout le monde. La première accusation vise directement les...
17/08 - L’ombre de la CIA derrière le mystère des attaques contre des pêcheurs au large des îles GalápagosIls sont "traumatisés". C'est le mot d'un pêcheur équatorien rescapé, avec son équipage, d'une attaque de drones survenue courant mars, alors que son bateau se trouvait en pleine mer, au large des îles Galápagos, dans le Pacifique. Fin janvier, une première frappe sur un bateau similaire, dans la même zone, avait entraîné la mort des huit membres de l'équipage. Éprouvés psychiquement, plusieurs survivants souffrent de blessures physiques graves : ouïe ou vision endommagées, traumatisme crânien, difficulté à marcher…
Des images datant du mois de mars, recueillies par CNN, racontent ce qu'ont vécu les survivants de cette éprouvante aventure. On y voit un bateau déserté, en pleine mer, envahi par les flammes qui illuminent la nuit. "On a entendu l’explosion, et boum !", raconte à CNN l'un des survivants. Après l'attaque du drone, des hommes armés ont accosté le bateau et ont transporté les pêcheurs menottés jusqu'au Salvador voisin. Après avoir été soignés et nourris, ils ont été interrogés puis renvoyés par avion à Manta, leur ville d'origine en Equateur. Une autre équipe de pêcheurs équatoriens a subi le même sort quelques jours plus tard.
Pourquoi ces navires ont-ils été attaqués, et par qui ? Les pêcheurs concernés ont souligné, auprès de nos confrères américains, qu'ils ne faisaient rien d'autre que leur travail. Les îles Galápagos sont connues pour être un carrefour stratégique du trafic de drogue. Certains pêcheurs locaux acceptent, en plus de leur activité, des...
17/08 - Se cacher ou faire campagne ? Les candidats à la présidentielle face au dilemme de l’étéQue faire de son été ? Battre la campagne, multiplier les déplacements et provoquer l’actualité ? Se mettre au vert en attendant la fin des vacances, et ne réapparaître qu’à la faveur d’un cas de force majeure, ou d’une petite carte postale ? Depuis le début de la saison, marquée par le ralentissement de la vie politique, les candidats à l’élection présidentielle apportent différentes réponses à cette interrogation.
"Prosaïquement, les dépenses engagées au cours de l’été seront intégrées aux comptes de campagne. Or, quitte à dépenser de l’argent, autant que ce soit rentable. Il y a un tel creux d’attention du 14 juillet au 15 août et un tel regain d’activité sur la fin du mois d’août que l’été en lui-même n’a pas grand intérêt pour capter l’attention", note le politiste Pierre Lefébure dans un entretien au journal Le Monde. D'autant qu'en renonçant à la traditionnelle interview du 14 juillet, Emmanuel Macron a privé les prétendants d'un prolongement estival de l'actualité politique. Choisir d’occuper le terrain ou de cultiver le surplomb à neuf mois du scrutin est surtout une affaire de statut.
François Mitterrand l’avait théorisé : "Le présidentiable est celui qui ralentit le pas". Alors quelles conclusions tirer de l’été de Gabriel Attal ? Pas une semaine ne passe sans que l’ancien Premier ministre ne signale ses propositions, et vende sa propre candidature à l’élection présidentielle aux Français. En juillet, ses amis promettaient une "campagne permanente". Promesse...
17/08 - Vers une nouvelle guerre au Moyen-Orient ? Ce que veulent vraiment les houthistes, par Bernard HaykelUne nouvelle guerre se profile au Moyen-Orient. Cette fois, elle oppose les houthistes du Yémen à l’Arabie saoudite, avec en toile de fond le détroit de Bab el-Mandeb. Les houthistes cherchent à imposer un blocus à l’ensemble du trafic maritime du Royaume. Ils exigent la levée des sanctions, la reprise des vols internationaux vers Sanaa, ainsi que le versement de réparations pour les destructions causées par la guerre qui fait rage depuis 2015. À terme, ils veulent que Riyad les reconnaisse comme le seul gouvernement légitime du Yémen. Un dirigeant houthiste m'a résumé ce chantage de manière très concise : "Nous n’avons rien à perdre, tandis qu’eux [les Saoudiens] ont tout à perdre, parce qu’ils cherchent à bâtir un pays stable et prospère."
Le Royaume a jusqu’à présent rejeté toutes ces exigences, considérant les houthistes comme une milice radicale alliée à l’Iran, qui doit régler ses différends avec les autres acteurs politiques yéménites, notamment le gouvernement reconnu par la communauté internationale et établi à Aden. Riyad a refusé de se laisser entraîner dans le conflit en apparaissant comme un agresseur étranger, préférant diriger une coalition avalisée par la communauté internationale et soutenant le gouvernement officiel. Outre les forces armées nationales yéménites, Riyad a armé et entraîné diverses factions anti-houthistes. Elle estime désormais que celles-ci, si elles agissent collectivement, peuvent vaincre les houthistes, l’Arabie saoudite leur...
17/08 - L’écrivain du mois d’août : Pierre Adrian ou le spleen des fins d’étéOn se souvient d’un merveilleux Modiano intitulé Dimanches d’août. C’est un titre de livre qu’aurait pu prendre Pierre Adrian, tant il est devenu spécialiste des étés finissants. Il y a quatre ans, il avait connu un gros succès avec Que reviennent ceux qui sont loin, roman consacré à la maison de famille où il passait toutes ses grandes vacances en Bretagne. Puis il avait publié Hotel Roma, récit crépusculaire des derniers jours de la vie de Cesare Pavese, qui s’était suicidé à Turin le 27 août 1950. Le Pays des étés est un peu la suite de Que reviennent ceux qui sont loin (même si on peut lire les deux indépendamment) : on y retrouve les mêmes lieux et les mêmes personnages – hélas, tout est en train de changer...
C’est l’histoire d’un double deuil : à la mort de la grand-mère, il va falloir se séparer de la propriété et liquider un siècle d’histoire. Le narrateur se rappelle sa jeunesse, parle à ses oncles et tantes, regarde une dernière fois grandir ses petits-cousins. Les rangements faits, la maison est mise en vente. Les acquéreurs n’y vont pas avec des pincettes : ces rustres refont tout à neuf, et font même creuser une piscine chauffée. Adrian pose sur ces touristes un regard tour à tour nostalgique et moqueur – lui qui est par ailleurs un excellent cycliste est très amusant quand il parle de la mode du vélo électrique. "Ce pays était celui de mon bonheur", écrit-il simplement. Son roman universel touchera tous ceux qui ont perdu les lieux magiques de leur...
17/08 - Simon Porcher : "Il y a un risque de type gilets jaunes autour de l’eau"Les images satellites sont saisissantes. Comparée à août 2024 et 2025, la France a perdu ses nuances de vert au profit de larges pans jaunis par des épisodes caniculaires qui s'enchaînent. La sécheresse touche désormais presque tout le pays. Près de 70 % du territoire fait l’objet de restrictions d’usage de l’eau, et plus de 40 000 personnes subissent déjà des coupures au robinet, a indiqué Monique Barbut, la ministre de la Transition écologique, ce 12 août. Cette situation est le reflet d'une nouvelle réalité. "Ce qui était très exceptionnel dans la deuxième partie du XXe siècle devient quasiment annuel", constate Simon Porcher, professeur en sciences de gestion à l’université Paris-Dauphine-PSL et auteur du récent essai, Nous sommes faits d’eau. L’avenir d’une ressource vitale (Les Corps conducteurs, 352 pages).
Avec les effets du changement climatique, "la France doit sortir, une fois pour toutes, de cette vision de l'eau comme une ressource acquise", alerte le codirecteur de l'Institut d'économie de l'eau. Il appelle à une réforme de notre politique de l'eau, "pensée pour gérer l'abondance et non la rareté". Au risque de voir exploser, partout dans le pays, les conflits d'usage et "des mini Sainte-Soline".
L'Express : Près de 70 % de la France fait actuellement l'objet de restrictions d'usage de l'eau, après plusieurs épisodes de fortes chaleurs. Ces arrêtés sécheresse n'arrivent-ils pas déjà trop tard ?
Simon Porcher : Les arrêtés sécheresse sont un outil...
17/08 - Donald Trump veut réduire les exercices militaires avec la Corée du Sud pour ménager Kim Jong-unLe président américain Donald Trump a demandé, dimanche 16 août, au Pentagone de réduire de manière significative les exercices militaires conjoints avec la Corée du Sud qui devaient débuter quelques heures plus tard et durer dix jours, citant notamment leur coût et le refus de Séoul d'aider Washington face à l'Iran.
Via son réseau Truth Social, Donald Trump a déclaré qu'il était trop tard pour tout simplement annuler ces manoeuvres, exprimant son mécontentement que les Etats-Unis aient au préalable accepté de prendre part à des exercices militaires conjoints avec la Corée du Sud. "Ces exercices ne sont pas seulement coûteux (...), ils envoient également un signal complètement inapproprié et hostile à un pays qui, tant que Donald Trump est président, n'est pas menaçant et est respectueux", a-t-il écrit en référence à la Corée du Nord, mettant également en avant sa "très bonne relation" avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un.
Organisés chaque année par Washington et Séoul, les exercices dits du "Bouclier de la Liberté" sont prévus du 17 au 27 août. Quelque 18 000 membres de l'armée sud-coréenne sont concernés. Des opérations anti-drones, des brouillages de signaux GPS et des simulations de cyberattaques sont notamment prévus, ont fait savoir des représentants la semaine dernière.
L'état-major de l'armée sud-coréenne a déclaré lundi à Reuters que les exercices ont débuté comme prévu, tout en refusant de commenter les déclarations de Donald Trump. Aucun commentaire n'a...
17/08 - J’ai transformé Babybel en produit tech : Cécile Béliot, anatomie d’une décisionIl n'y a pas beaucoup d'entreprises dont les produits sont aussi ancrés dans l'histoire et l'imaginaire des Français. La Vache qui rit, Apéricube, le Boursin, les Pom'Potes ou encore l'iconique Babybel et sa coque de cire rouge. Le groupe Bel, qui a vu le jour en 1897 dans un petit village du Jura, est aujourd'hui un mastodonte, présent dans 126 pays, qui pèse 3,8 milliards d'euros de chiffre d'affaires et touche un peu plus de 400 millions de consommateurs.
Quand Cécile Béliot accède au poste de directrice générale en 2022, c'est la première fois que l'entreprise n'est pas pilotée par un membre de la famille. Elle va lui faire prendre un virage inattendu et osé pour une entreprise de l'agroalimentaire, celui de la tech. Comment parler intelligence artificielle et robotique dans un groupe familial et centenaire ? A quoi ressemble une usine de fromage passée à la moulinette de l'IA ?
Un épisode du podcast Anatomie d'une décision à écouter sur Apple Podcasts, Spotify, Deezer, Castbox, Podcast Addict ou en cliquant le player en tête de cet article.
L'Express : A l'origine de la transformation du groupe, il y a d'abord un voyage. En mars 2023, vous partez en Californie, à Anaheim dans le comté d'Orange, pas très loin de Los Angeles, pour assister à un grand salon dédié aux innovations dans l'alimentaire. Qu'y découvrez-vous ?
Cécile Béliot : Une start-up chilienne créée par des scientifiques et qui a développé des outils d'intelligence artificielle. Ces chercheurs me...
16/08 - "Un choc grave et dévastateur" : cette guerre à venir entre la Chine et l’EuropeEn 2025, Xi Jinping a tenté de tirer parti de l’attitude agressive des États-Unis envers l’Europe en présentant la Chine comme une grande puissance responsable, capable de servir d’alternative. Dans un message envoyé pour le 50e anniversaire des relations diplomatiques entre la Chine et l’Union européenne, le dirigeant chinois a invité Bruxelles à unir ses forces à celles de Pékin pour "défendre le multilatéralisme, préserver l’équité et la justice" et "s’opposer à l’unilatéralisme et aux pratiques d’intimidation". Malgré cette rhétorique grandiloquente, Pékin n’a rien proposé de concret aux Européens et n’a rien fait pour répondre à leurs préoccupations concernant les pratiques commerciales déloyales qui menacent de vastes pans de leur industrie. Plutôt que de chercher à apaiser les tensions, le Premier ministre chinois Li Qiang a récemment balayé les inquiétudes des Européens craignant un "China Shock 2.0" (NDLR : terme désignant un nouveau choc économique lié aux exportations chinoise), leur conseillant de se concentrer plutôt sur un "China Opportunity 2.0".
Les principaux dirigeants de l’UE, ainsi que la bureaucratie bruxelloise, ne sont pas convaincus. Ils ont conclu que la survie même des industries clés de l’Europe est menacée par la Chine. Le premier "choc chinois" désigne la dévastation de l’industrie américaine dans des secteurs tels que l’ameublement, le textile et la métallurgie, survenue au début des années 2000, après l’adhésion de la Chine à l’Organisation...
16/08 - Guerre en Ukraine : une nouvelle nuit d’attaques russes, deux morts à Kryvyi RihLa Russie a mené dans la nuit de samedi à dimanche une nouvelle attaque de missiles et de drones contre les villes ukrainiennes, dont Kyivet Kryvyi Rih, où deux personnes sont mortes dans une aciérie frappée par un missile, ont déclaré les autorités. L'administration militaire de Kiev et le gouverneur régional ont indiqué que trois personnes avaient été blessées dans la capitale par un missile, et trois autres, dont un enfant, par des drones dans la région.
Dans un message publié sur l'application de messagerie Telegram, le maire de Kiev, Vitali Klitschko, a précisé que des débris avaient provoqué des incendies dans une zone au nord de la capitale ainsi que dans un quartier proche du centre-ville. Des journalistes de Reuters ont entendu plusieurs explosions dans la ville.
D'autres villes ukrainiennes ont été attaquées dans la nuit, notamment Kryvyi Rih, la ville natale du président Volodymyr Zelensky, où deux personnes ont été tuées et 14 autres blessées dans une aciérie touchée par un missile, selon les autorités locales.
"À la suite de cette attaque, des installations essentielles à la production d'électricité et des hauts fourneaux ont été endommagés, et les processus de production de l'usine ont été partiellement interrompus", a indiqué ArcelorMittal Kryvyi Rih sur Telegram.
Un avion de chasse F-18 espagnol déployé en Roumanie dans le cadre de la police du ciel de l'Otan a de son côté abattu un drone entré en territoire roumain en provenance de Moldavie, a annoncé...
16/08 - Comment les Etats-Unis veulent encore isoler l’Iran malgré des sanctions déjà en vigueurLa pression économique que subit l'Iran pourrait-elle augmenter davantage ? Telle est l'hypothèse de Scott Bessent, le secrétaire au Trésor des États-Unis, pour espérer infléchir la position iranienne dans le conflit au Proche-Orient. "Nous allons appliquer des mesures inédites dans l’histoire de l’isolement économique d’un pays", a-t-il déclaré lors d'une interview à Newsmax le 13 août. Une annonce qui suscite le scepticisme des observateurs occidentaux, tant le régime iranien est déjà soumis à une myriade de sanctions - dont la plus emblématique est le blocus de ses ports par la marine américaine, en réponse au contrôle du détroit d'Ormuz.
Selon une récente étude de Capital Economics, l'Iran accuse le coup sur ses ventes de pétrole à l'étranger, qui représentaient 11% de son PIB avant le conflit ; en juillet, selon la même source, le pays n'a pas exporté un seul baril, soit plus de huit millions de barils "manquants". Un client se distingue : la Chine, qui achète 90 % des exportations. Un volume à relativiser, car il ne représente "que" 14 % des importations chinoises. C'est la première porte d'entrée qui pourrait être utilisée par les États-Unis pour réduire, s'il en était besoin, les sources de revenus du régime.Les "raffineries-théières" dans le viseur
Dans leur viseur, les "raffineries-théières" chinoises. Nées, comme le rapportent Les Échos, dans les années 1970, ces sociétés semi-privées fonctionnent en parallèle des mastodontes étatiques qui régissent le marché...
16/08 - "La planète ressemblera au Japon ou, pire, à l’Italie" : les prévisions choc de Jesus Fernandez-Villaverde sur la dépopulationIl est l'une des références mondiales en matière de démographie et du rôle clé de la chute des taux de fécondité pour l'avenir de l'humanité. Selon Jesus Fernandez-Villaverde la "grande dépopulation" arrivera bien plus vite qu'on ne le pense. Pour L'Express, l'économiste espagnol, professeur à l'université de Pennsylvanie, évoque ce nouveau monde qui nous attend.
L'Express : Selon les prévisions des Nations unies, la population devrait atteindre son pic au début des années 2080. Mais vous pensez que cela se produire bien plus tôt, vers 2055. Pourquoi ?
Jesus Fernandez-Villaverde : La Division de la population des Nations unies a été créée à une époque où l'on craignait la surpopulation. Il est très difficile pour une institution qui a passé soixante ans à avertir contre une "bombe démographique" de changer de discours. Les Nations unies font en réalité trois projections : un scénario haut, un scénario moyen et un scénario bas, qui est le plus probable. Elles n’ont cessé de revoir leurs prévisions à la baisse. Par ailleurs, la chute de la fécondité au cours des cinq dernières années est stupéfiante. Des pays comme la Chine ou la Corée du Sud sont probablement en train de toucher le fond. La Corée du Sud est même passée d’un taux de fécondité de 0,7 enfant par femme à 0,8, ce qui suggère une légère reprise, mais avec un niveau très faible. L’Amérique latine continue d’être en chute libre.
La plupart des pays d’Europe connaissent une forte baisse. Les États-Unis semblent...
16/08 - "370 milliards de pertes" : face à la "falaise des brevets", un tsunami de fusions attendu dans la pharmaLes investisseurs ont dit "non". Début août, les marchés ont durement sanctionné l'éventualité d'un rapprochement entre les laboratoires pharmaceutiques AstraZeneca et Bristol Myers Squibb (BMS) évoqué dans un article du Financial Times. Dès le lendemain de sa parution, le cours de l’action d’AstraZeneca baissait de 9 %. L’intérêt de cette méga fusion, qui aurait donné naissance à un géant valorisé 400 milliards de dollars (346 milliards d’euros), paraissait en effet limité pour le laboratoire britannique. Elle lui aurait certes permis de renforcer ses positions aux Etats-Unis, mais l’opération aurait aussi risqué de perturber son processus d’innovation, alors que le groupe affiche une croissance forte depuis que le Français Pascal Soriot en a pris la direction en 2012.
Pour BMS en revanche, les avantages de ce rapprochement ne faisaient guère de doutes. L’américain va en effet perdre dans les toutes prochaines années plusieurs brevets protégeant certains de ses produits phares. L’anticoagulant Eliquis (14 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2025) deviendra génériquable selon les régions du monde entre cette année et 2028. La protection de son anticancéreux Opdivo (10 milliards de dollars de ventes l’an dernier) arrivera, elle, à échéance entre 2028 et 2031. Après la fin de ce monopole, la suite est connue : les revenus générés par le médicament s’effondrent aussi vite qu’arrive sur le marché la concurrence de produits à prix cassés, proposés par des...
16/08 - Pourquoi la location de prisons à l’étranger fait son chemin en EuropePrès de 500 kilomètres à vol d'oiseau. C'est à peu près la distance que devront parcourir les familles d'une trentaine de détenus en Suède sur le point d'être transférés dans une prison de l'autre côté de la mer Baltique... en Estonie. Cet accord entre les deux pays concerne les personnes jugées pour crimes graves, et prévoit le transfert de 600 prisonniers ce mois-ci. Cette mesure est censée soulager la "pression énorme", selon les mots du gouvernement suédois, que constitue la hausse de la population carcérale en Europe : elle a doublé en dix ans, atteignant 11 232 détenus en 2025 selon le Conseil de l'Europe.
Seuls les hommes sont concernés - sont donc exclues les femmes, mais aussi les mineurs, les personnes accusées de terrorisme ou encore les chefs de groupes criminels. Prévu pour durer cinq ans, l'accord permet à la Suède d'envoyer 300 prisonniers contre un versement de 30,6 millions d'euros à l'Estonie. Cette dernière se félicite d'un "accord historique", qui permettra le recrutement de 250 agents pénitentiaires, alors que la prison de Tartu, qui accueille les prisonniers, est à moitié vide. La Suède y gagne financièrement : en Estonie, le coût par détenu s'élève à 8 500 euros, contre près de 11 euros à l'intérieur de ses frontières.
Sur le papier, l'échange semble gagnant-gagnant. Mais les concernés racontent une autre histoire. Au journal suédois Svenska Dagbladet, un détenu a par exemple raconté vivre la situation "comme une punition supplémentaire, non...
16/08 - Rentrée littéraire : les dix livres événements à lire... et ceux à fuirDans les 461 titres à paraître en cette fin août, ce sont eux qui se détacheront en priorité. Si Baignade surveillée de Laura Kasischke sera à juste titre porté aux nues, on a plus de réserves sur La Solitude des professeurs est infinie de Yannick Haenel, dont certains parlent pour le prix Goncourt. On pourra s’étonner de la surreprésentation dans notre sélection de la maison Gallimard, mais c’est ainsi : sauf surprise, elle va écraser la rentrée. Baignade surveillée, de Laura Kasischke
L’enfant du grand bain
"Cet après-midi-là, la maître nageuse ne vit pas Richie Manning, le petit garçon qui se noyait au milieu de la piscine." Ainsi commence Baignade surveillée, le roman de l’Américaine Laura Kasischke, de retour treize ans après la parution du saisissant Esprit d’hiver (Christian Bourgois). Aucun suspense, on connaît dès la première page la fin du récit, et pourtant, quel exercice virtuose que celui dans lequel nous entraîne la romancière, fouillant, creusant, explorant chaque détail, chaque strate, chaque faille, chaque émotion de cette journée fatidique, tissant de l’ordinaire (la conjonction de destins entrechoqués) une époustouflante tragédie.
À Mission Hills, ville moyenne du Michigan, le matin du 16 juillet 1969, tous attendent les premières images de la fusée Apollo décollant vers la Lune. Chez les Manning, le petit Richie se fiche de l’événement, il lui tarde de retrouver la piscine bleu lagon du club Jolly Rogers, bondée en cette chaude journée. L’enfant a...
16/08 - "Sénèque s’en inquiétait déjà il y a 2000 ans..." : les conseils de Sarah-Jane Murray face à la crise de l’attentionOn présente souvent la "crise de l’attention", cette saturation de notre capacité à nous concentrer sur une tâche, comme un phénomène moderne. Une lecture paradoxalement anachronique, si l’on en croit Sarah-Jane Murray, professeure spécialisée dans les grands textes et la création littéraire au sein du Honors College de la Baylor university (Texas), ainsi que réalisatrice, scénariste et productrice nommée aux Emmy Awards. Au contraire, cette Irlandaise – et grande francophile - démontre auprès de L’Express que nombre de grands penseurs, de Sénèque à Marie de France, ont décrit un phénomène semblable à leurs époques… et proposé des solutions pour lutter contre. Entretien.
L’Express : Il est de coutume de présenter la "crise de l’attention" comme un symptôme moderne. Est-ce vraiment le cas ?
Sarah-Jane Murray : Non. En réalité, la question s’est posée à chaque grand bouleversement technologique. Certains penseurs s’en inquiétaient déjà bien avant Jésus-Christ ! Par exemple, lorsque la possibilité d’acheter des rouleaux de papyrus est apparue – surtout pour l’élite, Sénèque observait déjà dans ses Lettres à Lucilius une forme de "lecture en surface" - les lecteurs faisant littéralement défiler leurs rouleaux en lisant leur contenu aussi vite que possible. Ce qui, selon lui, rendait l’esprit instable et incapable de "rester en place et de passer du temps avec lui-même". Évidemment, à notre époque, cela peut sembler étonnant car, selon nos standards, lire un rouleau est un...
16/08 - "Tout ce qu’un robot ne pourra pas faire" : les plongeurs-démineurs de la Marine défient les grandes profondeursPour un plongeur amateur, les chiffres donnent le vertige : descendre pendant quarante-cinq minutes à 265 mètres ! Impressionnés, les plongeurs-démineurs de la Marine nationale le sont tout autant : leur limite opérationnelle, de longue date à 80 mètres, vient de passer à 120 mètres. Là, c’est beaucoup plus profond encore. Avec l’expérimentation Entex 51, qui s’est déroulée au début de l’année à Toulon, la France confirme son rôle de pionnière dans la plongée sous-marine, civile ou militaire.
Après une longue période de vaches maigres, faute de crédits, la Marine redécouvre la plongée humaine profonde. Comme l’espace ou le cyber, le fond des mers est devenu l’un des nouveaux théâtres potentiels de guerre. La France a pris le tournant en 2022 avec une stratégie dite "maîtrise des fonds marins", qui a créé une nouvelle dynamique. Entex 51 en est un exemple accompli. La plongée à saturation
Conduite par le Cephismer (Centre expert plongée humaine et intervention sous la mer) de la Marine, Entex 51 visait, selon son commandant le capitaine de frégate Arnaud Le Béguec, à "réaliser une plongée à saturation jusqu’à 265 mètres au recycleur électronique afin de valider le concept d’emploi d’un appareil de plongée autonome". Fichtre ! Un peu de technique s’impose pour comprendre l’ampleur du défi, qui devrait déboucher sur des usages militaires.
Tous les plongeurs le savent : lorsqu’ils remontent des profondeurs, ils doivent impérativement observer des paliers de décompression....
16/08 - Guerre en Ukraine, 173 jours dans la "kill zone" : le récit glaçant d’un soldat en première ligne face aux RussesVyacheslav se rappelle avec précision son arrivée sur sa position, mais peine à situer dans le temps le moment où il l'a quittée. "En avril, ou en mai ? Non, fin avril...", hésite-t-il, dans une maison de Kramatorsk où nous le rencontrons. "Là-bas, les jours se ressemblent tous", s'excuse ce quinquagénaire d'une voix rauque et éteinte. Une barbe grise encadre son visage creusé par les rides. Tout chez lui semble aussi usé que son uniforme.
Dans cette ville du Donbass, à quinze kilomètres de la ligne de front, l'artillerie tonne et les drones bourdonnent plusieurs fois par heure, mais Vyacheslav n'y prête guère attention, tant il a connu pire. La position qu'il a occupée, au cœur des combats, se trouve à Kostyantynivka, tout près de là. Entre les deux s'étend la "kill zone", une bande d'une vingtaine de kilomètres de part et d'autre de la ligne de contact, qui incarne la nouvelle réalité de guerre, bouleversée par les drones. Un monde terrifiant, dont les routes sont jonchées des chars calcinés, preuve que les blindés sont devenus obsolètes face à des engins volants de quelques milliers de dollars.
L’ancien front, clairement délimité par des tranchées, s'est transformé en une "zone grise" mouvante où les soldats vivent dans des caves ou des trous creusés dans le sol. Comme Vyacheslav, ils restent généralement, par petits groupes de deux ou trois, plusieurs mois sur leurs positions.Tous les vivres descendent du ciel
Originaire d'un village de la région de Mykolaïv, dans...
15/08 - L’Ukraine affirme avoir touché un centre de lancement de fusées russe lié à un réseau de type StarlinkL'Ukraine a déclaré samedi que ses frappes à longue portée avaient touché un aérodrome militaire russe et un centre de missiles qui, selon Kiev, soutient le réseau Internet par satellite de type Starlink que la Russie est en train de mettre en place.
Le président Volodymyr Zelensky a déclaré que des missiles de croisière "Flamingo" avaient frappé le centre de lancement de fusées, situé à environ 900 kilomètres (560 miles) de la frontière ukrainienne, dans le cadre de la campagne menée par Kiev pour faire pression sur Moscou afin qu’elle mette fin à cette guerre qui dure depuis plus de quatre ans, en ciblant des sites situés en profondeur sur le territoire russe.
"Il est important que le potentiel de guerre de la Russie soit réduit. La paix est nécessaire, et cela doit être évident en Russie – à travers des dégâts concrets causés à des installations spécifiques", a-t-il déclaré dans un message publié sur X. Il a précisé que l’aérodrome abritait des avions utilisés pour attaquer l’Ukraine.Attaque massive de missile
L'état-major ukrainien a indiqué que des impacts directs avaient été enregistrés tant sur l’aérodrome de la région russe de Nijni Novgorod que sur le centre spatial et de fusées "Progress" de la région de Samara. Il a précisé que les frappes avaient provoqué des incendies sur les deux sites.
L’état-major a précisé que l’usine de Samara produisait des fusées utilisées pour lancer des satellites destinés au réseau haut débit "Rassvet", que la Russie développe...
15/08 - Donald Trump veut relooker les porte-avions américains, la Navy redoute une facture recordUne nouvelle esthétique qui ferait écho à celle des bâtiments de guerre en service durant la Seconde Guerre mondiale. C'est la volonté de Donald Trump pour ses futurs porte-avions, poussant la Navy à envisager de déplacer vers l’avant, davantage vers le milieu du navire, "l'îlot", soit la tour de plusieurs étages qui sert de centre de commandement, rapporte le Washington Post.
S'il était mis en œuvre, ce changement constituerait la deuxième modification majeure de conception provoquée par le président, après avoir publié le 13 août un mémorandum sur la sécurité nationale ordonnant à la Navy d’élaborer un plan visant à revenir, pour les porte-avions qui seront bientôt construits, à des catapultes fonctionnant à la vapeur - des systèmes qui permettent de propulser les avions à réaction depuis le pont d’envol des navires.
Mais la marine américaine ne voit pas cette demande d'un très bon œil, qui serait coûteuse en temps et en argent. Durant le premier mandat présidentiel de Donald Trump, au cours duquel cette piste avait déjà été évoquée, une étude avait conclu que déplacer l’îlot pourrait coûter plusieurs milliards de dollars en frais de refonte et retarder considérablement le programme de construction de nouveaux engins, selon une source citée par le média américain.Dix nouveaux porte-avions
D'après ce plan, jusqu’à dix porte-avions de la classe Ford doivent être construits au cours des quarante prochaines années, pour un coût estimé à terme à 22 milliards de dollars par...
15/08 - "C’est légèrement plus scientifique que l’astrologie" : peut-on vraiment choisir l’embryon le plus intelligent ?Naître ou ne pas naître : la question pourrait bientôt dépendre de quelques points de QI et de 50 000 dollars. Aux États-Unis, plusieurs entreprises proposent aux futurs parents passant par une fécondation in vitro de comparer leurs embryons selon leur intelligence supposée, un service qui se vend au prix fort chez Herasight : la start-up fournit des estimations de QI, de taille ou de longévité ; Nucleus ajoute la couleur des yeux et des cheveux. Dans le métro new-yorkais, cette dernière résumait récemment son argumentaire en quelques mots : "Le QI est 50 % génétique", puis encore quelques-uns : "Ayez votre meilleur bébé".
Ces entreprises utilisent des scores polygéniques, construits à partir de milliers de variants génétiques statistiquement associés à un trait. "On additionne de très petits effets pour obtenir un nombre correspondant au risque d’une personne, ou ici, d’un embryon", explique Patrick Turley, spécialiste de la prédiction polygénique à l’University of Southern California. Le principe paraît presque trop simple. Plusieurs embryons, plusieurs scores puis un classement : aux parents de choisir. Une étude citée par The Economist estime qu’en sélectionnant parmi dix embryons viables, celui présentant le meilleur score polygénique pour l’intelligence, le gain attendu tourne autour de trois points de QI. Avec deux ou trois, situation nettement plus courante après une fécondation in vitro (FIV), le bénéfice attendu chute encore. Derrière la question à 50 000...
15/08 - Tué par le FBI, soupçonné d’espionnage : l’étrange affaire d’Ilya BeloozerovEtait-il un espion ou un simple civil, piégé par des agents russes pour obtenir des informations classifiées secret défense ? C'est la question qui se pose autour de la mort d'Ilya Beloozerov, un citoyen américain né en Russie tué par le FBI le 4 octobre 2024, et dont CNN retrace l'histoire deux ans plus tard, alors que les circonstances autour de son décès demeurent floues.
Selon les informations du média américain, Ilya Beloozerov détenait une habilitation de sécurité américaine, avait au moins un profil sur un site de rencontres russe et, d’après des passeports arrivés à expiration, s’était rendu en Russie et en Ukraine ces dernières années. Pendant les deux dernières années de sa vie, Beloozerov avait travaillé pour une entreprise produisant des images satellites haute résolution, dont certaines contenaient des informations sensibles sur le conflit russo-ukrainien.
Selon une source au fait de l'enquête citée par CNN, les agents fédéraux disposaient alors d’informations montrant qu'Ilya Beloozerov avait tenté de transmettre certains de ces éléments à des personnes qu’il croyait ukrainiennes, et ce au moment où le gouvernement américain limitait le partage des images satellites avec l’Ukraine pour éviter une escalade du conflit avec la Russie. Au cours de leur enquête sur Beloozerov, les agents auraient découvert qu’il avait été piégé, ce dernier communiquant en réalité avec des personnes que les autorités pensaient être des agents russes, qui se faisaient passer...
15/08 - Et si manger du fromage était finalement bon pour la santé ? Les explications du Pr Antoine FlahaultL’art de fabriquer du fromage remonte aussi loin que la quête de la domestication des chèvres et des brebis par l'Homme. On pense que les procédés de production du fromage ont été découverts fortuitement, sans doute en conservant le lait dans des panses de jeunes animaux non sevrés qui contenaient encore de la présure. Aussi appelée chymosine, cette enzyme de coagulation transforme le lait en petit-lait ou lait caillé. Cette méthode s’est d’ailleurs perpétuée jusqu’au début du XXe siècle dans certains pays du pourtour méditerranéen. Le fromage offrait alors une façon de conserver et de transporter plus facilement les produits laitiers.
Les Romains ont entre-temps perfectionné les techniques de maturation des fromages, augmentant ainsi la palette de leurs goûts et leur diversité. Les moines, au cours du Moyen-Âge en Europe, en ont encore amélioré la fabrication, offrant une variété de produits dont certains existent encore aujourd’hui. Il faudra attendre la fin du XIXe siècle que soit introduite la pasteurisation du lait utilisé pour le fromage. La consommation de fromages au lait cru, notamment ceux au lait de brebis, peut être en effet responsable de cas de brucellose, également appelée "fièvre de Malte", qui provoque des fièvres et des douleurs articulaires.
Puis, le XXe siècle a vu s’industrialiser la fabrication des fromages, proposant des produits plus accessibles et à plus longue durée de conservation. Si on en trouve désormais un peu partout dans le monde,...
15/08 - Une cyberattaque menée par des agents IA sans intervention humaine frappe des sites gouvernementaux à TaïwanC'est une première, qui marque un pas de plus dans le recours à l'intelligence artificielle (IA). Des pirates informatiques suspectés d'être liés à la Chine ont utilisé des outils d’IA accessibles au public pour compromettre des sites gouvernementaux à Taïwan, sans aucune intervention humaine. Pendant quatre jours, au début du mois de juillet, le logiciel utilisé a déployé simultanément jusqu’à huit agents autonomes qui ont cartographié, sans aucune directive, 21 systèmes gouvernementaux, recherché des vulnérabilités et modifié leur stratégie lorsqu’ils étaient bloqués, rapporte le Financial Times.
Cette "équipe" 100 % virtuelle a compromis au moins 85 comptes d’utilisateurs gouvernementaux et extrait plus de 2 500 dossiers de personnels, avant d’étendre l’attaque à l’agence taïwanaise chargée de la sûreté nucléaire et à au moins sept entreprises du secteur de l’énergie, selon des chercheurs de Dream, une entreprise israélienne spécialisée dans l’IA qui a été la première à identifier l’intrusion. Pour ces spécialistes, l’aspect le plus frappant de cette attaque était la manière dont l’outil classait et réévaluait en permanence les différentes voies d’attaque possibles en fonction des éléments dont il disposait. Lorsqu’une méthode d’attaque échouait, l’outil déployait en effet un autre agent pour parcourir Internet à la recherche d’informations et élaborer une nouvelle approche, comme l’aurait fait un hacker humain.Des modèles plus puissants
"Les modèles continuent de...
15/08 - Un week-end à Martigues : dans les carnets secrets de Félix ZiemAu rez-de-chaussée du musée Ziem, la carte blanche consacrée à Ernest Pignon-Ernest se prolonge en contrepoint. Ici, il endosse le rôle de commissaire d’exposition en choisissant au sein des collections permanentes une cinquantaine de dessins, gravures et estampes, jamais ou rarement montrés, pour composer un accrochage où dialoguent plusieurs siècles de regards. Au cœur de cette sélection se déploient les carnets de voyage de Félix Ziem, peintre bourlingueur né à Beaune en 1821. Figure de la tradition orientaliste et des paysages méditerranéens, il découvre Martigues dès 1840, avant de s’y installer durablement une vingtaine d’années plus tard, fasciné par les reflets de l’eau, les ciels ouverts, les mouvements du port. C’est à lui que la ville doit la création de son musée en 1908, à la suite d’un don inaugural de l’artiste, et qui conservera par la suite une part importante de son atelier et de ses œuvres graphiques.
Derrière les vitrines, se raconte ainsi le parcours d’un dessinateur et d’un aquarelliste en mouvement permanent : vues portuaires esquissées sur le vif, silhouettes à peine posées, horizons tracés d’un geste rapide, notations presque tachygraphiques de la lumière et des vents. Rien n’y est figé, tout y est passage. Le cadre ne s’y impose pas comme une image achevée, mais comme une expérience en train de se faire. Cette écriture du déplacement résonne encore fortement, trouvant un écho discret mais évident dans la démarche d’Ernest Pignon-Ernest, attentif...
15/08 - Energie : l’Allemagne applique la politique du Guépard, par Cécile Maisonneuve"Il faut que tout change pour que rien ne change." L'Allemagne a fait sienne la célèbre maxime du roman de Lampedusa Le Guépard, en l'appliquant à sa politique énergétique, l'Energiewende. Officiellement, rien ne bouge : 80 % d’électricité renouvelable en 2030, sortie du charbon en 2038, neutralité climatique en 2045. Dans les faits, presque tout change, des instruments, aux priorités jusqu'aux chèques. L’Energiewende tenait en un récit simple : fermer le nucléaire et le charbon, multiplier éoliennes et panneaux solaires, puis attendre l’hydrogène vert, les batteries et les réseaux. L’électricité serait verte, abondante et bon marché. Priées de ne pas troubler la fête, la physique et l’économie ont cependant fini par rappeler leur existence à Berlin.
En 2025, les renouvelables ont fourni 55 % de l’électricité consommée. Mais le prix de gros a augmenté de près de 14 %, la production au gaz de 6,4 % et l’Allemagne a importé davantage qu’elle n’a exporté. Les ménages paient le kWh un tiers plus cher que la moyenne européenne. Et les renouvelables ne couvrent que 24 % de l’énergie consommée, à peine 8 % dans les transports. Derrière les annonces triomphantes, l’électrification piétine.
Le gouvernement a donc procédé à une "revue de réalité". La consommation électrique prévue pour 2030 a été ramenée de 750 TWh à 600-700 TWh. Surtout, Berlin ne veut plus additionner les capacités renouvelables sans se demander où elles seront installées, à quel moment elles produiront et...
15/08 - Narcotrafic : dans les coulisses de la timide reprise de la coopération judiciaire franco-algérienneL’opération a été menée dans la plus grande discrétion, ce lundi 20 juillet. Installé depuis quelques années en Algérie, Abdelatif Mehdi Laribi y a finalement été arrêté par les autorités locales, sans qu’aucun détail supplémentaire ne filtre sur le lieu exact ou le déroulement de son interpellation. Pour la France, la prise est de taille : s’il reste présumé innocent, ce trentenaire franco-algérien est considéré par les autorités judiciaires comme "l’un des membres fondateurs de la DZ mafia", précise à L’Express le procureur de Marseille Nicolas Bessone. Son interpellation en Algérie est le fruit d’un mandat d’arrêt international délivré par son parquet, dans le cadre de la tentaculaire opération “Octopus” qui a visé, en mars, l'organisation criminelle spécialisée dans le narcotrafic. Ce vaste coup de filet avait permis la mise en examen de 26 personnes liées à la DZ mafia, tout en levant le voile sur la hiérarchie du réseau, ses méthodes et ses activités criminelles et financières. Surnommé "Tic", en référence au rôle de "Rachitique" qu'il a interprété dans le film français Khamsa, sorti en 2008, Mehdi Laribi est notamment poursuivi pour "groupement destiné à un trafic de stupéfiants, association de malfaiteurs et blanchiment".
Moins de quinze jours plus tard, le 3 août, un autre profil bien connu des juges marseillais a également été interpellé par les autorités algériennes. Djamel Djeha, quadragénaire franco-algérien, est visé depuis 2025 par un mandat d’arrêt émis...
15/08 - Le "moment Brexit" de l’Islande : désinformation et ingérences avant un référendum crucialAux abords du cercle polaire arctique, le Groenland n'a pas le monopole des crises géopolitiques. Une autre île encadrée par les glaciers, elle aussi colonisée par les Vikings il y a un millénaire, se retrouve en première ligne de la bataille des empires modernes : à mi-chemin entre l'Europe et l'Amérique, l'Islande est sommée de choisir ses plus proches alliés à l'heure Trump.
Le 29 août, ses 360 000 citoyens se rendent aux urnes pour répondre à une question : faut-il reprendre les négociations d'adhésion avec l'Union européenne, abandonnées en 2015 ? L'enjeu est de taille pour l'UE, qui n'a pas pour habitude de faire la cour aux candidats à l'adhésion. "Mais pour l'Islande et la Norvège, c'est différent, assure une source à la Commission européenne. Si le 'oui' l'emporte au référendum, les négociations iront très vite, sans doute moins d'un an, et les Islandais seront alors rappelés aux urnes pour adhérer formellement à l'UE." Démocratie stable et riche, avec des standards économiques et sociaux déjà plus élevés que la majorité des Vingt-Sept, l'Islande apporterait un vent d'optimisme à une alliance européenne sur la défensive.
Mais les autres puissances ne comptent pas rester simples observateurs de ce rapprochement. Point de passage obligé des sous-marins russes voulant rallier l'Atlantique, membre fondateur de l'Otan (pourtant dénué d'armée), l'île reste un verrou stratégique pour les activités militaires et commerciales dans cette partie du monde. "Celui qui...
15/08 - Surtourisme : la taxe d’entrée touristique peut-elle protéger Venise ?Introduit en 2024, le péage d'accès à Venise, compris entre 5 et 10 euros aujourd'hui, a vocation à augmenter. Quelques semaines après son élection en mai dernier, le nouveau maire de la cité des Doges, Simone Venturini, a annoncé vouloir le multiplier jusqu'à 10, pour le porter entre 30 et 50 euros certains jours. Une mesure qui nécessite encore l'aval du gouvernement italien. L’objectif, martelé depuis des années, est simple : protéger la Sérénissime de l'afflux de touristes. Car l'îlot vénitien accueille - ou plutôt subit - 20 à 30 millions de visiteurs par an, dont près de 6 millions séjournant dans ses établissements. Ces chiffres exorbitants s’accompagnent d’une dramatique chute de la population dans le centre historique, divisée par plus de trois en 75 ans, désormais estimée à 49 000 habitants en 2025.
Afin de lutter contre les conséquences néfastes du surtourisme, la municipalité a innové il y a deux ans en lançant son "contributo di accesso", un ticket pour les visiteurs à la journée : cinq euros - à partir de 14 ans - si l’on s’y prend au moins quatre jours à l’avance, le double sinon. Il ne concerne pas les touristes qui passent la nuit dans la commune. Mais si cette taxe a rapporté près de 5 millions d’euros à la ville en 2025, avec plus de 720 000 touristes l'ayant acquittée, les effets tardent cependant à se faire sentir. Instaurée sur 29 jours en 2024, cette mesure a été étendue à 54 dates en 2025, puis à 60 jours en 2026. Mais à chaque élargissement, le...
15/08 - "Vous avez fait sensation !" : les maîtres-espions réagissent au classement exclusif de L’ExpressLe silence est leur métier - à quelques exceptions près. Une fois sortis du circuit actif, certains pontes du renseignement acceptent de s'épancher sur leur domaine. Les voilà désormais confrontés au verdict de leurs propres pairs. Ces deux dernières semaines, plusieurs d'entre eux ont livré leurs observations sur notre classement inédit des meilleurs espions européens. Pour les mieux classés, l'exercice a surtout suscité de la satisfaction. Les moins bien notés optent souvent pour l'autocritique. En filigrane de ces interventions, une obsession : la réputation auprès de leurs confrères. Dans un domaine aussi opaque que le renseignement, où mesurer publiquement des performances est presque impossible, elle reste l'une des meilleures jauges de la puissance d'une agence.
Publié ce 29 juillet, le palmarès de L'Express rassemble les votes de 60 professionnels du secteur, répartis dans 25 pays. Parmi eux, 17 responsables ou ex-responsables d'agences ont aussi participé et livré leur "top 5" des services les plus performants. Leurs listes ont ensuite été converties en points. Comme à l'Eurovision, il leur était interdit de voter pour leur propre agence. Ce travail de longue haleine, fruit de trois mois d'immersion auprès des espions, a fait apparaître une vingtaine de pays dans le classement. En queue de peloton, l'Autriche, la Hongrie, ou encore la Slovaquie concentrent les critiques - au point d'avoir agacé le Premier ministre slovaque, Robert Fico. Au sommet, un trio se...
14/08 - "Tatouage numérique" : Bruxelles impose un filigrane invisible pour repérer les contenus générés par intelligence artificielleLe texte était peut-être de vous, peut-être de Claude : Bruxelles veut désormais que la machine puisse le dire. Depuis le 2 août, les fournisseurs de modèles d’intelligence artificielle générative les plus avancés doivent s’assurer que leurs utilisateurs européens savent qu’ils interagissent avec une IA et que les contenus produits soient identifiables comme tels. Jusqu’ici, les grands acteurs du secteur promettaient déjà de mieux signaler l’origine de leurs créations. La nouveauté tient donc au caractère obligatoire de la mesure.
Anthropic a été l’un des premiers à détailler sa réponse. L’entreprise américaine annonce que les modèles de Claude lancés depuis le 2 août intégreront dans leurs textes un filigrane invisible. Rien ne s’affiche à l’écran, rien ne change à la lecture, mais la marque est intégrée au texte lui-même et doit survivre au copier-coller. Le paragraphe peut donc voyager, mais l'information de son origine IA aussi.Le filigrane ne dit pas tout
Le dispositif présente cependant une limite assez importante : il ne dira pas nécessairement qui a écrit le texte. Un article rédigé par un humain puis corrigé, traduit ou résumé par Claude pourra porter le filigrane. À l’inverse, un passage trop court ou fortement réécrit peut ne plus le contenir. Anthropic le reconnaît lui-même : le marquage permettra surtout d’indiquer qu’un contenu est passé par la machine, pas qu’elle en est l’auteur.
La nuance devrait décevoir ceux, professeurs ou autres, qui espéraient déjà...
14/08 - Ventes de livres : qui ont été les vainqueurs de l’été ?Nous avions terminé l’année avec un papier plutôt sombre sur l’état inquiétant de la librairie, et un autre où nous nous demandions si Freida McFadden serait la femme de l’été. Les grandes vacances n’ont pas rebattu les cartes. Sorti début juillet, Le Dîner (City) fonce vers les 300 000 exemplaires. A ce tube, il faut ajouter les deux autres titres que la romancière américaine a publié cette année. La Locataire en est à 300 000 exemplaires et L’Intruse à 200 000. On en est donc à 800 000 exemplaires en grand format rien que pour les nouveautés de 2026 de McFadden. A côté de ces chiffres stratosphériques, le reste est un peu anecdotique…
Du côté des succès, notons quand même que Fred Vargas a dépassé les 200 000 exemplaires avec son dernier polar, Une unique lueur (Flammarion). Elle aussi publiée chez Flammarion, Virginie Grimaldi approche de la barre des 200 000 exemplaires avec D’Autres printemps. Un cran au-dessous, Philippe Besson a franchi les 100 000 exemplaires grâce à Une pension en Italie (Julliard). Malgré son bon classement au cours de l’été, David Foenkinos n’a pas encore atteint les 100 000 exemplaires avec Je suis drôle, alors qu’il était abonné à ce résultat depuis dix livres.
Un homme réalise une performance étonnante depuis le printemps : en attendant sa venue en France au mois de septembre, le pape Léon XIV flirte avec les 70 000 exemplaires quand on additionne les différentes éditions de son encyclique Magnifique humanité. Dans la même tranche de ventes...
14/08 - La Russie veut son Starlink : pourquoi le projet Rassvet inquiète l’UkraineC'est un débranchement qui a été mal vécu par Moscou. En début d'année, le milliardaire Elon Musk, patron de la société SpaceX, acceptait la demande du ministère de la Défense ukrainien de couper l'accès au réseau de satellites Starlink à la Russie. Une technologie que Moscou utilisait pour piloter ses drones Shahed, et assurer ses communications sur le champ de bataille. Ne disposant d'aucun service d'accès à Internet par satellite - au contraire des Etats-Unis, de l'Europe, ou de la Chine - Moscou s'empresse désormais de développer sa propre constellation.
A l'échelle mondiale, pas de doute, c'est bien l'américaine SpaceX qui domine le ciel, avec près de 9 000 satellites Starlink opérationnels. Loin derrière, on retrouve les quelque 700 satellites franco-britanniques OneWeb, ou bien les engins chinois Xingwang, développés par l'entreprise Guowang, et qui s'élèvent à près de 200, selon la revue Le Grand Continent.900 satellites d'ici 2035
Un retard que la Russie est bien décidée à rattraper. En 2023, Bureau 1440, la société à l'origine du projet Rassvet, avait déjà annoncé le lancement de ses premiers satellites. Puis, tout s'est accéléré : 16 autres ont été envoyés dans l'espace en mars 2026, peu de temps après l'exclusion de la Russie du réseau de l'entreprise américaine. En juillet, Bureau 1440 annonçait le succès de la mise en orbite d'une nouvelle flotte.
Serhii Beskrestnov, un conseiller du président ukrainien Volodymyr Zelenskyy, a estimé cette semaine sur ses...
14/08 - "On lâche trop de trucs" : le budget 2027, l’épineuse mission à l’ombre de la présidentielleLa coupe est pleine. En cet hiver 2025, ce fidèle d’Emmanuel Macron bout intérieurement. Tant de concessions ont été accordées au Parti socialiste pour acheter sa clémence lors de l’examen du budget. Suspendue, la réforme des retraites d’Elisabeth Borne ! Augmentée, la prime d’activité ! Notre homme s’en ouvre à Sébastien Lecornu. "On lâche trop de trucs. Cela aura des conséquences pour 2027." Comment un candidat du bloc central pourra-t-il se présenter en garant du sérieux budgétaire après tant d’offrandes ? Il ajoute : "Et ce candidat pourrait être toi !"
Candidat, il ne l’est pas (encore). Le Premier ministre s’attellera cet automne à faire avaler le dernier budget du mandat d’Emmanuel Macron à cette Assemblée nationale sans majorité. Le texte sera présenté le 30 septembre en Conseil des ministres. La tâche s’annonce ardue, à quelques mois de l’élection présidentielle. L’élection reine favorise les promesses de grand soir - ou les postures de rigueur - quand l’exécutif espère réduire le déficit à moins de 5 % du PIB, un objectif en baisse au regard du contexte politique. Chaque actualité ou mouvement social peut nourrir les doléances des partis soucieux d'être en phase avec l'opinion publique. Il est permis de penser que les oppositions demanderont une hausse significative des moyens de la sécurité civile, alors que les pompiers appellent à manifester le 29 septembre. "Il va y avoir une tentation forte pour les candidats à la présidentielle en 2027 de faire l'autruche...
14/08 - Aide à mourir : quand la droite renonce au libéralisme, par Daniel BorrilloLa droite française aime se dire libérale. Elle invoque volontiers la liberté d'entreprendre, la propriété privée, la responsabilité individuelle et la méfiance envers un État bureaucratique qui prétend décider à la place des citoyens. Cette profession de foi, répétée à chaque tribune économique, connaît toutefois une limite tenace puisqu'elle s'arrête au seuil du corps, de la souffrance et de la conscience. Le débat récent autour de l'aide à mourir vient de le rappeler avec une particulière clarté. En effet, lors des discussions parlementaires et des votes solennels, l'opposition la plus véhémente est venue très majoritairement des rangs de la droite républicaine et du Rassemblement national, avant de se prolonger par de multiples retards de procédure et des saisines répétées du Conseil constitutionnel. À l’issue de ce long parcours parlementaire, les Sages viennent de valider la loi, en émettant trois réserves.
Pour mieux comprendre cette hostilité, il convient de distinguer deux postures intellectuelles bien distinctes. D'un côté, le fait qu'une droite conservatrice ou d'inspiration religieuse s'y oppose au nom d'une conception de la vie comme valeur sacrée et indisponible demeure une position cohérente, compréhensible et parfaitement respectable dans le débat démocratique. D'un autre côté, ce qui interroge et choque davantage, c'est l'attitude d'une droite qui continue de se réclamer du libéralisme tout en acceptant, voire en exigeant que l'État puisse imposer par la...
14/08 - Risk : le jeu de conquête territoriale qui ferait fulminer Vladimir PoutineAlors que les jeux de société font un tabac, certains d’entre eux et le succès qu’ils rencontrent en disent long sur leur époque. Cet été, L'Express décrypte des jeux cultes, de l'abaissement de la culture générale que révèlent les questions du Trivial Pursuit au fil des éditions, au retour du réalisme en géopolitique avec Risk, en passant par les mutations de la mondialisation (Richesses du Monde) et le backlash contre le politiquement correct avec Blanc-manger Coco, devenu incontournable à l’heure de l'apéro. Vous apprendrez aussi pourquoi le vénérable Monopoly valide la stratégie de Donald Trump et permet d’éclairer son élection.
EPISODE 1 - De Hamlet à Cyril Hanouna : ce que le Trivial Pursuit dit du déclin de la culture G
EPISODE 2 - L'ascension de Donald Trump expliquée par le Monopoly
Il fut un temps où un dimanche réussi consistait à s’emparer du Kamtchatka, sécuriser l’Océanie, ou tout bonnement aplatir une armée adverse. Risk, le plus illustre des jeux de conquête, a été pour de nombreux millenials ce que Roland Garros reste chaque année aux bacheliers : une terrible menace à leur réussite. Aux oubliettes, les après-midis de révisions. Place à l’élaboration de stratégies, au placement de renforts, et au lancement de redoutables attaques à coup de dés. Avec un seul et unique but : le buste droit, l'oeil conquérant, retourner sa carte mission, enfin remplie.
L’histoire retiendra que Risk s’est lancé à l'assaut des jeux de plateaux un an après que L’Express se...
14/08 - Réseaux sociaux : le Conseil constitutionnel censure l’interdiction aux moins de 15 ansC'est un revers pour l'exécutif, à quelques semaines de l'application prévue du texte. Alors que la mesure devait s'appliquer dès le 1er septembre, le Conseil constitutionnel a retoqué, ce 14 août, l'unique article de la loi encadrant l'accès des mineurs aux réseaux sociaux. Le texte avait pourtant franchi toutes les étapes parlementaires, avec un vote définitif le 21 juillet, avant d'être déféré aux Sages fin juillet par des députés des groupes LFI et PS, qui contestaient sa conformité constitutionnelle.
Présidés par Richard Ferrand, les juges constitutionnels fondent leur raisonnement sur l'article 11 de la Déclaration de 1789, qui protège la libre communication des pensées et des opinions. Compte tenu du rôle désormais central d'internet dans la vie démocratique, ce principe couvre aussi, selon eux, le droit d'accéder aux plateformes en ligne et de s'y exprimer.
Le Conseil ne remet pas en cause l'intention du législateur : lutter contre l'addiction, l'isolement ou l'exposition des plus jeunes à des contenus dangereux (pornographie, harcèlement, arnaques). Mais il juge le dispositif mal calibré. La définition retenue englobe toute plateforme de partage et de mise en relation, quel que soit son fonctionnement réel ou le danger qu'elle représente concrètement. Les quelques dérogations prévues par la loi (encyclopédies, ressources pédagogiques, logiciels libres) sont, selon la décision, trop étroites pour exclure des outils numériques dont la nocivité n'est pas démontrée...
14/08 - USS Abraham Lincoln : après neuf mois en mer, la santé mentale de l’équipage inquièteSur un porte-avions, tout est prévu pour durer : le déploiement de l’USS Abraham Lincoln en teste le principe. Le porte-avions américain, parti de San Diego le 21 novembre dernier, a vu son déploiement prolongé à plusieurs reprises après sa redirection vers le Moyen-Orient pour participer aux opérations américaines liées à la guerre avec l’Iran. Avec plus de 5 000 marins à son bord et aucune date officielle de retour, le navire fait désormais l’objet d’alertes sur les conditions de vie et la santé mentale de son équipage. Ces derniers jours, l’inquiétude a pris une nouvelle tournure. Navy Times et Stars and Stripes, deux médias spécialisés dans les affaires militaires américaines, ont rapporté plusieurs tentatives de marins de passer par-dessus bord. CNN a depuis confirmé qu’un membre de l’équipage avait sauté à la mer le 3 août, avant d’être récupéré par hélicoptère moins d’une heure plus tard et transféré hors du navire pour recevoir des soins.Le quotidien sous pression
À bord, les témoignages recueillis par les médias américains décrivent d’autres épisodes du même ordre. L’épouse d’un marin affirme que son mari a tenté de sauter après les prolongations successives de la mission. Une autre raconte que le sien a retenu un camarade qui s’apprêtait à passer par-dessus bord. La US Navy assure de son côté ne pas avoir constaté d’augmentation des signalements d’idées suicidaires ou de tentatives de suicide à bord. Elle rappelle que des médecins, des spécialistes de santé...
14/08 - Canicules, incendies, sécheresse : la facture vertigineuse des catastrophes climatiques en FranceL'heure des comptes a sonné en France, après les événements climatiques extrêmes et répétés de cet été. Alors qu'une réunion de crise se tenait au ministère de la Transition écologique, mercredi 12 août, sur le thème de la sécheresse, la ministre Monique Barbut a estimé les coûts directs et indirects des canicules de 2026 à "10 à 15 milliards d'euros". Ces appréciations, citées par Le Figaro avec AFP, comprennent les effets des températures records, des incendies, mais aussi de la sécheresse. Si elles venaient à se concrétiser, cela représenterait 0,3 à 0,5 point du PIB de la France, alors que la prévision de croissance pour l'année est de 0,7%, selon les dernières projections.
Ce chiffre, lancé par Monique Barbut, est cependant à prendre avec des pincettes. La ministre, qui avait dit se baser sur les estimations de l'INSEE, a été rapidement démentie par l'institut d'études économiques, estimant qu'il est trop tôt pour fournir des données solides sur l’impact des récents événements climatiques. Il invite néanmoins à s'interroger sur les répercussions de ces crises. Des effets mesurables sur le long terme
Il faut parfois attendre plusieurs mois, voire années, pour mesurer les conséquences des canicules et des sécheresses. L'impact sur l'agriculture n'est connu qu'à la fin des récoltes ; les dégâts sur les bâtiments peuvent prendre des mois à apparaître ; tandis que les conséquences sur la santé publique se manifestent, elles aussi, progressivement.
A court thème, et de...
14/08 - Sous Donald Trump, la liberté d’expression perdue des scientifiquesLe monde avait été sidéré voilà un peu plus d’un an par les nouvelles règles s’appliquant aux demandes de financement des scientifiques américains. Impossible d’écrire des mots faisant référence au genre, à l’orientation sexuelle, à la justice sociale ou encore aux inégalités hommes femmes, sous peine de voir les crédits refusés. Plus récemment, l’administration Trump a dévoilé une proposition visant à refondre le mode d’allocation des budgets pour les conditionner "au respect des priorités du président".
Avec cette réforme, les dossiers présentés par les équipes de chercheurs ne seraient plus examinés par d'autres scientifiques, comme c'était le cas jusqu'ici, mais par des responsables politiques qui superviseraient les décisions des agences de financement. Le monde de la recherche n'a donc pas caché son soulagement quand le Sénat a adopté le 8 août un texte permettant de bloquer ce projet controversé. La menace est toutefois loin d'être écartée, car il ne s'agit là que d'une première étape dans le processus complexe qui doit aboutir dans les mois à venir à fixer le prochain budget des Etats-Unis.
Mais le républicain en a-t-il réellement besoin pour placer sous sa coupe une large partie de la communauté scientifique américaine ? A voir les réactions aux demandes d'interviews formulées par L'Express auprès de certains chercheurs ces derniers mois, on peut en douter. "Je serai ravi de répondre à vos questions, mais à la seule condition de ne pas m’interroger sur Donald...
14/08 - John Plassard : "Un changement radical est en train de s’opérer au sein de la Fed"La prochaine réunion de la Fed tournera-t-elle à nouveau à "une bonne dispute de famille" ? C'est ainsi que son patron, Kevin Warsh, avait qualifié les derniers débats monétaires, fin juillet. Nommé à la tête de l'institution en mai dernier, le quinquagénaire a pris la suite de Jerome Powell, sommé pendant des mois par Donald Trump de baisser les taux d'intérêt.
Mercredi 12 août, investisseurs et "Fed watchers" ont retenu leur souffle en attendant les données sur l'inflation du mois dernier. Son léger ralentissement - à 3,4 % - conjugué à la déception du dernier rapport sur l'emploi, suffit-il à éloigner le spectre d'une hausse de taux en septembre ? Une chose est sûre : anticiper les prochains mouvements de la Fed est devenu bien plus complexe depuis l'arrivée de Kevin Warsh. Sa bête noire ? Les indications prospectives (forward guidance), traditionnellement communiquées aux marchés. A quelques semaines du grand raout annuel des banquiers centraux à Jackson Hole, John Plassard, associé à la banque suisse Cité Gestion, analyse les réformes qu'il mène au sein de l'institution.
L’Express : Comment a été perçue la décision de la Fed de ne pas augmenter les taux fin juillet, alors même que l’inflation était au-dessus de sa cible ?
John Plassard : Depuis son arrivée à la Fed, la marque de fabrique de Kevin Warsh est plutôt le pragmatisme. Il semble avoir convaincu Donald Trump - les deux hommes s'appellent apparemment très souvent - qu'une inflation non maîtrisée coûterait...
14/08 - Royaume-Uni : Nigel Farage réélu à Clacton dans une élection surréaliste boycottée par les grands partisNigel Farage, le chef du parti populiste britannique Reform UK, a été réélu vendredi député de la circonscription de Clacton, son fief dans l'Essex, à l'issue d'une élection législative partielle qu'il avait lui-même provoquée pour réaffirmer sa légitimité. Le chef du parti anti-immigration, en difficulté après avoir "omis" de rendre public un don en sa faveur de cinq millions de livres, avait démissionné le mois dernier de son mandat de député de la circonscription de Clacton, au nord-est de Londres.
Nigel Farage a donc été réélu avec 22 239 voix, devant son principal rival, l'improbable "Comte Tête-de-poubelle" (Count Binface), un personnage satirique en cape et casque en forme de benne à ordures, créé par l'humoriste Jonathan Harvey, qui a recueilli 9 455 voix. D'après le journal britannique The Guardian, il s'agit du meilleur score jamais obtenu par ce candidat fantaisiste. Le scrutin, ignoré par les principaux partis politiques qui l'ont qualifié de "cirque médiatique" et de "projet pharaonique", avait ouvert la voie à une candidature record de 34 prétendants, parmi lesquels vingt indépendants et trois représentants du parti Monster Raving Loony.Le comte Binface a remporté 9 455 voix. Royaume-Uni, le 14 août 2026. REUTERS/Jack Taylor TPX IMAGES OF THE DAY REFILE - UPDATING GRAMMARUn bulletin de vote record, une participation en berne
Le dépouillement s'est prolongé jusqu'au petit matin. Nigel Farage a néanmoins revendiqué la victoire alors que le comptage des voix...
14/08 - Energie et climatisation, ce que pensent les Français : "Il y a un rejet massif de la classe politique"L’Express s’associe à l’institut de sondage Viavoice, à HEC Paris et à BFM Business, pour questionner régulièrement un panel représentatif de Français et de cadres sur un sujet d’actualité. Jean-Michel Gauthier, professeur de finance à HEC Paris, décrypte les résultats de ce "Baromètre des décideurs" consacré aux enjeux énergétiques et à leur perception au sein de la population.
L'Express : Lorsqu’on les interroge sur les énergies du futur, les Français plébiscitent les EnR. Le nucléaire souffrirait-il toujours d'une mauvaise image ?
Jean-Michel Gauthier : A mon avis, cet avantage apparent donné aux EnR reflète surtout un "effet canicule". Les mois de juin et juillet ont été les plus chauds jamais enregistrés. Sans le changement climatique, nous n'aurions sans doute pas eu cette succession dramatique de vagues de chaleur et d'incendies. Cela veut dire qu'il faut hâter la sortie des énergies fossiles, émettrices de gaz à effet de serre. Et dans l'esprit du grand public comme celui des dirigeants, celle-ci va de pair avec la montée en puissance des énergies renouvelables. Je me demande cependant si nos décideurs, qui sont aussi des investisseurs, des managers, des chefs d'entreprise, ont suffisamment conscience de l'impact sur le pays d’un scénario dans lequel les énergies renouvelables deviendraient majoritaires. Ou pire, d’un scénario à l’allemande qui ferait une croix sur le nucléaire.
Plus les EnR se développent, plus le nucléaire doit moduler sa production et EDF a...
14/08 - Dépendance aux opioïdes : en France, moins d’un patient sur cent accède à l’innovationIl ne se passe plus un jour sans qu'on parle d'addiction : écrans, alcool, pornographie, tabac, opioïdes… Ces dépendances sont enfin reconnues comme un enjeu de santé publique majeur. Mais dans un contexte de budgets contraints, la tentation est grande de les hiérarchiser, de traiter certaines comme prioritaires et d'autres comme secondaires, sans tenir compte des dégâts que chacune cause aux personnes comme à leur entourage.
La dépendance aux opioïdes en est l'un des exemples les plus marquants, comme l'a rappelé la crise aux Etats-Unis. Cette dépendance stigmatise, isole, tue des personnes et affecte profondément leur santé, leur vie sociale et leurs proches. Sans qu'une crise équivalente ne soit à redouter en France, notre pays a néanmoins connu une progression rapide des hospitalisations et des surdoses liées aux opioïdes, dont ceux prescrits pour la douleur : entre 2000 et 2017, les hospitalisations ont augmenté de 167 %, les décès grimpant de 146 % entre 2000 et 2015, soit au moins 4 décès par semaine.Longtemps pionnier, le modèle français de prise en charge décroche
Dès les années 1990, la France a fait le choix audacieux d'un large accès aux traitements de substitution aux opiacés (TSO), s'appuyant sur les médecins généralistes et leur délivrance par les pharmacies de ville.
Ce modèle, longtemps référence à l’international, fait aujourd'hui face à un décrochage. Depuis 2021, de nouveaux traitements de substitution aux opiacés (TSO) existent, et représentent une...
14/08 - Tests ADN généalogiques : pourquoi la France reste une exception en EuropeSi vous n'êtes pas passionné de généalogie vous-même, il y a fort à parier qu'il en existe dans votre entourage. D'après une enquête Ifop réalisée pour Geneanet, 43 % des Français affirment avoir déjà entamé des recherches sur leur ascendance tandis qu'un quart des Français se décrivent comme "généalogistes actifs". Dans ce contexte, certains pourraient être tentés d'envoyer un échantillon de salive à une société spécialisée, d'autant que celles-ci mènent des campagnes de promotion régulières sur les réseaux sociaux. Malheur à qui succomberait à ce chant des sirènes : la commande et la réalisation de ces tests ADN sont passibles d'une amende allant jusqu'à 3 750 euros.
Dans les faits, aucune condamnation judiciaire n'a jamais été prononcée pour ces motifs, mais la loi est claire : seuls les examens prescrits par un médecin ou un juge sont autorisés en France. Depuis avril dernier, le Conseil économique, environnemental et social (Cese) recommande la dépénalisation de ces pratiques. Une proposition de loi du groupe Ensemble pour la République a aussitôt été déposée en ce sens, votée en commission... puis désinscrite de l'ordre du jour sans que les députés aient pu se prononcer. Une frilosité bien éloignée des préoccupations de nos voisins. Tour d'horizon.Une pratique encore confidentielle en FranceAu Portugal, un vide juridique... et une tolérance de fait
A Lisbonne comme à Paris, le test ADN est considéré comme une donnée médicale de santé publique très sensible....
14/08 - Budget 2027 : "D’un point de vue économique, le gel des pensions de retraite est l’ajustement le moins brutal"Le projet avait précipité la chute de l’éphémère gouvernement Barnier, l’an passé. Cet été, Bercy étudierait malgré tout la piste d’une désindexation des retraites par rapport à l'inflation, du moins pour les plus grosses pensions. Jugée impopulaire mais nécessaire, l’idée fait son chemin. Les voix des experts en sa faveur se multiplient. Le mois dernier, le Comité de suivi des retraites réitérait sa recommandation d’une "sous-indexation cumulée de deux points au moins d’ici 2030" pour assurer la pérennité du système. De leur côté, quatre économistes missionnés par le ministre de l'Economie, Roland Lescure et celui des Comptes publics, David Amiel, rappelaient mi-juillet que "le redressement des finances publiques en Allemagne au début des années 2000 s’est beaucoup appuyé sur l’absence de telles clauses d’indexation (…) A court terme, une désindexation dans le cadre d’une 'année blanche' ne devrait pas être a priori exclue en 2027".
Faute de décisions à la hauteur de l’enjeu ces dernières années, le bouclage du projet de loi de finances s’annonce épineux, d’autant plus que la charge de la dette s’alourdit avec la hausse des taux d’intérêt et que l’approche de l’élection présidentielle risque de polluer les débats budgétaires.
"Dans cette situation, chaque dépense supplémentaire doit être appréciée non seulement en fonction de son bénéficiaire, mais aussi de son mode de financement et de son efficacité économique", plaide auprès de L'Express Christophe Daunique. Ce...
13/08 - Poutine aux Kouriles : pourquoi ces îles disputées avec le Japon sont si stratégiquesUne dégustation d'œufs de poisson dans une usine, une rencontre avec des pêcheurs et une entrevue avec les habitants de l'île. Jeudi 13 août, le président russe Vladimir Poutine se rendait pour la première fois sur l'île d'Iturup (Etorofu, en japonais), dans l'archipel des Kouriles. Si le déplacement avait des airs de visite de courtoisie, l'événement est bien plus politique que ce qu'il n'y paraissait.
Le territoire, l'une des quatre îles de l'archipel des Kouriles, a en effet été saisi par la Russie lors de la Seconde Guerre mondiale, et reste toujours revendiqué par le Japon. Tokyo fait de leur restitution une condition à la conclusion d'un traité de paix formel (jamais signé entre la Russie et le Japon depuis la Seconde Guerre mondiale) et qui permettrait de renforcer les liens économiques entre les deux pays.
La réaction du Japon ne s'est donc pas faite attendre : "Cela heurte les sentiments du peuple japonais et est absolument inacceptable", a déclaré la Première ministre Sanae Takaichi dans une allocution télévisée. D'autant que la visite du président russe intervient deux jours avant que le Japon ne commémore le 81e anniversaire de sa capitulation, et dans un contexte de militarisation croissante de la région.La forteresse des Kouriles
Mais pour comprendre l'intérêt accru de Vladimir Poutine envers les Kouriles, il faut déjà comprendre leur importance géopolitique. Les Kouriles occupent une position stratégique dans une région où la Russie cherche à consolider...
13/08 - Quand les drones ukrainiens donnent une leçon à l’armée américaineCache-cache avec un blindé : l’idée avait ses limites. Ce n’était heureusement qu’un entraînement, mais le résultat a suffisamment marqué les responsables militaires américains pour intéresser jusqu’au Pentagone : selon une enquête du Wall Street Journal, publiée à partir de témoignages de participants et de responsables informés de l’exercice, des opérateurs de drones ukrainiens ont largement dominé des troupes américaines lors de Combined Resolve, organisé au printemps en Allemagne. Environ 3 500 soldats américains devaient attaquer une position adverse. En face, la force chargée de jouer l’ennemi avait reçu un renfort assez peu académique : des soldats du 412e régiment ukrainien de systèmes sans pilote, plus connu sous le nom de Nemesis. Après plus de quatre ans de guerre contre la Russie, ceux-ci ne découvraient pas exactement le mode d’emploi d’un drone.Une visibilité coûteuse
Les véhicules blindés américains, lourds et visibles lorsqu'ils soulevaient de la poussière, ont été repérés par des drones de reconnaissance, puis ciblés par des appareils larguant des explosifs et des drones FPV. Dans ce type d'exercice, aucune explosion spectaculaire n’est nécessaire : lorsqu'un drone s’approche suffisamment d’un véhicule, un observateur peut simplement déclarer "détruit". Les Ukrainiens le faisaient si vite que certains véhicules américains ont dû être réintroduits dans le scénario afin que l'entraînement ne s’arrête pas prématurément. Encore une partie, en somme.
Cette...
13/08 - De Bridget Jones à Bill Clinton : les bienfaits insoupçonnés de la procrastinationAvec ses bonnes résolutions en carton-pâte, son génie pour multiplier les "dernières" cigarettes (et les jarres de Chardonnay), sa propension à ajourner tout choix professionnel, sans compter cette incapacité signature à choisir entre le séduisant Daniel Cleaver et le tendre Mark Darcy, le personnage de Bridget Jones ferait figure de sainte patronne des procrastinateurs. Son emblème ? Le chaos. Car à trop tergiverser, la trentenaire s’en trouve réduite à chanter "All by myself" seule dans son salon un soir de nouvel an, avec pour seule compagnie une bouteille de vin rouge.
A première vue, on déconseillerait donc aux quelque 85 % de Français concernés par ce "vice", selon un sondage Odoxa réalisé en 2019, de poursuivre dans cette voie. De même que l’on ne saurait trop pousser nos voisins britanniques à se désolidariser de cette habitude – d’après une étude menée par l’assureur Legal & General, plus de la moitié d’entre eux estiment en avoir pâti au cours de leur vie. A moins que cet art de remettre les choses au lendemain ne soit précisément l’ingrédient secret du happy ending de la comédie romantique ; celui qui pousse Bridget Jones à s’élancer une nuit enneigée dans les rues de Londres, culotte léopard et gilet beige layette, à la poursuite de son véritable amour…
La procrastination, une bonne conseillère ? C’est en tout cas ce que l’on pourrait déduire du temps que L’Express et Frank Partnoy, professeur de droit à l’université de Californie (Berkeley) et auteur de...
13/08 - Comment le classement des meilleurs espions de L’Express a mis la Slovaquie en ébullitionPanique en Slovaquie. Depuis la publication du classement de L'Express des meilleures agences de renseignement du Vieux Continent, la classe politique slovaque se déchire autour de ses espions. La polémique a gagné l'opposition, puis les députés chargés du contrôle du renseignement, jusqu'au Premier ministre Robert Fico. En cause : la palme du "pire service d'Europe" attribuée à la SIS. Le jugement irrite d'autant plus à Bratislava qu'il ne vient pas de n'importe qui. Il est le fruit d'une longue collecte réalisée auprès de 60 professionnels de l'espionnage, répartis dans 25 pays.
Pendant trois mois, nous nous sommes plongés dans l'Europe des espions, toquant à la porte de plus d'une centaine d'entre eux. Nous avons demandé à des dirigeants actuels ou récemment retraités de juger leurs pairs européens. L'exercice consistait à nous communiquer un "top 5" des meilleurs services. Comme lors du concours de l'Eurovision, il était interdit aux jurés de voter pour leur propre pays. Le résultat est net. Les espions britanniques dominent l'Europe ; à l'autre bout du classement, la Hongrie, la Bulgarie et surtout la Slovaquie concentrent les critiques. Népotisme, incompétence, proximité avec la Russie : la SIS est tenue en piètre estime.
Son dirigeant Pavol Gaspar est particulièrem
13/08 - Faux CV, IA, identités volées… Comment la Corée du Nord infiltre les entreprises occidentalesL'opération pourrait rapporter 800 millions de dollars par an au régime de Kim Jong-un. Selon une récente enquête du Wall Street Journal, des "milliers" de travailleurs qualifiés nord-coréens ont décroché ces dernières années des postes d'informaticiens dans le secteur des technologies, des services, ou de la banque, auprès d'entreprises américaines ou anglaises - et ce sous de fausses identités.
L'objectif serait d'abord financier. Isolée économiquement par les sanctions internationales, la Corée du Nord chercherait par tous les moyens à se financer. En effet, le département américain du Trésor estime que jusqu’à 90 % des revenus générés par certains de ces travailleurs pourraient revenir au régime.Une "industrie" de la fausse identité
Pour infiltrer les entreprises occidentales, les opérateurs nord-coréens constituent des équipes qui fonctionnent comme de véritables machines à recrutement. Le Wall Street Journal a pu enquêter sur l'une d'entre elles, baptisée Eagle Vision, à partir de données récupérées sur des ordinateurs utilisés par ses membres.
Le groupe est composé d'un responsable, qui coordonne les candidatures et le travail de plusieurs informaticiens nord-coréens. Les membres fabriquent des CV adaptés à chaque offre d'emploi, préparent les entretiens, s'entraînent à répondre aux questions des recruteurs. Certains vont même jusqu'à utiliser l'intelligence artificielle pour modifier leur apparence lors des entretiens, ou pour générer des réponses en anglais en...
13/08 - Démographie : la jeune Afrique, dernier grand réservoir d’émigration, par Stephen SmithÀ la manière dont L’Assommoir, d'Émile Zola, fait comprendre l’alcoolisme et la prostitution de misère sous le Second Empire en France, GraceLand, de Chris Abani, témoigne des débuts de la grande migration subsaharienne à la fin du XXe siècle. L'écrivain nigérian s’inspire de son vécu pour raconter la fuite en avant d’un jeune pour qui la vraie vie est une promesse à tenir, plus loin.
Publié en 2004, le roman relate la vie d’Elvis Oke, depuis son village natal dans le sud-est du Nigeria jusqu’à son départ aux États-Unis en passant par un bidonville de Lagos. GraceLand désigne l’espérance d’une vie meilleure, idéalement dans la résidence éponyme d’Elvis Presley, l’idole absolue du protagoniste. Mais il pointe aussi — sur le mode sarcastique, donc plutôt comme Disgraceland — le Nigeria, le pays le plus peuplé au sud du Sahara.
Au moment de ces faits, à la fin des années 1970, le Nigeria comptait près de 80 millions d’habitants. Il en compte aujourd’hui trois fois plus, environ 240 millions, dont la moitié a moins de dix-huit ans. C’est une république d’enfants et d’adolescents. L’espérance de vie y est de 55 ans, la même qu’en France en 1930. Le rouleau compresseur de la croissance démographique — la population nigériane a été multipliée par 13 depuis un siècle, par rapport à un facteur multiplicatif de 1,7 pour la France ou de 5 pour l’Inde — lamine la fameuse "tradition africaine", désormais plus vivante dans l’imaginaire occidental que sur un continent où les "vieux...
13/08 - Au Groenland, les ambitions pétrolières américaines se heurtent au droit administratifDe l’ambition, oui, mais pas encore d’autorisation : Greenland Energy comptait commencer ses premiers forages dès cet automne dans la région reculée de Jameson Land, sur la côte est de l’île. Le calendrier avait un avantage : il allait vite. Peut-être un peu trop… Après l’acheminement en juillet de matériel de forage sans autorisation, le gouvernement groenlandais a infligé un sérieux rappel de procédure à la société : les évaluations environnementales et sociales ne pourront pas être réalisées à temps, pas plus que les autorisations nécessaires. Au plus tôt, les premiers travaux pourraient désormais commencer à l’hiver 2027.
Le détail aurait pu rester une banale histoire de permis. Seulement voilà : depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, rares sont les affaires groenlandaises qui restent purement administratives. Le président américain a plusieurs fois affirmé vouloir placer le territoire autonome danois sous contrôle des États-Unis. Son envoyé spécial pour l’île, Jeff Landry, gouverneur républicain de Louisiane, assume même pour objectif de "faire du Groenland une partie des États-Unis". En mai, il annonçait encore que les barils groenlandais pourraient entrer en production "d’ici dix mois environ". Le Groenland répond à ce calendrier américain avec une notion moins grandiose : le droit administratif. Dix ou dix-huit mois de plus
Sur place, le problème commence à Jameson Land, ville sur la côte est du Groenland. Du matériel destiné au forage y avait...
13/08 - Canicule : pourquoi l’Europe se réchauffe deux fois plus vite que le reste du mondeÀ raison de 0,56 ºC supplémentaires par décennie depuis le milieu des années 1990, l’Europe a trouvé un domaine où elle ne manque vraiment pas de croissance. Le continent se situe désormais autour de 2,4 ºC au-dessus du niveau préindustriel, contre environ 1,4 ºC pour la planète entière. Les émissions de gaz à effet de serre restent la cause de fond. Mais elles n’expliquent pas, à elles seules, pourquoi l’Europe prend davantage de degrés que ses voisins.
Premier élément non négligeable : la géographie. Les terres se réchauffent plus vite que les océans, qui absorbent beaucoup plus de chaleur avant de changer de température. Surtout, une partie importante du territoire européen se trouve proche de l’Arctique, la région qui se réchauffe le plus rapidement sur Terre. Là-haut, la disparition de la glace de mer expose une surface océanique plus sombre, qui absorbe davantage d’énergie solaire. Moins de glace produit donc davantage de réchauffement, lequel accélère à son tour la fonte. L'Europe du Nord se retrouve donc aux premières loges de cette évolution. Moins de neige donc plus de soleil absorbé
Le même mécanisme existe sur terre : la neige renvoie une partie du rayonnement solaire ; quand elle disparaît plus tôt ou couvre moins de surface, le sol sombre absorbe davantage de chaleur. En mars 2025, la couverture neigeuse européenne était inférieure d’environ 1,3 million de kilomètres carrés à la moyenne 1991-2020, soit une baisse de 31 %. À peu près la France, l’Italie,...
13/08 - Donald Trump exfiltré en secret : de Bill Clinton à Staline, l’art de faire disparaître un chef d’EtatDans le film Air Force One, sorti en 1997, Harrison Ford incarne un président qui ne s'embarrasse plus de la diplomatie, décidé à combattre les "régimes meurtriers". Peu après, son avion présidentiel est détourné par une poignée de terroristes. Le 8 juillet, le Secret Service a concocté un plan que n'aurait pas renié un scénariste hollywoodien. La menace pesant sur le président a été jugée si sérieuse qu'un leurre rocambolesque a été mis en place. A la fin du sommet de l'Otan à Ankara, en Turquie, Donald Trump embarque d'abord dans l'ancien Air Force One. Une fois à l'abri des regards, il est discrètement exfiltré du jet présidentiel, puis transporté à l'intérieur d'un conteneur de restauration jusqu'à un C-32A de l'US Air Force, qui s'envole vers le Royaume-Uni. L’ancien Air Force One décolle lui aussi, avec à son bord des responsables de l’administration et des journalistes persuadés, pour la plupart, que le président est encore avec eux.
"Un déplacement de chef d'État s'accompagne toujours d'une évaluation de la menace. Si elle s'avère réelle ou sévère, le service de protection prend les mesures de sécurité nécessaires. Faire disparaître la cible fait partie de la panoplie disponible", explique Georges Salinas, chef du GSPR (groupe de sécurité de la présidence de la République) jusqu'à l'été 2025, auteur de Par le verbe, par le glaive (Mareuil Edition). "On peut changer d'itinéraire, ou de véhicule. La France dispose, comme les États-Unis, de voitures et d'avions...
13/08 - Démographie, l’heure du grand basculement : pour en finir avec les dénis françaisVertige. C’est le mot qu’on s’est répété en préparant ce dossier sur les projections démographiques pour les décennies à venir. Au même titre que le réchauffement climatique, le plongeon de la natalité et la dépopulation seront l'une des évolutions majeures du XXIe siècle. Là aussi, faire l’autruche sur le plan politique sera désastreux, d’autant que des pays pionniers, comme le Japon ou l’Italie, sont là pour nous éclairer sur les conséquences, moroses, d’un vieillissement accéléré.
Forte de son statut de championne européenne de la fécondité, la France s’est longtemps cru immunisée. Mais notre indicateur conjoncturel de fécondité (ICF) est de 1,53 enfant par femme, là où en 2010, il dépassait encore 2. L’année dernière, notre pays a connu un tournant en enregistrant plus de décès que de naissances, une première depuis 1945. Le nombre de naissances a encore reculé sur les six premiers mois de 2026. Comme le résume Maxime Sbaihi, directeur stratégique du Club Landoy et auteur du remarquable Les Balançoires vides (L'Observatoire), "la France est un pays de vieux qui se prend encore pour un pays de jeunes. Nous devons sortir de cette fiction."
La manifestation la plus évidente du déni démographique, c'est de faire croire que nous pourrions préserver, sans trop d’efforts, le modèle social conçu à la Libération, à une époque où les 65 ans ou plus représentaient 10 % de la population française. Aujourd’hui, on en est à 22 %, et d’ici à 2070, ce sera 32 % selon l'Insee. Il est...
13/08 - Scandales financiers, chute de popularité, élection contre une poubelle : l’été maudit de Nigel FarageCe vendredi 14 août, Nigel Farage montera sur scène dans la station balnéaire de Clacton-on-Sea et sera déclaré vainqueur de la législative partielle dans son fief. A ses côtés, se tiendront ses trente-deux concurrents à cette élection, uniquement des candidats indépendants, plus ou moins farfelus. Son principal rival : le comte "Tête de poubelle", candidat satirique donné à 20 % dans le seul sondage publié en amont du scrutin. Ainsi se déroule "l'élection la plus stupide de l'histoire britannique" selon le Daily Telegraph, qui couronne un été catastrophique pour le père spirituel du Brexit.
Depuis mars 2025, plus de 300 sondages d'affilée lui promettaient les clés du 10 Downing Street en cas d'élections nationales, le plaçant dans la même cour que Winston Churchill, Margaret Thatcher ou Tony Blair. Mais, en cet été 2026, Nigel Farage se retrouve embourbé dans son face-à-face avec le comte "Tête de poubelle" pour conserver son siège de député à Clacton-on-Sea, sur la côte Est de l'Angleterre. L'issue du vote ne fait aucun doute, puisque l'ensemble des partis britanniques ont décidé de boycotter cette législative provoquée par Farage lui-même et que la région est acquise depuis des années à Reform UK.
Début juillet, le leader populiste annonçait sa démission de son poste de député, puis sa candidature pour une réélection. Une manière selon lui de "laisser le peuple juger" les affaires qui l'entourent. Une manière, surtout, de se placer sous les projecteurs médiatiques...
13/08 - "Je serai héros ou martyr..." : quand Fidel Castro et ses partisans prenaient d’assaut CubaCet article a été publié pour la première fois dans L'Express du 8 janvier 1959
Jeudi dernier, le 1er janvier, avant l'aube, le président Fulgencio Batista convoqua ses ministres et ses amis les plus proches. La grève générale révolutionnaire venait d'être déclenchée dans tout Cuba. Depuis quatre jours, la ville de Santa Clara, noeud ferroviaire qui commande les communications de toute l'île, était le théâtre d'une bataille de rues d'une extraordinaire férocité. L'aviation gouvernementale arrosait de bombes et de mitraille les localités aux mains des rebelles. Dégoûtées par la boucherie, des forces de l'ordre désertaient et passaient aux insurgés.
Fulgencio Batista avait perdu son pari. Il avait été porté au pouvoir, malgré lui, il y a vingt-cinq ans, alors qu'il était sergent sténographe dans l'armée. Il portait alors un blouson de cuir, un poignard et un pistolet à la ceinture ; aux yeux du peuple cubain, il incarnait la victoire du pauvre contre les puissants et les riches. La date fatidique
Le tribun audacieux, modeste et tolérant d'il y a vingt-cinq ans, était devenu depuis 1952, date de son retour au pouvoir à la suite d'un putsch militaire, l'un des dictateurs les plus sanglants de l'histoire contemporaine. Son ultime ambition était de tenir jusqu'au 24 février, date de l'expiration de son mandat. Cette dernière satisfaction d'amour-propre lui fut refusée.
Le 1er janvier avant l'aube, suivi de 400 de ses fidèles, il prit l'avion pour Saint-Domingue, emportant...
13/08 - Universités : "La hausse des frais d’inscription ne doit plus être considérée comme un tabou"Augmenter les frais d’inscription des étudiants : c’est l’une des propositions chocs du rapport issu des Assises sur le financement des universités rendu en juin dernier. Les auteurs, Jérôme Fournel, Inspecteur général des finances, et Gilles Roussel, ancien président de la Conférence des présidents d’université, mettent sur la table d’autres propositions non consensuelles, comme la possibilité pour les établissements d’établir leurs propres capacités d’accueil.
L'Express : Si le modèle financier des universités n’évolue pas, il ne sera plus soutenable d'ici à 2030, alertez-vous dans votre rapport. Comment en est-on arrivé là ?
Jérôme Fournel : Cette situation est le résultat d’un processus progressif. Notre système, qui repose presque exclusivement sur le financement public, a dû absorber une forte hausse du nombre d’étudiants jusqu’au milieu des années 2010. Les moyens alloués ont bien augmenté, mais à un rythme inférieur à la croissance démographique. La poussée inflationniste qui a suivi la crise du Covid-19 a constitué un deuxième choc. Parallèlement, les sources de financement se sont diversifiées afin de soutenir le développement de l’apprentissage, de la formation continue et des appels à projets, notamment dans le cadre de France 2030. Cette évolution a toutefois eu des effets indirects du fait de règles et de contraintes : ainsi, le recours à des contractuels, indispensable pour certains financements de projets, a alourdi la masse salariale, et contribué à...
12/08 - Face aux stocks américains sous pression, l’Iran change de tactiqueLà où Washington visait 100 % d’interception, l’Iran s’est chargé de la décimale : "Nous avons abattu presque tous les missiles. Un seul est passé", a reconnu le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, après l’attaque iranienne du 17 juillet contre une base américaine en Jordanie. Selon le New York Times, ce projectile a frappé des logements préfabriqués, tuant trois soldats américains et blessant plus de cent personnes. Pendant cinq jours, l’Iran avait lancé des vagues de drones et de missiles contre trois bases du pays. En avril, Pete Hegseth assurait pourtant que le programme de missiles iranien était "fonctionnellement détruit" et ses capacités presque complètement inefficaces. Trois mois plus tard, les tirs avaient repris.
L’Iran ne cherche plus seulement à lancer davantage : Téhéran complique désormais le travail des défenses américaines. Certains missiles peuvent modifier brusquement leur trajectoire ; les attaques combinent drones et différents types de missiles ; les frappes arrivent en vagues contre plusieurs points. Selon des responsables américains, les forces iraniennes ont aussi observé la guerre en Ukraine, où la Russie associe missiles balistiques, missiles de croisière et drones pour compliquer leur interception. 1 500 Patriot plus tard
Le résultat se lit dans les stocks. Depuis le début du conflit, le Pentagone aurait utilisé plus de 1 500 intercepteurs Patriot et en disposerait de moins de 1 700. Les États-Unis n’en ont produit qu’environ 600 en...
12/08 - Coups sur le visage, ordonnances illégales : l’inquiétante quête de "beauté" de certains adosEn direct, devant ses dizaines de milliers d’abonnés, Androgenic se martèle le crâne à coups de phalanges. En extase, ses camarades l’encouragent, couvrant par leurs hurlements le bruit sourd du poing qui s’écrase contre ses pommettes. Son visage rougit à vue d’œil. Pas de quoi gommer le sourire crispé qu’il exhibe à la caméra. Tremblantes, ses paupières trahissent la douleur qu’il tente de dissimuler derrière un torse gonflé.
Quelques minutes plus tard, un autre jeune homme, tout juste sorti de l’adolescence, reproduit le rituel. Fièrement, il expose son visage tuméfié à Androgenic. C’est son tout premier essai. Alors qu’une bosse surgit à la lisière de son œil, il interroge son mentor. Doit-il s’inquiéter ? Certainement pas. "Frappe de toutes tes forces", lui rétorque l'influenceur australien, euphorique.
La scène, diffusée sur la sulfureuse plateforme de streaming, Kick, n’a rien du coup de folie ou de la mauvaise blague. Depuis quelques années, ces vidéos d’automutilation pullulent sur les réseaux sociaux. Le but du "bone smashing", ou "fracassage d’os" ? S’"embellir" en remodelant à coups de poing la forme de son visage.
Pendant plusieurs semaines, nous avons enquêté sur le phénomène, alertés par sa banalisation auprès des jeunes. Derrière une pratique évidemment dangereuse, L’Express a découvert un business bien rodé par des influenceurs qui ne reculent devant rien. Quitte à manipuler
12/08 - Etats-Unis contre Chine, Israël, Europe : comment la démographie va bouleverser l’ordre mondial en 2050La démographie va jouer un rôle clé dans les évolutions géopolitiques du XXIe siècle. A l’aide d’éminents spécialistes, L’Express explique comment le Moyen-Orient, l'Europe et même la course au leadership mondial entre les Etats-Unis et la Chine pourraient être bouleversés d’ici à 2050 par des dynamiques de fécondité ou d'immigration très différentes en fonction des sociétés.Etats-Unis - Chine : l’atout américain
C’est le "match du siècle". Qui des Etats-Unis ou de la Chine sera la première puissance mondiale en 2050 ? Une certitude : naissances et migrations seront au moins aussi importantes que l'intelligence artificielle. Selon les projections, la population des Etats-Unis (350 millions) continuera de croître légèrement. La Chine, elle, est en déclin démographique depuis 2022. Les projections anticipent un recul de 1,4 à moins de 1,3 milliard d'habitants en 2050. Selon les Nations unies, sa population pourrait s’effondrer à moins de 650 millions à la fin du siècle, soit une réduction de plus de la moitié.
Il est tentant d'en attribuer la responsabilité à la déplorable politique de l’enfant unique instaurée après la mort de Mao. En réalité, la Chine a suivi les tendances de ses voisins asiatiques. Le taux de fécondité a même sombré après l’abandon officiel de cette politique en 2015, passant de 1,7 à 1. "La politique démographique chinoise oscille entre stupidité et folie depuis cinquante ans, tacle Nicholas Eberstadt, chercheur à l’American Enterprise Institute. Quand...
12/08 - De l’éclipse aux méduses, le réseau électrique français sous tensionC'est un hasard de calendrier : il y a presque un an jour pour jour, le 11 août 2025, quatre réacteurs nucléaires d'EDF situés à Gravelines (Nord) s'arrêtaient automatiquement après la présence massive de méduses dans les stations de pompage. Le même phénomène vient de se reproduire au même endroit, ce mardi, entraînant l'arrêt total ou partiel de cinq unités. La présence de méduses à cet endroit est habituelle, et les "mesures préventives prévues" ont évité tout dommage aux installations, a fait savoir EDF lundi. Il est à noter que le réchauffement des océans fait partie des facteurs qui favorisent la prolifération de méduses.
Cet incident porte à 13 sur 57 le nombre de réacteurs nucléaires français concernés par la mesure, soit 20 % des capacités de production indisponibles, selon des calculs de l'AFP. Il intervient dans un contexte particulier, celui de la canicule - la plupart des départements sont en vigilance orange ce mercredi et jeudi - et de la sécheresse provoquée par la hausse des températures.
Dans ces circonstances, la hausse de la température des cours d’eau ou leur plus faible débit obligent EDF à prendre des mesures, qui vont de la réduction à l'arrêt total de la production. Cela permet d'éviter d'aggraver la situation en rejetant dans les fleuves des polluants chimiques ou des eaux de refroidissement - rejetées lorsqu'elles sont plus chaudes.Près de 2 gigawatts d'électricité perdus pendant l'éclipse solaire
Mais la sécheresse n'est pas le seul nuage...
12/08 - Guerre en Ukraine : cette mobilisation massive que Poutine prépare pour l’automne"Une vaste vague de mobilisation cet automne." L'annonce, postée mardi sur le réseau Telegram par Volodymyr Zelensky, ne concerne pas sa propre armée, mais bien celle de la Russie. S'appuyant sur un rapport de son chef du renseignement, Oleh Ivashchenko, le président ukrainien affirme que plus de 100 000 soldats supplémentaires viendront renforcer l'armée russe d'ici la fin de l'année, et environ autant l'an prochain. "Tout est confirmé par des documents internes russes", a précisé Zelensky. Des affirmations impossibles à vérifier dans l'immédiat, alors que le président ukrainien a déjà, par le passé, évoqué une nouvelle mobilisation russe sans que cela n'aboutisse.
Le timing n'est pas anodin, puisque les élections législatives en Russie auront lieu en septembre. La Douma, largement acquise aux membres de Russie unie - le parti de Vladimir Poutine - ne devrait connaître aucun bouleversement, tant l'opposition est cadenassée dans le pays. Lundi, la Cour suprême a interdit à Iabloko, l'unique parti anti-guerre, de présenter des candidats aux élections. Dans le même temps, l'institution a donné son feu vert au parti nationaliste Rodina. En réaction, des centaines de citoyens ont protesté devant le palais de justice. Dans sa déclaration, le président ukrainien estime que ces élections font partie de la stratégie de mobilisation russe.
Dans les faits, "le plan de Poutine n'est pas particulièrement compliqué", affirme encore Volodymyr Zelensky. Selon lui, museler les voix...
12/08 - "C’est un bon stress test" : comment les réseaux électriques se préparent à l’éclipse solaireQuand tout le monde lèvera les yeux au ciel, eux garderont le nez rivé à leurs écrans. Pour les employés des opérateurs de réseaux électriques européens, l’éclipse solaire de ce mercredi 12 août se vivra non pas à travers des lunettes de protection, mais via la courbe de production. Qu’ils surveilleront comme le lait sur le feu. Car sans soleil, masqué jusqu’à 99 % dans certaines régions du sud de la France et totalement en Espagne, la génération d’électrons va temporairement mais rapidement chuter. Surtout pour les pays ayant intégré le plus de photovoltaïque ces dernières années dans leur mix énergétique.
Selon les projections de RTE, le gestionnaire français du réseau de transport d'électricité, la production pourrait diminuer d’environ 1,8 gigawatt (GW) en cas de ciel dégagé. Soit l’équivalent de deux réacteurs nucléaires. Ses homologues allemands et espagnols prévoient des baisses respectives de 3,3 et 3 GW. Au plus fort de l’éclipse, entre 19h15 et 21h30, l'association des gestionnaires européens (ENTSO-E) anticipe une chute de 9,7 GW à l'échelle du continent, soit près de 4 % des capacités solaires installées dans l’UE. Suffisant pour qu'elle active une cellule de crise dédiée afin de coordonner la séquence et d’éviter toute perturbation.
"C’est un bon stress test pour l’Europe, affirme Mario Paolone, professeur à l'École Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL), en Suisse, où il dirige le laboratoire des systèmes électriques distribués. Ce genre d’événement...
12/08 - On ne va pas attendre, ils se sont dit, on tourne ! Par Christophe DonnerIl fallait qu’ils soient deux pour que, sur les bancs du collège, à 13 ans, leur passion pour le cinéma se mue en désir d’en faire. Et sans en avoir l’idée, sans projet, sans rêve ni ambition particulière, juste parce que c’était possible, ils en ont fait. Ils ignoraient plus ou moins que ça en était et encore aujourd’hui ils ont l’air de tomber des nues en réalisant que leurs pastiches potaches à trois balles, bricolés en marge de la vie ordinaire, c’était déjà du cinématographe. Des films excellents qu’ils appelaient "vidéos sur YouTube" et qui constituent aujourd’hui un corpus de référence.
Vous allez entendre parler d’eux, si ça n’est pas déjà fait, parce qu’à 22 ans et des poussières, ils sortent leur premier long-métrage, subtilement intitulé Un grand raccourci. Ils ont en effet emprunté tous les chemins de traverse. Ils s’appellent Clément Devilliers et Armand Foëx. Leur film se résume ainsi : deux cousins, unis par le deuil de leur grand-mère, se demandent comment faire du fric sans trop se fatiguer, c’est-à-dire sans que ça ressemble à du travail. A l’arrière de la voiture, deux copines, un peu sur la même longueur d’onde, se laissent tenter par un concours de beauté, genre Miss Bretagne, ou pire. Aux premiers, il manque un peu de bon sens ; aux secondes, un tout petit centimètre sous la toise. N’ayant ni les uns ni les autres les capacités morales et physiques d’y arriver, ils vont tricher, et bonjour les galères. L’autobiographie, criante, n’est pas dans...
12/08 - Piratages entre amis : les bourdes d’OpenAI et Anthropic ne sont qu’un préludeUn Américain attaqué par un Américain se tourne vers un Chinois pour le défendre. L'histoire ressemble à une blague de comptoir. C’est en fait l’angoissant feuilleton qu’a vécu Hugging Face le mois dernier. Ciblée par un piratage, cette plateforme star de la tech qui abrite quasi toutes les ressources IA open source de la planète a rapidement signalé le problème au FBI. Jusqu’à ce que son compatriote OpenAI révèle, penaud, être responsable de l’intrusion : un de ses agents expérimentaux, a trouvé le moyen de s’échapper de sa "sandbox" - ce circuit informatique censé être isolé d’Internet - pour accomplir au mieux sa mission. Ironie de l’histoire, les outils IA américains ont refusé d’aider Hugging Face, interprétant à tort ses appels au secours comme de possibles opérations malveillantes déguisées. La cible s’est donc tournée vers ce qui se fait de mieux juste après : les modèles ouverts chinois.
Beau joueur, Hugging Face, raconte désormais avec humour sur les réseaux sociaux les montagnes russes vécues par l’équipe. OpenAI a, lui, étendu son programme Daybreak et lancé le 10 août GPT-5.6-Cyber, un produit dédié à la protection numérique. Pendant ce temps, la communauté tech s'amuse de voir qu’Anthropic a annoncé que ses modèles avaient, eux aussi, pénétré sans autorisation les systèmes informatiques d’au moins trois entreprises.
Acte de contrition ou combat de coqs, les méfaits opérés par de turbulentes IA semblent devenus l'argument marketing ultime. Alain Bouillé,...
12/08 - Présidentielle 2027 : François Bayrou ou l’absurde extension du cercle de la primaire"Il faut bien que quelqu'un rapproche les uns et les autres." Ainsi François Bayrou esquissait au printemps son rôle dans la future campagne présidentielle. L'ancien Premier ministre s'imagine en rassembleur d'un bloc central dispersé aux quatre vents. Place aux travaux pratiques. Dans un entretien au Figaro, le président du MoDem prône l'organisation d'une primaire intégrant "tous ceux qui rejettent les extrêmes" afin d'éviter la "catastrophe" d'un duel RN-LFI au second tour. Son périmètre est très large : elle irait de la "version social-démocrate" du Parti socialiste aux "gaullistes".
La proposition illustre l'évolution de la primaire, à mesure que croît la crainte d'une élimination des partis de gouvernement au premier tour en 2027. Elle était à l'origine un outil de régulation des ambitions au sein d'un camp à la relative homogénéité idéologique. On lui demande désormais d'installer une candidature unique pour faire échec à un second tour honni. Quitte à mettre sous le boisseau de lourdes divergences politiques entre ces participants potentiels. L'arithmétique supplante ici la politique. Quoi de commun entre le PS et LR sur l'immigration ou la fiscalité ? Chez François Bayrou, ces différences sont masquées derrière l’appartenance à un supposé "fleuve démocratique". Sélectionner ou éliminer
Voilà la primaire remodelé. Moins qu'à sélectionner, elle vise à "éliminer". "Ecrémer", dit en privé la présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse. "La première...
12/08 - Détroit de Kertch : le point de passage que Poutine ne veut perdre à aucun prixLa crise d'Ormuz l'a bien montré, les détroits jouent un rôle vital dans le commerce mondial. De Malacca à Béring, en passant par le Bosphore, L'Express vous invite à un voyage dans ces lieux emblématiques, où se joue l'avenir du monde.
EPISODE 1 - Détroit de Taïwan : le passage maritime qui pourrait faire vaciller le monde
EPISODE 2 - Bosphore - Dardanelles : les détroits turcs, ce double verrou stratégique face à la Russie
EPISODE 3 - Piraterie, contrebande et désastre écologique : le détroit de Malacca, talon d'Achille de l'ogre chinois
EPISODE 4 - Bloquer le détroit de Bab-el-Mandeb ? Le scénario cauchemardesque pour l'économie mondiale
Pour bien voir Kertch, il faut gravir la colline qui surplombe cette ville de Crimée. Un escalier monumental de 425 marches mène tout en haut. De là, comme l’on dit en russe, "on voit le monde entier dans la paume de sa main". Devant, les eaux claires du détroit. La forêt de grues d’un premier port à gauche, un second à droite. Plus loin, les quartiers d’habitation soviétiques et leurs rues tracées à la règle, qui convergent vers le centre historique et ses cafés branchés. En contrebas, les ruines d’une villa grecque rappellent que la ville est ancienne, très ancienne. Et que chaque occupant y a laissé sa marque.
La colline a été baptisée "Mont Mithridate", en hommage au roi Mithridate VI, dont l'ancienne cité grecque, fondée au VIIᵉ siècle avant J.-C., fut l'une des résidences. Le gigantesque monument aux morts soviétique qui se...
12/08 - Mary-Ann Baumgartner, la brillante séductrice de la CIALes espions font souvent basculer l’Histoire. Dans l’ombre, depuis des siècles et partout sur la planète, certaines opérations ont défini le monde tel que nous le connaissons. Dans “Nid d’espions”, le podcast de L’Express consacré au renseignement, on ouvre un dossier secret-défense, dans lequel le rôle des espions a tout changé.
En matière d’espionnage, il est souvent question de séduction. Savoir convaincre, grâce à son attitude, un interlocuteur. Lui donner envie de nous dévoiler des informations. Lui laisser croire, surtout, que nos demandes sont désintéressées. Le charme devient alors un véritable outil de l’agent secret, et les services de renseignements peuvent fonder toute une stratégie dessus.
C’est le cas de la Stasi, le service de police politique et d’espionnage de l’Allemagne de l’Est, durant la Guerre froide. Créé en 1950, et partenaire de premier plan de l’URSS, la Stasi et son chef du renseignement extérieur, Markus Wolf, vont mettre en place une division bien particulière : les agents Roméo. Des espions chargés de séduire des femmes à la position clé en RFA. Envoyés de l’autre côté du mur, des jeunes hommes considérés comme charmants, autant par leur physique que dans leurs manières, vont repérer des fonctionnaires solitaires de l’Ouest. Leur cible principale : les secrétaires des diplomates, tout aussi bien informées, ayant souvent accès à des documents confidentiels, mais également moins surveillées.
Au sein de l’Otan, dans les ambassades, ou dans...
11/08 - "L’IA viendra à bout de problèmes mathématiques irrésolus" : les explications limpides de François Charles (Normale Sup)Il en faut beaucoup pour dérouter un mathématicien. Ces scientifiques se collettent au quotidien avec un univers hermétique. Mais depuis quelque temps, les prouesses de l’IA générative provoquent la stupeur de cette communauté. Le mois dernier encore, les modèles d'OpenAI et d'Anthropic ont jeté de nouvelles perspectives sur des problèmes irrésolus tels que l'empilement de sphères en grandes dimensions, les groupes non sofiques ou la conjecture jacobienne. Pour François Charles, directeur du département Mathématiques et applications de l’Ecole Normale Supérieure - PSL, c’est plus que jamais "le moment de se montrer ambitieux" dans ce domaine. Et de s'assurer l’accès aux meilleurs modèles car "un fossé mathématique important pourrait se creuser entre les pays ayant des IA de pointe et les autres". Entretien.
L'Express : En juillet, OpenAI a annoncé que son modèle expérimental Astra avait réalisé de manière autonome dix avancées en mathématiques et informatique théorique. S'agit-il de progrès solides et significatifs ?
François Charles : J’en ai regardé certaines en détail. Des experts en ont examiné d’autres. Et OpenAI a fourni des formalisations automatiques - en utilisant le système Lean. Tout indique un travail sérieux et de vraies avancées. Plusieurs d'entre elles sont ce qu’on appelle des contre-exemples à des conjectures (NDLR : des intuitions mathématiques qui n’ont pas encore été démontrées). Il y a ainsi un contre-exemple à la conjecture de rigidité de Connes,...
11/08 - Royal Navy : ces drones britanniques qui communiquaient avec la ChineLe problème avec les appareils qui voient tout, c’est qu’ils peuvent aussi être très bavards : depuis mars, les forces britanniques utilisent des K3 Scout, des engins de surface sans équipage destinés à la reconnaissance maritime. Lors d’un contrôle de cybersécurité, le ministère de la Défense a découvert que certaines de leurs caméras contenaient des composants fabriqués en Chine et envoyaient automatiquement des données techniques vers une adresse IP située dans le pays. Depuis, les caméras ont été mises hors ligne.Une faille mais pas d’espion ?
À ce stade, une précision évite de transformer une faille embarrassante en scénario d’espionnage déjà démontré. Les communications détectées étaient notamment des signaux techniques permettant aux caméras d’indiquer qu’elles étaient connectées et fonctionnaient correctement. Ce n’est donc pas la preuve que Pékin regardait les images de la Royal Navy, mais la découverte qu’un équipement installé sur du matériel militaire britannique communiquait, sans que son utilisateur le sache, avec un appareil situé en Chine. Une nuance importante, pour un problème qui l’est tout autant. Car les K3 Scout n’ont rien d’un gadget de démonstration. Conçus pour emporter jusqu’à 600 kilos et fonctionner trente jours d’affilée, ils sont opérés par le Coastal Forces Squadron et le 47 Commando des Royal Marines. Le modèle a aussi été acheté par le commandement des opérations spéciales américain et a participé à des essais de l’Otan dans la Baltique....
11/08 - A Taïwan, la population se prépare au scénario d’une attaque chinoiseUn accès au réseau mobile perturbé durant 30 minutes, et des millions d'habitants privés de vidéos, de photos et d'appels vidéo depuis leur téléphone. Lundi 10 août, Taïwan a testé pour la première fois à grande échelle une opération visant à simuler une attaque aérienne chinoise, dans le cadre de l’exercice annuel de défense civile préparé par les autorités taïwanaises.
Organisé dans 14 villes et comités à différentes dates, ce test a débuté à Taichung, une commune du centre de Taïwan qui compte près de trois millions d’habitants. Dès 14h30, des sirènes ont retenti, invitant la population à se mettre à l’abri dans des commerces, des centres commerciaux, des gares ou chez soi. Peu après, les habitants ont reçu un message via téléphone, leur indiquant que "l'accès au réseau mobile sera perturbé" et les incitant à privilégier le Wi-Fi intérieur.
Avec cette mise en situation grandeur nature, l'objectif pour le gouvernement est de réfléchir à la manière dont l’île pourrait continuer à fonctionner si ses communications avec le reste du monde étaient fortement perturbées. Car sous la direction de Xi Jinping, Pékin a considérablement renforcé sa flotte de navires de guerre, de bâtiments de débarquement et son arsenal de missiles, autant de moyens susceptibles de soutenir une invasion de Taïwan. Si Xi Jinping affirme souhaiter parvenir à une réunification pacifique avec l’île, il refuse pour autant d’exclure le recours à la force. A Taïwan, les autorités ont d'ailleurs affirmé...
11/08 - Démographie, le choc qui menace l’humanité : voici le nouveau monde qui nous attendEt si, bien plus que le PIB ou le budget militaire, le ratio couches pour bébés / couches pour adultes était devenu l’indicateur géopolitique le plus important de notre époque ? Au Japon, les ventes des secondes ont dépassé celles des premières depuis une quinzaine d’années. La Chine a franchi ce cap l’année dernière. La France s’y dirige à grande vitesse : selon le cabinet Circana, en volume, les ventes de protections pour seniors ont augmenté de 85% en dix ans, contre un recul de plus de 20% pour celles à destination des bébés.
En 2019, dans le précurseur Planète vide (Les Arènes), les Canadiens Darrell Bricker et John Ibbitson avaient averti sur la vitesse de la chute des taux de fécondité, soulignant que l’enjeu majeur du XXIe siècle ne sera pas la surpopulation, comme on l’a longtemps pensé, mais le déclin de l’humanité. Depuis, la rapidité à laquelle la natalité a plongé a surpris même les observateurs les plus avisés. Le taux de fécondité du Brésil, pourtant un pays émergent? 1,6 enfant par femme. Celui de l'Inde, pays qui avait inspiré à Paul Ehrlich son best-seller La Bombe P sur la surpopulation en 1968 ? 1,9, soit sous le seuil de renouvellement des générations (2,1). Un pic démographique plus précoce que prévu ?
Selon les dernières prévisions de la Division de la population des Nations unies, datant de 2024, la population mondiale devrait culminer au début des années 2080. Mais de plus en plus d’experts, comme l’économiste Jesus Villaverde-Fernandez,...
11/08 - Guillaume Hébrard, astrophysicien : "C’est grâce à une éclipse qu’Albert Einstein est devenu une star"Non pas une, mais deux coïncidences, tout aussi extraordinaires l’une que l’autre. Voilà ce que nous réserve bientôt le ciel, avec d'abord une première éclipse, le 12 août prochain. Si le phénomène est connu, se rend-on bien compte du hasard incroyable auquel il est dû ? "La Lune est 400 fois plus petite que le Soleil, mais 400 fois plus proche de nous : c’est pour cela que les deux astres vus de la Terre semblent avoir la même taille. Il n’y avait qu’une chance infime qu’il en soit ainsi, c’est totalement fortuit", insiste Guillaume Hébrard, astrophysicien au CNRS, rattaché à l’Observatoire de Haute-Provence et à l’Institut d’astrophysique de Paris, auteur de Fabuleuses éclipses (1).
La deuxième coïncidence, c’est que les astres vont offrir à l’Europe – et à l’Espagne en particulier – non pas une, mais trois éclipses de suite : après celle du 12 août, il y en aura une autre le 2 août 2027 et encore une en janvier 2028. Une succession rare, dont il faudra profiter : la prochaine éclipse totale de Soleil observable en France n’aura ensuite lieu qu’en... 2081.
Ce spectacle extraordinaire – à savourer avec des lunettes adaptées au risque sinon de souffrir de lésions irréversibles de la rétine – a longtemps été un objet d’étude pour les scientifiques. Si c’est aujourd’hui moins le cas, l’observation des éclipses totales a néanmoins été à l’origine de plusieurs grandes découvertes. Le physicien Albert Einstein lui-même doit une partie de sa célébrité à ce fascinant...
11/08 - Ebola, une épidémie "différente" : pourquoi le virus se propage si rapidement en RDCAssiste-t-on aux préludes de la pire épidémie due au virus Ebola de l'Histoire ? Depuis qu'elle a été officiellement reconnue par le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) le 15 mai, elle a fait plus de 2 000 morts pour 4 381 cas confirmés, selon un dernier bilan publié par les autorités congolaises ce mardi 11 août. Le bilan des décès a ainsi doublé depuis le 22 juillet, où le cap symbolique des 1 000 morts avait été atteint. Ce bilan rapproche l’épidémie actuelle en cours depuis plus de trois mois, qui se propage dans des régions de l’Est et du Nord-Est en proie à des conflits, de celle qui avait sévi entre 2018 et 2020, la plus meurtrière à ce jour en RDC, avec près de 2 300 morts en l'espace de... vingt-deux mois.
Comment expliquer que cette épidémie ait la propagation la plus rapide jamais enregistrée ? Regardons d'abord du côté des chiffres. Les autorités sanitaires affirment que l'épidémie actuelle se propage cinq fois plus vite que les précédentes à ce stade. Lors de l'épisode de 2018-2020, il avait fallu plus de dix mois pour dépasser les 2 000 cas confirmés à l'est de la RDC. L'épidémie actuelle a atteint ce chiffre en deux mois environ, fin juillet. La maladie à virus Ebola se transmet dans bien des cas lors des rites funéraires organisés par les familles des malades. Les travailleurs humanitaires déployés sur le terrain tentent, malgré une forte défiance populaire, d’organiser dans les zones infectées des enterrements respectant des mesures...
11/08 - Mortalité infantile : comment la France est devenue l’un des mauvais élèves de l’Europe4,1 décès pour 1 000 nouveau-nés en 2024 en France, soit un bébé sur 250 qui meurt avant son premier anniversaire. C'est le constat dramatique que dresse un rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS) publié discrètement mercredi 5 août, alors qu'il dormait depuis janvier 2026 dans les tiroirs du ministère de la Santé, a révélé Le Canard Enchaîné. Cette progression de la mortalité infantile place la France parmi les plus mauvais élèves européens, au 23e rang sur 27, alors qu'elle tutoyait autrefois la tête du classement - 3ème entre 1996 et 2000.
Les auteurs du rapport pointent plusieurs variables pour expliquer ce phénomène, parmi lesquelles l’élévation de l’âge moyen des femmes enceintes (de 29,9 à 30,7 ans de 2010 à 2019), ainsi que la part des mères de 35 ans et plus (de 19,1 à 25,8 % sur la même période). "Il est en effet établi que le risque de complications et, notamment, de mortalité néonatale, augmente lorsque s’élève l’âge auquel les femmes sont enceintes et accouchent", écrivent-ils, avant d'ajouter que l’accroissement de la prévalence de pathologies maternelles, comme l'obésité, peut aussi amplifier les difficultés.
En outre, la précarité sociale et économique a un impact considérable sur la mortalité néonatale : de 2004 à 2022, parmi les mères actives, le taux de mortalité infantile varie en moyenne de 2,2 ‰ (2,2 décès pour mille naissances, NDLR) pour les cadres, à 3,5 ‰ pour les ouvrières et 3,6 ‰ pour les employées ; un taux encore plus...
11/08 - Travail : pourquoi les moins bons passent parfois devant les meilleursUn pair mieux considéré que soi. Si cette appréciation de la hiérarchie peut être acceptée lorsque le rival coche davantage de cases, elle est vécue comme arbitraire, comme un "fait du prince", par celui qui se sentait légitime à obtenir un meilleur poste ou des félicitations. La comparaison sociale qui déclenche ce sentiment d’injustice lié à un manque de reconnaissance peut entraîner des conséquences désastreuses sur l’engagement et le bien-être psychologique du salarié, mais aussi sur l’image et la productivité de l’entreprise. Mais qu’est-ce qui provoque cette différence de traitement de la part d’un chef qui favorise parfois "un mauvais", jusqu’à le promouvoir, sans même un regard pour le meilleur ?Une irrationalité tenace
Il y a plusieurs explications, liées au "nul", au décideur ou à leur rencontre. Commençons par l’effet Dunning-Kruger, mis en évidence par deux psychologues en 1999. Le besogneux (adjectif dévalorisant) doit sa disgrâce à un pair incompétent, qui surestime ses capacités, affichant une assurance susceptible d’anesthésier l’analyse rationnelle du manager. Bluffé. Conquis. Épaté. Si le chef est lui-même victime du syndrome de l’imposteur, cette assurance peut d’autant plus le rassurer qu’il doute de sa propre légitimité. Les autres salariés restent spectateurs, sans possibilité d’intervenir dans ce duo où celui qui déborde d’aplomb et de certitudes l’emporte sur l’autre, fasciné.
Mais parfois, ce n’est pas le rapport de pouvoir inversé qui explique...
11/08 - Donald Trump exfiltré en secret : l’incroyable opération montée face à la menace iranienneLe cinéma d’espionnage avait les voitures noires ; Washington a choisi le camion-cantine. Le 8 juillet, Donald Trump gravit les marches du célèbre Air Force One, salue les caméras depuis la porte puis disparaît à l’intérieur. Quelques minutes plus tard, pendant que les journalistes chargés de suivre ses déplacements embarquaient à leur tour, Trump quitta discrètement l’appareil par le côté opposé. Pas de limousines blindées, pas de surprise présidentielle : un camion utilisé dans les aéroports pour charger les repas vient se placer contre l’avion, son conteneur est hissé jusqu’à une porte et le président y monte avec plusieurs collaborateurs. Direction un troisième avion militaire, stationné quelques mètres plus loin. Tout comme dans les films.Trois appareils américains
L’opération, révélée plusieurs semaines plus tard par le New York Times et le Washington Post, n’avait pourtant rien d’un exercice de style. Les services américains venaient d’être alertés d’une menace iranienne jugée crédible contre Donald Trump. Le président terminait alors le sommet de l’Otan en Turquie, pays frontalier de l’Iran, dans un contexte de fortes tensions entre Washington et Téhéran. Une fois la menace transmise au président américain, un petit cercle de hauts responsables, parmi lesquels le secrétaire de la Défense Pete Hegseth et le chef d’état-major interarmées Dan Caine, organise son départ. S’ensuit le casse-tête qui est de faire sortir du pays un des hommes les plus reconnaissables des...
11/08 - Ingérences russes : l’aveuglement coupable du RN avant la présidentielle 2027Vous avez dit "ingérences russes" ? Pure fiction, répondent en chœur les cadres du Rassemblement national, qui semblent s’être passés le mot, alors que trois candidats déclarés ou pressentis à l’élection présidentielle - Raphaël Glucksmann, Édouard Philippe et Gabriel Attal - ont été visés en l’espace d’une semaine par des campagnes de désinformation provenant de Moscou. Léa Salamé était accusée de soudoyer des médias pour qu’ils disent du bien de Raphaël Glucksmann ; des comptes affirmaient qu’Édouard Philippe était atteint d’une maladie dégénérative et, sur une fausse Une de La Tribune Dimanche, Gabriel Attal apparaissait sous ce titre évocateur : "Yves Attal a légué à son fils un empire de la drogue".
"Mais quelqu’un a vu ces fameuses publications d’ingérences sur les réseaux sociaux ?", feint de s'interroger sur son compte X le député RN Matthias Renault, dénonçant une "ficelle politicienne" et se moquant de la confidentialité supposée de ces contenus, qui n’auraient été vus que par quelques internautes. D’autres, ne répondant pas sur le fond, s’en prennent à l’émetteur. "L’agonie estivale de ce jeune homme me fait beaucoup de peine", tacle Laure Lavalette, en réponse au passage de Gabriel Attal, que Sébastien Chenu traite de "complotiste", sur BFMTV. Même ton moqueur et même déni chez Jean-Philippe Tanguy, proche de Marine Le Pen : "Depuis 10 ans, les ingérences russes sont tellement inefficaces et grotesques qu’elles permettent aux 'victimes', qui ont tous les...
11/08 - Aux Etats-unis, Donald Trump poursuit son offensive contre la vaccinationC'était un objectif de longue date du secrétaire à la Santé - et militant antivax - Robert F. Kennedy Jr.. Lundi 10 août, le président américain Donald Trump a signé un décret appelant à réduire le nombre de vaccinations infantiles, en limitant le calendrier vaccinal à onze vaccins et en incitant à ne plus vacciner en même temps contre la rougeole, les oreillons et la rubéole (ROR).
Finies les injections "de la taille d'une bouteille de soda", a-t-il justifié, sans jamais apporter de précisions sur cette comparaison excessive. Selon lui, "certains groupes ne connaissent pratiquement aucun problème d’autisme", et "ce sont des groupes qui ne sont pas vraiment tournés vers le monde des vaccins, donc il y a quelque chose qui ne va pas", a-t-il expliqué. Un discours complotiste, rejeté par l'unanimité des médecins, pour qui le lien entre autisme et vaccins n'a jamais été démontré. Les spécialistes insistent en outre sur le fait qu’aucune nouvelle donnée scientifique ne justifiait une modification du calendrier vaccinal et que le calendrier américain reposait sur des décennies de données scientifiques, ainsi que sur les besoins sanitaires spécifiques de la population américaine.
Avec ce décret, le principal résultat serait de "semer la confusion chez les parents", en raison de messages contradictoires qui pourraient les inciter à retarder la vaccination, s'alerte le Dr Aaron Milstone, du comité des maladies infectieuses de l’American Academy of Pediatrics. D'après la...
11/08 - "Personne ne fait mieux que le MI6" : le palmarès exclusif de L’Express fait réagir à l’étrangerL'exercice était inédit... et n'a pas laissé indifférent. Le 29 juillet, L'Express a publié le premier classement des services de renseignement européens. Un palmarès destiné à raconter la guerre invisible menée sur le Vieux Continent, obtenu grâce à un démarchage soutenu des professionnels de l'espionnage. Pendant trois mois, nous avons sollicité une centaine d'espions et d'anciens chefs de renseignement. Soixante votants de 25 pays - dont 18 chefs ou ex-chefs d'agences - se sont dévoués pour juger leurs pairs. Leur top 5, parfois réalisé à visage découvert - comme Susan Miller, ex-officier de la CIA, ou encore Yossi Cohen, ancien directeur du Mossad -, a permis de dévoiler un classement plaçant le MI6, puis la DGSE en tête. Trois autres pays se situent dans le peloton de tête : l'AIVD pour les Pays-Bas, le renseignement ukrainien (SBU/GUR) et l'Allemagne avec son BND.
Dix jours après sa sortie, un premier bilan s'impose. D'abord, quelques chiffres. Les journaux près de soixante-dix pays ont repris le classement de L'Express. Les "bons élèves" ne sont évidemment pas en reste : les Ukrainiens, manifestement satisfaits de leur place, lui ont consacré 17 reprises, le Royaume-Uni treize, et les Pays-Bas 10. Les Polonais (9e du classement), pointés du doigt par nos experts pour leurs services secrets "instrumentalisés politiquement", se sont largement penchés sur le sujet avec quatorze articles. La Slovaquie, lanterne rouge du classement, y a consacré onze articles. En tout,...
11/08 - Défense : le spatial sera-t-il le nouveau Far West ? Par Emmanuel ChivaEn 2019, Florence Parly, alors ministre des Armées, avait dévoilé la nouvelle stratégie spatiale de défense de la France. Elle avait, à cette occasion, révélé les agissements d’un satellite russe, Luch-Olymp, qui s’était approché d’un peu trop près d’un satellite de communications militaire franco-italien : Athena-Fidus. Pour l’espionner ? Pour le gêner ? Pour démontrer une capacité ? Tout cela s’étant produit dans l’orbite géostationnaire, située à 36 000 kilomètres de la Terre. Tout sauf – vous me passerez l’expression – un sport de masse. Depuis, les manœuvres de test, mais aussi d’intimidation ou de démonstration se sont multipliées, ainsi que les objets expérimentaux, sur l’ensemble des orbites y compris l’orbite LEO (pour orbite basse) : celle de la station spatiale internationale, comme des satellites Starlink d’Elon Musk (entre 400 et 700 kilomètres d’altitude). Prenons ainsi les deux satellites Cosmos 2581 et 2583 qui ont démontré des capacités de rendez-vous spatial de précision extrêmement impressionnantes, puisqu’ils se sont retrouvés… à 3 mètres l’un de l’autre.
La Chine, la Russie et d’autres puissances multiplient aujourd’hui les démonstrations de force dans l’espace, à tel point qu’on ne peut être que convaincu que le prochain conflit démarrera de l’espace exoatmosphérique. Et, d’ailleurs, ce dernier n’est plus une simple frontière. La THA (pour très haute altitude) désigne l’espace situé entre 20 et 100 kilomètres au-dessus de nos têtes. Il devient, lui...
11/08 - "On dirait Barack Obama" : Jon Ossoff, le sénateur de Géorgie qui fait rêver les démocrates"Ce que je trouve intéressant chez Jon Ossoff, c'est cette mise en scène visuelle très particulière... On dirait Barack Obama". Face à son invité, dans le studio ouaté où il enregistre son podcast pour le New York Times, le journaliste Ezra Klein s'amuse du mimétisme saisissant entre l'ancien président et l'actuel sénateur démocrate de Géorgie. La comparaison tient d'abord à une manière de jouer avec la lumière. Dans ses apparitions médiatiques et sur les réseaux sociaux, Ossoff utilise beaucoup le fameux "hero shot", devenu une des signatures de Barack Obama : une prise de vue en contre-plongée, légèrement décalée qui lui donne l'air de surplomber la foule et de se projeter au-delà de l'horizon.
Mais l'analogie ne s'arrête pas là. Comme Obama à ses débuts, Ossoff est encore un personnage secondaire de la scène politique américaine, et déjà, la presse se l'arrache. A l'heure où Donald Trump et son clan saturent l'espace public de petites phrases assassines et de polémiques incessantes, l'élu s'est façonné une image distanciée, réfléchie et incisive. Juste ce qu'il fallait pour devenir la coqueluche des élections de mi-mandat, prévues en novembre prochain.A gauche, le portrait utilisé par Barack Obama sur ses réseaux sociaux lors de sa présidence. A droite, celle utilisée par Jon Ossoff lors de sa campagne sénatoriale. Deux exemples du "hero shot".
Sur le papier, la bataille devrait s'annoncer rude pour Jon Ossoff qui, à 39 ans, est aussi le benjamin du Sénat américain....
11/08 - "Le cheval de Troie des Etats-Unis en Europe" : Rheinmetall, le géant allemand de la défense à l’appétit dévorantCe coup de téléphone, Armin Papperger, le patron de Rheinmetall, une des plus grandes entreprises de défense outre-Rhin, s'y était préparé depuis longtemps. Il l'avait anticipé, mûri, presque planifié. Quasiment depuis son arrivée à la tête de l'entreprise en 2013, un an avant l'annexion de la Crimée par la Russie. Alors, ce dimanche 27 février 2022 après midi, quand la ministre allemande de la défense, Christine Lambrecht l'appelle pour lui demander tout à trac combien d'armes l'industriel pourrait lui livrer rapidement, le patron répond sans hésiter : 42 milliards d'euros. Des chars, des blindés, des camions militaires, des munitions, des obus…Un chiffre astronomique à la hauteur de l'événement.
Trois jours auparavant, les armées russes ont attaqué l'Ukraine. Et le matin même, Olaf Scholz, le chancelier allemand, à la tribune du Bundestag a annoncé la création d'un fonds extraordinaire dotée de 100 milliards d'euros pour financer la modernisation des équipements de la Bundeswehr, l'armée allemande. Le plan d'investissement le plus ambitieux depuis la seconde guerre mondiale. Le retour de la guerre en Europe, certains oiseaux de mauvais augure l'avaient certes annoncée mais l'opinion publique allemande, anesthésiée par le confort des dividendes de la paix, n'avait guère voulu y croire. "Au fond, il s’agit de savoir si la force peut transgresser le droit. Si nous permettons à Poutine de remonter les horloges jusqu’au temps des grandes puissances du XIXe siècle. Ou si...
11/08 - "C’est une nuit exceptionnelle de quelques minutes" : en 1999, la dernière éclipse solaire du millénaireCet article a été publié pour la première fois dans L'Express du 15 juillet 1999
Pour Philippe de la Cotardière, auteur de L'Eclipse de Soleil du 11 août 1999, c'est un spectacle inouï, qui éveille les vocations d'astronome. Lui-même a été bouleversé par l'éclipse de février 1961, qu'il avait pu contempler, gamin, avec ses camarades de classe. Ce jour-là, il décide de faire partie de cette race très spéciale des "chasseurs d'éclipse", astronomes professionnels ou amateurs qui courent le monde pour voir le Soleil masqué par la Lune. "Ma plus belle expérience, dit-il, date du 18 juin 1983. J'étais parti en Indonésie pour un éblouissement de cinq minutes que je n'oublierai jamais." Là-bas, il se retrouve au milieu d'une centaine de fanatiques qui avaient installé, qui sa lunette astronomique, qui sa caméra, pour capter l'instant où l'astre solaire disparaît en plein midi. La veille, il était tombé des trombes d'eau, et, le matin, des nuages noirs menaçaient de gâcher l'aventure. Et puis, miracle ! Au dernier moment, le ciel s'est dégagé. Le spectacle pouvait commencer.
Pour cette dernière éclipse totale du millénaire, la France est, selon Philippe de la Cotardière, particulièrement bien placée. Il faut en profiter, puisqu'on n'en verra pas d'autre au-dessus de l'Hexagone avant l'an 2081. L'idéal serait de s'installer - au coeur de la "bande de totalité", une zone de 110 kilomètres de largeur qui va du cap de la Hague jusqu'en Lorraine - sur la "ligne de centralité". Se...
10/08 - En Angleterre, le cas Jason Arday ravive la guerre culturelle au sein du monde académiqueLorsque Jason Arday est monté sur la scène de la British Sociological Association, au printemps dernier, son propos avait des allures de mise en garde. Dans un discours intitulé Wanted Dead or Alive: the Playbook [en français : "Recherché mort ou vif : manuel de jeu"], le sociologue expliquait comment certains universitaires africains-américains avaient selon lui été pris pour cible par des militants conservateurs au cours de leur carrière. Leurs travaux étaient passés au crible, à la recherche d'erreurs, d'incohérences ou de similitudes avec des publications antérieures. Puis, racontait-il, médias et responsables politiques conservateurs s'emparaient de ces découvertes pour exercer une pression sur les universités.
Quelques mois plus tard, ce scénario s'est-il retourné contre le plus jeune professeur noir de l'histoire de l'Université de Cambridge ? Le 5 août, Jason Arday, sociologue de l'éducation, annonçait sa démission de la prestigieuse institution britannique. Celle-ci venait d'ouvrir une enquête après la transmission d'informations concernant ses "qualifications universitaires et ses nominations honorifiques", ainsi que de potentiels "manquements à l'intégrité de la recherche", selon un communiqué de l'Université, cité par Euronews.Une histoire de prodige
A 41 ans, l'histoire personnelle de Jason Arday avait largement contribué à faire de lui une figure emblématique de la méritocratie universitaire britannique. Né de parents ghanéens et élevé dans un quartier...
10/08 - Trop de satellites, pas assez de fusées : le casse-tête spatial de l’EuropeLa survente pourrait bientôt gagner l’espace : autour de 2030, l’Europe prévoit plus de satellites à lancer que de fusées disponibles. Le directeur général de l’Agence spatiale européenne (ESA), Josef Aschbacher, prévient dans le Financial Times que la demande européenne devrait connaître un pic autour de 2029, 2030 et 2031, au point de dépasser les capacités disponibles. Il suffit de regarder le programme des départs : l’Union européenne veut déployer Iris2, sa future constellation de communications sécurisées ; il faut continuer d’alimenter Galileo, son système de navigation, et Copernicus, son réseau d’observation de la Terre. Plusieurs pays, dont l’Allemagne, préparent en parallèle leurs propres constellations, tandis que l’ESA construit aussi des satellites pour les ministères de la Défense grec, espagnol ou polonais. Les commandes s’accumulent, mais les fusées, un peu moins.
Le chiffre le plus simple à retenir tient presque du score : l’an dernier, SpaceX a effectué 170 lancements. L’Europe, huit. Les deux nombres ne recouvrent pas exactement les mêmes missions ni les mêmes capacités, mais ils donnent une idée de la différence de cadence. Les États-Unis et la Chine ont placé des centaines de satellites en orbite ces cinq dernières années, pendant que les investissements civils et militaires dans l’espace augmentaient rapidement. Le retour d’Ariane
SpaceX possède surtout un avantage devenu décisif : ses fusées sont en partie réutilisables. Au lieu de reconstruire...
10/08 - Frédéric Worms : "Bien organisé, notre emploi du temps est un instrument contre la panique qui menace le monde"Le 23 octobre dernier, son intervention lors du colloque de L'Express "Apprendre et se former à l'ère de l'IA" fut très remarquée. Professeur de philosophie à l’Ecole normale supérieure, dont il est actuellement le directeur, Frédéric Worms a récemment publié un nouveau recueil sur Bergson dans Avec Bergson (PUF, 2024), une étude sur La vie, qu’est-ce que ça change ? (Labor et fides, 2024) et un recueil de ses chroniques de philosophie sur France Culture (Le pourquoi du comment, philosophie, France Culture et Flammarion, 2024). Il publiera à la rentrée L’urgence la plus vitale (vie, sciences, justice), qui inaugurera une nouvelle collection d’essais aux Presses Universitaires de France. Ex-membre du Comité consultatif national d'éthique pour les sciences de la vie et de la santé, il apporte son expertise philosophique sur les grandes questions de société. Celle du temps sera l'un des grands enjeux à l'ère de l'IA, explique-t-il à L’Express.
L'Express : Selon vous, l'emploi du temps est le grand défi de notre société à l'heure de l'IA. Pourquoi ?
Frédéric Worms : Oui, l’emploi du temps ! Chacun sait qu’il est nécessaire d’organiser le temps, que c’est vital et social : ainsi à chaque rentrée scolaire, ces cases dans les carnets des élèves ! Mais ce qui est important c’est de tout y mettre : toutes les disciplines, et même le repos, le loisir, le sport, la culture, l’amitié, la famille, la vie sociale. Et que chaque moment soit complet dans sa "case" apparemment limitée...
10/08 - Le Hezbollah à court d’argent ? La guerre financière menée par Israël et les Etats-UnisEn mars, lorsque Israël a lancé sa dernière offensive contre le Hezbollah, elle a commencé par cibler les banques. Ses avions de chasse ont frappé plus d’une douzaine d’agences. Toutes appartenaient à Al-Qard al-Hassan, une institution financière obscure, accusée de servir de banque à la milice islamiste de longue date. Puis, ce fut au tour des bureaux de change. Cette fois encore, liés au Hezbollah : l'Iran les utilisait pour acheminer des fonds à son proxy libanais. Plus étonnant encore, si les dépôts d’armes et les centres de commandement souterrains du groupe armé ont été épargnés par les premières frappes, des bombardements ont été observés sur des stations-service dont le Hezbollah tirait des revenus. Enième preuve que, dans ce conflit, Israël espère anéantir financièrement son ennemi, révèle le New York Times.
Et selon des documents consultés par le quotidien américain, cette stratégie semble porter ses fruits : le groupe islamiste traverse sa plus grave crise financière depuis plusieurs années. Une pression sur les institutions libanaises
Car cette nouvelle offensive a fini d'enfoncer le clou d'une longue période de difficultés. Sachant l'organisation déjà affaiblie par le conflit précédent, commencé fin 2023, Israël et Washington ont coordonné leurs eff
10/08 - Le soir où Julie Gayet a failli découvrir le plan secret d’Emmanuel MacronIl y a la grande histoire, celle qu’a écrite la Ve République. Et il y a les petites histoires, ces secrets qui n’ont l’air de rien mais qui contribuent souvent de manière décisive aux résultats finaux. L’Express a choisi de raconter, en ce dernier été avant la grande bataille de 2027, ces épisodes méconnus des campagnes passées, de cette table qui ne se retrouve pas par hasard au débat de l’entre-deux-tours entre François Mitterrand et Jacques Chirac en 1988 jusqu’au placard qu’ouvre fortuitement François Hollande pour y faire une drôle de découverte sur Emmanuel Macron...
EPISODE 1 - Présidentielle 1988 : la table de François Mitterrand qui fit vaciller Jacques Chirac
EPISODE 2 - Le parking de Jacques Chirac : ces réunions clandestines qui ont changé la présidentielle de 1995
EPISODE 3 - Nicolas Sarkozy : le drapeau bleu-blanc-rouge qui bouscula la campagne de 2007
Dans le doute, mieux vaut être attentifs aux signes. François Hollande l'a appris à ses dépens. Est-ce à l'automne 2015 ? Peut-être à l'hiver ? Qui sait, début 2016 ? Qu'importe. Même si certains protagonistes de l'histoire peinent à replacer précisément l'anecdote dans la chronologie de l'ascension d'Emmanuel Macron, la toile de fond reste la même : à cette époque, le ministre de l'Economie, en place depuis un peu plus d'un an, a déjà la bougeotte. Même s'il n'évoque jamais publiquement ses ambitions, dans l'ombre, d'enthousiastes compagnons - Stanislas Guérini, Cédric O, Ismaël Emelien, Benjamin...
10/08 - Chine : le petit commerce des grandes purges de Xi JinpingXi Jinping a fait de la lutte anticorruption l’une des grandes affaires de son règne. Certains fonctionnaires en ont fait une petite affaire commerciale. Selon le Wall Street Journal, des responsables chinois transmettent clandestinement des informations sur les prochaines victimes des purges anticorruption du gouvernement chinois. Les noms ne sont pas toujours écrits : une photo, un curriculum vitae, un homophone ou un emoji peuvent suffire. Celui qui sait avant les autres quel responsable va tomber peut vendre l’information, protéger un proche, déplacer de l’argent ou spéculer sur une entreprise exposée.
Depuis l’arrivée de Xi Jinping au pouvoir, en 2012, la Chine mène une campagne anticorruption d’une ampleur considérable : plus de sept millions de personnes ont été sanctionnées pour des manquements allant des pots-de-vin à la divulgation de secrets. L’an dernier, 983 000 personnes ont encore été disciplinées, un record, selon le Wall Street Journal. Ces enquêtes se déroulent dans un grand secret, mais leurs conséquences peuvent être immédiates. Un responsable averti peut faire disparaître des preuves, déplacer des fonds ou tenter de fuir. Des cadres peuvent se positionner sur un poste bientôt vacant. Des investisseurs, eux, peuvent vendre à découvert les actions d’une entreprise susceptible d’être touchée par l’arrestation d’un dirigeant. Le renseignement à 100 euros
D’après Banyuetan, un magazine de l’agence officielle Chine nouvelle, cité par le Wall Street...
10/08 - A7, la "banque fantôme" de la Russie pour contourner les sanctions occidentalesLorsque les banques et entreprises russes ont été frappées par les sanctions occidentales après l'invasion de l'Ukraine, Moscou a rapidement entrepris de trouver des voies de contournement pour continuer à alimenter son économie de guerre. Parmi elles : A7 - une plateforme de paiements transfrontaliers, lancée à Moscou fin 2024. En quelques mois, cette société est devenue une pièce maîtresse de l'écosystème financier russe parallèle. Selon les chiffres de l'entreprise, cette dernière traiterait désormais près de 20 % des paiements liés au commerce extérieur russe, soit plus de 100 milliards de dollars par an.
Des chiffres difficiles à vérifier indépendamment, mais qui donnent un indice sur l'ampleur du projet. Selon une récente enquête du Wall Street Journal, A7 permet entre autres à des entreprises russes de payer des fournisseurs étrangers pour des pièces de drones, des voitures ou encore des produits alimentaires, en contournant les sanctions occidentales. Des achats réalisés grâce à une combinaison de transactions en cryptomonnaie et de méthodes bancaires plus traditionnelles.Escroc en fuite
Derrière cette entreprise de la fintech russe se trouve un duo pour le moins atypique : l'oligarque moldave Ilan Shor, en fuite pour fraude et blanchiment d'argent, et la banque publique russe Promsvyazbank (PSB) - l'un des principaux établissements financiers finançant le complexe militaro-industriel russe. La banque, qui fait elle-même l'objet de sanctions occidentales, détient...
10/08 - La "route de la soie des glaces" : la nouvelle voie maritime de la Chine vers l’EuropeQuarante jours pour rejoindre l’Europe ? C’est beaucoup trop selon Pékin. Pour acheminer des conteneurs de Ningbo, sur la côte Est de la Chine, jusqu’à Felixstowe, au Royaume-Uni, la compagnie chinoise Sea Legend veut désormais passer par l’Arctique. Une liaison hebdomadaire doit emprunter la route maritime du Nord, qui longe les côtes russes, et réduire presque de moitié la durée habituelle du trajet entre les deux ports lorsque l'état des glaces le permet, passant de quarante jours à vingt environ. Une première pour un service régulier de porte-conteneurs entre l’Extrême-Orient et l’Europe.
Pourquoi vouloir gagner autant de temps ? Le trajet classique descend loin avant de remonter : depuis la Chine, les navires traversent généralement le détroit de Malacca, puis l’océan Indien, entrent dans la mer Rouge par Bab el-Mandeb et passent enfin le canal de Suez pour rejoindre l’Europe. Par le Nord, une bonne partie de ce détour disparaît. La distance ne suffit pourtant pas à expliquer le regain d’intérêt. Il faut ajouter un deuxième élément : les passages traditionnels du commerce maritime mondial sont devenus plus compliqués à emprunter. Le raccourci arrive au bon moment
Pour les armateurs, l'Arctique permet surtout d’éviter certains principaux "chokepoints", ces passages étroits par lesquels transite une large part du commerce maritime mondial. Le détroit de Bab el-Mandeb, porte d'entrée de la mer Rouge, reste notamment exposé aux attaques des houthistes. Rahul Khanna,...
10/08 - Chimie du bâtiment : l’ascension sous surveillance de l’italien MapeiRien ne semble pouvoir altérer le sourire confiant de Veronica Squinzi. Mi-juin, sous la somptueuse fresque du réfectoire, au musée des sciences et technologies milanais Léonard de Vinci, la patronne de Mapei, vêtue d'un élégant ensemble vert fougère, jubile. Son entreprise vient de recevoir le prix Léonard de Vinci - remis chaque année par l’association des Hénokiens, regroupant des entreprises familiales bicentenaires, et par le Château du Clos Lucé, dernière demeure du peintre. Un mois plus tard, c'est la douche froide. Alors qu'il s'apprête à dévoiler ses résultats annuels, Mapei se fait épingler, aux côtés d'une poignée de concurrents, dans un communiqué de la Commission européenne. En cause, une suspicion d'entente sur les prix de produits chimiques pour le ciment, le béton et le mortier dans trois pays européens. L'allégation a été immédiatement démentie par le groupe italien. Mais elle écorne l'image qu'il cultive depuis ses débuts.
Son histoire commence en 1937, lorsque Rodolfo Squinzi, peintre en bâtiment, fonde Mapei - acronyme italien de "matériaux auxiliaires pour le bâtiment et l’industrie". Avec ses sept employés, l’entreprise se spécialise d’abord dans la fabrication de peinture, mais ne tarde pas à élargir son horizon. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Milan, défigurée par les bombardements, doit panser ses plaies. Les besoins en reconstruction sont immenses. Chez Mapei, les commandes explosent.
Trois décennies plus tard, son fils Giorgio,...
10/08 - Midterms 2026 : les Etats où tout pourrait se jouer, les candidats à ne pas quitter des yeuxPour un président américain, les élections de mi-mandat (aussi appelées midterms) sont souvent un moment redouté. C'est certainement le cas pour Donald Trump, qui s'apprête à entamer la seconde partie de son mandat. Pour l'heure, le président américain dispose encore d'une majorité confortable dans les deux chambres du Congrès : 53 sièges sur 100 au Sénat et 218 sièges sur 435 à la Chambre des représentants. Mais les élections du 3 novembre prochain pourraient complètement rebattre les cartes. S'il perd une des deux chambres, il lui sera beaucoup moins aisé de faire adopter certaines lois... Et s'il perd le Sénat, les démocrates pourraient s'opposer systématiquement à toutes ses propositions de nominations aux postes d'ambassadeur, de ministre ou même de juge à la Cour suprême.
En vertu de la loi constitutionnelle américaine, la totalité de la Chambre sera renouvelée, comme c'est l'usage tous les deux ans, ainsi qu'environ un tiers des sièges sénatoriaux. Parmi eux, 13 sont détenus par des démocrates et 22 par des républicains. Un rapport de force défavorable aux alliés de Donald Trump, donc. En y regardant de plus près, la majorité de ces 22 sénateurs est élue dans des Etats conservateurs où le Parti républicain semble indétrônable, mais les démocrates possèdent tout de même une fenêtre de tir. Il leur suffirait de retourner quatre sièges pour récupérer la majorité au Sénat et affaiblir le camp présidentiel.
George W. Bush et Barack Obama avaient tous les deux fait les...
10/08 - "On ne commande pas avec les muscles" : le jour où le capitaine Nicolas Brault a dû revoir sa façon de dirigerLe management, c'est une affaire de personnalité, de tempo. De décisions aussi évidemment. C'est pourquoi L'Express lance un nouveau podcast hebdomadaire dont l'objet est de passer à la moulinette une décision prise par un chef d'entreprise, un dirigeant politique, ou une figure de la société civile. Dans ce troisième épisode, le capitaine Nicolas Brault nous raconte ce qui l'a conduit un jour à prendre un virage professionnel à 180 degrés : quitter son poste de professeur d'histoire en Seine-Saint-Denis pour s’engager à Saint-Cyr, au service des armes de la France.
L'intégralité de cet épisode est à retrouver sur Apple Podcasts, Spotify, Deezer, Castbox ou encore Podcast Addict.
L'Express : Vous le racontez dans votre livre Donner l’ordre ne suffit pas (Michel Lafon, 2026) : vous vous destiniez à une carrière dans l’Éducation nationale… Jusqu’à cette nuit du 13 novembre 2015, celle des attentats de Paris. À partir de là, l’engagement militaire devient, pour vous, le seul qui ne paraît plus dérisoire. Que se passe-t-il alors dans votre esprit pour provoquer un tel basculement ?
Nicolas Brault : Le 13 novembre 2015, j’étais à Saint-Cyr, en stage, dans le cadre d’un double diplôme avec Sciences Po. Ce soir-là devait être la veille d’une cérémonie d’adoubement, ce rituel millénaire qui caractérise les chevaliers et les officiers en Occident depuis le Moyen Âge. Je repassais ma chemise pour préparer le défilé, la grande tenue. Et puis nous avons appris la nouvelle. Le...
09/08 - "Ce temps libéré, on le donne à Mark Zuckerberg" : à quoi serviront les heures gagnées grâce à l’IA ?Rarement une avancée technologique aura autant promis de nous faire gagner du temps. Si le débat sur l'intelligence artificielle se focalise souvent sur la prouesse technique, les transformations du marché du travail ou les performances de ces nouveaux outils, il soulève pourtant un autre défi, largement sous-estimé : notre rapport au temps. Mais derrière les prouesses de ces nouveaux assistants intelligents, la promesse est-elle tenue ? L'IA inaugure-t-elle enfin l'ère du temps libre ? Du temps gagné...
Les études convergent sur un point : l'intelligence artificielle permet bien de grappiller quelques heures, au travail comme dans la sphère privée. Par exemple, l'édition 2024 de l'enquête annuelle Workforce of the Future du groupe Adecco évoque une heure de travail en moyenne économisée par jour. La même année, une autre étude, expérimentale, menée par Microsoft en collaboration avec des chercheurs de la Harvard Business School indiquait que les utilisateurs réguliers de Microsoft 365 Copilot consacrent 31 % de temps en moins à leur boîte de réception, soit environ 3,6 heures libérées chaque semaine. Une enquête menée par SAP en 2025 révèle par ailleurs que 58 % des répondants déclarent gagner du temps grâce à l'IA, pour un gain moyen de cinquante-deux minutes par jour, principalement grâce à l'automatisation de certaines tâches. Enfin, une étude de la London School of Economics (LSE), publiée en 2025 évalue, quant à elle, à 7,5 heures de travail par semaine le temps...
09/08 - Todd Blanche, le nouveau ministre de la Justice "le plus controversé du cabinet Trump"Le républicain et proche de Donald Trump, Todd Blanche, a été confirmé samedi 8 août comme nouveau ministre de la Justice des États-Unis, au terme d’un vote serré au Sénat. Trois républicains qui avaient initialement exprimé leurs réserves quant à son indépendance — John Cornyn, Thom Tillis et Bill Cassidy — ont finalement voté en sa faveur, estimant que son accès privilégié à Donald Trump pouvait lui permettre de contenir les décisions les plus controversées du président. Une confiance paradoxale, puisque Todd Blanche défend lui-même une conception particulièrement étendue du pouvoir présidentiel.
Ancien avocat pénal de Donald Trump, Todd Blanche est devenu l’un de ses plus proches alliés. Depuis sa prise de fonctions comme ministre de la Justice par intérim en avril, il a affirmé à plusieurs reprises que le président américain dispose du "droit" et du "devoir" d’ordonner des enquêtes visant les personnes qu’il souhaite cibler. Interrogé sur l’indépendance du ministère de la Justice vis-à-vis de la Maison-Blanche lors de son audition de confirmation, il a répondu que "l’article II de la Constitution donne le pouvoir exécutif au président Trump".
Alors que les doutes sur son indépendance se sont multipliés et ont failli faire échouer sa nomination, l’arrivée de Todd Blanche au gouvernement pourrait bien constituer, pour l’agence Reuters, l’une des "nominations les plus controversées du cabinet de Donald Trump au cours de son second mandat"."Le champion du pouvoir...
09/08 - "Docteur" Egisto Ott, la taupe de Vladimir Poutine au cœur de l’espionnage autrichienTout a commencé par un naufrage. En juillet 2017, le cabinet du ministre de l’Intérieur autrichien, Wolfgang Sobotka (ÖVP, droite parlementaire), organise une sortie en canoë sur le Danube. Une embarcation chavire, les téléphones de Michael Takacs, futur directeur général de la police, du chef de cabinet et d’un troisième conseiller tombent à l’eau. Ils sont confiés à un informaticien du BVT, le renseignement intérieur. Cinq ans plus tard, en juin 2022, les trois appareils refont surface… à Moscou, selon des messages interceptés par des enquêteurs britanniques, en 2023. Au cœur du scandale, Egisto Ott, un agent secret autrichien, très fortement soupçonné d’être une taupe du Kremlin, le dernier maillon d’une "cellule" dédiée à l’espionnage et aux assassinats, peut-être la plus importante de Moscou en Europe.
Janvier 2026 à la cour d’assises de Vienne. Egisto Ott, 64 ans, comparait. Verbe haut, mâchoire carrée et tenue entièrement noire. Outre l’affaire des smartphones, qu’il reconnaît avoir eu en sa possession mais qu’il aurait détruits, on l’accuse d’avoir récupéré des informations secrètes sur des dissidents russes pour le compte du renseignement de Moscou. Une note sur la meilleure méthode pour réussir des assassinats ciblés à l’étranger a même été retrouvée dans son ordinateur. Ott alias le "Dottore", le docteur en italien, comme il était surnommé au BVT en raison de ses origines transalpines, plaide de simples "infractions administratives". Il parle de "complot" et...
09/08 - Détroit d’Ormuz : l’Iran durcit le ton et pose ses conditions pour rouvrir la voie maritimeL'Iran a déclaré dimanche 9 août qu'un accord avec Oman définissant de nouvelles voies de navigation dans le détroit d'Ormuz était dans sa phase finale... Juste après avoir listé publiquement les conditions, drastiques, que les Etats-Unis devront respecter pour espérer le déblocage du passage stratégique dont la fermeture bouscule une fois encore l'approvisionnement mondial en pétrole. "Tant que les États-Unis ne changeront pas de comportement, le détroit d'Ormuz restera fermé", a averti samedi le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Mohammad Bagher Zolghadr, avant de détailler ces conditions.
Cette route maritime stratégique est"désormais en réalité un théâtre de guerre pour nous et pas seulement une voie navigable", a ajouté le porte-parole de la force armée iranienne. Des déclarations qui tranchent avec les progrès annoncés ces derniers jours dans les discussions par le sultanat d'Oman.Longue liste de conditions iraniennes
En tête des mesures énumérées figure la levée du blocus imposé par les Etats-Unis sur les ports iraniens. L'Iran exige aussi que Washington "mette fin définitivement à la guerre et à l'agression", et réclame la levée des sanctions américaines, la libération de ses avoirs gelés et "l'indemnisation intégrale" des dommages causés par la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre l'Iran.
Téhéran refuse par ailleurs de revenir au fonctionnement d’avant-guerre sur le statut de cette voie...
09/08 - Gaza : Benyamin Netanyahou rejette le plan de Donald Trump et exige le désarmement total du HamasIsraël a rejeté le plan en 15 points du "Conseil de la paix" du président américain Donald Trump pour Gaza et ne se retirera pas du territoire tant que le Hamas ne se sera pas "véritablement" désarmé, a déclaré dimanche le Premier ministre Benyamin Netanyahou, qui fait face en Israël à une forte contestation de ses alliés d'extrême droite. Donald Trump avait déclaré fin juillet que des pourparlers organisés au Caire entre des médiateurs et des responsables du Hamas avaient permis d'aboutir à un accord de désarmement progressif des groupes armés palestiniens dans la bande de Gaza.
Le président américain avait présenté cela comme une avancée décisive dans son plan visant à mettre fin à la guerre entre les deux parties, auquel Israël et le Hamas avaient tous deux donné leur accord l'année dernière et qui avait débuté par un cessez-le-feu.
Israël a continué à mener des frappes sur Gaza après avoir accepté le cessez-le-feu en octobre dernier. Au moins 1 230 Palestiniens ont depuis été tués lors de ces frappes.
Le Hamas, le groupe derrière l'attaque du 7 octobre 2023 contre Israël - qui a déclenché les violentes représailles de l'Etat hébreu contre Gaza - a dit à Reuters vouloir s'en tenir à la feuille de route convenue avec les médiateurs il y a 10 jours, qui lie son désarmement à un retrait progressif des troupes israéliennes. Basem Naim, un responsable du groupe, a ajouté s'attendre à ce que ces médiateurs ainsi que les Etats-Unis fassent pression sur Israël "afin qu'ils...
09/08 - Gaz : les réserves européennes au plus bas, l’hiver s’annonce à haut risqueL’Europe n’avait pas abordé un hiver avec des réserves de gaz aussi basses depuis 2009. Alors que l’été devrait permettre de reconstituer les stocks européens, ceux-ci sont actuellement remplis à environ 57 % seulement de leurs capacités, contre 74 % en moyenne à cette époque ces cinq dernières années. L’Union européenne impose normalement un remplissage à 90 % avant l’hiver, mais a abaissé cette cible à 80 % après le début de la guerre en Iran. Dans ces conditions déjà mauvaises, une prolongation de la guerre avec l’Iran fait craindre aux nations européennes une nouvelle flambée des prix dans les mois à venir, voire des pénuries en cas de basses températures.Inquiétudes pour l’Allemagne
L’Allemagne concentre une grande partie des inquiétudes. Premier consommateur de gaz de l’UE, le pays n’a rempli ses réserves qu’à 47 % de ses capacités en août, selon le média américain Politico. Des niveaux "historiquement bas", selon Sebastian Heinermann, directeur de l’association allemande des stockages de gaz INES, qui s’exprime auprès du journal. Or, ses installations représentent plus de 20 % des capacités de stockage européennes, ce qui signifie qu’un manque de gaz outre-Rhin pourrait faire grimper les prix dans toute l’Europe. Car Berlin est en théorie tenu de fournir une aide gazière d’urgence, notamment à l’Autriche, la Suisse, l’Italie et le Danemark, en cas de pénurie.
Pour l’heure, Berlin refuse d’intervenir directement auprès de ses entreprises énergétiques publiques SEFE...
09/08 - Ebola en RDC : une épidémie hors de contrôle dans l’est du pays, l’aide internationale est à la traîne"L’épidémie d’Ebola ne montre aucun signe de ralentissement." La dure réalité a été établie le 5 août par la directrice médicale adjointe de Médecins sans frontières (MSF), lors de la visite officielle du directeur général de l’Organisation mondiale de la santé à l’est de la République démocratique du Congo. Deux mois et demi après la déclaration de cette épidémie, le 15 mai, elle est devenue la deuxième plus importante jamais enregistrée, avec une vitesse de propagation jamais observée auparavant. Selon les derniers chiffres du gouvernement congolais et de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), on compte désormais 1 850 morts de la maladie, parmi environ 4 000 cas. Le taux de létalité dépasse les 40 %.
Le virus responsable, le Bundibugyo, a déjà tué plus de cinq fois plus de personnes que lors des précédentes flambées de cette souche sur une période comparable, selon les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC). Lors de la précédente grande épidémie en RDC, commencée en 2018 et achevée en 2020, il avait fallu plus de dix mois pour atteindre un bilan similaire. "Je ne suis pas en mesure de vous dire que nous contrôlons totalement cette épidémie aujourd’hui", a reconnu à la fin du mois de juillet Jean Kaseya, directeur général de l’Africa CDC.Un contexte extrêmement violent qui complique le suivi des cas
Plusieurs facteurs sont responsables de cette progression sans précédent. D’abord, un retard dans la détection de l’apparition du...
09/08 - "Hors de question qu’on me soupçonne d’écrire avec ChatGPT" : la chasse au tiret cadratin, anatomie d’une psychose collective"Les formes — et celle aussi du petit coquillage de pâtisserie, si grassement sensuel, sous son plissage sévère et dévot — s’étaient abolies, ou, ensommeillées, avaient perdu la force d’expansion qui leur eût permis de rejoindre la conscience". Pour un lecteur du siècle dernier, cette phrase au parfum de madeleine eut dans le pire des cas décroché un bâillement. En 2026, il est probable que cet extrait signé Marcel Proust, auteur de la monumentale A la recherche du temps perdu (1913-1927), suscite chez certains un rictus accusateur.
Oubliée, la controverse de la "virgule d’Oxford", qui divise les grammairiens depuis plus d’un siècle sur l’usage du signe de ponctuation avant le dernier "et" ou "ou" d’une liste. Au point d’avoir inspiré au groupe Vampire Weekend une chanson intitulée Oxford Comma en 2008. Et de coûter à une compagnie laitière américaine la modique somme de cinq millions de dollars, un tribunal ayant jugé que l’absence de ladite virgule dans un texte de loi le rendait trop ambigu pour priver ses chauffeurs d’indemnités pour leurs heures supplémentaires. L’époque s’est trouvé une nouvelle obsession : le tiret cadratin. Car désormais, celui-ci n’est plus seulement perçu comme la marque de fabrique d’un Marcel Proust, mais comme celle de l’intelligence artificielle.Méfiance légitime
Ici, un internaute mu en détective, alertant sur l’usage "suspect" du symbole par un créateur de contenu. Là, une marque de fast fashion, Pretty Little Thing, moquée sur ses...
09/08 - Comment les lingots belges ont servi de monnaie d’échange entre Vichy et les nazisL'invasion de la Pologne par Hitler le 1er septembre 1939, puis Staline le 17 septembre, plonge l’Europe – et bientôt le monde – dans un conflit sanglant. Pris de court par l’avancée irrésistible de la Wehrmacht, les gouvernements des pays vaincus s’efforcent de sauver en urgence ce qui peut l’être : leurs réserves d’or, convoitées par le Reich pour financer sa colossale machine de guerre. Une chasse au trésor haletante où le sens du devoir de quelques hommes, servis par une bonne dose de chance, a empêché les nazis de faire main basse sur une fortune qui aurait pu changer le cours de l’Histoire.
Dans cette série de L’Express en cinq épisodes, François Valentin, consultant à London Politica, retrace l’incroyable destinée de l’or français, belge et polonais, entre le fracas des bombes et les conversations feutrées des chancelleries.
Episode 1 > "Avez-vous des chambres fortes ?"
Episode 2 > Dans l'enfer des bombes et de la paperasse
Episode 3 > Des lingots transportés à la main, l’intervention de Roosevelt
Episode 4 > Comment la Pologne a sauvé son or des griffes d'Hitler1940, Bruxelles
Alors que la guerre gronde en Europe, les trois capitales les mieux pourvues en or du Vieux Continent s’appellent Paris, Londres et… Bruxelles ! Depuis 1920, la Belgique a vu ses réserves grimper de 70 à plus de 600 tonnes, le résultat combiné de la fuite des capitaux en France après l’arrivée au pouvoir du Front populaire en 1936, mais aussi de la politique monétaire...
09/08 - "L’Occident est tombé dans le piège du Kremlin" : le mythe de la grandeur russe dégonflé par Christian CarylLes uns voudraient y voir le bastion des valeurs familiales par excellence. Les autres, un modèle de puissance militaire… Une vision occidentale de la Russie largement fantasmée, plaide Christian Caryl, chroniqueur pour le magazine Foreign Policy, ancien chef du bureau de Moscou de Newsweek et auteur de Strange Rebels : 1979 and the Birth of the 21st Century. De Voltaire jusqu’à la droite américaine, en passant par Barack Obama, ce fin connaisseur du pays de Vladimir Poutine retrace l’évolution de cette tendance à idéaliser la "grandeur russe", qu’il rattache à une forme de "racisme inversé". Au passage, Christian Caryl corrige nombre d’idées reçues, en insistant sur la corruption et l’inefficacité du pouvoir russe. Il appelle aussi, pour ne pas tomber dans le piège inverse - sous-estimer Moscou -, à renouer avec le "scepticisme". Entretien.
L’Express : The Economist a récemment suscité la polémique en consacrant sa couverture à Andrey Melnichenko, un oligarque russe pourtant sous sanctions internationales… Vous y voyez le symptôme d’un écueil qui ne concerne pas seulement le magazine britannique : celui d’un Occident tombant dans le piège du "mythe de la grandeur russe". Comment cela ?
Christian Caryl : L’Occident dans son ensemble a toujours eu tendance à idéaliser la Russie. Voltaire, qui était extrêmement critique de ce qu’il percevait comme un fanatisme religieux en France, voulait par exemple voir en la Russie de Catherine II une nouvelle approche de la religion :...
08/08 - Incendies en Europe : la facture du réchauffement climatique s’envoleL’Europe brûle sous nos yeux, de la France à l’Espagne, en passant par l’Italie et la Grèce. Mais derrière les images de forêts ravagées et de villages évacués se dessine une autre réalité, moins spectaculaire : celle d’une facture économique qui s’alourdit. "Le réchauffement climatique, et non la politique climatique, nuit aux entreprises", alertait récemment Politico. Les phénomènes extrêmes de cet été en donnent une illustration particulièrement concrète.
La première facture sera celle de la reconstruction. En France, le ministère de la Transition écologique estime que la restauration d’un hectare de forêt incendié peut coûter jusqu’à 10 000 euros. Or, fin juillet, 465 000 hectares avaient déjà brûlé dans l’Union européenne, alors que la saison des incendies était loin d’être terminée. Selon la RTS, près de 500 000 hectares ont été détruits en seulement deux mois en France, en Espagne, au Portugal, en Grèce et en Roumanie. Pour ces cinq pays, et en ne prenant en compte que la restauration des terres, l’Union européenne estime les dommages à près de 2,5 milliards d’euros par an. Le Financial Times estime pour sa part que la facture a d’ores et déjà dépassé trois milliards d’euros.
Mais ces chiffres ne racontent pas tout. Les incendies entraînent aussi des pertes d’activité, des fermetures d’entreprises et des perturbations dans les chaînes de production. En Gironde, particulièrement touchée, des milliers d’entreprises ont dû fermer leurs portes tandis que les touristes...
08/08 - Volodymyr Zelensky à Belgrade : la Serbie avance sur une ligne de crête entre Kiev et MoscouBelgrade soutiendra l'indépendance de l'Ukraine et entend renforcer la coopération économique entre les deux pays, a déclaré samedi le président Aleksandar Vucic, sans toutefois s'engager à imposer des sanctions à la Russie, alliée de longue date de la Serbie. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky effectue une visite de deux jours à Belgrade, qui s'achève samedi. Il s'agit de sa première visite depuis son accession à la présidence en 2019, bien que son épouse Olena Zelenska se soit rendue à Belgrade en 2024.
Aleksandar Vucic, un populiste qui devra faire face à des élections anticipées dans les mois à venir, s’efforce de maintenir un équilibre délicat entre l’aspiration de la Serbie à rejoindre l’Union européenne et ses liens historiques et économiques avec la Russie. Belgrade a condamné l’invasion militaire de l’Ukraine par la Russie en 2022, mais a refusé d’imposer des sanctions à la Russie. La Serbie reste également dépendante de la Russie pour la majeure partie de son approvisionnement en gaz.Intégrité territoriale
Aleksandar Vucic, qui a rencontré Volodymyr Zelensky à plusieurs reprises, la dernière fois à Kiev le 15 juillet, a déclaré que la Serbie continuerait à soutenir l’intégrité territoriale de l’Ukraine, y compris les territoires annexés par la Russie depuis 2014. De son côté, l’Ukraine a refusé de reconnaître l’indépendance du Kosovo en 2008, que Belgrade considère comme faisant partie de la Serbie. "Vous n’avez jamais entendu un seul mot négatif à...
08/08 - Pourquoi "Borgen" reste la série politique la plus visionnaire d’EuropeInspecteur Derrick", "Borgen", "Zora la rousse", "La Casa de papel"… Ces séries cultes ont fait un tabac tout en nous faisant mieux connaître la vie (et les névroses) de nos voisins. Cet été, L’Express vous raconte comment la fiction cathodique a, autant que le marché commun ou la monnaie unique, contribué à la construction européenne.
EPISODE 1 > Derrick, l'inspecteur qui raconte le mieux les névroses de l'Allemagne
EPISODE 2 > La Casa de papel : comment Netflix a braqué le monde avec une série ratée
EPISODE 3 > Zora la rousse, l’utopie communiste à l’heure du goûter
EPISODE 4 > "Sous le soleil", la série française qui a conquis le monde et fâché le patronat russe
Des agents de la CIA, bottes enfoncées dans la neige, escortant des prisonniers sur une base au Groenland. Destination : une prison américaine. La scène n'est pas le résultat d'une prise de décision de Donald Trump. Elle est tirée de la première saison de Borgen, feuilleton politique décrivant les affres du pouvoir danois. Au fil de l'épisode, l'affaire s'ébruite, le scandale éclate. Les autorités locales groenlandaises s'indignent de ne pas avoir été mises au courant. Le Danemark, pourtant très proche du grand frère américain, se prend à rêver d'un peu plus d'indépendance - nous sommes encore en 2010, et le terme "autonomie stratégique" n'a pas encore infusé le Zeitgeist.
Douze ans plus tard, l'histoire se répète : la saison 4, diffusée sur Netflix, met en scène un conflit entre la capitale...
08/08 - Guerre en Ukraine : comment la Russie exploite les failles de la défense antiaérienne de KievLa Russie a trouvé dans une faiblesse persistante de la défense ukrainienne un moyen de rendre ses frappes particulièrement meurtrières : le manque d’intercepteurs capables d’abattre les missiles balistiques. En combinant ces projectiles très rapides avec des missiles de croisière et des drones, Moscou cherche à saturer les défenses ukrainiennes et à réduire leur capacité à protéger les grandes villes. Une stratégie qui laisse aux systèmes de défense un temps parfois extrêmement court pour réagir.
Dans la nuit du 4 au 5 août, Kiev et sa région en ont une nouvelle fois fait les frais. Une vaste salve russe a tué 17 personnes et en a blessé 44 autres, selon le président Volodymyr Zelensky. Quelques semaines plus tôt, dans la nuit du 30 juin, une offensive avait donné la mesure de cette stratégie : quatre missiles antinavires, neuf missiles balistiques, 61 missiles de croisière et près de 300 drones avaient été lancés contre des objectifs répartis à travers l’Ukraine.
Cette combinaison complique la tâche des défenseurs. Les drones, relativement lents et peu coûteux, sont nombreux et peuvent être lancés en masse. La Russie produit notamment le Geran-2, une version du Shahed de conception iranienne, qu’elle a perfectionnée avec des turboréacteurs et des drones leurres. L’Ukraine a développé une défense multicouche contre ces appareils, souligne CNN. Or, souligne la chaîne américaine, les missiles de croisière représentent une menace différente. Ils peuvent voler à très basse...
08/08 - Donald Trump dans le viseur : les démocrates préparent une vaste offensive au Congrès en vue d’une procédure de destitutionLes démocrates de la Chambre des représentants américaine, qui se préparent à un éventuel retour au pouvoir, élaborent actuellement une vaste stratégie d’enquête visant les entreprises et les sociétés financières proches du président Donald Trump, plutôt que de tenter de le destituer immédiatement, selon quatre personnes proches des discussions.
Des responsables démocrates de la Chambre des représentants des États-Unis et des collaborateurs des commissions ont évoqué le recours à des auditions, des citations à comparaître et des demandes de documents pour obtenir des informations auprès d’entités liées à l’entourage politique et commercial de Donald Trump, ont indiqué ces sources. Ils parient ainsi que mener des enquêtes sur des entreprises privées et des acteurs financiers extérieurs s’avérera plus fructueux que de s’opposer directement à une Maison-Blanche dont ils s’attendent à ce qu’elle résiste à tout contrôle, ont-ils ajouté.
Cette approche reflète à la fois la prudence des démocrates et une leçon que beaucoup au sein du parti disent avoir tirée du premier mandat de Donald Trump : les procédures de destitution peuvent accaparer le Congrès tout en permettant au président de se présenter comme la victime d’une campagne partisane. Au lieu de cela, les démocrates impliqués dans la planification envisagent d’utiliser les pouvoirs d’enquête de la Chambre après les élections de mi-mandat de novembre pour passer au crible le processus décisionnel de l’administration et...
08/08 - A l’ère de l’IA, la fragile position des traducteurs dans un marché en plein boom"Peux-tu traduire le mot portugais saudade et le mot russe toska mieux qu’un traducteur professionnel ?" C'est la question que nous avons posée à trois modèles d’IA : Gemini, Claude et ChatGPT. Ces termes n’ont pas été choisis au hasard. L’un évoque une forme de vague à l'âme, l’autre un ennui mêlé à la tristesse, mais tous deux font partie de ces intraduisibles, sans équivalent direct en français, sur lesquels ont planché des générations de traducteurs. Les modèles de Google et Anthropic ont répondu à notre question par la négative, tandis que le produit phare d'OpenAI s'est montré plus confiant. Quant à la question, un brin plus provocante, de savoir s’ils allaient un jour entièrement remplacer la traduction humaine, les trois modèles ont été unanimes : le scénario reste peu probable.
Une modestie qui ne suffit pas à rassurer les professionnels du secteur. Car les signaux d’alarme se succèdent. D’abord une étude de Microsoft, en 2025, qui plaçait les traducteurs et interprètes en tête de liste des professions les plus menacées par l’IA. Puis, une déclaration du chancelier allemand, Friedrich Merz, prédisant qu’"un jour, nous n’aurons plus besoin d’interprètes".
En 2024, déjà, plus de trois quarts des traducteurs sondés par l’association britannique Society of Authors anticipaient un impact négatif de l'IA sur leurs revenus futurs. Des craintes qui semblent déjà se confirmer. "On constate à la fois une baisse de la demande pour les services des traducteurs...
08/08 - Face à l’Iran, l’Arabie saoudite, le Pakistan et la Turquie renforcent leur coopération militaire"Vers un nouvel ordre régional ?" se demande le média Al-Jazeera. À La Mecque, l’Arabie saoudite a franchi, vendredi 7 août, une nouvelle étape dans sa stratégie de sécurité. Le prince héritier Mohammed ben Salmane a reçu le président turc Recep Tayyip Erdogan et le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, avec lesquels il a signé un accord de défense conjoint. Un pacte présenté comme une alliance de défense collective, selon lequel un assaut armé contre l’un des trois pays "sera considéré comme une attaque contre tous". Foreign Policy évoque, lui, un pacte régional sur le modèle de l’OTAN, consolidant la puissance et l'influence de trois poids lourds régionaux.
"L’accord vise à renforcer la dissuasion collective contre tout acte d’agression et stipule que toute attaque armée contre l’un des trois États sera considérée comme une attaque contre eux tous", a précisé le ministère pakistanais des Affaires étrangères. Mais derrière cette formulation, le message adressé à l’Iran paraît difficile à ignorer. Pour certains analystes, cette union constitue "une tentative visant à établir un rempart contre de futures attaques iraniennes", note The Wall Street Journal, repris par Courrier International.
La portée exacte de cet engagement reste toutefois floue. Si le principe d’une attaque contre l’un considérée comme une agression contre les trois est clairement posé, l’accord ne précise pas les obligations de chacun en cas de conflit. Un responsable turc, cité par Reuters, a...
08/08 - Exposition : à Martigues, Ernest Pignon-Ernest ou l’art de l’apparitionChez lui, quelques feuilles de papier, un fusain et une façade suffisent à transformer un coin de rue en théâtre de la mémoire, un passant en témoin. "Je viens inscrire un élément de fiction dans le réel, pour faire du lieu un espace plastique..." Cette profession de foi irrigue l’œuvre d’Ernest Pignon-Ernest déployée cet été sur deux scènes complémentaires en Provence : tandis qu’à Carpentras, l'Inguimbertine plonge dans les Ombres de Naples, une exposition consacrée aux réalisations italiennes de l’artiste entre 1988 et 2015, le musée Ziem de Martigues lui offre une carte blanche, qui retrace près de soixante ans de création.
Né à Nice en 1942, il est considéré comme l'un des précurseurs de l'art urbain en France, chez lequel le recours à l'espace public procède d'abord d'un engagement. Dès 1966, en réaction à l'implantation de la force de frappe nucléaire sur le plateau d'Albion, il mène sa première action artistique à l’air libre en pochant sur des façades de sa région natale la silhouette fantomatique extraite d'une photographie prise à Hiroshima après le bombardement atomique. Même si, par la suite, il délaissera cette technique au profit du collage, tout son langage plastique est déjà contenu dans cette image : faire dialoguer une figure avec son environnement, convoquer le passé dans le présent, transformer un décor quotidien en support de réflexion. Ernest Pignon-Ernest, "Parcours Haïti", 2019.
Cette intuition traverse tout le parcours martégal : le dessin y est...
08/08 - Les plages du Débarquement à l’Unesco : dans les coulisses d’une bataille de vingt ansJusqu’à la dernière minute, Hervé Morin n’a pas voulu y croire. Ce dimanche 26 juillet 2026, dans la salle pleine à craquer du centre des Congrès de Busan, en Corée du Sud, le président de la région Normandie attend patiemment la désignation des 25 nouveaux sites inscrits au patrimoine mondial de l'Unesco. Au terme de cette 48e session, le président du Comité liste un à un les lauréats : l’ancien site bouddhiste de Sarnath, en Inde, le paysage migratoire de Boma-Badingilo, au Soudan du Sud, les forêts de Gola-Tiwai, en Sierra Leone… Et, finalement, les plages du Débarquement de Normandie, reconnues au titre du critère VI de la Convention du patrimoine mondial comme étant "associées à un événement ayant une signification universelle exceptionnelle". Hervé Morin et ses équipes peuvent enfin souffler : cette inscription est l’aboutissement d’un travail de fourmi mené depuis plus de vingt ans, et qui a connu de multiples rebondissements.
Dès le 22 juin 2006, deux ans après le 60e anniversaire du Débarquement, le Conseil régional de Basse-Normandie - alors présidé par Philippe Duron - délibère très officiellement afin de se lancer dans l’aventure Unesco, et vote à l’unanimité le "principe d’engager une démarche de demande de classement" auprès de l’institution. "Il y a eu à l’époque une vraie volonté de réfléchir sur la transmission de la mémoire, et la meilleure manière de préserver ces sites. Mais nous ne savions pas que cela prendrait tant de temps !", témoigne Laurent...
08/08 - En Finlande, la folle histoire du chasseur d’espions russes qui avait gagné 61 millions d’euros au lotoQuelques millions d’euros pour occuper intelligemment sa retraite. En 2014, Veikko Palko, un talentueux chasseur d’espions finlandais, dont la carrière avait pris fin en 1999, a repris du service en gagnant à l’Eurojackpot. Les 61 millions d'euros remportés grâce à cette loterie européenne lui ont permis de mettre en place un stratagème utile au Supo, le service de renseignement intérieur finlandais. L'occasion de renouer avec sa grande spécialité : la détection d’agents illégaux infiltrés, essentiellement russes.
Jusqu’à son décès en 2024, à 83 ans, Veikko Palko a financé en douce les activités de contre-espionnage de son pays. L’affaire, mise en lumière fin 2025 par le quotidien Helsingin Sanomat, a fait les gros titres des médias finlandais. Une fondation mise sur pied par ses soins distribuait des bourses d’études aux professionnels du renseignement. Une partie de la somme a également été injectée dans l’achat de matériel destiné à des opérations de contre-espionnage.
Un mélange des genres jugé "regrettable" par Juha Martelius, qui dirige aujourd'hui le Supo. Son prédécesseur, Antti Pelttari, a été interpellé par la police dans le cadre d’une vaste enquête criminelle sur ce dossier. Il est soupçonné d’abus de confiance et de haute trahison, en raison de potentielle divulgation de secrets d’Etat... à son mécène Veikko Palko. Ces activités occultes n’ont pas échappé à la vigilance de la Russie, qui avait découvert le pot aux roses. L’histoire ne dit pas si...
08/08 - Immigration : comment la Grèce est devenue l’avant-poste de l’Europe forteresseEn 2015, la photo d’Aylan Kurdi fait le tour du monde. Alors que la guerre civile fait rage en Syrie, le corps sans vie de ce garçon de 3 ans est retrouvé sur une plage de Bodrum, en Turquie, après le naufrage de l'embarcation avec laquelle sa famille tentait de rejoindre l'île grecque de Kos. Cette année-là, plus 800 000 réfugiés et migrants débarquent aux portes de l’Europe et 80 % d'entre eux transitent par la Grèce. "Cette crise a été vécue comme un véritable électrochoc pour l’opinion publique grecque et européenne", rappelle Georgia Dimari, politologue et spécialiste des questions migratoires à l’université de Crète. Par comparaison, l'afflux récent de plus de 60 000 migrants depuis le Maroc vers l’enclave espagnole de Ceuta, qui a coûté la vie à 72 personnes, a suscité un émoi passager.
Dans un pays en pleine crise économique et fragilisé par des années d’austérité, l'approche "humanitaire" défendue à l’époque par le gouvernement de gauche d'Alexis Tsipras et son parti Syriza va se heurter à l'explosion des arrivées par la mer Egée. C’est à Kos que la Grèce installe, dès l’année suivante, l’un de ses cinq "hotspots" (avec Lesbos, Chios, Leros et Samos) financés en grande partie par l'Union européenne. "En théorie, ils devaient permettre d’identifier rapidement les personnes susceptibles d’obtenir l’asile et celles devant être renvoyées. Mais dans la pratique, les migrants ont souvent été confrontés à des délais importants et à une saturation des capacités...
07/08 - "Nous sommes à un point de bascule" : aux Etats-Unis, le débat sur l’avortement se radicaliseAux États-Unis, une victoire peut être nationale et ses conséquences livrées État par État. Depuis 2022, plusieurs États républicains ont presque entièrement supprimé l'accès à l'Interruption volontaire de grossesse (IVG). Cette année-là, la Cour suprême a renversé l'arrêt Roe. v. Wade, qui garantissait depuis 1973 un droit fédéral à l'avortement. Sa remplaçante, la décision Dobbs, a rendu la main aux cinquante États. Sur le papier, les conservateurs venaient d'obtenir leur plus grand succès depuis un demi-siècle. Sur le terrain, quatre ans plus tard, le nombre d'avortements reste pourtant supérieur à celui enregistré avant la chute de Roe. v. Wade.
Entre les deux se trouve une pilule : la mifépristone, médicament anti-hormonal, utilisé pour l'IVG. Elle peut être prescrite à distance, puis envoyée par courrier depuis un État où l'avortement reste autorisé vers un autre qui l'interdit. Le Massachusetts, suivi par sept autres États, a donc adopté, après Dobbs, une "shield law", littéralement une loi-bouclier, qui protège les médecins contre certaines poursuites venues d'autres États. En décembre, près de 15 000 avortements par mois étaient ainsi pratiqués de cette manière.
Mary Ruth Ziegler, professeure de droit et spécialiste de l'histoire de l'avortement aux États-Unis, n'y voit pas exactement une surprise. "Le mouvement anti-avortement était parfaitement conscient des risques posés par les pilules abortives et la télémédecine", explique-t-elle. Ce qu'il avait moins...
07/08 - La CIA de retour à Cuba : la cellule secrète qui veut fragiliser le régime La CIA a mis en place une cellule secrète dédiée à Cuba, a appris le New York Times. Cette structure doit permettre à l’agence de mobiliser plus rapidement des moyens financiers, humains et techniques sur l’île. Le but d'une telle opération ? Diviser la classe dirigeante cubaine et ainsi la pousser vers les changements économiques et politiques qu’ambitionne de voir Donald Trump. Car, aujourd’hui, Washington estime que les leaders cubains entretiennent une ligne anti-américaine trop ferme.
La Maison-Blanche espère ainsi favoriser l’émergence de responsables jugés plus "pragmatiques et plus ouverts à ses demandes", indique le New York Times dans son édition du mercredi 5 août. En outre, et contrairement à la première unité spéciale de la CIA pour Cuba, en 1960, cette cellule secrète aura un mandat plus restreint : pas de partenaires cubains organisés, ni d’autorisation pour des opérations létales. Un mandat qui peut toutefois être modifié et élargi à tout moment par Donald Trump, précise le quotidien new-yorkais.
Déjà activée, la cellule a débuté le recrutement de ses officiers. Ces derniers seront chargés de recruter, à leur tour, les futurs espions mais aussi des analystes du renseignement, des spécialistes des opérations cyber, ainsi que des officiers dédiés aux opérations d’influence. Influencer les dirigeants cubains et l’opinion publique
Cette cellule s’inscrit dans un effort plus large du renseignement américain qui espère développer sa compréhension du terrain...
07/08 - Crise des migrants à Ceuta : l’ultimatum de l’Espagne à l’ItalieLa crise diplomatique entre l'Espagne et l'Italie franchit un nouveau cap. Madrid a menacé, ce vendredi 7 août, d'imposer des mesures de rétorsion aux voyageurs en provenance d'Italie si Rome ne lève pas, d'ici dimanche, les contrôles frontaliers instaurés à l'encontre des arrivées depuis l'Espagne. Une décision prise par le gouvernement italien après l'afflux massif de migrants dans l'enclave espagnole de Ceuta, en Afrique du Nord, qui continue de faire monter la tension entre les deux partenaires européens. Selon les chiffres communiqués, près de 72 000 personnes ont tenté de franchir la frontière entre Ceuta et le Maroc le 30 juillet dernier, et une centaine d'entre elles ont perdu la vie.
Dans un communiqué, le gouvernement espagnol dénonce des mesures italiennes "injustifiées, contraires aux intérêts de l'Union européenne et discriminatoires à l'égard de la population espagnole". Madrid assure que les arguments avancés par Rome sont dénués de fondement. Les autorités espagnoles rappellent qu'aucun des migrants entrés irrégulièrement à Ceuta ne peut accéder librement à l'espace Schengen en raison du statut particulier de l'enclave. Elles ajoutent que la majorité d'entre eux ont déjà quitté Ceuta pour retourner au Maroc. L'exécutif espagnol hausse désormais le ton : "Si ces contrôles ne sont pas levés avant le dimanche 9 août, l'Espagne se verra contrainte d'adopter des mesures proportionnées pour protéger les intérêts et la dignité de ses citoyens", a-t-il prévenu....
07/08 - Des virus créés par l’IA : une avancée porteuse d’espoir qui suscite aussi des inquiétudesC'est une première qui pourrait marquer un tournant dans la biologie de synthèse. Des chercheurs américains sont parvenus à utiliser une intelligence artificielle générative pour concevoir des génomes complets donnant naissance à 16 virus synthétiques capables d'infecter exclusivement des bactéries. Une avancée scientifique majeure, porteuse d'espoirs pour la médecine, mais qui soulève également des interrogations sur les risques de détournement de ces technologies.
Comme l'explique la BBC, c'est la première fois qu'une IA parvient à concevoir un génome complet capable de donner naissance à un virus fonctionnel. Jusqu'à présent, l'intelligence artificielle avait déjà été utilisée pour accélérer la découverte de nouveaux antibiotiques. Mais concevoir un virus viable représente toutefois un défi d'une tout autre ampleur. "Il s'agit d'une nouvelle étape dans le degré de complexité accessible à l'IA générative (…). Nous explorions là un territoire inédit", souligne Brian Hie, professeur adjoint à l'université de Stanford, interrogé par la chaîne britannique.
Les modèles d'IA à l'origine des nouveaux génomes viraux, baptisés Evo1 et Evo2, ont été entraînés à partir de données génétiques provenant de 2 millions de bactériophages. Ces virus infectant uniquement les bactéries, sans infecter les cellules humaines, sont utilisés depuis plusieurs années pour lutter contre certaines infections bactériennes résistantes aux antibiotiques. Concrètement, l'IA a généré des milliers de...
07/08 - Incendies : "Il y a eu un décalage entre les craintes et la réalité des conséquences sur la santé"Les incendies massifs en Gironde et dans les Landes ont suscité d'importantes craintes pour la santé des habitants, au-delà de la seule question des très importantes destructions matérielles. Les données publiées depuis par Santé publique France se sont finalement révélées rassurantes, notamment parce que les évacuations ont permis de limiter l'exposition de la population non seulement aux flammes, mais aussi aux fumées toxiques. Laurent Filleul, responsable de la cellule régionale de Santé publique France en Aquitaine, détaille les constats faits par ses équipes, tout en appelant les habitants qui retournent chez eux à éviter de s'exposer aux poussières toxiques.
L'Express : Les incendies ont suscité d’importantes craintes en matière sanitaire. Mais finalement, les données publiées par Santé publique France se révèlent – heureusement – très rassurantes...
Laurent Filleul : Nous avons réactivé dès l’apparition des premiers feux le dispositif de surveillance qui avait été mis en place dans la région lors des incendies de 2022. Nous nous appuyons sur le suivi de l’ensemble des passages aux urgences et sur l’ensemble de l’activité des associations SOS médecins dans la région. Nous regardons aussi les diagnostics, en nous focalisant sur plusieurs indicateurs qui peuvent être liés aux feux de forêt, avec notamment les crises d’asthme, et d’autres affections respiratoires.
Effectivement, nos données montrent que, globalement, il n’y a pas eu de hausse d’activité. Le nombre de...
07/08 - En Italie, la gauche s’écharpe sur le soutien à l’UkraineAlors que la gauche italienne se prépare pour les élections législatives de 2027, les tensions sur la question ukrainienne, qui l'agitent de longue date, éclatent à nouveau au grand jour. Le chef du Mouvement 5 étoiles (M5S), et ancien président du Conseil, Giuseppe Conte, a réaffirmé cette semaine que son parti ne voterait pas de nouvelles aides militaires à Kiev. Dimanche 2 août, le leader de la deuxième force d'opposition italienne a estimé que la question de la politique étrangère de l'alliance que le M5S forme avec le Parti démocrate (PD) devait se régler "avec les primaires", de façon à laisser "les Italiens décider". Le lendemain, dans un entretien accordé au journal local La Stampa, Giuseppe Conte a précisé sa position. Si le M5S avait précédemment soutenu l'Ukraine, en raison d'un "déséquilibre militaire manifeste par rapport à la Russie", le parti estime aujourd'hui que le pays dispose désormais "d'un arsenal militaire très bien équipé". Aussi, plutôt que de voter en faveur de nouvelles livraisons d'armes, le groupe politique préfère pousser Volodymyr Zelensky et Vladimir Poutine vers la table des négociations.Une "question non négociable"
Des déclarations immédiatement rejetées par le Parti démocrate, première force parlementaire de gauche en Italie. Deux jours après les déclarations de son allié, Lorenzo Guerini, l'un des leaders démocrates et ancienne figure du gouvernement, a averti le chef de file du Mouvement 5 étoiles. "S'il divise notre grande coalition,...
07/08 - Ukraine : quand la guerre sert de terrain d’apprentissage aux cartels colombiensLes cartels colombiens ont manifestement trouvé plus formateur qu’un manuel de drone : plusieurs mois sur le front ukrainien. Selon une enquête du Financial Times, des cartels et groupes armés colombiens cherchent depuis plus d'un an à envoyer des hommes pour se battre en Ukraine afin qu'ils y acquièrent une expérience avancée des drones de combat, avant de rentrer au pays avec ce savoir-faire. Taras Palianytsia, officier du centre de recrutement étranger du ministère ukrainien de la Défense, affirme au quotidien britannique que ces hommes ont été identifiés puis "renvoyés chez eux". Kiev assure filtrer ces profils, mais les candidats reviennent.
Parfois, le tri commence directement dans les rangs. Un volontaire colombien engagé aux côtés de Kiev s'est ainsi aperçu que certains de ses compatriotes venus combattre avaient des liens avec le crime organisé en Colombie. Depuis un an, plusieurs tentatives similaires auraient été détectées avec le même schéma : profiter du recrutement de volontaires étrangers pour faire entrer des hommes déjà aguerris, leur faire acquérir des compétences très spécifiques sur les drones, puis les récupérer une fois formés. Kiev, qui apprécie par ailleurs les combattants colombiens pour leur expérience militaire, doit donc distinguer les volontaires venus se battre de ceux venus surtout apprendre. Le front comme formation
L'Ukraine n'a pas été choisie au hasard. En quatre ans de guerre à grande échelle, l'usage militaire des drones y a évolué à...
07/08 - Une attaque russe contre l’Otan : ce scénario que le renseignement américain n’écarte plusAlors que les combats se poursuivent en Ukraine, les services de renseignement des Etats-Unis revoient leur appréciation de la stratégie de Vladimir Poutine. Selon des responsables américains cités par le Wall Street Journal, Moscou pourrait, dans les prochaines années, chercher à éprouver la solidité de l'Otan en menant une action limitée contre l'un de ses membres. Une hypothèse qui rompt avec l'analyse jusque-là privilégiée à Washington, selon laquelle le président russe éviterait toute confrontation directe avec l'Alliance tant que la guerre en Ukraine durerait.
Les scénarios envisagés ne portent pas sur une invasion d'ampleur, mais sur des opérations plus ciblées : cyberattaques, actes de sabotage ou encore incursion terrestre limitée. Selon ces évaluations, l'une de ces initiatives pourrait intervenir entre cet automne et 2029. L'objectif ne serait pas de déclencher un conflit ouvert avec l'Otan, mais d'en tester la cohésion et, surtout, de mesurer la réaction des États-Unis face à une provocation contre un allié.
De leurs côtés, les États-Unis doivent composer avec l'érosion de certains de leurs stocks de munitions, fortement sollicités par les livraisons à l'Ukraine depuis l'invasion russe, et encore plus depuis le début du conflit avec l'Iran. Les responsables américains évoquent notamment les missiles de frappe de précision à longue portée, les systèmes tactiques ATACMS ou encore les missiles sol-air Stinger. Un récent rapport du Center for Strategic and...
07/08 - Puces électroniques : l’irrésistible ascension chinoise qui fait trembler l’industrieDe Santa Clara, en Californie, berceau de Nvidia, à Eindhoven, aux Pays-Bas, fief du champion européen ASML, en passant par Hsinchu, au nord de Taïwan, où siège TSMC, un vent de panique a soufflé sur les géants mondiaux des semi-conducteurs ces dernières semaines. Le 27 juillet dernier, le fabricant chinois de puces CXMT a réalisé une entrée fracassante à la Bourse de Shanghai en levant 9 milliards de dollars. En une journée, son cours a bondi de près de 500 %. Le même jour, le média américain The Information révélait que la société Shanghai Yuliangsheng allait bientôt être en mesure de produire des machines de lithographie par immersion DUV, technologie de pointe permettant de confectionner des semi-conducteurs avancés. Une chasse gardée quasi exclusive, jusqu'ici, d'ASML. De quoi ébranler les titres des principaux acteurs du secteur : -7 % pour le mastodonte néerlandais, -5 % pour Nvidia, -13 % pour les Sud-Coréens SK Hynix et Samsung...
Il faut dire que la perspective de voir la Chine combler son retard technologique n'a jamais semblé aussi crédible. Longtemps jugée à la traîne dans les semi-conducteurs, elle multiplie désormais les succès. Et semble inarrêtable. Les puces figurent d'ailleurs en bonne place sur la liste des dix secteurs ciblés par le plan quinquennal "Made in China 2025". L'Etat chinois applique en réalité une recette déjà éprouvée dans les batteries et les véhicules électriques, deux industries largement dominées par la deuxième puissance économique...
07/08 - Faux documents et général fantôme : l’incroyable manipulation d’un ex-député roumainIl aura fallu un démenti officiel pour mettre fin à ses affabulations. Le 17 mars, une commission parlementaire chargée du contrôle du renseignement intérieur roumain, le SRI, est venue contredire les propos tenus sur TikTok par le très remuant Cristian Rizea. Cet ancien député social-démocrate, condamné pour corruption en Roumanie avant de s’enfuir en Moldavie, s’en prenait depuis plusieurs semaines aux services de renseignement roumains, en s’efforçant de ternir leur réputation.
A coup de vidéos truffées d’images glanées sur Google mais aussi de faux documents, dont une prétendue lettre d’officiers bricolée à la va-vite, Cristian Rizea insinuait l’existence de groupes d’influence et de réseaux occultes au sein de ces mêmes services et de liens compromettants entre des cadres du SRI, des responsables politiques et des hommes d’affaires. Torse nu, tatouages apparents, le vidéaste en herbe répandait également des rumeurs de trafic de drogue et de toxicomanie au sein du renseignement et du pouvoir roumains. Autant de pseudo-indiscrétions récoltées auprès d’un général, surnommé "Pufi". "Fiction grossière"
Après enquête, la commission a rendu son verdict : le haut gradé n’existe pas et ses prétendues révélations sur la corruption des services secrets roumains relèvent d’une "fiction grossière" et de "scénarios dignes d’une série B". La manœuvre, qui commençait à séduire une audience substantielle sur TikTok, a été qualifiée de "mensonge de l’année" par Evenimentul Zilei,...
06/08 - Xenia Fedorova expulsée de France : la Russie dénonce une "persécution politique"La Russie a attendu huit jours pour répondre à Paris. Une fois lancée, elle n'a pas fait dans le sous-entendu : ce jeudi 6 août, Moscou a condamné la décision française d'expulser Xenia Fedorova, 45 ans, ancienne dirigeante de Russia Today France, devenue chroniqueuse dans plusieurs médias français, notamment sur CNews. Dans un arrêté du ministère de l'Intérieur pris le 29 juillet, Paris l'accuse de diffuser un "discours de désinformation et de déstabilisation" destiné à "manipuler l'opinion publique".
La distinction au cœur du dossier est simple à formuler, beaucoup moins à établir : défendre les positions du Kremlin reste légal ; participer à une stratégie d'influence pilotée depuis Moscou ne relève plus du même registre. Pour Moscou, la France sanctionne une journaliste pour ses opinions : "Nous jugeons inacceptable la persécution des journalistes sous des accusations forgées de toutes pièces et nous la condamnons fermement", a déclaré Alexeï Fadeïev, porte-parole adjoint du ministère russe des Affaires étrangères."Un acte de représailles contre une journaliste insoumise"
Celui-ci reproche aux autorités françaises de ranger trop facilement sous l'étiquette de propagande russe les discours qui s'écartent de leur ligne : "L'expulsion de Xenia Fedorova, un acte de représailles contre une journaliste insoumise, n'est pas une surprise pour nous. Nous observons de longue date les actions des autorités françaises, qui attribuent de manière obsessionnelle chaque problème dans...
06/08 - Guerre en Iran : la pénurie de missiles américains fissure le tandem Donald Trump - Pete HegsethLa guerre en Iran fait apparaître une nouvelle ligne de fracture au sein de l'administration Trump. Selon des informations du Washington Post, le président américain aurait vivement interpellé son secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, lors d'une réunion à Camp David, après avoir découvert que les stocks de munitions américaines étaient plus faibles que prévu. Donald Trump se serait emporté contre l'ancien présentateur de Fox News, et aurait affirmé qu'il pensait que le problème avait été "réglé", alors que ces pénuries continuent de limiter les options militaires des États-Unis.
L'échange, rapporté par deux personnes informées de la conversation au Washington Post, s'est déroulé en marge d'une réunion du cabinet organisée vendredi 31 juillet à Camp David. Le président aurait demandé des explications sur une situation qui, selon lui, lui aurait été présentée de manière incomplète. Au cœur de la discussion : l'état des réserves américaines de missiles, notamment les armes guidées à longue portée et les systèmes destinés à la défense aérienne.
Cette question des stocks serait devenue un élément central des choix militaires de Washington. Les pénuries de certaines munitions expliqueraient en partie pourquoi Donald Trump aurait renoncé ces derniers jours à de nouvelles frappes massives contre l'Iran. Le président a ainsi affirmé avoir ordonné puis annulé "la plus grande attaque depuis la Seconde Guerre mondiale", selon lui dans l'attente de nouvelles négociations sur le...
06/08 - Élections en Allemagne : la nouvelle offensive de désinformation russeDepuis juin, les services de sécurité allemands constatent une forte hausse des contenus de désinformation à l'approche des élections régionales du 6 septembre en Saxe-Anhalt, dans l'est du pays. L'opération, baptisée "Matriohchka" par les spécialistes qui la suivent, cible les adversaires de l'Alternative fur Deutschland (AfD), parti d'extrême droite en tête dans les sondages. Mais les faux contenus ont une particularité assez facile à repérer : ils sont, comme le rapporte le Financial Times, presque tous en anglais.
La langue seule résume le changement de méthode : jusqu'ici, les opérations russes soupçonnées de chercher à peser sur la politique allemande s'adressaient surtout aux Allemands. Cette fois, les autorités estiment que les auteurs cherchent d'abord à convaincre des utilisateurs américains de X, notamment dans les milieux proches de Maga et plus largement à droite. L'idée derrière cette nouvelle stratégie : publier un faux contenu sur l'Allemagne, le faire circuler aux États-Unis, puis attendre qu'il soit repris suffisamment pour revenir dans le débat allemand.Les codes visuels de médias reconnus
Le matériel, lui, soigne la présentation : plus d'une centaine de vidéos ont été recensées par les autorités allemandes. Elles reprennent les logos, les codes visuels et la présentation de médias reconnus, notamment la BBC ou la chaîne publique allemande ARD. Seul problème : ces médias ne sont bien sûr pas à l'origine de ces contenus. Les vidéos diffusent de fausses...
06/08 - Liens avec la mafia, voiture de sport, tatouage du Parrain : le maître espion slovaque qui consterne l’EuropeLe maître espion conduisait en tongs. L'image a consterné la classe politique : Pavol Gaspar, le patron du Service d'information slovaque (SIS), à côté d'une voiture de sport jaune canari garée en travers d'une route de campagne. Ce 30 août 2025, le trentenaire vient d'entrer en collision avec un autre véhicule près de Nitra, à l'ouest du pays. L'accident a dévoilé l'existence de sa Dodge Challenger SRT Hellcat, jusqu'ici absente de sa déclaration de patrimoine. Une voiture achetée "il y a plus de cinq ans", "coûtant moins qu'une Skoda Superb", affirme-t-il sur Facebook, ironisant : "Gagner de l'argent signifie aller à un travail pour lequel on est payé."
Sur le réseau social, Gaspar prend régulièrement à partie des personnalités, critique la presse et tourne en dérision ses détracteurs. "Je comprends la panique des députés de l'opposition, mais je ne vais pas la commenter", s'amuse-t-il le 26 août 2024, lors de sa nomination. "Sa communication est plus celle d'un politicien que d'un chef du renseignement", s'indigne Maria Kolikova, députée du parti Liberté et solidarité, ministre de la Justice de 2020 à 2022. S'il exaspère l'opposition, Gaspar bénéficie du soutien sans faille du Smer, le parti au pouvoir. Les vieux fantômes de la Slovaquie
Pour diriger le service secret, l'homme a plus qu'un CV. Il a un lien de parenté et une photo. Gaspar fils s'y affiche avec Gaspar père, et exhibe ses tatouages. Sur l'avant-bras droit, le visage de Tom Hagen, le consigliere dans Le...
06/08 - Présidentielle 2027 : le double jeu de Jean-Luc Mélenchon avec ses anciens alliésClémentine Autain l’admet, ironique. Ses camarades d’antan n’ont pas encore "retrouvé" son numéro de téléphone. Dans les colonnes de Libération en juillet dernier, la députée de Seine-Saint-Denis avait pourtant tendu la main à Jean-Luc Mélenchon. "On ne fait pas de la politique avec des haines cuites et recuites", disait l’ex-insoumise. Depuis l’échec de la primaire unitaire, les mélenchonistes d’hier, malmenés ou purgés par le mouvement, ont bien compris qu’il allait être difficile de compter sur les socialistes pour accoucher d’une candidature fédératrice à gauche.
"S’ils veulent revenir vers nous, les traîtres feront un tweet de soutien et puis c’est tout", balaye, peu miséricordieux, un stratège de LFI. Enfin… "On ne fait pas de la politique avec de la rancœur", a toutefois glissé Jean-Luc Mélenchon à l’un de ses députés. Une façon de répéter, comme il l’avait exprimé au moment du Nouveau Front populaire, en 2024, que viendra le moment de "jeter les rancunes à la rivière". Mais Clémentine Autain connaît son ancienne maison. "Ce n’est pas en affirmant 'ici est la force, vous avez compris ?' ou en posant des ultimatums qu’il va emmener les partenaires dont il a besoin (...) S’il veut gagner, Jean-Luc Mélenchon a besoin d’alliés, pas de ralliés", prévient-elle dans l’entretien. Bref, la députée attend toujours son coup de fil."Votre rôle est achevé à mes yeux"
Mais l’accalmie a fini par gagner les réseaux sociaux, cet été. Ce haut lieu d’expression de la discorde à...
06/08 - Etats-Unis : pourquoi Washington menace de bloquer la nomination du futur ambassadeur françaisCe qui devait être une simple formalité diplomatique pourrait finalement se transformer en nouvel épisode des tensions franco-américaines. Washington envisage de retarder, voire d'empêcher, la validation de la nomination d'Aurélien Lechevallier au poste d'ambassadeur de France aux États-Unis. En cause, selon deux sources citées par Reuters, le mécontentement de l'administration Trump après plusieurs prises de position françaises sur la question des droits de l'homme à l'ONU. À Paris, l'objectif était d'installer le diplomate à Washington d'ici le mois de septembre. Rien n'est encore tranché, mais le calendrier apparaît désormais incertain, la procédure de nomination d'un ambassadeur étant soumise à l'agrément du pays d'accueil.
L'origine de cette crispation remonte à une brouille survenue à l'ONU. Le 24 juillet dernier, la mission française auprès des Nations unies à Genève a vivement critiqué, sur le réseau social X, le vote américain contre la reconduction de Volker Turk à la tête du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme. Washington s'était alors retrouvé aux côtés de la Russie, de la Corée du Nord et de quelques autres États pour s'opposer à la prolongation du mandat du haut-commissaire. Le message français n'a pas laissé place à l'ambiguïté. "Les États-Unis étaient autrefois un modèle en matière de droits de l'homme. Ce n'est plus le cas. Et le monde ne les écoute plus", écrivait la représentation française. Selon Reuters, cette publication n'avait...
06/08 - Guerre en Ukraine : Vladimir Poutine remanie son commandement militaireÀ Moscou, la rentrée a commencé un peu plus tôt pour les généraux. Mercredi 5 août, Vladimir Poutine a annoncé plusieurs changements importants dans le commandement de son armée en Ukraine : nouveaux responsables sur le front, nouveau patron pour les drones et réorganisation de la logistique. Le calendrier constitue un début d'explication : après plus de quatre ans de guerre, la Russie continue de gagner du terrain, mais moins vite qu’auparavant. Cet été, ses avancées comptent parmi les plus faibles enregistrées depuis le début de l’invasion, tandis que l’armée ukrainienne mène des contre-attaques sur plusieurs secteurs.
Pas question pour autant de reconnaître publiquement une mauvaise passe. Entouré du ministre de la Défense Andreï Beloousov et du chef d’état-major Valeri Guerassimov, Vladimir Poutine a présenté ces changements comme une simple "adaptation" de l’armée aux besoins de la guerre. Pas de reproches aux généraux concernés, pas de grand ménage annoncé : le Kremlin change les hommes tout en conservant le même discours. Mutation ou promotion ?
Le remaniement touche d’abord l’un des postes les plus sensibles du front. Le général Andreï Ivanayev prend la tête du groupe "Centre", chargé d’une partie des opérations les plus importantes dans la région de Donetsk. Il remplace Valeri Solodchuk, dont les troupes se sont approchées de Sloviansk et Kramatorsk sans parvenir à percer les défenses ukrainiennes. Poutine a lui-même reconnu que le choix du nouveau commandant...
06/08 - Détroit d’Ormuz : ce que l’on sait de l’accord en préparation entre l’Iran et Oman"À l'image des vents changeants, les projets concernant l'avenir du détroit d'Ormuz évoluent presque quotidiennement", résume CNN. Alors que Donald Trump assure qu'un accord avec la République islamique pourrait être conclu "demain ou après-demain", les négociations entre l'Iran et Oman semblent avoir franchi une nouvelle étape. Téhéran a annoncé ce mercredi 5 août être parvenu avec Mascate à un accord sur les coordonnées géographiques d'une nouvelle voie de navigation traversant le détroit d'Ormuz. Une déclaration conjointe est désormais en cours de finalisation, à condition, prévient l'Iran, qu'aucune "tierce partie" ne vienne entraver le processus.
Le projet, détaillé notamment par le Wall Street Journal, prévoit de redessiner les voies de circulation dans ce passage stratégique. Les deux parties se seraient entendues sur la création d'une voie d'entrée située à proximité des côtes iraniennes et d'une voie de sortie longeant Oman. Plus largement, les discussions portent sur la fusion des itinéraires actuels en un corridor bidirectionnel, destiné à répondre aux intérêts des deux États riverains. Les principaux éléments de ce projet auraient déjà été transmis aux États-Unis, aux pays de la région ainsi qu'aux plus hautes autorités iraniennes, dont l'approbation reste attendue.
Au-delà du tracé, l'enjeu est éminemment politique. Selon plusieurs sources citées par Reuters et le Wall Street Journal, le texte accorderait à Téhéran un droit de regard sur les navires entrant...
06/08 - Routes, trains, réseau électrique : l’Allemagne, ce gigantesque chantier à ciel ouvertLe "miracle de Noël" ! C’est ainsi que la presse allemande a qualifié la réouverture à la circulation, le 22 décembre 2025, du pont de Rahmede, ouvrage perché à 70 mètres de hauteur sur l’A45, l’un des axes routiers majeurs du nord de l’Allemagne. L’événement fut retransmis au JT de 20 heures avec des images de chauffeurs de poids lourds klaxonnant de joie en passant sur l’ouvrage d’art, béni par un prêtre et célébré par les élus chantant l’hymne national à tue-tête.
Ce fut surtout un soulagement. Ce viaduc autoroutier construit en 1968 avait été fermé le 2 décembre 2021 à cause d’un risque d’effondrement. "Cela aurait pu très mal finir", explique Sebastian Wagemeyer, maire de Lüdenscheid, commune située en contrebas. Seul souci : prévenu au dernier moment, l’édile n’a pas pu se préparer. Du jour au lendemain, sa commune est asphyxiée par le passage quotidien de 20 000 véhicules et 6 000 poids lourds.
Un cauchemar de quatre ans, durant lesquels le pont de Rahmede est devenu le symbole d’une Allemagne punie par sa discipline budgétaire rigide. "Au lieu de prendre un crédit pour réparer le toit de la maison, nous avons préféré faire des économies. Résultat, nous avons maintenant de l’eau jusque dans la cave ! Nous sommes le seul pays industrialisé du G7 à avoir fait ce choix", déplorait à l’époque Yasmin Fahimi, présidente de la Confédération des syndicats allemands, qui réclamait plus de souplesse pour les dépenses publiques.
Aujourd’hui, le pont tout neuf de Rahmede...
06/08 - Crise des migrants : le modèle albanais de Giorgia Meloni sous le feu des critiquesLa crise de Ceuta est une aubaine pour le gouvernement italien. Il cherche à s'en saisir pour changer le paradigme européen de la gestion des flux migratoires. Giorgia Meloni entend ainsi convaincre ses partenaires d’abandonner la logique d’accueil et de répartition interne des migrants pour lui substituer celle de leur externalisation.
La doctrine migratoire de la Première ministre italienne repose sur l’accord signé en 2023 avec l’Albanie et ratifié en 2024. Deux centres de rétention et de traitement des demandes d'asile sous juridiction italienne ont été construits sur les sites de Shëngjin et de Gjadër. Ils devaient accueillir jusqu'à 36 000 migrants chaque année. Seulement quelques centaines y ont pour l’instant transité. Alors que Giorgia Meloni vante un "modèle novateur et précurseur pour toute l'Europe", la presse transalpine presque unanime a conclu à un véritable fiasco. Un rapport coût-efficacité médiocre
Avant même d’ouvrir leurs portes, ces centres ont été fustigés pour leur coût. La facture totale de l'opération est estimée à 670 millions d’euros, soit environ 160 millions d'euros par an pendant cinq ans, entièrement financés par l’Italie. L’opposition au gouvernement Meloni s’est empressée de dénoncer une véritable gabegie en période de restrictions budgétaires. La construction de chaque place dans les centres albanais coûte plus de 153 000 euros aux contribuables italiens contre environ 21 000 euros pour des installations similaires en Sicile. Le rapport...
06/08 - Adhésion de l’Ukraine à l’Otan : "Valeri Zaloujny fait un constat réaliste à un instant T"À Kiev, Valeri Zaloujny a livré lundi 3 août une lecture peu optimiste de l'avenir de l’Ukraine dans l'Otan : selon lui, son adhésion n'aura tout simplement "jamais" lieu. Ancien commandant en chef des forces ukrainiennes, aujourd'hui ambassadeur à Londres, il juge l'Alliance trop lente à évoluer et appelle Kiev à chercher d'autres garanties de sécurité, notamment européennes. Une prise de position qui tranche avec l'objectif toujours inscrit dans la Constitution ukrainienne.
Pour Camille Grand, ancien secrétaire général adjoint de l'Otan et chercheur au Conseil européen pour les relations internationales, la déclaration de Valeri Zaloujny mérite surtout qu'on regarde ce qu'elle dit du moment politique. Simple accès de réalisme, ou signe que l'adhésion ukrainienne à l'Alliance est en train de devenir un objectif de plus en plus théorique ? Entretien.
L'Express : Valeri Zaloujny affirme que l'Ukraine "n'adhérera jamais" à l'Otan. Est-ce réellement devenu impossible ?
Camille Grand : Aujourd'hui, à court terme, oui. Les États-Unis sont contre et, pour tout élargissement de l'Otan, il faut l'unanimité des membres. D'ailleurs, lorsque Volodymyr Zelensky était à Washington, il n'a pas particulièrement ouvert ce dossier. Les réserves américaines sont très politiques. Donald Trump a toujours été sceptique sur l'Otan et sur son élargissement. Il adhère plutôt au narratif russe selon lequel l'élargissement de l'Alliance crée davantage d'instabilité et il ne veut évidemment pas...
05/08 - Erik Akerboom, ex-patron des services secrets néerlandais : "Moscou et Pékin détestent nous voir coopérer"Le service de renseignement des Pays-Bas est devenu l'un des plus respectés du continent. Le verdict est quasiment unanime : pour un pays de 18 millions d'habitants, l'Algemene Inlichtingen-en Veiligheidsdienst (AIVD) "boxe dans une catégorie supérieure à la sienne", ont affirmé plusieurs dirigeants de premier plan à L'Express. Reconnus notamment pour leur expertise cyber, les Néerlandais sont un partenaire recherché. Jusqu'à récemment très liés à la CIA, La Haye a surpris en annonçant, en octobre, une réduction du partage de renseignements avec Washington. Son directeur sortant, Erik Akerboom, s'exprime pour la première fois depuis son départ, en mars.
L'Express : Le conflit en Ukraine a-t-il reconfiguré les priorités des services secrets européens depuis 2022 ?
Erik Akerboom : Oui, mais avec des conséquences différentes selon les pays. Lors de mes six dernières années à la tête de l'AIVD, nous avons vu monter simultanément le Moyen-Orient, la Chine, la Russie. Mais aussi des opérations cyber de plus en plus agressives, et des enjeux plus domestiques, comme le crime organisé, facteur de déstabilisation de notre société. Les services de renseignement sont confrontés à une multiplication des priorités. Avant la guerre en Ukraine, nous avons eu la chance d'avoir anticipé en créant une "Russia House", une structure civilo-militaire qui agrège toutes les données et sujets liés à la Russie. Ce n'est pas anodin : le pire scénario serait que les batailles internes sur "qui gère...
05/08 - Allemagne : un drone équipé d’un engin explosif découvert à l’aéroport stratégique de LeipzigUn drone équipé d’un "engin explosif" a été découvert près d’une piste de l'aéroport de Leipzig-Halle, en Allemagne, ont annoncé, ce mercredi 5 août, les autorités. Berlin a ouvert une enquête antiterroriste après que l’objet a été découvert par un employé de l’aéroport à proximité de la piste sud. Alertée, la police a dépêché sur place un robot de déminage afin d’examiner l’appareil. Les spécialistes ont ensuite retiré le détonateur du dispositif. Le ministre de l'Intérieur, Alexander Dobrindt, a convoqué une réunion d'urgence avec les chefs des services de sécurité allemands ce mercredi soir.
L’incident a entraîné d’importantes perturbations du trafic aérien. Les vols ont été suspendus et plusieurs appareils, dont certains appartenant à la société de logistique allemande DHL, ont été déroutés. Le parquet a confié les investigations au service chargé de l'extrémisme (ZESA) ainsi qu’à des enquêteurs de l'unité antiterroriste régionale, après qu’il a été établi que le drone transportait un engin explosif.
Des photographies prises sur place montrent des techniciens de la police et un robot de déminage intervenant à proximité d’un avion ukrainien. L’aéroport de Leipzig-Halle constitue un important hub de fret aérien et une plateforme logistique clé pour l’Otan ainsi que pour l’acheminement de marchandises vers l’Ukraine. Des avions de transport ukrainiens de la compagnie Antonov Airlines y sont notamment stationnés.
Selon le quotidien allemand Bild, le drone a justement...
05/08 - Crise migratoire : le deux poids, deux mesures du RN envers ses voisins européensAu Rassemblement national, on a la réaction à géométrie variable en matière migratoire. Il y a quelques jours, la crise qui secouait l’enclave espagnole de Ceuta en Afrique du Nord, avec un afflux de plusieurs dizaines de milliers de migrants en quelques heures, a poussé les dirigeants frontistes à sortir de leur réserve estivale pour pointer du doigt le dirigeant socialiste Pedro Sanchez. Sur son compte X (ex-Twitter), Marine Le Pen a critiqué le gouvernement espagnol qui "encouragerait" ces entrées illégales tout en ajoutant : "La France doit sans délai renforcer les contrôles à ses frontières. Et en 2028, nous stopperons cette folie en réservant la libre circulation Schengen aux nationaux de l’UE".
Jordan Bardella, quant à lui, adressait un courrier à la présidente du Parlement européen Roberta Metsola, pour demander la tenue d’une session plénière extraordinaire pour évoquer la question des frontières. "Nos nations et nos peuples n'ont pas à subir les conséquences de la complicité passive du gouvernement socialiste espagnol face à ce qui relève d'une véritable invasion migratoire coordonnée du territoire européen", a-t-il déclaré sur X, sans préciser que l’enclave espagnole ne fait pas partie de l’espace Schengen.
"Qui peut croire qu’aucune de ces personnes qui ont violé une frontière ne se retrouvera pas en France ?", réagissait, mardi 4 août, au micro de France inter, la députée RN de Gironde Edwige Diaz. Au RN, l’épisode permet surtout de dénoncer la politique...
05/08 - Guerre entre les Etats-Unis et l’Iran : ces milliards de dollars engrangés par les géants du pétroleLa guerre entre les États-Unis et l'Iran a fait des gagnants : les grandes compagnies pétrolières. Alors que la flambée des cours de l'énergie pèse sur les consommateurs, les mastodontes du secteur voient leurs bénéfices s'envoler. Une situation que Donald Trump n'observe pas d'un bon œil : "Ils gagnent trop d'argent", a lancé depuis le bureau Ovale, lundi 3 août, le président américain. Les profits records des compagnies pétrolières sont devenus la dernière cible de son courroux. "Cela ne me plaît pas. Et je suis pourtant le dernier à devoir dire une chose pareille, car je suis un fervent partisan de la libre entreprise", a-t-il fustigé devant des journalistes.
Car les gains sont colossaux : une analyse du Guardian révèle que les huit producteurs pétroliers cotés en Bourse — Aramco, BP, Shell, Equinor, TotalEnergies, Eni, Chevron et ExxonMobil — ont engrangé près de 93 milliards de dollars de bénéfices au cours du trimestre achevé fin juin. C'est presque le double de leurs bénéfices cumulés sur la même période l'année précédente, qui s'élevaient à un peu moins de 50 milliards de dollars.
Pour Donald Trump, ces profits énormes ont des airs de "casse-tête politique", comme le relève CNN. À trois mois des élections de mi-mandat, la hausse des prix de l'énergie menace de ternir son bilan économique. Sa guerre contre l'Iran a contribué à faire grimper les cours mondiaux du pétrole, avec des conséquences directes pour les consommateurs américains. Pendant que les ménages...
05/08 - Sécheresse en Europe : le mauvais été des centrales nucléairesLes petits ruisseaux font les grandes rivières, encore faut-il qu'ils ne soient pas à sec : en Hongrie, trois des quatre turbines de la centrale nucléaire de ville de Paks sont à l'arrêt, faute d'une quantité d'eau suffisante pour alimenter les circuits de refroidissement ; en Serbie, deux grandes centrales hydroélectriques ne produisent plus qu'à 20 % et 30 % de leurs capacités ; en Slovénie, la centrale nucléaire de Krsko va réduire sa production à 80 % de sa capacité. Même semaine, même problème : le Danube et ses affluents manquent d'eau, alors que les températures dépassent les 40 °C et que les climatiseurs réclament précisément davantage d'électricité.
Face à la crise, les soirées hongroises ont commencé à s'organiser autrement : entre 17 heures et 22 heures, le fret ferroviaire est suspendu, plusieurs monuments restent éteints et entreprises comme ménages sont appelés à réduire leur consommation. Les importations d'électricité, elles, augmentent. "Des jours plus critiques nous attendent", a prévenu le Premier ministre Péter Magyar ce mercredi, alors que le pic de chaleur n’est pas encore passé.
Pour Paul Dorfman, président du Nuclear Consulting Group, interrogé par L'Express, personne ne peut vraiment plaider la surprise : "Ce qui se passe sur le Danube cette semaine est une vulnérabilité parfaitement connue, sans l'ombre d'un doute. Des gens comme moi alertent là-dessus depuis des décennies." Le spécialiste cite "la Loire, la Meuse, la Garonne, le Rhin, le...
05/08 - Guerre en Ukraine : Kiev frappe sans relâche Wildberries, "l’Amazon russe"La guerre s’installe sur le territoire russe. Un entrepôt de Wildberries, le principal détaillant en ligne de Russie, a pris feu ce mercredi 5 août dans la région de Toula après une attaque de drone ukrainien, selon le gouverneur régional Dmitri Miliaïev. La frappe a fait un blessé et provoqué des dégâts sur plusieurs infrastructures. Deux sites industriels situés dans les secteurs de Novomoskovsk et d’Ouzlovaïa ainsi que deux immeubles résidentiels ont également été touchés.
Wildberries a confirmé l’attaque sur son site logistique, indiquant avoir évacué ses employés et réorganisé ses flux de livraison. L’entreprise, souvent présentée comme l’équivalent russe d’Amazon, est devenue ces dernières semaines une cible privilégiée des drones ukrainiens. Depuis le 18 juillet, près d’une vingtaine de ses sites auraient été visés, selon les autorités et les informations disponibles.
Ces frappes illustrent une nouvelle étape dans la stratégie ukrainienne : frapper des infrastructures situées loin de la ligne de front afin de faire ressentir directement les conséquences de la guerre à la population russe. Les entrepôts de Wildberries, qui traitent 20 millions de commandes chaque jour grâce à un vaste réseau logistique, représentent une cible symbolique autant que matérielle. Comme le rappelait L'Express il y a quelques jours, la dirigeante de l'entreprise, Tatiana Kim, femme la plus riche de Russie, est une alliée incontournable de Vladimir Poutine, d'autant que Wildberries joue...
05/08 - "L’Europe a besoin du Maroc pour contrôler sa frontière sud" : l’analyse de Nando SigonaIls ont voulu resserrer les rangs après s'être déchirés sur la crise migratoire de Ceuta. Quelques heures après la réunion en visioconférence de ses ministres de l'Intérieur, l'Union européenne s'est déclarée le 4 août "pleinement solidaire" de l'Espagne. Pour le commissaire européen aux Migrations Magnus Brunner, cet épisode, qui a vu l'arrivée de près de 70 000 ressortissants marocains en l'espace de quelques heures au sein de l'enclave espagnole, était un "test pour notre résilience européenne". Une réunion convoquée à l'initiative de l'Italie lors de laquelle les ministres ont appelé à des mesures plus fermes contre les réseaux de passeurs de migrants, à des procédures de retour plus efficaces et à une coopération plus étroite avec les pays hors de l'Union.
Mais pour Nando Sigona, directeur de l'Institute for Research into International Migration and Superdiversity (IRIS) de l'université Birmingham et chercheur associé au Refugee Studies Centre d'Oxford, les agissements des réseaux de passeurs ne peuvent expliquer qu'en partie ce drame qui a fait au moins 77 morts, selon Madrid. D'après ce spécialiste qui étudie depuis plus de vingt ans les crises frontalières en Méditerranée, l'afflux massif de migrants à Ceuta relève aussi d'un signal politique envoyé par Rabat, sur fond de rapprochement contesté entre Pedro Sanchez et l'Algérie et d'une proximité entre le roi Mohammed VI et Donald Trump. Entretien.
L'Express : Les autorités espagnoles ont attribué l’ampleur de la...
05/08 - "Ce n’est jamais neutre" : ce que révèle votre façon de conclure un mail professionnel"Chère Madame". "Monsieur le directeur", "Bonjour" ... Loin d'être anodins, ces usages sont ancrés dans nos mémoires conversationnelles écrites collectives, déclinées aujourd’hui par mail. "Les formules de politesse ne servent pas seulement à être gentil : elles permettent de régler la distance entre deux personnes, de montrer du respect, de reconnaître une hiérarchie ou, au contraire, de créer une proximité", explique Noël Wolf, linguiste et experte culturelle chez Babbel, plateforme d'apprentissage des langues étrangères en ligne. Reste une question : comment bien conclure un message ?
Avec un prospect, un client que l’on connaît peu ou lors d’un premier contact, mieux vaut privilégier le vouvoiement et une formule sobre, comme "Cordialement" ou "Bien cordialement", conseille-t-elle. Avec un collègue proche ou un interlocuteur régulier, on peut alléger : "Bonne journée", "A bientôt" ou "A très vite". La concision n’est pas impolie en soi : "lorsque la relation est établie, elle peut au contraire signaler une forme de confiance".
"On imagine souvent qu’il existe une seule bonne formule, alors qu’en réalité, il s’agit plutôt d’un curseur à ajuster en fonction de la proximité avec son interlocuteur, du contexte et des usages de l’entreprise", nuance toutefois la représentante de Babbel. Par exemple, "commencer par "Madame" et terminer par "A bientôt" peut créer un léger décalage", avertit-elle."Le mail pro n'est jamais neutre"
La formule de conclusion peut,...
05/08 - "Il y a des abus" : à l’approche du budget 2027, l’épineux bilan des dispositifs contre l’apnée du sommeilLes personnes souffrant de fatigue chronique ont pendant longtemps été considérées comme de simples curiosités de la nature. Des laissés-pour-compte du droit au repos, condamnés à vivre avec des poches sous les yeux et avec pour seule prise en charge, de doucereuses tapes dans le dos. En l’absence d’explication sur ce qui perturbait leurs nuits, les rares patients qui osaient parler de leurs torpeurs matinales étaient au mieux accueillis avec des sédatifs, au pire accusés de paresse ou redirigés vers l’asile. La somnolence, les problèmes de mémoire et les maux de tête qu’ils ressentaient étaient relégués à des humeurs passagères.
Dans les années 1960, un médecin du nom d'Henri Gastaut fait une découverte cruciale : parmi ses patients mal aimés de Morphée, certains se tordent et grimacent pendant la nuit, privés d’air. C’est à lui que l’on doit le terme "d’apnée du sommeil", du nom de ces brusques et courtes interruptions de la respiration, caractéristiques des malades. En 1976, un "syndrome d'apnées obstructives du sommeil (SAOS)" commence petit à petit à trouver ses lettres de noblesse, et bientôt les médecins comprennent que la maladie, bien qu’associée à l'obésité, est principalement due à une compression involontaire de la gorge.
La véritable révolution est à venir : en 1981, un inventeur australien nommé Colin Sullivan met sur pied un masque souple qui, relié à un tube et à une pompe diffuse de l’air dans la bouche et les narines des malades, oxygénant les...
05/08 - "Ils ont été affaiblis" : chez les espions polonais, népotisme et menace russe1990. Alors que les États-Unis s’efforcent de constituer une coalition pour répondre à l’invasion du Koweït par Saddam Hussein, six officiers américains se retrouvent piégés en Irak. Tous sont en possession d'informations qui pourraient faire échouer l’opération "Tempête du désert". La CIA sollicite l’aide de la Pologne, pourtant adversaire de la guerre froide. Le pays est réputé pour l’excellence de ses espions. L’un d’entre eux est dépêché sur place pour secourir les six Américains.
C'est l'une des nombreuses anecdotes détaillées par John Pomfret dans son livre de 2021, From Warsaw with love, pour illustrer l’alliance américano-polonaise en matière de renseignement, de la guerre froide au milieu des années 2000. Le journaliste et ancien contributeur du Washington Post dépeint des espions polonais prêts à tout pour satisfaire leur allié outre-Atlantique. La fiabilité déclinante de l’administration Trump n’y a rien changé, ou presque.
Le directeur de la CIA, John Ratcliffe, était au mois de janvier en déplacement à Varsovie pour échanger avec le ministre de la défense polonais, en pleine reprise des tensions sur le flanc est de l’Otan.
"Les services polonais sont très pro anglo-saxons et conduisent des opérations à leur demande, parfois en dehors de leurs priorités habituelles, notamment le nucléaire iranien", explique Cyril Gelibter, docteur en histoire du renseignement. En 2002, l'espionnage polonais met à la disposition de la CIA une villa au nord du pays,...
05/08 - Liban : la mystérieuse intermédiaire derrière les explosions de bipeurs du HezbollahLes espions font souvent basculer l’Histoire. Dans l’ombre, depuis des siècles et partout sur la planète, certaines opérations ont défini le monde tel que nous le connaissons. Vous écoutez "Nid d’espions", le podcast de L’Express consacré au renseignement. Tous les mercredis, Charlotte Baris, accompagnée d'Etienne Girard, directeur adjoint de la rédaction et spécialiste des questions d’espionnage, ouvre un dossier secret-défense, dans lequel le rôle des espions a tout changé.
Il est 15h30 au Liban, ce mardi 17 septembre 2024. A la caisse d’une boutique, dans la rue, sur le marché, dans des appartements : au même moment, des milliers de bipeurs explosent à travers tout le pays. La panique règne et les hôpitaux sont rapidement surchargés. Les blessés qui affluent sont principalement touchés aux mains, au ventre ou en haut de la cuisse.
Le bilan est lourd : 12 morts, dont deux enfants, et 2 750 blessés. Les victimes appartiennent en majorité au Hezbollah, une organisation politique et paramilitaire chiite libanaise.
Très vite, les cadres du mouvement accusent Israël. Car l’Etat hébreu est de longue date en guerre contre le Hezbollah, et le conflit s’est accentué depuis les attaques du 7 octobre perpétrées par le Hamas, allié de l’organisation libanaise. Une organisation qui communique désormais essentiellement par bipeurs, jugés plus sûrs et plus difficiles à pirater que les téléphones.
Quelques semaines plus tard, en novembre, Israël reconnaît avoir autorisé l’attaque,...
04/08 - Liban : six ans après l’explosion du port de Beyrouth, l’espoir que la justice avance enfinSix ans après l'explosion meurtrière du port de Beyrouth, le Liban commémore, ce mardi 4 août, une tragédie qui continue de hanter le pays. Alors que les proches des victimes réclament toujours justice, les récents développements de l'enquête ravivent l'espoir de voir enfin les responsabilités établies.
Le 4 août 2020, une gigantesque explosion ravage le port de la capitale libanaise et détruit de vastes quartiers de la capitale. Plus de 235 personnes sont tuées, plus de 6 500 autres blessées. Selon les éléments de l'enquête, la catastrophe aurait été provoquée par la combustion de centaines de tonnes de nitrate d'ammonium stockées dans le port. Depuis, les investigations chargées de déterminer les circonstances de la présence de ces produits chimiques et d'établir les éventuelles responsabilités se sont heurtées à de nombreux blocages. Pendant des années, des responsables judiciaires et d'anciens ministres ont multiplié les recours contre les magistrats en charge du dossier, paralysant de fait la procédure sous l'effet d'ingérences politiques.
Pour les familles des victimes, l'attente est devenue insupportable. "Dans des pays normaux, nous en aurions fini depuis longtemps et nous serions passés à une autre étape de nos vies, avec le droit de faire notre deuil", déplore auprès de Reuters Paul Naggear, dont la fille Alexandra, âgée de trois ans, a péri dans l'explosion. "Tant qu'il n'y a pas de justice, sa vie n'a aucune valeur", ajoute-t-il. Joseph Aoun réclame l'acte...
04/08 - Espionnage, sabotages, assassinats : la carte des actions russes en Europe depuis 2022Des espions, mais pas que. Dès l’invasion de l’Ukraine, le 24 février 2022, Poutine comprend que la victoire se joue aussi plus à l’Ouest. Alors il lance ses services secrets à l’assaut de l’Europe. Des tueurs sont envoyés assassiner les opposants, des saboteurs mènent des opérations terroristes. La "guerre hybride" prend également une forme plus sournoise. Campagnes TikTok, faux tags, influenceurs payés… Partout sur le Vieux Continent, des cellules du renseignement militaire (GRU) tentent d’influencer le débat public.
D'autres exemples d'actes de déstabilisation, pas mentionnés sur la carte ci-dessus, ont eu lieu en Europe depuis 2022. En voici la liste :Assassinats :
Allemagne – mai 2024 : les Etats-Unis informent Berlin du projet russe de tuer Armin Papperger, PDG de Rheinmetall.Ingérences :
Pologne – 6 mai 2024 : le juge Tomasz Szmydt, chargé des habilitations secret-défense, fuit en Biélorussie. Il ouvre un compte Telegram de propagande pro-russe.
Roumanie – 24 novembre 2024 : la Russie déstabilise la présidentielle roumaine, via la propagande en ligne, notamment sur Tik Tok.
Hongrie – 21 mars 2026 : le ministre des Affaires étrangères hongrois rapporte à son homologue russe les débats du conseil européen, en l’appelant pendant les pauses.Sabotages :
Royaume-Uni – 20 mars 2024 : un incendie ravage un entrepôt à Leyton, abritant du matériel pour l’Ukraine.Espionnage :
Autriche – 29 mars 2024 : démantèlement du réseau d’espionnage et d’actions violentes...
04/08 - Gaz russe : Moscou développe sa flotte fantôme avant le durcissement des sanctions européennesMoscou prépare déjà la suite. Alors que l'Union européenne prévoit d'interdire les importations de gaz naturel liquéfié (GNL) russe d'ici à 2027, le Kremlin accélère la constitution d'une flotte de navires capables de poursuivre ses exportations hors des circuits occidentaux. En quelques mois, le pays a renforcé sa "flotte fantôme" de méthaniers, en rachetant des navires d’occasion et en mettant en service ses premiers bâtiments construits sur son propre territoire, rapporte le Financial Times.
Selon les données de la société de suivi maritime Windward, reprises par le média économique, au moins huit méthaniers d'occasion ont changé de propriétaire au cours des six derniers mois avant d'être affectés au transport de cargaisons russes. La flotte parallèle compterait désormais 25 navires, dont deux méthaniers neufs construits par le chantier naval russe Zvezda, situé à l'extrême orient du pays.
Cette stratégie reprend un modèle déjà utilisé par Moscou dans le secteur pétrolier. Depuis le début des sanctions occidentales liées à la guerre en Ukraine, la Russie s’appuie sur une vaste flotte de pétroliers opérant en dehors des réseaux traditionnels d'assurance et de contrôle occidentaux. Celle-ci compte aujourd'hui plus d'un millier de navires. Mais dans le domaine du GNL, la tâche est plus complexe : les méthaniers sont des navires hautement spécialisés, dont la construction et l'exploitation nécessitent des technologies de pointe."C’est un phénomène unique"
"La flotte...
04/08 - L’Ukraine limoge son ambassadrice aux Etats-Unis : le drôle de timing de Volodymyr ZelenskyDemander plus d’armes aux Etats-Unis tout en changeant d’ambassadrice à Washington : c’est le programme diplomatique de Kiev en ce début du mois d'août. Volodymyr Zelensky a mis fin par décret aux fonctions d’Olha Stefanishyna, en poste aux Etats-Unis depuis un an. Aucun successeur n’a encore été annoncé, alors que l’Ukraine dépend toujours des livraisons d’armes et du renseignement américains pour résister à la Russie. Au même moment, Kiev pousse l’administration Trump à fournir davantage de systèmes Patriot. Changer de représentante dans la capitale américaine dépasse donc une simple affaire de ressources humaines.
Le départ ne ressemble pourtant pas à une sanction. Olha Stefanishyna assure avoir elle-même demandé à quitter ses fonctions pour des "raisons personnelles" : "Représenter l’Ukraine à Washington alors que le pays se bat pour son existence a été le plus grand honneur de ma vie", a-t-elle écrit sur ses réseaux sociaux. La semaine précédente, elle avait déclaré à des journalistes que Volodymyr Zelensky ne lui avait pas demandé de démissionner. Le président ukrainien, de son côté, n’a donné aucune raison particulière dans son décret. Le texte officiel met donc fin à ses fonctions, mais les éléments disponibles ne permettent pas de conclure qu’elle aurait été sanctionnée. Un départ programmé ?
La surprise est relative : depuis le remaniement gouvernemantal engagé à la mi-juillet, l'hypothèse de son départ circulait déjà dans la presse ukrainienne. Le président a...
04/08 - Afflux de migrants à Ceuta : vu de l’étranger, la crise "mérite une meilleure réponse"Les images de dizaines de milliers de migrants franchissant les frontières de Ceuta, enclave espagnole située en Afrique du Nord, ont bouleversé l'Europe. Cependant, les 70 morts, pour la plupart par noyade ou écrasés, ont moins fait parler. "L'ampleur de cette tragédie humaine est passée presque inaperçue", déplore un chroniqueur du Guardian. Au-delà du drame, c'est l'absence d'une réponse commune qui domine les analyses de la presse européenne. Pour Bloomberg, "le chaos migratoire à Ceuta mérite une meilleure réponse que la recherche de boucs émissaires". La Repubblica, quotidien italien situé à gauche, parle, de son côté, d'une véritable "fracture au sein de l'Europe".
Si ce mardi 4 août les ministres de l'Intérieur de l'Union européenne se réunissent en urgence en visioconférence, pour mettre le sujet sur la table, la surenchère politique s'est déjà emballée. La Première ministre italienne, Giorgia Meloni, a réclamé la suspension de l'Espagne de l'espace Schengen. Une position qui selon Bloomberg "frise l'hypocrisie", le journal rappelant les appels à la solidarité lancés par Rome lors de la crise de Lampedusa en 2023. Et de noter que "la politique intérieure prime manifestement, alors que Meloni subit des pressions à droite".
Le Danemark et la Finlande ont souten
04/08 - Bernard Legras : "Cléopâtre était une grande cheffe d’Etat, avec une véritable vision politique"Oubliez l’image que vous aviez de Cléopâtre VII, l’ultime représentante des Ptolémées, celle que les historiens romains dépeignaient en femme barbare, séductrice, manipulatrice, cruelle, ensorceleuse... La découverte, en 2000, d'un papyrus grec datant du 23 février 23 avant notre ère, soit quelques années seulement avant la mort de la reine, le 12 août 30, a changé le regard que l'on portait sur elle. Il s’agit d’une ordonnance royale qui porte peut-être la signature autographe de Cléopâtre. Ce document a incité l'historien Bernard Legras à écrire une nouvelle biographie de la Reine, Cléopâtre l'Egyptienne (Les Belles lettres). Invité de notre podcast Les temps sauvages, il nous plonge dans la tête de la célèbre souveraine.
Un épisode à écouter en podcast sur Apple Podcasts, Spotify, Deezer, Castbox, Podcast Addict ou en cliquant sur le player en tête de l'article.
L'Express : Qui était Cléopâtre ? On connaît son père, Ptolémée XII. En revanche, on ignore l’identité de sa mère. D’où vient-elle ?
Bernard Legras : Vous abordez immédiatement l’un des grands mystères de Cléopâtre, qui demeure irrésolu : celui de sa mère. Son père est traditionnellement identifié à Ptolémée XII. Comme toujours dans l’Antiquité, la maternité est certaine, alors que la paternité peut parfois être discutée. Mais peu importe, au fond : Ptolémée XII l’a reconnue et l’a même associée au pouvoir un an avant sa mort. Lorsqu’elle devient reine, Cléopâtre possède déjà une véritable expérience...
04/08 - Cuba encore plongée dans le noir : pourquoi les pannes de courant se multiplient sur l’îleBis (et plus) repetita : à Cuba, le réseau électrique en est déjà à sa sixième panne générale de l'année. Dans la nuit du dimanche 2 au lundi 3 août, à 22h43, l'ensemble du système électrique national s'est déconnecté, plongeant La Havane et le reste du pays dans le noir. L'événement serait déjà sérieux s'il n'était pas devenu aussi régulier : la veille, tout l'ouest de l'île avait subi une panne générale. Le courant avait été rétabli dimanche après réparation. Quelques heures plus tard, retour à la case départ… Lundi, le réseau s'est de nouveau effondré alors que les autorités tentaient de le rétablir, en raison de "conditions météorologiques défavorables".
À La Havane, certaines interruptions ont récemment dépassé trente heures. Dans les provinces, elles peuvent durer plusieurs jours. À l'échelle de 9,4 millions d'habitants, ces coupures se traduisent aussi par des réfrigérateurs qui s'arrêtent, de l'eau qui manque et des ventilateurs qui ne tournent plus.
La première explication est ancienne. Cuba produit encore une grande partie de son électricité grâce à sept centrales thermoélectriques âgées de plus de quarante ans. Elles ne sont pas toutes dans le même état, mais les arrêts techniques, les pannes et les réparations y sont fréquents. Or un réseau électrique fonctionne avec peu de goût pour l'improvisation : lorsqu'une centrale s'arrête, une autre doit pouvoir prendre le relais. À Cuba, cette marge s'est considérablement réduite. La crise économique que traverse...
04/08 - Crise des migrants à Ceuta : l’hypocrisie de Giorgia MeloniOn peut reprocher beaucoup de choses à Pedro Sanchez. En tête de liste, les scandales de corruption qui touchent son entourage et le Parti socialiste. Mais le procès en inaction et en laxisme dans le drame migratoire de Ceuta, instruit contre le Premier ministre espagnol par Giorgia Meloni, ressemble davantage à de la malhonnêteté intellectuelle. Face aux images qui ont fait le tour du monde - plus de 60 000 migrants entrés par le Maroc massés dans l’enclave espagnole et des forces de sécurité débordées - Madrid était en droit d’attendre la solidarité de ses voisins européens, à commencer par l’Italie. Mais c’est tout l’inverse qui s’est produit. "Les images en provenance de Ceuta sont choquantes et démontrent, une fois de plus, que l'immigration clandestine incontrôlée représente une véritable menace pour la sécurité des frontières européennes", a commenté la Première ministre italienne. Faut-il rappeler à Giorgia Meloni que l'Italie a enregistré environ deux fois plus d'entrées irrégulières que l’Espagne entre 2021 et 2025, que les conditions de détention des migrants dans ses centres en Albanie sont dans le collimateur de nombreux élus européens et qu'elle-même a déjà dû faire face à une crise migratoire semblable en 2023 lorsque plus 10 000 exilés venus de Tunisie sont arrivés en quelques jours sur l'île de Lampedusa ?
Quelques heures seulement après la tragédie, qui a déjà causé 72 morts selon les autorités espagnoles, la sanction est tombée : Rome a décidé de ne...
04/08 - "La surprise fut générale" : quand le prince Albert de Belgique succédait au roi BaudoinCet article a été publié pour la première fois dans L'Express du 5 août 1993
On attendait Philippe, ce fut Albert. Serait-ce pour mieux ménager l'arrivée d'Astrid ? Coups de théâtre et intrigues shakespeariennes ne sont d'ordinaire pas inscrits au scénario dans la famille royale de Belgique. Dimanche 1er août, pourtant, quand fut annoncé que le prince Albert de Liège succéderait à son frère Baudouin, comme roi des Belges, la surprise fut générale. Dans le monde entier, comme en Belgique, où depuis quelques années le roi semblait préparer attentivement le prince Philippe - fils d'Albert - à sa succession.
Albert II, sixième roi des Belges, qui prêtera serment le 9 août, est pourtant - en toute logique dynastique - le successeur désigné du roi Baudouin. Et il fait un monarque parfaitement acceptable. Certes, il a 59 ans - à peine quatre ans de moins que son frère - mais il porte encore avec prestance l'uniforme d'amiral. Il est, de droit, membre du Sénat, par tradition, président de la Croix-Rouge. Plus important, il est, depuis 1962, président de l'Office belge du commerce extérieur. Une fonction qui l'a apparemment passionné : il a mené nombre de missions économiques à travers le monde et s'est ainsi taillé un rôle non négligeable d'ambassadeur officieux ou - selon sa propre formule - de "commis voyageur de la Belgique".
On dit qu'il a le sens de la conciliation et du compromis - des qualités importantes pour régner en Belgique. On l'assure féru de philosophie et de...
04/08 - Crise de Ceuta : le gouvernement espagnol a-t-il ignoré les alertes des services de renseignement ?C’est l’une des principales zones d’ombre de la crise migratoire que vient tout juste de traverser l’Espagne. Le gouvernement espagnol disposait-il, ou non, d’informations et d’éléments de renseignement sur l’arrivée imminente de dizaines de milliers de migrants à Ceuta le 30 juillet ? Alors même que le ministre de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a démenti le 1er août une telle possibilité, plusieurs médias espagnols, dont Cadena SER et The Objective, ont évoqué dans la foulée une série d’alertes du CNI, le service de renseignement et de contre-espionnage espagnol, auprès de l’exécutif.
Plusieurs avertissements signalant le risque réel d’une arrivée massive de migrants par l’enclave espagnole de Ceuta auraient été émis auprès du ministère de l’Intérieur dans les semaines qui ont précédé la crise. Le point de bascule identifié par les analystes du CNI ? L'arrêt du Tribunal suprême du 8 juillet, qui a limité les renvois immédiats des personnes traversant à la nage vers Ceuta et Melilla. Depuis cette décision, les services de renseignement avaient détecté que des réseaux criminels pouvaient exploiter ce vide juridique pour organiser une arrivée massive. Selon El Cierre Digital, un quotidien d’investigation, les premières alertes du CNI et du renseignement militaire remonteraient à il y a deux mois.
Ce 3 août, la porte-parole du gouvernement, Elma Saiz, s’en est tenue à la version officielle : aucun rapport des services de renseignement n’aurait laissé présager...
04/08 - Andy Burnham, Marine Le Pen… Dis-moi où tu passes l’été, je te dirai quel politique tu esLa lumière de l’été est un révélateur assez puissant du paysage idéologique européen. Les personnages politiques n’y choisissent pas seulement une destination, mais une symbolique sociale, une mise en scène de leur rapport au pays. Tout en jaugeant quelle quantité de plaisir il est politiquement avouable de s’octroyer pendant les vacances.
Les dirigeants installés préfèrent d’abord la résidence officielle. Emmanuel Macron gagne Brégançon, forteresse républicaine au bord de l’eau : on s’y repose derrière des murs, entouré de dossiers et de conseillers. C’est la 'pause studieuse' : chemise blanche, manches retroussées, devant une pile de chemises cartonnées. La mer – à laquelle on résiste – visible par les fenêtres.
Keir Starmer avait perfectionné l’art britannique des vacances sacrifiées : annulées avant même le départ en 2024, interrompues par l’Ukraine en 2025, elles semblaient toujours témoigner moins de son repos que de son sens du devoir. Pourra-t-il maintenant enfin partir ? Au tour d’Andy Burnham de prendre ses quartiers de villégiature à Chequers en banlieue de Londres, et son Manchester chéri. Qu’ils sont loin les jours ou Tony Blair partait avec insouciance dans les endroits les plus chics de Toscane. Les vacanciers-candidats
En France, à l’approche de 2027, une espèce prolifère : le vacancier-candidat. Gabriel Attal sillonne déjà la France ; chaque café se mue en bain de foule, chaque polo en profession de foi. Edouard Philippe a trouvé mieux : rester au...
04/08 - Les espions allemands sont-ils mauvais ? Pourquoi le BND est si critiquéIl a dirigé le renseignement extérieur allemand de 1998 à 2005 mais n’en est pas moins critique à l’égard du Bundesnachrichtendienst, plus communément appelé BND. Dans une tribune au vitriol publiée en août 2023 par le quotidien allemand Bild, August Hanning appelait à une refonte en profondeur de l'agence d'espionnage allemande, qualifiée à l’époque de "chien de garde impuissant".
Ses demandes semblent avoir été entendues. Sous la houlette du chancelier Friedrich Merz, et de Martin Jäger, le nouveau directeur de l’équivalent allemand de la DGSE, une réforme vise à donner au BND de plus grandes marges de manœuvre. "L’Allemagne, qui dispose pourtant de capacités techniques avancées, a de loin les lois de contrôle des techniques de renseignement les plus restrictives en Europe. L’efficacité de son renseignement n’est pas à la hauteur de sa place dans l’Union européenne", explique un dirigeant européen de la communauté du renseignement.
Souvenir de la Gestapo et de la Stasi obligent, un très strict contrôle encadre le travail de ses espions. Quant à la formule "services secrets", elle est proscrite outre-Rhin, car faisant écho aux crimes de l’Allemagne nazie et de la République démocratique allemande. "Pires espions d'Europe"
"Le BND est truffé de juristes obsédés par la confidentialité des données !", s’indigne un ex-agent de la CIA, basé à Rome, qui qualifie l'agence allemande de "pires espions d'Europe, au regard du poids de leur pays". Un ancien directeur des...
03/08 - Entre Zinédine Zidane et l’Algérie, l’histoire d’un amour impossibleS’il ne s’y est rendu que de rares fois depuis qu’il est devenu une star mondiale, Zidane a gardé des liens avec le pays d’origine de ses parents, où l’admiration se mêle à la sensation d’avoir raté un trésor. Entre Zizou et le pays de ses parents, les relations n’ont jamais été simples. Depuis que le nouveau sélectionneur des Bleus est sous les feux des projecteurs, les Algériens le regardent avec des sentiments mêlés, entre jalousie et l’impression d’avoir laissé échapper un génie. Celui qui fait le bonheur de la France et a contribué à son rayonnement dans le monde aurait pu (aurait dû, disent certains) apporter autant au pays de ses ancêtres.
Ce regret est né dans les années 1990. Dès que l’étoile de Zizou a commencé à briller, une polémique est née en Algérie : comment a-t-on pu passer à côté d’une telle pépite ? Les regards se tournent alors vers un des sélectionneurs les plus emblématiques du football national, Abdelhamid Kermali, qui a permis à l’Algérie de gagner sa première Coupe d’Afrique des nations en 1990. Il est reproché à l’entraîneur d’avoir vu Zidane jouer et de ne pas avoir détecté son talent. Mais dans son entourage, on assure que "personne n’avait perçu le génie" de celui dont la famille vient d’Aguemoune, un village perché sur les hauteurs de Béjaïa. "Jamais le nom de Zidane, ou d’un autre joueur issu de l’émigration, n’a été mentionné à cette époque", a affirmé encore récemment la fille de l’entraîneur disparu.
La réalité est que, contrairement à...
03/08 - "La peur d’une bombe saoudienne est largement exagérée" : les ambitions de MBS décryptées par l’ex-ambassadeur Michael RatneyEn décembre dernier, Michael Ratney, ex-ambassadeur américain en Arabie saoudite, décrivait dans nos colonnes un Mohammed ben Salmane concentré sur la modernisation interne de son pays, au détriment d’une implication dans les conflits du Moyen-Orient. Alors que les frappes aériennes menées avec Washington contre des milices pro iraniennes en Irak semblent contredire cette analyse, L’Express a de nouveau sollicité le diplomate, désormais conseiller principal au Center for Strategic and International Studies. Loin de changer son fusil d’épaule, Michael Ratney juge au contraire MBS en cohérence avec ses ambitions. Le spécialiste revient également sur l’accord sur le nucléaire civil conclu avec Washington, qui pourrait déboucher, selon certains analystes, sur le développement d’armes nucléaires sur le sol saoudien. Une peur qu’il juge largement exagérée. Entretien.
L’Express : Lors de notre dernier échange, vous décriviez un Mohammed ben Salmane désormais concentré presque exclusivement sur la transformation économique et sociale de son pays, cherchant à se tenir à l’écart des conflits régionaux. Les récentes frappes menées conjointement avec Washington contre des milices pro iraniennes en Irak ne vous donnent-elles pas tort ?
Michael Ratney : Non, à mes yeux, sa logique reste cohérente. Comme depuis le début, MBS ne souhaite pas que la guerre entre les Etats-Unis, Israël et l’Iran s’intensifie, car il craint d’en subir les conséquences. Il sait également que s’il adopte...
03/08 - Ukraine : Volodymyr Zelensky place l’un de ses alliés à la tête du renseignement extérieurLe président ukrainien Volodymyr Zelensky poursuit le remaniement de son premier cercle. Ce lundi 3 août, il a nommé Roustem Oumerov à la tête du service de renseignement extérieur du pays, tout en lui confiant la poursuite des négociations de paix avec la Russie. Une double casquette qui illustre la place centrale qu'occupe désormais ce proche du chef de l'État dans l'appareil ukrainien.
"Il a une plus grande capacité à gérer ces questions simultanément — la diplomatie, la défense et le processus de négociation avec les États-Unis et certains autres partenaires", a justifié Volodymyr Zelensky lors d'une rencontre avec des diplomates. Âgé d'une quarantaine d'années, Roustem Oumerov quitte ainsi la présidence du Conseil de sécurité, un organe consultatif, pour prendre les rênes du renseignement extérieur, sans abandonner le dossier diplomatique.
Depuis plusieurs mois, il est l'un des principaux négociateurs de Kiev dans les discussions avec Moscou. À la tête de la délégation ukrainienne lors des cycles de négociations de paix, il participe également aux pourparlers trilatéraux avec la Russie et les États-Unis, aujourd'hui au point mort. Malgré l'absence d'avancées concrètes, Volodymyr Zelensky souhaite le maintenir aux commandes de ces discussions, tout en lui demandant de poursuivre la recherche d'une issue diplomatique au conflit.Un rôle essentiel
Roustem Oumerov conservera également la coordination de l'initiative "Drone Deal", rapporte le Kyiv Independent....
03/08 - "En Afrique, c’étaient les meilleurs" : ce que les espions étrangers pensent de la DGSEDécembre 2019. Alerte rouge chez Saab-Damen, consortium néerlando-suédois spécialisé dans la fabrication de sous-marins. Une deuxième intrusion informatique a été détectée, après une première, en mars. De nombreux emails ont été consultés depuis l’extérieur, en pleine période d’appels d’offres pour le remplacement de quatre sous-marins des Pays-Bas. Un contrat à 5,6 milliards d’euros. Le renseignement suédois prévient les industriels, relate le journaliste néerlandais Huib Modderkolk dans son ouvrage Vous ne voulez vraiment pas savoir cela : ce qui se cache derrière votre écran (non traduit en français), et désigne des responsables : "Ils doivent venir de France". Quatre ans plus tard, le groupe français Naval Group remporte le contrat.
Si elle n’a jamais été officiellement élucidée, l’affaire consacre les capacités cyber-offensives de la DGSE. Un des points forts du service secret français, désigné deuxième meilleure agence européenne par notre jury de 60 professionnels du renseignement. "Au sein de notre communauté, la DGSE est considérée comme un service efficace sur tous les aspects du renseignement, y compris le cyber, capable d’opérer un peu partout dans le monde", résume Grzegorz Malecki, ex-directeur des services secrets polonais. A l’image de l’armée française, le renseignement tricolore a opté pour un modèle "global", avec des compétences très diversifiées. Renseignement humain, politique, économique, cyber, satellitaire, en Europe, en Asie… Les agents secrets...
03/08 - En pleine vague de chaleur, Donald Trump revoit à la baisse la protection des travailleurs américainsEt si, en pleine canicule, une bouteille d'eau devenait un sujet de droit du travail ? Aux États-Unis, la question occupe désormais la Maison-Blanche, le Congrès, les syndicats et les représentants des entreprises. Sous Joe Biden, Washington avait proposé une première réglementation fédérale spécifiquement consacrée à la chaleur au travail, qui à ce jour n'a toujours pas été adoptée. Concernant environ 35 millions de salariés, le texte impose aux employeurs, dès que les températures atteignent certains seuils, d'organiser les pauses, de garantir l'accès à l'eau et de prévoir des espaces de repos. Selon le New York Times, Donald Trump n'a pas supprimé le projet, mais a en revanche décidé de le réécrire.
Aux États-Unis, aucune règle fédérale ne fixe aujourd'hui précisément les obligations de l'employeur face aux fortes chaleurs. L'Occupational Safety and Health Administration (OSHA), l'agence chargée de la sécurité au travail, peut intervenir lorsqu'un salarié tombe malade ou meurt, mais l'OSHA ne dispose pas de son propre standard national. Plusieurs États, dont la Californie, l'Oregon et le Maryland, ont donc adopté leurs propres règles. Ailleurs, l'employeur reste soumis aux obligations générales de sécurité.
Joe Biden voulait harmoniser tout cela. À l'été 2024, son administrateur propose une réglementation applicable lorsque l'indice de chaleur atteint 80 degrés Fahrenheit, soit environ 26,7 °C. Suffisamment, selon le projet, pour déclencher une première série de...
03/08 - Gabriel Attal en Une du "JDD" : de Kiev aux médias Bolloré, une stratégie assuméeVoilà Gabriel Attal "l’Ukrainien" entouré de prorusses. Dimanche 3 août, l’ancien Premier ministre pose fièrement en Une du JDD. Trois pages d’entretien et une promesse : "renverser la table". Pas un mot, néanmoins, sur l’expulsion de Xenia Fedorova, ex-patronne de Russia Today et propagandiste du Kremlin - l'interview a été réalisée avant l'expulsion de Federova mais le journal la défendait déjà depuis plusieurs semaines. Tout le monde en parle, pourtant, dans ce journal. Philippe de Villiers, par exemple, interrogé par Régis Le Sommier - directeur du média prorusse Omerta - juge cette expulsion "illégale" et va jusqu’à comparer Xenia Fedorova à l’écrivain Alexandre Soljenitsyne.
"Laurent Nuñez copie les bonnes vieilles méthodes de l’Union soviétique qui faisait ses mauvais coups en pleines vacances", ajoute, très sérieusement, le fondateur du Puy du Fou. Dans la même double page, le maire de Béziers, Robert Ménard, juge cet arrêté d’expulsion "disproportionné". Quelques pages plus loin, Iuliia Mendel, ex-porte parole de Volodymyr Zelensky, accuse, toute honte bue, le président ukrainien d’être "le principal bénéficiaire de cette guerre". On n’avait pas vu de numéro aussi ouvertement prorusse depuis "l’appel au sursaut", en juin, dans le JDNews, avec cet appel on ne peut plus clair : "Pourquoi la France doit renouer avec la Russie". L’ancien Premier ministre ne pourra pas dire qu’il ne savait pas.
Gabriel Attal ne recule devant rien. Il y a deux ans, alors qu'il était...
03/08 - Les Etats-Unis bientôt plus en mesure de protéger Israël contre l’Iran ? L’alerte d’un général américainEt si la première puissance militaire mondiale atteignait ses limites ? Dans une alerte adressée au Pentagone, le général Alexus Grynkewich, commandant du Commandement européen des États-Unis (EUCOM), estime que les forces américaines pourraient ne plus être en mesure de garantir simultanément la protection d'Israël et celle du territoire américain, rapporte le Washington Post. En cause : le manque de destroyers disponibles au sein de l'US Navy, au moment où ces navires de guerre sont devenus indispensables pour intercepter les missiles balistiques tirés par l'Iran et ses alliés.
Selon plusieurs responsables américains, le général a averti par écrit les plus hauts responsables du Pentagone que, sans le déploiement d'un destroyer supplémentaire, il serait contraint de privilégier la défense du territoire continental américain au détriment de celle d'Israël. Cette mise en garde intervient dans le cadre des échanges réguliers entre les commandants régionaux et Washington lorsque les premiers estiment que les moyens mis à leur disposition ne sont plus suffisants. Le Pentagone s’est refusé à tout commentaire.
Auprès de L'Express, Mark Cancian, colonel des Marines à la retraite et ancien haut responsable du budget de la Défense américaine, évoquait déjà le mois dernier une situation préoccupante sur le stock des munitions américaines : "Prenons le Patriot,ce système de défense antimissile que tout le monde connaît : les États-Unis en avaient environ 2 300 avant le conflit....
03/08 - "Les Etats-Unis n’ont pas agi pour le Japon" : les vraies raisons de l’intervention américaine sur le yen"Un geste d'amitié", vraiment ? Voilà comment Donald Trump a qualifié l'intervention des Etats-Unis et du Japon sur les marchés de changes pour soutenir le yen la semaine dernière. Une première depuis près de 30 ans. La monnaie nippone était récemment tombée à son plus bas niveau face au dollar depuis plusieurs décennies, fragilisée par l'écart grandissant entre les taux d'intérêt américains et japonais.
Pour l'économiste japonaise Sayuri Shirai, professeure à l'Université de Keio et membre du conseil de politique monétaire de la Banque du Japon (BOJ) de 2011 à 2016, Washington a avant tout agi pour les intérêts américains en limitant les risques de contagion sur les marchés financiers mondiaux, en particulier sur le marché des obligations américaines. Cette intervention offre toutefois une nouvelle marge de manœuvre à la Banque du Japon, qui doit désormais poursuivre la normalisation de sa politique monétaire et relever ses taux pour tenter de stabiliser durablement le yen.
L'Express : L'intervention coordonnée entre les États-Unis et le Japon est sans précédent depuis près de trente ans. Pourquoi Washington a-t-il décidé de soutenir Tokyo cette fois-ci ?
Sayuri Shirai : Il était déjà assez clair que le Trésor américain s'inquiétait de la sous-évaluation du yen. Dans son rapport semestriel sur les taux de change publié en juillet, il évoquait déjà cette question : sa position était donc connue. Ce qui rend cette intervention exceptionnelle, c'est qu'elle est intervenue...
03/08 - Ceuta : Schengen, régularisations… L’Europe divisée face à la crise migratoireSur une carte, Ceuta tient dans un coin, ce qui n'empêche pas d'y retrouver à peu près tout le débat européen sur l'immigration : le 30 juillet dernier, plusieurs dizaines de milliers de personnes, principalement marocaines, ont rejoint cette petite enclave espagnole située sur la côte nord-africaine, en traversant la frontière terrestre ou en tentant de gagner ses plages à la nage. Le bilan humain reste incertain et varie fortement selon les sources ; des dizaines de morts ont été recensées et des disparus sont toujours recherchés. Madrid affirme avoir repris le contrôle de la frontière en moins de quarante-huit heures et renvoyé l'immense majorité des arrivants vers le Maroc. L'urgence locale s'est donc rapidement atténuée. La discussion européenne, elle, commence seulement.
Mardi 4 août, les ministres de l'Intérieur de l'Union doivent se réunir en urgence. Ceuta leur pose une question vieille de plusieurs crises migratoires : lorsqu'une frontière nationale constitue aussi une frontière extérieure de l'Union, jusqu'où va la responsabilité des autres États ? Le premier désaccord est apparu avant même la réunion. Vingt-deux États membres, parmi lesquels l'Allemagne, l'Italie, le Danemark, la Belgique ou les Pays-Bas, ont demandé une réponse européenne renforcée. La France, le Portugal et le Luxembourg n'ont pas signé leur texte. Madrid, de son côté, conteste directement le diagnostic d'une partie de ses partenaires : le gouvernement espagnol assure qu'aucun des migrants...
03/08 - "Ouf, la Coupe du monde est passée" : le regard sans filtre d’un collaborateur de la FifaAprès les éditions en Russie et au Qatar, on pensait enfin voir la Coupe du monde organisée dans un pays démocratique. Et pourtant, nous voilà dans l'Amérique de l'ère Trump. Dans la Coupe du monde de l'ère Trump. "Le plus grand événement humain, social et culturel de l'histoire de l'humanité", comme l'a modestement définie Gianni Infantino, le patron de la Fifa. Une Coupe du monde placée sous le signe de l'hyperbole.
Il est vrai que les stades étaient pleins, mais les véritables amateurs de football étaient peu nombreux. Peu de gens ont pu se permettre le prix exorbitant des billets et le coût de la vie aux États-Unis. Ce fut avant tout une Coupe du monde pour les Américains. Eux aiment le spectacle, quel qu'il soit : baseball, football américain ou soccer, peu leur importe. Ils achètent le maillot de l'équipe qu'ils ont décidé de soutenir et, après avoir lu les règles du football – car celles-ci étaient expliquées sur les écrans géants avant chaque match –, il leur suffit d'avoir du bruit, de la musique, des lumières. Puis de la bière, des hot-dogs, des nachos et suffisamment d'interruptions pour mieux profiter du spectacle.
Les vrais supporters, eux, ont détesté les pauses d'hydratation, surtout dans des stades couverts comme celui d'Atlanta, et les ont sifflées. Puis la Fifa a eu l'idée géniale de diffuser Country Roads, hymne de l'Amérique profonde. Les supporters américains couvraient alors les sifflets en chantant à pleins poumons. Polémique terminée.
Des...
03/08 - Guerre en Iran : Donald Trump dit relancer la voie diplomatique, Téhéran le contreditLa scène semble se répéter inlassablement. Dimanche 2 août, Donald Trump a annoncé que des discussions avec l'Iran devaient se tenir dès ce lundi, sans toutefois préciser ni le lieu ni les participants. Le président américain s'est aussi refusé à fixer un quelconque ultimatum au régime des mollahs.
S'exprimant devant les journalistes à bord d'Air Force One, de retour à Washington après un week-end dans sa résidence du New Jersey, Donald Trump a insisté sur sa préférence pour une solution négociée. "Est-ce que je préférerais conclure un accord ? Je n'ai pas envie de tuer des gens (…) Beaucoup de personnes meurent, et nous ne voulons pas cela", a-t-il martelé. Le président américain a également affirmé avoir été prêt à lancer "la plus vaste attaque militaire depuis la Seconde Guerre mondiale", avant d'y renoncer sous la pression des alliés des Etats-Unis, rapporte le Wall Street Journal.
Depuis le début du conflit, déclenché le 28 février par la campagne de bombardements menée par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran, Donald Trump souffle le chaud et le froid. À plusieurs reprises, il a assuré qu'un accord avec Téhéran était imminent, avant qu'un protocole signé en juin ne vole rapidement en éclats, les deux camps s'accusant mutuellement d'en avoir violé les termes. Parallèlement, le président américain n'a cessé de brandir la menace d'une intensification des frappes, évoquant encore en juillet la possibilité de viser les infrastructures énergétiques du pays.L'Iran...
03/08 - Visitez la Grèce et la France avec la littérature : ces deux livres à mettre dans vos valisesCorfou, Hydra, Mykonos, Santorin, Spetsai, Amorgos, Skopelos… Difficile de départager les tenants de tel ou tel lieu hellénique, alors autant se jeter sur Visitez la Grèce avec… (Éditons La Table Ronde), une passionnante anthologie naviguant des voyageurs classiques aux auteurs contemporains.
Découpée par blocs géographiques (la Grèce centrale et septentrionale, le Péloponnèse, les Cyclades, Et encore d’autres îles…), elle rappelle combien, du XIXe siècle à nos jours, les écrivains ont arpenté la terre d’Homère - Nerval, Flaubert, Henri Miller, Lawrence Durrell, Virginia Woolf, Jacques Lacarrière, Constantin Cavafy, John Fowles, Jean Cocteau font ainsi partie des 52 auteurs cités. Un petit exemple ? A la rubrique Hydra, on (re)découvre quelques extraits du Rendez-vous de Patmos, de Michel Déon, du Voyage en Orient d’Alphonse de Lamartine ou encore d’Une saison à Hydra d’Elizabeth Jane Howard. Pour les plus "pragmatiques", signalons quelques intermèdes thématiques, tels que "Boire et manger", "Chanter et danser", "Nager et naviguer"…
Si vous préférez rester dans notre beau pays, plongez-vous dans En France. Sur les pas des personnages de romans (Autrement). Ce voyage littéraire proposé par Ismaël Jude et cartographié par Gaëlle Sutton vous entraîne sur les traces de 90 héros, en compagnie de Balzac, Simenon, Fitzgerald, Sagan, Pagnol, Loti, Prévert, Mac Orlan… Comme l’écrit Erik Orsenna dans la préface de cet album : "Vous allez retrouver de vieux amis, en découvrir de...
03/08 - Johannes Volkmann, l’étoile montante de la CDU : les ambitions pour l’Allemagne du petit-fils d’Helmut KohlIl y a parfois des statues trop encombrantes. Une généalogie qui corsète la vie à moins d'en dénouer les fils. Ou de les couper carrément. Johannes Volkmann aurait pu capitaliser sur l'héritage de son grand-père paternel, Helmut Kohl, pour se faire un nom, sinon une carrière politique outre-Rhin. Même stature de judoka. Même silhouette imposante dépassant d'une bonne tête toutes les assemblées. L'ancien chancelier disparu en 2017 à l'âge de 87 ans dirigea l'Allemagne de 1982 à 1998. Il est l'artisan de la réunification. Un des architectes en chef de la monnaie unique qui parvint à convaincre les Allemands d'abandonner leur trésor national - le Deutsche mark - pour tenter l'aventure forcément incertaine de l'euro en contrepartie de l'adoption des rigoureux critères de Maastricht. Celui qui accepta enfin que la Bundesbank soit reléguée au rang de filiale parmi d'autres au sein de la Banque Centrale Européenne, installée à Frankfort. De tout cet héritage, Johannes Volkmann ne parle jamais.
A trente ans tout juste, élu en mars 2025 au Bundestag, il est pourtant l'étoile montante de la CDU, les démocrates-chrétiens allemands, parti du chancelier Friedrich Merz. Le chouchou de la droite libérale conservatrice, assiégée par la poussée spectaculaire du parti d'extrême droite populiste Alternativ fur Deutschland (AFD). Une douloureuse histoire familiale
Dans son bureau au Bundestag, aucune référence, même discrète, à l'ancien chancelier. Seules deux grandes photos en noir et...
03/08 - L’activité physique, ce véritable médicament vraiment pas assez prescritHippocrate écrivait quatre siècles avant notre ère : "la marche est le meilleur médicament de l’homme" (1). Le médecin grec Galien, moins de deux siècles après Jésus-Christ, profond admirateur d’Hippocrate, avait repris ses théories sur l’activité physique, en proposant de la lister parmi les six déterminants majeurs de la santé, qui restent d’ailleurs d’actualité : "l’environnement, le sommeil, l’alimentation, l’humeur, et l’exercice" (2). Tant Hippocrate que Galien étaient de fervents promoteurs d’une modération des entrées (alimentation) et des sorties (exercice physique) en termes d’énergie pour nos organismes. Ainsi Galien n’encourageait pas les activités intenses des athlètes de haut niveau jugeant "que leurs exercices dépassaient la modération". Mais tout au long des âges, l’exercice physique va être considéré comme favorable à la santé.
C’est au cours du XXe siècle que les connaissances scientifiques vont s’accumuler et reconnaître les bienfaits de l’exercice physique contre le diabète, les maladies cardiovasculaires et de nombreuses autres maladies. Ainsi, dans les années 1950, une étude épidémiologique fera date en démontrant que les contrôleurs de bus, plus souvent debout que leurs collègues conducteurs, avaient moins souvent qu’eux des maladies cardiovasculaires (3). Vingt ans plus tard, un important travail a cherché à suivre des étudiants pendant plusieurs années et permis de suggérer que l’activité physique régulière pourrait réduire les risques de...
03/08 - Guerre en Ukraine : ce que savaient vraiment les espions occidentaux des plans de PoutineLa réunion en visioconférence a été convoquée à la dernière minute. Cet après-midi de mars 2021, interloquée par les 100 000 soldats russes massés à la frontière ukrainienne, Londres réclame une discussion avec son allié américain. Lors de cette rencontre, un analyste militaire britannique s'inquiète d'une attaque imminente. Un débat s'engage. D'autres espions de sa Majesté assurent qu'il ne s'agit que d'une démonstration de force - un avis partagé par les Américains. Ce printemps-là, un retrait progressif des Russes leur donne raison. "Cela nous a alerté sur l'imminence d'un événement majeur et nous a permis de recentrer nos efforts de collecte de renseignement bien avant le début des hostilités", raconte John Foreman, alors attaché de défense britannique à Moscou, présent à la réunion.
Six mois plus tard, les services de renseignement britanniques et américains déploient des efforts inédits pour convaincre le reste des Européens de l'imminence d'une attaque. William Burns, le patron de la CIA, enchaîne les réunions entre Moscou et le Vieux Continent. Richard Moore, celui du MI6, prêche la même parole. "Nous déclassifié des renseignements à un niveau qui n'avait jamais été atteint auparavant", se rappelle Chris Ordway, ex-haut responsable chargé de la Russie et de l'Ukraine au ministère de la Défense britannique.Une attaque d'envergure "peu probable"
Chez certains, la campagne fonctionne : sensibilisés à la menace russe par leur proximité géographique, les pays Baltes...
03/08 - Agnès Buzyn : "On m’a fait comprendre qu’on ne disait pas non deux fois au président…"Le management, c'est une affaire de personnalité, de tempo. De décisions aussi évidemment. C'est pourquoi L'Express lance un nouveau podcast hebdomadaire dont l'objet est de passer à la moulinette une décision prise par un chef d'entreprise, un dirigeant politique ou une figure de la société civile. Pour ce deuxième épisode, Agnès Buzyn, présidente de l'Institut Evidences et ancienne ministre des Solidarités et de la Santé, revient sur un épisode marquant de sa vie politique et personnelle : le jour où elle a accepté de remplacer Benjamin Griveaux dans la course à la mairie de Paris.
L'intégralité de cet épisode est à retrouver sur Apple Podcasts, Spotify, Deezer, Castbox ou encore Podcast Addict.
L'Express : Agnès Buzyn, racontez-nous le jour, l'instant précis où vous acceptez de devenir la candidate de la majorité présidentielle à la mairie de Paris. C'est un choix risqué, même vertigineux. Qu'est-ce qui vous passe par la tête ?
Agnès Buzyn : Avant de dire oui... J'ai dit non ! Beaucoup. Longtemps. Près de 48 heures. Rappelons la chronologie. Benjamin Griveaux est obligé de retirer sa garniture en raison de la circulation d'une cassette compromettante, chose qu'il fait officiellement le vendredi matin. De mon côté, je suis sur France Inter, à une heure de très grande écoute, et j'explique que je n'irai pas faire la campagne de Paris parce que je n'ai pas le temps, j'ai trop de dossiers importants : la réforme des retraites, la grève des médecins hospitaliers, une...
02/08 - Crise de Ceuta : comment Pedro Sanchez se retrouve isolé sur la scène européenneAlors que les autorités espagnoles affirment avoir reconduit vers le Maroc la quasi-totalité des quelque 50 000 personnes entrées de façon irrégulière dans l'enclave de Ceuta, entre le 30 et le 31 juillet, la crise migratoire se mue désormais en crise politique.
Cet afflux inédit, le plus important jamais enregistré dans cette frontière extérieure de l'Union européenne, a profondément divisé les États membres et relancé le débat sur la gestion des frontières au sein de l'espace Schengen. À Madrid, le Premier ministre Pedro Sanchez fait face à une double offensive : à l'extérieur, plusieurs gouvernements européens critiquent avec virulence la gestion espagnole de la crise, tandis qu'à l'intérieur, l'opposition de droite et d'extrême droite accuse le socialiste d'avoir favorisé un "appel d'air" par sa politique migratoire.Une Europe divisée
Les images des dizaines de milliers de migrants traversant la frontière de Ceuta en l'espace de deux jours ont en effet rapidement suscité des réactions dans plusieurs capitales européennes. Samedi, Pedro Sanchez a demandé la convocation d'une réunion exceptionnelle des ministres de l'Intérieur des Vingt-Sept, qui aura lieu mardi, tout en dénonçant le comportement "impardonnable" de certains dirigeants européens.
Une attaque notamment envers la Première ministre italienne Giorgia Meloni, qui a vivement critiqué Madrid et décidé de rétablir temporairement des contrôles aux frontières maritimes et aériennes entre l'Italie et l'Espagne....
02/08 - "La Hongrie va connaître cinq jours critiques" : la centrale nucléaire de Paks à l’arrêt à cause du manque d’eauUne première en 44 ans. Alors qu'une grande partie de l'Europe est touchée par une vague de chaleur et une sécheresse prolongées, en Hongrie, la centrale nucléaire de Paks - l'unique du pays - ne fonctionnait plus qu'à un peu plus de 10 % de sa capacité dimanche matin, car il n'y a plus assez d'eau dans le Danube pour alimenter ses circuits de refroidissement.
L'agence de gestion de l'eau prévoit que le niveau du fleuve va continuer de baisser dans les jours à venir, ce qui va contraindre les autorités à mettre la centrale, d'une puissance de 2 gigawatts, totalement à l'arrêt dimanche après-midi. "Nous allons affronter les cinq jours les plus critiques", a déclaré le Premier ministre Péter Magyar dans une vidéo publiée sur Facebook. "Demain, la centrale de Paks ne produira pas d'électricité, alors que les journées les plus chaudes sont à venir." Il devrait faire jusqu'à 40 °C cette semaine en Hongrie. "Le réseau électrique, nos services publics et nous-mêmes serons tous soumis à une pression énorme", a ajouté le chef du gouvernement, qui a averti que la centrale de Paks, qui fournit environ 40% de la production annuelle d’électricité du pays, pourrait rester à l'arrêt pendant des semaines.Des centaines de millions d'euros déboursés
Péter Magyar a appelé les entreprises, les services publics, les collectivités locales et les ménages à réduire fortement ou à décaler leur consommation d'électricité entre 17h00 et 22h00. Le gouvernement décidera dimanche s'il convient...
02/08 - Les "illégaux" de Vladimir Poutine : ces agents dormants russes qui s’infiltrent en EuropeEst-ce une nouvelle version de la série The Americans ? Ce 1er août 2024, Vladimir Poutine attend sur le tarmac de l’aéroport de Moscou, un bouquet de fleurs à la main. Surgissent de l’avion Artem Dulstev et Anna Dultseva. "Buenas noches", lance le président de la Russie. Pendant des années, le couple fraîchement libéré a vécu sous une identité argentine en Slovénie. Ils étaient pourtant parfaitement russes.
Les Dultsev vivaient avec leurs deux enfants dans une petite villa d’un quartier résidentiel au nord de Ljubljana, la capitale, depuis 2017. Lui avait lancé sa start-up d’informatique, elle animait une galerie d’art en ligne. En décembre 2022, la police slovène découvre à leur domicile plusieurs centaines de milliers d'euros dissimulés dans leur réfrigérateur, ainsi qu'un logiciel de cryptage de messages très complexe sur leurs ordinateurs. Comme dans la série, ce couple s’était inventé une fausse identité pour dissimuler ses opérations d’espionnage. Il traitait des sources en Italie ou en Croatie.
Ces agents du SVR, le renseignement extérieur russe, ont construit leur légende patiemment. En 2012, ils arrivent séparément en Argentine, où ils font semblant de se rencontrer. Détenteurs de faux passeports autrichien et mexicain, Ludwig Gisch et Maya Mayer Munos revendiquent une ascendance argentine, ce qui leur permet de demander la nationalité. L’administration ne remarque pas les faux documents qu’ils fournissent. Comment ont-ils été confondus ? Le Wall Street Journal...
02/08 - "Ne laissons pas le libéralisme à l’extrême droite identitaire" : l’appel de plusieurs personnalitésDepuis quelques années, les cercles libéraux se multiplient. Clubs, diners, revues, think tanks. La famille se réveille, et l'on devrait s'en réjouir. Mais cette vitalité, très parisienne encore, a son revers. Dans cette floraison, tout ne relève pas du libéralisme, et il faut trier le bon grain de l'ivraie. Car certains de ces lieux portent un profil nouveau : il se dit libéral, mais tout son discours, dès qu'on gratte, ramène à l'immigration, au contrôle et à la fermeture. Quelque chose, là, ne va pas.
Rappelons l'évidence, puisqu'elle risque de se perdre : le libéralisme tient l'individu, et non le groupe, pour l'unité de valeur et le seul porteur de droits. De cela découle une conséquence qui n'est pas un slogan mais une nécessité logique : assigner un être humain par sa naissance, son origine ou son appartenance est étranger au libéralisme par construction. Le racisme est la négation du libéralisme.
La famille des libéraux est diverse, et c'est sa force. Anarcho-libéraux, libertariens, ordo-libéraux, libéraux classiques et conservateurs s'y côtoient, et s'y disputent beaucoup. Ils s'accordent pourtant sur l'essentiel : la primauté de la personne, les limites de l'Etat, la méfiance envers la coercition collective. Disons-le nettement, pour qu'on ne nous fasse pas dire l'inverse : un conservateur, attaché aux institutions et à la tempérance, est pleinement libéral et nous est précieux, à tous.
L'extrême droite, elle, n'a rien de libéral, et elle le sait. Alors elle...
02/08 - Donald Trump suspend une frappe contre l’Iran et mise sur la diplomatie... pour l’instantLe président Donald Trump a déclaré que les États-Unis s'abstiendraient de lancer une nouvelle attaque contre l'Iran tant qu'un accord pourrait être conclu rapidement pour mettre un terme aux ambitions nucléaires de l'Iran et rouvrir le détroit d'Ormuz. Samedi soir, Donald Trump a ajouté sur sa plateforme Truth Social que l’Iran et d’autres pays du Moyen-Orient avaient demandé un délai pour conclure un accord qui conduirait à la réouverture "immédiate, complète et totale" de ce détroit vital et à "la fin de la menace nucléaire iranienne".
Il n’a pas nommé les pays concernés dans ce message, publié à la suite d’un entretien téléphonique avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, un allié des États-Unis. "Compte tenu de cette demande, j’ai accepté, dans l’intérêt futur du MONDE et, par la même occasion, de la survie d’un Iran prospère et florissant, d’annuler l’attaque, à condition de parvenir rapidement à conclure un ACCORD", a écrit Donald Trump, ajoutant qu'Israël se joignait à lui dans cet engagement.L'Iran affirme qu'il affermit sa force dissuasion
Cette apparente désescalade de la part de Donald Trump, après plusieurs jours de menaces de nouvelles attaques de part et d’autre, constitue le dernier rebondissement en date dans la guerre lancée il y a cinq mois par les États-Unis et Israël. Les attaques se sont étendues à travers le Golfe jusqu’à la mer Rouge, et ont même touché une installation en Méditerranée, en Égypte. L’Iran a en grande partie fermé le...
02/08 - John Cornyn rompt avec Donald Trump : la revanche d’un sénateur qui n’a plus rien à perdreIl a longtemps été un proche soutien du président américain, au point de vouloir rebaptiser l'une des principales autoroutes du pays du nom de Donald Trump. Mais après avoir perdu la primaire républicaine au Texas face à Ken Paxton, le candidat adoubé par le président, le sénateur John Cornyn utilise désormais les derniers mois de son mandat pour défier ouvertement la Maison-Blanche.
"Vous n'avez encore rien vu", a ainsi lancé l'élu de 74 ans aux journalistes la semaine dernière, après avoir obtenu de l'administration Trump qu'elle débloque plusieurs milliards de dollars destinés au financement américain du programme de lutte contre le sida en Afrique. Cette fois, c'est la nomination de Todd Blanche, le candidat désigné par Donald Trump pour le poste d'Attorney General (l'équivalent du ministre de la Justice), que John Cornyn menace de bloquer.
Jeudi 6 août, la commission judiciaire du Sénat doit en effet examiner la candidature de Todd Blanche. Membre de cette commission, John Cornyn a d'ores et déjà prévenu qu'il pourrait voter contre, aux côtés d'un autre sénateur républicain, Thom Tillis. Tous deux réclament que le ministère de la Justice s'engage à revoir un accord conclu entre Donald Trump et l'administration fiscale.
Les deux élus demandent également l'abandon définitif d'un fonds controversé de 1,8 milliard de dollars, destiné à indemniser des personnes s'estimant victimes de poursuites judiciaires politiquement motivées. Ses détracteurs craignent que cet argent...
02/08 - Rentrée littéraire : ces cinquante livres qui risquent de faire parler d’euxL’an dernier, il ne fallait pas être grand clerc : à pareille date, on avait compris que Nathacha Appanah, Emmanuel Carrère, Adélaïde de Clermont-Tonnerre et Laurent Mauvignier tireraient le gros lot. Cette fois-ci, même les cartomanciennes les plus aguerries de Saint-Germain-des-Prés jouent la prudence. Difficile de dire qui va se détacher du gros peloton des 461 auteurs en course (décompte établi par nos confrères de Livres Hebdo).
En matière de plaisir de lecture pur, impossible de faire mieux que François-Henri Désérable et Le Palais (Gallimard), dont les droits ont déjà été vendus dans 15 pays avant même la sortie française. Ce roman poétique, inventif et incroyablement divertissant nous emmène sur une vingtaine d’années de l’Inde à New York en passant par la Bourgogne sur les traces d’un faussaire de génie qui fait tourner en bourriques les plus grands spécialistes du vin. On pense tour à tour à Romain Gary, Alexandre Dumas, Patrick Süskind et Roald Dahl. Si on siégeait chez Drouant, on lui décernerait sans hésiter le prix Goncourt. Hélas le talent et l’assurance de Désérable lui ont souvent valu des jalousies. Qu’en sera-t-il cette fois-ci ?
Dans la course au Goncourt, la maison Gallimard a deux autres pions sérieux : JE de Lilia Hassaine, remake de La Prisonnière des Sargasses de Jean Rhys ; La Solitude des professeurs est infinie de Yannick Haenel, qui devrait plaire aux enseignants abonnés à Télérama. Au sein du groupe Madrigall, n’oublions pas non plus...
02/08 - Dette française : entre Matthieu Pigasse et le FMI, qui faut-il croire ?Ces dernières semaines, les ministres de l'Économie et du Budget, Roland Lescure et David Amiel, ont vu déferler sur leurs bureaux plusieurs rapports évaluant la trajectoire des finances publiques de la France. Qu'ils émanent du Fonds monétaire international (FMI), de la Commission européenne, de l'OCDE ou encore de la Cour des comptes, le constat est sans appel : la dette tricolore - 3 536,1 milliards d'euros au dernier comptage - suit une pente dangereuse. Le dernier en date, rédigé par quatre économistes aux sensibilités différentes et missionnés par Bercy, n'y fait pas exception : Xavier Jaravel, Xavier Ragot, Jean-Luc Tavernier et Natacha Valla préconisent même un effort de 125 milliards d'euros d'ici à 2032, soit la fin du prochain quinquennat, pour stabiliser le niveau d'endettement public.
De quoi clore le débat ? Pas selon Matthieu Pigasse. Invité du média Legend, chaîne YouTube aux millions d'abonnés où se pressent responsables politiques, chefs d'entreprise et personnalités publiques, l'homme d'affaires, un temps évoqué comme potentiel candidat à l'élection présidentielle de 2027, affirme qu'il n'existe "aucun risque de liquidité sur la dette française". Selon le propriétaire des Inrockuptibles et de Radio Nova, qui n'a pas répondu à nos questions, l'indicateur habituellement utilisé pour mesurer l'endettement d'un pays est trompeur : il compare un stock - la dette accumulée - à un flux - la richesse produite chaque année. D'après lui, il faudrait plutôt...
02/08 - A quoi ressembleront les nouveaux billets en euros ? L’identité européenne, ce casse-têteSelon qu’on retienne son identité culturelle ou sa réalité politique, sa filiation avec Athènes (la raison) ou avec Jérusalem (la foi), la richesse de sa civilisation ou les atrocités monstrueuses que ses nations commirent, la définition de l’Europe n’est pas univoque. Même le critère géographique est source de débats infinis. Dès lors, comment incarner la communauté de nations qui forment l’Union ? C’est le dilemme auquel nous confronte la Banque centrale européenne (BCE) en nous proposant de voter pour le design des futurs billets en euros, sur son site Internet, jusqu’au 21 septembre.
Deux grands choix d’illustration nous sont offerts : figures de la civilisation européenne d’un côté, oiseaux de l’autre. La culture ou la nature. Pour la première, la BCE a sélectionné six élus : Maria Callas, soprano grecque (billet de 5 euros) ; Ludwig van Beethoven, compositeur allemand (10 euros) ; Marie Curie, scientifique franco-polonaise (20 euros) ; Miguel de Cervantes, romancier espagnol (50 euros) ; Léonard de Vinci, artiste italien (100 euros) ; Bertha von Suttner, figure du pacifisme sous l’empire austro-hongrois (200 euros).
Si l’on s’attache au critère national, la France est la mieux servie puisque trois protagonistes, Callas, Curie et Vinci, y vécurent jusqu’à leur décès. On touche là du doigt la difficulté politique de l’opération : la majorité des 21 pays de la zone euro ne sont pas représentés. Les figures, cependant, sont universelles. Elles sont des archétypes du...
02/08 - "Un scénario d’hypersiège" : comment le Super El Niño pourrait bouleverser l’économie mondialeL'économie mondiale est peut-être au-devant d’un double choc inédit : un épisode El Niño d'une intensité exceptionnelle sur fond de guerre au Moyen-Orient. Pris séparément, chacun de ces deux phénomènes suffit à faire trembler les marchés agricoles mondiaux. Combinés, ils dessinent ce que les chercheurs Jean-Michel Valantin, PhD et Fabrice Lollia appellent désormais un "scénario d’hypersiège" — une pression matérielle et politique qui pourrait perdurer sur nos systèmes alimentaires jusqu'en 2028 et déstabiliser les économies les plus fragiles.
El Niño n'a rien d'exotique pour les marchés : ce réchauffement cyclique des eaux du Pacifique équatorial, qui s'étale sur un à trois ans, déclenche à chaque occurrence son lot de sécheresses, d'inondations et de récoltes compromises sur près de 70 % des régions agricoles du globe, de l'Amérique du Sud à l'Asie en passant par l'Afrique. Le phénomène est si bien documenté que le FMI a pu en tirer une règle : un El Niño ordinaire fait grimper les prix alimentaires mondiaux d'environ 5 % en un an. Une note récente d'Allianz Trade rappelle que les épisodes de 1982-1983 et 1997-1998 avaient, eux, provoqué des pertes de revenus cumulées de 4 100 et 5 700 milliards de dollars sur les cinq années suivantes. Or celui qui s'annonce n'a rien d'ordinaire. L'Agence américaine d'observation océanique et atmosphérique (NOAA) lui accorde environ 80 % de chances de figurer parmi les plus intenses jamais mesurés.
Quelle sera la facture cette...
01/08 - "Aider ceux qui aident l’Ukraine" : Kiev envoie des pompiers à la rescousse en GirondeDu renfort venu d'Ukraine. Alors que l'incendie se déchaîne toujours dans les Landes et en Gironde en cette mi-juillet, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé l'envoi de plusieurs pompiers pour venir en aide à leurs homologues français. Au total, 70 secouristes et 15 véhicules spécialisés vont être prochainement déployés, dans le cadre du mécanisme de protection civile de l’Union européenne (UE) auquel participe l'Ukraine, bien qu'elle ne soit pas un Etat membre de l'UE.
Ce système de coopération est destinée à faire face aux situations où les États membres ne disposent pas de ressources suffisantes, et permet aux pays européens volontaires de s'entraider rapidement en cas de catastrophe, qu'elle soit naturelle ou d'origine humaine. Alors qu’il quittait Washington après avoir assisté aux obsèques du sénateur républicain Lindsey Graham - qui a œuvré pour convaincre Donald Trump d’aider Kiev -, le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est entretenu avec Emmanuel Macron par téléphone au sujet des incendies, rapporte la chaîne d’information 24.
"L’Ukraine est toujours prête à aider ceux qui l’aident en ces années de lutte contre l’agression russe", lui aurait-il notamment déclaré, tandis que les sauveteurs ukrainiens sont partis dès le 31 juillet, plus spécifiquement dans le sud-ouest de la France où les incendies ont entraîné l’évacuation de 200 000 personnes. Le ministre de l’Intérieur ukrainien Ivan Vyguivsky, qui a échangé avec son homologue français...
01/08 - Pascal Bruckner : "Xenia Fedorova aurait dû être remerciée depuis sept ans..."Figure des positions pro-russes au sein des médias de Vincent Bolloré (CNews, Le JDD), Xenia Fedorova est doublement frappée d'un arrêté d'expulsion et d'un gel de ses avoirs. Alors que les soutiens de l'ancienne patronne de RT France dénoncent une atteinte à l'Etat de droit et à la liberté d'expression, Pascal Bruckner prône depuis longtemps cette mesure au nom même du libéralisme.
Pour L'Express, l'écrivain et intellectuel, par ailleurs très engagé sur le dossier Grasset, explique pourquoi une démocratie n'a pas à tolérer "la porte-parole d'un régime ennemi qui nous a déclaré la guerre en 2014", et assure que le "libéralisme n'est pas le masochisme". Plus largement, il décrypte le virage pro-russe de Vincent Bolloré et assure que la baisse des audiences de CNews doit beaucoup au fait que cette chaîne serait devenue "la Pravda à Paris".
L'Express : La France doit-elle expulser Xenia Fedorova, accusée d’être une propagandiste du Kremlin dans les médias de Vincent Bolloré ?
Pascal Bruckner : Oui et il est temps. Cette dame aurait dû être remerciée depuis au moins sept ans. Il faut croire qu’elle bénéficiait au sein de l’appareil d’État d’appuis suffisamment forts voire de complicités pour éviter l’expulsion. Le 22 juillet, elle avait cru pouvoir souffler car elle échappait aux sanctions européennes. Mais les ministères de l’Intérieur et des Affaires étrangères ont finalement tranché. Le vrai scandale n’est pas son éviction mais la date tardive de cette éviction. Seule...
01/08 - Etudiants étrangers : la nouvelle offensive de Donald Trump inquiète les universités et les géants de la techUne fois encore, le gouvernement de Donald Trump s'attaque aux étudiants étrangers. Selon le Wall Street Journal, le président américain envisage d’imposer une taxe de 100 000 dollars aux étudiants étrangers souhaitant travailler aux États-Unis après avoir obtenu leur diplôme dans une université américaine, une mesure destinée à restreindre davantage l'immigration légale.
Si elle était adoptée, cette nouvelle taxe s'appliquerait au programme Optional Practical Training (OPT), qui permet aux diplômés étrangers des universités américaines de travailler aux États-Unis pendant un à trois ans grâce à leur visa étudiant, et qui concernait près de 419 000 personnes en 2024. En cas de feu vert de la Maison-Blanche, il resterait à déterminer qui devrait payer cette somme : les étudiants étrangers eux-mêmes, ou les universités et employeurs susceptibles de les accueillir. D'après le journal américain, cette mesure pourrait également être intégrée à une nouvelle obligation annoncée par l’administration de Donald Trump au début du mois, qui impose aux étudiants étrangers de demander une prolongation de leur visa afin de pouvoir bénéficier de leur période d’OPT. Les géants de la tech opposés
Une telle réforme pénaliserait alors particulièrement les universités américaines, qui dépendent des étudiants internationaux comme source de revenus, mais aussi les grandes entreprises de la Silicon Valley et de Wall Street, qui recrutent massivement ces jeunes diplômés pour pourvoir des...
01/08 - Guerre en Ukraine : des enfants ukrainiens emmenés jusqu’en Corée du Nord pour une "éducation patriotique" russeEnvoyer des enfants ukrainiens dans des camps de formation militaire en Corée du Nord, dans le but de développer... leur "éducation patriotique". C’est ce qu’aurait vécu Misha, 13 ans, originaire d’une région ukrainienne occupée par la Russie. À l’été 2025, l’adolescent a séjourné dans un camp installé au sein d’une station balnéaire nord-coréenne, rapporte le quotidien japonais Nihon Keizai Shimbun, cité par Courrier International. D’après les informations données par les médias et les écoles des territoires ukrainiens occupés par la Russie, Misha, qui vivait dans l'oblast de Donetsk, à l'est de l'Ukraine, a passé des tests de sélection pour intégrer un "camp d’amitié entre jeunes nord-coréens et russes", qui s’est déroulé en Corée du Nord en juillet et août 2025.
À son retour, Misha a expliqué aux médias des territoires ukrainiens occupés s’être "fait plein d’amis russes et nord-coréens". Durant leur séjour, les enfants des deux pays ont participé à des activités imprégnées de patriotisme, entre cérémonies de levée des drapeaux, ateliers de cuisine et représentations musicales. Lors de l’édition précédente, en 2024, la dimension idéologique et militaire était encore plus marquée. Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, un intervenant russe appelait ainsi les enfants à "se préparer à l’invasion américaine". Une rhétorique à laquelle Misha semble adhérer : selon le quotidien japonais, dans une vidéo publiée en 2023, l’adolescent affirmait que sa ville natale...
01/08 - Depuis la guerre en Ukraine, des espions européens toujours plus efficacesUrsula von der Leyen sait se faire détester. Comme ce jour où, en 2024, la présidente de la Commission européenne rêvait d’une CIA version européenne à son service. Un rapport, commandé à l’ancien président finlandais Sauli Niinistö, n’aboutissait-il pas à cette recommandation ? La patronne de l’exécutif européen en était convaincue : l’Europe devait se doter de sa propre agence pour combattre les menaces, les saboteurs ou les agents étrangers. Sauf que les espions, l’Europe en compte déjà beaucoup. Mais chacun au service de leur pays. Et la mutualisation en matière de renseignement peut s’avérer délicate.
Pour comprendre la levée de boucliers suscitée par la proposition bruxelloise, il faut revenir à la définition du renseignement. "Il s’agit d’extraction d’informations par des sources généralement clandestines, qui nécessitent un haut niveau de protection et de cloisonnement. Une agence européenne entraînerait trop de risques de dispersion et de fuites : on ne peut pas traiter une source à 27 !", confie un ancien de la DGSE.
Exit donc la CIA version européenne. Les agences nationales de renseignement, très chatouilleuses en termes de susceptibilité nationale, seraient-elles condamnées au conservatisme ? L’histoire récente dit l’inverse, comme en témoignent l’incroyable vitalité et le sens de l’adaptation de ces nids d’espions. En 2022, lorsque la Russie déclenche la guerre en Ukraine, beaucoup de services de renseignements ont pourtant été pris au dépourvu.
Depuis,...
01/08 - En Pologne, Sinfonia Varsovia entre en scèneDans la capitale polonaise, les bâtiments de brique rouge de la rue Grochowska changent de partition. Pendant plus d'un siècle, on y a étudié et soigné les animaux ; demain, ils vibreront au son des plus grands orchestres avec la métamorphose de cet ancien institut vétérinaire militaire en un campus musical de classe mondiale, Sinfonia Varsovia Centrum. C’est l'une des plus ambitieuses opérations culturelles actuellement menées en Europe centrale.
L'histoire commence pourtant ailleurs. En 1984, Yehudi Menuhin est invité à diriger l'Orchestre de chambre de Pologne, renforcé pour l’occasion par des instrumentistes venus de tout le pays. Le succès est tel que la formation élargie, baptisée Sinfonia Varsovia, devient permanente et acquiert en quelques années une réputation internationale. D’abord hébergé au Palais de la Culture et de la Science, ce n'est qu'en 2010 qu'il s’installe rue Grochowska, dans l’ensemble de bâtiments de quatre hectares édifiés à la fin du XIXᵉ siècle, alors que la ville appartenait encore à l'Empire russe.
Cette même année, la municipalité choisit de le restaurer et d'y adjoindre un projet architectural hors norme signé de l’agence autrichienne Atelier Thomas Pucher, qui propose de réhabiliter les édifices d’origine en les organisant autour d'un vaste parc public. Au cœur de Sinfonia Varsovia Centrum, prendra place une gigantesque salle symphonique de 1 877 places, dotée de balcons en forme de rubans flottants autour de la scène et complétée par...
01/08 - Ceuta : pourquoi l’Italie ne peut pas exclure l’Espagne de l’espace SchengenLa polémique ne dégonfle pas. Après la publication le 30 juillet de vidéos montrant des milliers de migrants marocains pénétrer illégalement dans Ceuta, territoire espagnol situé sur la côte marocaine, l'Italie affirme avoir temporairement fermé l'espace Schengen à l'Espagne. Le ministre des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a jugé cette mesure "inévitable", bien que les implications concrètes d'une telle décision soient encore floues. "La suspension temporaire de Schengen avec l'Espagne est une décision nécessaire pour protéger la sécurité de nos citoyens et défendre les frontières de l'Europe", a-t-il écrit sur X le 31 juillet.
Le ministère italien de l'Intérieur a confirmé avoir fermé ses points d'entrée maritimes et aériens en provenance d'Espagne, tout en précisant que cette mesure n'affecterait pas les déplacements des citoyens espagnols et européens vers l'Italie. Les contrôles aux frontières maritimes et aériennes avec l'Espagne seront "ciblés" et ne concerneront que les ressortissants non européens arrivant d'Espagne, a ajouté le ministère. La veille, Giorgia Meloni, elle-même, avait vivement réagi en voyant ces images de migrants courant vers le centre de Ceuta en empruntant la route. "Les images en provenance de Ceuta sont choquantes et démontrent, une fois de plus, que l'immigration clandestine incontrôlée représente une véritable menace pour la sécurité des frontières européennes", avait-elle commenté, avant d'appeler, elle aussi, à la suspension de...
01/08 - Fifa : face à la fronde, Gianni Infantino renonce à son projet controversé de céder la Coupe du mondeOn voit encore les images de Gianni Infantino savourant son heure de gloire sous les confettis de la finale de la Coupe du monde, au sommet d'une Fifa plus puissante et plus riche que jamais. Quelques semaines plus tard, le patron de la Fifa a dû ravaler son aura et l'un de ses projets phares : l'ouverture du capital de l'instance à des investisseurs privés, abandonnée après une contestation sans précédent venue de ses propres confédérations. La Fifa envisageait de lever jusqu'à 4,2 milliards de dollars en cédant environ 20 % des parts d'une nouvelle entité chargée d'organiser ses compétitions, dont la Coupe du monde.
Cette proposition, rendue publique mardi, s'est immédiatement heurtée à une vague de protestations. L'instance dirigeante du football européen, l'UEFA, a notamment menacé de boycotter la Coupe du monde tant que le projet restait d'actualité, accusant la Fifa de vendre "l'âme" du football. Les confédérations asiatique (AFC) et nord-américaine, centrale et caribéenne (Concacaf) se sont également opposées au projet, regrettant de ne pas avoir été suffisamment associées aux discussions.
"Après avoir écouté attentivement tous les points de vue, il est apparu clairement que ce projet avait créé des divisions d'une nature telle que, quel que soit le niveau de soutien, elles ne servaient plus l'objectif initialement fixé", a déclaré Gianni Infantino dans un communiqué diffusé vendredi soir. "Notre objectif a toujours été – et sera toujours – d'unir et d'améliorer....
01/08 - A la poursuite de John le Carré : quand l’écrivain jouait les super-consultants du renseignementLes espions et l’écrivain. En ce tout début des années 1990, la guerre froide agonise, les démocraties occidentales cherchent à anticiper la fin de l’histoire, alors pourquoi ne pas consulter le romancier le plus pointu sur ces affaires ? John le Carré débarque au palais du Quirinal, à Rome, avec un exemplaire dédicacé de La Taupe, son opus sur un traître au sommet du MI6, vendu à plus de cinq millions de copies. Pendant le déjeuner, le président de la République italienne, Francesco Cossiga, le presse de questions : les espions italiens sont-ils bons ? Comment mieux les contrôler ? Pourrait-on vivre sans espions ? A ses côtés, la trentaine de convives, l’ensemble de l’état-major des services de renseignement italiens, reste coite. Seul un homme ose saluer l’homme de lettres, ému. "Toute ma vie… Le moindre mot que vous ayez écrit… La moindre syllabe, dans ma mémoire…", balbutie l’agent secret, selon le récit qu’en fait Le Carré dans son autobiographie, Le Tunnel aux pigeons.
Il existe de nombreux exemples d’écrivains passionnés par l’espionnage. Des agents secrets fascinés par un romancier, c’est plus rare. Et pourtant. Dans de nombreux pays d’Europe, les espions ont consulté, choyé John Le Carré. Pas seulement en raison de ses 60 millions de livres écoulés. "Les livres de Le Carré, à chaque fois, on se jetait dessus. On s’y reconnaissait, on se disait : 'Ça aurait pu être nous'", nous raconte Alain Chouet, chef de service à la DGSE jusqu’au début des années 2000 et...
01/08 - Pologne : comment la guerre des droites pourrait rebattre les cartes en EuropeDepuis quelques jours, la Pologne vit au rythme d’un feuilleton politique digne des plus grandes conspirations de la Rome antique. Dans le rôle de César, Jaroslaw Kaczynski, maître à penser et chef du grand parti souverainiste Droit et Justice (PiS). Dans le rôle de Brutus, Mateusz Morawiecki, son dauphin, ancien Premier ministre et poids lourd de la droite conservatrice.
Dès le mois d’avril, Morawiecki avait affiché sa volonté de peser davantage sur les débats en créant son mouvement "Développement Plus". Une décision vécue comme un affront par la frange la plus fidèle à l’institution PiS. Depuis, rien n'a stoppé l’engrenage : soutenu par une quarantaine d’élus, l’ancien Premier ministre s’est décidé à lancer son propre groupe parlementaire. "Jusqu'au bout, j’ai tenté de trouver un accord. Manifestement, Mateusz Morawiecki avait en tête son plan politique personnel", a tancé Jaroslaw Kaczynski à l'égard de son ancien protégé, qui occupa le fauteuil de chef du gouvernement grâce à sa bénédiction, de 2017 à 2023.
"La trahison fait d'autant plus mal qu'elle ne vient jamais des ennemis, mais de ceux en qui l'on avait placé sa confiance", tacle quant à lui le porte-parole du PiS, Rafal Bochenek, depuis les couloirs de la Diète, la chambre basse du Parlement. Jusqu’ici l’un des visages de la réussite du camp national-conservateur, Mateusz Morawiecki se retrouve désormais relégué au rang de paria, une bascule orchestrée et amplifiée par la puissante machine médiatique du...
01/08 - Autisme : pourquoi les scientifiques envisagent une nouvelle définitionDès 1926, l’autisme a été défini comme un trouble des interactions sociales se manifestant dès la petite enfance. Mais il est apparu plus tard que certaines personnes présentaient des symptômes autistiques similaires sans pour autant avoir eu un développement très perturbé, conduisant notamment à la définition du syndrome d’Asperger (forme d’autisme sans retard de langage ni déficience intellectuelle). Depuis 2013, les classifications médicales internationales ont défini le "trouble du spectre de l’autisme" en regroupant les différentes catégories précédentes, et en élargissant les critères diagnostiques. Cela a naturellement conduit à une augmentation du nombre de diagnostics d’autisme, que certains ont interprété à tort comme une épidémie.
Dernièrement, plusieurs grandes figures de la recherche sur l’autisme, comme la psychologue germano-britannique Uta Frith et le psychiatre franco-canadien Laurent Mottron ont remis en question ces nouveaux critères diagnostiques et la notion de spectre de l’autisme, au motif qu’il regrouperait des personnes ayant des troubles et des niveaux de sévérité trop différents, rendant le diagnostic trop hétérogène. Une étude publiée l’année dernière dans la revue Nature semble leur donner raison, en suggérant que les cas d’autisme diagnostiqués précocement (avant 10 ans) et tardivement (après 10 ans) refléteraient deux sous-types distincts.
L’âge auquel l’autisme est diagnostiqué varie grandement d’un individu à l’autre, allant d’environ 18...
01/08 - Comment Paris s’est décidé à expulser Xenia Fedorova, le visage pro-Poutine de CNewsElle est désormais doublement frappée d’un arrêté d’expulsion et d’un gel de ses avoirs, pour une durée de six mois. Au creux de l’été, Xenia Fedorova, la figure pro-russe de CNews et, plus largement, des médias de Vincent Bolloré, s’est heurtée de plein fouet à la machine étatique française. Les sanctions qui lui ont coup sur coup été imposées sont l’aboutissement de pourparlers menés en toute discrétion ces dernières semaines au sein du gouvernement, avec leur lot de tergiversations.
L’ancienne patronne de RT France, ressortissante russe et qui déroulait sans contradiction les éléments de langage et le récit officiel du Kremlin au micro d’Europe 1 ou encore dans les colonnes du JDNews est, depuis le 29 juillet, sommée de quitter le territoire français par le ministère de l’Intérieur, pour "atteinte aux intérêts fondamentaux de l’État". Le lendemain, les autorités françaises ont couronné cette mesure d’expulsion d’un gel de l’ensemble de ses fonds et ressources économiques, pour mieux "prévenir la commission d’actes d’ingérence".
Sous forte pression politique, et sommés par l’Élysée et Matignon de prendre des mesures fermes à l’encontre de la chroniqueuse, les services de Beauvau se sont attelés plus ardemment à la tâche dès le début du mois de juin. Un épineux dossier refait alors surface : celui du mystérieux renouvellement, en août 2024 et pour dix ans, du titre de séjour de Xenia Fedorova, de son ancien nom Borchik, par le ministère de l’Intérieur et la Préfecture...
01/08 - "Il est fuyant" : François Ruffin, le candidat qui rêvait d’arriver à l’Élysée en auto-stopDécidément, François Ruffin ne fait rien comme les autres. Et entend qu’on le sache. Le voilà perdu, au début de l’été, sur le bord d’une route, quelque part entre Bordeaux et Périgueux, avec son sac à dos et une pancarte en carton. L’éternel solitaire mène une campagne qui lui ressemble, en auto-stop. "J’ai décidé de me débarrasser de la com, de ne plus être entouré et d’y aller tout seul", glisse-t-il à un généreux automobiliste, qui l’a reconnu. Tout seul, mais accompagné, quand même, d’un cameraman, qui publiera les épisodes du périple sur la chaîne YouTube du député de la Somme, façon série Netflix. Après avoir progressé de quelques dizaines de kilomètres, les deux hommes doivent rebrousser chemin, à cause du Tour de France. Retour au point de départ, à Bordeaux. Le candidat se rend-il compte que tout Ruffin est là ? L’élu avance, s’entoure, noue des liens puis les coupe, cheminant seul sur cette (longue) route qui doit l’amener, si tout se passe bien, jusqu’à l’Élysée. François Ruffin, un pas en avant, deux pas en arrière.
Combien d’élus ont été approchés par l’inclassable "député-reporter", avant de n’avoir, du jour au lendemain, "plus de son ni d’image" ? Combien de petits-déjeuners, cafés, déjeuners, dîners et autres agapes a-t-il organisés ? Le nombre de rendez-vous n’y change rien : on ne trompe pas sa nature. "Il est fuyant", relève un élu communiste qui, pourtant, l’apprécie. François Ruffin a bien quelques amis, bien sûr, si tant est qu’on puisse en avoir...
31/07 - Crise des migrants à Ceuta : "Le Maroc envoie un signal à l’Espagne"Les images ont fait le tour du monde : des milliers de migrants massés face aux clôtures de Ceuta, des silhouettes nageant vers l’enclave espagnole, des forces de sécurité dépassées par l’ampleur du mouvement. Depuis le 30 juillet, la petite ville est au cœur d’une crise migratoire sans précédent. Selon le gouvernement espagnol, près de 50 000 personnes sont entrées illégalement en quelques heures à Ceuta. Le bilan humain est très lourd : 57 migrants ont déjà trouvé la mort en tentant de rejoindre ses côtes à la nage, d’après les informations du quotidien espagnol El País. Cette crise migratoire a suscité de nombreuses réactions en Europe, jusqu'aux Etats-Unis. La France a annoncé un renforcement des contrôles à sa frontière avec l'Espagne, tandis que l'Italie a menacé de suspendre Madrid du système de libre circulation interne de l'UE.
Pour L'Express, Haizam Amirah Fernandez, directeur du Centre d'études arabes contemporaines (CEARC) de Madrid décortique les ressorts de cette crise qui va bien au-delà du problème migratoire. Selon cet expert, il ne fait aucun doute que le Maroc a "ouvert sa frontière pour envoyer un signal à l'Espagne". Entretien.
L'Express : Comment expliquer l'ampleur du drame qui vient de se produire à Ceuta ?
Haizam Amirah Fernandez : Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Ceuta compte environ 84 000 habitants. Si 60 000 personnes sont arrivées en quelques heures, cela représente près de 70 % de population supplémentaire d'un coup. Imaginez une ville...
31/07 - L’Iran derrière une cyberattaque dans le Minnesota ? Les soupçons du renseignement américainDes pirates iraniens auraient-ils visé le Minnesota ? C'est en tout cas l'hypothèse du renseignement américain, après une cyberattaque cette semaine visant des dizaines de réseaux municipaux d'approvisionnement en eau dans l'État du Midwest, révèle le New York Times. Des responsables locaux ont indiqué que le puits et l'usine de traitement d'au moins une ville avaient été temporairement mis hors service lundi 27 juillet, tandis que d'autres municipalités de l'État ont dû recourir à des procédures manuelles pour faire face à des tentatives d'attaque contre leurs systèmes automatisés.
Si les enquêteurs n'ont pas encore établi de manière définitive que Téhéran était responsable, ce piratage intervient après plusieurs avertissements urgents des autorités fédérales chargées de la cybersécurité, en avril et en juillet. Celles-ci avaient alerté sur le fait que le Corps des gardiens de la révolution islamique ciblait depuis des mois des appareils connectés à Internet contrôlant les opérations de réseaux d'eau, de traitement des eaux usées et d'installations énergétiques aux États-Unis, provoquant dans certains cas des perturbations. La piste iranienne
Nate George, maire de Braham dans le Minnesota, a indiqué dans un communiqué publié en ligne que les services municipaux avaient détecté l'attaque contre sa ville tôt lundi matin. Après avoir appris qu'au moins quatre autres communes de l'État avaient également été touchées, ils ont conclu que leur usine de traitement de l'eau...
31/07 - Attaques en mer Rouge : l’Arabie saoudite forme une coalition internationale de défense maritimeL'Arabie saoudite a dévoilé jeudi 30 juillet un projet de coalition multinationale de défense maritime visant à protéger la navigation internationale, sécuriser les voies commerciales et les voies d'approvisionnement énergétique dans la région, après des attaques menées par les Houthis yéménites, proches de l'Iran.
Le ministère saoudien de la Défense a indiqué que des représentants de 43 pays et de l'Union européenne avaient participé à une réunion internationale consacrée à ce projet de coalition chapeauté par Riyad. L'objectif : renforcer la sécurité maritime et préserver les intérêts maritimes communs des Etats dans le détroit de Bab el-Mandeb, la mer Rouge et le golfe d'Aden.
Pour l'heure, quatorze pays, dont la Turquie, le Pakistan, l'Égypte, le Soudan et Djibouti, ont annoncé soutenir l'alliance proposée par l'Arabie saoudite. Parmi les six États arabes du Golfe, Oman et les Emirats arabes unis ne figuraient cependant pas parmi les pays ayant apporté leur soutien au projet de défense.Une alliance "purement défensive"
Les Etats membres ont affirmé que la participation aux activités de la coalition resterait une décision souveraine de chaque pays. Cette alliance est "de nature purement défensive, ne vise aucun État, aucune alliance ni aucune organisation internationale, et mènera toutes ses activités dans le plein respect du droit international, tout en respectant la souveraineté des États et en protégeant la liberté de navigation", ont-ils déclaré dans un...
31/07 - L’ascension de Donald Trump expliquée par le MonopolyAlors que les jeux de société font un tabac, certains d’entre eux et le succès qu’ils rencontrent en disent long sur leur époque. Cet été, L'Express décrypte des jeux cultes, de l'abaissement de la culture générale que révèlent les questions du Trivial Pursuit au fil des éditions, au retour du réalisme en géopolitique avec Risk, en passant par les mutations de la mondialisation (Richesses du Monde) et le backlash contre le politiquement correct avec Blanc-manger Coco, devenu incontournable à l’heure de l'apéro. Vous apprendrez aussi pourquoi le vénérable Monopoly valide la stratégie de Donald Trump et permet d’éclairer son élection.
EPISODE 1 - De Hamlet à Cyril Hanouna : ce que le Trivial Pursuit dit du déclin de la culture G
"I like it. What’s next ?" Jeffrey Breslow, l’un des principaux concepteurs américains de jeux, ne finira pas sa phrase. Et tant pis s’il vient à peine de franchir le seuil du vingt-sixième étage de la Trump Tower (New York). Le maître des lieux, qui a publié il y a quelques mois The Art of the Deal (1987), a l’instinct pour ces choses-là - du moins aime-t-il le laisser croire. Et puis comment résister à l’idée d’un jeu à son nom inspiré du célèbre Monopoly ? Il faut dire qu’en plus d’être passé maître dans l’art de décliner sa marque sous toutes ses formes, Donald Trump est aussi un fan absolu du célèbre jeu de société qui, dit-on à l’époque, imprime plus de billets chaque année que le gouvernement américain. Au point que près de vingt ans plus...
31/07 - Missiles Patriot pour l’Ukraine : Donald Trump entretient le flouUne fois encore, Donald Trump pourrait rétropédaler. Le président américain a déclaré ce jeudi 30 juillet qu'il n'avait pas encore décidé s'il autoriserait l'Ukraine à produire des missiles intercepteurs sol-air Patriot, jetant le doute sur la possibilité que Washington accepte l'une des principales demandes de Kiev. Ces déclarations interviennent seulement deux jours après sa rencontre avec son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky à la Maison-Blanche, à l'issue de laquelle ce dernier, satisfait, avait indiqué que les deux dirigeants avaient évoqué "la production de missiles intercepteurs Patriot et plusieurs autres idées".
"C'est une arme très exceptionnelle et… nous devons être un peu prudents quant aux personnes à qui nous accordons des licences", a déclaré au Financial Times le président américain. Début juillet pourtant, lors du sommet de l'Otan en Turquie, Donald Trump avait déclaré que Washington accorderait à Kiev une licence pour produire des missiles Patriot. Ce système de défense aérienne est en effet essentiel pour la capacité de l'Ukraine à intercepter les missiles balistiques russes qui visent Kiev et d'autres villes, d'autant que Vladimir Poutine a récemment augmenté leur production. "Il a l'intention de détruire l'Ukraine, et c’est pourquoi nous cherchons différentes capacités [de défense]. Nous avons réussi dans tous les domaines, mais pour cet hiver, nous avons besoin de missiles", a assuré ce jeudi à des journalistes Olha Stefanishyna, l'ambassadrice...
31/07 - Quand le siège de la DGSE était un camp d’internement du régime de VichyC’est un geste symbolique qui rappelle une histoire méconnue : le 16 juillet dernier, Nicolas Lerner, le directeur général de la sécurité extérieure (DGSE) a dévoilé une plaque au siège des services secrets, boulevard Mortier à Paris, rappelant l’histoire tragique des lieux. Une plaque commémorative au siège de la DGSE
En effet, de 1940 à 1944, la caserne des Tourelles, dans le 20e arrondissement, a servi de camp d’internement sous l’autorité de l’administration française de Vichy. Gardé par la gendarmerie, c’était le seul camp de ce genre à Paris intra muros. Le camp des Tourelles
Environ 8 000 hommes et femmes y ont été internés : "indésirables" étrangers ou français, juifs, communistes et politiques, républicains espagnols, récidivistes de droit commun ou pour infractions économiques, réfractaires au STO… Selon la DGSE, "ce camp a joué un rôle clé dans la persécution antisémite dès son ouverture, servant de premier lieu d’internement des Juifs en région parisienne avant la création du camp de Drancy." Symboliquement, la plaque a été dévoilée le jour de la commémoration de la rafle du Vel d’Hiv en 1942.
Le camp des Tourelles a été un lieu de déportation pour les femmes juives. Ainsi, le 22 juin 1942, 66 femmes juives de moins de 40 ans ont été envoyées directement depuis la gare du Bourget vers Auschwitz – la première déportation de femmes organisée depuis la France.
Plusieurs personnalités ont été détenues aux Tourelles, dont l’ancien ministre EEdgard Pisani...
31/07 - Désarmement du Hamas : ce que l’on sait de l’accord annoncé par Donald TrumpLe Hamas va-t-il se désarmer ? Donald Trump répond oui, le Hamas nuance, et Israël n'a pas encore officiellement répondu. Jeudi 30 juillet, le président américain a affirmé que son Conseil de paix avait obtenu "le désarmement complet du Hamas et de tous les autres groupes armés à Gaza". "Il s’agit d’une étape monumentale vers une paix et une sécurité durables", a souligné le locataire de la Maison-Blanche sur son réseau Truth Social, le Hamas soulignant surtout de son côté que les forces israéliennes devaient d'abord se retirer progressivement du territoire.
L'annonce vise à débloquer la trêve conclue en octobre 2025, après deux ans de guerre déclenchée par l'attaque du Hamas du 7 octobre 2023 en Israël. Sa première phase avait permis la libération des derniers otages israéliens en janvier, en échange de détenus palestiniens. Restait le plus difficile : retirer le Hamas du pouvoir, organiser la sécurité de Gaza et décider ce qui doit commencer entre le désarmement palestinien et le retrait israélien.Le mot qui pose problème
Les parties s’accordent sur le principe d’un processus concernant les armes du Hamas, mais elles n’en donnent ni la même définition ni le même calendrier. Les responsables américains ont décrit jeudi soir un processus en plusieurs étapes : retrait du Hamas des institutions, transfert des armes détenues par la police de Gaza, neutralisation des armes lourdes et des dépôts, désarmement individuel, puis identification et destruction des tunnels. Le...
31/07 - Afflux de migrants à Ceuta : l’Italie réclame l’exclusion de l’Espagne de SchengenLes images ont suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux et à l'international. Après la publication le 30 juillet de vidéos montrant des milliers de migrants pénétrer illégalement dans Ceuta, territoire espagnol situé sur la côte marocaine, les plus hauts responsables politiques italiens ont appelé à exclure l'Espagne de l'espace Schengen. "Les images en provenance de Ceuta sont choquantes et démontrent, une fois de plus, que l'immigration clandestine incontrôlée représente une véritable menace pour la sécurité des frontières européennes", a écrit la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, sur X. "Nous sommes prêts à agir, y compris en recourant à des mesures extraordinaires pour défendre nos frontières et garantir la sécurité de nos citoyens, comme la suspension de l'accord de Schengen avec l'Espagne", a-t-elle ajouté.
Una oleada de personas, miles de ellas, ha cruzado sin control de Marruecos a Ceuta. La Guardia Civil y los medios de emergencia, superados, solo se ocupan de los heridos. Los agentes han tenido que abrir las verjas, porque querían evitar que se forme un tapón… pic.twitter.com/pYFnAmbgLw— EL PAÍS (@el_pais) July 30, 2026
Un peu plus tôt, le chef de la diplomatie italienne Antonio Tajani avait émis la même idée. "Les images qui arrivent de Ceuta démontrent comment le choix du gouvernement de Madrid d'accorder la citoyenneté espagnole, donc européenne, à plus de 500 000 immigrés irréguliers (...) encourage le trafic d’êtres humains", a jugé le...
31/07 - "Les Houthis peuvent reproduire à Bab el-Mandeb ce que l’Iran fait à Ormuz" : l’alerte de Maged Al-MadhajiLa tension dans le détroit de Bab el-Mandeb est à son comble. Depuis des mois, les Houthis multiplient les signaux d'escalade, jusqu'à annoncer la mise en place d'un blocus maritime contre l'Arabie saoudite. Encore le 29 juillet, ils ont affirmé avoir ciblé un pétrolier saoudien, accusé d’avoir "violé le blocus naval" en mer Rouge. Un levier que le mouvement yéménite, adossé à l'Iran, maîtrise désormais à la perfection avec ses missiles, drones, mines navales et vedettes rapides… Autant d'outils qui lui permettent de peser sur l'une des routes commerciales les plus stratégiques de la planète, sans disposer d'une marine de guerre classique.
Cofondateur et président du Sana'a Center for Strategic Studies, l'un des principaux think tanks indépendants sur le Yémen, Maged Al-Madhaji détaille pour L’Express l'ampleur des capacités du mouvement, les intérêts croisés de Téhéran et de Pékin dans ce bras de fer, et le retour, loin d'être anodin, de la piraterie au large de la Somalie. Entretien.
L'Express : Bab el-Mandeb est resté à l'écart des grandes confrontations régionales pendant des décennies. En quoi la montée en puissance des Houthis a-t-elle changé la donne ?
Maged Al-Madhaji : Le détroit a toujours tiré son importance de sa position de passage vital pour le commerce asiatique et les flux énergétiques vers l'Europe. Mais depuis la guerre israélo-arabe de 1973 - lorsque l'Egypte l'avait temporairement fermé - aucune action militaire durable n'était venue perturber la...
31/07 - ETF : diversifier sans avoir à choisir chaque actionFaut-il connaître chaque entreprise, suivre ses résultats et tenter d’anticiper l’évolution de son cours pour investir en Bourse ? Cette représentation reste solidement ancrée chez de nombreux épargnants. Elle occulte pourtant une autre manière d’accéder aux marchés : les ETF. Ces fonds cotés en Bourse ont pour objectif de suivre la performance d’un indice, d’un secteur, d’une zone géographique ou d’une classe d’actifs. Un seul ETF peut ainsi répliquer le CAC 40, le S&P 500, le Nasdaq 100, le MSCI World ou encore un marché obligataire.
"L’un des principaux intérêts des ETF est de déplacer la question. L’investisseur n’a plus nécessairement à se demander quelle action choisir parmi des centaines d’entreprises, mais à quelle dynamique économique il souhaite s’exposer : un marché mondial, une région, un secteur ou une classe d’actifs", explique Daniel Gravier.
Plutôt que de sélectionner des titres un par un, l’investisseur accède donc à un panier construit selon une logique connue à l’avance. Il peut s’en servir comme socle de diversification ou pour compléter une stratégie plus ciblée.La simplicité d’accès ne dispense pas de méthode
Tous les ETF ne se ressemblent cependant pas. Deux fonds suivant un même indice peuvent se distinguer par leurs frais de gestion, leur liquidité ou leur capacité à reproduire fidèlement la performance de leur référence. La méthode de réplication, physique ou synthétique, le traitement des revenus, distribués ou réinvestis, la devise de...
31/07 - "Doppio Mike", le sulfureux espion italien proche de la CIA et des politiquesUn complot fomenté sur une aire d’autoroute ? En mai 2021, la chaîne italienne Rai 3 se passionne pour une vidéo de Matteo Renzi, l’ancien premier ministre, aperçu sur un parking, à trente kilomètres au nord de Rome. Le sénateur, aux ambitions intactes, porte un masque chirurgical : la scène se déroule le 23 décembre 2020, en pleine épidémie de Covid. Reconnaissant l’élu, une enseignante de passage en voiture l’a filmé. Si les médias se déchainent, c’est en raison de l’identité de son interlocuteur, à la chevelure mi-longue argentée. Il s’agit de Marco Mancini, 60 ans, dirigeant de la coordination du renseignement (DIS). Un habitué des coups très tordus. Il est placé en retraite anticipée dans les semaines qui suivent.
Cinq ans plus tard, Marco Mancini est une petite star, un abonné des plateaux de la Rai, après une tournée triomphale de dédicaces de ses mémoires, Le regole del gioco, "les règles du jeu" en français. L’agent secret a joué avec toute sa vie, au point d’être emprisonné à deux reprises. A lui seul, il pourrait incarner les affres du renseignement italien : un mélange des genres avec la politique et une certaine propension à tester les limites des lois qu’il est censé protéger. "J’adore Marco mais c’est un combinard, sans cesse en train d’intriguer pour décrocher un poste", sourit un ex-agent de renseignement. "Méthode Mancini"
Surnommé "Tortellino", du nom des pâtes emblématiques de la région de Ravenne, où il est né, Marco Mancini débute chez les...
31/07 - "Ces renforts sont impératifs" : dans les coulisses de la mobilisation européenne contre les incendiesUn feu hors de contrôle, erratique et imprévisible. En ce vendredi 24 juillet, les sapeurs-pompiers français luttent déjà depuis trois jours contre l’incendie qui ravage les alentours du bassin d’Arcachon et de l’agglomération bordelaise, en Gironde. Les flammes ont dévoré plus de 10 000 hectares en 72 heures et entraîné l’évacuation d’environ 40 000 personnes, sans que le brasier ne puisse être fixé. À plus de 700 kilomètres de là, les pompiers suisses observent, impuissants, la progression du feu, et devinent l’épuisement de leurs confrères français.
Habitué à travailler de l’autre côté de la frontière, notamment en coopération avec le département de Haute-Savoie, le Groupement du Service d’Incendie et de Secours (GSIS) de Genève prend alors l’initiative de proposer un appui à la France par l’intermédiaire de la Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises (DGSCGC). "Tout est allé très vite : nous avons fait une proposition de moyens à 12 heures, et la France nous a confirmé les besoins à 16h36 précisément. Dès le lendemain, un détachement de 34 pompiers suisses volontaires et professionnels partait pour la Gironde", raconte à L’Express le lieutenant-colonel Frédéric Jaques, commandant adjoint du GSIS Genève.
Sur le terrain, leur aide est plus que bienvenue. Dès son arrivée, dans la nuit du 25 au 26 juillet, le détachement est mobilisé pour éteindre le feu dans un champ de panneaux photovoltaïques. Dans les jours qui suivent, les pompiers...
31/07 - Canicules, orages de cendres, maladies : le réchauffement climatique va-t-il réduire notre espérance de vie ?Pour mesurer la santé d’une société, les scientifiques disposent d’un indicateur. Une formule mathématique révélatrice des affres du présent et dont le nom, chose rare chez les chercheurs, n’est pourtant pas bien impressionnant. Ceux qui veulent connaître le futur d’une population n’ont qu’à y jeter quelques chiffres - les décès d’une classe d’âge dans une période donnée par exemple - puis en ajouter d’autres - ceux de la génération d’avant - et en quelques instants, une photographie se dévoile, un instantané du temps moyen qu’il nous reste à vivre.
L’outil, appelé "espérance de vie du moment", permet de simuler le nombre d’années devant nous si tout se passait aux conditions actuelles, en agrégeant au même endroit toutes les causes de mortalité de la période. Jusque dans les années 2000, ce sismographe du temps présent est resté quasiment plat, en progression légère mais régulière, porté par l’amélioration des conditions de vie et de la médecine. Mais depuis quelques années, il ne cesse de s’agiter, griffonnant des pics de plus en plus haut, comme si quelque chose affectait la stabilité de nos existences. La première fois que la "terre" s’est mise à trembler, que l’espérance de vie du moment s’est mise à reculer, Jean-Marie Robine, démographe et directeur de recherche à l’Inserm s’en souvient très bien. C’était l’été 2003, en pleine canicule.
Cette année-là, les températures furent si fortes qu’elles entraînèrent le décès précoce de plus de 15 000 personnes en quelques...
30/07 - La "Maison Russie" qui a fait du MI6 le meilleur service secret d’EuropeL'homme à la broche en forme de hibou entre dans une salle à Vauxhall Cross, le siège du MI6 à Londres. En mars 2022, Joško Kadivnik, directeur de l'agence de renseignement slovène - surnommée la "Sova", ou "hibou" - s'attend probablement à des éléments sur l'invasion russe en Ukraine. Il n'en est rien. Le MI6 et la CIA suivent depuis plusieurs mois la piste d'illégaux russes, ces espions clandestins venus de Moscou. Deux d’entre eux se cachent quelque part en Slovénie. Le service secret londonien charge donc son homologue de l'enquête. Le même mois, les Britanniques indiquent à la Pologne un autre illégal sur son territoire. Tous sont arrêtés dans l'année.
Relatée par les journalistes Drew Hinshaw et Joe Parkinson dans Swap : The secret history of the new Cold war (Ed. Harper, 2025), l'anecdote illustre le leadership britannique auprès des services secrets européens sur le dossier russe. En 2021, Londres - toujours avec la CIA - avait déjà alerté sur l'imminence d'une invasion russe en Ukraine. Une expertise de pointe née d'une humiliation
Rien de nouveau : le MI6 concentre une grande partie de ses efforts sur la Russie depuis la révolution de 1917. Son réseau d'informateurs a permis plusieurs fois d'éviter la catastrophe pendant la Guerre froide. Son expertise tient à un savoir-faire inscrit dans l'ADN du service : compréhension fine du monde russe et priorité au renseignement humain. "Ce domaine a toujours attiré les officiers les plus ambitieux et les plus...
30/07 - Stress, mauvaise humeur... Ce que dit une nouvelle étude sur l’usage excessif d’InternetDeux minutes sur Internet restent rarement deux minutes, mais elles peuvent très bien devenir une mauvaise humeur et trois tâches à finir le lendemain. Une étude de l'université de Duisbourg-Essen, publiée ce mercredi 29 juillet dans le journal PLOS One, précise toutefois que le problème ne tient pas seulement au nombre d'heures passées en ligne, Il commence lorsque l'usage devient difficile à contrôler et fait passer le travail, le sommeil ou les relations après la prochaine connexion.
Les chercheurs ont suivi 900 adultes allemands âgés de 18 à 65 ans, utilisateurs de jeux vidéo, de réseaux sociaux, de pornographie ou de sites d'achat. Après les avoir répartis entre usages non problématiques, à risque ou pathologiques, ils ont évalué chaque jour pendant quatorze jours leur humeur, leur stress, leur envie de se connecter, le temps consacré à l'activité et ce qu'ils avaient négligé. L'équipe a recueilli 11 139 questionnaires : de quoi comparer les impressions avec les habitudes. L'envie avant l'humeur
Le résultat le plus net concerne la tentation de se connecter. Plus elle augmentait au cours d'une journée, plus la probabilité de pratiquer l'activité en ligne concernée progressait. Elle constituait un meilleur indicateur que le stress ou la mauvaise humeur pris isolément. "Plus que le stress ou l'humeur seuls, c'est l'envie momentanée d'aller en ligne qui détermine l'usage", explique Andreas Oelker dans un communiqué de PLOS.
Les jours où cette envie était plus forte,...
30/07 - Guerre en Ukraine : la Pologne accuse la Russie après la chute d’un missile sur son territoirePourrait-il s'agir d'un missile russe ? Les premières réactions laissent peu de place au doute, depuis la découverte d'un objet non identifié à ce stade tombé dans l'est de la Pologne au cours de la nuit du 29 au 30 juillet. Les autorités locales ont retrouvé un cratère de dix mètres de diamètre et des débris éparpillés dans un champ, à la suite de signalements d'une explosion. "Tous les éléments indiquent qu'il s'agissait d'un missile balistique russe Kh-101, mais nous voulons être certains à 100 % du type de missile et de son auteur", a déclaré Donald Tusk, le Premier ministre polonais, lors d'une réunion d'urgence ce jeudi. "Il n'y avait pas de menace directe, car le missile est tombé dans une zone inhabitée. Nous étions prêts à l'abattre s'il avait poursuivi sa trajectoire", a-t-il ajouté.
La Pologne a d'ailleurs fait décoller dans la nuit des avions de chasse pour sécuriser son espace aérien après que des frappes russes ont fait au moins huit morts dans l'Ukraine voisine, lors d'attaques qui ont atteint jusqu'à la ville occidentale de Lviv.
Cet épisode est le dernier d'une série d'incursions dans l'espace aérien de pays situés sur le flanc oriental de l'Otan, notamment la Roumanie et les États baltes, qui alimentent les craintes d'un débordement de la guerre en Ukraine au-delà des frontières de l'Alliance. En septembre dernier, lors d'une autre nuit de frappes sur l'ouest de l'Ukraine, une vingtaine de drones russes étaient entrés en Pologne. S'il s'agissait de...
30/07 - Quand les médecines alternatives noyautent les facs : la liste exclusive des diplômes pseudoscientifiquesAssis en tailleur, les yeux fermés, deux étudiants s’enlacent, et à côté, trois autres se tortillent, ils rampent, grimpent les uns sur les autres. Vêtue de vêtements amples, la maîtresse de séance veille, elle vérifie çà et là les postures, répète doctement les principes de son cours, puis vite, les disciples du jour se mettent en boule, guidés par les sonorités vibrantes des bols tibétains et quelques envolées spirituelles à propos de la "conscience des cellules".
Raconté de la sorte dans une vidéo de présentation publiée en ligne, l'atelier a des airs de cérémonie religieuse. Ces exercices semblables à des rites initiatiques font pourtant partie du "diplôme universitaire Pratique d'éducation somatique" de la faculté des sciences de Lyon 1, une formation académique certifiée par l'établissement et censée aider les professionnels du secteur de la santé à rester au niveau. En trente jours et pour quelques milliers d'euros, le cursus promet d'initier au "Body-Mind Centering®", au "Life Art Process®" ou encore au Mouvement Authentique, des arts qui prétendent "guérir" par la seule force de "l'intuition" et dont les principes ne figurent dans aucun manuel de médecine.
Des apprentissages ésotériques, au cœur de l’université ? Ce module aux curieux intitulés n’est pas le seul à invoquer l’au-delà en guise de procédé thérapeutique. Ces derniers temps, nombreux sont les dispositifs de formation en santé à faire parler d'eux, véhiculant des concepts non éprouvés ou à risque de...
30/07 - Guerre en Iran : ces lanceurs de missile que Téhéran aurait achetés à la ChineEngagé dans une guerre qui n'en finit plus avec les Etats-Unis, l'Iran se tourne vers la Chine. D'après Reuters, Téhéran s'apprêterait à recevoir d'ici quelques semaines une première livraison comprenant 300 à 400 systèmes de missile sol-air portatifs (MANPADS) chinois, notamment des missiles QW-12 et FN-16.
Cet achat, d'une valeur estimée entre 60 et 70 millions de dollars, constitue l'une des plus importantes initiatives réalisées par Téhéran, en matière d'armement à courte portée, depuis le début du conflit en février. L'Iran cherche ainsi à réduire ses lacunes défensives, concernant notamment la protection des sites militaires et des infrastructures stratégiques. Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, les États-Unis et Israël ont frappé de nombreuses installations iraniennes liées à des programmes de missiles, de drones et de défense aérienne. Le conflit a ainsi souligné la difficulté pour Téhéran de défendre des sites militaires et stratégiques fixes contre des aéronefs de pointe et des armes à guidage de précision.
Face à la reprise des frappes américaines et des négociations toujours en cours, la livraison de centaines de MANPADS viendrait considérablement renforcer le parc d'armes de défense aérienne à courte portée de l'Iran et démontrer l'intensification des liens militaires avec la Chine.Les parties concernées démentent
Selon les sources de Reuters, l'accord a été signé avec Zhongqing Baoshang International Investment, une société basée à Hongkong,...
30/07 - Gregory Gause III : "MBS veut la même relation qu’Israël avec les Etats-Unis"Des frappes conjointes lourdes de sens. Pour la première fois, l'Arabie saoudite a coordonné, le 29 juillet, une offensive ciblée avec les forces américaines en Irak contre des milices liées à l'Iran. Cette intervention fait suite aux accusations de Riyad, qui affirme que des factions irakiennes ont mené ces derniers jours plusieurs attaques de drones contre des installations pétrolières saoudiennes. Une opération qui, selon Gregory Gause III, en dit long sur ce que Riyad attend désormais de Washington. Professeur émérite à la Bush School of Government (Texas A&M) et chercheur associé au Middle East Institute de Washington, ce fin connaisseur des monarchies du Golfe décrypte pour L'Express les logiques d'une région prise dans un engrenage militaire. Rivalité feutrée entre Mohammed ben Salmane et Mohammed ben Zayed, milices pro-iraniennes tiraillées entre autonomie et loyauté à Téhéran, un Premier ministre irakien qui doit ménager Washington et Téhéran, jusqu’au coup de pression de Trump pour pousser Riyad vers les accords d'Abraham…
Autant d’enjeux qui, selon lui, convergent vers un même constat : la dynamique d’escalade régionale a repris de la vigueur ces derniers jours. Et si les Emirats arabes unis seraient pour le moment sortis du champ de tir iranien grâce à un arrangement noué avec Téhéran, la Jordanie, Bahreïn et le Koweït, eux, continuent d'en payer le prix. Entretien.
L'Express : L'Arabie saoudite a mené une frappe coordonnée avec les Américains en Irak...
30/07 - Etats-Unis : à trois mois des élections de mi-mandat, la popularité de Donald Trump dégringoleLes semaines passent, et la popularité de Donald Trump continue de s'éroder. Selon un sondage de CNN réalisé par SSRS publié le 29 juillet, la cote de popularité globale du président américain s'établit actuellement à 34 %, soit son plus faible niveau depuis son arrivée au pouvoir, à égalité avec le score enregistré à la fin de son premier mandat, après l'assaut du Capitole du 6 janvier 2021. Désormais, la moitié des Américains déclarent désapprouver fortement son action, un record depuis le début de ses mandats, tandis que seuls 15 % affirment l'approuver fortement.
En cause notamment : la guerre en Iran. Selon un précédent sondage Reuters/Ipsos, seul un Américain sur trois soutient aujourd'hui le conflit contre Téhéran, et la majorité des personnes interrogées estime que le président n'est pas parvenu à expliquer clairement les objectifs de cette guerre. Il faut dire que Donald Trump a avancé des objectifs changeants pour justifier le conflit : aider les Iraniens à renverser leurs dirigeants, détruire les capacités balistiques de l'Iran ou encore empêcher Téhéran de se doter de l'arme nucléaire. D'après CNN toujours, 73 % des adultes américains estiment que le dirigeant n'a pas accordé suffisamment d'attention aux problèmes les plus importants du pays, et seuls 27 % jugent qu'il a fixé les bonnes priorités. Deux tiers des Américains pensent ainsi que la politique de Donald Trump a aggravé la situation économique des Etats-Unis, et que ses décisions militaires en Iran...
30/07 - Blocage du détroit d’Ormuz : comment le canal de Panama profite de la crise au Moyen-OrientUn canal, ça canalise ? Celui du Panama fait tout pour. Depuis que la guerre entre les États-Unis et l’Iran a presque interrompu le trafic dans le détroit d’Ormuz, la voie d’eau de 80 kilomètres fonctionne près de sa capacité maximale, avec 36 à 40 passages par jour. En avril, le nombre de méthaniers qui l’ont empruntée a presque doublé sur un an. Privés d’une partie de leurs approvisionnements en provenance du Golfe, plusieurs pays achètent davantage d’énergie américaine. Une demande supplémentaire qui se répercute sur le canal de Panama, déjà très utilisé pour acheminer le gaz des États-Unis vers l’Asie.
Le commerce mondial cherchait donc une solution de repli. Il l’a trouvée, avec les conditions générales de vente. Le canal ne représente que 5 à 6 % du commerce maritime mondial, mais son importance tient à ce qu’il transporte. Depuis son agrandissement en 2016, il accueille les cargaisons américaines de gaz naturel liquéfié (GNL) et de gaz de pétrole liquéfié (GPL). Environ un million de barils de GPL y transitent chaque jour, entre le golfe du Mexique et les usines pétrochimiques asiatiques. Le canal continue de transporter des marchandises très diverses, des voitures aux engrais en passant par les fruits. Mais la hausse actuelle du trafic tient surtout aux cargaisons énergétiques.Un créneau à quatre millions de dollars
Avant la fermeture du détroit d’Ormuz, un passage attribué aux enchères coûtait en moyenne entre 135 000 et 140 000 dollars. En avril et mai, la...
30/07 - Guerre en Iran : Brad Cooper, l’amiral américain prêt à intensifier les frappesIl était jusqu'à présent resté dans l'ombre des principaux conseillers militaires de Donald Trump, dans la guerre opposant les Etats-Unis à l'Iran. Mais ces dernières semaines, la presse a révélé le rôle clé qu'il jouait dans la suite des opérations. Alors que Washington a lancé dans la nuit de ce mercredi 29 au jeudi 30 juillet une première riposte contre l'Iran après une attaque surprise de missiles iraniens survenue mardi, le président américain pourrait donner son feu vert au plan de l'amiral Brad Cooper, chef du Commandement central américain (CENTCOM).
Cette option prévoit dix à quatorze jours de frappes aériennes intensives destinées à paralyser les capacités balistiques iraniennes. Selon des personnes proches du dossier citées par le Wall Street Journal, elle viserait à dépasser le cadre des simples frappes de représailles, qui n’ont jusqu'à présent guère réussi à dissuader Téhéran de menacer les navires circulant dans le détroit d'Ormuz ou de tirer des missiles contre les forces américaines déployées dans la région. "En frappant très fort", dixit Brad Cooper, l'objectif serait d'accroître considérablement l'intensité du conflit, afin d'affaiblir davantage les capacités iraniennes et de limiter le recours aux munitions défensives américaines.
Le général Dan Caine, président de l'état-major interarmées et autre conseiller du président, se montre de son côté plus dubitatif, soulignant la diminution croissante des stocks américains d'intercepteurs de défense...
30/07 - "J’espère que vous allez bien" : quand le développement personnel fait de la politesse un signe de faiblesseDepuis quelques années, un même refrain revient dans les livres de développement personnel, chez certains "experts" en leadership et conférenciers TEDx, sur les réseaux sociaux, voire sur des comptes qui semblent générés par une IA : des formules aussi banales que "désolé de te déranger", "je me permets" ou "j'espère que vous allez bien" seraient devenues des marques de faiblesse. Des ralentisseurs de carrière. Sur YouTube, la coach américaine Shira Miller affirme ainsi devant son auditoire : "Si quelqu'un est en retard à une réunion, je préfère de loin qu'il dise Merci pour votre patience plutôt que de s'excuser encore et encore en faisant de ce retard le point central de notre échange."
Même son de cloche chez Maja Jovanović, qui se présente comme sociologue, auteure et experte en développement de la confiance en soi. "Comment les excuses tuent notre confiance en soi", l'oratrice fait la chasse aux phrases du type "Désolé, est-ce que c'est un bon moment ?" ou "Puis-je vous interrompre ?", qu'elle juge symptomatiques d'un manque d'assurance, surtout chez les femmes. Sarthak Ahuja, un "banquier d'affaires, formateur en entrepreneuriat", suivi par près de 300 000 abonnés sur YouTube, recommande de bannir de nos emails les formules "J'espère que vous allez bien" (qu’il invite à remplacer par "Bonjour, je vous contacte au sujet de") ou "Je me permets de revenir vers vous concernant..." (qui, selon lui, nous fait là aussi perdre en assurance).
En France, le phénomène reste...
30/07 - Air Force One : comment Donald Trump a poussé pour utiliser l’avion offert par le QatarPour transporter un président américain, les dorures restent facultatives ; les contre-mesures antimissiles, nettement moins. Donald Trump vient d'en faire l'expérience avec son nouvel Air Force One, un Boeing 747-8 offert par le Qatar, petit bijou transformé dans l'urgence pour que le locataire de la Maison-Blanche puisse l'utiliser pour ses déplacements, et mis en service ce 1er juillet. Une semaine plus tard, après l'identification d'une menace crédible de groupes iraniens contre le président, le Secret Service demandait à ce dernier de quitter la Turquie, où il s'était rendu pour participer à un sommet de l'Otan, à bord de l'ancien appareil utilisé jusque-là. De par ses mots, Donald Trump le reprenait "pour le bon vieux temps" : celui-ci disposait surtout des protections que ses gardes du corps connaissaient déjà.
Le calendrier a sa part à jouer dans l'histoire : comme le raconte une longue enquête du New York Times, Donald Trump voulait inaugurer son nouvel appareil avant le 4 juillet 2026, date du 250e anniversaire des États-Unis. L3Harris, prestataire militaire sélectionné pour moderniser l'avion qatari, a donc mobilisé jusqu'à 400 salariés, répartis sur trois équipes, pour achever en huit mois une transformation qui aurait normalement demandé plusieurs années. Le président a personnellement validé la décoration, la peinture extérieure, les communications et les dispositifs de sécurité, quitte à faire fi des objections de son service de sécurité. L'Air Force n'a...
30/07 - La productivité scientifique des Etats-Unis pourrait doubler : "La doctrine Kratsios pose exactement les bons constats"En 1945, l'iconique rapport de Vannevar Bush posait le cadre qui allait transformer la machine scientifique américaine en rouleau compresseur. En 2026, la doctrine de Michael Kratsios, conseiller du président Donald Trump, promet de la métamorphoser de nouveau. Son but ? Rien de moins que doubler la productivité scientifique en dix ans sans dépenser plus. A l’heure de l’IA, l’objectif n’a cependant rien d’insensé. Explications avec André Loesekrug-Pietri, président de la Joint European Disruptive Initiative (Jedi) qui se trouvait aux côtés des grands patrons de laboratoires américains, lors de la présentation du rapport “Science : A New Golden Age” à Washington.
L'Express : Quels sont les points clés de cette doctrine Kratsios qui veut refonder la politique scientifique des Etats-Unis ?
André Loesekrug-Pietri : D'abord, elle souligne l'importance de financer les meilleurs et non le grand nombre. L'écart se creuse entre les scientifiques classiques et ceux qui tirent un secteur, attirent les meilleurs doctorants et créent l'effet d'entraînement. Il y a un vrai star-system, assez proche de celui du sport : quand un très bon profil part, il en emmène d'autres avec lui. C'est toute la guerre entre les grands de l'IA. Meta a annoncé des salaires allant jusqu'à 100 millions de dollars. Quand Yann LeCun lève des fonds, c'est sur son nom.
Quand Nvidia annonce il y a deux jours
30/07 - Incendies : l’armée bientôt confrontée à ses limites ?Un A400M survolant le ciel hexagonal, rejetant des tonnes d'un produit rouge vif au-dessus d'un brasier de plusieurs milliers d'hectares. La scène a des airs d'apocalypse. Elle pourrait devenir de plus en plus commune à l'avenir. Face à l'incendie incontrôlable se déchaînant dans les Landes et en Gironde en cette mi-juillet, l'appareil a été équipé d'un kit de largage de retardant. Un dispositif inédit, fruit d'une convention signée entre le ministère des Armées et de l'Intérieur ce 17 juillet, déployé pour venir en appui à la sécurité civile.
Les événements de cette année obligent à prendre des mesures d'une envergure inhabituelle. En cause, la taille de l'incendie en cours en Nouvelle-Aquitaine : 42 000 hectares ravagés, plus de 230 000 personnes évacuées, auxquels s'ajoutent plusieurs autres foyers d'incendies sur le territoire, notamment dans le Var ou en Corse. Sept des douze Canadair de la protection civile ont été mobilisés ces 25 et 26 juillet pour lutter contre les flammes, le reste étant en maintenance. Le mécanisme de protection civile de l'Union européenne est venu prêter main forte à la France : sept avions et quatre hélicoptères et des pompiers fournis par sept Etats membres.
Mais la nouveauté de cet été est bien militaire. En plus de l'A400M, d'autres équipements ont aussi été mis à contribution. Parmi eux, un drone MQ-9 Reaper et plusieurs autres modèles surveillent la progression des feux, ainsi que des hélicoptères Caracal et deux avions - un A330...
30/07 - Qui sont les meilleurs espions d’Europe ? Les coulisses de notre classementUn classement d’espions, vraiment ? En vue de raconter le renseignement en Europe sous un œil inédit, une petite équipe à L’Express s’est mis en tête, vers le début du printemps, de proposer une hiérarchie des agences spécialisées. Un palmarès comme celui des meilleurs lycées ou des pires hôpitaux ? Pas vraiment. A la différence des établissements scolaires ou des bons vins, l’espionnage est une matière secrète. Il n’y aura jamais de Coupe du monde des sabotages de gazoducs, aucun concours des meilleures taupes au Kremlin sous Poutine. Dans cette guerre de l’ombre, les exploits doivent rester invisibles. On aurait pu en conclure qu’il serait vain, voire grotesque, de classer les agents secrets. Nous avons pensé le contraire : voilà exactement pourquoi ce classement, réalisé par soixante professionnels du renseignement, issus de vingt-cinq pays, est important.
Retrouvez notre classement > MI6, DGSE, Ukraine... L'Express dévoile le palmarès inédit des meilleurs espions d'Europe
Parce que l’espionnage est une discipline hautement secrète, le grand public n’a que peu de moyens de se faire une idée des performances d’agents payés par le contribuable, pour un budget oscillant entre 1 et 5 milliards d’euros annuels dans les grands pays d’Europe. Encore plus dommageable quand on mesure que disposer d’espions compétents est devenu un attribut de la puissance des Etats, comme le fait de posséder la bombe atomique, un porte-avions ou un siège au Conseil de sécurité de...
29/07 - Retraits en série, procureur révoqué et offensive américaine : la CPI en eaux troublesUne tempête s'abat sur la Cour pénale internationale. La CPI est actuellement confrontée à de nombreux défis, entre le retrait de plusieurs Etats membres, la destitution de son procureur Karim Khan et la campagne lancée par les Etats-Unis pour l'affaiblir, remettant son autorité supranationale en cause.
Ce lundi 27 juillet, le Tchad est devenu le cinquième pays à annoncer se retirer de la CPI en l'espace d'un mois. Dans un communiqué, N'Djaména a présenté sa décision comme "l'aboutissement d'un examen approfondi du fonctionnement" de l'institution, dont l'efficacité serait "limitée et à géométrie variable". Le gouvernement dénonce en particulier une "instrumentalisation politique" contre le continent africain, avec pour preuve le fait que sur les treize enquêtes ouvertes par la Cour depuis son entrée en vigueur, neuf "concernent des Etats africains".
Cette décision intervient alors que les organisations nationales et internationales accusent le Tchad de soutenir au Soudan le général Hemedti, chef des paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), lui-même accusé de violations des droits fondamentaux.Une institution "politisée", selon ses détracteurs
Le retrait du Tchad de la CPI, organe de justice internationale créé en 2002 pour juger les auteurs de crimes de guerre et crimes contre l'humanité, a eu lieu trois jours après l'annonce de celui du Venezuela, pour des motifs similaires. La présidente du pays par intérim, Delcy Rodriguez, a assuré vendredi que cette...
29/07 - Soixante espions ont voté : voici le classement inédit des meilleurs services secrets d’EuropeFont-ils bien le même métier ? Mi-juin, un militaire lituanien musculeux nous raconte la guerre en Ukraine en buvant des ginger beer sur un tabouret dans la rue, près de la Gare du Nord. Un tempérament aux antipodes du Français ventru rencontré dans un lieu cossu quelques jours auparavant, un adepte des sigles compliqués et des cocktails d’ambassade. A en croire leurs fonctions récentes, ils ont pourtant très probablement mené des opérations de concert.
Pendant trois mois, L’Express s’est immergé dans l'Europe des espions, démarchant une centaine d’hommes de l’art. L’objectif ? Raconter la guerre invisible du Vieux Continent, en questionnant le constat du diplomate britannique Alexander Cadogan. Cet ancien conseiller de Churchill décrivait le renseignement comme le "chaînon manquant" des analyses géopolitiques. Secret oblige, le grand public n’aurait accès qu’à une version incomplète, parfois trompeuse, des bouleversements de l’histoire.
Les espions ne se laissent pas facilement aller aux confidences. Mais beaucoup revendiquent, sans trop en dire, cette théorie, avec souvent en tête une opération qui a tout changé, en Iran, en Ukraine, en Syrie. Y compris dans le regard porté sur le pays détenteur d’un renseignement décisif. "Venant des Affaires étrangères, je ne m’imaginais pas l’intensité des relations de renseignement entre les pays. C’est beaucoup plus nourri que la diplomatie", confie un ancien directeur du renseignement suisse.
Pour arracher des détails sur la...
29/07 - Allemagne : Friedrich Merz sous le feu des critiques après un remaniement laborieuxCe remaniement gouvernemental devait relancer le mandat du chancelier allemand. Il s'est pourtant transformé en crise politique au sein de son propre camp, l'Union chrétienne-démocrate (CDU), qui menace de sérieusement fragiliser Friedrich Merz. Après plusieurs jours de spéculations, celui-ci a finalement annoncé le 27 juillet la nomination de Steffen Bilger, 47 ans, ancien secrétaire d'État aux Transports entre 2018 et 2021, au poste de ministre des Transports.
Ce dernier remplace Patrick Schnieder, que Friedrich Merz jugeait insuffisamment efficace face aux retards chroniques de la compagnie ferroviaire Deutsche Bahn et au manque de projets destinés à moderniser les infrastructures allemandes. Objectif pour le nouveau ministre : faire en sorte que l'Allemagne devienne "plus rapide et meilleure, pour ouvrir une nouvelle ère de progrès".Chaises musicales
C'est la dernière nomination attendue. Plus tôt dans le mois, un vaste jeu de chaises musicales avait été déclenché par la démission le 18 juillet de Jens Spahn, chef du groupe parlementaire CDU/CSU au Bundestag, qui avait alors quitté ses fonctions après avoir annoncé la naissance d'un fils par gestation pour autrui (GPA) aux États-Unis. Une pratique interdite en Allemagne, et à laquelle il s'était lui-même opposé.
Pour lui succéder, Friedrich Merz a choisi son fidèle directeur de cabinet Thorsten Frei, 52 ans, dont la nomination vient d'être approuvée ce mercredi par les députés de l'alliance conservatrice CDU/CSU....
29/07 - Fifa : avec Gianni Infantino, la financiarisation du football mondial à son paroxysmeA peine retombé le souffle d'une Coupe du monde à la taille et aux retombées économiques inédites, la Fédération internationale de football (Fifa) et son président, Gianni Infantino, entendent repousser les limites. L'instance a annoncé, mardi 29 juillet, son intention de créer une société commerciale, regroupant plusieurs de ses activités - le sponsoring, la billetterie, l'octroi de licences ou encore la gestion opérationnelle de la compétition -, dont une fraction des parts serait vendue à des investisseurs privés. A la clé, une rentrée d'argent qui pourrait avoisiner 10 milliards de dollars et serait ensuite redistribuée aux 211 fédérations qui composent l'organisation.
L'opération, qui consisterait à lever 4,2 milliards de dollars dès cette année, serait notamment menée un consortium présidé par Thrive Eternal, un fonds d'investissement lancé récemment par Joshua Kushner, frère de Jared Kushner, qui n'est autre que le gendre de Donald Trump. Un curieux mélange des genres lorsque l'on connaît la proximité entre Gianni Infantino et le président américain. C'est ce dernier qui avait personnellement appelé le patron de la Fifa pour faire annuler le carton rouge - pourtant incontestable - du joueur américain Folarin Balogun, avant le huitième de finale qui opposait les Etats-Unis à la Belgique en juillet.Une financiarisation à l'œuvre depuis plusieurs années
Si la Fifa promet que les potentiels futurs actionnaires de la nouvelle entité Fifa Forward Enterprise (FFE) ne...
29/07 - Etats-Unis : la Maison-Blanche fait d’une pierre deux coups en interdisant les robots chinoisDepuis ce mardi 28 juillet, la Federal Communications Commission (FCC), le régulateur américain des télécommunications, bloque l'homologation des nouveaux "dispositifs robotiques avancés" fabriqués à l'étranger. Humanoïdes, chiens-robots ou machines sur roues : les appareils mobiles capables de naviguer et de transmettre des données sont cernés. La mesure ne nomme aucun pays, mais vise d'abord la Chine, premier fabricant mondial du secteur.
Les modèles déjà autorisés par la FCC ou utilisés aux États-Unis peuvent rester en circulation. En revanche, les nouveaux appareils étrangers ne pourront plus obtenir l'autorisation nécessaire à leur commercialisation. L'agence pourra également réexaminer les homologations existantes. Comme lors de précédentes restrictions visant les drones et les routeurs, elle devrait ensuite exempter certains fournisseurs non chinois.
La justification américaine tient en trois risques : l'espionnage, le vol de données et la prise de contrôle à distance. Ces robots combinent capteurs, intelligence artificielle et connexion à Internet. La Maison-Blanche estime qu'ils pourraient circuler dans une usine, observer leur environnement, approcher des infrastructures sensibles et recevoir des instructions de l'extérieur. Selon la FCC, un acteur hostile pourrait exploiter les informations collectées, renforcer les capacités d'un service de renseignement ou commander la machine à distance. Un robot peut mal serrer un boulon ; il peut aussi enregistrer tout...
29/07 - "L’Odyssée de Nolan est moins féministe que l’œuvre d’Homère" : l’analyse de l’helléniste Edith HallAvec plus de trois millions d’entrées en France en deux semaines, "L’Odyssée" s’impose déjà comme l’un des grands succès cinématographiques de l’année. Et ce, malgré les polémiques alimentées par une partie de la droite conservatrice américaine, qui accusent Christopher Nolan d’avoir livré une adaptation "woke" de l’œuvre d’Homère. En cause : le choix de Lupita Nyong’o – une actrice noire - pour jouer Hélène de Troie, ainsi que celui de confier le rôle de Sinon à l’acteur transgenre Elliot Page. Au point de pousser Elon Musk à annoncer la sortie, d’ici la fin 2026, d’une version produite par intelligence artificielle "historiquement exacte et fidèle au travail d’Homère".
Mais pour l’helléniste britannique Edith Hall, auteure de The Return of Ulysses : A cultural History of Homer’s Odyssey (Johns Hopkins University Press, non-traduit), parler d’exactitude historique pour un mythe issu d’une tradition orale vieille de trois millénaires n’a "pas beaucoup de sens". Loin d’être une ode au wokisme, l’adaptation de Christopher Nolan serait en réalité "assez sexiste" comparée à l’œuvre originale, explique à L’Express cette professeure à l’Université de Durham. Entretien.
L’Express : Comment expliquez-vous qu’une œuvre vieille de près de trois millénaires continue de susciter un tel enthousiasme ?
Edith Hall : L’Odyssée d’Homère est "la mère de toutes les histoires", parce qu’elle mobilise certains des schémas narratifs les plus efficaces qui soient. Il y a d’abord le récit du...
29/07 - Moyen-Orient : ce que l’on sait des frappes de l’Arabie saoudite et des Etats-Unis en IrakL'armée américaine et l'Arabie saoudite ont franchi une ligne inédite mardi 28 juillet, en menant dans la nuit des frappes conjointes contre des milices pro-iraniennes en Irak. C'est la première fois depuis le début de la guerre, le 28 février dernier, que l'Arabie saoudite reconnaît officiellement sa participation aux hostilités aux côtés des Etats-Unis dans le conflit contre l'Iran. L'armée saoudienne a brièvement confirmé sa participation à l'attaque, sans donner davantage de précisions. Le Commandement central américain (CENTCOM) a affirmé que l'opération a visé "plusieurs sites logistiques et dépôts d'armes terroristes".
Ces frappes sont, selon le CENTCOM, des représailles après que plus de 30 attaques de drones ont été ordonnées par le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) iranien ces derniers jours. Les États-Unis et l'Arabie saoudite accusent les milices proxy irakiennes d'en avoir exécuté une partie en ciblant les infrastructures énergétiques de Riyad avec des drones. Le ministère saoudien de la Défense a indiqué que les défenses aériennes avaient intercepté et détruit plusieurs drones qui avaient tenté de viser des installations pétrolières dans la région orientale du royaume. Selon Washington, ces groupes préparaient de nouvelles attaques contre les forces américaines et les infrastructures énergétiques saoudiennes.Les milices irakiennes nient toute implication
Réagissant à ces frappes, un haut responsable militaire iranien, dont l'identité n'a...
29/07 - "La Bataille de Gaulle" : comment un film mal vendu a conquis son public, par Christophe DonnerS’il y a un film que j’ai toujours envie de voir, c’est un film sur le général de Gaulle. Dès qu’il en sort un, je me précipite pour le voir. Pourtant, au vu de la bande-annonce de La Bataille de Gaulle, s’il y a un film que j’étais certain d’éviter, c’est bien celui-là. J’admets qu’on critique le Général, qu’on le ridiculise, même, mais pas comme ça, dans le pompeux, le grotesque, le ringard. Et que dire de l’affiche du film, ce calligramme en croix de Lorraine, portant le nom de tous les malheureux ayant participé à ce naufrage, générique macabre, en lettres grises sur fond noir, comme si, pour finir de les enterrer on avait pris soin de les rendre illisibles, cette affiche aussi alléchante que la porte de l’enfer, elle clouait le cercueil.
Aussi, n’ai-je pas été surpris d’apprendre, une semaine après sa sortie en salle, que ce de Gaulle était un flop. Pas surpris et (vous allez voir comme c’est bête) plutôt rassuré : les gens ne sont pas aussi stupides, me suis-je dit, ils ont compris comme moi, au vu de la bande-annonce, que malgré les millions d’euros annoncés pour sa fabrication, c’était un complet ratage.
Le premier à me parler du film après être allé le voir malgré la bande-annonce, c’est mon oncle Joël : lui, l’ancien coco, l’avait beaucoup aimé. Et Claudine son épouse, royaliste bon teint, encore plus. Ils se seront laissé bercer par le confort de la clim sous la canicule, j’ai pensé. C’est aussi la vague de chaleur qui expliquait à mes yeux cet absurde taux...
29/07 - Bloquer le détroit de Bab-el-Mandeb ? Le scénario cauchemardesque pour l’économie mondialeLa crise d'Ormuz l'a bien montré, les détroits jouent un rôle vital dans le commerce mondial. De Malacca à Béring, en passant par le Bosphore, L'Express vous invite à un voyage dans ces lieux emblématiques, où se joue l'avenir du monde.
EPISODE 1 - Détroit de Taïwan : le passage maritime qui pourrait faire vaciller le monde
EPISODE 2 - Bosphore - Dardanelles : les détroits turcs, ce double verrou stratégique face à la Russie
EPISODE 3 - Piraterie, contrebande et désastre écologique : le détroit de Malacca, talon d'Achille de l'ogre chinois
A quelques mètres du rivage, la proue du cargo se dresse vers le ciel, comme pétrifiée. Sur le flanc, son nom en lettres blanches. Galaxy Leader. En novembre 2023, ce roulier de 190 mètres navigue dans la mer Rouge, lorsqu’il est pris en chasse par un hélicoptère. Sur la carlingue, deux drapeaux floqués : l’un yéménite, l’autre palestinien. Kalachnikov en bandoulière, une dizaine d’hommes cagoulés sautent sur le pont et capturent l’équipage, qui ne sera libéré que quatorze mois plus tard. Le bateau, lui, sera coulé au large de cette plage déserte.
Ces combattants, des Houthistes, une secte chiite qui fait partie de "l'axe de la résistance" mené par l'Iran contre Israël, ne s’arrêtent pas là. Dans l'année qui suit, ils bombardent 124 navires qui remontent vers le canal de Suez ou cinglent, dans l'autre sens, vers le détroit de Bab-el-Mandeb, prélude à l’océan Indien, causant une chute drastique du trafic maritime. Seules les frappes...
29/07 - Derrière les opérations clandestines de l’Ukraine, l’aide discrète de la DGSE et du MI6Pour faire rêver un espion, il suffit d'un seul mot : Spiderweb. Le 1er juin 2025, plus d'une centaine de drones s'élèvent, depuis des conteneurs acheminés en Russie, et frappent simultanément quatre bases aériennes. Quelque quarante avions auraient été détruits. Longtemps jugé peu fiable, le renseignement ukrainien frappe les esprits et multiplie depuis les opérations spectaculaires sur le territoire russe. "Les Ukrainiens sont premiers en Europe en matière d'actions clandestines", estime Ralph Goff, ancien chef des opérations Europe et Eurasie de la CIA.
Face à la guerre, ils ne pouvaient que périr ou s'améliorer. "Les opérations sont réussies aussi parce qu'on les aide !", confie un ex-haut cadre de la DGSE. Épaulés par la CIA dès 2014, comme révélé par le New York Times, les Ukrainiens ont profité ces dernières années des enseignements de plusieurs pays européens.
Des forces spéciales polonaises et britanniques ont accompagné Washington dans la formation des officiers ukrainiens - un dispositif resté actif après l'invasion de 2022, selon un "haut gradé polonais" cité dans l'ouvrage Polska na wojnie, du journaliste Zbigniew Parafianowicz. En novembre 2024, à l'ambassade britannique à Paris, Richard Moore, alors chef du MI6, revendiquait cet "héritage en matière d'opération clandestine" comme socle du soutien britannique à l'Ukraine. "Les pays baltes et les Pays-Bas les ont aidés sur les questions techniques. Le MI6 et la DGSE sur l'opérationnel", résume un haut cadre...
29/07 - Derrière le triple assassinat rue La Fayette à Paris, l’ombre des services secrets turcsLes espions font souvent basculer l’Histoire. Dans l’ombre, depuis des siècles et partout sur la planète, certaines opérations ont défini le monde tel que nous le connaissons. Dans "Nid d’espions", le podcast de L’Express consacré au renseignement, on ouvre un dossier secret-défense, dans lequel le rôle des espions a tout changé.
Le 23 décembre 2022, dans le 10e arrondissement de Paris, un homme ouvre le feu en plein jour. La fusillade fait trois morts et quatre blessés. Les victimes : Emine Kara, responsable du mouvement des femmes kurdes en France, Mîr Perwer, un jeune auteur-compositeur kurde, et Abdurahman Kizil, un militant politique kurde.
La thèse terroriste n’est pas retenue par les enquêteurs. Les Kurdes, eux, soupçonnent la Turquie d’être à l’origine de cette attaque. Le lendemain, c’est toute une communauté qui descend dans la rue pour manifester. Sur les banderoles, on peut lire : "10 ans après le 9 janvier, l’Etat turc a encore massacré 3 de nos amis à Paris !! ". Les manifestants font référence au triple assassinat de militantes kurdes qui a eu lieu, dans ce même quartier, 10 ans plus tôt. Cette affaire de 2013 ébranle la communauté kurde, et les soupçons d’implication des services secrets turcs sont relancés.
Dans cet épisode de "Nid d'espions", Charlotte Lalanne et Charlotte Baris retracent les circonstances du meurtre de ces trois militantes kurdes.
28/07 - Vaccins et autisme : le bras de fer entre Donald Trump, Robert Kennedy Jr. et la justiceY a-t-il un moyen de faire baisser l'autisme aux États-Unis ? Pour Donald Trump, la réponse se trouve dans les vaccins. Et le président ne se prive pas d'insister auprès de son ministre de la Santé pour qu'il réduise les vaccinations recommandées aux enfants : en mai, lors d'un déjeuner dans son club de golf de Virginie, Donald Trump reproche à Robert F. Kennedy Jr. le fait que le dossier n'avance pas davantage. Mi-juin, même sujet dans le bureau Ovale, avec une consigne plus nette : celle d'accélérer. Selon le Wall Street Journal, le locataire de la Maison-Blanche ramène désormais presque chaque échange sanitaire avec "RFK Jr." aux vaccins et à l’autisme. Il espère qu’un calendrier allégé sera suivi d’une baisse des diagnostics, même si un tel effet, à supposer qu'il existe, demanderait des années pour être mesuré. Le président estime avoir déjà laissé assez de temps à son ministre.
Retour en janvier : Kennedy propose de ramener de 17 à 11 le nombre de maladies couvertes par les recommandations fédérales de vaccinations infantiles. En mars, le juge Brian Murphy suspend la réforme. Selon lui, le gouvernement a contourné le comité d'experts chargé d'établir ces recommandations et nommé illégalement plusieurs de ses membres. La décision ne clôt pas le dossier. Fin mai, Donald Trump signe donc un décret ordonnant au ministère de réduire le nombre de vaccins recommandés. Et puis, en juin, Kennedy saisit une cour d’appel pour obtenir un examen plus rapide. Ses équipes...
28/07 - "Le stock de munitions américain est préoccupant" : l’alerte d’un ex-colonel des MarinesL’inquiétude est palpable au Pentagone. Ces derniers mois, les stocks des arsenaux américains ont fondu à vitesse grand V alors que l’armée américaine vient de mener deux guerres à haute intensité dans la même année face à l'Iran. Colonel des Marines à la retraite et ancien du budget de la Défense américaine, Mark Cancian, et son collaborateur Chris Park, scrutent depuis des années les inventaires d'armement au Center for Strategic and International Studies (CSIS) de Washinghton, après plus de sept ans passés au Bureau de la gestion et du budget (OMB) et avoir servi au Vietnam et en Irak.
Coauteur d'un rapport de référence "Last Rounds ?", il détaille pour L'Express l'état réel des stocks américains, notamment les Patriot et Tomahawk. Si la guerre a été mise sur pause depuis ce week-end, Donald Trump pourrait prochainement intensifier ses opérations militaires au Moyen-Orient. Et ainsi accentuer les tensions sur les capacités matérielles des forces armées. Entretien.
L'Express : Les stocks de munitions américains ont-ils réellement pesé sur la décision de Donald Trump de suspendre ses frappes contre l'Iran ?
Mark Cancian : C'était un facteur important, oui. L'armée a jugé que le risque devenait trop élevé et que poursuivre les frappes l'aggraverait encore. Mais ce n'était pas le seul élément : Trump voulait aussi laisser une chance aux négociations - il saisit toujours ce genre d'opportunité - et il craignait une escalade côté houthiste. Pour la première fois,...
28/07 - Andy Burnham Premier ministre : le retour en force du Labour dans les sondagesCe n'était pas arrivé depuis plus d'un an. Le parti travailliste devance le parti d'extrême droite Reform UK dans un important sondage d'opinion paru ce lundi 27 juillet au Royaume-Uni. Le Labour surfe sur la dynamique créée par Andy Burnham au cours de sa première semaine en tant que Premier ministre. Tandis qu'à l'autre extrémité du spectre, Reform UK et son leader, Nigel Farage, pâtissent ces dernières semaines de plusieurs scandales, qui ont terni leur image : dons et contributions non déclarés, conseiller reconnu coupable de fraude...
Selon le dernier sondage hebdomadaire réalisé par l'ONG More in Common, le parti travailliste gagne quatre points cette semaine et grimpe à 28 % de popularité, tandis que Reform et les Verts perdent respectivement deux et trois points, tombant ainsi à 24 % et 8 %. Les conservateurs restent quant à eux stables à 22 %, tandis que les libéraux-démocrates progressent d'un point à 12 %.
"Notre dernier sondage montre un renversement de tendance. Le Labour passe en tête avec quatre points d'avance. C'est sa première avance depuis mars 2025 et son meilleur score depuis novembre 2024", a déclaré le directeur de More in Common au Royaume-Uni Luke Tryl. Une évolution qui découle selon lui du "Burnham bounce", soit un regain de popularité lié au nouveau Premier ministre.Andy Burnham multiplie les annonces
D'autres instituts de sondage ont fait état d'une tendance similaire ces derniers jours : la preuve semble-t-il que l'attention portée par le...
28/07 - Défense : l’Autriche prête à allonger son service militaire face aux menacesÀ l'heure où certains pays d'Europe occidentale, comme l'Allemagne, cherchent à réintroduire un dispositif de service militaire, l'Autriche, pays neutre, prévoit de porter la durée du sien de six à neuf mois afin de s'adapter à un contexte sécuritaire bouleversé par la guerre en Ukraine, a annoncé ce lundi 27 juillet le gouvernement.
Aujourd'hui l'une des seules nations à imposer le service militaire obligatoire, l'Autriche compte ainsi renforcer son système. Longtemps négligée, l'armée autrichienne se retrouve dorénavant au centre des attentions de Vienne. "Les conditions de sécurité ont radicalement changé au cours des dernières années, des derniers mois et des dernières semaines. Le rêve d'une paix durable en Europe s’est brisé, au plus tard, avec la guerre d'agression menée par la Russie contre l'Ukraine" a déclaré le chancelier Christian Stocker lors d'une conférence de presse lundi, à l'issue d'une réunion du Conseil des ministres.
Le chef du gouvernement, membre du Parti populaire autrichien (OVP), a également noté que de nouvelles menaces étaient apparues, notamment les attaques hybrides et la cyberguerre. Pour le chancelier, qui s'exprimait depuis une caserne militaire près de Salzbourg, Vienne doit ainsi "prendre davantage en main ses propres moyens d'autonomie et de protection de la population".
En mai dernier, Christian Stocker avertissait déjà des risques liés à la menace russe. "En cas de conflit, nous serions également une cible" avait-il mis en garde,...
28/07 - Jérôme France : "Jules César est une figure disruptive pour les gourous de la Silicon Valley""Tsar", "Kaiser", "franchir le Rubicon", "césarisme"... On ne compte plus les mots et les expressions liés à son nom. Caïus Julius César (100-44 av. J.-C.) demeure une référence politique. Professeur émérite à l’université Bordeaux-Montaigne, Jérôme France déchiffre sa philosophie du pouvoir et de la conquête dans cet épisode de notre série de podcasts sur les grands stratèges de l'Histoire. On doit à cet historien une passionnante histoire fiscale de la conquête romaine, Tribut (Les Belles Lettres). Il publiera le 4 septembre, toujours aux Belles Lettres, Résister à César, une enquête sur la révolte gauloise de 21 montrant les limites de la "paix romaine".
Un épisode à écouter en podcast sur Apple Podcasts, Spotify, Deezer, Castbox, Podcast Addict ou en cliquant sur le player en tête de l'article.
L'Express : Quelle est, selon vous, la leçon la plus actuelle que l’on puisse tirer de César ?
Jérôme France : Je crois que César nous enseigne d’abord la nécessité de bien identifier ses ennemis. C’est une leçon qui me paraît particulièrement précieuse pour nos démocraties. Ses actes nous montrent également qu’une véritable stratégie ne doit pas être guidée par la passion, mais par une vision rationnelle déterminée par l’appréciation des réalités politiques, et géopolitiques. Cette exigence me semble tout aussi actuelle.
Peut-on parler de géopolitique à propos de César ou s’agit-il d’une notion trop moderne ?
Le mot est moderne, mais les Romains auraient parfaitement...
28/07 - SpaceX : après le démarrage en fanfare, le dur retour sur terre pour Elon MuskElon Musk n'est plus trillionnaire, même s'il lui reste plusieurs centaines de milliards de dollars pour traverser cette période délicate. Mi-juin, l'introduction en Bourse de SpaceX avait porté sa fortune théorique jusqu'à 1 320 milliards de dollars. Un mois plus tard, l'action est retombée sous son prix d'introduction et Bloomberg n'attribue plus à ce jour qu'environ 700 milliards à l'entrepreneur. L'intéressé a résumé l'ajustement sur X : "(Former) Trillionaire" (ancien trillionnaire, en français).
Introduite à 135 dollars le 12 juin 2026, l'action SpaceX avait atteint 225,64 dollars quatre jours plus tard. Fin juillet, elle évolue désormais entre 111 et 113 dollars. Plus de 1 000 milliards de dollars de capitalisation ont disparu depuis le sommet. Pour Elon Musk, qui détient environ 42 % du groupe, la correction se compte en centaines de milliards. Il ne les avait pas encaissées ; il ne les a donc pas matériellement perdues. Mais son patrimoine dépend presque entièrement de SpaceX et de Tesla. La nuance protège son compte bancaire, moins son classement en Bourse.SpaceX découvre les résultats trimestriels
Pour Elon Musk, ne plus être trillionnaire reste donc largement symbolique. Pour SpaceX, le changement est beaucoup plus concret. Tant que l'entreprise demeurait privée, ses décisions étaient évaluées par quelques investisseurs capables d'attendre plusieurs années. Depuis son introduction en Bourse, chaque lancement, chaque problème de moteur et chaque dépense ont...
28/07 - Attaque terroriste à Berlin : l’Allemagne sous-estime la menace islamisteVingt-cinq ans après la destruction des tours jumelles de New York par des islamistes qui avaient détourné des avions de ligne, onze ans après les attentats de Paris, la menace que pose l’islam djihadiste continue à être sous-évaluée au cœur de l’Europe. L’attentat du 25 juillet à Berlin en témoigne : l’homme qui a lancé sa camionnette sur la foule de la Marche des fiertés, tuant une femme et blessant 29 personnes, était identifié depuis cinq ans déjà comme un islamiste radicalisé.
L’attaque a alourdi le climat politique à l’approche de trois élections régionales en septembre à Berlin et dans deux Länder de l’est de l’Allemagne. Le parti d’extrême droite AfD, première force politique aujourd’hui selon les sondages d’intentions de vote, exploite de longue date les thèmes de l’insécurité et du danger que poserait l’immigration musulmane, mais aussi du laxisme dont il accuse la justice.Remis en liberté
Le fait qu’Abdul Ballout, 21 ans, ait été remis en liberté au mois de mai 2026 par un tribunal berlinois après quelques mois de détention préventive, puis qu’il ait pu perpétrer l’attentat anti-homosexuel alors qu’il était censé être sous surveillance policière, apporte de l’eau au moulin de l’AfD. Car selon l’expert antiterroriste allemand Peter Neumann, professeur d’études de sécurité au King’s College à Londres, l’attaque contre la Marche des fiertés aurait "à coup sûr" pu être évitée. La justice s'est trop focalisée sur une possible resocialisation du prévenu, au...
28/07 - Droits de l’homme : la France et les Etats-Unis étalent leurs désaccords à l’ONUC'est une nouvelle étape franchie dans les tensions entre Paris et Washington. Lundi 27 juillet, à l'occasion d'une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU, des diplomates américains ont quitté la salle lors d'un discours de la délégation française. La France avait reproché aux Etats-Unis vendredi de s'être opposés au renouvellement du mandat de Volker Turk, haut commissaire aux droits de l'Homme de l'organisation. Et s'était insurgée de voir Washington s'aligner sur les votes de régimes autoritaires.
Volker Turk, dont le travail implique de dénoncer les violations des droits de l'Homme par les pays membres de l'ONU, a vivement critiqué la guerre d'Israël à Gaza, et a également plaidé pour une "refonte massive" de la politique d'immigration américaine avant la Coupe du monde, citant des problèmes liés au "profilage racial, à la surveillance et à l'application des lois sur l'immigration". D'où la réticence des Etats-Unis à voter pour sa reconduction, approuvée par 144 voix contre 10."Indignation morale"
Dès le vote vendredi, la Mission de la France auprès des Nations unies à Genève a réagi sur X : "Les Etats-Unis étaient autrefois un modèle en matière de droits humains. Ce n’est plus le cas. Aujourd'hui, ils se retrouvent aux côtés de la Corée du Nord, du Nicaragua, du Mali et de la Russie. Isolés. Et le monde ne les écoute plus", a-t-elle posté, s'attirant ainsi les foudres de la délégation américaine.
Mike Waltz, l'ambassadeur américain auprès de l'ONU, a répliqué dans...
28/07 - "Certains ont peur des représailles" : comment sortir d’une relation professionnelle toxiqueParfois de bonnes relations professionnelles peuvent se dégrader subitement au premier désaccord ou face à une difficulté. D'autres fois, dès les premiers échanges, on sent que l'on a affaire à un collègue ou à un manager "toxique". Comment s’en prémunir ? "Attention, le concept de manager toxique n’est ni médical ni légal", prévient Anaïs Roux, directrice scientifique de Teale (plateforme de prévention en santé mentale) et psychologue du travail. "Une relation toxique ne relève pas du pénal, sauf lorsqu'elle s'accompagne de faits de discrimination ou de harcèlement moral ou sexuel", précise Elise Chaumon, directrice générale associée d’Egidio (cabinet de conseil en prévention des risques) et psychologue experte judiciaire. Remettre le travail au coeur de la relation
Dans les situations les plus graves, qui dépassent le cadre d'une simple relation dysfonctionnelle, des signalements doivent être effectués auprès des ressources humaines, de la direction, des représentants du personnel, de l'inspection du travail ou de la médecine du travail. Une enquête menée par un expert extérieur peut alors s'imposer, l'employeur étant tenu d'assurer la santé et la sécurité de ses salariés.
Hormis ces cas extrêmes, tout collaborateur peut être confronté à une relation toxique susceptible de provoquer un profond mal-être. "Il faut agir pour que le travail redevienne le centre de la préoccupation professionnelle du salarié", insiste Elise Chaumon. Reste une question : est-il vraiment...
28/07 - Multiplication des incendies : "Il n’y a pas assez de pompiers en France pour faire face"Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, l'affirme : les moyens affectés à la lutte contre les incendies ont augmenté au cours des dernières années et la France sait gérer les crises. Le secrétaire général du Syndicat des sapeurs-pompiers volontaires de France, Bruno Ménard, tire pourtant la sonnette d'alarme. Selon lui, la France aurait besoin de deux fois plus de pompiers volontaires supplémentaires pour faire face à la multiplication des feux et respecter les directives européennes sur le temps de travail. Entretien.
L'Express : La France compte environ 50 000 professionnels et environ 200 000 bénévoles. Mais selon vous, il en faudrait le double. Comment parvenez-vous à ce chiffre ?
Bruno Ménard : Il suffit de regarder ce qui se passe sur le terrain. Les interventions sont plus nombreuses et plus exigeantes qu'avant. Par ailleurs, la réglementation a changé. La reconnaissance du statut de travailleur pour le sapeur-pompier volontaire par un arrêt du Conseil d'État du 9 juillet dernier change la donne. Un pompier volontaire qui intervient de nuit entre deux journées de travail prend un désormais un vrai risque le lendemain matin — celui d'être écarté par son employeur. Je m’explique : un employeur qui constate qu’un de ses employés n'est pas en condition de travailler endosse une responsabilité pénale en cas de problème. Lorsque son employé arrive au bureau un matin après une nuit passé à lutter contre un incendie, il peut très bien lui dire de rentrer chez lui pour...
28/07 - "Nous n’avons pas le choix" : en 1975, les accords d’Helsinki vus par Jean-François RevelCet article a été publié pour la première fois dans L'Express du 4 août 1975
Rien n'est plus fantaisiste et fallacieux que d'assimiler, selon le cliché devenu brusquement à la mode, l'actuelle conférence d'Helsinki au Congrès de Vienne de 1815.
A juger, sur cet exemple, la compréhension du passé chez les hommes d'Etat et les diplomates, on peut concevoir quelques alarmes sur leur intelligence de l'avenir. La substance de l'Histoire est-elle faite de relations publiques, et la salle des banquets compte-t-elle plus que la salle de conférence ? En 1815, la France était écrasée et occupée. L'argument clé de Talleyrand fut la légitimité dynastique : les alliés, plaida-t-il, avaient expulsé l'Usurpateur pour restaurer les Bourbons dans leurs droits, non pour châtier les Français.
J'ai beau chercher, je ne vois pas la plus petite ressemblance, ni dans l'objet de la négociation ni dans la position du négociateur (fort heureusement pour lui et pour nous) entre la mission de M. Valéry Giscard d'Estaing en 1975 et celle de Talleyrand en 1815, bien que le chef de l'Etat ait tenu à emporter en Finlande des livres sur le ministre de Louis XVIII. Les esprits chagrins, en revanche, inclinent à rapprocher la conférence d'Helsinki d'une autre conférence internationale, plus récente, celle qui aboutit, en 1928, au Pacte Briand-Kellog, par lequel 64 pays s'engageaient solennellement à renoncer à la guerre.
Sur quoi les adversaires d'Helsinki fondent-ils leur pessimisme ? Selon eux, les...
28/07 - Contre la Chine, l’Europe doit oser la guerre commercialeComment stopper le rouleau compresseur chinois, sans se faire écraser par lui ? C’est le dilemme de l’année pour l’Union européenne. L’enjeu est la survie de ce qu’il lui reste d’industrie. En expansion constante, le déficit commercial avec Pékin a atteint au mois de juin le record historique de 1,1 milliard d’euros par jour. Les experts de la Commission anticipent avec angoisse un trou quotidien de 1,5 milliard d’euros d’ici la fin de l’année. C’est insoutenable.
Les Cassandre avaient raison : les exportateurs chinois, dont l’accès au marché américain est entravé, déversent massivement leurs produits en Europe, dernier grand marché à haut pouvoir d’achat qui leur est encore ouvert. L’UE est un titan économique qui souffre d’un déclin relatif. La Chine, elle, poursuit son essor, même si le rythme se ralentit. Selon les lois de l’historien grec de l’Antiquité Thucydide, la puissance montante et la déclinante sont condamnées à s’affronter.
En l’occurrence, la guerre qui couve est commerciale et elle risque d’être dévastatrice. Les produits industriels et technologiques chinois, de plus en plus haut de gamme mais toujours aussi compétitifs, mettent en péril le cœur industriel de l’Union. On le voit dans les voitures électriques et les robots aujourd’hui, demain dans la pharmacie, la chimie, l’aéronautique ou le luxe. Au mois de mai, pour la première fois, une voiture neuve sur dix vendues en Europe, toutes catégories confondues, était de marque chinoise. Elément plus...
28/07 - Incendies en Gironde : le RN bientôt rattrapé par la question climatique ?Au Rassemblement national comme ailleurs, on a ses thématiques de prédilection. La question écologique n’en fait pas partie. Au cours de l’année écoulée, la plupart des cadres assumaient de ne pas faire de ce sujet l’un des thèmes principaux de la campagne présidentielle à venir. "L’élection portera sur nos thématiques : l’immigration, la sécurité et le pouvoir d’achat.", assurait un député RN. Du réchauffement climatique et de ses conséquences, il n’était pas question. Les incendies qui ravagent actuellement la Gironde rebattent les cartes et imposent, en ce début d’été, l'enjeu climatique au cœur des débats. Marine Le Pen, pour l’heure, s’est fendue d’une réaction sur son compte X, se désolant des "images terribles des incendies qui ravagent la Gironde et les Landes [et] saisissent d’effroi tous les Français", et assurant de son soutien les familles touchées par ces événements.
Pas un mot toutefois sur le changement climatique et ses répercussions, ou une ébauche de propositions pour s’emparer du sujet. Dans son programme de 2022, le RN proposait un livret thématique sur la question écologique de 18 pages - contre 46 pour celui traitant du contrôle de l’immigration -, qui déclinait les onze mesures portées par le parti. Parmi celles-ci : proposer de nouvelles étapes de l’aménagement du territoire pour "réveiller la vie en zone rurale" selon le concept de "démétropolisation" cher au parti lepéniste ; assurer "la sécurité écologique de la France" à travers "son autonomie...
28/07 - Antoine Vermorel-Marques, le plus écolo des LR : "Nos électeurs sont en avance sur nous"Malaise à tribord. La maison brûle - littéralement - et la famille politique de Jacques Chirac, l'auteur de cette formule restée dans les annales, semble comme désemparée à force d'avoir regardé ailleurs. Sur les réseaux sociaux, dans la presse, les réactions à droite se font timides. On feint un peu moins qu'à l'habitude l'indignation, comme si chacun sentait venir l’inévitable invitation à faire profil bas ; mais on tient son rang : la clé résiderait dans l’adaptation. Et si on commandait un bombardier d’eau "souverain", suggère le premier ? Et pourquoi pas un "Canadair européen", abonde le deuxième ? Le vrai problème, c'est le manque de moyens, renchérit le troisième. Faire amende honorable, en revanche, ça non, au grand désarroi d'Antoine Vermorel-Marques, Cassandre esseulée au sein d'un camp qui continue de faire l'autruche.
Auteur d'un ouvrage à paraître en novembre (en pleine COP31), ce fils d'éleveur laitier plaide depuis son élection en juin 2022 à l'Assemblée pour que la droite "redevienne" écolo ; ce qu'elle a, selon lui, toujours été - du moins, jusqu'à un certain temps. Entretien.
L'Express : Comment jugez-vous la réponse de l'exécutif à la crise que la France vit depuis plusieurs jours ?
Antoine Vermorel-Marques : 220 000 personnes ont été évacuées sans hécatombe, ce qui est une prouesse opérationnelle. Mais nous vivons aussi un moment de bascule. Quand dans la même année, vous avez 115 000 hectares qui partent en fumée avec 13 000 départs de feu, ce...
28/07 - Alireza Akbari, le ministre iranien qui espionnait pour le MI6 Deux frères discutent dans un jardin de Téhéran, un après-midi d'août 2006. L'aîné, Mehdi, rêve tout haut d'un cabinet de conseil en famille sur le pétrole et le gaz. Alireza décline. Il est "extrêmement occupé", explique-t-il, lui tendant la carte d'une entreprise du secteur de l'énergie basée en Autriche. Cette occupation va bien plus loin que ce qu'imagine son aîné. Son employeur n'est probablement pas autrichien, mais anglais : le MI6.
La scène, racontée par son frère au New York Times, tranche avec l'image que renvoie alors Alireza Akbari. De l'extérieur, il est l'un des cadres les plus dévoués du régime iranien. Pieux, décrit comme fanatique des mollahs par sa propre famille, il est décoré commandant de la Garde révolutionnaire après la guerre d'Irak. Il devient même vice-ministre de la Défense, et conseille plusieurs responsables, dont Ali Shamkani, futur secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale. Proche aussi de Mohsen Fakhrizadeh, le physicien du nucléaire iranien, Akbari a tellement la confiance du régime qu'il a été chargé, en 2004, de faire le tour des ambassades occidentales, chinoises et russes, pour rassurer sur les intentions nucléaires de Téhéran. Entre Londres et Téhéran, une relation historique
Est-il alors approché par les espions de sa Majesté ? Sa motivation reste inconnue (argent, sécurité familiale, conviction ?), mais son recrutement témoigne de la profondeur des réseaux du MI6 en Iran. "Les Anglais bénéficient de leur relation...
27/07 - Espagne : comment l’armée aide à lutter contre les incendies depuis plus de vingt ansFace à l’ampleur des incendies qui font rage aux quatre coins de l'Hexagone, la France a franchi un cap inédit. Samedi 25 juillet, un avion militaire A400M, pouvant larguer jusqu'à 20 000 litres de produit retardant, a été engagé en Gironde pour appuyer les opérations de lutte contre les feux de forêt. Et Emmanuel Macron a déjà annoncé la mobilisation de 1 500 militaires, toujours dans le Sud Ouest, ainsi que du service de santé des armées.
S'il s'agit là d'une première pour les autorités françaises, le recours aux moyens militaires s'est démocratisé depuis plus de vingt ans en Espagne. De l’autre côté des Pyrénées, les forces armées sont devenues un acteur incontournable de la gestion des catastrophes naturelles. Et sont sur le pont en ce moment même, alors que la région de Madrid fait face aux pires feux jamais enregistrés dans son histoire, et que le pays a déclaré l'état d'urgence national. 3 500 soldats dédiés depuis 2005
Créée en 2005, après la mort de onze pompiers en service, l'Unité militaire d’urgence (UME) intervient régulièrement aux côtés des pompiers. Composée de 3 500 soldats issus de l'armée de terre, de l'air et de la marine, elle est mobilisable à tout moment, et intervient notamment lors d'incendies (qui comptent pour les trois quarts de ses missions), mais aussi en cas d'inondations, de tempêtes ou encore de séismes.
Mise en place sous le gouvernement socialiste de José Luis Rodríguez Zapatero, cette unité a essuyé de nombreuses critiques lors de sa...
27/07 - "Les intellectuels français sont devenus marginaux" : la charge de l’historien américain Robert ZaretskyOn préfère prévenir : son point de vue, d’abord publié dans les colonnes du magazine américain Foreign Policy, devrait hérisser certains de nos intellectuels les plus en vue. Pour cause : selon Robert Zaretsky, professeur d’histoire au sein du Honors College de l’université de Houston, l’âge d’or des intellectuels français serait révolu. Ce fin connaisseur de l’histoire de la pensée européenne analyse les raisons de ce déclin, de l’entre-deux-guerres à l’avènement de la télévision, en passant par la chute du mur de Berlin. En filigrane, Robert Zaretsky revient sur certains des moments fondateurs de la vie intellectuelle de notre pays, de l’affaire Calas à Dreyfus. Une époque, dit-il, où "une poignée d’individus pouvait véritablement influencer la politique. Ce qui serait difficile à imaginer aujourd’hui". Avec un groupe emblématique, selon lui, de ce basculement de la "cérébralité à la célébrité" : celui des "nouveaux philosophes", comme André Glucksmann et Bernard-Henri Lévy. Entretien.
L'Express : Selon vous, l’âge d’or des intellectuels français est révolu. Cela ne va pas plaire à nos penseurs… Pourquoi ce diagnostic ?
Robert Zaretsky : Il faut d’abord rappeler ce que représentaient traditionnellement les intellectuels français et à quel point ils ont façonné l'histoire depuis le XVIIIe siècle. À l'époque, des penseurs comme Voltaire occupaient une place prépondérante dans la société française. Je dis "société" à dessein, car en défendant des causes comme la...
27/07 - Crise diplomatique entre le Brésil et l’Argentine après des propos de Javier Milei contre LulaBrasilia en colère contre Javier Milei. Le Brésil a pris la décision de rappeler son ambassadeur à Buenos Aires "pour consultation" ce week-end après des "propos offensants" tenus par le président argentin, visant les dirigeants et le système judiciaire brésilien, à l'occasion de son deuxième déplacement dans le pays. Le président Milei "a offensé deux pouvoirs, le peuple et la démocratie brésilienne", a déclaré une source proche du dossier à l'agence Reuters.
Le chef d'État argentin est arrivé vendredi au Brésil afin d'apporter son soutien à la candidature du sénateur Flavio Bolsonaro à l'élection présidentielle, qui aura lieu en octobre prochain. Le fils aîné de l'ancien président réactionnaire Jair Bolsonaro, proche de l'administration Trump, a officiellement annoncé samedi sa candidature pour détrôner le président actuel Luiz Inacio Lula da Silva, qui ne cesse de creuser son avance dans les sondages à l'approche du scrutin.Un "risque Lula"
S'exprimant aux côtés de Flavio Bolsonaro lors d'un meeting à Sao Paulo, Javier Milei a déclaré samedi que le gouvernement brésilien était composé de "socialistes voleurs", avant de présenter le candidat conservateur brésilien comme le seul à pouvoir "arrêter Lula". Dans son discours, Javier Milei a également traité son homologue brésilien de "délinquant", l'accusant d'avoir tenté de lui nuire pendant la campagne présidentielle argentine de 2023. "J'avais un voisin qui s'immisçait dans la politique argentine pour essayer de fausser...
27/07 - Collège du renseignement en Europe : bienvenue dans l’Erasmus des espionsIl est installé au cœur de Paris, dans l’imposante enceinte de l’Ecole militaire. Le Collège du renseignement en Europe voit défiler depuis 2019 des agents du renseignement, officiers et fonctionnaires européens amenés à prendre des responsabilités et à devenir, pour certains d’entre eux, maître espions dans leur pays.
Dès son arrivée au pouvoir, en 2017, Emmanuel Macron a un projet pour les services secrets de toute l'Europe : les initier aux joies du réseautage en les faisant sortir de leurs cénacles habituels, dont le très prestigieux mais tout aussi discret club de Berne, un séminaire semestriel entre dirigeants du renseignement. "L’initiative est partie d’un constat : la coopération en matière de renseignement au niveau de l’Union européenne était largement au point mort, en raison de contraintes juridiques et de préoccupations sécuritaires exprimées par plusieurs Etats membres. Il fallait que les services se parlent davantage", explique Artur Gruszczak, chercheur à l’Université Jagellonne de Cracovie et premier universitaire à dresser le bilan de l’initiative élyséenne, en avril. "Ce qui manque le plus à l’Europe aujourd'hui, cette Europe de la défense, c’est une culture stratégique commune", lançait Emmanuel Macron le 26 septembre 2017 dans son discours de la Sorbonne, pour annoncer le lancement à venir du Collège.L'Irlande et la Pologne hors jeu
Sur les bancs de l’établissement, le programme d’une vingtaine de cours porte aussi bien sur les spécificités de...
27/07 - La Russie se préparerait à accueillir 30 000 soldats nord-coréens de plusAprès les obus et les missiles, la Corée du Nord pourrait envoyer à la Russie 30 000 soldats supplémentaires. Volodymyr Zelensky a affirmé samedi 25 juillet que des installations étaient aménagées depuis juin dans la région de Voronej, frontalière de l'Ukraine, afin de recevoir ce contingent. Pyongyang prévoirait aussi de livrer des lanceurs supplémentaires pour missiles balistiques. Le chiffre n'a été confirmé ni par Moscou ni par la Corée du Nord, mais Oh Gyeong-seob, chercheur au Korea Institute for National Unification, juge l'hypothèse "tout à fait plausible" auprès du South China Morning Post, média basé à Hong Kong.
Le précédent, lui, existe déjà : à partir de la fin de 2024, environ 12 000 à 14 000 soldats nord-coréens ont été envoyés en Russie, principalement dans la région de Koursk. Pyongyang a reconnu ce déploiement en avril dernier. Selon les autorités sud-coréennes, près de 2 000 Nord-Coréens ont été tués ; deux ont été capturés vivants. Une première expérience suffisamment coûteuse pour être remarquée, mais pas assez, semble-t-il, pour arrêter les échanges.Des effectifs sans nouvelle mobilisation
Pour Moscou, l'intérêt tient en une phrase : 30 000 Nord-Coréens, ce sont 30 000 Russes qu'il n'est pas nécessaire de rappeler sous les drapeaux. Après plus de quatre ans de guerre, le Kremlin doit renouveler ses effectifs sans provoquer le mécontentement qu'entraînerait une nouvelle mobilisation. Celle de septembre 2022 avait poussé des centaines de milliers de...
27/07 - Nicolas Sarkozy : le drapeau bleu-blanc-rouge qui bouscula la campagne de 2007Il y a la grande histoire, celle qu’a écrite la Ve République. Et il y a les petites histoires, ces secrets qui n’ont l’air de rien mais qui contribuent souvent de manière décisive aux résultats finaux. L’Express a choisi de raconter, en ce dernier été avant la grande bataille de 2027, ces épisodes méconnus des campagnes passées, de cette table qui ne se retrouve pas par hasard au débat de l’entre-deux-tours entre François Mitterrand et Jacques Chirac en 1988 jusqu’au placard qu’ouvre fortuitement François Hollande pour y faire une drôle de découverte sur Emmanuel Macron...
EPISODE 1 - Présidentielle 1988 : la table de François Mitterrand qui fit vaciller Jacques Chirac
EPISODE 2 - Le parking de Jacques Chirac : ces réunions clandestines qui ont changé la présidentielle de 1995
Cachez ce drapeau français que je ne saurais voir. En 2007, cette pièce d'étoffe est la botte secrète des candidats à l'élection présidentielle. Quoi de plus naturel dans un tel scrutin ? Mais l'emblème national prend dans cette campagne une charge symbolique inédite, presque transgressive, cinq ans après l'accession au second tour de Jean-Marie Le Pen. Le 23 mars, Ségolène Royal appelle les Français à "avoir chez eux le drapeau tricolore" pour matérialiser leur attachement à leur patrie. Certains socialistes, prompts à dénicher des traces coupables de nationalisme derrière le patriotisme, toussent. La candidate assume afin de ne pas laisser le monopole de la nation à son rival.
Ce drapeau,...
27/07 - Incendies : comment fonctionne la solidarité européenne contre les feux de forêtLa France et l’Espagne sont aidées par leurs partenaires européens pour lutter contre les incendies monstres qui ravagent les environs de Bordeaux et de Madrid. Le "Mécanisme de protection civile" de l’Union européenne, à travers un centre de coordination de la réaction d’urgence installé à Bruxelles, permet d’apporter une réponse collective à la demande d’un Etat membre, lequel reste seul responsable de la gestion de la catastrophe qui le frappe. Cependant, devant l’ampleur des feux ces jours-ci, le dispositif se heurte à ses limites. "Le système est sous pression, mais il marche", confiait lundi un haut fonctionnaire de la Commission européenne impliqué dans la gestion des crises.
En France, l’UE a déployé sept avions de lutte contre les incendies et quatre hélicoptères fournis par sept pays, le Portugal, l’Allemagne, la Suède, la Croatie, la République tchèque, la Slovaquie et… la Turquie. Car outre les 27 Etats membres, dix pays européens non communautaires se sont associés au Mécanisme de protection civile, même s’il reste géré par l’Union. En Espagne, l’UE a mobilisé six avions venus de Grèce, d’Italie et de Turquie, et déployé trois équipes au sol de pompiers venus du Portugal, avec 41 véhicules et 134 personnels. Le système européen de satellites Copernicus permet en outre de fournir des cartes de la progression des feux en temps réel afin de guider les équipes de pompiers. Et un fonctionnaire de la Commission a été détaché à Bordeaux depuis vendredi pour aider à...
27/07 - Incendie en Gironde : le feu "stabilisé" mais toujours pas fixéLe feu qui sévit actuellement en Gironde est stabilisé mais pas encore fixé, après avoir déjà parcouru plus de 40 000 hectares, a déclaré ce lundi 27 juillet le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez. "40 000 hectares, c'est beaucoup plus que le nombre d'hectares qui avait été brûlé lors des incendies sur cette même zone en 2022 où on était à 22 000 hectares", a-t-il souligné à l'issue d'un conseil des ministres présidé par Emmanuel Macron. "Tant que le feu n’est pas fixé, la situation est défavorable", a ajouté le locataire de la place Beauvau, avertissant que l'incendie pouvait "repartir à tout moment".
Avant le conseil des ministres, Emmanuel Macron a présidé ce lundi matin une nouvelle réunion de crise sur le sujet. Le président est attendu ce lundi en Gironde où il ira "à la rencontre des forces mobilisées afin de leur adresser le soutien de la Nation ainsi que des élus pour les remercier de leur engagement de chaque instant", a indiqué l'Elysée.Combien y a-t-il de pompiers en France ?Le maire de Bordeaux se prépare à tous les scénarios
Le sinistre a déjà conduit à l'évacuation de près de 220 000 personnes. A Bordeaux, où le feu se rapproche de la ville, le maire Thomas Cazenave a dit se préparer à tous les scénarios. "De ce que j'en sais, c'est que [l'incendie] s'est stabilisé cette nuit, à la faveur d'ailleurs d'un taux d'humidité qui remontait, mais d'un autre côté moi je reste toujours très prudent", a-t-il dit lors d'un point presse. "C'est très difficile à...
27/07 - Face à un stock déclinant de missiles, Donald Trump contraint de freiner son offensive contre l’IranAprès près de deux semaines de bombardements américains et iraniens - malgré un accord de paix signé à la mi-juin - les affrontements sur fond de lutte pour le contrôle du détroit d'Ormuz ont finalement cessé ce week-end. En cause, du côté de Washington : la crainte d'épuiser les stocks de missiles, déjà maigres, selon les informations croisées de la presse américaine.
Car si, ce mercredi 22 juillet, Donald Trump avait promis que "les États-Unis bombarderont et détruiront UN PONT OU UNE CENTRALE ÉLECTRIQUE, y compris ceux situés à proximité ou à l'intérieur de la capitale, Téhéran" à chaque fois que l'Iran frapperait "un navire dans le détroit d'Ormuz", son entourage l'a alerté sur les capacités matérielles de l'armée américaine. Selon le New York Times, l'arrêt des affrontements serait donc directement lié à une réunion de crise tenue ce vendredi, en présence des principaux conseillers du président ainsi que son administration. Au cœur des discussions : l'inventaire déclinant de missiles intercepteurs Patriot et des autres systèmes de défense antiaérienne américains dans la région. Les stocks de missiles au cœur des débats
Tout au long de ce conflit, les troupes américaines ont puisé dans les réserves de ces armes très coûteuses. Le quotidien américain précise qu'au total, plus de 1 200 intercepteurs Patriot, à plus de 4 millions de dollars l'unité, ont déjà été utilisés depuis le début du conflit. En privé, le général Dan Caine, chef d'état-major interarmées, aurait à...
27/07 - Tensions en mer Caspienne : pourquoi l’Ukraine a tiré sur un navire iranienVoilà plusieurs mois déjà que l'Ukraine accuse la Russie de fournir une aide militaire à l'Iran. Mais ce week-end, c'est une nouvelle étape qui vient d'être franchie : Kiev a tiré sur un navire iranien en mer Caspienne, qui transportait selon elle des composants russes destinés à des drones et des missiles en direction de la République islamique. Téhéran a rapidement démenti, affirmant que la cible n'était qu'un simple navire commercial, et a convoqué le chargé d'affaires ukrainien dans le pays pour lui notifier une protestation officielle. Les autorités iraniennes, qui font état d'un mort et de plusieurs blessés, ont également averti que l'incident ne resterait pas sans réponse.L'Ukraine s'impose sur un nouveau front
Ces frappes marquent l'implication de l'Ukraine sur un nouveau front, et rappellent une fois de plus combien les deux guerres - en Ukraine et en Iran - sont liées. Dans un message publié sur X samedi, Volodymyr Zelensky a tiré la sonnette d'alarme : depuis le début du mois de juillet, des satellites russes surveilleraient activement les pays du Golfe ainsi que les installations militaires américaines dans la région, avant de transmettre les images recueillies à l’Iran, a-t-il affirmé.
I will instruct our intelligence to share with our partners the information we have regarding Russia’s new assistance to the Iranian regime. Since the beginning of July, we have recorded active Russian satellite surveillance of the Gulf states and U.S. military facilities...
27/07 - Au quartier général de l’Otan, une stagiaire arrêtée pour espionnage présuméUne stagiaire, un quartier général militaire et un pays tiers resté anonyme : l'Otan tient sa nouvelle affaire d'espionnage. En Belgique, une ressortissante canadienne d'origine chinoise travaillant au SHAPE (le Quartier général suprême des puissances alliées en Europe), le principal centre de commandement militaire de l'Otan, a été placée sous mandat d’arrêt vendredi 24 juillet. Elle est soupçonnée d'espionnage au profit d'un pays tiers et de participation à une organisation criminelle.
L'affaire ne vient pas d'un renseignement transmis de l'extérieur, mais des services de sécurité du SHAPE eux-mêmes. Selon le parquet fédéral belge, ceux-ci ont repéré la stagiaire puis signalé les faits au Service général de renseignement et de la sécurité, le SGRS. Le dossier a ensuite été confié à la police judiciaire fédérale de Charleroi, sous la direction d'une juge d'instruction du tribunal de première instance du Hainaut. Enjeux internationaux
Jeudi 23 juillet, les enquêteurs ont perquisitionné le domicile de la suspecte ainsi que son lieu de travail, à l'intérieur du SHAPE. L'unité des crimes informatiques et les services de police scientifique de Charleroi et de Mons ont participé à l'opération, notamment pour saisir et examiner d'éventuels éléments numériques et matériels. Le lendemain, la juge d'instruction a ordonné son placement en détention pour espionnage présumé et participation à une organisation criminelle.
Le lieu donne clairement à l'affaire une dimension...
27/07 - Lutte contre les "infox" : cette absurde théorie du complot, par Gérald BronnerLe 8 juillet, à la suite d'une commission d'enquête, le Sénat a adopté à l’unanimité un rapport intitulé "Les zones grises de l’information. Mieux réguler pour protéger la démocratie". Lors de sa présentation à la presse le lendemain, Laurent Lafon, l’un des rapporteurs, a appelé à "lutter contre les ingérences intérieures". Je suppose qu’il s’agissait de faire un parallèle avec les "ingérences étrangères" mais reconnaissons que la formule était malheureuse dans la mesure où elle a donné le sentiment qu’un contrôle autoritaire pourrait s’exercer sur les oppositions politiques. Je suis d’autant plus à l’aise pour la trouver gênante que j’ai, à plusieurs reprises, exprimé mes réticences à toute loi sur les infox. Je l’ai fait, y compris dans le document écrit par les 14 experts de la commission que j’ai présidée à la demande du président de la République, à propos des perturbations de la vie démocratique par les mondes numériques.
Ceci étant, la présentation du rapport sénatorial a donné lieu à un déferlement dans des médias comme CNews ou le JDD – qui en fit sa Une – qui mérite réflexion. Leur rhétorique face à tout projet de régulation des réseaux sociaux fait penser à celle dont use Donald Trump. Sans surprise car, lors de son élection, ces mêmes médias l’applaudirent, tout en reprenant en chœur les mantras sur la "liberté d’expression". Depuis, nous avons appris que cette défense était très relative dans la mesure où elle ne valait que pour Trump et ses soutiens.
Pas...
27/07 - Inflation : pourquoi le boom exponentiel de l’IA risque d’être le futur casse-tête du budget 2027Difficile de naviguer en plein brouillard économique. Le conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) a décidé, jeudi 23 juillet, de ne pas augmenter ses taux directeurs malgré le regain de tensions au Moyen-Orient. D'un côté, l'inflation dans la zone euro a reflué à 2,8 % en juin, après un pic à 3,2 % le mois précédent. De l'autre, le baril de pétrole a de nouveau franchi la barre des 100 dollars après les attaques des Houthis en mer Rouge et alors que des menaces pèsent désormais sur le détroit de Bab al-Mandab, au Yémen, où l'Arabie saoudite avait redirigé une partie de sa production d'or noir.
Si la décision s'est avérée unanime à l'issue des discussions, elle n'a pas empêché le débat. Certains membres ont exprimé l'idée que la BCE pourrait poursuivre sa politique haussière entamée en juin, sans attendre la prochaine réunion de septembre. "Leur argument était simple : si une hausse est prévue en septembre, pourquoi ne pas l'appliquer dès juillet ? Mais justement, rien ne garantit qu'elle interviendra en septembre. La situation peut évoluer d'ici là, et c'est tout l'enjeu", raconte un participant.
Avec des indicateurs économiques instables et des effets de second tour sur l'inflation qui se font encore attendre, le statu quo monétaire apparaît comme la meilleure des options. A la rentrée, le principal organe de décision de l'institution européenne regardera forcément le niveau des prix des carburants, le moteur principal du retour de l'inflation...
27/07 - France - Allemagne : il est urgent de purger la relation de son immaturité émotionnelle, par Jérémie GallonChaque soubresaut des grands projets industriels franco-allemands, à l’instar de l’échec du Système de combat aérien du futur, suscite à Paris et à Berlin le même réflexe : le blâme est invariablement jeté sur la mésentente, réelle ou supposée, entre le président de la République et le chancelier allemand. Cette grille de lecture est aussi erronée que réductrice. Elle repose sur l’illusion romantique que la relation la plus structurante du continent européen dépendrait des affinités électives de deux individus. Or, c’est faire fi des leçons de l'Histoire et condamner l’axe franco-allemand à une dangereuse intermittence stratégique.
Certes, l’alchimie personnelle a parfois agi comme un accélérateur de l’histoire. L’image d’Helmut Kohl et de François Mitterrand, main dans la main à Verdun en 1984, ou la complicité intellectuelle entre Valéry Giscard d’Estaing et Helmut Schmidt, ont gravé la dimension symbolique du tandem. Mais la génération des hommes, qui avait éprouvé la guerre dans leur chair, savait que la réconciliation est une affaire d'institutions et de structures qui dépasse les égos de deux êtres. Quels qu’aient été les différends doctrinaux profonds entre le général de Gaulle et Konrad Adenauer sur l’Otan, ou entre Georges Pompidou et Willy Brandt sur l’Ostpolitik, ces hommes d’État comprenaient que le tête-à-tête franco-allemand exige des racines plus profondes que le destin transitoire de ses dirigeants.
Or, depuis le début des années 1990, le tissu qui...
27/07 - Bouchehr, la centrale nucléaire qui traverse toutes les crises de l’IranLe 28 février dernier, alors que les premières bombes américaines et israéliennes frappent le sol iranien, les enfants russes des employés de la centrale nucléaire de Bouchehr sont les premiers de la liste à être évacués. Donald Trump et Benyamin Netanyahou viennent d’annoncer le lancement d’opérations militaires de grande envergure contre la République islamique d’Iran. Une partie du personnel "non essentiel" de ce site - dont le chantier a été achevé par Rosatom en 1995 - est rapatriée d’urgence en Russie. Parmi les 200 scientifiques russes sur place, certains ignorent encore qu’ils ne reverront pas leurs familles avant plusieurs mois…
Le cessez-le-feu, signé le 17 juin entre Américains et Iraniens, leur avait pourtant laissé un espoir. Mais trois semaines plus tard, les frappes menées par le Pentagone ont repris avec autant de vigueur qu’en février - des infrastructures civiles ont été visées - et Téhéran rend coup pour coup en visant les alliés américains dans le Golfe. Les installations nucléaires en Iran
Bouchehr, ancienne cité portuaire située sur les rives du golfe arabo-persique, n’est pas épargnée. Le 17 mars, un engin tombe à seulement 75 mètres de la centrale nucléaire, sans faire de dommage sur le réacteur de 1 000 mégawatts. Le 4 avril, un agent de sécurité est tué par un nouveau projectile. "Des rapports font état de tourelles antiaériennes dans la zone. Il est possible que les Etats-Unis frappent cette zone pour neutraliser la défense iranienne. Il y a...
27/07 - "Tomber en faillite, ce n’était pas possible" : la transformation d’Orpea racontée par son patronLe management, c'est une affaire de personnalité, de tempo. De décisions aussi évidemment. C'est pourquoi L'Express lance un nouveau podcast hebdomadaire dont l'objet est de passer à la moulinette une décision prise par un chef d'entreprise, un dirigeant politique, ou une figure de la société civile. Pour ce premier épisode, Laurent Guillot, le directeur général d'Emeis – ex-Orpea – arrivé à la tête de l'entreprise en juillet 2022, nous raconte ses premiers pas, en plein cœur de la tempête.
L'intégralité de cet épisode est à retrouver sur Apple Podcasts, Spotify, Deezer, Castbox ou encore Podcast Addict.
L'Express : Remontons au le 1er juillet 2022. C'est officiellement votre premier jour dans l'entreprise. Vous arrivez au siège à La Défense et vous décidez ce jour-là de réunir tous les salariés de l'entreprise - au moins ceux qui restent - en visio. Qu'est-ce que vous leur dites ?
Laurent Guillot : Evidemment, nous avons parlé soins, éthique et santé au travail. Mais je leur ai surtout dit que je ne leur demandais pas de me faire confiance, que c'était prématuré. Mais que nous allions faire un bout de chemin ensemble et qu'au fil du temps, ils découvriraient que les actions prises sont conformes aux engagements.
Le contexte de défiance, on vient de le dire, est énorme à ce moment-là. Comment avez-vous fait aussi pour reconstituer des équipes alors qu'à cette époque-là, personne n'a très envie d'aller travailler chez Orpea ?
Vous n'avez pas totalement raison. Comme...
26/07 - Bordeaux : l’incendie en Gironde continue de se rapprocher de la ville, l’évacuation "pas à l’ordre du jour" L'incendie qui sévit en Gironde continue de se propager ce dimanche 26 juillet, après avoir déjà conduit à l'évacuation de 220 000 personnes depuis mercredi et brûlé 42 000 hectares, a déclaré la préfecture dans un nouveau point de situation. "La situation demeure très défavorable", a indiqué le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez sur son compte X en milieu de matinée.
Le feu est "redevenu extrêmement virulent”, "créant son propre vent et évoluant de manière erratique vers l'agglomération bordelaise”, précise-t-il. Le feu est désormais signalé à une quinzaine de kilomètres des points d'entrée de l'agglomération. Dans cinq communes de Bordeaux, de nouvelles évacuations ont été ordonnées pour 55 000 personnes dans la nuit par la préfète de Gironde et de Nouvelle-Aquitaine. Pas d’évacuation prévue à Bordeaux
"On est en état de vigilance plus qu'en état d'urgence", a déclaré le maire de Bordeaux, Thomas Cazenave sur BFM TV dimanche. "On se prépare à toutes les éventualités", a-t-il ajouté, précisant que "nous ne préparons pas l'évacuation de Bordeaux, ce n'est pas du tout à l'ordre du jour. Inutile d'affoler les populations".
De son côté, le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez a affirmé que "tant que le feu n'est pas fixé, il n'y aura pas de réintégration" de la population dans leurs villages. "Il faut le stabiliser, le stopper et le traiter”. Quelque 2 500 sapeurs pompiers sont mobilisés dans le département ainsi que 1 500 militaires et près de 1 200 policiers et...
26/07 - "Il m’épargne" : Jean-Luc Mélenchon et Matthieu Pigasse, les coulisses d’une étrange amitiéJean-Luc Mélenchon a-t-il une dette envers Matthieu Pigasse ? Non, le millionnaire ne doit pas d’argent au multimillionnaire. L’insoumis, quadruple candidat à l’élection présidentielle, lui devrait plutôt une partie de sa mythologie, née à quelque 7 600 kilomètres de Paris. À Caracas, précisément. Le banquier d’affaires s’en est vanté auprès de plusieurs figures de gauche : lorsqu’il était au chevet du Venezuela, il a présenté Hugo Chavez à Jean-Luc Mélenchon. Publiquement, en revanche, il se refuse à tout commentaire sur le sujet, sans jamais le démentir… Dans le fond, Matthieu Pigasse aussi doit beaucoup à Jean-Luc Mélenchon. C’est lui, le premier politique, raconte-t-il, qui l’a convaincu d’acheter des médias. Après tout, l’ancien strauss-khanien, devenu président du groupe Combat, aurait-il eu son rond de serviette à la gauche de la gauche sans Radio Nova, station rouge carmin à l’essor fulgurant sous sa coupe ? Se serait-il autorisé à songer sérieusement, ainsi qu’il l’assure, à 2027 ? Le premier rêve de décrocher le premier rôle, l’autre de mourir sur scène : Pigasse-Mélenchon, drôle de théâtre.
C’est l’histoire d’une amitié improbable entre un "banquier de gauche", figure en vogue du capitalisme parisien, et un trotskiste qui jure d’abattre, un jour, la citadelle. Une curieuse relation, nouée au début des années 2000, quand le jeune énarque était alors conseiller du ministre Laurent Fabius, et l’ancien socialiste encore un fidèle ministre délégué de Lionel Jospin....
26/07 - "Vladimir Poutine pourrait risquer une escalade avec l’Europe dès à présent" : la mise en garde de Carlo MasalaDans La guerre d'après, Carlo Masala imaginait en 2028 une attaque russe sur Narva, en Estonie. L'analyste militaire, en poste au centre de réflexion de la Bundeswehr, l'armée allemande, y explorait la possibilité d'une nouvelle aventure russe, avec cette fois le but de tester l'Otan. Une agression sèmerait-elle la panique en Europe ? Diviserait-elle l'Alliance ? Dans ce scénario, Moscou remporte une victoire stratégique majeure. Aujourd'hui, la Russie est bien plus en difficulté qu'au moment de la sortie de son essai, en juin 2025. Ralentissement économique, fragilités militaires, tensions intérieures… Le régime de Vladimir Poutine est affaibli. Il n'en reste pas moins dangereux pour les Européens. D'après Carlo Masala, l'éventualité d'une attaque russe sur le continent n'est toujours pas exclue - y compris avant 2029, horizon pourtant présenté par les stratèges militaires comme le plus probable.
L'Express : Votre livre est sorti il y a un peu plus d'un an. Changeriez-vous quelque chose au scénario de Narva ?
Carlo Masala : Les Estoniens, qui me détestent d'ailleurs, ont mal compris mes intentions. Narva peut correspondre au type de prétexte que saisiraient les Russes pour attaquer. Quand Moscou ou un autre pays fait quelque chose d'illégal au regard du droit international - comme l'invasion de l'Ukraine - il essaie toujours de trouver des arguments d'apparence légale. Par exemple : la protection d'une minorité ethnique, dépouillée de ses droits civiques, que la Russie...
26/07 - Meta est accusé d’avoir piraté des milliers de contenus pornographiques pour entraîner ses IA Le géant américain des technologies Meta, propriétaire de Facebook, Instagram ou WhatsApp et fondé par Mark Zuckerberg, est accusé d’avoir utilisé le réseau BitTorrent pour télécharger massivement près de 3 000 vidéos pornographiques protégées par des droits d’auteur, dans le cadre présumé de ses travaux sur l’intelligence artificielle.
Ces accusations datent d’une plainte déposée à l’origine en juillet 2025 devant un tribunal fédéral californien par Strike 3 Holdings, la société mère du groupe de production de contenus pour adultes Vixen Media Group. Selon les informations du journal américain The Atlantic, qui a consulté les documents judiciaires et recueilli des éléments auprès des parties et d’experts en cybersécurité, Strike 3 affirme avoir identifié 2 973 vidéos protégées par copyright. Ces fichiers auraient été, selon Strike 3, téléchargés depuis 2018 via le protocole BitTorrent, depuis des adresses IP qu’elle attribue à Meta.
Dans sa plainte initiale il y a un an, l’entreprise de production pornographique accusait Meta d’avoir utilisé ces milliers de contenus pour alimenter ses modèles d’intelligence artificielle, notamment son générateur vidéo Movie Gen et ses modèles de langage Llama. Meta conteste depuis l’ensemble de ces accusations, les qualifiant d’"infondées". Au-delà du caractère spectaculaire des accusations, ce dossier soulève la question des pratiques de collecte de données utilisées par les entreprises d’IA pour entraîner leurs modèles et des limites...
26/07 - Un incroyable périple sur trois continents : comment la Pologne a sauvé son or des griffes d’HitlerL’invasion de la Pologne par Hitler le 1er septembre 1939, puis Staline le 17 septembre, plonge l’Europe – et bientôt le monde – dans un conflit sanglant. Pris de court par l’avancée irrésistible de la Wehrmacht, les gouvernements des pays vaincus s’efforcent de sauver en urgence ce qui peut l’être : leurs réserves d’or, convoitées par le Reich pour financer sa colossale machine de guerre. Une chasse au trésor haletante où le sens du devoir de quelques hommes, servis par une bonne dose de chance, a empêché les nazis de faire main basse sur une fortune qui aurait pu changer le cours de l’Histoire.
Dans cette série de L’Express en cinq épisodes, François Valentin, consultant à London Politica, retrace l’incroyable destinée de l’or français, belge et polonais, entre le fracas des bombes et les conversations feutrées des chancelleries.
Episode 1 > "Avez-vous des chambres fortes ?"
Episode 2 > Dans l'enfer des bombes et de la paperasse
Episode 3 > Des lingots transportés à la main, l’intervention de Roosevelt1er septembre 1939, ouest de la Pologne
La petite ville de Wielun, près de la frontière allemande, se réveille sous les bombes des Stukas. Plus d'un millier de civils - les premières victimes de la Seconde Guerre mondiale - périssent dans l'attaque. Malgré leur courage, les forces polonaises ne font pas le poids face aux Panzerdivisionen qui déferlent au nord, à l'ouest et au sud du pays, épaulées par la Luftwaffe. Les blindés allemands progressent à toute...
26/07 - Roumanie : trois drones russes détruits en trois jours, la tension monte en mer NoireLe président roumain, Nicusor Dan, a jugé dimanche "inadmissible et intolérable que la Russie continue de violer l'espace aérien de la Roumanie" après la destruction d'un drone par l'armée de l'air pour la troisième fois en trois jours. "De tels agissements sont inacceptables et nous les prenons très au sérieux, aux côtés de nos alliés", a déclaré le chef de l'Etat roumain dans un message sur X.
Le président roumain a déclaré que la Roumanie avait identifié le drone abattu vendredi comme étant de type Shahed couramment utilisé par les forces russes et que les enquêtes sur ceux abattus samedi et dimanche étaient en cours. Le ministère roumain de la Défense a précisé que le drone russe abattu dimanche avait été intercepté par le pilote roumain d'un F-16 au-dessus de la mer Noire, au nord-est de la ville côtière de Sulina. "La Roumanie continuera de défendre fermement sa souveraineté et son espace aérien, mais ces provocations doivent cesser", a déclaré le ministre roumain de la Défense, Radu Miruta, sur sa page Facebook.
Selon le ministère de la Défense, des drones russes ont pénétré sans autorisation dans l'espace aérien national à 33 reprises depuis le début de la guerre en Ukraine, en comptant l'intrusion de dimanche. La Roumanie n'avait détruit aucun drone jusqu'à vendredi, lorsqu'un pilote roumain est parvenu à en abattre un sans incident dans une zone inhabitée. Elle a désormais détruit trois drones en autant de jours.
"Ces interceptions surviennent alors que...
26/07 - Attaque à Berlin pendant la marche des fiertés : la piste d’un attentat islamiste privilégiéeAlors que des centaines de milliers de personnes prenaient part à la marche de fiertés LGBT+ berlinoise, samedi 25 juillet au soir, un homme au volant d'un véhicule type minivan a chargé les manifestants, près de la porte de Brandebourg. L'attaque a eu lieu autour de 22 heures, non pas au cœur des festivités et manifestations, mais dans le parc Tiergarten où des concerts se déroulaient depuis la veille, non loin de Christopher Street Day, l'une des plus importantes manifestations annuelles de la fierté LGBTQ+ en Europe. Une personne est décédée et 29 autres ont été blessées, dont huit grièvement. Le ministre de l'Intérieur allemand, Alexander Dobrindt, a affirmé dimanche que "tout ce que nous voyons ici indique que nous sommes confrontés à une attaque terroriste islamiste", la piste terroriste étant donc désormais privilégiée par les autorités.
Le maire conservateur de Berlin, Kai Wegner a dénoncé une "attaque contre notre société libre et ouverte sur le monde". "Le rassemblement pour un Berlin tolérant et pacifique a été pris pour cible de la manière la plus brutale qui soit", a-t-il estimé après avoir lui-même participé au défilé. Le chancelier Friedrich Merz et son ministre de l’Intérieur ont quant à eux assuré via leur porte-parole qu'ils s’engageront "avec une détermination particulière pour faire toute la lumière sur cet acte abominable et en assurer la sanction". Les organisateurs du Christopher Street Day ont, de leur côté, annoncé l'annulation du reste des...
26/07 - Féminin sacré : les vraies raisons d’un retour en force, par Mathilde Berger-PerrinFestivals "Femmes sauvages" ou Women’s spirit, comptes Instagram à centaines de milliers d’abonnés, énorme succès du Sorcières de Mona Chollet, regain de l’astrologie : le féminin sacré, qu’est-ce donc ? Appelons-le un ensemble de pratiques qui célèbrent une sacralité propre au féminin. C’est un appel à la reconnexion des femmes avec leurs corps, leurs intuitions, voire des pouvoirs surnaturels. Le féminin sacré se trouve autant dans le yoga des hormones que la sorcellerie, en passant par l’astrologie ou l’écoféminisme. A rebours de l’éclairage scientifique, il préconise un retour à une nature féminine épanouissante, altérée par une société patriarcale et cartésienne.
Les femmes seraient-elles, comme le veut le stéréotype, plus enclines à l’irrationnel ? Dans son enquête de terrain Au cœur du féminin sacré (L’Observatoire, 2025), la journaliste Flore Cherry explique ce succès par la déception : face à la médecine, la religion, l’individualisme moderne et… le féminisme lui-même. Malgré le rôle de ChatGPT ou Doctissimo dans nos vies, bien des questions que se posent les femmes sur les femmes restent sans réponse : sur la sexualité, les cycles menstruels ou hormonaux, leur place face aux hommes ou à la nature.
C’est souvent par défiance ou dépit que certaines se détournent d’un système médical jugé "dominant". La médecine n’a que tardivement pris la mesure de ce qu’était le corps d’une femme, notamment quant à son plaisir. La première représentation exacte du clitoris...
26/07 - Pourquoi les aliments ultra-transformés nous rendent-ils malades ? Retour sur une controverse scientifiqueDepuis quelques années, les preuves s’accumulent pour dire que consommer de la nourriture industrielle en grande quantité est une mauvaise idée. Les mélanges cuits et recuits, raffinés puis enrichis, séchés et texturés vendus par l’industrie agroalimentaire et que les experts désignent sous l’appellation "alimentation ultra-transformée", aggravent les risques de développer de nombreuses pathologies. Ceux qui en consomment à longueur de journée, faute de choix ou par plaisir, sont plus fréquemment victimes de maladies chroniques, comme l’obésité, le diabète, ou encore certaines maladies cardiovasculaires. C’est du moins le constat de nombreuses analyses systématiques comme ces études parapluies parues en 2024 dans les revues scientifiques BMJ, ou plus récemment Nutrition Reviews.
Oui, mais qu’est-ce qui pose problème exactement, dans ce type de régime ? Est-ce la présence de colorants, d’exhausteurs de goût ? Est-ce la vitesse à laquelle certains de ces produits sont assimilés dans l’organisme ? Faut-il chercher du côté de la quantité consommée, s'intéresser à leur caractère "addictif" qui nous pousse à en reprendre ? Ou bien ces plats sont-ils simplement trop gras, trop sucrés et trop salés ? A ce sujet, la littérature scientifique n’est pas encore très claire, d’autant qu’il est difficile d’isoler un de ces facteurs plutôt qu’un autre. Résultat, les chercheurs s’écharpent par lettres et publications interposées pour tenter de faire évoluer le débat et d'arriver à un...
26/07 - Vins : Provence, un vignoble plurielCoteaux-d'aix-en-provence, coteaux-varois-en-provence, Bandol, cassis, palette, bellet, les baux-de-provence, pierrevert et quelques Indication géographique protégée (IGP) couvrent environ un tiers de l’aire de production provençale (ci-dessous). Avec 2 800 heures d'ensoleillement par an, des étés secs, des précipitations limitées et l'action permanente du mistral, qui favorisent un état sanitaire remarquable des raisins, le climat constitue l'un des grands alliés des vignerons. La diversité des sols – calcaires, schistes, grès, argiles rouges ou éboulis pierreux – offre une étonnante mosaïque de terroirs, dont la variété se traduit dans les bouteilles.
Aujourd'hui la référence mondiale du vin rosé, la Provence consacre 90 % de sa production à cette couleur, une singularité sans équivalent parmi les grands vignobles français. Bandol (AOP)
En Provence, le mourvèdre a toujours appartenu au patrimoine ampélographique, mais c'est à Bandol qu’il a fixé son royaume. Accrochées sur les terrasses de pierre sèche qui dominent la Grande Bleue, les fameuses restanques, les vignes rôtissent le jour, mais sont revigorées la nuit par les embruns marins. Une précieuse alchimie qui permet au cépage ombrageux de livrer sa plus parfaite expression.
L'appellation, reconnue en 1941, s’étend sur huit communes et 1 600 hectares de la zone naturelle du bassin du Beausset. L’aire de production est ainsi enserrée dans un vaste amphithéâtre de montagne (Sainte-Baume et Mont Caume). Château de...
26/07 - Pologne : le parti conservateur PiS implose après l’exclusion de Mateusz MorawieckiLe parti conservateur nationaliste Droit et Justice (PiS), qui a dirigé la Pologne entre 2015 et 2023, s'est scindé en deux vendredi 24 juillet après une brouille interne. C’est l'exclusion de l'ancien Premier ministre Mateusz Morawiecki, ainsi que d'une trentaine de députés par le chef du parti, Jarosław Kaczyński, qui a provoqué l’implosion de cette structure politique.
Cette rupture fragilise le camp conservateur et compromet ses efforts pour renverser le Premier ministre pro-européen Donald Tusk lors des élections de l’année prochaine. Les nationalistes espéraient jusqu’ici capitaliser sur la victoire à la présidence de la République du très conservateur Karol Nawrocki, en mai 2025, pour préparer leur retour au pouvoir lors des législatives de 2027. Mais le PiS est en recul dans les sondages : crédité de 26 % des intentions de vote, il est désormais devancé par la Coalition civique du Premier ministre Donald Tusk, à 32 %, selon l'agrégateur de sondages de Politico.Les conservateurs divisés par la tentation de l’extrême droite
L'ancien Premier ministre et figure forte du parti Mateusz Morawiecki avait créé Rozwoj Plus ("Développement Plus"), une association qu'il présentait comme un cercle de réflexion sur les politiques économiques et démographiques. Mais la direction du PiS y voyait une tentative de bâtir un courant autonome, voire un futur parti. Après avoir exigé que ses membres renoncent à cette formation et signent une déclaration de loyauté, le chef actuel du...
26/07 - De Marine Le Pen à Bernard Cazeneuve : pourquoi veulent-ils tous le retour du septennat ?Combien de temps un président doit-il rester au pouvoir ? "Sept ans, évidemment !", répond le général de Gaulle à Alain Plantey, cheville ouvrière de la Constitution de la Ve République. La question se pose-t-elle réellement ? Après tout, chacun des chefs d'Etat élus depuis Mac-Mahon en 1873 l'ont été sous le régime du septennat, et puis il ne s'agit pas de tout changer non plus. La cinquième ne doit être qu'une quatrième corrigée de ses défauts, et la durée du mandat n'en constitue pas un. Du moins, à la fin des années cinquante ; car six décennies, l'élection au suffrage universel direct et un passage au quinquennat plus tard, elle en serait devenue un.
À l'approche de mai 2027, plusieurs candidats officiels et officieux estiment la durée actuelle du mandat présidentiel en décalage avec l'époque. Ce quinquennat autrefois "moderne", selon l'argument utilisé par Claude Chirac pour convaincre son père réticent, serait donc devenu ringard. De Marine Le Pen à Bernard Cazeneuve en passant par David Lisnard, Xavier Bertrand, ou encore Nicolas Dupont-Aignan, tous proposent de revenir à ce septennat qui bien avant la réforme de 2000, avait failli sauter une première fois en 1973.
L'Elysée était alors occupé par un président malade et probablement déjà conscient qu'il ne lui resterait pas de quoi finir son mandat. Usant de l'argument officiel selon lequel "le septennat n’est pas adapté à nos institutions nouvelles", George Pompidou avait fait voter en 1973 un texte instaurant...
26/07 - Richard Wike : "Les Etats-Unis peuvent rétablir leur image, mais la tâche sera plus ardue que jamais"19 juillet. Sur une terrasse parisienne bondée, un grand écran diffuse la finale de la Coupe du monde de football entre l'Espagne et l'Argentine. Dans la foule, une majorité de touristes étrangers et une poignée de Français, encore sonnés par la défaite des Bleus quelques jours plus tôt, suivent le match dans un silence de cathédrale. Il suffit d'un plan de coupe sur les travées du MetLife Stadium, dans le New Jersey, où Donald Trump est assis aux côtés du président de la Fifa, Gianni Infantino, pour que la terrasse sorte de sa torpeur et se mette à huer et à siffler - sans que l’on sache très bien lequel des deux hommes est le plus visé.
La scène, loin d’être anecdotique, en dit long sur la mauvaise image de Donald Trump à l’étranger. La perception des Etats-Unis et de leur président aurait même atteint des niveaux historiquement bas, explique à L’Express Richard Wike, directeur de la recherche sur les attitudes internationales au Pew Research Center, qui mesure depuis 2002 l’évolution du regard porté sur l’Amérique dans le monde. Publiée le 23 juin 2026 et menée auprès de 42 151 personnes dans 36 pays, la dernière édition de cette enquête révèle que seuls 23 % des répondants font confiance à Donald Trump dans sa conduite des affaires mondiales. Pendant ce temps, la réputation de la Chine et de Xi Jinping suit une trajectoire inverse. Entretien.
L’Express : Quels sont les grands enseignements de votre dernière étude ?
Richard Wike : Le principal constat est que l’image...
25/07 - Défense : en Allemagne, le gouvernement divisé sur la stratégie à adopter en matière de dronesAlors que l'Allemagne ambitionne de se doter d’une flotte d’avions de combat sans pilote afin de répondre à une exigence stratégique fixée par l’Otan, des divergences secouent le ministère allemand de la Défense, comme l'a rapporté Politico le 22 juillet. Au sein de l'administration, les partisans de l’achat d’un drone australien s'opposent en effet à ceux qui souhaitent attendre le développement de solutions européennes, ce qui risque de compromettre l’objectif de Berlin de disposer d’une première flotte opérationnelle dès 2029.
Face notamment à la menace russe, l’Alliance atlantique attend de l’Allemagne qu’elle soit en mesure de fournir, à l’horizon 2035, des drones de combat à réaction, réutilisables et capables de pénétrer des espaces aériens fortement protégés, tout en emportant différentes charges utiles comme des armements, des capteurs ou des équipements de guerre électronique. Contrairement aux petits drones peu coûteux et souvent à usage unique massivement employés en Ukraine, ces appareils sont conçus pour être utilisés de manière répétée et, à terme, pour accompagner des avions de chasse pilotés tels que l’Eurofighter ou le F-35.
Mais Berlin, de son côté, s’est fixé un calendrier plus ambitieux en visant le déploiement d’une première flotte limitée dès 2029. Le but : permettre à la Luftwaffe, l'armée de l'air allemande, d’acquérir une expérience opérationnelle avant l’échéance fixée par l’Otan. Pourtant, cet objectif ne pourra plus être tenu, si l'on en...
25/07 - "Sous le soleil", la série française qui a conquis le monde et fâché le patronat russeInspecteur Derrick", "Borgen", "Zora la rousse", "La Casa de papel"… Ces séries cultes ont fait un tabac tout en nous faisant mieux connaître la vie (et les névroses) de nos voisins. Cet été, L’Express vous raconte comment la fiction cathodique a, autant que le marché commun ou la monnaie unique, contribué à la construction européenne.
EPISODE 1 > Derrick, l'inspecteur qui raconte le mieux les névroses de l'Allemagne
EPISODE 2 > La Casa de papel : comment Netflix a braqué le monde avec une série ratée
EPISODE 3 > Zora la rousse, l’utopie communiste à l’heure du goûter
Le Bureau des Légendes, Versailles, Marseille… Le producteur Pascal Breton est à l’origine de plusieurs des séries françaises les plus emblématiques de ces dernières années. Pourtant, son plus grand succès reste une fiction à laquelle TF1 croyait peu lors de son lancement : Sous le soleil. Initialement intitulée "Saint-Tropez", la série suscite le scepticisme de la direction de TF1, qui estime que le sujet ne parlera qu'à quelques Parisiens un peu snobs. Mais le feu vert est donné, à la condition toutefois d’en changer le nom. Lorsque la série débute le 13 mars 1996 sur la première chaîne française, le succès est immédiat. Diffusée d’abord le mercredi, puis le samedi après-midi, elle réunit jusqu’à quatre millions de téléspectateurs. Des scores habituellement réservés à un prime time.
Son rayonnement dépasse rapidement les frontières. Narrant les aventures amicales, amoureuses et...
25/07 - Etats-Unis : les licenciements au sein du renseignement américain s’accélèrentAprès la nomination controversée de Bill Pulte à la tête du renseignement américain, les suppressions de postes dans son administration se poursuivent. Depuis le 1er juin, près de 200 employés ont quitté le Bureau du directeur du renseignement national américain (ODNI) à la suite de licenciements ou de réaffectations, selon des données transmises cette semaine par l'administration Trump au Congrès.
Destiné à coordonner et superviser l'ensemble des agences de renseignement américaines après les attentats du 11 septembre 2001, l'organisme est depuis plusieurs années dans le viseur de Donald Trump et de nombreux élus républicains, qui estiment, tout comme certains anciens responsables du renseignement, qu'il a largement dépassé le rôle que le Congrès lui avait initialement confié lors de sa création il y a une vingtaine d'années. Au début du second mandat de Donald Trump, l'ODNI comptait environ 2 000 employés mais, d'après des collaborateurs du Congrès, ses effectifs représentent aujourd'hui à peine plus de la moitié de ce total.Un bras de fer
Pour le président américain, les agences de renseignement ont cherché à le déstabiliser durant son premier mandat, notamment à travers les rapports consacrés à l'ingérence russe dans l'élection présidentielle de 2016, qu'il estime avoir été élaborés pour nuire à sa campagne. Il a également rejeté à plusieurs reprises les analyses des services de renseignement sur différents dossiers, qu'il s'agisse de la stratégie nucléaire de la...
25/07 - Inde : le mouvement des "Cafards" obtient la démission du ministre de l’EducationUne première victoire majeure pour le "parti des Cafards". Le ministre indien de l'Éducation, Dharmendra Pradhan, a annoncé sa démission ce samedi, réclamée depuis juin par les jeunes manifestants du mouvement, à la suite d'une fraude aux examens. "Nous l'avons fait!" s'est écrit le fondateur du Parti du peuple des Cafards (Cockroach Janta Party), Abhijeet Dipke, sous les applaudissements d'une foule de protestataires réunis sur le site du Jantar Mantar de New Delhi.
Né en mai dernier sur Internet, où il rassemble des dizaines de millions d'abonnés sur les réseaux sociaux, reflétant les inquiétudes et les frustrations d'une "génération Z" de trentenaires fortement affectées par le chômage et le coût de la vie, le Cockroach Janta Party a choisi son nom en ironisant sur des propositions du président de la Cour suprême Surya Kant comparant les chômeurs à des "cafards".
Depuis juin, le mouvement dénonce des fuites à répétition de sujets d'examens de concours mais la colère bout depuis que la contestation a basculé lundi en confrontation entre manifestants et forces de l'ordre qui ont repoussé violemment les jeunes protestataires qui marchaient vers le Parlement.
Dans un message posté en ligne, le ministre de l'Éducation, Dharmendra Pradhan, a annoncé avoir présenté sa démission au Premier ministre [Narendra Modi] "compte tenu de la situation qui s'est créée à Jantar Mantar et dans tout le pays, afin que les forces antinationales n'en profitent pas".
L'annonce de sa...
25/07 - Moyen-Orient : pourquoi la menace houthie représente un défi de taille pour l’armée américaineLa menace houthie va-t-elle aggraver la guerre avec l'Iran ? C'est en tout cas la crainte de l'armée américaine, après que les Houthis du Yémen, alliés de l’Iran, ont affirmé le 20 juillet qu’ils n’autoriseraient pas les navires à charger ou décharger dans les ports saoudiens, ce qui pourrait potentiellement bloquer les exportations de pétrole saoudiennes et priver le marché mondial d’environ 7 % de l’approvisionnement en pétrole, a rapporté Reuters.
Peu après, les rebelles chiites ont revendiqué des attaques en mer Rouge contre "deux pétroliers saoudiens", alors que dans le même temps les frappes américaines contre l’Iran se poursuivent et qu’un accord destiné à développer l’industrie nucléaire saoudienne alimente les inquiétudes quant à une possible course aux armements dans la région. L’Arabie saoudite, qui accueille des forces américaines sur son territoire, n’a pas encore demandé d’aide militaire à Washington. Mais Donald Trump a laissé entendre qu’une tentative des Houthis visant à entraver la navigation en mer Rouge - un corridor essentiel pour le commerce mondial - pourrait entraîner une intervention américaine.Des combattants aguerris
La situation pourrait néanmoins être plus complexe que prévue pour les Américains. Les Houthis ont acquis une réputation de combattants aguerris et mobiles, ayant réussi à résister aux précédentes campagnes de bombardements menées par l’Arabie saoudite et les Etats-Unis. Sous l’administration de Joe Biden, les Etats-Unis avaient...
25/07 - Pourquoi l’IA ne va pas détruire la planète, par Charles GorintinDepuis quelques années, quand on parle d'intelligence artificielle, une inquiétude revient sans cesse : son impact environnemental. La préoccupation est légitime, et longtemps, le débat a souffert d'un vrai problème : l'absence de données. Ce n'est plus le cas.
L'Agence internationale de l'énergie (AIE) y a consacré deux rapports, en 2025 puis en 2026, Google a ouvert ses compteurs de production, Mistral a publié la première analyse de cycle de vie complète d'un grand modèle. Les chiffres sont enfin là et ils ne corroborent pas les scénarios catastrophes.
Selon l'AIE, l'ensemble des data centers du monde (intelligence artificielle, mais aussi streaming vidéo, stockage, web) a consommé environ 485 TWh en 2025, soit 1,5 % de l'électricité mondiale. L'IA seule ? Environ 0,5 %, calcule la chercheuse Hannah Ritchie (Université d'Oxford, Our World in Data). Rapportée à l'énergie finale, transports, chauffage et industrie compris, l'IA pèse moins de 0,2 % du total mondial.
Cette consommation augmente, c'est vrai : +17 % en 2025. Mais d'ici 2030, l'AIE projette que les data centers doubleront pour atteindre environ 950 TWh, soit environ 3 % de l'électricité mondiale, et qu'ils ne représenteront qu'un dixième de la croissance de la demande : moins que les moteurs industriels, moins que les voitures électriques, moins que la climatisation.Un chiffre bien trop élevé
À l'échelle individuelle, les ordres de grandeur sont encore plus parlants. Le chiffre alarmiste qui a longtemps...
25/07 - Provence, le vignoble où le rosé est devenu un art de vivreL’aire de production couvre environ 30 000 hectares en Appellation d’origine protégée (AOP), auxquels s'en ajoutent plusieurs milliers en Indication géographique protégée (IGP). Au nombre des premières, côtes-de-provence (ci-dessous), coteaux-d'aix-en-provence et coteaux-varois-en-provence représentent à elles seules plus de 90 % des surfaces exploitées et plus encore des rosés produits. Dans les six autres – bandol, cassis, palette, bellet, les baux-de-provence et pierrevert – les rouges et les blancs se révèlent bien plus présents. Avec 2 800 heures d'ensoleillement par an, des étés secs, des précipitations limitées et l'action permanente du mistral, qui favorisent un état sanitaire remarquable des raisins, le climat constitue l'un des grands alliés des vignerons. La diversité des sols – calcaires, schistes, grès, argiles rouges ou éboulis pierreux – offre une étonnante mosaïque de terroirs, dont la variété se traduit dans les bouteilles.
Aujourd'hui la référence mondiale du vin rosé, la Provence consacre 90 % de sa production à cette couleur, une singularité sans équivalent parmi les grands vignobles français.
Avec environ 170 millions de bouteilles commercialisées chaque année, la région constitue également un poids économique majeur. Le vignoble attire une clientèle internationale séduite autant par la qualité des vins que par un art de vivre associant paysages, gastronomie, patrimoine et tourisme. Châteaux historiques, chais contemporains, hôtels de luxe et tables...
25/07 - Etats-Unis : pourquoi J.D. Vance se retrouve sous le feu des critiques de son propre campA deux ans de la primaire républicaine de 2028, et alors que J.D. Vance demeure en tête des intentions de vote, le vice-président américain fait face à une campagne d'attaques particulièrement virulente venue de son propre camp. Sur les réseaux sociaux, ses opposants ont repris le slogan "Never Vance" ("Jamais Vance"), l'accusant notamment d'être "inapte" à exercer les fonctions de vice-président au motif qu'il a cherché à négocier un accord de paix avec l'Iran. D'autres affirment, sans apporter de preuves, qu'il prendrait des décisions contraires à la ligne de Donald Trump.
Des commentaires hostiles ont été publiés par des personnalités connues, comme le podcasteur conservateur Ben Shapiro ou le chroniqueur politique Marc Thiessen, mais aussi par des influenceurs de droite et des utilisateurs peu connus de X dont les messages anti-Vance sont rapidement devenus viraux. Selon le Washington Post, certains comptes promettant de soutenir le secrétaire d'Etat Marco Rubio contre J.D. Vance en 2028 semblaient, d'après leur profil, ne pas appartenir à des électeurs américains et être basés à l'étranger, alimentant les soupçons d'une opération d'influence évoquée par ses alliés. Une fronde inhabituelle
Par son ampleur et sa précocité, cette fronde interne est en effet inhabituelle. Rares sont les vice-présidents américains à avoir fait face à une telle contestation de leur propre famille politique aussi longtemps avant une présidentielle, rapporte le journal américain. Les...
25/07 - Italie : le ministre de la Défense propose un rôle de conseiller à Mykhaïlo Fedorov, limogé par Volodymyr ZelenskyDéjà très soutenu en Ukraine depuis qu'il a été écarté du gouvernement par Volodymyr Zelensky, Mykhaïlo Fedorov a reçu un appui plus inédit, en provenance de Rome. Le ministre italien de la Défense, Guido Crosetto, a déclaré avoir proposé au désormais ex-ministre de la Défense ukrainien un rôle de conseiller en Italie.
"Je l’ai appelé le lendemain de son licenciement et je lui ai dit : 'Quand veux-tu venir à Rome travailler avec moi comme conseiller ?'", a déclaré Crosetto au quotidien italien La Repubblica dans une interview publiée ce samedi.
Interrogé sur la réaction de Fedorov, Crosetto a déclaré que l'ancien ministre était "touché" et considérait l'offre comme "une démonstration d'estime et d'amitié".
Guido Crossetto a salué Fedorov comme un moteur d'innovation militaire, affirmant qu'il était "l'un de ceux qui ont complètement redéfini les règles du jeu sur le champ de bataille". Fedorov avait aidé l'Ukraine à résister d'abord à l'invasion russe, puis à reprendre l'initiative en transformant les pratiques militaires grâce aux nouvelles technologies, a déclaré Crossetto.
Mykhaïlo Fedorov, un réformateur féru de technologie de 35 ans, à qui ses partisans attribuent le renforcement des capacités de l'Ukraine en matière de drones et la mise en œuvre de réformes du secteur de la défense, a été limogé de son poste de ministre de la Défense ce mois-ci, une décision qui a déclenché de rares manifestations en temps de guerre en Ukraine.
Le président Volodymyr Zelensky...
25/07 - A Varsovie, une exposition décrypte la lutte des surréalistes contre le fascismeOn associe souvent le surréalisme à l’inconscient et aux images les plus déroutantes de l’histoire de l’art. Pourtant, derrière les univers fantastiques de Dali ou les énigmes visuelles de Magritte, se cachait un mouvement farouchement engagé. C’est cette dimension politique, souvent reléguée au second plan, que met en lumière l’exposition Au cœur même des changements : surréalisme et antifascisme, présentée au Musée d’art moderne de Varsovie, sous le commissariat de Dorota Jarecka et Magda Lipska.
A travers plus de deux cents œuvres et documents, elle raconte comment des artistes ont fait de l’imagination une arme contre le fascisme, le colonialisme et toutes les formes d’oppression. Et nous confronte d’emblée à une idée forte : le groupe d’inébranlables entendait autant bouleverser les conventions artistiques que réformer la société, quand, pour André Breton et ses compagnons, libérer l’esprit revenait à combattre les systèmes politiques qui cherchaient à le contrôler. Une ambition qui a pris un relief particulier dans les années 1930, lorsque les régimes totalitaires se sont multipliés en Europe et que nombre de créateurs ont réagi à la menace.Pablo Picasso, "Tête de cheval", esquisse pour "Guernica", 1937.
Parmi les œuvres emblématiques, représentatives de cette période, surgit inévitablement le Guernica de Picasso, matérialisé ici par des esquisses et des archives, qui rappellent le statut de symbole universel de la lutte contre la barbarie de l’immense composition...
25/07 - Incendies : des moyens militaires supplémentaires engagés face au feu "XXL" en Gironde, l’A400M déployéLes feux qui ravagent la Gironde depuis le milieu de semaine sont d'ores et déjà historiques. Face à l'"incendie XXL" qui sévit dans le département et se dirige désormais vers l'agglomération bordelaise - sans toutefois menacer directement la ville "pour l'instant" - le ministre de l'Intérieur a annoncé vendredi soir le déploiement de moyens militaires supplémentaires. Selon Laurent Nuñez, la région fait face à "un phénomène totalement inédit".
Le feu qui s'est déclaré mercredi dans la commune de Saumos (Gironde) avait parcouru vendredi 14.000 hectares, détruit 53 maisons et un camping et nécessité 110.000 évacuations, principalement sur la presqu'île touristique de Lège-Cap-Ferret. Ce samedi à la mi-journée, la surface brûlée s'élevait à 32.700 hectares, témoignant de la vitesse fulgurante à laquelle avance l'incendie. La préfète de Gironde et de la région Nouvelle-Aquitaine, Sophie Brocas, avait ordonné vendredi l'évacuation préventive de plusieurs communes : Arès, Andernos, Le Temple, Saumos, Sainte-Hélène, Salaunes et Lanton.Réquisition de moyens militaires en appui des pompiers
"On a appris dans le milieu de l'après-midi qu'avec l'inversion des vents, ce feu convectif, qui s'autoalimente, (...) et est très difficilement maîtrisable" s'orientait "plutôt vers l'est et prenait la direction de la métropole bordelaise", a précisé Laurent Nuñez sur TF1 vendredi soir.
Ce samedi matin, des milliers de personnes des banlieues proches de Bordeaux ont été évacuées, alors que...
25/07 - Emile Servan-Schreiber : "Ce n’est pas parce qu’il y a des dollars en jeu que Polymarket fonctionne"La boule de cristal s'est quelque peu embuée. Vendredi 17 juillet, la France a bloqué l'accès à Polymarket, cette plateforme américaine où l'on parie sur l'actualité géopolitique, sportive ou économique, et que son fondateur Shayne Coplan présente comme "le plus grand marché de prédictions au monde".
L'information n'a pas échappé à Émile Servan-Schreiber. Le fils de Jean-Jacques Servan-Schreiber, cofondateur de L'Express en 1953, est docteur en psychologie cognitive, spécialiste de l'intelligence collective. Et lui-même un pionnier des marchés prédictifs. Aujourd'hui à la tête de la société HyperMind, le sexagénaire s'est présenté à la rédaction avec un petit ouvrage technique sous le bras et une conviction : l'appât du gain n'a jamais été la clé du succès de la prévision en ligne.
L’Express : Vous avez été parmi les précurseurs des réflexions sur les marchés prédictifs en lançant la plateforme NewsFutures en 2000. Que ressentez-vous en voyant des plateformes comme Polymarket ou son rival Kalshi générer aujourd’hui des milliards de dollars ?
Emile Servan-Schreiber : Ce que ressentent les pionniers de la conquête de l'Ouest en voyant des nouveaux venus réussir dans une ville qui n'existait pas une génération plus tôt. Les grandes idées mettent toujours une génération ou deux à s'imposer. Il y a 25 ans, celle des marchés prédictifs paraissait folle tellement elle était disruptive. C'est donc une forme de validation. Mais l'emballement actuel me laisse un peu amer....
25/07 - Israël et l’Europe en instance de divorce : "Il y a maintenant un fossé dans l’opinion"A peine le temps de poser ses cartons à l'ambassade d'Israël à Paris que Joshua Zarka se retrouve déjà en pleine tempête diplomatique. Défendre la position de l’Etat hébreu, lorsqu’il débarque en 2024 dans la capitale française, n’est pas à la portée de n’importe quel diplomate. Le Proche-Orient est en train de connaître un bouleversement majeur, un an seulement après le pogrom du 7-Octobre et le début de l'opération militaire à Gaza qui a causé des dizaines de milliers de morts, provoquant de gigantesques pénuries alimentaires du fait du blocus imposé par Tsahal. Deux ans après sa prise de fonctions, cet ambassadeur, né en France, dresse un constat alarmant sur la coopération entre Paris et Tel-Aviv : "Il y a une crise de confiance entre nous. Nos relations bilatérales sont au plus bas. La défiance est telle qu'Israël a de grandes difficultés à concevoir la France comme un partenaire envisageable sur ses questions de sécurité ou de relations internationales."
Les deux guerres en Iran - auxquelles aucun pays européen n’a souhaité prendre part - et les bombardements meurtriers en territoire libanais n’ont rien arrangé. Au contraire, la France a durci ses positions à l’égard de l’Etat hébreu et Emmanuel Macron a reconnu, quelques mois plus tôt, l’Etat de Palestine. A tel point que 2026 fait déjà figure d’annus horribilis diplomatique. Ben Gvir et Smotrich interdits de territoire
Dernier accroc en date : le 9 juin, Bezalel Smotrich, ministre d’extrême droite des Finances...
24/07 - Guerre en Ukraine : la Roumanie abat pour la première fois un drone au-dessus de son territoireLes autorités roumaines ont annoncé ce vendredi 24 juillet qu’un avion de chasse F-16 roumain avait abattu un drone qui était entré dans l'espace aérien du pays. Après des dizaines d'incursions similaires et malgré l'obtention d'un cadre légal permettant l'interception et la destruction de drones en 2025, c'est la première fois que la Roumanie, État membre de l'Otan, réussit à intercepter un drone étranger.
Le chef d'état-major de l'armée roumaine Gheorghita Vlad a déclaré lors d'une conférence de presse ne pas avoir identifié l'origine ni la finalité du drone pour l’instant, et qu'une enquête était en cours. Pour le général, il pourrait toutefois s'agir d'un Shahed, un drone d'attaque de conception iranienne utilisé par la Russie contre l'Ukraine. "Visuellement, les pilotes [du F-16] ont indiqué que le drone semblait être de type Shahed”, a-t-il déclaré, ajoutant qu'il était trop tôt pour tirer des conclusions. Une autre source militaire a fait part de ses soupçons à Reuters : "Dans cette partie du monde, c'est la Russie qui est l'agresseur".
Plus tôt, le président Nicușor Dan avait écrit sur le réseau social X qu'un pilote roumain avait abattu le drone vers 11 heures, après son entrée dans l'espace aérien du pays. "La zone était inhabitée, le pilote a donc pu tirer sans aucun risque. Actuellement, les équipes des institutions compétentes enquêtent sur place afin d'établir tous les détails de l'incident", a-t-il également ajouté.
Le ministère roumain de la Défense a...
24/07 - Donald Trump et les droits de douane : "Si on lui ferme la porte, il passera par la fenêtre"Brique par brique, Donald Trump rebâtit inlassablement sa muraille douanière dès qu’elle se fissure. Une première fois fin février, lorsque la Cour Suprême a invalidé ses taxes du "Jour de la Libération". Ni une ni deux, le président américain avait trouvé une autre pirouette juridique : la section 122 du Trade Act de 1974, qui lui a permis d'appliquer un taux universel à 10 %. Seulement voilà, cette mesure était limitée à 150 jours et le clap de fin est arrivé ce vendredi 24 juillet. Alors, la Maison Blanche s'est empressée de brandir un nouveau levier légal pour taxer 60 partenaires commerciaux : la section 301 du code commercial de 1974.
Après les déficits de la balance des paiements, c'est désormais l'absence d'interdiction efficace des importations issues du travail forcé qui fait office de prétexte. Parmi les pays dans le viseur, on trouve notamment l'Inde, l'Union européenne ou encore la Norvège. "Le recours à l'article 122 n'était qu'un moyen de gagner du temps pendant que se déroulaient les enquêtes au titre de l'article 301, qui revêt un caractère permanent", relève Richard Baldwin, chercheur au CEPR et auteur de World War Trade. L'arme a d'ailleurs déjà été dégainée contre la Chine, en 2018. Cette fois, elle s'appliquera à 99% des importations américaines. Eplucher le code commercial
L'enlisement du conflit au Moyen-Orient aurait pu reléguer la guerre commerciale au second plan. Il n’en est rien. Car maintenir les droits de douane dans la fourchette actuelle...
24/07 - La Russie contrainte d’importer du carburant après les attaques ukrainiennes contre ses raffineriesLes frappes ukrainiennes contre les infrastructures pétrolières russes contraignent désormais Moscou à importer du carburant, une situation inédite pour l'un des plus grands producteurs de pétrole au monde. Alors que les attaques de drones ont fortement réduit les capacités nationales de raffinage, la Russie s'apprête à recevoir une cargaison d'essence en provenance d'Inde et accroît parallèlement ses achats auprès de la Biélorussie.
Selon le Financial Times, un pétrolier transportant 42 000 tonnes d'essence, chargé à la raffinerie de Vadinar, dans l'ouest de l'Inde, doit arriver, dimanche 26 juillet, au terminal pétrolier de Beloye More, dans le nord de la Russie. D'après les données de la société d'analyse Kpler, la cargaison a d'abord été embarquée sur le navire Agni le 18 juin avant d'être transférée, le 6 juillet, sur le Garnet au large des côtes égyptiennes. Au 22 juillet, ce dernier faisait route vers la Russie en longeant les côtes norvégiennes.
Cette livraison illustre la gravité de la crise du carburant qui frappe le pays. Toujours selon le Financial Times, les attaques ukrainiennes ont réduit d'environ 40 % les capacités de raffinage russes, provoquant les pénuries les plus importantes depuis la chute de l'Union soviétique. Début juillet, plusieurs régions ont instauré des restrictions sur les achats d'essence, tandis que de longues files d'attente se sont formées devant les stations-service. Le quotidien britannique estime qu'environ 50 millions de Russes...
24/07 - Médicaments anti-obésité : la bataille entre Novo Nordisk et Eli Lilly vire à l’affrontement judiciaireNovo Nordisk vient d'ajouter un destinataire à la campagne de publicité d'Eli Lilly : un juge fédéral du New Jersey. Le groupe danois, fabricant de Wegovy et d'Ozempic, poursuit son concurrent pour publicité mensongère et concurrence déloyale. Vendredi 24 juillet, il a demandé une injonction provisoire afin de faire retirer sans attendre les annonces visant ses produits. Eli Lilly, qui commercialise Zepbound contre l'obésité et Mounjaro contre le diabète, nie toute faute et promet de les défendre.
L'affaire commence par deux chiffres : 50 livres perdues avec Zepbound, soit près de 23 kilos, contre 33 livres avec Wegovy, environ 15 kilos. Dix-sept livres d'écart, affirme une publicité d'Eli Lilly diffusée à la télévision pendant le Mondial de football, puis sur TikTok et Facebook. Novo Nordisk juge la comparaison trompeuse, pendant qu'Eli Lilly la juge scientifique. La campagne, baptisée "Watch this", repose sur SURMOUNT-5, un essai achevé en 2024 et présenté par Eli Lilly comme le seul à avoir comparé directement les deux traitements. Des patients placés dans des conditions similaires ont reçu soit Zepbound, soit Wegovy : le résultat avantage nettement le premier. Le groupe américain maintient donc ses annonces et affirme que Novo Nordisk cherche à empêcher la publication des conclusions d'un essai clinique qu'il ne peut pas contester. Le détail des doses
SURMOUNT-5 comparait les doses les plus élevées de Zepbound, soit 10 ou 15 milligrammes, à des doses de Wegovy...
24/07 - Moyen-Orient : l’ombre de l’Iran derrière les attaques des Houthis en mer RougeLes tensions au Moyen-Orient sont encore montées d'un cran cette semaine lorsque les Houthis ont annoncé leur intention de bloquer le détroit de Bab el-Mandeb, entravant ainsi les exportations pétrolières en mer Rouge de l'Arabie saoudite. Les rebelles, qui reprochent à cette dernière des attaques au Yémen, ont revendiqué depuis avoir attaqué deux pétroliers saoudiens dans ce carrefour stratégique pour l’approvisionnement mondial en hydrocarbures. De quoi faire grimper encore les prix du pétrole, le baril de Brent dépassant à nouveau les 100 dollars jeudi 23 juillet.
Des informations dévoilées par Reuters ce même jour laissent penser que l'Iran a pu jouer un rôle dans l'implication des Houthis : d'après l'agence de presse britannique, Téhéran a en effet envoyé ce mois-ci au Yémen des commandants des Gardiens de la révolution islamique, des conseillers militaires ainsi que des équipements pour missiles et drones. Une démarche suggérant que la République islamique cherche à renforcer les capacités de ses alliés Houthis pour menacer le trafic maritime en mer Rouge, voie cruciale pour les livraisons énergétiques.Deux commandants de haut rang envoyés au Yémen
Pour ce faire, l'Iran a transporté les membres des Gardiens et les équipements militaires à bord d'un avion ayant quitté Téhéran à destination du Yémen le 13 juillet. Selon deux sources iraniennes, dix à 21 membres des Gardiens de la révolution, parmi lesquels deux commandants de haut rang, se trouvaient à bord de ce vol...
24/07 - De Hamlet à Cyril Hanouna : ce que le Trivial Pursuit dit du déclin de la culture GAlors que les jeux de société font un tabac, certains d’entre eux et le succès qu’ils rencontrent en disent long sur leur époque. Cet été, L'Express décrypte des jeux cultes, de l'abaissement de la culture générale que révèlent les questions du Trivial Pursuit au fil des éditions, au retour du réalisme en géopolitique avec Risk, en passant par les mutations de la mondialisation (Richesses du Monde) et le backlash contre le politiquement correct avec Blanc-manger Coco, devenu incontournable à l’heure de l'apéro. Vous apprendrez aussi pourquoi le vénérable Monopoly valide la stratégie de Donald Trump et permet d’éclairer son élection.
L’honnête homme des années 1980 devait savoir dans quel château Shakespeare situe l’action d’Hamlet (Elsingor), le nom du supérieur de Louis de Funès dans Les Gendarmes (Michel Galabru) et l’alcool qui constitue la base d’un Bellini (le champagne). Avec ses boîtes bleues ou jaunes, ses couleurs de cases synonymes de thématiques (vert pour science et nature, orange pour sports et loisirs…), le Trivial Pursuit a été le jeu phare des baby-boomers désireux d’étaler leurs connaissances autant que leur nouvel appareil à raclette.
Les débuts relèvent de la légende. Il était une fois deux journalistes canadiens qui, lassés par un Scrabble incomplet, décidèrent en 1979 de donner au "trivia", ces quiz portant sur des informations sans utilité immédiate, sa forme canonique. Baptisé "Quelques arpents de pièges" au Québec, le jeu est chez nous d’abord...
24/07 - De pro-Kremlin à pro-Ukraine : l’étonnant revirement de l’influenceuse Maga Laura LoomerElle était jusqu'ici l'une des figures les plus bruyantes du courant "America First" opposé au soutien américain à l'Ukraine. La voilà désormais à Kiev, aux côtés de Volodymyr Zelensky, pour dénoncer l'agression russe et saluer la résistance locale. À 33 ans, l'influenceuse d'extrême droite proche de Donald Trump Laura Loomer a rencontré, jeudi 23 juillet, le dirigeant ukrainien dans la résidence présidentielle d'apparat, marquant ainsi l'aboutissement d'une évolution qui l'a fait passer du statut de critique virulente de Kiev à celui de l'une de ses plus ferventes défenseuses au sein du mouvement Maga. Elle affirme désormais vouloir regarder la guerre "avec clarté morale".
Et son changement de position sur la guerre en Ukraine pourrait dépasser son seul cas personnel : son influence auprès du 47e président des Etats-Unis lui confère une aura particulière au sein du camp conservateur. Surnommée "celle qui murmure à l'oreille de Trump", Laura Loomer est depuis plusieurs années l'une des alliées les plus visibles de l'ex-magnat de l'immobilier. Connue pour ses prises de position incendiaires sur les réseaux sociaux, elle s'est imposée comme une personne influente auprès de la base "Maga", sans jamais occuper de fonction officielle.
Pendant longtemps, son discours vis-à-vis de Kiev s'inscrivait dans une ligne très critique, voire proche des arguments diffusés par Moscou. Elle accusait l'Ukraine d'être un pays corrompu, affirmait que celui-ci ne méritait pas le soutien des...
24/07 - Nucléaire : l’accord de Donald Trump avec l’Arabie saoudite suspendu à la reconnaissance d’IsraëlL'accord conclu entre les États-Unis et l'Arabie saoudite aura conservé sa version initiale moins de vingt-quatre heures. Mercredi 22 juillet, Washington annonçait un texte permettant aux entreprises américaines de participer au programme atomique civil saoudien, avec la possibilité d'étudier, à terme, un enrichissement d'uranium sur place. Jeudi matin, Donald Trump lui ajoutait deux conditions qui n'avaient pas été présentées lors de la signature : aucun enrichissement et une normalisation des relations entre Riyad et Israël.
Le texte n'avait pas encore été transmis au Congrès que le président américain en redéfinissait donc les principaux équilibres. Le revirement intervient après une matinée de critiques dans les médias conservateurs. Le Wall Street Journal s'étonnait que Donald Trump accorde à Riyad une coopération que Joe Biden avait liée à une normalisation avec Israël. Plusieurs présentateurs de Fox News posaient la même question : pourquoi offrir à Mohammed ben Salmane ce que l'administration précédente n'avait envisagé qu'en échange d'une ratification des accords d'Abraham ? Selon plusieurs sources citées par CNN, ces critiques ont contribué à la décision de Donald Trump de bloquer l'accord dans sa forme annoncée. Dans un message publié aux plus petites heures du matin du jeudi 23 juillet sur Truth Social, le locataire de la Maison-Blanche a donc déclaré que l'accord serait "totalement soumis" à l’entrée de l’Arabie saoudite dans les accords d'Abraham, qui ont...
24/07 - Nucléaire de quatrième génération : "La France doit accélérer et laisser une place au privé"Avril 2010, au site de lancement de Cap Canaveral, en Floride. Barack Obama annonce que l'État fédéral n'achètera plus de lanceurs, mais des services de lancement au secteur privé. Quinze ans plus tard, les États-Unis ont reconquis un accès autonome à l'espace, divisé les coûts, et reconstitué un écosystème industriel dominant. La France se trouve aujourd'hui devant un choix de même nature pour son nucléaire de quatrième génération.
Notre pays doit tenir simultanément quatre objectifs difficilement conciliables en matière énergétique : décarboner son économie, sécuriser son approvisionnement dans un monde où l'énergie est redevenue une arme, préserver des finances publiques déjà tendues, et maintenir une électricité compétitive pour ses industriels et ses citoyens.
Le nucléaire peut répondre aux quatre. Mais un nucléaire fondé uniquement sur les réacteurs à eau pressurisée de différentes générations, aussi performants soient-ils, reste dépendant de l'uranium importé. Sans fermeture du cycle du combustible, le nucléaire français demeure structurellement vulnérable. Les réacteurs à neutrons rapides changent l'équation : ils permettent de considérer les 15 000 tonnes de combustibles usés déjà stockés sur notre territoire comme une ressource énergétique mobilisable pour des siècles. La PPE3 et le Conseil de politique nucléaire de mars 2026 ont tranché le principe : la France y va. A la question "faut-il ?", succède l’enjeu du rythme et du modèle industriel.Le temps joue...
24/07 - Incendies en France : Emmanuel Macron en appelle à l’aide européenneFace à des incendies d'une ampleur exceptionnelle qui frappent notamment la Gironde et les Landes, Emmanuel Macron a annoncé, dans la nuit du jeudi 23 au vendredi 24 juillet, que la France avait demandé l'activation du mécanisme de protection civile de l’Union européenne. Une décision destinée à renforcer rapidement les moyens de lutte contre les flammes, alors que plusieurs foyers restent actifs et que des dizaines de milliers de personnes ont déjà été évacuées.
"Nous allons pouvoir compter rapidement sur le renfort de deux Canadair croates, de deux Air Tractor portugais ainsi que de deux hélicoptères lourds Black Hawk tchèque et slovaque", a écrit le chef de l'État sur le réseau social X. Emmanuel Macron a également adressé ses "pensées" aux sapeurs-pompiers et aux forces de secours mobilisés "sans relâche sur le front des flammes", tout en appelant la population à faire preuve de "la plus grande vigilance".
La situation continue de se dégrader en Gironde. L'incendie parti de Saumos, qui menace la presqu'île du Cap-Ferret, entre le bassin d'Arcachon et l'océan Atlantique, a déjà détruit plus de 12 500 hectares, a indiqué ce vendredi en début d'après-midi la préfecture du département. "C'est le plus gros feu de la saison", avait déclaré dans la matinée le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, qui a tenu une cellule interministérielle de crise, précisant que le sinistre, contre lequel 1 000 sapeurs-pompiers sont mobilisés, était incontrôlable et continuait d'avancer....
24/07 - Guerre en Iran, départ de plusieurs membres : l’Opep entre en "mode survie"La prospérité tient parfois à un simple bras de mer. Après avoir vécu une longue phase de prospérité grâce au commerce maritime, l'Opep redécouvre dans la douleur, la valeur de certains nœuds stratégiques. Les Houthis du Yémen, alliés de l'Iran, ont annoncé le 20 juillet dernier, un blocus naval visant l'Arabie saoudite, le long de la mer Rouge. Un nouveau coup dur pour le royaume pétrolier, qui comptait sur cette route pour écouler son or noir en pleine crise du détroit d'Ormuz, et pour le cartel. Jamais celui-ci n'a paru aussi affaibli, aussi ballotté par l'actualité internationale. "L'Opep a clairement perdu ses superpouvoirs", confirme Tatiana Mitrova, chercheuse au Center on Global Energy Policy de la Columbia University.
Certes, les manuels d'histoire se souviennent encore de son tour de force du 17 octobre 1973. A l’époque, les sept pays membres annonçaient un embargo pétrolier contre les États-Unis, le Canada, le Japon, les Pays-Bas et le Royaume-Uni, en représailles à leur soutien à Israël pendant la guerre du Kippour. Dans la foulée, le prix du baril quadruplait. Aux États-Unis, les files de voitures qui s'étiraient devant les stations-service obligeaient Richard Nixon à imposer une limitation de vitesse nationale à 55 miles par heure. En Europe, plusieurs gouvernements européens interdisaient la circulation automobile le dimanche. Le début d'une longue stagflation.Une hémorragie de départs
Mais cinquante-trois ans plus tard, un constat s'impose : l'Opep n'a...
24/07 - Santé : la prévention, ce véritable échec des politiques publiquesIl y a un certain paradoxe à parler d’échec en matière de politiques publiques en santé. En effet, d’une part, l’espérance de vie s’est littéralement envolée partout dans le monde depuis un siècle, à quelques à-coups près, comme ceux provoqués par les deux guerres mondiales, la pandémie de grippe espagnole, celle du sida ou encore celle du Covid-19. Et d’autre part jamais la santé n’a pesé autant sur les dépenses publiques et dans les comptes sociaux, la France étant sur les premières marches du podium en la matière parmi les pays de l’OCDE. En France, l’accès aux soins est quasi universel, servant toute la population. Au-delà de cet accès garanti, le service public de santé se distingue aussi par sa qualité et son efficacité, les plus riches comme les plus pauvres se faisant soigner dans les grands hôpitaux publics du pays tant pour des pathologies graves que courantes.
Cependant, la prévention ne représente que la portion congrue (seulement 2,6 %) de ces dépenses de santé. Et si les Français sont assez égaux devant la pose d’un stent en cas d’infarctus, l’administration des dernières avancées thérapeutiques du cancer ou des maladies rares, il n’en est malheureusement pas de même concernant la prévention de ces pathologies.
En réalité, de très nombreux indicateurs de ce domaine sont au rouge. Les inégalités sociales en matière de santé sont non seulement flagrantes, mais elles sont généralisées, insupportables, certains diraient scandaleuses. Or, très peu d’hommes et...
24/07 - "On enterre les projets les uns après les autres" : le grand malaise franco-allemand sur la défenseRien de tel que le recueil d’informations sur le terrain. Cet hiver, Pierre Schill, chef d'état-major de l'armée de terre, s'est rendu à Berlin dans l'espoir d'un échange franc avec son homologue allemand, Christian Freuding. La France et l’Allemagne planchent depuis 2018 sur le développement commun d’un char du futur, le MGCS, aujourd’hui au point mort. Le projet, qui accuse près de dix ans de retard, a été au cœur des discussions entre les deux hauts gradés. Sans grand succès. Deux lignes, quasiment irréconciliables, se sont opposées : la nécessité d’une autonomie stratégique européenne et d’un renouvellement rapide des blindés, côté français ; l’importance du lien transatlantique et le souci de ne surtout pas tenir la bride courte aux industriels, côté allemand.
La France et l’Allemagne se remettent encore tout juste de l’échec fracassant du Scaf, acté le 8 juin. Les ambitions du projet d’avion de combat ont largement été revues à la baisse, faute d’accord entre industriels. Par effet domino, ce revers laisse planer des doutes sur la capacité des deux pays à mener à bien des coopérations d’ampleur. Les conclusions du dernier Conseil franco-allemand de défense et de sécurité, organisé le 17 juillet à Nörvenich, en Allemagne, n’ont pas dissipé ces interrogations. Le désengagement américain et la menace russe devraient, sur le papier, faire converger les deux pays. Le sommet a surtout servi à multiplier de très prudentes déclarations d’intention, notamment dans le spatial...
23/07 - Ekaterina Schulmann : "En Russie, le commandement militaire a intérêt à voir mourir ses propres soldats"On le dit casematé et déconnecté de la réalité. Mais même s'il passe le plus clair de son temps dans des bunkers, Vladimir Poutine est, contrairement à ce qu'affirment de nombreux experts, très informé de ce qu'il se passe dans son pays, mais aussi sur le front, soutient Ekaterina Schulmann. Infatigable observatrice du Kremin, cette politologue exilée à Berlin analyse depuis des années la capture de l'Etat russe par les services de sécurité, FSB en tête. Implacable.
L'Express : L'enlisement de l'armée russe en Ukraine affaiblit-il réellement Vladimir Poutine ?
Ekaterina Schulmann : Cette question nous conduit à nous interroger sur la légitimité du président russe. Quels sont les fondements de son pouvoir ? Il n'est pas, à proprement parler, un chef militaire, et sa légitimité n'est pas directement liée à ses succès ou à ses échecs sur le champ de bataille. Sa légitimité repose, d'abord, sur le fait qu'il est au pouvoir depuis un quart de siècle et que les gens se sont habitués à lui. La force de l'inertie et l'absence de toute alternative visible constituent un socle assez solide pour un régime autocratique.
Ensuite, elle est liée à sa capacité à produire de la stabilité. Au tout début du XXIe siècle, la promesse de stabilité - qui, à cette époque, ne signifiait pas la stagnation, mais la stabilité de la croissance - a constitué, à mon sens, le fondement de sa légitimité politique. Mais Poutine assoit également son pouvoir sur ce que Max Weber appelait la "légitimité...
23/07 - Pourquoi le maire de New York Zohran Mamdani ne pourra pas faire arrêter Benyamin NetanyahouLe Premier ministre israélien pourra faire le déplacement sans crainte. Le maire démocrate de New York, Zohran Mamdani, a déclaré dans une vidéo publiée sur X mardi 21 juillet qu'il ne disposait pas de l'autorité légale nécessaire pour faire arrêter Benyamin Netanyahou pour des crimes de guerre présumés s’il venait à se rendre dans sa ville. "Notre administration a examiné toutes les voies juridiques possibles. Il est clair que la ville de New York ne dispose pas de l'autorité légale indépendante pour appliquer ce mandat d'arrêt", a-t-il affirmé.
Benjamin Netanyahu is a war criminal. pic.twitter.com/YRezmW6YVx— Mayor Zohran Kwame Mamdani (@NYCMayor) July 22, 2026
Le week-end dernier, l'élu de 34 ans, dont le mandat a commencé le 1er janvier de cette année, avait annoncé vouloir arrêter le chef du gouvernement israélien. Dans une interview accordée au New York Times, diffusée samedi, le maire de New York a qualifié Benyamin Netanyahou de "criminel de guerre" avant d'ajouter que l'administration de New York examinait activement s'il était envisageable de l'arrêter au cas où il se rendrait à l'Assemblée générale des Nations unies, en septembre prochain.
Pour le maire, Benyamin Netanyahou est en effet "l'architecte d'un génocide horrible contre le peuple palestinien". Des propos qu'il tient à l'encontre du responsable politique israélien depuis sa campagne pour la mairie de New York, qu'il a gagnée en novembre 2025 avec un peu plus de 50 % des voix.
Benyamin Netanyahou...
23/07 - A Béziers, le projet controversé du premier campus de "médecine chinoise" en EuropeIl n’y a pour le moment pas grand-chose sur ce terrain appartenant à la mairie de Béziers, coincé entre les stades de football et l’un des principaux boulevards de la ville. Des pelouses et quelques feuillus bordent le Conservatoire, élégante bâtisse du XIXe siècle aux balustrades en pierre de taille et au toit particulièrement pentu. Les quelques visiteurs du jour profitent des derniers moments de tranquillité dans les jardins, avant que, bientôt, une armée d’artisans ne vienne perforer le sol et faire vrombir leurs engins.
Le 5 juin dernier, la municipalité a officiellement donné son feu vert pour la vente de ce demi-hectare de terre à un ostéopathe et entrepreneur local, passionné de sciences occultes. Le praticien, Yves Le Gourières, convaincu des bienfaits des "méthodes douces" et des "champs de vitalité", compte bien donner naissance en lisière de ville au tout premier campus de "médecine traditionnelle chinoise" en Europe. Un très ambitieux projet de 22 000 mètres carrés d'amphithéâtres et de salles d'examens, décoré de petits lampions et agrémenté d’espaces dédiés à la pratique du taï-chi, cet art martial venu de Chine.
A en croire les prospectus, une école du supérieur ("EsMTC Med"), une maison de santé, un centre d’accueil pour le trouble du spectre de l’autisme et une maison de répit pour les seniors pourraient sortir de terre dès la rentrée 2027. Des établissements tout ou partie régis par les principes non reconnus de la médecine alternative asiatique. Les...
23/07 - Automobile : pourquoi Mercedes pourrait faire les frais de la rivalité entre les Etats-Unis et la ChineMercedes-Benz, compagnie allemande qui produit aux États-Unis, pourrait être empêchée d'y vendre ses voitures à cause de deux actionnaires chinois qui détiennent, ensemble, 19,67 % de son capital. Le cas n'était probablement pas le plus évident lorsque des sénateurs américains ont entrepris de fermer davantage leur marché automobile à la Chine, mais il est désormais le plus embarrassant.
La commission du Commerce du Sénat a adopté à l'unanimité, mercredi 22 juillet, un texte renforçant les restrictions sur les véhicules connectés liés à des intérêts chinois. La mesure doit encore être examinée par l'ensemble du Sénat, puis rapprochée d'un éventuel texte adopté par la Chambre des représentants. Elle est donc loin d'entrer en vigueur. Dans sa rédaction actuelle, elle interdirait cependant la vente de véhicules connectés par tout constructeur détenu à plus de 15 % par des entités chinoises. Deux actionnaires pour un seul calcul
Le projet porte sur les véhicules connectés, dont les logiciels et les équipements communiquent avec l'extérieur. Ses auteurs redoutent qu'un État adverse puisse accéder aux données, surveiller les utilisateurs, mener des intrusions informatiques ou perturber des infrastructures critiques. En attendant, Mercedes n'est ni contrôlée ni dirigée depuis Pékin. Son problème est strictement arithmétique : le constructeur public chinois BAIC détient 9,98 % de son capital, tandis que Li Shufu, fondateur du groupe automobile Geely, en possède 9,69 %. Aucun...
23/07 - Un "combat acharné" en vue : aux Etats-Unis aussi, la fin du changement d’heure fait débatLe serpent de mer semble avoir traversé l'Atlantique : après l'Europe, les Etats-Unis sont à leur tour gagnés par l'éternel débat de la fin nécessaire — ou non — du changement d'heure deux fois par an. Adoptée le 15 juillet par la Chambre des représentants avec un large soutien bipartisan, une proposition de loi soutenue par Donald Trump visant à rendre permanente l'heure d'été a relancé les discussions aux États-Unis, où l'heure d'été est appelée la "daylight saving time" parce qu'elle consiste à "économiser" la lumière du jour en avançant les horloges pour profiter plus longtemps des soirées.
Si le texte était adopté par le Sénat puis promulgué par le président, les Américains ne reculeraient donc plus leurs horloges d'une heure au mois de novembre. Mais comme sur le Vieux Continent — où le changement d'heure aurait dû être supprimé après un vote du Parlement européen qui l'avait en théorie abrogé en 2019 — l'avenir de cette réforme semble très incertain. Le chef de la majorité républicaine au Sénat, John Thune, a d'ores et déjà reconnu qu'il n'était pas certain de réunir les 60 voix nécessaires pour surmonter un éventuel filibuster (une forme d'obstruction parlementaire), tandis que plusieurs sénateurs républicains promettent de s'y opposer.Un siècle de débat et de test
En vérité, le sujet divise les États-Unis depuis plus d'un siècle. L'heure d'été y a été instaurée une première fois en 1918 pour économiser l'énergie, avant d'être abandonnée dès 1919. Elle a été...
23/07 - Au RN, la candidature de Marine Le Pen rebat les cartes : "Bien sûr, c’est elle qui a le dernier mot"Un an c’est long. Voilà une année que les membres du Rassemblement national vivaient en apnée. Forcés d’attendre une décision judiciaire qui devait déterminer qui de Marine Le Pen ou de Jordan Bardella porterait les couleurs de l’extrême droite à l’élection présidentielle. Forcés de louvoyer face aux questions dérangeantes, de feindre que tout allait pour le mieux lorsque des divergences de ligne commençaient à poindre, de faire en sorte que les équipes des deux candidats putatifs s’écharpent le moins possible aux yeux de tous. Le temps de l’attente, heureusement, est terminé. Marine Le Pen, condamnée par la cour d’appel (elle se pourvoit en cassation) mais en capacité de se présenter, est officiellement candidate. La parenthèse Bardella est terminée, il est temps de tourner la page.
Avant la traditionnelle pause estivale qui devrait durer plus d’un mois, les cercles rapprochés de la candidate et du président du RN se sont réunis, pour deux jours, au nouveau siège du parti dans le XVIe arrondissement parisien. Parmi eux, les conseillers de Jordan Bardella Charles-Henri Gallois et François Durvye, les proches de Marine Le Pen Renaud Labaye et Jean-Philippe Tanguy, ou encore son directeur de cabinet chargé de coordonner le programme Ambroise de Rancourt. L’objectif : éplucher les différents livrets thématiques - une vingtaine au total - concoctés par les équipes chargées de phosphorer sur la ligne que portera le parti en 2027, et commencer les "arbitrages". Comprendre :...
23/07 - Moonshot AI : le prodige chinois que Washington accuse d’avoir copié AnthropicEn cinq jours, Kimi K3 est passé de prouesse technologique à dossier de la Maison-Blanche. Le 17 juillet, la start-up pékinoise Moonshot AI présentait ce modèle capable, selon ses propres tests, de rivaliser avec les meilleures intelligences artificielles américaines à moindre coût. Ce mercredi 22 juillet, Washington l'accusait d'avoir obtenu une partie de ces performances en copiant les capacités d'Anthropic et en utilisant des puces Nvidia auxquelles les entreprises chinoises ne sont, en principe, plus censées avoir accès.
L'affaire réunit ainsi les deux principales inquiétudes américaines face aux progrès chinois dans le domaine de l'intelligence artificielle. La première concerne les modèles eux-mêmes : les entreprises chinoises les développent désormais presque aussi vite que leurs concurrentes américaines. La seconde porte sur la manière dont elles y parviennent. Michael Kratsios, directeur du Bureau de la politique scientifique et technologique de la Maison-Blanche, affirme que Moonshot a "distillé" le modèle Fable d'Anthropic pour entraîner Kimi K3, une technique qui consiste à entraîner un modèle à reproduire les réponses d'un autre, mais plus puissant.
La distillation n'est pas, en elle-même, une technique clandestine. Elle est couramment utilisée pour créer des modèles plus petits ou moins coûteux. Elle devient litigieuse lorsqu'elle repose sur l'exploitation non autorisée d'un service propriétaire, à une échelle suffisante pour en reproduire les capacités....
23/07 - Bientôt des frappes américaines au Mali ? Cette intervention que l’administration Trump étudieraitL'administration Trump étudie une opération militaire au Mali contre le JNIM — un puissant groupe terroriste islamiste affilié à Al-Qaïda qui fait vaciller depuis plusieurs mois la junte au pouvoir — selon des responsables américains qui se sont confiés au Washington Post. Cette intervention, si elle avait lieu, ferait du Mali le huitième pays au total visé par des frappes américaines depuis le début du second mandat de Donald Trump, après le Yémen, la Somalie, la Syrie, l'Iran, l’Irak, le Nigeria et le Venezuela.
La possibilité de cette offensive militaire divise toutefois les responsables américains, selon les sources du journal. Certains d'entre eux s'interrogent dans ses pages, craignant une potentielle escalade avec les forces russes présentes au Mali, et doutant de l'efficacité d'une nouvelle approche militaire dans une région où les précédentes opérations étrangères n'ont pas permis d'endiguer sur le long terme l'expansion djihadiste.Le "problème multinational" du terrorisme
Du côté de Donald Trump, l'un des principaux défenseurs de cette réponse armée au terrorisme serait Sebastian Gorka, directeur adjoint chargé du contre-terrorisme au Conseil de sécurité nationale. La Maison-Blanche quant à elle n'a pas confirmé l'existence de plans de frappes. Un responsable de l'administration indique néanmoins auprès du journal que Washington encourage les pays d'Afrique du Nord et de l'Ouest à acheter des équipements américains pour soutenir leur lutte contre les groupes...
23/07 - Comment l’Europe a édulcoré le nouveau train de sanctions contre la RussieLa règle de l’unanimité fait encore et toujours des dégâts sur la politique étrangère européenne. L’adoption ce jeudi 23 juillet par les 27 Etats membres d’un nouveau train de sanctions contre la Russie - le 21e depuis l’invasion de l’Ukraine en février 2022 - n’a pu se faire qu’au prix d’un large assouplissement des mesures proposées, afin notamment de satisfaire la Grèce qui menaçait d’opposer son veto.
Il se trouve que l’armateur grec Dynagas est le seul opérateur de l'Union européenne à posséder des méthaniers de classe Arc7 capables de briser les glaces de l’Arctique, construits spécifiquement pour aller chercher le gaz naturel liquéfié (GNL) produit sur la péninsule de Yamal, la région de l’extrême nord sibérien au coeur de l’hyperpuissance gazière russe. Selon les estimations du Financial Times, Dynagas, propriété du milliardaire grec George Prokopiou, a transporté vers les marchés mondiaux plus de 10 millions de m3 de GNL russe depuis un an, avec onze navires qui ont effecté 144 trajets. Les contrats correspondants ont quasiment tous été conclus avant l'invasion, pour des durées allant jusqu’à vingt ans.
La Commission européenne, soutenue par la majorité des Vingt-Sept, avait proposé d’en suspendre l’application jusqu’à l’arrêt des hostilités par la Russie. Mais pour satisfaire Athènes, les Etats membres ont accepté que Dynagas continue, pendant une durée d’un an renouvelable, à honorer tous les contrats conclus avant 2022, à condition que les volumes transportés...
23/07 - Des millions de dollars et des SMS rédigés par IA : le plan d’Israël pour reconquérir l’opinion américaineLe prochain front de la diplomatie israélienne se trouve peut-être dans une réponse de ChatGPT. Face au recul de son image aux États-Unis, Israël finance une campagne qui ne vise plus seulement les élus ou les éditorialistes, mais aussi les jeunes conservateurs, les auditeurs de podcasts, les utilisateurs de TikTok et les intelligences artificielles qui leur résument l'actualité, comme le rapporte une longue enquête du Wall Street Journal.
En mars 2026, 60 % des adultes américains interrogés par Pew Research déclaraient avoir une opinion défavorable d'Israël. Une enquête de juillet précise le constat : 42 % porteraient un jugement négatif sur les Israéliens, un chiffre qui grimpe à 69 % lorsqu'il s'agit de leur gouvernement. Le décrochage vise donc d'abord l'exécutif et sa conduite des guerres à Gaza et en Iran. C'est ici qu'entre en scène Brad Parscale : ancien directeur de campagne de Donald Trump, il a signé avec le gouvernement israélien un contrat de plus de 45 millions de dollars pour améliorer l'image de l'État hébreu outre-Atlantique. Le Wall Street Journal affirme qu'au moins six entreprises ont été engagées aux États-Unis pour participer à cette campagne et qu'une trentaine de professionnels se sont enregistrés comme agents d'Israël. Le pays a prévu plus de 700 millions de dollars en 2026 pour sa diplomatie publique. La droite conservatrice comme premier relais
Brad Parscale connaît bien le public visé. Il est aussi directeur de la stratégie de Salem Media,...
23/07 - En manque de soldats, la Russie élargit encore le recrutement des criminelsLes personnes condamnées pour banditisme, trafic de drogue ou participation à une organisation criminelle pourront désormais rejoindre l'armée russe. Face au ralentissement du recrutement de soldats sous contrat et à des pertes toujours élevées en Ukraine, Moscou élargit encore son vivier de recrues potentielles. Mercredi 23 juillet, la Douma a adopté une loi autorisant le recrutement de nouvelles catégories de repris de justice. Désormais, des personnes reconnues coupables de banditisme, de participation à une organisation criminelle, de trafic de drogue, d'organisation de l'immigration clandestine, mais aussi d'infractions liées au trafic d'armes, d'explosifs, de matières radioactives ou encore à la perte de documents contenant des secrets d'État pourront signer un contrat avec le ministère de la défense.
Pour compenser les pertes parmi les quelque 700 000 soldats déployés sur le front, la Russie ne cesse d'intensifier ses campagnes de recrutement. Depuis la mobilisation partielle de septembre 2022, Moscou cherche à éviter une nouvelle conscription nationale en privilégiant le recrutement de soldats sous contrat, à coups de fortes primes financières : selon le Moscow Times, elles peuvent atteindre 5,5 millions de roubles (70 200 dollars) pour un contrat d'un an. Le tout en ouvrant progressivement ce recrutement à des catégories de population toujours plus nombreuses."Laver leur honte par le sang"
Mais si le gouvernement affirme que plus de 80 000 soldats sous contrat...
23/07 - Comment la DZ Mafia installe son emprise à Alès : "Soit vous acceptez, soit vous vous faites rafaler"Christophe Rivenq n’a pas pour habitude d’annuler ses engagements en dernière minute. En ce lundi 20 juillet, le maire d’Alès, dans le Gard, s’est rendu comme prévu au séminaire organisé de longue date avec des élus du territoire, dans un hôtel de la région. "J’essaie de me concentrer sur ma mission et de continuer à vivre normalement", confie-t-il à L’Express entre deux réunions, sans rien faire paraître de la fatigue des derniers jours. Pourtant, la semaine qui vient de s’écouler n’a pas été de tout repos. Jeudi 16 juillet, son épouse a découvert deux balles de neuf millimètres dans la boîte aux lettres du domicile familial, assorties d’un courrier insultant, dont le message est on ne peut plus clair : "Dis à tes putains de flics d’arrêter de nous casser les couilles".
Les auteurs, qui ont également tagué les murs de la clôture, s’identifient par un simple paraphe : "DZNG - CVN", pour "DZ Mafia Nouvelle Génération", du nom d’une nouvelle branche de l’organisation criminelle marseillaise, et "Cévennes", un quartier populaire du nord d’Alès gangrenné depuis des années par le trafic de stupéfiants. La lettre fait indirectement référence à la politique sécuritaire menée par le maire (Les Républicains) de la sous-préfecture gardoise. Pour tenter d’assécher le narcotrafic dans sa ville, l’élu a publiquement communiqué sur l’installation de nouvelles caméras de vidéosurveillance ou sur l’engagement des 110 agents de la Direction de la sécurité publique de la municipalité. La...
23/07 - Santé mentale au travail : ce que la Suède a compris et que la France ignore encoreLa santé mentale a été déclarée grande cause nationale en 2025, puis reconduite en 2026. Cette décision traduit une prise de conscience bienvenue. Les arrêts de travail liés aux troubles psychiques explosent, le burn-out se banalise et le désengagement progresse. Pourtant, une question demeure : la France aborde-t-elle réellement le problème de la bonne manière ? Des chiffres préoccupants
Selon le Baromètre absentéisme privé 2025 de WTW, réalisé auprès de près de 2 000 entreprises représentant plus de 430 000 salariés, les risques psychosociaux représentent désormais 36 % des arrêts de travail de longue durée, contre 32 % un an plus tôt, ce qui en fait la première cause des arrêts longs. Les arrêts de plus de trois mois représentent 57 % de l'ensemble des journées d'absence, contre 48 % il y a seulement cinq ans. Plus inquiétant encore, selon le Baromètre Qualisocial et Ipsos, 37 % des salariés estiment que leur travail met leur santé mentale en danger, une proportion qui atteint 47 % chez les moins de 35 ans. Selon l'étude OpinionWay pour Empreinte Humaine, près d'un salarié sur quatre déclare être en mauvaise santé mentale et le taux de burn-out a doublé depuis 2020.
En France, la santé mentale au travail reste largement pensée sous un angle individuel. Lorsque les salariés vont mal, les entreprises mettent en place des cellules d'écoute, des formations à la gestion du stress, des numéros d'assistance ou des ateliers de bien-être. Ces dispositifs sont utiles, parfois...
23/07 - "En Iran, Donald Trump est pris à son propre piège" : la charge de son ex-stratège John BoltonAprès dix-sept mois à la Maison-Blanche, leur rupture avait été brutale en 2019, réglée à coups de tweets sur les réseaux sociaux. Ancien conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump lors de son premier mandat et artisan historique d'une ligne très interventionniste ("hawk") à l'égard de Téhéran, John Bolton dresse un bilan sans concession de la stratégie iranienne de la Maison-Blanche depuis les frappes du 28 février. Selon l’ex-ambassadeur américain aux Nations unies, l'absence de plan cohérent, l'isolement diplomatique des Etats-Unis et le calendrier électoral américain expliquent une situation aujourd'hui bloquée, entre un régime affaibli mais toujours debout et une administration américaine sans cap clair.
Dans ses mémoires, The Room Where It Happened (2020) - Trump a tenté d'empêcher la publication du livre -, Bolton décrivait déjà un président davantage guidé par des considérations politiques personnelles que par une stratégie cohérente de sécurité nationale. "Il n'a pas de philosophie, pas de vision stratégique en matière de sécurité nationale", critique-t-il. Entretien.
L’Express : Les Etats-Unis viennent de multiplier les frappes en Iran. La ligne dure que vous avez toujours défendue est-elle celle de Donald Trump ?
John Bolton : Je ne sais pas, et j'ai bien peur que lui non plus ne le sache pas. Une partie du problème remonte au 28 février : au moment même où il annonçait le début des frappes, aux côtés d'Israël, à 3h30 du matin, Trump n'a pas précisé...
22/07 - Si la Russie attaquait l’Europe : les cinq scénarios redoutés par les expertsPlus de 1 600 jours après le début de la guerre en Ukraine, Poutine n’a peut-être jamais été aussi dangereux. En l’absence de victoire claire sur le champ de bataille, nombre d’experts et d’agences de renseignement préviennent qu’il pourrait attaquer de nouvelles cibles en Europe d’ici la fin de la décennie. D’autant qu’une sortie négociée du conflit ou un simple gel des combats lui donneraient le temps de reconstituer ses forces.
Attaque amphibie contre l’île suédoise de Gotland, incursion militaire en Pologne pour tester la résolution de l’Otan... Voici les scénarios les plus probables des spécialistes interrogés par L’Express.Scénario 1 - Gotland, 3 septembre 2029 : ils débarquent
Dans le petit village de pêcheurs de Ljugarn, sur la côte est de l’île suédoise de Gotland, la matinée s’annonce paisible, alors que percent les premiers rayons du soleil en ce 3 septembre 2029. Soudain, à quelques kilomètres au large, surgissent de multiples corvettes et navires de débarquement de la flotte russe de la Baltique. Revanchard après les déboires de son armée en Ukraine, Vladimir Poutine vient d’ouvrir un nouveau front. La Suède, qui a rejoint l’Otan en 2024, en est la première victime. La petite île de Gotland, cruciale pour le contrôle de la mer Baltique, devient le théâtre d’un nouvel affrontement. Les drones et missiles russes saturent l’espace aérien tandis que des forces spéciales débarquent en hélicoptères pour s’emparer de l’aéroport de Visby – le seul de l’île. Dans le...
22/07 - Hongrie : l’appel de Viktor Orban à "résister" contre la "tyrannie" de Péter MagyarViktor Orban n'y va pas par quatre chemins. L'ancien Premier ministre hongrois, défait lors des élections législatives en avril dernier après 16 ans à la tête du pays, accuse le nouveau gouvernement de Péter Magyar de bafouer la démocratie. "L'ère de la tyrannie a de nouveau débuté en Hongrie", a déclaré l'ancien Premier ministre. "Le nouveau système politique ainsi créé est illégitime (...) Le Fidesz utilisera tous les moyens pacifiques pour lutter contre les abus de pouvoirs à l'intérieur du Parlement et à l'extérieur du Parlement", a-t-il ajouté.
Viktor Orban a lancé cet appel dans un message publié mardi soir sur Facebook, intitulé "Déclaration de résistance", peu après une perquisition dans les locaux de son parti, le Fidesz. L'ancien Premier ministre nationaliste a précisé ce mercredi 22 juillet que la police avait saisi les serveurs informatiques du parti lors de cette perquisition. Le parquet a indiqué à Reuters que celle-ci avait été menée dans le cadre d'une enquête sur des "détournements de fonds et autres infractions criminelles" au sein du Fonds national pour la culture (NKA) lorsque le Fidesz était au pouvoir.Plusieurs départs majeurs en quelques jours
Dans son message, Viktor Orban a déclaré que la Hongrie avait "cessé d'être un Etat démocratique" après l'adoption par le Parlement désormais dominé par Tisza, la formation conservatrice du Premier ministre Péter Magyar, d'un amendement constitutionnel mettant fin aux mandats du chef de l'Etat et du président...
22/07 - Guerre en Iran : le Pentagone revoit à la hausse le coût de ses opérations37,5 milliards de dollars : c'est l'estimation du coût jusqu'à présent de la guerre en Iran, dévoilée mardi 21 juillet par le secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth, alors qu'il se présentait devant des parlementaires pour la première fois depuis la reprise des bombardements intensifs.
Ce montant représente une hausse de près de 30 % par rapport aux 29 milliards précédemment estimés. Lors de son audition devant la commission du Sénat, Pete Hegseth a notamment déclaré que cette somme comprenait certains aspects de la guerre ainsi que les coûts prévus jusqu'à fin septembre, sans toutefois détailler comment le Pentagone était parvenu à ce chiffre. En mars, une source avait indiqué à Reuters que l'administration Trump estimait que les six premiers jours de la guerre avaient coûté à eux seuls au moins 11,3 milliards de dollars.
Face aux dépenses entraînées par ses opérations militaires, Donald Trump a demandé le mois dernier au Congrès un financement supplémentaire de près de 90 milliards de dollars, dont 67 milliards seraient consacrés au Pentagone pour les coûts opérationnels de la guerre en Iran. Une partie de cet argent doit notamment servir à "reconstituer les stocks de munitions", selon une lettre du directeur du budget de la Maison-Blanche, Russell Vought, au Congrès. Ce mardi, Pete Hegseth et le chef d’état-major des armées Dan Caine ont défendu une rallonge budgétaire "urgente" et "nécessaire".Des sénateurs peu convaincus
Depuis que la guerre menée par les...
22/07 - Interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans : la France, cheffe de file en EuropeC’est fait ! La France est devenue le premier pays d’Europe à interdire l'accès aux réseaux sociaux pour les enfants de moins de 15 ans. Adoptée par le Sénat et l’Assemblée nationale ce 21 juillet, cette mesure prendra effet le 1er septembre 2026. Les plateformes devront vérifier l’âge des utilisateurs avec leur pièce d’identité ou la reconnaissance faciale.
Inspirée du modèle australien qui, depuis le mois de décembre, interdit l’accès aux plateformes aux moins de 16 ans, la "majorité numérique" devient obligatoire en France alors que les effets des réseaux sociaux sur la santé et la sécurité des mineurs suscitent des inquiétudes dans le monde entier. En France, une étude de l’Observatoire de la parentalité numérique montre que 74 % des parents d’enfants de 6 à 16 ans soutiennent cette interdiction avant 15 ans. La mise en œuvre s’annonce toutefois complexe, qu’il s’agisse de la fiabilité du contrôle de l’âge, de la responsabilité des plateformes et des risques de contournement.Finlande : le grand écart
Le Premier ministre Petteri Orpo soutient une interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans, se disant "préoccupé par le manque d’activité physique" chez les jeunes. La proscription n’en est toutefois qu’au stade d’étude. De leur côté, 83 experts ont signé des recommandations politiques pour une sensibilisation au numérique et la mise en place d’une régulation. Selon eux, l’interdiction stricte est difficile à faire respecter.Un usage problématiqueSlovénie :...
22/07 - "Il met son travail au service de notre ligne" : Johann Chapoutot, l’historien préféré de LFIAurions-nous pu éviter pareille gêne ? Le 23 juin 2026, Marc Bloch entre au Panthéon. Johann Chapoutot n'aurait manqué cela pour rien au monde. L'historien du nazisme, auteur de la préface de la dernière édition de L'étrange défaite, est là. Sitôt dans le monument, il se joint aux universitaires déjà arrivés. Un entremetteur présente alors Johann Chapoutot à Christophe Prochasson, ancien président de l’EHESS et ex-conseiller culture de François Hollande. "J’ignore si vous vous connaissez", demande benoîtement le médiateur. "Oui, nous nous connaissons, et nous ne nous aimons pas, répond sans faux-semblant Christophe Prochasson. D’ailleurs je refuse de vous serrer la main." "Il faudrait alors que l’on se retrouve sur le pré !", rit Chapoutot. Et ainsi solder quelques querelles.
Vite, quittons ces tristes confrères. La cérémonie terminée, l’historien rejoint Jean-Luc Mélenchon et les siens, "comme intégré à la bande", narre un témoin. Une photo du mouvement politique, entourant les descendants de Marc Bloch, immortalise la connivence. Lui est juste là, derrière le quadruple candidat à l’élection présidentielle, reconnaissable à ses lunettes rondes, houppette dégarnie. Griffé par ses pairs, adoubé par la gauche : Johann Chapoutot, l’homme aux deux réputations. L’historien à double face.
L’Histoire bégaie, Johann Chapoutot le subodore. Son dernier best-seller, Les Irresponsables (Gallimard), a projeté l’universitaire dans le feu de l’actualité. L’arrivée d'Adolf Hitler au...
22/07 - Iran : la "Montagne de la Pioche", le site nucléaire enfoui que Donald Trump menace de frapperC'est la nouvelle obsession de Donald Trump. Le président américain a déclaré mardi 21 juillet que les Etats-Unis allaient frapper "très prochainement" la région de la "Montagne de la Pioche" ("Pickaxe Mountain" en anglais), située tout près de l'installation d'enrichissement d'uranium fortement endommagée de Natanz, en Iran. Une semaine plus tôt, le 13 juillet, le dirigeant avait déjà menacé d'éliminer ce site. "Nous allons détruire Pickaxe Mountain. Dites aux Iraniens de se tenir prêts", avait affirmé Donald Trump lors d'une interview dans le talk-show de Hugh Hewitt. "Nous allons probablement tenter une attaque sur Pickaxe prochainement", avait-il indiqué.
Ce lieu n'est pas ciblé au hasard par Washington. Kuh-e Kolang Gaz La, en persan, est un site fortifié qui abrite deux complexes de tunnels profondément enfouis. Comme le détaille Reuters, cette montagne est située à 220 km au sud de Téhéran et à seulement deux kilomètres du complexe nucléaire de Natanz. Le sommet culmine à environ 1 600 mètres d'altitude. Le site de Natanz, emblématique du programme nucléaire iranien, où se trouvaient deux usines d'enrichissement d'uranium, a été bombardé pendant la guerre déclenchée par les Etats-Unis et Israël le 28 février dernier, et pendant la guerre de 12 jours de l'année dernière. L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a indiqué que l'usine d'enrichissement d'uranium à ciel ouvert avait été détruite. L'usine souterraine a quant à elle probablement été gravement...
22/07 - De Fatty à "DTF St. Louis" : une histoire de la grosseur au cinémaIl y a une histoire de la grosseur au cinéma. Elle commence en 1913 avec l’entrée de Roscoe Arbuckle, dit Fatty (136 kilos) dans les studios de Mack Sennett. Dans Fatty et le voleur, Roscoe Arbuckle incarne un flic stupide qui se fait maltraiter par les voyous du quartier. Il n’est pas encore la vedette de la série des Fatty, mais déjà, qu’est-ce qu’on se marre à le voir revenir au commissariat en caleçon. Même les gros, dans la salle, rigolent. Peut-être pas de bon cœur. Allez quoi, un peu d’humour… Roscoe (Fatty) Arbuckle va tourner 45 Fatty avant de prendre le pouvoir sur sa célébrité, quitter Mack Sennett pour diriger lui-même les films, les produire et rivaliser avec Chaplin. On rigole moins, le gros ridicule est devenu intelligent, il gagne à la fin et c’est lui qui balance les tartes à la crème.
La voie est ouverte pour Oliver Hardy qui a trouvé en Stan Laurel un souffre-douleur à sa mesure. Pour la première fois, tout en continuant d’être ridicule, le gros du cinéma est un personnage puissant. L’énormité des conneries qu’il se permet impunément évaluant l’amplitude de son pouvoir.
Le gros cinématographique sera définitivement débarrassé de ses attributs burlesques par John Huston qui confie à Sydney Greenstreet le rôle de Kasper Gutman, le caïd obèse, à la recherche du Faucon Maltais (1941). La cruauté du personnage est supérieure à son obésité. Une promotion que son élégance vestimentaire confirme du début à la fin du film.
Légende à lui tout seul, on suit...
22/07 - Royaume-Uni : "Il sera difficile pour Andy Burnham d’éviter, à terme, des hausses d’impôts"Le message est clair. Après avoir quitté avec fracas le gouvernement de Keir Starmer le 11 juin dernier, l'ancien ministre de la Défense, John Healey, fait son retour au cœur du pouvoir. Le nouveau Premier ministre, Andy Burnham, l'a nommé au poste stratégique de chancelier de l'Échiquier, un choix qui laisse présager un effort accru en faveur de la défense, précisément le sujet qui avait provoqué sa rupture avec son prédécesseur.
Mais avec une dette publique britannique qui a presque triplé depuis la crise financière de 2008 et un déficit public de 4,8 % du PIB, la marge de manœuvre est étroite. Les marchés, échaudés par l'épisode Liz Truss et par l'instabilité politique des dernières années, surveilleront de près la trajectoire budgétaire du Royaume-Uni. Pour l'économiste Jonathan Portes, professeur à King's College London, il sera difficile d'éviter, à terme, des hausses d'impôts, un sujet politiquement explosif. Cet ancien chef économiste sous Gordon Brown détaille les défis budgétaires auxquels va être confronté le nouveau gouvernement et les arbitrages qu'il devra rapidement assumer.
L'Express : La dette publique britannique a presque triplé depuis la crise de 2008. Le sujet devient-il politiquement inflammable pour le nouveau Premier ministre ?
Jonathan Portes : Le dérapage des comptes publics n'est pas propre au Royaume-Uni : la dette française se situe à un niveau comparable, la dette japonaise est bien supérieure, celle des États-Unis un peu plus élevée,...
22/07 - Nucléaire : cet accord entre Donald Trump et l’Arabie saoudite qui inquiète déjàEn matière nucléaire, l'Arabie saoudite demande à être traitée comme une puissance civile. Donald Trump s'apprête à lui accorder ce statut sans exiger les garanties les plus strictes prévues jusqu'ici par Washington. Selon le Wall Street Journal et le New York Times, le président américain a approuvé un accord de coopération d'une durée de trente ans. Le texte doit être signé ce mercredi 22 juillet par le secrétaire à l’Énergie, Chris Wright, et son homologue saoudien, le prince Abdulaziz ben Salmane, avant d’être transmis au Congrès.
Pour Riyad, l'objectif officiel est énergétique. Le royaume veut produire de l'électricité nucléaire afin de consacrer une plus grande part de son pétrole à l'exportation. Il espère aussi exploiter ses propres gisements d'uranium, dont l'importance reste encore à établir. Pour Washington, l'intérêt est plus immédiat : l'accord pourrait représenter plusieurs dizaines de milliards de dollars et réserver aux entreprises américaines une place de choix dans la construction des futures centrales saoudiennes. La Russie et la Chine, également intéressées, resteraient à la porte.
Robert Einhorn, ancien responsable du département d'État américain chargé de la non-prolifération, résume au Wall Street Journal les bénéfices attendus : l'accord pourrait "relancer l'industrie nucléaire américaine, renforcer les relations entre les États-Unis et l'Arabie saoudite et empêcher la Russie et la Chine d'occuper une position stratégique" dans le programme...
22/07 - Mer de Chine : cet incident qui ravive les tensions entre Pékin et ManilleLe président philippin Ferdinand Marcos Jr. a convoqué mardi 21 juillet l'ambassadeur de Chine à Manille, Jing Quan. Plus tôt dans la journée, le ministère chinois des Affaires étrangères avait déclaré avoir convoqué l'ambassadeur de Manille en Chine. Le tout à la suite d'accusations mutuelles de provocations en mer de Chine méridionale.
Ces convocations interviennent en effet au lendemain d'un incident entre les deux pays d'Asie de l'Est survenu dans l'archipel des Spratleys. D'après les autorités philippines, un membre de leur marine aurait été frappé à la tête alors que deux canots philippins tentaient d'éloigner une embarcation chinoise qui tournait autour d'une épave servant d'avant-poste à l'armée philippine, le BRP Sierra Madre. Un canot pneumatique de la marine philippine aurait été endommagé, selon Manille, qui a partagé une vidéo de l'incident. <script async="1" defer="1" crossorigin="anonymous" src="https://connect.facebook.net/fr_FR/sdk.js#xfbml=1&version=v25.0"></script>Deux récits contradictoires
Le récit des faits fourni par Pékin est tout autre : la Garde côtière chinoise (CCG) a déclaré lundi que deux canots philippins avaient percuté un patrouilleur chinois en mer de Chine méridionale et que le personnel avait lancé des "attaques malveillantes" contre les agents des forces de l'ordre chinois à l'aide de rames et de longs bâtons.
Dans un communiqué publié mardi, la CCG a également indiqué que la Chine avait autorisé la partie...
22/07 - Un nouvel ambassadeur français à l’Otan, le RN briefé sur la défense à MatignonLa CIA noyaute l’entourage du président vénézuélien,le Mossad israélien piège les bipeurs du Hezbollah,les espions de Poutine payent des petites mains pour dessiner des étoiles de David dans Paris… Si vous ne vous intéressez pas au monde de la défense et de l’espionnage, c’est lui qui s’intéressera à vous. Retrouvez, chaque semaine, notre sélection d'indiscrets exclusifs en France... et notre revue de presse des nouvelles les plus saillantes en Europe.Un nouvel ambassadeur français à l’Otan
Le Quai d’Orsay et l’Élysée se penchent sur la succession du représentant permanent de la France auprès de l’Otan. Un poste stratégique alors que la France essaie de jouer un rôle moteur dans le renforcement du pilier européen de l’Alliance. L’actuel ambassadeur, David Cvach, quittera ses fonctions à l’été pour rejoindre le Service européen pour l’action extérieure (SEAE). En lice pour lui succéder, le diplomate Charles Fries, lui-même secrétaire général adjoint du SEAE, a profité d’un passage à Paris à la faveur du Sommet de la Coalition des volontaires, le 13 juillet, pour en toucher un mot à Jean-Noël Barrot et faire valoir sa candidature. Philippe Bertoux, aujourd'hui ambassadeur de France en Corée, est lui aussi sur les rangs.Le RN briefé à Matignon sur la défense
C’est un aspect méconnu du "plan Matignon" concocté par le Rassemblement national après la périlleuse dissolution de 2024. Le RN s’est préparé à arriver au pouvoir, en approchant le cabinet militaire de Gabriel Attal,...
22/07 - Tensions entre Paris et Téhéran : l’Iran dément avoir maltraité deux diplomates françaisDeux diplomates français que Paris accuse Téhéran d'avoir soumis à un "acte d'intimidation grave" n'ont pas été maltraités, a assuré ce mercredi 22 juillet un responsable du ministère iranien des Affaires étrangères, une assertion rejetée par la France.
Selon Paris, qui a convoqué mardi le chargé d'affaires iranien pour protester contre cet incident "inacceptable", deux membres de l'ambassade de France ont été retenus dimanche pendant quatre heures, durant lesquelles ils se sont vu confisquer leurs téléphones, ont été privés de tout contact avec l'ambassade et verbalement intimidés, l'un d'eux, le conseiller culturel, ayant été malmené physiquement.
Dimanche soir deux agents de l'ambassade de France en Iran ont été la cible d'une action d'intimidation extrêmement grave de la part des services de sécurité iraniens, en violation flagrante des immunités diplomatiques dont ils bénéficient.
Détenus sans raison pendant plusieurs…— Jean-Noël Barrot (@jnbarrot) July 20, 2026
Cité mercredi par les médias de Téhéran, un responsable du ministère iranien des Affaires étrangères, Mohammad Tanhaei, a déclaré que les services de sécurité avaient interrogé deux membres de l'ambassade de France ayant tenu une réunion avec des individus visés par des enquêtes pour des raisons de sécurité. "Les agents de sécurité ont transféré les deux individus à la police diplomatique dès qu'ils ont compris leur lien avec l'ambassade de France", a-t-il dit, assurant qu'il n'y avait pas eu d'acte...
22/07 - Ukraine : sous la pression de la rue, Volodymyr Zelensky limoge le commandant en chef de l’arméeC'est le plus grand remaniement de la direction militaire de l'Ukraine depuis le début de la guerre contre la Russie. Volodymyr Zelensky a nommé mardi 21 juillet au poste de commandant en chef des forces armées le général de division Mykhaïlo Drapaty, 43 ans, en remplacement d'Oleksandr Syrsky. La semaine dernière, le remaniement ministériel décidé par le président ukrainien et le limogeage du ministre de la Défense, Mykhaïlo Fedorov, 35 ans, après seulement six mois en fonction, ont suscité des inquiétudes chez les analystes quant à la possibilité que l'élan récent de l'Ukraine sur le champ de bataille soit perdu. L'ex-ministre réformiste, au cœur de l'innovation de Kiev dans l'utilisation des drones, était pourtant très populaire.
La nomination de Mykhaïlo Drapaty intervient après plusieurs jours de manifestations déclenchées par ces changements gouvernementaux. Mykhaïlo Fedorov avait critiqué Oleksandr Syrsky, l'accusant de saboter son travail, ce qui a mis en exergue les tensions entre les responsables ukrainiens considérant que le recours à la technologie est crucial pour remporter la guerre et ceux, issus de la vieille garde, favorables à une approche plus traditionnelle. Certains manifestants, qui s'étaient rassemblés devant les bureaux de Volodymyr Zelensky à Kiev, avaient appelé le président ukrainien à nommer Mykhaïlo Drapaty et demandé le retour de Mykhaïlo Fedorov, au détriment d'Oleksandr Syrsky."Une bouffée d'air frais"
Ce dernier avait joué un rôle clé...
22/07 - Monique Barbut, la ministre qui ne voulait pas l’être : "Je veux juste rentrer chez moi"Tous les matins, elle quitte son domicile parisien et se rend à pied au ministère de la Transition écologique. Et tous les matins, sécurité oblige, une voiture de la République la suit au pas tout au long de sa petite randonnée urbaine. Le jour n'est pas levé que, déjà, la ministre démontre deux facettes de sa personnalité : primo, Monique Barbut ne compte pas changer ses habitudes ; deuzio, Monique Barbut va à son rythme. Qu'importent ses responsabilités. Les impératifs de l'époque. Les épreuves qui, depuis sa nomination, ont jonché ses journées. Seulement, ça y est, elle en a eu assez. De les affronter, les subir, ou de les éviter. Celle qui n'a jamais trouvé ni aimé sa place au gouvernement a annoncé démissionner, ce mercredi, au bout de neuf mois de calvaire. Quand bien même Emmanuel Macron est parvenu, quelques heures plus tard, à la convaincre de "poursuivre sa mission", cela ne change rien à l'affaire : Monique Barbut n'est jamais parvenue à entrer dans le costume qu'elle avait toujours refusé de porter.
Est-ce possible, est-ce acceptable, d'avoir pitié d'un ministre ? Osons, oui. Durant la période historique de canicule qui touchait la France, après quatre jours et quatre nuits d'âpres débats au Sénat sur le Projet de loi d'urgence agricole, elle confessait dans un attendrissant éclat de rire aux airs de supplication : "Je n'ai aucune espèce d'ambition, je veux juste rentrer chez moi. Je veux retourner à ce que je faisais et qui m'amusait beaucoup plus." Monique...
22/07 - Décentralisation : la recette d’Andy Burnham pour la FranceUne dette publique incontrôlable, un déficit public en lévitation, une croissance atone, des taux d’intérêt ascensionnels, une valse gouvernementale, un parti populiste aux portes du pouvoir… Et une équipe de football proche du graal, mais sèchement renvoyée à la maison… On ne parle pas de la France, mais du Royaume-Uni. Andy Burnham, son septième Premier ministre travailliste depuis 2016, veut pourtant y croire : l'ex-maire du Grand-Manchester arrive à Downing Street avec non seulement une solide expérience locale, mais également du charisme et des idées.
Il se donne dix ans pour ramener de l’espoir, et "distribuer du pouvoir partout dans le pays", en appliquant son plan D comme décentralisation. L’arme magique pour relancer la croissance, tout en respectant la discipline budgétaire, assure-t-il. Son bilan à Manchester plaide en sa faveur : la métropole affiche des indicateurs économiques supérieurs à ceux de Londres. L’ancien ministre de Tony Blair et de Gordon Brown en est convaincu depuis longtemps, il faut en finir avec l’extrême concentration des pouvoirs autour de la capitale, qui règne de façon hégémonique sur l’économie du pays.
Non seulement il a raison, mais nous devrions en prendre exemple. "Il faut 'décoloniser' la province", tonnait déjà Michel Rocard en 1966. Un discours inspiré par sa propre expérience de haut fonctionnaire : à l'occasion d'un contrôle des finances de la ville d'Auxerre, il "constata avec amertume l'inertie des pouvoirs administratifs...
22/07 - Piraterie, contrebande et désastre écologique : le détroit de Malacca, talon d’Achille de l’ogre chinoisLa crise d'Ormuz l'a bien montré, les détroits jouent un rôle vital dans le commerce mondial. De Malacca à Béring, en passant par le Bosphore, L'Express vous invite à un voyage dans ces lieux emblématiques, où se joue l'avenir du monde.
EPISODE 1 - Détroit de Taïwan : le passage maritime qui pourrait faire vaciller le monde
EPISODE 2 - Bosphore - Dardanelles : les détroits turcs, ce double verrou stratégique face à la Russie
A Belakang Padang, seule la minuscule plage de sable blanc fait rêver. Le reste n'est que misère. Beaucoup de maisons closes, une poignée de complexes touristiques bunkérisés et une horde de gamins jouant dans des ruelles écrasées d'une chaleur moite. Tout autour, un entassement de bicoques en bois aux couleurs défraîchies construites sur pilotis au-dessus de la mangrove. Une île confettis, d'où l'on aperçoit la dentelle des gratte-ciel de Singapour, la richissime cité-Etat, plaque tournante de la finance du sud-est asiatique, poumon de la mondialisation et dont le gigantesque port de commerce pointe à la deuxième place du palmarès mondial, juste derrière Shanghai. Entre ces deux mondes, une bande de mer s'étire sur à peine plus de trois kilomètres et constitue le passage le plus étroit et le plus dangereux du détroit de Malacca.
Belakang Padang a deux spécialités : la soupe de crabe et les pirates. Pas de folklore, ici. Juste des pêcheurs ou des chauffeurs de bateau taxi qui, la nuit venue et lorsque la mer est calme, se métamorphosent en bandits...
22/07 - Guerre en Iran : de New York à Téhéran, le retour de flamme de Donald TrumpPersonne ne saura jamais précisément le sens des huées venues des tribunes à New York, un après-midi de finale de Coupe du monde de foot, à l'encontre Donald Trump : sa proximité affichée avec le très décrié patron de la Fifa, le prix vertigineux de l’essence aux Etats-Unis - qui a franchi le seuil des 90 dollars le baril - ou sa politique étrangère toujours plus erratique. A moins qu’il s’agisse un peu des trois à la fois…
Moins d'un mois après avoir accepté un cessez-le-feu - déjà caduc - et ouvert une négociation de soixante jours - qui ne convainc personne -, le locataire de la Maison-Blanche s'embourbe un peu plus chaque jour dans le dossier iranien. Aux frappes américaines contre des cibles militaires et des infrastructures civiles (ponts, aéroports, gares) - dont la population iranienne risque, une nouvelle fois, d’être la grande victime -, Téhéran rend coup pour coup avec des tirs incessants de drones et missiles sur les pays alliés de Washington dans le Golfe.
Une flambée militaire qui a déjà considérablement alourdi le prix de la guerre pour les Etats-Unis avec la mort de trois nouveaux soldats américains. La stratégie des deux belligérants est simple : Téhéran veut convaincre Washington qu'une pression prolongée, via le blocage du détroit d’Ormuz, finira par alimenter un spectre inflationniste trop coûteux pour le locataire de la Maison-Blanche. Washington mise, lui, sur un épuisement des ressources économiques et militaires de l'Iran, offrant ainsi sur un...
22/07 - Victor Manuel Rocha, l’espion cubain qui a infiltré les Etats-Unis pendant quarante ansLes espions font souvent basculer l’Histoire. Dans l’ombre, depuis des siècles et partout sur la planète, certaines opérations ont défini le monde tel que nous le connaissons. Dans "Nid d’espions", le podcast de L’Express consacré au renseignement, on ouvre un dossier secret-défense, dans lequel le rôle des espions a tout changé.
L'enlèvement du président vénézuélien Nicolas Maduro, mené le 3 janvier dernier, a été réalisé grâce à une infiltration de la CIA au cœur du pouvoir vénézuélien. L’agence de renseignements américaine aurait déployé, dès l’été 2025, des espions sur place qui surveillaient chacun des faits et gestes de Nicolas Maduro. Certains agents étaient même parvenus à intégrer ou recruter des proches du président vénézuélien, permettant alors sa capture d’après le chef d’état-major des armées.
La diplomatie internationale est sous le choc : un gouvernement qui intervient dans un autre pays pour enlever son dirigeant ! Cela dépasse toutes les lois. Pourtant, dans les heures qui suivent, Donald Trump assure qu’il pourrait ne pas s’arrêter là : les Etats-Unis sont prêts à mener une opération similaire en Colombie, pour combattre le trafic de drogue, ou même à Cuba.
Cuba, c’est l’ennemi des Etats-Unis depuis des décennies. La CIA y a multiplié les opérations pour déstabiliser le pouvoir, notamment visant Fidel Castro. Mais le petit Etat des Caraïbes n'est pas en reste. Les Cubains aussi ont leurs espions et eux aussi sont capables d’infiltrer les plus hautes...
21/07 - Frappes en Iran : ce rapport américain qui met en doute la stratégie de Donald TrumpLa dernière escalade de violence a-t-elle anéanti l'accord de paix intérimaire signé en juin dernier entre les Etats-Unis et l'Iran ? La question se pose plus que jamais alors que Téhéran poursuit ce mardi 21 juillet ses opérations contre des voisins du Golfe, Bahreïn et le Koweït, tandis que Washington a mené une dixième nuit de frappes. L'armée américaine a précisé avoir frappé des centres de commandement militaire iraniens, des capacités maritimes, des sites de lancement de missiles et de drones ainsi que des systèmes de défense aérienne.
Des explosions ont été entendues aux alentours de la ville de Chiraz, dans le sud de l'Iran, selon les médias d'Etat. Konarak et Chabahar, sur la côte sud, ainsi que la ville de Khorramabad et un site civil près d'Abdanan, à l'ouest du pays, ont également été touchés, d'après les mêmes sources.
Ces frappes américaines ont-elles des chances de faire bouger la position de l'Iran ? Non, selon les services de renseignement américains. Comme le rapporte le Washington Post, les agences américaines prévoient une longue impasse indéfinie entre paix et guerre entre Téhéran et Washington, car il est peu probable d'après elles que l'Iran assouplisse sa position de négociation simplement en raison d'une action militaire américaine. Le quotidien américain se base sur une nouvelle évaluation des services de renseignement, rédigée principalement par la CIA, décrite par des responsables, actuels et anciens, qui ont requis l’anonymat.La survie du...
21/07 - Les philosophes, nouvelles stars de l’IA ? Pourquoi il faut se méfier de l’emballement médiatiqueLe mot est joli, "humanités", mais prononcé à voix haute dans un dîner, il fait frémir les parents. Tandis que les formations d’ingénieurs, de droit ou de commerce propulsent leur progéniture vers des CDI confortables, la philosophie offre des perspectives de carrière guère plus rassurantes que l’école du cirque. Du moins, jusqu’ici. En 2026, les mathématiciens voient l’IA venir à bout de problèmes sur lesquels s’échine leur profession. Les développeurs sont déboussolés par la vitesse à laquelle elle automatise leur métier. Les philosophes, à l'inverse, auraient le vent en poupe.
Tandis qu’en 2024, le taux de chômage des diplômés universitaires en ingénierie informatique a atteint 7,8 %, il plafonne à 5,1 % pour les philosophes, selon les chiffres de la Federal Reserve Bank of New York. The Economist, qui a compulsé les données de l’association nationale des écoles et employeurs américains, pointe une chute du taux moyen d'emploi à temps plein entre 2022 et 2024 de jeunes diplômés dans plusieurs filières réputées sûres telles l’informatique, le génie électrique ou spatial. A l’inverse, les diplômés en philosophie – certes moins nombreux - ont vu leur taux s'améliorer de quelques pourcents. L'éthique version ChatGPT
C'est que la Silicon Valley leur entrouvre ses portes. Les grands laboratoires d’IA leur offrent missions de conseil, temps partiels voir résidence permanente dans leurs open spaces modernes. Amanda Askell, philosophe écossaise passée par Oxford et titulaire...
21/07 - Sanctions européennes contre la Russie : le 21e paquet bloqué par les intérêts nationauxAprès vingt paquets de sanctions contre la Russie, l'Union européenne connaît la procédure : identifier les revenus russes encore accessibles, rédiger de nouvelles interdictions, puis obtenir l'accord des vingt-sept États membres. Les deux premières étapes peuvent être techniques, mais c'est bien la troisième qui pose problème. Présenté en juin, un texte présentant de nouvelles mesures doit viser les banques russes, des réseaux de cryptomonnaies et plusieurs acteurs du commerce pétrolier. Il reste suspendu au veto de la Grèce, qui refuse de limiter le transport de gaz naturel liquéfié (GNL) russe vers des pays tiers.
Athènes conteste surtout le coût prévu pour son industrie maritime. La mesure menacerait Dynagas, société du milliardaire grec George Prokopiou, exploitant notamment sept méthaniers brise-glace conçus pour le site gazier russe de Yamal, dans l'Arctique. Depuis l'invasion de l'Ukraine, l'entreprise a transporté plus de 30 millions de tonnes de GNL depuis le site russe, pour une valeur estimée à plus de 24 milliards de dollars. Un seul navire, le Fedor Litke, aurait acheminé plus de 4 milliards de dollars de cargaisons. Vetos
L'entreprise affirme aussi être liée par des contrats courant, pour certains, jusqu'en 2065. La Grèce soutient qu'une interdiction européenne ne priverait pas la Russie de ses revenus financiers : elle transférerait les contrats à des concurrents chinois, japonais, ou américains. Athènes demande donc que ses navires puissent continuer à...
21/07 - Plus secret qu’un service secret : le FSO, bras armé de Vladimir PoutineMâchoire carrée, corps taillé dans le muscle et regard noir, Alexeï Dioumine, secrétaire du Conseil d’Etat, à Moscou, a davantage un physique de garde du corps que de haut fonctionnaire. Rien d’étonnant, quand on sait que cet ancien agent du FSO (Service fédéral de sécurité) a veillé jour et nuit sur Vladimir Poutine durant ses deux premiers mandats (de 2000 à 2008). Ce redoutable "gorille" aurait même vidé son chargeur sur un ours qui se serait invité dans la datcha sibérienne du chef du Kremlin.
Sa loyauté sera récompensée. En 2015, Dioumine est propulsé vice-ministre de la Défense, puis gouverneur de la riche région houillère de Toula (au sud de Moscou), avant de rejoindre le Conseil d’Etat en 2024. Un parcours éclair qui ne surprend pas cet ancien du Kremlin : "Poutine passe plus de temps avec ses gardes du corps qu’avec n’importe qui d’autre. Il a noué des liens de confiance très forts avec certains d’entre eux."
Au point de devenir des confidents du "tsar" ? La tradition ne date pas d’hier. Après l’assassinat de son père, en 1881, le jeune Alexandre III créé un corps spécial chargé de protéger le pouvoir. En 1927, après la Révolution, Staline met sur pied un service de gardes du corps, dont le premier chef, Nikolaï Vlasik, devient un intime du dictateur… ce qui ne l’empêchera pas d’être envoyé au goulag en 1952.Promotions foudroyantes
Dioumine aura-t-il la même fin ? A 53 ans, il n’en finit pas de grimper. Son nom est même souvent cité comme successeur potentiel...
21/07 - "Un nouveau tournant dans la guerre" : pourquoi l’Ukraine frappe le géant russe du commerce en ligne WildberriesLa Russie ne cache pas son agacement. Le Kremlin a indiqué mardi 21 juillet que les entreprises souffraient à la suite des attaques ukrainiennes contre des entrepôts appartenant à Wildberries, le plus grand marché en ligne de Russie, équivalent d'Amazon. Dans la nuit du vendredi 17 au samedi 18 juillet, des drones ont frappé deux importants centres logistiques dans les villes de Kotovsk et d'Elektrostal, provoquant des incendies et perturbant les opérations de Wildberries.
Le bilan humain est lourd : selon le gouverneur de la région de Tambov, Evgueni Pervychov, sept employés de nuit ont été tués et 25 autres blessés dans l'entrepôt de Kotovsk, une petite ville située à environ 475 km au sud-est de Moscou. Un mort et 37 blessés ont été signalés dans l'entrepôt d'Elektrostal, dans la région de Moscou, à environ 50 kilomètres de la capitale. "La situation est effectivement difficile en raison des pertes subies tant par l'entreprise elle-même que par les représentants des petites et moyennes entreprises", a reconnu ce mardi devant des journalistes le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. Lundi, Kommersant, le principal quotidien économique de Moscou, estimait les dégâts occasionnés par cette attaque à près de 35,8 milliards de roubles (environ 400 millions d'euros).
Ce mercredi 22 juillet encore, de nouvelles attaques ukrainiennes ont visé les entrepôts de Krasnodar et de Nevinnomyssk, faisant plusieurs blessés et entraînant l'évacuation du personnel.
Sur le réseau...
21/07 - Comment Napoléon voyait les Etats-Unis, la Russie et l’Europe : "ll ne cherchait pas à être empereur du monde"Quelle était la vision diplomatique derrière ses campagnes militaires ? Jusqu'à quel point Talleyrand l'influença-t-il ? Comment comprendre le "système fédératif" qu'il imaginait pour l'Europe ? Auteur d'une quarantaine d’ouvrages relatifs au Premier Empire, ainsi qu’au Second, notamment un "Napoléon : Dictionnaire historique" (Perrin) et "Napoléon et le monde" (Belin), l'historien Thierry Lentz est l'invité des Temps sauvages, le podcast géopolitique de L'Express, dans le cadre de notre série sur les grands stratèges de l'Histoire. Il nous plonge dans la tête de l'Empereur.
Un épisode à écouter en podcast sur Apple Podcasts, Spotify, Deezer, Castbox, Podcast Addict ou en cliquant sur le player en tête de l'article.
L'Express : "Précurseur de la géopolitique, Napoléon chuta pour en avoir oublié les règles élémentaires", expliquez-vous. En quoi est-il le précurseur de cette discipline ?
Thierry Lentz : Parce qu’il fonde sa politique extérieure sur une réflexion géopolitique cohérente, même si elle se révèle finalement perdante. Il n’est pas un conquérant créatif. Il n’invente rien. Il hérite d’objectifs anciens, mais dispose d’un outil militaire et économique exceptionnel. Ses erreurs commencent lorsqu’il cesse de respecter certaines réalités géopolitiques.
La première concerne le Rhin. Depuis Jules César, les Français considèrent que la Gaule s’étend naturellement jusqu’au Rhin. La Révolution réalise cet objectif en annexant la rive gauche. Napoléon aurait pu s’en...
21/07 - "Narendra Modi, démission !" : en Inde, le "Parti des cafards" défie le pouvoirUne force politique pour la jeunesse, par la jeunesse indienne. A l'appel du "Cockroach Janta Party" (CJP), ou "Parti du peuple des cafards", des milliers de personnes se sont rassemblées ce lundi 20 juillet à New Delhi pour participer à une marche organisée le jour de l'ouverture de la session estivale du Parlement, malgré une interdiction annoncée par la police.
La manifestation, l'une des plus importantes organisées dans la capitale indienne ces dernières années, a donné lieu à de nombreux affrontements avec les forces de l'ordre. Des images télévisées ont notamment montré des policiers frappant à coups de matraque certains manifestants dans une zone fortement barricadée, bien que la police de Delhi ait nié tout recours à la force. Des gaz lacrymogènes ont été tirés pour disperser les manifestants près du Parlement. Ce mardi matin, 150 blessés étaient pris en charge à l'hôpital, selon le CJP.La fuite des sujets d'un examen national comme élément déclencheur
"Dharmendra Pradhan, démission", "Narendra Modi, démission", ont scandé en hindi les manifestants, faisant référence au ministre de l'Éducation ainsi qu'au Premier ministre. Au pouvoir depuis 2014, ce dernier est confronté à l'un des plus grands défis de son troisième mandat à ce jour.
Lancé par un étudiant indien fraîchement diplômé en communication, Abhijeet Dipke, et rassemblant aujourd'hui des millions de partisans sur les réseaux sociaux (dont 23 millions sur Instagram), le CJP a pris de l'ampleur jusqu'à...
21/07 - Royaume-Uni : John Healey, le choix surprise d’Andy Burnham pour gérer les finances du paysDes propositions particulièrement attendues. Andy Burnham va présenter ce mardi 21 juillet ses premières mesures en tant que nouveau Premier ministre britannique, au lendemain de sa nomination à Downing Street. On connaît déjà les grandes lignes de sa feuille de route : atténuer la crise du coût de la vie et mettre fin à une décennie d'instabilité politique. Pour tenter de remplir sa mission, le nouveau chef de gouvernement travailliste a nommé une équipe ministérielle de haut niveau qu'il espère plus réactive que celle de son prédécesseur Keir Starmer. Un membre du gouvernement sera particulièrement sous les feux des projecteurs : le ministre des Finances John Healey.
La nomination de l'ancien secrétaire à la Défense (juillet 2024 - juin 2026) comme Chancelier de l'Échiquier, un poste aussi crucial que celui de Premier ministre, est une surprise, tant il n’était pas le favori. La presse britannique avait anticipé l'arrivée de la ministre de l'Intérieur sortante Shabana Mahmood, qui conserve finalement sa place, voire d'Ed Miliband, qui a hérité du poste de ministre des Affaires étrangères.
La nomination de John Healey, 66 ans, intervient quelques semaines seulement après sa démission du gouvernement précédent de Keir Starmer. Un départ lié à un désaccord majeur sur les dépenses de défense. Il avait en effet jugé insuffisant le montant accordé au plan d'investissement dans ce secteur "en cette période de menaces croissantes", déplorant que le ministère des Finances soit...
21/07 - Cette scène du film "L’Odyssée" que tous les dirigeants devraient méditer, par Nicolas BraultTrois minutes. C’est le temps que le nouveau film de Christopher Nolan consacre aux sirènes. D’un point de vue cinématographique, je le comprends : cette étape de l’Odyssée est une anomalie. C’est la seule dans laquelle Ulysse n’agit pas, il ne fait qu’obéir ; la seule dans laquelle la solution n’est pas de lui, elle lui a été dictée par Circé, la seule dans laquelle le guerrier est humilié devant ses hommes. Pourtant, c’est le premier moment où le héros "aux mille ruses" cesse de ruser, pour devenir un vrai capitaine. Car au cours de cette épreuve, Ulysse prend cinq leçons de commandement.L’intégrité n’est pas une colonne vertébrale, c’est un mât
La séduction des sirènes est souvent présentée comme sexuelle, mais le mythe ne la réduit pas à cela. Appât du gain, abus de pouvoir, préjugés, renoncements, prévarications… Quelle que soit la probité du chef, des forces de corruption croiseront toujours son chemin.
Alors, la plus grande vulnérabilité est de se croire invulnérable. Nul n’est incorruptible, mais le chef peut admettre sa corruptibilité et donc construire, à l’avance, la charpente extérieure qui le fera tenir droit. Il peut "s’attacher au mât" ou se "lier les mains" avant que l’irrépressible tentation ne survienne. Cela passe par des clauses de droit, l’installation de contre-pouvoirs, la rédaction d’un code d’honneur, ou la mise en place d’une chaîne de commandement, avec des instances de contrôle.Le chef protège en s’exposant
Prévenu du risque, pourquoi Ulysse...
21/07 - Droits de douane : Donald Trump menace de relancer la guerre commerciale avec le CanadaDonald Trump n'aime manifestement pas le feu, mais il continue d'y jeter de l'huile : vendredi dernier, le président américain menaçait le Canada de nouvelles taxes douanières en raison de la pollution de l’air causée par les incendies dans le pays. Ce lundi 20 juillet, le républicain a bel et bien annoncé des surtaxes supplémentaires pour son voisin, dont la justification officielle répond à un grief plus classique : le Canada traiterait les produits américains moins bien que ceux de ses autres partenaires.
À partir du 19 août, une sélection de marchandises canadiennes sera frappée d'un droit supplémentaire de 50 %. La liste va du vin au ciment, en passant par les meubles, les vêtements, et les bâtons de hockey. Près de 20 milliards de dollars d'importations sont concernés. L'énergie, la potasse, les minerais critiques et le poisson sont épargnés, tout comme l'acier et l'aluminium, déjà taxés. Selon Capital Economics, la mesure toucherait environ 5 % des importations américaines en provenance du Canada.L'ACEUM détricoté
Surtout, les produits conformes à l'Accord Canada-États-Unis-Mexique, ou ACEUM, ne seront pas exemptés. Cet accord signé en 2020, lors du premier mandat de Donald Trump, protégeait jusqu'ici l'essentiel des échanges entre les trois pays. Désormais, un produit respectant parfaitement ses règles pourra tout de même être taxé à 50 %. Donald Trump l'avait présenté comme supérieur à l’ancien accord de libre-échange ; six ans plus tard, il décide lui-même d’en...
21/07 - Jonas Pardo : "Malgré le déni de LFI, Barbara Butch est bien victime d’une campagne de harcèlement antisémite"Après l'extrême droite, au tour de La France insoumise de s'en prendre à Barbara Butch. La DJ française a été contrainte de quitter prématurément la scène d'un festival à Grenoble, sous les huées et les jets de bouteille en verre, conséquence d'une campagne menée par les Insoumis du coin. Voilà plusieurs mois qu'ils tentaient d'empêcher l'artiste de se produire : ils la griment en "soutien aux génocidaires", coupable d'avoir signé une tribune favorable à la loi Yadan - un geste qu'elle dit par ailleurs regretter - et d'avoir donné un concert à Tel-Aviv. Une "accumulation d'accusations sans fondement, de procès d’intentions, ponctués de faits déformés", dissèque Jonas Pardo, pour qui l'affaire à tout à voir avec de l'antisémitisme.
Le directeur de l'association Boussole antiraciste dénonce cette dangereuse "injonction géopolitique" : "On exige des Juifs qu'ils se positionnent sur le conflit israélo-palestinien, comme s'ils en étaient comptables, et qu'ils prouvent qu'ils sont 'du bon côté'", dit le chercheur. Entretien.
L’Express : Que révèle l’interruption du concert de Barbara Butch par des militants insoumis ?
Jonas Pardo : Cet événement est l'aboutissement de deux dynamiques. La première est locale : l'appel au boycott lancé par la section grenobloise de La France insoumise. La seconde est plus large : Barbara Butch fait l'objet, depuis sa participation à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Paris, d'une campagne de harcèlement qui a progressivement pris...
21/07 - Randonner à Val d’Isère : des promenades familiales aux itinéraires de haute montagneQuelques minutes suffisent pour quitter le centre de Val d'Isère. Les terrasses laissent place au bruit du torrent, puis les premiers alpages ouvrent la voie vers les lacs d'altitude, les glaciers et les grands cols. Dans ce village de Savoie, les sentiers commencent au bout de la rue. Lorsque les températures grimpent dans les vallées, marcheurs, familles et trailers viennent chercher un air plus frais, mais aussi une façon différente de vivre la montagne : plus intimiste et authentique.Val d'Isère, un village façonné par la haute montagne
Bien avant de devenir un haut lieu de la montagne, Val d'Isère vivait déjà au rythme du pastoralisme et des échanges avec les vallées italiennes. Au cœur de la haute Tarentaise, le village s'est développé autour des cols empruntés par les colporteurs, les marchands et les voyageurs, faisant de Val d'Isère un lieu de passage depuis des siècles.
Cette histoire se lit encore dans le vieux village. Les maisons en pierre aux toits de lauze côtoient les anciennes granges, les fontaines et les ruelles étroites. Dominant le centre, l'église Saint-Bernard de Menthon dont le clocher date du 17ème siècle, reste l'un des principaux repères de Val d'Isère. Les sept chapelles réparties dans les hameaux racontent elles aussi cette histoire, que l'on découvre aujourd'hui en parcourant le Circuit des 7 Chapelles.Les Avalins, l'âme vivante de Val d'Isère
Mais Val d'Isère ne se résume pas à son patrimoine. Les Avalins continuent de faire vivre le...
21/07 - "Pour réussir, le manager doit devenir un superficiel compétent" : la leçon de management d’Henry Mintzberg"Les managers font le sale boulot : ils règlent les problèmes difficiles et les connexions complexes. Voilà pourquoi la pratique du management est si floue et que des mots comme expérience, intuition, jugement et sagesse sont si souvent importants pour la décrire", affirme Henry Mintzberg dans Manager. L’essentiel. Ce que font vraiment les managers… et ce qu’ils pourraient faire mieux (Vuibert, 2014). Dans cet ouvrage - que nous vous recommandions déjà dans notre sélection des essais de management à lire au moins une fois dans sa vie - le spécialiste décrit, de manière didactique, le quotidien de 29 cadres. Si l'auteur parle d'une "pratique" du management, c'est parce qu'il considère qu'il ne s'agit pas d'"une profession de plus".
Pour l'enseignant en sciences de gestion et management de l'université McGill, le manager est loin du cliché du "planificateur systématique et réfléchi" : dès 1975, Henry Mintzberg montrait dans son article "Le métier du manager : folklore et réalité", publié dans la Harvard Business Review que 49 % des activités d'un manager durent moins de neuf minutes. Dans cette analyse, le chercheur évoque la brièveté, la fragmentation des tâches, leur variété mais aussi des activités répétitives qui font que les managers sont, par nature, sursollicités.
Selon Michel Barabel, professeur affilié à Sciences Po, ce mode de fonctionnement est "un moyen opportuniste de réaliser beaucoup en peu de temps dans le but de ne pas se couper du flux d’informations...
21/07 - "Cela profitera à beaucoup de femmes" : en 1978 naissait Louise Brown, premier "bébé-éprouvette"Cet article a été publié pour la première fois dans L'Express du 7 août 1978
Louise se porte bien. Elle dort beaucoup, ce qui profite aux nouveau-nés. Elle a aussi bon appétit et tète durant trois heures, en six prises régulières. Depuis le 28 juillet, troisième jour qui a suivi sa naissance, elle est nourrie au sein par Lesley, sa mère, remise de sa césarienne. Sous les regards attendris de John, son père. Elle a toutes les chances, Louise Brown, petite Anglaise née sous le signe du Lion. La voici star. C'est "Bébé-éprouvette".
Sa naissance bouleverse surtout les femmes. En particulier celles qui souffrent de stérilité. Elles sont nombreuses, une sur cinquante dans le monde, en moyenne. Pour la moitié d'entre elles, l'infécondité résulte d'un blocage au niveau des trompes reliant les ovaires à l'utérus. Ce qui interdit toute fusion d'un spermatozoïde avec un ovule. Or, les légions de femmes victimes de ce mal s'interrogent maintenant. L'espoir ne lève-t-il pas, avec l'apparition de Louise Brown ? Cocktail d'hormones
A Bristol, en Angleterre, Lesley Brown, 32 ans, mariée depuis neuf ans, était stérile. Comme elles. Jusqu'à ce que sa route croise celle de deux chercheurs, Robert Edwards, physiologiste l'université de Cambridge, et le Dr Patrick Steptoe, gynécologue à l'hôpital d'Oldham. Ils prônaient depuis longtemps une technique artificielle, pour vaincre cette malformation. Ils l'expérimentaient. Ils accumulaient les échecs. Pourquoi, cette fois, ont-ils réussi ?...
21/07 - "Une thérapie peut vous aider" : l’Allemagne, un modèle de lutte contre la pédocriminalitéIl aura fallu du temps et un certain courage avant que Félix* ne se décide à sauter le pas. À la fin de l’année 2024, cet étudiant berlinois contacte finalement les médecins du programme Kein Täter werden (KTW), traduit en français par "Ne devenez pas un délinquant". Ce dispositif, basé à l’Institut de sexologie de l’hôpital de la Charité de Berlin, propose depuis vingt ans un accompagnement psychologique aux personnes attirées sexuellement par les mineurs, dans le but de prévenir les agressions sexuelles contre les enfants et la consommation d’images pédopornographiques. "J’en avais visionnées, et cela a gravement accentué ma dépression et mes idées suicidaires. Je voulais absolument arrêter, mais je n’y arrivais pas. J’avais besoin d’aide", raconte Félix.
À l’époque, le jeune homme est déjà suivi par un médecin non-spécialisé, à qui il n’ose pas confier ses différentes rechutes. Au sein du programme KTW, qu’il rejoint officiellement en décembre 2024, il trouve des professionnels mieux formés à ces questions : au cours d’entretiens individuels, puis de groupes de parole, ils écoutent le patient, analysent son comportement, puis développent avec lui des stratégies préventives ou réactives. En parallèle, Félix est orienté vers un traitement antidépresseur, puis une médication anti-androgène de six mois destinée à réduire sa libido. Au fil de la thérapie, l’équipe médicale travaille également à lui faire accepter son trouble, par exemple par le fait de révéler sa...
20/07 - Concert interrompu de Barbara Butch : la défaite morale des InsoumisNé avant la honte. "Nous n’avons empêché personne de se produire sur scène puisque Madame Barbara Butch s’est produite sur scène." Allan Brunon, le responsable grenoblois de LFI, dit vrai, Barbara Butch s’est bien produite au festival Cabaret Frappé le 18 juillet. Malgré les appels au boycott, malgré les visuels déversés dans la ville, grossiers montages où figure l’artiste - au recto maculée d’une tache de sang, au verso aux côtés de Netanyahou. La DJ a mixé vingt minutes, "elle a interrompu elle-même son concert" ajoute Brunon ; oui, sous les insultes, les jets de gravier et de bouteilles en verre. Ce soir-là, l’Insoumis, présent dans la foule, a tout filmé, satisfait de son opération, ses camarades drapeaux palestiniens en mains. L’artiste, elle, s’est déchargée auprès de son amie Hanna Assouline : "C’était ignoble, Hanna. Tu aurais vu la haine dans leurs yeux".
Les Insoumis l’avaient défendue face au harcèlement de l’extrême droite, postérieur à la cérémonie des JO. Ils la harcèlent à leur tour car elle a trahi, signant un texte favorable à la loi Yadan - un geste qu'elle a dit regretter. Une signature "de personne concernée" par l'antisémitisme, victime depuis l'enfance - l’expression devrait faire "tilt" à gauche. Mais non. La voilà grimée en censeur des voix palestiniennes, en agent à double allégeance du "pink washing israélien" car elle s’est un jour produite à l’ambassade française de Tel-Aviv.
"Que faisiez-vous le 12 juin 2025 à Tel-Aviv ?", l’a molestée face...
20/07 - Vladimir Poutine, bunkerisé mais bien informé : au Kremlin, la paranoïa atteint des sommetsC’est un rapport épais qui, chaque semaine, atterrit sur le bureau de Vladimir Poutine. Produit par le très secret "Service sociologique", il sonde les humeurs et les états d’âme de 5 000 Russes, questionnés – souvent à leur insu - par des agents fédéraux qui sillonnent le pays, de Rostov à Vladivostok. Tout y est consigné : leurs frustrations, leur lassitude et leurs colères, de plus en plus vives – qu’il s’agisse des pénuries d’essence, de l’inflation ou de ces coupures Internet qui exaspèrent tant les Moscovites. Grâce à ce "sismographe" capable de détecter les éruptions populaires, Poutine sait tout. S’il le faut, il lâche du lest.
Mais il peut aussi tuer dans l’œuf toute critique sur cette "opération spéciale" qui, après 1 600 jours de combats, tourne au vinaigre. Car cette guerre, qui devait à tout prix rester invisible, s’invite désormais dans la vie quotidienne. Dans un Kremlin hanté par les attaques de drones ukrainiens et les assassinats de hauts responsables militaires, la paranoïa est à son comble. Et la baisse de popularité du président russe, alors que des élections législatives ont lieu dans deux mois, n’arrange rien. Terré dans ses bunkers, Poutine - qui n’envisage pas la paix, contrairement à ce qu’affirme Donald Trump - risque donc de durcir encore son pouvoir, dans la plus pure tradition soviétique. Car c’est son logiciel. Celui du KGB, qui n’a jamais vraiment cessé de régner sur le pays."Les anciens du KGB, ça n’existe pas"
Au début des années 2000,...
20/07 - Yémen : les Houthis annoncent un blocus maritime de l’Arabie saouditeLa menace planait depuis plusieurs semaines. Elle a été mise à exécution ce lundi 20 juillet. Les Houthis du Yémen, alliés de l'Iran, ont annoncé qu'ils imposaient un blocus naval à l'Arabie saoudite, leur voisin du nord le long de la côte de la mer Rouge. Dans leur communiqué, les forces armées houthies indiquent qu'elles décrètent "un embargo maritime contre l'ennemi saoudien criminel, fondé sur la loi du talion, applicable immédiatement".
Selon les rebelles houthis, cette décision est une réponse à ce qu'ils qualifient de "siège injuste et oppressif" imposé aux ports et aéroports du Yémen par les Saoudiens. On ignore toutefois à ce stade comment les Houthis procéderaient à un blocus maritime de l'Arabie saoudite, ni si cela inclurait une reprise des attaques contre les navires.
Téhéran a récemment fait pression sur les Houthis pour qu'ils ferment le point de passage de Bab el-Mandeb vers la mer Rouge si les Etats-Unis continuaient d'attaquer les infrastructures énergétiques iraniennes. Quatre jours plus tôt, rapportait Reuters, la République islamique avait ainsi demandé au mouvement houthi du Yémen de se tenir prêt à fermer la route pétrolière de la mer Rouge. Selon trois sources interrogées par l'agence de presse britannique, l'idée a été discutée parmi les dirigeants iraniens et le message a été transmis aux Houthis. Dès le 1er juin, le commandant de la Force Qods des Gardiens de la révolution, Esmaeil Qaani, avait affirmé qu'ils pouvaient bloquer la mer Rouge.Une...
20/07 - Andy Burnham vu par la presse britannique : un "politicien Heineken" dont "les bonnes ondes ne suffiront pas"Andy Burnham a retrouvé un siège à Westminster, a été désigné chef du Labour sans adversaire, puis a été nommé Premier ministre. Il est devenu ce lundi 20 juillet le septième chef du gouvernement britannique en dix ans. Keir Starmer, lui, a quitté le pouvoir moins de deux ans après avoir remporté une très large majorité lors des dernières élections législatives. Outre-Manche, les journaux veulent donc savoir ce qui change cette fois-ci.
Sur un point, ils s'accordent : Andy Burnham sait parler aux électeurs. Ancien ministre sous Tony Blair et Gordon Brown, puis maire très populaire du Grand Manchester, il a battu Reform UK à Makerfield alors que le Labour était au plus bas dans les sondages. Le Telegraph le décrit comme un "politicien Heineken", capable d'atteindre les travaillistes, les écologistes et les libéraux-démocrates, mais aussi certains conservateurs ou partisans de Nigel Farage. Il ajoute que "parvenir au sommet n'est que la moitié de l'histoire". Pour gouverner, il faut encore "une direction politique très claire".Un programme encore peu détaillé
C'est justement un point que la presse conservatrice dit ne pas avoir trouvé. Le Spectator résume son article dès le titre : les "bonnes ondes" de Burnham "ne suffiront pas". L'hebdomadaire lui reproche de vouloir "remettre davantage d'argent dans les poches des gens" et de répéter qu'il possède "un plan", sans préciser comment il financera les logements sociaux, l'aide aux personnes âgées ou le trou de 7,4...
20/07 - Une GPA qui mène à la démission : en Allemagne, l’affaire Jens Spahn offre un argument en or à l’extrême droite"Ils buvaient du vin en secret et en public, ils prêchaient l’eau", écrivait Heinrich Heine, le grand poète allemand du XIXe siècle. La chute d’un poids lourd de l’Union chrétienne-démocrate (CDU), le parti du chancelier Friedrich Merz, témoigne que l’hypocrisie persiste dans la politique européenne par-delà les siècles. Et qu’aujourd’hui comme hier, elle ne fait l’affaire que des démagogues.
Jens Spahn, 46 ans, présidait, jusqu’à sa démission le 18 juillet, le groupe parlementaire chrétien-démocrate au Bundestag. A ce titre, il était la cheville ouvrière de la coalition sur laquelle s’appuie Merz pour gouverner. Figure de proue de l’aile conservatrice de la CDU, il était bien placé pour revendiquer pour lui-même, le jour venu, le fauteuil de chancelier. Dès 2012, ce catholique avait déclaré son homosexualité ; en 2017, il avait épousé un cadre du groupe de presse Burda.
L’annonce la semaine dernière que le couple, domicilié à Berlin, a engendré un fils en ayant recours à une mère porteuse aux Etats-Unis, a retenti comme un coup de tonnerre dans le ciel déjà chargé de nuages de la politique allemande. Car la CDU milite contre l’autorisation de la gestation pour autrui, que celle-ci soit commerciale ou altruiste. Le parti l’a réaffirmé haut et fort lors de son congrès tenu en février à Berlin.
Stricto sensu, Spahn et son mari n’ont pas violé la loi, qui interdit la gestation pour autrui uniquement sur le territoire national. Quand elle est réalisée à l’étranger, la...
20/07 - Le parking de Jacques Chirac : ces réunions clandestines qui ont changé la présidentielle de 1995Il y a la grande histoire, celle qu’a écrite la Ve République. Et il y a les petites histoires, ces secrets qui n’ont l’air de rien mais qui contribuent souvent de manière décisive aux résultats finaux. L’Express a choisi de raconter, en ce dernier été avant la grande bataille de 2027, ces épisodes méconnus des campagnes passées, de cette table qui ne se retrouve pas par hasard au débat de l’entre-deux-tours entre François Mitterrand et Jacques Chirac en 1988 jusqu’au placard qu’ouvre fortuitement François Hollande pour y faire une drôle de découverte sur Emmanuel Macron...
EPISODE 1 - Présidentielle 1988 : la table de François Mitterrand qui fit vaciller Jacques Chirac
Edouard Philippe n’a rien inventé. Le 27 novembre 2017, lors d’un stand up sur la scène du Casino de Paris, il raconte un épisode de la campagne de 2017 : "J'arrive au QG d'Emmanuel Macron, allongé dans la voiture avec une couverture." Le Havrais, qui participe au lendemain du premier tour de l’élection présidentielle à une réunion au siège des Républicains, est contacté par le secrétariat du futur président. La discrétion maximale est de mise. "On vient vous chercher où vous êtes ?" Non, pas vraiment. Et il se cachera…
Edouard Philippe n’a rien inventé, il imite même l’un de ses maîtres. Pas Alain Juppé, qu’on n’imagine pas spontanément dans ce genre de situations, mais une autre longue carcasse qu’il n’était pas simple de dissimuler : Jacques Chirac… Nous sommes à l’automne 1993. Edouard Balladur est à...
20/07 - Guerre au Moyen-Orient : la Jordanie, nouvelle cible de choix de l’IranUne coopération et une dépendance dont elle paie le prix fort. La Jordanie est la cible privilégiée de l'Iran depuis une semaine. Vendredi 17 juillet, une attaque iranienne contre une base militaire en Jordanie a tué deux soldats américains, un troisième étant toujours porté disparu, selon des responsables américains. Cette attaque, qui a fait quatre autres blessés parmi les soldats et endommagé plusieurs hélicoptères, était la quatrième de la semaine contre les forces américaines en Jordanie.
La première attaque a visé le 15 juillet un bâtiment résidentiel de la base aérienne King Faisal, blessant jusqu'à cinq militaires américains. La deuxième a touché une base dans l'est de la Jordanie, endommageant plusieurs hélicoptères Blackhawk américains. Selon les autorités, des missiles iraniens ont bombardé la base aérienne de Muwaffaq Salti à Azraq, un important centre de l'US Air Force, blessant une vingtaine de soldats américains qui se sont réfugiés dans des bunkers. Cette base a de nouveau été touchée vendredi, entraînant la mort des deux soldats.
Dimanche, la Jordanie a également évacué l'aéroport international et le port d'Aqaba, ville côtière, à la suite d'une "menace précise et crédible", a indiqué l'ambassade américaine sur place. La défense aérienne jordanienne a ensuite abattu trois missiles iraniens qui visaient le pays, a précisé l'armée jordanienne, tandis qu'un quatrième s'est écrasé dans une zone inhabitée.Une coopération militaire importante…
Durant la...
20/07 - Royaume-Uni : Andy Burnham devient le septième Premier ministre britannique en dix ansLe 13 juillet 2016, Theresa May remplaçait David Cameron au 10 Downing Street. Dix ans plus tard, Andy Burnham a remplacé ce lundi 20 juillet Keir Starmer, devenant le septième Premier ministre britannique en l'espace d'une décennie. Le palais de Buckingham a officiellement annoncé sa nomination dans un bref communiqué, publiée après une rencontre entre le travailliste de 56 ans et le roi Charles III, qui lui a demandé d'assumer les fonctions de chef du gouvernement.
Lors d'un premier discours au côté de son épouse devant ses nouveaux quartiers, l'ex-maire de Manchester, populaire dans les sondages et communicant éprouvé, a promis un profond changement pour le bien de la population. Il s'est engagé à présenter dans le courant de la semaine de nouvelles mesures pour aider les ménages, avant de dévoiler plus tard dans l'année un nouveau plan sur dix ans pour le pays. "La Grande-Bretagne doit montrer au monde qu'elle est capable de retrouver sa stabilité une fois de plus", a déclaré celui qui est parfois surnommé "le Roi du Nord". "Nous n'avons pas été à la hauteur, et nous devons faire mieux", a-t-il ajouté.
Promettant aux Britanniques "une bouffée d'oxygène", il a déclaré que le gouvernement présenterait des mesures visant à lutter contre la hausse du coût de la vie, ainsi que la manière dont il prévoit de les financer. Evoquant le plus long terme, il s'est aussi engagé à aider plus de jeunes "à accéder à l'emploi en réformant le système éducatif et en leur apportant...
20/07 - Etats-Unis : comment le soutien à Israël divise les démocratesLongtemps durant aux Etats-Unis, la position démocrate sur Israël reposait sur quelques principes assez stables : préserver l'alliance entre les deux pays, garantir la sécurité de l'État hébreu et défendre, au moins officiellement, la création d'un État palestinien. Les désaccords portaient sur les gouvernements israéliens, rarement sur le soutien américain lui-même. Après les attaques du 7 octobre 2023 par le Hamas, Joe Biden avait d'ailleurs réaffirmé son engagement aux côtés d'Israël et le Congrès avait voté de nouvelles aides à une large majorité.
Près de trois ans plus tard, le vocabulaire a changé, les sondages aussi. Les opérations militaires menées à Gaza et la politique de Benyamin Netanyahou ont rendu la question israélienne beaucoup plus conflictuelle au sein du Parti démocrate. Pendant que la direction continue de défendre l'alliance, une part croissante des électeurs et des candidats aux élections de mi-mandat à venir souhaite désormais conditionner l'aide de Washington à Tel-Aviv, la réduire ou y mettre fin.
Selon un sondage du Washington Post avec Ipsos réalisé en juillet, près des trois quarts des démocrates souhaitent réduire ou supprimer l'aide militaire américaine à Israël, dont quarante pour cent demandant son arrêt complet. Parmi les électeurs se définissant comme "très libéraux", cette proportion atteint 58 %. Le sujet s'invite dans les midterms
Le changement est récent. En octobre 2023, quelques jours après les attaques du Hamas, 28 % des...
20/07 - Pourquoi refusons-nous l’exigence que nous admirons dans le sport ? Par Julia de FunèsCe qu’il y a de pernicieux dans la médiocrité qui gagne aujourd’hui notre pays, ce n’est pas seulement l’affaiblissement des compétences, la baisse du niveau ou l’effacement progressif de la qualité. Tout cela serait encore rattrapable par le travail. Le plus redoutable, c’est que la médiocrité finit par se faire passer pour une vertu, d’autant plus difficile à combattre qu’elle se place désormais sur le terrain moral.
Les insuffisances se transforment en avantages, les lacunes en qualités. On manque d’exigence ? On se dit tolérant. On redoute la confrontation ? On se prétend apaisé. On ne sait pas choisir ? On se proclame ouvert. On n’ose pas dire qu’un travail est mauvais ? On invoque le respect. Chaque renoncement reçoit ainsi son certificat de moralité. Pourquoi un tel renversement ? Parce que l’excellence gêne : elle rappelle ce que l’on aurait pu accomplir. Le talent irrite parce qu’il introduit une hiérarchie que l’époque voudrait abolir. Le brillant devient arrogant, l’exigeant brutal, le lucide négatif. Celui qui demande un effort serait forcément dur. Celui qui évalue serait nécessairement jugeant. Celui qui fixe un niveau exercerait une domination.
Dans l’entreprise, un manager qui dit qu’un travail n’est pas au niveau risque d’être accusé de manquer d’empathie. À l’école, un professeur qui sanctionne une copie insuffisante doit parfois davantage justifier sa sévérité que l’élève son manque de travail. Dans les relations ordinaires, celui qui ose dire "tu...
20/07 - Hongrie : Péter Magyar obtient le départ du président pro-Orban Tamas SulyokPéter Magyar concrétise sa promesse électorale phare : tourner la page Viktor Orban. Le Premier ministre hongrois a annoncé ce lundi 20 juillet vouloir proposer l'ancienne championne d'échecs Judit Polgar pour la présidence de la République. "Notre pays a besoin d'unité, de paix et d'un président dont tous les Hongrois puissent être fiers", a affirmé Péter Magyar sur Facebook. "Le nom de Judit Polgar est synonyme de talent et de persévérance depuis des décennies", a-t-il ajouté. Le chef du gouvernement a précisé qu'il allait la rencontrer ce lundi pour lui demander si elle accepte ou non la nomination.
Cette décision intervient au lendemain de la signature par le président Tamas Sulyok d'un amendement constitutionnel adopté par le parti Tisza, au pouvoir en Hongrie, qui a mis fin à son mandat de chef d'Etat à minuit. Cette législation s'inscrivait dans le cadre de la campagne menée par Péter Magyar pour démanteler les bastions du pouvoir de l'ancien Premier ministre Viktor Orban, campagne pour laquelle Péter Magyar affirme avoir reçu un mandat fort des électeurs après avoir évincé le dirigeant de droite lors d'une victoire écrasante aux élections législatives, en avril dernier. Même si Tamas Sulyok n'est pas membre du Fidesz de Viktor Orban et reste relativement inconnu, il était devenu le symbole de l'influence profondément ancrée du parti au sein de l'exécutif hongrois, étant ainsi la dernière pièce majeure du système Orban.Viktor Orban dénonce une "tyrannie"
Si Péter...
20/07 - "Quand on est aventurier, on est entrepreneur" : les leçons de leadership de Stéphanie GicquelStéphanie Gicquel court, elle court beaucoup, longtemps, vraiment très longtemps. Le samedi 27 juin, sous une chaleur étouffante, elle a remporté pour la cinquième fois l'Ultramarin : 175 kilomètres de course à travers le golfe du Morbihan bouclée en 17 heures. Stéphanie Gicquel est vice-championne du monde du 100 kilomètres et elle détient le record du monde de la plus longue expédition en Antarctique : 2 045 kilomètres en 74 jours. La jeune femme est aussi exploratrice, aventurière, écrivaine. Un éventail d'expériences à des années-lumière de sa vie d'avant, quand elle était avocate d'affaires dans un grand cabinet américain et passait ses nuits sur des dossiers de fusion-acquisition. Pour L'Express, Stéphanie Gicquel revient sur ce changement radical de vie, marqué par l'effort et la persévérance.
Une interview issue du podcast Anatomie d'une décision, à écouter sur Apple Podcasts, Spotify, Deezer, Castbox, Podcast Addict ou en cliquant sur le player en tête de cet article.
L'Express : Plantons le décor. Nous sommes en février 2010, vous rentrez de vacances avec votre conjoint et là, dans une brasserie parisienne, vous décidez de changer de vie et de devenir aventurière. Quelques jours plus tôt, vous aviez embarqué sur un bateau à Ushuaia, à la pointe sud de l'Argentine, et longé les côtes glacées de l'Antarctique. Depuis ce jour, ces grandes montagnes blanches vous obsèdent et vous ne pensez qu'à rechausser vos chaussures de randonnée. Qu'est-ce qui vous fait...
20/07 - L’IA va-t-elle tuer Wikipédia ? L’encyclopédie en ligne fait de la résistanceSous le pseudonyme de "Dirac", Miguel Tremblay est une légende discrète du Wikipédia francophone. Vingt-trois ans d'ancienneté, plus de 17 000 contributions, quelque 200 articles créés de son initiative comme le "pouce", l'unité de mesure, ou la "chopine", le verre à bière. Ces derniers mois, ce physicien de profession s’est démultiplié, ajoutant à la célèbre encyclopédie participative en ligne une cinquantaine de portraits de Québécoises primées, et des pages entières sur les législatures de la plus française des provinces canadiennes, depuis 1867. Un volume qu'il n'aurait "jamais pu produire sans l'IA générative", reconnaît-il sans ciller. "Dirac" montera sur scène à la Wikimania — la grand-messe annuelle du mouvement, qui se déroulera à Paris pour la première fois de son histoire entre le 21 et le 25 juillet — pour en discuter à voix haute. "L'exercice le plus "wikipédien" qui soit, la paraphrase, soit reformuler une source pour l'exposer sans la recopier mot pour mot, est précisément ce que les modèles réussissent le mieux", confie le bénévole.
L'aveu est courageux. Car l'IA générative et sa nuée de chatbots de ChatGPT à Claude, Gemini ou Grok, hérisse le poil de ses camarades. Tremblay le concède volontiers. Sur la version anglophone de l'encyclopédie, un vote communautaire a purement banni les modèles ; la francophone, plus pragmatique, se borne à les "déconseiller vivement" aux volontaires. En juin, le cofondateur de l’encyclopédie en ligne, Jimmy Wales, estimait...
20/07 - "Il ne veut pas être associé au désastre" : Marco Rubio et la guerre en Iran, une absence stratégiqueDepuis Henry Kissinger en 1969, aucun Américain n'avait cumulé les titres de secrétaire d'Etat et de conseiller à la Sécurité nationale. Marco Rubio l'a fait. Cette double casquette lui vaut de siéger régulièrement à la gauche de Donald Trump dans la Situation Room, cette célèbre salle de crise de l’aile ouest de la Maison-Blanche que le père de la Realpolitik qualifiait "d'inconfortable, inesthétique et oppressante". Mais l’actuel diplomate en chef de l’Amérique - et fils d’émigrés cubains arrivés en 1956 aux Etats-Unis - n’est pas du genre à s’embarrasser de telles considérations décoratives.
C’est dans ce bunker, où se règlent toutes les grandes crises du monde depuis les années 1960, que l’ex-sénateur de Floride a participé le 14 juillet à une réunion sur de nouveaux plans de frappes du Pentagone contre des cibles stratégiques en Iran et dans le détroit d'Ormuz. C'est aussi dans ce Saint des saints de la sécurité nationale que Marco Rubio a écouté Benyamin Netanyahou vanter, le 11 février, le changement de régime - du "bullshit", selon ses propres mots - sans toutefois dissuader le président américain de frapper l'Iran. La suite de l’histoire, tout le monde la connaît : elle mérite déjà une place dans les programmes de West Point, la plus célèbre école militaire des Etats-Unis, au chapitre des erreurs stratégiques à ne jamais reproduire... Donald Trump, qui a signé le 17 juin un protocole d’accord avec les Iraniens, se retrouve embourbé avec Téhéran dans un engrenage...
19/07 - Venezuela : Diosdado Cabello, l’ennemi juré de Washington qui s’affiche avec les AméricainsL'opposition le décrit comme la figure la plus responsable de deux décennies de répression, d'emprisonnement et de torture au Venezuela. Diosdado Cabello a gravi tous les échelons du pouvoir à Caracas jusqu'à devenir le très redouté ministre de l'Intérieur du pays. Ce nationaliste convaincu de 63 ans, qui a joué un rôle clé au sein du régime chaviste dès ses débuts, a fermement dénoncé la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro par l'armée américaine en janvier dernier, estimant à l'époque que l'ancien président déchu était un "prisonnier de guerre" et indiquant que "le Venezuela ne capitule pas".
Côté pile, Diosdado Cabello est dans leur viseur des Etats-Unis qui l'accusent de "narcoterrorisme" et de trafic de cocaïne. Comme le relève Le Figaro, selon l'acte d'accusation de l'agence fédérale américaine, Diosdado Cabello aurait rencontré secrètement, à la frontière, des membres de l'ELN, la guérilla marxiste-léniniste colombienne, pour inspecter certaines pistes d'atterrissage clandestines destinées aux passeurs de drogue. En 2019, l'actuel secrétaire d'Etat américain Marco Rubio estimait que Diosdado Cabello était un "narcotrafiquant" qui finirait "par se retrouver en prison". Le ministre fait l'objet de sanctions américaines, tout comme plusieurs membres de sa famille et ses amis. Washington a émis un avis de recherche et offre une récompense de 25 millions de dollars pour toute information menant à son arrestation.
Côté face, cet ancien officier de l'armée...
19/07 - Justin Gest, spécialiste des migrations : "Une victoire du RN pourrait provoquer un exode des démocrates français"On connaissait la "fuite des cerveaux", ce phénomène par lequel des personnes hautement qualifiées quittent leur pays d’origine pour s’installer ailleurs. On en sait toutefois moins sur la "fuite démocratique" que documente Justin Gest, spécialiste des questions migratoires, dans son récent Democratic Drain : Global Migration and the Struggle for Democracy (Cambridge University Press, non traduit) ; un ouvrage déjà encensé par le grand économiste américain Tyler Cowen ainsi que Steven Levitsky, professeur à Harvard et co-auteur du best-seller How Democracies Die.
En exclusivité pour L’Express, le politologue, directeur du programme de politiques publiques à la Schar School of Policy and Government de la George Mason University, explique ainsi pourquoi ceux qui partent, souvent les plus enclins à défendre de fortes valeurs démocratiques et libérales, peuvent favoriser malgré eux l’autoritarisme en vidant le pays des individus susceptibles de se soulever contre de possibles dérives illibérales. Un phénomène qui, en retour, peut aussi fragiliser les protections démocratiques dans les pays de destination…
L’Express : Dans votre ouvrage, vous montrez qu’au-delà de la "fuite des cerveaux", l’émigration produit aussi une "fuite démocratique". Comment l’expliquez-vous ?
Justin Gest : Quand les immigrés quittent leur pays d’origine, ils emportent avec eux leurs familles, leur talent, leurs idées et leur intelligence. Cela représente évidemment une perte de capital économique,...
19/07 - Iran : Washington intensifie ses frappes après la mort de deux militaires américainsLes États-Unis ont déclaré avoir mené une huitième nuit consécutive d’attaques contre l’Iran, après avoir annoncé plus tôt la mort de deux militaires américains en Jordanie, tandis que les alliés américains dans la région ont fait état de nouvelles attaques iraniennes dimanche. Les États-Unis et l’Iran ont intensifié leurs attaques alors que l’accord de cessez-le-feu provisoire signé il y a un mois s’est effondré et que la lutte pour le contrôle du détroit d’Ormuz s’est intensifiée, augmentant le risque d’un retour à des hostilités à grande échelle.
Des responsables israéliens ont déclaré qu’Israël se préparait à accueillir davantage d’avions de ravitaillement américains après la récente escalade, et en prévision d’une éventuelle extension des opérations militaires américaines contre l’Iran. Le Commandement central américain a déclaré que les dernières frappes aériennes, qui ont débuté samedi à 18 heures (heure de l’Est, 22 heures GMT), visaient "à affaiblir davantage la capacité de l’Iran à menacer la navigation commerciale dans le détroit d’Ormuz et à punir rapidement les forces du Corps des gardiens de la révolution islamique qui ont lancé des attaques contre des militaires américains en Jordanie". Le Commandement central a précisé par la suite avoir mené à bien sa vague d’attaques, visant des installations militaires iraniennes de surveillance côtière et de défense aérienne.
Ce conflit, qui a débuté lorsque les États-Unis et Israël ont lancé des frappes contre l’Iran...
19/07 - Crise de gouvernance en Ukraine : après le limogeage de Fedorov, Zelensky envisage de destituer le général SyrskyC'est un limogeage accueilli avec inquiétude à Kiev… mais avec satisfaction à Moscou. Le départ de Mykhailo Fedorov du ministère ukrainien de la Défense, une éviction annoncée par Volodymyr Zelensky le 15 juillet dans le cadre d'un vaste remaniement gouvernemental, suscite des remous en Ukraine. Le limogeage de cette personnalité très populaire a déclenché des manifestations à Kiev et dans d'autres villes du pays, un fait rarissime en temps de guerre. Des milliers de manifestants se sont rassemblés vendredi pour la deuxième journée consécutive devant le bureau du président ukrainien, dans le centre de la capitale, pour exiger que le président réintègre Mykhailo Fedorov.
Ce départ s'est fait sur fond de conflit ouvert entre le ministre de la Défense sortant et le commandant en chef des forces armées ukrainiennes, Oleksandr Syrsky, devenu la bête noire d'une partie de la population et de militaires eux-mêmes. Vendredi soir, lors de l'une des plus importantes manifestations de ces dernières années, certains manifestants scandaient "Syrsky dehors !" Selon le Financial Times, ces protestations ont amené Volodymyr Zelensky à envisager de limoger le commandant en chef ukrainien.
Selon un haut responsable de l'administration ukrainienne contacté par le quotidien britannique, Volodymyr Zelensky a réuni ce week-end les commandants militaires afin de recueillir leurs évaluations de la situation sur le terrain et d'interviewer les candidats au commandement de l'armée. Toujours...
19/07 - Du ski au trail : comment Rossignol opère sa transformationDepuis deux ans, une tradition s'est installée au siège de Rossignol, situé à Saint-Jean-de-Moirans, près de Grenoble. Lorsque l'hiver touche à sa fin et que les premiers bourgeons apparaissent, les skis, équipement historique de cette marque créée en 1907 par Abel Rossignol, à une dizaine de kilomètres de là, dans un petit atelier à Voiron, laissent la place dans le hall d'entrée à une nouvelle gamme d'une discipline en vogue : le trail. Une petite révolution dans ce bâtiment architectural qui épouse parfaitement les formes du Vercors et de la Chartreuse, les deux massifs faux jumeaux situés de part et d'autre du site.
Passé les portiques de sécurité, impossible de rater l'imposante vitrine - qu'il a fallu agrandir à plusieurs reprises depuis 2013 - dans laquelle trônent plus d'une soixantaine de trophées et médailles. Un butin exceptionnel amassé à la force de ses skis par l'ancien champion de biathlon Martin Fourcade, sextuple champion olympique, treize fois champion du monde et figure emblématique de la marque.
Mais juste à côté, un mannequin bien plus discret, habillé de vêtements techniques ainsi qu'un présentoir garni des premiers modèles de chaussures de course de la griffe témoignent des ambitions renouvelées du groupe isérois. Cette transformation, toujours en cours, a été enclenchée par Vincent Wauters, le 1er février 2021, lorsqu'il a pris les rênes de l'entreprise centenaire. Un moment de bascule. "Je suis arrivé dans un contexte où l'on apprenait que les...
19/07 - Intelligence artificielle : pourquoi il ne faut pas avoir peur du prix des "tokens"Pendant un mois, les utilisateurs de Claude ont découvert chaque semaine une nouvelle date de péremption pour le dernier modèle de l’entreprise, Fable 5. Lancé le 9 juin, suspendu trois jours plus tard par une directive américaine, rétabli le 1er juillet, le modèle devait rester inclus dans les abonnements jusqu’au 7, puis jusqu’au 12, et enfin jusqu’au 19 juillet, mais avec des quotas d'utilisation hebdomadaires réduits de moitié. Après quoi il aurait fallu acheter des crédits à l’usage. Alors que Fable 5 restera finalement inclus dans certains abonnements, les plus onéreux, chaque sursis a nourri la même inquiétude. L’intelligence artificielle entrerait dans l’âge de la pénurie et les entreprises ayant laissé leurs salariés consommer sans compter découvriraient bientôt une ligne de coûts incontrôlable.
Ce feuilleton mêle pourtant trois sujets différents, les restrictions géopolitiques, les garde-fous de sécurité et la capacité informatique disponible. Surtout, il entretient une confusion entre le prix et la dépense. Le prix d’un niveau donné de performance s’effondre. La dépense totale augmente parce que nous demandons davantage aux modèles, avec des agents qui réfléchissent plus longtemps.
La chute du prix unitaire ne relève pas d’une intuition. Une étude d’Epoch AI estime que la somme d'argent nécessaire pour atteindre un niveau de performance donné diminue encore de cinq à dix fois par an selon les tâches. Le matériel pousse dans cette direction. La dernière...
19/07 - Secrets industriels : Apple cible ses anciens salariés recrutés par OpenAIL'époque où Apple et OpenAI nouaient un partenariat visant à déployer ChatGPT sur les iPhone, il y a encore deux ans, semble bien lointaine. Depuis, les tensions sont apparues entre ces deux grands noms de la Silicon Valley. Et les voici qui montent encore d'un cran : les avocats d'Apple ont adressé des lettres juridiques personnelles à des dizaines d'employés d'OpenAI ayant auparavant travaillé pour la marque à la pomme, révèle le Financial Times (FT). Selon plusieurs personnes au fait du dossier interrogées par le quotidien britannique, une quarantaine d'anciens employés d'Apple - sur environ 400 - travaillant désormais chez OpenAI ont reçu des lettres leur demandant de conserver les documents et les communications et exigeant des rencontres avec les avocats d'Apple.
Apple recherche des preuves étayant ses accusations selon lesquelles le créateur de ChatGPT aurait volé ses secrets commerciaux. La firme à la pomme accuse deux ex-salariés d'avoir transmis des secrets industriels à OpenAI afin de favoriser l'entrée du fabricant de ChatGPT sur le marché de produits grand public. Apple a déposé vendredi 10 juillet une plainte en ce sens, ouvrant une bataille judiciaire. Cette plainte fait état d'une vaste action coordonnée visant à acquérir et exploiter des informations confidentielles d'Apple par le biais d'anciens employés, de pratiques de recrutement et de relations avec les fournisseurs, afin d'accélérer son incursion sur le marché du matériel informatique grand public....
19/07 - Liban : à Washington, le président libanais Joseph Aoun joue la carte Trump face au HezbollahLe président libanais Joseph Aoun se rendra pour la première fois à la Maison-Blanche cette semaine afin de présenter à son homologue américain Donald Trump un plan visant à désarmer le Hezbollah, groupe militant soutenu par l'Iran, et à garantir le retrait d'Israël du Liban.
Joseph Aoun, qui a occupé le poste de commandant de l'armée libanaise soutenue par les États-Unis avant d'être élu président l'année dernière, est le premier chef d'État libanais depuis près de vingt ans à se rendre à la Maison-Blanche, où il rencontrera Donald Trump en face-à-face pour la première fois.
La rencontre de mardi intervient à un moment crucial pour le Liban : les troupes israéliennes occupent une partie du sud du pays, des centaines de milliers de Libanais sont toujours déplacés à la suite des frappes israéliennes et le Hezbollah a fermement rejeté les pourparlers directs du gouvernement avec Israël, ainsi que les efforts de l’État visant à le désarmer.
Dans des déclarations publiées par son cabinet la semaine dernière, Joseph Aoun a indiqué qu’il demanderait à Donald Trump d’"exercer la pression nécessaire sur Israël" pour que soit mis en œuvre l’accord du 26 juin entre le Liban et Israël, négocié sous l’égide des États-Unis. Cet accord vise à désarmer le Hezbollah, à assurer un retrait progressif des troupes israéliennes et à ouvrir la voie à des relations pacifiques entre les deux pays.
Un responsable libanais a indiqué que Joseph Aoun présenterait à Donald Trump une proposition...
19/07 - La Bambouseraie en Cévennes, un terrain de jeu de l’écocréationDes sculptures qui semblent avoir germé dans le sol, des installations façonnées par le vent, la lumière ou la croissance des végétaux : l'art contemporain n'est plus seulement inspiré par la nature, il se construit désormais avec elle. Le phénomène n’est pas neuf, mais, face aux nouveaux défis environnementaux, ces dernières années, de plus en plus d'artistes européens explorent les ressources du vivant pour inventer des œuvres moins extractives, plus sensibles aux équilibres écologiques et aux rythmes naturels. Bois, terre, fibres végétales, graines, feuillages ou matériaux biodégradables deviennent ainsi les matières premières de ces constructions, souvent regroupées sous le terme d’écocréation, qui évoluent, se métamorphosent, voire disparaissent au fil des saisons.
Le cycle d’expositions Art & Nature, proposé chaque année à la Bambouseraie en Cévennes, s’inscrit pleinement dans cette dynamique, avec, pour l’édition 2026, quatre plasticiens reconnus qui ont choisi l’emblématique jardin cévenol comme terrain de jeu. A partir d'une branche tombée du magnolia centenaire du site, Simon Augade imagine une sculpture, posée sur une structure cubique, qui transforme un épisode naturel en symbole de régénération. Plus loin, Constance Fulda fait de l’arbre un véritable coauteur en révélant sur le papier, grâce à une technique de frottage japonaise, leur mémoire intime. Dans cette Calligraphie, l’écorce devient alors la matrice de l’écriture. Ursula Caruel s'est inspirée...
19/07 - Des lingots transportés à la main, l’intervention de Roosevelt... En 1940, l’incroyable sauvetage de l’or françaisL’invasion de la Pologne par Hitler le 1er septembre 1939, puis Staline le 17 septembre, plonge l’Europe – et bientôt le monde – dans un conflit sanglant. Pris de court par l’avancée irrésistible de la Wehrmacht, les gouvernements des pays vaincus s’efforcent de sauver en urgence ce qui peut l’être : leurs réserves d’or, convoitées par le Reich pour financer sa colossale machine de guerre. Une chasse au trésor haletante où le sens du devoir de quelques hommes, servis par une bonne dose de chance, a empêché les nazis de faire main basse sur une fortune qui aurait pu changer le cours de l’Histoire.
Dans cette série de L’Express en cinq épisodes, François Valentin, consultant à London Politica, retrace l’incroyable destinée de l’or français, belge et polonais, entre le fracas des bombes et les conversations feutrées des chancelleries.
Résumé des épisodes précédents : Juin 1940, dans la France vaincue. Une poignée de fonctionnaires ont été mandatés par le ministre des Finances pour évacuer les stocks d’or du pays au nez et à la barbe de la Wehrmacht. Plus de 2 000 tonnes de métal précieux ont été chargées à bord de différents navires qui doivent désormais se rendre en lieu sûr.
Episode 1 > "Avez-vous des chambres fortes ?" : comment la France a caché 2 500 tonnes d'or à Hitler
Episode 2 > Dans l'enfer des bombes et de la paperasse : quand la France sauva son or des nazis18 juin 1940, Halifax (Canada)
Les équipes de la Banque de France reprennent leur souffle. Il y a...
18/07 - Zora la rousse, l’utopie communiste à l’heure du goûter"Inspecteur Derrick", "Borgen", "Zora la rousse", "La Casa de papel"… Ces séries cultes ont fait un tabac tout en nous faisant mieux connaître la vie (et les névroses) de nos voisins. Cet été, L’Express vous raconte comment la fiction cathodique a, autant que le marché commun ou la monnaie unique, contribué à la construction européenne.
EPISODE 1 > Derrick, l'inspecteur qui raconte le mieux les névroses de l'Allemagne
EPISODE 2 > La Casa de papel : comment Netflix a braqué le monde avec une série ratée
Janvier 1981. Georges Marchais, le candidat du PCF, bat la campagne présidentielle, fustige une "minorité de capitalistes privilégiés qui vivent dans un luxe insolent" et promet des lendemains qui chantent. A l’heure du goûter, son alter ego à la bouille espiègle débarque dans Récré A2. Produite deux ans plus tôt par des chaînes allemande et suisse, la série Zora la rousse est un cocktail molotov lancé dans la vitrine télévisuelle de la jeunesse giscardienne. Une opération d’agit-prop au royaume décérébrant des Goldorak, Albator et autres San Ku Kaï. Sous ses dehors innocents, ce feuilleton en treize épisodes, narrant les aventures d’une bande d’orphelins dans la Croatie des années 1930, recèle un double-fond : l’éveil des bambins à la lutte des classes.
Au décès prématuré de sa mère, ouvrière dans une fabrique de tabac où elle contracte une tumeur du poumon, Branko, 12 ans, se retrouve livré à lui-même. Il rejoint un trio de garçons dirigé par la "belle et...
18/07 - Comment Benyamin Netanyahou veut réduire la dépendance militaire d’Israël aux Etats-UnisSubitement, le ton a changé. Peu après avoir annoncé la signature du protocole d’accord avec l’Iran, Donald Trump tacle Benyamin Netanyahou dans un entretien au New York Times : "C’est un type très difficile. Il devrait être reconnaissant. Si l’Iran obtenait l’arme nucléaire, Israël ne tiendrait pas deux heures". Ulcéré par les critiques de plusieurs ministres et parlementaires israéliens à l’endroit du président américain, le vice-président J.D. Vance se montre encore plus direct : "Deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains." Une menace à peine voilée soulignant la dépendance israélienne aux armes américaines.
Ce coup de froid intervient alors que l’image d’Israël connaît une nette dégradation aux Etats-Unis et que l’opinion américaine renâcle désormais à prêter main-forte à Tsahal à Gaza ou au Liban. Selon un récent sondage, seuls 16 % des Américains estiment que leur pays devrait continuer à fournir des armes à Israël sans nouvelles conditions. 38 % souhaitent mettre totalement fin à ces livraisons. Certains politiciens de l’aile gauche du parti démocrate, comme Bernie Sanders, militent même ouvertement pour la fin des ventes d’armes. "Continuer à fournir à Israël les armes offensives qu'il utilise contre des civils est moralement répréhensible", a récemment déclaré le sénateur.
Face au spectre d’une brutale restriction de l'arsenal américain, Israël prépare ses...
18/07 - Erin Sikorsky : "La Russie a compris comment exploiter les phénomènes météorologiques extrêmes"Déjà habituée aux menaces extérieures – la Russie de Vladimir Poutine – comme intérieures – les coups de boutoir de Donald Trump –, l’Otan a un nouvel ennemi, tout aussi redoutable : le thermomètre. Les vagues de chaleur à répétition et le changement climatique ne relèvent pas seulement d’un débat sur les bienfaits – ou non – de la climatisation, mais constituent désormais un enjeu de sécurité et de défense à part entière, que l’Otan et les États européens sous-estiment encore largement. Tel est le constat alarmant d'Erin Sikorski, directrice du Center for Climate and Security (CCS), un institut de recherche qui étudie comment les bouleversements environnementaux peuvent affecter la sécurité des États. Dans un récent article publié dans la revue Foreign Policy, cette spécialiste des implications du changement climatique pour la sécurité nationale explique pourquoi celui-ci est devenu un multiplicateur de risques économiques, géopolitiques et militaires pour les Occidentaux.
Poursuivant sa réflexion dans un entretien à L'Express, cette professeure associée à l’université George Mason et ancienne responsable du renseignement américain décrit un phénomène qui menace directement les capacités militaires (pistes d’aviation déformées, équipements moins performants, difficultés d’entraînement des soldats), fragilise les infrastructures critiques et crée de nouvelles vulnérabilités que des adversaires comme la Russie peuvent exploiter. Moscou va de plus en plus utiliser les aléas...
17/07 - IA : Xi Jinping veut faire de la Chine le leader d’un nouvel ordre mondialMoonshot AI, MiniMax, Z.ai : les start-up chinoises spécialisées dans l'intelligence artificielle sont en plein essor. Et Pékin compte bien capitaliser sur ce succès. Vendredi 17 juillet, le président chinois Xi Jinping a dépeint son pays comme le représentant d'un nouvel ordre mondial en matière d'IA, profitant de la plus grande conférence technologique du pays pour promouvoir les technologies open source et se présenter comme une alternative face à l'influence des Etats-Unis.
"Le développement de l’IA ne doit pas être le fait d’un seul pays, mais une symphonie internationale", a-t-il déclaré. Le chef d’Etat chinois a mis en évidence l’importance de l’IA, exhortant les Etats à saisir "l’opportunité historique" que représente l’IA open source, et s’engageant à aider les pays en développement. L’idée est d’éviter l’émergence de "nouvelles injustices historiques" résultant d’un accès inégal à cette technologie.
Pékin se positionne ainsi comme une alternative à Washington, et présente ses modèles d’intelligence artificielle en open source comme un bien public mondial. Pour Xi Jinping, la coalition chinoise en matière d’IA est un moyen de rivaliser avec l’initiative internationale “Pax Silica”, menée par les Etats-Unis, visant à sécuriser les chaînes d’approvisionnement mondiales en IA et en minéraux critiques. L’intelligence artificielle "sous contrôle humain"
Mais le président chinois est conscient des risques liés à ces technologies avancées : biais algorithmiques,...