-
31/08 - Port du voile : ce que révèlent les divergences au sein du RN
Comme un air de surchauffe chez les frontistes. En plein mois de juillet, les pontes du parti d’extrême droite ont élu domicile quelque part en Essonne. L’idée : phosphorer loin des caméras sur le programme présidentiel. Un sujet s’invite rapidement à la table : la question de l’interdiction du port du voile dans l’espace public, cheval de bataille du Rassemblement national depuis plus de dix ans. Marine Le Pen se raidit. Pas question d’abandonner cette mesure phare. Jordan Bardella, lui, hésite. Il louvoie, temporise, doute de cette proposition qu’il juge "intenable". En mars 2025, déjà, le président du RN avouait que l’application d’une telle loi était "compliquée" et qu’il fallait procéder "étape par étape". Le désaccord se fait devant témoins. En cinq ans, les deux têtes d’affiche n’ont pas tranché sur une des propositions clés qu’ils porteraient à l’élection présidentielle. Et n’ont pas à le faire. Le 7 juillet arrive, et avec lui la décision de la Cour d’appel qui permet à Marine Le Pen de se porter candidate. C’est donc sa voix qui prime.
A ses fidèles désormais d’aller porter la bonne parole, en soutenant la mesure qui comporte encore de nombreuses zones de flou dans ses contours et ses modalités d’application. C’est Jean-Philippe Tanguy, proche de la candidate, qui se lance le premier, ce dimanche 30 août, au micro de BFM. En cas d’accession au pouvoir, le parti prévoit de "sanctionner le port du voile". "S’il y a des femmes qui portent le voile alors qu’il est...
-
31/08 - Campus de Sciences Po à Bruxelles : ce projet qui soulève bien des questions
"Un étudiant peut aujourd’hui accomplir toute sa scolarité à Sciences Po sans recevoir de formation substantielle sur l’Europe" : le constat dressé par le rapport du comité Europe de Sciences Po est pour le moins sévère. D’avril à juillet 2026, ce groupe de réflexion mandaté par le directeur Luis Vassy et composé d'une trentaine de personnalités, s’est penché sur les moyens de replacer la question européenne au cœur des enseignements et de la recherche. Le 13 juillet dernier, le quotidien Les Echos avait révélé la liste des recommandations formulées pour redresser la barre. La publication de l’intégralité du rapport, prévue ce mardi 1er septembre, ne manquera pas de susciter des débats en interne tant les pistes avancées sont nombreuses et, pour certaines, structurantes. Celles-ci vont de la création d’un cours "iconique" de 48 heures consacré à l’Union européenne, à l’instauration d’une semaine dédiée à cette thématique, en passant par la création d’un séminaire de recherche pluridisciplinaire ou l’ouverture d’un nouveau campus à Bruxelles. C’est précisément cette dernière hypothèse qui concentre aujourd’hui l’essentiel des interrogations.
Ce virage européen que s’apprête à prendre Sciences Po était attendu puisque Luis Vassy en avait fait l’un des axes forts de son projet lorsqu’il était candidat à la direction de l’école. En décembre 2024, quelques mois après son élection, l’ancien directeur de cabinet de Stéphane Séjourné au ministère de l’Europe et des Affaires...
-
31/08 - De l’école au champ de bataille : comment la Russie prépare sa jeunesse à la guerre
Ce 1er septembre, les écoliers russes feront leur rentrée. Pour les collégiens et les lycéens, il faudra se préparer à un changement de programme. A la suite d'une décision du ministère de tutelle, le cours d'éducation civique, obligatoire, inclura désormais un entraînement militaire. Ces leçons, baptisées "fondements de la sécurité et de la défense de la patrie" représenteront la moitié des heures accordées à la matière, indique le média américain, Bloomberg.
Si les enseignements militaires n'ont rien d'inédit dans le pays, ils étaient jusqu'alors réservés aux lycéens. Désormais, à partir de 13 ans, les jeunes Russes apprendront à identifier diverses armes, dont les mitrailleuses, les mines, les grenades à main et autres engins explosifs. Puis les rudiments de médecine de guerre, de premiers secours, des techniques de survie en zone de conflit, de discipline militaire, ainsi que l’étude de la doctrine de sécurité nationale, seront également enseignés. Enfin, les écoliers apprendront à réagir en cas d'exposition à des produits chimiques ou à des rayonnements ionisants. Le sacrifice ultime pour la patrie
Dans les colonnes de Bloomberg, l’enseignant russe en exil, Pavel Talankin, coréalisateur du documentaire oscarisé "Mr. Nobody contre Poutine" sur la propagande de guerre à l’école, dénonce une pédagogie qui banalise le sacrifice ultime et laisse penser aux adolescents que leur vie compte moins que la cause nationale. "Si nécessaire, il faut mourir pour la patrie, en...
-
31/08 - Crise des migrants à Ceuta : ce que dit un rapport des services de renseignement espagnols
Les services de renseignement espagnols ont livré leurs premières conclusions sur l’afflux massif de migrants à Ceuta des 30 et 31 juillet. Selon deux rapports du Centre national de renseignement (CNI) consultés par le journal espagnol El País, ils ne disposent pas d’éléments permettant d’affirmer que le Majzén, le cercle de pouvoir entourant Mohammed VI, a planifié l’assaut. En deux jours, 72 000 personnes avaient tenté d’entrer dans l’enclave espagnole, faisant 91 morts selon les chiffres officiels, et au moins 140 selon les associations.
"Aucun service de renseignement avec lequel le gouvernement espagnol collabore habituellement ne fait apparaître le moindre doute (…) quant à la participation des autorités marocaines", a confirmé le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, au micro de la radio Cadena SER le 31 août.Puissante campagne de désinformation numérique
Le Premier ministre socialiste a plutôt pointé une campagne de rumeurs et de désinformation relayée par des réseaux liés "aussi bien à la Russie qu’à Israël, et à une internationale d’ultradroite qui utilise toujours la migration non seulement pour attaquer l’Espagne mais aussi pour diviser l’Europe". En cause notamment selon lui, un arrêt de la Cour suprême du 8 juillet, déformé puis largement diffusé sur les réseaux sociaux par des organisations criminelles de trafic d’êtres humains, qui affirmait qu’un migrant entrant à Ceuta à la nage ne pourrait pas être renvoyé au Maroc, ce qui est faux.
La...
-
31/08 - Présidentielle 2027 : pourquoi "l’élection la plus importante de la Ve" tourne à la foire à la saucisse
Compter le nombre exact de candidats à l’élection présidentielle devient un exercice périlleux. Avec son annonce au journal télévisé de TF1 dimanche 30 août, Olivier Faure serait le 27e à entrer en lice. Il succède à… Francis Lalanne, qui l’avait devancé de quelques jours, soutenu par Dieudonné. La liste reste à compléter : pendant que l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin "se bat pour être candidat", l’essayiste Natacha Polony "n’exclut rien".
Faut-il en rire ou en pleurer ? On peut donc simultanément présenter le scrutin de 2027 comme "le plus important de l’histoire de la Ve République" et le transformer en foire à la saucisse. Le seul objectif est-il de battre le record du mal nommé Guy Héraud, qui en 1974 n’obtint que 19 255 voix, soit 0,08% des suffrages exprimés ? Ou de tenir la raison à distance respectable des urnes ? La jurisprudence Hollande continue de planer, encore évoquée samedi (soit la veille de sa déclaration officielle, ce n’est pas un hasard) par Olivier Faure : "N’écoutez pas les ricaneurs, les analyses, les sondages […]. Je me souviens que François Hollande a commencé à 3 % et qu’il est devenu président de la République."
Ils sont si nombreux parce qu’il faut battre l’extrême droite ? C’est en 2002, quand le nombre de candidatures fut le plus élevé de l’histoire (16), que le Front national a, pour la première fois, accédé au second tour. Ils sont si nombreux parce qu’exercer cette responsabilité est devenu facile, à la portée de tous, dans...
-
31/08 - L’Islande dit "Nei" à l’UE : vu de l’étranger, "un mauvais signal pour Bruxelles"
"Pour les Islandais, c'est 'Nei !'" a résumé en titre le journal suisse Le Temps ce dimanche 30 août. La veille, les Islandais ont rejeté la reprise des négociations d'adhésion à l'Union européenne, avec 52,8 % de "non" contre 47,2 % de "oui". Le scrutin ne portait pas directement sur une adhésion à l'UE, mais sur la possibilité de rouvrir les négociations en vue de celle-ci : un éventuel accord aurait ensuite dû être soumis à un nouveau référendum.
Les récits de l'inconfort islandais sur le sujet, qui semblait s'être immiscé jusque dans les familles, ont été nombreux dans la presse internationale ces derniers jours. Au final, "les chiffres ont montré à quel point l'Islande était divisée sur la question", observe le britannique The Guardian. Dans les six circonscriptions du pays, seuls les deux districts du centre de Reykjavik ont voté majoritairement pour la reprise des discussions. "Les résultats ont montré une profonde fracture entre les électeurs de la région de la capitale et ceux du reste de ce pays largement rural, où certains ont le sentiment que l'identité nationale risque d'être oubliée", poursuit le quotidien d'outre-Manche.Une campagne plus que délicate
C'est l'issue d'une campagne particulièrement délicate, régulièrement comparée par les analystes à celle du Brexit de 2016, ou au climat de désinformation qui règne aux États-Unis sous Donald Trump. Preuve de la sensibilité du débat, "Bruxelles a été priée de rester à l'écart" et de ne pas intervenir dans le...
-
31/08 - L’Arabie saoudite, les parcs et la France : ce que MBS a vraiment derrière la tête
Mohammed ben Salmane (MBS) est d’abord venu en France pour les jeux vidéo et la finale de la Coupe du monde d’e-sport le 23 août. Ce secteur représente un énorme investissement de l’Arabie saoudite, basé sur l’idée qu’il sera très rentable. D’où le rachat à 55 milliards de dollars du géant américain Electronic Arts (EA) par un consortium d’investisseurs à majorité saoudienne. Mais plus généralement, la France est l’un des deux pays favoris au monde du prince héritier, l'autre étant le Japon. MBS est passionné de mangas, et l’esthétique japonaise lui plaît beaucoup. Il a des goûts très sobres en matière de décoration, qui contrastent avec ceux de beaucoup de dirigeants saoudiens. La France, elle, est le pays où il a passé ses vacances jeune. C’est d’ailleurs là où il est devenu accro aux jeux vidéo. Après sa visite officielle à Paris, le prince héritier a séjourné dans son château de Louveciennes (Yvelines) qu’il n’avait pratiquement pas visité depuis qu’il l’a acheté en 2015. Son regret, c’est de ne plus pouvoir se balader en privé comme avant. Pour lui, la France est surtout importante au point de vue culturel.
L’annonce de l’investissement dans des parcs d’attractions dans le Val-d'Oise a fait beaucoup de bruit, mais elle suscite des doutes. Récemment, l’Arabie saoudite a reculé sur ses grands projets même à l’intérieur du pays, à commencer par la ville futuriste de Neom. En plus, elle doit aujourd'hui construire tout un nouveau réseau de pipelines et de routes pour...
-
31/08 - Guerre en Iran : Washington reprend ses frappes et ravive le bras de fer autour d’Ormuz
"L'île de Kharg est en train d'être réduite en miettes", a déclaré dimanche 30 août au soir Donald Trump sur Truth Social, accompagnant son message d'une courte vidéo générée par IA montrant l'explosion d'un navire et d'infrastructures énergétiques. A ce stade, rien n'indique que l'île iranienne a effectivement été visée par une attaque. Quelques heures plus tôt, le porte-parole du Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, Tim Hawkins, annonçait toutefois que l'armée américaine avait déjà ciblé "deux lanceurs iraniens sur l'île de Larak", d'où se préparait, selon Washington, une attaque contre le détroit d'Ormuz. Deux personnes sont mortes dans l'attaque. Ce sont les premiers bombardements publiquement reconnus des Etats-Unis contre l'Iran depuis plus d'un mois.
Ces attaques sont une nouvelle illustration de la bataille pour le contrôle qui continue autour de l'ultra-stratégique détroit d'Ormuz, par lequel un cinquième des hydrocarbures mondiaux transitait en temps de paix. Actuellement, Téhéran verrouille toujours le passage du détroit d'Ormuz, qu'aucun bateau ne doit traverser sans son autorisation. Les Etats-Unis, eux, poursuivent leur blocus militaire des ports iraniens.
Ces dernières semaines, Washington s'était officiellement abstenu de mener des attaques en Iran, privilégiant de lourdes sanctions économiques contre Téhéran et ses partenaires économiques. En dénonçant ces nouvelles attaques, Téhéran a affirmé lundi avoir visé en retour des cibles...
-
31/08 - Musculation : quand la force devient une faiblesse, par Julia de Funès
Pour tous ceux qui n’ont pas pris, en cette rentrée, la résolution aussi solennelle que statistiquement fragile de s’inscrire à la salle de sport, voici une chronique qui devrait vous soulager. Cet été, quelque chose m’a frappée : les corps ont changé. Sur les plages comme sur Instagram, ils sont de plus en plus musclés, dessinés, sculptés, parfois même franchement gonflés. De quoi faire naître un léger sentiment de culpabilité chez ceux qui, pendant les vacances, ont davantage soulevé leur fourchette que de la fonte. Mais plutôt que de nous accabler, regardons ce que ce culte croissant pour le muscle raconte de nous. Car il dit au fond deux choses : quelque chose de notre rapport à l’effort et quelque chose, peut-être plus troublant encore, de notre rapport à la liberté.
On nous répète volontiers que nous sommes devenus accros au confort, à la facilité et à l’immédiateté. Ce n’est manifestement pas tout à fait vrai. Parce qu’il en faut, de l’effort et du temps, pour aller plusieurs fois par semaine à la salle, soulever la même fonte, recommencer pendant des jours, des mois, parfois des années. L’effort n’a donc pas disparu. Mais il s’est déplacé et devient tout à fait accepté dès lors qu’il produit un bénéfice visible et instagrammable. Souffrir, oui, mais à condition que cela rapporte des abdos, des biceps, une silhouette plus gracieuse et des formes plus flatteuses. L’effort n’a donc pas disparu, il s’est simplement narcissisé. Le maître et l’esclave
Deuxièmement, la...
-
31/08 - IA : pourquoi la France doit être une terre d’accueil pour les data centers, par Nicolas Bouzou
La France doit-elle être une terre d’accueil pour les data centers ? Ma réponse n'est guère nuancée : oui, oui, et trois fois oui. Plutôt que de discourir sur les avantages que notre pays trouvera dans l'expansion de ces centres de données - on en compte aujourd'hui 350 environ sur le territoire -, j'aimerais réfuter ici les principaux contre-arguments.
1/ "La valeur de l’IA se trouve dans la production des algorithmes et non dans l’hébergement de données qui ne nous appartiennent pas"
La proposition est exacte mais elle n’invalide pas la pertinence de l’accueil de data centers en France. Certes, il aurait mieux valu, pour l’avenir de l’Europe, que notre continent ait été capable de faire émerger des géants du numérique et de l’IA, comme OpenAI, Anthropic, Google ou Baidu. Cette lacune est parfaitement analysée dans les rapports d'Enrico Letta (avril 2024) et Mario Draghi (septembre 2024). Cela étant, ce n’est pas parce que l’Europe accuse, pour l'heure, un retard majeur sur la partie la plus valorisée de la chaîne de valeur qu’il faut, dans un réflexe d’enfant vexé, se retirer complètement du jeu. Ajoutons que le monde conflictuel dans lequel nous vivons doit nous imposer la mise en place d’une souveraineté numérique maximale. Dit de façon prosaïque, il est préférable que les centres de données soient situés en France plutôt qu’ailleurs. Au moins, c’est nous qui contrôlons l’accès physique à l’infrastructure.
2/ "Les data centers contribuent au réchauffement...
-
31/08 - "J’ai choisi mes parents" : Catherine Guillouard révèle les coulisses de son départ de la RATP
Il y a des décisions qui disent tout de l'état d'une société, de ses angles morts, de ses impensés. A l'été 2022, Catherine Guillouard, qui dirigeait depuis cinq ans la RATP, annonce sa démission. Quelques semaines plus tôt, sa mère a été victime d'un très grave accident et la dirigeante décide de devenir aidante. Une décision rare à ce niveau de responsabilités.
Comme elle, 11 millions de personnes sont aujourd'hui qualifiées d'aidants en France. Au plus près chaque jour, chaque instant, d'un père, d'une mère, d'un conjoint ou d'un enfant. Tous ensemble, ils forment le pilier informel et invisible d'un système de santé au bord de la rupture. D'après une étude du ministère de la Santé, 58 % sont des femmes et seulement 32 % bénéficient d'un soutien extérieur, qu'il soit financier, logistique ou psychologique. Epuisement, isolement et souvent désinsertion professionnelle, le sujet est majeur et il est tabou.
Catherine Guillouard n'avait jamais raconté son histoire. Pour L'Express, elle a accepté de nous parler d'une invisibilité du monde du travail - le statut des aidants - alors que le texte de loi relatif à la fin de vie est de nouveau discuté à l'Assemblée nationale.
Une interview exclusive issue du podcast Anatomie d'une décision, à écouter sur Apple Podcasts, Spotify, Deezer, Castbox, Podcast Addict ou en cliquant sur le player en tête de cet article.
L'Express : Nous sommes le 28 juillet 2022. Ce jour-là, vous avez rendez-vous avec Alexis Kohler, le secrétaire...
-
31/08 - "Ils suivent la couleur de l’argent" : pourquoi Donald Trump perd sa bataille contre les énergies vertes
Un milliardaire, un parcours de golf et un combat perdu contre un parc éolien. Il n’en fallait pas plus pour déclencher une hostilité tenace. Pour ne pas dire carrément viscérale. Cette histoire, celle de l’échec de Donald Trump à empêcher, dans les années 2000 et 2010, la construction de 11 éoliennes au large d’Aberdeen (Ecosse) face à son 18 trous, le Trump International Golf Links, compte pour beaucoup dans son aversion pour les énergies renouvelables. Depuis son retour au pouvoir, le président des Etats-Unis mène une guerre contre ces filières, qu’il cherche à saboter par tous les moyens. L'éolien et le solaire en tête. Dans son esprit, la domination énergétique ne sera possible qu’avec les énergies fossiles et le nucléaire.
Une stratégie contrariée ces derniers mois. Certes, Donald Trump a déboursé de rondelettes sommes auprès de TotalEnergies et de RWE (respectivement 1 et 1,2 milliard de dollars) pour l’abandon de projets éoliens en mer. Mais un juge fédéral a, en parallèle, ordonné au Pentagone de lever le gel imposé à l'examen de douzaines de projets terrestres. Plus largement, le président républicain assiste en réalité au boom des énergies vertes dans son pays. D’après le US Grid Outlook 2026 de S&P, les Etats-Unis devraient ajouter plus de 90 gigawatts (GW) de nouvelles capacités cette année. Dont 51 GW de solaire et 13 d’éolien. Toutes les autres sources cumulées - gaz, géothermie, hydroélectricité et nucléaire - ne dépasseraient pas les 10 GW...
-
30/08 - Du Vietnam à l’Iran : comment les Etats-Unis sont tombés dans le piège des guerres asymétriques
Six mois après le début de la guerre en Iran, une question demeure : comment le régime des mollahs peut-il encore tenir face à l’armada militaire américaine ? Le 28 février, lorsque les Etats-Unis et Israël déclenchent leur offensive contre la République islamique, le rapport de force semble pourtant évident. Les frappes décidées par Donald Trump sont massives, détruisent une partie des infrastructures militaires et nucléaires iraniennes, et plusieurs hauts responsables sont éliminés.
Pourtant, l’Iran n’a toujours pas capitulé. Le régime iranien est toujours en place et Téhéran conserve même plusieurs moyens de pression, notamment autour du détroit d’Ormuz. Ce décalage entre la puissance déployée par les Etats-Unis et les résultats obtenus est un piège bien connu des théoriciens militaires, qu’on appelle la "guerre asymétrique". La guerre asymétrique, c’est quoi ?
Une guerre asymétrique est un conflit opposant un acteur puissant - un État, une armée régulière - à un adversaire beaucoup plus faible, qui cherche à éviter le terrain sur lequel son ennemi est le plus puissant. Plutôt qu’une bataille frontale perdue d’avance, l’acteur faible privilégie la guérilla, les embuscades, les drones bon marché ou la guerre d’usure. Son objectif n’est pas nécessairement de vaincre militairement, mais de survivre assez longtemps pour que le coût politique de la guerre devienne insupportable.
L’ancien secrétaire d’Etat américain Henry Kissinger résumait ce paradoxe en une phrase : "La...
-
30/08 - La Chine séduit, l’Amérique déçoit : le grand basculement du soft power autoritaire, par Catherine Fieschi
Il y a encore peu, le match d’image entre les Etats-Unis et la Chine semblait joué d’avance – du moins dans nos démocraties. L’un avait ses défauts, ses guerres, ses excès ; l’autre restait une puissance autoritaire dont la réussite économique impressionnait sans séduire. Or ce temps semble révolu. La dernière enquête du Pew Research Center est saisissante : dans 25 des 36 pays étudiés, la Chine est désormais mieux perçue que les Etats-Unis. En France, 36 % en ont une opinion favorable, contre 27 % pour les Etats-Unis ; en Allemagne, 33 % contre 27 %. Au Canada : 44 % contre 33 %.
En Allemagne, pendant que l’opinion réévalue Pékin, l’industrie subit de plein fouet le choc chinois. Entre 2021 et 2025, les exportations allemandes vers la Chine ont chuté d’un cinquième ; les exportations automobiles ont, elles, été presque divisées par deux. Et cela dans les secteurs – automobile, mécanique, équipements électriques – où l’Allemagne avait bâti sa puissance. Bref, un terrain peu propice à la fascination.
Cette embellie chinoise doit évidemment beaucoup à l’effondrement américain. Donald Trump a réussi ce tour de force : rendre Xi Jinping rassurant. Xi, en somme, c’est un peu Poutine sans la guerre à sa porte, et avec une vraie réussite économique. Même promesse de verticalité, mais enveloppée dans le vocabulaire de la stabilité, de la planification et de la performance industrielle. Avec, peut-être, un vieux tropisme orientaliste – l’envie de voir dans la Chine l’alliance...
-
30/08 - Présidentielle 2027 : Retailleau, Bertrand, Lisnard… La droite face au casse-tête de la primaire
L'étau se resserre. Lors de l’interview politique 4V (pour 4 Vérités) diffusée pendant l'émission Télématin sur France 2, du vendredi 28 août, l’invité, Bruno Retailleau, a dû s’exprimer sur l’éventualité d’une primaire à droite, en vue des élections présidentielles de 2027. Lui-même candidat et président du parti Les Républicains, il a affirmé : "Je n’ai jamais dit non par principe à la primaire. S’il y a une primaire, je l’affronterai", se targuant de ne refuser "aucune compétition". Le candidat a toutefois précisé : "Je n’y crois pas."Trois candidatures républicaines
Pourtant, les appels du pied se multiplient. En mars dernier, Gérard Larcher, le président LR du Sénat, avait plaidé pour une primaire, "sauf si un candidat parvient à s’imposer". Dans une tribune publiée par le Figaro, le 26 août, l’ancien ministre centriste de la Défense et actuel président de la région Normandie, Hervé Morin, a constaté qu'"aucun candidat naturel ne s'impose". Il a alors lancé un appel à une "primaire ouverte", ouvrant la porte aux candidats du centre. Cette dernière permettrait aux électeurs concernés de s’unir derrière une candidature commune, d’"éviter la division qui fait perdre les élections" ainsi que "l'impasse politique et programmatique opposant l'extrême gauche à l'extrême droite", a-t-il argumenté.
Au micro de France Inter, il a ajouté : "Ceux qui refusent la primaire porteront une immense responsabilité". Celui qui avait un temps évoqué un vote allant de Sarah Knafo...
-
30/08 - Après le "non" de l’Islande à l’Europe : l’UE n’attire plus que les pauvres
L’Union européenne est-elle condamnée à devenir un club de pays aussi nécessiteux qu’impécunieux ? Le non de l’Islande à la réouverture des négociations d’adhésion à l’UE, lors du référendum samedi 29 août, est une déception pour les Vingt-Sept qui comptaient sur sa candidature pour espérer être enfin rejoints par un pays riche, stable et à la démocratie irréprochable.
La dernière occurrence où l’UE a accueilli des pays aisés remonte à plus de 30 ans, avec l’entrée simultanée de la Suède, de la Finlande et de l’Autriche. Dès leur adhésion en 1995, ces Etats sont devenus contributeurs nets au budget communautaire. Depuis le début du XXIe siècle en revanche, les trois élargissements qui se sont succédé ont fait entrer 13 pays d’Europe centrale, orientale et méridionale qui, tous, y compris les plus dynamiques d’entre eux comme la Pologne, Chypre ou Malte, touchent plus d’argent de Bruxelles qu’ils ne lui en versent.
L’Islande, elle, aurait détonné et c’était d’ailleurs l’un des principaux arguments des promoteurs du non au référendum : ils faisaient valoir que l’île arctique n’avait pas eu besoin de l’UE pour devenir prospère. Son PIB par habitant dépasse les 80 000 euros, soit 30 % de plus que la moyenne de l’Union. Son accord pour rouvrir les négociations (déjà lancées dans la foulée de la crise financière, en 2009, mais suspendues en 2013) aurait pu aussi encourager la riche Norvège à relancer ses propres pourparlers avec Bruxelles. La population norvégienne a rejeté...
-
30/08 - L’Islande dit "non" à la reprise des négociations pour intégrer l’Union Européenne
Après un dépouillement un peu plus long que prévu, la chaîne de télévision publique islandaise RUV, a communiqué ses projections pour les résultats du référendum organisé ce samedi 29 août. C'est la victoire du "non" pour une adhésion éventuelle à l'Union Européenne, avec plus de 52 % des voix, qui l'emporte.
Pour un résultat définitif, seul manque le décompte d'une circonscription du sud-ouest, qui ne devrait pas changer la donne selon le média public. Le succès, plutôt net, se double d'une participation qui n'avait pas été aussi élevée depuis les législatives de 2009. Au total, 85 % de la population s'est déplacée. La Première ministre, Kristrun Frostadottir, avait assuré, plus tôt en août, qu'un "non" couperait net toute possibilité d'une intégration de l'île. Le gouvernement doit s'exprimer lors d'une conférence de presse à 13 heures.
C'est en 2009 que l'Islande avait déposé un dossier pour intégrer l'Union Européenne. La raison : l'effondrement de son système bancaire. En 2013, un gouvernement eurosceptique avait suspendu le processus.Déception pour Bruxelles
Cette réponse qui semble décisive représente, sans doute, une déception pour Bruxelles. L'intégration de cette île faiblement peuplée (400 000 habitants) ne posait pas de nouveau le débat, houleux, de l'élargissement de l'Union Européenne. Aussi, l'adhésion de l'Islande aurait renforcé stratégiquement le bloc communautaire dans un espace où Donald Trump tente de s'imposer.
De leurs côtés, les défenseurs...
-
30/08 - Gaza : ces milices palestiniennes que Tsahal arme pour combattre le Hamas
Le quotidien israélien Haaretz a publié, le 27 août, une enquête dans laquelle il révèle un réseau de milices armées palestiniennes implantées à Gaza et soutenues par Tsahal. Dans le cadre de ce travail d’investigation, les journalistes ont recueilli la parole de soldats israéliens et de Gazaouis qu’ils ont croisée avec des images satellites, des vidéos postées sur Facebook par des miliciens et des témoignages collectés par l'ONU.
Parmi un ensemble de découvertes concomitantes, se dégage une certaine "activité coordonnée" dans la région de Khan Younès opposant le Hamas et un groupe armé palestinien soutenu par Tsahal. Selon le quotidien, "cet incident n’est qu’un sous-produit du renforcement de la collaboration" entre Tsahal et ces milices de Gaza. Autre élément troublant : les combattants palestiniens ne respectent pas les délimitations du territoire de Gaza et s’aventurent dans des zones contrôlées par Israël.Six groupes armés
L’enquête a identifié six groupes armés de premier plan à Gaza, même si aucune activité au sol n’a été documentée pour la sixième. Pourtant, comme les autres, les mêmes tentes et les mêmes équipements ont été repérés. Chacun opère dans une zone bien définie : Beit Hanoun, Shujaiya, Deir al-Balah, Khan Younès et Rafah. Sur des vidéos publiées, une dizaine d’hommes armés apparaissent dans chaque groupe.
La proximité des bases miliciennes avec la ligne "jaune" de séparation officielle entre la zone contrôlée par Israël et celle sous contrôle...
-
30/08 - Rentrée littéraire : de Sonia Devillers à Thélyson Orélien, dix romans à découvrir absolument
Il n’y a pas que la première liste du Goncourt (dévoilée ce mercredi 2 septembre) dans la vie de l’édition. Après notre passage en revue des dix événements de la rentrée et une première série de coups de cœur, voici la suite de nos recommandations subjectives, auxquelles on souhaite le meilleur. C’était ça ou mourir, de Thélyson Orélien
Loin de Carrefour-Feuilles
Paru au mois de mars au Québec, le premier roman de Thélyson Orélien C’était ça ou mourir connaît immédiatement le succès : ventes massives, traductions en 22 langues, les prémisses d’un phénomène. Dans une langue sensuelle, ce récit plein d’humour suit le périple de Jonas Dorléon, professeur d’histoire-géo, contraint de fuir son village, Carrefour-Feuilles, un quartier de Port-au-Prince devenu "un cendrier géant, un cimetière sans tombes". L’enseignant, fils d’une couturière et d’un pêcheur fainéant, emporte son diplôme, une photo de sa mère, "un slip propre" et "un carnet où j’écrivais des poèmes que personne ne lirait jamais".
Commence l’exode à travers douze pays, la République dominicaine, le Brésil, la traversée en radeau entre le Pérou et l’Équateur, la marche dans la jungle du Darien, des milliers de kilomètres parcourus en compagnie silencieuse d’Haïtiens, de Vénézuéliens, de Cubains, de Togolais et d’un Chinois, des mères, des enfants et des vieillards, qui cheminent, trébuchent, pleurent, et parfois meurent, jusqu’à la frontière des États-Unis. Là, dans un camp de migrants, l’attente d’un...
-
30/08 - Un week-end à Bordeaux : le MADD en pleine lumière
Il suffit désormais de quelques pas pour passer d'une demeure aristocratique du XVIIIᵉ siècle à un établissement carcéral du XIXᵉ. Longtemps séparés, les deux bâtiments du Musée des arts décoratifs et du design (MAAD) de Bordeaux, classés au titre des monuments historiques, sont aujourd'hui réunis par un pavillon de verre et d'acier. Ce trait d'union est la signature de la vaste transformation du MAAD, qui rouvre progressivement ses portes après trois années de travaux menés par Antoine Dufour Architectes, pour donner enfin toute sa lisibilité à un site exceptionnel. D'un côté, l'hôtel particulier, dessiné à la fin des années 1870 par Etienne Laclotte pour le parlementaire Pierre de Lalande, demeure l'un des plus beaux témoignages de l'architecture civile bordelaise de l'Ancien Régime. De l'autre, la prison municipale élevée en 1885 conserve ses cours, ses couloirs et ses cellules, mémoire d'une tout autre histoire urbaine.
L'intervention, volontairement sobre, révèle les qualités de chacun des édifices sans chercher à les uniformiser. Les percées visuelles, la transparence du nouveau pavillon et la réorganisation du parcours laissent désormais entrer généreusement la lumière naturelle, tandis que les murs de pierre retrouvent leur beauté nue. Mais le projet ne s'est pas limité à relier les deux ensembles : "Les équipements ont été modernisés, les performances énergétiques sensiblement améliorées, afin de répondre aux exigences d'un musée du XXIᵉ siècle tout en offrant...
-
30/08 - Ukraine : 37 morts après une frappe russe contre un dépôt d’armes, Kiev dénonce une "négligence"
Une frappe aérienne russe sur un entrepôt dans la région de Kiev, survenue dans la nuit de vendredi à samedi, a provoqué une explosion et fait au moins 37 morts, ont indiqué samedi les autorités ukrainiennes. Cette explosion a été provoquée par des stocks de munitions ukrainiennes, notamment des obus, des mines et des drones, qui étaient entreposés de manière inappropriée dans une zone civile très fréquentée, a déclaré Volodymyr Zelensky dans un message vidéo.
Le président ukrainien a demandé des comptes après ce drame, dont le bilan est l'un des plus lourds de ces derniers mois et qui semble être le deuxième incident de ce type en deux mois. "Ceux qui ont laissé cela se produire doivent répondre de leurs décisions", a-t-il écrit sur le réseau social X, ajoutant que des poursuites pénales avaient déjà été ouvertes pour négligence officielle concernant cette présence d'armes entreposées en zone civile. "La réglementation est en vigueur : les munitions ne peuvent être stockées à proximité des habitations ou d'autres zones résidentielles. Les conclusions qui s'imposent seront certainement tirées", a-t-il ajouté.
Des dizaines de personnes ont été blessées et plus de 370 personnes ont été évacuées de la zone de la frappe dans le village de Myla, a poursuivi le chef de l'Etat ukrainien. Les infrastructures avoisinantes ont subi des "dégâts importants", a-t-il ajouté, notamment des bâtiments résidentiels et un établissement de soins pour personnes âgées.La Russie intensifie...
-
30/08 - Dépression, cancer, cécité : Mickael Tanter, le magicien des ultrasons qui révolutionne la médecine
De l’utilisation des ultrasons en médecine, le grand public ne connaît généralement que les échographies. L’œil non exercé y distingue au mieux les contours d’un fœtus, au pire d’énigmatiques taches grisâtres sur un fond noir. Une technologie certes utile mais au rendu grossier. Les ultrasons sont pourtant en train de révolutionner de nombreux domaines de la santé. Avec, à la pointe de ce champ de recherche en pleine expansion, un Français : Mickaël Tanter, fondateur de l’Institut de physique pour la médecine (Inserm, ESPCI), une équipe de 80 chercheurs et ingénieurs installés dans le XVe arrondissement de Paris.
Plutôt discret, ce Breton d’origine et physicien de formation est probablement l’un de nos inventeurs les plus prolifiques. A son actif, plus de 300 articles dans des revues scientifiques, dont certains en ont même fait la Une (le graal, pour des chercheurs), et une soixantaine de brevets. Mieux encore, ses travaux ont déjà donné naissance à six start-up et autant d’outils diagnostics ou thérapeutiques innovants et prometteurs, contre des pathologies aussi variées que la dépression, les douleurs chroniques, les acouphènes, mais aussi les cancers ou certaines pathologies cardiovasculaires. Et ce n’est qu’un début, tant son laboratoire fourmille de projets, tous plus spectaculaires. Par exemple, redonner une forme de vision à des patients aveugles. Encore et toujours grâce aux ultrasons.
"Au lycée, je voulais faire médecine, mais comme j’étais bon en maths et en...
-
30/08 - Présidentielle 2027 : le ralliement est-il passé de mode ?
"On ne meurt jamais d'une indigestion de soutiens", prophétisait au début de l'été le président du groupe Horizons à l'Assemblée nationale Laurent Marcangeli, impatient de voir, enfin, s'ouvrir le mercato havrais. Voilà qui devait remettre du vent dans les voiles d'Édouard Philippe : un grand meeting à l'Adidas Arena couplé à plusieurs prises de guerre du côté de Renaissance, histoire d'élargir le giron du Normand et, dans le même temps, d'amaigrir davantage encore celui de Gabriel Attal. Une pierre. Deux coups. Une déception, pourtant, quelques semaines plus tard : engouffrer les ralliements n'évite pas la crise de croissance. Les différentes vagues de sondages en cette rentrée politique montrent une stagnation d'Édouard Philippe, voire une certaine érosion, le plaçant dans quelques cas de figure derrière un Jean-Luc Mélenchon en pleine dynamique. Au moment où celui qui aspire à rassembler la droite et le centre se rendra dimanche à Tourcoing pour entériner son union avec Gérald Darmanin, la question se pose et continuera de se poser : au fond, les ralliements servent-ils encore à quelque chose ?
Rarement ralliement, et surtout officialisation de ralliement, n'avaient été aussi attendus. Il fallait voir la tête des ouailles d'Édouard Philippe lorsque, à intervalles réguliers et de plus en plus rapprochés, il leur était demandé quand Gérald Darmanin, l'ami de près d'une décennie, allait enfin se ranger derrière leur candidat. Patience, patience, rétorquaient-ils. Mais le...
-
29/08 - Islande : le vote qui pourrait relancer la candidature à l’UE et déchirer le pays
Un référendum sur un rapprochement avec l’Union européenne divise l’Islande. Les électeurs sont appelés au vote, ce samedi 29 août, pour décider s’ils souhaitent reprendre les négociations d’adhésion à l’Union européenne. En cas de victoire du "oui" — un sondage Gallup réalisé à la mi-août lui donnait une légère avance à 51,5 % — Reykjavik pourrait revenir à la table des négociations, et un second référendum serait alors nécessaire pour approuver une éventuelle adhésion.
Mais ce scrutin intervient dans un contexte de fortes incertitudes géopolitiques et économiques, marqué notamment par les guerres, le changement climatique, les tensions commerciales et les interrogations sur l’avenir de l’OTAN sous la pression de Donald Trump. Les menaces du président américain concernant une possible annexion du Groenland, voisin le plus proche de l’Islande, ont également donné une dimension géopolitique supplémentaire au vote.
Tandis que les partisans du "oui" voient dans l’Europe un moyen de renforcer la stabilité économique et le poids politique de l’Islande, les opposants eux redoutent au contraire une perte d’autonomie. Dans un pays dont l’histoire récente reste marquée par la conquête de l’indépendance — l’Islande n’a obtenu son indépendance complète qu’en 1944, après des siècles de domination norvégienne puis danoise — la question européenne ne se résume pas à un choix de politique économique : elle renvoie aussi à la définition de l’identité nationale et à la place que...
-
29/08 - Le Finlandais Oura, seigneur des anneaux connectés
Juillet 2020. La crise du Covid plonge le monde dans une drôle d'ambiance. Dans un complexe hôtelier fermé de Disney World, en Floride, la NBA entame une saison de basket sous cloche, afin d'éviter les contaminations. Une autre précaution, plus inédite, est prise. Deux mille bagues en titane à l'allure d'imposantes chevalières, logées dans de petits écrins, attendent les sportifs. Connectés à un smartphone, ces appareils permettraient de surveiller les variations de la température corporelle, et potentiellement, de déceler le Covid plusieurs jours avant l'apparition des symptômes. Ce soir-là, quelques-uns des athlètes les plus populaires du monde s'endorment avec, au doigt, un objet conçu à cent cinquante kilomètres du cercle polaire. En Finlande, chez Oura.
Ce coup de com' est la première grande incursion médiatique de la société, née sept ans plus tôt. Celle qui l'a rendue célèbre, bien que le prince Harry ait déjà été aperçu avec une ring au doigt. Suivront d’autres célébrités comme Mark Zuckerberg (Meta), Gwyneth Paltrow ou les sœurs Kardashian. Un anneau serti de technologie. Outre les symptômes du Covid, il surveille le sommeil via la fréquence cardiaque, la température de la peau et les mouvements, dont les données sont envoyées sur une application mobile. L'indication la plus connue est le "score de préparation", ou readiness. Au réveil, il indique si votre corps est prêt à affronter la journée avec une note sur 100. A partir de 85, pas de souci à se faire. En...
-
29/08 - Rome recrute l’ex-ministre ukrainien Mykhailo Fedorov comme conseiller défense
L'ancien ministre de la Défense ukrainien Mykhailo Fedorov, limogé le mois dernier par Volodymyr Zelensky, a accepté un poste de conseiller à l'innovation auprès du ministère de la Défense italien, a annoncé ce dernier vendredi. "Je suis heureux que Mykhailo Fedorov ait accepté d'offrir ses services en tant que conseiller à l'innovation", a déclaré le ministre italien Guido Crosetto dans un message sur la plateforme X, accompagné d'une photographie des deux hommes.
Agé de 35 ans, Mykhailo Fedorov a été évincé six mois après sa nomination au ministère, où il a lancé des réformes sur les acquisitions et le recrutement qui l'ont opposé au haut commandement militaire et à des rivaux politiques.
Dans un message sur X, il a remercié Guido Crosetto pour son "soutien personnel" et le poste de conseiller qu'il lui a proposé dès son limogeage en juillet. "Dans ce rôle, j'aiderai l'Italie à adopter les technologies de guerre modernes, à renforcer son secteur de la défense et à s’adapter aux nouveaux défis de sécurité internationaux", a-t-il commenté.
-
29/08 - Le plan de Donald Trump pour s’emparer de 65 milliards de barils de pétrole vénézuéliens
Donald Trump assure avoir trouvé la solution miracle pour faire "substantiellement" baisser le prix de l’essence aux Etats-Unis. Vendredi 28 août, le président américain a annoncé un accord donnant aux États-Unis le contrôle majoritaire d’une nouvelle entreprise, chargée d’extraire une partie des réserves pétrolières inexploitées du Venezuela. Selon les informations du journal d’enquête américain le Washington Post, cette société bénéficie de contrats de 100 ans sur 17 champs pétroliers. Cela représente plus de 65 milliards de barils de réserves, soit près d’un quart des réserves inexploitées du pays. Donald Trump a présenté l’accord comme "le plus gros contrat pétrolier de l’histoire" et assuré qu’il réglerait le problème des pics de prix pour l’essence aux États-Unis.
Le principal partenaire privé vénézuélien serait North American Blue Energy Partners (NABEP), dirigé par l’homme d’affaires Alejandro Betancourt, 46 ans. Selon le Washington Post, sa production est passée d’environ 18 000 à près de 200 000 barils par jour en deux ans. Alejandro Betancourt fait toutefois l’objet depuis une dizaine d’années d’enquêtes pour blanchiment d’argent en Suisse, en Espagne et aux États-Unis et est visé par un mandat d’arrêt suisse, rapporte le journal. Son avocat nie toute implication dans des activités de blanchiment. Washington n’a de son côté pas donné suite à la demande de la Suisse d’arrêter et d’extrader Alejandro Betancourt vers ce pays, et a continué ces derniers mois à...
-
29/08 - "La France doit jouer son rôle dans la santé mondiale" : l’alerte d’Agnès Buzyn et Antoine Flahault avant la présidentielle
Alors que l’impact de l’environnement sur la santé inquiète un grand nombre de citoyens, que des crises sanitaires plus ou moins prévisibles se succèdent en France et partout dans le monde, la santé mondiale ne semble toujours pas à l’agenda des futures élections. Cependant, 2027 sera une année charnière à bien des égards, notamment avec des nominations attendues dans des institutions internationales majeures. Le sujet de la santé au niveau mondial mériterait de la part de nos gouvernants une attention particulière et une politique déterminée, car le rôle de la diplomatie dans ce domaine s’avère majeur.
Avec 1,5 milliard d’euros en 2024, la France continue d’allouer à la santé mondiale des montants conséquents, même s’ils diminuent depuis plusieurs années. Ces sommes vont pour 60 % vers des organismes multilatéraux comme l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, Gavi, l’alliance des vaccins. Le solde est versé sous forme d’aides bilatérales. Alors que notre pays est fortement endetté, que des choix difficiles sont devant nous, que les impératifs de défense et de sécurité nationale ne s’estompent pas, la santé mondiale et d’une manière générale l’aide publique au développement doivent-elles rester une priorité pour la France ? Le pays distribue-t-il au mieux ses deniers publics ? Nous allons tenter d’apporter ici nos éclairages à ces questions.Des risques multiples et interconnectés
Nous vivons...
-
29/08 - IA et éducation : le piège des devoirs faits par ChatGPT, par Franck Ramus
Quelques années après son apparition, l’intelligence artificielle (IA) générative est déjà partout, non seulement dans le monde professionnel mais aussi dans le milieu scolaire. Cette situation alarme considérablement la plupart des professeurs et des chercheurs en éducation. Leur crainte ? Que si les élèves font faire tous leurs devoirs par l’IA, ils n’apprennent plus rien.
En effet, l’apprentissage se déroule dans le cerveau de l’élève : il nécessite l’entrée d’information, sa mémorisation et sa manipulation afin d’y ancrer durablement des connaissances et des compétences. Autrement dit, l’apprentissage requiert du travail scolaire. Une IA peut potentiellement assister un élève dans son travail scolaire, mais si elle fait le travail cognitif à sa place, en dehors de son cerveau, alors les modifications cérébrales nécessaires à l’apprentissage n’auront pas lieu. De moins bonnes notes
Une étude récente (pas encore publiée) des universités de Stockholm et de Hong-Kong en apporte une démonstration éclatante. Basée sur les données scolaires de 26 000 élèves chinois de collège et de lycée pendant 3 ans, elle documente de manière limpide les effets de l’usage de l’IA pour les devoirs à la maison : les notes obtenues aux devoirs augmentent, alors même que le temps moyen qui leur est consacré diminue. Néanmoins, les notes obtenues aux examens sur table (sans IA) baissent en moyenne. Autrement dit, l’usage de l’IA pour les devoirs diminue les connaissances et les compétences...
-
29/08 - Otan : sous pression américaine, l’Europe sommée de muscler sa défense
Washington met la pression sur ses alliés européens pour qu’ils accélèrent leurs investissements militaires, alors que le Pentagone réexamine son dispositif militaire en Europe. Selon les informations du journal américain le Financial Times, le responsable de la politique du Pentagone, Elbridge Colby, a rencontré jeudi 27 août à Bruxelles les ambassadeurs de l’Otan, afin de demander à certains pays d’accélérer leurs achats de systèmes d’armes conventionnels essentiels, jusqu’ici largement fournis par les Etats-Unis.Les Etats-Unis poussent pour une force de l’Otan plus autonome
Au centre des discussions, des "efforts majeurs pour accélérer le mouvement" nécessaires afin de parvenir à une force de l’Otan permettant à l’Europe de "diriger sa propre défense" ont été ainsi été réclamés par l’émissaire américain. Il aurait notamment demandé davantage d’efforts au Royaume-Uni, tout en saluant l’Allemagne, la Pologne et les Pays-Bas. Un diplomate de l’Otan cité par le FT précise que les évaluations des capacités militaires des membres de l’Alliance font apparaître "une mer de rouge", le rouge signalant des capacités jugées insuffisantes. Deux autres sources ont confirmé au journal que les lacunes militaires de plusieurs alliés avaient été évoquées.
Ces réprimandes interviennent alors qu’un examen des forces américaines en Europe a été lancé par les Etats-Unis en juin et doit s’achever en décembre. L’agence de presse Reuters précise que le Pentagone doit présenter à Pete Hegseth...
-
29/08 - A Bordeaux, le grand retour de Jean Dupas
Impossible de les manquer. Elles vous regardent sans vraiment vous voir. Le port altier, le visage impassible, les épaules sculptées et ce cou interminable qui semble défier l'anatomie, qu’un critique des années 1930 raillait en évoquant des "tuyaux de poêle". Un siècle plus tard, les femmes de Jean Dupas, parfois accompagnées d’une antilope ou d’une colombe, sont devenues la signature d'un artiste que le musée des Beaux-arts de Bordeaux (MusBA) entreprend enfin de réhabiliter avec une première rétrospective consacrée à l’enfant du pays, né ici en 1882, Grand Prix de Rome en 1910, peintre, décorateur et figure majeure de l’Art déco, qui rêvait de transformer le quotidien en œuvre d'art.
Le jeune Girondin, qui a suivi les cours des Beaux-Arts de Paris avant de rejoindre Rome comme pensionnaire de la Villa Medicis, a su très tôt la voie qu'il entendait suivre. "C'est à Rome [...] que j'ai eu l'occasion d'affirmer [...] la direction qui allait être celle de toute ma vie. C'est-à-dire celle de compositeur." Le terme n'a rien d'anodin. Plus que des tableaux, Dupas compose des ensembles où peinture, architecture et arts décoratifs ne font qu'un. Ses œuvres sont pensées pour habiter des murs, des palais, des paquebots, des théâtres. Cette ambition irrigue l'ensemble du parcours déroulé par la commissaire de l'exposition, Margaux Wymbs, qui souligne que "l’artiste est, avant tout, guidé par la quête du beau, l'équilibre parfait des lignes, des couleurs et des volumes". Chez lui,...
-
29/08 - L’IA : un outil pour la vérité, une chance pour la démocratie
Je me suis amusé à questionner un bon programme d’IA, selon ses modalités les plus exigeantes, sur la validité objective de deux thèses économico-politiques en vue. La première est celle de Matthieu Pigasse, selon qui on a tort de s’affoler au vu des 115 % de PIB que représente la dette française parce que cela revient à comparer bêtement un stock à un flux alors qu’il faudrait rapporter ce passif à l’actif, et donc à l’ensemble du patrimoine national, soit 3 500 milliards à 20 000, ce qui ramènerait le problème à 17,5 %. La seconde est celle de Jean-Luc Mélenchon, qui préconise de "foutre au feu", sans problème, les titres correspondant aux 600 milliards de cette même dette détenus par la Banque de France.
Résultat : tout ça s’effondre au terme d’un raisonnement serré. Pigasse, en gros, parce qu’il introduit un biais bien plus énorme que celui qu’il dénonce : la dette est celle de l’État alors que le "patrimoine" dont il parle est celui de la Nation ; Mélenchon, parce que son "truc" en est bien un, essentiellement comptable, qui ne ferait disparaître aucun passif monétaire réel ni ne recréerait la moindre marge d’action. Faute de place, je vous prive de 27 pages de détails passionnants.
L’important là-dedans n’est pas que ces messieurs racontent des carabistouilles mais, plus fondamentalement, que nous avons désormais les meilleurs moyens de nous en rendre compte. Le numérique nous effraie par sa redoutable aptitude à fabriquer du faux, mais nous devrions aussi nous...
-
29/08 - A Berlin, la voiture au cœur des municipales : "C’est définitivement le contre-modèle de Paris"
Le jour où la Friedrichstrasse, cette rue légendaire de Berlin coupée en deux au "Checkpoint Charlie" pendant la guerre froide, a été entièrement rouverte aux voitures, en 2023, tout le monde a été soulagé. Les automobilistes mais aussi les cyclistes. Ouverte aux vélos en 2020, refermée par la justice à la suite d’une plainte, relancée par les Verts revenus au pouvoir puis refermée par le nouveau maire conservateur... personne ne comprenait plus rien aux règles de circulation sur cette artère centrale de Berlin.
Le test avorté de cette piste cyclable doublée d’une "zone tranquillisée" (quelques bancs sur les côtés de la chaussée) aura non seulement coûté trois millions d'euros aux contribuables, mais elle aura aussi ruiné l’idée d’une transformation de la capitale allemande sur le modèle de Paris. "On peut dire que ce projet n’a pas été bien pensé et qu'il a refroidi une grande partie de la population, qui était pourtant favorable à une transformation dans ce sens", regrette Andreas Knie, sociologue de la mobilité à l’Institut de recherches scientifiques de Berlin (WZB)."Il est interdit d’interdire la voiture"
Trois ans après avoir conquis la mairie, les conservateurs (CDU) continuent de surfer sur le rejet des "expérimentations écologistes". Pour les municipales du 20 septembre prochain, ils ont décidé de faire campagne sur le thème de la "libre circulation des voitures" afin de ratisser large. En 2023, le bourgmestre-gouverneur sortant, Kai Wegner, avait déjà gagné les...
-
29/08 - Le nanar de la rentrée littéraire : comment "Viser juste" d’Adèle Haenel rate sa cible
Les ventes en librairies sont en chute depuis le début d’année ? Ce ne sont pas les critiques accompagnant la publication du premier livre d’Adèle Haenel qui devraient réconcilier les Français avec la lecture. Pour Le Nouvel Obs, Viser juste n’est rien moins que le roman le plus attendu de la rentrée littéraire. La comédienne a fait la couverture de l’hebdomadaire, qui salue un "texte inventif, surprenant et généreux, qui hybride scénario, essai théorique et récit, mais aussi colère, tendresse et drôlerie". Pas en reste, Les Inrockuptibles encensent un texte "d’une force infinie". Les lecteurs découvriront surtout un ouvrage qui alterne scripts avec dialogues laborieux et dissertations théoriques revenant sur les scènes qu’ils viennent juste de lire. Une double peine côté plaisir de lecture, entre théâtre prétentieux et analyses sociologiques dont le style abscons n'a rien à envier à celui de Judith Butler. L’idée principale de cet essai est que nous serions les acteurs d’un "script social préécrit", mis en scène par le patriarcat, l’hétéronormativité ou le capitalisme, et dont il s’agirait de se libérer.
Viser juste se veut une "enquête" sur la "propre disparition" de la comédienne qui, après avoir quitté la cérémonie des Césars en 2020 alors que Roman Polanski recevait la statuette de la meilleure réalisation, a abandonné l’industrie cinématographique en 2023. Adèle Haenel revient sur les épisodes clés de son parcours : débuts précoces au cinéma, emprise et harcèlement...
-
29/08 - Vera Grantseva : "Poutine est pris dans une impasse qu’il a lui-même créée"
Un vol à destination de Moscou, ce 25 août, aura suffi à alerter l’ensemble des chancelleries européennes. À son bord, John Ratcliffe, l'actuel patron de la CIA. La première visite en Russie d’un responsable de l’agence de renseignement américaine depuis celle de William Burns, en novembre 2021, lorsque ce dernier avait tenté de dissuader Poutine de lancer son invasion de l’Ukraine. Selon la presse américaine, son successeur aurait, cette fois, mis en garde Moscou contre toute attaque visant un pays de l’Otan. Le tout dans un contexte où l’Ukraine alerte, elle, sur le risque d’une nouvelle mobilisation russe à l’issue des élections législatives de septembre. De quoi redouter une nouvelle escalade du chef du Kremlin ? "Rappelons-nous que l’ambition de Poutine ne s’est jamais limitée à l’Ukraine, souligne Vera Grantseva, politologue russe exilée en France depuis 2020 et aujourd’hui enseignante à Sciences Po Paris. Il est avant tout guidé par une volonté de revanche après la guerre froide." Dans une longue interview à L’Express, la chercheuse, auteure de Les Russes veulent-ils la guerre ? (Editions du Cerf, 2023), dissèque avec acuité les dynamiques du pouvoir russe, l’évolution de la perception de la guerre au sein de la population et la mécanique derrière une possible escalade.
L’Express : D’après la presse américaine, le déplacement récent du directeur de la CIA à Moscou avait pour but de mettre en garde la Russie contre toute attaque visant l'Otan. Est-ce un scénario...
-
28/08 - Présidentielle 2027 : Raphaël Glucksmann dans la broyeuse socialiste
C’est l’histoire d’un sondage occulte, commandé à l’arrivée des beaux jours. Si secret que seul Olivier Faure a pu y jeter un œil, quand beaucoup de ses proches assurent en ignorer l’existence. Selon cette étude d’opinion, la primaire "ouverte", celle pour laquelle il plaidait car elle le favorisait (au montant de 2 euros), aurait attiré près de deux millions de Français. Mais ce sondage - prière de croire qu’il existe - est resté dans un tiroir. Halte au feu, pas question à l’époque, jure le patron, d’influencer le choix des militants avec les deniers du PS. Le 9 juillet dernier, les militants socialistes ont finalement voté en faveur d'une primaire fermée à plus de 55 % des suffrages, une configuration favorable à Raphaël Glucksmann. Des conditions entérinées cette semaine par les parlements internes du PS et de Place publique. Olivier Faure a donc perdu sa première bataille, même s’il est entré en guerre avec son "grand petit frère", comme jadis il appelait l’eurodéputé.
Ainsi fleurissent, depuis, les coups bas. A Limoges, quelques jours avant le premier tour des élections municipales, Faure est fou de rage. Glucksmann lui aurait "promis" de ne dire mot des insoumis sauf qu’à la vue des micros, il appelle à "rompre définitivement avec LF"”. "Il a fusillé notre candidat", dit un intime du patron du PS.
Le compagnonnage entre les deux hommes a en effet vécu, sacrifié sur l’autel d’ambitions contraires, produits de cette obsédante interrogation à gauche. "Il ne peut pas...
-
28/08 - Ventes de livres : la maison Gallimard écrase-t-elle déjà la rentrée ?
Madrigall dans une rentrée littéraire, c’est comme Tadej Pogacar au départ du Tour de France : sauf sortie de route, on sait qui gagnera à la fin. Outre la maison qui porte son nom, le groupe dirigé par Antoine Gallimard comporte notamment Flammarion, Minuit ou P.O.L. L’an dernier, il avait quasiment fait le Grand Chelem, décrochant trois grands prix d’automne : le Goncourt avec Laurent Mauvignier (Minuit), le Femina avec Nathacha Appanah (Gallimard) et le Médicis avec Emmanuel Carrère (P.O.L). Alors que le Goncourt annoncera ce mercredi 2 septembre sa première sélection, quelles sont les forces en présence ?
Provisoirement en tête des meilleures ventes, on trouve Amélie Nothomb et L’Adolescence du perroquet (Albin Michel). Déjà lauréate du Grand prix de l’Académie française en 1999 pour Stupeur et Tremblements et du Renaudot en 2021 pour Premier Sang, la baronne belge peut-elle ajouter le Goncourt à son palmarès ? Cela paraît peu probable. En 4e position, on remarque le décollage prodigieux de Thélyson Orélien et son livre C’était ça ou mourir (Grasset) qui parle de migrants haïtiens faisant le voyage vers le Canada. Il fait l’unanimité, tout le monde saluant la force de son style. Mais les jurés du Goncourt pousseront-ils jusqu’au bout un titre publié chez Hachette, donc chez Vincent Bolloré, quand on voit la défiance voire la détestation qui entoure ce dernier dans le milieu littéraire ? Autre désavantage pour Thélyson Orélien : C’était ça ou mourir est son premier...
-
28/08 - "C’est libérateur" : ce que le succès de Blanc-Manger Coco dit de la France de 2026
Alors que les jeux de société font un tabac, certains d’entre eux et le succès qu’ils rencontrent en disent long sur leur époque. Cet été, L'Express décrypte des jeux cultes, de l'abaissement de la culture générale que révèlent les questions du Trivial Pursuit au fil des éditions, au retour du réalisme en géopolitique avec Risk, en passant par les mutations de la mondialisation (Richesses du Monde) et le backlash contre le politiquement correct avec Blanc-manger Coco, devenu incontournable à l’heure de l'apéro. Vous apprendrez aussi pourquoi le vénérable Monopoly valide la stratégie de Donald Trump et permet d’éclairer son élection.
EPISODE 1 - De Hamlet à Cyril Hanouna : ce que le Trivial Pursuit dit du déclin de la culture G
EPISODE 2 - L'ascension de Donald Trump expliquée par le Monopoly
EPISODE 3 - Risk : le jeu de conquête territoriale qui ferait fulminer Vladimir Poutine
EPISODE 4 - "Richesses du monde" : ce jeu qui contredit Thomas Piketty (et dit tout du déclin de l’Europe)
Pour lui, Blanc-Manger Coco fait désormais partie du rituel des soirées d'été. Lorsqu'il n'est pas occupé à surveiller le barbecue ou à entretenir la piscine, Clément, 40 ans, aime ressortir la boîte de ce célèbre jeu d'apéro pour "s’autoriser à dire des grossièretés totalement décalées avec ce qu’on s’autorise aujourd’hui à dire au quotidien". Comment un jeu aussi irrévérencieux – ses détracteurs diront "beauf" ou "vulgaire" – peut-il encore trouver sa place dans une époque où les...
-
28/08 - Finlande : les scénarios d’Helsinki face à un avenir sécuritaire de plus en plus incertain
Jusqu’où la Finlande doit-elle se préparer à la dégradation de son environnement sécuritaire ? L’Institut de recherche des Forces de défense finlandaises vient d’achever FIN FOE 2040, une étude consacrée au futur environnement opérationnel du pays et à ses implications pour la protection nationale. Son objectif, selon le site Nordic Defence Sector, n’est pas de prédire l’avenir, mais d’aider Helsinki à se préparer à des évolutions possibles et à réfléchir à sa défense sur le long terme.
Les chercheurs identifient cinq facteurs appelés à façonner cet environnement : la rivalité entre grandes puissances, les menaces émergentes pour la sécurité, les alliances et partenariats de la Finlande, l’évolution de la guerre et des capacités militaires, ainsi que les transformations de la société et du système mondial de sécurité et de défense. Ces facteurs sont étudiés à travers différentes trajectoires possibles, qui débouchent sur deux grands scénarios : "La persistance de l’incertitude" et "la guerre en Europe".
Le premier dessine un environnement durablement instable, dans lequel les évolutions géopolitiques restent difficiles à anticiper. Le second envisage une dégradation plus profonde de la situation sécuritaire, jusqu’à la guerre sur le continent européen. Quatre scénarios supplémentaires, construits autour de la formule "Et si… ", viennent élargir le champ des possibles et permettre aux chercheurs d’examiner d’autres évolutions futures. Malgré leurs différences, ces...
-
28/08 - Iran : comment la guerre de Donald Trump a vidé les caisses de l’US Navy
"La tirelire est cassée." Pour Harlan Ullman, officier de marine à la retraite, interrogé par The Guardian, la formule résume l’état des finances de la flotte américaine depuis le début du conflit contre l’Iran. Selon des documents et des entretiens recueillis par le média britannique, les ressources s’amenuisent rapidement, au point que la maintenance non urgente de certaines installations à terre a déjà été reportée faute de fonds.
Lorsque Donald Trump a déclaré la guerre au régime des mollahs, le 28 février, l'US Navy a été particulièrement sollicitée. Elle a participé au lancement de la première vague d’attaques avant d’être chargée d’assurer un vaste blocus naval. Une mission qui pèse lourdement sur des comptes militaires qui n’avaient pas été conçus pour financer une opération de cette ampleur. "Le budget de l’exercice 2026 n’intégrait pas l’opération Epic Fury", avait averti en mai l’amiral Daryl Caudle, chef des opérations navales, devant le Congrès.
En juin 2026, la Maison-Blanche a demandé au Congrès 67 milliards de dollars de crédits d’urgence pour le département de la Défense, sans préciser quelle part reviendrait à la Marine. La Chambre a ensuite adopté, en juillet, un projet de loi de défense de 1 150 milliards de dollars ainsi qu’une enveloppe de 73 milliards pour la guerre en Iran, rapporte The Guardian. Mais les chances que ces textes deviennent loi restent faibles, notamment en raison de l’impopularité du conflit. En attendant, la Marine réaffecte ses...
-
28/08 - Comment reprendre le contrôle de la dette en réduisant les dépenses : les recommandations de François Ecalle
A la fin de 2025, la dette publique de la France s’élevait à 3 460 milliards d'euros, soit 115,6 % du Produit intérieur brut (PIB), ce qui nous plaçait à la troisième place de la zone euro et de l’Union européenne, derrière la Grèce et l’Italie. Le PIB est une mesure approximative de l’assiette sur laquelle sont prélevés les impôts et cotisations sociales qui permettent de financer les dépenses publiques et pourraient permettre de rembourser la dette publique. Celle-ci ne peut donc pas augmenter indéfiniment plus vite que le PIB sans risque et il faut en reprendre le contrôle. L’effort nécessaire est considérable et devrait prendre principalement la forme d’économies sur les dépenses publiques, même si une hausse des prélèvements obligatoires est très difficilement évitable.La dette publique a doublé en 30 ans
En pourcentage du PIB, la dette publique de la France, a augmenté de 58 points de 1995 à 2025, soit un doublement en 30 ans, alors que la dette moyenne des pays de la zone euro s’est accrue de 16 points sur cette période. Le risque d’une telle évolution est toujours que les créanciers de l’Etat craignent de ne pas être remboursés et majorent fortement le taux d’intérêt auquel ils acceptent de lui prêter, ce qui ne fait qu’aggraver le problème et peut conduire à un arrêt des financements, un défaut de paiement et une très grave crise.
Il n’existe pas de seuil d’endettement au-delà duquel une telle crise devient très probable car son déclenchement dépend de facteurs...
-
28/08 - Visite du patron de la CIA à Moscou : "Le niveau de danger est aussi élevé que les mois avant le 11-Septembre"
Le voyage a tout d'un mauvais présage. Cette semaine, le patron de la CIA, John Ratcliffe a effectué une visite surprise à Moscou. D'après les informations du Wall Street Journal, ce déplacement, le premier du directeur depuis sa prise de fonctions, aurait eu lieu après plusieurs analyses alarmantes de l'agence. Selon ces dernières, Vladimir Poutine envisagerait de lancer une attaque limitée contre l'Otan au cours des prochaines années. Le gouvernement américain craint que le Kremlin, en difficulté en Ukraine et sous pression économique sur le plan intérieur, ne choisisse la fuite en avant. L'attaque russe pourrait prendre différents aspects, de la cyberattaque jusqu'à une incursion dans les Etats baltes. L’épuisement d’une partie des réserves américaines de munitions pendant le conflit avec l’Iran pourrait aussi être perçu comme une opportunité par Poutine. Cette montée des tensions a lieu alors que les Etats-Unis et la CIA sont affaiblis sur la scène internationale. Entretien avec le journaliste Tim Weiner, grand spécialiste de l'agence et auteur de La Mission, l'enquête choc sur la CIA (éditions Robert Laffont).
L'Express : Cette visite de John Ratcliffe à Moscou sort-elle de l'ordinaire ?
Tim Weiner : Rembobinons. La dernière fois qu'un directeur de la CIA s'est rendu à Moscou, il s'agissait de William Burns, en novembre 2021, peu de temps avant l'invasion. C'était pour adresser un message très ferme à Poutine et aux renseignements russes. Sa mission consistait à...
-
28/08 - Qui pour prendre la tête de Polytechnique ? Nos informations sur les profils en lice
Les polytechniciens s’apprêtent à faire leur rentrée sous la houlette d’un nouveau directeur général. Après la démission début juin de Laura Chaubard, qui aura passé quatre ans à la tête de l’X, l’école d’ingénieurs sous tutelle du ministère des Armées s’est lancée dans un exigeant processus de sélection pour désigner son successeur. D’après nos informations, la nomination, imminente, devrait avoir lieu dès ce lundi 31 août en Conseil des ministres. Deux profils se sont hissés parmi les finalistes.
Bruno Bellier, polytechnicien et ingénieur de l’armement, fait pour l’heure figure de favori. Ce profil tourné vers l’innovation et la recherche a occupé une série de fonctions à responsabilité au sein du ministère des Armées, de la Direction générale de l’armement (DGA) - chargée de coordonner les plus grands programmes d’armement français -, et de l’Agence de l’innovation de défense (AID), où il était chef de la division "stratégie et technologies de défense" de 2018 à 2021. Il a notamment dirigé un très stratégique centre de la DGA, situé à Vert-le-Petit, dans l’Essonne. Ce dernier, dédié à la défense nucléaire, radiologique, biologique et chimique, intervient au profit des forces armées et de la sécurité du territoire national.L'arbitrage final d'Emmanuel Macron
"C’est un profil atypique, plus créatif que la moyenne des ingénieurs généraux de l’armement et doté d’un très bon relationnel", souffle un ancien polytechnicien qui a eu l’occasion de travailler à ses côtés....
-
28/08 - Etats-Unis : les communications avec l’hélicoptère de Donald Trump de nouveau perturbées
Les problèmes de communication entre les contrôleurs aériens de Washington et l’hélicoptère présidentiel américain ne sont pas résolus. Jeudi 27 août, alors que Donald Trump s’apprêtait à quitter la Maison-Blanche à bord de Marine One, les contrôleurs de l’aéroport national Ronald Reagan ont de nouveau éprouvé des difficultés à établir une liaison radio avec l’appareil. Pendant plusieurs minutes, ils ont dû passer par d’autres hélicoptères en vol pour tenter de transmettre leurs messages, selon des enregistrements audio du contrôle aérien consultés par CNN.
L’incident fait écho à celui du 4 août, dont les circonstances sont détaillées dans un rapport préliminaire du Conseil national de la sécurité des transports (NTSB). Ce jour-là, Marine One avait quitté l’Ellipse, un grand parc public de 21 hectares situé à Washington, D.C au sud de la Maison-Blanche, après deux tentatives infructueuses pour établir la liaison obligatoire avec la tour de contrôle, trois minutes avant le décollage. Une procédure alternative avait pourtant été définie une semaine auparavant lors d’une réunion entre les contrôleurs de Washington et les pilotes de l’hélicoptère présidentiel. Elle s’était elle aussi révélée inefficace.
Les conséquences auraient pu être lourdes. Faute d’avoir reçu l’avertissement à temps, les contrôleurs n’avaient pas interrompu les départs d’avions commerciaux, comme cela est normalement prévu lors des déplacements de Marine One. L’hélicoptère s’était ainsi retrouvé à 0,82...
-
28/08 - La Norvège perd son roi : Harald V s’est éteint à l’âge de 89 ans
Sur le trône depuis plus de 30 ans, le très populaire roi Harald V de Norvège est décédé ce vendredi 28 août à l'âge de 89 ans, a annoncé le palais royal, à un moment où la famille royale norvégienne traverse de multiples crises.
"Le roi Harald s'est éteint paisiblement à l'hôpital universitaire d'Oslo le vendredi 28 août à 6 h 35 (heure locale)", a annoncé le palais royal sur son site web. Harald V, le plus ancien monarque vivant d'Europe, a été hospitalisé le 17 août. Le palais a indiqué qu'il était soigné pour une infection bactérienne du sang. En 2024, il avait été hospitalisé pour une infection contractée pendant des vacances en Malaisie et avait reçu un stimulateur cardiaque temporaire dans un hôpital local. Il a ensuite été rapatrié par les forces armées norvégiennes et équipé par la suite d'un dispositif permanent. La même année, Harald V, chef d'Etat honorifique de la Norvège depuis 1991, a déclaré qu'il réduirait le nombre d'engagements officiels auxquels il devait participer, mais a exclu toute abdication, insistant sur le fait que son serment de roi était à vie.Des défis multiples
La mort de Harald V survient à un moment tumultueux pour la famille royale. La princesse héritière Mette-Marit, épouse du prince héritier Haakon, fils du prince Harald, est soumise est scrutée de près en raison de son amitié avec le délinquant sexuel Jeffrey Epstein, une relation pour laquelle elle a présenté ses excuses.
Son fils, Marius Hoiby, né d'une relation antérieure à son...
-
28/08 - Pressions, tromperies, raids : en Russie, des civils enrôlés de force pour aller combattre en Ukraine
La pression monte d'un cran en Russie pour enrôler un maximum d'hommes dans l'armée. Sans l'avouer publiquement, par peur de répercussions sur les élections prévues le mois prochain à la Douma d'Etat, Vladimir Poutine aurait enclenché une nouvelle campagne de recrutements forcés. On savait déjà que Moscou avait recours à différentes tactiques, à commencer par les incitations financières, pour renforcer ses troupes. On sait désormais que les forces de sécurité du pays n'hésitent pas à recourir à la force, en arrêtant contre leur gré des civils dans la rue, chez eux ou sur leur lieu de travail, pour les contraindre à signer des contrats militaires.Des pressions croissantes sur les civils
Mi-août, la plateforme russe de défense des droits humains dite Lesom, qui aide les Russes à ne pas participer à la guerre, aurait ainsi reçu 14 demandes d’aide de personnes assurant avoir été interpellées et contraintes ou poussées à signer des contrats militaires par les forces de sécurité russes, soit dans des commissariats, soit directement dans des bureaux de recrutement de l’armée. L’administration pénitentiaire serait également utilisée comme canal de recrutement. Des représentants d’ONG aidant les Russes à quitter le pays signalent eux aussi une forte hausse des demandes de départ - notamment vers la Géorgie et l’Arménie, des pays où les Russes peuvent entrer sans visa – depuis la mi-juillet, rapporte Euronews.
Outre les tentatives de quitter le pays, les habitants de plusieurs...
-
28/08 - RN ou LFI à l’Elysée : la DGSE confrontée au "piège de la loyauté"
Les sondages de l’été 2026 le confirment : l’arrivée à l’Elysée du Rassemblement national ou de La France insoumise en 2027 ne relève plus de la politique-fiction. Pour la DGSE, le danger n’est pourtant pas celui, spectaculaire, d’une transformation du service en police politique. Il est plus subtil.
Un service de renseignement peut rester compétent, professionnel et secret tout en devenant progressivement moins capable de dire au pouvoir ce qu’il ne veut pas entendre. Ses agents continuent à collecter, ses analystes à produire des notes, ses opérations à obtenir des résultats. Mais les nominations, les priorités et les attentes implicites peuvent modifier ce qui remonte jusqu’au sommet. C’est le risque de politisation : créer un environnement où chacun comprend quelles conclusions sont les bienvenues et lesquelles le sont moins. C’est ce "piège de la loyauté" qui constitue l’un des enjeux méconnus de 2027.
Le sondage Elabe de juillet place Marine Le Pen largement en tête. Dans certaines configurations, Jean-Luc Mélenchon fait quasiment jeu égal avec Edouard Philippe. RN et LFI portent des projets opposés, mais tous deux contestent certains des équilibres politiques et internationaux dans lesquels les services français travaillent.Pas de police politique
Premier constat : ni le RN ni LFI ne propose de mettre la DGSE au pas. Leurs programmes ne la mentionnent pas, pas davantage que ceux des partis de gouvernement.
Le RN entretient un rapport ambivalent aux services....
-
28/08 - L’aéronautique, l’un des derniers secteurs où la Chine n’est pas (encore) championne
En l’espace d’une trentaine d’années, la Chine est passée du statut d’usine du monde, produisant en masse des biens bon marché qu’elle exportait aux quatre coins de la planète, à celui d’innovateur et de leader dans des technologies de plus en plus complexes. Des batteries aux véhicules électriques, en passant par les panneaux solaires, rares sont les domaines où elle n'a pas la mainmise. Un secteur fait tout de même encore de la résistance : l'aéronautique. Le 12 août dernier, l'avion moyen-courrier de l'entreprise d'Etat Comac, baptisé C919, a effectué pour la première fois un vol commercial à l'international entre Pékin et Oulan-Bator, la capitale de la Mongolie. Par le passé, ce nouveau challenger avait déjà traversé la frontière chinoise pour être présenté à des salons à Dubaï et Singapour.
Une première étape symbolique, donc, pour cet appareil censé rivaliser avec le Boeing 737 Max et l'Airbus A320neo. Comme ses deux concurrents, le C919 est un avion mono couloir destiné principalement aux vols d’une durée maximale d’environ quatre heures. "Dans les vingt prochaines années, les trois quarts des avions livrés dans le monde seront de ce type. Pourquoi ? Parce que la démocratisation du transport aérien se fait d'abord par des vols courts et moyen-courriers", soutient Paul Chiambaretto, professeur à la Montpellier Business School et directeur de la chaire Pégase sur l’économie et le management du transport aérien.
La comparaison s'arrête là. Dans les faits, l'écart...
-
28/08 - Présidentielle 2027 : la règle d’or budgétaire, ce garde-fou séduisant mais vain
"Caramba, encore raté !" Le perroquet du général Alcazar imaginé par Hergé dans L’oreille cassée pourrait répéter chaque année sa fameuse exclamation s’il suivait nos aventures budgétaires. Repasser sous la barre des 5 % de déficit en 2026 semble singulièrement compromis. Le projet de loi de finances pour 2027 risque d’être à peine plus ambitieux. La cible de 3 % en 2029 paraît hors de portée.
Dans cette impasse, la boîte à idées est ouverte. Désespérés de voir la dette française se transformer en plomb, certains plaident en faveur d’une règle d’or, inscrite dans la Constitution et fixant le principe d’un budget à l’équilibre. Des parlementaires ont planché sur le sujet, en témoigne cette proposition de loi constitutionnelle émanant du groupe Droite Républicaine, en janvier dernier, qui prévoyait de graver un objectif "zéro déficit" à partir de 2030. Des candidats à la présidentielle, déclarés ou supposés, sont aussi prêts à manier le burin, d’Edouard Philippe à Gabriel Attal en passant par Marine Le Pen, l’ex-commissaire européen Thierry Breton ou l’ancien ministre de l’Economie Bruno Le Maire.
L’idée est séduisante sur le papier. "Il s’agirait d’encadrer la procédure budgétaire qui se fait au Parlement, avec un mécanisme automatique : tant que la dette reste au-dessus de tel niveau, l'Etat devrait réduire ses dépenses de tel montant, ou son déficit de tant de pourcents. Avec comme principale vertu de donner aux ménages et aux entreprises la faculté d’anticiper",...
-
28/08 - Référendum sur l’UE en Islande : "Les menaces de Donald Trump sont la raison immédiate du scrutin à Reykjavik"
En menaçant d'annexer le Groenland en début d'année, Donald Trump a relancé la grande bataille de l'Arctique. A mi-chemin entre New York et Athènes, l'Islande et ses 400 000 habitants se retrouvent déboussolés, eux qui n'ont jamais eu d'armée et se reposent, depuis leur indépendance, sur la protection américaine. Conséquence directe : ce 29 août, ils doivent décider de reprendre, ou non, les négociations d'adhésion à l'Union européenne.
Dans une note pour l'International Centre for Defence and Security (ICDS), un think tank géopolitique basé en Estonie, Steven Blockmans décrit ce scrutin comme "un petit référendum aux grandes conséquences pour l'Union européenne". Mouvements russes, influences chinoises, revirement américain, élargissement européen… Le directeur du programme de politique étrangère de l'ICDS raconte l'impact considérable qu'aura ce référendum islandais pour notre continent.
L'Express : Ce 29 août, les Islandais vont se prononcer sur la reprise des négociations d'adhésion à l'Union européenne. Les sondages indiquent que le référendum sera serré. Quel est l'enjeu de ce scrutin pour l'UE ?
Steven Blockmans : Ce référendum n'a été ni demandé ni organisé par l'Union européenne, mais il est évidemment suivi de très près à Bruxelles. Si le résultat est positif, ce sera une preuve de plus que l'UE constitue un projet d'intégration et que celui-ci continue d'attirer, et pas seulement les pays plus pauvres d'Europe de l'Est ou du Sud. L'Islande fait partie du top...
-
27/08 - En visite à Mayotte, Sébastien Lecornu promet des mesures contre l’immigration clandestine
En déplacement à Mayotte ce 26 et 27 août, Sébastien Lecornu a amorcé sa visite par des déclarations sur la lutte contre l’immigration, en particulier venue des Comores voisines et de l’Afrique des Grands Lacs. Entouré de six ministres, le Premier ministre a présidé, à la base navale de Dzaoudzi, une réunion de l’état-major opérationnel chargé de la lutte contre l’immigration clandestine. Il y a annoncé un renforcement des moyens militaires et technologiques de surveillance des approches de Mayotte, espérant ainsi remédier aux "angles morts" de sa surveillance.Des drones, des bateaux d’interception et la Légion étrangère
Des drones, des ballons en altitude équipés de moyens de détection et bateaux d’interception seront bientôt déployés sur le département. Une augmentation des effectifs militaires est également attendue, notamment des soldats venus de la Légion étrangère. Ces derniers devraient être postés sur l’îlot de Mtsamboro, un caillou inhabité à proximité des Comores. Le Premier ministre, qui a tout de même défendu les résultats de son gouvernement, a concédé que les moyens mis en place étaient limités pour lutter contre "un adversaire" qui évolue et parvient à contourner les techniques de repérage ou d'action grâce à des "complicités locales".
Et pour lutter contre l’immigration clandestine à Mayotte, Sébastien Lecornu ne s’est pas contenté de mesures sécuritaires. Le Premier ministre a également proposé de conditionner l'aide publique au développement à la...
-
27/08 - Comment le Canada résiste à Donald Trump en étant bilingue : "Le français nous distingue des Etats-Unis"
Ne pas jouer sur les mots. Après plusieurs semaines de tensions, les négociations commerciales entre Washington et Ottawa ont volé en éclats ce 22 août. Alors que les pourparlers devaient se concentrer sur l'automobile, l'acier et l'aluminium, c’est un tout autre sujet qui a fini d’enliser les crispations : celui de la langue française. A la table des négociations, l’administration Trump a exigé, à la surprise générale, que les règles d'étiquetage bilingue et les obligations de "découvrabilité" francophone soient assouplies. En vigueur depuis plus de 50 ans, ces réglementations imposent que les produits circulants sur le marché canadien soient accessibles aux deux communautés de langues du pays. Des exigences linguistiques contestées de longue date par les États-Unis qui déplorent une barrière commerciale. Comprenez, frais de traduction, d'impression, etc. L'année dernière, le Bureau du représentant américain au commerce estimait par exemple que ces contraintes freinaient la compétitivité des exportateurs américains, allant jusqu'à évoquer un renoncement à l'export vers le Québec pour une entreprise américaine sur cinq."Nous sommes maîtres chez nous"
Que le commerce influe la linguistique n'a rien d'une première. A l'échelle mondiale, de nombreux exemples en témoignent, notamment dans les anciennes colonies françaises, anglaises, espagnoles, portugaises... Sauf que, dans ces pays, c'est l'exact inverse qui s'applique : des langues sont rajoutées aux étiquetages des...
-
27/08 - La "Maison russe" de Berlin, nid d’espions et plan de repli de Xenia Fedorova
Brutaliste et gris, l’imposant bâtiment de sept étages se fond parfaitement dans l’architecture de l’ancien Berlin-Est. Implantée à proximité de plusieurs ambassades, dont celles de Belgique, de France, des Etats-Unis mais aussi de Russie, la "Russisches Haus" ou "Maison russe" de Berlin a longtemps fait office de plus important centre culturel soviétique à l’étranger. L’établissement propose depuis 1984 des concerts, projections, expositions ou encore cours de langue et rencontres thématiques destinés à promouvoir les valeurs russes et les échanges culturels. Pour mieux servir de couverture aux services de renseignement russes et diffuser la propagande du Kremlin, d’après les autorités françaises.
Ce centre de 30 000 m² est en réalité géré par Rossotrudnichestvo, agence fédérale dont l’objectif principal est de promouvoir la langue russe et qui pilote une douzaine de centres similaires à travers le monde. L’agence gouvernementale russe est depuis 2022 placée sous sanctions européennes, en réponse à l’invasion de l’Ukraine par la Russie. L’Union européenne avait à l’époque justifié cette décision en affirmant que cet organe avait pour objectif de renforcer "la perception par le grand public des territoires ukrainiens occupés comme étant russes". "La Maison russe est l’ambassade culturelle de la Russie au cœur de Berlin", peut-on sobrement lire sur le site web de l’ambassade de Russie. Un nid d'espions ?
L’établissement, surveillé de près depuis plusieurs années pour sa...
-
27/08 - Un soupçon d’intelligence artificielle fait voler en éclat un contrat en or dans l’édition
C'est un véritable tsunami qui secoue le monde de l'édition. Il y a quelques semaines, un contrat en or vole en éclats. Et pas n'importe lequel : on parle là d'un accord à 2,4 millions de dollars avec l'éditeur Minotaur/MacMillan, pour la vente du policier Call Me, I'll Hide The Body. L’histoire suit un émigré nigérian à Houston, doctorant en chimie et agent d’entretien, qui se retrouve mêlé à un cartel grâce à son talent pour dissimuler des corps. Un scénario qui s'annonce sur le papier très prometteur.
Mais alors que quatorze maisons d'édition se livrent une bataille effrénée pour s'arracher le roman de Jerry Faladé, l'affaire tourne court. L'agence Europa Content, qui représentait l'auteur afro-américain dans les négociations, finit par annuler le contrat. En cause : des doutes concernant l'utilisation de l'intelligence artificielle (IA) dans l'écriture du livre. L'IA pas couverte par les droits d'auteur
Une éventualité qui, si elle est avérée, pose problème sur le plan juridique - sans parler bien sûr de l'aspect éthique et du risque de voir les clients se détourner de l'ouvrage. Car pour un studio ou un éditeur, acheter les droits d'un roman ne consiste pas seulement à obtenir la permission de l'auteur. Il faut aussi pouvoir garantir que l'auteur possède les droits sur l'ensemble de l'œuvre et que personne d'autre ne pourra réclamer par la suite une partie des droits. Or les textes écrits par IA - aux Etats-Unis comme dans l'UE - ne bénéficient d'aucune protection...
-
27/08 - "Où est la limite ?" : l’ultra-trail face à la surenchère de la performance
Le soleil est déjà haut, en ce samedi de la fin de juin, quand les derniers appels sortent des enceintes, sur le parvis du port de Vannes. Quelques coureurs se faufilent entre les supporters et s’alignent sur la ligne de départ. Pour cette édition 2026 de l’Ultra-Marin, 175 kilomètres de trail autour du golfe du Morbihan, plus de deux mille athlètes ont répondu au rendez-vous et se tortillent désormais d’impatience, les yeux rivés sur les premiers kilomètres de course. Dans la foule, les habitués et les sportifs professionnels toisent les nouveaux visages, plus jeunes, plus connectés, plus volubiles. Chaque année, le tracé, un des plus appréciés avec l’Ultra-Trail du Mont-Blanc et la Diagonale des fous sur l'île de la Réunion, attire son lot de curieux, des débutants toujours plus nombreux, pressés de goûter à l’ultra longue distance.
"Cela fait huit mois que j'y pense tous les jours", exulte Steven, trente ans, cheveux à ras et un rêve en tête : devenir "un finisher", faire partie des compétiteurs capables de terminer une course. Coureur depuis à peine quelques années, le jeune homme s’est mis à rallonger ses entraînements à force que l'algorithme lui propose des vidéos de courses. A peine le temps de nous livrer un pronostic - il pense boucler le tracé en moins de trente heures s’il ne s’écroule pas entre-temps - et déjà le peloton s'étire en direction des remparts de la vieille ville. Une nuit et un jour de chemins creux, de talus, de ponts de pierre, de moulins à...
-
27/08 - Décès de Ratko Mladic : derrière son arrestation en 2011, un nouveau départ européen pour la Serbie
Dans L'Express du 1er juin 2011Avec l'arrestation de Mladic, la Serbie exprime son besoin d'Europe
Avec le transfèrement de Mladic, la Serbie ne s'est pas seulement soumise à la pression de la communauté internationale. Elle a démontré sa volonté de combattre ses propres démons pour tourner la page et envisager l'avenir.
Il y a tant de bourreaux des peuples encore en liberté que l'arrestation de l'un d'entre eux déclenche spontanément un concert d'applaudissements. De ce point de vue, l'interpellation, au terme de seize années de cavale bénéficiant de complicités diverses, de Ratko Mladic, ancien commandant en chef de l'armée de la République serbe de Bosnie, apparaît comme une victoire hautement symbolique du droit international. A part la Russie, allié inconditionnel des ex-dirigeants serbes, on ne compte plus les gouvernements européens qui se félicitent de la clôture de ce "chapitre très malheureux de l'Histoire" et du nouveau départ ainsi offert à la Serbie.
Le procès à venir de Mladic, responsable, entre autres, du massacre de Srebrenica, qui fit 8 000 victimes en 1995, et du siège de Sarajevo (de 1992 à 1995), lèvera en effet un grand obstacle sur la route de l'Union européenne, laquelle conditionne l'intégration future de la Serbie à sa coopération pleine et entière avec le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY).Le rôle clef des Pays-Bas
Cette juridiction, instituée en 1993 par une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU pour poursuivre...
-
27/08 - Moyen-Orient : comment les houthistes du Yémen développent leurs réseaux en Afrique
C'est une stratégie d'expansion qui reflète les efforts déployés par l'Iran et le Hezbollah libanais, dans les années 2000, pour transformer les groupes armés non étatiques qu'ils parrainaient en un réseau à l'échelle du Moyen-Orient. Les rebelles houthistes du Yémen, soutenus par Téhéran et opposés aux forces armées gouvernementales du pays, étendent leur influence dans la Corne de l'Afrique, une péninsule de l'est africain, selon un rapport rédigé par The Century Foundation, un groupe de réflexion américain.
Par cette "offensive" dans la Corne de l'Afrique et ses environs,les houthistes "démontrent qu'ils cherchent à s'implanter comme un nouveau pôle d'activité de l''Axe de la Résistance' dans la région", estime la Century Foundation, relevant que leurs efforts "s'inscrivent dans une stratégie planifiée et mise en œuvre par un noyau d'agents basés à Sanaa", la capitale du Yémen. "Tournés vers l'avenir et s'inspirant des stratégies des Gardiens de la révolution et du Hezbollah, les houthistes développent progressivement leurs propres réseaux le long de la mer Rouge et du golfe d'Aden, accélérant ainsi leur transformation d'un réseau périphérique en un réseau central", soulignent les auteurs de ce rapport publié lundi 24 août.
"L'avantage des houthistes réside dans leur possession d'atouts convoités" par des groupes armés implantés dans la région, relèvent-ils, à savoir des "armes, des technologies, un savoir-faire, des chaînes d'approvisionnement et un accès à l'Iran"....
-
27/08 - Maroc : cette fuite de données massive qui expose des agents du renseignement
"Jabaroot" refait parler de lui. Ce groupe de hackers a diffusé, lundi 24 août, sur le réseau social Telegram, les données de 70 000 membres présumés des services de sécurité et de renseignement du Maroc, rapporte le site d'information espagnol El Confidential. Une seconde liste publiée par les pirates informatiques contient les noms, grades et données bancaires de 1 400 agents marocains présumés des services de sécurité ou des renseignements.
L'exactitude de l'authenticité de ces données n'est pour le moment pas établie. Toutefois, rapporte le site espagnol, "la liste a été jugée authentique (au moins partiellement) par plusieurs anciens agents des services de renseignements marocains, qui ont confirmé à El Confidencial que certains des noms divulgués appartenaient à la Direction générale de la sécurité et du renseignement (DGST, la sécurité intérieure)". D'après ce site d'information, il s'agit de "la plus importante faille de sécurité à laquelle les services de sécurité du royaume ont jamais été confrontés". Numéros de carte d'identité, comptes bancaires…
Selon les informations du Monde, qui a consulté quatre tableurs répertoriant pour l’essentiel des anonymes, le nom de hauts cadres des directions générales de la sûreté nationale (DGSN) et de la DGST, dont leur patron, le puissant Abdellatif Hammouchi, y figurent. On y retrouve également des directeurs régionaux et des chefs de départements, notamment de l’antiterrorisme et du contre-espionnage.
Les agents de...
-
27/08 - Comment les pays arabes perçoivent-ils la France et l’Europe ? Ce que révèle un sondage, six mois après le début de la guerre en Iran
Il y a six mois, le 28 février, les Etats-Unis et Israël entraient en guerre contre l’Iran. Un conflit dont la durée et l'intensité bouleversent la stabilité régionale, du Moyen-Orient à l’Afrique du Nord. Cette guerre divise aussi les gouvernements européens, qui ont d'abord soutenu la chute du régime iranien avant de rejeter toute participation active au conflit. Avec quel résultat pour leur image ?
Cet été, la fondation Konrad-Adenauer (KAS), un institut de recherche allemand spécialisé dans les études géopolitiques et les enquêtes d’opinion, a mené un vaste projet dans sept pays arabes du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord : Maroc, Liban, Egypte, Jordanie, territoires palestiniens, Tunisie et Syrie. L'institut allemand a notamment cherché à comprendre l'impact de cette crise sur l'image de l'Europe.
"Les publics d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient ne sont ni anti-occidentaux ni pro-autoritaires par principe, leurs opinions sont conditionnelles", explique Michael Robbins, l'auteur du rapport. Réalisée par téléphone auprès de 8 475 personnes, cette étude offre un cliché instantané des perceptions arabes face aux rôles de la France, de l’Allemagne ou encore de l’Union européenne sur la scène internationale.Au Liban, 79 % de vues favorables à la France
L'un des principaux enseignements du sondage de KAS concerne l'image de la France, qui bénéficie d’un regain de sympathie dans la région ces dernières années. Les chiffres sont éloquents par rapport à la dernière étude,...
-
27/08 - Ukraine, Iran, Otan : ce que le directeur de la CIA est allé négocier secrètement en Russie
Une "visite de routine". Voilà comment Donald Trump a qualifié mercredi 26 août le déplacement à Moscou qu'a effectué la veille le directeur de la CIA, John Ratcliffe. Lors d'une interview radio, le président américain n'a pas précisé pourquoi le patron des espions s'était rendu en Russie, mais a indiqué que cela pourrait s'avérer utile. "ll pourrait en sortir quelque chose. Nous travaillons d’arrache-pied pour mettre fin à cette guerre", a déclaré le dirigeant à l’émission de Glenn Beck, en référence à la guerre en Ukraine.
La Russie a confirmé ce voyage, mais a également été peu loquace sur les raisons. Selon le Kremlin, John Ratcliffe s'est entretenu avec des responsables du renseignement russe mais n'a pas rencontré Vladimir Poutine. Dmitri Peskov a indiqué aux journalistes que le président russe avait été informé des résultats des entretiens avec John Ratcliffe, mais a refusé de fournir davantage de détails. "Tout ce que je peux vous dire, c'est qu'il y a eu des contacts par l'intermédiaire des services de sécurité. Je peux vous dire qu'il n'y a eu aucune rencontre avec le président russe. Naturellement, le président Poutine est tenu informé de tout sans délai", a-t-il déclaré.Dissuader d'une attaque contre un pays de l'Otan…
Plusieurs médias américains ont quant à eux donné des détails sur les motifs de cette visite éclair, où le patron du service de renseignement n'est resté qu'environ quatre heures. Selon plusieurs sources proches du dossier interrogées par CBS...
-
27/08 - Jean-Luc Mélenchon et l’effacement de la dette : deux mensonges et une omission
Jean-Luc Mélenchon a fait du simplisme économique une arme redoutable de conquête du pouvoir. Qu'importe si au passage, il doit tordre la réalité, multiplier les mensonges, contrevérités et omissions. Le dernier épisode en date : l'effacement d'une partie de la dette publique, ou son gel. "Il suffit d'y aller, la prendre et la foutre au feu" ou variante "la mettre au frigo", martèle le leader de la France insoumise. Alors que le pays plie sous une dette publique qui approche les 117 % du Produit intérieur brut, il suffirait donc de gommer une partie de ce fardeau pour permettre à l'Etat de retrouver un peu d'air, financer la transition écologique, mieux rémunérer les enseignants ou engager davantage de pompiers.
La partie en question ? Les quelque 600 milliards d'euros d'obligations publiques détenues par la Banque de France à la fin juillet - soit près de 20% de la dette tricolore -, d'après les dernières statistiques révélées par l'institution. Cette somme est le résultat des deux programmes d'achats de titres publics pilotés par la Banque centrale européenne (BCE) au cours de la dernière décennie : le PSPP, Public Sector Purchase Programme, imaginé en 2015 au lendemain de la crise des dettes souveraines, et le PEPP, Public Emergency Purchase Program, lancé au moment du Covid pour permettre aux Etats de la zone euro de maintenir à flot leurs économies.
Concrètement, chaque année, le Trésor français verse à la Banque de France les intérêts qu'il lui doit, comme il le...
-
27/08 - IA : Legora, la start-up suédoise qui a conquis les avocats
Les prétoires ont fait des gorges chaudes de l’affaire. En 2023, deux avocats new-yorkais sont condamnés à 5 000 dollars d’amende pour avoir brandi des jurisprudences... inventées par ChatGPT. La polémique n’a pas signé le divorce du droit avec cette technologie, bien au contraire. Le spécialiste de l’IA juridique Legora connaît depuis 2023 une fulgurante ascension. En quelques années d’existence, le Suédois a ouvert 17 bureaux et atteint 100 millions de dollars de revenus annuels récurrents. Des résultats qui lui permettent de prétendre à une valorisation élevée. À la suite de sa dernière levée de fonds de 550 millions, en mars, la firme est estimée à 5,5 milliards de dollars. Selon le Financial Times, un prochain tour de table pourrait la propulser à 10 milliards.
Les trois ingénieurs fondateurs – Max Junestrand, Sigge Labor, August Erséus - ont fait preuve de flair. Leur idée germe lorsqu’ils voient un camarade s'échiner un été à résumer des dossiers pour un cabinet d’avocats. A l’époque, aucun logiciel ne sait faire cela. Mais fin 2022, OpenAI dévoile GPT 3.5. Le trio pressent que ces grands modèles de langage vont radicalement transformer le monde juridique. “Nous avons construit un prototype, il a tout de suite fonctionné et nous avons quitté nos emplois pour monter l'entreprise”, raconte le PDG Max Junestrand.
La fortune sourit aux audacieux. Un mois plus tard, l’équipe tope avec l'un des plus gros cabinets d’avocats suédois, Mannheimer Swartling, et prend ses...
-
27/08 - Présidentielle 2027 : le poids caché de l’IA dans le choix des Français
Sans imprimerie, la Réforme n’aurait sans doute pas embrasé l’Europe avec la même ampleur ; sans radio, pas d’appel du 18 Juin, ni de "guerre des ondes" entre Londres et Vichy ; sans télévision, probablement pas de phénomène Lecanuet en 1965. Il paraît dès lors étrange d’imaginer que l’intelligence artificielle, qui peut tout à la fois créer des visuels de campagne, élaborer un programme, rédiger des discours, informer les électeurs des vicissitudes de la vie politique et même les aiguiller dans le choix d’un candidat, traverse la présidentielle de 2027 sans en modifier la grammaire.
D’autant que, près de cinq ans après la sortie des premières versions de ChatGPT, l’utilisation des LLM, et plus généralement de l’IA, s’est massivement généralisée. Afin de comprendre la place que s’apprête à prendre ce qui est parfois décrit comme la quatrième grande révolution industrielle, l’Ifop a ainsi réalisé, à l’occasion des universités d’été que le Laboratoire de la République, fondé par l’ancien ministre Jean-Michel Blanquer, organisera à Sens les 28 et 29 août, une étude dont les résultats vous sont dévoilés en exclusivité par L’Express.Le spectre d’une présidentielle manipulée
Sans surprise, une grande majorité des Français (86 %) craint que l’IA soit instrumentalisée dans le but d’influencer le résultat de la prochaine élection suprême ; une inquiétude qui transcende les clivages générationnels, idéologiques et socio-économiques. 40 % d'entre eux la perçoivent même comme un...
-
27/08 - Yannick Jadot et Sandrine Rousseau, la guerre des Ecologistes : "La poussière sous le tapis ressort au pire moment"
"Il y a un risque de scission des écolos", prévenait Yannick Jadot en mai, en petit comité. Bien sûr, le sénateur connaît mieux que personne le parti qu’il a cofondé. Alors plutôt que de subir cette scission, il l’a provoquée. Ainsi, sans vraiment surprendre les siens, il a annoncé ce lundi matin rejoindre la campagne de Raphaël Glucksmann, "sans hésitation et avec enthousiasme", a-t-il jugé bon de préciser sur France Inter. Il n’est pas plus surprenant que Sandrine Rousseau prône, dans les colonnes de Libération, une alliance avec LFI. "Le plus étonnant, c’est que la scission n’ait pas eu lieu avant", relève un élu écologiste.
Quoi de commun, en effet, entre une écologiste radicale et un réformiste ? Comment l’écoféministe et le "réalo" ont-ils pu siéger si longtemps dans le même parti ? Chez les Verts, on se pose la question depuis (au moins) cinq ans. Cruel contraste : tandis que les insoumis, qui se voient déjà à l’Élysée, se projettent sur le jour d’après, les écolos sont coincés en 2021. Les mêmes acteurs prônent les mêmes orientations. Jadot-Rousseau, éternels visages d’un parti qui se cherche.
Retour vers le passé. En septembre 2021, Sandrine Rousseau se hisse à la surprise générale au second tour de la primaire écologiste qu’elle perd d’un cheveu - son concurrent l’emporte avec 51,03% des voix. Certes, Jadot a gagné, mais Rousseau n’a pas perdu. "Je suis loyale et j’appellerai à voter pour Yannick Jadot mais ce mouvement-là, ce n’est pas automatique et ce...
-
27/08 - "Aux Etats-Unis, on peut vendre du poison, mais pas le cacher" : l’argument qui oblige Meta à se transformer
Les montants illustraient bien l'énormité de l'enjeu. Meta, propriétaire de Facebook, Instagram ou encore WhatsApp, craignait de devoir débourser jusqu’à 1 400 milliards de dollars de pénalités. Soit, à peu de chose près, l’entièreté de sa valorisation boursière. Moins, tempéraient ses adversaires - une trentaine d’Etats américains rassemblant quelque 3 000 poursuites sur des violations du droit des consommateurs et de la protection de la vie en ligne des mineurs, le cœur des faits qui lui sont reprochés. Mais tout de même, au bas mot, 200 milliards de dollars. Une somme rondelette, équivalente à celle déboursée par les cigarettiers à l’aube du nouveau millénaire, et au bout d’un feuilleton cataclysmique sur le plan réputationnel : on ne badine pas avec les victimes du tabac, et au moins autant, au XXIe siècle, avec la santé mentale des enfants.
Mercredi 26 août, Meta a ainsi préféré mettre un terme au méga procès commencé il y a seulement une semaine à Oakland, en Californie. Moyennant une facture plus modeste - près de 17 milliards de dollars - et surtout des transformations importantes de ses réseaux sociaux et de la manière dont ils sont proposés aux mineurs de 13 à 17 ans. Au menu, entre autres : des limites d'utilisations quotidiennes, des restrictions nocturnes sur Facebook et Instagram, des interdictions de fonctionnalités qui exacerbent l'addiction et en conséquence les problèmes de santé mentale, comme le nombre de clics sur un bouton "j’aime". Des changements...
-
27/08 - Du Quai d’Orsay à la DGSE, les coulisses de la libération des otages français à l’étranger
L’ordre est tombé brutalement, sans aucun signe avant-coureur. Ce 12 juin 2024, un gardien de la prison d’Evin, à Téhéran, vient trouver Louis Arnaud dans sa cellule. "Dans cinq minutes, on part", lâche-t-il, mettant fin à plus de 620 jours d'enfermement. Deux ans plus tôt, le Français a été arrêté par les autorités iraniennes lors d'un voyage touristique, et condamné par la suite à cinq ans de prison, accusé de “propagande contre le régime” et atteinte à la sécurité de l’Etat en pleine vague de manifestations déclenchées par la mort de Mahsa Amini. Depuis, les réseaux diplomatiques et les agents du renseignement français sur le terrain s’activent pour faire cesser sa détention, qualifiée "d’arbitraire" par le Quai d’Orsay.
À sa sortie d’Evin, un agent de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) se présente au jeune homme pour lui exposer le programme des prochaines heures. Il sera d’abord conduit jusqu’à Oman, État qui a joué un rôle important d’intermédiaire dans sa libération, avant de rejoindre la France. Dans le salon de l’aéroport de Mehrabad, à Téhéran, Louis Arnaud tente d’encaisser le choc et assiste à des scènes qu’il juge "invraisemblables" - comme lorsqu'un chef des services de renseignement iraniens lui exprime sa joie de le voir libéré. "Il m’a dit qu’il avait beaucoup travaillé pour ça, et m'a même offert des cadeaux", raconte l’ancien prisonnier, alors trop estomaqué pour réagir. Avant son départ, on lui demande de signer un document...
-
26/08 - Meta : ces nouvelles restrictions pour les adolescents américains sur Instagram et Facebook
Sous la pression de la justice américaine, Meta s'apprête à réécrire les règles d'Instagram et Facebook pour les moins de 18 ans. Le groupe a trouvé ce mercredi 26 août un accord avec une quarantaine d'Etats américains pour mettre fin aux poursuites judiciaires, acceptant de payer 16,7 milliards de dollars et de mettre en place de nouvelles restrictions pour les adolescents.
La Californie, le Colorado, le Kentucky et le New Jersey, à la tête d'un consortium plus large, affirmaient que Meta avait conçu Facebook et Instagram pour créer une dépendance chez les enfants, qu'elle connaissait les risques de ses plateformes, mais qu'elle avait caché cette information au public. Les plaignants pointaient des mécanismes désormais bien documentés : fil infini, notifications incessantes, algorithmes de recommandation ultra-personnalisés, tous conçus pour maximiser le temps passé en ligne et donc les revenus publicitaires.
L'accord met fin à ce procès en plein déroulement, alors que les témoignages d'experts et d'anciens salariés devaient encore se poursuivre. Pour les procureurs, il s'agit d'une victoire majeure : non seulement Meta devra payer jusqu'à 16,7 milliards de dollars sur dix ans, mais le groupe devra aussi modifier en profondeur le fonctionnement de ses applications pour les mineurs. Ce qui va changer pour les ados
Sous réserve d'approbation par un juge fédéral, les nouvelles règles s'appliqueront automatiquement aux comptes identifiés comme appartenant à des...
-
26/08 - Mort de Dolly Parton : une leçon d’unité pour l’Amérique de 2026
Avant de devenir une icône de la country, Dolly Parton fut longtemps réduite à une caricature. A la veille d'une de ses rarissimes apparitions scéniques en Europe - c'était en novembre 1978 au Théâtre Mogador - L'Express raillait cette nouvelle reine de la country "toute menue", "qui sent la meule de foin et la soupe aux fèves." Cinq ans après la sortie de Jolene, son tube planétaire, on s'amuse déjà de la plantureuse "nouvelle rage de l'Amérique", sans trop savoir ce que les Yankees peuvent bien lui trouver. Souvent, la chanteuse est réduite à ses abondantes boucles blond platine, à sa poitrine généreuse ou à ses tenues aussi seyantes que scintillantes. Et tant pis pour la musique...
Aux Etats-Unis aussi, Dolly Parton était régulièrement moquée pour son style vestimentaire ou ses origines provinciales, mais au fil des ans, sa popularité ne s'est jamais démentie. Les Américains lui vouaient un amour inconditionnel, qui transcende les générations, les divisions régionales ou sociales et même les affiliations partisanes. Dans un pays malade de sa polarisation politique, cela est suffisamment rare pour être souligné. "Il n’y a jamais eu personne comme elle, et il n’y en aura jamais", lui a d'ailleurs rendu hommage Donald Trump après sa mort, avant d'annoncer que les drapeaux seraient mis en berne pendant une semaine, en signe de deuil.
C'est que Dolly Parton est le plus bel exemple de rêve américain. Née dans une famille (très) nombreuse des Appalaches, à l'est du...
-
26/08 - De la fatwa contre Pokémon au parc Dragon-Ball : comment l’Arabie saoudite est devenue folle de mangas
Mars 2001, un conflit surprenant oppose Riyad à Bourg Palette. Dans une publication très sérieuse, le mufti d'Arabie saoudite et les plus hautes autorités religieuses du pays émettent une fatwa contre... Pokémon. L'ensemble des jeux et des produits dérivés sont concernés, sous prétexte que les cartes à collectionner s'apparentent à des jeux de hasard ou d'argent, interdits par l'islam ; le clergé affirme également que les symboles présents sur les cartes (comme des étoiles à six branches) renvoient au sionisme ou à la franc-maçonnerie, et que les évolutions des créatures rappellent la théorie de l'évolution de Darwin plutôt que la création divine. Enfin, les religieux jugent que les créatures et les paris associés possèdent les esprits des jeunes et perturbent leurs croyances. Cette interdiction refait surface en juillet 2016 lors du lancement mondial de Pokémon GO, l'autorité religieuse saoudienne ayant rappelé l'existence de cet édit de 2001 pour mettre en garde contre la version mobile en réalité augmentée.
Dix ans plus tard, la donne a changé, le royaume wahhabite aussi. Fini la croisade contre les mangas, place au développement économique et au "soft power" sous l'impulsion du prince héritier Mohammed ben Salmane. Lundi 24 août, ce dernier s'est rendu en France en grande pompe pour annoncer la création d'un parc d'attractions sur le thème de la franchise japonaise de mangas Dragon Ball Z près de Paris, un projet d'un montant de six milliards d'euros. "Vous connaissez...
-
26/08 - "Il reste à l’Europe Airbus, ASML, et c’est à peu près tout" : le regard cash de Dan Wang
C'est l'essai à lire si on veut tout comprendre au match qui oppose les deux superpuissances. Paru l'année dernière en anglais, Breakneck a fait sensation en montrant comment le modèle chinois, basé sur les ingénieurs, s'oppose à celui des Etats-Unis, dominé par les professions juridiques. Il est traduit en français par les éditions Arpa sous le titre La Chine à toute vitesse (3 septembre). Son auteur, Dan Wang, est né dans le Yunnan, a grandi au Canada, a étudié aux Etats-Unis avant de passer plusieurs années à Shanghai. Il est aujourd'hui chercheur à la Hoover Institution à l'université Stanford.
Pour L'Express, Dan Wang analyse les forces et faiblesses des Etats-Unis et de la Chine. Il fait surtout preuve d'un grand franc-parler pour évoquer le rapide déclin européen, alors que le Vieux Continent est selon lui en train de "perdre sur les deux fronts" face aux superpuissances. "L’Europe est vouée à un déclin dans un avenir prévisible" avertit-il, estimant qu'il nous reste quelques entreprises compétitives (Airbus, ASML, EDF...), les plus belles villes du monde et des... croissants. Et ce n'est pas les programmes de formations populistes comme le Rassemblement national ou l'AfD qui permettront d'avoir des économies plus saines...
L’Express : Les États-Unis et la Chine sont selon vous un peu comme le yin et le yang. Vous dépeignez les premiers comme étant une nation de juristes, la seconde d’ingénieurs. La Chine dispose également d’une épargne importante, tandis que les...
-
26/08 - Des médias Bolloré au RN : comment Xenia Fedorova a semé le chaos dans le "camp patriote"
Dix-neuf mois seulement. C’est le temps qu’il aura suffi à Xenia Fedorova - la chroniqueuse russe accusée de relayer la propagande du Kremlin en France et visée par un arrêté ministériel d’expulsion - pour semer la zizanie au sein de la droite radicale. Au Rassemblement national, à moins d’un an d’une élection présidentielle cruciale, la polémique lancée par son expulsion expose au grand jour de profondes divisions internes entre les tenants de la ligne historique russophile et ceux qui, autour de Jordan Bardella, défendent l’Ukraine. Dans l’empire médiatique de Vincent Bolloré, où sa protégée a bénéficié d’une liberté presque totale pour déverser dans l’espace public français le narratif du régime de Vladimir Poutine, son influence a suscité un profond malaise.
Tenant comme d'autres à rester anonyme, un journaliste du groupe a du mal à contenir sa colère. Il vit très mal l’évolution de la ligne éditoriale de son média depuis un an et demi : "la montée en puissance de Xenia Fedorova a clairement coïncidé avec le virage prorusse et la disparition, au début discrète et désormais absolue, du point de vue ukrainien". Au sein des rédactions du groupe, la pilule est difficile à avaler. La couverture du JDNews, affichant en majesté l’appel de Philippe de Villiers, Nicolas Dupont-Aignan, Luc Ferry et Henri Guaino à "renouer avec la Russie et à stopper l’escalade vers la guerre", a suscité l’indignation. "Quand on a vu que les "quatre fantastiques" étaient en couverture, on a...
-
26/08 - Comment la Chine réplique aux sanctions économiques imposées par les Etats-Unis à l’Iran
La guerre en Iran va-t-elle sérieusement menacer les relations diplomatiques entre les Etats-Unis et la Chine ? La coopération entre la Chine et l'Iran "s'inscrit dans le cadre du droit international et ne doit faire l'objet d'aucune ingérence ni perturbation", a mis en garde mardi 25 août Lin Jian, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères. "Pékin suit de près l'évolution de la situation et prendra toutes les mesures nécessaires pour défendre fermement ses droits et ses intérêts", a-t-il ajouté lors d'une conférence de presse.
En cause : l'offensive lancée la veille par Washington à l'encontre de Téhéran, visant "à asphyxier économiquement" la République islamique et ainsi à forcer une "fin" au conflit prolongé au Moyen-Orient. L'administration américaine a annoncé un renforcement des sanctions secondaires qu'elle entend imposer aux entités et aux pays qui entretiennent des relations commerciales avec l'Iran à travers le monde. Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, chargé de présenter ces mesures, a notamment précisé que les contrevenants seraient exclus du système financier libellé en dollars.
Washington n'a toutefois pas précisé nommément quels pays seraient visés, ni quand les sanctions évoquées entreraient en vigueur. Mais la Chine est dans tous les esprits. Scott Bessent a laissé entendre que Pékin ne serait pas exempté de sanctions. "S'ils facilitent les transactions et font partie de l’écosystème qui transforme le pétrole iranien...
-
26/08 - Présidentielle 2027 : les sondages, un mauvais arbitre du duel Edouard Philippe - Gabriel Attal ?
Cette primaire, il y croit. En l'automne 2025, Laurent Wauquiez vante à Edouard Philippe les mérites d'une grande compétition interne de la droite en vue de 2027. Le patron des députés LR mêle arguments sucrés et salés. Le maire du Havre, alors en baisse dans les sondages, y retrouverait une belle dynamique! Et puis, peut-il vraiment asphyxier la droite comme Emmanuel Macron l'a fait en 2022 ? "Macron partait d’un socle à plus de 23%. Tu ne vas rien siphonner en partant de 16%", lâche l'ancien président de l'UMP. Edouard Philippe n'est guère convaincu.
Cette primaire, il n'en veut pas. Le président de Horizons espère obtenir le ralliement de Gabriel Attal sur la foi de sondages flatteurs. "Il faut qu’Edouard soit à 20 à la rentrée, voire plus haut", glissait avant l'été un soutien du Havrais. Las, la dynamique n'est pas encore à l'œuvre. L'équipe de Gabriel Attal relaie avec gourmandise une enquête publiée par l'institut Harris Interactive. Edouard Philippe oscille entre 17 et 19% d'intentions de vote selon les hypothèses, quand le secrétaire général de Renaissance s'accroche avec 15% des suffrages (les deux prétendants sont testés séparément). "Il n'y a plus de favori", a assuré ce mardi Gabriel Attal sur LCI."Ecraser le match"
Les sondages sont appelés à être les juges de paix de cette primaire sauvage. Une telle compétition n'a pas de précédent : jamais un candidat à l'élection présidentielle ne s'est retiré au profit d'un concurrent sur la base d'enquêtes d'opinion....
-
26/08 - Classement des services secrets : le meilleur rapport qualité-prix n’est ni le MI6 ni la DGSE
Comment mesure-t-on l'efficacité d'un service de renseignement ? La réponse relève presque de l'impossible, tant le domaine est, par définition, secret. Difficile, pour le grand public, de comprendre comment sont utilisés les budgets d'organismes oscillant entre 30 millions et 1,5 milliard d'euros annuels. Disposer d'espions compétents est pourtant, comme nous le relevions déjà cet été, devenu un attribut de la puissance des Etats, au même titre que la possession de la bombe atomique ou d'un siège au Conseil de sécurité de l'ONU.
Au début du printemps, L'Express a décidé de constituer son propre palmarès des agences européennes, en sollicitant ceux qui connaissent le mieux cette matière - les espions eux-mêmes. Nous en avons tiré un classement de 21 pays, largement dominé par les Britanniques et leur MI6. La DGSE arrive deuxième. A l'inverse, la Lettonie, l'Autriche ou le Portugal occupent l'autre extrémité du classement. L'exercice a fait réagir au-delà des frontières françaises, et même européennes - tant mieux.
Une des remarques persistantes de certains de nos interlocuteurs - souvent issus de "petits" pays - n'a cessé de nous accompagner : ils soulignent qu'on devrait aussi juger les espions à l'aune de leurs moyens budgétaires. Comment ne pas être d'accord ? Sauf qu'il n'existait aucun outil pour mesurer ce "rapport qualité prix". Impossibilité comblée aujourd'hui avec notre classement : il suffit désormais de corréler le budget consacré à l'agence d'espionnage......
-
26/08 - Publications scientifiques : face à la Chine et l’Inde, le grand décrochage de la France
"La recherche mondiale [est] engagée dans un processus de globalisation susceptible de bousculer des hiérarchies séculaires en quelques décennies seulement", pointe le Haut Conseil de l'évaluation de la recherche et de l'enseignement supérieur (Hcéres) dans son dernier rapport sur la place de la France dans la compétition scientifique globale. Un euphémisme, tant la place de notre pays s'est dégradée au cours des vingt dernières années. Autrefois située parmi les principaux pays producteurs de publications scientifiques, tant en volume (sixième rang mondial en 2005) qu'en nombre de citations (cinquième rang mondial), la France s'est fait largement devancer aujourd'hui (onzième et dixième rangs respectivement), notamment par la Chine et par l'Inde.
Sur la même période en effet, New Delhi a doublé sa part dans le volume de production global, jusqu'à se hisser sur la troisième marche du podium tandis que Pékin a quadruplé la sienne, devançant même les Etats-Unis. Surtout, la Chine a fait des progrès considérables en termes d'excellence académique puisque plus d'un tiers des 10 % des publications les plus citées émane d'elle. En termes de reprises totales, les Etats-Unis restent toujours à la pointe avec près d'un quart des citations mondiales, mais ils ne produisent plus que 14 % des publications scientifiques mondiales, toutes disciplines confondues.La France décroche dans la compétition scientifique internationale.
Ce recul de l'Occident est visible dans plusieurs pays...
-
26/08 - La Chine prend une longueur d’avance dans la course aux missiles hypersoniques
La Chine a-t-elle pris une avance décisive dans la course à l’armement ? Pékin semble en tout cas avoir franchi un nouveau cap dans la course aux missiles hypersoniques. L'Armée populaire de libération aurait développé des planeurs hypersoniques capables d'éviter l'interception et d’employer des armes pouvant atteindre des cibles aériennes situées à plusieurs milliers de kilomètres, rapporte Bloomberg ainsi que The Telegraph.
L'ogive air-air manœuvrable, connue sous le nom de planeur hypersonique (HGV), est placée sur un missile balistique tiré en haute altitude, se détache, puis plane vers sa cible à plus de cinq fois la vitesse du son, tout en effectuant des manœuvres brusques et imprévisibles. Les planeurs hypersoniques (HGV) sont un type particulier d'ogive capable de manœuvrer dans l'atmosphère pour atteindre leur cible, ce qui accroît leur portée et complique leur interception par les systèmes de défense aérienne.
Selon Bloomberg, qui se base sur une source anonyme bien informée, l'armée chinoise aurait ajouté des capacités air-air à certains de ses missiles de croisière hypersoniques existants et aurait doté d'autres missiles de capacités anti-navires. Les armes air-air à longue portée sont considérées comme essentielles à tout conflit futur. Bloomberg relève qu'aucun autre pays n'utiliserait pour le moment d'armes combinant un planeur hypersonique et des missiles air-air.Le plus important arsenal de missiles au monde
Comme le détaille ce média américain, un...
-
26/08 - Face à Donald Trump, le Canada se tourne vers les armes européennes : les dessous d’un virage stratégique
Huit mille huit cent quatre-vingt-onze kilomètres de frontière commune finissent parfois par laisser quelques envies d’ailleurs. Pour ses prochains achats militaires, le Canada regarde vers l’Europe, sans pour autant jeter ses avions par la fenêtre ni rayer Washington de son carnet d’adresses. “Nous voulons être plus indépendants, plus résilients et moins dépendants de notre voisin du Sud”, résume à L’Express Stephen Fuhr, secrétaire d’État canadien à l’Approvisionnement de défense. Il précise aussitôt : "Nous restons partenaires et amis.” La nouvelle idée est de “diversifier ses partenariats pour ne pas dépendre excessivement d’un seul pays". Le calendrier pourrait difficilement être plus intéressant pour les industriels européens : Ottawa augmente brutalement ses dépenses militaires. Selon Fuhr, il a fallu dix ans au Canada pour passer d’un peu moins de 1 % à 1,5 % du PIB consacré à la défense, puis seulement huit mois pour atteindre 2 %. Beaucoup plus d’argent, donc, et beaucoup de matériel à acheter. Seulement voilà : quitte à sortir le carnet de chèques, Ottawa aimerait qu’une bonne partie de la somme reste au pays. "Si nous allons engager cet argent, faisons-en davantage au Canada lorsque nous le pouvons", explique Fuhr.
L’Europe peut donc garder le champagne au frais. Le gouvernement de Mark Carney vise 70 % de ses acquisitions de défense attribuées à des entreprises canadiennes. La formule paraît peu accueillante pour des géants comme Airbus, Safran ou Thales....
-
26/08 - Rebaptiser un lac pour humilier le Canada : la dernière menace de Donald Trump
C’est la goutte d’eau qui pourrait faire déborder le vase. Ce mardi 25 août, Donald Trump a déclaré qu’il songeait à rebaptiser, le lac Ontario qui s'étend à cheval sur la frontière américano-canadienne, en "Lake America", traduisez, Lac Amérique.
"Les Etats-Unis envisagent sérieusement de changer le nom du lac Ontario en Lac Amérique, dans la mesure où nous ne nous attendons plus à faire beaucoup d'affaires avec l'Ontario", a osé le milliardaire sur son réseau Truth social. Une sortie qui fait suite à l’escalade du conflit commercial entre les deux pays, sur fond de droits de douane. Un contexte de guerre commerciale
Samedi dernier, à l’occasion d’une rencontre sur le sujet, le Premier ministre canadien, Mark Carney, a quitté la table des négociations, estimant que Washington multipliait les exigences "injustes" envers son pays. Immédiatement, l’administration Trump a répliqué en annonçant des droits de douane de 50 % sur 20 milliards de dollars de produits canadiens. Un pari risqué pour les Etats-Unis qui sont de très loin le premier partenaire commercial du Canada (avec 70 % de ses exportations).
Des surtaxes punitives que Washington avait initialement prévues pour le 19 août, puis reportées, espérant à l’époque s’approcher d’un accord avec Ottawa. Il n’en a rien été. Au contraire, le Canada est revenu à la charge mardi en instaurant des taxes douanières pouvant atteindre 50 % sur les importations américaines. "Une attitude, à la table des négociations, qui...
-
26/08 - Les Français n’ont pas peur de la vérité, ils ont peur qu’on continue de leur mentir, par Manuel Valls
Cet été, la France a eu peur et la France a eu honte. L’assassinat monstrueux de Lyhanna, 11 ans, a glacé le pays et mis en cause notre système judiciaire. Des dizaines de milliers d’hectares sont partis en fumée, emportant forêts, champs et villages, révélant les effets du changement climatique et la limite de nos moyens, malgré le courage de nos pompiers. Les données de milliers de contribuables ont été dérobées au cœur même de Bercy, démontrant la fragilité de nos systèmes informatiques face aux cybermenaces. Trois drames de natures différentes, mais, à chaque fois, la confiance dans l’État qui se fissure. On attend d’abord de lui protection, prévention, secret de ce qu’on lui confie. Quand il vacille sur l’essentiel, tout le reste devient suspect.
Or le reste est immense. Jamais, depuis des décennies, une telle conjonction de défis ne s’était refermée sur nous. Il y a la dette et les déficits, qui ne sont plus une abstraction de technocrates mais une menace directe sur notre souveraineté, alors que la France emprunte à un taux supérieur à celui de la Grèce. Il y a notre système de retraite qu’il faut préserver absolument, mais il faudra travailler plus et plus longtemps. Ceux qui vendent le contraire promettent la ruine. Il y a l’immigration, dont la crise de Ceuta vient de rappeler brutalement la réalité : des dizaines de milliers de personnes franchissant une frontière en quelques heures, et un continent qui découvre sa vulnérabilité géopolitique. Il y a...
-
26/08 - Visite surprise du patron de la CIA à Moscou : un avertissement adressé au Kremlin ?
C'est une visite encore entourée de quelques mystères. Le directeur de la CIA, John Ratcliffe, s'est rendu mardi 25 août à Moscou, pour prendre part à des réunions avec des responsables russes, ont rapporté le site d'information Axios, qui cite deux responsables américains anonymes, et la chaîne de télévision américaine CBS News, citant des sources proches du dossier également anonymes. Selon Axios, John Ratcliffe, l'un des plus proches conseillers de Donald Trump, a quitté Washington dimanche et s'est rendu en Lettonie à bord d'un avion du gouvernement américain. Il a ensuite voyagé de la capitale lettone Riga à Moscou à bord d'un Boeing C-17 de l'US Air Force.
La Russie a confirmé ce mercredi ce déplacement du directeur de la CIA. Selon le Kremlin, John Ratcliffe s'est entretenu avec des responsables du renseignement russe mais n'a pas rencontré Vladimir Poutine. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a indiqué aux journalistes que le président russe avait été informé des résultats des entretiens avec John Ratcliffe, mais a refusé de fournir davantage de détails.
Axios et CBS News n'ont pas précisé le nom des responsables russes avec lesquels John Ratcliffe s'est entretenu, ni le programme des discussions. Ces réunions n'ont probablement pas duré longtemps : selon le Washington Post, le patron de la CIA n'est resté qu'environ 4 heures en Russie avant de repartir.
John Ratcliffe ne semble donc pas avoir profité de ce déplacement pour rencontrer le président russe...
-
26/08 - Les "Etats-Unis d’Europe", le rêve inachevé de Winston Churchill
Fort de la résistance à Adolf Hitler qu’il incarna aux heures sombres de la Seconde Guerre mondiale, Winston Churchill proposait aux Européens, il y a quatre-vingts ans, une feuille de route pour transformer leur continent dévasté en un vaste espace florissant : l’édification des "Etats-Unis d’Europe". A l’heure où le chaos géopolitique se répand à nouveau, ses préceptes méritent d’être exhumés.
Quand il prononce son discours, le 19 septembre 1946 à Zurich, l’homme d’Etat britannique n’est plus Premier ministre de Sa Majesté ; il a perdu le pouvoir un an auparavant. Son propos s’appuie sur sa seule autorité morale. Méditant sur le paradoxe d’un continent, héritier d'une civilisation éblouissante, qui vient d’être le théâtre des pires crimes jamais perpétrés contre l’humanité, il présente l’unification européenne comme le seul moyen de réparer celle-là tout en prévenant la répétition de ceux-ci.
Churchill appelle l’Allemagne, vaincue, et la France, qui a pris place à la table des vainqueurs, à effectuer le premier pas et à se réconcilier. A ses yeux, l'épanouissement de la "famille européenne" est impossible sans une France et une Allemagne "spirituellement grandes". Il recommande la création d’une "structure régionale" qu’il suggère de baptiser Conseil européen. Et il prédit que si l’Europe parvenait à s’entendre, "il n’y aurait pas de limite à son bonheur, à sa prospérité, à sa gloire".
Au sortir de la guerre, du point de vue des Britanniques comme des Américains, la...
-
26/08 - Il est urgent de redresser la productivité en France : les pistes de Patrick Artus
Depuis 2010, la productivité du travail - soit la valeur ajoutée créée par une personne au travail sur une temporalité définie - a progressé de 27 % aux États-Unis, contre seulement 13 % en France. Plus frappant encore : alors que la productivité américaine a gagné 16 % depuis le Covid, la productivité française reste inférieure de 3 % à son niveau de début 2019.
Cette faible croissance, puis ce recul de la productivité du travail en France, a de multiples conséquences négatives : recul du pouvoir d'achat des salariés - le salaire réel, corrigé de l'inflation, a baissé de 2 % de 2019 à 2024 -, générant une intensification du conflit de répartition pour le partage des revenus entre salariés et entreprises ; faiblesse de la croissance du PIB (1,4 % en 2023, 1,1 % en 2024, 0,9 % en 2025) et difficultés permanentes pour réduire le déficit. Les raisons d'un déclin
Ce phénomène a différentes causes. Conjoncturelles d'abord, avec le développement de l'apprentissage et la multiplication des entreprises "zombies", maintenues en vie par les aides publiques.
Le volume d'apprentis en France est passé de 306 000 (nombre d'entrées en formation) en 2017 à 847 000 en 2025. Cette hausse a généré un recul mécanique de la productivité du travail, puisque les apprentis ont naturellement une productivité faible. La réforme du financement de l'apprentissage de 2026, qui réduit notamment les aides pour les plus diplômés, devrait faire baisser leur nombre. Un recul favorable à la productivité,...
-
26/08 - Cinéma : "Paradise", comme s’il fallait des esclaves pour réparer l’esclavage
Kojo a 6 ans, il circule entre les voitures en vendant du poisson pêché par son père, un grand plateau sur la tête. La misère et la survie. Il se fait surtout de l’argent en allant acclamer le chef mafieux du coin qui jette les billets de banque depuis sa décapotable, haranguant la liesse soumise et enthousiaste. Kojo attrape quelques biftons qui viennent avantageusement gonfler le butin qu’il rapporte à son père, en train de réparer son filet de pêche. Il est fier, le père, et Kojo est heureux. Après trois acrobaties, il repart pour de nouvelles aventures.
Kojo (Daniel Atsu Hukporti) a 16 ans, son père est mort en mer. Kojo est devenu pêcheur, hissant le filet comme on danse : en chantant, en chœur, scène primitive d’une beauté qui donne envie d’être poisson. Au retour de la pêche, Kojo sort son livre du sac en plastique : il n’est pas comme les autres, il lit. Le gros problème de la littérature, en Afrique, c’est l’humidité. D’un certain côté, c’est ce qui la rend précieuse, sacrée. Sinon, il y a la télé, un poste pour vingt, les enfants assis par terre, les ados debout, les vieux sur un fauteuil de camping, tous devant un mélo hollywoodien à verser sa grosse larme. L’Amérique à portée d’écran plat.
Kojo fait l’inévitable mauvaise rencontre, celle du caïd distributeur de billets. Kojo fasciné, enrôlé dans la bande, se retrouve dans une cabane en compagnie d’une vingtaine de "brouteurs", ou "Yahoo boys", sortes de mineurs rivés à leur écran d’ordi, creusant le cloud à...
-
26/08 - Opération Ajax : le coup d’Etat qui a changé l’Iran
Les espions font souvent basculer l’Histoire. Dans l’ombre, depuis des siècles et partout sur la planète, certaines opérations ont défini le monde tel que nous le connaissons. Dans "Nid d’espions", le podcast de L’Express consacré au renseignement, on ouvre un dossier secret-défense, dans lequel le rôle des espions a tout changé.
Le 20 mars 2003, il est 4h du matin lorsque les premières bombes américaines tombent sur Bagdad : c’est le début de la guerre d’Irak. Ce conflit, qu'on appelle aussi la seconde guerre du Golfe, durera huit ans et fera près de 500 000 morts, jusqu'au retrait des troupes américaines en 2011.
Pour justifier cette guerre, Washington brandit un argument massue : les armes de destruction massive. Selon la CIA, l’Irak développerait en secret des armes chimiques et nucléaires. Seulement voilà, lorsque Bagdad tombe, le 1er mai 2003, aucune arme de la sorte n’est trouvée sur le territoire irakien. C’est ainsi la pierre angulaire de l’argumentaire américain qui tombe, en même temps que la capitale irakienne. Le monde entier comprend alors la supercherie, et Washington est accusé d’avoir manipulé le renseignement à des fins politiques.
Au cœur du scandale : la CIA. Alors que les États-Unis cherchent désespérément à obtenir des preuves contre le pouvoir irakien, la CIA va s’appuyer sur les informations d’un homme, surnommé "curveball" par les services secrets occidentaux. Un témoignage qui va servir d’argument à l’administration Bush, notamment devant la...
-
26/08 - Diplomates, espions, agents clandestins : comment Moscou poursuit sa guerre secrète en Europe
Deux hommes partagent une pinte dans un pub à Stockholm. Ils se connaissent et parlent le même langage : celui des diplomates… et celui des espions. Le premier est un officier du SVR, sous couverture diplomatique en Suède. Le second, un diplomate d'une ambassade étrangère. Ils se pensent à l'abri des regards. Grossière erreur : un cliché de leur conversation a été diffusé ce 10 août sur SVT, la chaîne publique suédoise.
L'image vient du Säpo, le service de sécurité intérieure suédois. "Nous avons pu suivre en détail leur conversation : quel type d'informations était transmis à l'officier de renseignement russe, quel genre de mission il lui confiait. Nous avons aussi découvert qu'il lui offrait des cadeaux en guise de paiement ou en récompense pour sa collaboration", détaille auprès de L'Express Christoffer Wedelin, directeur adjoint des opérations du Säpo, qui ajoute qu'un autre officier russe a été impliqué dans l'affaire. Ostracisé par les autres chancelleries, l'agent tente d'en faire un intermédiaire pour récolter des informations. A long terme, ces renseignements doivent permettre à Moscou d'influencer les décisions politiques suédoises et européennes.
Malgré l'invasion russe en Ukraine, les officiers sous couverture diplomatique continuent d'être actifs en Suède. A Vienne, pas moins d'un employé sur six des représentations russes en Autriche serait lié aux renseignements russes d'après un article du média russe indépendant Agentstvo, publié le 10 août. Un mois...
-
25/08 - Après Wildberries, Kiev cible Ozon et poursuit son offensive contre l’e-commerce russe
Du 23 au 24 août, l’armée ukrainienne a ciblé le géant russe du commerce en ligne, Ozon, à six reprises. Dans la nuit de dimanche à lundi, quatre sites de cet "Amazon moscovite" ont été frappés par des drones dans quatre régions du pays.
Entre autres, un entrepôt situé dans la Volga a été entièrement détruit. Dans la région d’Orenbourg, 300 employés ont été évacués après un départ de feu dans leur centre Ozon. Face à la menace qui pesait sur l’entreprise, certains de ses sites ont été évacués préventivement. Car ce n’est pas la première fois que les troupes de Kiev s’en prennent à un e-commerçant russe. Ces attaques font suite à l'annonce d'une campagne élargie contre les infrastructures logistiques du pays. Samedi, sur la messagerie Telegram, le ministère ukrainien de la Défense a revendiqué, une fois encore, ces frappes "systématiques" contre les centres de commerce en ligne.Entre 600 et 800 milliards de roubles de dégâts
Une campagne que Kiev justifie en affirmant que la plateforme de commerce fournit des composants aux troupes du Kremlin. Au-delà de cet aspect militaire, l'Ukraine entend également pénaliser l'économie russe. Un objectif qu'elle n'a pas eu de mal à remplir.
Avant Ozon, ses drones ont visé, des mois durant, Wildberries, le numéro un du secteur en Russie. "Les forces militaires ukrainiennes ont déplac
-
25/08 - Un projet à 6 milliards d’euros entre Paris et Riyad : vu de l’étranger, le pari risqué de Macron et MBS
Emmanuel Macron et son homologue saoudien, Mohammed ben Salmane - surnommé MBS - se sont accordés, lundi 24 août, sur la construction de trois parcs d’attractions. L’un d’entre eux, consacré au manga Dragon Ball Z, s’érigera bientôt à proximité de Cergy-Pontoise. Une poignée de main dont la portée est bien plus vaste que l'univers du divertissement. Dans la presse étrangère, nombre de journalistes semblent en tirer la même interprétation : un coup politique bienvenu pour Paris, une nécessité de résultats pour Riyad, et une diplomatie qui dépasse largement les manèges.Une aubaine politique
Pour le titre émirati, The National, l'annonce tombe à pic. Le quotidien estime que la nouvelle "devrait être bien accueillie en France", alors que le pays s’apprête à entrer en campagne présidentielle. De quoi permettre à Emmanuel Macron - qui ne pourra pas se représenter - d’imposer un héritage économique mélioratif, grâce à la création de 22 000 emplois et 6 milliards d'euros d'investissements saoudiens sur plusieurs années. De quoi soulager le chef de l’Etat alors que les débats électoraux sont dominés par les questions de dette publique et de pouvoir d'achat. D’autant plus que son exécutif devra encore se confronter à une dernière épreuve du feu à la rentrée : faire adopter son budget.
De son côté, l’Américain Bloomberg nuance l’effet de surprise de cette annonce franco-saoudienne. Citant Valérie Pécresse, la présidente d’Île-de-France, le titre rappelle que les équipes de la...
-
25/08 - Donald Trump surtaxe l’automobile canadienne, Ottawa promet une riposte "dollar pour dollar"
Relations glaciales et colère chaude. C’est sur son réseau social Truth Social que Donald Trump a exprimé, lundi 24 août, son courroux à l'encontre du Canada qui n'a pas plié durant leurs négociations commerciales, en fin de semaine dernière. "[Il, ndlr] ne sera plus traité comme un Etat ! Sur le commerce, et pas que, ils font partie des pires nations au monde avec qui traiter. Ils ont le droit, et pourtant, NOUS N’AVONS PAS BESOIN DU CANADA, ILS ONT BESOIN DE NOUS !", a-t-il posté.
Plus précisément, le président américain a annoncé qu'il appliquerait une augmentation de 50 % - contre 25 % actuellement - des droits de douane sur toutes les voitures ou pièces automobiles venues du Canada, à compter du 1er janvier 2027. À noter que les taxes sur les exportations canadiennes d’acier sont déjà établies à ce niveau, et ne devraient pas bouger. Refus canadien
Vendredi 21 août, Donald Trump et son homologue canadien, le Premier ministre Mark Carney, se sont entretenus pour éviter une escalade de la guerre commerciale entre leurs deux nations. Dans le détail, Donald Trump menaçait son homologue de l’application de droits de douane sur un ensemble de marchandises canadiennes d’une valeur de plus de 20 milliards de dollars (soit 17 milliards d'euros). Un moyen pour le président américain d’asseoir son autorité à l’international en vue des élections de mi-mandat en novembre prochain et de rappeler l’influence des Etats-Unis dans le commerce international depuis 1945.
Vendredi, à...
-
25/08 - Présidentielle 2027 : Raphaël Glucksmann peut-il rattraper Jean-Luc Mélenchon ?
Trois fois, Raphaël Glucksmann a prononcé le nom de son adversaire : Jean-Luc Mélenchon. Lors de sa déclaration de candidature, dimanche 23 août sur TF1, il n’a pas seulement dévoilé quelques unes de ses mesures phares. Il a aussi présenté, dit l’un de ses proches, "son offre politique dans un périmètre clair", question existentielle. Lui promet qu’en cas de victoire à la primaire des socialistes, "il n’y aura plus jamais d’accord avec Jean-Luc Mélenchon". Enfin, il enjoint le reste de la gauche à "arrêter d’avoir peur" de l’insoumis. Raphaël Glucksmann a eu beau offrir un record au 20 Heures de TF1 - l'annonce de l'eurodéputé a été suivie par 5,56 millions de téléspectateurs en moyenne, un peu plus que le candidat LFI sur la même chaîne en mai dernier - la réalité des sondages le rattrape le lendemain. Lundi 24 août, Mélenchon, crédité de 16 à 17 % d'intentions de vote au premier tour, se hisse au second tour face à Marine Le Pen dans trois des cinq configurations testées par l’institut Harris interactive-Toluna. Loin devant Glucksmann.Discours moral
Raphaël Glucksmann s’est donné pour mission d’enterrer Jean-Luc Mélenchon. Imaginait-il son némésis voler si haut ? Voilà deux ans que l’eurodéputé oppose, pour ce faire, un discours moral au patriarche de la gauche radicale. "Il est devenu ce mélange de trublion et de clown qui joue avec les pires codes de l’extrême droite française et de l’antisémitisme", affirme-t-il après que Mélenchon a déformé son nom de famille en...
-
25/08 - "En France, le comex est une pièce de Molière" : les vérités cinglantes de Morald Chibout
"On a déjà essayé de me tuer mille fois." Dans un monde de l’entreprise où les prises de parole des dirigeants sur le management sont souvent convenues, le ton de Morald Chibout tranche : direct, le verbe vif mais toujours courtois, comme lors de notre rencontre à l’occasion de la parution, le 26 août, de son nouvel ouvrage Les 7 péchés du management, comment nos entreprises s’autodétruisent (Dunod). L’ex-homme fort d’Henri Proglio puis de Vincent Bolloré, qui a occupé pendant près de trente ans des fonctions de direction générale, raconte l'envers du décor, souvent peu reluisant, du management, notamment dans les entreprises où il est passé – Orange, EDF, Autolib', T-Online, Casino, etc. Le livre est également nourri de témoignages et d'anecdotes d’autres dirigeants et dirigeantes. Déplorant que les ouvrages sur le sujet soient davantage "des manuels de politesse corporative" que le reflet de la réalité du terrain, l'auteur a voulu écrire "un livre sur le management et non de management."
On y retrouve des situations dans lesquelles bien des cadres se reconnaîtront, mais aussi les ressorts invisibles de la vie en entreprise et les clés pour ne plus les subir.
Réunionite, management toxique, comités de direction, ego, mépris du client... Dans un style enlevé, ce fils de parents illettrés d'origine algérienne, l’un des quatorze enfants d’une famille d’un quartier populaire de Châteauroux, que rien ne destinait à côtoyer les sommets du CAC 40, relate des scènes parfois...
-
25/08 - Comment les Etats-Unis comptent "asphyxier" l’économie iranienne
Nouvelle offensive américaine contre l'Iran. Elle se nomme l'opération "economic outcast" et a été annoncée par le secrétaire au Trésor des Etats-Unis, Scott Bessent, dans la soirée du lundi 24 août au cours d'une conférence de presse. Le but - nullement caché - de cette campagne : isoler encore davantage l'Iran. La semaine passée, le responsable politique avait déjà donné des indices sur les mesures à venir, précisant que la politique viserait l'"effondrement du régime [NDLR : iranien]".
Au-delà de l'ennemi iranien avec lequel a débuté une guerre en février dernier, Scott Bessent a aussi menacé tous ceux qui ne s'aligneront pas avec la décision américaine. "Qu'il n'y ait pas d'ambiguïté quant à la position des Etats-Unis : tout engagement économique avec ce régime meurtrier, de toutes les natures, exposera les responsables à la pleine portée de la puissance américaine." À bon entendeur.Patience limitée
Les équipes du Département du Trésor ont "cartographié chaque nœud, chaque facilitateur et chaque réseau que l’Iran a utilisé pour faire passer clandestinement du pétrole et échapper aux sanctions". Ce sont plus de 60 entités, individus et navires, un peu partout dans le monde, identifiées comme une aide au régime dans le cadre de la technologie nucléaire, de missiles ou dans l'économie du pétrole, qui seraient visés par des sanctions américaines.
Dans un deuxième temps, des punitions pourraient aussi s'abattre sur des institutions de l'un de ces cinq secteurs : les...
-
25/08 - Dans la tête de Vincent Bolloré : son nouveau parti politique, sa croisade et son obsession
Vincent Bolloré réside à villa Montmorency, sur la butte d’Auteuil, une résidence close, surveillée jour et nuit par des gardiens. Deux hôtels particuliers contigus lui servent de quartier général et d’adresse pour sa principale holding, la Compagnie de l’Odet. Dans la première demeure, son domicile caché derrière une haie de bambous. Ses amis, de l’époque où il recevait à dîner, décrivent une décoration bourgeoise, la bibliothèque abondante, parmi laquelle des manuscrits inédits. Son second hôtel particulier, donnant lui vers le boulevard de Montmorency, abrite ses bureaux. La 11e fortune de France, dont le groupe possède plus de 50 marques dans les médias, l’édition et la communication, y reçoit dans un salon que surplombe, posée sur un piédestal, une statue en plâtre de la Vierge. Regard de ciel finistérien, volubile, péremptoire, et dans les poches images pieuses et médailles miraculeuses qu’il distribue tel un missionnaire du siècle dernier - la conversion des foules, le dada de l’homme d’affaires officiellement retraité. Sur une étagère, une autre Vierge, en plastique celle-ci, contenant de l’eau bénite de Lourdes. Une amie la découvrant se prend à rire, le septuagénaire lui explique "avoir son yacht là-haut", comprendre à côté du bon Dieu. Le paradis, sa ligne de mire en version classe affaires.
Farouchement attaché à son minuscule quartier parisien, il parcourt, à pied, chaque matin, quelques centaines de mètres pour se rendre à la messe au foyer Jean Bosco,...
-
25/08 - Comment résister à Trump quand on est une "puissance moyenne" : les cinq leçons du Canada
C'est désormais officiellement une "guerre" entre le Canada et les Etats-Unis. Depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, le Premier ministre canadien Mark Carney a cherché à savoir comment répondre aux provocations et aux droits de douane américains. Le 20 janvier, à Davos, il s’est présenté devant le Forum économique mondial avec un discours qui a fait événement. Pendant des décennies, a-t-il expliqué, des pays comme le sien savaient parfaitement que "l’ordre international fondé sur des règles" n’était pas aussi bien rangé que son nom ne le laissait entendre. Les grandes puissances s’accordaient quelques libertés, le droit international variait selon les circonstances et le commerce n’était pas toujours aussi impartial que les communiqués. Mais l’ensemble restait suffisamment prévisible pour que chacun continue à jouer le jeu. Jusqu'à ce que Donald Trump - qui n'est jamais nommé dans le discours - ne change la donne.
Le président américain ne s’en prend pas seulement au Canada, mais aussi volontiers à celui qui le représente. Justin Trudeau, ancien Premier ministre, en avait déjà fait l’expérience : après avoir menacé Ottawa de droits de douane de 25 %, Trump s’était mis à l’appeler "gouverneur Justin Trudeau" et à présenter régulièrement le Canada comme un futur "51e Etat". Avec Mark Carney, le nom change, pas la méthode. Lors de leur première rencontre à la Maison-Blanche, en mai 2025, le Premier ministre a dû préciser que le Canada "n’est pas à vendre et...
-
25/08 - Vers une "intervention semi-militaire" de la Russie ? Pourquoi Moscou menace d’attaquer des usines britanniques
Les tensions diplomatiques s'aggravent encore entre Londres et Moscou. La Russie n'exclut pas d'attaquer des usines britanniques qui produisent des drones et des composants de missiles pour l'Ukraine après que le Royaume-Uni a accepté de partager les plans du système Storm Shadow avec Kiev. Ces menaces ont été proférées lundi 24 août par Andreï Fedorov, un conseiller influent de Vladimir Poutine, lors de l'émission Newsnight de la BBC.
Comme le relate The Telegraph, l'ex-vice-ministre russe des Affaires étrangères a affirmé que Vladimir Poutine subissait des "pressions" pour "prendre certaines mesures" contre Londres et que "tôt ou tard, il pourrait y avoir non seulement une réaction verbale, mais peut-être aussi une réaction visible de la Russie envers le Royaume-Uni".
Andreï Fedorov n'a pas explicitement indiqué comment Moscou attaquerait. Mais il a suggéré qu'un fabricant de drones ou de composants de missiles Storm Shadow pourrait être la cible d'une cyberattaque menée "non pas par la Russie" mais par des "sources inconnues". "Il pourrait y avoir différentes mesures politiques et je ne peux pas exclure à 100% la possibilité d'une intervention semi-militaire, par exemple", a affirmé à la BBC ce commentateur pro-Kremlin, qui intervient régulièrement à la télévision russe. La vulnérabilité de l'industrie britannique aux cyberattaques perpétrées par des acteurs malveillants a récemment été mise en lumière, le Telegraph avançant samedi que des pirates informatiques liés...
-
25/08 - Pourquoi l’Arabie saoudite ne paiera jamais pour les parcs d’attractions promis par Emmanuel Macron
Emmanuel Macron, Mohammed ben Salmane, Dragon Ball Z et les montagnes russes : ce n’est ni le titre d’un film d’auteur pop, ni celui d’une œuvre littéraire douteuse, mais bien le résumé, précis, de l'"énorme giga projet économique", martèle-t-on à l’Élysée, qui unit officiellement, depuis le 24 août, la France et l’Arabie saoudite.
Révélées par Politico fin juillet, des négociations conduites depuis le printemps 2025 entre le président français et le prince héritier saoudien ont abouti, à l'occasion de la venue de ce dernier à Paris, à la signature d’un accord entérinant la construction, dans le Val-d’Oise, de trois parcs de loisirs, de milliers de logements destinés à leurs salariés et la création de 22 000 emplois. Le tout, intégralement financé par 6 milliards d’euros d’investissements saoudiens. Qu’il est doux de "célébrer ainsi notre attractivité" (source Elysée), "la centralité de la France dans le domaine du tourisme" (source Elysée), le succès "des efforts déployés par le président depuis neuf ans pour assurer notre rayonnement" (source ? Elysée) ; quel esprit bougon pourrait trouver à redire devant une telle déferlante de bonnes nouvelles ?Rabelais aux oubliettes
Un premier nuage, pourtant, obscurcit le ciel de Cergy-Pontoise où doivent prendre vie les grands huit à l’effigie de Son Goku. Selon Le Monde, l’Arabie saoudite n’a pas encore obtenu l’autorisation d’utiliser les personnages et la marque Dragon Ball. Une négociation qui, d’après les sources du...
-
25/08 - Recrutement externe : comment éviter le syndrome du "Pourquoi pas moi ?"
"Pourquoi pas moi ?" Cette interrogation, Eric Gras, spécialiste du marché de l’emploi chez Indeed France, l’a souvent entendue. Entre jalousies et incompréhensions, les salariés sont particulièrement attentifs au profil d’un nouvel embauché. Si les cases "métier" et "soft skills" (qualités humaines) sont bien cochées dans la fiche de poste, les collègues, eux, savent vite repérer ce qui manque éventuellement à la nouvelle recrue.
"Cela peut challenger certains employés mais d’autres, qui pensent qu’ils auraient fait l’affaire et auraient pu ainsi progresser dans leur carrière, peuvent se sentir découragés. Ils peuvent même estimer qu’ils ne sont pas considérés alors qu’au même moment, le DRH se dit qu’il a fait venir une compétence pour compléter l’équipe et que c’est génial", décrit Audrey Richard, présidente de l’ANDRH (association nationale des DRH). Un hiatus, malgré des intentions respectables, de part et d’autre. "Je vis au quotidien cette double situation. Recruter en externe, c’est toujours un risque", affirme-t-elle.Gare au mythe du "sauveur"
Ce qui pose problème en premier lieu, c’est quand il n’y a pas de processus de recrutement interne, note Eric Gras. Néanmoins, selon Audrey Richard, de plus en plus d’entreprises optent désormais pour des postes ouverts en interne. Confrontées à l’enjeu de la rétention des talents, elles cherchent aussi à éviter de coûteux processus de recrutement. Cela nécessite de l’énergie, du temps pour les Ressources Humaines, mais...
-
25/08 - Des visas de travail à plus de 100 000 dollars : Donald Trump relance son projet qui inquiète la Silicon Valley
L'administration Trump revient à la charge. Le président américain relance son projet, retoqué par la justice, d'augmentation du coût des visas H-1B, pourtant essentiels au recrutement de talents étrangers, notamment dans les secteurs de la technologie, de l'éducation et de la recherche. L'administration Trump prévoit ainsi d'imposer des frais de 103 265 dollars aux employeurs qui recherchent des travailleurs étrangers qualifiés par le biais de ce programme, selon un projet de réglementation publié lundi 24 août.
En septembre 2025, le dirigeant issu du Parti républicain avait annoncé imposer 100 000 dollars de frais à toute demande de H-1B. En juin dernier, un juge fédéral a statué que cette taxe était illégale et a interdit à l'administration Trump de la percevoir. Cette décision faisait suite à une action en justice intentée par 20 Etats, menés par la Californie et le Massachusetts. Comme le précise le Washington Post, ce juge a estimé que Donald Trump avait imposé unilatéralement une taxe illégale, contournant le Congrès. ll avait également estimé qu’il n'avait pas tenu compte de l'impact de ses actions sur les secteurs connaissant une pénurie de main-d'œuvre, qui dépendent du programme H-1B pour embaucher des médecins, des infirmières et des enseignants. L'administration Trump a fait appel de cette décision devant la Cour d'appel des Etats-Unis et a demandé sa suspension en attendant l'appel, mais sa demande a été rejetée fin juillet.
Le président Trump a chargé le...
-
25/08 - Dette : les taux s’envolent et pendant ce temps Bercy brode
La France excelle dans un nouveau jeu : le cochon pendu. Cochon, comme ces pays méditerranéens que de beaux esprits qualifiaient de PIGS – Portugal, Italy, Greece and Spain – lorsqu’ils affrontaient la crise de leurs dettes souveraines (2010-2012). Désormais, "en zone Euro, la France est le pays qui emprunte aux coûts les plus élevés, avec des taux à 10 ans supérieurs à 4,13 %, devant l’Italie (4,08 %) et loin devant la Grèce (3,95 %), l’Espagne (3,71 %) et le Portugal (3,60 %)", pointe le bulletin d’Euronext daté du 21 août.
Pendu, comme ce nœud coulant qui étrangle chaque jour un peu plus les finances de l’Etat "dont la dette a une maturité moyenne de 8,5 ans et qui doit refinancer désormais à 4,13 % des emprunts souscrits entre 0 % et 1 % il y a 8 à 10 ans."
Sur RTL, David Amiel, le ministre des Comptes publics, a parlé d’un "coup de semonce" observé "dans le monde entier mais aussi malheureusement en France", appelant à un "compromis politique pour éviter le n’importe quoi budgétaire". Formules creuses, censées préserver les arbitrages prochains de Matignon sur le projet de loi de finances.
Mi-juillet pourtant, le même se montrait plus explicite, à défaut d’être convaincant. Questionné à l’Assemblée nationale par Matthias Renault, le député RN de la Somme, le ministre lui avait lancé : "Vous êtes le seul parti qui réussit à contribuer à la charge de la dette... sans gouverner. A chaque fois qu’un sondage vous est favorable, les taux d’intérêt augmentent." On peut...
-
25/08 - Comment un drone russe entièrement piloté par l’IA a tué trois Ukrainiens
C'est une première sur le front de la guerre entre la Russie et l'Ukraine et elle est particulièrement inquiétante. En Ukraine, un drone russe entièrement piloté par l'intelligence artificielle (IA) aurait frappé de manière autonome une station-service à Zaporijia, le 6 juillet, tuant trois Ukrainiens. Ce dramatique évènement, raconté en détails par le New York Times (NYT), pourrait constituer le premier cas documenté de civils tués par un drone russe équipé d'un système de ciblage automatique, selon Kateryna Bondar, chercheuse principale au Centre Wadhwani d'IA du Centre d'études stratégiques et internationales de Washington, interrogée par le quotidien américain.
Pour en arriver à cette conclusion, des responsables ukrainiens ont montré des débris de deux de ces drones russes Molniya à des journalistes du New York Times. Le média a photographié le module informatique Nvidia embarqué et a transmis les images à l'entreprise. La puce Nvidia utilisée lors de l'attaque de Zaporijia n'était pas cryptée. Nvidia, qui produit la majorité des puces équipant les systèmes d'IA les plus avancés au monde, a confirmé que les photos montraient un mini-ordinateur embarqué produit par la société, un Jetson Orin. De tels modules, qui ne coûtent que quelques centaines de dollars, ont été retrouvés sur plusieurs types d'armes russes.
Dans un communiqué, l'entreprise a indiqué que le mini-ordinateur était un produit grand public "destiné aux étudiants, aux développeurs et aux start-up pour...
-
25/08 - Lech Walesa après les accords de Gdansk en 1980 : "Nous avons gagné la première manche, la seconde sera autrement dure"
Cet article a été publié pour la première fois dans L'Express du 6 septembre 1980
La fenêtre va-t-elle rester ouverte ? Les ouvriers de la Baltique ont-ils seulement cassé un carreau ? La Pologne n'ose encore respirer le vent de liberté qui balaie le pays. Peur de voir s'envoler l'espoir né le dimanche 31 août, à 16 h 35, aux chantiers navals Lénine de Gdansk. Minute de stupeur : c'est bien la moustache de Lech Walesa qui apparaît sur l'écran des téléviseurs, en direct. Que tient-il à la main ? Un gigantesque crayon à bille, rouge et blanc, orné du portrait de Jean-Paul II : un des gadgets de la visite du Pape dans son pays, en juin 1979. C'est avec cet instrument que Lech va signer la page qu'avec 350 000 grévistes il vient de tourner dans l'Histoire. Sous le regard d'une statue de Lénine entourée de l'aigle polonais et d'un crucifix. Masque austère, costume gris, Mieczyslaw Jagielski, vice-Premier ministre, signe à son tour le document qui, pour la première fois en pays communiste, reconnaît à la classe ouvrière le droit de former un syndicat indépendant autogéré et le droit de grève ; qui réclame aussi la libération des prisonniers politiques et la levée de la censure.
Les questions se bousculent. Les plus inquiètes, d'abord. Le Kremlin va-t-il se contenter de froncer les sourcils ? Jusqu'à quel point tolérera-t-il l'atteinte portée au dogme communiste ? Et si d'autres pays du bloc socialiste sont touchés par l'hérésie polonaise ? Comment l'imaginer impassible au...
-
25/08 - Dustin Tingley : "Les Etats-Unis peuvent être le leader mondial des énergies propres, à condition de nouer des alliances"
L’affaire serait entendue. En fabriquant plus de 80 % des panneaux photovoltaïques aujourd’hui installés dans le monde, la Chine aurait remporté la course à l’énergie solaire. Vouloir la concurrencer sur ce segment serait un combat perdu d'avance. Mais si Pékin semble avoir remporté cette bataille, elle n’a pas encore gagné la guerre des énergies propres. Les Etats-Unis peuvent encore en devenir le leader planétaire, défendent les trois coauteurs d’un article récemment paru dans la revue Foreign Affairs.
Selon Dustin Tingley, titulaire de la chaire Thomas D. Cabot de politiques publiques à l'université de Harvard, et ses deux collègues, Washington pourrait reprendre l’avantage grâce à la géothermie et au nouveau nucléaire. Deux domaines dans lesquels les Etats-Unis disposent d’une forte expertise, et surtout bénéficient du soutien de Donald Trump. A la recherche d’une quantité massive (et si possible décarbonée) d’électricité pour alimenter leurs data centers, les géants de la tech ont aussi tout intérêt à investir dans ces technologies, estime Dustin Tingley. Entretien.
L’Express : Comment les Etats-Unis pourraient-ils encore battre la Chine dans la course aux énergies propres ?
Dustin Tingley : La Chine a fait d’énormes bonds en avant dans la fabrication des panneaux solaires, des batteries ou des véhicules électriques. Mais cela ne représente qu'une partie du portefeuille des énergies propres. Ils sont loin d'être aussi avancés en matière de géothermie ou dans les...
-
25/08 - Présidentielle 2027 : l’art de la surenchère verbale des modérés
La "rupture", mot magique et maudit de la présidentielle. Cette promesse d'un grand soir au peuple de droite avait porté la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. Las, la révolution ne vint pas et le terme est devenu synonyme de trahison politique. Vingt ans plus tard, les prétendants à l'Elysée du bloc central poursuivent cette surenchère verbale. Gabriel Attal promet de "renverser la table" et de "tout changer". Bruno Le Maire, pas encore sur la ligne de départ, propose une "autre France" et une réinvention de "fond en comble" du modèle français. Édouard Philippe annonce un programme "massif" en vue de 2027, même s'il ne fait pas vibrer la fibre révolutionnare.
L'alternance, ce serait donc eux. Deux anciens Premiers ministres, et l'ex-locataire de Bercy qui ont accompagné dix ans de macronisme. Les éléments de langage sont jumeaux. On doute de leur capacité à tout bousculer ? C'est justement car ils "connaissent le système" (Le Maire) et qu'ils ont de "l'experience" (Attal) qu'ils peuvent tout changer. Les voici tenants d'une radicalité institutionnelle.
Cette emphase n'est pas sans risque. L'histoire l'a montré : elle génère de la déception quand vient l'heure d'exercer le pouvoir. Parfois, avant. Édouard Philippe a qualifié dès 2024 de "massif" un programme pas encore ficelé. "Il met beaucoup de pression sur le projet qu’il prépare, il y a un risque déceptif", notait alors une ministre. L'émetteur parle plus fort que le message
Ce ton est surtout un aveu d'échec de...
-
25/08 - "Le réchauffement climatique affecte déjà la santé des générations futures" : le cri d’alerte d’une épidémiologiste
Les données provisoires des décès liés aux canicules à répétition de l'été commencent à arriver, et elles sont affolantes. Déjà au moins 7 300 morts en France, sans compter la vague de chaleur d'août, 4 500 en Espagne, 14 000 en Allemagne... Les risques du réchauffement climatique pour la santé se matérialisent et il faut se rendre à l'évidence : ils ne se limitent pas à l'installation sous nos latitudes du moustique tigre et des maladies qu'il peut potentiellement transmettre (dengue, chikungunya...).
Non seulement la hausse des températures nous épuise et parfois nous tue, mais ses conséquences pourraient aller encore bien au-delà, jusqu'à affecter les générations futures. Des indices toujours plus nombreux laissent en effet penser que les fœtus exposés à ces fortes chaleurs pendant la grossesse de leur mère pourraient voir leur santé durablement affectée, potentiellement jusqu'à l'âge adulte. Epidémiologiste et spécialiste de l'étude de l'impact des expositions environnementales sur les femmes enceintes et sur leurs enfants à naître, Johanna Lepeule, directrice de recherche à l'Inserm, détaille pour L'Express les données qui inquiètent les scientifiques. Entretien.
L'Express : Le réchauffement climatique actuel a-t-il déjà un effet sur la santé des générations futures ?
Johanna Lepeule : Tout à fait. Le réchauffement implique différentes conséquences : vagues de chaleur, transformations de la végétation, sécheresses, feux de forêt, augmentation de certains...
-
24/08 - IA et technologies de combat : le Royaume-Uni et l’Ukraine renforcent leur partenariat de défense
Le Royaume-Uni et l'Ukraine renforcent leur coopération dans le domaine de l'intelligence artificielle. Londres a annoncé, lundi 24 août, la signature d'un partenariat avec Kiev visant à développer conjointement des outils d'IA destinés à la défense et à la sécurité. Un accord qui permettra notamment aux chercheurs britanniques d'accéder à une plateforme ukrainienne alimentée par des données recueillies directement sur le champ de bataille.
Le Premier ministre britannique Andy Burnham et le président ukrainien Volodymyr Zelensky ont signé cet accord à Kiev, faisant du Royaume-Uni le premier partenaire international à obtenir un accès à Avengers AI Labs, selon un communiqué du gouvernement britannique. Cette plateforme ukrainienne repose sur une immense base de données comprenant cinq millions d'images annotées provenant du champ de bataille, avait indiqué début août le ministère ukrainien de la Défense. Une grande partie de ces données est issue de DELTA, un système de gestion du champ de bataille et de connaissance de la situation développé en Ukraine.
Les informations sont collectées par des caméras et des capteurs déployés sur le front ukrainien. Elles concernent notamment des chars, des systèmes d’artillerie, des drones et d'autres cibles militaires et servent à entraîner des modèles d'intelligence artificielle.Plus de 100 000 flux vidéo analysés chaque mois
Ces technologies sont déjà utilisées sur le terrain. Selon le ministère ukrainien de la Défense, des modèles...
-
24/08 - A l’approche des midterms, les démissions s’enchaînent dans l’entourage de Donald Trump
Alors que les élections de mi-mandat se tiendront en novembre et que l'agenda politique américain, tant intérieur qu'extérieur, est on ne peut plus chargé, Donald Trump vient de perdre deux de ses conseillers les plus fidèles. Si de tels départs n'ont rien d'inédit à l'approche des échéances législatives, ils pourraient tout de même handicaper l'administration. Car, depuis le début de son second mandat, le locataire de la Maison-Blanche s'est illustré par sa tendance à s'appuyer sur son cercle proche pour diriger le pays. D'autant plus que ces postes désormais vacants occupent une position particulièrement stratégique à l'approche des élections de mi-mandat qui s'annoncent d’ores et déjà corsées : la cote de popularité du président vient de chuter à 33 %, seuil historiquement bas.La crainte d'une défaite électorale
Le 12 août, la porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, a annoncé son départ de l'institution. Une décision que la très proche conseillère du président a expliqué sur X par la naissance de son deuxième enfant.
Serving as the White House Press Secretary over the past year and a half has been the honor and adventure of a lifetime. I am incredibly grateful to President Trump for granting me so many extraordinary opportunities, such as working in the West Wing and spending countless hours… https://t.co/4jyW61DGGh pic.twitter.com/xny1yccuBn— Karoline Leavitt (@karolineleavitt) August 12, 2026
Quelques jours plus tard, James Braid, conseiller en charge...
-
24/08 - De leurs bulletins de vote à leur passion pour les air fryers : les Français comme vous ne les avez jamais vus
C’est le livre que tous les candidats à la présidentielle doivent potasser, une cartographie de la société française aussi pointilliste que pop. Conçu par des disciples de Jérôme Fourquet et de Roland Barthes, fourmillant de données surprenantes et originales, Nous les Français (Robert Laffont, parution le 27 août) dresse un panorama souvent drôle, parfois inquiétant, toujours original, de nos concitoyens vus à travers leurs habitudes. On passe du vote RN à la pole dance, de l’épargne de précaution à l’achat d’un air fryer (une véritable phobie du gras s’est emparée de ce pays), ou du vélo-cargo au motocross, activité plus politique qu’on ne le pense généralement. Dirigé par Gérald Andrieu, l’ouvrage associe les textes de plumes brillantes (Laure Coromines, Jean-Laurent Cassely, Raphaël Llorca, Franck Dedieu, notre camarade Laureline Dupont, directrice adjointe à L'Express…), et des infographies élaborées par le data-analyste Mathieu Garnier.
Sous des airs d’inventaire à la Prévert avec 100 thèmes illustrés, Nous les Français est traversé par une question cruciale : qu’est-ce qui nous divise et qu'est-ce qui nous réunit encore ? Côté divisions, il y a l’embarras du choix. Prenez la distinction classique entre France des très grandes villes et le reste du pays, ce que le géographe Christophe Guilluy a baptisé "Métropolia" et "Péripheria". Dans les dix zones urbaines les plus importantes, qui regroupent environ 11 millions d’habitants et représentent seulement 1,2% de la...
-
24/08 - Allemagne : Zollverein, les trois vies d’une géante d’acier
Une forêt de poutrelles d'acier, d'immenses bâtiments de briques rouges, des tapis roulants suspendus dans le vide… A Essen, la silhouette du complexe de Zollverein raconte à lui seul l'épopée industrielle de la Ruhr. Les machines se sont tues, mais le site continue d'attirer des milliers de visiteurs venus découvrir l'une des plus étonnantes reconversions patrimoniales d'Europe.
Fondée en 1847 par l’industriel Franz Haniel, exploitée dès 1851, la mine Zollverein devient rapidement un modèle d’efficacité productive en s’adaptant au progrès. Au début du siècle suivant, il ne s’agit plus seulement d’extraire du charbon, mais de le transformer et de le rationaliser à grande échelle. En 1932, la construction du puits d’extraction central XII, conçu par les architectes Fritz Schupp et Martin Kremmer, incarne cette ambition avec ses volumes rigoureux et son monumental chevalement d'acier. Cette architecture moderniste, aujourd'hui emblématique, accompagne celle qu’on surnomme alors "la plus belle mine du monde". Pendant plusieurs décennies, des milliers de mineurs descendent chaque jour sous terre, Zollverein vit au rythme des fours et de la chaleur du coke, son charbon alimentant les aciéries, les usines et les centrales électriques qui font de la Ruhr le moteur économique de l'Allemagne. Mais à partir des années 1960, la concurrence internationale et l'évolution des sources d'énergie précipitent le déclin de la filière. Lorsque l'extraction cesse définitivement en 1986,...
-
24/08 - Cyberattaques : demain, tous hackés ? La nouvelle bataille de l’identification
Le phénomène touche n’importe qui, même les plus aguerris. Benoît Grünemwald, expert en cybersécurité au sein de l’entreprise Eset, est une victime parmi d’autres d’une fuite de données. Un jour, il est descendu dans le terrier pour le vérifier : sur le "dark Web", là où les hackers se réunissent et fixent le prix de leurs butins. Ce spécialiste des attaques informatiques avait eu vent d’une faille sur un site de réservation de voyages où il avait effectué une transaction. Il y retrouve le numéro de ses billets, le nom des passagers - sa famille -, sa destination, la durée exacte de son séjour, son adresse IP… Et finit par se questionner : y a-t-il beaucoup d’autres informations qui circulent sur son compte, livrées aux plus offrants ?
Sans doute, vu le degré de numérisation de nos vies. A minima des mots de passe, des adresses postales, des numéros de téléphone. Et des éléments plus sensibles encore. Des plateformes comme fuitesinfo.fr ou bonjourlafuite.org recensent quasi quotidiennement les brèches de sociétés privées - Intermarché et SFR rien que cet été - et de services administratifs et gouvernementaux. Une étude de la société de cybersécurité Check Point, datée d’avril 2026, rapporte que ces derniers sont devenus la principale cible, avec pas moins de 2 200 attaques par semaine en moyenne, dans le monde. La France, fortement numérisée, est une victime récurrente. "Nous avons un nouveau service : France Passoire", ironise la sénatrice Nathalie Goulet, dressant la...
-
24/08 - Missiles longue portée : le plan allemand à 12 milliards contre la Russie
L'Allemagne prévoit d’investir près de 12 milliards d'euros dans la constitution d'un nouvel arsenal de missiles longue portée, destiné à dissuader la Russie, selon des documents du ministère allemand de la Défense consultés par Politico. L'objectif : permettre à la Bundeswehr — l’armée allemande — de frapper des cibles situées à plusieurs centaines, voire plusieurs milliers de kilomètres derrière les lignes ennemies, notamment des centres de commandement, des aérodromes, des lanceurs de missiles ou des centres logistiques. Le dispositif est présenté dans les documents internes comme une priorité pour l'Allemagne et l'Otan, qui correspond à la volonté de disposer d’une arme permettant de riposter fermement à une attaque, en restant toutefois "sous le seuil nucléaire".Alliage de missiles à bas prix et Tomahawk longue portée
Le plan doit se déployer en quatre étapes, selon les informations du journal américain. La première prévoit, dès 2027 le déploiement d'un nouveau missile de croisière peu coûteux. Trois candidats seraient actuellement identifiés : l'Anthem de la start-up américano-israélienne Covenant Industries, le BARS, proposé par une entreprise ukrainienne non nommée, et le Flamingo de la société ukrainienne Fire Point. Le gouvernement allemand travaillerait d’ores et déjà sur de grands accords-cadres avec ces entreprises, ce qui permettrait la production en masse des missiles. Une stratégie inspirée directement de la guerre en Ukraine, où l'emploi massif de drones...
-
24/08 - Les "Phrygiens, ces hauts fonctionnaires qui travaillent en secret pour Jean-Luc Mélenchon
Discrètement, ils se sont installés dans les collectivités locales et les ministères. Près de 80 hauts fonctionnaires, organisés sous le nom de "Phrygiens" - référence à la Révolution française - se sont mis au service de Jean-Luc Mélenchon. Leur rôle : assister le septuagénaire dans sa course à l'Elysée, préparer son arrivée au pouvoir et aider son parti à "monter en compétence". Disséminé dans les plus hautes sphères de l'Etat, ce réseau chapeauté par Clémence Guetté, cadre de La France insoumise et vice-présidente de l'Assemblée nationale, est chargé de produire des notes, des rapports et des études pour aider le parti dans sa campagne, révèle franceinfo. Un soutien d'autant plus précieux pour le quadruple candidat qui s'est souvent vu reprocher par ses opposants le manque de crédibilité de certains aspects de son programme, l'Avenir en commun, en particulier sur le volet économique. Un réseau ultra-confidentiel
Toutefois, si ce genre de réseau n'a rien d'inédit - le RN s'est doté d'un groupe d'alliés institutionnels similaire, baptisé Horace - les "Phrygiens" mélenchonistes œuvrent dans l'ombre. Depuis mai 2026, ils se dissimulent. "Pour ne pas mettre en danger nos carrières", justifie l'animateur du groupe, assurant qu'il persiste "une forme d'hostilité vis-à-vis de LFI dans la haute fonction publique".
Aussi, pour garantir cette confidentialité, leurs échanges s'organisent sur le réseau social crypté Telegram. Sinon, les "Phrygiens" se rencontrent en présentiel,...
-
24/08 - Le bunker secret de la Maison-Blanche qui fragilise la version officielle de Donald Trump
Depuis des mois, Donald Trump s’échine à défendre la construction d’une immense salle de bal à la Maison-Blanche dotée d'un sous-sol militaire, au nom de la sécurité nationale : celle-ci serait la seule installation sécurisée, selon lui, à pouvoir protéger les futurs présidents en cas d’attaque. Peine perdue : selon une enquête du Washington Post publiée dimanche 23 août, le complexe présidentiel dispose déjà d’une installation souterraine hautement renforcée. Un bunker, construit en secret après les attentats du 11-Septembre et finalisé sous la présidence Obama, ont confié au quotidien américain trois anciens responsables fédéraux, sous couvert d’anonymat. Enfoui à environ 18 mètres sous la Maison-Blanche, il pourrait accueillir, selon eux, plusieurs dizaines de personnes pendant au moins plusieurs semaines, et a été conçu pour résister à une explosion nucléaire.
L'existence de bunker secret avait déjà été évoquée par le journaliste Ronald Kessler dans un livre publié en 2018, mais jamais confirmé par la présidence américaine ou d’autres sources. Pourtant selon le Washington Post, cette installation dispose déjà de nombreuses caractéristiques que l’administration Trump invoque aujourd’hui pour justifier son nouveau complexe. Le site est profondément enterré dans le socle rocheux de Washington, accessible par un ascenseur privé et conçu pour protéger le président contre un large éventail de menaces, notamment les armes de destruction massive. Dans son livre, Ronald...
-
24/08 - Guerre en Ukraine : Vladimir Poutine a déjà perdu ! Par Eric Chol
"Il y a 35 ans, l'Ukraine n'est pas née : elle a rétabli son indépendance et a reconquis la liberté de déterminer son propre avenir. Aujourd'hui, la Russie tente de nous priver de ce droit, mais cette lutte n'a fait que nous renforcer et a révélé plus clairement encore qui nous sommes : un État européen moderne, créatif et technologique, sans lequel il est impossible d'imaginer l'avenir d'une Europe forte et prospère. L'Ukraine s'affirme comme l'un des piliers incontournables de la nouvelle architecture européenne. Poutine a déjà perdu, et le monde entier le comprend, à l'exception de Poutine lui-même."
Ces mots de Vadym Omelchenko, l’ambassadeur d’Ukraine en France, à l’occasion de la fête nationale de son pays, ce 24 août, sont remplis d’espoir. Quatre ans et demi après le début de l’agression russe, l’Ukraine est toujours debout. Bombardée, occupée. Martyrisée par des attaques quotidiennes. Vendredi 21 août, l’ignominie russe a franchi un nouveau cap, avec cette double frappe à Kryvyï Rig, la ville natale du président Zelensky, faisant au moins 16 morts et 130 blessés, dans un enchevêtrement de tôles et de gravats éparpillés.
Les Ukrainiens enterrent leurs morts, et leur détermination force le respect. Oui, Poutine a déjà perdu cette guerre même si les appels à l’aide de Volodymyr Zelensky résonnent encore trop souvent dans le vide. Certes, depuis l’humiliation subie par le président ukrainien dans le bureau Ovale de la Maison-Blanche en février 2025, Donald Trump...
-
24/08 - En Iran, les appels à mettre fin à la guerre se heurtent aux faucons du régime
Au sommet du pouvoir iranien, les appels à mettre fin à la guerre avec les Etats-Unis se multiplient, sur fond de crise économique et d’impasse diplomatique. Vendredi 21 août, le président Masoud Pezeshkian a estimé qu’il valait mieux mettre fin au conflit pendant que l’Iran se trouve encore en position de "force et de dignité". Dimanche, lors de deux interventions à Téhéran, il a intensifié son message : l’Iran "ne peut pas continuer la guerre éternellement" et doit prendre une décision pour sortir de la situation de "ni guerre ni paix”, a-t-il insisté.
Il a également défendu le mémorandum d’entente conclu avec les Etats-Unis en juin, affirmant que tous les responsables directement impliqués dans les négociations l’avaient considéré comme la meilleure voie possible. "En mettant en œuvre ce mémorandum, nous pouvons résoudre les problèmes avec logique et dignité", a-t-il déclaré, selon l’agence officielle IRNA. L’accord s’est toutefois effondré le mois dernier.La pression économique américaine pèse sur la population
Pour défendre cette route de sortie du conflit, le président iranien — deuxième personnage le plus important du régime islamique après le Guide suprême — met notamment en avant le coût économique de la poursuite de la guerre. Ce dimanche, il a appelé le reste du pouvoir à "être aux côtés du peuple", en avertissant que même la plus grande puissance militaire ne suffirait pas si les Iraniens ne pouvaient plus vivre dignement. Et en assurant que son...
-
24/08 - Livres à découvrir : l’Arctique en majesté avec Olivier Truc et Claudie Gallay
On se souvient de l’immense succès des Guerriers de l’hiver d’Olivier Norek, prix Jean Giono 2024 (près de 550 000 exemplaires tous formats confondus) consacré à la guerre soviético-finlandaise du 30 novembre 1939 au 13 mars 1940. C’est à un pays limitrophe, la Suède, toujours aux confins de l’Arctique, que s’attaque aujourd’hui un autre grand du polar, Olivier Truc, signataire de Base Toundra (Métailié, sortie le 4 septembre). Avec cette même capacité à relater le froid et les conditions extrêmes de ces contrées inhospitalières, notamment en temps de guerre.
1939, alors que l’Europe s’embrase, le royaume de Gustave V se déclare neutre. Une neutralité toute relative comme va le découvrir le capitaine Stig Blumfors, envoyé sur un petit aérodrome militaire du fin fond de la Laponie mis au secret. Et comme va aussi l’apprendre le parachutiste français Guy Puech dont la compagnie vient effectuer des exercices en février 2023, sous le regard acéré de Maria-Pia Tedelius du régiment de dragons du Norrland, alors que la Suède a demandé son adhésion à l’Otan.
Olivier Truc joue habilement de cette double temporalité, aussi instructive sur les compromissions pronazies suédoises d’hier que sur les actuelles exactions de la Russie de Poutine. D’un chapitre à l’autre, on navigue ainsi entre les manœuvres en faveur de l’Allemagne du major Dager Trulsson, chef de Base Toundra et grand admirateur de "l’as de la guerre" Hermann Göring, et les embûches à l’adhésion à l’Otan...
-
24/08 - Présidentielle 2027 : Raphaël Glucksmann face à lui-même
Vous voyez bien que vous voyez mal. Non, Raphaël Glucksmann n’est pas encore candidat à l’élection présidentielle. Il l’est certes beaucoup plus qu’hier, en déclarant dimanche 23 août sur TF1 : "Je suis candidat à la présidentielle, pour la gagner, pour changer la France". Le candidat Place Publique promet ainsi "un plan de sauvetage de l’école publique sur cinq ans", l’augmentation de la "rémunération des travailleurs en taxant les 1 % d’héritages les plus gros". Il veut aussi être le "président de l’urgence écologique".
Mais cet exercice de performativité, lesté de la solennité d’un 20 Heures dominical, n’y fera rien. Il est candidat, pour l’heure, à la primaire socialiste à l’automne : il affrontera les députés socialistes Jérôme Guedj et Philippe Brun, déjà déclarés, peut-être Ségolène Royal, et probablement son meilleur ennemi, le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure. "Si, à la rentrée de septembre, tu es à 15 % dans les sondages, l’affaire est pliée", lui promettaient quelques socialistes avant l’été. Sa participation à la compétition interne raconte également sa difficulté à bâtir un discours autonome et fort, susceptible de rallier gratuitement les socialistes.
Là réside alors le problème de Raphaël Glucksmann. Retrouver l’oreille des Français après une précampagne laissée en friche à l’été, rattrapé par ces questions boutiquières qui l’ont souvent agacé. "Je suis contre la primaire, car quelques milliers de personnes dicteront la position de la...
-
24/08 - "Ma défaite m’a permis de me construire" : Christophe Castaner, le pari politique qui a changé sa carrière
Pour cet épisode d'Anatomie d'une décision, Christophe Castaner, ancien ministre de l'Intérieur, revient sur un épisode marquant de son ancienne vie de socialiste : le jour où il s'est retiré de la course aux élections régionales en Paca pour éviter la victoire de l'extrême droite. Un sacrifice au nom du front républicain.
L'intégralité de cet épisode est à retrouver sur Apple Podcasts, Spotify, Deezer, Castbox ou encore Podcast Addict ou en cliquant sur le player en tête de l'article.
L'Express : Nous sommes le 6 décembre 2015, il est 20 heures, les résultats viennent de tomber en Paca et celle que l'on appelait encore Marion Maréchal-Le Pen arrive en tête du premier tour avec 40 % des voix. Vous êtes troisième derrière Christian Estrosi (LR) : racontez-nous votre état d'esprit à cet instant ?
Christophe Castaner : Il y a toujours deux dimensions, dans toutes les décisions. La première dimension est celle du raisonnement. Et puis il y a l'émotion. L'émotion qui se cumule à la fatigue, parce qu'une campagne électorale, surtout pour une élection régionale, c'est épuisant. C'est donc dans cette pression, dans cette émotion-là, que vous devez prendre la décision. Ayez en tête que moi, dès le vendredi, c'est-à-dire le 4 décembre, j'avais déjà réuni l'ensemble des têtes de liste départementales, l'ensemble des partenaires politiques de ma liste, et je leur ai dit : "Bon, ça fait 17 sondages où on est autour de 17 % - comme ça c'était facile à retenir... -, il y a donc assez...
-
24/08 - Chine-Taïwan, la guerre des puces : comment Pékin tente de piller les secrets du géant TSMC
Située dans le parc scientifique de Hsinchu, la Silicon Valley taïwanaise, à une trentaine de minutes en train à grande vitesse au sud-ouest de la capitale Taipei, le site s'apparente à une forteresse. Devant la façade ornée du sigle rouge "TSMC", des caméras et des gardes scrutent les passants. Seuls les employés et les fournisseurs peuvent franchir les enceintes du bâtiment, qui héberge à la fois le siège social et l'une des usines du leader mondial des semi-conducteurs. A l’intérieur le contrôle est strict. Les salariés ne peuvent utiliser que les téléphones portables fournis par l’entreprise. Et les documents papier ont un marquage magnétique pour éviter qu'ils ne sortent clandestinement.
Il faut dire que le groupe, qui pèse plus de 40 % de l'indice phare de la Bourse de Taïwan, détient un précieux secret : la recette des puces les plus sophistiquées de la planète. Ces composants équipent les téléphones et ordinateurs haut de gamme, les processeurs pour centres de données ou encore des matériels militaires, mais ils sont surtout devenus essentiels au développement de l’intelligence artificielle. TSMC fabrique notamment les puces IA conçues par l’américain Nvidia.Restrictions d'exportations vers la Chine
Petit pays de 23 millions d'habitants, Taïwan se retrouve donc au cœur de la bataille technologique entre les Etats-Unis et la Chine, centrée autour de l'IA. Sous la menace d'une invasion par la Chine (qui considère l'île comme l'une de ses provinces), Taïwan a...
-
23/08 - La fin de la lecture est proche, et ce sera un tournant civilisationnel
Il y a deux mille trois cents ans, selon la légende, le roi Ptolémée Ier d’Égypte demanda à son conseiller de constituer une collection exhaustive des œuvres écrites du monde entier. Ptolémée, qui avait servi sous Alexandre le Grand, envisageait une bibliothèque qui préserverait la somme totale des connaissances de l’humanité. Ses successeurs héritèrent de cette mission. Les forces royales fouillaient chaque navire arrivant à Alexandrie, à la recherche de rouleaux. Ceux-ci étaient conservés au Mouseîon, un sanctuaire dédié aux Muses inspiré du Lycée d’Aristote. La collection personnelle d’Aristote aurait d’ailleurs figuré parmi ces fonds.
Une grande partie de l’histoire de la bibliothèque d’Alexandrie a été perdue. Mais nous savons qu’elle fut le théâtre de réalisations intellectuelles parmi les plus grandes du monde prémoderne. Le roi rémunérait des érudits pour qu’ils vivent et travaillent à la bibliothèque, et la collection était accessible à toute personne "avide d’étudier, ce qui encourageait toute la ville à acquérir la sagesse", écrivit un rhéteur grec de passage. C’est à la bibliothèque d'Alexandrie qu’Ératosthène calcula la circonférence de la Terre et que Zénodote édita les plus anciens manuscrits des épopées d’Homère. Euclide, auteur des Éléments de géométrie, y a peut-être étudié.
Cette période d’épanouissement intellectuel ne devait pas durer. En 400 de notre ère, la bibliothèque avait disparu. De nombreux chercheurs considèrent sa destruction comme la plus...
-
23/08 - Ukraine : Volodymyr Zelensky met en garde contre des élections en temps de guerre, qui "détruiraient" le pays
Organiser des élections en temps de guerre en Ukraine alors que les combats contre la Russie se poursuivent "détruirait" le pays en divisant les Ukrainiens, a déclaré le président Volodymyr Zelensky. Ces propos, communiqués aux journalistes dimanche, sont les premiers du président ukrainien sur le sujet depuis que l’ancien ministre de la Défense démis de ses fonctions, Mykhailo Fedorov, a appelé à la tenue d’un scrutin en temps de guerre lors d’un discours fracassant la semaine dernière.
Le limogeage surprise de Mykhailo Fedorov le mois dernier avait déclenché des manifestations généralisées, mais ses partisans, qui réclamaient sa réintégration, ont par la suite rejeté son appel en faveur d’élections – la première demande de ce type formulée par une personnalité politique ukrainienne de premier plan depuis que la Russie a lancé son invasion à grande échelle en 2022. "Je pense que si nous voulons détruire le pays, alors nous pouvons nous diriger vers des élections en pleine guerre", a déclaré Volodymyr Zelensky.
La loi ukrainienne interdit la tenue d’élections en temps de guerre. Les analystes soulignent également que les problèmes de sécurité et la présence de millions d’Ukrainiens à l’étranger, sous occupation russe ou combattant au front, rendraient l’organisation d’un scrutin trop difficile.Des Ukrainiens peu enclins à voter pour le moment
La cote de popularité de Zelensky est restée globalement stable, autour de 60 %, mais les instituts de sondage indiquent que, si...
-
23/08 - Mohammed ben Salmane à Paris : le retour en grâce d’un partenaire devenu incontournable
Il y a quatre ans, sa venue à Paris avait encore provoqué une tempête politique. Ce dimanche 23 août, Mohammed ben Salmane revient en France dans un tout autre climat. Le prince héritier d’Arabie saoudite, dirigeant de fait du royaume, est reçu jusqu’à lundi par Emmanuel Macron pour une visite officielle destinée à renforcer des relations franco-saoudiennes désormais présentées comme stratégiques. Une nouvelle étape dans la spectaculaire réhabilitation internationale de celui que l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi avait un temps transformé en paria.
La visite débutera dimanche soir par la cérémonie de clôture de l’Esports World Cup, organisée à l’Accor Arena. Un symbole loin d’être anodin : la compétition, activement soutenue par Riyad, se déroule pour la première fois hors d’Arabie saoudite. Le royaume a largement investi ces dernières années dans le sport et le divertissement afin de diversifier son économie et de transformer son image. La France, elle, espère profiter de cette manne : l’organisation de l’événement à Paris représente un investissement saoudien de quelque 250 millions d’euros, selon Le Monde.
Mais l’essentiel des discussions se jouera lundi. Emmanuel Macron et Mohammed ben Salmane présideront pour la première fois le Conseil de partenariat stratégique franco-saoudien, créé lors de la visite du président français à Riyad en décembre 2024. Plusieurs accords doivent être conclus dans les transports, la santé ou encore l’énergie. Paris souhaite...
-
23/08 - Etats-Unis : Donald Trump accentue la pression sur ses détracteurs et réclame cinq milliards de dollars à un think tank
Donald Trump ouvre un nouveau front contre ses détracteurs. Le président américain menace le Center for American Progress (CAP), l’un des principaux think tanks progressistes de Washington, d’une plainte en diffamation réclamant cinq milliards de dollars. En cause : un rapport publié en juillet qui conteste l’efficacité des déploiements de la Garde nationale décidés par la Maison-Blanche dans plusieurs grandes villes américaines.
Dans une lettre adressée lundi à la présidente du CAP, Neera Tanden, une responsable démocrate de longue date qui a notamment été conseillère principale du président Joe Biden, l’avocat personnel de Donald Trump, Alejandro Brito, exige le retrait du document, des excuses publiques et une compensation financière. À défaut, prévient-il, le chef de l’État saisira la justice.
Le rapport visé estime qu’il n’existe "aucune preuve" permettant d’attribuer aux militaires la baisse de la criminalité violente observée aux États-Unis. Ses auteurs ont analysé les données sur les homicides et les violences à Washington, Los Angeles et Memphis entre janvier 2023 et février 2026. Ils évaluent également le coût des déploiements à plus de 1,7 milliard de dollars s’ils se poursuivent jusqu’à la fin de l’année.Des atteintes à la liberté d'expression
Face à la menace d'un procès, le CAP refuse de céder. Neera Tanden assure que les conclusions reposent sur une analyse rigoureuse des données disponibles et dénonce une tentative de faire taire une organisation...
-
23/08 - Le Vatican investit 100 millions d’euros sur le solaire pour devenir autonome en électricité
Le plus petit État du monde veut faire un grand pas vers l’autonomie énergétique. Le Vatican prépare la construction, près de Rome, d’une vaste centrale agrivoltaïque destinée à couvrir l’ensemble de ses besoins en électricité grâce à une production renouvelable, ont déclaré samedi 22 août des sources impliquées dans les discussions sur le projet à l’agence Reuters. D’un coût estimé à 100 millions d’euros, l’installation pourrait atteindre une puissance de 80 à 90 mégawatts et entrer en service d’ici dix-huit à vingt-quatre mois.
La centrale doit voir le jour à Santa Maria di Galeria, une propriété extraterritoriale du Saint-Siège située au nord-ouest de Rome, où sont installées depuis les années 1950 les infrastructures de transmission de Radio Vatican. Sur les quelque 450 hectares du domaine, environ 200 seraient occupés par des panneaux solaires dotés de systèmes de suivi du soleil. Contrairement à une centrale photovoltaïque classique, ceux-ci seront surélevés afin de permettre le maintien de cultures ou d’activités agricoles sous les structures.Rendre le Vatican autosuffisant
C’est tout le principe de l’agrivoltaïsme : faire cohabiter, sur une même parcelle, production d’électricité et agriculture. L’ombre créée par les panneaux peut notamment limiter l’évaporation de l’eau et protéger certaines cultures contre les épisodes de chaleur extrême. À Santa Maria di Galeria, le dispositif doit d’abord alimenter le centre de Radio Vatican, puis contribuer à rendre la...
-
23/08 - Rentrée littéraire : de Boris Bergmann à Elizabeth Strout, nos dix coups de cœur
Comment s’y repérer dans les 461 titres de la rentrée ? Nous avons déjà parlé de quelques stars, telle Amélie Nothomb. Place à d’autres auteurs, certains confirmés (Camille Pascal), d’autres encore jeunes (Boris Bergmann, David Djaïz ou Esther Teillard), dont les livres nous ont particulièrement plu. Minotaure, de Boris Bergmann
Un labyrinthe filial
Vous en avez soupé des livres sur les pères et les mères (la tendance lourde des dernières années) ? Ne jetez surtout pas le bébé avec l’eau du bain : dans Minotaure, Boris Bergmann parvient à renouveler le genre avec une originalité, une énergie et une grâce peu communes. Son histoire ? En 1992, il naît sans père. Sa mère, qui travaille pour l’association Aides, le fait grandir au milieu de ses copains, parfois malades du sida – ceux que Bergmann appelle avec affection ses "pères pédés". Mais un jour, à 22 ans, il n’en peut plus : il veut confronter celui qui a abandonné sa mère quand elle était enceinte, un homme marié qui, incroyablement, est… le psy de la famille.
Minotaure est un récit autobiographique saisissant. Son géniteur étant pris de panique à l’idée qu’un enfant illégitime fasse exploser sa vie bourgeoise, Bergmann décide de jouer avec lui. Par sa compagne de l’époque, il rencontre l’homme politique et avocat Francis Szpiner, qui va se charger de sa défense – Szpiner est, dans le livre, un personnage burlesque absolument génial. La veulerie du père, qui s’estime victime d’un viol à l’envers (il n’avait pas...
-
23/08 - Aux Etats-Unis, ce candidat anti-immigration rattrapé par les pratiques de son entreprise
Il avait fait de la fermeté en matière de politique migratoire l'un des piliers de sa campagne. Mais quelques semaines plus tard, une entreprise de son propre groupe acceptait de verser 3 millions de dollars pour mettre fin à une procédure judiciaire concernant plus de 5 000 travailleurs immigrés qu’elle employait ou avait employés. Le milliardaire républicain Rick Jackson, candidat au poste de gouverneur de Géorgie, se retrouve confronté aux contradictions entre son programme politique et les pratiques de son groupe en coulisses, révèle CNN.
Au cœur de l’affaire : "Avant Healthcare Professionals", une société spécialisée dans le recrutement d’infirmières étrangères, rachetée en 2018 par Jackson Healthcare, le groupe fondé par Rick Jackson. Des infirmières employées par l’entreprise l’accusaient de leur imposer des contrats extrêmement contraignants, assortis de lourdes pénalités financières en cas de départ.Des accusations d'exploitation
Le média américain relate le parcours de Latoya Lewis et Lucinda Byron, deux infirmières venues des Caraïbes. Arrivées aux États-Unis grâce à la société Avant, elles affirmaient avoir découvert des conditions très éloignées du "rêve américain" mis en avant par l’entreprise : rémunérations inférieures à celles de collègues directement employés par les hôpitaux, possibilités limitées de prendre des congés ou de progresser professionnellement, et surtout lourdes pénalités financières en cas de départ.
Lorsque Lucinda Byron a voulu quitter...
-
23/08 - L’IA va-t-elle enrichir les Etats-Unis ? Pourquoi le miracle économique n’a pas encore eu lieu
"L’argent n’aura plus d'importance en 2036." Les mots d’Elon Musk sont du miel aux oreilles de ceux, parmi les Américains, qui peinent à boucler leurs fins de mois. L’intelligence artificielle va secouer leur économie, assure l’entrepreneur star dans une longue interview accordée à The Economist. Elle va tant réduire les coûts de production que les citoyens pourront s'offrir, demain, tout ce dont ils rêvent. L'abondance à portée de main.
Près de quatre ans après le lancement de ChatGPT, les Etats-Unis exhibent une santé économique de fer. "Les dépenses dans l’IA ont stimulé les marchés boursiers et la richesse des ménages", observe Olu Sonola, responsable de l’économie américaine chez Fitch Ratings. Le S&P 500 a bondi de 90 % depuis le lancement du chatbot d’OpenAI. Et malgré un contexte international tendu, le pays affiche au premier trimestre 2026 une croissance de 2,1 % en rythme annualisé.
Donald Trump peut remercier l’IA. "Grace à elle, Washington n’a pas eu besoin de mener une politique de relance", confie Christopher Dembik, conseiller en stratégie d'investissement chez Pictet AM. Pourtant, lorsqu'on resserre la focale, les grains de sable susceptibles d'enrayer cette puissante machine sautent aux yeux.
La course à la construction de data centers rend certains composants électroniques de plus en plus difficiles à trouver, notamment les puces mémoire. Ce qui se répercute sur les prix : Apple a augmenté de 20 % le tarif de ses MacBook et iPad, Nintendo de 10...
-
23/08 - Nombre d’enfants par enseignant : comment la France est devenue le mauvais élève européen
En septembre, 1,8 million d'enseignants européens vont retrouver les bancs de l'école, mais tous n'auront pas le même nombre d'élèves face à eux. En moyenne, un instituteur au sein de l'Union européenne aura 13,3 enfants sous sa supervision d'après Eurostat, un chiffre qui varie grandement d'un pays à l'autre : de 18,2 en Roumanie à 7,4 en Grèce. Toutes les études pointent l'importance de ce taux d'encadrement des élèves pour leur réussite scolaire et le maintien de leur attention.
A ce titre, la France fait figure de mauvaise élève du continent, avec un ratio de 17,9 enfants par enseignant en 2024 selon les statistiques européennes. Le gouvernement a pourtant fait des efforts sur le sujet ces dernières années, avec notamment le dédoublement des classes de CP et CE1 dans les zones difficiles depuis 2017. Mais la pénurie d'enseignants, qui concerne toute l'Europe, reste particulièrement forte en France. Nos voisins aussi doivent adapter leurs classes aux nouvelles réalités, entre contraintes budgétaires et développement du numérique.Luxembourg : la rémunération, nerf de la bataille scolaire
Avec 8,2 élèves par enseignant, le Grand-Duché possède l'un des meilleurs taux d'encadrement en Europe et ne connaît pas de crise de vocation chez ses instituteurs. Pour une raison simple : des rémunérations parmi les plus élevées au monde. Avec un salaire de départ estimé à plus de 80 000 euros annuels, le Luxembourg permet aux jeunes diplômés de privilégier le secteur de...
-
23/08 - Fifa contre UEFA, les secrets d’une diplomatie européenne qui réussit : "Ils passent pour les chevaliers blancs du foot"
Un premier boycott passé presque inaperçu. Le 19 juillet, soir de la finale de la Coupe du monde, le président de l'UEFA, Aleksander Ceferin, brille par son absence au MetLife Stadium, près de New York. Depuis les tribunes, le patron du foot européen aurait pourtant pu applaudir le triomphe d'une de ses fédérations, l'Espagne, après une âpre bataille contre l'Argentine. Mais en coulisses ce jour-là, une véritable guerre couve : celle pour la gouvernance du football mondial.
Le Mondial 2026 a été le plus rentable — 15 milliards de dollars de revenus pour la Fifa — mais aussi le plus politique de l'histoire. Supporters, arbitre ou joueurs privés de visas, polémiques sur les prix des places, pauses fraîcheurs très commerciales pendant les matchs, immiscion de la guerre entre les Etats-Unis et l'Iran, carton rouge annulé à la demande de Donald Trump… Au cœur des critiques de la presse et des fans, le tout-puissant président de la Fifa, Gianni Infantino. Une soif de pouvoir qui a poussé l'UEFA à agir
Au coup de sifflet final, l'Italo-Suisse prend la peine de dribbler les mécontents, il savoure quand Trump parle de "l'événement le plus réussi de l'histoire de l'humanité" et évoque, déjà, une Coupe du monde élargie à 64 pays dès 2030. Encore plus de matchs, encore plus de bénéfices. Après tout, le dirigeant n'a reçu que peu de critiques de ses électeurs, les 211 fédérations membres de la Fifa, et peut se projeter vers une réélection sans opposition en mars prochain. "Le...
-
22/08 - Guerre en Ukraine : Kiev demande à Elon Musk l’accès à Starlink pour frapper la Russie
Kiev souhaite contre-attaquer. L’Ukraine cherche à obtenir l’autorisation d’utiliser Starlink sur ses drones d’attaque pour frapper des cibles stratégiques jusqu’à 200 kilomètres à l’intérieur du territoire russe, rapporte le Financial Times. La demande, qui nécessiterait l’accord d’Elon Musk, intervient alors que Kiev manque de missiles intercepteurs pour faire face à l’intensification des frappes russes.
Selon des sources proches du dossier, Volodymyr Zelensky a abordé le sujet avec Donald Trump lors de leur rencontre à la Maison Blanche en juillet. Le président ukrainien aurait demandé à son homologue américain d’intercéder auprès d’Elon Musk afin d’obtenir l’autorisation d’utiliser le réseau satellitaire de SpaceX au-delà des frontières ukrainiennes. L’objectif serait notamment de pouvoir viser des lanceurs de missiles balistiques russes, mais aussi des systèmes de commandement et d’autres cibles stratégiques.
La portée envisagée, jusqu’à 200 kilomètres en territoire russe, permettrait aux drones concernés d’atteindre des infrastructures situées loin de la frontière. Les drones équipés de Starlink peuvent maintenir des liaisons plus robustes avec leurs opérateurs sur de longues distances que les communications radio classiques et sont moins vulnérables au brouillage ordinaire. La technologie est déjà largement utilisée par les forces ukrainiennes, souligne le Financial Times. À la Maison-Blanche, Donald Trump serait toutefois resté évasif et ne semblait pas favorable...
-
22/08 - Ukraine : Emmanuel Macron promet l’envoi de missiles intercepteurs à Kiev après la frappe meurtrière de Kryvyi Rih
Emmanuel Macron a exprimé samedi son "horreur" et son "émotion" et promis l'envoi de missiles intercepteurs à l'Ukraine au lendemain de la double frappe russe qui a fait 16 morts à Kryvyi Rih, dans le sud du pays. "J'ai annoncé au président Zelensky le renforcement de notre soutien, avec l'envoi d'intercepteurs et la poursuite de notre coopération", a-t-il déclaré dans un message sur X en rendant compte d'un entretien téléphonique avec son homologue ukrainien. Cette coopération s'inscrit "dans le droit fil de la réunion de lancement de la Coalition antibalistique qui s'est tenue à Paris le 13 juillet dernier et de la déclaration d'intention signée le 17 novembre 2025", a ajouté Emmanuel Macron.
L'Ukraine et ses principaux alliés occidentaux ont annoncé le 13 juillet la création d'une coalition de défense aérienne, qui prévoit notamment le développement conjoint d'un nouveau système antimissile destiné à constituer une alternative moins coûteuse aux Patriot américains, dont Kiev manque cruellement face aux missiles balistiques russes. La France et l'Ukraine avaient réaffirmé le 17 novembre 2025 leur intention de coopérer pour accélérer l'équipement des forces armées ukrainiennes.
"En visant systématiquement des civils, et en faisant le choix de l'intimidation et de l'escalade, la Russie cherche probablement à projeter la force mais signe surtout un aveu de faiblesse. Il est crucial, dans ce contexte, de donner à l'Ukraine tous les moyens nécessaires pour défendre son ciel...
-
22/08 - Détroit de Béring : ce corridor "oublié" qui pourrait devenir hautement stratégique
La crise d'Ormuz l'a bien montré, les détroits jouent un rôle vital dans le commerce mondial. De Malacca à Béring, en passant par le Bosphore, L'Express vous invite à un voyage dans ces lieux emblématiques, où se joue l'avenir du monde.
EPISODE 1 - Détroit de Taïwan : le passage maritime qui pourrait faire vaciller le monde
EPISODE 2 - Bosphore - Dardanelles : les détroits turcs, ce double verrou stratégique face à la Russie
EPISODE 3 - Piraterie, contrebande et désastre écologique : le détroit de Malacca, talon d'Achille de l'ogre chinois
EPISODE 4 - Bloquer le détroit de Bab-el-Mandeb ? Le scénario cauchemardesque pour l'économie mondiale
EPISODE 5 - Détroit de Kertch : le point de passage que Poutine ne veut perdre à aucun prix
Au cœur de l’été, une photo exhibée par Donald Trump aura réussi à redonner des sueurs froides aux chancelleries européennes. On y aperçoit le président américain en pleine discussion dans le bureau Ovale avec le président français Emmanuel Macron, le chancelier allemand Friedrich Merz et la Première ministre italienne Giorgia Meloni. Au fond de la pièce, une carte représente le Groenland sous bannière américaine. Cette image retouchée par IA et publiée mi-juillet sur son réseau Truth Social, rappelle que le locataire de la Maison-Blanche est loin d’avoir tiré un trait sur son projet d’annexion de cette grande île arctique appartenant à la couronne danoise. "Le Groenland est très important pour les États-Unis", avait-il répété quelques...
-
22/08 - Incendies en Europe : les surfaces brûlées pourraient presque tripler d’ici 2100
Cet été, les points rouges se sont multipliés sur la carte de l’Europe. Alors que les incendies de forêt ont déjà ravagé des centaines de milliers d’hectares, le phénomène pourrait encore prendre de l’ampleur : les surfaces brûlées pourraient augmenter de 39 % d’ici la fin du siècle, même dans le scénario climatique le plus favorable. C’est ce que révèle une étude consacrée à l’évolution du risque d’incendie et aux moyens de le contenir, reprise notamment par le Guardian. Dans le scénario le plus pessimiste, avec un réchauffement mondial de 3,6 °C par rapport à l’ère préindustrielle, la superficie brûlée pourrait presque tripler.
L'étude a été menée par le Potsdam Institute for Climate Impact Research (PIK), avec la contribution de chercheurs de la Senckenberg Society for Nature Research, l’étude compare les surfaces annuelles brûlées modélisées pour 2000-2030 avec les projections pour 2070-2100. Leur principal constat est que l’aggravation des conditions météorologiques favorables aux incendies - chaleur, sécheresse et vents - constitue le premier facteur d’augmentation. Ces conditions rendent plus probable la transformation d’un départ de feu en incendie incontrôlable.
Dans le scénario le plus favorable, le réchauffement est limité à 1,8 °C, contre environ 1,4 °C actuellement. Certaines régions connaissent alors une hausse modérée des conditions propices aux incendies, tandis que d’autres évoluent peu. À l’inverse, dans le scénario à 3,6 °C, ces conditions se dégradent...
-
22/08 - Guerre en Ukraine : pour aider Kiev, l’UE doit retirer les avoirs russes de Belgique
L’an dernier, un veto belge a torpillé l’ambition de l’Union européenne d’utiliser au profit de l’Ukraine le pactole russe de 210 milliards d’euros hébergé par la Belgique. La question revient à l’ordre du jour européen avec un projet visant à transférer les fonds hors de la responsabilité des autorités belges, afin de faciliter leur mobilisation pour faire pression sur Moscou.
Le chef de la diplomatie belge Maxime Prévot, en visite à Kiev le 18 août, n’a exprimé aucune "opposition de principe" à l’utilisation de l’argent au bénéfice de l’Ukraine mais a répété que son pays excluait de s’attirer seul les foudres russes, qu’elles soient financières, judiciaires ou sécuritaires. "La Belgique s’attend à ce que le débat revienne sur la table, mais les risques ne se sont pas miraculeusement évaporés", a-t-il prévenu. Sans garanties solides, le royaume "conservera sa position prudentielle".
Pour sortir de l’impasse, trois experts indépendants proposent de mutualiser les risques en transférant les avoirs de la Banque centrale russe gelés par les Vingt-Sept - et dont la quasi-totalité est logée chez la société bruxelloise de services financiers Euroclear - vers une nouvelle structure créée à cette fin et qui relèverait de l’Union européenne dans son ensemble. Un duo franco-allemand de responsables politiques vient d’apporter son soutien public à l’idée : Annegret Kramp-Karrenbauer, figure de la CDU allemande et présidente de l’influente Fondation Konrad-Adenauer, et Nathalie...
-
22/08 - "C’était insupportable" : l’ancienne cheffe de cabinet de Keir Starmer raconte les coulisses explosives de Downing Street
Les mots sont durs. Travailler aux côtés de Keir Starmer à Downing Street était "insupportable". Deux ans après son départ, Sue Gray livre un récit sévère de ses quelques mois passés comme cheffe de cabinet du Premier ministre britannique, entre juillet et octobre 2024. Dans un entretien accordé au podcast Political Currency, diffusé jeudi 20 août, dont des extraits ont été rapportés par The Guardian et The Independent, l’ex haute fonctionnaire raconte une atmosphère marquée par les tensions, les fuites dans la presse et la méfiance. "On en est arrivé au point où l’on a le sentiment que tout ce que l’on dit est enregistré par quelqu’un", explique-t-elle.
Selon elle, les échanges internes auraient progressivement cessé d’être considérés comme confidentiels. Elle cite notamment les rumeurs selon lesquelles elle aurait cherché à éloigner Morgan McSweeney, alors proche conseiller de Keir Starmer, du Premier ministre. Sue Gray donne, elle, une autre version de cet épisode : elle affirme avoir simplement réagi au fait que plusieurs membres de l’équipe de Morgan McSweeney travaillaient dans une pièce trop petite. Son intention, assure-t-elle, était de leur trouver un espace plus adapté.
Au-delà de ces épisodes, Sue Gray reproche surtout à l’ex Premier ministre de ne pas avoir suffisamment réagi aux fuites dont elle estime avoir été la cible. Elle reconnaît avoir été "déçue" que davantage de mesures n’aient pas été prises. Les divulgations avaient contribué à fragiliser sa...
-
22/08 - Droits de douane : les négociations entre Washington et Ottawa échouent, le Canada promet une riposte
Les Etats-Unis ont imposé ce samedi des droits de douane de 50 % sur certains produits canadiens après l'échec de négociations commerciales entre les deux pays, chaque partie accusant l'autre d'avoir fait capoter les discussions. Celles-ci sont entrées en vigueur peu après minuit heure de Washington (04h00 GMT) sur quelque 20 milliards de dollars de marchandises canadiennes, soit 5 % des exportations canadiennes vers les Etats-Unis.
Elles concernent notamment le vin, les meubles, les produits laitiers, le ciment, les vêtements, les cannes à pêche et l'équipement de hockey sur glace, qui ne bénéficient pas d'un traitement préférentiel en vertu de l'accord de libre-échange nord-américain entre les Etats-Unis, le Canada et le Mexique (ACEUM).
Cette mesure de rétorsion ne devrait pas frapper durement l'économie du Canada, le plus important partenaire commercial des Etats-Unis après le Mexique, mais elle illustre la persistance des tensions entre le Premier ministre canadien Mark Carney et le président américain Donald Trump et risque de compliquer les négociations plus larges visant à renouveler l'ACEUM.Des négociations qui semblaient proches d'aboutir
La suspension des négociations intervient après trois jours d'entretiens à Washington entre le ministre canadien chargé du Commerce avec les Etats-Unis, Dominic LeBlanc, et le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer. Les négociateurs des deux pays ont travaillé plusieurs jours à Washington pour tenter de finaliser...
-
22/08 - L’expo à découvrir : Gustave Courbet, l’invention d’un rebelle
"Je ne peins pas des anges, parce que je n'en ai jamais vu." La célèbre formule de Gustave Courbet résume à elle seule l'ambition de celui qui comprit très tôt qu'un artiste ne se contente pas de produire des œuvres : il construit aussi un personnage. Moi, Gustave Courbet. Peintre et rebelle, la grande rétrospective que le Museum Folkwang d'Essen consacre au maître du réalisme, raconte autant la naissance d'une œuvre que celle d'une figure devenue familière à la modernité : l'artisan de son propre mythe. Le "Moi" du titre n'est d’ailleurs pas une coquetterie, ni même le reflet d’un penchant narcissique, mais plutôt un manifeste.
Dès ses premiers autoportraits, le jeune Franc-Comtois se met en scène comme un héros romantique. Le Fou de peur (1844), avec son regard halluciné et son expression convulsive, montre un artiste encore hanté par Géricault et Delacroix. Cinq ans plus tard, L'Homme à la pipe affiche une tout autre assurance : la pose est calme, le regard frontal, la matière déjà souveraine. Entre les deux tableaux s'est jouée une révolution silencieuse. Courbet ne cherche plus à représenter un peintre, il impose une présence.Gustave Courbet, "L'Homme à la pipe", vers 1849.
L'exposition, coproduite avec le Leopold Museum de Vienne, réunit près de quatre-vingt-dix peintures provenant des plus grandes collections européennes et américaines. Le parcours suit un fil moins chronologique que thématique, révélant un artiste étonnamment cohérent. Derrière la diversité des...
-
22/08 - En Ukraine, les nouveaux défis de l’armée : une bataille de l’ombre entre modernistes et vieille garde
Lorsqu'il rejoint le centre des opérations spéciales Alpha, au sein des services de sécurité ukrainiens, Yevhenii Khmara officie comme breacher, spécialiste chargé de forcer l'accès à des bâtiments verrouillés ou des pièces barricadées. Après avoir gravi les échelons jusqu'à prendre la tête du SBU par intérim en janvier de cette année, il fait une entrée tout aussi soudaine au ministère de la Défense. Mercredi 19 août, le Parlement ukrainien a confirmé sa nomination, mettant un terme à un mois de crise politique d'une ampleur inédite depuis 2022.
À la mi-juillet, le président Volodymyr Zelensky avait décidé d'écarter Mykhailo Fedorov, 35 ans, figure populaire de la modernisation technologique de la défense ukrainienne, après seulement six mois en poste. Pendant un mois, alors que des manifestations éclataient dans des dizaines de villes du pays, Fedorov a défendu son bilan sans jamais critiquer frontalement le chef de l'Etat. Officiellement, son départ est lié à l'aggravation de ses tensions avec Oleksandr Syrskyi, alors chef d'état-major, devenues un conflit ouvert. Certains y voient aussi l'inquiétude de Zelensky face à la popularité grandissante de son ministre.
Epilogue de ce psychodrame, le président a fini par écarter Syrskyi, sans pour autant rappeler Fedorov. Il a confié à Khmara, militaire respecté du grand public et des troupes, la direction par intérim du ministère, en espérant, au passage, voir s'essouffler la contestation. La crise a rebondi mardi 18 août, à...
-
22/08 - En Saxe-Anhalt, l’élection qui fait trembler l’Allemagne : "Le premier domino qui va faire tomber tout le reste"
Jusqu’où ira l’extrême droite allemande, désormais aux portes du pouvoir ? La question se pose depuis la création de l’AfD (Alternative für Deutschland), en 2013, par une poignée de professeurs d’université eurosceptiques. Après une entrée triomphale au Bundestag en 2017, il lui a suffi de quelques années pour devenir le premier groupe d’opposition parlementaire, avec 28% d'intentions de vote au niveau national.
"Personne n’avait imaginé qu’un tel parti puisse arriver un jour à ce niveau de popularité en Allemagne", reconnaît Albrecht von Lucke, politologue et rédacteur en chef de la revue politique Blätter. "Nous en sommes à la phase de la normalisation avant la prise de pouvoir", analyse-t-il.Une radicalité qui paye de plus en plus
"Nous allons gouverner et peut-être même dès l’année prochaine", a déclaré Alice Weidel, la coprésidente de l’AfD, au congrès de Erfurt début juillet, pariant sur la chute précipitée de Friedrich Merz, le plus impopulaire des chanceliers de l’histoire de la République fédérale. "Nous allons diviser la CDU par deux", a ironisé son porte-parole Tino Chrupalla, en faisant référence aux promesses de Merz de "diviser par deux le nombre d'électeurs de l’AfD".
Le mouvement n’est plus seulement un parti protestataire rassemblant des "Allemands en colère" (Wutbürger) ou des islamophobes. "C’est quasiment un parti populaire qui ratisse du centre jusqu’à l’extrême de l’extrême droite", analyse Wolfgang Muno, politologue à l’Université de Rostock....
-
22/08 - La Chine installe ses usines en Europe : "Plus on s’éloigne de Bruxelles, moins Pékin est un rival"
La leçon est d’autant plus douloureuse qu’elle est donnée à domicile. Début avril, à deux pas des Champs-Élysées, le groupe Chery – premier exportateur automobile chinois et maison mère des marques Omoda et Jaecoo – fête son lancement dans l’Hexagone. Le clou du spectacle ? Un défilé de robots zigzagant en musique au milieu du public, médusé. Le patron, Yin Tongyue, savoure la scène. Interrogé sur l’avenir de l’industrie automobile, il sourit modestement : "Notre objectif n’est pas de gagner, juste d’apporter notre contribution". Chaque mot est pesé, jusqu'à parler des "professeurs européens" qui l'ont inspiré. Subtile façon de remuer le couteau dans une plaie béante : quelques décennies plus tôt, l'Allemand Volkswagen ou encore le Français Citroën étaient partis à l'assaut du marché chinois. La roue tourne.
Dans la liste de ses projets, Yin Tongyue évoque un possible site de production en France. Deux ans plus tôt, il annonçait son installation à Barcelone dans une ancienne usine Nissan pour y fabriquer des véhicules électriques, en coentreprise avec le constructeur local Ebro. Comme Chery, d’autres poids lourds chinois placent leurs pions sur le Vieux Continent. A l’image de BYD et de son immense usine en Hongrie. Ou du mastodonte des batteries CATL, qui construit une gigafactory à Saragosse aux côtés de Stellantis.
L’idée est astucieuse : produire des véhicules électriques localement permet d'éviter les droits de douane européens. Et si les batteries importées ne...
-
21/08 - Ventes de livres : et si c’était l’année de Philippe Jaenada ?
Comment ne pas aimer Philippe Jaenada ? Il s’était révélé en 1997 avec le désopilant Chameau sauvage, prix de Flore et adapté au cinéma (sous le titre A+ Pollux) avec Cécile de France et Gad Elmaleh dans les rôles principaux. Chez Julliard puis chez Grasset, il a forgé un univers singulier, à la fois sombre et profondément humain (avec sa petite coquetterie à lui, les parenthèses dans les parenthèses). Parmi ses titres d’alors, citons notamment La Femme et l’Ours, à redécouvrir En 2013, sa carrière a pris un virage décisif. Alors qu’il tournait en rond dans l’autofiction, il a quitté Grasset (bien avant tout le monde !) et renoué avec ses premiers éditeurs (Betty Mialet et Bernard Barrault), inaugurant avec Sulak ses enquêtes rétrospectives – longtemps après les faits, il s’empare d’une affaire trouble, rouvre le dossier et cherche la vérité. Cette veine a assuré son succès public à un écrivain qui fait l’unanimité auprès de la critique, à droite comme à gauche. En 2015, La Petite Femelle marche encore mieux que Sulak (plus de 60 000 exemplaires en grand format). En 2017, enfin, Jaenada connaît son pic grâce à La Serpe, qui reçoit le prix Femina et se vend à plus de 200 000 exemplaires toutes éditions confondues.
Les chiffres ont baissé par la suite, mais comme pour tout le monde : 35 000 exemplaires en grand format pour Au printemps des monstres en 2021, 25 000 exemplaires pour La Désinvolture est une bien belle chose en 2024. Avec la mort de Bernard Barrault et la...
-
21/08 - Dette américaine : "Les Etats-Unis ont fait le pari des obligations à court terme, et ils l’ont perdu"
Donald Trump en avait-il vraiment l'intention ? Lors des campagnes de 2016 et 2024, le président américain avait promis à plusieurs reprises de s'attaquer au mur de la dette. Avec un cocktail détonnant : des baisses d'impôts censées soutenir la croissance, la renégociation des accords commerciaux entre les Etats-Unis et le reste du monde, et la promesse de réduire massivement les dépenses. Un Département de l'efficacité gouvernementale, le Doge, avec à sa tête Elon Musk, avait même été créé pour tailler dans les administrations. En vain. Une fois n'est pas coutume, Donald Trump a fait tout et son contraire. La première puissance économique et militaire mondiale vient de franchir la barre des 40 000 milliards de dollars de dette, deux fois plus que lors de son premier mandat.
Pour l'économiste Adrien Matray, conseiller adjoint en matière de politique monétaire à la Réserve fédérale d'Atlanta, le problème est, en réalité, bien plus ancien et profond. La dette américaine n’a pas explosé avec Donald Trump : elle s’est surtout envolée avec le Covid. Mais, contrairement à la plupart des autres grandes économies, les Etats-Unis ne sont jamais vraiment parvenus à la faire redescendre depuis. Le véritable point de fragilité se trouve dans la structure même de cette dette. Près d’un tiers des emprunts américains arrive à échéance d'ici un an, la proportion la plus élevée, et de loin, parmi les pays développés.
L'Express : La dette américaine vient de dépasser les 40 000 milliards...
-
21/08 - "Richesses du monde" : ce jeu qui contredit Thomas Piketty (et dit tout du déclin de l’Europe)
Alors que les jeux de société font un tabac, certains d’entre eux et le succès qu’ils rencontrent en disent long sur leur époque. Cet été, L'Express décrypte des jeux cultes, de l'abaissement de la culture générale que révèlent les questions du Trivial Pursuit au fil des éditions, au retour du réalisme en géopolitique avec Risk, en passant par les mutations de la mondialisation (Richesses du Monde) et le backlash contre le politiquement correct avec Blanc-manger Coco, devenu incontournable à l’heure de l'apéro. Vous apprendrez aussi pourquoi le vénérable Monopoly valide la stratégie de Donald Trump et permet d’éclairer son élection.
EPISODE 1 - De Hamlet à Cyril Hanouna : ce que le Trivial Pursuit dit du déclin de la culture G
EPISODE 2 - L'ascension de Donald Trump expliquée par le Monopoly
EPISODE 3 - Risk : le jeu de conquête territoriale qui ferait fulminer Vladimir Poutine
C’est le grand jeu de la mondialisation triomphante, celui qui a préparé les esprits à l'OMC. Comme au "Monopoly", il s’agit de devenir le plus riche et de pousser les autres à la banqueroute. Mais là où le doyen des jeux de stratégie et de gestion se concentre sur de l'immobilier, "Richesses du monde" vise à former des empires économiques à l’échelle de la planète. Le temps d’un tour de plateau, le joueur visite les pays et grandes régions du monde, et doit constituer des monopoles à partir de différents types de ressources (matières premières, industries, produits agricoles…). Plus il obtient...
-
21/08 - Chine : une nouvelle île artificielle prend forme en mer Méridionale
Une image vaut mille mots. Capturées le 19 juillet et le 14 août, les images satellites de la mer de Chine méridionale recueillies par Reuters révèlent la première grande avancée chinoise dans son projet de construction d’une île artificielle sur le récif d’Antelope, sur l'archipel Paracels. Après au moins six mois de travaux, le matériel de chantier a quitté l'île située à 260 kilomètres de la plus proche terre chinoise, la province d'Hainan.
Sur la dernière image rendue publique, seul un navire des garde-côtes est amarré aux abords de cette île désormais en forme de C et de six kilomètres de long. Un tronçon de côte rectiligne de plus de trois kilomètres pourrait accueillir une future piste d’atterrissage. Sur les côtes, un quai de 680 mètres est aussi identifiable. Stratégie militaire ?
Selon les informations relayées par les médias d'État chinois, le récif d'Antelope servirait, une fois achevé, à des besoins civils, comme la prévision météorologique et la recherche scientifique. Par exemple, en juin dans le China Daily, le chercheur chinois en mer de Chine méridionale, Ding Duo, a affirmé dans un article d'opinion qu'avec des investissements "modestes", "le but est pacifique et constructif" sans recherche de "militarisation". Pour l'heure, les autorités chinoises sont restées silencieuses.
Pourtant, tout laisse à penser à une base militaire. Selon les analyses des spécialistes en sécurité régionale et les attachés militaires interrogés par Reuters, le remodelage...
-
21/08 - Présidentielle 2027 : les leçons de la web-série de Jean-Luc Mélenchon
Nicolas Sarkozy en rêvait, Jean-Luc Mélenchon l’a fait. En 2007, le premier désarçonnait les médias en étant le premier candidat à leur fournir les images de ses meetings. Le bandeau "images fournies par le candidat" faisait alors bondir les chaînes de télé. Le second fait mieux : il est son propre média. Avec sa nouvelle web-série, intitulée "Le chemin de la victoire", Mélenchon construit sa légende, façonne son propre récit et contrôle son image. Le rêve de tout candidat à l’élection présidentielle.
Dans le premier épisode, qui dure près d’une heure et demie, on l’y voit affable et souriant, apaisé et rassembleur, à mille lieues de l’homme qui fait rire des salles en ironisant sur la prononciation de noms juifs. L’insoumis choisit ce qu’il veut montrer et fait un pari : il vaut mieux produire du contenu plutôt qu’y réagir. "Ils [les médias] fabriquent des fictions pour nous salir. Nous ne pouvons donc compter que sur nous-mêmes pour raconter ce qu’on ne vous racontera pas ailleurs", résume Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l’Assemblée, qui a sa propre émission, "en campagne".
Jean-Luc Mélenchon est un pionnier du genre. En 2011, avec ses équipes, il était le premier à lancer une web-série d’une trentaine d’épisodes de six minutes, diffusés chaque semaine. Cela s’appelait alors… "En marche" ! Macroniste avant l’heure, Mélenchon ? Le tribun ne se qualifiera pas au second tour mais l’équipe de communication du président américain Barack Obama - excusez du peu -...
-
21/08 - Sabotage de Nord Stream : un des suspects arrêté sur le tournage du film qui raconte l’affaire
Pour raconter le sabotage de Nord Stream, Hollywood pouvait difficilement espérer un consultant plus expérimenté. Mercredi 20 août, Volodymyr Zhuravlev, un Ukrainien soupçonné par la justice allemande d’avoir participé au sabotage des gazoducs Nord Stream, a été arrêté à Pula, en Croatie. Il faisait l’objet d’un mandat d’arrêt européen émis par l’Allemagne. Mais Zhuravlev n’était pas en Croatie uniquement pour y passer quelques jours de vacances : il a travaillé comme consultant sur "Snake Island", un film de Doug Liman consacré précisément aux explosions de Nord Stream. Selon des médias allemands, le suspect a donc contribué à reconstituer pour le grand écran une opération dont la justice allemande lui reproche d’avoir été l’un des participants.Le tuyau de la discorde
Pour rappel, Nord Stream désigne deux gazoducs construits sous la mer Baltique pour transporter du gaz russe directement vers l’Allemagne. Nord Stream 1 était alors opérationnel, tandis que Nord Stream 2, achevé mais jamais mis en service, devait également relier les deux pays. Un projet déjà très politique : l’Allemagne défendait ses intérêts énergétiques ; la Pologne et l’Ukraine dénonçaient une dépendance excessive de Berlin à Moscou. Les Etats-Unis s’y opposaient également. Nord Stream 2 avait finalement été suspendu quelques jours avant l’invasion russe de l’Ukraine, en février 2022.
Sept mois plus tard, le 26 septembre, plusieurs explosions frappent les deux infrastructures au large de l’île danoise...
-
21/08 - Guerre en Ukraine : Banderol, l’arme russe "low-cost" qui épuise la défense antiaérienne de Kiev
Moscou continue de mettre sous pression Kiev. La capitale ukrainienne et ses environs ont été la cible, jeudi 20 août très tôt, d'une nouvelle pluie de missiles orchestrée par l'armée russe. Une nouvelle attaque d'ampleur qui a fait au moins 16 morts et une quarantaine de blessés.
Malgré un bilan humain déjà lourd, l'armée ukrainienne aurait réussi à intercepter, au cours d'un tir de barrage, des drones de type Shahed et des missiles de croisière, dont un certain Banderol S8000. Dans l'attaque russe du 9 août dernier, pas moins de 11 missiles de ce type avaient déjà été repérés, selon les informations du journal Ukrainska Pravda. Un missile testé dès 2024
Si ce missile de croisière, à mi-chemin avec le drone d'attaque à réaction, aurait commencé à être testé dès 2024, selon les déclarations du porte-parole de l'armée de l'air ukrainienne, Yurii Ihnat, ce n'est que depuis le printemps 2025 qu'il aurait atteint le sol ukrainien, avec certitude. Depuis, cette arme gagne du terrain.
"Colis postal" en russe, le Banderol détonne pour sa taille. Son ogive, la partie contenant la charge destructive, est particulièrement petite. En tout est pour tout, 50 kilos d'explosifs peuvent se loger dans les 114 kilos disponibles. C'est nettement moins que les charges des missiles de croisière russes, tels que le Iskander-K ou le Kh-101, qui peut transporter des ogives d'une charge globale quatre fois plus élevée. Le Kh-101 dispose même d'une double ogive depuis quelques années, faisant...
-
21/08 - Méduses, "fish disco" et rideau de bulles : comment le nucléaire s’adapte aux animaux aquatiques
Qui craint le plus les méduses ? Les plagistes ou les opérateurs nucléaires ? Du côté de Gravelines (Nord), la question se pose sérieusement. Le 10 août, un afflux massif de ces animaux marins gélatineux a forcé l’arrêt ou la réduction de puissance de quatre réacteurs de la plus grande centrale d’Europe occidentale. Des dizaines de tonnes de méduses ont partiellement obstrué les prégrilles et tambours filtrants des stations de pompage, qui participent au refroidissement des réacteurs. Une situation obligeant EDF à activer des mesures de précaution, alors que ses capacités de production étaient déjà grevées par la sécheresse.
Hasard du calendrier, le site de Gravelines avait connu une situation similaire l’été dernier. Au jour près. A croire que les méduses ont aussi leur pèlerinage. "Ce n’est vraiment pas de chance que ces gros arrivages se produisent deux ans d’affilée", note Elvire Antajan, chercheuse à l'Ifremer, consultée par EDF lors de l’épisode de 2025. Après celui-ci, l’énergéticien indique à L’Express avoir installé des caméras, notamment sur le canal d’amenée, et mis en place un réseau de surveillance visuelle au large avec des pêcheurs et les sauveteurs en mer de la SNSM. Mais les pêches préventives de plusieurs centaines de kilogrammes de méduses menées dès le 8 août n’ont pas permis de bloquer un nouvel afflux. Encore moins de régler un phénomène qui déborde très largement les côtes françaises.
Rares sont les pays dotés de centrales en bord de mer à avoir...
-
21/08 - Vaccin contre le cancer de la peau de Moderna : une révolution, vraiment ?
La date du 19 août 2026 marquera-t-elle autant les mémoires des scientifiques que celle du 9 novembre 2020 ? Ce jour-là, le monde a entrevu l’espoir de vaincre le Covid-19 et de sortir de l’hiver pandémique grâce à un vaccin à ARN-messager. Une première historique à tous points de vue : première fois qu’un vaccin est développé aussi vite, première utilisation de cette technologie, première injection efficace contre un coronavirus... A l’époque, c’est l’alliance formée par le géant américain Pfizer et la biotech allemande BioNTech qui avait emporté la course, leur concurrent direct Moderna arrivant quelques jours après.
Ce 19 août, c’est Moderna, associé au géant américain Merck-MSD, qui semble avoir damé le pion à son grand rival, en annonçant le premier un résultat positif dans un essai clinique de phase 3 (le meilleur niveau de preuve disponible) d’un vaccin anticancer. Il s’agit là aussi d’une grande première. De nombreux essais de vaccins thérapeutiques ont en effet été engagés dans différentes formes de cancers par plusieurs laboratoires, y compris français, et tous les spécialistes attendent avec impatience de savoir si cette nouvelle piste thérapeutique confirmera ses promesses. Les investisseurs n’ont donc pas caché leur euphorie à l’annonce de cette nouvelle : ce mercredi 20 août, le cours de Bourse de la biotech américaine a presque triplé en une seule séance. La même effervescence a saisi nombre de médias, anglo-saxons notamment, saluant pêle-mêle un...
-
21/08 - Le Conseil constitutionnel, ligne de fracture entre Gabriel Attal, Edouard Philippe et Bruno Retailleau
Ainsi va le fameux "devoir d'ingratitude" cher à Robert Badinter. À l'été 2020, Valérie Pécresse appelle Alain Juppé, nommé un an plus tôt au Conseil constitutionnel. La présidente d'Ile-de-France est désemparée. Elle ne comprend guère la récente censure de la loi de sûreté contre les ex-détenus terroristes et s'en ouvre à l'ex-maire de Bordeaux. Elle regrette que le bon sens n’ait pas guidé les Sages, tout comme l’absence de contrepoids d’Alain Juppé au socialiste Laurent Fabius. L’ancien président de l’UMP la reprend. "Tu n’as pas compris. On a voté pour le principe des mesures de sûreté, mais contre les modalités car le texte était mal rédigé." Valérie Pécresse n’est pas convaincue. Est-ce vraiment au Conseil Constitutionnel de juger le nombre de fois maximal qu'un ex-détenu terroriste pourra être contraint, chaque semaine, de pointer au commissariat ?
Sa méfiance envers le travail des Sages ne s'est pas éteinte. Dès l'annonce, le 14 août, de la censure de l'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, Valérie Pécresse fulmine sur X. "Encore une fois, le Conseil constitutionnel s’érige en contre-législateur… De quel droit ?" Le candidat LR à la présidentielle Bruno Retailleau lui emboîte le pas et déplore des décisions qui consacrent "la primauté des juges sur les représentants du peuple souverain". Ses concurrents font, eux, assaut de modération. Gabriel Attal assure "respecter" la décision du Conseil constitutionnel. Édouard Philippe reste...
-
21/08 - Les Français ne veulent plus vivre éternellement : les leçons d’une rupture anthropologique, par Gérald Bronner
Les deux événements n’ont pas grand-chose à voir l’un avec l’autre mais leur télescopage est piquant. Tandis que le Parlement adoptait définitivement la proposition de loi relative à l’aide à mourir cet été, les Français faisaient savoir, par un sondage Odoxa pour Buchet-Chastel et Le Figaro Magazine, qu’ils doutaient de la possibilité et de l’opportunité même d’allonger la vie humaine. La lecture du rapport, intitulé "Les Français et l’allongement de l’espérance de vie", nous apprend que nos concitoyens expriment un scepticisme fort concernant les promesses – portées notamment par le transhumanisme – affirmant que les êtres humains vivraient bientôt très au-delà de 100 ans. Au contraire de cette foi, ils estiment qu’un bébé né en 2035 vivra en moyenne jusqu’à 84 ans et seulement 10 % pensent que son espérance de vie pourrait dépasser 100 ans. Confrontés à l’hypothèse d’une vie au-delà de 150 ans, 77 % ne croient pas qu’elle puisse devenir réalité. Il s’agit d’un indice supplémentaire – ils sont nombreux – du fait que nos concitoyens n’adhèrent plus guère à l’idée d’un progrès constant de l’humanité.
Mais il y a plus troublant : la longévité améliorée n’est pas seulement perçue comme improbable, elle est aussi indésirable, même associée à la bonne santé ! 56 % des Français ne souhaiteraient pas vivre au-delà de 150 ans, y compris en conservant leurs entières capacités physiques et intellectuelles, et 71 % considèrent qu’un tel allongement de la vie serait de toute façon...
-
20/08 - Les Etats-Unis mènent une opération secrète pour transporter du pétrole via le canal d’Ormuz
L'armée américaine a discrètement mis en place un corridor maritime permettant aux navires d'entrer et de sortir du détroit d'Ormuz, afin d'acheminer chaque jour environ dix millions de barils de pétrole, révèle Axios. Cette opération, dont les détails n'avaient jusqu'alors jamais été rendus publics, ne se limite pas à escorter les pétroliers qui quittent le Golfe avec leur cargaison, mais vise aussi à aider des pétroliers vides à entrer dans le Golfe depuis la mer d'Arabie en traversant le détroit, à charger du pétrole dans les pays de la région, puis à ressortir, selon des responsables interrogés par le média américain.
Au total, 15 à 20 pétroliers empruntent chaque nuit le détroit, sous la supervision d'une force opérationnelle qui est dirigée depuis le quartier général de l'armée de terre américaine à Fort Bragg, en Caroline du Nord. Cette dernière établit quotidiennement, avec ses partenaires régionaux des Etats du Golfe, une liste des navires qui quittent le Golfe en traversant le détroit d'Ormuz pour rejoindre la mer d'Arabie, ainsi qu'une liste de pétroliers vides affrétés, qui effectuent le trajet inverse afin de rejoindre les ports des pays du Golfe et d'y charger du pétrole. Les navires traversent ensuite le chenal sud conformément aux instructions de l'armée américaine, qui mobilise en outre des avions de chasse afin de les protéger contre les missiles de croisière et les drones iraniens."Nous contrôlons le détroit"
"Cela fait maintenant deux mois que nous...
-
20/08 - Présidentielle 2027 : Marine Tondelier, chronique d’une ambition contrariée
La sénatrice écologiste Mélanie Vogel a pourtant prévenu sa camarade. En octobre 2025, Marine Tondelier l’informe de l’imminence de sa candidature à la présidentielle. Enfin… à l’hypothétique primaire de la gauche (à l’époque), en passant par une désignation interne au sein du parti des Verts. "Tu vas déclarer une candidature à rien, on se sait même pas si la primaire va se faire", lui répond alors cette interlocutrice, issue de son propre courant.
L’histoire était-elle écrite d’avance ? Dix mois plus tard, la primaire est mort-née. Malgré la canicule, malgré son été à sillonner la France en van électrique, la secrétaire nationale des écologistes n’est pas franchement parvenue à percer dans l’opinion, par-delà sa rhétorique unitaire. Les sondages sont d’ailleurs cruels à son sujet : elle oscille depuis quelques mois entre 1 % et 4 % des intentions de vote, selon les instituts. Dernièrement, elle ouvre donc la porte à un éventuel retrait : "Mon bulletin de vote ne sera jamais celui qui fera gagner le Rassemblement national", a-t-elle dit à La Tribune Dimanche. Marine Tondelier et l’aspiration présidentielle, chronique d’une ambition contrariée.Rassembler le troupeau
"Oui, je sais, Jean-Luc… Pour la présidentielle, tu ne t’imposes pas, mais tu ne t’exclus pas non plus." Dans ce restaurant parisien début octobre 2024, Marine Tondelier et Jean-Luc Mélenchon partagent un dernier déjeuner, échangent quelques vérités. L’écologiste a bien compris que le patriarche insoumis...
-
20/08 - Ralph Goff, ex-agent de la CIA en Europe : "Les services secrets allemands doivent devenir plus offensifs"
"Que vaut le BND ?", s'interrogeait, en juin, un ancien espion britannique - avant de faire claquer sa langue en signe d’incrédulité. Ou son mépris pour le renseignement allemand, au choix. "Des collectionneurs de timbres !", nous avait lâché cet ex-directeur des opérations et du renseignement du MI6.
Pendant trois mois, L'Express a sollicité plus d'une centaine de professionnels du renseignement pour élaborer son palmarès des meilleurs espions du continent européen. Soixante votants dans 25 pays différents ont élaboré leur "top 5", sur un modèle similaire à celui du concours de l'Eurovision ou du Ballon d'or. Le service allemand de renseignement extérieur arrive cinquième, non sans avoir essuyé les reproches des interviewés.
Ses agents ? "Des juristes obsédés par la confidentialité des données", s'indigne un ex-agent de la CIA basé à Rome, qui les qualifie de "pires espions d'Europe, au regard du poids de leurs propres pays". En cause, selon deux anciens cadres de la DGSE : un système embolisé par les procédures administratives, les garde-fous hérités du traumatisme de la Seconde Guerre mondiale et un certain "tempérament allemand", apparemment peu adapté à l’espionnage et à ses coups tordus. Ce sombre bilan n'est pas réservé aux agents étrangers. En août 2023, August Hanning, ancien directeur du renseignement allemand de 1998 à 2005, réclamait dans une tribune publiée dans le quotidien Bild une refonte de l'agence, qualifiée de "chien de garde impuissant".
Ses vœux...
-
20/08 - Primaires républicaines : les défaites s’accumulent pour les candidats soutenus par Donald Trump
C'est un été particulièrement difficile pour le président américain Donald Trump. Alors que la saison des primaires bat son plein depuis juin pour désigner les personnalités politiques qui se présenteront lors des élections de mi-mandat prévues en novembre, les électeurs républicains ont rejeté 10 candidats soutenus par le dirigeant américain pour des postes à l’échelle d’un État ou pour le Congrès, soit autant que le nombre de candidats battus lors des primaires de 2018, 2020 et 2024 réunies, selon une analyse de CNN.
Ce chiffre se rapproche également du record de 12 candidats soutenus par Trump battus lors des primaires de 2022. Cette année-là, après l’assaut du Capitole américain du 6 janvier 2021, certains se demandaient déjà si le Parti républicain était en train de tourner la page Trump. Mardi 18 août, dans la 19e circonscription de Floride, la question s'est de nouveau posée après la défaite de Catalina Lauf, une proche du mouvement Make America Healthy Again (Maha), qui s'est inclinée face au magnat des médias locaux, Jim Schwartzel, malgré le soutien du président.
L'appui de Donald Trump n’a pas non plus suffi à maintenir à flot le représentant Cory Mills de Floride, dont la campagne de réélection s’est enlisée sur fond d’enquêtes concernant son comportement envers des femmes. Après la défaite de Cory Mills mercredi, le président a tenté sur Truth Social de garder la face en assurant qu’il avait tenté de le convaincre de se retirer de la course, sans y...
-
20/08 - Emmanuel Macron et ses successeurs : à quoi ça sert, président de la République ?
C'est facile de se moquer. En 2017, Emmanuel Macron se moquait des "candidats à la succession de Poincaré et de de Gaulle [qui] s'intéressent aux menus scolaires" ou à "la longueur des tenues vestimentaires". Le même sera bien obligé de se pencher, comme dans son discours des Mureaux en 2020, sur "les menus confessionnels" et "les horaires des piscines". Le même, cinq ans plus tard, prendra soin d’annoncer en personne la gratuité des préservatifs en pharmacie pour les moins de 26 ans. Le même ira jusqu’à demander, à la télévision, devant plus de 20 millions de téléspectateurs, à ses concitoyens d'"aérer régulièrement" et de "se laver les mains".
La conception de la fonction présidentielle illustre, mieux que beaucoup d’autres sujets, le décalage entre ce qu’un candidat en dit avant d’entrer à l’Elysée et ce qu’il en fait après l’élection. Comme toujours, Emmanuel Macron avait poussé le bouchon loin. Il dissertait volontiers, on s’en souvient, sur le rôle d’un "absent" dans la vie publique, à savoir "la figure du roi, dont [je] pense fondamentalement que le peuple français n'a pas voulu la mort", dans un entretien fameux publié par Le 1.
Très vite, dès novembre 2018, il est contraint de promettre qu’il va désormais diriger "d’une manière différente" et cela deviendra un leitmotiv de ses mandats. Changer, se réinventer, il le dira sur tous les modes. Les crises viendront balayer ses certitudes, notamment celle du Covid. A cette occasion, le président confie : "Il faut...
-
20/08 - Ceuta : bras de fer entre Pedro Sanchez et Bruxelles sur le sort des mineurs marocains
Elles font partie des quelque 70 000 personnes qui avaient franchi la frontière à Ceuta les 30 et 31 juillet. Si la majorité de ces migrants ont été renvoyés au Maroc, plusieurs centaines de mineurs non accompagnés survivent désormais seuls dans l'enclave. Devant cette situation, le gouvernement espagnol a finalement annoncé - après s'y être initialement opposé le 13 août - qu'il autoriserait 500 jeunes filles mineures de Ceuta à être transférées sur le continent. Car en vertu de la loi espagnole, l’Etat a un devoir de protection envers les jeunes migrants non accompagnés jusqu’à leur majorité.Bruxelles approuve le renvoi de tous les migrants au Maroc
Une annonce qui a suscité de vives réactions à Bruxelles. Le porte-parole de la Commission pour les Affaires intérieures, Markus Lammert, a indiqué en conférence de presse que "tous les migrants en situation irrégulière" se trouvant encore à Ceuta devaient être renvoyés au Maroc, et précisé plus tard auprès du Guardian, "y compris les mineurs non accompagnés". Il a souligné que ces retours sont couverts par la législation de l'UE et ajouté qu'ils sont encadrés par "la directive retour" et, prochainement, par "le règlement retour de l'UE".
Ces messages contradictoires s'expliquent en partie par le fait que le dernier pacte européen sur l'immigration n'a pas encore été intégré au droit espagnol et que, par conséquent, c'est encore la législation espagnole relative au traitement des mineurs non accompagnés qui est en...
-
20/08 - Finances publiques : les leçons de la Suède qui devraient inspirer la France, par Alban Magro
Peut-on concilier un haut niveau de prestations sociales avec une liberté économique suffisante pour, tout à la fois, protéger les citoyens et libérer l'activité productive ? L'exemple suédois est, sur ce point, particulièrement éclairant. Il devrait nous alerter, alors que la France de 2026 peine à se délivrer d'un fardeau financier de plus en plus lourd.
Le constat est implacable. Notre dette publique a franchi les 3 536 milliards d'euros au premier trimestre 2026, soit 117,5 % du PIB, ce qui place l'Hexagone au troisième rang des pays les plus endettés de la zone euro, derrière la Grèce et l'Italie. Nos dépenses publiques s'élèvent à 57,2 % du PIB, l'un des deux plus hauts niveaux de l'Union européenne, et notre déficit reste vissé à 5,1 % du PIB.
Que nous apprend la Suède ? Elle maintient ses dépenses publiques autour de 50,7 % du PIB, près de sept points de moins que nous, pour une dette limitée à 34,8 % du PIB. Sur le plan productif, elle est devenue une référence : plus de 500 sociétés y ont été cotées en Bourse en une décennie, davantage que la France, l'Allemagne, l'Espagne et les Pays-Bas réunis. Le tout en conservant une protection sociale de haut niveau et des services publics réputés.
Pourtant, le ciel nordique n'a pas toujours été dégagé. La Suède des années 1990 ressemblait, en pire, à la France d'aujourd'hui : ses dépenses publiques culminèrent en 1993 à plus de 70 % du PIB, son déficit à 13 %, son PIB chuta trois années de suite et le chômage bondit...
-
20/08 - Donald Trump contre l’Iran : sa nouvelle campagne économique pour isoler Téhéran
Après les missiles, les virements bancaires : ce mercredi 19 août, Donald Trump a promis "la plus écrasante opération économique jamais menée contre un pays", annoncée en majuscules sur son réseau Truth Social, et a donné une consigne au reste du monde. Toute banque, entreprise, aéroport ou administration qui fournirait un soutien à l’Iran s’exposerait à d’"énormes conséquences économiques". Il a aussi dressé la liste de ce qui "doit cesser maintenant", ça aussi en majuscules, entre contrebande de pétrole, lignes de swap, transferts d’espèces, bureaux de change, registres maritimes et sociétés écrans. Le message se veut fort, mais le dispositif reste imprécis : ni Donald Trump ni la Maison-Blanche n’ont détaillé les nouvelles mesures. Le problème est aussi arithmétique puisque Washington sanctionne déjà massivement l’économie iranienne, ses dirigeants, ses circuits financiers et son pétrole. Le Trésor mène depuis plusieurs mois l’"Operation Economic Fury" (Opération Fureur Economique, en français) pour couper les financements de Téhéran, tandis qu’un blocus naval dans le détroit d’Ormuz cherche à empêcher les exportations iraniennes. Après le feu, la facture
Ce nouveau tour de vis arrive surtout après un constat militaire moins spectaculaire : le mois dernier, Donald Trump a suspendu les frappes après deux semaines d’attaques nocturnes qui n’avaient pas ramené les responsables iraniens à la table des négociations. Les stocks américains de certaines munitions avaient été...
-
20/08 - Natalie Harp, l’ombre fidèle du président Trump qui déchaîne les passions aux Etats-Unis
Elle est l'assistante qui murmure à l'oreille de Donald Trump. Celle qui l'accompagne dans tous ses déplacements, et ne prend jamais un jour de congé. Son ombre fidèle, entrée dans la lumière après une pique d'un élu démocrate cette semaine. Dans une déclaration où il déplore le sort des marins américains déployés depuis plus de 250 jours au Moyen-Orient, le sénateur de Géorgie Jon Ossoff fait allusion directement à une certaine Natalie : "Trump ne veut pas faire son travail. Il veut construire sa salle de bal et voyager avec Natalie à bord du palais volant, visiblement peu sécurisé, offert par l’émir du Qatar", assène-t-il.
Une affaire qui ne cesse depuis de déchaîner les passions au sein de la classe politique américaine. Car Natalie Harp est un objet de fascination à droite comme à gauche, note le New York Times. Et si elle a été soutenue sans relâche par les élus républicains et influenceurs conservateurs sur X notamment, elle agace parfois jusque dans ses propres rangs. Il faut dire qu'elle "passe plus de temps auprès du président que n’importe lequel de ses collaborateurs”, rapporte le Wall Street Journal, et qu’elle “rend compte exclusivement à Trump et à personne d’autre”, pas même le chef de cabinet, ou les responsables de la sécurité nationale.
La jeune Californienne de 35 ans fait partie du cercle très restreint du président. Dernier exemple en date : le 8 juillet, elle est l'une des rares personnes à prendre place avec Donald Trump dans un nouvel avion,...
-
20/08 - Guerre en Ukraine : Kiev bombardée, un drone s’écrase en Roumanie... Le point sur l’attaque nocturne de la Russie
La Russie a lancé tôt ce jeudi 20 août une attaque de missiles balistiques contre l'Ukraine, faisant au moins 16 morts et une quarantaine de blessés à Kiev et dans sa région, ont déclaré les autorités ukrainiennes.
Selon l'armée de l'air ukrainienne, la Russie a lancé des dizaines de missiles balistiques, de croisière et hypersoniques, ainsi que 168 drones lors de son attaque nocturne. Les unités de défense aérienne ont pu abattre 145 drones et la plupart des missiles de croisière, mais aucun des missiles balistiques.
Les étages supérieurs d'un immeuble résidentiel de neuf étages ont été détruits dans le quartier Solomianskyi de Kiev, où la majorité des 15 décès recensés dans la capitale ont eu lieu, a déclaré le maire Vitali Klitschko. Il a décrété que vendredi serait une journée de deuil national. Deux autres quartiers ont subi des dégâts, a déclaré Klitschko, une école et un hôpital pour enfants ayant été touchés, ainsi que des bâtiments non résidentiels et des entrepôts.
Plus d'une dizaine d'explosions ont été entendues dans la capitale, selon un témoin. La compagnie d'électricité DTEK a déclaré avoir rétabli le courant pour plus de la moitié des quelque 90 000 foyers privés d'électricité dans la capitale à la suite de l'attaque. Un drone s'écrase en Roumanie
Le ministère russe de la Défense a indiqué sur Telegram avoir ciblé des installations produisant des composants pour drones, un dépôt militaire et un centre logistique dans la région de Kiev.
Dans la région...
-
20/08 - Mails, Teams, messageries… Et si le plus efficace était encore de se parler ?
Par quel moyen communiquer avec son interlocuteur au travail ? Le petit mot sur papier qu’un collaborateur glisse à un dirigeant en pleine réunion ou le post-it collé sur un écran pour ne pas oublier une tâche essentielle sont toujours d’actualité. Pour le reste, les échanges sont désormais numériques : mails, SMS, messageries internes et parallèles, réseaux sociaux, Teams… Trop de choix tue l’efficacité
Agile et pratique côté pile, cette profusion d’outils se révèle, côté face, chronophage : 56 % des employés français déclarent perdre du temps à alterner entre sept canaux de communication différents en moyenne, tandis que 43 % disent passer à côté de certains messages, dispersés sur différents supports ("L’état des lieux des communications en entreprise à l’ère de l’IA", Mitel/ Vanson Bourne, 2026). Or, au travail, contacter son interlocuteur et pouvoir être contacté est primordial.
Un paradoxe se dessine donc : ces canaux sont devenus indispensables aux entreprises sans pour autant convaincre ceux qui les utilisent. Ainsi, selon cette même étude, alors que 93 % des décideurs IT considèrent les outils de communication comme essentiels au bon fonctionnement de l'entreprise, seuls 22 % des travailleurs les jugent réellement efficaces pour leur travail.
Faut-il y voir un problème de "transformation digitale" ? Non, répond Christophe Chamy, vice-président Europe du Sud chez Mitel, fournisseur mondial de solutions de communication : "Nous sommes déjà dans une maturité...
-
20/08 - Cette mystérieuse cyberattaque qui plonge le havre fiscal du Liechtenstein dans la tourmente
La petite principauté du Liechtenstein est confrontée à la pire épreuve de son histoire tricentenaire : la cyberattaque dont elle a été victime au cœur de l’été met en péril sa réputation de havre financier pour les super riches. Révélée début août, l’incursion informatique a permis à des hackers non identifiés de dérober les identités réelles de dizaines de milliers de personnes ayant placé leur fortune dans des établissements locaux de manière anonyme, sous couvert de fondations ou de fiduciaires.
La fête nationale du mini-État montagneux pris en sandwich entre la Suisse et l’Autriche, qui ne compte qu’à peine plus de 40 000 habitants, s’est pourtant déroulée le 15 août comme si de rien n’était dans la capitale, Vaduz. Depuis le château médiéval qui surplombe la vallée, la maison princière a même saisi l’occasion pour annoncer une petite révolution dans la succession au trône, qui sera désormais ouverte aux femmes. L’abolition de la primogéniture masculine n’aura pas d’impact à court terme puisque après le prince régnant Hans Adam II, non seulement le prince héritier Aloïs mais aussi le fils aîné de celui-ci, Wenzel, sont des mâles.
La cyberattaque, en revanche, risque d’avoir des conséquences beaucoup plus immédiates. Pour une place financière comme le Liechtenstein, qui attire les capitaux privés en quête de fiscalité douce, la confidentialité des données des clients est le bien le plus précieux. De nombreux Européens aisés y font gérer leur fortune et la...
-
20/08 - 40 000 milliards de dollars : la dette publique américaine atteint un niveau record
La dette totale des Etats-Unis a dépassé pour la première fois les 40 000 milliards de dollars, a rapporté mercredi 19 août le département américain du Trésor, alimentant les craintes d'une crise financière à l'horizon alors que le bond des coûts liés aux programmes sociaux et aux versements d'intérêts dépasse de loin les recettes, freinées par les allègements d'impôts.
Selon le dernier rapport du Trésor américain sur les soldes de trésorerie et de dette, l'encours total de la dette publique des Etats-Unis s'élevait mardi à 40 047 milliards de dollars, dont 32 266 milliards de dollars de titres obligataires et 7 782 milliards de dollars de dette intra-gouvernementale.
La dette du gouvernement fédéral américain a plus que doublé en moins d'une décennie, alors qu'elle s'élevait à 19 950 milliards de dollars en janvier 2017 au moment de l'investiture de Donald Trump pour son premier mandat présidentiel.
Environ un tiers de cette hausse s'est produit au cours des deux années d'emprunts frénétiques contractés par le gouvernement américain pour financer les mesures de lutte contre la pandémie de Covid-19 mises en oeuvre par Donald Trump puis Joe Biden. Les choix de politique budgétaire du républicain et du démocrate, combinés à des déséquilibres fiscaux de longue date, expliquent le reste. Des organismes de surveillance budgétaire alertaient depuis des semaines sur la dette, anticipant que celle-ci dépasserait le seuil des 40 000 milliards de dollars et prévenant qu'une...
-
20/08 - Retraites : le gel des pensions, le pari à haut risque de Roland Lescure
"Une indexation plus modérée". Il a fallu peser soigneusement le vocable pour aborder un sujet qui déchaîne les passions depuis deux ans. Au point de faire chuter à lui seul un gouvernement – Michel Barnier s’en souvient. Malgré tout, dans son interview à Libération de la mi-août, Roland Lescure s'est jeté à l’eau en évoquant la possibilité d’une "contribution des retraités aisés" qui passerait par la non-revalorisation de leurs pensions par rapport à l'inflation. Le ministre de l’Economie marche sur des œufs pour ouvrir ce débat pourtant légitime dans un pays qui doit réduire son déficit public (5,1% fin 2025) en dépit de la crise du détroit d’Ormuz, de la canicule et des incendies, facteurs aggravants de la dérive structurelle des comptes de la nation. Pendant ce temps, la charge de la dette s’alourdit d’autant plus que le taux d'emprunt français grimpe : 34,5 milliards d’euros d’intérêts versés au seul premier semestre. Dans la revue des dépenses publiques qui s’impose, impossible d’omettre le poste des pensions de retraite, qui en concentre près du quart.
A Bercy, on tâtonne encore sur les modalités de cette potentielle dérogation. "Est-ce qu’on la fait ou non ? A partir de quel seuil ? Comment éviter les effets de palier ? Les réflexions sont en cours", indique-t-on dans l’entourage de Roland Lescure. Le gel de toutes les pensions permettrait d’économiser 6 milliards d’euros, sur la base d’une inflation de 2 %. La moitié en ciblant uniquement les retraites...
-
19/08 - Didier Raoult : 758 publications épinglées, l’IHU de Marseille de nouveau dans la tourmente
Une équipe internationale de scientifiques a passé au crible 2 674 articles publiés entre 1994 et 2024 par l'Institut hospitalo-universitaire en maladies infectieuses de Marseille (IHU), le grand centre de recherche marseillais cofondé par Didier Raoult. Sur ce total, 853 publications présentent des "préoccupations éthiques et juridiques substantielles", selon une analyse publiée ce mois-ci dans la revue Research Integrity and Peer Review. Didier Raoult apparaît comme coauteur dans 758 de ces articles litigieux.
Les problèmes recensés sont multiples : absence d'approbation éthique enregistrée pour 343 articles, obtention rétroactive d'autorisations après le début des études, réutilisation d'une même approbation pour plusieurs travaux distincts, et au moins 78 articles décrivant des recherches biomédicales qui ne semblent pas respecter la législation française en matière de protection des sujets humains. Ces dysfonctionnements ont déjà conduit au retrait de 64 articles et à l'apposition d'une "expression de préoccupation" sur 270 autres, signalant des doutes majeurs sur la rigueur scientifique de ces travaux. Une influence jusqu'à la Maison-Blanche
Didier Raoult avait accédé à une notoriété mondiale en mars 2020, lorsque son équipe avait publié une étude affirmant que l'hydroxychloroquine, un médicament antipaludéen, était efficace contre le Covid-19, surtout en association avec l'azithromycine. Cette étude, depuis rétractée pour des raisons éthiques et scientifiques en...
-
19/08 - Classement de Shanghai : "Le palmarès de Leiden mériterait d’être davantage connu"
Alors que les amphithéâtres sont encore désertés, tombent chaque été les résultats du classement de Shanghai. Cette année encore, pas de grande surprise, si ce n’est la progression d’un rang de la France qui intègre le top 10 mondial grâce à ses 27 établissements présents dans le palmarès. Les quatre institutions françaises les mieux classées étant l’Université Paris-Saclay (13e place), l’Université PSL (33e), Sorbonne Université (55e) et l’Université Paris-Cité (57e).
Philippe Baptiste, ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’espace a salué "l’ensemble de la communauté scientifique dont le travail et l’engagement rendent ces résultats possibles et confirment la place majeure de la recherche française dans le monde". Tout en rappelant que "les classements ont leurs limites et ne sauraient constituer une fin en soi".
Toujours largement débattus, les résultats du classement de Shanghai doivent en effet être interprétés avec prudence. Face aux enjeux de souveraineté et à la compétitivité croissante d’un secteur qui s’est mondialisé, d’autres palmarès mériteraient d’être mis en lumière, comme le classement CWTS Leiden Ranking, élaboré à l'université néerlandaise de Leyde. Entretien avec Lauranne Chaignon, ingénieure-bibliomètre à l’université PSL.
L'Express : Ces dernières années, les grandes universités françaises comme celle de Paris-Saclay ou de PSL se sont mises en ordre de bataille pour grimper dans le classement de Shanghai. En quoi est-il...
-
19/08 - "Notre espèce va disparaître de la planète" : les sombres projections du démographe Paul Morland
Le démographe Paul Morland est l’auteur de plusieurs essais qui montrent comment la démographie a façonné notre monde moderne (The Human Hide, PublicAffairs), examinent le futur de l’humanité (Tomorrow’s People, Pan Macmillan) et avertissent sur la dépopulation (No One Left, Swift Press). Alors que L’Express consacre un numéro double au monde de 2050 vu sous le prisme de la démographie, le Britannique nous explique pourquoi la chute des naissances est un fait majeur, avec des conséquences vertigineuses sur le plan politique et économique. Il évoque aussi l’avenir d’Israël, la rivalité entre les Etats-Unis et la Chine, l'exception historique française et la pacification du monde, qui sera selon lui une maigre compensation du fait de devenir une "maison de retraite mondiale"…
L’Express : "La démographie, c’est le destin", disait Auguste Comte. Vos livres montrent que cette affirmation est bien sûr exagérée, mais confirment que la démographie est une force puissante qui façonne notre avenir…
Paul Morland : Affirmer que la démographie serait une fatalité est évidemment trop simpliste. Si en 1925, j’avais connu toutes les données démographiques sur le monde de cette époque, aurais-je pu prévoir la Seconde Guerre mondiale ? Bien sûr que non. Mais quand on se retourne vers le passé, on constate que les gens ont souvent sous-estimé la démographie en tant que facteur déterminant. On ne pourra jamais prédire l’avenir à 100 %. Mais la démographie crée un contexte dans lequel on...
-
19/08 - Guerre en Ukraine : la Russie menace le Royaume-Uni, Londres réplique
C'est une mise en garde qui n'est pas passée inaperçue. "Plus l'implication de Londres aux côtés du régime terroriste de Kiev sera profonde, plus le prix à payer sera élevé", a averti l'ambassade de Russie au Royaume-Uni lundi, à la suite d'attaques de drones de fabrication britannique en Russie. Alors que Moscou essuie de lourdes pertes ces dernières semaines, Londres est dans le viseur du Kremlin, qui l'accuse "d'aggraver délibérément le conflit". Ces menaces n'ont pas tardé à faire réagir. "Le Royaume-Uni continuera de soutenir l'Ukraine à 100 % contre cette guerre illégale menée par Vladimir Poutine", a martelé le Premier ministre britannique devant la presse, mardi, à Wolverhampton.Andy Burnham dit son soutien à l'Ukraine
"Nous apportons notre soutien à l'Ukraine afin qu'elle puisse se défendre, et telle a été la position britannique tout au long de ce conflit, sous tous les précédents Premiers ministres", a poursuivi Andy Burnham. "Cela reste mon cas. Nous ne sommes pas des amis de circonstance. Nous serons présents lorsque l'Ukraine aura besoin de nous, et cela ne changera pas."
L'utilisation de tels drones à longue portée fabriqués par des entreprises britanniques s'inscrit dans le cadre de la campagne de frappes massives menée par l'Ukraine. Kiev espère ainsi réduire les revenus de Moscou et faire ressentir aux civils russes l'impact de l'invasion qui dure depuis plus de quatre ans. Selon l'ambassade de Russie au Royaume-Uni, ces frappes confirment que "Londres...
-
19/08 - Guerre en Iran : la menace qui pourrait faire entrer l’Europe dans le conflit
Ce mois d’août, pourquoi ne pas faire voyager un conflit ? Selon deux sources proches du régime citées par le Financial Times, les forces iraniennes ont étudié la possibilité de frapper des installations militaires américaines en Europe du Sud-Est si Donald Trump relançait une offensive contre la République islamique. La Bulgarie figure parmi les cibles évoquées : Sofia a autorisé le mois dernier l’utilisation de la base aérienne de Bezmer par des avions ravitailleurs américains. Chypre est également mentionnée, alors qu’une base britannique y avait déjà été touchée par un drone en mars. Les Gardiens de la révolution avaient prévenu : "Toute base utilisée pour frapper l’Iran peut devenir une cible."
Ce durcissement intervient alors que les discussions entre Washington et Téhéran sont à l’arrêt. Donald Trump a déclaré sur ses réseaux qu’aucune négociation n’était en cours ni programmée. À Téhéran, plusieurs responsables considèrent une reprise de la guerre comme une question de calendrier davantage que comme une hypothèse. Le Guide suprême, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, a en parallèle promu plusieurs figures du camp dur à des postes clés de l’appareil sécuritaire et militaire. Message reçu
L’Otan a rapidement fait savoir qu’elle avait reçu le message. Interrogé mercredi 19 août sur ces scénarios, un responsable de l’Alliance a assuré qu’elle était prête à faire face à toute menace et qu’elle ferait "toujours le nécessaire pour défendre l’ensemble de ses alliés". Avec un...
-
19/08 - Ukraine : une vaste opération anticorruption vise l’entourage de Volodymyr Zelensky
Les agences anticorruption ukrainiennes affirment, ce mercredi 19 août, avoir démantelé un réseau de blanchiment d'argent lors d'une vaste "opération spéciale" baptisée "Forrest Gump". Ce coup de filet vise notamment une directrice adjointe du cabinet de Volodymyr Zelensky, laquelle a été immédiatement écartée par la présidence.
Le Bureau national anti-corruption (NABU) et le Bureau du procureur spécialisé anticorruption (SAPO) ont indiqué dans une vidéo publiée sur YouTube que ce réseau était composé de la cheffe adjointe du cabinet présidentiel, de députés anciens et actuels, de dirigeants des conseils d'administration et de surveillance d'une banque d'Etat et d'autres personnes.
Conformément à la loi ukrainienne, l'identité des personnes concernées n'a pas été divulguée, mais selon la presse ukrainienne, il s'agit notamment d'Iryna Mudra, une proche conseillère de Volodymyr Zelensky au sein de son cabinet présidentiel et du député Vadym Stolar, dont les domiciles ont été tous les deux perquisitionnés ce mercredi. Le bureau de Volodymyr Zelensky a indiqué en fin de matinée qu'Iryna Mudra avait été immédiatement licenciée par décret.
Selon The Kyiv Independent, le domicile de l'ancien député Maksym Mykytas a également été perquisitionné.
Ce groupe d'individus est accusé d'avoir blanchi 150 millions de hryvnias (2,9 millions d'euros) utilisés pour verser des cautions dans le secteur énergétique .Volodymyr Zelensky fragilisé
Cette enquête représente un nouveau...
-
19/08 - Fisc, Education nationale : la France sous le feu croisé des cyberattaques
C'est à croire qu'aucun service public n'y échappe. Il y a d'abord eu l'Insee en juin, puis un prestataire de la santé publique et l'éducation nationale en juillet, et le fisc, ciblé à plusieurs reprises cet été. Les chiffres sont sans appel : les cyberattaques se multiplient dans l'Hexagone.
Une situation qui inquiète au sommet de l'Etat, d'autant qu'un groupe de pirates, ZeroBytes, a revendiqué la plupart de ces attaques. Le ministre de l’Action et des Comptes publics David Amiel a présenté mardi 18 août des "excuses" pour le piratage d’ampleur, à trois reprises (révélées les 12, 13 et 18 août), de la Direction générale des finances publiques (DGFiP) qui a abouti au vol des données personnelles de quelque 678 000 contribuables, dont 350 000 particuliers. Quel mode opératoire ?
Le premier piratage, qui remonte à fin juin, a visé le système d'information du fisc, le second perpétré fin juillet, toujours revendiqué par "ZeroBytes", a ciblé le Serveur professionnel des données cadastrales (SPDC). Le dernier en date, révélé mardi, concernait cette fois des données liées aux successions.
Si le mode opératoire précis ayant permis ces piratages n'a pas été prouvé, les pirates affirment avoir récupéré l'accès à un VPN utilisé par les agents du fisc et contourné "l'authentification multifacteur", le système imposant une double vérification pour se connecter. "Nos systèmes d’information comportent des faiblesses", a reconnu David Amiel. Quelles données visées ?
Concrètement,...
-
19/08 - La France risque-t-elle une crise de la dette ? Le budget 2027 dans le viseur des marchés
L’irrésistible montée des taux obligataires souverains est l'événement économique de ces dernières semaines. Le taux à 10 ans japonais flirte avec les 3 %, son niveau le plus haut depuis 1996. Le taux britannique a crevé le plafond des 5 % quand son homologue français, protégé par le parapluie de l’euro, a passé la barre des 4 %, du jamais vu depuis 2008.
En réalité, c’est le monde entier qui subit une augmentation structurelle des taux d’intérêt à long terme, y compris quand on les corrige d’une inflation opiniâtre, aux alentours de 2 %. Cette augmentation des taux, nominaux et réels, s'annonce durable car elle relève de facteurs macroéconomiques fondamentaux. Comme les canicules, il ne s’agit pas d’une surprise ou d’un choc mais d’un processus prévisible. Le taux d’intérêt est le prix qui équilibre le marché de l’épargne et celui de l’investissement. Plus l’épargne est abondante par rapport aux besoins d’investissement, plus les taux d’intérêt sont bas. A l’inverse, plus les besoins d’investissements sont élevés par rapport à l’épargne, plus les taux d’intérêt ont tendance à monter. Crainte du "mauvais équilibre"
Depuis trois ans environ, le monde est passé de la première à la seconde configuration. La nécessité de financer la transition énergétique, les besoins du réarmement face à la menace russe et à l’imprévisibilité américaine vis-à-vis de l'Otan et, plus que tout, les investissements colossaux à consentir dans les infrastructures de l’intelligence artificielle...
-
19/08 - Isipca : comment l’école des nez cultive sa réputation à l’international
"A quoi reconnaît-on les étudiants de l’Isipca ? Ils ont pour habitude d’arpenter les locaux des mouillettes à la main, ces fameuses bandelettes de papier absorbant utilisées pour sentir un parfum", décrit Natalie Berkman, directrice des opérations académiques et de la recherche de cette école spécialisée dans les métiers du parfum, de la cosmétique et des arômes. Pourtant, en ce 24 juin, les couloirs de ce campus de 3 800 mètres carrés, niché dans un quartier résidentiel de Versailles, sont inhabituellement silencieux. Les cours de la "summer school" ont été annulés en raison de la canicule qui s’est abattue sur la France. "Cette période estivale est d'ordinaire consacrée à l’accueil de participants internationaux venus suivre des formations courtes sur des thématiques spécialisées", explique Natalie Berkman en entrant dans l’un des quatorze laboratoires.
Ici la climatisation est exclue car elle risquerait d'altérer les essences, mais un système de ventilation a été pensé pour diluer les odeurs. Sur les étagères, des centaines de flacons de jasmin, de violette, de basilic ou de gingembre, sont soigneusement alignés aux côtés des balances disposées sur les paillasses. "Les étudiants de niveau master doivent savoir reconnaître entre 400 et 500 matières premières à la fin de leur parcours", explique Natalie Berkman. Cette diplômée de l’Université de Princeton a rejoint l’Isipca il y a un an. Pour le directeur général Nicolas Salado, le recrutement d’une Américaine au sein...
-
19/08 - Ukraine : Mykhaïlo Fedorov défie Volodymyr Zelensky et réclame la tenue d’élections
La pression monte encore d'un cran autour de Volodymyr Zelensky. L'ancien ministre ukrainien de la Défense, Mykhaïlo Fedorov, a appelé mardi 18 août au soir à la tenue d'élections en dépit de la guerre, estimant dans une allocution que l'Ukraine était confrontée à une "crise de gouvernance".
C'est la première fois, depuis le début de l'invasion lancée par la Russie en février 2022, qu'une personnalité politique majeure en Ukraine effectue une telle demande, constituant le plus grand défi interne auquel est confronté le président ukrainien Volodymyr Zelensky. "La démocratie ne peut être tenue en otage par la Russie", a dit Mykhaïlo Fedorov. "Nous devons trouver un mécanisme légal, sûr et réaliste qui permettra à l'Ukraine de renouveler son plein processus démocratique, même dans les conditions d'une guerre longue."
Mykhaïlo Fedorov, 35 ans, qui a été à la tête de la Défense pendant six mois à peine, a diffusé son allocution sur YouTube quelques heures seulement après que Volodymyr Zelensky a annoncé avoir demandé au Parlement de confirmer mercredi la nomination du nouveau ministre de la Défense, Yevhenii Khmara.
Dans une critique à peine voilée du président ukrainien, Mykhaïlo Fedorov a déclaré que l'Ukraine était confrontée à une "crise systémique de gouvernance". "L'ancien système vit trop souvent selon ses propres règles. Il se protège. Il a peur du changement", a-t-il dit."Notre peuple est prêt pour un pays différent"
Sans donner de noms, Mykhaïlo Fedorov a dénoncé...
-
19/08 - Attaques hybrides : "La Russie agit déjà comme si elle était en guerre contre l’Otan"
Le Vieux Continent connaît un mois d'août tout sauf tranquille. En l'espace de quelques jours, les incidents suspects se sont multipliés dans plusieurs pays européens. Dans la nuit du 4 au 5 août, un drone équipé d'un "engin explosif" a été découvert sur le tarmac de l'aéroport de Leipzig-Halle, en Allemagne. La même semaine, un ressortissant russe a été interpellé en Pologne, soupçonné d'avoir voulu assassiner un citoyen américano-ukrainien. Le 13 août, une puissante explosion a eu lieu à Colleferro, en Italie, dans une usine de KNDS Ammo, qui fabrique des munitions pour Kiev. En France, les soupçons d'ingérence à l'encontre de candidats à la présidentielle se multiplient.
Dans plusieurs de ces dossiers, les regards des enquêteurs se tournent à l'Est, vers Moscou. Alors que la guerre s'éternise en Ukraine, le Kremlin semble gagner en témérité. Décryptage avec Emily Ferris, chercheuse associée senior au sein du département d'études sur la sécurité internationale du Royal United Services Institute, spécialiste de la politique intérieure russe et des vulnérabilités des infrastructures militaires et des chaînes logistiques du pays.
L'Express : Voyez-vous une escalade dans la multiplication des incidents ces derniers jours sur le continent, ou la poursuite de ce que nous observons depuis 2022 ?
Emily Ferris : Plusieurs phénomènes distincts sont à l’œuvre. Premièrement, la Russie cherche à tester les défenses de l’Otan pour en repérer les faiblesses. C’est pourquoi on...
-
19/08 - Pierre Maillard : un proche du général de Gaulle et un potentiel espion russe
Les espions font souvent basculer l’Histoire. Dans l’ombre, depuis des siècles et partout sur la planète, certaines opérations ont défini le monde tel que nous le connaissons. Dans “Nid d’espions”, le podcast de L’Express consacré au renseignement, on ouvre un dossier secret-défense, dans lequel le rôle des espions a tout changé.
En 1969, Alfred Hitchcock réalise l’un de ses derniers films, L’Etau, d’ailleurs peu plébiscité par la critique. Comme souvent, il décide d’adapter un livre sorti deux ans plus tôt : un best-seller intitulé Topaz, de l’écrivain américain Leon Uris.
L’Etau suit donc un agent des services secrets français, André Devereaux. Il enquête sur un réseau d’espionnage soviétique surnommé Topaz. Une mission qui va l’emmener de New York à Cuba en passant par Paris. Au cœur de l’affaire, un influent conseiller qui serait infiltré au sommet de l’Etat français et ferait passer des informations sensibles à l’URSS. Pour l’aider dans ses recherches, André Devereaux peut compter sur son ami Jacques Granville, interprété par un certain Michel Piccoli. Notre espion découvre alors que Jacques Granville l’a trahi et qu’il est justement la taupe !
L’histoire est inspirée de la réalité : l’affaire Martel. En décembre 1961, Anatoli Golitsyne, un commandant du KGB, fait défection aux Etats-Unis. Il livre aux renseignements américains de nombreux noms d’espions soviétiques infiltrés en Occident. Et il affirme qu’il y a, au cœur du cabinet présidentiel de Charles de...
-
18/08 - De "petit gros" à "ami", la volte-face de Donald Trump sur Kim Jong-un
"Nous nous entendons à merveille". C'est ce qu'a écrit Donald Trump sur son réseau Truth Social, le week-end dernier, en légende d'une photo le montrant en compagnie de Kim Jong-un. Il justifiait ainsi la réduction du nombre d'exercices militaires partagés entre les États-Unis et la Corée du Sud, ajoutant que le contraire enverrait "un signal totalement inapproprié et hostile à un pays qui, depuis [sa] présidence, s'est montré non menaçant et respectueux".
Cette décision s'inscrit en contradiction avec la politique des précédents présidents américains, qui ont toujours considéré la Corée du Nord comme un adversaire. Elle est néanmoins dans la droite ligne des relations qu'entretiennent les deux dirigeants depuis quelques années. Rien ne laissait présager cette évolution tant leurs premiers échanges ont été houleux.Surenchère d'insultes
Moins d'un an après son élection en 2016, Donald Trump qualifie Kim Jong-un d'"homme-fusée" lors d'un discours virulent à la tribune de l'ONU, fin 2017, en référence aux missiles fréquemment lancés par Pyongyang. Le dirigeant nord-coréen lui avait répondu en le traitant de "gâteux américain mentalement dérangé". S'engouffrant dans la surenchère, Donald Trump l'avait qualifié de "fou".
Cet échange a donné le ton des années qui ont suivi, où Donald Trump a multiplié les invectives, voire les menaces à l'adresse de son homologue, sur un registre parfois vulgaire : "petit gros", "criminel haineux condamné à mort par le peuple coréen" en...
-
18/08 - Présidentielle 2027 : entre Edouard Philippe et Gérald Darmanin, les dessous d’un amour vache
Edouard, un ami a une surprise pour toi ! Le vendredi 7 mars 2025, Gérald Darmanin téléphone à un proche d’Edouard Philippe pour lui annoncer la bonne nouvelle. Il vient de vanter les mérites du maire du Havre dans l’émission Quelle époque ! de Léa Salamé. Lui, l’ami turbulent, a ouvert son cœur à une heure de grande écoute. Le chef est prévenu : "Edouard, tu verras demain soir, Gérald dit du bien de toi !" Voilà un week-end qui commence parfaitement. Avant la douche froide, devant les images. Le Normand sera-t-il le candidat du bloc central ? "Ce n’est pas à moi de le dire, il faut un projet d’abord…" Darmanin compte-t-il le soutenir ? "S’il ne s’impose pas naturellement, il faudra une primaire." Et qu’on n’invoque pas leur amitié pour justifier un ralliement docile. "Je ne fais pas de la politique pour mon pays parce que j’ai des copains." Edouard Philippe est devant son poste comme sur le ring qu’il a l’habitude de fréquenter, il encaisse. "Ah, d’accord, ça ressemble à ça quand il dit du bien…", lâche l’ancien Premier ministre.
Gérald Darmanin a de nouveau "dit du bien" d’Edouard Philippe. Toujours à sa manière, fidèle à l’amour vache qui lie les deux hommes. Dans un entretien à La Voix du Nord, le ministre de la Justice annonce son soutien à la candidature présidentielle du maire du Havre, un homme aux "qualités d’homme d’Etat, qui a l’expérience du pouvoir, et, par ailleurs [...] le mieux placé". Mais ce ralliement est parsemé de mises en garde envers le leader...
-
18/08 - Yvette Roudy, pionnière des droits des femmes, est morte à 97 ans
Avant Yvette Roudy, l’égalité entre les femmes et les hommes figurait déjà parmi les grands principes : elle a eu la bonne idée de vouloir l’appliquer. L’ancienne ministre, décédée ce mardi 18 août à 97 ans, en avait fait le fil rouge d’une carrière politique de plusieurs décennies. Sa disparition, annoncée par son neveu Jean-Pierre Saldou, est survenue dans la résidence médicalisée de Cabestany, dans les Pyrénées-Orientales, où elle vivait depuis trois ans. Première titulaire d’un véritable ministère des Droits de la femme, de 1981 à 1986 sous François Mitterrand, Yvette Roudy avait donné à ce portefeuille une consistance qui dépassait largement son intitulé.L’IVG, du droit à l’accès
Le premier dossier suffit à situer l’époque. L’IVG était légale depuis la loi Veil de 1975, mais pas encore remboursée par la Sécurité sociale. Yvette Roudy obtient ce remboursement en 1982 et se bat pour que des places soient réservées dans les hôpitaux.
L’année suivante, elle fait voter la loi qui portera son nom sur l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. Le texte interdit notamment de refuser une embauche, une promotion ou une formation en raison du sexe et impose aux entreprises un "rapport de situation comparée". L’application, elle, prendra davantage son temps : Yvette Roudy dénoncera pendant des années le peu d’empressement à faire respecter la loi. Les premières sanctions contre certaines entreprises n’arriveront que des décennies plus tard.Des bureaux aux bancs...
-
18/08 - Kim Jong-un, et si son successeur était une femme ? Comment la Corée du Nord se féminise
Debout sur le pont d'un destroyer balayé par les embruns, la jeune fille, en tailleur-pantalon, le bras tendu vers la mer, semble indiquer quelque chose à l'horizon à son père, Kim Jong-un. La photo, diffusée par l’agence officielle KCNA début juin, a été prise lors d’un essai du nouveau fleuron de la flotte nord-coréenne. Le message est limpide : âgée d'environ 13 ans, l’adolescente jouerait un rôle de plus en plus important aux côtés du tout-puissant dirigeant du Royaume ermite.
Nul ne sait si Ju-ae partage la passion de son père pour la chose militaire. La jeune fille au visage poupin l’accompagne pourtant dans la plupart de ses "inspections" d'équipements de défense. Les observateurs y voient le signe qu’elle pourrait lui succéder à la tête de la seule dynastie communiste de la planète. Même les services secrets sud-coréens en semblent convaincus. Après avoir longtemps cru que Kim Jong-un avait un fils - qu'il aurait pu préparer en secret - ils pensent désormais que ce n’est pas le cas.
Au-delà de la question centrale de la succession, l'omniprésence médiatique de Ju-ae témoigne d'une féminisation de l’entourage d’un leader moins traditionaliste que ses prédécesseurs et, plus largement, du régime. Autoproclamée "paradis pour les femmes", la République populaire et démocratique de Corée garantit certes depuis sa création en 1948 l’égalité politique et économique entre les hommes et les femmes. "Sauf que la femme socialiste idéale était censée être réservée, prête au...
-
18/08 - Canada : les concessions de Mark Carney pour éviter les droits de douane de Donald Trump
Moins d'une journée pour trouver un accord. C'est le temps dont dispose le Premier ministre canadien, Mark Carney, pour éviter à son pays de subir une hausse de 50 % des droits de douane imposés par son voisin américain. L'ultimatum est fixé ce mardi à minuit (six heures du matin le mercredi 19 août à l'heure de Paris). La fin des négociations, déjà entamées, s'annonce ardue : il y a quelques semaines, Donald Trump a qualifié d'"odieux" et de "méchants" les dirigeants canadiens, dans des propos rapportés par plusieurs médias américains.
Les relations commerciales entre les deux pays, historiquement exemptés ou presque de droits de douane, se sont encore dégradées depuis que Donald Trump a invoqué, le mois dernier, un texte de 1930 jamais utilisé, la "Section 338" d'une loi américaine. Selon l'interprétation de la Maison-Blanche, elle permet au président d'imposer des droits de douane si une "discrimination" ou un "déséquilibre" menacent le commerce des Etats-Unis par rapport à un autre pays.
Jusqu'ici, le Canada applique des mesures de rétorsion décidées par le gouvernement précédent, celui de Justin Trudeau. La semaine dernière, Jamieson Greer, le représentant étatsunien au commerce, a annoncé la couleur devant des journalistes lors d'un déplacement dans l'Iowa. "Si un pays prend des mesures de rétorsion à notre encontre, nous ne le tolérerons évidemment pas", a-t-il prévenu.
Déjà, les Canadiens ont levé une partie de ces mesures, comme la taxe sur les transactions en...
-
18/08 - USS Benfold : quatre jours dans le noir pour une Navy déjà très sollicitée
Le confort n’est assurément pas la première qualité attendue d’un destroyer américain, mais il existe tout de même un minimum syndical, même à bord d’un navire de guerre : de l'électricité, de l’eau potable, et idéalement, des toilettes. Pendant quatre jours, les marins de l’USS Benfold, bateau en service de la flotte américaine, ont dû faire sans. Le 24 juillet, alors que le destroyer naviguait en mer de Chine méridionale avec le groupe aéronaval de l’USS George Washington, une défaillance touchant ses générateurs a provoqué une perte totale d’alimentation électrique. Résultat : plus de cuisine, plus de climatisation, plus de sanitaires fonctionnels et un accès à l’eau potable lui aussi affecté.
La panne n’a heureusement fait aucun blessé ; elle a en revanche transformé un bâtiment conçu pour suivre un porte-avions, lancer des missiles et opérer loin de ses bases en navire à remorquer. Le croiseur USS Robert Smalls, autre type de navire de guerre conçu pour escorter une flotte et qui faisait partie du même groupe aéronaval, a fourni des repas à l’équipage. Des remorqueurs civils ont ensuite conduit le Benfold jusqu’à Subic Bay, aux Philippines, où il est arrivé le 28 juillet. Dès le lendemain, les marins ont été logés et nourris à terre. L’électricité a été rétablie le 30 juillet. Les réparations ont été achevées le 7 août et le destroyer a quitté Subic Bay le lendemain. Mauvais timing en mer de Chine
L’US Navy enquête encore sur l’origine exacte de la défaillance. Son...
-
18/08 - Limogé pour avoir dit la vérité : Andrei Klepach, l’économiste russe qui a osé dire que Moscou perdait la guerre
Deux jours après des révélations dans le Moscow Times, le couperet est tombé. L'économiste en chef de la deuxième banque russe VEB, en poste depuis 12 ans, a été limogé, le Kremlin n'ayant visiblement pas apprécié ses commentaires critiques sur l'état de l'économie, à en croire le média indépendant russe The Bell.
Lors d'un événement organisé en mai par le Club Nikitsky de la Bourse de Moscou, Andrei Klepach avait notamment averti sur le fait que la Russie ne gagnerait pas une guerre économique prolongée contre l'Ukraine et que les craintes d'un effondrement économique imminent de l'Ukraine étaient infondées. Pas du goût de Vladimir Poutine... "La Russie à la traîne", "une crise sociale inévitable"
Pas plus d'ailleurs que ses autres déclarations. Il avait aussi déclaré que les pressions exercées sur l'économie russe par la guerre entraîneraient inévitablement une "crise sociale" qui éclaterait "au moment où personne ne s'y attendrait particulièrement". Ou encore que la Russie était à la traîne par rapport à la Chine et aux Etats-Unis sur le plan technologique.
Des commentaires qui constituent une rare reconnaissance, de la part d'un économiste russe de haut rang, des difficultés économiques croissantes du pays, à rebours du discours tenu par Vladimir Poutine. Le président russe continue en effet de maintenir que l'économie russe résiste avec succès aux pressions de la guerre et que l'épuisement économique de l'Ukraine n'est qu'une question de temps.Le Kremlin fait le...
-
18/08 - Moyen-Orient : pourquoi Donald Trump menace de bombarder Oman, un allié historique des Etats-Unis
C’est la valse des coups de pression : Donald Trump a de nouveau menacé de frapper Oman s’il "se mettait en travers" des négociations avec l’Iran. Selon le journaliste de Fox News, qui rapportait leur échange, le président américain a employé une formule quelque peu plus vulgaire : "On leur bombardera la gueule". Quelques heures plus tard, ce lundi 18 août, dans le bureau Ovale, il a simplement expliqué que les Omanais ne s’étaient "pas très bien comportés", sans donner davantage de détails. Le calendrier aide à comprendre l’irritation : Washington assurait depuis plusieurs semaines qu’un accord avec Téhéran restait possible. Le délai de soixante jours fixé en juin pour parvenir à un règlement a pourtant expiré lundi, sans avancée décisive sur le nucléaire ni fin de la guerre. Au même moment, Oman avançait de son côté avec l’Iran sur un autre dossier devenu central : la réouverture du détroit d’Ormuz. Ormuz, nerf de la guerre
Avant la guerre, environ un cinquième du pétrole mondial et du gaz naturel liquéfié transitait par le sultanat qui borde la rive sud du détroit, face à l’Iran. Depuis les attaques américano-israéliennes contre l’Iran en février, le passage est largement fermé, avec des conséquences directes sur le marché de l’énergie et les prix américains à la pompe. Le gouvernement d’Oman discute donc avec celui de l’Iran d’un dispositif permettant à davantage de navires commerciaux de circuler. Lundi, le ministère iranien des Affaires étrangères affirmait même...
-
18/08 - Les médias ont-ils "lynché Jason Arday" ? Quelques vérités dérangeantes sur cette tragédie qui agite le Royaume-Uni
Notre époque aime les martyrs. La mort tragique de Jason Arday à l’âge de 41 ans fournit aujourd’hui à la gauche antiraciste une victime de choix, et une indignation collective. Présenté comme "le plus jeune professeur noir de l’université Cambridge", ce sociologue de l’éducation, fils d’immigrés ghanéens, avait démissionné le 5 août après des accusations de plagiat et d’affabulation. Il a été retrouvé mort le 14 août à Londres. Depuis, le récit dominant qu’on peut lire en France, même dans la presse de droite comme Le Figaro, est celui d’un universitaire diagnostiqué autiste, donc très "vulnérable", victime d’une infâme campagne de la part de la presse britannique, sur fond de racisme. Ont notamment été repris les propos de Lord Woolley, directeur du Homerton College de Cambridge, qui l’a qualifié de "formidable jeune homme au grand cœur", assurant qu'"il a été lavé de tout soupçon de plagiat par la John Moores University et pourtant, il a subi une chasse aux sorcières des plus horribles, toxique et féroce, que très peu d’entre nous auraient pu supporter". Le militant antiraciste Ibram X. Xendi est allé jusqu’à affirmer que "les médias ont lynché Jason Arday".
Il suffit pourtant de se pencher sur la presse anglophone pour constater que des journalistes sérieux ont simplement fait leur travail en contredisant les nombreux mensonges qui ont permis à Jason Arday de devenir une célébrité académique et médiatique. Le New York Times, pas franchement un quotidien...
-
18/08 - Le "quoi qu’il en coûte aux assurés" est le nouveau mantra des politiques publiques, par Antoine Levy
Le mois d’août, inhabituellement riche en actualités, a vu se succéder des événements que rien ne semble, de prime abord, rapprocher. Les feux géants qui ont dévasté la Gironde et détruit nombre d’habitations et d’exploitations industrielles et agricoles ; les annonces gouvernementales d’un ajustement budgétaire qui devrait passer, en partie au moins, par des coupes dans le budget de l’assurance maladie et le basculement mécanique d’un certain nombre de prestations et de remboursements dans le champ des mutuelles de santé privées ; l’accroissement de la "taxe attentat" destinée à financer le fonds de garantie des victimes de terrorisme et prélevée sur les contrats d’assurance multirisques ; ou encore l’annonce d’une estimation pharaonique, en centaines de milliards d'euros, du coût potentiel du retrait-gonflement des sols argileux, risque qui concernerait plus de 12 millions de logements en France.
Tous ont pourtant ce point commun de voir se télescoper enjeux de politiques publiques, difficultés de financement et couverture finale quasi obligatoire du risque par des assurances privées. Dans chaque cas, l’intense demande sociale et démocratique de protection ou d’indemnisation complète contre les événements, qui s’exerce envers les gouvernements, les pousse à transférer vers le secteur privé le coût financier de cette prise en charge, tout en le dissimulant autant que possible dans des primes d’assurance qui couvrent désormais un éventail de sinistres bien plus vaste...
-
18/08 - L’Otan à portée de frappe de la Russie : les bases secrètes de drones de Vladimir Poutine
Vladimir Poutine construit-il des bases secrètes capables de lancer des drones à l'intérieur du territoire de l'Otan ? C'est ce que semble indiquer une récente enquête du journal britannique The Telegraph, qui révèle l'existence de dix bases du Kremlin pouvant propulser des drones à longue portée. Certains de ces sites auraient été aménagés à partir de bases militaires et d’aéroports civils, tandis que d’autres plateformes de lancement auraient été creusées directement dans les zones rurales russes.
Si certaines de ces bases de drones sont déjà utilisées pour frapper lourdement l'Ukraine, elles représentent également une menace à long terme pour les alliés de l’Otan, la Pologne en tête. Des responsables européens et américains du renseignement estiment même que la Russie envisage une provocation armée sur le sol polonais, des frappes contre des infrastructures essentielles, ou encore des attaques sous faux drapeau qui seraient attribuées à l’Ukraine. 59 nouveaux rails de lancement
À partir de documents ayant fuité et d’images satellites, le Telegraph a identifié au moins 59 nouveaux rails de lancement, le long de la frontière russe avec la Biélorussie et l’Ukraine. Sur ces 59 rails, 20 semblent être plus longs que les autres, selon les images analysées par la société de renseignement DroneSec, ce qui leur permettrait de lancer des drones à longue portée.
Les images révèlent aussi une augmentation importante de la présence de ces drones de haute technologie. Une des...
-
18/08 - De Gaulle après l’attentat du Petit-Clamart : "Sur le moment, j’ai pensé : ce ne serait pas une mauvaise fin"
Cet article a été publié pour la première fois dans L'Express du 30 août 1962
"Cette fois, c'était assez tangent...", dit le général de Gaulle, avec son tranquille courage. Un guet-apens réussi (avec quelles complicités ?) et des armes de guerre en action ! Ces messieurs font des progrès. Le chef de l'Etat sera-t-il victime de ce qui sera, aux yeux des historiens, son titre de gloire ?
Un parlementaire, dont la loyauté est reconnue de tous et qui est apparenté à de Gaulle, a déclaré après l'attentat que les assassins auraient détruit "tout à la fois, à travers la personne du chef de l'Etat, la République, la démocratie et notre liberté". Tragique tableau de l'instabilité d'un Etat qui repose, comme sur un pivot, sur une tête ! Une guerre civile contre un seul homme et la France à la merci d'un tueur ! Le constater, n'est-ce pas dire aux conjurés : "Tuez-le et vous gagnez !" Et n'est-ce pas aussi travailler inconsciemment à leur succès, après le crime, que d'inciter à la panique pour le jour où il serait commis ?
Quelque temps après le premier attentat, le général de Gaulle m'avait dit : "Sur le moment, j'ai pensé : ce ne serait pas une mauvaise fin."
Car les grands hommes sont moins soucieux de leur personne que de leur personnage.
— Détrompez-vous, lui répondis-je, on vous reprocherait d'avoir modelé une Constitution à votre convenance et d'avoir pensé : "Après moi, le déluge !" Il est urgent de réformer la Constitution, et vous seul, aujourd'hui, pouvez y...
-
18/08 - Un campus, combien ça rapporte ? Le poids économique insoupçonné des universités pour les territoires
Du professeur salarié de l’école au restaurateur voisin, en passant par le propriétaire qui loue un appartement aux étudiants et à l’entreprise qui s’appuie sur la main-d’œuvre d’élèves en apprentissage… Quel est l’impact financier des établissements d’enseignement supérieur sur l’économie locale ? "Nos 26 campus implantés dans toute la France accompagnent des entreprises locales et bénéficient aux territoires. Il était donc logique que nous nous penchions sur cette question", explique Jean-Marc Ogier, directeur général de Cesi Ecole d’ingénieurs. Selon une étude menée par le cabinet Utopies et publiée au printemps, l’activité du groupe génère près d’un milliard d’euros de PIB chaque année et soutient 36 000 emplois en France. De quoi inciter certains élus à mettre la main au portefeuille. L’investissement de la région Normandie dans le campus de Rouen, en 2020, aurait ainsi généré en cinq ans une richesse trente fois supérieure à la mise initiale, soit près de 100 millions d’euros.
Bon nombre d’écoles font leurs comptes et brandissent ce type d’études chiffrées, véritables outils de communication stratégiques. "Elles nous permettent de démontrer aux collectivités qu’il est avantageux de miser sur nous", reconnaît Jean-Marc Ogier. A l’heure où la recherche de nouvelles pistes de financement s’impose comme une priorité pour les établissements, l'argument pèse d'autant plus. Kedge Business School met, elle aussi, en avant son label BSIS (Business school impact system) qui...
-
18/08 - Marquer les textes générés par IA : pourquoi l’idée d’Anthropic est un parapluie troué
Après les louanges, les critiques. Le 11 août, Anthropic a annoncé que les textes produits par ses modèles Claude porteraient désormais une marque invisible. Les réactions ont été vives, entre accusations de mouchardage et crainte d’être signalé comme tricheur. L’objet technique est plus modeste que la controverse. Une IA produit son texte token par token, ces fragments de mots qui servent d’unité de calcul et de facturation. À chaque étape, plusieurs suites sont plausibles et elle en choisit une au hasard. Le filigrane consiste à truquer discrètement ce tirage au sort en favorisant une moitié du vocabulaire désignée par une clé secrète.
Sur une phrase, l’écart reste indétectable. Sur plusieurs centaines de mots, un test statistique permet de retrouver la trace de l'IA. Contrairement à ce qui a circulé, aucun caractère invisible n’est ajouté dans le texte et la réponse ne consomme pas davantage de tokens. Ce que le procédé dépense, c’est de l’entropie : la marge de choix du modèle.
Cette technique se heurte à plusieurs limites. Un texte court généré par IA n'affiche aucun signal fiable de sa provenance. L’article fondateur de John Kirchenbauer et de ses coauteurs de l’université du Maryland évoquait en 2023 un seuil autour de vingt-cinq tokens. Le code informatique lui, résiste, au marquage, puisqu’on ne peut pas y remplacer un mot par un synonyme sans casser le programme. Rédigé par un humain, édité par Claude
Anthropic rappelle également dans sa documentation que le
-
17/08 - "Non aux data centers" : pourquoi l’opposition à l’IA pourrait nous coûter cher
Lundi 27 juillet, Milford, Michigan. Alors que Donald Trump vante le retour de la production manufacturière aux États-Unis, six militants munis de pancartes "Stop Data Centers" interrompent son discours, aux cris de "Non aux data centers, les gens paient l’addition". La scène, en apparence anecdotique, témoigne de la montée en force de l’opposition à la construction de nouveaux centres de données, les "usines" de la révolution de l’intelligence artificielle. Il y a tout juste un an, 43 % des Américains se disaient encore favorables à l’installation d’un data center près de chez eux. Neuf mois plus tard, ce chiffre tombait à 21 %. Au premier trimestre 2026, au moins 75 projets représentant environ 130 milliards de dollars d’investissements auraient été perturbés, selon le Data Center Watch. En France et en Europe, la contestation gagne également du terrain, sans atteindre l’ampleur observée outre-Atlantique.Reprendre le contrôle
Le plus souvent, les collectifs opposés aux projets de construction émergent au niveau local et dénoncent une consommation excessive d’eau et d’électricité – qui pourrait se répercuter sur les factures des habitants -, des nuisances sonores et visuelles, l’impact environnemental de l’IA et l’absence de retombées suffisantes sur l’emploi. À première vue, donc, le mouvement présente tous les traits d’un syndrome "Nimby" (acronyme de "Not in my backyard", ou "pas dans mon arrière-cour"). Mais pour Adam Thierer, chercheur au sein de l’équipe...
-
17/08 - Moyen-Orient : le plan secret du régime iranien pour élargir le conflit
La trêve irano-américaine, signée ce 17 juin, n’aura pas beaucoup souffert de l’oisiveté. Téhéran devait rouvrir le détroit d’Ormuz puis négocier sur son programme nucléaire ; Washington promettait notamment des exemptions de sanctions sur le pétrole et l’accès à plusieurs milliards de dollars gelés. En coulisses, pourtant, les tenants de la ligne dure du régime iranien avaient profité de l’accalmie pour préparer la suite. Trois semaines plus tard, l’Iran tirait sur des navires escortés par les États-Unis. Surprise à Washington ; beaucoup moins, semble-t-il, à Téhéran : selon des responsables iraniens et arabes cités par le Wall Street Journal, les tenants de la ligne dure du régime n’auraient jamais considéré l’accord comme le début de la fin. Leur lecture était inversée : elle pouvait servir aux États-Unis et à Israël à soulager l’économie mondiale, gagner du temps, puis préparer une attaque plus importante. Ils auraient donc utilisé les deux mois suivants pour se préparer à une confrontation plus large. En diplomatie, chacun lit les petites lignes : les deux capitales, ici, ne semblaient pas lire le même document. L’appareil militaire se durcit
Le changement se joue d’abord à l’intérieur de l’appareil militaire. Les Gardiens de la révolution ont obtenu davantage de contrôle sur l’armée régulière, tandis que plusieurs vétérans de la guerre Iran-Irak ont retrouvé des postes clés. Mohsen Rezaei, qui dirigeait les Gardiens dans les années 1980, a été nommé secrétaire du...
-
17/08 - Bugs en série, dossiers disparus : le logiciel "moyenâgeux" qui empoisonne le quotidien des policiers
Garder son calme, et ne surtout pas cliquer en pagaille face aux caprices de la machine. En près de dix ans d’exercice au sein d’une brigade d’investigation de l’est de la France, Maud* a appris à ses dépens à gérer les innombrables bugs, plantages et problèmes de déconnexion du fameux logiciel de rédaction des procédures de la police nationale (LRPPN), dont les imprévisibles pannes sont connues - et redoutées - par la quasi-totalité de ses collègues. "Pour le dire très clairement : c’est un outil obsolète avec lequel nous devons pourtant travailler tous les jours et qui nous fait perdre un temps fou", peste cette officière de police judiciaire (OPJ), qui n’a pourtant guère de temps à perdre en mésaventures informatiques. Dans certains cas, ce programme utilisé par les enquêteurs pour rédiger leurs procès-verbaux (PV) ou leurs actes judiciaires et administratifs peut même donner des sueurs froides aux agents : au cœur de l’été, Maud a par exemple cru qu’elle n’arriverait pas à envoyer les documents nécessaires aux magistrats de deux tribunaux différents, dans le cadre d’une garde à vue de mineurs poursuivis pour dégradations.
"On avait une présentation devant les juges à 15 heures, et le logiciel a complètement planté à 13 heures", résume la policière. Les factures et photographies annexées sous format PDF dans le dossier n’apparaissaient soudainement plus sur l’écran, et les nouveaux éléments que l’enquêtrice a tenté de télécharger ne s’intégraient pas. Habituée, Maud a...
-
17/08 - Un sommet, une île et une capitale : quatre jours inoubliables dans le canton de Berne
Il suffit parfois de quelques kilomètres pour changer complètement de décor. Dans le canton de Berne, on passe des reliefs sauvages du Jura aux rives paisibles du lac de Bienne, avant de rejoindre une capitale médiévale puis les pâturages de l’Emmental. Quatre ambiances bien distinctes, reliées par un réseau de transports efficace. C’est tout l’intérêt de ce voyage : découvrir une Suisse en miniature, plurielle et bilingue, sans avoir à choisir entre randonnée, culture, gastronomie et escapade urbaine. Le parcours commence dans la région francophone du Grand Chasseral, fait étape à Bienne, puis s’achève entre Berne et l’Emmental.JOUR 1 : Prendre de la hauteur au Chasseral
Le voyage débute là-haut, sur les crêtes du Grand Chasseral. Dans ce parc naturel régional Chasseral de 549 km², les sentiers traversent pâturages boisés, forêts et paysages ouverts sur les Trois-Lacs. Par temps clair, le regard porte jusqu’aux Alpes. Difficile de trouver meilleure entrée en matière. Plusieurs randonnées permettent de s’adapter au temps disponible et aux envies du jour. Le chemin de Chasseral, au départ de l’hôtel, offre une première immersion accessible. Les marcheurs qui disposent de plus de temps pourront suivre la crête en direction des Prés-d’Orvin ou s’aventurer dans la Combe Grède, plus escarpée.
À midi, on s’arrête dans une métairie. Ces fermes-auberges typiques de l’Arc jurassien servent une cuisine simple et généreuse : rösti, saucisse, fromage de la région… Rien de...
-
17/08 - Donald Trump et sa salle de bal : l’étrange argument sécuritaire avancé devant la justice
Si George Washington l'approuve, pourquoi pas la Cour suprême ? Peut-être est-ce le message que Donald Trump a voulu faire passer en publiant, dimanche 16 août sur son réseau Truth Social, une vidéo générée par intelligence artificielle, où on le voit déambuler dans ce qui ressemble à une salle de bal, en compagnie du premier président des États-Unis (1789-1797), tout sourire. Au-delà de l'anachronisme — George Washington n'a jamais officié à la Maison-Blanche — cette vidéo est le dernier épisode en date d'une communication tous azimuts de Donald Trump et ses conseillers pour défendre la construction d'une salle de bal à la Maison-Blanche. Le projet fait l'objet de vives critiques chez l'opposition démocrate, mais aussi de la part d'architectes, d'historiens, ou de défenseurs du patrimoine.
Superficie envisagée de plus de 8 000 m², coût estimé à plus de 900 millions de dollars… La démolition de l'aile Est engagée en octobre 2025 représente le plus grand chantier entrepris sur les lieux depuis plus d'un siècle. Mais les travaux ont été entrepris sans autorisation préalable. Par conséquent, de nombreux recours déposés devant les tribunaux, à différents échelons, ont fragilisé l'avancée du projet. Dès décembre 2025, le National Trust, un organisme non lucratif chargé par le Congrès de préserver le patrimoine national, demandait à la cour fédérale de suspendre le chantier tant qu'il n'aurait pas obtenu l'aval du Congrès et fait l'objet de contrôles.
Quelques mois plus tôt,...
-
17/08 - "Cela n’aurait jamais dû aller aussi loin" : la mort du professeur Jason Arday secoue la presse britannique
Depuis le décès de Jason Arday, la presse britannique ne débat plus seulement de son CV, mais de ceux qui l’ont lu, de ceux qui ne l’ont pas lu et de ceux qui l’ont publié. Professeur de sociologie de l’éducation, nommé à Cambridge en 2023 et présenté comme le plus jeune professeur noir de l’histoire de l’université, il avait démissionné quelques jours avant l’annonce de son décès, après plusieurs semaines d’accusations concernant son travail académique et certains récits de son parcours. Arday reconnaissait des erreurs mais niait avoir menti ou plagié délibérément. Dans son unique entretien accordé au Times, il disait que les interrogations sur son intégrité étaient "destructrices pour l’âme". "Ce que je ne suis pas, c’est un menteur", ajoutait-il. Sa famille dénonce désormais une "campagne de désinformation" menée par ceux qui voulaient "le discréditer". Depuis plusieurs jours, la presse britannique tente de mieux comprendre les ressorts de l'affaire.Après les faits, les torts
Son décès a produit un deuxième débat avant même que le premier soit terminé : avait-on légitimement enquêté sur un professeur très médiatisé, ou assisté à une "chasse aux sorcières" ? Cambridge aurait-elle dû mieux protéger Jason Arday, ou surtout mieux vérifier son parcours avant d’en faire l’un des visages de l’université ? Dans la presse britannique, chacun appelle à la prudence. Ce qui ne signifie pas exactement la même chose pour tout le monde. La première accusation vise directement les...
-
17/08 - L’ombre de la CIA derrière le mystère des attaques contre des pêcheurs au large des îles Galápagos
Ils sont "traumatisés". C'est le mot d'un pêcheur équatorien rescapé, avec son équipage, d'une attaque de drones survenue courant mars, alors que son bateau se trouvait en pleine mer, au large des îles Galápagos, dans le Pacifique. Fin janvier, une première frappe sur un bateau similaire, dans la même zone, avait entraîné la mort des huit membres de l'équipage. Éprouvés psychiquement, plusieurs survivants souffrent de blessures physiques graves : ouïe ou vision endommagées, traumatisme crânien, difficulté à marcher…
Des images datant du mois de mars, recueillies par CNN, racontent ce qu'ont vécu les survivants de cette éprouvante aventure. On y voit un bateau déserté, en pleine mer, envahi par les flammes qui illuminent la nuit. "On a entendu l’explosion, et boum !", raconte à CNN l'un des survivants. Après l'attaque du drone, des hommes armés ont accosté le bateau et ont transporté les pêcheurs menottés jusqu'au Salvador voisin. Après avoir été soignés et nourris, ils ont été interrogés puis renvoyés par avion à Manta, leur ville d'origine en Equateur. Une autre équipe de pêcheurs équatoriens a subi le même sort quelques jours plus tard.
Pourquoi ces navires ont-ils été attaqués, et par qui ? Les pêcheurs concernés ont souligné, auprès de nos confrères américains, qu'ils ne faisaient rien d'autre que leur travail. Les îles Galápagos sont connues pour être un carrefour stratégique du trafic de drogue. Certains pêcheurs locaux acceptent, en plus de leur activité, des...
-
17/08 - Se cacher ou faire campagne ? Les candidats à la présidentielle face au dilemme de l’été
Que faire de son été ? Battre la campagne, multiplier les déplacements et provoquer l’actualité ? Se mettre au vert en attendant la fin des vacances, et ne réapparaître qu’à la faveur d’un cas de force majeure, ou d’une petite carte postale ? Depuis le début de la saison, marquée par le ralentissement de la vie politique, les candidats à l’élection présidentielle apportent différentes réponses à cette interrogation.
"Prosaïquement, les dépenses engagées au cours de l’été seront intégrées aux comptes de campagne. Or, quitte à dépenser de l’argent, autant que ce soit rentable. Il y a un tel creux d’attention du 14 juillet au 15 août et un tel regain d’activité sur la fin du mois d’août que l’été en lui-même n’a pas grand intérêt pour capter l’attention", note le politiste Pierre Lefébure dans un entretien au journal Le Monde. D'autant qu'en renonçant à la traditionnelle interview du 14 juillet, Emmanuel Macron a privé les prétendants d'un prolongement estival de l'actualité politique. Choisir d’occuper le terrain ou de cultiver le surplomb à neuf mois du scrutin est surtout une affaire de statut.
François Mitterrand l’avait théorisé : "Le présidentiable est celui qui ralentit le pas". Alors quelles conclusions tirer de l’été de Gabriel Attal ? Pas une semaine ne passe sans que l’ancien Premier ministre ne signale ses propositions, et vende sa propre candidature à l’élection présidentielle aux Français. En juillet, ses amis promettaient une "campagne permanente". Promesse...
-
17/08 - Vers une nouvelle guerre au Moyen-Orient ? Ce que veulent vraiment les houthistes, par Bernard Haykel
Une nouvelle guerre se profile au Moyen-Orient. Cette fois, elle oppose les houthistes du Yémen à l’Arabie saoudite, avec en toile de fond le détroit de Bab el-Mandeb. Les houthistes cherchent à imposer un blocus à l’ensemble du trafic maritime du Royaume. Ils exigent la levée des sanctions, la reprise des vols internationaux vers Sanaa, ainsi que le versement de réparations pour les destructions causées par la guerre qui fait rage depuis 2015. À terme, ils veulent que Riyad les reconnaisse comme le seul gouvernement légitime du Yémen. Un dirigeant houthiste m'a résumé ce chantage de manière très concise : "Nous n’avons rien à perdre, tandis qu’eux [les Saoudiens] ont tout à perdre, parce qu’ils cherchent à bâtir un pays stable et prospère."
Le Royaume a jusqu’à présent rejeté toutes ces exigences, considérant les houthistes comme une milice radicale alliée à l’Iran, qui doit régler ses différends avec les autres acteurs politiques yéménites, notamment le gouvernement reconnu par la communauté internationale et établi à Aden. Riyad a refusé de se laisser entraîner dans le conflit en apparaissant comme un agresseur étranger, préférant diriger une coalition avalisée par la communauté internationale et soutenant le gouvernement officiel. Outre les forces armées nationales yéménites, Riyad a armé et entraîné diverses factions anti-houthistes. Elle estime désormais que celles-ci, si elles agissent collectivement, peuvent vaincre les houthistes, l’Arabie saoudite leur...
-
17/08 - L’écrivain du mois d’août : Pierre Adrian ou le spleen des fins d’été
On se souvient d’un merveilleux Modiano intitulé Dimanches d’août. C’est un titre de livre qu’aurait pu prendre Pierre Adrian, tant il est devenu spécialiste des étés finissants. Il y a quatre ans, il avait connu un gros succès avec Que reviennent ceux qui sont loin, roman consacré à la maison de famille où il passait toutes ses grandes vacances en Bretagne. Puis il avait publié Hotel Roma, récit crépusculaire des derniers jours de la vie de Cesare Pavese, qui s’était suicidé à Turin le 27 août 1950. Le Pays des étés est un peu la suite de Que reviennent ceux qui sont loin (même si on peut lire les deux indépendamment) : on y retrouve les mêmes lieux et les mêmes personnages – hélas, tout est en train de changer...
C’est l’histoire d’un double deuil : à la mort de la grand-mère, il va falloir se séparer de la propriété et liquider un siècle d’histoire. Le narrateur se rappelle sa jeunesse, parle à ses oncles et tantes, regarde une dernière fois grandir ses petits-cousins. Les rangements faits, la maison est mise en vente. Les acquéreurs n’y vont pas avec des pincettes : ces rustres refont tout à neuf, et font même creuser une piscine chauffée. Adrian pose sur ces touristes un regard tour à tour nostalgique et moqueur – lui qui est par ailleurs un excellent cycliste est très amusant quand il parle de la mode du vélo électrique. "Ce pays était celui de mon bonheur", écrit-il simplement. Son roman universel touchera tous ceux qui ont perdu les lieux magiques de leur...
-
17/08 - Simon Porcher : "Il y a un risque de type gilets jaunes autour de l’eau"
Les images satellites sont saisissantes. Comparée à août 2024 et 2025, la France a perdu ses nuances de vert au profit de larges pans jaunis par des épisodes caniculaires qui s'enchaînent. La sécheresse touche désormais presque tout le pays. Près de 70 % du territoire fait l’objet de restrictions d’usage de l’eau, et plus de 40 000 personnes subissent déjà des coupures au robinet, a indiqué Monique Barbut, la ministre de la Transition écologique, ce 12 août. Cette situation est le reflet d'une nouvelle réalité. "Ce qui était très exceptionnel dans la deuxième partie du XXe siècle devient quasiment annuel", constate Simon Porcher, professeur en sciences de gestion à l’université Paris-Dauphine-PSL et auteur du récent essai, Nous sommes faits d’eau. L’avenir d’une ressource vitale (Les Corps conducteurs, 352 pages).
Avec les effets du changement climatique, "la France doit sortir, une fois pour toutes, de cette vision de l'eau comme une ressource acquise", alerte le codirecteur de l'Institut d'économie de l'eau. Il appelle à une réforme de notre politique de l'eau, "pensée pour gérer l'abondance et non la rareté". Au risque de voir exploser, partout dans le pays, les conflits d'usage et "des mini Sainte-Soline".
L'Express : Près de 70 % de la France fait actuellement l'objet de restrictions d'usage de l'eau, après plusieurs épisodes de fortes chaleurs. Ces arrêtés sécheresse n'arrivent-ils pas déjà trop tard ?
Simon Porcher : Les arrêtés sécheresse sont un outil...
-
17/08 - Donald Trump veut réduire les exercices militaires avec la Corée du Sud pour ménager Kim Jong-un
Le président américain Donald Trump a demandé, dimanche 16 août, au Pentagone de réduire de manière significative les exercices militaires conjoints avec la Corée du Sud qui devaient débuter quelques heures plus tard et durer dix jours, citant notamment leur coût et le refus de Séoul d'aider Washington face à l'Iran.
Via son réseau Truth Social, Donald Trump a déclaré qu'il était trop tard pour tout simplement annuler ces manoeuvres, exprimant son mécontentement que les Etats-Unis aient au préalable accepté de prendre part à des exercices militaires conjoints avec la Corée du Sud. "Ces exercices ne sont pas seulement coûteux (...), ils envoient également un signal complètement inapproprié et hostile à un pays qui, tant que Donald Trump est président, n'est pas menaçant et est respectueux", a-t-il écrit en référence à la Corée du Nord, mettant également en avant sa "très bonne relation" avec le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un.
Organisés chaque année par Washington et Séoul, les exercices dits du "Bouclier de la Liberté" sont prévus du 17 au 27 août. Quelque 18 000 membres de l'armée sud-coréenne sont concernés. Des opérations anti-drones, des brouillages de signaux GPS et des simulations de cyberattaques sont notamment prévus, ont fait savoir des représentants la semaine dernière.
L'état-major de l'armée sud-coréenne a déclaré lundi à Reuters que les exercices ont débuté comme prévu, tout en refusant de commenter les déclarations de Donald Trump. Aucun commentaire n'a...
-
17/08 - J’ai transformé Babybel en produit tech : Cécile Béliot, anatomie d’une décision
Il n'y a pas beaucoup d'entreprises dont les produits sont aussi ancrés dans l'histoire et l'imaginaire des Français. La Vache qui rit, Apéricube, le Boursin, les Pom'Potes ou encore l'iconique Babybel et sa coque de cire rouge. Le groupe Bel, qui a vu le jour en 1897 dans un petit village du Jura, est aujourd'hui un mastodonte, présent dans 126 pays, qui pèse 3,8 milliards d'euros de chiffre d'affaires et touche un peu plus de 400 millions de consommateurs.
Quand Cécile Béliot accède au poste de directrice générale en 2022, c'est la première fois que l'entreprise n'est pas pilotée par un membre de la famille. Elle va lui faire prendre un virage inattendu et osé pour une entreprise de l'agroalimentaire, celui de la tech. Comment parler intelligence artificielle et robotique dans un groupe familial et centenaire ? A quoi ressemble une usine de fromage passée à la moulinette de l'IA ?
Un épisode du podcast Anatomie d'une décision à écouter sur Apple Podcasts, Spotify, Deezer, Castbox, Podcast Addict ou en cliquant le player en tête de cet article.
L'Express : A l'origine de la transformation du groupe, il y a d'abord un voyage. En mars 2023, vous partez en Californie, à Anaheim dans le comté d'Orange, pas très loin de Los Angeles, pour assister à un grand salon dédié aux innovations dans l'alimentaire. Qu'y découvrez-vous ?
Cécile Béliot : Une start-up chilienne créée par des scientifiques et qui a développé des outils d'intelligence artificielle. Ces chercheurs me...
-
16/08 - "Un choc grave et dévastateur" : cette guerre à venir entre la Chine et l’Europe
En 2025, Xi Jinping a tenté de tirer parti de l’attitude agressive des États-Unis envers l’Europe en présentant la Chine comme une grande puissance responsable, capable de servir d’alternative. Dans un message envoyé pour le 50e anniversaire des relations diplomatiques entre la Chine et l’Union européenne, le dirigeant chinois a invité Bruxelles à unir ses forces à celles de Pékin pour "défendre le multilatéralisme, préserver l’équité et la justice" et "s’opposer à l’unilatéralisme et aux pratiques d’intimidation". Malgré cette rhétorique grandiloquente, Pékin n’a rien proposé de concret aux Européens et n’a rien fait pour répondre à leurs préoccupations concernant les pratiques commerciales déloyales qui menacent de vastes pans de leur industrie. Plutôt que de chercher à apaiser les tensions, le Premier ministre chinois Li Qiang a récemment balayé les inquiétudes des Européens craignant un "China Shock 2.0" (NDLR : terme désignant un nouveau choc économique lié aux exportations chinoise), leur conseillant de se concentrer plutôt sur un "China Opportunity 2.0".
Les principaux dirigeants de l’UE, ainsi que la bureaucratie bruxelloise, ne sont pas convaincus. Ils ont conclu que la survie même des industries clés de l’Europe est menacée par la Chine. Le premier "choc chinois" désigne la dévastation de l’industrie américaine dans des secteurs tels que l’ameublement, le textile et la métallurgie, survenue au début des années 2000, après l’adhésion de la Chine à l’Organisation...
-
16/08 - Guerre en Ukraine : une nouvelle nuit d’attaques russes, deux morts à Kryvyi Rih
La Russie a mené dans la nuit de samedi à dimanche une nouvelle attaque de missiles et de drones contre les villes ukrainiennes, dont Kyivet Kryvyi Rih, où deux personnes sont mortes dans une aciérie frappée par un missile, ont déclaré les autorités. L'administration militaire de Kiev et le gouverneur régional ont indiqué que trois personnes avaient été blessées dans la capitale par un missile, et trois autres, dont un enfant, par des drones dans la région.
Dans un message publié sur l'application de messagerie Telegram, le maire de Kiev, Vitali Klitschko, a précisé que des débris avaient provoqué des incendies dans une zone au nord de la capitale ainsi que dans un quartier proche du centre-ville. Des journalistes de Reuters ont entendu plusieurs explosions dans la ville.
D'autres villes ukrainiennes ont été attaquées dans la nuit, notamment Kryvyi Rih, la ville natale du président Volodymyr Zelensky, où deux personnes ont été tuées et 14 autres blessées dans une aciérie touchée par un missile, selon les autorités locales.
"À la suite de cette attaque, des installations essentielles à la production d'électricité et des hauts fourneaux ont été endommagés, et les processus de production de l'usine ont été partiellement interrompus", a indiqué ArcelorMittal Kryvyi Rih sur Telegram.
Un avion de chasse F-18 espagnol déployé en Roumanie dans le cadre de la police du ciel de l'Otan a de son côté abattu un drone entré en territoire roumain en provenance de Moldavie, a annoncé...
-
16/08 - Comment les Etats-Unis veulent encore isoler l’Iran malgré des sanctions déjà en vigueur
La pression économique que subit l'Iran pourrait-elle augmenter davantage ? Telle est l'hypothèse de Scott Bessent, le secrétaire au Trésor des États-Unis, pour espérer infléchir la position iranienne dans le conflit au Proche-Orient. "Nous allons appliquer des mesures inédites dans l’histoire de l’isolement économique d’un pays", a-t-il déclaré lors d'une interview à Newsmax le 13 août. Une annonce qui suscite le scepticisme des observateurs occidentaux, tant le régime iranien est déjà soumis à une myriade de sanctions - dont la plus emblématique est le blocus de ses ports par la marine américaine, en réponse au contrôle du détroit d'Ormuz.
Selon une récente étude de Capital Economics, l'Iran accuse le coup sur ses ventes de pétrole à l'étranger, qui représentaient 11% de son PIB avant le conflit ; en juillet, selon la même source, le pays n'a pas exporté un seul baril, soit plus de huit millions de barils "manquants". Un client se distingue : la Chine, qui achète 90 % des exportations. Un volume à relativiser, car il ne représente "que" 14 % des importations chinoises. C'est la première porte d'entrée qui pourrait être utilisée par les États-Unis pour réduire, s'il en était besoin, les sources de revenus du régime.Les "raffineries-théières" dans le viseur
Dans leur viseur, les "raffineries-théières" chinoises. Nées, comme le rapportent Les Échos, dans les années 1970, ces sociétés semi-privées fonctionnent en parallèle des mastodontes étatiques qui régissent le marché...
-
16/08 - "La planète ressemblera au Japon ou, pire, à l’Italie" : les prévisions choc de Jesus Fernandez-Villaverde sur la dépopulation
Il est l'une des références mondiales en matière de démographie et du rôle clé de la chute des taux de fécondité pour l'avenir de l'humanité. Selon Jesus Fernandez-Villaverde la "grande dépopulation" arrivera bien plus vite qu'on ne le pense. Pour L'Express, l'économiste espagnol, professeur à l'université de Pennsylvanie, évoque ce nouveau monde qui nous attend.
L'Express : Selon les prévisions des Nations unies, la population devrait atteindre son pic au début des années 2080. Mais vous pensez que cela se produire bien plus tôt, vers 2055. Pourquoi ?
Jesus Fernandez-Villaverde : La Division de la population des Nations unies a été créée à une époque où l'on craignait la surpopulation. Il est très difficile pour une institution qui a passé soixante ans à avertir contre une "bombe démographique" de changer de discours. Les Nations unies font en réalité trois projections : un scénario haut, un scénario moyen et un scénario bas, qui est le plus probable. Elles n’ont cessé de revoir leurs prévisions à la baisse. Par ailleurs, la chute de la fécondité au cours des cinq dernières années est stupéfiante. Des pays comme la Chine ou la Corée du Sud sont probablement en train de toucher le fond. La Corée du Sud est même passée d’un taux de fécondité de 0,7 enfant par femme à 0,8, ce qui suggère une légère reprise, mais avec un niveau très faible. L’Amérique latine continue d’être en chute libre.
La plupart des pays d’Europe connaissent une forte baisse. Les États-Unis semblent...
-
16/08 - "370 milliards de pertes" : face à la "falaise des brevets", un tsunami de fusions attendu dans la pharma
Les investisseurs ont dit "non". Début août, les marchés ont durement sanctionné l'éventualité d'un rapprochement entre les laboratoires pharmaceutiques AstraZeneca et Bristol Myers Squibb (BMS) évoqué dans un article du Financial Times. Dès le lendemain de sa parution, le cours de l’action d’AstraZeneca baissait de 9 %. L’intérêt de cette méga fusion, qui aurait donné naissance à un géant valorisé 400 milliards de dollars (346 milliards d’euros), paraissait en effet limité pour le laboratoire britannique. Elle lui aurait certes permis de renforcer ses positions aux Etats-Unis, mais l’opération aurait aussi risqué de perturber son processus d’innovation, alors que le groupe affiche une croissance forte depuis que le Français Pascal Soriot en a pris la direction en 2012.
Pour BMS en revanche, les avantages de ce rapprochement ne faisaient guère de doutes. L’américain va en effet perdre dans les toutes prochaines années plusieurs brevets protégeant certains de ses produits phares. L’anticoagulant Eliquis (14 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2025) deviendra génériquable selon les régions du monde entre cette année et 2028. La protection de son anticancéreux Opdivo (10 milliards de dollars de ventes l’an dernier) arrivera, elle, à échéance entre 2028 et 2031. Après la fin de ce monopole, la suite est connue : les revenus générés par le médicament s’effondrent aussi vite qu’arrive sur le marché la concurrence de produits à prix cassés, proposés par des...
-
16/08 - Pourquoi la location de prisons à l’étranger fait son chemin en Europe
Près de 500 kilomètres à vol d'oiseau. C'est à peu près la distance que devront parcourir les familles d'une trentaine de détenus en Suède sur le point d'être transférés dans une prison de l'autre côté de la mer Baltique... en Estonie. Cet accord entre les deux pays concerne les personnes jugées pour crimes graves, et prévoit le transfert de 600 prisonniers ce mois-ci. Cette mesure est censée soulager la "pression énorme", selon les mots du gouvernement suédois, que constitue la hausse de la population carcérale en Europe : elle a doublé en dix ans, atteignant 11 232 détenus en 2025 selon le Conseil de l'Europe.
Seuls les hommes sont concernés - sont donc exclues les femmes, mais aussi les mineurs, les personnes accusées de terrorisme ou encore les chefs de groupes criminels. Prévu pour durer cinq ans, l'accord permet à la Suède d'envoyer 300 prisonniers contre un versement de 30,6 millions d'euros à l'Estonie. Cette dernière se félicite d'un "accord historique", qui permettra le recrutement de 250 agents pénitentiaires, alors que la prison de Tartu, qui accueille les prisonniers, est à moitié vide. La Suède y gagne financièrement : en Estonie, le coût par détenu s'élève à 8 500 euros, contre près de 11 euros à l'intérieur de ses frontières.
Sur le papier, l'échange semble gagnant-gagnant. Mais les concernés racontent une autre histoire. Au journal suédois Svenska Dagbladet, un détenu a par exemple raconté vivre la situation "comme une punition supplémentaire, non...
-
16/08 - Rentrée littéraire : les dix livres événements à lire... et ceux à fuir
Dans les 461 titres à paraître en cette fin août, ce sont eux qui se détacheront en priorité. Si Baignade surveillée de Laura Kasischke sera à juste titre porté aux nues, on a plus de réserves sur La Solitude des professeurs est infinie de Yannick Haenel, dont certains parlent pour le prix Goncourt. On pourra s’étonner de la surreprésentation dans notre sélection de la maison Gallimard, mais c’est ainsi : sauf surprise, elle va écraser la rentrée. Baignade surveillée, de Laura Kasischke
L’enfant du grand bain
"Cet après-midi-là, la maître nageuse ne vit pas Richie Manning, le petit garçon qui se noyait au milieu de la piscine." Ainsi commence Baignade surveillée, le roman de l’Américaine Laura Kasischke, de retour treize ans après la parution du saisissant Esprit d’hiver (Christian Bourgois). Aucun suspense, on connaît dès la première page la fin du récit, et pourtant, quel exercice virtuose que celui dans lequel nous entraîne la romancière, fouillant, creusant, explorant chaque détail, chaque strate, chaque faille, chaque émotion de cette journée fatidique, tissant de l’ordinaire (la conjonction de destins entrechoqués) une époustouflante tragédie.
À Mission Hills, ville moyenne du Michigan, le matin du 16 juillet 1969, tous attendent les premières images de la fusée Apollo décollant vers la Lune. Chez les Manning, le petit Richie se fiche de l’événement, il lui tarde de retrouver la piscine bleu lagon du club Jolly Rogers, bondée en cette chaude journée. L’enfant a...
-
16/08 - "Sénèque s’en inquiétait déjà il y a 2000 ans..." : les conseils de Sarah-Jane Murray face à la crise de l’attention
On présente souvent la "crise de l’attention", cette saturation de notre capacité à nous concentrer sur une tâche, comme un phénomène moderne. Une lecture paradoxalement anachronique, si l’on en croit Sarah-Jane Murray, professeure spécialisée dans les grands textes et la création littéraire au sein du Honors College de la Baylor university (Texas), ainsi que réalisatrice, scénariste et productrice nommée aux Emmy Awards. Au contraire, cette Irlandaise – et grande francophile - démontre auprès de L’Express que nombre de grands penseurs, de Sénèque à Marie de France, ont décrit un phénomène semblable à leurs époques… et proposé des solutions pour lutter contre. Entretien.
L’Express : Il est de coutume de présenter la "crise de l’attention" comme un symptôme moderne. Est-ce vraiment le cas ?
Sarah-Jane Murray : Non. En réalité, la question s’est posée à chaque grand bouleversement technologique. Certains penseurs s’en inquiétaient déjà bien avant Jésus-Christ ! Par exemple, lorsque la possibilité d’acheter des rouleaux de papyrus est apparue – surtout pour l’élite, Sénèque observait déjà dans ses Lettres à Lucilius une forme de "lecture en surface" - les lecteurs faisant littéralement défiler leurs rouleaux en lisant leur contenu aussi vite que possible. Ce qui, selon lui, rendait l’esprit instable et incapable de "rester en place et de passer du temps avec lui-même". Évidemment, à notre époque, cela peut sembler étonnant car, selon nos standards, lire un rouleau est un...
-
16/08 - "Tout ce qu’un robot ne pourra pas faire" : les plongeurs-démineurs de la Marine défient les grandes profondeurs
Pour un plongeur amateur, les chiffres donnent le vertige : descendre pendant quarante-cinq minutes à 265 mètres ! Impressionnés, les plongeurs-démineurs de la Marine nationale le sont tout autant : leur limite opérationnelle, de longue date à 80 mètres, vient de passer à 120 mètres. Là, c’est beaucoup plus profond encore. Avec l’expérimentation Entex 51, qui s’est déroulée au début de l’année à Toulon, la France confirme son rôle de pionnière dans la plongée sous-marine, civile ou militaire.
Après une longue période de vaches maigres, faute de crédits, la Marine redécouvre la plongée humaine profonde. Comme l’espace ou le cyber, le fond des mers est devenu l’un des nouveaux théâtres potentiels de guerre. La France a pris le tournant en 2022 avec une stratégie dite "maîtrise des fonds marins", qui a créé une nouvelle dynamique. Entex 51 en est un exemple accompli. La plongée à saturation
Conduite par le Cephismer (Centre expert plongée humaine et intervention sous la mer) de la Marine, Entex 51 visait, selon son commandant le capitaine de frégate Arnaud Le Béguec, à "réaliser une plongée à saturation jusqu’à 265 mètres au recycleur électronique afin de valider le concept d’emploi d’un appareil de plongée autonome". Fichtre ! Un peu de technique s’impose pour comprendre l’ampleur du défi, qui devrait déboucher sur des usages militaires.
Tous les plongeurs le savent : lorsqu’ils remontent des profondeurs, ils doivent impérativement observer des paliers de décompression....
-
16/08 - Guerre en Ukraine, 173 jours dans la "kill zone" : le récit glaçant d’un soldat en première ligne face aux Russes
Vyacheslav se rappelle avec précision son arrivée sur sa position, mais peine à situer dans le temps le moment où il l'a quittée. "En avril, ou en mai ? Non, fin avril...", hésite-t-il, dans une maison de Kramatorsk où nous le rencontrons. "Là-bas, les jours se ressemblent tous", s'excuse ce quinquagénaire d'une voix rauque et éteinte. Une barbe grise encadre son visage creusé par les rides. Tout chez lui semble aussi usé que son uniforme.
Dans cette ville du Donbass, à quinze kilomètres de la ligne de front, l'artillerie tonne et les drones bourdonnent plusieurs fois par heure, mais Vyacheslav n'y prête guère attention, tant il a connu pire. La position qu'il a occupée, au cœur des combats, se trouve à Kostyantynivka, tout près de là. Entre les deux s'étend la "kill zone", une bande d'une vingtaine de kilomètres de part et d'autre de la ligne de contact, qui incarne la nouvelle réalité de guerre, bouleversée par les drones. Un monde terrifiant, dont les routes sont jonchées des chars calcinés, preuve que les blindés sont devenus obsolètes face à des engins volants de quelques milliers de dollars.
L’ancien front, clairement délimité par des tranchées, s'est transformé en une "zone grise" mouvante où les soldats vivent dans des caves ou des trous creusés dans le sol. Comme Vyacheslav, ils restent généralement, par petits groupes de deux ou trois, plusieurs mois sur leurs positions.Tous les vivres descendent du ciel
Originaire d'un village de la région de Mykolaïv, dans...
-
15/08 - L’Ukraine affirme avoir touché un centre de lancement de fusées russe lié à un réseau de type Starlink
L'Ukraine a déclaré samedi que ses frappes à longue portée avaient touché un aérodrome militaire russe et un centre de missiles qui, selon Kiev, soutient le réseau Internet par satellite de type Starlink que la Russie est en train de mettre en place.
Le président Volodymyr Zelensky a déclaré que des missiles de croisière "Flamingo" avaient frappé le centre de lancement de fusées, situé à environ 900 kilomètres (560 miles) de la frontière ukrainienne, dans le cadre de la campagne menée par Kiev pour faire pression sur Moscou afin qu’elle mette fin à cette guerre qui dure depuis plus de quatre ans, en ciblant des sites situés en profondeur sur le territoire russe.
"Il est important que le potentiel de guerre de la Russie soit réduit. La paix est nécessaire, et cela doit être évident en Russie – à travers des dégâts concrets causés à des installations spécifiques", a-t-il déclaré dans un message publié sur X. Il a précisé que l’aérodrome abritait des avions utilisés pour attaquer l’Ukraine.Attaque massive de missile
L'état-major ukrainien a indiqué que des impacts directs avaient été enregistrés tant sur l’aérodrome de la région russe de Nijni Novgorod que sur le centre spatial et de fusées "Progress" de la région de Samara. Il a précisé que les frappes avaient provoqué des incendies sur les deux sites.
L’état-major a précisé que l’usine de Samara produisait des fusées utilisées pour lancer des satellites destinés au réseau haut débit "Rassvet", que la Russie développe...
-
15/08 - Donald Trump veut relooker les porte-avions américains, la Navy redoute une facture record
Une nouvelle esthétique qui ferait écho à celle des bâtiments de guerre en service durant la Seconde Guerre mondiale. C'est la volonté de Donald Trump pour ses futurs porte-avions, poussant la Navy à envisager de déplacer vers l’avant, davantage vers le milieu du navire, "l'îlot", soit la tour de plusieurs étages qui sert de centre de commandement, rapporte le Washington Post.
S'il était mis en œuvre, ce changement constituerait la deuxième modification majeure de conception provoquée par le président, après avoir publié le 13 août un mémorandum sur la sécurité nationale ordonnant à la Navy d’élaborer un plan visant à revenir, pour les porte-avions qui seront bientôt construits, à des catapultes fonctionnant à la vapeur - des systèmes qui permettent de propulser les avions à réaction depuis le pont d’envol des navires.
Mais la marine américaine ne voit pas cette demande d'un très bon œil, qui serait coûteuse en temps et en argent. Durant le premier mandat présidentiel de Donald Trump, au cours duquel cette piste avait déjà été évoquée, une étude avait conclu que déplacer l’îlot pourrait coûter plusieurs milliards de dollars en frais de refonte et retarder considérablement le programme de construction de nouveaux engins, selon une source citée par le média américain.Dix nouveaux porte-avions
D'après ce plan, jusqu’à dix porte-avions de la classe Ford doivent être construits au cours des quarante prochaines années, pour un coût estimé à terme à 22 milliards de dollars par...
-
15/08 - "C’est légèrement plus scientifique que l’astrologie" : peut-on vraiment choisir l’embryon le plus intelligent ?
Naître ou ne pas naître : la question pourrait bientôt dépendre de quelques points de QI et de 50 000 dollars. Aux États-Unis, plusieurs entreprises proposent aux futurs parents passant par une fécondation in vitro de comparer leurs embryons selon leur intelligence supposée, un service qui se vend au prix fort chez Herasight : la start-up fournit des estimations de QI, de taille ou de longévité ; Nucleus ajoute la couleur des yeux et des cheveux. Dans le métro new-yorkais, cette dernière résumait récemment son argumentaire en quelques mots : "Le QI est 50 % génétique", puis encore quelques-uns : "Ayez votre meilleur bébé".
Ces entreprises utilisent des scores polygéniques, construits à partir de milliers de variants génétiques statistiquement associés à un trait. "On additionne de très petits effets pour obtenir un nombre correspondant au risque d’une personne, ou ici, d’un embryon", explique Patrick Turley, spécialiste de la prédiction polygénique à l’University of Southern California. Le principe paraît presque trop simple. Plusieurs embryons, plusieurs scores puis un classement : aux parents de choisir. Une étude citée par The Economist estime qu’en sélectionnant parmi dix embryons viables, celui présentant le meilleur score polygénique pour l’intelligence, le gain attendu tourne autour de trois points de QI. Avec deux ou trois, situation nettement plus courante après une fécondation in vitro (FIV), le bénéfice attendu chute encore. Derrière la question à 50 000...
-
15/08 - Tué par le FBI, soupçonné d’espionnage : l’étrange affaire d’Ilya Beloozerov
Etait-il un espion ou un simple civil, piégé par des agents russes pour obtenir des informations classifiées secret défense ? C'est la question qui se pose autour de la mort d'Ilya Beloozerov, un citoyen américain né en Russie tué par le FBI le 4 octobre 2024, et dont CNN retrace l'histoire deux ans plus tard, alors que les circonstances autour de son décès demeurent floues.
Selon les informations du média américain, Ilya Beloozerov détenait une habilitation de sécurité américaine, avait au moins un profil sur un site de rencontres russe et, d’après des passeports arrivés à expiration, s’était rendu en Russie et en Ukraine ces dernières années. Pendant les deux dernières années de sa vie, Beloozerov avait travaillé pour une entreprise produisant des images satellites haute résolution, dont certaines contenaient des informations sensibles sur le conflit russo-ukrainien.
Selon une source au fait de l'enquête citée par CNN, les agents fédéraux disposaient alors d’informations montrant qu'Ilya Beloozerov avait tenté de transmettre certains de ces éléments à des personnes qu’il croyait ukrainiennes, et ce au moment où le gouvernement américain limitait le partage des images satellites avec l’Ukraine pour éviter une escalade du conflit avec la Russie. Au cours de leur enquête sur Beloozerov, les agents auraient découvert qu’il avait été piégé, ce dernier communiquant en réalité avec des personnes que les autorités pensaient être des agents russes, qui se faisaient passer...
-
15/08 - Et si manger du fromage était finalement bon pour la santé ? Les explications du Pr Antoine Flahault
L’art de fabriquer du fromage remonte aussi loin que la quête de la domestication des chèvres et des brebis par l'Homme. On pense que les procédés de production du fromage ont été découverts fortuitement, sans doute en conservant le lait dans des panses de jeunes animaux non sevrés qui contenaient encore de la présure. Aussi appelée chymosine, cette enzyme de coagulation transforme le lait en petit-lait ou lait caillé. Cette méthode s’est d’ailleurs perpétuée jusqu’au début du XXe siècle dans certains pays du pourtour méditerranéen. Le fromage offrait alors une façon de conserver et de transporter plus facilement les produits laitiers.
Les Romains ont entre-temps perfectionné les techniques de maturation des fromages, augmentant ainsi la palette de leurs goûts et leur diversité. Les moines, au cours du Moyen-Âge en Europe, en ont encore amélioré la fabrication, offrant une variété de produits dont certains existent encore aujourd’hui. Il faudra attendre la fin du XIXe siècle que soit introduite la pasteurisation du lait utilisé pour le fromage. La consommation de fromages au lait cru, notamment ceux au lait de brebis, peut être en effet responsable de cas de brucellose, également appelée "fièvre de Malte", qui provoque des fièvres et des douleurs articulaires.
Puis, le XXe siècle a vu s’industrialiser la fabrication des fromages, proposant des produits plus accessibles et à plus longue durée de conservation. Si on en trouve désormais un peu partout dans le monde,...
-
15/08 - Une cyberattaque menée par des agents IA sans intervention humaine frappe des sites gouvernementaux à Taïwan
C'est une première, qui marque un pas de plus dans le recours à l'intelligence artificielle (IA). Des pirates informatiques suspectés d'être liés à la Chine ont utilisé des outils d’IA accessibles au public pour compromettre des sites gouvernementaux à Taïwan, sans aucune intervention humaine. Pendant quatre jours, au début du mois de juillet, le logiciel utilisé a déployé simultanément jusqu’à huit agents autonomes qui ont cartographié, sans aucune directive, 21 systèmes gouvernementaux, recherché des vulnérabilités et modifié leur stratégie lorsqu’ils étaient bloqués, rapporte le Financial Times.
Cette "équipe" 100 % virtuelle a compromis au moins 85 comptes d’utilisateurs gouvernementaux et extrait plus de 2 500 dossiers de personnels, avant d’étendre l’attaque à l’agence taïwanaise chargée de la sûreté nucléaire et à au moins sept entreprises du secteur de l’énergie, selon des chercheurs de Dream, une entreprise israélienne spécialisée dans l’IA qui a été la première à identifier l’intrusion. Pour ces spécialistes, l’aspect le plus frappant de cette attaque était la manière dont l’outil classait et réévaluait en permanence les différentes voies d’attaque possibles en fonction des éléments dont il disposait. Lorsqu’une méthode d’attaque échouait, l’outil déployait en effet un autre agent pour parcourir Internet à la recherche d’informations et élaborer une nouvelle approche, comme l’aurait fait un hacker humain.Des modèles plus puissants
"Les modèles continuent de...
-
15/08 - Un week-end à Martigues : dans les carnets secrets de Félix Ziem
Au rez-de-chaussée du musée Ziem, la carte blanche consacrée à Ernest Pignon-Ernest se prolonge en contrepoint. Ici, il endosse le rôle de commissaire d’exposition en choisissant au sein des collections permanentes une cinquantaine de dessins, gravures et estampes, jamais ou rarement montrés, pour composer un accrochage où dialoguent plusieurs siècles de regards. Au cœur de cette sélection se déploient les carnets de voyage de Félix Ziem, peintre bourlingueur né à Beaune en 1821. Figure de la tradition orientaliste et des paysages méditerranéens, il découvre Martigues dès 1840, avant de s’y installer durablement une vingtaine d’années plus tard, fasciné par les reflets de l’eau, les ciels ouverts, les mouvements du port. C’est à lui que la ville doit la création de son musée en 1908, à la suite d’un don inaugural de l’artiste, et qui conservera par la suite une part importante de son atelier et de ses œuvres graphiques.
Derrière les vitrines, se raconte ainsi le parcours d’un dessinateur et d’un aquarelliste en mouvement permanent : vues portuaires esquissées sur le vif, silhouettes à peine posées, horizons tracés d’un geste rapide, notations presque tachygraphiques de la lumière et des vents. Rien n’y est figé, tout y est passage. Le cadre ne s’y impose pas comme une image achevée, mais comme une expérience en train de se faire. Cette écriture du déplacement résonne encore fortement, trouvant un écho discret mais évident dans la démarche d’Ernest Pignon-Ernest, attentif...
-
15/08 - Energie : l’Allemagne applique la politique du Guépard, par Cécile Maisonneuve
"Il faut que tout change pour que rien ne change." L'Allemagne a fait sienne la célèbre maxime du roman de Lampedusa Le Guépard, en l'appliquant à sa politique énergétique, l'Energiewende. Officiellement, rien ne bouge : 80 % d’électricité renouvelable en 2030, sortie du charbon en 2038, neutralité climatique en 2045. Dans les faits, presque tout change, des instruments, aux priorités jusqu'aux chèques. L’Energiewende tenait en un récit simple : fermer le nucléaire et le charbon, multiplier éoliennes et panneaux solaires, puis attendre l’hydrogène vert, les batteries et les réseaux. L’électricité serait verte, abondante et bon marché. Priées de ne pas troubler la fête, la physique et l’économie ont cependant fini par rappeler leur existence à Berlin.
En 2025, les renouvelables ont fourni 55 % de l’électricité consommée. Mais le prix de gros a augmenté de près de 14 %, la production au gaz de 6,4 % et l’Allemagne a importé davantage qu’elle n’a exporté. Les ménages paient le kWh un tiers plus cher que la moyenne européenne. Et les renouvelables ne couvrent que 24 % de l’énergie consommée, à peine 8 % dans les transports. Derrière les annonces triomphantes, l’électrification piétine.
Le gouvernement a donc procédé à une "revue de réalité". La consommation électrique prévue pour 2030 a été ramenée de 750 TWh à 600-700 TWh. Surtout, Berlin ne veut plus additionner les capacités renouvelables sans se demander où elles seront installées, à quel moment elles produiront et...
-
15/08 - Narcotrafic : dans les coulisses de la timide reprise de la coopération judiciaire franco-algérienne
L’opération a été menée dans la plus grande discrétion, ce lundi 20 juillet. Installé depuis quelques années en Algérie, Abdelatif Mehdi Laribi y a finalement été arrêté par les autorités locales, sans qu’aucun détail supplémentaire ne filtre sur le lieu exact ou le déroulement de son interpellation. Pour la France, la prise est de taille : s’il reste présumé innocent, ce trentenaire franco-algérien est considéré par les autorités judiciaires comme "l’un des membres fondateurs de la DZ mafia", précise à L’Express le procureur de Marseille Nicolas Bessone. Son interpellation en Algérie est le fruit d’un mandat d’arrêt international délivré par son parquet, dans le cadre de la tentaculaire opération “Octopus” qui a visé, en mars, l'organisation criminelle spécialisée dans le narcotrafic. Ce vaste coup de filet avait permis la mise en examen de 26 personnes liées à la DZ mafia, tout en levant le voile sur la hiérarchie du réseau, ses méthodes et ses activités criminelles et financières. Surnommé "Tic", en référence au rôle de "Rachitique" qu'il a interprété dans le film français Khamsa, sorti en 2008, Mehdi Laribi est notamment poursuivi pour "groupement destiné à un trafic de stupéfiants, association de malfaiteurs et blanchiment".
Moins de quinze jours plus tard, le 3 août, un autre profil bien connu des juges marseillais a également été interpellé par les autorités algériennes. Djamel Djeha, quadragénaire franco-algérien, est visé depuis 2025 par un mandat d’arrêt émis...
-
15/08 - Le "moment Brexit" de l’Islande : désinformation et ingérences avant un référendum crucial
Aux abords du cercle polaire arctique, le Groenland n'a pas le monopole des crises géopolitiques. Une autre île encadrée par les glaciers, elle aussi colonisée par les Vikings il y a un millénaire, se retrouve en première ligne de la bataille des empires modernes : à mi-chemin entre l'Europe et l'Amérique, l'Islande est sommée de choisir ses plus proches alliés à l'heure Trump.
Le 29 août, ses 360 000 citoyens se rendent aux urnes pour répondre à une question : faut-il reprendre les négociations d'adhésion avec l'Union européenne, abandonnées en 2015 ? L'enjeu est de taille pour l'UE, qui n'a pas pour habitude de faire la cour aux candidats à l'adhésion. "Mais pour l'Islande et la Norvège, c'est différent, assure une source à la Commission européenne. Si le 'oui' l'emporte au référendum, les négociations iront très vite, sans doute moins d'un an, et les Islandais seront alors rappelés aux urnes pour adhérer formellement à l'UE." Démocratie stable et riche, avec des standards économiques et sociaux déjà plus élevés que la majorité des Vingt-Sept, l'Islande apporterait un vent d'optimisme à une alliance européenne sur la défensive.
Mais les autres puissances ne comptent pas rester simples observateurs de ce rapprochement. Point de passage obligé des sous-marins russes voulant rallier l'Atlantique, membre fondateur de l'Otan (pourtant dénué d'armée), l'île reste un verrou stratégique pour les activités militaires et commerciales dans cette partie du monde. "Celui qui...
-
15/08 - Surtourisme : la taxe d’entrée touristique peut-elle protéger Venise ?
Introduit en 2024, le péage d'accès à Venise, compris entre 5 et 10 euros aujourd'hui, a vocation à augmenter. Quelques semaines après son élection en mai dernier, le nouveau maire de la cité des Doges, Simone Venturini, a annoncé vouloir le multiplier jusqu'à 10, pour le porter entre 30 et 50 euros certains jours. Une mesure qui nécessite encore l'aval du gouvernement italien. L’objectif, martelé depuis des années, est simple : protéger la Sérénissime de l'afflux de touristes. Car l'îlot vénitien accueille - ou plutôt subit - 20 à 30 millions de visiteurs par an, dont près de 6 millions séjournant dans ses établissements. Ces chiffres exorbitants s’accompagnent d’une dramatique chute de la population dans le centre historique, divisée par plus de trois en 75 ans, désormais estimée à 49 000 habitants en 2025.
Afin de lutter contre les conséquences néfastes du surtourisme, la municipalité a innové il y a deux ans en lançant son "contributo di accesso", un ticket pour les visiteurs à la journée : cinq euros - à partir de 14 ans - si l’on s’y prend au moins quatre jours à l’avance, le double sinon. Il ne concerne pas les touristes qui passent la nuit dans la commune. Mais si cette taxe a rapporté près de 5 millions d’euros à la ville en 2025, avec plus de 720 000 touristes l'ayant acquittée, les effets tardent cependant à se faire sentir. Instaurée sur 29 jours en 2024, cette mesure a été étendue à 54 dates en 2025, puis à 60 jours en 2026. Mais à chaque élargissement, le...
-
15/08 - "Vous avez fait sensation !" : les maîtres-espions réagissent au classement exclusif de L’Express
Le silence est leur métier - à quelques exceptions près. Une fois sortis du circuit actif, certains pontes du renseignement acceptent de s'épancher sur leur domaine. Les voilà désormais confrontés au verdict de leurs propres pairs. Ces deux dernières semaines, plusieurs d'entre eux ont livré leurs observations sur notre classement inédit des meilleurs espions européens. Pour les mieux classés, l'exercice a surtout suscité de la satisfaction. Les moins bien notés optent souvent pour l'autocritique. En filigrane de ces interventions, une obsession : la réputation auprès de leurs confrères. Dans un domaine aussi opaque que le renseignement, où mesurer publiquement des performances est presque impossible, elle reste l'une des meilleures jauges de la puissance d'une agence.
Publié ce 29 juillet, le palmarès de L'Express rassemble les votes de 60 professionnels du secteur, répartis dans 25 pays. Parmi eux, 17 responsables ou ex-responsables d'agences ont aussi participé et livré leur "top 5" des services les plus performants. Leurs listes ont ensuite été converties en points. Comme à l'Eurovision, il leur était interdit de voter pour leur propre agence. Ce travail de longue haleine, fruit de trois mois d'immersion auprès des espions, a fait apparaître une vingtaine de pays dans le classement. En queue de peloton, l'Autriche, la Hongrie, ou encore la Slovaquie concentrent les critiques - au point d'avoir agacé le Premier ministre slovaque, Robert Fico. Au sommet, un trio se...
-
14/08 - "Tatouage numérique" : Bruxelles impose un filigrane invisible pour repérer les contenus générés par intelligence artificielle
Le texte était peut-être de vous, peut-être de Claude : Bruxelles veut désormais que la machine puisse le dire. Depuis le 2 août, les fournisseurs de modèles d’intelligence artificielle générative les plus avancés doivent s’assurer que leurs utilisateurs européens savent qu’ils interagissent avec une IA et que les contenus produits soient identifiables comme tels. Jusqu’ici, les grands acteurs du secteur promettaient déjà de mieux signaler l’origine de leurs créations. La nouveauté tient donc au caractère obligatoire de la mesure.
Anthropic a été l’un des premiers à détailler sa réponse. L’entreprise américaine annonce que les modèles de Claude lancés depuis le 2 août intégreront dans leurs textes un filigrane invisible. Rien ne s’affiche à l’écran, rien ne change à la lecture, mais la marque est intégrée au texte lui-même et doit survivre au copier-coller. Le paragraphe peut donc voyager, mais l'information de son origine IA aussi.Le filigrane ne dit pas tout
Le dispositif présente cependant une limite assez importante : il ne dira pas nécessairement qui a écrit le texte. Un article rédigé par un humain puis corrigé, traduit ou résumé par Claude pourra porter le filigrane. À l’inverse, un passage trop court ou fortement réécrit peut ne plus le contenir. Anthropic le reconnaît lui-même : le marquage permettra surtout d’indiquer qu’un contenu est passé par la machine, pas qu’elle en est l’auteur.
La nuance devrait décevoir ceux, professeurs ou autres, qui espéraient déjà...
-
14/08 - Ventes de livres : qui ont été les vainqueurs de l’été ?
Nous avions terminé l’année avec un papier plutôt sombre sur l’état inquiétant de la librairie, et un autre où nous nous demandions si Freida McFadden serait la femme de l’été. Les grandes vacances n’ont pas rebattu les cartes. Sorti début juillet, Le Dîner (City) fonce vers les 300 000 exemplaires. A ce tube, il faut ajouter les deux autres titres que la romancière américaine a publié cette année. La Locataire en est à 300 000 exemplaires et L’Intruse à 200 000. On en est donc à 800 000 exemplaires en grand format rien que pour les nouveautés de 2026 de McFadden. A côté de ces chiffres stratosphériques, le reste est un peu anecdotique…
Du côté des succès, notons quand même que Fred Vargas a dépassé les 200 000 exemplaires avec son dernier polar, Une unique lueur (Flammarion). Elle aussi publiée chez Flammarion, Virginie Grimaldi approche de la barre des 200 000 exemplaires avec D’Autres printemps. Un cran au-dessous, Philippe Besson a franchi les 100 000 exemplaires grâce à Une pension en Italie (Julliard). Malgré son bon classement au cours de l’été, David Foenkinos n’a pas encore atteint les 100 000 exemplaires avec Je suis drôle, alors qu’il était abonné à ce résultat depuis dix livres.
Un homme réalise une performance étonnante depuis le printemps : en attendant sa venue en France au mois de septembre, le pape Léon XIV flirte avec les 70 000 exemplaires quand on additionne les différentes éditions de son encyclique Magnifique humanité. Dans la même tranche de ventes...
-
14/08 - La Russie veut son Starlink : pourquoi le projet Rassvet inquiète l’Ukraine
C'est un débranchement qui a été mal vécu par Moscou. En début d'année, le milliardaire Elon Musk, patron de la société SpaceX, acceptait la demande du ministère de la Défense ukrainien de couper l'accès au réseau de satellites Starlink à la Russie. Une technologie que Moscou utilisait pour piloter ses drones Shahed, et assurer ses communications sur le champ de bataille. Ne disposant d'aucun service d'accès à Internet par satellite - au contraire des Etats-Unis, de l'Europe, ou de la Chine - Moscou s'empresse désormais de développer sa propre constellation.
A l'échelle mondiale, pas de doute, c'est bien l'américaine SpaceX qui domine le ciel, avec près de 9 000 satellites Starlink opérationnels. Loin derrière, on retrouve les quelque 700 satellites franco-britanniques OneWeb, ou bien les engins chinois Xingwang, développés par l'entreprise Guowang, et qui s'élèvent à près de 200, selon la revue Le Grand Continent.900 satellites d'ici 2035
Un retard que la Russie est bien décidée à rattraper. En 2023, Bureau 1440, la société à l'origine du projet Rassvet, avait déjà annoncé le lancement de ses premiers satellites. Puis, tout s'est accéléré : 16 autres ont été envoyés dans l'espace en mars 2026, peu de temps après l'exclusion de la Russie du réseau de l'entreprise américaine. En juillet, Bureau 1440 annonçait le succès de la mise en orbite d'une nouvelle flotte.
Serhii Beskrestnov, un conseiller du président ukrainien Volodymyr Zelenskyy, a estimé cette semaine sur ses...
-
14/08 - "On lâche trop de trucs" : le budget 2027, l’épineuse mission à l’ombre de la présidentielle
La coupe est pleine. En cet hiver 2025, ce fidèle d’Emmanuel Macron bout intérieurement. Tant de concessions ont été accordées au Parti socialiste pour acheter sa clémence lors de l’examen du budget. Suspendue, la réforme des retraites d’Elisabeth Borne ! Augmentée, la prime d’activité ! Notre homme s’en ouvre à Sébastien Lecornu. "On lâche trop de trucs. Cela aura des conséquences pour 2027." Comment un candidat du bloc central pourra-t-il se présenter en garant du sérieux budgétaire après tant d’offrandes ? Il ajoute : "Et ce candidat pourrait être toi !"
Candidat, il ne l’est pas (encore). Le Premier ministre s’attellera cet automne à faire avaler le dernier budget du mandat d’Emmanuel Macron à cette Assemblée nationale sans majorité. Le texte sera présenté le 30 septembre en Conseil des ministres. La tâche s’annonce ardue, à quelques mois de l’élection présidentielle. L’élection reine favorise les promesses de grand soir - ou les postures de rigueur - quand l’exécutif espère réduire le déficit à moins de 5 % du PIB, un objectif en baisse au regard du contexte politique. Chaque actualité ou mouvement social peut nourrir les doléances des partis soucieux d'être en phase avec l'opinion publique. Il est permis de penser que les oppositions demanderont une hausse significative des moyens de la sécurité civile, alors que les pompiers appellent à manifester le 29 septembre. "Il va y avoir une tentation forte pour les candidats à la présidentielle en 2027 de faire l'autruche...
-
14/08 - Aide à mourir : quand la droite renonce au libéralisme, par Daniel Borrillo
La droite française aime se dire libérale. Elle invoque volontiers la liberté d'entreprendre, la propriété privée, la responsabilité individuelle et la méfiance envers un État bureaucratique qui prétend décider à la place des citoyens. Cette profession de foi, répétée à chaque tribune économique, connaît toutefois une limite tenace puisqu'elle s'arrête au seuil du corps, de la souffrance et de la conscience. Le débat récent autour de l'aide à mourir vient de le rappeler avec une particulière clarté. En effet, lors des discussions parlementaires et des votes solennels, l'opposition la plus véhémente est venue très majoritairement des rangs de la droite républicaine et du Rassemblement national, avant de se prolonger par de multiples retards de procédure et des saisines répétées du Conseil constitutionnel. À l’issue de ce long parcours parlementaire, les Sages viennent de valider la loi, en émettant trois réserves.
Pour mieux comprendre cette hostilité, il convient de distinguer deux postures intellectuelles bien distinctes. D'un côté, le fait qu'une droite conservatrice ou d'inspiration religieuse s'y oppose au nom d'une conception de la vie comme valeur sacrée et indisponible demeure une position cohérente, compréhensible et parfaitement respectable dans le débat démocratique. D'un autre côté, ce qui interroge et choque davantage, c'est l'attitude d'une droite qui continue de se réclamer du libéralisme tout en acceptant, voire en exigeant que l'État puisse imposer par la...
-
14/08 - Risk : le jeu de conquête territoriale qui ferait fulminer Vladimir Poutine
Alors que les jeux de société font un tabac, certains d’entre eux et le succès qu’ils rencontrent en disent long sur leur époque. Cet été, L'Express décrypte des jeux cultes, de l'abaissement de la culture générale que révèlent les questions du Trivial Pursuit au fil des éditions, au retour du réalisme en géopolitique avec Risk, en passant par les mutations de la mondialisation (Richesses du Monde) et le backlash contre le politiquement correct avec Blanc-manger Coco, devenu incontournable à l’heure de l'apéro. Vous apprendrez aussi pourquoi le vénérable Monopoly valide la stratégie de Donald Trump et permet d’éclairer son élection.
EPISODE 1 - De Hamlet à Cyril Hanouna : ce que le Trivial Pursuit dit du déclin de la culture G
EPISODE 2 - L'ascension de Donald Trump expliquée par le Monopoly
Il fut un temps où un dimanche réussi consistait à s’emparer du Kamtchatka, sécuriser l’Océanie, ou tout bonnement aplatir une armée adverse. Risk, le plus illustre des jeux de conquête, a été pour de nombreux millenials ce que Roland Garros reste chaque année aux bacheliers : une terrible menace à leur réussite. Aux oubliettes, les après-midis de révisions. Place à l’élaboration de stratégies, au placement de renforts, et au lancement de redoutables attaques à coup de dés. Avec un seul et unique but : le buste droit, l'oeil conquérant, retourner sa carte mission, enfin remplie.
L’histoire retiendra que Risk s’est lancé à l'assaut des jeux de plateaux un an après que L’Express se...
-
14/08 - Réseaux sociaux : le Conseil constitutionnel censure l’interdiction aux moins de 15 ans
C'est un revers pour l'exécutif, à quelques semaines de l'application prévue du texte. Alors que la mesure devait s'appliquer dès le 1er septembre, le Conseil constitutionnel a retoqué, ce 14 août, l'unique article de la loi encadrant l'accès des mineurs aux réseaux sociaux. Le texte avait pourtant franchi toutes les étapes parlementaires, avec un vote définitif le 21 juillet, avant d'être déféré aux Sages fin juillet par des députés des groupes LFI et PS, qui contestaient sa conformité constitutionnelle.
Présidés par Richard Ferrand, les juges constitutionnels fondent leur raisonnement sur l'article 11 de la Déclaration de 1789, qui protège la libre communication des pensées et des opinions. Compte tenu du rôle désormais central d'internet dans la vie démocratique, ce principe couvre aussi, selon eux, le droit d'accéder aux plateformes en ligne et de s'y exprimer.
Le Conseil ne remet pas en cause l'intention du législateur : lutter contre l'addiction, l'isolement ou l'exposition des plus jeunes à des contenus dangereux (pornographie, harcèlement, arnaques). Mais il juge le dispositif mal calibré. La définition retenue englobe toute plateforme de partage et de mise en relation, quel que soit son fonctionnement réel ou le danger qu'elle représente concrètement. Les quelques dérogations prévues par la loi (encyclopédies, ressources pédagogiques, logiciels libres) sont, selon la décision, trop étroites pour exclure des outils numériques dont la nocivité n'est pas démontrée...
-
14/08 - USS Abraham Lincoln : après neuf mois en mer, la santé mentale de l’équipage inquiète
Sur un porte-avions, tout est prévu pour durer : le déploiement de l’USS Abraham Lincoln en teste le principe. Le porte-avions américain, parti de San Diego le 21 novembre dernier, a vu son déploiement prolongé à plusieurs reprises après sa redirection vers le Moyen-Orient pour participer aux opérations américaines liées à la guerre avec l’Iran. Avec plus de 5 000 marins à son bord et aucune date officielle de retour, le navire fait désormais l’objet d’alertes sur les conditions de vie et la santé mentale de son équipage. Ces derniers jours, l’inquiétude a pris une nouvelle tournure. Navy Times et Stars and Stripes, deux médias spécialisés dans les affaires militaires américaines, ont rapporté plusieurs tentatives de marins de passer par-dessus bord. CNN a depuis confirmé qu’un membre de l’équipage avait sauté à la mer le 3 août, avant d’être récupéré par hélicoptère moins d’une heure plus tard et transféré hors du navire pour recevoir des soins.Le quotidien sous pression
À bord, les témoignages recueillis par les médias américains décrivent d’autres épisodes du même ordre. L’épouse d’un marin affirme que son mari a tenté de sauter après les prolongations successives de la mission. Une autre raconte que le sien a retenu un camarade qui s’apprêtait à passer par-dessus bord. La US Navy assure de son côté ne pas avoir constaté d’augmentation des signalements d’idées suicidaires ou de tentatives de suicide à bord. Elle rappelle que des médecins, des spécialistes de santé...
-
14/08 - Canicules, incendies, sécheresse : la facture vertigineuse des catastrophes climatiques en France
L'heure des comptes a sonné en France, après les événements climatiques extrêmes et répétés de cet été. Alors qu'une réunion de crise se tenait au ministère de la Transition écologique, mercredi 12 août, sur le thème de la sécheresse, la ministre Monique Barbut a estimé les coûts directs et indirects des canicules de 2026 à "10 à 15 milliards d'euros". Ces appréciations, citées par Le Figaro avec AFP, comprennent les effets des températures records, des incendies, mais aussi de la sécheresse. Si elles venaient à se concrétiser, cela représenterait 0,3 à 0,5 point du PIB de la France, alors que la prévision de croissance pour l'année est de 0,7%, selon les dernières projections.
Ce chiffre, lancé par Monique Barbut, est cependant à prendre avec des pincettes. La ministre, qui avait dit se baser sur les estimations de l'INSEE, a été rapidement démentie par l'institut d'études économiques, estimant qu'il est trop tôt pour fournir des données solides sur l’impact des récents événements climatiques. Il invite néanmoins à s'interroger sur les répercussions de ces crises. Des effets mesurables sur le long terme
Il faut parfois attendre plusieurs mois, voire années, pour mesurer les conséquences des canicules et des sécheresses. L'impact sur l'agriculture n'est connu qu'à la fin des récoltes ; les dégâts sur les bâtiments peuvent prendre des mois à apparaître ; tandis que les conséquences sur la santé publique se manifestent, elles aussi, progressivement.
A court thème, et de...
-
14/08 - Sous Donald Trump, la liberté d’expression perdue des scientifiques
Le monde avait été sidéré voilà un peu plus d’un an par les nouvelles règles s’appliquant aux demandes de financement des scientifiques américains. Impossible d’écrire des mots faisant référence au genre, à l’orientation sexuelle, à la justice sociale ou encore aux inégalités hommes femmes, sous peine de voir les crédits refusés. Plus récemment, l’administration Trump a dévoilé une proposition visant à refondre le mode d’allocation des budgets pour les conditionner "au respect des priorités du président".
Avec cette réforme, les dossiers présentés par les équipes de chercheurs ne seraient plus examinés par d'autres scientifiques, comme c'était le cas jusqu'ici, mais par des responsables politiques qui superviseraient les décisions des agences de financement. Le monde de la recherche n'a donc pas caché son soulagement quand le Sénat a adopté le 8 août un texte permettant de bloquer ce projet controversé. La menace est toutefois loin d'être écartée, car il ne s'agit là que d'une première étape dans le processus complexe qui doit aboutir dans les mois à venir à fixer le prochain budget des Etats-Unis.
Mais le républicain en a-t-il réellement besoin pour placer sous sa coupe une large partie de la communauté scientifique américaine ? A voir les réactions aux demandes d'interviews formulées par L'Express auprès de certains chercheurs ces derniers mois, on peut en douter. "Je serai ravi de répondre à vos questions, mais à la seule condition de ne pas m’interroger sur Donald...
-
14/08 - John Plassard : "Un changement radical est en train de s’opérer au sein de la Fed"
La prochaine réunion de la Fed tournera-t-elle à nouveau à "une bonne dispute de famille" ? C'est ainsi que son patron, Kevin Warsh, avait qualifié les derniers débats monétaires, fin juillet. Nommé à la tête de l'institution en mai dernier, le quinquagénaire a pris la suite de Jerome Powell, sommé pendant des mois par Donald Trump de baisser les taux d'intérêt.
Mercredi 12 août, investisseurs et "Fed watchers" ont retenu leur souffle en attendant les données sur l'inflation du mois dernier. Son léger ralentissement - à 3,4 % - conjugué à la déception du dernier rapport sur l'emploi, suffit-il à éloigner le spectre d'une hausse de taux en septembre ? Une chose est sûre : anticiper les prochains mouvements de la Fed est devenu bien plus complexe depuis l'arrivée de Kevin Warsh. Sa bête noire ? Les indications prospectives (forward guidance), traditionnellement communiquées aux marchés. A quelques semaines du grand raout annuel des banquiers centraux à Jackson Hole, John Plassard, associé à la banque suisse Cité Gestion, analyse les réformes qu'il mène au sein de l'institution.
L’Express : Comment a été perçue la décision de la Fed de ne pas augmenter les taux fin juillet, alors même que l’inflation était au-dessus de sa cible ?
John Plassard : Depuis son arrivée à la Fed, la marque de fabrique de Kevin Warsh est plutôt le pragmatisme. Il semble avoir convaincu Donald Trump - les deux hommes s'appellent apparemment très souvent - qu'une inflation non maîtrisée coûterait...
-
14/08 - Royaume-Uni : Nigel Farage réélu à Clacton dans une élection surréaliste boycottée par les grands partis
Nigel Farage, le chef du parti populiste britannique Reform UK, a été réélu vendredi député de la circonscription de Clacton, son fief dans l'Essex, à l'issue d'une élection législative partielle qu'il avait lui-même provoquée pour réaffirmer sa légitimité. Le chef du parti anti-immigration, en difficulté après avoir "omis" de rendre public un don en sa faveur de cinq millions de livres, avait démissionné le mois dernier de son mandat de député de la circonscription de Clacton, au nord-est de Londres.
Nigel Farage a donc été réélu avec 22 239 voix, devant son principal rival, l'improbable "Comte Tête-de-poubelle" (Count Binface), un personnage satirique en cape et casque en forme de benne à ordures, créé par l'humoriste Jonathan Harvey, qui a recueilli 9 455 voix. D'après le journal britannique The Guardian, il s'agit du meilleur score jamais obtenu par ce candidat fantaisiste. Le scrutin, ignoré par les principaux partis politiques qui l'ont qualifié de "cirque médiatique" et de "projet pharaonique", avait ouvert la voie à une candidature record de 34 prétendants, parmi lesquels vingt indépendants et trois représentants du parti Monster Raving Loony.Le comte Binface a remporté 9 455 voix. Royaume-Uni, le 14 août 2026. REUTERS/Jack Taylor TPX IMAGES OF THE DAY REFILE - UPDATING GRAMMARUn bulletin de vote record, une participation en berne
Le dépouillement s'est prolongé jusqu'au petit matin. Nigel Farage a néanmoins revendiqué la victoire alors que le comptage des voix...
-
14/08 - Energie et climatisation, ce que pensent les Français : "Il y a un rejet massif de la classe politique"
L’Express s’associe à l’institut de sondage Viavoice, à HEC Paris et à BFM Business, pour questionner régulièrement un panel représentatif de Français et de cadres sur un sujet d’actualité. Jean-Michel Gauthier, professeur de finance à HEC Paris, décrypte les résultats de ce "Baromètre des décideurs" consacré aux enjeux énergétiques et à leur perception au sein de la population.
L'Express : Lorsqu’on les interroge sur les énergies du futur, les Français plébiscitent les EnR. Le nucléaire souffrirait-il toujours d'une mauvaise image ?
Jean-Michel Gauthier : A mon avis, cet avantage apparent donné aux EnR reflète surtout un "effet canicule". Les mois de juin et juillet ont été les plus chauds jamais enregistrés. Sans le changement climatique, nous n'aurions sans doute pas eu cette succession dramatique de vagues de chaleur et d'incendies. Cela veut dire qu'il faut hâter la sortie des énergies fossiles, émettrices de gaz à effet de serre. Et dans l'esprit du grand public comme celui des dirigeants, celle-ci va de pair avec la montée en puissance des énergies renouvelables. Je me demande cependant si nos décideurs, qui sont aussi des investisseurs, des managers, des chefs d'entreprise, ont suffisamment conscience de l'impact sur le pays d’un scénario dans lequel les énergies renouvelables deviendraient majoritaires. Ou pire, d’un scénario à l’allemande qui ferait une croix sur le nucléaire.
Plus les EnR se développent, plus le nucléaire doit moduler sa production et EDF a...
-
14/08 - Dépendance aux opioïdes : en France, moins d’un patient sur cent accède à l’innovation
Il ne se passe plus un jour sans qu'on parle d'addiction : écrans, alcool, pornographie, tabac, opioïdes… Ces dépendances sont enfin reconnues comme un enjeu de santé publique majeur. Mais dans un contexte de budgets contraints, la tentation est grande de les hiérarchiser, de traiter certaines comme prioritaires et d'autres comme secondaires, sans tenir compte des dégâts que chacune cause aux personnes comme à leur entourage.
La dépendance aux opioïdes en est l'un des exemples les plus marquants, comme l'a rappelé la crise aux Etats-Unis. Cette dépendance stigmatise, isole, tue des personnes et affecte profondément leur santé, leur vie sociale et leurs proches. Sans qu'une crise équivalente ne soit à redouter en France, notre pays a néanmoins connu une progression rapide des hospitalisations et des surdoses liées aux opioïdes, dont ceux prescrits pour la douleur : entre 2000 et 2017, les hospitalisations ont augmenté de 167 %, les décès grimpant de 146 % entre 2000 et 2015, soit au moins 4 décès par semaine.Longtemps pionnier, le modèle français de prise en charge décroche
Dès les années 1990, la France a fait le choix audacieux d'un large accès aux traitements de substitution aux opiacés (TSO), s'appuyant sur les médecins généralistes et leur délivrance par les pharmacies de ville.
Ce modèle, longtemps référence à l’international, fait aujourd'hui face à un décrochage. Depuis 2021, de nouveaux traitements de substitution aux opiacés (TSO) existent, et représentent une...
-
14/08 - Tests ADN généalogiques : pourquoi la France reste une exception en Europe
Si vous n'êtes pas passionné de généalogie vous-même, il y a fort à parier qu'il en existe dans votre entourage. D'après une enquête Ifop réalisée pour Geneanet, 43 % des Français affirment avoir déjà entamé des recherches sur leur ascendance tandis qu'un quart des Français se décrivent comme "généalogistes actifs". Dans ce contexte, certains pourraient être tentés d'envoyer un échantillon de salive à une société spécialisée, d'autant que celles-ci mènent des campagnes de promotion régulières sur les réseaux sociaux. Malheur à qui succomberait à ce chant des sirènes : la commande et la réalisation de ces tests ADN sont passibles d'une amende allant jusqu'à 3 750 euros.
Dans les faits, aucune condamnation judiciaire n'a jamais été prononcée pour ces motifs, mais la loi est claire : seuls les examens prescrits par un médecin ou un juge sont autorisés en France. Depuis avril dernier, le Conseil économique, environnemental et social (Cese) recommande la dépénalisation de ces pratiques. Une proposition de loi du groupe Ensemble pour la République a aussitôt été déposée en ce sens, votée en commission... puis désinscrite de l'ordre du jour sans que les députés aient pu se prononcer. Une frilosité bien éloignée des préoccupations de nos voisins. Tour d'horizon.Une pratique encore confidentielle en FranceAu Portugal, un vide juridique... et une tolérance de fait
A Lisbonne comme à Paris, le test ADN est considéré comme une donnée médicale de santé publique très sensible....
-
14/08 - Budget 2027 : "D’un point de vue économique, le gel des pensions de retraite est l’ajustement le moins brutal"
Le projet avait précipité la chute de l’éphémère gouvernement Barnier, l’an passé. Cet été, Bercy étudierait malgré tout la piste d’une désindexation des retraites par rapport à l'inflation, du moins pour les plus grosses pensions. Jugée impopulaire mais nécessaire, l’idée fait son chemin. Les voix des experts en sa faveur se multiplient. Le mois dernier, le Comité de suivi des retraites réitérait sa recommandation d’une "sous-indexation cumulée de deux points au moins d’ici 2030" pour assurer la pérennité du système. De leur côté, quatre économistes missionnés par le ministre de l'Economie, Roland Lescure et celui des Comptes publics, David Amiel, rappelaient mi-juillet que "le redressement des finances publiques en Allemagne au début des années 2000 s’est beaucoup appuyé sur l’absence de telles clauses d’indexation (…) A court terme, une désindexation dans le cadre d’une 'année blanche' ne devrait pas être a priori exclue en 2027".
Faute de décisions à la hauteur de l’enjeu ces dernières années, le bouclage du projet de loi de finances s’annonce épineux, d’autant plus que la charge de la dette s’alourdit avec la hausse des taux d’intérêt et que l’approche de l’élection présidentielle risque de polluer les débats budgétaires.
"Dans cette situation, chaque dépense supplémentaire doit être appréciée non seulement en fonction de son bénéficiaire, mais aussi de son mode de financement et de son efficacité économique", plaide auprès de L'Express Christophe Daunique. Ce...
-
13/08 - Poutine aux Kouriles : pourquoi ces îles disputées avec le Japon sont si stratégiques
Une dégustation d'œufs de poisson dans une usine, une rencontre avec des pêcheurs et une entrevue avec les habitants de l'île. Jeudi 13 août, le président russe Vladimir Poutine se rendait pour la première fois sur l'île d'Iturup (Etorofu, en japonais), dans l'archipel des Kouriles. Si le déplacement avait des airs de visite de courtoisie, l'événement est bien plus politique que ce qu'il n'y paraissait.
Le territoire, l'une des quatre îles de l'archipel des Kouriles, a en effet été saisi par la Russie lors de la Seconde Guerre mondiale, et reste toujours revendiqué par le Japon. Tokyo fait de leur restitution une condition à la conclusion d'un traité de paix formel (jamais signé entre la Russie et le Japon depuis la Seconde Guerre mondiale) et qui permettrait de renforcer les liens économiques entre les deux pays.
La réaction du Japon ne s'est donc pas faite attendre : "Cela heurte les sentiments du peuple japonais et est absolument inacceptable", a déclaré la Première ministre Sanae Takaichi dans une allocution télévisée. D'autant que la visite du président russe intervient deux jours avant que le Japon ne commémore le 81e anniversaire de sa capitulation, et dans un contexte de militarisation croissante de la région.La forteresse des Kouriles
Mais pour comprendre l'intérêt accru de Vladimir Poutine envers les Kouriles, il faut déjà comprendre leur importance géopolitique. Les Kouriles occupent une position stratégique dans une région où la Russie cherche à consolider...
-
13/08 - Quand les drones ukrainiens donnent une leçon à l’armée américaine
Cache-cache avec un blindé : l’idée avait ses limites. Ce n’était heureusement qu’un entraînement, mais le résultat a suffisamment marqué les responsables militaires américains pour intéresser jusqu’au Pentagone : selon une enquête du Wall Street Journal, publiée à partir de témoignages de participants et de responsables informés de l’exercice, des opérateurs de drones ukrainiens ont largement dominé des troupes américaines lors de Combined Resolve, organisé au printemps en Allemagne. Environ 3 500 soldats américains devaient attaquer une position adverse. En face, la force chargée de jouer l’ennemi avait reçu un renfort assez peu académique : des soldats du 412e régiment ukrainien de systèmes sans pilote, plus connu sous le nom de Nemesis. Après plus de quatre ans de guerre contre la Russie, ceux-ci ne découvraient pas exactement le mode d’emploi d’un drone.Une visibilité coûteuse
Les véhicules blindés américains, lourds et visibles lorsqu'ils soulevaient de la poussière, ont été repérés par des drones de reconnaissance, puis ciblés par des appareils larguant des explosifs et des drones FPV. Dans ce type d'exercice, aucune explosion spectaculaire n’est nécessaire : lorsqu'un drone s’approche suffisamment d’un véhicule, un observateur peut simplement déclarer "détruit". Les Ukrainiens le faisaient si vite que certains véhicules américains ont dû être réintroduits dans le scénario afin que l'entraînement ne s’arrête pas prématurément. Encore une partie, en somme.
Cette...
-
13/08 - De Bridget Jones à Bill Clinton : les bienfaits insoupçonnés de la procrastination
Avec ses bonnes résolutions en carton-pâte, son génie pour multiplier les "dernières" cigarettes (et les jarres de Chardonnay), sa propension à ajourner tout choix professionnel, sans compter cette incapacité signature à choisir entre le séduisant Daniel Cleaver et le tendre Mark Darcy, le personnage de Bridget Jones ferait figure de sainte patronne des procrastinateurs. Son emblème ? Le chaos. Car à trop tergiverser, la trentenaire s’en trouve réduite à chanter "All by myself" seule dans son salon un soir de nouvel an, avec pour seule compagnie une bouteille de vin rouge.
A première vue, on déconseillerait donc aux quelque 85 % de Français concernés par ce "vice", selon un sondage Odoxa réalisé en 2019, de poursuivre dans cette voie. De même que l’on ne saurait trop pousser nos voisins britanniques à se désolidariser de cette habitude – d’après une étude menée par l’assureur Legal & General, plus de la moitié d’entre eux estiment en avoir pâti au cours de leur vie. A moins que cet art de remettre les choses au lendemain ne soit précisément l’ingrédient secret du happy ending de la comédie romantique ; celui qui pousse Bridget Jones à s’élancer une nuit enneigée dans les rues de Londres, culotte léopard et gilet beige layette, à la poursuite de son véritable amour…
La procrastination, une bonne conseillère ? C’est en tout cas ce que l’on pourrait déduire du temps que L’Express et Frank Partnoy, professeur de droit à l’université de Californie (Berkeley) et auteur de...
-
13/08 - Comment le classement des meilleurs espions de L’Express a mis la Slovaquie en ébullition
Panique en Slovaquie. Depuis la publication du classement de L'Express des meilleures agences de renseignement du Vieux Continent, la classe politique slovaque se déchire autour de ses espions. La polémique a gagné l'opposition, puis les députés chargés du contrôle du renseignement, jusqu'au Premier ministre Robert Fico. En cause : la palme du "pire service d'Europe" attribuée à la SIS. Le jugement irrite d'autant plus à Bratislava qu'il ne vient pas de n'importe qui. Il est le fruit d'une longue collecte réalisée auprès de 60 professionnels de l'espionnage, répartis dans 25 pays.
Pendant trois mois, nous nous sommes plongés dans l'Europe des espions, toquant à la porte de plus d'une centaine d'entre eux. Nous avons demandé à des dirigeants actuels ou récemment retraités de juger leurs pairs européens. L'exercice consistait à nous communiquer un "top 5" des meilleurs services. Comme lors du concours de l'Eurovision, il était interdit aux jurés de voter pour leur propre pays. Le résultat est net. Les espions britanniques dominent l'Europe ; à l'autre bout du classement, la Hongrie, la Bulgarie et surtout la Slovaquie concentrent les critiques. Népotisme, incompétence, proximité avec la Russie : la SIS est tenue en piètre estime.
Son dirigeant Pavol Gaspar est particulièrem
-
13/08 - Faux CV, IA, identités volées… Comment la Corée du Nord infiltre les entreprises occidentales
L'opération pourrait rapporter 800 millions de dollars par an au régime de Kim Jong-un. Selon une récente enquête du Wall Street Journal, des "milliers" de travailleurs qualifiés nord-coréens ont décroché ces dernières années des postes d'informaticiens dans le secteur des technologies, des services, ou de la banque, auprès d'entreprises américaines ou anglaises - et ce sous de fausses identités.
L'objectif serait d'abord financier. Isolée économiquement par les sanctions internationales, la Corée du Nord chercherait par tous les moyens à se financer. En effet, le département américain du Trésor estime que jusqu’à 90 % des revenus générés par certains de ces travailleurs pourraient revenir au régime.Une "industrie" de la fausse identité
Pour infiltrer les entreprises occidentales, les opérateurs nord-coréens constituent des équipes qui fonctionnent comme de véritables machines à recrutement. Le Wall Street Journal a pu enquêter sur l'une d'entre elles, baptisée Eagle Vision, à partir de données récupérées sur des ordinateurs utilisés par ses membres.
Le groupe est composé d'un responsable, qui coordonne les candidatures et le travail de plusieurs informaticiens nord-coréens. Les membres fabriquent des CV adaptés à chaque offre d'emploi, préparent les entretiens, s'entraînent à répondre aux questions des recruteurs. Certains vont même jusqu'à utiliser l'intelligence artificielle pour modifier leur apparence lors des entretiens, ou pour générer des réponses en anglais en...
-
13/08 - Démographie : la jeune Afrique, dernier grand réservoir d’émigration, par Stephen Smith
À la manière dont L’Assommoir, d'Émile Zola, fait comprendre l’alcoolisme et la prostitution de misère sous le Second Empire en France, GraceLand, de Chris Abani, témoigne des débuts de la grande migration subsaharienne à la fin du XXe siècle. L'écrivain nigérian s’inspire de son vécu pour raconter la fuite en avant d’un jeune pour qui la vraie vie est une promesse à tenir, plus loin.
Publié en 2004, le roman relate la vie d’Elvis Oke, depuis son village natal dans le sud-est du Nigeria jusqu’à son départ aux États-Unis en passant par un bidonville de Lagos. GraceLand désigne l’espérance d’une vie meilleure, idéalement dans la résidence éponyme d’Elvis Presley, l’idole absolue du protagoniste. Mais il pointe aussi — sur le mode sarcastique, donc plutôt comme Disgraceland — le Nigeria, le pays le plus peuplé au sud du Sahara.
Au moment de ces faits, à la fin des années 1970, le Nigeria comptait près de 80 millions d’habitants. Il en compte aujourd’hui trois fois plus, environ 240 millions, dont la moitié a moins de dix-huit ans. C’est une république d’enfants et d’adolescents. L’espérance de vie y est de 55 ans, la même qu’en France en 1930. Le rouleau compresseur de la croissance démographique — la population nigériane a été multipliée par 13 depuis un siècle, par rapport à un facteur multiplicatif de 1,7 pour la France ou de 5 pour l’Inde — lamine la fameuse "tradition africaine", désormais plus vivante dans l’imaginaire occidental que sur un continent où les "vieux...
-
13/08 - Au Groenland, les ambitions pétrolières américaines se heurtent au droit administratif
De l’ambition, oui, mais pas encore d’autorisation : Greenland Energy comptait commencer ses premiers forages dès cet automne dans la région reculée de Jameson Land, sur la côte est de l’île. Le calendrier avait un avantage : il allait vite. Peut-être un peu trop… Après l’acheminement en juillet de matériel de forage sans autorisation, le gouvernement groenlandais a infligé un sérieux rappel de procédure à la société : les évaluations environnementales et sociales ne pourront pas être réalisées à temps, pas plus que les autorisations nécessaires. Au plus tôt, les premiers travaux pourraient désormais commencer à l’hiver 2027.
Le détail aurait pu rester une banale histoire de permis. Seulement voilà : depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, rares sont les affaires groenlandaises qui restent purement administratives. Le président américain a plusieurs fois affirmé vouloir placer le territoire autonome danois sous contrôle des États-Unis. Son envoyé spécial pour l’île, Jeff Landry, gouverneur républicain de Louisiane, assume même pour objectif de "faire du Groenland une partie des États-Unis". En mai, il annonçait encore que les barils groenlandais pourraient entrer en production "d’ici dix mois environ". Le Groenland répond à ce calendrier américain avec une notion moins grandiose : le droit administratif. Dix ou dix-huit mois de plus
Sur place, le problème commence à Jameson Land, ville sur la côte est du Groenland. Du matériel destiné au forage y avait...
-
13/08 - Canicule : pourquoi l’Europe se réchauffe deux fois plus vite que le reste du monde
À raison de 0,56 ºC supplémentaires par décennie depuis le milieu des années 1990, l’Europe a trouvé un domaine où elle ne manque vraiment pas de croissance. Le continent se situe désormais autour de 2,4 ºC au-dessus du niveau préindustriel, contre environ 1,4 ºC pour la planète entière. Les émissions de gaz à effet de serre restent la cause de fond. Mais elles n’expliquent pas, à elles seules, pourquoi l’Europe prend davantage de degrés que ses voisins.
Premier élément non négligeable : la géographie. Les terres se réchauffent plus vite que les océans, qui absorbent beaucoup plus de chaleur avant de changer de température. Surtout, une partie importante du territoire européen se trouve proche de l’Arctique, la région qui se réchauffe le plus rapidement sur Terre. Là-haut, la disparition de la glace de mer expose une surface océanique plus sombre, qui absorbe davantage d’énergie solaire. Moins de glace produit donc davantage de réchauffement, lequel accélère à son tour la fonte. L'Europe du Nord se retrouve donc aux premières loges de cette évolution. Moins de neige donc plus de soleil absorbé
Le même mécanisme existe sur terre : la neige renvoie une partie du rayonnement solaire ; quand elle disparaît plus tôt ou couvre moins de surface, le sol sombre absorbe davantage de chaleur. En mars 2025, la couverture neigeuse européenne était inférieure d’environ 1,3 million de kilomètres carrés à la moyenne 1991-2020, soit une baisse de 31 %. À peu près la France, l’Italie,...
-
13/08 - Donald Trump exfiltré en secret : de Bill Clinton à Staline, l’art de faire disparaître un chef d’Etat
Dans le film Air Force One, sorti en 1997, Harrison Ford incarne un président qui ne s'embarrasse plus de la diplomatie, décidé à combattre les "régimes meurtriers". Peu après, son avion présidentiel est détourné par une poignée de terroristes. Le 8 juillet, le Secret Service a concocté un plan que n'aurait pas renié un scénariste hollywoodien. La menace pesant sur le président a été jugée si sérieuse qu'un leurre rocambolesque a été mis en place. A la fin du sommet de l'Otan à Ankara, en Turquie, Donald Trump embarque d'abord dans l'ancien Air Force One. Une fois à l'abri des regards, il est discrètement exfiltré du jet présidentiel, puis transporté à l'intérieur d'un conteneur de restauration jusqu'à un C-32A de l'US Air Force, qui s'envole vers le Royaume-Uni. L’ancien Air Force One décolle lui aussi, avec à son bord des responsables de l’administration et des journalistes persuadés, pour la plupart, que le président est encore avec eux.
"Un déplacement de chef d'État s'accompagne toujours d'une évaluation de la menace. Si elle s'avère réelle ou sévère, le service de protection prend les mesures de sécurité nécessaires. Faire disparaître la cible fait partie de la panoplie disponible", explique Georges Salinas, chef du GSPR (groupe de sécurité de la présidence de la République) jusqu'à l'été 2025, auteur de Par le verbe, par le glaive (Mareuil Edition). "On peut changer d'itinéraire, ou de véhicule. La France dispose, comme les États-Unis, de voitures et d'avions...
-
13/08 - Démographie, l’heure du grand basculement : pour en finir avec les dénis français
Vertige. C’est le mot qu’on s’est répété en préparant ce dossier sur les projections démographiques pour les décennies à venir. Au même titre que le réchauffement climatique, le plongeon de la natalité et la dépopulation seront l'une des évolutions majeures du XXIe siècle. Là aussi, faire l’autruche sur le plan politique sera désastreux, d’autant que des pays pionniers, comme le Japon ou l’Italie, sont là pour nous éclairer sur les conséquences, moroses, d’un vieillissement accéléré.
Forte de son statut de championne européenne de la fécondité, la France s’est longtemps cru immunisée. Mais notre indicateur conjoncturel de fécondité (ICF) est de 1,53 enfant par femme, là où en 2010, il dépassait encore 2. L’année dernière, notre pays a connu un tournant en enregistrant plus de décès que de naissances, une première depuis 1945. Le nombre de naissances a encore reculé sur les six premiers mois de 2026. Comme le résume Maxime Sbaihi, directeur stratégique du Club Landoy et auteur du remarquable Les Balançoires vides (L'Observatoire), "la France est un pays de vieux qui se prend encore pour un pays de jeunes. Nous devons sortir de cette fiction."
La manifestation la plus évidente du déni démographique, c'est de faire croire que nous pourrions préserver, sans trop d’efforts, le modèle social conçu à la Libération, à une époque où les 65 ans ou plus représentaient 10 % de la population française. Aujourd’hui, on en est à 22 %, et d’ici à 2070, ce sera 32 % selon l'Insee. Il est...
-
13/08 - Scandales financiers, chute de popularité, élection contre une poubelle : l’été maudit de Nigel Farage
Ce vendredi 14 août, Nigel Farage montera sur scène dans la station balnéaire de Clacton-on-Sea et sera déclaré vainqueur de la législative partielle dans son fief. A ses côtés, se tiendront ses trente-deux concurrents à cette élection, uniquement des candidats indépendants, plus ou moins farfelus. Son principal rival : le comte "Tête de poubelle", candidat satirique donné à 20 % dans le seul sondage publié en amont du scrutin. Ainsi se déroule "l'élection la plus stupide de l'histoire britannique" selon le Daily Telegraph, qui couronne un été catastrophique pour le père spirituel du Brexit.
Depuis mars 2025, plus de 300 sondages d'affilée lui promettaient les clés du 10 Downing Street en cas d'élections nationales, le plaçant dans la même cour que Winston Churchill, Margaret Thatcher ou Tony Blair. Mais, en cet été 2026, Nigel Farage se retrouve embourbé dans son face-à-face avec le comte "Tête de poubelle" pour conserver son siège de député à Clacton-on-Sea, sur la côte Est de l'Angleterre. L'issue du vote ne fait aucun doute, puisque l'ensemble des partis britanniques ont décidé de boycotter cette législative provoquée par Farage lui-même et que la région est acquise depuis des années à Reform UK.
Début juillet, le leader populiste annonçait sa démission de son poste de député, puis sa candidature pour une réélection. Une manière selon lui de "laisser le peuple juger" les affaires qui l'entourent. Une manière, surtout, de se placer sous les projecteurs médiatiques...
-
13/08 - "Je serai héros ou martyr..." : quand Fidel Castro et ses partisans prenaient d’assaut Cuba
Cet article a été publié pour la première fois dans L'Express du 8 janvier 1959
Jeudi dernier, le 1er janvier, avant l'aube, le président Fulgencio Batista convoqua ses ministres et ses amis les plus proches. La grève générale révolutionnaire venait d'être déclenchée dans tout Cuba. Depuis quatre jours, la ville de Santa Clara, noeud ferroviaire qui commande les communications de toute l'île, était le théâtre d'une bataille de rues d'une extraordinaire férocité. L'aviation gouvernementale arrosait de bombes et de mitraille les localités aux mains des rebelles. Dégoûtées par la boucherie, des forces de l'ordre désertaient et passaient aux insurgés.
Fulgencio Batista avait perdu son pari. Il avait été porté au pouvoir, malgré lui, il y a vingt-cinq ans, alors qu'il était sergent sténographe dans l'armée. Il portait alors un blouson de cuir, un poignard et un pistolet à la ceinture ; aux yeux du peuple cubain, il incarnait la victoire du pauvre contre les puissants et les riches. La date fatidique
Le tribun audacieux, modeste et tolérant d'il y a vingt-cinq ans, était devenu depuis 1952, date de son retour au pouvoir à la suite d'un putsch militaire, l'un des dictateurs les plus sanglants de l'histoire contemporaine. Son ultime ambition était de tenir jusqu'au 24 février, date de l'expiration de son mandat. Cette dernière satisfaction d'amour-propre lui fut refusée.
Le 1er janvier avant l'aube, suivi de 400 de ses fidèles, il prit l'avion pour Saint-Domingue, emportant...
-
13/08 - Universités : "La hausse des frais d’inscription ne doit plus être considérée comme un tabou"
Augmenter les frais d’inscription des étudiants : c’est l’une des propositions chocs du rapport issu des Assises sur le financement des universités rendu en juin dernier. Les auteurs, Jérôme Fournel, Inspecteur général des finances, et Gilles Roussel, ancien président de la Conférence des présidents d’université, mettent sur la table d’autres propositions non consensuelles, comme la possibilité pour les établissements d’établir leurs propres capacités d’accueil.
L'Express : Si le modèle financier des universités n’évolue pas, il ne sera plus soutenable d'ici à 2030, alertez-vous dans votre rapport. Comment en est-on arrivé là ?
Jérôme Fournel : Cette situation est le résultat d’un processus progressif. Notre système, qui repose presque exclusivement sur le financement public, a dû absorber une forte hausse du nombre d’étudiants jusqu’au milieu des années 2010. Les moyens alloués ont bien augmenté, mais à un rythme inférieur à la croissance démographique. La poussée inflationniste qui a suivi la crise du Covid-19 a constitué un deuxième choc. Parallèlement, les sources de financement se sont diversifiées afin de soutenir le développement de l’apprentissage, de la formation continue et des appels à projets, notamment dans le cadre de France 2030. Cette évolution a toutefois eu des effets indirects du fait de règles et de contraintes : ainsi, le recours à des contractuels, indispensable pour certains financements de projets, a alourdi la masse salariale, et contribué à...
-
12/08 - Face aux stocks américains sous pression, l’Iran change de tactique
Là où Washington visait 100 % d’interception, l’Iran s’est chargé de la décimale : "Nous avons abattu presque tous les missiles. Un seul est passé", a reconnu le secrétaire d’État américain, Marco Rubio, après l’attaque iranienne du 17 juillet contre une base américaine en Jordanie. Selon le New York Times, ce projectile a frappé des logements préfabriqués, tuant trois soldats américains et blessant plus de cent personnes. Pendant cinq jours, l’Iran avait lancé des vagues de drones et de missiles contre trois bases du pays. En avril, Pete Hegseth assurait pourtant que le programme de missiles iranien était "fonctionnellement détruit" et ses capacités presque complètement inefficaces. Trois mois plus tard, les tirs avaient repris.
L’Iran ne cherche plus seulement à lancer davantage : Téhéran complique désormais le travail des défenses américaines. Certains missiles peuvent modifier brusquement leur trajectoire ; les attaques combinent drones et différents types de missiles ; les frappes arrivent en vagues contre plusieurs points. Selon des responsables américains, les forces iraniennes ont aussi observé la guerre en Ukraine, où la Russie associe missiles balistiques, missiles de croisière et drones pour compliquer leur interception. 1 500 Patriot plus tard
Le résultat se lit dans les stocks. Depuis le début du conflit, le Pentagone aurait utilisé plus de 1 500 intercepteurs Patriot et en disposerait de moins de 1 700. Les États-Unis n’en ont produit qu’environ 600 en...
-
12/08 - Coups sur le visage, ordonnances illégales : l’inquiétante quête de "beauté" de certains ados
En direct, devant ses dizaines de milliers d’abonnés, Androgenic se martèle le crâne à coups de phalanges. En extase, ses camarades l’encouragent, couvrant par leurs hurlements le bruit sourd du poing qui s’écrase contre ses pommettes. Son visage rougit à vue d’œil. Pas de quoi gommer le sourire crispé qu’il exhibe à la caméra. Tremblantes, ses paupières trahissent la douleur qu’il tente de dissimuler derrière un torse gonflé.
Quelques minutes plus tard, un autre jeune homme, tout juste sorti de l’adolescence, reproduit le rituel. Fièrement, il expose son visage tuméfié à Androgenic. C’est son tout premier essai. Alors qu’une bosse surgit à la lisière de son œil, il interroge son mentor. Doit-il s’inquiéter ? Certainement pas. "Frappe de toutes tes forces", lui rétorque l'influenceur australien, euphorique.
La scène, diffusée sur la sulfureuse plateforme de streaming, Kick, n’a rien du coup de folie ou de la mauvaise blague. Depuis quelques années, ces vidéos d’automutilation pullulent sur les réseaux sociaux. Le but du "bone smashing", ou "fracassage d’os" ? S’"embellir" en remodelant à coups de poing la forme de son visage.
Pendant plusieurs semaines, nous avons enquêté sur le phénomène, alertés par sa banalisation auprès des jeunes. Derrière une pratique évidemment dangereuse, L’Express a découvert un business bien rodé par des influenceurs qui ne reculent devant rien. Quitte à manipuler
-
12/08 - Etats-Unis contre Chine, Israël, Europe : comment la démographie va bouleverser l’ordre mondial en 2050
La démographie va jouer un rôle clé dans les évolutions géopolitiques du XXIe siècle. A l’aide d’éminents spécialistes, L’Express explique comment le Moyen-Orient, l'Europe et même la course au leadership mondial entre les Etats-Unis et la Chine pourraient être bouleversés d’ici à 2050 par des dynamiques de fécondité ou d'immigration très différentes en fonction des sociétés.Etats-Unis - Chine : l’atout américain
C’est le "match du siècle". Qui des Etats-Unis ou de la Chine sera la première puissance mondiale en 2050 ? Une certitude : naissances et migrations seront au moins aussi importantes que l'intelligence artificielle. Selon les projections, la population des Etats-Unis (350 millions) continuera de croître légèrement. La Chine, elle, est en déclin démographique depuis 2022. Les projections anticipent un recul de 1,4 à moins de 1,3 milliard d'habitants en 2050. Selon les Nations unies, sa population pourrait s’effondrer à moins de 650 millions à la fin du siècle, soit une réduction de plus de la moitié.
Il est tentant d'en attribuer la responsabilité à la déplorable politique de l’enfant unique instaurée après la mort de Mao. En réalité, la Chine a suivi les tendances de ses voisins asiatiques. Le taux de fécondité a même sombré après l’abandon officiel de cette politique en 2015, passant de 1,7 à 1. "La politique démographique chinoise oscille entre stupidité et folie depuis cinquante ans, tacle Nicholas Eberstadt, chercheur à l’American Enterprise Institute. Quand...
-
12/08 - De l’éclipse aux méduses, le réseau électrique français sous tension
C'est un hasard de calendrier : il y a presque un an jour pour jour, le 11 août 2025, quatre réacteurs nucléaires d'EDF situés à Gravelines (Nord) s'arrêtaient automatiquement après la présence massive de méduses dans les stations de pompage. Le même phénomène vient de se reproduire au même endroit, ce mardi, entraînant l'arrêt total ou partiel de cinq unités. La présence de méduses à cet endroit est habituelle, et les "mesures préventives prévues" ont évité tout dommage aux installations, a fait savoir EDF lundi. Il est à noter que le réchauffement des océans fait partie des facteurs qui favorisent la prolifération de méduses.
Cet incident porte à 13 sur 57 le nombre de réacteurs nucléaires français concernés par la mesure, soit 20 % des capacités de production indisponibles, selon des calculs de l'AFP. Il intervient dans un contexte particulier, celui de la canicule - la plupart des départements sont en vigilance orange ce mercredi et jeudi - et de la sécheresse provoquée par la hausse des températures.
Dans ces circonstances, la hausse de la température des cours d’eau ou leur plus faible débit obligent EDF à prendre des mesures, qui vont de la réduction à l'arrêt total de la production. Cela permet d'éviter d'aggraver la situation en rejetant dans les fleuves des polluants chimiques ou des eaux de refroidissement - rejetées lorsqu'elles sont plus chaudes.Près de 2 gigawatts d'électricité perdus pendant l'éclipse solaire
Mais la sécheresse n'est pas le seul nuage...
-
12/08 - Guerre en Ukraine : cette mobilisation massive que Poutine prépare pour l’automne
"Une vaste vague de mobilisation cet automne." L'annonce, postée mardi sur le réseau Telegram par Volodymyr Zelensky, ne concerne pas sa propre armée, mais bien celle de la Russie. S'appuyant sur un rapport de son chef du renseignement, Oleh Ivashchenko, le président ukrainien affirme que plus de 100 000 soldats supplémentaires viendront renforcer l'armée russe d'ici la fin de l'année, et environ autant l'an prochain. "Tout est confirmé par des documents internes russes", a précisé Zelensky. Des affirmations impossibles à vérifier dans l'immédiat, alors que le président ukrainien a déjà, par le passé, évoqué une nouvelle mobilisation russe sans que cela n'aboutisse.
Le timing n'est pas anodin, puisque les élections législatives en Russie auront lieu en septembre. La Douma, largement acquise aux membres de Russie unie - le parti de Vladimir Poutine - ne devrait connaître aucun bouleversement, tant l'opposition est cadenassée dans le pays. Lundi, la Cour suprême a interdit à Iabloko, l'unique parti anti-guerre, de présenter des candidats aux élections. Dans le même temps, l'institution a donné son feu vert au parti nationaliste Rodina. En réaction, des centaines de citoyens ont protesté devant le palais de justice. Dans sa déclaration, le président ukrainien estime que ces élections font partie de la stratégie de mobilisation russe.
Dans les faits, "le plan de Poutine n'est pas particulièrement compliqué", affirme encore Volodymyr Zelensky. Selon lui, museler les voix...
-
12/08 - "C’est un bon stress test" : comment les réseaux électriques se préparent à l’éclipse solaire
Quand tout le monde lèvera les yeux au ciel, eux garderont le nez rivé à leurs écrans. Pour les employés des opérateurs de réseaux électriques européens, l’éclipse solaire de ce mercredi 12 août se vivra non pas à travers des lunettes de protection, mais via la courbe de production. Qu’ils surveilleront comme le lait sur le feu. Car sans soleil, masqué jusqu’à 99 % dans certaines régions du sud de la France et totalement en Espagne, la génération d’électrons va temporairement mais rapidement chuter. Surtout pour les pays ayant intégré le plus de photovoltaïque ces dernières années dans leur mix énergétique.
Selon les projections de RTE, le gestionnaire français du réseau de transport d'électricité, la production pourrait diminuer d’environ 1,8 gigawatt (GW) en cas de ciel dégagé. Soit l’équivalent de deux réacteurs nucléaires. Ses homologues allemands et espagnols prévoient des baisses respectives de 3,3 et 3 GW. Au plus fort de l’éclipse, entre 19h15 et 21h30, l'association des gestionnaires européens (ENTSO-E) anticipe une chute de 9,7 GW à l'échelle du continent, soit près de 4 % des capacités solaires installées dans l’UE. Suffisant pour qu'elle active une cellule de crise dédiée afin de coordonner la séquence et d’éviter toute perturbation.
"C’est un bon stress test pour l’Europe, affirme Mario Paolone, professeur à l'École Polytechnique Fédérale de Lausanne (EPFL), en Suisse, où il dirige le laboratoire des systèmes électriques distribués. Ce genre d’événement...
-
12/08 - On ne va pas attendre, ils se sont dit, on tourne ! Par Christophe Donner
Il fallait qu’ils soient deux pour que, sur les bancs du collège, à 13 ans, leur passion pour le cinéma se mue en désir d’en faire. Et sans en avoir l’idée, sans projet, sans rêve ni ambition particulière, juste parce que c’était possible, ils en ont fait. Ils ignoraient plus ou moins que ça en était et encore aujourd’hui ils ont l’air de tomber des nues en réalisant que leurs pastiches potaches à trois balles, bricolés en marge de la vie ordinaire, c’était déjà du cinématographe. Des films excellents qu’ils appelaient "vidéos sur YouTube" et qui constituent aujourd’hui un corpus de référence.
Vous allez entendre parler d’eux, si ça n’est pas déjà fait, parce qu’à 22 ans et des poussières, ils sortent leur premier long-métrage, subtilement intitulé Un grand raccourci. Ils ont en effet emprunté tous les chemins de traverse. Ils s’appellent Clément Devilliers et Armand Foëx. Leur film se résume ainsi : deux cousins, unis par le deuil de leur grand-mère, se demandent comment faire du fric sans trop se fatiguer, c’est-à-dire sans que ça ressemble à du travail. A l’arrière de la voiture, deux copines, un peu sur la même longueur d’onde, se laissent tenter par un concours de beauté, genre Miss Bretagne, ou pire. Aux premiers, il manque un peu de bon sens ; aux secondes, un tout petit centimètre sous la toise. N’ayant ni les uns ni les autres les capacités morales et physiques d’y arriver, ils vont tricher, et bonjour les galères. L’autobiographie, criante, n’est pas dans...
-
12/08 - Piratages entre amis : les bourdes d’OpenAI et Anthropic ne sont qu’un prélude
Un Américain attaqué par un Américain se tourne vers un Chinois pour le défendre. L'histoire ressemble à une blague de comptoir. C’est en fait l’angoissant feuilleton qu’a vécu Hugging Face le mois dernier. Ciblée par un piratage, cette plateforme star de la tech qui abrite quasi toutes les ressources IA open source de la planète a rapidement signalé le problème au FBI. Jusqu’à ce que son compatriote OpenAI révèle, penaud, être responsable de l’intrusion : un de ses agents expérimentaux, a trouvé le moyen de s’échapper de sa "sandbox" - ce circuit informatique censé être isolé d’Internet - pour accomplir au mieux sa mission. Ironie de l’histoire, les outils IA américains ont refusé d’aider Hugging Face, interprétant à tort ses appels au secours comme de possibles opérations malveillantes déguisées. La cible s’est donc tournée vers ce qui se fait de mieux juste après : les modèles ouverts chinois.
Beau joueur, Hugging Face, raconte désormais avec humour sur les réseaux sociaux les montagnes russes vécues par l’équipe. OpenAI a, lui, étendu son programme Daybreak et lancé le 10 août GPT-5.6-Cyber, un produit dédié à la protection numérique. Pendant ce temps, la communauté tech s'amuse de voir qu’Anthropic a annoncé que ses modèles avaient, eux aussi, pénétré sans autorisation les systèmes informatiques d’au moins trois entreprises.
Acte de contrition ou combat de coqs, les méfaits opérés par de turbulentes IA semblent devenus l'argument marketing ultime. Alain Bouillé,...
-
12/08 - Présidentielle 2027 : François Bayrou ou l’absurde extension du cercle de la primaire
"Il faut bien que quelqu'un rapproche les uns et les autres." Ainsi François Bayrou esquissait au printemps son rôle dans la future campagne présidentielle. L'ancien Premier ministre s'imagine en rassembleur d'un bloc central dispersé aux quatre vents. Place aux travaux pratiques. Dans un entretien au Figaro, le président du MoDem prône l'organisation d'une primaire intégrant "tous ceux qui rejettent les extrêmes" afin d'éviter la "catastrophe" d'un duel RN-LFI au second tour. Son périmètre est très large : elle irait de la "version social-démocrate" du Parti socialiste aux "gaullistes".
La proposition illustre l'évolution de la primaire, à mesure que croît la crainte d'une élimination des partis de gouvernement au premier tour en 2027. Elle était à l'origine un outil de régulation des ambitions au sein d'un camp à la relative homogénéité idéologique. On lui demande désormais d'installer une candidature unique pour faire échec à un second tour honni. Quitte à mettre sous le boisseau de lourdes divergences politiques entre ces participants potentiels. L'arithmétique supplante ici la politique. Quoi de commun entre le PS et LR sur l'immigration ou la fiscalité ? Chez François Bayrou, ces différences sont masquées derrière l’appartenance à un supposé "fleuve démocratique". Sélectionner ou éliminer
Voilà la primaire remodelé. Moins qu'à sélectionner, elle vise à "éliminer". "Ecrémer", dit en privé la présidente de la région Ile-de-France Valérie Pécresse. "La première...
-
12/08 - Détroit de Kertch : le point de passage que Poutine ne veut perdre à aucun prix
La crise d'Ormuz l'a bien montré, les détroits jouent un rôle vital dans le commerce mondial. De Malacca à Béring, en passant par le Bosphore, L'Express vous invite à un voyage dans ces lieux emblématiques, où se joue l'avenir du monde.
EPISODE 1 - Détroit de Taïwan : le passage maritime qui pourrait faire vaciller le monde
EPISODE 2 - Bosphore - Dardanelles : les détroits turcs, ce double verrou stratégique face à la Russie
EPISODE 3 - Piraterie, contrebande et désastre écologique : le détroit de Malacca, talon d'Achille de l'ogre chinois
EPISODE 4 - Bloquer le détroit de Bab-el-Mandeb ? Le scénario cauchemardesque pour l'économie mondiale
Pour bien voir Kertch, il faut gravir la colline qui surplombe cette ville de Crimée. Un escalier monumental de 425 marches mène tout en haut. De là, comme l’on dit en russe, "on voit le monde entier dans la paume de sa main". Devant, les eaux claires du détroit. La forêt de grues d’un premier port à gauche, un second à droite. Plus loin, les quartiers d’habitation soviétiques et leurs rues tracées à la règle, qui convergent vers le centre historique et ses cafés branchés. En contrebas, les ruines d’une villa grecque rappellent que la ville est ancienne, très ancienne. Et que chaque occupant y a laissé sa marque.
La colline a été baptisée "Mont Mithridate", en hommage au roi Mithridate VI, dont l'ancienne cité grecque, fondée au VIIᵉ siècle avant J.-C., fut l'une des résidences. Le gigantesque monument aux morts soviétique qui se...
-
12/08 - Mary-Ann Baumgartner, la brillante séductrice de la CIA
Les espions font souvent basculer l’Histoire. Dans l’ombre, depuis des siècles et partout sur la planète, certaines opérations ont défini le monde tel que nous le connaissons. Dans “Nid d’espions”, le podcast de L’Express consacré au renseignement, on ouvre un dossier secret-défense, dans lequel le rôle des espions a tout changé.
En matière d’espionnage, il est souvent question de séduction. Savoir convaincre, grâce à son attitude, un interlocuteur. Lui donner envie de nous dévoiler des informations. Lui laisser croire, surtout, que nos demandes sont désintéressées. Le charme devient alors un véritable outil de l’agent secret, et les services de renseignements peuvent fonder toute une stratégie dessus.
C’est le cas de la Stasi, le service de police politique et d’espionnage de l’Allemagne de l’Est, durant la Guerre froide. Créé en 1950, et partenaire de premier plan de l’URSS, la Stasi et son chef du renseignement extérieur, Markus Wolf, vont mettre en place une division bien particulière : les agents Roméo. Des espions chargés de séduire des femmes à la position clé en RFA. Envoyés de l’autre côté du mur, des jeunes hommes considérés comme charmants, autant par leur physique que dans leurs manières, vont repérer des fonctionnaires solitaires de l’Ouest. Leur cible principale : les secrétaires des diplomates, tout aussi bien informées, ayant souvent accès à des documents confidentiels, mais également moins surveillées.
Au sein de l’Otan, dans les ambassades, ou dans...
-
11/08 - "L’IA viendra à bout de problèmes mathématiques irrésolus" : les explications limpides de François Charles (Normale Sup)
Il en faut beaucoup pour dérouter un mathématicien. Ces scientifiques se collettent au quotidien avec un univers hermétique. Mais depuis quelque temps, les prouesses de l’IA générative provoquent la stupeur de cette communauté. Le mois dernier encore, les modèles d'OpenAI et d'Anthropic ont jeté de nouvelles perspectives sur des problèmes irrésolus tels que l'empilement de sphères en grandes dimensions, les groupes non sofiques ou la conjecture jacobienne. Pour François Charles, directeur du département Mathématiques et applications de l’Ecole Normale Supérieure - PSL, c’est plus que jamais "le moment de se montrer ambitieux" dans ce domaine. Et de s'assurer l’accès aux meilleurs modèles car "un fossé mathématique important pourrait se creuser entre les pays ayant des IA de pointe et les autres". Entretien.
L'Express : En juillet, OpenAI a annoncé que son modèle expérimental Astra avait réalisé de manière autonome dix avancées en mathématiques et informatique théorique. S'agit-il de progrès solides et significatifs ?
François Charles : J’en ai regardé certaines en détail. Des experts en ont examiné d’autres. Et OpenAI a fourni des formalisations automatiques - en utilisant le système Lean. Tout indique un travail sérieux et de vraies avancées. Plusieurs d'entre elles sont ce qu’on appelle des contre-exemples à des conjectures (NDLR : des intuitions mathématiques qui n’ont pas encore été démontrées). Il y a ainsi un contre-exemple à la conjecture de rigidité de Connes,...
-
11/08 - Royal Navy : ces drones britanniques qui communiquaient avec la Chine
Le problème avec les appareils qui voient tout, c’est qu’ils peuvent aussi être très bavards : depuis mars, les forces britanniques utilisent des K3 Scout, des engins de surface sans équipage destinés à la reconnaissance maritime. Lors d’un contrôle de cybersécurité, le ministère de la Défense a découvert que certaines de leurs caméras contenaient des composants fabriqués en Chine et envoyaient automatiquement des données techniques vers une adresse IP située dans le pays. Depuis, les caméras ont été mises hors ligne.Une faille mais pas d’espion ?
À ce stade, une précision évite de transformer une faille embarrassante en scénario d’espionnage déjà démontré. Les communications détectées étaient notamment des signaux techniques permettant aux caméras d’indiquer qu’elles étaient connectées et fonctionnaient correctement. Ce n’est donc pas la preuve que Pékin regardait les images de la Royal Navy, mais la découverte qu’un équipement installé sur du matériel militaire britannique communiquait, sans que son utilisateur le sache, avec un appareil situé en Chine. Une nuance importante, pour un problème qui l’est tout autant. Car les K3 Scout n’ont rien d’un gadget de démonstration. Conçus pour emporter jusqu’à 600 kilos et fonctionner trente jours d’affilée, ils sont opérés par le Coastal Forces Squadron et le 47 Commando des Royal Marines. Le modèle a aussi été acheté par le commandement des opérations spéciales américain et a participé à des essais de l’Otan dans la Baltique....
-
11/08 - A Taïwan, la population se prépare au scénario d’une attaque chinoise
Un accès au réseau mobile perturbé durant 30 minutes, et des millions d'habitants privés de vidéos, de photos et d'appels vidéo depuis leur téléphone. Lundi 10 août, Taïwan a testé pour la première fois à grande échelle une opération visant à simuler une attaque aérienne chinoise, dans le cadre de l’exercice annuel de défense civile préparé par les autorités taïwanaises.
Organisé dans 14 villes et comités à différentes dates, ce test a débuté à Taichung, une commune du centre de Taïwan qui compte près de trois millions d’habitants. Dès 14h30, des sirènes ont retenti, invitant la population à se mettre à l’abri dans des commerces, des centres commerciaux, des gares ou chez soi. Peu après, les habitants ont reçu un message via téléphone, leur indiquant que "l'accès au réseau mobile sera perturbé" et les incitant à privilégier le Wi-Fi intérieur.
Avec cette mise en situation grandeur nature, l'objectif pour le gouvernement est de réfléchir à la manière dont l’île pourrait continuer à fonctionner si ses communications avec le reste du monde étaient fortement perturbées. Car sous la direction de Xi Jinping, Pékin a considérablement renforcé sa flotte de navires de guerre, de bâtiments de débarquement et son arsenal de missiles, autant de moyens susceptibles de soutenir une invasion de Taïwan. Si Xi Jinping affirme souhaiter parvenir à une réunification pacifique avec l’île, il refuse pour autant d’exclure le recours à la force. A Taïwan, les autorités ont d'ailleurs affirmé...
-
11/08 - Démographie, le choc qui menace l’humanité : voici le nouveau monde qui nous attend
Et si, bien plus que le PIB ou le budget militaire, le ratio couches pour bébés / couches pour adultes était devenu l’indicateur géopolitique le plus important de notre époque ? Au Japon, les ventes des secondes ont dépassé celles des premières depuis une quinzaine d’années. La Chine a franchi ce cap l’année dernière. La France s’y dirige à grande vitesse : selon le cabinet Circana, en volume, les ventes de protections pour seniors ont augmenté de 85% en dix ans, contre un recul de plus de 20% pour celles à destination des bébés.
En 2019, dans le précurseur Planète vide (Les Arènes), les Canadiens Darrell Bricker et John Ibbitson avaient averti sur la vitesse de la chute des taux de fécondité, soulignant que l’enjeu majeur du XXIe siècle ne sera pas la surpopulation, comme on l’a longtemps pensé, mais le déclin de l’humanité. Depuis, la rapidité à laquelle la natalité a plongé a surpris même les observateurs les plus avisés. Le taux de fécondité du Brésil, pourtant un pays émergent? 1,6 enfant par femme. Celui de l'Inde, pays qui avait inspiré à Paul Ehrlich son best-seller La Bombe P sur la surpopulation en 1968 ? 1,9, soit sous le seuil de renouvellement des générations (2,1). Un pic démographique plus précoce que prévu ?
Selon les dernières prévisions de la Division de la population des Nations unies, datant de 2024, la population mondiale devrait culminer au début des années 2080. Mais de plus en plus d’experts, comme l’économiste Jesus Villaverde-Fernandez,...
-
11/08 - Guillaume Hébrard, astrophysicien : "C’est grâce à une éclipse qu’Albert Einstein est devenu une star"
Non pas une, mais deux coïncidences, tout aussi extraordinaires l’une que l’autre. Voilà ce que nous réserve bientôt le ciel, avec d'abord une première éclipse, le 12 août prochain. Si le phénomène est connu, se rend-on bien compte du hasard incroyable auquel il est dû ? "La Lune est 400 fois plus petite que le Soleil, mais 400 fois plus proche de nous : c’est pour cela que les deux astres vus de la Terre semblent avoir la même taille. Il n’y avait qu’une chance infime qu’il en soit ainsi, c’est totalement fortuit", insiste Guillaume Hébrard, astrophysicien au CNRS, rattaché à l’Observatoire de Haute-Provence et à l’Institut d’astrophysique de Paris, auteur de Fabuleuses éclipses (1).
La deuxième coïncidence, c’est que les astres vont offrir à l’Europe – et à l’Espagne en particulier – non pas une, mais trois éclipses de suite : après celle du 12 août, il y en aura une autre le 2 août 2027 et encore une en janvier 2028. Une succession rare, dont il faudra profiter : la prochaine éclipse totale de Soleil observable en France n’aura ensuite lieu qu’en... 2081.
Ce spectacle extraordinaire – à savourer avec des lunettes adaptées au risque sinon de souffrir de lésions irréversibles de la rétine – a longtemps été un objet d’étude pour les scientifiques. Si c’est aujourd’hui moins le cas, l’observation des éclipses totales a néanmoins été à l’origine de plusieurs grandes découvertes. Le physicien Albert Einstein lui-même doit une partie de sa célébrité à ce fascinant...
-
11/08 - Ebola, une épidémie "différente" : pourquoi le virus se propage si rapidement en RDC
Assiste-t-on aux préludes de la pire épidémie due au virus Ebola de l'Histoire ? Depuis qu'elle a été officiellement reconnue par le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) le 15 mai, elle a fait plus de 2 000 morts pour 4 381 cas confirmés, selon un dernier bilan publié par les autorités congolaises ce mardi 11 août. Le bilan des décès a ainsi doublé depuis le 22 juillet, où le cap symbolique des 1 000 morts avait été atteint. Ce bilan rapproche l’épidémie actuelle en cours depuis plus de trois mois, qui se propage dans des régions de l’Est et du Nord-Est en proie à des conflits, de celle qui avait sévi entre 2018 et 2020, la plus meurtrière à ce jour en RDC, avec près de 2 300 morts en l'espace de... vingt-deux mois.
Comment expliquer que cette épidémie ait la propagation la plus rapide jamais enregistrée ? Regardons d'abord du côté des chiffres. Les autorités sanitaires affirment que l'épidémie actuelle se propage cinq fois plus vite que les précédentes à ce stade. Lors de l'épisode de 2018-2020, il avait fallu plus de dix mois pour dépasser les 2 000 cas confirmés à l'est de la RDC. L'épidémie actuelle a atteint ce chiffre en deux mois environ, fin juillet. La maladie à virus Ebola se transmet dans bien des cas lors des rites funéraires organisés par les familles des malades. Les travailleurs humanitaires déployés sur le terrain tentent, malgré une forte défiance populaire, d’organiser dans les zones infectées des enterrements respectant des mesures...
-
11/08 - Mortalité infantile : comment la France est devenue l’un des mauvais élèves de l’Europe
4,1 décès pour 1 000 nouveau-nés en 2024 en France, soit un bébé sur 250 qui meurt avant son premier anniversaire. C'est le constat dramatique que dresse un rapport de l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS) publié discrètement mercredi 5 août, alors qu'il dormait depuis janvier 2026 dans les tiroirs du ministère de la Santé, a révélé Le Canard Enchaîné. Cette progression de la mortalité infantile place la France parmi les plus mauvais élèves européens, au 23e rang sur 27, alors qu'elle tutoyait autrefois la tête du classement - 3ème entre 1996 et 2000.
Les auteurs du rapport pointent plusieurs variables pour expliquer ce phénomène, parmi lesquelles l’élévation de l’âge moyen des femmes enceintes (de 29,9 à 30,7 ans de 2010 à 2019), ainsi que la part des mères de 35 ans et plus (de 19,1 à 25,8 % sur la même période). "Il est en effet établi que le risque de complications et, notamment, de mortalité néonatale, augmente lorsque s’élève l’âge auquel les femmes sont enceintes et accouchent", écrivent-ils, avant d'ajouter que l’accroissement de la prévalence de pathologies maternelles, comme l'obésité, peut aussi amplifier les difficultés.
En outre, la précarité sociale et économique a un impact considérable sur la mortalité néonatale : de 2004 à 2022, parmi les mères actives, le taux de mortalité infantile varie en moyenne de 2,2 ‰ (2,2 décès pour mille naissances, NDLR) pour les cadres, à 3,5 ‰ pour les ouvrières et 3,6 ‰ pour les employées ; un taux encore plus...
-
11/08 - Travail : pourquoi les moins bons passent parfois devant les meilleurs
Un pair mieux considéré que soi. Si cette appréciation de la hiérarchie peut être acceptée lorsque le rival coche davantage de cases, elle est vécue comme arbitraire, comme un "fait du prince", par celui qui se sentait légitime à obtenir un meilleur poste ou des félicitations. La comparaison sociale qui déclenche ce sentiment d’injustice lié à un manque de reconnaissance peut entraîner des conséquences désastreuses sur l’engagement et le bien-être psychologique du salarié, mais aussi sur l’image et la productivité de l’entreprise. Mais qu’est-ce qui provoque cette différence de traitement de la part d’un chef qui favorise parfois "un mauvais", jusqu’à le promouvoir, sans même un regard pour le meilleur ?Une irrationalité tenace
Il y a plusieurs explications, liées au "nul", au décideur ou à leur rencontre. Commençons par l’effet Dunning-Kruger, mis en évidence par deux psychologues en 1999. Le besogneux (adjectif dévalorisant) doit sa disgrâce à un pair incompétent, qui surestime ses capacités, affichant une assurance susceptible d’anesthésier l’analyse rationnelle du manager. Bluffé. Conquis. Épaté. Si le chef est lui-même victime du syndrome de l’imposteur, cette assurance peut d’autant plus le rassurer qu’il doute de sa propre légitimité. Les autres salariés restent spectateurs, sans possibilité d’intervenir dans ce duo où celui qui déborde d’aplomb et de certitudes l’emporte sur l’autre, fasciné.
Mais parfois, ce n’est pas le rapport de pouvoir inversé qui explique...
-
11/08 - Donald Trump exfiltré en secret : l’incroyable opération montée face à la menace iranienne
Le cinéma d’espionnage avait les voitures noires ; Washington a choisi le camion-cantine. Le 8 juillet, Donald Trump gravit les marches du célèbre Air Force One, salue les caméras depuis la porte puis disparaît à l’intérieur. Quelques minutes plus tard, pendant que les journalistes chargés de suivre ses déplacements embarquaient à leur tour, Trump quitta discrètement l’appareil par le côté opposé. Pas de limousines blindées, pas de surprise présidentielle : un camion utilisé dans les aéroports pour charger les repas vient se placer contre l’avion, son conteneur est hissé jusqu’à une porte et le président y monte avec plusieurs collaborateurs. Direction un troisième avion militaire, stationné quelques mètres plus loin. Tout comme dans les films.Trois appareils américains
L’opération, révélée plusieurs semaines plus tard par le New York Times et le Washington Post, n’avait pourtant rien d’un exercice de style. Les services américains venaient d’être alertés d’une menace iranienne jugée crédible contre Donald Trump. Le président terminait alors le sommet de l’Otan en Turquie, pays frontalier de l’Iran, dans un contexte de fortes tensions entre Washington et Téhéran. Une fois la menace transmise au président américain, un petit cercle de hauts responsables, parmi lesquels le secrétaire de la Défense Pete Hegseth et le chef d’état-major interarmées Dan Caine, organise son départ. S’ensuit le casse-tête qui est de faire sortir du pays un des hommes les plus reconnaissables des...
-
11/08 - Ingérences russes : l’aveuglement coupable du RN avant la présidentielle 2027
Vous avez dit "ingérences russes" ? Pure fiction, répondent en chœur les cadres du Rassemblement national, qui semblent s’être passés le mot, alors que trois candidats déclarés ou pressentis à l’élection présidentielle - Raphaël Glucksmann, Édouard Philippe et Gabriel Attal - ont été visés en l’espace d’une semaine par des campagnes de désinformation provenant de Moscou. Léa Salamé était accusée de soudoyer des médias pour qu’ils disent du bien de Raphaël Glucksmann ; des comptes affirmaient qu’Édouard Philippe était atteint d’une maladie dégénérative et, sur une fausse Une de La Tribune Dimanche, Gabriel Attal apparaissait sous ce titre évocateur : "Yves Attal a légué à son fils un empire de la drogue".
"Mais quelqu’un a vu ces fameuses publications d’ingérences sur les réseaux sociaux ?", feint de s'interroger sur son compte X le député RN Matthias Renault, dénonçant une "ficelle politicienne" et se moquant de la confidentialité supposée de ces contenus, qui n’auraient été vus que par quelques internautes. D’autres, ne répondant pas sur le fond, s’en prennent à l’émetteur. "L’agonie estivale de ce jeune homme me fait beaucoup de peine", tacle Laure Lavalette, en réponse au passage de Gabriel Attal, que Sébastien Chenu traite de "complotiste", sur BFMTV. Même ton moqueur et même déni chez Jean-Philippe Tanguy, proche de Marine Le Pen : "Depuis 10 ans, les ingérences russes sont tellement inefficaces et grotesques qu’elles permettent aux 'victimes', qui ont tous les...
-
11/08 - Aux Etats-unis, Donald Trump poursuit son offensive contre la vaccination
C'était un objectif de longue date du secrétaire à la Santé - et militant antivax - Robert F. Kennedy Jr.. Lundi 10 août, le président américain Donald Trump a signé un décret appelant à réduire le nombre de vaccinations infantiles, en limitant le calendrier vaccinal à onze vaccins et en incitant à ne plus vacciner en même temps contre la rougeole, les oreillons et la rubéole (ROR).
Finies les injections "de la taille d'une bouteille de soda", a-t-il justifié, sans jamais apporter de précisions sur cette comparaison excessive. Selon lui, "certains groupes ne connaissent pratiquement aucun problème d’autisme", et "ce sont des groupes qui ne sont pas vraiment tournés vers le monde des vaccins, donc il y a quelque chose qui ne va pas", a-t-il expliqué. Un discours complotiste, rejeté par l'unanimité des médecins, pour qui le lien entre autisme et vaccins n'a jamais été démontré. Les spécialistes insistent en outre sur le fait qu’aucune nouvelle donnée scientifique ne justifiait une modification du calendrier vaccinal et que le calendrier américain reposait sur des décennies de données scientifiques, ainsi que sur les besoins sanitaires spécifiques de la population américaine.
Avec ce décret, le principal résultat serait de "semer la confusion chez les parents", en raison de messages contradictoires qui pourraient les inciter à retarder la vaccination, s'alerte le Dr Aaron Milstone, du comité des maladies infectieuses de l’American Academy of Pediatrics. D'après la...
-
11/08 - "Personne ne fait mieux que le MI6" : le palmarès exclusif de L’Express fait réagir à l’étranger
L'exercice était inédit... et n'a pas laissé indifférent. Le 29 juillet, L'Express a publié le premier classement des services de renseignement européens. Un palmarès destiné à raconter la guerre invisible menée sur le Vieux Continent, obtenu grâce à un démarchage soutenu des professionnels de l'espionnage. Pendant trois mois, nous avons sollicité une centaine d'espions et d'anciens chefs de renseignement. Soixante votants de 25 pays - dont 18 chefs ou ex-chefs d'agences - se sont dévoués pour juger leurs pairs. Leur top 5, parfois réalisé à visage découvert - comme Susan Miller, ex-officier de la CIA, ou encore Yossi Cohen, ancien directeur du Mossad -, a permis de dévoiler un classement plaçant le MI6, puis la DGSE en tête. Trois autres pays se situent dans le peloton de tête : l'AIVD pour les Pays-Bas, le renseignement ukrainien (SBU/GUR) et l'Allemagne avec son BND.
Dix jours après sa sortie, un premier bilan s'impose. D'abord, quelques chiffres. Les journaux près de soixante-dix pays ont repris le classement de L'Express. Les "bons élèves" ne sont évidemment pas en reste : les Ukrainiens, manifestement satisfaits de leur place, lui ont consacré 17 reprises, le Royaume-Uni treize, et les Pays-Bas 10. Les Polonais (9e du classement), pointés du doigt par nos experts pour leurs services secrets "instrumentalisés politiquement", se sont largement penchés sur le sujet avec quatorze articles. La Slovaquie, lanterne rouge du classement, y a consacré onze articles. En tout,...
-
11/08 - Défense : le spatial sera-t-il le nouveau Far West ? Par Emmanuel Chiva
En 2019, Florence Parly, alors ministre des Armées, avait dévoilé la nouvelle stratégie spatiale de défense de la France. Elle avait, à cette occasion, révélé les agissements d’un satellite russe, Luch-Olymp, qui s’était approché d’un peu trop près d’un satellite de communications militaire franco-italien : Athena-Fidus. Pour l’espionner ? Pour le gêner ? Pour démontrer une capacité ? Tout cela s’étant produit dans l’orbite géostationnaire, située à 36 000 kilomètres de la Terre. Tout sauf – vous me passerez l’expression – un sport de masse. Depuis, les manœuvres de test, mais aussi d’intimidation ou de démonstration se sont multipliées, ainsi que les objets expérimentaux, sur l’ensemble des orbites y compris l’orbite LEO (pour orbite basse) : celle de la station spatiale internationale, comme des satellites Starlink d’Elon Musk (entre 400 et 700 kilomètres d’altitude). Prenons ainsi les deux satellites Cosmos 2581 et 2583 qui ont démontré des capacités de rendez-vous spatial de précision extrêmement impressionnantes, puisqu’ils se sont retrouvés… à 3 mètres l’un de l’autre.
La Chine, la Russie et d’autres puissances multiplient aujourd’hui les démonstrations de force dans l’espace, à tel point qu’on ne peut être que convaincu que le prochain conflit démarrera de l’espace exoatmosphérique. Et, d’ailleurs, ce dernier n’est plus une simple frontière. La THA (pour très haute altitude) désigne l’espace situé entre 20 et 100 kilomètres au-dessus de nos têtes. Il devient, lui...
-
11/08 - "On dirait Barack Obama" : Jon Ossoff, le sénateur de Géorgie qui fait rêver les démocrates
"Ce que je trouve intéressant chez Jon Ossoff, c'est cette mise en scène visuelle très particulière... On dirait Barack Obama". Face à son invité, dans le studio ouaté où il enregistre son podcast pour le New York Times, le journaliste Ezra Klein s'amuse du mimétisme saisissant entre l'ancien président et l'actuel sénateur démocrate de Géorgie. La comparaison tient d'abord à une manière de jouer avec la lumière. Dans ses apparitions médiatiques et sur les réseaux sociaux, Ossoff utilise beaucoup le fameux "hero shot", devenu une des signatures de Barack Obama : une prise de vue en contre-plongée, légèrement décalée qui lui donne l'air de surplomber la foule et de se projeter au-delà de l'horizon.
Mais l'analogie ne s'arrête pas là. Comme Obama à ses débuts, Ossoff est encore un personnage secondaire de la scène politique américaine, et déjà, la presse se l'arrache. A l'heure où Donald Trump et son clan saturent l'espace public de petites phrases assassines et de polémiques incessantes, l'élu s'est façonné une image distanciée, réfléchie et incisive. Juste ce qu'il fallait pour devenir la coqueluche des élections de mi-mandat, prévues en novembre prochain.A gauche, le portrait utilisé par Barack Obama sur ses réseaux sociaux lors de sa présidence. A droite, celle utilisée par Jon Ossoff lors de sa campagne sénatoriale. Deux exemples du "hero shot".
Sur le papier, la bataille devrait s'annoncer rude pour Jon Ossoff qui, à 39 ans, est aussi le benjamin du Sénat américain....
-
11/08 - "Le cheval de Troie des Etats-Unis en Europe" : Rheinmetall, le géant allemand de la défense à l’appétit dévorant
Ce coup de téléphone, Armin Papperger, le patron de Rheinmetall, une des plus grandes entreprises de défense outre-Rhin, s'y était préparé depuis longtemps. Il l'avait anticipé, mûri, presque planifié. Quasiment depuis son arrivée à la tête de l'entreprise en 2013, un an avant l'annexion de la Crimée par la Russie. Alors, ce dimanche 27 février 2022 après midi, quand la ministre allemande de la défense, Christine Lambrecht l'appelle pour lui demander tout à trac combien d'armes l'industriel pourrait lui livrer rapidement, le patron répond sans hésiter : 42 milliards d'euros. Des chars, des blindés, des camions militaires, des munitions, des obus…Un chiffre astronomique à la hauteur de l'événement.
Trois jours auparavant, les armées russes ont attaqué l'Ukraine. Et le matin même, Olaf Scholz, le chancelier allemand, à la tribune du Bundestag a annoncé la création d'un fonds extraordinaire dotée de 100 milliards d'euros pour financer la modernisation des équipements de la Bundeswehr, l'armée allemande. Le plan d'investissement le plus ambitieux depuis la seconde guerre mondiale. Le retour de la guerre en Europe, certains oiseaux de mauvais augure l'avaient certes annoncée mais l'opinion publique allemande, anesthésiée par le confort des dividendes de la paix, n'avait guère voulu y croire. "Au fond, il s’agit de savoir si la force peut transgresser le droit. Si nous permettons à Poutine de remonter les horloges jusqu’au temps des grandes puissances du XIXe siècle. Ou si...
-
11/08 - "C’est une nuit exceptionnelle de quelques minutes" : en 1999, la dernière éclipse solaire du millénaire
Cet article a été publié pour la première fois dans L'Express du 15 juillet 1999
Pour Philippe de la Cotardière, auteur de L'Eclipse de Soleil du 11 août 1999, c'est un spectacle inouï, qui éveille les vocations d'astronome. Lui-même a été bouleversé par l'éclipse de février 1961, qu'il avait pu contempler, gamin, avec ses camarades de classe. Ce jour-là, il décide de faire partie de cette race très spéciale des "chasseurs d'éclipse", astronomes professionnels ou amateurs qui courent le monde pour voir le Soleil masqué par la Lune. "Ma plus belle expérience, dit-il, date du 18 juin 1983. J'étais parti en Indonésie pour un éblouissement de cinq minutes que je n'oublierai jamais." Là-bas, il se retrouve au milieu d'une centaine de fanatiques qui avaient installé, qui sa lunette astronomique, qui sa caméra, pour capter l'instant où l'astre solaire disparaît en plein midi. La veille, il était tombé des trombes d'eau, et, le matin, des nuages noirs menaçaient de gâcher l'aventure. Et puis, miracle ! Au dernier moment, le ciel s'est dégagé. Le spectacle pouvait commencer.
Pour cette dernière éclipse totale du millénaire, la France est, selon Philippe de la Cotardière, particulièrement bien placée. Il faut en profiter, puisqu'on n'en verra pas d'autre au-dessus de l'Hexagone avant l'an 2081. L'idéal serait de s'installer - au coeur de la "bande de totalité", une zone de 110 kilomètres de largeur qui va du cap de la Hague jusqu'en Lorraine - sur la "ligne de centralité". Se...
-
10/08 - En Angleterre, le cas Jason Arday ravive la guerre culturelle au sein du monde académique
Lorsque Jason Arday est monté sur la scène de la British Sociological Association, au printemps dernier, son propos avait des allures de mise en garde. Dans un discours intitulé Wanted Dead or Alive: the Playbook [en français : "Recherché mort ou vif : manuel de jeu"], le sociologue expliquait comment certains universitaires africains-américains avaient selon lui été pris pour cible par des militants conservateurs au cours de leur carrière. Leurs travaux étaient passés au crible, à la recherche d'erreurs, d'incohérences ou de similitudes avec des publications antérieures. Puis, racontait-il, médias et responsables politiques conservateurs s'emparaient de ces découvertes pour exercer une pression sur les universités.
Quelques mois plus tard, ce scénario s'est-il retourné contre le plus jeune professeur noir de l'histoire de l'Université de Cambridge ? Le 5 août, Jason Arday, sociologue de l'éducation, annonçait sa démission de la prestigieuse institution britannique. Celle-ci venait d'ouvrir une enquête après la transmission d'informations concernant ses "qualifications universitaires et ses nominations honorifiques", ainsi que de potentiels "manquements à l'intégrité de la recherche", selon un communiqué de l'Université, cité par Euronews.Une histoire de prodige
A 41 ans, l'histoire personnelle de Jason Arday avait largement contribué à faire de lui une figure emblématique de la méritocratie universitaire britannique. Né de parents ghanéens et élevé dans un quartier...
-
10/08 - Trop de satellites, pas assez de fusées : le casse-tête spatial de l’Europe
La survente pourrait bientôt gagner l’espace : autour de 2030, l’Europe prévoit plus de satellites à lancer que de fusées disponibles. Le directeur général de l’Agence spatiale européenne (ESA), Josef Aschbacher, prévient dans le Financial Times que la demande européenne devrait connaître un pic autour de 2029, 2030 et 2031, au point de dépasser les capacités disponibles. Il suffit de regarder le programme des départs : l’Union européenne veut déployer Iris2, sa future constellation de communications sécurisées ; il faut continuer d’alimenter Galileo, son système de navigation, et Copernicus, son réseau d’observation de la Terre. Plusieurs pays, dont l’Allemagne, préparent en parallèle leurs propres constellations, tandis que l’ESA construit aussi des satellites pour les ministères de la Défense grec, espagnol ou polonais. Les commandes s’accumulent, mais les fusées, un peu moins.
Le chiffre le plus simple à retenir tient presque du score : l’an dernier, SpaceX a effectué 170 lancements. L’Europe, huit. Les deux nombres ne recouvrent pas exactement les mêmes missions ni les mêmes capacités, mais ils donnent une idée de la différence de cadence. Les États-Unis et la Chine ont placé des centaines de satellites en orbite ces cinq dernières années, pendant que les investissements civils et militaires dans l’espace augmentaient rapidement. Le retour d’Ariane
SpaceX possède surtout un avantage devenu décisif : ses fusées sont en partie réutilisables. Au lieu de reconstruire...
-
10/08 - Frédéric Worms : "Bien organisé, notre emploi du temps est un instrument contre la panique qui menace le monde"
Le 23 octobre dernier, son intervention lors du colloque de L'Express "Apprendre et se former à l'ère de l'IA" fut très remarquée. Professeur de philosophie à l’Ecole normale supérieure, dont il est actuellement le directeur, Frédéric Worms a récemment publié un nouveau recueil sur Bergson dans Avec Bergson (PUF, 2024), une étude sur La vie, qu’est-ce que ça change ? (Labor et fides, 2024) et un recueil de ses chroniques de philosophie sur France Culture (Le pourquoi du comment, philosophie, France Culture et Flammarion, 2024). Il publiera à la rentrée L’urgence la plus vitale (vie, sciences, justice), qui inaugurera une nouvelle collection d’essais aux Presses Universitaires de France. Ex-membre du Comité consultatif national d'éthique pour les sciences de la vie et de la santé, il apporte son expertise philosophique sur les grandes questions de société. Celle du temps sera l'un des grands enjeux à l'ère de l'IA, explique-t-il à L’Express.
L'Express : Selon vous, l'emploi du temps est le grand défi de notre société à l'heure de l'IA. Pourquoi ?
Frédéric Worms : Oui, l’emploi du temps ! Chacun sait qu’il est nécessaire d’organiser le temps, que c’est vital et social : ainsi à chaque rentrée scolaire, ces cases dans les carnets des élèves ! Mais ce qui est important c’est de tout y mettre : toutes les disciplines, et même le repos, le loisir, le sport, la culture, l’amitié, la famille, la vie sociale. Et que chaque moment soit complet dans sa "case" apparemment limitée...
-
10/08 - Le Hezbollah à court d’argent ? La guerre financière menée par Israël et les Etats-Unis
En mars, lorsque Israël a lancé sa dernière offensive contre le Hezbollah, elle a commencé par cibler les banques. Ses avions de chasse ont frappé plus d’une douzaine d’agences. Toutes appartenaient à Al-Qard al-Hassan, une institution financière obscure, accusée de servir de banque à la milice islamiste de longue date. Puis, ce fut au tour des bureaux de change. Cette fois encore, liés au Hezbollah : l'Iran les utilisait pour acheminer des fonds à son proxy libanais. Plus étonnant encore, si les dépôts d’armes et les centres de commandement souterrains du groupe armé ont été épargnés par les premières frappes, des bombardements ont été observés sur des stations-service dont le Hezbollah tirait des revenus. Enième preuve que, dans ce conflit, Israël espère anéantir financièrement son ennemi, révèle le New York Times.
Et selon des documents consultés par le quotidien américain, cette stratégie semble porter ses fruits : le groupe islamiste traverse sa plus grave crise financière depuis plusieurs années. Une pression sur les institutions libanaises
Car cette nouvelle offensive a fini d'enfoncer le clou d'une longue période de difficultés. Sachant l'organisation déjà affaiblie par le conflit précédent, commencé fin 2023, Israël et Washington ont coordonné leurs eff
-
10/08 - Le soir où Julie Gayet a failli découvrir le plan secret d’Emmanuel Macron
Il y a la grande histoire, celle qu’a écrite la Ve République. Et il y a les petites histoires, ces secrets qui n’ont l’air de rien mais qui contribuent souvent de manière décisive aux résultats finaux. L’Express a choisi de raconter, en ce dernier été avant la grande bataille de 2027, ces épisodes méconnus des campagnes passées, de cette table qui ne se retrouve pas par hasard au débat de l’entre-deux-tours entre François Mitterrand et Jacques Chirac en 1988 jusqu’au placard qu’ouvre fortuitement François Hollande pour y faire une drôle de découverte sur Emmanuel Macron...
EPISODE 1 - Présidentielle 1988 : la table de François Mitterrand qui fit vaciller Jacques Chirac
EPISODE 2 - Le parking de Jacques Chirac : ces réunions clandestines qui ont changé la présidentielle de 1995
EPISODE 3 - Nicolas Sarkozy : le drapeau bleu-blanc-rouge qui bouscula la campagne de 2007
Dans le doute, mieux vaut être attentifs aux signes. François Hollande l'a appris à ses dépens. Est-ce à l'automne 2015 ? Peut-être à l'hiver ? Qui sait, début 2016 ? Qu'importe. Même si certains protagonistes de l'histoire peinent à replacer précisément l'anecdote dans la chronologie de l'ascension d'Emmanuel Macron, la toile de fond reste la même : à cette époque, le ministre de l'Economie, en place depuis un peu plus d'un an, a déjà la bougeotte. Même s'il n'évoque jamais publiquement ses ambitions, dans l'ombre, d'enthousiastes compagnons - Stanislas Guérini, Cédric O, Ismaël Emelien, Benjamin...
-
10/08 - Chine : le petit commerce des grandes purges de Xi Jinping
Xi Jinping a fait de la lutte anticorruption l’une des grandes affaires de son règne. Certains fonctionnaires en ont fait une petite affaire commerciale. Selon le Wall Street Journal, des responsables chinois transmettent clandestinement des informations sur les prochaines victimes des purges anticorruption du gouvernement chinois. Les noms ne sont pas toujours écrits : une photo, un curriculum vitae, un homophone ou un emoji peuvent suffire. Celui qui sait avant les autres quel responsable va tomber peut vendre l’information, protéger un proche, déplacer de l’argent ou spéculer sur une entreprise exposée.
Depuis l’arrivée de Xi Jinping au pouvoir, en 2012, la Chine mène une campagne anticorruption d’une ampleur considérable : plus de sept millions de personnes ont été sanctionnées pour des manquements allant des pots-de-vin à la divulgation de secrets. L’an dernier, 983 000 personnes ont encore été disciplinées, un record, selon le Wall Street Journal. Ces enquêtes se déroulent dans un grand secret, mais leurs conséquences peuvent être immédiates. Un responsable averti peut faire disparaître des preuves, déplacer des fonds ou tenter de fuir. Des cadres peuvent se positionner sur un poste bientôt vacant. Des investisseurs, eux, peuvent vendre à découvert les actions d’une entreprise susceptible d’être touchée par l’arrestation d’un dirigeant. Le renseignement à 100 euros
D’après Banyuetan, un magazine de l’agence officielle Chine nouvelle, cité par le Wall Street...
-
10/08 - A7, la "banque fantôme" de la Russie pour contourner les sanctions occidentales
Lorsque les banques et entreprises russes ont été frappées par les sanctions occidentales après l'invasion de l'Ukraine, Moscou a rapidement entrepris de trouver des voies de contournement pour continuer à alimenter son économie de guerre. Parmi elles : A7 - une plateforme de paiements transfrontaliers, lancée à Moscou fin 2024. En quelques mois, cette société est devenue une pièce maîtresse de l'écosystème financier russe parallèle. Selon les chiffres de l'entreprise, cette dernière traiterait désormais près de 20 % des paiements liés au commerce extérieur russe, soit plus de 100 milliards de dollars par an.
Des chiffres difficiles à vérifier indépendamment, mais qui donnent un indice sur l'ampleur du projet. Selon une récente enquête du Wall Street Journal, A7 permet entre autres à des entreprises russes de payer des fournisseurs étrangers pour des pièces de drones, des voitures ou encore des produits alimentaires, en contournant les sanctions occidentales. Des achats réalisés grâce à une combinaison de transactions en cryptomonnaie et de méthodes bancaires plus traditionnelles.Escroc en fuite
Derrière cette entreprise de la fintech russe se trouve un duo pour le moins atypique : l'oligarque moldave Ilan Shor, en fuite pour fraude et blanchiment d'argent, et la banque publique russe Promsvyazbank (PSB) - l'un des principaux établissements financiers finançant le complexe militaro-industriel russe. La banque, qui fait elle-même l'objet de sanctions occidentales, détient...
-
10/08 - La "route de la soie des glaces" : la nouvelle voie maritime de la Chine vers l’Europe
Quarante jours pour rejoindre l’Europe ? C’est beaucoup trop selon Pékin. Pour acheminer des conteneurs de Ningbo, sur la côte Est de la Chine, jusqu’à Felixstowe, au Royaume-Uni, la compagnie chinoise Sea Legend veut désormais passer par l’Arctique. Une liaison hebdomadaire doit emprunter la route maritime du Nord, qui longe les côtes russes, et réduire presque de moitié la durée habituelle du trajet entre les deux ports lorsque l'état des glaces le permet, passant de quarante jours à vingt environ. Une première pour un service régulier de porte-conteneurs entre l’Extrême-Orient et l’Europe.
Pourquoi vouloir gagner autant de temps ? Le trajet classique descend loin avant de remonter : depuis la Chine, les navires traversent généralement le détroit de Malacca, puis l’océan Indien, entrent dans la mer Rouge par Bab el-Mandeb et passent enfin le canal de Suez pour rejoindre l’Europe. Par le Nord, une bonne partie de ce détour disparaît. La distance ne suffit pourtant pas à expliquer le regain d’intérêt. Il faut ajouter un deuxième élément : les passages traditionnels du commerce maritime mondial sont devenus plus compliqués à emprunter. Le raccourci arrive au bon moment
Pour les armateurs, l'Arctique permet surtout d’éviter certains principaux "chokepoints", ces passages étroits par lesquels transite une large part du commerce maritime mondial. Le détroit de Bab el-Mandeb, porte d'entrée de la mer Rouge, reste notamment exposé aux attaques des houthistes. Rahul Khanna,...
-
10/08 - Chimie du bâtiment : l’ascension sous surveillance de l’italien Mapei
Rien ne semble pouvoir altérer le sourire confiant de Veronica Squinzi. Mi-juin, sous la somptueuse fresque du réfectoire, au musée des sciences et technologies milanais Léonard de Vinci, la patronne de Mapei, vêtue d'un élégant ensemble vert fougère, jubile. Son entreprise vient de recevoir le prix Léonard de Vinci - remis chaque année par l’association des Hénokiens, regroupant des entreprises familiales bicentenaires, et par le Château du Clos Lucé, dernière demeure du peintre. Un mois plus tard, c'est la douche froide. Alors qu'il s'apprête à dévoiler ses résultats annuels, Mapei se fait épingler, aux côtés d'une poignée de concurrents, dans un communiqué de la Commission européenne. En cause, une suspicion d'entente sur les prix de produits chimiques pour le ciment, le béton et le mortier dans trois pays européens. L'allégation a été immédiatement démentie par le groupe italien. Mais elle écorne l'image qu'il cultive depuis ses débuts.
Son histoire commence en 1937, lorsque Rodolfo Squinzi, peintre en bâtiment, fonde Mapei - acronyme italien de "matériaux auxiliaires pour le bâtiment et l’industrie". Avec ses sept employés, l’entreprise se spécialise d’abord dans la fabrication de peinture, mais ne tarde pas à élargir son horizon. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Milan, défigurée par les bombardements, doit panser ses plaies. Les besoins en reconstruction sont immenses. Chez Mapei, les commandes explosent.
Trois décennies plus tard, son fils Giorgio,...
-
10/08 - Midterms 2026 : les Etats où tout pourrait se jouer, les candidats à ne pas quitter des yeux
Pour un président américain, les élections de mi-mandat (aussi appelées midterms) sont souvent un moment redouté. C'est certainement le cas pour Donald Trump, qui s'apprête à entamer la seconde partie de son mandat. Pour l'heure, le président américain dispose encore d'une majorité confortable dans les deux chambres du Congrès : 53 sièges sur 100 au Sénat et 218 sièges sur 435 à la Chambre des représentants. Mais les élections du 3 novembre prochain pourraient complètement rebattre les cartes. S'il perd une des deux chambres, il lui sera beaucoup moins aisé de faire adopter certaines lois... Et s'il perd le Sénat, les démocrates pourraient s'opposer systématiquement à toutes ses propositions de nominations aux postes d'ambassadeur, de ministre ou même de juge à la Cour suprême.
En vertu de la loi constitutionnelle américaine, la totalité de la Chambre sera renouvelée, comme c'est l'usage tous les deux ans, ainsi qu'environ un tiers des sièges sénatoriaux. Parmi eux, 13 sont détenus par des démocrates et 22 par des républicains. Un rapport de force défavorable aux alliés de Donald Trump, donc. En y regardant de plus près, la majorité de ces 22 sénateurs est élue dans des Etats conservateurs où le Parti républicain semble indétrônable, mais les démocrates possèdent tout de même une fenêtre de tir. Il leur suffirait de retourner quatre sièges pour récupérer la majorité au Sénat et affaiblir le camp présidentiel.
George W. Bush et Barack Obama avaient tous les deux fait les...
-
10/08 - "On ne commande pas avec les muscles" : le jour où le capitaine Nicolas Brault a dû revoir sa façon de diriger
Le management, c'est une affaire de personnalité, de tempo. De décisions aussi évidemment. C'est pourquoi L'Express lance un nouveau podcast hebdomadaire dont l'objet est de passer à la moulinette une décision prise par un chef d'entreprise, un dirigeant politique, ou une figure de la société civile. Dans ce troisième épisode, le capitaine Nicolas Brault nous raconte ce qui l'a conduit un jour à prendre un virage professionnel à 180 degrés : quitter son poste de professeur d'histoire en Seine-Saint-Denis pour s’engager à Saint-Cyr, au service des armes de la France.
L'intégralité de cet épisode est à retrouver sur Apple Podcasts, Spotify, Deezer, Castbox ou encore Podcast Addict.
L'Express : Vous le racontez dans votre livre Donner l’ordre ne suffit pas (Michel Lafon, 2026) : vous vous destiniez à une carrière dans l’Éducation nationale… Jusqu’à cette nuit du 13 novembre 2015, celle des attentats de Paris. À partir de là, l’engagement militaire devient, pour vous, le seul qui ne paraît plus dérisoire. Que se passe-t-il alors dans votre esprit pour provoquer un tel basculement ?
Nicolas Brault : Le 13 novembre 2015, j’étais à Saint-Cyr, en stage, dans le cadre d’un double diplôme avec Sciences Po. Ce soir-là devait être la veille d’une cérémonie d’adoubement, ce rituel millénaire qui caractérise les chevaliers et les officiers en Occident depuis le Moyen Âge. Je repassais ma chemise pour préparer le défilé, la grande tenue. Et puis nous avons appris la nouvelle. Le...
-
09/08 - "Ce temps libéré, on le donne à Mark Zuckerberg" : à quoi serviront les heures gagnées grâce à l’IA ?
Rarement une avancée technologique aura autant promis de nous faire gagner du temps. Si le débat sur l'intelligence artificielle se focalise souvent sur la prouesse technique, les transformations du marché du travail ou les performances de ces nouveaux outils, il soulève pourtant un autre défi, largement sous-estimé : notre rapport au temps. Mais derrière les prouesses de ces nouveaux assistants intelligents, la promesse est-elle tenue ? L'IA inaugure-t-elle enfin l'ère du temps libre ? Du temps gagné...
Les études convergent sur un point : l'intelligence artificielle permet bien de grappiller quelques heures, au travail comme dans la sphère privée. Par exemple, l'édition 2024 de l'enquête annuelle Workforce of the Future du groupe Adecco évoque une heure de travail en moyenne économisée par jour. La même année, une autre étude, expérimentale, menée par Microsoft en collaboration avec des chercheurs de la Harvard Business School indiquait que les utilisateurs réguliers de Microsoft 365 Copilot consacrent 31 % de temps en moins à leur boîte de réception, soit environ 3,6 heures libérées chaque semaine. Une enquête menée par SAP en 2025 révèle par ailleurs que 58 % des répondants déclarent gagner du temps grâce à l'IA, pour un gain moyen de cinquante-deux minutes par jour, principalement grâce à l'automatisation de certaines tâches. Enfin, une étude de la London School of Economics (LSE), publiée en 2025 évalue, quant à elle, à 7,5 heures de travail par semaine le temps...
-
09/08 - Todd Blanche, le nouveau ministre de la Justice "le plus controversé du cabinet Trump"
Le républicain et proche de Donald Trump, Todd Blanche, a été confirmé samedi 8 août comme nouveau ministre de la Justice des États-Unis, au terme d’un vote serré au Sénat. Trois républicains qui avaient initialement exprimé leurs réserves quant à son indépendance — John Cornyn, Thom Tillis et Bill Cassidy — ont finalement voté en sa faveur, estimant que son accès privilégié à Donald Trump pouvait lui permettre de contenir les décisions les plus controversées du président. Une confiance paradoxale, puisque Todd Blanche défend lui-même une conception particulièrement étendue du pouvoir présidentiel.
Ancien avocat pénal de Donald Trump, Todd Blanche est devenu l’un de ses plus proches alliés. Depuis sa prise de fonctions comme ministre de la Justice par intérim en avril, il a affirmé à plusieurs reprises que le président américain dispose du "droit" et du "devoir" d’ordonner des enquêtes visant les personnes qu’il souhaite cibler. Interrogé sur l’indépendance du ministère de la Justice vis-à-vis de la Maison-Blanche lors de son audition de confirmation, il a répondu que "l’article II de la Constitution donne le pouvoir exécutif au président Trump".
Alors que les doutes sur son indépendance se sont multipliés et ont failli faire échouer sa nomination, l’arrivée de Todd Blanche au gouvernement pourrait bien constituer, pour l’agence Reuters, l’une des "nominations les plus controversées du cabinet de Donald Trump au cours de son second mandat"."Le champion du pouvoir...
-
09/08 - "Docteur" Egisto Ott, la taupe de Vladimir Poutine au cœur de l’espionnage autrichien
Tout a commencé par un naufrage. En juillet 2017, le cabinet du ministre de l’Intérieur autrichien, Wolfgang Sobotka (ÖVP, droite parlementaire), organise une sortie en canoë sur le Danube. Une embarcation chavire, les téléphones de Michael Takacs, futur directeur général de la police, du chef de cabinet et d’un troisième conseiller tombent à l’eau. Ils sont confiés à un informaticien du BVT, le renseignement intérieur. Cinq ans plus tard, en juin 2022, les trois appareils refont surface… à Moscou, selon des messages interceptés par des enquêteurs britanniques, en 2023. Au cœur du scandale, Egisto Ott, un agent secret autrichien, très fortement soupçonné d’être une taupe du Kremlin, le dernier maillon d’une "cellule" dédiée à l’espionnage et aux assassinats, peut-être la plus importante de Moscou en Europe.
Janvier 2026 à la cour d’assises de Vienne. Egisto Ott, 64 ans, comparait. Verbe haut, mâchoire carrée et tenue entièrement noire. Outre l’affaire des smartphones, qu’il reconnaît avoir eu en sa possession mais qu’il aurait détruits, on l’accuse d’avoir récupéré des informations secrètes sur des dissidents russes pour le compte du renseignement de Moscou. Une note sur la meilleure méthode pour réussir des assassinats ciblés à l’étranger a même été retrouvée dans son ordinateur. Ott alias le "Dottore", le docteur en italien, comme il était surnommé au BVT en raison de ses origines transalpines, plaide de simples "infractions administratives". Il parle de "complot" et...
-
09/08 - Détroit d’Ormuz : l’Iran durcit le ton et pose ses conditions pour rouvrir la voie maritime
L'Iran a déclaré dimanche 9 août qu'un accord avec Oman définissant de nouvelles voies de navigation dans le détroit d'Ormuz était dans sa phase finale... Juste après avoir listé publiquement les conditions, drastiques, que les Etats-Unis devront respecter pour espérer le déblocage du passage stratégique dont la fermeture bouscule une fois encore l'approvisionnement mondial en pétrole. "Tant que les États-Unis ne changeront pas de comportement, le détroit d'Ormuz restera fermé", a averti samedi le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, Mohammad Bagher Zolghadr, avant de détailler ces conditions.
Cette route maritime stratégique est"désormais en réalité un théâtre de guerre pour nous et pas seulement une voie navigable", a ajouté le porte-parole de la force armée iranienne. Des déclarations qui tranchent avec les progrès annoncés ces derniers jours dans les discussions par le sultanat d'Oman.Longue liste de conditions iraniennes
En tête des mesures énumérées figure la levée du blocus imposé par les Etats-Unis sur les ports iraniens. L'Iran exige aussi que Washington "mette fin définitivement à la guerre et à l'agression", et réclame la levée des sanctions américaines, la libération de ses avoirs gelés et "l'indemnisation intégrale" des dommages causés par la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne contre l'Iran.
Téhéran refuse par ailleurs de revenir au fonctionnement d’avant-guerre sur le statut de cette voie...
-
09/08 - Gaza : Benyamin Netanyahou rejette le plan de Donald Trump et exige le désarmement total du Hamas
Israël a rejeté le plan en 15 points du "Conseil de la paix" du président américain Donald Trump pour Gaza et ne se retirera pas du territoire tant que le Hamas ne se sera pas "véritablement" désarmé, a déclaré dimanche le Premier ministre Benyamin Netanyahou, qui fait face en Israël à une forte contestation de ses alliés d'extrême droite. Donald Trump avait déclaré fin juillet que des pourparlers organisés au Caire entre des médiateurs et des responsables du Hamas avaient permis d'aboutir à un accord de désarmement progressif des groupes armés palestiniens dans la bande de Gaza.
Le président américain avait présenté cela comme une avancée décisive dans son plan visant à mettre fin à la guerre entre les deux parties, auquel Israël et le Hamas avaient tous deux donné leur accord l'année dernière et qui avait débuté par un cessez-le-feu.
Israël a continué à mener des frappes sur Gaza après avoir accepté le cessez-le-feu en octobre dernier. Au moins 1 230 Palestiniens ont depuis été tués lors de ces frappes.
Le Hamas, le groupe derrière l'attaque du 7 octobre 2023 contre Israël - qui a déclenché les violentes représailles de l'Etat hébreu contre Gaza - a dit à Reuters vouloir s'en tenir à la feuille de route convenue avec les médiateurs il y a 10 jours, qui lie son désarmement à un retrait progressif des troupes israéliennes. Basem Naim, un responsable du groupe, a ajouté s'attendre à ce que ces médiateurs ainsi que les Etats-Unis fassent pression sur Israël "afin qu'ils...
-
09/08 - Gaz : les réserves européennes au plus bas, l’hiver s’annonce à haut risque
L’Europe n’avait pas abordé un hiver avec des réserves de gaz aussi basses depuis 2009. Alors que l’été devrait permettre de reconstituer les stocks européens, ceux-ci sont actuellement remplis à environ 57 % seulement de leurs capacités, contre 74 % en moyenne à cette époque ces cinq dernières années. L’Union européenne impose normalement un remplissage à 90 % avant l’hiver, mais a abaissé cette cible à 80 % après le début de la guerre en Iran. Dans ces conditions déjà mauvaises, une prolongation de la guerre avec l’Iran fait craindre aux nations européennes une nouvelle flambée des prix dans les mois à venir, voire des pénuries en cas de basses températures.Inquiétudes pour l’Allemagne
L’Allemagne concentre une grande partie des inquiétudes. Premier consommateur de gaz de l’UE, le pays n’a rempli ses réserves qu’à 47 % de ses capacités en août, selon le média américain Politico. Des niveaux "historiquement bas", selon Sebastian Heinermann, directeur de l’association allemande des stockages de gaz INES, qui s’exprime auprès du journal. Or, ses installations représentent plus de 20 % des capacités de stockage européennes, ce qui signifie qu’un manque de gaz outre-Rhin pourrait faire grimper les prix dans toute l’Europe. Car Berlin est en théorie tenu de fournir une aide gazière d’urgence, notamment à l’Autriche, la Suisse, l’Italie et le Danemark, en cas de pénurie.
Pour l’heure, Berlin refuse d’intervenir directement auprès de ses entreprises énergétiques publiques SEFE...
-
09/08 - Ebola en RDC : une épidémie hors de contrôle dans l’est du pays, l’aide internationale est à la traîne
"L’épidémie d’Ebola ne montre aucun signe de ralentissement." La dure réalité a été établie le 5 août par la directrice médicale adjointe de Médecins sans frontières (MSF), lors de la visite officielle du directeur général de l’Organisation mondiale de la santé à l’est de la République démocratique du Congo. Deux mois et demi après la déclaration de cette épidémie, le 15 mai, elle est devenue la deuxième plus importante jamais enregistrée, avec une vitesse de propagation jamais observée auparavant. Selon les derniers chiffres du gouvernement congolais et de l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), on compte désormais 1 850 morts de la maladie, parmi environ 4 000 cas. Le taux de létalité dépasse les 40 %.
Le virus responsable, le Bundibugyo, a déjà tué plus de cinq fois plus de personnes que lors des précédentes flambées de cette souche sur une période comparable, selon les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (Africa CDC). Lors de la précédente grande épidémie en RDC, commencée en 2018 et achevée en 2020, il avait fallu plus de dix mois pour atteindre un bilan similaire. "Je ne suis pas en mesure de vous dire que nous contrôlons totalement cette épidémie aujourd’hui", a reconnu à la fin du mois de juillet Jean Kaseya, directeur général de l’Africa CDC.Un contexte extrêmement violent qui complique le suivi des cas
Plusieurs facteurs sont responsables de cette progression sans précédent. D’abord, un retard dans la détection de l’apparition du...
-
09/08 - "Hors de question qu’on me soupçonne d’écrire avec ChatGPT" : la chasse au tiret cadratin, anatomie d’une psychose collective
"Les formes — et celle aussi du petit coquillage de pâtisserie, si grassement sensuel, sous son plissage sévère et dévot — s’étaient abolies, ou, ensommeillées, avaient perdu la force d’expansion qui leur eût permis de rejoindre la conscience". Pour un lecteur du siècle dernier, cette phrase au parfum de madeleine eut dans le pire des cas décroché un bâillement. En 2026, il est probable que cet extrait signé Marcel Proust, auteur de la monumentale A la recherche du temps perdu (1913-1927), suscite chez certains un rictus accusateur.
Oubliée, la controverse de la "virgule d’Oxford", qui divise les grammairiens depuis plus d’un siècle sur l’usage du signe de ponctuation avant le dernier "et" ou "ou" d’une liste. Au point d’avoir inspiré au groupe Vampire Weekend une chanson intitulée Oxford Comma en 2008. Et de coûter à une compagnie laitière américaine la modique somme de cinq millions de dollars, un tribunal ayant jugé que l’absence de ladite virgule dans un texte de loi le rendait trop ambigu pour priver ses chauffeurs d’indemnités pour leurs heures supplémentaires. L’époque s’est trouvé une nouvelle obsession : le tiret cadratin. Car désormais, celui-ci n’est plus seulement perçu comme la marque de fabrique d’un Marcel Proust, mais comme celle de l’intelligence artificielle.Méfiance légitime
Ici, un internaute mu en détective, alertant sur l’usage "suspect" du symbole par un créateur de contenu. Là, une marque de fast fashion, Pretty Little Thing, moquée sur ses...
-
09/08 - Comment les lingots belges ont servi de monnaie d’échange entre Vichy et les nazis
L'invasion de la Pologne par Hitler le 1er septembre 1939, puis Staline le 17 septembre, plonge l’Europe – et bientôt le monde – dans un conflit sanglant. Pris de court par l’avancée irrésistible de la Wehrmacht, les gouvernements des pays vaincus s’efforcent de sauver en urgence ce qui peut l’être : leurs réserves d’or, convoitées par le Reich pour financer sa colossale machine de guerre. Une chasse au trésor haletante où le sens du devoir de quelques hommes, servis par une bonne dose de chance, a empêché les nazis de faire main basse sur une fortune qui aurait pu changer le cours de l’Histoire.
Dans cette série de L’Express en cinq épisodes, François Valentin, consultant à London Politica, retrace l’incroyable destinée de l’or français, belge et polonais, entre le fracas des bombes et les conversations feutrées des chancelleries.
Episode 1 > "Avez-vous des chambres fortes ?"
Episode 2 > Dans l'enfer des bombes et de la paperasse
Episode 3 > Des lingots transportés à la main, l’intervention de Roosevelt
Episode 4 > Comment la Pologne a sauvé son or des griffes d'Hitler1940, Bruxelles
Alors que la guerre gronde en Europe, les trois capitales les mieux pourvues en or du Vieux Continent s’appellent Paris, Londres et… Bruxelles ! Depuis 1920, la Belgique a vu ses réserves grimper de 70 à plus de 600 tonnes, le résultat combiné de la fuite des capitaux en France après l’arrivée au pouvoir du Front populaire en 1936, mais aussi de la politique monétaire...
-
09/08 - "L’Occident est tombé dans le piège du Kremlin" : le mythe de la grandeur russe dégonflé par Christian Caryl
Les uns voudraient y voir le bastion des valeurs familiales par excellence. Les autres, un modèle de puissance militaire… Une vision occidentale de la Russie largement fantasmée, plaide Christian Caryl, chroniqueur pour le magazine Foreign Policy, ancien chef du bureau de Moscou de Newsweek et auteur de Strange Rebels : 1979 and the Birth of the 21st Century. De Voltaire jusqu’à la droite américaine, en passant par Barack Obama, ce fin connaisseur du pays de Vladimir Poutine retrace l’évolution de cette tendance à idéaliser la "grandeur russe", qu’il rattache à une forme de "racisme inversé". Au passage, Christian Caryl corrige nombre d’idées reçues, en insistant sur la corruption et l’inefficacité du pouvoir russe. Il appelle aussi, pour ne pas tomber dans le piège inverse - sous-estimer Moscou -, à renouer avec le "scepticisme". Entretien.
L’Express : The Economist a récemment suscité la polémique en consacrant sa couverture à Andrey Melnichenko, un oligarque russe pourtant sous sanctions internationales… Vous y voyez le symptôme d’un écueil qui ne concerne pas seulement le magazine britannique : celui d’un Occident tombant dans le piège du "mythe de la grandeur russe". Comment cela ?
Christian Caryl : L’Occident dans son ensemble a toujours eu tendance à idéaliser la Russie. Voltaire, qui était extrêmement critique de ce qu’il percevait comme un fanatisme religieux en France, voulait par exemple voir en la Russie de Catherine II une nouvelle approche de la religion :...
-
08/08 - Incendies en Europe : la facture du réchauffement climatique s’envole
L’Europe brûle sous nos yeux, de la France à l’Espagne, en passant par l’Italie et la Grèce. Mais derrière les images de forêts ravagées et de villages évacués se dessine une autre réalité, moins spectaculaire : celle d’une facture économique qui s’alourdit. "Le réchauffement climatique, et non la politique climatique, nuit aux entreprises", alertait récemment Politico. Les phénomènes extrêmes de cet été en donnent une illustration particulièrement concrète.
La première facture sera celle de la reconstruction. En France, le ministère de la Transition écologique estime que la restauration d’un hectare de forêt incendié peut coûter jusqu’à 10 000 euros. Or, fin juillet, 465 000 hectares avaient déjà brûlé dans l’Union européenne, alors que la saison des incendies était loin d’être terminée. Selon la RTS, près de 500 000 hectares ont été détruits en seulement deux mois en France, en Espagne, au Portugal, en Grèce et en Roumanie. Pour ces cinq pays, et en ne prenant en compte que la restauration des terres, l’Union européenne estime les dommages à près de 2,5 milliards d’euros par an. Le Financial Times estime pour sa part que la facture a d’ores et déjà dépassé trois milliards d’euros.
Mais ces chiffres ne racontent pas tout. Les incendies entraînent aussi des pertes d’activité, des fermetures d’entreprises et des perturbations dans les chaînes de production. En Gironde, particulièrement touchée, des milliers d’entreprises ont dû fermer leurs portes tandis que les touristes...
-
08/08 - Volodymyr Zelensky à Belgrade : la Serbie avance sur une ligne de crête entre Kiev et Moscou
Belgrade soutiendra l'indépendance de l'Ukraine et entend renforcer la coopération économique entre les deux pays, a déclaré samedi le président Aleksandar Vucic, sans toutefois s'engager à imposer des sanctions à la Russie, alliée de longue date de la Serbie. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky effectue une visite de deux jours à Belgrade, qui s'achève samedi. Il s'agit de sa première visite depuis son accession à la présidence en 2019, bien que son épouse Olena Zelenska se soit rendue à Belgrade en 2024.
Aleksandar Vucic, un populiste qui devra faire face à des élections anticipées dans les mois à venir, s’efforce de maintenir un équilibre délicat entre l’aspiration de la Serbie à rejoindre l’Union européenne et ses liens historiques et économiques avec la Russie. Belgrade a condamné l’invasion militaire de l’Ukraine par la Russie en 2022, mais a refusé d’imposer des sanctions à la Russie. La Serbie reste également dépendante de la Russie pour la majeure partie de son approvisionnement en gaz.Intégrité territoriale
Aleksandar Vucic, qui a rencontré Volodymyr Zelensky à plusieurs reprises, la dernière fois à Kiev le 15 juillet, a déclaré que la Serbie continuerait à soutenir l’intégrité territoriale de l’Ukraine, y compris les territoires annexés par la Russie depuis 2014. De son côté, l’Ukraine a refusé de reconnaître l’indépendance du Kosovo en 2008, que Belgrade considère comme faisant partie de la Serbie. "Vous n’avez jamais entendu un seul mot négatif à...
-
08/08 - Pourquoi "Borgen" reste la série politique la plus visionnaire d’Europe
Inspecteur Derrick", "Borgen", "Zora la rousse", "La Casa de papel"… Ces séries cultes ont fait un tabac tout en nous faisant mieux connaître la vie (et les névroses) de nos voisins. Cet été, L’Express vous raconte comment la fiction cathodique a, autant que le marché commun ou la monnaie unique, contribué à la construction européenne.
EPISODE 1 > Derrick, l'inspecteur qui raconte le mieux les névroses de l'Allemagne
EPISODE 2 > La Casa de papel : comment Netflix a braqué le monde avec une série ratée
EPISODE 3 > Zora la rousse, l’utopie communiste à l’heure du goûter
EPISODE 4 > "Sous le soleil", la série française qui a conquis le monde et fâché le patronat russe
Des agents de la CIA, bottes enfoncées dans la neige, escortant des prisonniers sur une base au Groenland. Destination : une prison américaine. La scène n'est pas le résultat d'une prise de décision de Donald Trump. Elle est tirée de la première saison de Borgen, feuilleton politique décrivant les affres du pouvoir danois. Au fil de l'épisode, l'affaire s'ébruite, le scandale éclate. Les autorités locales groenlandaises s'indignent de ne pas avoir été mises au courant. Le Danemark, pourtant très proche du grand frère américain, se prend à rêver d'un peu plus d'indépendance - nous sommes encore en 2010, et le terme "autonomie stratégique" n'a pas encore infusé le Zeitgeist.
Douze ans plus tard, l'histoire se répète : la saison 4, diffusée sur Netflix, met en scène un conflit entre la capitale...
-
08/08 - Guerre en Ukraine : comment la Russie exploite les failles de la défense antiaérienne de Kiev
La Russie a trouvé dans une faiblesse persistante de la défense ukrainienne un moyen de rendre ses frappes particulièrement meurtrières : le manque d’intercepteurs capables d’abattre les missiles balistiques. En combinant ces projectiles très rapides avec des missiles de croisière et des drones, Moscou cherche à saturer les défenses ukrainiennes et à réduire leur capacité à protéger les grandes villes. Une stratégie qui laisse aux systèmes de défense un temps parfois extrêmement court pour réagir.
Dans la nuit du 4 au 5 août, Kiev et sa région en ont une nouvelle fois fait les frais. Une vaste salve russe a tué 17 personnes et en a blessé 44 autres, selon le président Volodymyr Zelensky. Quelques semaines plus tôt, dans la nuit du 30 juin, une offensive avait donné la mesure de cette stratégie : quatre missiles antinavires, neuf missiles balistiques, 61 missiles de croisière et près de 300 drones avaient été lancés contre des objectifs répartis à travers l’Ukraine.
Cette combinaison complique la tâche des défenseurs. Les drones, relativement lents et peu coûteux, sont nombreux et peuvent être lancés en masse. La Russie produit notamment le Geran-2, une version du Shahed de conception iranienne, qu’elle a perfectionnée avec des turboréacteurs et des drones leurres. L’Ukraine a développé une défense multicouche contre ces appareils, souligne CNN. Or, souligne la chaîne américaine, les missiles de croisière représentent une menace différente. Ils peuvent voler à très basse...
-
08/08 - Donald Trump dans le viseur : les démocrates préparent une vaste offensive au Congrès en vue d’une procédure de destitution
Les démocrates de la Chambre des représentants américaine, qui se préparent à un éventuel retour au pouvoir, élaborent actuellement une vaste stratégie d’enquête visant les entreprises et les sociétés financières proches du président Donald Trump, plutôt que de tenter de le destituer immédiatement, selon quatre personnes proches des discussions.
Des responsables démocrates de la Chambre des représentants des États-Unis et des collaborateurs des commissions ont évoqué le recours à des auditions, des citations à comparaître et des demandes de documents pour obtenir des informations auprès d’entités liées à l’entourage politique et commercial de Donald Trump, ont indiqué ces sources. Ils parient ainsi que mener des enquêtes sur des entreprises privées et des acteurs financiers extérieurs s’avérera plus fructueux que de s’opposer directement à une Maison-Blanche dont ils s’attendent à ce qu’elle résiste à tout contrôle, ont-ils ajouté.
Cette approche reflète à la fois la prudence des démocrates et une leçon que beaucoup au sein du parti disent avoir tirée du premier mandat de Donald Trump : les procédures de destitution peuvent accaparer le Congrès tout en permettant au président de se présenter comme la victime d’une campagne partisane. Au lieu de cela, les démocrates impliqués dans la planification envisagent d’utiliser les pouvoirs d’enquête de la Chambre après les élections de mi-mandat de novembre pour passer au crible le processus décisionnel de l’administration et...
-
08/08 - A l’ère de l’IA, la fragile position des traducteurs dans un marché en plein boom
"Peux-tu traduire le mot portugais saudade et le mot russe toska mieux qu’un traducteur professionnel ?" C'est la question que nous avons posée à trois modèles d’IA : Gemini, Claude et ChatGPT. Ces termes n’ont pas été choisis au hasard. L’un évoque une forme de vague à l'âme, l’autre un ennui mêlé à la tristesse, mais tous deux font partie de ces intraduisibles, sans équivalent direct en français, sur lesquels ont planché des générations de traducteurs. Les modèles de Google et Anthropic ont répondu à notre question par la négative, tandis que le produit phare d'OpenAI s'est montré plus confiant. Quant à la question, un brin plus provocante, de savoir s’ils allaient un jour entièrement remplacer la traduction humaine, les trois modèles ont été unanimes : le scénario reste peu probable.
Une modestie qui ne suffit pas à rassurer les professionnels du secteur. Car les signaux d’alarme se succèdent. D’abord une étude de Microsoft, en 2025, qui plaçait les traducteurs et interprètes en tête de liste des professions les plus menacées par l’IA. Puis, une déclaration du chancelier allemand, Friedrich Merz, prédisant qu’"un jour, nous n’aurons plus besoin d’interprètes".
En 2024, déjà, plus de trois quarts des traducteurs sondés par l’association britannique Society of Authors anticipaient un impact négatif de l'IA sur leurs revenus futurs. Des craintes qui semblent déjà se confirmer. "On constate à la fois une baisse de la demande pour les services des traducteurs...
-
08/08 - Face à l’Iran, l’Arabie saoudite, le Pakistan et la Turquie renforcent leur coopération militaire
"Vers un nouvel ordre régional ?" se demande le média Al-Jazeera. À La Mecque, l’Arabie saoudite a franchi, vendredi 7 août, une nouvelle étape dans sa stratégie de sécurité. Le prince héritier Mohammed ben Salmane a reçu le président turc Recep Tayyip Erdogan et le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, avec lesquels il a signé un accord de défense conjoint. Un pacte présenté comme une alliance de défense collective, selon lequel un assaut armé contre l’un des trois pays "sera considéré comme une attaque contre tous". Foreign Policy évoque, lui, un pacte régional sur le modèle de l’OTAN, consolidant la puissance et l'influence de trois poids lourds régionaux.
"L’accord vise à renforcer la dissuasion collective contre tout acte d’agression et stipule que toute attaque armée contre l’un des trois États sera considérée comme une attaque contre eux tous", a précisé le ministère pakistanais des Affaires étrangères. Mais derrière cette formulation, le message adressé à l’Iran paraît difficile à ignorer. Pour certains analystes, cette union constitue "une tentative visant à établir un rempart contre de futures attaques iraniennes", note The Wall Street Journal, repris par Courrier International.
La portée exacte de cet engagement reste toutefois floue. Si le principe d’une attaque contre l’un considérée comme une agression contre les trois est clairement posé, l’accord ne précise pas les obligations de chacun en cas de conflit. Un responsable turc, cité par Reuters, a...
-
08/08 - Exposition : à Martigues, Ernest Pignon-Ernest ou l’art de l’apparition
Chez lui, quelques feuilles de papier, un fusain et une façade suffisent à transformer un coin de rue en théâtre de la mémoire, un passant en témoin. "Je viens inscrire un élément de fiction dans le réel, pour faire du lieu un espace plastique..." Cette profession de foi irrigue l’œuvre d’Ernest Pignon-Ernest déployée cet été sur deux scènes complémentaires en Provence : tandis qu’à Carpentras, l'Inguimbertine plonge dans les Ombres de Naples, une exposition consacrée aux réalisations italiennes de l’artiste entre 1988 et 2015, le musée Ziem de Martigues lui offre une carte blanche, qui retrace près de soixante ans de création.
Né à Nice en 1942, il est considéré comme l'un des précurseurs de l'art urbain en France, chez lequel le recours à l'espace public procède d'abord d'un engagement. Dès 1966, en réaction à l'implantation de la force de frappe nucléaire sur le plateau d'Albion, il mène sa première action artistique à l’air libre en pochant sur des façades de sa région natale la silhouette fantomatique extraite d'une photographie prise à Hiroshima après le bombardement atomique. Même si, par la suite, il délaissera cette technique au profit du collage, tout son langage plastique est déjà contenu dans cette image : faire dialoguer une figure avec son environnement, convoquer le passé dans le présent, transformer un décor quotidien en support de réflexion. Ernest Pignon-Ernest, "Parcours Haïti", 2019.
Cette intuition traverse tout le parcours martégal : le dessin y est...
-
08/08 - Les plages du Débarquement à l’Unesco : dans les coulisses d’une bataille de vingt ans
Jusqu’à la dernière minute, Hervé Morin n’a pas voulu y croire. Ce dimanche 26 juillet 2026, dans la salle pleine à craquer du centre des Congrès de Busan, en Corée du Sud, le président de la région Normandie attend patiemment la désignation des 25 nouveaux sites inscrits au patrimoine mondial de l'Unesco. Au terme de cette 48e session, le président du Comité liste un à un les lauréats : l’ancien site bouddhiste de Sarnath, en Inde, le paysage migratoire de Boma-Badingilo, au Soudan du Sud, les forêts de Gola-Tiwai, en Sierra Leone… Et, finalement, les plages du Débarquement de Normandie, reconnues au titre du critère VI de la Convention du patrimoine mondial comme étant "associées à un événement ayant une signification universelle exceptionnelle". Hervé Morin et ses équipes peuvent enfin souffler : cette inscription est l’aboutissement d’un travail de fourmi mené depuis plus de vingt ans, et qui a connu de multiples rebondissements.
Dès le 22 juin 2006, deux ans après le 60e anniversaire du Débarquement, le Conseil régional de Basse-Normandie - alors présidé par Philippe Duron - délibère très officiellement afin de se lancer dans l’aventure Unesco, et vote à l’unanimité le "principe d’engager une démarche de demande de classement" auprès de l’institution. "Il y a eu à l’époque une vraie volonté de réfléchir sur la transmission de la mémoire, et la meilleure manière de préserver ces sites. Mais nous ne savions pas que cela prendrait tant de temps !", témoigne Laurent...
-
08/08 - En Finlande, la folle histoire du chasseur d’espions russes qui avait gagné 61 millions d’euros au loto
Quelques millions d’euros pour occuper intelligemment sa retraite. En 2014, Veikko Palko, un talentueux chasseur d’espions finlandais, dont la carrière avait pris fin en 1999, a repris du service en gagnant à l’Eurojackpot. Les 61 millions d'euros remportés grâce à cette loterie européenne lui ont permis de mettre en place un stratagème utile au Supo, le service de renseignement intérieur finlandais. L'occasion de renouer avec sa grande spécialité : la détection d’agents illégaux infiltrés, essentiellement russes.
Jusqu’à son décès en 2024, à 83 ans, Veikko Palko a financé en douce les activités de contre-espionnage de son pays. L’affaire, mise en lumière fin 2025 par le quotidien Helsingin Sanomat, a fait les gros titres des médias finlandais. Une fondation mise sur pied par ses soins distribuait des bourses d’études aux professionnels du renseignement. Une partie de la somme a également été injectée dans l’achat de matériel destiné à des opérations de contre-espionnage.
Un mélange des genres jugé "regrettable" par Juha Martelius, qui dirige aujourd'hui le Supo. Son prédécesseur, Antti Pelttari, a été interpellé par la police dans le cadre d’une vaste enquête criminelle sur ce dossier. Il est soupçonné d’abus de confiance et de haute trahison, en raison de potentielle divulgation de secrets d’Etat... à son mécène Veikko Palko. Ces activités occultes n’ont pas échappé à la vigilance de la Russie, qui avait découvert le pot aux roses. L’histoire ne dit pas si...
-
08/08 - Immigration : comment la Grèce est devenue l’avant-poste de l’Europe forteresse
En 2015, la photo d’Aylan Kurdi fait le tour du monde. Alors que la guerre civile fait rage en Syrie, le corps sans vie de ce garçon de 3 ans est retrouvé sur une plage de Bodrum, en Turquie, après le naufrage de l'embarcation avec laquelle sa famille tentait de rejoindre l'île grecque de Kos. Cette année-là, plus 800 000 réfugiés et migrants débarquent aux portes de l’Europe et 80 % d'entre eux transitent par la Grèce. "Cette crise a été vécue comme un véritable électrochoc pour l’opinion publique grecque et européenne", rappelle Georgia Dimari, politologue et spécialiste des questions migratoires à l’université de Crète. Par comparaison, l'afflux récent de plus de 60 000 migrants depuis le Maroc vers l’enclave espagnole de Ceuta, qui a coûté la vie à 72 personnes, a suscité un émoi passager.
Dans un pays en pleine crise économique et fragilisé par des années d’austérité, l'approche "humanitaire" défendue à l’époque par le gouvernement de gauche d'Alexis Tsipras et son parti Syriza va se heurter à l'explosion des arrivées par la mer Egée. C’est à Kos que la Grèce installe, dès l’année suivante, l’un de ses cinq "hotspots" (avec Lesbos, Chios, Leros et Samos) financés en grande partie par l'Union européenne. "En théorie, ils devaient permettre d’identifier rapidement les personnes susceptibles d’obtenir l’asile et celles devant être renvoyées. Mais dans la pratique, les migrants ont souvent été confrontés à des délais importants et à une saturation des capacités...
-
07/08 - "Nous sommes à un point de bascule" : aux Etats-Unis, le débat sur l’avortement se radicalise
Aux États-Unis, une victoire peut être nationale et ses conséquences livrées État par État. Depuis 2022, plusieurs États républicains ont presque entièrement supprimé l'accès à l'Interruption volontaire de grossesse (IVG). Cette année-là, la Cour suprême a renversé l'arrêt Roe. v. Wade, qui garantissait depuis 1973 un droit fédéral à l'avortement. Sa remplaçante, la décision Dobbs, a rendu la main aux cinquante États. Sur le papier, les conservateurs venaient d'obtenir leur plus grand succès depuis un demi-siècle. Sur le terrain, quatre ans plus tard, le nombre d'avortements reste pourtant supérieur à celui enregistré avant la chute de Roe. v. Wade.
Entre les deux se trouve une pilule : la mifépristone, médicament anti-hormonal, utilisé pour l'IVG. Elle peut être prescrite à distance, puis envoyée par courrier depuis un État où l'avortement reste autorisé vers un autre qui l'interdit. Le Massachusetts, suivi par sept autres États, a donc adopté, après Dobbs, une "shield law", littéralement une loi-bouclier, qui protège les médecins contre certaines poursuites venues d'autres États. En décembre, près de 15 000 avortements par mois étaient ainsi pratiqués de cette manière.
Mary Ruth Ziegler, professeure de droit et spécialiste de l'histoire de l'avortement aux États-Unis, n'y voit pas exactement une surprise. "Le mouvement anti-avortement était parfaitement conscient des risques posés par les pilules abortives et la télémédecine", explique-t-elle. Ce qu'il avait moins...
-
07/08 - La CIA de retour à Cuba : la cellule secrète qui veut fragiliser le régime
La CIA a mis en place une cellule secrète dédiée à Cuba, a appris le New York Times. Cette structure doit permettre à l’agence de mobiliser plus rapidement des moyens financiers, humains et techniques sur l’île. Le but d'une telle opération ? Diviser la classe dirigeante cubaine et ainsi la pousser vers les changements économiques et politiques qu’ambitionne de voir Donald Trump. Car, aujourd’hui, Washington estime que les leaders cubains entretiennent une ligne anti-américaine trop ferme.
La Maison-Blanche espère ainsi favoriser l’émergence de responsables jugés plus "pragmatiques et plus ouverts à ses demandes", indique le New York Times dans son édition du mercredi 5 août. En outre, et contrairement à la première unité spéciale de la CIA pour Cuba, en 1960, cette cellule secrète aura un mandat plus restreint : pas de partenaires cubains organisés, ni d’autorisation pour des opérations létales. Un mandat qui peut toutefois être modifié et élargi à tout moment par Donald Trump, précise le quotidien new-yorkais.
Déjà activée, la cellule a débuté le recrutement de ses officiers. Ces derniers seront chargés de recruter, à leur tour, les futurs espions mais aussi des analystes du renseignement, des spécialistes des opérations cyber, ainsi que des officiers dédiés aux opérations d’influence. Influencer les dirigeants cubains et l’opinion publique
Cette cellule s’inscrit dans un effort plus large du renseignement américain qui espère développer sa compréhension du terrain...
-
07/08 - Crise des migrants à Ceuta : l’ultimatum de l’Espagne à l’Italie
La crise diplomatique entre l'Espagne et l'Italie franchit un nouveau cap. Madrid a menacé, ce vendredi 7 août, d'imposer des mesures de rétorsion aux voyageurs en provenance d'Italie si Rome ne lève pas, d'ici dimanche, les contrôles frontaliers instaurés à l'encontre des arrivées depuis l'Espagne. Une décision prise par le gouvernement italien après l'afflux massif de migrants dans l'enclave espagnole de Ceuta, en Afrique du Nord, qui continue de faire monter la tension entre les deux partenaires européens. Selon les chiffres communiqués, près de 72 000 personnes ont tenté de franchir la frontière entre Ceuta et le Maroc le 30 juillet dernier, et une centaine d'entre elles ont perdu la vie.
Dans un communiqué, le gouvernement espagnol dénonce des mesures italiennes "injustifiées, contraires aux intérêts de l'Union européenne et discriminatoires à l'égard de la population espagnole". Madrid assure que les arguments avancés par Rome sont dénués de fondement. Les autorités espagnoles rappellent qu'aucun des migrants entrés irrégulièrement à Ceuta ne peut accéder librement à l'espace Schengen en raison du statut particulier de l'enclave. Elles ajoutent que la majorité d'entre eux ont déjà quitté Ceuta pour retourner au Maroc. L'exécutif espagnol hausse désormais le ton : "Si ces contrôles ne sont pas levés avant le dimanche 9 août, l'Espagne se verra contrainte d'adopter des mesures proportionnées pour protéger les intérêts et la dignité de ses citoyens", a-t-il prévenu....
-
07/08 - Des virus créés par l’IA : une avancée porteuse d’espoir qui suscite aussi des inquiétudes
C'est une première qui pourrait marquer un tournant dans la biologie de synthèse. Des chercheurs américains sont parvenus à utiliser une intelligence artificielle générative pour concevoir des génomes complets donnant naissance à 16 virus synthétiques capables d'infecter exclusivement des bactéries. Une avancée scientifique majeure, porteuse d'espoirs pour la médecine, mais qui soulève également des interrogations sur les risques de détournement de ces technologies.
Comme l'explique la BBC, c'est la première fois qu'une IA parvient à concevoir un génome complet capable de donner naissance à un virus fonctionnel. Jusqu'à présent, l'intelligence artificielle avait déjà été utilisée pour accélérer la découverte de nouveaux antibiotiques. Mais concevoir un virus viable représente toutefois un défi d'une tout autre ampleur. "Il s'agit d'une nouvelle étape dans le degré de complexité accessible à l'IA générative (…). Nous explorions là un territoire inédit", souligne Brian Hie, professeur adjoint à l'université de Stanford, interrogé par la chaîne britannique.
Les modèles d'IA à l'origine des nouveaux génomes viraux, baptisés Evo1 et Evo2, ont été entraînés à partir de données génétiques provenant de 2 millions de bactériophages. Ces virus infectant uniquement les bactéries, sans infecter les cellules humaines, sont utilisés depuis plusieurs années pour lutter contre certaines infections bactériennes résistantes aux antibiotiques. Concrètement, l'IA a généré des milliers de...
-
07/08 - Incendies : "Il y a eu un décalage entre les craintes et la réalité des conséquences sur la santé"
Les incendies massifs en Gironde et dans les Landes ont suscité d'importantes craintes pour la santé des habitants, au-delà de la seule question des très importantes destructions matérielles. Les données publiées depuis par Santé publique France se sont finalement révélées rassurantes, notamment parce que les évacuations ont permis de limiter l'exposition de la population non seulement aux flammes, mais aussi aux fumées toxiques. Laurent Filleul, responsable de la cellule régionale de Santé publique France en Aquitaine, détaille les constats faits par ses équipes, tout en appelant les habitants qui retournent chez eux à éviter de s'exposer aux poussières toxiques.
L'Express : Les incendies ont suscité d’importantes craintes en matière sanitaire. Mais finalement, les données publiées par Santé publique France se révèlent – heureusement – très rassurantes...
Laurent Filleul : Nous avons réactivé dès l’apparition des premiers feux le dispositif de surveillance qui avait été mis en place dans la région lors des incendies de 2022. Nous nous appuyons sur le suivi de l’ensemble des passages aux urgences et sur l’ensemble de l’activité des associations SOS médecins dans la région. Nous regardons aussi les diagnostics, en nous focalisant sur plusieurs indicateurs qui peuvent être liés aux feux de forêt, avec notamment les crises d’asthme, et d’autres affections respiratoires.
Effectivement, nos données montrent que, globalement, il n’y a pas eu de hausse d’activité. Le nombre de...
-
07/08 - En Italie, la gauche s’écharpe sur le soutien à l’Ukraine
Alors que la gauche italienne se prépare pour les élections législatives de 2027, les tensions sur la question ukrainienne, qui l'agitent de longue date, éclatent à nouveau au grand jour. Le chef du Mouvement 5 étoiles (M5S), et ancien président du Conseil, Giuseppe Conte, a réaffirmé cette semaine que son parti ne voterait pas de nouvelles aides militaires à Kiev. Dimanche 2 août, le leader de la deuxième force d'opposition italienne a estimé que la question de la politique étrangère de l'alliance que le M5S forme avec le Parti démocrate (PD) devait se régler "avec les primaires", de façon à laisser "les Italiens décider". Le lendemain, dans un entretien accordé au journal local La Stampa, Giuseppe Conte a précisé sa position. Si le M5S avait précédemment soutenu l'Ukraine, en raison d'un "déséquilibre militaire manifeste par rapport à la Russie", le parti estime aujourd'hui que le pays dispose désormais "d'un arsenal militaire très bien équipé". Aussi, plutôt que de voter en faveur de nouvelles livraisons d'armes, le groupe politique préfère pousser Volodymyr Zelensky et Vladimir Poutine vers la table des négociations.Une "question non négociable"
Des déclarations immédiatement rejetées par le Parti démocrate, première force parlementaire de gauche en Italie. Deux jours après les déclarations de son allié, Lorenzo Guerini, l'un des leaders démocrates et ancienne figure du gouvernement, a averti le chef de file du Mouvement 5 étoiles. "S'il divise notre grande coalition,...
-
07/08 - Ukraine : quand la guerre sert de terrain d’apprentissage aux cartels colombiens
Les cartels colombiens ont manifestement trouvé plus formateur qu’un manuel de drone : plusieurs mois sur le front ukrainien. Selon une enquête du Financial Times, des cartels et groupes armés colombiens cherchent depuis plus d'un an à envoyer des hommes pour se battre en Ukraine afin qu'ils y acquièrent une expérience avancée des drones de combat, avant de rentrer au pays avec ce savoir-faire. Taras Palianytsia, officier du centre de recrutement étranger du ministère ukrainien de la Défense, affirme au quotidien britannique que ces hommes ont été identifiés puis "renvoyés chez eux". Kiev assure filtrer ces profils, mais les candidats reviennent.
Parfois, le tri commence directement dans les rangs. Un volontaire colombien engagé aux côtés de Kiev s'est ainsi aperçu que certains de ses compatriotes venus combattre avaient des liens avec le crime organisé en Colombie. Depuis un an, plusieurs tentatives similaires auraient été détectées avec le même schéma : profiter du recrutement de volontaires étrangers pour faire entrer des hommes déjà aguerris, leur faire acquérir des compétences très spécifiques sur les drones, puis les récupérer une fois formés. Kiev, qui apprécie par ailleurs les combattants colombiens pour leur expérience militaire, doit donc distinguer les volontaires venus se battre de ceux venus surtout apprendre. Le front comme formation
L'Ukraine n'a pas été choisie au hasard. En quatre ans de guerre à grande échelle, l'usage militaire des drones y a évolué à...
-
07/08 - Une attaque russe contre l’Otan : ce scénario que le renseignement américain n’écarte plus
Alors que les combats se poursuivent en Ukraine, les services de renseignement des Etats-Unis revoient leur appréciation de la stratégie de Vladimir Poutine. Selon des responsables américains cités par le Wall Street Journal, Moscou pourrait, dans les prochaines années, chercher à éprouver la solidité de l'Otan en menant une action limitée contre l'un de ses membres. Une hypothèse qui rompt avec l'analyse jusque-là privilégiée à Washington, selon laquelle le président russe éviterait toute confrontation directe avec l'Alliance tant que la guerre en Ukraine durerait.
Les scénarios envisagés ne portent pas sur une invasion d'ampleur, mais sur des opérations plus ciblées : cyberattaques, actes de sabotage ou encore incursion terrestre limitée. Selon ces évaluations, l'une de ces initiatives pourrait intervenir entre cet automne et 2029. L'objectif ne serait pas de déclencher un conflit ouvert avec l'Otan, mais d'en tester la cohésion et, surtout, de mesurer la réaction des États-Unis face à une provocation contre un allié.
De leurs côtés, les États-Unis doivent composer avec l'érosion de certains de leurs stocks de munitions, fortement sollicités par les livraisons à l'Ukraine depuis l'invasion russe, et encore plus depuis le début du conflit avec l'Iran. Les responsables américains évoquent notamment les missiles de frappe de précision à longue portée, les systèmes tactiques ATACMS ou encore les missiles sol-air Stinger. Un récent rapport du Center for Strategic and...
-
07/08 - Puces électroniques : l’irrésistible ascension chinoise qui fait trembler l’industrie
De Santa Clara, en Californie, berceau de Nvidia, à Eindhoven, aux Pays-Bas, fief du champion européen ASML, en passant par Hsinchu, au nord de Taïwan, où siège TSMC, un vent de panique a soufflé sur les géants mondiaux des semi-conducteurs ces dernières semaines. Le 27 juillet dernier, le fabricant chinois de puces CXMT a réalisé une entrée fracassante à la Bourse de Shanghai en levant 9 milliards de dollars. En une journée, son cours a bondi de près de 500 %. Le même jour, le média américain The Information révélait que la société Shanghai Yuliangsheng allait bientôt être en mesure de produire des machines de lithographie par immersion DUV, technologie de pointe permettant de confectionner des semi-conducteurs avancés. Une chasse gardée quasi exclusive, jusqu'ici, d'ASML. De quoi ébranler les titres des principaux acteurs du secteur : -7 % pour le mastodonte néerlandais, -5 % pour Nvidia, -13 % pour les Sud-Coréens SK Hynix et Samsung...
Il faut dire que la perspective de voir la Chine combler son retard technologique n'a jamais semblé aussi crédible. Longtemps jugée à la traîne dans les semi-conducteurs, elle multiplie désormais les succès. Et semble inarrêtable. Les puces figurent d'ailleurs en bonne place sur la liste des dix secteurs ciblés par le plan quinquennal "Made in China 2025". L'Etat chinois applique en réalité une recette déjà éprouvée dans les batteries et les véhicules électriques, deux industries largement dominées par la deuxième puissance économique...
-
07/08 - Faux documents et général fantôme : l’incroyable manipulation d’un ex-député roumain
Il aura fallu un démenti officiel pour mettre fin à ses affabulations. Le 17 mars, une commission parlementaire chargée du contrôle du renseignement intérieur roumain, le SRI, est venue contredire les propos tenus sur TikTok par le très remuant Cristian Rizea. Cet ancien député social-démocrate, condamné pour corruption en Roumanie avant de s’enfuir en Moldavie, s’en prenait depuis plusieurs semaines aux services de renseignement roumains, en s’efforçant de ternir leur réputation.
A coup de vidéos truffées d’images glanées sur Google mais aussi de faux documents, dont une prétendue lettre d’officiers bricolée à la va-vite, Cristian Rizea insinuait l’existence de groupes d’influence et de réseaux occultes au sein de ces mêmes services et de liens compromettants entre des cadres du SRI, des responsables politiques et des hommes d’affaires. Torse nu, tatouages apparents, le vidéaste en herbe répandait également des rumeurs de trafic de drogue et de toxicomanie au sein du renseignement et du pouvoir roumains. Autant de pseudo-indiscrétions récoltées auprès d’un général, surnommé "Pufi". "Fiction grossière"
Après enquête, la commission a rendu son verdict : le haut gradé n’existe pas et ses prétendues révélations sur la corruption des services secrets roumains relèvent d’une "fiction grossière" et de "scénarios dignes d’une série B". La manœuvre, qui commençait à séduire une audience substantielle sur TikTok, a été qualifiée de "mensonge de l’année" par Evenimentul Zilei,...
-
06/08 - Xenia Fedorova expulsée de France : la Russie dénonce une "persécution politique"
La Russie a attendu huit jours pour répondre à Paris. Une fois lancée, elle n'a pas fait dans le sous-entendu : ce jeudi 6 août, Moscou a condamné la décision française d'expulser Xenia Fedorova, 45 ans, ancienne dirigeante de Russia Today France, devenue chroniqueuse dans plusieurs médias français, notamment sur CNews. Dans un arrêté du ministère de l'Intérieur pris le 29 juillet, Paris l'accuse de diffuser un "discours de désinformation et de déstabilisation" destiné à "manipuler l'opinion publique".
La distinction au cœur du dossier est simple à formuler, beaucoup moins à établir : défendre les positions du Kremlin reste légal ; participer à une stratégie d'influence pilotée depuis Moscou ne relève plus du même registre. Pour Moscou, la France sanctionne une journaliste pour ses opinions : "Nous jugeons inacceptable la persécution des journalistes sous des accusations forgées de toutes pièces et nous la condamnons fermement", a déclaré Alexeï Fadeïev, porte-parole adjoint du ministère russe des Affaires étrangères."Un acte de représailles contre une journaliste insoumise"
Celui-ci reproche aux autorités françaises de ranger trop facilement sous l'étiquette de propagande russe les discours qui s'écartent de leur ligne : "L'expulsion de Xenia Fedorova, un acte de représailles contre une journaliste insoumise, n'est pas une surprise pour nous. Nous observons de longue date les actions des autorités françaises, qui attribuent de manière obsessionnelle chaque problème dans...
-
06/08 - Guerre en Iran : la pénurie de missiles américains fissure le tandem Donald Trump - Pete Hegseth
La guerre en Iran fait apparaître une nouvelle ligne de fracture au sein de l'administration Trump. Selon des informations du Washington Post, le président américain aurait vivement interpellé son secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, lors d'une réunion à Camp David, après avoir découvert que les stocks de munitions américaines étaient plus faibles que prévu. Donald Trump se serait emporté contre l'ancien présentateur de Fox News, et aurait affirmé qu'il pensait que le problème avait été "réglé", alors que ces pénuries continuent de limiter les options militaires des États-Unis.
L'échange, rapporté par deux personnes informées de la conversation au Washington Post, s'est déroulé en marge d'une réunion du cabinet organisée vendredi 31 juillet à Camp David. Le président aurait demandé des explications sur une situation qui, selon lui, lui aurait été présentée de manière incomplète. Au cœur de la discussion : l'état des réserves américaines de missiles, notamment les armes guidées à longue portée et les systèmes destinés à la défense aérienne.
Cette question des stocks serait devenue un élément central des choix militaires de Washington. Les pénuries de certaines munitions expliqueraient en partie pourquoi Donald Trump aurait renoncé ces derniers jours à de nouvelles frappes massives contre l'Iran. Le président a ainsi affirmé avoir ordonné puis annulé "la plus grande attaque depuis la Seconde Guerre mondiale", selon lui dans l'attente de nouvelles négociations sur le...
-
06/08 - Élections en Allemagne : la nouvelle offensive de désinformation russe
Depuis juin, les services de sécurité allemands constatent une forte hausse des contenus de désinformation à l'approche des élections régionales du 6 septembre en Saxe-Anhalt, dans l'est du pays. L'opération, baptisée "Matriohchka" par les spécialistes qui la suivent, cible les adversaires de l'Alternative fur Deutschland (AfD), parti d'extrême droite en tête dans les sondages. Mais les faux contenus ont une particularité assez facile à repérer : ils sont, comme le rapporte le Financial Times, presque tous en anglais.
La langue seule résume le changement de méthode : jusqu'ici, les opérations russes soupçonnées de chercher à peser sur la politique allemande s'adressaient surtout aux Allemands. Cette fois, les autorités estiment que les auteurs cherchent d'abord à convaincre des utilisateurs américains de X, notamment dans les milieux proches de Maga et plus largement à droite. L'idée derrière cette nouvelle stratégie : publier un faux contenu sur l'Allemagne, le faire circuler aux États-Unis, puis attendre qu'il soit repris suffisamment pour revenir dans le débat allemand.Les codes visuels de médias reconnus
Le matériel, lui, soigne la présentation : plus d'une centaine de vidéos ont été recensées par les autorités allemandes. Elles reprennent les logos, les codes visuels et la présentation de médias reconnus, notamment la BBC ou la chaîne publique allemande ARD. Seul problème : ces médias ne sont bien sûr pas à l'origine de ces contenus. Les vidéos diffusent de fausses...
-
06/08 - Liens avec la mafia, voiture de sport, tatouage du Parrain : le maître espion slovaque qui consterne l’Europe
Le maître espion conduisait en tongs. L'image a consterné la classe politique : Pavol Gaspar, le patron du Service d'information slovaque (SIS), à côté d'une voiture de sport jaune canari garée en travers d'une route de campagne. Ce 30 août 2025, le trentenaire vient d'entrer en collision avec un autre véhicule près de Nitra, à l'ouest du pays. L'accident a dévoilé l'existence de sa Dodge Challenger SRT Hellcat, jusqu'ici absente de sa déclaration de patrimoine. Une voiture achetée "il y a plus de cinq ans", "coûtant moins qu'une Skoda Superb", affirme-t-il sur Facebook, ironisant : "Gagner de l'argent signifie aller à un travail pour lequel on est payé."
Sur le réseau social, Gaspar prend régulièrement à partie des personnalités, critique la presse et tourne en dérision ses détracteurs. "Je comprends la panique des députés de l'opposition, mais je ne vais pas la commenter", s'amuse-t-il le 26 août 2024, lors de sa nomination. "Sa communication est plus celle d'un politicien que d'un chef du renseignement", s'indigne Maria Kolikova, députée du parti Liberté et solidarité, ministre de la Justice de 2020 à 2022. S'il exaspère l'opposition, Gaspar bénéficie du soutien sans faille du Smer, le parti au pouvoir. Les vieux fantômes de la Slovaquie
Pour diriger le service secret, l'homme a plus qu'un CV. Il a un lien de parenté et une photo. Gaspar fils s'y affiche avec Gaspar père, et exhibe ses tatouages. Sur l'avant-bras droit, le visage de Tom Hagen, le consigliere dans Le...
-
06/08 - Présidentielle 2027 : le double jeu de Jean-Luc Mélenchon avec ses anciens alliés
Clémentine Autain l’admet, ironique. Ses camarades d’antan n’ont pas encore "retrouvé" son numéro de téléphone. Dans les colonnes de Libération en juillet dernier, la députée de Seine-Saint-Denis avait pourtant tendu la main à Jean-Luc Mélenchon. "On ne fait pas de la politique avec des haines cuites et recuites", disait l’ex-insoumise. Depuis l’échec de la primaire unitaire, les mélenchonistes d’hier, malmenés ou purgés par le mouvement, ont bien compris qu’il allait être difficile de compter sur les socialistes pour accoucher d’une candidature fédératrice à gauche.
"S’ils veulent revenir vers nous, les traîtres feront un tweet de soutien et puis c’est tout", balaye, peu miséricordieux, un stratège de LFI. Enfin… "On ne fait pas de la politique avec de la rancœur", a toutefois glissé Jean-Luc Mélenchon à l’un de ses députés. Une façon de répéter, comme il l’avait exprimé au moment du Nouveau Front populaire, en 2024, que viendra le moment de "jeter les rancunes à la rivière". Mais Clémentine Autain connaît son ancienne maison. "Ce n’est pas en affirmant 'ici est la force, vous avez compris ?' ou en posant des ultimatums qu’il va emmener les partenaires dont il a besoin (...) S’il veut gagner, Jean-Luc Mélenchon a besoin d’alliés, pas de ralliés", prévient-elle dans l’entretien. Bref, la députée attend toujours son coup de fil."Votre rôle est achevé à mes yeux"
Mais l’accalmie a fini par gagner les réseaux sociaux, cet été. Ce haut lieu d’expression de la discorde à...
-
06/08 - Etats-Unis : pourquoi Washington menace de bloquer la nomination du futur ambassadeur français
Ce qui devait être une simple formalité diplomatique pourrait finalement se transformer en nouvel épisode des tensions franco-américaines. Washington envisage de retarder, voire d'empêcher, la validation de la nomination d'Aurélien Lechevallier au poste d'ambassadeur de France aux États-Unis. En cause, selon deux sources citées par Reuters, le mécontentement de l'administration Trump après plusieurs prises de position françaises sur la question des droits de l'homme à l'ONU. À Paris, l'objectif était d'installer le diplomate à Washington d'ici le mois de septembre. Rien n'est encore tranché, mais le calendrier apparaît désormais incertain, la procédure de nomination d'un ambassadeur étant soumise à l'agrément du pays d'accueil.
L'origine de cette crispation remonte à une brouille survenue à l'ONU. Le 24 juillet dernier, la mission française auprès des Nations unies à Genève a vivement critiqué, sur le réseau social X, le vote américain contre la reconduction de Volker Turk à la tête du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l'homme. Washington s'était alors retrouvé aux côtés de la Russie, de la Corée du Nord et de quelques autres États pour s'opposer à la prolongation du mandat du haut-commissaire. Le message français n'a pas laissé place à l'ambiguïté. "Les États-Unis étaient autrefois un modèle en matière de droits de l'homme. Ce n'est plus le cas. Et le monde ne les écoute plus", écrivait la représentation française. Selon Reuters, cette publication n'avait...
-
06/08 - Guerre en Ukraine : Vladimir Poutine remanie son commandement militaire
À Moscou, la rentrée a commencé un peu plus tôt pour les généraux. Mercredi 5 août, Vladimir Poutine a annoncé plusieurs changements importants dans le commandement de son armée en Ukraine : nouveaux responsables sur le front, nouveau patron pour les drones et réorganisation de la logistique. Le calendrier constitue un début d'explication : après plus de quatre ans de guerre, la Russie continue de gagner du terrain, mais moins vite qu’auparavant. Cet été, ses avancées comptent parmi les plus faibles enregistrées depuis le début de l’invasion, tandis que l’armée ukrainienne mène des contre-attaques sur plusieurs secteurs.
Pas question pour autant de reconnaître publiquement une mauvaise passe. Entouré du ministre de la Défense Andreï Beloousov et du chef d’état-major Valeri Guerassimov, Vladimir Poutine a présenté ces changements comme une simple "adaptation" de l’armée aux besoins de la guerre. Pas de reproches aux généraux concernés, pas de grand ménage annoncé : le Kremlin change les hommes tout en conservant le même discours. Mutation ou promotion ?
Le remaniement touche d’abord l’un des postes les plus sensibles du front. Le général Andreï Ivanayev prend la tête du groupe "Centre", chargé d’une partie des opérations les plus importantes dans la région de Donetsk. Il remplace Valeri Solodchuk, dont les troupes se sont approchées de Sloviansk et Kramatorsk sans parvenir à percer les défenses ukrainiennes. Poutine a lui-même reconnu que le choix du nouveau commandant...
-
06/08 - Détroit d’Ormuz : ce que l’on sait de l’accord en préparation entre l’Iran et Oman
"À l'image des vents changeants, les projets concernant l'avenir du détroit d'Ormuz évoluent presque quotidiennement", résume CNN. Alors que Donald Trump assure qu'un accord avec la République islamique pourrait être conclu "demain ou après-demain", les négociations entre l'Iran et Oman semblent avoir franchi une nouvelle étape. Téhéran a annoncé ce mercredi 5 août être parvenu avec Mascate à un accord sur les coordonnées géographiques d'une nouvelle voie de navigation traversant le détroit d'Ormuz. Une déclaration conjointe est désormais en cours de finalisation, à condition, prévient l'Iran, qu'aucune "tierce partie" ne vienne entraver le processus.
Le projet, détaillé notamment par le Wall Street Journal, prévoit de redessiner les voies de circulation dans ce passage stratégique. Les deux parties se seraient entendues sur la création d'une voie d'entrée située à proximité des côtes iraniennes et d'une voie de sortie longeant Oman. Plus largement, les discussions portent sur la fusion des itinéraires actuels en un corridor bidirectionnel, destiné à répondre aux intérêts des deux États riverains. Les principaux éléments de ce projet auraient déjà été transmis aux États-Unis, aux pays de la région ainsi qu'aux plus hautes autorités iraniennes, dont l'approbation reste attendue.
Au-delà du tracé, l'enjeu est éminemment politique. Selon plusieurs sources citées par Reuters et le Wall Street Journal, le texte accorderait à Téhéran un droit de regard sur les navires entrant...
-
06/08 - Routes, trains, réseau électrique : l’Allemagne, ce gigantesque chantier à ciel ouvert
Le "miracle de Noël" ! C’est ainsi que la presse allemande a qualifié la réouverture à la circulation, le 22 décembre 2025, du pont de Rahmede, ouvrage perché à 70 mètres de hauteur sur l’A45, l’un des axes routiers majeurs du nord de l’Allemagne. L’événement fut retransmis au JT de 20 heures avec des images de chauffeurs de poids lourds klaxonnant de joie en passant sur l’ouvrage d’art, béni par un prêtre et célébré par les élus chantant l’hymne national à tue-tête.
Ce fut surtout un soulagement. Ce viaduc autoroutier construit en 1968 avait été fermé le 2 décembre 2021 à cause d’un risque d’effondrement. "Cela aurait pu très mal finir", explique Sebastian Wagemeyer, maire de Lüdenscheid, commune située en contrebas. Seul souci : prévenu au dernier moment, l’édile n’a pas pu se préparer. Du jour au lendemain, sa commune est asphyxiée par le passage quotidien de 20 000 véhicules et 6 000 poids lourds.
Un cauchemar de quatre ans, durant lesquels le pont de Rahmede est devenu le symbole d’une Allemagne punie par sa discipline budgétaire rigide. "Au lieu de prendre un crédit pour réparer le toit de la maison, nous avons préféré faire des économies. Résultat, nous avons maintenant de l’eau jusque dans la cave ! Nous sommes le seul pays industrialisé du G7 à avoir fait ce choix", déplorait à l’époque Yasmin Fahimi, présidente de la Confédération des syndicats allemands, qui réclamait plus de souplesse pour les dépenses publiques.
Aujourd’hui, le pont tout neuf de Rahmede...
-
06/08 - Crise des migrants : le modèle albanais de Giorgia Meloni sous le feu des critiques
La crise de Ceuta est une aubaine pour le gouvernement italien. Il cherche à s'en saisir pour changer le paradigme européen de la gestion des flux migratoires. Giorgia Meloni entend ainsi convaincre ses partenaires d’abandonner la logique d’accueil et de répartition interne des migrants pour lui substituer celle de leur externalisation.
La doctrine migratoire de la Première ministre italienne repose sur l’accord signé en 2023 avec l’Albanie et ratifié en 2024. Deux centres de rétention et de traitement des demandes d'asile sous juridiction italienne ont été construits sur les sites de Shëngjin et de Gjadër. Ils devaient accueillir jusqu'à 36 000 migrants chaque année. Seulement quelques centaines y ont pour l’instant transité. Alors que Giorgia Meloni vante un "modèle novateur et précurseur pour toute l'Europe", la presse transalpine presque unanime a conclu à un véritable fiasco. Un rapport coût-efficacité médiocre
Avant même d’ouvrir leurs portes, ces centres ont été fustigés pour leur coût. La facture totale de l'opération est estimée à 670 millions d’euros, soit environ 160 millions d'euros par an pendant cinq ans, entièrement financés par l’Italie. L’opposition au gouvernement Meloni s’est empressée de dénoncer une véritable gabegie en période de restrictions budgétaires. La construction de chaque place dans les centres albanais coûte plus de 153 000 euros aux contribuables italiens contre environ 21 000 euros pour des installations similaires en Sicile. Le rapport...
-
06/08 - Adhésion de l’Ukraine à l’Otan : "Valeri Zaloujny fait un constat réaliste à un instant T"
À Kiev, Valeri Zaloujny a livré lundi 3 août une lecture peu optimiste de l'avenir de l’Ukraine dans l'Otan : selon lui, son adhésion n'aura tout simplement "jamais" lieu. Ancien commandant en chef des forces ukrainiennes, aujourd'hui ambassadeur à Londres, il juge l'Alliance trop lente à évoluer et appelle Kiev à chercher d'autres garanties de sécurité, notamment européennes. Une prise de position qui tranche avec l'objectif toujours inscrit dans la Constitution ukrainienne.
Pour Camille Grand, ancien secrétaire général adjoint de l'Otan et chercheur au Conseil européen pour les relations internationales, la déclaration de Valeri Zaloujny mérite surtout qu'on regarde ce qu'elle dit du moment politique. Simple accès de réalisme, ou signe que l'adhésion ukrainienne à l'Alliance est en train de devenir un objectif de plus en plus théorique ? Entretien.
L'Express : Valeri Zaloujny affirme que l'Ukraine "n'adhérera jamais" à l'Otan. Est-ce réellement devenu impossible ?
Camille Grand : Aujourd'hui, à court terme, oui. Les États-Unis sont contre et, pour tout élargissement de l'Otan, il faut l'unanimité des membres. D'ailleurs, lorsque Volodymyr Zelensky était à Washington, il n'a pas particulièrement ouvert ce dossier. Les réserves américaines sont très politiques. Donald Trump a toujours été sceptique sur l'Otan et sur son élargissement. Il adhère plutôt au narratif russe selon lequel l'élargissement de l'Alliance crée davantage d'instabilité et il ne veut évidemment pas...
-
05/08 - Erik Akerboom, ex-patron des services secrets néerlandais : "Moscou et Pékin détestent nous voir coopérer"
Le service de renseignement des Pays-Bas est devenu l'un des plus respectés du continent. Le verdict est quasiment unanime : pour un pays de 18 millions d'habitants, l'Algemene Inlichtingen-en Veiligheidsdienst (AIVD) "boxe dans une catégorie supérieure à la sienne", ont affirmé plusieurs dirigeants de premier plan à L'Express. Reconnus notamment pour leur expertise cyber, les Néerlandais sont un partenaire recherché. Jusqu'à récemment très liés à la CIA, La Haye a surpris en annonçant, en octobre, une réduction du partage de renseignements avec Washington. Son directeur sortant, Erik Akerboom, s'exprime pour la première fois depuis son départ, en mars.
L'Express : Le conflit en Ukraine a-t-il reconfiguré les priorités des services secrets européens depuis 2022 ?
Erik Akerboom : Oui, mais avec des conséquences différentes selon les pays. Lors de mes six dernières années à la tête de l'AIVD, nous avons vu monter simultanément le Moyen-Orient, la Chine, la Russie. Mais aussi des opérations cyber de plus en plus agressives, et des enjeux plus domestiques, comme le crime organisé, facteur de déstabilisation de notre société. Les services de renseignement sont confrontés à une multiplication des priorités. Avant la guerre en Ukraine, nous avons eu la chance d'avoir anticipé en créant une "Russia House", une structure civilo-militaire qui agrège toutes les données et sujets liés à la Russie. Ce n'est pas anodin : le pire scénario serait que les batailles internes sur "qui gère...
-
05/08 - Allemagne : un drone équipé d’un engin explosif découvert à l’aéroport stratégique de Leipzig
Un drone équipé d’un "engin explosif" a été découvert près d’une piste de l'aéroport de Leipzig-Halle, en Allemagne, ont annoncé, ce mercredi 5 août, les autorités. Berlin a ouvert une enquête antiterroriste après que l’objet a été découvert par un employé de l’aéroport à proximité de la piste sud. Alertée, la police a dépêché sur place un robot de déminage afin d’examiner l’appareil. Les spécialistes ont ensuite retiré le détonateur du dispositif. Le ministre de l'Intérieur, Alexander Dobrindt, a convoqué une réunion d'urgence avec les chefs des services de sécurité allemands ce mercredi soir.
L’incident a entraîné d’importantes perturbations du trafic aérien. Les vols ont été suspendus et plusieurs appareils, dont certains appartenant à la société de logistique allemande DHL, ont été déroutés. Le parquet a confié les investigations au service chargé de l'extrémisme (ZESA) ainsi qu’à des enquêteurs de l'unité antiterroriste régionale, après qu’il a été établi que le drone transportait un engin explosif.
Des photographies prises sur place montrent des techniciens de la police et un robot de déminage intervenant à proximité d’un avion ukrainien. L’aéroport de Leipzig-Halle constitue un important hub de fret aérien et une plateforme logistique clé pour l’Otan ainsi que pour l’acheminement de marchandises vers l’Ukraine. Des avions de transport ukrainiens de la compagnie Antonov Airlines y sont notamment stationnés.
Selon le quotidien allemand Bild, le drone a justement...
-
05/08 - Crise migratoire : le deux poids, deux mesures du RN envers ses voisins européens
Au Rassemblement national, on a la réaction à géométrie variable en matière migratoire. Il y a quelques jours, la crise qui secouait l’enclave espagnole de Ceuta en Afrique du Nord, avec un afflux de plusieurs dizaines de milliers de migrants en quelques heures, a poussé les dirigeants frontistes à sortir de leur réserve estivale pour pointer du doigt le dirigeant socialiste Pedro Sanchez. Sur son compte X (ex-Twitter), Marine Le Pen a critiqué le gouvernement espagnol qui "encouragerait" ces entrées illégales tout en ajoutant : "La France doit sans délai renforcer les contrôles à ses frontières. Et en 2028, nous stopperons cette folie en réservant la libre circulation Schengen aux nationaux de l’UE".
Jordan Bardella, quant à lui, adressait un courrier à la présidente du Parlement européen Roberta Metsola, pour demander la tenue d’une session plénière extraordinaire pour évoquer la question des frontières. "Nos nations et nos peuples n'ont pas à subir les conséquences de la complicité passive du gouvernement socialiste espagnol face à ce qui relève d'une véritable invasion migratoire coordonnée du territoire européen", a-t-il déclaré sur X, sans préciser que l’enclave espagnole ne fait pas partie de l’espace Schengen.
"Qui peut croire qu’aucune de ces personnes qui ont violé une frontière ne se retrouvera pas en France ?", réagissait, mardi 4 août, au micro de France inter, la députée RN de Gironde Edwige Diaz. Au RN, l’épisode permet surtout de dénoncer la politique...
-
05/08 - Guerre entre les Etats-Unis et l’Iran : ces milliards de dollars engrangés par les géants du pétrole
La guerre entre les États-Unis et l'Iran a fait des gagnants : les grandes compagnies pétrolières. Alors que la flambée des cours de l'énergie pèse sur les consommateurs, les mastodontes du secteur voient leurs bénéfices s'envoler. Une situation que Donald Trump n'observe pas d'un bon œil : "Ils gagnent trop d'argent", a lancé depuis le bureau Ovale, lundi 3 août, le président américain. Les profits records des compagnies pétrolières sont devenus la dernière cible de son courroux. "Cela ne me plaît pas. Et je suis pourtant le dernier à devoir dire une chose pareille, car je suis un fervent partisan de la libre entreprise", a-t-il fustigé devant des journalistes.
Car les gains sont colossaux : une analyse du Guardian révèle que les huit producteurs pétroliers cotés en Bourse — Aramco, BP, Shell, Equinor, TotalEnergies, Eni, Chevron et ExxonMobil — ont engrangé près de 93 milliards de dollars de bénéfices au cours du trimestre achevé fin juin. C'est presque le double de leurs bénéfices cumulés sur la même période l'année précédente, qui s'élevaient à un peu moins de 50 milliards de dollars.
Pour Donald Trump, ces profits énormes ont des airs de "casse-tête politique", comme le relève CNN. À trois mois des élections de mi-mandat, la hausse des prix de l'énergie menace de ternir son bilan économique. Sa guerre contre l'Iran a contribué à faire grimper les cours mondiaux du pétrole, avec des conséquences directes pour les consommateurs américains. Pendant que les ménages...
-
05/08 - Sécheresse en Europe : le mauvais été des centrales nucléaires
Les petits ruisseaux font les grandes rivières, encore faut-il qu'ils ne soient pas à sec : en Hongrie, trois des quatre turbines de la centrale nucléaire de ville de Paks sont à l'arrêt, faute d'une quantité d'eau suffisante pour alimenter les circuits de refroidissement ; en Serbie, deux grandes centrales hydroélectriques ne produisent plus qu'à 20 % et 30 % de leurs capacités ; en Slovénie, la centrale nucléaire de Krsko va réduire sa production à 80 % de sa capacité. Même semaine, même problème : le Danube et ses affluents manquent d'eau, alors que les températures dépassent les 40 °C et que les climatiseurs réclament précisément davantage d'électricité.
Face à la crise, les soirées hongroises ont commencé à s'organiser autrement : entre 17 heures et 22 heures, le fret ferroviaire est suspendu, plusieurs monuments restent éteints et entreprises comme ménages sont appelés à réduire leur consommation. Les importations d'électricité, elles, augmentent. "Des jours plus critiques nous attendent", a prévenu le Premier ministre Péter Magyar ce mercredi, alors que le pic de chaleur n’est pas encore passé.
Pour Paul Dorfman, président du Nuclear Consulting Group, interrogé par L'Express, personne ne peut vraiment plaider la surprise : "Ce qui se passe sur le Danube cette semaine est une vulnérabilité parfaitement connue, sans l'ombre d'un doute. Des gens comme moi alertent là-dessus depuis des décennies." Le spécialiste cite "la Loire, la Meuse, la Garonne, le Rhin, le...
-
05/08 - Guerre en Ukraine : Kiev frappe sans relâche Wildberries, "l’Amazon russe"
La guerre s’installe sur le territoire russe. Un entrepôt de Wildberries, le principal détaillant en ligne de Russie, a pris feu ce mercredi 5 août dans la région de Toula après une attaque de drone ukrainien, selon le gouverneur régional Dmitri Miliaïev. La frappe a fait un blessé et provoqué des dégâts sur plusieurs infrastructures. Deux sites industriels situés dans les secteurs de Novomoskovsk et d’Ouzlovaïa ainsi que deux immeubles résidentiels ont également été touchés.
Wildberries a confirmé l’attaque sur son site logistique, indiquant avoir évacué ses employés et réorganisé ses flux de livraison. L’entreprise, souvent présentée comme l’équivalent russe d’Amazon, est devenue ces dernières semaines une cible privilégiée des drones ukrainiens. Depuis le 18 juillet, près d’une vingtaine de ses sites auraient été visés, selon les autorités et les informations disponibles.
Ces frappes illustrent une nouvelle étape dans la stratégie ukrainienne : frapper des infrastructures situées loin de la ligne de front afin de faire ressentir directement les conséquences de la guerre à la population russe. Les entrepôts de Wildberries, qui traitent 20 millions de commandes chaque jour grâce à un vaste réseau logistique, représentent une cible symbolique autant que matérielle. Comme le rappelait L'Express il y a quelques jours, la dirigeante de l'entreprise, Tatiana Kim, femme la plus riche de Russie, est une alliée incontournable de Vladimir Poutine, d'autant que Wildberries joue...
-
05/08 - "L’Europe a besoin du Maroc pour contrôler sa frontière sud" : l’analyse de Nando Sigona
Ils ont voulu resserrer les rangs après s'être déchirés sur la crise migratoire de Ceuta. Quelques heures après la réunion en visioconférence de ses ministres de l'Intérieur, l'Union européenne s'est déclarée le 4 août "pleinement solidaire" de l'Espagne. Pour le commissaire européen aux Migrations Magnus Brunner, cet épisode, qui a vu l'arrivée de près de 70 000 ressortissants marocains en l'espace de quelques heures au sein de l'enclave espagnole, était un "test pour notre résilience européenne". Une réunion convoquée à l'initiative de l'Italie lors de laquelle les ministres ont appelé à des mesures plus fermes contre les réseaux de passeurs de migrants, à des procédures de retour plus efficaces et à une coopération plus étroite avec les pays hors de l'Union.
Mais pour Nando Sigona, directeur de l'Institute for Research into International Migration and Superdiversity (IRIS) de l'université Birmingham et chercheur associé au Refugee Studies Centre d'Oxford, les agissements des réseaux de passeurs ne peuvent expliquer qu'en partie ce drame qui a fait au moins 77 morts, selon Madrid. D'après ce spécialiste qui étudie depuis plus de vingt ans les crises frontalières en Méditerranée, l'afflux massif de migrants à Ceuta relève aussi d'un signal politique envoyé par Rabat, sur fond de rapprochement contesté entre Pedro Sanchez et l'Algérie et d'une proximité entre le roi Mohammed VI et Donald Trump. Entretien.
L'Express : Les autorités espagnoles ont attribué l’ampleur de la...
-
05/08 - "Ce n’est jamais neutre" : ce que révèle votre façon de conclure un mail professionnel
"Chère Madame". "Monsieur le directeur", "Bonjour" ... Loin d'être anodins, ces usages sont ancrés dans nos mémoires conversationnelles écrites collectives, déclinées aujourd’hui par mail. "Les formules de politesse ne servent pas seulement à être gentil : elles permettent de régler la distance entre deux personnes, de montrer du respect, de reconnaître une hiérarchie ou, au contraire, de créer une proximité", explique Noël Wolf, linguiste et experte culturelle chez Babbel, plateforme d'apprentissage des langues étrangères en ligne. Reste une question : comment bien conclure un message ?
Avec un prospect, un client que l’on connaît peu ou lors d’un premier contact, mieux vaut privilégier le vouvoiement et une formule sobre, comme "Cordialement" ou "Bien cordialement", conseille-t-elle. Avec un collègue proche ou un interlocuteur régulier, on peut alléger : "Bonne journée", "A bientôt" ou "A très vite". La concision n’est pas impolie en soi : "lorsque la relation est établie, elle peut au contraire signaler une forme de confiance".
"On imagine souvent qu’il existe une seule bonne formule, alors qu’en réalité, il s’agit plutôt d’un curseur à ajuster en fonction de la proximité avec son interlocuteur, du contexte et des usages de l’entreprise", nuance toutefois la représentante de Babbel. Par exemple, "commencer par "Madame" et terminer par "A bientôt" peut créer un léger décalage", avertit-elle."Le mail pro n'est jamais neutre"
La formule de conclusion peut,...
-
05/08 - "Il y a des abus" : à l’approche du budget 2027, l’épineux bilan des dispositifs contre l’apnée du sommeil
Les personnes souffrant de fatigue chronique ont pendant longtemps été considérées comme de simples curiosités de la nature. Des laissés-pour-compte du droit au repos, condamnés à vivre avec des poches sous les yeux et avec pour seule prise en charge, de doucereuses tapes dans le dos. En l’absence d’explication sur ce qui perturbait leurs nuits, les rares patients qui osaient parler de leurs torpeurs matinales étaient au mieux accueillis avec des sédatifs, au pire accusés de paresse ou redirigés vers l’asile. La somnolence, les problèmes de mémoire et les maux de tête qu’ils ressentaient étaient relégués à des humeurs passagères.
Dans les années 1960, un médecin du nom d'Henri Gastaut fait une découverte cruciale : parmi ses patients mal aimés de Morphée, certains se tordent et grimacent pendant la nuit, privés d’air. C’est à lui que l’on doit le terme "d’apnée du sommeil", du nom de ces brusques et courtes interruptions de la respiration, caractéristiques des malades. En 1976, un "syndrome d'apnées obstructives du sommeil (SAOS)" commence petit à petit à trouver ses lettres de noblesse, et bientôt les médecins comprennent que la maladie, bien qu’associée à l'obésité, est principalement due à une compression involontaire de la gorge.
La véritable révolution est à venir : en 1981, un inventeur australien nommé Colin Sullivan met sur pied un masque souple qui, relié à un tube et à une pompe diffuse de l’air dans la bouche et les narines des malades, oxygénant les...
-
05/08 - "Ils ont été affaiblis" : chez les espions polonais, népotisme et menace russe
1990. Alors que les États-Unis s’efforcent de constituer une coalition pour répondre à l’invasion du Koweït par Saddam Hussein, six officiers américains se retrouvent piégés en Irak. Tous sont en possession d'informations qui pourraient faire échouer l’opération "Tempête du désert". La CIA sollicite l’aide de la Pologne, pourtant adversaire de la guerre froide. Le pays est réputé pour l’excellence de ses espions. L’un d’entre eux est dépêché sur place pour secourir les six Américains.
C'est l'une des nombreuses anecdotes détaillées par John Pomfret dans son livre de 2021, From Warsaw with love, pour illustrer l’alliance américano-polonaise en matière de renseignement, de la guerre froide au milieu des années 2000. Le journaliste et ancien contributeur du Washington Post dépeint des espions polonais prêts à tout pour satisfaire leur allié outre-Atlantique. La fiabilité déclinante de l’administration Trump n’y a rien changé, ou presque.
Le directeur de la CIA, John Ratcliffe, était au mois de janvier en déplacement à Varsovie pour échanger avec le ministre de la défense polonais, en pleine reprise des tensions sur le flanc est de l’Otan.
"Les services polonais sont très pro anglo-saxons et conduisent des opérations à leur demande, parfois en dehors de leurs priorités habituelles, notamment le nucléaire iranien", explique Cyril Gelibter, docteur en histoire du renseignement. En 2002, l'espionnage polonais met à la disposition de la CIA une villa au nord du pays,...
-
05/08 - Liban : la mystérieuse intermédiaire derrière les explosions de bipeurs du Hezbollah
Les espions font souvent basculer l’Histoire. Dans l’ombre, depuis des siècles et partout sur la planète, certaines opérations ont défini le monde tel que nous le connaissons. Vous écoutez "Nid d’espions", le podcast de L’Express consacré au renseignement. Tous les mercredis, Charlotte Baris, accompagnée d'Etienne Girard, directeur adjoint de la rédaction et spécialiste des questions d’espionnage, ouvre un dossier secret-défense, dans lequel le rôle des espions a tout changé.
Il est 15h30 au Liban, ce mardi 17 septembre 2024. A la caisse d’une boutique, dans la rue, sur le marché, dans des appartements : au même moment, des milliers de bipeurs explosent à travers tout le pays. La panique règne et les hôpitaux sont rapidement surchargés. Les blessés qui affluent sont principalement touchés aux mains, au ventre ou en haut de la cuisse.
Le bilan est lourd : 12 morts, dont deux enfants, et 2 750 blessés. Les victimes appartiennent en majorité au Hezbollah, une organisation politique et paramilitaire chiite libanaise.
Très vite, les cadres du mouvement accusent Israël. Car l’Etat hébreu est de longue date en guerre contre le Hezbollah, et le conflit s’est accentué depuis les attaques du 7 octobre perpétrées par le Hamas, allié de l’organisation libanaise. Une organisation qui communique désormais essentiellement par bipeurs, jugés plus sûrs et plus difficiles à pirater que les téléphones.
Quelques semaines plus tard, en novembre, Israël reconnaît avoir autorisé l’attaque,...
-
04/08 - Liban : six ans après l’explosion du port de Beyrouth, l’espoir que la justice avance enfin
Six ans après l'explosion meurtrière du port de Beyrouth, le Liban commémore, ce mardi 4 août, une tragédie qui continue de hanter le pays. Alors que les proches des victimes réclament toujours justice, les récents développements de l'enquête ravivent l'espoir de voir enfin les responsabilités établies.
Le 4 août 2020, une gigantesque explosion ravage le port de la capitale libanaise et détruit de vastes quartiers de la capitale. Plus de 235 personnes sont tuées, plus de 6 500 autres blessées. Selon les éléments de l'enquête, la catastrophe aurait été provoquée par la combustion de centaines de tonnes de nitrate d'ammonium stockées dans le port. Depuis, les investigations chargées de déterminer les circonstances de la présence de ces produits chimiques et d'établir les éventuelles responsabilités se sont heurtées à de nombreux blocages. Pendant des années, des responsables judiciaires et d'anciens ministres ont multiplié les recours contre les magistrats en charge du dossier, paralysant de fait la procédure sous l'effet d'ingérences politiques.
Pour les familles des victimes, l'attente est devenue insupportable. "Dans des pays normaux, nous en aurions fini depuis longtemps et nous serions passés à une autre étape de nos vies, avec le droit de faire notre deuil", déplore auprès de Reuters Paul Naggear, dont la fille Alexandra, âgée de trois ans, a péri dans l'explosion. "Tant qu'il n'y a pas de justice, sa vie n'a aucune valeur", ajoute-t-il. Joseph Aoun réclame l'acte...
-
04/08 - Espionnage, sabotages, assassinats : la carte des actions russes en Europe depuis 2022
Des espions, mais pas que. Dès l’invasion de l’Ukraine, le 24 février 2022, Poutine comprend que la victoire se joue aussi plus à l’Ouest. Alors il lance ses services secrets à l’assaut de l’Europe. Des tueurs sont envoyés assassiner les opposants, des saboteurs mènent des opérations terroristes. La "guerre hybride" prend également une forme plus sournoise. Campagnes TikTok, faux tags, influenceurs payés… Partout sur le Vieux Continent, des cellules du renseignement militaire (GRU) tentent d’influencer le débat public.
D'autres exemples d'actes de déstabilisation, pas mentionnés sur la carte ci-dessus, ont eu lieu en Europe depuis 2022. En voici la liste :Assassinats :
Allemagne – mai 2024 : les Etats-Unis informent Berlin du projet russe de tuer Armin Papperger, PDG de Rheinmetall.Ingérences :
Pologne – 6 mai 2024 : le juge Tomasz Szmydt, chargé des habilitations secret-défense, fuit en Biélorussie. Il ouvre un compte Telegram de propagande pro-russe.
Roumanie – 24 novembre 2024 : la Russie déstabilise la présidentielle roumaine, via la propagande en ligne, notamment sur Tik Tok.
Hongrie – 21 mars 2026 : le ministre des Affaires étrangères hongrois rapporte à son homologue russe les débats du conseil européen, en l’appelant pendant les pauses.Sabotages :
Royaume-Uni – 20 mars 2024 : un incendie ravage un entrepôt à Leyton, abritant du matériel pour l’Ukraine.Espionnage :
Autriche – 29 mars 2024 : démantèlement du réseau d’espionnage et d’actions violentes...
-
04/08 - Gaz russe : Moscou développe sa flotte fantôme avant le durcissement des sanctions européennes
Moscou prépare déjà la suite. Alors que l'Union européenne prévoit d'interdire les importations de gaz naturel liquéfié (GNL) russe d'ici à 2027, le Kremlin accélère la constitution d'une flotte de navires capables de poursuivre ses exportations hors des circuits occidentaux. En quelques mois, le pays a renforcé sa "flotte fantôme" de méthaniers, en rachetant des navires d’occasion et en mettant en service ses premiers bâtiments construits sur son propre territoire, rapporte le Financial Times.
Selon les données de la société de suivi maritime Windward, reprises par le média économique, au moins huit méthaniers d'occasion ont changé de propriétaire au cours des six derniers mois avant d'être affectés au transport de cargaisons russes. La flotte parallèle compterait désormais 25 navires, dont deux méthaniers neufs construits par le chantier naval russe Zvezda, situé à l'extrême orient du pays.
Cette stratégie reprend un modèle déjà utilisé par Moscou dans le secteur pétrolier. Depuis le début des sanctions occidentales liées à la guerre en Ukraine, la Russie s’appuie sur une vaste flotte de pétroliers opérant en dehors des réseaux traditionnels d'assurance et de contrôle occidentaux. Celle-ci compte aujourd'hui plus d'un millier de navires. Mais dans le domaine du GNL, la tâche est plus complexe : les méthaniers sont des navires hautement spécialisés, dont la construction et l'exploitation nécessitent des technologies de pointe."C’est un phénomène unique"
"La flotte...
-
04/08 - L’Ukraine limoge son ambassadrice aux Etats-Unis : le drôle de timing de Volodymyr Zelensky
Demander plus d’armes aux Etats-Unis tout en changeant d’ambassadrice à Washington : c’est le programme diplomatique de Kiev en ce début du mois d'août. Volodymyr Zelensky a mis fin par décret aux fonctions d’Olha Stefanishyna, en poste aux Etats-Unis depuis un an. Aucun successeur n’a encore été annoncé, alors que l’Ukraine dépend toujours des livraisons d’armes et du renseignement américains pour résister à la Russie. Au même moment, Kiev pousse l’administration Trump à fournir davantage de systèmes Patriot. Changer de représentante dans la capitale américaine dépasse donc une simple affaire de ressources humaines.
Le départ ne ressemble pourtant pas à une sanction. Olha Stefanishyna assure avoir elle-même demandé à quitter ses fonctions pour des "raisons personnelles" : "Représenter l’Ukraine à Washington alors que le pays se bat pour son existence a été le plus grand honneur de ma vie", a-t-elle écrit sur ses réseaux sociaux. La semaine précédente, elle avait déclaré à des journalistes que Volodymyr Zelensky ne lui avait pas demandé de démissionner. Le président ukrainien, de son côté, n’a donné aucune raison particulière dans son décret. Le texte officiel met donc fin à ses fonctions, mais les éléments disponibles ne permettent pas de conclure qu’elle aurait été sanctionnée. Un départ programmé ?
La surprise est relative : depuis le remaniement gouvernemantal engagé à la mi-juillet, l'hypothèse de son départ circulait déjà dans la presse ukrainienne. Le président a...
-
04/08 - Afflux de migrants à Ceuta : vu de l’étranger, la crise "mérite une meilleure réponse"
Les images de dizaines de milliers de migrants franchissant les frontières de Ceuta, enclave espagnole située en Afrique du Nord, ont bouleversé l'Europe. Cependant, les 70 morts, pour la plupart par noyade ou écrasés, ont moins fait parler. "L'ampleur de cette tragédie humaine est passée presque inaperçue", déplore un chroniqueur du Guardian. Au-delà du drame, c'est l'absence d'une réponse commune qui domine les analyses de la presse européenne. Pour Bloomberg, "le chaos migratoire à Ceuta mérite une meilleure réponse que la recherche de boucs émissaires". La Repubblica, quotidien italien situé à gauche, parle, de son côté, d'une véritable "fracture au sein de l'Europe".
Si ce mardi 4 août les ministres de l'Intérieur de l'Union européenne se réunissent en urgence en visioconférence, pour mettre le sujet sur la table, la surenchère politique s'est déjà emballée. La Première ministre italienne, Giorgia Meloni, a réclamé la suspension de l'Espagne de l'espace Schengen. Une position qui selon Bloomberg "frise l'hypocrisie", le journal rappelant les appels à la solidarité lancés par Rome lors de la crise de Lampedusa en 2023. Et de noter que "la politique intérieure prime manifestement, alors que Meloni subit des pressions à droite".
Le Danemark et la Finlande ont souten
-
04/08 - Bernard Legras : "Cléopâtre était une grande cheffe d’Etat, avec une véritable vision politique"
Oubliez l’image que vous aviez de Cléopâtre VII, l’ultime représentante des Ptolémées, celle que les historiens romains dépeignaient en femme barbare, séductrice, manipulatrice, cruelle, ensorceleuse... La découverte, en 2000, d'un papyrus grec datant du 23 février 23 avant notre ère, soit quelques années seulement avant la mort de la reine, le 12 août 30, a changé le regard que l'on portait sur elle. Il s’agit d’une ordonnance royale qui porte peut-être la signature autographe de Cléopâtre. Ce document a incité l'historien Bernard Legras à écrire une nouvelle biographie de la Reine, Cléopâtre l'Egyptienne (Les Belles lettres). Invité de notre podcast Les temps sauvages, il nous plonge dans la tête de la célèbre souveraine.
Un épisode à écouter en podcast sur Apple Podcasts, Spotify, Deezer, Castbox, Podcast Addict ou en cliquant sur le player en tête de l'article.
L'Express : Qui était Cléopâtre ? On connaît son père, Ptolémée XII. En revanche, on ignore l’identité de sa mère. D’où vient-elle ?
Bernard Legras : Vous abordez immédiatement l’un des grands mystères de Cléopâtre, qui demeure irrésolu : celui de sa mère. Son père est traditionnellement identifié à Ptolémée XII. Comme toujours dans l’Antiquité, la maternité est certaine, alors que la paternité peut parfois être discutée. Mais peu importe, au fond : Ptolémée XII l’a reconnue et l’a même associée au pouvoir un an avant sa mort. Lorsqu’elle devient reine, Cléopâtre possède déjà une véritable expérience...
-
04/08 - Cuba encore plongée dans le noir : pourquoi les pannes de courant se multiplient sur l’île
Bis (et plus) repetita : à Cuba, le réseau électrique en est déjà à sa sixième panne générale de l'année. Dans la nuit du dimanche 2 au lundi 3 août, à 22h43, l'ensemble du système électrique national s'est déconnecté, plongeant La Havane et le reste du pays dans le noir. L'événement serait déjà sérieux s'il n'était pas devenu aussi régulier : la veille, tout l'ouest de l'île avait subi une panne générale. Le courant avait été rétabli dimanche après réparation. Quelques heures plus tard, retour à la case départ… Lundi, le réseau s'est de nouveau effondré alors que les autorités tentaient de le rétablir, en raison de "conditions météorologiques défavorables".
À La Havane, certaines interruptions ont récemment dépassé trente heures. Dans les provinces, elles peuvent durer plusieurs jours. À l'échelle de 9,4 millions d'habitants, ces coupures se traduisent aussi par des réfrigérateurs qui s'arrêtent, de l'eau qui manque et des ventilateurs qui ne tournent plus.
La première explication est ancienne. Cuba produit encore une grande partie de son électricité grâce à sept centrales thermoélectriques âgées de plus de quarante ans. Elles ne sont pas toutes dans le même état, mais les arrêts techniques, les pannes et les réparations y sont fréquents. Or un réseau électrique fonctionne avec peu de goût pour l'improvisation : lorsqu'une centrale s'arrête, une autre doit pouvoir prendre le relais. À Cuba, cette marge s'est considérablement réduite. La crise économique que traverse...
-
04/08 - Crise des migrants à Ceuta : l’hypocrisie de Giorgia Meloni
On peut reprocher beaucoup de choses à Pedro Sanchez. En tête de liste, les scandales de corruption qui touchent son entourage et le Parti socialiste. Mais le procès en inaction et en laxisme dans le drame migratoire de Ceuta, instruit contre le Premier ministre espagnol par Giorgia Meloni, ressemble davantage à de la malhonnêteté intellectuelle. Face aux images qui ont fait le tour du monde - plus de 60 000 migrants entrés par le Maroc massés dans l’enclave espagnole et des forces de sécurité débordées - Madrid était en droit d’attendre la solidarité de ses voisins européens, à commencer par l’Italie. Mais c’est tout l’inverse qui s’est produit. "Les images en provenance de Ceuta sont choquantes et démontrent, une fois de plus, que l'immigration clandestine incontrôlée représente une véritable menace pour la sécurité des frontières européennes", a commenté la Première ministre italienne. Faut-il rappeler à Giorgia Meloni que l'Italie a enregistré environ deux fois plus d'entrées irrégulières que l’Espagne entre 2021 et 2025, que les conditions de détention des migrants dans ses centres en Albanie sont dans le collimateur de nombreux élus européens et qu'elle-même a déjà dû faire face à une crise migratoire semblable en 2023 lorsque plus 10 000 exilés venus de Tunisie sont arrivés en quelques jours sur l'île de Lampedusa ?
Quelques heures seulement après la tragédie, qui a déjà causé 72 morts selon les autorités espagnoles, la sanction est tombée : Rome a décidé de ne...
-
04/08 - "La surprise fut générale" : quand le prince Albert de Belgique succédait au roi Baudoin
Cet article a été publié pour la première fois dans L'Express du 5 août 1993
On attendait Philippe, ce fut Albert. Serait-ce pour mieux ménager l'arrivée d'Astrid ? Coups de théâtre et intrigues shakespeariennes ne sont d'ordinaire pas inscrits au scénario dans la famille royale de Belgique. Dimanche 1er août, pourtant, quand fut annoncé que le prince Albert de Liège succéderait à son frère Baudouin, comme roi des Belges, la surprise fut générale. Dans le monde entier, comme en Belgique, où depuis quelques années le roi semblait préparer attentivement le prince Philippe - fils d'Albert - à sa succession.
Albert II, sixième roi des Belges, qui prêtera serment le 9 août, est pourtant - en toute logique dynastique - le successeur désigné du roi Baudouin. Et il fait un monarque parfaitement acceptable. Certes, il a 59 ans - à peine quatre ans de moins que son frère - mais il porte encore avec prestance l'uniforme d'amiral. Il est, de droit, membre du Sénat, par tradition, président de la Croix-Rouge. Plus important, il est, depuis 1962, président de l'Office belge du commerce extérieur. Une fonction qui l'a apparemment passionné : il a mené nombre de missions économiques à travers le monde et s'est ainsi taillé un rôle non négligeable d'ambassadeur officieux ou - selon sa propre formule - de "commis voyageur de la Belgique".
On dit qu'il a le sens de la conciliation et du compromis - des qualités importantes pour régner en Belgique. On l'assure féru de philosophie et de...
-
04/08 - Crise de Ceuta : le gouvernement espagnol a-t-il ignoré les alertes des services de renseignement ?
C’est l’une des principales zones d’ombre de la crise migratoire que vient tout juste de traverser l’Espagne. Le gouvernement espagnol disposait-il, ou non, d’informations et d’éléments de renseignement sur l’arrivée imminente de dizaines de milliers de migrants à Ceuta le 30 juillet ? Alors même que le ministre de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a démenti le 1er août une telle possibilité, plusieurs médias espagnols, dont Cadena SER et The Objective, ont évoqué dans la foulée une série d’alertes du CNI, le service de renseignement et de contre-espionnage espagnol, auprès de l’exécutif.
Plusieurs avertissements signalant le risque réel d’une arrivée massive de migrants par l’enclave espagnole de Ceuta auraient été émis auprès du ministère de l’Intérieur dans les semaines qui ont précédé la crise. Le point de bascule identifié par les analystes du CNI ? L'arrêt du Tribunal suprême du 8 juillet, qui a limité les renvois immédiats des personnes traversant à la nage vers Ceuta et Melilla. Depuis cette décision, les services de renseignement avaient détecté que des réseaux criminels pouvaient exploiter ce vide juridique pour organiser une arrivée massive. Selon El Cierre Digital, un quotidien d’investigation, les premières alertes du CNI et du renseignement militaire remonteraient à il y a deux mois.
Ce 3 août, la porte-parole du gouvernement, Elma Saiz, s’en est tenue à la version officielle : aucun rapport des services de renseignement n’aurait laissé présager...
-
04/08 - Andy Burnham, Marine Le Pen… Dis-moi où tu passes l’été, je te dirai quel politique tu es
La lumière de l’été est un révélateur assez puissant du paysage idéologique européen. Les personnages politiques n’y choisissent pas seulement une destination, mais une symbolique sociale, une mise en scène de leur rapport au pays. Tout en jaugeant quelle quantité de plaisir il est politiquement avouable de s’octroyer pendant les vacances.
Les dirigeants installés préfèrent d’abord la résidence officielle. Emmanuel Macron gagne Brégançon, forteresse républicaine au bord de l’eau : on s’y repose derrière des murs, entouré de dossiers et de conseillers. C’est la 'pause studieuse' : chemise blanche, manches retroussées, devant une pile de chemises cartonnées. La mer – à laquelle on résiste – visible par les fenêtres.
Keir Starmer avait perfectionné l’art britannique des vacances sacrifiées : annulées avant même le départ en 2024, interrompues par l’Ukraine en 2025, elles semblaient toujours témoigner moins de son repos que de son sens du devoir. Pourra-t-il maintenant enfin partir ? Au tour d’Andy Burnham de prendre ses quartiers de villégiature à Chequers en banlieue de Londres, et son Manchester chéri. Qu’ils sont loin les jours ou Tony Blair partait avec insouciance dans les endroits les plus chics de Toscane. Les vacanciers-candidats
En France, à l’approche de 2027, une espèce prolifère : le vacancier-candidat. Gabriel Attal sillonne déjà la France ; chaque café se mue en bain de foule, chaque polo en profession de foi. Edouard Philippe a trouvé mieux : rester au...
-
04/08 - Les espions allemands sont-ils mauvais ? Pourquoi le BND est si critiqué
Il a dirigé le renseignement extérieur allemand de 1998 à 2005 mais n’en est pas moins critique à l’égard du Bundesnachrichtendienst, plus communément appelé BND. Dans une tribune au vitriol publiée en août 2023 par le quotidien allemand Bild, August Hanning appelait à une refonte en profondeur de l'agence d'espionnage allemande, qualifiée à l’époque de "chien de garde impuissant".
Ses demandes semblent avoir été entendues. Sous la houlette du chancelier Friedrich Merz, et de Martin Jäger, le nouveau directeur de l’équivalent allemand de la DGSE, une réforme vise à donner au BND de plus grandes marges de manœuvre. "L’Allemagne, qui dispose pourtant de capacités techniques avancées, a de loin les lois de contrôle des techniques de renseignement les plus restrictives en Europe. L’efficacité de son renseignement n’est pas à la hauteur de sa place dans l’Union européenne", explique un dirigeant européen de la communauté du renseignement.
Souvenir de la Gestapo et de la Stasi obligent, un très strict contrôle encadre le travail de ses espions. Quant à la formule "services secrets", elle est proscrite outre-Rhin, car faisant écho aux crimes de l’Allemagne nazie et de la République démocratique allemande. "Pires espions d'Europe"
"Le BND est truffé de juristes obsédés par la confidentialité des données !", s’indigne un ex-agent de la CIA, basé à Rome, qui qualifie l'agence allemande de "pires espions d'Europe, au regard du poids de leur pays". Un ancien directeur des...
-
03/08 - Entre Zinédine Zidane et l’Algérie, l’histoire d’un amour impossible
S’il ne s’y est rendu que de rares fois depuis qu’il est devenu une star mondiale, Zidane a gardé des liens avec le pays d’origine de ses parents, où l’admiration se mêle à la sensation d’avoir raté un trésor. Entre Zizou et le pays de ses parents, les relations n’ont jamais été simples. Depuis que le nouveau sélectionneur des Bleus est sous les feux des projecteurs, les Algériens le regardent avec des sentiments mêlés, entre jalousie et l’impression d’avoir laissé échapper un génie. Celui qui fait le bonheur de la France et a contribué à son rayonnement dans le monde aurait pu (aurait dû, disent certains) apporter autant au pays de ses ancêtres.
Ce regret est né dans les années 1990. Dès que l’étoile de Zizou a commencé à briller, une polémique est née en Algérie : comment a-t-on pu passer à côté d’une telle pépite ? Les regards se tournent alors vers un des sélectionneurs les plus emblématiques du football national, Abdelhamid Kermali, qui a permis à l’Algérie de gagner sa première Coupe d’Afrique des nations en 1990. Il est reproché à l’entraîneur d’avoir vu Zidane jouer et de ne pas avoir détecté son talent. Mais dans son entourage, on assure que "personne n’avait perçu le génie" de celui dont la famille vient d’Aguemoune, un village perché sur les hauteurs de Béjaïa. "Jamais le nom de Zidane, ou d’un autre joueur issu de l’émigration, n’a été mentionné à cette époque", a affirmé encore récemment la fille de l’entraîneur disparu.
La réalité est que, contrairement à...
-
03/08 - "La peur d’une bombe saoudienne est largement exagérée" : les ambitions de MBS décryptées par l’ex-ambassadeur Michael Ratney
En décembre dernier, Michael Ratney, ex-ambassadeur américain en Arabie saoudite, décrivait dans nos colonnes un Mohammed ben Salmane concentré sur la modernisation interne de son pays, au détriment d’une implication dans les conflits du Moyen-Orient. Alors que les frappes aériennes menées avec Washington contre des milices pro iraniennes en Irak semblent contredire cette analyse, L’Express a de nouveau sollicité le diplomate, désormais conseiller principal au Center for Strategic and International Studies. Loin de changer son fusil d’épaule, Michael Ratney juge au contraire MBS en cohérence avec ses ambitions. Le spécialiste revient également sur l’accord sur le nucléaire civil conclu avec Washington, qui pourrait déboucher, selon certains analystes, sur le développement d’armes nucléaires sur le sol saoudien. Une peur qu’il juge largement exagérée. Entretien.
L’Express : Lors de notre dernier échange, vous décriviez un Mohammed ben Salmane désormais concentré presque exclusivement sur la transformation économique et sociale de son pays, cherchant à se tenir à l’écart des conflits régionaux. Les récentes frappes menées conjointement avec Washington contre des milices pro iraniennes en Irak ne vous donnent-elles pas tort ?
Michael Ratney : Non, à mes yeux, sa logique reste cohérente. Comme depuis le début, MBS ne souhaite pas que la guerre entre les Etats-Unis, Israël et l’Iran s’intensifie, car il craint d’en subir les conséquences. Il sait également que s’il adopte...
-
03/08 - Ukraine : Volodymyr Zelensky place l’un de ses alliés à la tête du renseignement extérieur
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky poursuit le remaniement de son premier cercle. Ce lundi 3 août, il a nommé Roustem Oumerov à la tête du service de renseignement extérieur du pays, tout en lui confiant la poursuite des négociations de paix avec la Russie. Une double casquette qui illustre la place centrale qu'occupe désormais ce proche du chef de l'État dans l'appareil ukrainien.
"Il a une plus grande capacité à gérer ces questions simultanément — la diplomatie, la défense et le processus de négociation avec les États-Unis et certains autres partenaires", a justifié Volodymyr Zelensky lors d'une rencontre avec des diplomates. Âgé d'une quarantaine d'années, Roustem Oumerov quitte ainsi la présidence du Conseil de sécurité, un organe consultatif, pour prendre les rênes du renseignement extérieur, sans abandonner le dossier diplomatique.
Depuis plusieurs mois, il est l'un des principaux négociateurs de Kiev dans les discussions avec Moscou. À la tête de la délégation ukrainienne lors des cycles de négociations de paix, il participe également aux pourparlers trilatéraux avec la Russie et les États-Unis, aujourd'hui au point mort. Malgré l'absence d'avancées concrètes, Volodymyr Zelensky souhaite le maintenir aux commandes de ces discussions, tout en lui demandant de poursuivre la recherche d'une issue diplomatique au conflit.Un rôle essentiel
Roustem Oumerov conservera également la coordination de l'initiative "Drone Deal", rapporte le Kyiv Independent....
-
03/08 - "En Afrique, c’étaient les meilleurs" : ce que les espions étrangers pensent de la DGSE
Décembre 2019. Alerte rouge chez Saab-Damen, consortium néerlando-suédois spécialisé dans la fabrication de sous-marins. Une deuxième intrusion informatique a été détectée, après une première, en mars. De nombreux emails ont été consultés depuis l’extérieur, en pleine période d’appels d’offres pour le remplacement de quatre sous-marins des Pays-Bas. Un contrat à 5,6 milliards d’euros. Le renseignement suédois prévient les industriels, relate le journaliste néerlandais Huib Modderkolk dans son ouvrage Vous ne voulez vraiment pas savoir cela : ce qui se cache derrière votre écran (non traduit en français), et désigne des responsables : "Ils doivent venir de France". Quatre ans plus tard, le groupe français Naval Group remporte le contrat.
Si elle n’a jamais été officiellement élucidée, l’affaire consacre les capacités cyber-offensives de la DGSE. Un des points forts du service secret français, désigné deuxième meilleure agence européenne par notre jury de 60 professionnels du renseignement. "Au sein de notre communauté, la DGSE est considérée comme un service efficace sur tous les aspects du renseignement, y compris le cyber, capable d’opérer un peu partout dans le monde", résume Grzegorz Malecki, ex-directeur des services secrets polonais. A l’image de l’armée française, le renseignement tricolore a opté pour un modèle "global", avec des compétences très diversifiées. Renseignement humain, politique, économique, cyber, satellitaire, en Europe, en Asie… Les agents secrets...
-
03/08 - En pleine vague de chaleur, Donald Trump revoit à la baisse la protection des travailleurs américains
Et si, en pleine canicule, une bouteille d'eau devenait un sujet de droit du travail ? Aux États-Unis, la question occupe désormais la Maison-Blanche, le Congrès, les syndicats et les représentants des entreprises. Sous Joe Biden, Washington avait proposé une première réglementation fédérale spécifiquement consacrée à la chaleur au travail, qui à ce jour n'a toujours pas été adoptée. Concernant environ 35 millions de salariés, le texte impose aux employeurs, dès que les températures atteignent certains seuils, d'organiser les pauses, de garantir l'accès à l'eau et de prévoir des espaces de repos. Selon le New York Times, Donald Trump n'a pas supprimé le projet, mais a en revanche décidé de le réécrire.
Aux États-Unis, aucune règle fédérale ne fixe aujourd'hui précisément les obligations de l'employeur face aux fortes chaleurs. L'Occupational Safety and Health Administration (OSHA), l'agence chargée de la sécurité au travail, peut intervenir lorsqu'un salarié tombe malade ou meurt, mais l'OSHA ne dispose pas de son propre standard national. Plusieurs États, dont la Californie, l'Oregon et le Maryland, ont donc adopté leurs propres règles. Ailleurs, l'employeur reste soumis aux obligations générales de sécurité.
Joe Biden voulait harmoniser tout cela. À l'été 2024, son administrateur propose une réglementation applicable lorsque l'indice de chaleur atteint 80 degrés Fahrenheit, soit environ 26,7 °C. Suffisamment, selon le projet, pour déclencher une première série de...
-
03/08 - Gabriel Attal en Une du "JDD" : de Kiev aux médias Bolloré, une stratégie assumée
Voilà Gabriel Attal "l’Ukrainien" entouré de prorusses. Dimanche 3 août, l’ancien Premier ministre pose fièrement en Une du JDD. Trois pages d’entretien et une promesse : "renverser la table". Pas un mot, néanmoins, sur l’expulsion de Xenia Fedorova, ex-patronne de Russia Today et propagandiste du Kremlin - l'interview a été réalisée avant l'expulsion de Federova mais le journal la défendait déjà depuis plusieurs semaines. Tout le monde en parle, pourtant, dans ce journal. Philippe de Villiers, par exemple, interrogé par Régis Le Sommier - directeur du média prorusse Omerta - juge cette expulsion "illégale" et va jusqu’à comparer Xenia Fedorova à l’écrivain Alexandre Soljenitsyne.
"Laurent Nuñez copie les bonnes vieilles méthodes de l’Union soviétique qui faisait ses mauvais coups en pleines vacances", ajoute, très sérieusement, le fondateur du Puy du Fou. Dans la même double page, le maire de Béziers, Robert Ménard, juge cet arrêté d’expulsion "disproportionné". Quelques pages plus loin, Iuliia Mendel, ex-porte parole de Volodymyr Zelensky, accuse, toute honte bue, le président ukrainien d’être "le principal bénéficiaire de cette guerre". On n’avait pas vu de numéro aussi ouvertement prorusse depuis "l’appel au sursaut", en juin, dans le JDNews, avec cet appel on ne peut plus clair : "Pourquoi la France doit renouer avec la Russie". L’ancien Premier ministre ne pourra pas dire qu’il ne savait pas.
Gabriel Attal ne recule devant rien. Il y a deux ans, alors qu'il était...
-
03/08 - Les Etats-Unis bientôt plus en mesure de protéger Israël contre l’Iran ? L’alerte d’un général américain
Et si la première puissance militaire mondiale atteignait ses limites ? Dans une alerte adressée au Pentagone, le général Alexus Grynkewich, commandant du Commandement européen des États-Unis (EUCOM), estime que les forces américaines pourraient ne plus être en mesure de garantir simultanément la protection d'Israël et celle du territoire américain, rapporte le Washington Post. En cause : le manque de destroyers disponibles au sein de l'US Navy, au moment où ces navires de guerre sont devenus indispensables pour intercepter les missiles balistiques tirés par l'Iran et ses alliés.
Selon plusieurs responsables américains, le général a averti par écrit les plus hauts responsables du Pentagone que, sans le déploiement d'un destroyer supplémentaire, il serait contraint de privilégier la défense du territoire continental américain au détriment de celle d'Israël. Cette mise en garde intervient dans le cadre des échanges réguliers entre les commandants régionaux et Washington lorsque les premiers estiment que les moyens mis à leur disposition ne sont plus suffisants. Le Pentagone s’est refusé à tout commentaire.
Auprès de L'Express, Mark Cancian, colonel des Marines à la retraite et ancien haut responsable du budget de la Défense américaine, évoquait déjà le mois dernier une situation préoccupante sur le stock des munitions américaines : "Prenons le Patriot,ce système de défense antimissile que tout le monde connaît : les États-Unis en avaient environ 2 300 avant le conflit....
-
03/08 - "Les Etats-Unis n’ont pas agi pour le Japon" : les vraies raisons de l’intervention américaine sur le yen
"Un geste d'amitié", vraiment ? Voilà comment Donald Trump a qualifié l'intervention des Etats-Unis et du Japon sur les marchés de changes pour soutenir le yen la semaine dernière. Une première depuis près de 30 ans. La monnaie nippone était récemment tombée à son plus bas niveau face au dollar depuis plusieurs décennies, fragilisée par l'écart grandissant entre les taux d'intérêt américains et japonais.
Pour l'économiste japonaise Sayuri Shirai, professeure à l'Université de Keio et membre du conseil de politique monétaire de la Banque du Japon (BOJ) de 2011 à 2016, Washington a avant tout agi pour les intérêts américains en limitant les risques de contagion sur les marchés financiers mondiaux, en particulier sur le marché des obligations américaines. Cette intervention offre toutefois une nouvelle marge de manœuvre à la Banque du Japon, qui doit désormais poursuivre la normalisation de sa politique monétaire et relever ses taux pour tenter de stabiliser durablement le yen.
L'Express : L'intervention coordonnée entre les États-Unis et le Japon est sans précédent depuis près de trente ans. Pourquoi Washington a-t-il décidé de soutenir Tokyo cette fois-ci ?
Sayuri Shirai : Il était déjà assez clair que le Trésor américain s'inquiétait de la sous-évaluation du yen. Dans son rapport semestriel sur les taux de change publié en juillet, il évoquait déjà cette question : sa position était donc connue. Ce qui rend cette intervention exceptionnelle, c'est qu'elle est intervenue...
-
03/08 - Ceuta : Schengen, régularisations… L’Europe divisée face à la crise migratoire
Sur une carte, Ceuta tient dans un coin, ce qui n'empêche pas d'y retrouver à peu près tout le débat européen sur l'immigration : le 30 juillet dernier, plusieurs dizaines de milliers de personnes, principalement marocaines, ont rejoint cette petite enclave espagnole située sur la côte nord-africaine, en traversant la frontière terrestre ou en tentant de gagner ses plages à la nage. Le bilan humain reste incertain et varie fortement selon les sources ; des dizaines de morts ont été recensées et des disparus sont toujours recherchés. Madrid affirme avoir repris le contrôle de la frontière en moins de quarante-huit heures et renvoyé l'immense majorité des arrivants vers le Maroc. L'urgence locale s'est donc rapidement atténuée. La discussion européenne, elle, commence seulement.
Mardi 4 août, les ministres de l'Intérieur de l'Union doivent se réunir en urgence. Ceuta leur pose une question vieille de plusieurs crises migratoires : lorsqu'une frontière nationale constitue aussi une frontière extérieure de l'Union, jusqu'où va la responsabilité des autres États ? Le premier désaccord est apparu avant même la réunion. Vingt-deux États membres, parmi lesquels l'Allemagne, l'Italie, le Danemark, la Belgique ou les Pays-Bas, ont demandé une réponse européenne renforcée. La France, le Portugal et le Luxembourg n'ont pas signé leur texte. Madrid, de son côté, conteste directement le diagnostic d'une partie de ses partenaires : le gouvernement espagnol assure qu'aucun des migrants...
-
03/08 - "Ouf, la Coupe du monde est passée" : le regard sans filtre d’un collaborateur de la Fifa
Après les éditions en Russie et au Qatar, on pensait enfin voir la Coupe du monde organisée dans un pays démocratique. Et pourtant, nous voilà dans l'Amérique de l'ère Trump. Dans la Coupe du monde de l'ère Trump. "Le plus grand événement humain, social et culturel de l'histoire de l'humanité", comme l'a modestement définie Gianni Infantino, le patron de la Fifa. Une Coupe du monde placée sous le signe de l'hyperbole.
Il est vrai que les stades étaient pleins, mais les véritables amateurs de football étaient peu nombreux. Peu de gens ont pu se permettre le prix exorbitant des billets et le coût de la vie aux États-Unis. Ce fut avant tout une Coupe du monde pour les Américains. Eux aiment le spectacle, quel qu'il soit : baseball, football américain ou soccer, peu leur importe. Ils achètent le maillot de l'équipe qu'ils ont décidé de soutenir et, après avoir lu les règles du football – car celles-ci étaient expliquées sur les écrans géants avant chaque match –, il leur suffit d'avoir du bruit, de la musique, des lumières. Puis de la bière, des hot-dogs, des nachos et suffisamment d'interruptions pour mieux profiter du spectacle.
Les vrais supporters, eux, ont détesté les pauses d'hydratation, surtout dans des stades couverts comme celui d'Atlanta, et les ont sifflées. Puis la Fifa a eu l'idée géniale de diffuser Country Roads, hymne de l'Amérique profonde. Les supporters américains couvraient alors les sifflets en chantant à pleins poumons. Polémique terminée.
Des...
-
03/08 - Guerre en Iran : Donald Trump dit relancer la voie diplomatique, Téhéran le contredit
La scène semble se répéter inlassablement. Dimanche 2 août, Donald Trump a annoncé que des discussions avec l'Iran devaient se tenir dès ce lundi, sans toutefois préciser ni le lieu ni les participants. Le président américain s'est aussi refusé à fixer un quelconque ultimatum au régime des mollahs.
S'exprimant devant les journalistes à bord d'Air Force One, de retour à Washington après un week-end dans sa résidence du New Jersey, Donald Trump a insisté sur sa préférence pour une solution négociée. "Est-ce que je préférerais conclure un accord ? Je n'ai pas envie de tuer des gens (…) Beaucoup de personnes meurent, et nous ne voulons pas cela", a-t-il martelé. Le président américain a également affirmé avoir été prêt à lancer "la plus vaste attaque militaire depuis la Seconde Guerre mondiale", avant d'y renoncer sous la pression des alliés des Etats-Unis, rapporte le Wall Street Journal.
Depuis le début du conflit, déclenché le 28 février par la campagne de bombardements menée par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran, Donald Trump souffle le chaud et le froid. À plusieurs reprises, il a assuré qu'un accord avec Téhéran était imminent, avant qu'un protocole signé en juin ne vole rapidement en éclats, les deux camps s'accusant mutuellement d'en avoir violé les termes. Parallèlement, le président américain n'a cessé de brandir la menace d'une intensification des frappes, évoquant encore en juillet la possibilité de viser les infrastructures énergétiques du pays.L'Iran...
-
03/08 - Visitez la Grèce et la France avec la littérature : ces deux livres à mettre dans vos valises
Corfou, Hydra, Mykonos, Santorin, Spetsai, Amorgos, Skopelos… Difficile de départager les tenants de tel ou tel lieu hellénique, alors autant se jeter sur Visitez la Grèce avec… (Éditons La Table Ronde), une passionnante anthologie naviguant des voyageurs classiques aux auteurs contemporains.
Découpée par blocs géographiques (la Grèce centrale et septentrionale, le Péloponnèse, les Cyclades, Et encore d’autres îles…), elle rappelle combien, du XIXe siècle à nos jours, les écrivains ont arpenté la terre d’Homère - Nerval, Flaubert, Henri Miller, Lawrence Durrell, Virginia Woolf, Jacques Lacarrière, Constantin Cavafy, John Fowles, Jean Cocteau font ainsi partie des 52 auteurs cités. Un petit exemple ? A la rubrique Hydra, on (re)découvre quelques extraits du Rendez-vous de Patmos, de Michel Déon, du Voyage en Orient d’Alphonse de Lamartine ou encore d’Une saison à Hydra d’Elizabeth Jane Howard. Pour les plus "pragmatiques", signalons quelques intermèdes thématiques, tels que "Boire et manger", "Chanter et danser", "Nager et naviguer"…
Si vous préférez rester dans notre beau pays, plongez-vous dans En France. Sur les pas des personnages de romans (Autrement). Ce voyage littéraire proposé par Ismaël Jude et cartographié par Gaëlle Sutton vous entraîne sur les traces de 90 héros, en compagnie de Balzac, Simenon, Fitzgerald, Sagan, Pagnol, Loti, Prévert, Mac Orlan… Comme l’écrit Erik Orsenna dans la préface de cet album : "Vous allez retrouver de vieux amis, en découvrir de...
-
03/08 - Johannes Volkmann, l’étoile montante de la CDU : les ambitions pour l’Allemagne du petit-fils d’Helmut Kohl
Il y a parfois des statues trop encombrantes. Une généalogie qui corsète la vie à moins d'en dénouer les fils. Ou de les couper carrément. Johannes Volkmann aurait pu capitaliser sur l'héritage de son grand-père paternel, Helmut Kohl, pour se faire un nom, sinon une carrière politique outre-Rhin. Même stature de judoka. Même silhouette imposante dépassant d'une bonne tête toutes les assemblées. L'ancien chancelier disparu en 2017 à l'âge de 87 ans dirigea l'Allemagne de 1982 à 1998. Il est l'artisan de la réunification. Un des architectes en chef de la monnaie unique qui parvint à convaincre les Allemands d'abandonner leur trésor national - le Deutsche mark - pour tenter l'aventure forcément incertaine de l'euro en contrepartie de l'adoption des rigoureux critères de Maastricht. Celui qui accepta enfin que la Bundesbank soit reléguée au rang de filiale parmi d'autres au sein de la Banque Centrale Européenne, installée à Frankfort. De tout cet héritage, Johannes Volkmann ne parle jamais.
A trente ans tout juste, élu en mars 2025 au Bundestag, il est pourtant l'étoile montante de la CDU, les démocrates-chrétiens allemands, parti du chancelier Friedrich Merz. Le chouchou de la droite libérale conservatrice, assiégée par la poussée spectaculaire du parti d'extrême droite populiste Alternativ fur Deutschland (AFD). Une douloureuse histoire familiale
Dans son bureau au Bundestag, aucune référence, même discrète, à l'ancien chancelier. Seules deux grandes photos en noir et...
-
03/08 - L’activité physique, ce véritable médicament vraiment pas assez prescrit
Hippocrate écrivait quatre siècles avant notre ère : "la marche est le meilleur médicament de l’homme" (1). Le médecin grec Galien, moins de deux siècles après Jésus-Christ, profond admirateur d’Hippocrate, avait repris ses théories sur l’activité physique, en proposant de la lister parmi les six déterminants majeurs de la santé, qui restent d’ailleurs d’actualité : "l’environnement, le sommeil, l’alimentation, l’humeur, et l’exercice" (2). Tant Hippocrate que Galien étaient de fervents promoteurs d’une modération des entrées (alimentation) et des sorties (exercice physique) en termes d’énergie pour nos organismes. Ainsi Galien n’encourageait pas les activités intenses des athlètes de haut niveau jugeant "que leurs exercices dépassaient la modération". Mais tout au long des âges, l’exercice physique va être considéré comme favorable à la santé.
C’est au cours du XXe siècle que les connaissances scientifiques vont s’accumuler et reconnaître les bienfaits de l’exercice physique contre le diabète, les maladies cardiovasculaires et de nombreuses autres maladies. Ainsi, dans les années 1950, une étude épidémiologique fera date en démontrant que les contrôleurs de bus, plus souvent debout que leurs collègues conducteurs, avaient moins souvent qu’eux des maladies cardiovasculaires (3). Vingt ans plus tard, un important travail a cherché à suivre des étudiants pendant plusieurs années et permis de suggérer que l’activité physique régulière pourrait réduire les risques de...
-
03/08 - Guerre en Ukraine : ce que savaient vraiment les espions occidentaux des plans de Poutine
La réunion en visioconférence a été convoquée à la dernière minute. Cet après-midi de mars 2021, interloquée par les 100 000 soldats russes massés à la frontière ukrainienne, Londres réclame une discussion avec son allié américain. Lors de cette rencontre, un analyste militaire britannique s'inquiète d'une attaque imminente. Un débat s'engage. D'autres espions de sa Majesté assurent qu'il ne s'agit que d'une démonstration de force - un avis partagé par les Américains. Ce printemps-là, un retrait progressif des Russes leur donne raison. "Cela nous a alerté sur l'imminence d'un événement majeur et nous a permis de recentrer nos efforts de collecte de renseignement bien avant le début des hostilités", raconte John Foreman, alors attaché de défense britannique à Moscou, présent à la réunion.
Six mois plus tard, les services de renseignement britanniques et américains déploient des efforts inédits pour convaincre le reste des Européens de l'imminence d'une attaque. William Burns, le patron de la CIA, enchaîne les réunions entre Moscou et le Vieux Continent. Richard Moore, celui du MI6, prêche la même parole. "Nous déclassifié des renseignements à un niveau qui n'avait jamais été atteint auparavant", se rappelle Chris Ordway, ex-haut responsable chargé de la Russie et de l'Ukraine au ministère de la Défense britannique.Une attaque d'envergure "peu probable"
Chez certains, la campagne fonctionne : sensibilisés à la menace russe par leur proximité géographique, les pays Baltes...
-
03/08 - Agnès Buzyn : "On m’a fait comprendre qu’on ne disait pas non deux fois au président…"
Le management, c'est une affaire de personnalité, de tempo. De décisions aussi évidemment. C'est pourquoi L'Express lance un nouveau podcast hebdomadaire dont l'objet est de passer à la moulinette une décision prise par un chef d'entreprise, un dirigeant politique ou une figure de la société civile. Pour ce deuxième épisode, Agnès Buzyn, présidente de l'Institut Evidences et ancienne ministre des Solidarités et de la Santé, revient sur un épisode marquant de sa vie politique et personnelle : le jour où elle a accepté de remplacer Benjamin Griveaux dans la course à la mairie de Paris.
L'intégralité de cet épisode est à retrouver sur Apple Podcasts, Spotify, Deezer, Castbox ou encore Podcast Addict.
L'Express : Agnès Buzyn, racontez-nous le jour, l'instant précis où vous acceptez de devenir la candidate de la majorité présidentielle à la mairie de Paris. C'est un choix risqué, même vertigineux. Qu'est-ce qui vous passe par la tête ?
Agnès Buzyn : Avant de dire oui... J'ai dit non ! Beaucoup. Longtemps. Près de 48 heures. Rappelons la chronologie. Benjamin Griveaux est obligé de retirer sa garniture en raison de la circulation d'une cassette compromettante, chose qu'il fait officiellement le vendredi matin. De mon côté, je suis sur France Inter, à une heure de très grande écoute, et j'explique que je n'irai pas faire la campagne de Paris parce que je n'ai pas le temps, j'ai trop de dossiers importants : la réforme des retraites, la grève des médecins hospitaliers, une...
-
02/08 - Crise de Ceuta : comment Pedro Sanchez se retrouve isolé sur la scène européenne
Alors que les autorités espagnoles affirment avoir reconduit vers le Maroc la quasi-totalité des quelque 50 000 personnes entrées de façon irrégulière dans l'enclave de Ceuta, entre le 30 et le 31 juillet, la crise migratoire se mue désormais en crise politique.
Cet afflux inédit, le plus important jamais enregistré dans cette frontière extérieure de l'Union européenne, a profondément divisé les États membres et relancé le débat sur la gestion des frontières au sein de l'espace Schengen. À Madrid, le Premier ministre Pedro Sanchez fait face à une double offensive : à l'extérieur, plusieurs gouvernements européens critiquent avec virulence la gestion espagnole de la crise, tandis qu'à l'intérieur, l'opposition de droite et d'extrême droite accuse le socialiste d'avoir favorisé un "appel d'air" par sa politique migratoire.Une Europe divisée
Les images des dizaines de milliers de migrants traversant la frontière de Ceuta en l'espace de deux jours ont en effet rapidement suscité des réactions dans plusieurs capitales européennes. Samedi, Pedro Sanchez a demandé la convocation d'une réunion exceptionnelle des ministres de l'Intérieur des Vingt-Sept, qui aura lieu mardi, tout en dénonçant le comportement "impardonnable" de certains dirigeants européens.
Une attaque notamment envers la Première ministre italienne Giorgia Meloni, qui a vivement critiqué Madrid et décidé de rétablir temporairement des contrôles aux frontières maritimes et aériennes entre l'Italie et l'Espagne....
-
02/08 - "La Hongrie va connaître cinq jours critiques" : la centrale nucléaire de Paks à l’arrêt à cause du manque d’eau
Une première en 44 ans. Alors qu'une grande partie de l'Europe est touchée par une vague de chaleur et une sécheresse prolongées, en Hongrie, la centrale nucléaire de Paks - l'unique du pays - ne fonctionnait plus qu'à un peu plus de 10 % de sa capacité dimanche matin, car il n'y a plus assez d'eau dans le Danube pour alimenter ses circuits de refroidissement.
L'agence de gestion de l'eau prévoit que le niveau du fleuve va continuer de baisser dans les jours à venir, ce qui va contraindre les autorités à mettre la centrale, d'une puissance de 2 gigawatts, totalement à l'arrêt dimanche après-midi. "Nous allons affronter les cinq jours les plus critiques", a déclaré le Premier ministre Péter Magyar dans une vidéo publiée sur Facebook. "Demain, la centrale de Paks ne produira pas d'électricité, alors que les journées les plus chaudes sont à venir." Il devrait faire jusqu'à 40 °C cette semaine en Hongrie. "Le réseau électrique, nos services publics et nous-mêmes serons tous soumis à une pression énorme", a ajouté le chef du gouvernement, qui a averti que la centrale de Paks, qui fournit environ 40% de la production annuelle d’électricité du pays, pourrait rester à l'arrêt pendant des semaines.Des centaines de millions d'euros déboursés
Péter Magyar a appelé les entreprises, les services publics, les collectivités locales et les ménages à réduire fortement ou à décaler leur consommation d'électricité entre 17h00 et 22h00. Le gouvernement décidera dimanche s'il convient...
-
02/08 - Les "illégaux" de Vladimir Poutine : ces agents dormants russes qui s’infiltrent en Europe
Est-ce une nouvelle version de la série The Americans ? Ce 1er août 2024, Vladimir Poutine attend sur le tarmac de l’aéroport de Moscou, un bouquet de fleurs à la main. Surgissent de l’avion Artem Dulstev et Anna Dultseva. "Buenas noches", lance le président de la Russie. Pendant des années, le couple fraîchement libéré a vécu sous une identité argentine en Slovénie. Ils étaient pourtant parfaitement russes.
Les Dultsev vivaient avec leurs deux enfants dans une petite villa d’un quartier résidentiel au nord de Ljubljana, la capitale, depuis 2017. Lui avait lancé sa start-up d’informatique, elle animait une galerie d’art en ligne. En décembre 2022, la police slovène découvre à leur domicile plusieurs centaines de milliers d'euros dissimulés dans leur réfrigérateur, ainsi qu'un logiciel de cryptage de messages très complexe sur leurs ordinateurs. Comme dans la série, ce couple s’était inventé une fausse identité pour dissimuler ses opérations d’espionnage. Il traitait des sources en Italie ou en Croatie.
Ces agents du SVR, le renseignement extérieur russe, ont construit leur légende patiemment. En 2012, ils arrivent séparément en Argentine, où ils font semblant de se rencontrer. Détenteurs de faux passeports autrichien et mexicain, Ludwig Gisch et Maya Mayer Munos revendiquent une ascendance argentine, ce qui leur permet de demander la nationalité. L’administration ne remarque pas les faux documents qu’ils fournissent. Comment ont-ils été confondus ? Le Wall Street Journal...
-
02/08 - "Ne laissons pas le libéralisme à l’extrême droite identitaire" : l’appel de plusieurs personnalités
Depuis quelques années, les cercles libéraux se multiplient. Clubs, diners, revues, think tanks. La famille se réveille, et l'on devrait s'en réjouir. Mais cette vitalité, très parisienne encore, a son revers. Dans cette floraison, tout ne relève pas du libéralisme, et il faut trier le bon grain de l'ivraie. Car certains de ces lieux portent un profil nouveau : il se dit libéral, mais tout son discours, dès qu'on gratte, ramène à l'immigration, au contrôle et à la fermeture. Quelque chose, là, ne va pas.
Rappelons l'évidence, puisqu'elle risque de se perdre : le libéralisme tient l'individu, et non le groupe, pour l'unité de valeur et le seul porteur de droits. De cela découle une conséquence qui n'est pas un slogan mais une nécessité logique : assigner un être humain par sa naissance, son origine ou son appartenance est étranger au libéralisme par construction. Le racisme est la négation du libéralisme.
La famille des libéraux est diverse, et c'est sa force. Anarcho-libéraux, libertariens, ordo-libéraux, libéraux classiques et conservateurs s'y côtoient, et s'y disputent beaucoup. Ils s'accordent pourtant sur l'essentiel : la primauté de la personne, les limites de l'Etat, la méfiance envers la coercition collective. Disons-le nettement, pour qu'on ne nous fasse pas dire l'inverse : un conservateur, attaché aux institutions et à la tempérance, est pleinement libéral et nous est précieux, à tous.
L'extrême droite, elle, n'a rien de libéral, et elle le sait. Alors elle...
-
02/08 - Donald Trump suspend une frappe contre l’Iran et mise sur la diplomatie... pour l’instant
Le président Donald Trump a déclaré que les États-Unis s'abstiendraient de lancer une nouvelle attaque contre l'Iran tant qu'un accord pourrait être conclu rapidement pour mettre un terme aux ambitions nucléaires de l'Iran et rouvrir le détroit d'Ormuz. Samedi soir, Donald Trump a ajouté sur sa plateforme Truth Social que l’Iran et d’autres pays du Moyen-Orient avaient demandé un délai pour conclure un accord qui conduirait à la réouverture "immédiate, complète et totale" de ce détroit vital et à "la fin de la menace nucléaire iranienne".
Il n’a pas nommé les pays concernés dans ce message, publié à la suite d’un entretien téléphonique avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, un allié des États-Unis. "Compte tenu de cette demande, j’ai accepté, dans l’intérêt futur du MONDE et, par la même occasion, de la survie d’un Iran prospère et florissant, d’annuler l’attaque, à condition de parvenir rapidement à conclure un ACCORD", a écrit Donald Trump, ajoutant qu'Israël se joignait à lui dans cet engagement.L'Iran affirme qu'il affermit sa force dissuasion
Cette apparente désescalade de la part de Donald Trump, après plusieurs jours de menaces de nouvelles attaques de part et d’autre, constitue le dernier rebondissement en date dans la guerre lancée il y a cinq mois par les États-Unis et Israël. Les attaques se sont étendues à travers le Golfe jusqu’à la mer Rouge, et ont même touché une installation en Méditerranée, en Égypte. L’Iran a en grande partie fermé le...
-
02/08 - John Cornyn rompt avec Donald Trump : la revanche d’un sénateur qui n’a plus rien à perdre
Il a longtemps été un proche soutien du président américain, au point de vouloir rebaptiser l'une des principales autoroutes du pays du nom de Donald Trump. Mais après avoir perdu la primaire républicaine au Texas face à Ken Paxton, le candidat adoubé par le président, le sénateur John Cornyn utilise désormais les derniers mois de son mandat pour défier ouvertement la Maison-Blanche.
"Vous n'avez encore rien vu", a ainsi lancé l'élu de 74 ans aux journalistes la semaine dernière, après avoir obtenu de l'administration Trump qu'elle débloque plusieurs milliards de dollars destinés au financement américain du programme de lutte contre le sida en Afrique. Cette fois, c'est la nomination de Todd Blanche, le candidat désigné par Donald Trump pour le poste d'Attorney General (l'équivalent du ministre de la Justice), que John Cornyn menace de bloquer.
Jeudi 6 août, la commission judiciaire du Sénat doit en effet examiner la candidature de Todd Blanche. Membre de cette commission, John Cornyn a d'ores et déjà prévenu qu'il pourrait voter contre, aux côtés d'un autre sénateur républicain, Thom Tillis. Tous deux réclament que le ministère de la Justice s'engage à revoir un accord conclu entre Donald Trump et l'administration fiscale.
Les deux élus demandent également l'abandon définitif d'un fonds controversé de 1,8 milliard de dollars, destiné à indemniser des personnes s'estimant victimes de poursuites judiciaires politiquement motivées. Ses détracteurs craignent que cet argent...
-
02/08 - Rentrée littéraire : ces cinquante livres qui risquent de faire parler d’eux
L’an dernier, il ne fallait pas être grand clerc : à pareille date, on avait compris que Nathacha Appanah, Emmanuel Carrère, Adélaïde de Clermont-Tonnerre et Laurent Mauvignier tireraient le gros lot. Cette fois-ci, même les cartomanciennes les plus aguerries de Saint-Germain-des-Prés jouent la prudence. Difficile de dire qui va se détacher du gros peloton des 461 auteurs en course (décompte établi par nos confrères de Livres Hebdo).
En matière de plaisir de lecture pur, impossible de faire mieux que François-Henri Désérable et Le Palais (Gallimard), dont les droits ont déjà été vendus dans 15 pays avant même la sortie française. Ce roman poétique, inventif et incroyablement divertissant nous emmène sur une vingtaine d’années de l’Inde à New York en passant par la Bourgogne sur les traces d’un faussaire de génie qui fait tourner en bourriques les plus grands spécialistes du vin. On pense tour à tour à Romain Gary, Alexandre Dumas, Patrick Süskind et Roald Dahl. Si on siégeait chez Drouant, on lui décernerait sans hésiter le prix Goncourt. Hélas le talent et l’assurance de Désérable lui ont souvent valu des jalousies. Qu’en sera-t-il cette fois-ci ?
Dans la course au Goncourt, la maison Gallimard a deux autres pions sérieux : JE de Lilia Hassaine, remake de La Prisonnière des Sargasses de Jean Rhys ; La Solitude des professeurs est infinie de Yannick Haenel, qui devrait plaire aux enseignants abonnés à Télérama. Au sein du groupe Madrigall, n’oublions pas non plus...
-
02/08 - Dette française : entre Matthieu Pigasse et le FMI, qui faut-il croire ?
Ces dernières semaines, les ministres de l'Économie et du Budget, Roland Lescure et David Amiel, ont vu déferler sur leurs bureaux plusieurs rapports évaluant la trajectoire des finances publiques de la France. Qu'ils émanent du Fonds monétaire international (FMI), de la Commission européenne, de l'OCDE ou encore de la Cour des comptes, le constat est sans appel : la dette tricolore - 3 536,1 milliards d'euros au dernier comptage - suit une pente dangereuse. Le dernier en date, rédigé par quatre économistes aux sensibilités différentes et missionnés par Bercy, n'y fait pas exception : Xavier Jaravel, Xavier Ragot, Jean-Luc Tavernier et Natacha Valla préconisent même un effort de 125 milliards d'euros d'ici à 2032, soit la fin du prochain quinquennat, pour stabiliser le niveau d'endettement public.
De quoi clore le débat ? Pas selon Matthieu Pigasse. Invité du média Legend, chaîne YouTube aux millions d'abonnés où se pressent responsables politiques, chefs d'entreprise et personnalités publiques, l'homme d'affaires, un temps évoqué comme potentiel candidat à l'élection présidentielle de 2027, affirme qu'il n'existe "aucun risque de liquidité sur la dette française". Selon le propriétaire des Inrockuptibles et de Radio Nova, qui n'a pas répondu à nos questions, l'indicateur habituellement utilisé pour mesurer l'endettement d'un pays est trompeur : il compare un stock - la dette accumulée - à un flux - la richesse produite chaque année. D'après lui, il faudrait plutôt...
-
02/08 - A quoi ressembleront les nouveaux billets en euros ? L’identité européenne, ce casse-tête
Selon qu’on retienne son identité culturelle ou sa réalité politique, sa filiation avec Athènes (la raison) ou avec Jérusalem (la foi), la richesse de sa civilisation ou les atrocités monstrueuses que ses nations commirent, la définition de l’Europe n’est pas univoque. Même le critère géographique est source de débats infinis. Dès lors, comment incarner la communauté de nations qui forment l’Union ? C’est le dilemme auquel nous confronte la Banque centrale européenne (BCE) en nous proposant de voter pour le design des futurs billets en euros, sur son site Internet, jusqu’au 21 septembre.
Deux grands choix d’illustration nous sont offerts : figures de la civilisation européenne d’un côté, oiseaux de l’autre. La culture ou la nature. Pour la première, la BCE a sélectionné six élus : Maria Callas, soprano grecque (billet de 5 euros) ; Ludwig van Beethoven, compositeur allemand (10 euros) ; Marie Curie, scientifique franco-polonaise (20 euros) ; Miguel de Cervantes, romancier espagnol (50 euros) ; Léonard de Vinci, artiste italien (100 euros) ; Bertha von Suttner, figure du pacifisme sous l’empire austro-hongrois (200 euros).
Si l’on s’attache au critère national, la France est la mieux servie puisque trois protagonistes, Callas, Curie et Vinci, y vécurent jusqu’à leur décès. On touche là du doigt la difficulté politique de l’opération : la majorité des 21 pays de la zone euro ne sont pas représentés. Les figures, cependant, sont universelles. Elles sont des archétypes du...
-
02/08 - "Un scénario d’hypersiège" : comment le Super El Niño pourrait bouleverser l’économie mondiale
L'économie mondiale est peut-être au-devant d’un double choc inédit : un épisode El Niño d'une intensité exceptionnelle sur fond de guerre au Moyen-Orient. Pris séparément, chacun de ces deux phénomènes suffit à faire trembler les marchés agricoles mondiaux. Combinés, ils dessinent ce que les chercheurs Jean-Michel Valantin, PhD et Fabrice Lollia appellent désormais un "scénario d’hypersiège" — une pression matérielle et politique qui pourrait perdurer sur nos systèmes alimentaires jusqu'en 2028 et déstabiliser les économies les plus fragiles.
El Niño n'a rien d'exotique pour les marchés : ce réchauffement cyclique des eaux du Pacifique équatorial, qui s'étale sur un à trois ans, déclenche à chaque occurrence son lot de sécheresses, d'inondations et de récoltes compromises sur près de 70 % des régions agricoles du globe, de l'Amérique du Sud à l'Asie en passant par l'Afrique. Le phénomène est si bien documenté que le FMI a pu en tirer une règle : un El Niño ordinaire fait grimper les prix alimentaires mondiaux d'environ 5 % en un an. Une note récente d'Allianz Trade rappelle que les épisodes de 1982-1983 et 1997-1998 avaient, eux, provoqué des pertes de revenus cumulées de 4 100 et 5 700 milliards de dollars sur les cinq années suivantes. Or celui qui s'annonce n'a rien d'ordinaire. L'Agence américaine d'observation océanique et atmosphérique (NOAA) lui accorde environ 80 % de chances de figurer parmi les plus intenses jamais mesurés.
Quelle sera la facture cette...
-
01/08 - "Aider ceux qui aident l’Ukraine" : Kiev envoie des pompiers à la rescousse en Gironde
Du renfort venu d'Ukraine. Alors que l'incendie se déchaîne toujours dans les Landes et en Gironde en cette mi-juillet, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé l'envoi de plusieurs pompiers pour venir en aide à leurs homologues français. Au total, 70 secouristes et 15 véhicules spécialisés vont être prochainement déployés, dans le cadre du mécanisme de protection civile de l’Union européenne (UE) auquel participe l'Ukraine, bien qu'elle ne soit pas un Etat membre de l'UE.
Ce système de coopération est destinée à faire face aux situations où les États membres ne disposent pas de ressources suffisantes, et permet aux pays européens volontaires de s'entraider rapidement en cas de catastrophe, qu'elle soit naturelle ou d'origine humaine. Alors qu’il quittait Washington après avoir assisté aux obsèques du sénateur républicain Lindsey Graham - qui a œuvré pour convaincre Donald Trump d’aider Kiev -, le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est entretenu avec Emmanuel Macron par téléphone au sujet des incendies, rapporte la chaîne d’information 24.
"L’Ukraine est toujours prête à aider ceux qui l’aident en ces années de lutte contre l’agression russe", lui aurait-il notamment déclaré, tandis que les sauveteurs ukrainiens sont partis dès le 31 juillet, plus spécifiquement dans le sud-ouest de la France où les incendies ont entraîné l’évacuation de 200 000 personnes. Le ministre de l’Intérieur ukrainien Ivan Vyguivsky, qui a échangé avec son homologue français...
-
01/08 - Pascal Bruckner : "Xenia Fedorova aurait dû être remerciée depuis sept ans..."
Figure des positions pro-russes au sein des médias de Vincent Bolloré (CNews, Le JDD), Xenia Fedorova est doublement frappée d'un arrêté d'expulsion et d'un gel de ses avoirs. Alors que les soutiens de l'ancienne patronne de RT France dénoncent une atteinte à l'Etat de droit et à la liberté d'expression, Pascal Bruckner prône depuis longtemps cette mesure au nom même du libéralisme.
Pour L'Express, l'écrivain et intellectuel, par ailleurs très engagé sur le dossier Grasset, explique pourquoi une démocratie n'a pas à tolérer "la porte-parole d'un régime ennemi qui nous a déclaré la guerre en 2014", et assure que le "libéralisme n'est pas le masochisme". Plus largement, il décrypte le virage pro-russe de Vincent Bolloré et assure que la baisse des audiences de CNews doit beaucoup au fait que cette chaîne serait devenue "la Pravda à Paris".
L'Express : La France doit-elle expulser Xenia Fedorova, accusée d’être une propagandiste du Kremlin dans les médias de Vincent Bolloré ?
Pascal Bruckner : Oui et il est temps. Cette dame aurait dû être remerciée depuis au moins sept ans. Il faut croire qu’elle bénéficiait au sein de l’appareil d’État d’appuis suffisamment forts voire de complicités pour éviter l’expulsion. Le 22 juillet, elle avait cru pouvoir souffler car elle échappait aux sanctions européennes. Mais les ministères de l’Intérieur et des Affaires étrangères ont finalement tranché. Le vrai scandale n’est pas son éviction mais la date tardive de cette éviction. Seule...
-
01/08 - Etudiants étrangers : la nouvelle offensive de Donald Trump inquiète les universités et les géants de la tech
Une fois encore, le gouvernement de Donald Trump s'attaque aux étudiants étrangers. Selon le Wall Street Journal, le président américain envisage d’imposer une taxe de 100 000 dollars aux étudiants étrangers souhaitant travailler aux États-Unis après avoir obtenu leur diplôme dans une université américaine, une mesure destinée à restreindre davantage l'immigration légale.
Si elle était adoptée, cette nouvelle taxe s'appliquerait au programme Optional Practical Training (OPT), qui permet aux diplômés étrangers des universités américaines de travailler aux États-Unis pendant un à trois ans grâce à leur visa étudiant, et qui concernait près de 419 000 personnes en 2024. En cas de feu vert de la Maison-Blanche, il resterait à déterminer qui devrait payer cette somme : les étudiants étrangers eux-mêmes, ou les universités et employeurs susceptibles de les accueillir. D'après le journal américain, cette mesure pourrait également être intégrée à une nouvelle obligation annoncée par l’administration de Donald Trump au début du mois, qui impose aux étudiants étrangers de demander une prolongation de leur visa afin de pouvoir bénéficier de leur période d’OPT. Les géants de la tech opposés
Une telle réforme pénaliserait alors particulièrement les universités américaines, qui dépendent des étudiants internationaux comme source de revenus, mais aussi les grandes entreprises de la Silicon Valley et de Wall Street, qui recrutent massivement ces jeunes diplômés pour pourvoir des...
-
01/08 - Guerre en Ukraine : des enfants ukrainiens emmenés jusqu’en Corée du Nord pour une "éducation patriotique" russe
Envoyer des enfants ukrainiens dans des camps de formation militaire en Corée du Nord, dans le but de développer... leur "éducation patriotique". C’est ce qu’aurait vécu Misha, 13 ans, originaire d’une région ukrainienne occupée par la Russie. À l’été 2025, l’adolescent a séjourné dans un camp installé au sein d’une station balnéaire nord-coréenne, rapporte le quotidien japonais Nihon Keizai Shimbun, cité par Courrier International. D’après les informations données par les médias et les écoles des territoires ukrainiens occupés par la Russie, Misha, qui vivait dans l'oblast de Donetsk, à l'est de l'Ukraine, a passé des tests de sélection pour intégrer un "camp d’amitié entre jeunes nord-coréens et russes", qui s’est déroulé en Corée du Nord en juillet et août 2025.
À son retour, Misha a expliqué aux médias des territoires ukrainiens occupés s’être "fait plein d’amis russes et nord-coréens". Durant leur séjour, les enfants des deux pays ont participé à des activités imprégnées de patriotisme, entre cérémonies de levée des drapeaux, ateliers de cuisine et représentations musicales. Lors de l’édition précédente, en 2024, la dimension idéologique et militaire était encore plus marquée. Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, un intervenant russe appelait ainsi les enfants à "se préparer à l’invasion américaine". Une rhétorique à laquelle Misha semble adhérer : selon le quotidien japonais, dans une vidéo publiée en 2023, l’adolescent affirmait que sa ville natale...
-
01/08 - Depuis la guerre en Ukraine, des espions européens toujours plus efficaces
Ursula von der Leyen sait se faire détester. Comme ce jour où, en 2024, la présidente de la Commission européenne rêvait d’une CIA version européenne à son service. Un rapport, commandé à l’ancien président finlandais Sauli Niinistö, n’aboutissait-il pas à cette recommandation ? La patronne de l’exécutif européen en était convaincue : l’Europe devait se doter de sa propre agence pour combattre les menaces, les saboteurs ou les agents étrangers. Sauf que les espions, l’Europe en compte déjà beaucoup. Mais chacun au service de leur pays. Et la mutualisation en matière de renseignement peut s’avérer délicate.
Pour comprendre la levée de boucliers suscitée par la proposition bruxelloise, il faut revenir à la définition du renseignement. "Il s’agit d’extraction d’informations par des sources généralement clandestines, qui nécessitent un haut niveau de protection et de cloisonnement. Une agence européenne entraînerait trop de risques de dispersion et de fuites : on ne peut pas traiter une source à 27 !", confie un ancien de la DGSE.
Exit donc la CIA version européenne. Les agences nationales de renseignement, très chatouilleuses en termes de susceptibilité nationale, seraient-elles condamnées au conservatisme ? L’histoire récente dit l’inverse, comme en témoignent l’incroyable vitalité et le sens de l’adaptation de ces nids d’espions. En 2022, lorsque la Russie déclenche la guerre en Ukraine, beaucoup de services de renseignements ont pourtant été pris au dépourvu.
Depuis,...
-
01/08 - En Pologne, Sinfonia Varsovia entre en scène
Dans la capitale polonaise, les bâtiments de brique rouge de la rue Grochowska changent de partition. Pendant plus d'un siècle, on y a étudié et soigné les animaux ; demain, ils vibreront au son des plus grands orchestres avec la métamorphose de cet ancien institut vétérinaire militaire en un campus musical de classe mondiale, Sinfonia Varsovia Centrum. C’est l'une des plus ambitieuses opérations culturelles actuellement menées en Europe centrale.
L'histoire commence pourtant ailleurs. En 1984, Yehudi Menuhin est invité à diriger l'Orchestre de chambre de Pologne, renforcé pour l’occasion par des instrumentistes venus de tout le pays. Le succès est tel que la formation élargie, baptisée Sinfonia Varsovia, devient permanente et acquiert en quelques années une réputation internationale. D’abord hébergé au Palais de la Culture et de la Science, ce n'est qu'en 2010 qu'il s’installe rue Grochowska, dans l’ensemble de bâtiments de quatre hectares édifiés à la fin du XIXᵉ siècle, alors que la ville appartenait encore à l'Empire russe.
Cette même année, la municipalité choisit de le restaurer et d'y adjoindre un projet architectural hors norme signé de l’agence autrichienne Atelier Thomas Pucher, qui propose de réhabiliter les édifices d’origine en les organisant autour d'un vaste parc public. Au cœur de Sinfonia Varsovia Centrum, prendra place une gigantesque salle symphonique de 1 877 places, dotée de balcons en forme de rubans flottants autour de la scène et complétée par...
-
01/08 - Ceuta : pourquoi l’Italie ne peut pas exclure l’Espagne de l’espace Schengen
La polémique ne dégonfle pas. Après la publication le 30 juillet de vidéos montrant des milliers de migrants marocains pénétrer illégalement dans Ceuta, territoire espagnol situé sur la côte marocaine, l'Italie affirme avoir temporairement fermé l'espace Schengen à l'Espagne. Le ministre des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a jugé cette mesure "inévitable", bien que les implications concrètes d'une telle décision soient encore floues. "La suspension temporaire de Schengen avec l'Espagne est une décision nécessaire pour protéger la sécurité de nos citoyens et défendre les frontières de l'Europe", a-t-il écrit sur X le 31 juillet.
Le ministère italien de l'Intérieur a confirmé avoir fermé ses points d'entrée maritimes et aériens en provenance d'Espagne, tout en précisant que cette mesure n'affecterait pas les déplacements des citoyens espagnols et européens vers l'Italie. Les contrôles aux frontières maritimes et aériennes avec l'Espagne seront "ciblés" et ne concerneront que les ressortissants non européens arrivant d'Espagne, a ajouté le ministère. La veille, Giorgia Meloni, elle-même, avait vivement réagi en voyant ces images de migrants courant vers le centre de Ceuta en empruntant la route. "Les images en provenance de Ceuta sont choquantes et démontrent, une fois de plus, que l'immigration clandestine incontrôlée représente une véritable menace pour la sécurité des frontières européennes", avait-elle commenté, avant d'appeler, elle aussi, à la suspension de...
-
01/08 - Fifa : face à la fronde, Gianni Infantino renonce à son projet controversé de céder la Coupe du monde
On voit encore les images de Gianni Infantino savourant son heure de gloire sous les confettis de la finale de la Coupe du monde, au sommet d'une Fifa plus puissante et plus riche que jamais. Quelques semaines plus tard, le patron de la Fifa a dû ravaler son aura et l'un de ses projets phares : l'ouverture du capital de l'instance à des investisseurs privés, abandonnée après une contestation sans précédent venue de ses propres confédérations. La Fifa envisageait de lever jusqu'à 4,2 milliards de dollars en cédant environ 20 % des parts d'une nouvelle entité chargée d'organiser ses compétitions, dont la Coupe du monde.
Cette proposition, rendue publique mardi, s'est immédiatement heurtée à une vague de protestations. L'instance dirigeante du football européen, l'UEFA, a notamment menacé de boycotter la Coupe du monde tant que le projet restait d'actualité, accusant la Fifa de vendre "l'âme" du football. Les confédérations asiatique (AFC) et nord-américaine, centrale et caribéenne (Concacaf) se sont également opposées au projet, regrettant de ne pas avoir été suffisamment associées aux discussions.
"Après avoir écouté attentivement tous les points de vue, il est apparu clairement que ce projet avait créé des divisions d'une nature telle que, quel que soit le niveau de soutien, elles ne servaient plus l'objectif initialement fixé", a déclaré Gianni Infantino dans un communiqué diffusé vendredi soir. "Notre objectif a toujours été – et sera toujours – d'unir et d'améliorer....
-
01/08 - A la poursuite de John le Carré : quand l’écrivain jouait les super-consultants du renseignement
Les espions et l’écrivain. En ce tout début des années 1990, la guerre froide agonise, les démocraties occidentales cherchent à anticiper la fin de l’histoire, alors pourquoi ne pas consulter le romancier le plus pointu sur ces affaires ? John le Carré débarque au palais du Quirinal, à Rome, avec un exemplaire dédicacé de La Taupe, son opus sur un traître au sommet du MI6, vendu à plus de cinq millions de copies. Pendant le déjeuner, le président de la République italienne, Francesco Cossiga, le presse de questions : les espions italiens sont-ils bons ? Comment mieux les contrôler ? Pourrait-on vivre sans espions ? A ses côtés, la trentaine de convives, l’ensemble de l’état-major des services de renseignement italiens, reste coite. Seul un homme ose saluer l’homme de lettres, ému. "Toute ma vie… Le moindre mot que vous ayez écrit… La moindre syllabe, dans ma mémoire…", balbutie l’agent secret, selon le récit qu’en fait Le Carré dans son autobiographie, Le Tunnel aux pigeons.
Il existe de nombreux exemples d’écrivains passionnés par l’espionnage. Des agents secrets fascinés par un romancier, c’est plus rare. Et pourtant. Dans de nombreux pays d’Europe, les espions ont consulté, choyé John Le Carré. Pas seulement en raison de ses 60 millions de livres écoulés. "Les livres de Le Carré, à chaque fois, on se jetait dessus. On s’y reconnaissait, on se disait : 'Ça aurait pu être nous'", nous raconte Alain Chouet, chef de service à la DGSE jusqu’au début des années 2000 et...
-
01/08 - Pologne : comment la guerre des droites pourrait rebattre les cartes en Europe
Depuis quelques jours, la Pologne vit au rythme d’un feuilleton politique digne des plus grandes conspirations de la Rome antique. Dans le rôle de César, Jaroslaw Kaczynski, maître à penser et chef du grand parti souverainiste Droit et Justice (PiS). Dans le rôle de Brutus, Mateusz Morawiecki, son dauphin, ancien Premier ministre et poids lourd de la droite conservatrice.
Dès le mois d’avril, Morawiecki avait affiché sa volonté de peser davantage sur les débats en créant son mouvement "Développement Plus". Une décision vécue comme un affront par la frange la plus fidèle à l’institution PiS. Depuis, rien n'a stoppé l’engrenage : soutenu par une quarantaine d’élus, l’ancien Premier ministre s’est décidé à lancer son propre groupe parlementaire. "Jusqu'au bout, j’ai tenté de trouver un accord. Manifestement, Mateusz Morawiecki avait en tête son plan politique personnel", a tancé Jaroslaw Kaczynski à l'égard de son ancien protégé, qui occupa le fauteuil de chef du gouvernement grâce à sa bénédiction, de 2017 à 2023.
"La trahison fait d'autant plus mal qu'elle ne vient jamais des ennemis, mais de ceux en qui l'on avait placé sa confiance", tacle quant à lui le porte-parole du PiS, Rafal Bochenek, depuis les couloirs de la Diète, la chambre basse du Parlement. Jusqu’ici l’un des visages de la réussite du camp national-conservateur, Mateusz Morawiecki se retrouve désormais relégué au rang de paria, une bascule orchestrée et amplifiée par la puissante machine médiatique du...
-
01/08 - Autisme : pourquoi les scientifiques envisagent une nouvelle définition
Dès 1926, l’autisme a été défini comme un trouble des interactions sociales se manifestant dès la petite enfance. Mais il est apparu plus tard que certaines personnes présentaient des symptômes autistiques similaires sans pour autant avoir eu un développement très perturbé, conduisant notamment à la définition du syndrome d’Asperger (forme d’autisme sans retard de langage ni déficience intellectuelle). Depuis 2013, les classifications médicales internationales ont défini le "trouble du spectre de l’autisme" en regroupant les différentes catégories précédentes, et en élargissant les critères diagnostiques. Cela a naturellement conduit à une augmentation du nombre de diagnostics d’autisme, que certains ont interprété à tort comme une épidémie.
Dernièrement, plusieurs grandes figures de la recherche sur l’autisme, comme la psychologue germano-britannique Uta Frith et le psychiatre franco-canadien Laurent Mottron ont remis en question ces nouveaux critères diagnostiques et la notion de spectre de l’autisme, au motif qu’il regrouperait des personnes ayant des troubles et des niveaux de sévérité trop différents, rendant le diagnostic trop hétérogène. Une étude publiée l’année dernière dans la revue Nature semble leur donner raison, en suggérant que les cas d’autisme diagnostiqués précocement (avant 10 ans) et tardivement (après 10 ans) refléteraient deux sous-types distincts.
L’âge auquel l’autisme est diagnostiqué varie grandement d’un individu à l’autre, allant d’environ 18...
-
01/08 - Comment Paris s’est décidé à expulser Xenia Fedorova, le visage pro-Poutine de CNews
Elle est désormais doublement frappée d’un arrêté d’expulsion et d’un gel de ses avoirs, pour une durée de six mois. Au creux de l’été, Xenia Fedorova, la figure pro-russe de CNews et, plus largement, des médias de Vincent Bolloré, s’est heurtée de plein fouet à la machine étatique française. Les sanctions qui lui ont coup sur coup été imposées sont l’aboutissement de pourparlers menés en toute discrétion ces dernières semaines au sein du gouvernement, avec leur lot de tergiversations.
L’ancienne patronne de RT France, ressortissante russe et qui déroulait sans contradiction les éléments de langage et le récit officiel du Kremlin au micro d’Europe 1 ou encore dans les colonnes du JDNews est, depuis le 29 juillet, sommée de quitter le territoire français par le ministère de l’Intérieur, pour "atteinte aux intérêts fondamentaux de l’État". Le lendemain, les autorités françaises ont couronné cette mesure d’expulsion d’un gel de l’ensemble de ses fonds et ressources économiques, pour mieux "prévenir la commission d’actes d’ingérence".
Sous forte pression politique, et sommés par l’Élysée et Matignon de prendre des mesures fermes à l’encontre de la chroniqueuse, les services de Beauvau se sont attelés plus ardemment à la tâche dès le début du mois de juin. Un épineux dossier refait alors surface : celui du mystérieux renouvellement, en août 2024 et pour dix ans, du titre de séjour de Xenia Fedorova, de son ancien nom Borchik, par le ministère de l’Intérieur et la Préfecture...
-
01/08 - "Il est fuyant" : François Ruffin, le candidat qui rêvait d’arriver à l’Élysée en auto-stop
Décidément, François Ruffin ne fait rien comme les autres. Et entend qu’on le sache. Le voilà perdu, au début de l’été, sur le bord d’une route, quelque part entre Bordeaux et Périgueux, avec son sac à dos et une pancarte en carton. L’éternel solitaire mène une campagne qui lui ressemble, en auto-stop. "J’ai décidé de me débarrasser de la com, de ne plus être entouré et d’y aller tout seul", glisse-t-il à un généreux automobiliste, qui l’a reconnu. Tout seul, mais accompagné, quand même, d’un cameraman, qui publiera les épisodes du périple sur la chaîne YouTube du député de la Somme, façon série Netflix. Après avoir progressé de quelques dizaines de kilomètres, les deux hommes doivent rebrousser chemin, à cause du Tour de France. Retour au point de départ, à Bordeaux. Le candidat se rend-il compte que tout Ruffin est là ? L’élu avance, s’entoure, noue des liens puis les coupe, cheminant seul sur cette (longue) route qui doit l’amener, si tout se passe bien, jusqu’à l’Élysée. François Ruffin, un pas en avant, deux pas en arrière.
Combien d’élus ont été approchés par l’inclassable "député-reporter", avant de n’avoir, du jour au lendemain, "plus de son ni d’image" ? Combien de petits-déjeuners, cafés, déjeuners, dîners et autres agapes a-t-il organisés ? Le nombre de rendez-vous n’y change rien : on ne trompe pas sa nature. "Il est fuyant", relève un élu communiste qui, pourtant, l’apprécie. François Ruffin a bien quelques amis, bien sûr, si tant est qu’on puisse en avoir...
-
31/07 - Crise des migrants à Ceuta : "Le Maroc envoie un signal à l’Espagne"
Les images ont fait le tour du monde : des milliers de migrants massés face aux clôtures de Ceuta, des silhouettes nageant vers l’enclave espagnole, des forces de sécurité dépassées par l’ampleur du mouvement. Depuis le 30 juillet, la petite ville est au cœur d’une crise migratoire sans précédent. Selon le gouvernement espagnol, près de 50 000 personnes sont entrées illégalement en quelques heures à Ceuta. Le bilan humain est très lourd : 57 migrants ont déjà trouvé la mort en tentant de rejoindre ses côtes à la nage, d’après les informations du quotidien espagnol El País. Cette crise migratoire a suscité de nombreuses réactions en Europe, jusqu'aux Etats-Unis. La France a annoncé un renforcement des contrôles à sa frontière avec l'Espagne, tandis que l'Italie a menacé de suspendre Madrid du système de libre circulation interne de l'UE.
Pour L'Express, Haizam Amirah Fernandez, directeur du Centre d'études arabes contemporaines (CEARC) de Madrid décortique les ressorts de cette crise qui va bien au-delà du problème migratoire. Selon cet expert, il ne fait aucun doute que le Maroc a "ouvert sa frontière pour envoyer un signal à l'Espagne". Entretien.
L'Express : Comment expliquer l'ampleur du drame qui vient de se produire à Ceuta ?
Haizam Amirah Fernandez : Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Ceuta compte environ 84 000 habitants. Si 60 000 personnes sont arrivées en quelques heures, cela représente près de 70 % de population supplémentaire d'un coup. Imaginez une ville...
-
31/07 - L’Iran derrière une cyberattaque dans le Minnesota ? Les soupçons du renseignement américain
Des pirates iraniens auraient-ils visé le Minnesota ? C'est en tout cas l'hypothèse du renseignement américain, après une cyberattaque cette semaine visant des dizaines de réseaux municipaux d'approvisionnement en eau dans l'État du Midwest, révèle le New York Times. Des responsables locaux ont indiqué que le puits et l'usine de traitement d'au moins une ville avaient été temporairement mis hors service lundi 27 juillet, tandis que d'autres municipalités de l'État ont dû recourir à des procédures manuelles pour faire face à des tentatives d'attaque contre leurs systèmes automatisés.
Si les enquêteurs n'ont pas encore établi de manière définitive que Téhéran était responsable, ce piratage intervient après plusieurs avertissements urgents des autorités fédérales chargées de la cybersécurité, en avril et en juillet. Celles-ci avaient alerté sur le fait que le Corps des gardiens de la révolution islamique ciblait depuis des mois des appareils connectés à Internet contrôlant les opérations de réseaux d'eau, de traitement des eaux usées et d'installations énergétiques aux États-Unis, provoquant dans certains cas des perturbations. La piste iranienne
Nate George, maire de Braham dans le Minnesota, a indiqué dans un communiqué publié en ligne que les services municipaux avaient détecté l'attaque contre sa ville tôt lundi matin. Après avoir appris qu'au moins quatre autres communes de l'État avaient également été touchées, ils ont conclu que leur usine de traitement de l'eau...
-
31/07 - Attaques en mer Rouge : l’Arabie saoudite forme une coalition internationale de défense maritime
L'Arabie saoudite a dévoilé jeudi 30 juillet un projet de coalition multinationale de défense maritime visant à protéger la navigation internationale, sécuriser les voies commerciales et les voies d'approvisionnement énergétique dans la région, après des attaques menées par les Houthis yéménites, proches de l'Iran.
Le ministère saoudien de la Défense a indiqué que des représentants de 43 pays et de l'Union européenne avaient participé à une réunion internationale consacrée à ce projet de coalition chapeauté par Riyad. L'objectif : renforcer la sécurité maritime et préserver les intérêts maritimes communs des Etats dans le détroit de Bab el-Mandeb, la mer Rouge et le golfe d'Aden.
Pour l'heure, quatorze pays, dont la Turquie, le Pakistan, l'Égypte, le Soudan et Djibouti, ont annoncé soutenir l'alliance proposée par l'Arabie saoudite. Parmi les six États arabes du Golfe, Oman et les Emirats arabes unis ne figuraient cependant pas parmi les pays ayant apporté leur soutien au projet de défense.Une alliance "purement défensive"
Les Etats membres ont affirmé que la participation aux activités de la coalition resterait une décision souveraine de chaque pays. Cette alliance est "de nature purement défensive, ne vise aucun État, aucune alliance ni aucune organisation internationale, et mènera toutes ses activités dans le plein respect du droit international, tout en respectant la souveraineté des États et en protégeant la liberté de navigation", ont-ils déclaré dans un...
-
31/07 - L’ascension de Donald Trump expliquée par le Monopoly
Alors que les jeux de société font un tabac, certains d’entre eux et le succès qu’ils rencontrent en disent long sur leur époque. Cet été, L'Express décrypte des jeux cultes, de l'abaissement de la culture générale que révèlent les questions du Trivial Pursuit au fil des éditions, au retour du réalisme en géopolitique avec Risk, en passant par les mutations de la mondialisation (Richesses du Monde) et le backlash contre le politiquement correct avec Blanc-manger Coco, devenu incontournable à l’heure de l'apéro. Vous apprendrez aussi pourquoi le vénérable Monopoly valide la stratégie de Donald Trump et permet d’éclairer son élection.
EPISODE 1 - De Hamlet à Cyril Hanouna : ce que le Trivial Pursuit dit du déclin de la culture G
"I like it. What’s next ?" Jeffrey Breslow, l’un des principaux concepteurs américains de jeux, ne finira pas sa phrase. Et tant pis s’il vient à peine de franchir le seuil du vingt-sixième étage de la Trump Tower (New York). Le maître des lieux, qui a publié il y a quelques mois The Art of the Deal (1987), a l’instinct pour ces choses-là - du moins aime-t-il le laisser croire. Et puis comment résister à l’idée d’un jeu à son nom inspiré du célèbre Monopoly ? Il faut dire qu’en plus d’être passé maître dans l’art de décliner sa marque sous toutes ses formes, Donald Trump est aussi un fan absolu du célèbre jeu de société qui, dit-on à l’époque, imprime plus de billets chaque année que le gouvernement américain. Au point que près de vingt ans plus...
-
31/07 - Missiles Patriot pour l’Ukraine : Donald Trump entretient le flou
Une fois encore, Donald Trump pourrait rétropédaler. Le président américain a déclaré ce jeudi 30 juillet qu'il n'avait pas encore décidé s'il autoriserait l'Ukraine à produire des missiles intercepteurs sol-air Patriot, jetant le doute sur la possibilité que Washington accepte l'une des principales demandes de Kiev. Ces déclarations interviennent seulement deux jours après sa rencontre avec son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky à la Maison-Blanche, à l'issue de laquelle ce dernier, satisfait, avait indiqué que les deux dirigeants avaient évoqué "la production de missiles intercepteurs Patriot et plusieurs autres idées".
"C'est une arme très exceptionnelle et… nous devons être un peu prudents quant aux personnes à qui nous accordons des licences", a déclaré au Financial Times le président américain. Début juillet pourtant, lors du sommet de l'Otan en Turquie, Donald Trump avait déclaré que Washington accorderait à Kiev une licence pour produire des missiles Patriot. Ce système de défense aérienne est en effet essentiel pour la capacité de l'Ukraine à intercepter les missiles balistiques russes qui visent Kiev et d'autres villes, d'autant que Vladimir Poutine a récemment augmenté leur production. "Il a l'intention de détruire l'Ukraine, et c’est pourquoi nous cherchons différentes capacités [de défense]. Nous avons réussi dans tous les domaines, mais pour cet hiver, nous avons besoin de missiles", a assuré ce jeudi à des journalistes Olha Stefanishyna, l'ambassadrice...
-
31/07 - Quand le siège de la DGSE était un camp d’internement du régime de Vichy
C’est un geste symbolique qui rappelle une histoire méconnue : le 16 juillet dernier, Nicolas Lerner, le directeur général de la sécurité extérieure (DGSE) a dévoilé une plaque au siège des services secrets, boulevard Mortier à Paris, rappelant l’histoire tragique des lieux. Une plaque commémorative au siège de la DGSE
En effet, de 1940 à 1944, la caserne des Tourelles, dans le 20e arrondissement, a servi de camp d’internement sous l’autorité de l’administration française de Vichy. Gardé par la gendarmerie, c’était le seul camp de ce genre à Paris intra muros. Le camp des Tourelles
Environ 8 000 hommes et femmes y ont été internés : "indésirables" étrangers ou français, juifs, communistes et politiques, républicains espagnols, récidivistes de droit commun ou pour infractions économiques, réfractaires au STO… Selon la DGSE, "ce camp a joué un rôle clé dans la persécution antisémite dès son ouverture, servant de premier lieu d’internement des Juifs en région parisienne avant la création du camp de Drancy." Symboliquement, la plaque a été dévoilée le jour de la commémoration de la rafle du Vel d’Hiv en 1942.
Le camp des Tourelles a été un lieu de déportation pour les femmes juives. Ainsi, le 22 juin 1942, 66 femmes juives de moins de 40 ans ont été envoyées directement depuis la gare du Bourget vers Auschwitz – la première déportation de femmes organisée depuis la France.
Plusieurs personnalités ont été détenues aux Tourelles, dont l’ancien ministre EEdgard Pisani...
-
31/07 - Désarmement du Hamas : ce que l’on sait de l’accord annoncé par Donald Trump
Le Hamas va-t-il se désarmer ? Donald Trump répond oui, le Hamas nuance, et Israël n'a pas encore officiellement répondu. Jeudi 30 juillet, le président américain a affirmé que son Conseil de paix avait obtenu "le désarmement complet du Hamas et de tous les autres groupes armés à Gaza". "Il s’agit d’une étape monumentale vers une paix et une sécurité durables", a souligné le locataire de la Maison-Blanche sur son réseau Truth Social, le Hamas soulignant surtout de son côté que les forces israéliennes devaient d'abord se retirer progressivement du territoire.
L'annonce vise à débloquer la trêve conclue en octobre 2025, après deux ans de guerre déclenchée par l'attaque du Hamas du 7 octobre 2023 en Israël. Sa première phase avait permis la libération des derniers otages israéliens en janvier, en échange de détenus palestiniens. Restait le plus difficile : retirer le Hamas du pouvoir, organiser la sécurité de Gaza et décider ce qui doit commencer entre le désarmement palestinien et le retrait israélien.Le mot qui pose problème
Les parties s’accordent sur le principe d’un processus concernant les armes du Hamas, mais elles n’en donnent ni la même définition ni le même calendrier. Les responsables américains ont décrit jeudi soir un processus en plusieurs étapes : retrait du Hamas des institutions, transfert des armes détenues par la police de Gaza, neutralisation des armes lourdes et des dépôts, désarmement individuel, puis identification et destruction des tunnels. Le...
-
31/07 - Afflux de migrants à Ceuta : l’Italie réclame l’exclusion de l’Espagne de Schengen
Les images ont suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux et à l'international. Après la publication le 30 juillet de vidéos montrant des milliers de migrants pénétrer illégalement dans Ceuta, territoire espagnol situé sur la côte marocaine, les plus hauts responsables politiques italiens ont appelé à exclure l'Espagne de l'espace Schengen. "Les images en provenance de Ceuta sont choquantes et démontrent, une fois de plus, que l'immigration clandestine incontrôlée représente une véritable menace pour la sécurité des frontières européennes", a écrit la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, sur X. "Nous sommes prêts à agir, y compris en recourant à des mesures extraordinaires pour défendre nos frontières et garantir la sécurité de nos citoyens, comme la suspension de l'accord de Schengen avec l'Espagne", a-t-elle ajouté.
Una oleada de personas, miles de ellas, ha cruzado sin control de Marruecos a Ceuta. La Guardia Civil y los medios de emergencia, superados, solo se ocupan de los heridos. Los agentes han tenido que abrir las verjas, porque querían evitar que se forme un tapón… pic.twitter.com/pYFnAmbgLw— EL PAÍS (@el_pais) July 30, 2026
Un peu plus tôt, le chef de la diplomatie italienne Antonio Tajani avait émis la même idée. "Les images qui arrivent de Ceuta démontrent comment le choix du gouvernement de Madrid d'accorder la citoyenneté espagnole, donc européenne, à plus de 500 000 immigrés irréguliers (...) encourage le trafic d’êtres humains", a jugé le...
-
31/07 - "Les Houthis peuvent reproduire à Bab el-Mandeb ce que l’Iran fait à Ormuz" : l’alerte de Maged Al-Madhaji
La tension dans le détroit de Bab el-Mandeb est à son comble. Depuis des mois, les Houthis multiplient les signaux d'escalade, jusqu'à annoncer la mise en place d'un blocus maritime contre l'Arabie saoudite. Encore le 29 juillet, ils ont affirmé avoir ciblé un pétrolier saoudien, accusé d’avoir "violé le blocus naval" en mer Rouge. Un levier que le mouvement yéménite, adossé à l'Iran, maîtrise désormais à la perfection avec ses missiles, drones, mines navales et vedettes rapides… Autant d'outils qui lui permettent de peser sur l'une des routes commerciales les plus stratégiques de la planète, sans disposer d'une marine de guerre classique.
Cofondateur et président du Sana'a Center for Strategic Studies, l'un des principaux think tanks indépendants sur le Yémen, Maged Al-Madhaji détaille pour L’Express l'ampleur des capacités du mouvement, les intérêts croisés de Téhéran et de Pékin dans ce bras de fer, et le retour, loin d'être anodin, de la piraterie au large de la Somalie. Entretien.
L'Express : Bab el-Mandeb est resté à l'écart des grandes confrontations régionales pendant des décennies. En quoi la montée en puissance des Houthis a-t-elle changé la donne ?
Maged Al-Madhaji : Le détroit a toujours tiré son importance de sa position de passage vital pour le commerce asiatique et les flux énergétiques vers l'Europe. Mais depuis la guerre israélo-arabe de 1973 - lorsque l'Egypte l'avait temporairement fermé - aucune action militaire durable n'était venue perturber la...
-
31/07 - ETF : diversifier sans avoir à choisir chaque action
Faut-il connaître chaque entreprise, suivre ses résultats et tenter d’anticiper l’évolution de son cours pour investir en Bourse ? Cette représentation reste solidement ancrée chez de nombreux épargnants. Elle occulte pourtant une autre manière d’accéder aux marchés : les ETF. Ces fonds cotés en Bourse ont pour objectif de suivre la performance d’un indice, d’un secteur, d’une zone géographique ou d’une classe d’actifs. Un seul ETF peut ainsi répliquer le CAC 40, le S&P 500, le Nasdaq 100, le MSCI World ou encore un marché obligataire.
"L’un des principaux intérêts des ETF est de déplacer la question. L’investisseur n’a plus nécessairement à se demander quelle action choisir parmi des centaines d’entreprises, mais à quelle dynamique économique il souhaite s’exposer : un marché mondial, une région, un secteur ou une classe d’actifs", explique Daniel Gravier.
Plutôt que de sélectionner des titres un par un, l’investisseur accède donc à un panier construit selon une logique connue à l’avance. Il peut s’en servir comme socle de diversification ou pour compléter une stratégie plus ciblée.La simplicité d’accès ne dispense pas de méthode
Tous les ETF ne se ressemblent cependant pas. Deux fonds suivant un même indice peuvent se distinguer par leurs frais de gestion, leur liquidité ou leur capacité à reproduire fidèlement la performance de leur référence. La méthode de réplication, physique ou synthétique, le traitement des revenus, distribués ou réinvestis, la devise de...
-
31/07 - "Doppio Mike", le sulfureux espion italien proche de la CIA et des politiques
Un complot fomenté sur une aire d’autoroute ? En mai 2021, la chaîne italienne Rai 3 se passionne pour une vidéo de Matteo Renzi, l’ancien premier ministre, aperçu sur un parking, à trente kilomètres au nord de Rome. Le sénateur, aux ambitions intactes, porte un masque chirurgical : la scène se déroule le 23 décembre 2020, en pleine épidémie de Covid. Reconnaissant l’élu, une enseignante de passage en voiture l’a filmé. Si les médias se déchainent, c’est en raison de l’identité de son interlocuteur, à la chevelure mi-longue argentée. Il s’agit de Marco Mancini, 60 ans, dirigeant de la coordination du renseignement (DIS). Un habitué des coups très tordus. Il est placé en retraite anticipée dans les semaines qui suivent.
Cinq ans plus tard, Marco Mancini est une petite star, un abonné des plateaux de la Rai, après une tournée triomphale de dédicaces de ses mémoires, Le regole del gioco, "les règles du jeu" en français. L’agent secret a joué avec toute sa vie, au point d’être emprisonné à deux reprises. A lui seul, il pourrait incarner les affres du renseignement italien : un mélange des genres avec la politique et une certaine propension à tester les limites des lois qu’il est censé protéger. "J’adore Marco mais c’est un combinard, sans cesse en train d’intriguer pour décrocher un poste", sourit un ex-agent de renseignement. "Méthode Mancini"
Surnommé "Tortellino", du nom des pâtes emblématiques de la région de Ravenne, où il est né, Marco Mancini débute chez les...
-
31/07 - "Ces renforts sont impératifs" : dans les coulisses de la mobilisation européenne contre les incendies
Un feu hors de contrôle, erratique et imprévisible. En ce vendredi 24 juillet, les sapeurs-pompiers français luttent déjà depuis trois jours contre l’incendie qui ravage les alentours du bassin d’Arcachon et de l’agglomération bordelaise, en Gironde. Les flammes ont dévoré plus de 10 000 hectares en 72 heures et entraîné l’évacuation d’environ 40 000 personnes, sans que le brasier ne puisse être fixé. À plus de 700 kilomètres de là, les pompiers suisses observent, impuissants, la progression du feu, et devinent l’épuisement de leurs confrères français.
Habitué à travailler de l’autre côté de la frontière, notamment en coopération avec le département de Haute-Savoie, le Groupement du Service d’Incendie et de Secours (GSIS) de Genève prend alors l’initiative de proposer un appui à la France par l’intermédiaire de la Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises (DGSCGC). "Tout est allé très vite : nous avons fait une proposition de moyens à 12 heures, et la France nous a confirmé les besoins à 16h36 précisément. Dès le lendemain, un détachement de 34 pompiers suisses volontaires et professionnels partait pour la Gironde", raconte à L’Express le lieutenant-colonel Frédéric Jaques, commandant adjoint du GSIS Genève.
Sur le terrain, leur aide est plus que bienvenue. Dès son arrivée, dans la nuit du 25 au 26 juillet, le détachement est mobilisé pour éteindre le feu dans un champ de panneaux photovoltaïques. Dans les jours qui suivent, les pompiers...
-
31/07 - Canicules, orages de cendres, maladies : le réchauffement climatique va-t-il réduire notre espérance de vie ?
Pour mesurer la santé d’une société, les scientifiques disposent d’un indicateur. Une formule mathématique révélatrice des affres du présent et dont le nom, chose rare chez les chercheurs, n’est pourtant pas bien impressionnant. Ceux qui veulent connaître le futur d’une population n’ont qu’à y jeter quelques chiffres - les décès d’une classe d’âge dans une période donnée par exemple - puis en ajouter d’autres - ceux de la génération d’avant - et en quelques instants, une photographie se dévoile, un instantané du temps moyen qu’il nous reste à vivre.
L’outil, appelé "espérance de vie du moment", permet de simuler le nombre d’années devant nous si tout se passait aux conditions actuelles, en agrégeant au même endroit toutes les causes de mortalité de la période. Jusque dans les années 2000, ce sismographe du temps présent est resté quasiment plat, en progression légère mais régulière, porté par l’amélioration des conditions de vie et de la médecine. Mais depuis quelques années, il ne cesse de s’agiter, griffonnant des pics de plus en plus haut, comme si quelque chose affectait la stabilité de nos existences. La première fois que la "terre" s’est mise à trembler, que l’espérance de vie du moment s’est mise à reculer, Jean-Marie Robine, démographe et directeur de recherche à l’Inserm s’en souvient très bien. C’était l’été 2003, en pleine canicule.
Cette année-là, les températures furent si fortes qu’elles entraînèrent le décès précoce de plus de 15 000 personnes en quelques...
-
30/07 - La "Maison Russie" qui a fait du MI6 le meilleur service secret d’Europe
L'homme à la broche en forme de hibou entre dans une salle à Vauxhall Cross, le siège du MI6 à Londres. En mars 2022, Joško Kadivnik, directeur de l'agence de renseignement slovène - surnommée la "Sova", ou "hibou" - s'attend probablement à des éléments sur l'invasion russe en Ukraine. Il n'en est rien. Le MI6 et la CIA suivent depuis plusieurs mois la piste d'illégaux russes, ces espions clandestins venus de Moscou. Deux d’entre eux se cachent quelque part en Slovénie. Le service secret londonien charge donc son homologue de l'enquête. Le même mois, les Britanniques indiquent à la Pologne un autre illégal sur son territoire. Tous sont arrêtés dans l'année.
Relatée par les journalistes Drew Hinshaw et Joe Parkinson dans Swap : The secret history of the new Cold war (Ed. Harper, 2025), l'anecdote illustre le leadership britannique auprès des services secrets européens sur le dossier russe. En 2021, Londres - toujours avec la CIA - avait déjà alerté sur l'imminence d'une invasion russe en Ukraine. Une expertise de pointe née d'une humiliation
Rien de nouveau : le MI6 concentre une grande partie de ses efforts sur la Russie depuis la révolution de 1917. Son réseau d'informateurs a permis plusieurs fois d'éviter la catastrophe pendant la Guerre froide. Son expertise tient à un savoir-faire inscrit dans l'ADN du service : compréhension fine du monde russe et priorité au renseignement humain. "Ce domaine a toujours attiré les officiers les plus ambitieux et les plus...
-
30/07 - Stress, mauvaise humeur... Ce que dit une nouvelle étude sur l’usage excessif d’Internet
Deux minutes sur Internet restent rarement deux minutes, mais elles peuvent très bien devenir une mauvaise humeur et trois tâches à finir le lendemain. Une étude de l'université de Duisbourg-Essen, publiée ce mercredi 29 juillet dans le journal PLOS One, précise toutefois que le problème ne tient pas seulement au nombre d'heures passées en ligne, Il commence lorsque l'usage devient difficile à contrôler et fait passer le travail, le sommeil ou les relations après la prochaine connexion.
Les chercheurs ont suivi 900 adultes allemands âgés de 18 à 65 ans, utilisateurs de jeux vidéo, de réseaux sociaux, de pornographie ou de sites d'achat. Après les avoir répartis entre usages non problématiques, à risque ou pathologiques, ils ont évalué chaque jour pendant quatorze jours leur humeur, leur stress, leur envie de se connecter, le temps consacré à l'activité et ce qu'ils avaient négligé. L'équipe a recueilli 11 139 questionnaires : de quoi comparer les impressions avec les habitudes. L'envie avant l'humeur
Le résultat le plus net concerne la tentation de se connecter. Plus elle augmentait au cours d'une journée, plus la probabilité de pratiquer l'activité en ligne concernée progressait. Elle constituait un meilleur indicateur que le stress ou la mauvaise humeur pris isolément. "Plus que le stress ou l'humeur seuls, c'est l'envie momentanée d'aller en ligne qui détermine l'usage", explique Andreas Oelker dans un communiqué de PLOS.
Les jours où cette envie était plus forte,...
-
30/07 - Guerre en Ukraine : la Pologne accuse la Russie après la chute d’un missile sur son territoire
Pourrait-il s'agir d'un missile russe ? Les premières réactions laissent peu de place au doute, depuis la découverte d'un objet non identifié à ce stade tombé dans l'est de la Pologne au cours de la nuit du 29 au 30 juillet. Les autorités locales ont retrouvé un cratère de dix mètres de diamètre et des débris éparpillés dans un champ, à la suite de signalements d'une explosion. "Tous les éléments indiquent qu'il s'agissait d'un missile balistique russe Kh-101, mais nous voulons être certains à 100 % du type de missile et de son auteur", a déclaré Donald Tusk, le Premier ministre polonais, lors d'une réunion d'urgence ce jeudi. "Il n'y avait pas de menace directe, car le missile est tombé dans une zone inhabitée. Nous étions prêts à l'abattre s'il avait poursuivi sa trajectoire", a-t-il ajouté.
La Pologne a d'ailleurs fait décoller dans la nuit des avions de chasse pour sécuriser son espace aérien après que des frappes russes ont fait au moins huit morts dans l'Ukraine voisine, lors d'attaques qui ont atteint jusqu'à la ville occidentale de Lviv.
Cet épisode est le dernier d'une série d'incursions dans l'espace aérien de pays situés sur le flanc oriental de l'Otan, notamment la Roumanie et les États baltes, qui alimentent les craintes d'un débordement de la guerre en Ukraine au-delà des frontières de l'Alliance. En septembre dernier, lors d'une autre nuit de frappes sur l'ouest de l'Ukraine, une vingtaine de drones russes étaient entrés en Pologne. S'il s'agissait de...
-
30/07 - Quand les médecines alternatives noyautent les facs : la liste exclusive des diplômes pseudoscientifiques
Assis en tailleur, les yeux fermés, deux étudiants s’enlacent, et à côté, trois autres se tortillent, ils rampent, grimpent les uns sur les autres. Vêtue de vêtements amples, la maîtresse de séance veille, elle vérifie çà et là les postures, répète doctement les principes de son cours, puis vite, les disciples du jour se mettent en boule, guidés par les sonorités vibrantes des bols tibétains et quelques envolées spirituelles à propos de la "conscience des cellules".
Raconté de la sorte dans une vidéo de présentation publiée en ligne, l'atelier a des airs de cérémonie religieuse. Ces exercices semblables à des rites initiatiques font pourtant partie du "diplôme universitaire Pratique d'éducation somatique" de la faculté des sciences de Lyon 1, une formation académique certifiée par l'établissement et censée aider les professionnels du secteur de la santé à rester au niveau. En trente jours et pour quelques milliers d'euros, le cursus promet d'initier au "Body-Mind Centering®", au "Life Art Process®" ou encore au Mouvement Authentique, des arts qui prétendent "guérir" par la seule force de "l'intuition" et dont les principes ne figurent dans aucun manuel de médecine.
Des apprentissages ésotériques, au cœur de l’université ? Ce module aux curieux intitulés n’est pas le seul à invoquer l’au-delà en guise de procédé thérapeutique. Ces derniers temps, nombreux sont les dispositifs de formation en santé à faire parler d'eux, véhiculant des concepts non éprouvés ou à risque de...
-
30/07 - Guerre en Iran : ces lanceurs de missile que Téhéran aurait achetés à la Chine
Engagé dans une guerre qui n'en finit plus avec les Etats-Unis, l'Iran se tourne vers la Chine. D'après Reuters, Téhéran s'apprêterait à recevoir d'ici quelques semaines une première livraison comprenant 300 à 400 systèmes de missile sol-air portatifs (MANPADS) chinois, notamment des missiles QW-12 et FN-16.
Cet achat, d'une valeur estimée entre 60 et 70 millions de dollars, constitue l'une des plus importantes initiatives réalisées par Téhéran, en matière d'armement à courte portée, depuis le début du conflit en février. L'Iran cherche ainsi à réduire ses lacunes défensives, concernant notamment la protection des sites militaires et des infrastructures stratégiques. Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, les États-Unis et Israël ont frappé de nombreuses installations iraniennes liées à des programmes de missiles, de drones et de défense aérienne. Le conflit a ainsi souligné la difficulté pour Téhéran de défendre des sites militaires et stratégiques fixes contre des aéronefs de pointe et des armes à guidage de précision.
Face à la reprise des frappes américaines et des négociations toujours en cours, la livraison de centaines de MANPADS viendrait considérablement renforcer le parc d'armes de défense aérienne à courte portée de l'Iran et démontrer l'intensification des liens militaires avec la Chine.Les parties concernées démentent
Selon les sources de Reuters, l'accord a été signé avec Zhongqing Baoshang International Investment, une société basée à Hongkong,...
-
30/07 - Gregory Gause III : "MBS veut la même relation qu’Israël avec les Etats-Unis"
Des frappes conjointes lourdes de sens. Pour la première fois, l'Arabie saoudite a coordonné, le 29 juillet, une offensive ciblée avec les forces américaines en Irak contre des milices liées à l'Iran. Cette intervention fait suite aux accusations de Riyad, qui affirme que des factions irakiennes ont mené ces derniers jours plusieurs attaques de drones contre des installations pétrolières saoudiennes. Une opération qui, selon Gregory Gause III, en dit long sur ce que Riyad attend désormais de Washington. Professeur émérite à la Bush School of Government (Texas A&M) et chercheur associé au Middle East Institute de Washington, ce fin connaisseur des monarchies du Golfe décrypte pour L'Express les logiques d'une région prise dans un engrenage militaire. Rivalité feutrée entre Mohammed ben Salmane et Mohammed ben Zayed, milices pro-iraniennes tiraillées entre autonomie et loyauté à Téhéran, un Premier ministre irakien qui doit ménager Washington et Téhéran, jusqu’au coup de pression de Trump pour pousser Riyad vers les accords d'Abraham…
Autant d’enjeux qui, selon lui, convergent vers un même constat : la dynamique d’escalade régionale a repris de la vigueur ces derniers jours. Et si les Emirats arabes unis seraient pour le moment sortis du champ de tir iranien grâce à un arrangement noué avec Téhéran, la Jordanie, Bahreïn et le Koweït, eux, continuent d'en payer le prix. Entretien.
L'Express : L'Arabie saoudite a mené une frappe coordonnée avec les Américains en Irak...
-
30/07 - Etats-Unis : à trois mois des élections de mi-mandat, la popularité de Donald Trump dégringole
Les semaines passent, et la popularité de Donald Trump continue de s'éroder. Selon un sondage de CNN réalisé par SSRS publié le 29 juillet, la cote de popularité globale du président américain s'établit actuellement à 34 %, soit son plus faible niveau depuis son arrivée au pouvoir, à égalité avec le score enregistré à la fin de son premier mandat, après l'assaut du Capitole du 6 janvier 2021. Désormais, la moitié des Américains déclarent désapprouver fortement son action, un record depuis le début de ses mandats, tandis que seuls 15 % affirment l'approuver fortement.
En cause notamment : la guerre en Iran. Selon un précédent sondage Reuters/Ipsos, seul un Américain sur trois soutient aujourd'hui le conflit contre Téhéran, et la majorité des personnes interrogées estime que le président n'est pas parvenu à expliquer clairement les objectifs de cette guerre. Il faut dire que Donald Trump a avancé des objectifs changeants pour justifier le conflit : aider les Iraniens à renverser leurs dirigeants, détruire les capacités balistiques de l'Iran ou encore empêcher Téhéran de se doter de l'arme nucléaire. D'après CNN toujours, 73 % des adultes américains estiment que le dirigeant n'a pas accordé suffisamment d'attention aux problèmes les plus importants du pays, et seuls 27 % jugent qu'il a fixé les bonnes priorités. Deux tiers des Américains pensent ainsi que la politique de Donald Trump a aggravé la situation économique des Etats-Unis, et que ses décisions militaires en Iran...
-
30/07 - Blocage du détroit d’Ormuz : comment le canal de Panama profite de la crise au Moyen-Orient
Un canal, ça canalise ? Celui du Panama fait tout pour. Depuis que la guerre entre les États-Unis et l’Iran a presque interrompu le trafic dans le détroit d’Ormuz, la voie d’eau de 80 kilomètres fonctionne près de sa capacité maximale, avec 36 à 40 passages par jour. En avril, le nombre de méthaniers qui l’ont empruntée a presque doublé sur un an. Privés d’une partie de leurs approvisionnements en provenance du Golfe, plusieurs pays achètent davantage d’énergie américaine. Une demande supplémentaire qui se répercute sur le canal de Panama, déjà très utilisé pour acheminer le gaz des États-Unis vers l’Asie.
Le commerce mondial cherchait donc une solution de repli. Il l’a trouvée, avec les conditions générales de vente. Le canal ne représente que 5 à 6 % du commerce maritime mondial, mais son importance tient à ce qu’il transporte. Depuis son agrandissement en 2016, il accueille les cargaisons américaines de gaz naturel liquéfié (GNL) et de gaz de pétrole liquéfié (GPL). Environ un million de barils de GPL y transitent chaque jour, entre le golfe du Mexique et les usines pétrochimiques asiatiques. Le canal continue de transporter des marchandises très diverses, des voitures aux engrais en passant par les fruits. Mais la hausse actuelle du trafic tient surtout aux cargaisons énergétiques.Un créneau à quatre millions de dollars
Avant la fermeture du détroit d’Ormuz, un passage attribué aux enchères coûtait en moyenne entre 135 000 et 140 000 dollars. En avril et mai, la...
-
30/07 - Guerre en Iran : Brad Cooper, l’amiral américain prêt à intensifier les frappes
Il était jusqu'à présent resté dans l'ombre des principaux conseillers militaires de Donald Trump, dans la guerre opposant les Etats-Unis à l'Iran. Mais ces dernières semaines, la presse a révélé le rôle clé qu'il jouait dans la suite des opérations. Alors que Washington a lancé dans la nuit de ce mercredi 29 au jeudi 30 juillet une première riposte contre l'Iran après une attaque surprise de missiles iraniens survenue mardi, le président américain pourrait donner son feu vert au plan de l'amiral Brad Cooper, chef du Commandement central américain (CENTCOM).
Cette option prévoit dix à quatorze jours de frappes aériennes intensives destinées à paralyser les capacités balistiques iraniennes. Selon des personnes proches du dossier citées par le Wall Street Journal, elle viserait à dépasser le cadre des simples frappes de représailles, qui n’ont jusqu'à présent guère réussi à dissuader Téhéran de menacer les navires circulant dans le détroit d'Ormuz ou de tirer des missiles contre les forces américaines déployées dans la région. "En frappant très fort", dixit Brad Cooper, l'objectif serait d'accroître considérablement l'intensité du conflit, afin d'affaiblir davantage les capacités iraniennes et de limiter le recours aux munitions défensives américaines.
Le général Dan Caine, président de l'état-major interarmées et autre conseiller du président, se montre de son côté plus dubitatif, soulignant la diminution croissante des stocks américains d'intercepteurs de défense...
-
30/07 - "J’espère que vous allez bien" : quand le développement personnel fait de la politesse un signe de faiblesse
Depuis quelques années, un même refrain revient dans les livres de développement personnel, chez certains "experts" en leadership et conférenciers TEDx, sur les réseaux sociaux, voire sur des comptes qui semblent générés par une IA : des formules aussi banales que "désolé de te déranger", "je me permets" ou "j'espère que vous allez bien" seraient devenues des marques de faiblesse. Des ralentisseurs de carrière. Sur YouTube, la coach américaine Shira Miller affirme ainsi devant son auditoire : "Si quelqu'un est en retard à une réunion, je préfère de loin qu'il dise Merci pour votre patience plutôt que de s'excuser encore et encore en faisant de ce retard le point central de notre échange."
Même son de cloche chez Maja Jovanović, qui se présente comme sociologue, auteure et experte en développement de la confiance en soi. "Comment les excuses tuent notre confiance en soi", l'oratrice fait la chasse aux phrases du type "Désolé, est-ce que c'est un bon moment ?" ou "Puis-je vous interrompre ?", qu'elle juge symptomatiques d'un manque d'assurance, surtout chez les femmes. Sarthak Ahuja, un "banquier d'affaires, formateur en entrepreneuriat", suivi par près de 300 000 abonnés sur YouTube, recommande de bannir de nos emails les formules "J'espère que vous allez bien" (qu’il invite à remplacer par "Bonjour, je vous contacte au sujet de") ou "Je me permets de revenir vers vous concernant..." (qui, selon lui, nous fait là aussi perdre en assurance).
En France, le phénomène reste...
-
30/07 - Air Force One : comment Donald Trump a poussé pour utiliser l’avion offert par le Qatar
Pour transporter un président américain, les dorures restent facultatives ; les contre-mesures antimissiles, nettement moins. Donald Trump vient d'en faire l'expérience avec son nouvel Air Force One, un Boeing 747-8 offert par le Qatar, petit bijou transformé dans l'urgence pour que le locataire de la Maison-Blanche puisse l'utiliser pour ses déplacements, et mis en service ce 1er juillet. Une semaine plus tard, après l'identification d'une menace crédible de groupes iraniens contre le président, le Secret Service demandait à ce dernier de quitter la Turquie, où il s'était rendu pour participer à un sommet de l'Otan, à bord de l'ancien appareil utilisé jusque-là. De par ses mots, Donald Trump le reprenait "pour le bon vieux temps" : celui-ci disposait surtout des protections que ses gardes du corps connaissaient déjà.
Le calendrier a sa part à jouer dans l'histoire : comme le raconte une longue enquête du New York Times, Donald Trump voulait inaugurer son nouvel appareil avant le 4 juillet 2026, date du 250e anniversaire des États-Unis. L3Harris, prestataire militaire sélectionné pour moderniser l'avion qatari, a donc mobilisé jusqu'à 400 salariés, répartis sur trois équipes, pour achever en huit mois une transformation qui aurait normalement demandé plusieurs années. Le président a personnellement validé la décoration, la peinture extérieure, les communications et les dispositifs de sécurité, quitte à faire fi des objections de son service de sécurité. L'Air Force n'a...
-
30/07 - La productivité scientifique des Etats-Unis pourrait doubler : "La doctrine Kratsios pose exactement les bons constats"
En 1945, l'iconique rapport de Vannevar Bush posait le cadre qui allait transformer la machine scientifique américaine en rouleau compresseur. En 2026, la doctrine de Michael Kratsios, conseiller du président Donald Trump, promet de la métamorphoser de nouveau. Son but ? Rien de moins que doubler la productivité scientifique en dix ans sans dépenser plus. A l’heure de l’IA, l’objectif n’a cependant rien d’insensé. Explications avec André Loesekrug-Pietri, président de la Joint European Disruptive Initiative (Jedi) qui se trouvait aux côtés des grands patrons de laboratoires américains, lors de la présentation du rapport “Science : A New Golden Age” à Washington.
L'Express : Quels sont les points clés de cette doctrine Kratsios qui veut refonder la politique scientifique des Etats-Unis ?
André Loesekrug-Pietri : D'abord, elle souligne l'importance de financer les meilleurs et non le grand nombre. L'écart se creuse entre les scientifiques classiques et ceux qui tirent un secteur, attirent les meilleurs doctorants et créent l'effet d'entraînement. Il y a un vrai star-system, assez proche de celui du sport : quand un très bon profil part, il en emmène d'autres avec lui. C'est toute la guerre entre les grands de l'IA. Meta a annoncé des salaires allant jusqu'à 100 millions de dollars. Quand Yann LeCun lève des fonds, c'est sur son nom.
Quand Nvidia annonce il y a deux jours
-
30/07 - Incendies : l’armée bientôt confrontée à ses limites ?
Un A400M survolant le ciel hexagonal, rejetant des tonnes d'un produit rouge vif au-dessus d'un brasier de plusieurs milliers d'hectares. La scène a des airs d'apocalypse. Elle pourrait devenir de plus en plus commune à l'avenir. Face à l'incendie incontrôlable se déchaînant dans les Landes et en Gironde en cette mi-juillet, l'appareil a été équipé d'un kit de largage de retardant. Un dispositif inédit, fruit d'une convention signée entre le ministère des Armées et de l'Intérieur ce 17 juillet, déployé pour venir en appui à la sécurité civile.
Les événements de cette année obligent à prendre des mesures d'une envergure inhabituelle. En cause, la taille de l'incendie en cours en Nouvelle-Aquitaine : 42 000 hectares ravagés, plus de 230 000 personnes évacuées, auxquels s'ajoutent plusieurs autres foyers d'incendies sur le territoire, notamment dans le Var ou en Corse. Sept des douze Canadair de la protection civile ont été mobilisés ces 25 et 26 juillet pour lutter contre les flammes, le reste étant en maintenance. Le mécanisme de protection civile de l'Union européenne est venu prêter main forte à la France : sept avions et quatre hélicoptères et des pompiers fournis par sept Etats membres.
Mais la nouveauté de cet été est bien militaire. En plus de l'A400M, d'autres équipements ont aussi été mis à contribution. Parmi eux, un drone MQ-9 Reaper et plusieurs autres modèles surveillent la progression des feux, ainsi que des hélicoptères Caracal et deux avions - un A330...
-
30/07 - Qui sont les meilleurs espions d’Europe ? Les coulisses de notre classement
Un classement d’espions, vraiment ? En vue de raconter le renseignement en Europe sous un œil inédit, une petite équipe à L’Express s’est mis en tête, vers le début du printemps, de proposer une hiérarchie des agences spécialisées. Un palmarès comme celui des meilleurs lycées ou des pires hôpitaux ? Pas vraiment. A la différence des établissements scolaires ou des bons vins, l’espionnage est une matière secrète. Il n’y aura jamais de Coupe du monde des sabotages de gazoducs, aucun concours des meilleures taupes au Kremlin sous Poutine. Dans cette guerre de l’ombre, les exploits doivent rester invisibles. On aurait pu en conclure qu’il serait vain, voire grotesque, de classer les agents secrets. Nous avons pensé le contraire : voilà exactement pourquoi ce classement, réalisé par soixante professionnels du renseignement, issus de vingt-cinq pays, est important.
Retrouvez notre classement > MI6, DGSE, Ukraine... L'Express dévoile le palmarès inédit des meilleurs espions d'Europe
Parce que l’espionnage est une discipline hautement secrète, le grand public n’a que peu de moyens de se faire une idée des performances d’agents payés par le contribuable, pour un budget oscillant entre 1 et 5 milliards d’euros annuels dans les grands pays d’Europe. Encore plus dommageable quand on mesure que disposer d’espions compétents est devenu un attribut de la puissance des Etats, comme le fait de posséder la bombe atomique, un porte-avions ou un siège au Conseil de sécurité de...
-
29/07 - Le palmarès des meilleurs espions : le classement inédit de L’Express
-
29/07 - Retraits en série, procureur révoqué et offensive américaine : la CPI en eaux troubles
Une tempête s'abat sur la Cour pénale internationale. La CPI est actuellement confrontée à de nombreux défis, entre le retrait de plusieurs Etats membres, la destitution de son procureur Karim Khan et la campagne lancée par les Etats-Unis pour l'affaiblir, remettant son autorité supranationale en cause.
Ce lundi 27 juillet, le Tchad est devenu le cinquième pays à annoncer se retirer de la CPI en l'espace d'un mois. Dans un communiqué, N'Djaména a présenté sa décision comme "l'aboutissement d'un examen approfondi du fonctionnement" de l'institution, dont l'efficacité serait "limitée et à géométrie variable". Le gouvernement dénonce en particulier une "instrumentalisation politique" contre le continent africain, avec pour preuve le fait que sur les treize enquêtes ouvertes par la Cour depuis son entrée en vigueur, neuf "concernent des Etats africains".
Cette décision intervient alors que les organisations nationales et internationales accusent le Tchad de soutenir au Soudan le général Hemedti, chef des paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), lui-même accusé de violations des droits fondamentaux.Une institution "politisée", selon ses détracteurs
Le retrait du Tchad de la CPI, organe de justice internationale créé en 2002 pour juger les auteurs de crimes de guerre et crimes contre l'humanité, a eu lieu trois jours après l'annonce de celui du Venezuela, pour des motifs similaires. La présidente du pays par intérim, Delcy Rodriguez, a assuré vendredi que cette...
-
29/07 - Soixante espions ont voté : voici le classement inédit des meilleurs services secrets d’Europe
Font-ils bien le même métier ? Mi-juin, un militaire lituanien musculeux nous raconte la guerre en Ukraine en buvant des ginger beer sur un tabouret dans la rue, près de la Gare du Nord. Un tempérament aux antipodes du Français ventru rencontré dans un lieu cossu quelques jours auparavant, un adepte des sigles compliqués et des cocktails d’ambassade. A en croire leurs fonctions récentes, ils ont pourtant très probablement mené des opérations de concert.
Pendant trois mois, L’Express s’est immergé dans l'Europe des espions, démarchant une centaine d’hommes de l’art. L’objectif ? Raconter la guerre invisible du Vieux Continent, en questionnant le constat du diplomate britannique Alexander Cadogan. Cet ancien conseiller de Churchill décrivait le renseignement comme le "chaînon manquant" des analyses géopolitiques. Secret oblige, le grand public n’aurait accès qu’à une version incomplète, parfois trompeuse, des bouleversements de l’histoire.
Les espions ne se laissent pas facilement aller aux confidences. Mais beaucoup revendiquent, sans trop en dire, cette théorie, avec souvent en tête une opération qui a tout changé, en Iran, en Ukraine, en Syrie. Y compris dans le regard porté sur le pays détenteur d’un renseignement décisif. "Venant des Affaires étrangères, je ne m’imaginais pas l’intensité des relations de renseignement entre les pays. C’est beaucoup plus nourri que la diplomatie", confie un ancien directeur du renseignement suisse.
Pour arracher des détails sur la...
-
29/07 - Allemagne : Friedrich Merz sous le feu des critiques après un remaniement laborieux
Ce remaniement gouvernemental devait relancer le mandat du chancelier allemand. Il s'est pourtant transformé en crise politique au sein de son propre camp, l'Union chrétienne-démocrate (CDU), qui menace de sérieusement fragiliser Friedrich Merz. Après plusieurs jours de spéculations, celui-ci a finalement annoncé le 27 juillet la nomination de Steffen Bilger, 47 ans, ancien secrétaire d'État aux Transports entre 2018 et 2021, au poste de ministre des Transports.
Ce dernier remplace Patrick Schnieder, que Friedrich Merz jugeait insuffisamment efficace face aux retards chroniques de la compagnie ferroviaire Deutsche Bahn et au manque de projets destinés à moderniser les infrastructures allemandes. Objectif pour le nouveau ministre : faire en sorte que l'Allemagne devienne "plus rapide et meilleure, pour ouvrir une nouvelle ère de progrès".Chaises musicales
C'est la dernière nomination attendue. Plus tôt dans le mois, un vaste jeu de chaises musicales avait été déclenché par la démission le 18 juillet de Jens Spahn, chef du groupe parlementaire CDU/CSU au Bundestag, qui avait alors quitté ses fonctions après avoir annoncé la naissance d'un fils par gestation pour autrui (GPA) aux États-Unis. Une pratique interdite en Allemagne, et à laquelle il s'était lui-même opposé.
Pour lui succéder, Friedrich Merz a choisi son fidèle directeur de cabinet Thorsten Frei, 52 ans, dont la nomination vient d'être approuvée ce mercredi par les députés de l'alliance conservatrice CDU/CSU....
-
29/07 - Fifa : avec Gianni Infantino, la financiarisation du football mondial à son paroxysme
A peine retombé le souffle d'une Coupe du monde à la taille et aux retombées économiques inédites, la Fédération internationale de football (Fifa) et son président, Gianni Infantino, entendent repousser les limites. L'instance a annoncé, mardi 29 juillet, son intention de créer une société commerciale, regroupant plusieurs de ses activités - le sponsoring, la billetterie, l'octroi de licences ou encore la gestion opérationnelle de la compétition -, dont une fraction des parts serait vendue à des investisseurs privés. A la clé, une rentrée d'argent qui pourrait avoisiner 10 milliards de dollars et serait ensuite redistribuée aux 211 fédérations qui composent l'organisation.
L'opération, qui consisterait à lever 4,2 milliards de dollars dès cette année, serait notamment menée un consortium présidé par Thrive Eternal, un fonds d'investissement lancé récemment par Joshua Kushner, frère de Jared Kushner, qui n'est autre que le gendre de Donald Trump. Un curieux mélange des genres lorsque l'on connaît la proximité entre Gianni Infantino et le président américain. C'est ce dernier qui avait personnellement appelé le patron de la Fifa pour faire annuler le carton rouge - pourtant incontestable - du joueur américain Folarin Balogun, avant le huitième de finale qui opposait les Etats-Unis à la Belgique en juillet.Une financiarisation à l'œuvre depuis plusieurs années
Si la Fifa promet que les potentiels futurs actionnaires de la nouvelle entité Fifa Forward Enterprise (FFE) ne...
-
29/07 - Etats-Unis : la Maison-Blanche fait d’une pierre deux coups en interdisant les robots chinois
Depuis ce mardi 28 juillet, la Federal Communications Commission (FCC), le régulateur américain des télécommunications, bloque l'homologation des nouveaux "dispositifs robotiques avancés" fabriqués à l'étranger. Humanoïdes, chiens-robots ou machines sur roues : les appareils mobiles capables de naviguer et de transmettre des données sont cernés. La mesure ne nomme aucun pays, mais vise d'abord la Chine, premier fabricant mondial du secteur.
Les modèles déjà autorisés par la FCC ou utilisés aux États-Unis peuvent rester en circulation. En revanche, les nouveaux appareils étrangers ne pourront plus obtenir l'autorisation nécessaire à leur commercialisation. L'agence pourra également réexaminer les homologations existantes. Comme lors de précédentes restrictions visant les drones et les routeurs, elle devrait ensuite exempter certains fournisseurs non chinois.
La justification américaine tient en trois risques : l'espionnage, le vol de données et la prise de contrôle à distance. Ces robots combinent capteurs, intelligence artificielle et connexion à Internet. La Maison-Blanche estime qu'ils pourraient circuler dans une usine, observer leur environnement, approcher des infrastructures sensibles et recevoir des instructions de l'extérieur. Selon la FCC, un acteur hostile pourrait exploiter les informations collectées, renforcer les capacités d'un service de renseignement ou commander la machine à distance. Un robot peut mal serrer un boulon ; il peut aussi enregistrer tout...
-
29/07 - "L’Odyssée de Nolan est moins féministe que l’œuvre d’Homère" : l’analyse de l’helléniste Edith Hall
Avec plus de trois millions d’entrées en France en deux semaines, "L’Odyssée" s’impose déjà comme l’un des grands succès cinématographiques de l’année. Et ce, malgré les polémiques alimentées par une partie de la droite conservatrice américaine, qui accusent Christopher Nolan d’avoir livré une adaptation "woke" de l’œuvre d’Homère. En cause : le choix de Lupita Nyong’o – une actrice noire - pour jouer Hélène de Troie, ainsi que celui de confier le rôle de Sinon à l’acteur transgenre Elliot Page. Au point de pousser Elon Musk à annoncer la sortie, d’ici la fin 2026, d’une version produite par intelligence artificielle "historiquement exacte et fidèle au travail d’Homère".
Mais pour l’helléniste britannique Edith Hall, auteure de The Return of Ulysses : A cultural History of Homer’s Odyssey (Johns Hopkins University Press, non-traduit), parler d’exactitude historique pour un mythe issu d’une tradition orale vieille de trois millénaires n’a "pas beaucoup de sens". Loin d’être une ode au wokisme, l’adaptation de Christopher Nolan serait en réalité "assez sexiste" comparée à l’œuvre originale, explique à L’Express cette professeure à l’Université de Durham. Entretien.
L’Express : Comment expliquez-vous qu’une œuvre vieille de près de trois millénaires continue de susciter un tel enthousiasme ?
Edith Hall : L’Odyssée d’Homère est "la mère de toutes les histoires", parce qu’elle mobilise certains des schémas narratifs les plus efficaces qui soient. Il y a d’abord le récit du...
-
29/07 - Moyen-Orient : ce que l’on sait des frappes de l’Arabie saoudite et des Etats-Unis en Irak
L'armée américaine et l'Arabie saoudite ont franchi une ligne inédite mardi 28 juillet, en menant dans la nuit des frappes conjointes contre des milices pro-iraniennes en Irak. C'est la première fois depuis le début de la guerre, le 28 février dernier, que l'Arabie saoudite reconnaît officiellement sa participation aux hostilités aux côtés des Etats-Unis dans le conflit contre l'Iran. L'armée saoudienne a brièvement confirmé sa participation à l'attaque, sans donner davantage de précisions. Le Commandement central américain (CENTCOM) a affirmé que l'opération a visé "plusieurs sites logistiques et dépôts d'armes terroristes".
Ces frappes sont, selon le CENTCOM, des représailles après que plus de 30 attaques de drones ont été ordonnées par le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) iranien ces derniers jours. Les États-Unis et l'Arabie saoudite accusent les milices proxy irakiennes d'en avoir exécuté une partie en ciblant les infrastructures énergétiques de Riyad avec des drones. Le ministère saoudien de la Défense a indiqué que les défenses aériennes avaient intercepté et détruit plusieurs drones qui avaient tenté de viser des installations pétrolières dans la région orientale du royaume. Selon Washington, ces groupes préparaient de nouvelles attaques contre les forces américaines et les infrastructures énergétiques saoudiennes.Les milices irakiennes nient toute implication
Réagissant à ces frappes, un haut responsable militaire iranien, dont l'identité n'a...
-
29/07 - "La Bataille de Gaulle" : comment un film mal vendu a conquis son public, par Christophe Donner
S’il y a un film que j’ai toujours envie de voir, c’est un film sur le général de Gaulle. Dès qu’il en sort un, je me précipite pour le voir. Pourtant, au vu de la bande-annonce de La Bataille de Gaulle, s’il y a un film que j’étais certain d’éviter, c’est bien celui-là. J’admets qu’on critique le Général, qu’on le ridiculise, même, mais pas comme ça, dans le pompeux, le grotesque, le ringard. Et que dire de l’affiche du film, ce calligramme en croix de Lorraine, portant le nom de tous les malheureux ayant participé à ce naufrage, générique macabre, en lettres grises sur fond noir, comme si, pour finir de les enterrer on avait pris soin de les rendre illisibles, cette affiche aussi alléchante que la porte de l’enfer, elle clouait le cercueil.
Aussi, n’ai-je pas été surpris d’apprendre, une semaine après sa sortie en salle, que ce de Gaulle était un flop. Pas surpris et (vous allez voir comme c’est bête) plutôt rassuré : les gens ne sont pas aussi stupides, me suis-je dit, ils ont compris comme moi, au vu de la bande-annonce, que malgré les millions d’euros annoncés pour sa fabrication, c’était un complet ratage.
Le premier à me parler du film après être allé le voir malgré la bande-annonce, c’est mon oncle Joël : lui, l’ancien coco, l’avait beaucoup aimé. Et Claudine son épouse, royaliste bon teint, encore plus. Ils se seront laissé bercer par le confort de la clim sous la canicule, j’ai pensé. C’est aussi la vague de chaleur qui expliquait à mes yeux cet absurde taux...
-
29/07 - Bloquer le détroit de Bab-el-Mandeb ? Le scénario cauchemardesque pour l’économie mondiale
La crise d'Ormuz l'a bien montré, les détroits jouent un rôle vital dans le commerce mondial. De Malacca à Béring, en passant par le Bosphore, L'Express vous invite à un voyage dans ces lieux emblématiques, où se joue l'avenir du monde.
EPISODE 1 - Détroit de Taïwan : le passage maritime qui pourrait faire vaciller le monde
EPISODE 2 - Bosphore - Dardanelles : les détroits turcs, ce double verrou stratégique face à la Russie
EPISODE 3 - Piraterie, contrebande et désastre écologique : le détroit de Malacca, talon d'Achille de l'ogre chinois
A quelques mètres du rivage, la proue du cargo se dresse vers le ciel, comme pétrifiée. Sur le flanc, son nom en lettres blanches. Galaxy Leader. En novembre 2023, ce roulier de 190 mètres navigue dans la mer Rouge, lorsqu’il est pris en chasse par un hélicoptère. Sur la carlingue, deux drapeaux floqués : l’un yéménite, l’autre palestinien. Kalachnikov en bandoulière, une dizaine d’hommes cagoulés sautent sur le pont et capturent l’équipage, qui ne sera libéré que quatorze mois plus tard. Le bateau, lui, sera coulé au large de cette plage déserte.
Ces combattants, des Houthistes, une secte chiite qui fait partie de "l'axe de la résistance" mené par l'Iran contre Israël, ne s’arrêtent pas là. Dans l'année qui suit, ils bombardent 124 navires qui remontent vers le canal de Suez ou cinglent, dans l'autre sens, vers le détroit de Bab-el-Mandeb, prélude à l’océan Indien, causant une chute drastique du trafic maritime. Seules les frappes...
-
29/07 - Derrière les opérations clandestines de l’Ukraine, l’aide discrète de la DGSE et du MI6
Pour faire rêver un espion, il suffit d'un seul mot : Spiderweb. Le 1er juin 2025, plus d'une centaine de drones s'élèvent, depuis des conteneurs acheminés en Russie, et frappent simultanément quatre bases aériennes. Quelque quarante avions auraient été détruits. Longtemps jugé peu fiable, le renseignement ukrainien frappe les esprits et multiplie depuis les opérations spectaculaires sur le territoire russe. "Les Ukrainiens sont premiers en Europe en matière d'actions clandestines", estime Ralph Goff, ancien chef des opérations Europe et Eurasie de la CIA.
Face à la guerre, ils ne pouvaient que périr ou s'améliorer. "Les opérations sont réussies aussi parce qu'on les aide !", confie un ex-haut cadre de la DGSE. Épaulés par la CIA dès 2014, comme révélé par le New York Times, les Ukrainiens ont profité ces dernières années des enseignements de plusieurs pays européens.
Des forces spéciales polonaises et britanniques ont accompagné Washington dans la formation des officiers ukrainiens - un dispositif resté actif après l'invasion de 2022, selon un "haut gradé polonais" cité dans l'ouvrage Polska na wojnie, du journaliste Zbigniew Parafianowicz. En novembre 2024, à l'ambassade britannique à Paris, Richard Moore, alors chef du MI6, revendiquait cet "héritage en matière d'opération clandestine" comme socle du soutien britannique à l'Ukraine. "Les pays baltes et les Pays-Bas les ont aidés sur les questions techniques. Le MI6 et la DGSE sur l'opérationnel", résume un haut cadre...
-
29/07 - Derrière le triple assassinat rue La Fayette à Paris, l’ombre des services secrets turcs
Les espions font souvent basculer l’Histoire. Dans l’ombre, depuis des siècles et partout sur la planète, certaines opérations ont défini le monde tel que nous le connaissons. Dans "Nid d’espions", le podcast de L’Express consacré au renseignement, on ouvre un dossier secret-défense, dans lequel le rôle des espions a tout changé.
Le 23 décembre 2022, dans le 10e arrondissement de Paris, un homme ouvre le feu en plein jour. La fusillade fait trois morts et quatre blessés. Les victimes : Emine Kara, responsable du mouvement des femmes kurdes en France, Mîr Perwer, un jeune auteur-compositeur kurde, et Abdurahman Kizil, un militant politique kurde.
La thèse terroriste n’est pas retenue par les enquêteurs. Les Kurdes, eux, soupçonnent la Turquie d’être à l’origine de cette attaque. Le lendemain, c’est toute une communauté qui descend dans la rue pour manifester. Sur les banderoles, on peut lire : "10 ans après le 9 janvier, l’Etat turc a encore massacré 3 de nos amis à Paris !! ". Les manifestants font référence au triple assassinat de militantes kurdes qui a eu lieu, dans ce même quartier, 10 ans plus tôt. Cette affaire de 2013 ébranle la communauté kurde, et les soupçons d’implication des services secrets turcs sont relancés.
Dans cet épisode de "Nid d'espions", Charlotte Lalanne et Charlotte Baris retracent les circonstances du meurtre de ces trois militantes kurdes.
-
28/07 - Vaccins et autisme : le bras de fer entre Donald Trump, Robert Kennedy Jr. et la justice
Y a-t-il un moyen de faire baisser l'autisme aux États-Unis ? Pour Donald Trump, la réponse se trouve dans les vaccins. Et le président ne se prive pas d'insister auprès de son ministre de la Santé pour qu'il réduise les vaccinations recommandées aux enfants : en mai, lors d'un déjeuner dans son club de golf de Virginie, Donald Trump reproche à Robert F. Kennedy Jr. le fait que le dossier n'avance pas davantage. Mi-juin, même sujet dans le bureau Ovale, avec une consigne plus nette : celle d'accélérer. Selon le Wall Street Journal, le locataire de la Maison-Blanche ramène désormais presque chaque échange sanitaire avec "RFK Jr." aux vaccins et à l’autisme. Il espère qu’un calendrier allégé sera suivi d’une baisse des diagnostics, même si un tel effet, à supposer qu'il existe, demanderait des années pour être mesuré. Le président estime avoir déjà laissé assez de temps à son ministre.
Retour en janvier : Kennedy propose de ramener de 17 à 11 le nombre de maladies couvertes par les recommandations fédérales de vaccinations infantiles. En mars, le juge Brian Murphy suspend la réforme. Selon lui, le gouvernement a contourné le comité d'experts chargé d'établir ces recommandations et nommé illégalement plusieurs de ses membres. La décision ne clôt pas le dossier. Fin mai, Donald Trump signe donc un décret ordonnant au ministère de réduire le nombre de vaccins recommandés. Et puis, en juin, Kennedy saisit une cour d’appel pour obtenir un examen plus rapide. Ses équipes...
-
28/07 - "Le stock de munitions américain est préoccupant" : l’alerte d’un ex-colonel des Marines
L’inquiétude est palpable au Pentagone. Ces derniers mois, les stocks des arsenaux américains ont fondu à vitesse grand V alors que l’armée américaine vient de mener deux guerres à haute intensité dans la même année face à l'Iran. Colonel des Marines à la retraite et ancien du budget de la Défense américaine, Mark Cancian, et son collaborateur Chris Park, scrutent depuis des années les inventaires d'armement au Center for Strategic and International Studies (CSIS) de Washinghton, après plus de sept ans passés au Bureau de la gestion et du budget (OMB) et avoir servi au Vietnam et en Irak.
Coauteur d'un rapport de référence "Last Rounds ?", il détaille pour L'Express l'état réel des stocks américains, notamment les Patriot et Tomahawk. Si la guerre a été mise sur pause depuis ce week-end, Donald Trump pourrait prochainement intensifier ses opérations militaires au Moyen-Orient. Et ainsi accentuer les tensions sur les capacités matérielles des forces armées. Entretien.
L'Express : Les stocks de munitions américains ont-ils réellement pesé sur la décision de Donald Trump de suspendre ses frappes contre l'Iran ?
Mark Cancian : C'était un facteur important, oui. L'armée a jugé que le risque devenait trop élevé et que poursuivre les frappes l'aggraverait encore. Mais ce n'était pas le seul élément : Trump voulait aussi laisser une chance aux négociations - il saisit toujours ce genre d'opportunité - et il craignait une escalade côté houthiste. Pour la première fois,...
-
28/07 - Andy Burnham Premier ministre : le retour en force du Labour dans les sondages
Ce n'était pas arrivé depuis plus d'un an. Le parti travailliste devance le parti d'extrême droite Reform UK dans un important sondage d'opinion paru ce lundi 27 juillet au Royaume-Uni. Le Labour surfe sur la dynamique créée par Andy Burnham au cours de sa première semaine en tant que Premier ministre. Tandis qu'à l'autre extrémité du spectre, Reform UK et son leader, Nigel Farage, pâtissent ces dernières semaines de plusieurs scandales, qui ont terni leur image : dons et contributions non déclarés, conseiller reconnu coupable de fraude...
Selon le dernier sondage hebdomadaire réalisé par l'ONG More in Common, le parti travailliste gagne quatre points cette semaine et grimpe à 28 % de popularité, tandis que Reform et les Verts perdent respectivement deux et trois points, tombant ainsi à 24 % et 8 %. Les conservateurs restent quant à eux stables à 22 %, tandis que les libéraux-démocrates progressent d'un point à 12 %.
"Notre dernier sondage montre un renversement de tendance. Le Labour passe en tête avec quatre points d'avance. C'est sa première avance depuis mars 2025 et son meilleur score depuis novembre 2024", a déclaré le directeur de More in Common au Royaume-Uni Luke Tryl. Une évolution qui découle selon lui du "Burnham bounce", soit un regain de popularité lié au nouveau Premier ministre.Andy Burnham multiplie les annonces
D'autres instituts de sondage ont fait état d'une tendance similaire ces derniers jours : la preuve semble-t-il que l'attention portée par le...
-
28/07 - Défense : l’Autriche prête à allonger son service militaire face aux menaces
À l'heure où certains pays d'Europe occidentale, comme l'Allemagne, cherchent à réintroduire un dispositif de service militaire, l'Autriche, pays neutre, prévoit de porter la durée du sien de six à neuf mois afin de s'adapter à un contexte sécuritaire bouleversé par la guerre en Ukraine, a annoncé ce lundi 27 juillet le gouvernement.
Aujourd'hui l'une des seules nations à imposer le service militaire obligatoire, l'Autriche compte ainsi renforcer son système. Longtemps négligée, l'armée autrichienne se retrouve dorénavant au centre des attentions de Vienne. "Les conditions de sécurité ont radicalement changé au cours des dernières années, des derniers mois et des dernières semaines. Le rêve d'une paix durable en Europe s’est brisé, au plus tard, avec la guerre d'agression menée par la Russie contre l'Ukraine" a déclaré le chancelier Christian Stocker lors d'une conférence de presse lundi, à l'issue d'une réunion du Conseil des ministres.
Le chef du gouvernement, membre du Parti populaire autrichien (OVP), a également noté que de nouvelles menaces étaient apparues, notamment les attaques hybrides et la cyberguerre. Pour le chancelier, qui s'exprimait depuis une caserne militaire près de Salzbourg, Vienne doit ainsi "prendre davantage en main ses propres moyens d'autonomie et de protection de la population".
En mai dernier, Christian Stocker avertissait déjà des risques liés à la menace russe. "En cas de conflit, nous serions également une cible" avait-il mis en garde,...
-
28/07 - Jérôme France : "Jules César est une figure disruptive pour les gourous de la Silicon Valley"
"Tsar", "Kaiser", "franchir le Rubicon", "césarisme"... On ne compte plus les mots et les expressions liés à son nom. Caïus Julius César (100-44 av. J.-C.) demeure une référence politique. Professeur émérite à l’université Bordeaux-Montaigne, Jérôme France déchiffre sa philosophie du pouvoir et de la conquête dans cet épisode de notre série de podcasts sur les grands stratèges de l'Histoire. On doit à cet historien une passionnante histoire fiscale de la conquête romaine, Tribut (Les Belles Lettres). Il publiera le 4 septembre, toujours aux Belles Lettres, Résister à César, une enquête sur la révolte gauloise de 21 montrant les limites de la "paix romaine".
Un épisode à écouter en podcast sur Apple Podcasts, Spotify, Deezer, Castbox, Podcast Addict ou en cliquant sur le player en tête de l'article.
L'Express : Quelle est, selon vous, la leçon la plus actuelle que l’on puisse tirer de César ?
Jérôme France : Je crois que César nous enseigne d’abord la nécessité de bien identifier ses ennemis. C’est une leçon qui me paraît particulièrement précieuse pour nos démocraties. Ses actes nous montrent également qu’une véritable stratégie ne doit pas être guidée par la passion, mais par une vision rationnelle déterminée par l’appréciation des réalités politiques, et géopolitiques. Cette exigence me semble tout aussi actuelle.
Peut-on parler de géopolitique à propos de César ou s’agit-il d’une notion trop moderne ?
Le mot est moderne, mais les Romains auraient parfaitement...
-
28/07 - SpaceX : après le démarrage en fanfare, le dur retour sur terre pour Elon Musk
Elon Musk n'est plus trillionnaire, même s'il lui reste plusieurs centaines de milliards de dollars pour traverser cette période délicate. Mi-juin, l'introduction en Bourse de SpaceX avait porté sa fortune théorique jusqu'à 1 320 milliards de dollars. Un mois plus tard, l'action est retombée sous son prix d'introduction et Bloomberg n'attribue plus à ce jour qu'environ 700 milliards à l'entrepreneur. L'intéressé a résumé l'ajustement sur X : "(Former) Trillionaire" (ancien trillionnaire, en français).
Introduite à 135 dollars le 12 juin 2026, l'action SpaceX avait atteint 225,64 dollars quatre jours plus tard. Fin juillet, elle évolue désormais entre 111 et 113 dollars. Plus de 1 000 milliards de dollars de capitalisation ont disparu depuis le sommet. Pour Elon Musk, qui détient environ 42 % du groupe, la correction se compte en centaines de milliards. Il ne les avait pas encaissées ; il ne les a donc pas matériellement perdues. Mais son patrimoine dépend presque entièrement de SpaceX et de Tesla. La nuance protège son compte bancaire, moins son classement en Bourse.SpaceX découvre les résultats trimestriels
Pour Elon Musk, ne plus être trillionnaire reste donc largement symbolique. Pour SpaceX, le changement est beaucoup plus concret. Tant que l'entreprise demeurait privée, ses décisions étaient évaluées par quelques investisseurs capables d'attendre plusieurs années. Depuis son introduction en Bourse, chaque lancement, chaque problème de moteur et chaque dépense ont...
-
28/07 - Attaque terroriste à Berlin : l’Allemagne sous-estime la menace islamiste
Vingt-cinq ans après la destruction des tours jumelles de New York par des islamistes qui avaient détourné des avions de ligne, onze ans après les attentats de Paris, la menace que pose l’islam djihadiste continue à être sous-évaluée au cœur de l’Europe. L’attentat du 25 juillet à Berlin en témoigne : l’homme qui a lancé sa camionnette sur la foule de la Marche des fiertés, tuant une femme et blessant 29 personnes, était identifié depuis cinq ans déjà comme un islamiste radicalisé.
L’attaque a alourdi le climat politique à l’approche de trois élections régionales en septembre à Berlin et dans deux Länder de l’est de l’Allemagne. Le parti d’extrême droite AfD, première force politique aujourd’hui selon les sondages d’intentions de vote, exploite de longue date les thèmes de l’insécurité et du danger que poserait l’immigration musulmane, mais aussi du laxisme dont il accuse la justice.Remis en liberté
Le fait qu’Abdul Ballout, 21 ans, ait été remis en liberté au mois de mai 2026 par un tribunal berlinois après quelques mois de détention préventive, puis qu’il ait pu perpétrer l’attentat anti-homosexuel alors qu’il était censé être sous surveillance policière, apporte de l’eau au moulin de l’AfD. Car selon l’expert antiterroriste allemand Peter Neumann, professeur d’études de sécurité au King’s College à Londres, l’attaque contre la Marche des fiertés aurait "à coup sûr" pu être évitée. La justice s'est trop focalisée sur une possible resocialisation du prévenu, au...
-
28/07 - Droits de l’homme : la France et les Etats-Unis étalent leurs désaccords à l’ONU
C'est une nouvelle étape franchie dans les tensions entre Paris et Washington. Lundi 27 juillet, à l'occasion d'une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU, des diplomates américains ont quitté la salle lors d'un discours de la délégation française. La France avait reproché aux Etats-Unis vendredi de s'être opposés au renouvellement du mandat de Volker Turk, haut commissaire aux droits de l'Homme de l'organisation. Et s'était insurgée de voir Washington s'aligner sur les votes de régimes autoritaires.
Volker Turk, dont le travail implique de dénoncer les violations des droits de l'Homme par les pays membres de l'ONU, a vivement critiqué la guerre d'Israël à Gaza, et a également plaidé pour une "refonte massive" de la politique d'immigration américaine avant la Coupe du monde, citant des problèmes liés au "profilage racial, à la surveillance et à l'application des lois sur l'immigration". D'où la réticence des Etats-Unis à voter pour sa reconduction, approuvée par 144 voix contre 10."Indignation morale"
Dès le vote vendredi, la Mission de la France auprès des Nations unies à Genève a réagi sur X : "Les Etats-Unis étaient autrefois un modèle en matière de droits humains. Ce n’est plus le cas. Aujourd'hui, ils se retrouvent aux côtés de la Corée du Nord, du Nicaragua, du Mali et de la Russie. Isolés. Et le monde ne les écoute plus", a-t-elle posté, s'attirant ainsi les foudres de la délégation américaine.
Mike Waltz, l'ambassadeur américain auprès de l'ONU, a répliqué dans...
-
28/07 - "Certains ont peur des représailles" : comment sortir d’une relation professionnelle toxique
Parfois de bonnes relations professionnelles peuvent se dégrader subitement au premier désaccord ou face à une difficulté. D'autres fois, dès les premiers échanges, on sent que l'on a affaire à un collègue ou à un manager "toxique". Comment s’en prémunir ? "Attention, le concept de manager toxique n’est ni médical ni légal", prévient Anaïs Roux, directrice scientifique de Teale (plateforme de prévention en santé mentale) et psychologue du travail. "Une relation toxique ne relève pas du pénal, sauf lorsqu'elle s'accompagne de faits de discrimination ou de harcèlement moral ou sexuel", précise Elise Chaumon, directrice générale associée d’Egidio (cabinet de conseil en prévention des risques) et psychologue experte judiciaire. Remettre le travail au coeur de la relation
Dans les situations les plus graves, qui dépassent le cadre d'une simple relation dysfonctionnelle, des signalements doivent être effectués auprès des ressources humaines, de la direction, des représentants du personnel, de l'inspection du travail ou de la médecine du travail. Une enquête menée par un expert extérieur peut alors s'imposer, l'employeur étant tenu d'assurer la santé et la sécurité de ses salariés.
Hormis ces cas extrêmes, tout collaborateur peut être confronté à une relation toxique susceptible de provoquer un profond mal-être. "Il faut agir pour que le travail redevienne le centre de la préoccupation professionnelle du salarié", insiste Elise Chaumon. Reste une question : est-il vraiment...
-
28/07 - Multiplication des incendies : "Il n’y a pas assez de pompiers en France pour faire face"
Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, l'affirme : les moyens affectés à la lutte contre les incendies ont augmenté au cours des dernières années et la France sait gérer les crises. Le secrétaire général du Syndicat des sapeurs-pompiers volontaires de France, Bruno Ménard, tire pourtant la sonnette d'alarme. Selon lui, la France aurait besoin de deux fois plus de pompiers volontaires supplémentaires pour faire face à la multiplication des feux et respecter les directives européennes sur le temps de travail. Entretien.
L'Express : La France compte environ 50 000 professionnels et environ 200 000 bénévoles. Mais selon vous, il en faudrait le double. Comment parvenez-vous à ce chiffre ?
Bruno Ménard : Il suffit de regarder ce qui se passe sur le terrain. Les interventions sont plus nombreuses et plus exigeantes qu'avant. Par ailleurs, la réglementation a changé. La reconnaissance du statut de travailleur pour le sapeur-pompier volontaire par un arrêt du Conseil d'État du 9 juillet dernier change la donne. Un pompier volontaire qui intervient de nuit entre deux journées de travail prend un désormais un vrai risque le lendemain matin — celui d'être écarté par son employeur. Je m’explique : un employeur qui constate qu’un de ses employés n'est pas en condition de travailler endosse une responsabilité pénale en cas de problème. Lorsque son employé arrive au bureau un matin après une nuit passé à lutter contre un incendie, il peut très bien lui dire de rentrer chez lui pour...
-
28/07 - "Nous n’avons pas le choix" : en 1975, les accords d’Helsinki vus par Jean-François Revel
Cet article a été publié pour la première fois dans L'Express du 4 août 1975
Rien n'est plus fantaisiste et fallacieux que d'assimiler, selon le cliché devenu brusquement à la mode, l'actuelle conférence d'Helsinki au Congrès de Vienne de 1815.
A juger, sur cet exemple, la compréhension du passé chez les hommes d'Etat et les diplomates, on peut concevoir quelques alarmes sur leur intelligence de l'avenir. La substance de l'Histoire est-elle faite de relations publiques, et la salle des banquets compte-t-elle plus que la salle de conférence ? En 1815, la France était écrasée et occupée. L'argument clé de Talleyrand fut la légitimité dynastique : les alliés, plaida-t-il, avaient expulsé l'Usurpateur pour restaurer les Bourbons dans leurs droits, non pour châtier les Français.
J'ai beau chercher, je ne vois pas la plus petite ressemblance, ni dans l'objet de la négociation ni dans la position du négociateur (fort heureusement pour lui et pour nous) entre la mission de M. Valéry Giscard d'Estaing en 1975 et celle de Talleyrand en 1815, bien que le chef de l'Etat ait tenu à emporter en Finlande des livres sur le ministre de Louis XVIII. Les esprits chagrins, en revanche, inclinent à rapprocher la conférence d'Helsinki d'une autre conférence internationale, plus récente, celle qui aboutit, en 1928, au Pacte Briand-Kellog, par lequel 64 pays s'engageaient solennellement à renoncer à la guerre.
Sur quoi les adversaires d'Helsinki fondent-ils leur pessimisme ? Selon eux, les...
-
28/07 - Contre la Chine, l’Europe doit oser la guerre commerciale
Comment stopper le rouleau compresseur chinois, sans se faire écraser par lui ? C’est le dilemme de l’année pour l’Union européenne. L’enjeu est la survie de ce qu’il lui reste d’industrie. En expansion constante, le déficit commercial avec Pékin a atteint au mois de juin le record historique de 1,1 milliard d’euros par jour. Les experts de la Commission anticipent avec angoisse un trou quotidien de 1,5 milliard d’euros d’ici la fin de l’année. C’est insoutenable.
Les Cassandre avaient raison : les exportateurs chinois, dont l’accès au marché américain est entravé, déversent massivement leurs produits en Europe, dernier grand marché à haut pouvoir d’achat qui leur est encore ouvert. L’UE est un titan économique qui souffre d’un déclin relatif. La Chine, elle, poursuit son essor, même si le rythme se ralentit. Selon les lois de l’historien grec de l’Antiquité Thucydide, la puissance montante et la déclinante sont condamnées à s’affronter.
En l’occurrence, la guerre qui couve est commerciale et elle risque d’être dévastatrice. Les produits industriels et technologiques chinois, de plus en plus haut de gamme mais toujours aussi compétitifs, mettent en péril le cœur industriel de l’Union. On le voit dans les voitures électriques et les robots aujourd’hui, demain dans la pharmacie, la chimie, l’aéronautique ou le luxe. Au mois de mai, pour la première fois, une voiture neuve sur dix vendues en Europe, toutes catégories confondues, était de marque chinoise. Elément plus...
-
28/07 - Incendies en Gironde : le RN bientôt rattrapé par la question climatique ?
Au Rassemblement national comme ailleurs, on a ses thématiques de prédilection. La question écologique n’en fait pas partie. Au cours de l’année écoulée, la plupart des cadres assumaient de ne pas faire de ce sujet l’un des thèmes principaux de la campagne présidentielle à venir. "L’élection portera sur nos thématiques : l’immigration, la sécurité et le pouvoir d’achat.", assurait un député RN. Du réchauffement climatique et de ses conséquences, il n’était pas question. Les incendies qui ravagent actuellement la Gironde rebattent les cartes et imposent, en ce début d’été, l'enjeu climatique au cœur des débats. Marine Le Pen, pour l’heure, s’est fendue d’une réaction sur son compte X, se désolant des "images terribles des incendies qui ravagent la Gironde et les Landes [et] saisissent d’effroi tous les Français", et assurant de son soutien les familles touchées par ces événements.
Pas un mot toutefois sur le changement climatique et ses répercussions, ou une ébauche de propositions pour s’emparer du sujet. Dans son programme de 2022, le RN proposait un livret thématique sur la question écologique de 18 pages - contre 46 pour celui traitant du contrôle de l’immigration -, qui déclinait les onze mesures portées par le parti. Parmi celles-ci : proposer de nouvelles étapes de l’aménagement du territoire pour "réveiller la vie en zone rurale" selon le concept de "démétropolisation" cher au parti lepéniste ; assurer "la sécurité écologique de la France" à travers "son autonomie...
-
28/07 - Antoine Vermorel-Marques, le plus écolo des LR : "Nos électeurs sont en avance sur nous"
Malaise à tribord. La maison brûle - littéralement - et la famille politique de Jacques Chirac, l'auteur de cette formule restée dans les annales, semble comme désemparée à force d'avoir regardé ailleurs. Sur les réseaux sociaux, dans la presse, les réactions à droite se font timides. On feint un peu moins qu'à l'habitude l'indignation, comme si chacun sentait venir l’inévitable invitation à faire profil bas ; mais on tient son rang : la clé résiderait dans l’adaptation. Et si on commandait un bombardier d’eau "souverain", suggère le premier ? Et pourquoi pas un "Canadair européen", abonde le deuxième ? Le vrai problème, c'est le manque de moyens, renchérit le troisième. Faire amende honorable, en revanche, ça non, au grand désarroi d'Antoine Vermorel-Marques, Cassandre esseulée au sein d'un camp qui continue de faire l'autruche.
Auteur d'un ouvrage à paraître en novembre (en pleine COP31), ce fils d'éleveur laitier plaide depuis son élection en juin 2022 à l'Assemblée pour que la droite "redevienne" écolo ; ce qu'elle a, selon lui, toujours été - du moins, jusqu'à un certain temps. Entretien.
L'Express : Comment jugez-vous la réponse de l'exécutif à la crise que la France vit depuis plusieurs jours ?
Antoine Vermorel-Marques : 220 000 personnes ont été évacuées sans hécatombe, ce qui est une prouesse opérationnelle. Mais nous vivons aussi un moment de bascule. Quand dans la même année, vous avez 115 000 hectares qui partent en fumée avec 13 000 départs de feu, ce...
-
28/07 - Alireza Akbari, le ministre iranien qui espionnait pour le MI6
Deux frères discutent dans un jardin de Téhéran, un après-midi d'août 2006. L'aîné, Mehdi, rêve tout haut d'un cabinet de conseil en famille sur le pétrole et le gaz. Alireza décline. Il est "extrêmement occupé", explique-t-il, lui tendant la carte d'une entreprise du secteur de l'énergie basée en Autriche. Cette occupation va bien plus loin que ce qu'imagine son aîné. Son employeur n'est probablement pas autrichien, mais anglais : le MI6.
La scène, racontée par son frère au New York Times, tranche avec l'image que renvoie alors Alireza Akbari. De l'extérieur, il est l'un des cadres les plus dévoués du régime iranien. Pieux, décrit comme fanatique des mollahs par sa propre famille, il est décoré commandant de la Garde révolutionnaire après la guerre d'Irak. Il devient même vice-ministre de la Défense, et conseille plusieurs responsables, dont Ali Shamkani, futur secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale. Proche aussi de Mohsen Fakhrizadeh, le physicien du nucléaire iranien, Akbari a tellement la confiance du régime qu'il a été chargé, en 2004, de faire le tour des ambassades occidentales, chinoises et russes, pour rassurer sur les intentions nucléaires de Téhéran. Entre Londres et Téhéran, une relation historique
Est-il alors approché par les espions de sa Majesté ? Sa motivation reste inconnue (argent, sécurité familiale, conviction ?), mais son recrutement témoigne de la profondeur des réseaux du MI6 en Iran. "Les Anglais bénéficient de leur relation...
-
27/07 - Espagne : comment l’armée aide à lutter contre les incendies depuis plus de vingt ans
Face à l’ampleur des incendies qui font rage aux quatre coins de l'Hexagone, la France a franchi un cap inédit. Samedi 25 juillet, un avion militaire A400M, pouvant larguer jusqu'à 20 000 litres de produit retardant, a été engagé en Gironde pour appuyer les opérations de lutte contre les feux de forêt. Et Emmanuel Macron a déjà annoncé la mobilisation de 1 500 militaires, toujours dans le Sud Ouest, ainsi que du service de santé des armées.
S'il s'agit là d'une première pour les autorités françaises, le recours aux moyens militaires s'est démocratisé depuis plus de vingt ans en Espagne. De l’autre côté des Pyrénées, les forces armées sont devenues un acteur incontournable de la gestion des catastrophes naturelles. Et sont sur le pont en ce moment même, alors que la région de Madrid fait face aux pires feux jamais enregistrés dans son histoire, et que le pays a déclaré l'état d'urgence national. 3 500 soldats dédiés depuis 2005
Créée en 2005, après la mort de onze pompiers en service, l'Unité militaire d’urgence (UME) intervient régulièrement aux côtés des pompiers. Composée de 3 500 soldats issus de l'armée de terre, de l'air et de la marine, elle est mobilisable à tout moment, et intervient notamment lors d'incendies (qui comptent pour les trois quarts de ses missions), mais aussi en cas d'inondations, de tempêtes ou encore de séismes.
Mise en place sous le gouvernement socialiste de José Luis Rodríguez Zapatero, cette unité a essuyé de nombreuses critiques lors de sa...
-
27/07 - "Les intellectuels français sont devenus marginaux" : la charge de l’historien américain Robert Zaretsky
On préfère prévenir : son point de vue, d’abord publié dans les colonnes du magazine américain Foreign Policy, devrait hérisser certains de nos intellectuels les plus en vue. Pour cause : selon Robert Zaretsky, professeur d’histoire au sein du Honors College de l’université de Houston, l’âge d’or des intellectuels français serait révolu. Ce fin connaisseur de l’histoire de la pensée européenne analyse les raisons de ce déclin, de l’entre-deux-guerres à l’avènement de la télévision, en passant par la chute du mur de Berlin. En filigrane, Robert Zaretsky revient sur certains des moments fondateurs de la vie intellectuelle de notre pays, de l’affaire Calas à Dreyfus. Une époque, dit-il, où "une poignée d’individus pouvait véritablement influencer la politique. Ce qui serait difficile à imaginer aujourd’hui". Avec un groupe emblématique, selon lui, de ce basculement de la "cérébralité à la célébrité" : celui des "nouveaux philosophes", comme André Glucksmann et Bernard-Henri Lévy. Entretien.
L'Express : Selon vous, l’âge d’or des intellectuels français est révolu. Cela ne va pas plaire à nos penseurs… Pourquoi ce diagnostic ?
Robert Zaretsky : Il faut d’abord rappeler ce que représentaient traditionnellement les intellectuels français et à quel point ils ont façonné l'histoire depuis le XVIIIe siècle. À l'époque, des penseurs comme Voltaire occupaient une place prépondérante dans la société française. Je dis "société" à dessein, car en défendant des causes comme la...
-
27/07 - Crise diplomatique entre le Brésil et l’Argentine après des propos de Javier Milei contre Lula
Brasilia en colère contre Javier Milei. Le Brésil a pris la décision de rappeler son ambassadeur à Buenos Aires "pour consultation" ce week-end après des "propos offensants" tenus par le président argentin, visant les dirigeants et le système judiciaire brésilien, à l'occasion de son deuxième déplacement dans le pays. Le président Milei "a offensé deux pouvoirs, le peuple et la démocratie brésilienne", a déclaré une source proche du dossier à l'agence Reuters.
Le chef d'État argentin est arrivé vendredi au Brésil afin d'apporter son soutien à la candidature du sénateur Flavio Bolsonaro à l'élection présidentielle, qui aura lieu en octobre prochain. Le fils aîné de l'ancien président réactionnaire Jair Bolsonaro, proche de l'administration Trump, a officiellement annoncé samedi sa candidature pour détrôner le président actuel Luiz Inacio Lula da Silva, qui ne cesse de creuser son avance dans les sondages à l'approche du scrutin.Un "risque Lula"
S'exprimant aux côtés de Flavio Bolsonaro lors d'un meeting à Sao Paulo, Javier Milei a déclaré samedi que le gouvernement brésilien était composé de "socialistes voleurs", avant de présenter le candidat conservateur brésilien comme le seul à pouvoir "arrêter Lula". Dans son discours, Javier Milei a également traité son homologue brésilien de "délinquant", l'accusant d'avoir tenté de lui nuire pendant la campagne présidentielle argentine de 2023. "J'avais un voisin qui s'immisçait dans la politique argentine pour essayer de fausser...
-
27/07 - Collège du renseignement en Europe : bienvenue dans l’Erasmus des espions
Il est installé au cœur de Paris, dans l’imposante enceinte de l’Ecole militaire. Le Collège du renseignement en Europe voit défiler depuis 2019 des agents du renseignement, officiers et fonctionnaires européens amenés à prendre des responsabilités et à devenir, pour certains d’entre eux, maître espions dans leur pays.
Dès son arrivée au pouvoir, en 2017, Emmanuel Macron a un projet pour les services secrets de toute l'Europe : les initier aux joies du réseautage en les faisant sortir de leurs cénacles habituels, dont le très prestigieux mais tout aussi discret club de Berne, un séminaire semestriel entre dirigeants du renseignement. "L’initiative est partie d’un constat : la coopération en matière de renseignement au niveau de l’Union européenne était largement au point mort, en raison de contraintes juridiques et de préoccupations sécuritaires exprimées par plusieurs Etats membres. Il fallait que les services se parlent davantage", explique Artur Gruszczak, chercheur à l’Université Jagellonne de Cracovie et premier universitaire à dresser le bilan de l’initiative élyséenne, en avril. "Ce qui manque le plus à l’Europe aujourd'hui, cette Europe de la défense, c’est une culture stratégique commune", lançait Emmanuel Macron le 26 septembre 2017 dans son discours de la Sorbonne, pour annoncer le lancement à venir du Collège.L'Irlande et la Pologne hors jeu
Sur les bancs de l’établissement, le programme d’une vingtaine de cours porte aussi bien sur les spécificités de...
-
27/07 - La Russie se préparerait à accueillir 30 000 soldats nord-coréens de plus
Après les obus et les missiles, la Corée du Nord pourrait envoyer à la Russie 30 000 soldats supplémentaires. Volodymyr Zelensky a affirmé samedi 25 juillet que des installations étaient aménagées depuis juin dans la région de Voronej, frontalière de l'Ukraine, afin de recevoir ce contingent. Pyongyang prévoirait aussi de livrer des lanceurs supplémentaires pour missiles balistiques. Le chiffre n'a été confirmé ni par Moscou ni par la Corée du Nord, mais Oh Gyeong-seob, chercheur au Korea Institute for National Unification, juge l'hypothèse "tout à fait plausible" auprès du South China Morning Post, média basé à Hong Kong.
Le précédent, lui, existe déjà : à partir de la fin de 2024, environ 12 000 à 14 000 soldats nord-coréens ont été envoyés en Russie, principalement dans la région de Koursk. Pyongyang a reconnu ce déploiement en avril dernier. Selon les autorités sud-coréennes, près de 2 000 Nord-Coréens ont été tués ; deux ont été capturés vivants. Une première expérience suffisamment coûteuse pour être remarquée, mais pas assez, semble-t-il, pour arrêter les échanges.Des effectifs sans nouvelle mobilisation
Pour Moscou, l'intérêt tient en une phrase : 30 000 Nord-Coréens, ce sont 30 000 Russes qu'il n'est pas nécessaire de rappeler sous les drapeaux. Après plus de quatre ans de guerre, le Kremlin doit renouveler ses effectifs sans provoquer le mécontentement qu'entraînerait une nouvelle mobilisation. Celle de septembre 2022 avait poussé des centaines de milliers de...
-
27/07 - Nicolas Sarkozy : le drapeau bleu-blanc-rouge qui bouscula la campagne de 2007
Il y a la grande histoire, celle qu’a écrite la Ve République. Et il y a les petites histoires, ces secrets qui n’ont l’air de rien mais qui contribuent souvent de manière décisive aux résultats finaux. L’Express a choisi de raconter, en ce dernier été avant la grande bataille de 2027, ces épisodes méconnus des campagnes passées, de cette table qui ne se retrouve pas par hasard au débat de l’entre-deux-tours entre François Mitterrand et Jacques Chirac en 1988 jusqu’au placard qu’ouvre fortuitement François Hollande pour y faire une drôle de découverte sur Emmanuel Macron...
EPISODE 1 - Présidentielle 1988 : la table de François Mitterrand qui fit vaciller Jacques Chirac
EPISODE 2 - Le parking de Jacques Chirac : ces réunions clandestines qui ont changé la présidentielle de 1995
Cachez ce drapeau français que je ne saurais voir. En 2007, cette pièce d'étoffe est la botte secrète des candidats à l'élection présidentielle. Quoi de plus naturel dans un tel scrutin ? Mais l'emblème national prend dans cette campagne une charge symbolique inédite, presque transgressive, cinq ans après l'accession au second tour de Jean-Marie Le Pen. Le 23 mars, Ségolène Royal appelle les Français à "avoir chez eux le drapeau tricolore" pour matérialiser leur attachement à leur patrie. Certains socialistes, prompts à dénicher des traces coupables de nationalisme derrière le patriotisme, toussent. La candidate assume afin de ne pas laisser le monopole de la nation à son rival.
Ce drapeau,...
-
27/07 - Incendies : comment fonctionne la solidarité européenne contre les feux de forêt
La France et l’Espagne sont aidées par leurs partenaires européens pour lutter contre les incendies monstres qui ravagent les environs de Bordeaux et de Madrid. Le "Mécanisme de protection civile" de l’Union européenne, à travers un centre de coordination de la réaction d’urgence installé à Bruxelles, permet d’apporter une réponse collective à la demande d’un Etat membre, lequel reste seul responsable de la gestion de la catastrophe qui le frappe. Cependant, devant l’ampleur des feux ces jours-ci, le dispositif se heurte à ses limites. "Le système est sous pression, mais il marche", confiait lundi un haut fonctionnaire de la Commission européenne impliqué dans la gestion des crises.
En France, l’UE a déployé sept avions de lutte contre les incendies et quatre hélicoptères fournis par sept pays, le Portugal, l’Allemagne, la Suède, la Croatie, la République tchèque, la Slovaquie et… la Turquie. Car outre les 27 Etats membres, dix pays européens non communautaires se sont associés au Mécanisme de protection civile, même s’il reste géré par l’Union. En Espagne, l’UE a mobilisé six avions venus de Grèce, d’Italie et de Turquie, et déployé trois équipes au sol de pompiers venus du Portugal, avec 41 véhicules et 134 personnels. Le système européen de satellites Copernicus permet en outre de fournir des cartes de la progression des feux en temps réel afin de guider les équipes de pompiers. Et un fonctionnaire de la Commission a été détaché à Bordeaux depuis vendredi pour aider à...
-
27/07 - Incendie en Gironde : le feu "stabilisé" mais toujours pas fixé
Le feu qui sévit actuellement en Gironde est stabilisé mais pas encore fixé, après avoir déjà parcouru plus de 40 000 hectares, a déclaré ce lundi 27 juillet le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez. "40 000 hectares, c'est beaucoup plus que le nombre d'hectares qui avait été brûlé lors des incendies sur cette même zone en 2022 où on était à 22 000 hectares", a-t-il souligné à l'issue d'un conseil des ministres présidé par Emmanuel Macron. "Tant que le feu n’est pas fixé, la situation est défavorable", a ajouté le locataire de la place Beauvau, avertissant que l'incendie pouvait "repartir à tout moment".
Avant le conseil des ministres, Emmanuel Macron a présidé ce lundi matin une nouvelle réunion de crise sur le sujet. Le président est attendu ce lundi en Gironde où il ira "à la rencontre des forces mobilisées afin de leur adresser le soutien de la Nation ainsi que des élus pour les remercier de leur engagement de chaque instant", a indiqué l'Elysée.Combien y a-t-il de pompiers en France ?Le maire de Bordeaux se prépare à tous les scénarios
Le sinistre a déjà conduit à l'évacuation de près de 220 000 personnes. A Bordeaux, où le feu se rapproche de la ville, le maire Thomas Cazenave a dit se préparer à tous les scénarios. "De ce que j'en sais, c'est que [l'incendie] s'est stabilisé cette nuit, à la faveur d'ailleurs d'un taux d'humidité qui remontait, mais d'un autre côté moi je reste toujours très prudent", a-t-il dit lors d'un point presse. "C'est très difficile à...
-
27/07 - Face à un stock déclinant de missiles, Donald Trump contraint de freiner son offensive contre l’Iran
Après près de deux semaines de bombardements américains et iraniens - malgré un accord de paix signé à la mi-juin - les affrontements sur fond de lutte pour le contrôle du détroit d'Ormuz ont finalement cessé ce week-end. En cause, du côté de Washington : la crainte d'épuiser les stocks de missiles, déjà maigres, selon les informations croisées de la presse américaine.
Car si, ce mercredi 22 juillet, Donald Trump avait promis que "les États-Unis bombarderont et détruiront UN PONT OU UNE CENTRALE ÉLECTRIQUE, y compris ceux situés à proximité ou à l'intérieur de la capitale, Téhéran" à chaque fois que l'Iran frapperait "un navire dans le détroit d'Ormuz", son entourage l'a alerté sur les capacités matérielles de l'armée américaine. Selon le New York Times, l'arrêt des affrontements serait donc directement lié à une réunion de crise tenue ce vendredi, en présence des principaux conseillers du président ainsi que son administration. Au cœur des discussions : l'inventaire déclinant de missiles intercepteurs Patriot et des autres systèmes de défense antiaérienne américains dans la région. Les stocks de missiles au cœur des débats
Tout au long de ce conflit, les troupes américaines ont puisé dans les réserves de ces armes très coûteuses. Le quotidien américain précise qu'au total, plus de 1 200 intercepteurs Patriot, à plus de 4 millions de dollars l'unité, ont déjà été utilisés depuis le début du conflit. En privé, le général Dan Caine, chef d'état-major interarmées, aurait à...
-
27/07 - Tensions en mer Caspienne : pourquoi l’Ukraine a tiré sur un navire iranien
Voilà plusieurs mois déjà que l'Ukraine accuse la Russie de fournir une aide militaire à l'Iran. Mais ce week-end, c'est une nouvelle étape qui vient d'être franchie : Kiev a tiré sur un navire iranien en mer Caspienne, qui transportait selon elle des composants russes destinés à des drones et des missiles en direction de la République islamique. Téhéran a rapidement démenti, affirmant que la cible n'était qu'un simple navire commercial, et a convoqué le chargé d'affaires ukrainien dans le pays pour lui notifier une protestation officielle. Les autorités iraniennes, qui font état d'un mort et de plusieurs blessés, ont également averti que l'incident ne resterait pas sans réponse.L'Ukraine s'impose sur un nouveau front
Ces frappes marquent l'implication de l'Ukraine sur un nouveau front, et rappellent une fois de plus combien les deux guerres - en Ukraine et en Iran - sont liées. Dans un message publié sur X samedi, Volodymyr Zelensky a tiré la sonnette d'alarme : depuis le début du mois de juillet, des satellites russes surveilleraient activement les pays du Golfe ainsi que les installations militaires américaines dans la région, avant de transmettre les images recueillies à l’Iran, a-t-il affirmé.
I will instruct our intelligence to share with our partners the information we have regarding Russia’s new assistance to the Iranian regime. Since the beginning of July, we have recorded active Russian satellite surveillance of the Gulf states and U.S. military facilities...
-
27/07 - Au quartier général de l’Otan, une stagiaire arrêtée pour espionnage présumé
Une stagiaire, un quartier général militaire et un pays tiers resté anonyme : l'Otan tient sa nouvelle affaire d'espionnage. En Belgique, une ressortissante canadienne d'origine chinoise travaillant au SHAPE (le Quartier général suprême des puissances alliées en Europe), le principal centre de commandement militaire de l'Otan, a été placée sous mandat d’arrêt vendredi 24 juillet. Elle est soupçonnée d'espionnage au profit d'un pays tiers et de participation à une organisation criminelle.
L'affaire ne vient pas d'un renseignement transmis de l'extérieur, mais des services de sécurité du SHAPE eux-mêmes. Selon le parquet fédéral belge, ceux-ci ont repéré la stagiaire puis signalé les faits au Service général de renseignement et de la sécurité, le SGRS. Le dossier a ensuite été confié à la police judiciaire fédérale de Charleroi, sous la direction d'une juge d'instruction du tribunal de première instance du Hainaut. Enjeux internationaux
Jeudi 23 juillet, les enquêteurs ont perquisitionné le domicile de la suspecte ainsi que son lieu de travail, à l'intérieur du SHAPE. L'unité des crimes informatiques et les services de police scientifique de Charleroi et de Mons ont participé à l'opération, notamment pour saisir et examiner d'éventuels éléments numériques et matériels. Le lendemain, la juge d'instruction a ordonné son placement en détention pour espionnage présumé et participation à une organisation criminelle.
Le lieu donne clairement à l'affaire une dimension...
-
27/07 - Lutte contre les "infox" : cette absurde théorie du complot, par Gérald Bronner
Le 8 juillet, à la suite d'une commission d'enquête, le Sénat a adopté à l’unanimité un rapport intitulé "Les zones grises de l’information. Mieux réguler pour protéger la démocratie". Lors de sa présentation à la presse le lendemain, Laurent Lafon, l’un des rapporteurs, a appelé à "lutter contre les ingérences intérieures". Je suppose qu’il s’agissait de faire un parallèle avec les "ingérences étrangères" mais reconnaissons que la formule était malheureuse dans la mesure où elle a donné le sentiment qu’un contrôle autoritaire pourrait s’exercer sur les oppositions politiques. Je suis d’autant plus à l’aise pour la trouver gênante que j’ai, à plusieurs reprises, exprimé mes réticences à toute loi sur les infox. Je l’ai fait, y compris dans le document écrit par les 14 experts de la commission que j’ai présidée à la demande du président de la République, à propos des perturbations de la vie démocratique par les mondes numériques.
Ceci étant, la présentation du rapport sénatorial a donné lieu à un déferlement dans des médias comme CNews ou le JDD – qui en fit sa Une – qui mérite réflexion. Leur rhétorique face à tout projet de régulation des réseaux sociaux fait penser à celle dont use Donald Trump. Sans surprise car, lors de son élection, ces mêmes médias l’applaudirent, tout en reprenant en chœur les mantras sur la "liberté d’expression". Depuis, nous avons appris que cette défense était très relative dans la mesure où elle ne valait que pour Trump et ses soutiens.
Pas...
-
27/07 - Inflation : pourquoi le boom exponentiel de l’IA risque d’être le futur casse-tête du budget 2027
Difficile de naviguer en plein brouillard économique. Le conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) a décidé, jeudi 23 juillet, de ne pas augmenter ses taux directeurs malgré le regain de tensions au Moyen-Orient. D'un côté, l'inflation dans la zone euro a reflué à 2,8 % en juin, après un pic à 3,2 % le mois précédent. De l'autre, le baril de pétrole a de nouveau franchi la barre des 100 dollars après les attaques des Houthis en mer Rouge et alors que des menaces pèsent désormais sur le détroit de Bab al-Mandab, au Yémen, où l'Arabie saoudite avait redirigé une partie de sa production d'or noir.
Si la décision s'est avérée unanime à l'issue des discussions, elle n'a pas empêché le débat. Certains membres ont exprimé l'idée que la BCE pourrait poursuivre sa politique haussière entamée en juin, sans attendre la prochaine réunion de septembre. "Leur argument était simple : si une hausse est prévue en septembre, pourquoi ne pas l'appliquer dès juillet ? Mais justement, rien ne garantit qu'elle interviendra en septembre. La situation peut évoluer d'ici là, et c'est tout l'enjeu", raconte un participant.
Avec des indicateurs économiques instables et des effets de second tour sur l'inflation qui se font encore attendre, le statu quo monétaire apparaît comme la meilleure des options. A la rentrée, le principal organe de décision de l'institution européenne regardera forcément le niveau des prix des carburants, le moteur principal du retour de l'inflation...
-
27/07 - France - Allemagne : il est urgent de purger la relation de son immaturité émotionnelle, par Jérémie Gallon
Chaque soubresaut des grands projets industriels franco-allemands, à l’instar de l’échec du Système de combat aérien du futur, suscite à Paris et à Berlin le même réflexe : le blâme est invariablement jeté sur la mésentente, réelle ou supposée, entre le président de la République et le chancelier allemand. Cette grille de lecture est aussi erronée que réductrice. Elle repose sur l’illusion romantique que la relation la plus structurante du continent européen dépendrait des affinités électives de deux individus. Or, c’est faire fi des leçons de l'Histoire et condamner l’axe franco-allemand à une dangereuse intermittence stratégique.
Certes, l’alchimie personnelle a parfois agi comme un accélérateur de l’histoire. L’image d’Helmut Kohl et de François Mitterrand, main dans la main à Verdun en 1984, ou la complicité intellectuelle entre Valéry Giscard d’Estaing et Helmut Schmidt, ont gravé la dimension symbolique du tandem. Mais la génération des hommes, qui avait éprouvé la guerre dans leur chair, savait que la réconciliation est une affaire d'institutions et de structures qui dépasse les égos de deux êtres. Quels qu’aient été les différends doctrinaux profonds entre le général de Gaulle et Konrad Adenauer sur l’Otan, ou entre Georges Pompidou et Willy Brandt sur l’Ostpolitik, ces hommes d’État comprenaient que le tête-à-tête franco-allemand exige des racines plus profondes que le destin transitoire de ses dirigeants.
Or, depuis le début des années 1990, le tissu qui...
-
27/07 - Bouchehr, la centrale nucléaire qui traverse toutes les crises de l’Iran
Le 28 février dernier, alors que les premières bombes américaines et israéliennes frappent le sol iranien, les enfants russes des employés de la centrale nucléaire de Bouchehr sont les premiers de la liste à être évacués. Donald Trump et Benyamin Netanyahou viennent d’annoncer le lancement d’opérations militaires de grande envergure contre la République islamique d’Iran. Une partie du personnel "non essentiel" de ce site - dont le chantier a été achevé par Rosatom en 1995 - est rapatriée d’urgence en Russie. Parmi les 200 scientifiques russes sur place, certains ignorent encore qu’ils ne reverront pas leurs familles avant plusieurs mois…
Le cessez-le-feu, signé le 17 juin entre Américains et Iraniens, leur avait pourtant laissé un espoir. Mais trois semaines plus tard, les frappes menées par le Pentagone ont repris avec autant de vigueur qu’en février - des infrastructures civiles ont été visées - et Téhéran rend coup pour coup en visant les alliés américains dans le Golfe. Les installations nucléaires en Iran
Bouchehr, ancienne cité portuaire située sur les rives du golfe arabo-persique, n’est pas épargnée. Le 17 mars, un engin tombe à seulement 75 mètres de la centrale nucléaire, sans faire de dommage sur le réacteur de 1 000 mégawatts. Le 4 avril, un agent de sécurité est tué par un nouveau projectile. "Des rapports font état de tourelles antiaériennes dans la zone. Il est possible que les Etats-Unis frappent cette zone pour neutraliser la défense iranienne. Il y a...
-
27/07 - "Tomber en faillite, ce n’était pas possible" : la transformation d’Orpea racontée par son patron
Le management, c'est une affaire de personnalité, de tempo. De décisions aussi évidemment. C'est pourquoi L'Express lance un nouveau podcast hebdomadaire dont l'objet est de passer à la moulinette une décision prise par un chef d'entreprise, un dirigeant politique, ou une figure de la société civile. Pour ce premier épisode, Laurent Guillot, le directeur général d'Emeis – ex-Orpea – arrivé à la tête de l'entreprise en juillet 2022, nous raconte ses premiers pas, en plein cœur de la tempête.
L'intégralité de cet épisode est à retrouver sur Apple Podcasts, Spotify, Deezer, Castbox ou encore Podcast Addict.
L'Express : Remontons au le 1er juillet 2022. C'est officiellement votre premier jour dans l'entreprise. Vous arrivez au siège à La Défense et vous décidez ce jour-là de réunir tous les salariés de l'entreprise - au moins ceux qui restent - en visio. Qu'est-ce que vous leur dites ?
Laurent Guillot : Evidemment, nous avons parlé soins, éthique et santé au travail. Mais je leur ai surtout dit que je ne leur demandais pas de me faire confiance, que c'était prématuré. Mais que nous allions faire un bout de chemin ensemble et qu'au fil du temps, ils découvriraient que les actions prises sont conformes aux engagements.
Le contexte de défiance, on vient de le dire, est énorme à ce moment-là. Comment avez-vous fait aussi pour reconstituer des équipes alors qu'à cette époque-là, personne n'a très envie d'aller travailler chez Orpea ?
Vous n'avez pas totalement raison. Comme...
-
26/07 - Bordeaux : l’incendie en Gironde continue de se rapprocher de la ville, l’évacuation "pas à l’ordre du jour"
L'incendie qui sévit en Gironde continue de se propager ce dimanche 26 juillet, après avoir déjà conduit à l'évacuation de 220 000 personnes depuis mercredi et brûlé 42 000 hectares, a déclaré la préfecture dans un nouveau point de situation. "La situation demeure très défavorable", a indiqué le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez sur son compte X en milieu de matinée.
Le feu est "redevenu extrêmement virulent”, "créant son propre vent et évoluant de manière erratique vers l'agglomération bordelaise”, précise-t-il. Le feu est désormais signalé à une quinzaine de kilomètres des points d'entrée de l'agglomération. Dans cinq communes de Bordeaux, de nouvelles évacuations ont été ordonnées pour 55 000 personnes dans la nuit par la préfète de Gironde et de Nouvelle-Aquitaine. Pas d’évacuation prévue à Bordeaux
"On est en état de vigilance plus qu'en état d'urgence", a déclaré le maire de Bordeaux, Thomas Cazenave sur BFM TV dimanche. "On se prépare à toutes les éventualités", a-t-il ajouté, précisant que "nous ne préparons pas l'évacuation de Bordeaux, ce n'est pas du tout à l'ordre du jour. Inutile d'affoler les populations".
De son côté, le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez a affirmé que "tant que le feu n'est pas fixé, il n'y aura pas de réintégration" de la population dans leurs villages. "Il faut le stabiliser, le stopper et le traiter”. Quelque 2 500 sapeurs pompiers sont mobilisés dans le département ainsi que 1 500 militaires et près de 1 200 policiers et...
-
26/07 - "Il m’épargne" : Jean-Luc Mélenchon et Matthieu Pigasse, les coulisses d’une étrange amitié
Jean-Luc Mélenchon a-t-il une dette envers Matthieu Pigasse ? Non, le millionnaire ne doit pas d’argent au multimillionnaire. L’insoumis, quadruple candidat à l’élection présidentielle, lui devrait plutôt une partie de sa mythologie, née à quelque 7 600 kilomètres de Paris. À Caracas, précisément. Le banquier d’affaires s’en est vanté auprès de plusieurs figures de gauche : lorsqu’il était au chevet du Venezuela, il a présenté Hugo Chavez à Jean-Luc Mélenchon. Publiquement, en revanche, il se refuse à tout commentaire sur le sujet, sans jamais le démentir… Dans le fond, Matthieu Pigasse aussi doit beaucoup à Jean-Luc Mélenchon. C’est lui, le premier politique, raconte-t-il, qui l’a convaincu d’acheter des médias. Après tout, l’ancien strauss-khanien, devenu président du groupe Combat, aurait-il eu son rond de serviette à la gauche de la gauche sans Radio Nova, station rouge carmin à l’essor fulgurant sous sa coupe ? Se serait-il autorisé à songer sérieusement, ainsi qu’il l’assure, à 2027 ? Le premier rêve de décrocher le premier rôle, l’autre de mourir sur scène : Pigasse-Mélenchon, drôle de théâtre.
C’est l’histoire d’une amitié improbable entre un "banquier de gauche", figure en vogue du capitalisme parisien, et un trotskiste qui jure d’abattre, un jour, la citadelle. Une curieuse relation, nouée au début des années 2000, quand le jeune énarque était alors conseiller du ministre Laurent Fabius, et l’ancien socialiste encore un fidèle ministre délégué de Lionel Jospin....
-
26/07 - "Vladimir Poutine pourrait risquer une escalade avec l’Europe dès à présent" : la mise en garde de Carlo Masala
Dans La guerre d'après, Carlo Masala imaginait en 2028 une attaque russe sur Narva, en Estonie. L'analyste militaire, en poste au centre de réflexion de la Bundeswehr, l'armée allemande, y explorait la possibilité d'une nouvelle aventure russe, avec cette fois le but de tester l'Otan. Une agression sèmerait-elle la panique en Europe ? Diviserait-elle l'Alliance ? Dans ce scénario, Moscou remporte une victoire stratégique majeure. Aujourd'hui, la Russie est bien plus en difficulté qu'au moment de la sortie de son essai, en juin 2025. Ralentissement économique, fragilités militaires, tensions intérieures… Le régime de Vladimir Poutine est affaibli. Il n'en reste pas moins dangereux pour les Européens. D'après Carlo Masala, l'éventualité d'une attaque russe sur le continent n'est toujours pas exclue - y compris avant 2029, horizon pourtant présenté par les stratèges militaires comme le plus probable.
L'Express : Votre livre est sorti il y a un peu plus d'un an. Changeriez-vous quelque chose au scénario de Narva ?
Carlo Masala : Les Estoniens, qui me détestent d'ailleurs, ont mal compris mes intentions. Narva peut correspondre au type de prétexte que saisiraient les Russes pour attaquer. Quand Moscou ou un autre pays fait quelque chose d'illégal au regard du droit international - comme l'invasion de l'Ukraine - il essaie toujours de trouver des arguments d'apparence légale. Par exemple : la protection d'une minorité ethnique, dépouillée de ses droits civiques, que la Russie...
-
26/07 - Meta est accusé d’avoir piraté des milliers de contenus pornographiques pour entraîner ses IA
Le géant américain des technologies Meta, propriétaire de Facebook, Instagram ou WhatsApp et fondé par Mark Zuckerberg, est accusé d’avoir utilisé le réseau BitTorrent pour télécharger massivement près de 3 000 vidéos pornographiques protégées par des droits d’auteur, dans le cadre présumé de ses travaux sur l’intelligence artificielle.
Ces accusations datent d’une plainte déposée à l’origine en juillet 2025 devant un tribunal fédéral californien par Strike 3 Holdings, la société mère du groupe de production de contenus pour adultes Vixen Media Group. Selon les informations du journal américain The Atlantic, qui a consulté les documents judiciaires et recueilli des éléments auprès des parties et d’experts en cybersécurité, Strike 3 affirme avoir identifié 2 973 vidéos protégées par copyright. Ces fichiers auraient été, selon Strike 3, téléchargés depuis 2018 via le protocole BitTorrent, depuis des adresses IP qu’elle attribue à Meta.
Dans sa plainte initiale il y a un an, l’entreprise de production pornographique accusait Meta d’avoir utilisé ces milliers de contenus pour alimenter ses modèles d’intelligence artificielle, notamment son générateur vidéo Movie Gen et ses modèles de langage Llama. Meta conteste depuis l’ensemble de ces accusations, les qualifiant d’"infondées". Au-delà du caractère spectaculaire des accusations, ce dossier soulève la question des pratiques de collecte de données utilisées par les entreprises d’IA pour entraîner leurs modèles et des limites...
-
26/07 - Un incroyable périple sur trois continents : comment la Pologne a sauvé son or des griffes d’Hitler
L’invasion de la Pologne par Hitler le 1er septembre 1939, puis Staline le 17 septembre, plonge l’Europe – et bientôt le monde – dans un conflit sanglant. Pris de court par l’avancée irrésistible de la Wehrmacht, les gouvernements des pays vaincus s’efforcent de sauver en urgence ce qui peut l’être : leurs réserves d’or, convoitées par le Reich pour financer sa colossale machine de guerre. Une chasse au trésor haletante où le sens du devoir de quelques hommes, servis par une bonne dose de chance, a empêché les nazis de faire main basse sur une fortune qui aurait pu changer le cours de l’Histoire.
Dans cette série de L’Express en cinq épisodes, François Valentin, consultant à London Politica, retrace l’incroyable destinée de l’or français, belge et polonais, entre le fracas des bombes et les conversations feutrées des chancelleries.
Episode 1 > "Avez-vous des chambres fortes ?"
Episode 2 > Dans l'enfer des bombes et de la paperasse
Episode 3 > Des lingots transportés à la main, l’intervention de Roosevelt1er septembre 1939, ouest de la Pologne
La petite ville de Wielun, près de la frontière allemande, se réveille sous les bombes des Stukas. Plus d'un millier de civils - les premières victimes de la Seconde Guerre mondiale - périssent dans l'attaque. Malgré leur courage, les forces polonaises ne font pas le poids face aux Panzerdivisionen qui déferlent au nord, à l'ouest et au sud du pays, épaulées par la Luftwaffe. Les blindés allemands progressent à toute...
-
26/07 - Roumanie : trois drones russes détruits en trois jours, la tension monte en mer Noire
Le président roumain, Nicusor Dan, a jugé dimanche "inadmissible et intolérable que la Russie continue de violer l'espace aérien de la Roumanie" après la destruction d'un drone par l'armée de l'air pour la troisième fois en trois jours. "De tels agissements sont inacceptables et nous les prenons très au sérieux, aux côtés de nos alliés", a déclaré le chef de l'Etat roumain dans un message sur X.
Le président roumain a déclaré que la Roumanie avait identifié le drone abattu vendredi comme étant de type Shahed couramment utilisé par les forces russes et que les enquêtes sur ceux abattus samedi et dimanche étaient en cours. Le ministère roumain de la Défense a précisé que le drone russe abattu dimanche avait été intercepté par le pilote roumain d'un F-16 au-dessus de la mer Noire, au nord-est de la ville côtière de Sulina. "La Roumanie continuera de défendre fermement sa souveraineté et son espace aérien, mais ces provocations doivent cesser", a déclaré le ministre roumain de la Défense, Radu Miruta, sur sa page Facebook.
Selon le ministère de la Défense, des drones russes ont pénétré sans autorisation dans l'espace aérien national à 33 reprises depuis le début de la guerre en Ukraine, en comptant l'intrusion de dimanche. La Roumanie n'avait détruit aucun drone jusqu'à vendredi, lorsqu'un pilote roumain est parvenu à en abattre un sans incident dans une zone inhabitée. Elle a désormais détruit trois drones en autant de jours.
"Ces interceptions surviennent alors que...
-
26/07 - Attaque à Berlin pendant la marche des fiertés : la piste d’un attentat islamiste privilégiée
Alors que des centaines de milliers de personnes prenaient part à la marche de fiertés LGBT+ berlinoise, samedi 25 juillet au soir, un homme au volant d'un véhicule type minivan a chargé les manifestants, près de la porte de Brandebourg. L'attaque a eu lieu autour de 22 heures, non pas au cœur des festivités et manifestations, mais dans le parc Tiergarten où des concerts se déroulaient depuis la veille, non loin de Christopher Street Day, l'une des plus importantes manifestations annuelles de la fierté LGBTQ+ en Europe. Une personne est décédée et 29 autres ont été blessées, dont huit grièvement. Le ministre de l'Intérieur allemand, Alexander Dobrindt, a affirmé dimanche que "tout ce que nous voyons ici indique que nous sommes confrontés à une attaque terroriste islamiste", la piste terroriste étant donc désormais privilégiée par les autorités.
Le maire conservateur de Berlin, Kai Wegner a dénoncé une "attaque contre notre société libre et ouverte sur le monde". "Le rassemblement pour un Berlin tolérant et pacifique a été pris pour cible de la manière la plus brutale qui soit", a-t-il estimé après avoir lui-même participé au défilé. Le chancelier Friedrich Merz et son ministre de l’Intérieur ont quant à eux assuré via leur porte-parole qu'ils s’engageront "avec une détermination particulière pour faire toute la lumière sur cet acte abominable et en assurer la sanction". Les organisateurs du Christopher Street Day ont, de leur côté, annoncé l'annulation du reste des...
-
26/07 - Féminin sacré : les vraies raisons d’un retour en force, par Mathilde Berger-Perrin
Festivals "Femmes sauvages" ou Women’s spirit, comptes Instagram à centaines de milliers d’abonnés, énorme succès du Sorcières de Mona Chollet, regain de l’astrologie : le féminin sacré, qu’est-ce donc ? Appelons-le un ensemble de pratiques qui célèbrent une sacralité propre au féminin. C’est un appel à la reconnexion des femmes avec leurs corps, leurs intuitions, voire des pouvoirs surnaturels. Le féminin sacré se trouve autant dans le yoga des hormones que la sorcellerie, en passant par l’astrologie ou l’écoféminisme. A rebours de l’éclairage scientifique, il préconise un retour à une nature féminine épanouissante, altérée par une société patriarcale et cartésienne.
Les femmes seraient-elles, comme le veut le stéréotype, plus enclines à l’irrationnel ? Dans son enquête de terrain Au cœur du féminin sacré (L’Observatoire, 2025), la journaliste Flore Cherry explique ce succès par la déception : face à la médecine, la religion, l’individualisme moderne et… le féminisme lui-même. Malgré le rôle de ChatGPT ou Doctissimo dans nos vies, bien des questions que se posent les femmes sur les femmes restent sans réponse : sur la sexualité, les cycles menstruels ou hormonaux, leur place face aux hommes ou à la nature.
C’est souvent par défiance ou dépit que certaines se détournent d’un système médical jugé "dominant". La médecine n’a que tardivement pris la mesure de ce qu’était le corps d’une femme, notamment quant à son plaisir. La première représentation exacte du clitoris...
-
26/07 - Pourquoi les aliments ultra-transformés nous rendent-ils malades ? Retour sur une controverse scientifique
Depuis quelques années, les preuves s’accumulent pour dire que consommer de la nourriture industrielle en grande quantité est une mauvaise idée. Les mélanges cuits et recuits, raffinés puis enrichis, séchés et texturés vendus par l’industrie agroalimentaire et que les experts désignent sous l’appellation "alimentation ultra-transformée", aggravent les risques de développer de nombreuses pathologies. Ceux qui en consomment à longueur de journée, faute de choix ou par plaisir, sont plus fréquemment victimes de maladies chroniques, comme l’obésité, le diabète, ou encore certaines maladies cardiovasculaires. C’est du moins le constat de nombreuses analyses systématiques comme ces études parapluies parues en 2024 dans les revues scientifiques BMJ, ou plus récemment Nutrition Reviews.
Oui, mais qu’est-ce qui pose problème exactement, dans ce type de régime ? Est-ce la présence de colorants, d’exhausteurs de goût ? Est-ce la vitesse à laquelle certains de ces produits sont assimilés dans l’organisme ? Faut-il chercher du côté de la quantité consommée, s'intéresser à leur caractère "addictif" qui nous pousse à en reprendre ? Ou bien ces plats sont-ils simplement trop gras, trop sucrés et trop salés ? A ce sujet, la littérature scientifique n’est pas encore très claire, d’autant qu’il est difficile d’isoler un de ces facteurs plutôt qu’un autre. Résultat, les chercheurs s’écharpent par lettres et publications interposées pour tenter de faire évoluer le débat et d'arriver à un...
-
26/07 - Vins : Provence, un vignoble pluriel
Coteaux-d'aix-en-provence, coteaux-varois-en-provence, Bandol, cassis, palette, bellet, les baux-de-provence, pierrevert et quelques Indication géographique protégée (IGP) couvrent environ un tiers de l’aire de production provençale (ci-dessous). Avec 2 800 heures d'ensoleillement par an, des étés secs, des précipitations limitées et l'action permanente du mistral, qui favorisent un état sanitaire remarquable des raisins, le climat constitue l'un des grands alliés des vignerons. La diversité des sols – calcaires, schistes, grès, argiles rouges ou éboulis pierreux – offre une étonnante mosaïque de terroirs, dont la variété se traduit dans les bouteilles.
Aujourd'hui la référence mondiale du vin rosé, la Provence consacre 90 % de sa production à cette couleur, une singularité sans équivalent parmi les grands vignobles français. Bandol (AOP)
En Provence, le mourvèdre a toujours appartenu au patrimoine ampélographique, mais c'est à Bandol qu’il a fixé son royaume. Accrochées sur les terrasses de pierre sèche qui dominent la Grande Bleue, les fameuses restanques, les vignes rôtissent le jour, mais sont revigorées la nuit par les embruns marins. Une précieuse alchimie qui permet au cépage ombrageux de livrer sa plus parfaite expression.
L'appellation, reconnue en 1941, s’étend sur huit communes et 1 600 hectares de la zone naturelle du bassin du Beausset. L’aire de production est ainsi enserrée dans un vaste amphithéâtre de montagne (Sainte-Baume et Mont Caume). Château de...
-
26/07 - Pologne : le parti conservateur PiS implose après l’exclusion de Mateusz Morawiecki
Le parti conservateur nationaliste Droit et Justice (PiS), qui a dirigé la Pologne entre 2015 et 2023, s'est scindé en deux vendredi 24 juillet après une brouille interne. C’est l'exclusion de l'ancien Premier ministre Mateusz Morawiecki, ainsi que d'une trentaine de députés par le chef du parti, Jarosław Kaczyński, qui a provoqué l’implosion de cette structure politique.
Cette rupture fragilise le camp conservateur et compromet ses efforts pour renverser le Premier ministre pro-européen Donald Tusk lors des élections de l’année prochaine. Les nationalistes espéraient jusqu’ici capitaliser sur la victoire à la présidence de la République du très conservateur Karol Nawrocki, en mai 2025, pour préparer leur retour au pouvoir lors des législatives de 2027. Mais le PiS est en recul dans les sondages : crédité de 26 % des intentions de vote, il est désormais devancé par la Coalition civique du Premier ministre Donald Tusk, à 32 %, selon l'agrégateur de sondages de Politico.Les conservateurs divisés par la tentation de l’extrême droite
L'ancien Premier ministre et figure forte du parti Mateusz Morawiecki avait créé Rozwoj Plus ("Développement Plus"), une association qu'il présentait comme un cercle de réflexion sur les politiques économiques et démographiques. Mais la direction du PiS y voyait une tentative de bâtir un courant autonome, voire un futur parti. Après avoir exigé que ses membres renoncent à cette formation et signent une déclaration de loyauté, le chef actuel du...
-
26/07 - De Marine Le Pen à Bernard Cazeneuve : pourquoi veulent-ils tous le retour du septennat ?
Combien de temps un président doit-il rester au pouvoir ? "Sept ans, évidemment !", répond le général de Gaulle à Alain Plantey, cheville ouvrière de la Constitution de la Ve République. La question se pose-t-elle réellement ? Après tout, chacun des chefs d'Etat élus depuis Mac-Mahon en 1873 l'ont été sous le régime du septennat, et puis il ne s'agit pas de tout changer non plus. La cinquième ne doit être qu'une quatrième corrigée de ses défauts, et la durée du mandat n'en constitue pas un. Du moins, à la fin des années cinquante ; car six décennies, l'élection au suffrage universel direct et un passage au quinquennat plus tard, elle en serait devenue un.
À l'approche de mai 2027, plusieurs candidats officiels et officieux estiment la durée actuelle du mandat présidentiel en décalage avec l'époque. Ce quinquennat autrefois "moderne", selon l'argument utilisé par Claude Chirac pour convaincre son père réticent, serait donc devenu ringard. De Marine Le Pen à Bernard Cazeneuve en passant par David Lisnard, Xavier Bertrand, ou encore Nicolas Dupont-Aignan, tous proposent de revenir à ce septennat qui bien avant la réforme de 2000, avait failli sauter une première fois en 1973.
L'Elysée était alors occupé par un président malade et probablement déjà conscient qu'il ne lui resterait pas de quoi finir son mandat. Usant de l'argument officiel selon lequel "le septennat n’est pas adapté à nos institutions nouvelles", George Pompidou avait fait voter en 1973 un texte instaurant...
-
26/07 - Richard Wike : "Les Etats-Unis peuvent rétablir leur image, mais la tâche sera plus ardue que jamais"
19 juillet. Sur une terrasse parisienne bondée, un grand écran diffuse la finale de la Coupe du monde de football entre l'Espagne et l'Argentine. Dans la foule, une majorité de touristes étrangers et une poignée de Français, encore sonnés par la défaite des Bleus quelques jours plus tôt, suivent le match dans un silence de cathédrale. Il suffit d'un plan de coupe sur les travées du MetLife Stadium, dans le New Jersey, où Donald Trump est assis aux côtés du président de la Fifa, Gianni Infantino, pour que la terrasse sorte de sa torpeur et se mette à huer et à siffler - sans que l’on sache très bien lequel des deux hommes est le plus visé.
La scène, loin d’être anecdotique, en dit long sur la mauvaise image de Donald Trump à l’étranger. La perception des Etats-Unis et de leur président aurait même atteint des niveaux historiquement bas, explique à L’Express Richard Wike, directeur de la recherche sur les attitudes internationales au Pew Research Center, qui mesure depuis 2002 l’évolution du regard porté sur l’Amérique dans le monde. Publiée le 23 juin 2026 et menée auprès de 42 151 personnes dans 36 pays, la dernière édition de cette enquête révèle que seuls 23 % des répondants font confiance à Donald Trump dans sa conduite des affaires mondiales. Pendant ce temps, la réputation de la Chine et de Xi Jinping suit une trajectoire inverse. Entretien.
L’Express : Quels sont les grands enseignements de votre dernière étude ?
Richard Wike : Le principal constat est que l’image...
-
25/07 - Défense : en Allemagne, le gouvernement divisé sur la stratégie à adopter en matière de drones
Alors que l'Allemagne ambitionne de se doter d’une flotte d’avions de combat sans pilote afin de répondre à une exigence stratégique fixée par l’Otan, des divergences secouent le ministère allemand de la Défense, comme l'a rapporté Politico le 22 juillet. Au sein de l'administration, les partisans de l’achat d’un drone australien s'opposent en effet à ceux qui souhaitent attendre le développement de solutions européennes, ce qui risque de compromettre l’objectif de Berlin de disposer d’une première flotte opérationnelle dès 2029.
Face notamment à la menace russe, l’Alliance atlantique attend de l’Allemagne qu’elle soit en mesure de fournir, à l’horizon 2035, des drones de combat à réaction, réutilisables et capables de pénétrer des espaces aériens fortement protégés, tout en emportant différentes charges utiles comme des armements, des capteurs ou des équipements de guerre électronique. Contrairement aux petits drones peu coûteux et souvent à usage unique massivement employés en Ukraine, ces appareils sont conçus pour être utilisés de manière répétée et, à terme, pour accompagner des avions de chasse pilotés tels que l’Eurofighter ou le F-35.
Mais Berlin, de son côté, s’est fixé un calendrier plus ambitieux en visant le déploiement d’une première flotte limitée dès 2029. Le but : permettre à la Luftwaffe, l'armée de l'air allemande, d’acquérir une expérience opérationnelle avant l’échéance fixée par l’Otan. Pourtant, cet objectif ne pourra plus être tenu, si l'on en...
-
25/07 - "Sous le soleil", la série française qui a conquis le monde et fâché le patronat russe
Inspecteur Derrick", "Borgen", "Zora la rousse", "La Casa de papel"… Ces séries cultes ont fait un tabac tout en nous faisant mieux connaître la vie (et les névroses) de nos voisins. Cet été, L’Express vous raconte comment la fiction cathodique a, autant que le marché commun ou la monnaie unique, contribué à la construction européenne.
EPISODE 1 > Derrick, l'inspecteur qui raconte le mieux les névroses de l'Allemagne
EPISODE 2 > La Casa de papel : comment Netflix a braqué le monde avec une série ratée
EPISODE 3 > Zora la rousse, l’utopie communiste à l’heure du goûter
Le Bureau des Légendes, Versailles, Marseille… Le producteur Pascal Breton est à l’origine de plusieurs des séries françaises les plus emblématiques de ces dernières années. Pourtant, son plus grand succès reste une fiction à laquelle TF1 croyait peu lors de son lancement : Sous le soleil. Initialement intitulée "Saint-Tropez", la série suscite le scepticisme de la direction de TF1, qui estime que le sujet ne parlera qu'à quelques Parisiens un peu snobs. Mais le feu vert est donné, à la condition toutefois d’en changer le nom. Lorsque la série débute le 13 mars 1996 sur la première chaîne française, le succès est immédiat. Diffusée d’abord le mercredi, puis le samedi après-midi, elle réunit jusqu’à quatre millions de téléspectateurs. Des scores habituellement réservés à un prime time.
Son rayonnement dépasse rapidement les frontières. Narrant les aventures amicales, amoureuses et...
-
25/07 - Etats-Unis : les licenciements au sein du renseignement américain s’accélèrent
Après la nomination controversée de Bill Pulte à la tête du renseignement américain, les suppressions de postes dans son administration se poursuivent. Depuis le 1er juin, près de 200 employés ont quitté le Bureau du directeur du renseignement national américain (ODNI) à la suite de licenciements ou de réaffectations, selon des données transmises cette semaine par l'administration Trump au Congrès.
Destiné à coordonner et superviser l'ensemble des agences de renseignement américaines après les attentats du 11 septembre 2001, l'organisme est depuis plusieurs années dans le viseur de Donald Trump et de nombreux élus républicains, qui estiment, tout comme certains anciens responsables du renseignement, qu'il a largement dépassé le rôle que le Congrès lui avait initialement confié lors de sa création il y a une vingtaine d'années. Au début du second mandat de Donald Trump, l'ODNI comptait environ 2 000 employés mais, d'après des collaborateurs du Congrès, ses effectifs représentent aujourd'hui à peine plus de la moitié de ce total.Un bras de fer
Pour le président américain, les agences de renseignement ont cherché à le déstabiliser durant son premier mandat, notamment à travers les rapports consacrés à l'ingérence russe dans l'élection présidentielle de 2016, qu'il estime avoir été élaborés pour nuire à sa campagne. Il a également rejeté à plusieurs reprises les analyses des services de renseignement sur différents dossiers, qu'il s'agisse de la stratégie nucléaire de la...
-
25/07 - Inde : le mouvement des "Cafards" obtient la démission du ministre de l’Education
Une première victoire majeure pour le "parti des Cafards". Le ministre indien de l'Éducation, Dharmendra Pradhan, a annoncé sa démission ce samedi, réclamée depuis juin par les jeunes manifestants du mouvement, à la suite d'une fraude aux examens. "Nous l'avons fait!" s'est écrit le fondateur du Parti du peuple des Cafards (Cockroach Janta Party), Abhijeet Dipke, sous les applaudissements d'une foule de protestataires réunis sur le site du Jantar Mantar de New Delhi.
Né en mai dernier sur Internet, où il rassemble des dizaines de millions d'abonnés sur les réseaux sociaux, reflétant les inquiétudes et les frustrations d'une "génération Z" de trentenaires fortement affectées par le chômage et le coût de la vie, le Cockroach Janta Party a choisi son nom en ironisant sur des propositions du président de la Cour suprême Surya Kant comparant les chômeurs à des "cafards".
Depuis juin, le mouvement dénonce des fuites à répétition de sujets d'examens de concours mais la colère bout depuis que la contestation a basculé lundi en confrontation entre manifestants et forces de l'ordre qui ont repoussé violemment les jeunes protestataires qui marchaient vers le Parlement.
Dans un message posté en ligne, le ministre de l'Éducation, Dharmendra Pradhan, a annoncé avoir présenté sa démission au Premier ministre [Narendra Modi] "compte tenu de la situation qui s'est créée à Jantar Mantar et dans tout le pays, afin que les forces antinationales n'en profitent pas".
L'annonce de sa...
-
25/07 - Moyen-Orient : pourquoi la menace houthie représente un défi de taille pour l’armée américaine
La menace houthie va-t-elle aggraver la guerre avec l'Iran ? C'est en tout cas la crainte de l'armée américaine, après que les Houthis du Yémen, alliés de l’Iran, ont affirmé le 20 juillet qu’ils n’autoriseraient pas les navires à charger ou décharger dans les ports saoudiens, ce qui pourrait potentiellement bloquer les exportations de pétrole saoudiennes et priver le marché mondial d’environ 7 % de l’approvisionnement en pétrole, a rapporté Reuters.
Peu après, les rebelles chiites ont revendiqué des attaques en mer Rouge contre "deux pétroliers saoudiens", alors que dans le même temps les frappes américaines contre l’Iran se poursuivent et qu’un accord destiné à développer l’industrie nucléaire saoudienne alimente les inquiétudes quant à une possible course aux armements dans la région. L’Arabie saoudite, qui accueille des forces américaines sur son territoire, n’a pas encore demandé d’aide militaire à Washington. Mais Donald Trump a laissé entendre qu’une tentative des Houthis visant à entraver la navigation en mer Rouge - un corridor essentiel pour le commerce mondial - pourrait entraîner une intervention américaine.Des combattants aguerris
La situation pourrait néanmoins être plus complexe que prévue pour les Américains. Les Houthis ont acquis une réputation de combattants aguerris et mobiles, ayant réussi à résister aux précédentes campagnes de bombardements menées par l’Arabie saoudite et les Etats-Unis. Sous l’administration de Joe Biden, les Etats-Unis avaient...
-
25/07 - Pourquoi l’IA ne va pas détruire la planète, par Charles Gorintin
Depuis quelques années, quand on parle d'intelligence artificielle, une inquiétude revient sans cesse : son impact environnemental. La préoccupation est légitime, et longtemps, le débat a souffert d'un vrai problème : l'absence de données. Ce n'est plus le cas.
L'Agence internationale de l'énergie (AIE) y a consacré deux rapports, en 2025 puis en 2026, Google a ouvert ses compteurs de production, Mistral a publié la première analyse de cycle de vie complète d'un grand modèle. Les chiffres sont enfin là et ils ne corroborent pas les scénarios catastrophes.
Selon l'AIE, l'ensemble des data centers du monde (intelligence artificielle, mais aussi streaming vidéo, stockage, web) a consommé environ 485 TWh en 2025, soit 1,5 % de l'électricité mondiale. L'IA seule ? Environ 0,5 %, calcule la chercheuse Hannah Ritchie (Université d'Oxford, Our World in Data). Rapportée à l'énergie finale, transports, chauffage et industrie compris, l'IA pèse moins de 0,2 % du total mondial.
Cette consommation augmente, c'est vrai : +17 % en 2025. Mais d'ici 2030, l'AIE projette que les data centers doubleront pour atteindre environ 950 TWh, soit environ 3 % de l'électricité mondiale, et qu'ils ne représenteront qu'un dixième de la croissance de la demande : moins que les moteurs industriels, moins que les voitures électriques, moins que la climatisation.Un chiffre bien trop élevé
À l'échelle individuelle, les ordres de grandeur sont encore plus parlants. Le chiffre alarmiste qui a longtemps...
-
25/07 - Provence, le vignoble où le rosé est devenu un art de vivre
L’aire de production couvre environ 30 000 hectares en Appellation d’origine protégée (AOP), auxquels s'en ajoutent plusieurs milliers en Indication géographique protégée (IGP). Au nombre des premières, côtes-de-provence (ci-dessous), coteaux-d'aix-en-provence et coteaux-varois-en-provence représentent à elles seules plus de 90 % des surfaces exploitées et plus encore des rosés produits. Dans les six autres – bandol, cassis, palette, bellet, les baux-de-provence et pierrevert – les rouges et les blancs se révèlent bien plus présents. Avec 2 800 heures d'ensoleillement par an, des étés secs, des précipitations limitées et l'action permanente du mistral, qui favorisent un état sanitaire remarquable des raisins, le climat constitue l'un des grands alliés des vignerons. La diversité des sols – calcaires, schistes, grès, argiles rouges ou éboulis pierreux – offre une étonnante mosaïque de terroirs, dont la variété se traduit dans les bouteilles.
Aujourd'hui la référence mondiale du vin rosé, la Provence consacre 90 % de sa production à cette couleur, une singularité sans équivalent parmi les grands vignobles français.
Avec environ 170 millions de bouteilles commercialisées chaque année, la région constitue également un poids économique majeur. Le vignoble attire une clientèle internationale séduite autant par la qualité des vins que par un art de vivre associant paysages, gastronomie, patrimoine et tourisme. Châteaux historiques, chais contemporains, hôtels de luxe et tables...
-
25/07 - Etats-Unis : pourquoi J.D. Vance se retrouve sous le feu des critiques de son propre camp
A deux ans de la primaire républicaine de 2028, et alors que J.D. Vance demeure en tête des intentions de vote, le vice-président américain fait face à une campagne d'attaques particulièrement virulente venue de son propre camp. Sur les réseaux sociaux, ses opposants ont repris le slogan "Never Vance" ("Jamais Vance"), l'accusant notamment d'être "inapte" à exercer les fonctions de vice-président au motif qu'il a cherché à négocier un accord de paix avec l'Iran. D'autres affirment, sans apporter de preuves, qu'il prendrait des décisions contraires à la ligne de Donald Trump.
Des commentaires hostiles ont été publiés par des personnalités connues, comme le podcasteur conservateur Ben Shapiro ou le chroniqueur politique Marc Thiessen, mais aussi par des influenceurs de droite et des utilisateurs peu connus de X dont les messages anti-Vance sont rapidement devenus viraux. Selon le Washington Post, certains comptes promettant de soutenir le secrétaire d'Etat Marco Rubio contre J.D. Vance en 2028 semblaient, d'après leur profil, ne pas appartenir à des électeurs américains et être basés à l'étranger, alimentant les soupçons d'une opération d'influence évoquée par ses alliés. Une fronde inhabituelle
Par son ampleur et sa précocité, cette fronde interne est en effet inhabituelle. Rares sont les vice-présidents américains à avoir fait face à une telle contestation de leur propre famille politique aussi longtemps avant une présidentielle, rapporte le journal américain. Les...
-
25/07 - Italie : le ministre de la Défense propose un rôle de conseiller à Mykhaïlo Fedorov, limogé par Volodymyr Zelensky
Déjà très soutenu en Ukraine depuis qu'il a été écarté du gouvernement par Volodymyr Zelensky, Mykhaïlo Fedorov a reçu un appui plus inédit, en provenance de Rome. Le ministre italien de la Défense, Guido Crosetto, a déclaré avoir proposé au désormais ex-ministre de la Défense ukrainien un rôle de conseiller en Italie.
"Je l’ai appelé le lendemain de son licenciement et je lui ai dit : 'Quand veux-tu venir à Rome travailler avec moi comme conseiller ?'", a déclaré Crosetto au quotidien italien La Repubblica dans une interview publiée ce samedi.
Interrogé sur la réaction de Fedorov, Crosetto a déclaré que l'ancien ministre était "touché" et considérait l'offre comme "une démonstration d'estime et d'amitié".
Guido Crossetto a salué Fedorov comme un moteur d'innovation militaire, affirmant qu'il était "l'un de ceux qui ont complètement redéfini les règles du jeu sur le champ de bataille". Fedorov avait aidé l'Ukraine à résister d'abord à l'invasion russe, puis à reprendre l'initiative en transformant les pratiques militaires grâce aux nouvelles technologies, a déclaré Crossetto.
Mykhaïlo Fedorov, un réformateur féru de technologie de 35 ans, à qui ses partisans attribuent le renforcement des capacités de l'Ukraine en matière de drones et la mise en œuvre de réformes du secteur de la défense, a été limogé de son poste de ministre de la Défense ce mois-ci, une décision qui a déclenché de rares manifestations en temps de guerre en Ukraine.
Le président Volodymyr Zelensky...
-
25/07 - A Varsovie, une exposition décrypte la lutte des surréalistes contre le fascisme
On associe souvent le surréalisme à l’inconscient et aux images les plus déroutantes de l’histoire de l’art. Pourtant, derrière les univers fantastiques de Dali ou les énigmes visuelles de Magritte, se cachait un mouvement farouchement engagé. C’est cette dimension politique, souvent reléguée au second plan, que met en lumière l’exposition Au cœur même des changements : surréalisme et antifascisme, présentée au Musée d’art moderne de Varsovie, sous le commissariat de Dorota Jarecka et Magda Lipska.
A travers plus de deux cents œuvres et documents, elle raconte comment des artistes ont fait de l’imagination une arme contre le fascisme, le colonialisme et toutes les formes d’oppression. Et nous confronte d’emblée à une idée forte : le groupe d’inébranlables entendait autant bouleverser les conventions artistiques que réformer la société, quand, pour André Breton et ses compagnons, libérer l’esprit revenait à combattre les systèmes politiques qui cherchaient à le contrôler. Une ambition qui a pris un relief particulier dans les années 1930, lorsque les régimes totalitaires se sont multipliés en Europe et que nombre de créateurs ont réagi à la menace.Pablo Picasso, "Tête de cheval", esquisse pour "Guernica", 1937.
Parmi les œuvres emblématiques, représentatives de cette période, surgit inévitablement le Guernica de Picasso, matérialisé ici par des esquisses et des archives, qui rappellent le statut de symbole universel de la lutte contre la barbarie de l’immense composition...
-
25/07 - Incendies : des moyens militaires supplémentaires engagés face au feu "XXL" en Gironde, l’A400M déployé
Les feux qui ravagent la Gironde depuis le milieu de semaine sont d'ores et déjà historiques. Face à l'"incendie XXL" qui sévit dans le département et se dirige désormais vers l'agglomération bordelaise - sans toutefois menacer directement la ville "pour l'instant" - le ministre de l'Intérieur a annoncé vendredi soir le déploiement de moyens militaires supplémentaires. Selon Laurent Nuñez, la région fait face à "un phénomène totalement inédit".
Le feu qui s'est déclaré mercredi dans la commune de Saumos (Gironde) avait parcouru vendredi 14.000 hectares, détruit 53 maisons et un camping et nécessité 110.000 évacuations, principalement sur la presqu'île touristique de Lège-Cap-Ferret. Ce samedi à la mi-journée, la surface brûlée s'élevait à 32.700 hectares, témoignant de la vitesse fulgurante à laquelle avance l'incendie. La préfète de Gironde et de la région Nouvelle-Aquitaine, Sophie Brocas, avait ordonné vendredi l'évacuation préventive de plusieurs communes : Arès, Andernos, Le Temple, Saumos, Sainte-Hélène, Salaunes et Lanton.Réquisition de moyens militaires en appui des pompiers
"On a appris dans le milieu de l'après-midi qu'avec l'inversion des vents, ce feu convectif, qui s'autoalimente, (...) et est très difficilement maîtrisable" s'orientait "plutôt vers l'est et prenait la direction de la métropole bordelaise", a précisé Laurent Nuñez sur TF1 vendredi soir.
Ce samedi matin, des milliers de personnes des banlieues proches de Bordeaux ont été évacuées, alors que...
-
25/07 - Emile Servan-Schreiber : "Ce n’est pas parce qu’il y a des dollars en jeu que Polymarket fonctionne"
La boule de cristal s'est quelque peu embuée. Vendredi 17 juillet, la France a bloqué l'accès à Polymarket, cette plateforme américaine où l'on parie sur l'actualité géopolitique, sportive ou économique, et que son fondateur Shayne Coplan présente comme "le plus grand marché de prédictions au monde".
L'information n'a pas échappé à Émile Servan-Schreiber. Le fils de Jean-Jacques Servan-Schreiber, cofondateur de L'Express en 1953, est docteur en psychologie cognitive, spécialiste de l'intelligence collective. Et lui-même un pionnier des marchés prédictifs. Aujourd'hui à la tête de la société HyperMind, le sexagénaire s'est présenté à la rédaction avec un petit ouvrage technique sous le bras et une conviction : l'appât du gain n'a jamais été la clé du succès de la prévision en ligne.
L’Express : Vous avez été parmi les précurseurs des réflexions sur les marchés prédictifs en lançant la plateforme NewsFutures en 2000. Que ressentez-vous en voyant des plateformes comme Polymarket ou son rival Kalshi générer aujourd’hui des milliards de dollars ?
Emile Servan-Schreiber : Ce que ressentent les pionniers de la conquête de l'Ouest en voyant des nouveaux venus réussir dans une ville qui n'existait pas une génération plus tôt. Les grandes idées mettent toujours une génération ou deux à s'imposer. Il y a 25 ans, celle des marchés prédictifs paraissait folle tellement elle était disruptive. C'est donc une forme de validation. Mais l'emballement actuel me laisse un peu amer....
-
25/07 - Israël et l’Europe en instance de divorce : "Il y a maintenant un fossé dans l’opinion"
A peine le temps de poser ses cartons à l'ambassade d'Israël à Paris que Joshua Zarka se retrouve déjà en pleine tempête diplomatique. Défendre la position de l’Etat hébreu, lorsqu’il débarque en 2024 dans la capitale française, n’est pas à la portée de n’importe quel diplomate. Le Proche-Orient est en train de connaître un bouleversement majeur, un an seulement après le pogrom du 7-Octobre et le début de l'opération militaire à Gaza qui a causé des dizaines de milliers de morts, provoquant de gigantesques pénuries alimentaires du fait du blocus imposé par Tsahal. Deux ans après sa prise de fonctions, cet ambassadeur, né en France, dresse un constat alarmant sur la coopération entre Paris et Tel-Aviv : "Il y a une crise de confiance entre nous. Nos relations bilatérales sont au plus bas. La défiance est telle qu'Israël a de grandes difficultés à concevoir la France comme un partenaire envisageable sur ses questions de sécurité ou de relations internationales."
Les deux guerres en Iran - auxquelles aucun pays européen n’a souhaité prendre part - et les bombardements meurtriers en territoire libanais n’ont rien arrangé. Au contraire, la France a durci ses positions à l’égard de l’Etat hébreu et Emmanuel Macron a reconnu, quelques mois plus tôt, l’Etat de Palestine. A tel point que 2026 fait déjà figure d’annus horribilis diplomatique. Ben Gvir et Smotrich interdits de territoire
Dernier accroc en date : le 9 juin, Bezalel Smotrich, ministre d’extrême droite des Finances...
-
24/07 - Guerre en Ukraine : la Roumanie abat pour la première fois un drone au-dessus de son territoire
Les autorités roumaines ont annoncé ce vendredi 24 juillet qu’un avion de chasse F-16 roumain avait abattu un drone qui était entré dans l'espace aérien du pays. Après des dizaines d'incursions similaires et malgré l'obtention d'un cadre légal permettant l'interception et la destruction de drones en 2025, c'est la première fois que la Roumanie, État membre de l'Otan, réussit à intercepter un drone étranger.
Le chef d'état-major de l'armée roumaine Gheorghita Vlad a déclaré lors d'une conférence de presse ne pas avoir identifié l'origine ni la finalité du drone pour l’instant, et qu'une enquête était en cours. Pour le général, il pourrait toutefois s'agir d'un Shahed, un drone d'attaque de conception iranienne utilisé par la Russie contre l'Ukraine. "Visuellement, les pilotes [du F-16] ont indiqué que le drone semblait être de type Shahed”, a-t-il déclaré, ajoutant qu'il était trop tôt pour tirer des conclusions. Une autre source militaire a fait part de ses soupçons à Reuters : "Dans cette partie du monde, c'est la Russie qui est l'agresseur".
Plus tôt, le président Nicușor Dan avait écrit sur le réseau social X qu'un pilote roumain avait abattu le drone vers 11 heures, après son entrée dans l'espace aérien du pays. "La zone était inhabitée, le pilote a donc pu tirer sans aucun risque. Actuellement, les équipes des institutions compétentes enquêtent sur place afin d'établir tous les détails de l'incident", a-t-il également ajouté.
Le ministère roumain de la Défense a...
-
24/07 - Donald Trump et les droits de douane : "Si on lui ferme la porte, il passera par la fenêtre"
Brique par brique, Donald Trump rebâtit inlassablement sa muraille douanière dès qu’elle se fissure. Une première fois fin février, lorsque la Cour Suprême a invalidé ses taxes du "Jour de la Libération". Ni une ni deux, le président américain avait trouvé une autre pirouette juridique : la section 122 du Trade Act de 1974, qui lui a permis d'appliquer un taux universel à 10 %. Seulement voilà, cette mesure était limitée à 150 jours et le clap de fin est arrivé ce vendredi 24 juillet. Alors, la Maison Blanche s'est empressée de brandir un nouveau levier légal pour taxer 60 partenaires commerciaux : la section 301 du code commercial de 1974.
Après les déficits de la balance des paiements, c'est désormais l'absence d'interdiction efficace des importations issues du travail forcé qui fait office de prétexte. Parmi les pays dans le viseur, on trouve notamment l'Inde, l'Union européenne ou encore la Norvège. "Le recours à l'article 122 n'était qu'un moyen de gagner du temps pendant que se déroulaient les enquêtes au titre de l'article 301, qui revêt un caractère permanent", relève Richard Baldwin, chercheur au CEPR et auteur de World War Trade. L'arme a d'ailleurs déjà été dégainée contre la Chine, en 2018. Cette fois, elle s'appliquera à 99% des importations américaines. Eplucher le code commercial
L'enlisement du conflit au Moyen-Orient aurait pu reléguer la guerre commerciale au second plan. Il n’en est rien. Car maintenir les droits de douane dans la fourchette actuelle...
-
24/07 - La Russie contrainte d’importer du carburant après les attaques ukrainiennes contre ses raffineries
Les frappes ukrainiennes contre les infrastructures pétrolières russes contraignent désormais Moscou à importer du carburant, une situation inédite pour l'un des plus grands producteurs de pétrole au monde. Alors que les attaques de drones ont fortement réduit les capacités nationales de raffinage, la Russie s'apprête à recevoir une cargaison d'essence en provenance d'Inde et accroît parallèlement ses achats auprès de la Biélorussie.
Selon le Financial Times, un pétrolier transportant 42 000 tonnes d'essence, chargé à la raffinerie de Vadinar, dans l'ouest de l'Inde, doit arriver, dimanche 26 juillet, au terminal pétrolier de Beloye More, dans le nord de la Russie. D'après les données de la société d'analyse Kpler, la cargaison a d'abord été embarquée sur le navire Agni le 18 juin avant d'être transférée, le 6 juillet, sur le Garnet au large des côtes égyptiennes. Au 22 juillet, ce dernier faisait route vers la Russie en longeant les côtes norvégiennes.
Cette livraison illustre la gravité de la crise du carburant qui frappe le pays. Toujours selon le Financial Times, les attaques ukrainiennes ont réduit d'environ 40 % les capacités de raffinage russes, provoquant les pénuries les plus importantes depuis la chute de l'Union soviétique. Début juillet, plusieurs régions ont instauré des restrictions sur les achats d'essence, tandis que de longues files d'attente se sont formées devant les stations-service. Le quotidien britannique estime qu'environ 50 millions de Russes...
-
24/07 - Médicaments anti-obésité : la bataille entre Novo Nordisk et Eli Lilly vire à l’affrontement judiciaire
Novo Nordisk vient d'ajouter un destinataire à la campagne de publicité d'Eli Lilly : un juge fédéral du New Jersey. Le groupe danois, fabricant de Wegovy et d'Ozempic, poursuit son concurrent pour publicité mensongère et concurrence déloyale. Vendredi 24 juillet, il a demandé une injonction provisoire afin de faire retirer sans attendre les annonces visant ses produits. Eli Lilly, qui commercialise Zepbound contre l'obésité et Mounjaro contre le diabète, nie toute faute et promet de les défendre.
L'affaire commence par deux chiffres : 50 livres perdues avec Zepbound, soit près de 23 kilos, contre 33 livres avec Wegovy, environ 15 kilos. Dix-sept livres d'écart, affirme une publicité d'Eli Lilly diffusée à la télévision pendant le Mondial de football, puis sur TikTok et Facebook. Novo Nordisk juge la comparaison trompeuse, pendant qu'Eli Lilly la juge scientifique. La campagne, baptisée "Watch this", repose sur SURMOUNT-5, un essai achevé en 2024 et présenté par Eli Lilly comme le seul à avoir comparé directement les deux traitements. Des patients placés dans des conditions similaires ont reçu soit Zepbound, soit Wegovy : le résultat avantage nettement le premier. Le groupe américain maintient donc ses annonces et affirme que Novo Nordisk cherche à empêcher la publication des conclusions d'un essai clinique qu'il ne peut pas contester. Le détail des doses
SURMOUNT-5 comparait les doses les plus élevées de Zepbound, soit 10 ou 15 milligrammes, à des doses de Wegovy...
-
24/07 - Moyen-Orient : l’ombre de l’Iran derrière les attaques des Houthis en mer Rouge
Les tensions au Moyen-Orient sont encore montées d'un cran cette semaine lorsque les Houthis ont annoncé leur intention de bloquer le détroit de Bab el-Mandeb, entravant ainsi les exportations pétrolières en mer Rouge de l'Arabie saoudite. Les rebelles, qui reprochent à cette dernière des attaques au Yémen, ont revendiqué depuis avoir attaqué deux pétroliers saoudiens dans ce carrefour stratégique pour l’approvisionnement mondial en hydrocarbures. De quoi faire grimper encore les prix du pétrole, le baril de Brent dépassant à nouveau les 100 dollars jeudi 23 juillet.
Des informations dévoilées par Reuters ce même jour laissent penser que l'Iran a pu jouer un rôle dans l'implication des Houthis : d'après l'agence de presse britannique, Téhéran a en effet envoyé ce mois-ci au Yémen des commandants des Gardiens de la révolution islamique, des conseillers militaires ainsi que des équipements pour missiles et drones. Une démarche suggérant que la République islamique cherche à renforcer les capacités de ses alliés Houthis pour menacer le trafic maritime en mer Rouge, voie cruciale pour les livraisons énergétiques.Deux commandants de haut rang envoyés au Yémen
Pour ce faire, l'Iran a transporté les membres des Gardiens et les équipements militaires à bord d'un avion ayant quitté Téhéran à destination du Yémen le 13 juillet. Selon deux sources iraniennes, dix à 21 membres des Gardiens de la révolution, parmi lesquels deux commandants de haut rang, se trouvaient à bord de ce vol...
-
24/07 - De Hamlet à Cyril Hanouna : ce que le Trivial Pursuit dit du déclin de la culture G
Alors que les jeux de société font un tabac, certains d’entre eux et le succès qu’ils rencontrent en disent long sur leur époque. Cet été, L'Express décrypte des jeux cultes, de l'abaissement de la culture générale que révèlent les questions du Trivial Pursuit au fil des éditions, au retour du réalisme en géopolitique avec Risk, en passant par les mutations de la mondialisation (Richesses du Monde) et le backlash contre le politiquement correct avec Blanc-manger Coco, devenu incontournable à l’heure de l'apéro. Vous apprendrez aussi pourquoi le vénérable Monopoly valide la stratégie de Donald Trump et permet d’éclairer son élection.
L’honnête homme des années 1980 devait savoir dans quel château Shakespeare situe l’action d’Hamlet (Elsingor), le nom du supérieur de Louis de Funès dans Les Gendarmes (Michel Galabru) et l’alcool qui constitue la base d’un Bellini (le champagne). Avec ses boîtes bleues ou jaunes, ses couleurs de cases synonymes de thématiques (vert pour science et nature, orange pour sports et loisirs…), le Trivial Pursuit a été le jeu phare des baby-boomers désireux d’étaler leurs connaissances autant que leur nouvel appareil à raclette.
Les débuts relèvent de la légende. Il était une fois deux journalistes canadiens qui, lassés par un Scrabble incomplet, décidèrent en 1979 de donner au "trivia", ces quiz portant sur des informations sans utilité immédiate, sa forme canonique. Baptisé "Quelques arpents de pièges" au Québec, le jeu est chez nous d’abord...
-
24/07 - De pro-Kremlin à pro-Ukraine : l’étonnant revirement de l’influenceuse Maga Laura Loomer
Elle était jusqu'ici l'une des figures les plus bruyantes du courant "America First" opposé au soutien américain à l'Ukraine. La voilà désormais à Kiev, aux côtés de Volodymyr Zelensky, pour dénoncer l'agression russe et saluer la résistance locale. À 33 ans, l'influenceuse d'extrême droite proche de Donald Trump Laura Loomer a rencontré, jeudi 23 juillet, le dirigeant ukrainien dans la résidence présidentielle d'apparat, marquant ainsi l'aboutissement d'une évolution qui l'a fait passer du statut de critique virulente de Kiev à celui de l'une de ses plus ferventes défenseuses au sein du mouvement Maga. Elle affirme désormais vouloir regarder la guerre "avec clarté morale".
Et son changement de position sur la guerre en Ukraine pourrait dépasser son seul cas personnel : son influence auprès du 47e président des Etats-Unis lui confère une aura particulière au sein du camp conservateur. Surnommée "celle qui murmure à l'oreille de Trump", Laura Loomer est depuis plusieurs années l'une des alliées les plus visibles de l'ex-magnat de l'immobilier. Connue pour ses prises de position incendiaires sur les réseaux sociaux, elle s'est imposée comme une personne influente auprès de la base "Maga", sans jamais occuper de fonction officielle.
Pendant longtemps, son discours vis-à-vis de Kiev s'inscrivait dans une ligne très critique, voire proche des arguments diffusés par Moscou. Elle accusait l'Ukraine d'être un pays corrompu, affirmait que celui-ci ne méritait pas le soutien des...
-
24/07 - Ces jeux de société qui racontent l’époque - Notre série d’été
-
24/07 - Nucléaire : l’accord de Donald Trump avec l’Arabie saoudite suspendu à la reconnaissance d’Israël
L'accord conclu entre les États-Unis et l'Arabie saoudite aura conservé sa version initiale moins de vingt-quatre heures. Mercredi 22 juillet, Washington annonçait un texte permettant aux entreprises américaines de participer au programme atomique civil saoudien, avec la possibilité d'étudier, à terme, un enrichissement d'uranium sur place. Jeudi matin, Donald Trump lui ajoutait deux conditions qui n'avaient pas été présentées lors de la signature : aucun enrichissement et une normalisation des relations entre Riyad et Israël.
Le texte n'avait pas encore été transmis au Congrès que le président américain en redéfinissait donc les principaux équilibres. Le revirement intervient après une matinée de critiques dans les médias conservateurs. Le Wall Street Journal s'étonnait que Donald Trump accorde à Riyad une coopération que Joe Biden avait liée à une normalisation avec Israël. Plusieurs présentateurs de Fox News posaient la même question : pourquoi offrir à Mohammed ben Salmane ce que l'administration précédente n'avait envisagé qu'en échange d'une ratification des accords d'Abraham ? Selon plusieurs sources citées par CNN, ces critiques ont contribué à la décision de Donald Trump de bloquer l'accord dans sa forme annoncée. Dans un message publié aux plus petites heures du matin du jeudi 23 juillet sur Truth Social, le locataire de la Maison-Blanche a donc déclaré que l'accord serait "totalement soumis" à l’entrée de l’Arabie saoudite dans les accords d'Abraham, qui ont...
-
24/07 - Nucléaire de quatrième génération : "La France doit accélérer et laisser une place au privé"
Avril 2010, au site de lancement de Cap Canaveral, en Floride. Barack Obama annonce que l'État fédéral n'achètera plus de lanceurs, mais des services de lancement au secteur privé. Quinze ans plus tard, les États-Unis ont reconquis un accès autonome à l'espace, divisé les coûts, et reconstitué un écosystème industriel dominant. La France se trouve aujourd'hui devant un choix de même nature pour son nucléaire de quatrième génération.
Notre pays doit tenir simultanément quatre objectifs difficilement conciliables en matière énergétique : décarboner son économie, sécuriser son approvisionnement dans un monde où l'énergie est redevenue une arme, préserver des finances publiques déjà tendues, et maintenir une électricité compétitive pour ses industriels et ses citoyens.
Le nucléaire peut répondre aux quatre. Mais un nucléaire fondé uniquement sur les réacteurs à eau pressurisée de différentes générations, aussi performants soient-ils, reste dépendant de l'uranium importé. Sans fermeture du cycle du combustible, le nucléaire français demeure structurellement vulnérable. Les réacteurs à neutrons rapides changent l'équation : ils permettent de considérer les 15 000 tonnes de combustibles usés déjà stockés sur notre territoire comme une ressource énergétique mobilisable pour des siècles. La PPE3 et le Conseil de politique nucléaire de mars 2026 ont tranché le principe : la France y va. A la question "faut-il ?", succède l’enjeu du rythme et du modèle industriel.Le temps joue...
-
24/07 - Incendies en France : Emmanuel Macron en appelle à l’aide européenne
Face à des incendies d'une ampleur exceptionnelle qui frappent notamment la Gironde et les Landes, Emmanuel Macron a annoncé, dans la nuit du jeudi 23 au vendredi 24 juillet, que la France avait demandé l'activation du mécanisme de protection civile de l’Union européenne. Une décision destinée à renforcer rapidement les moyens de lutte contre les flammes, alors que plusieurs foyers restent actifs et que des dizaines de milliers de personnes ont déjà été évacuées.
"Nous allons pouvoir compter rapidement sur le renfort de deux Canadair croates, de deux Air Tractor portugais ainsi que de deux hélicoptères lourds Black Hawk tchèque et slovaque", a écrit le chef de l'État sur le réseau social X. Emmanuel Macron a également adressé ses "pensées" aux sapeurs-pompiers et aux forces de secours mobilisés "sans relâche sur le front des flammes", tout en appelant la population à faire preuve de "la plus grande vigilance".
La situation continue de se dégrader en Gironde. L'incendie parti de Saumos, qui menace la presqu'île du Cap-Ferret, entre le bassin d'Arcachon et l'océan Atlantique, a déjà détruit plus de 12 500 hectares, a indiqué ce vendredi en début d'après-midi la préfecture du département. "C'est le plus gros feu de la saison", avait déclaré dans la matinée le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez, qui a tenu une cellule interministérielle de crise, précisant que le sinistre, contre lequel 1 000 sapeurs-pompiers sont mobilisés, était incontrôlable et continuait d'avancer....
-
24/07 - Guerre en Iran, départ de plusieurs membres : l’Opep entre en "mode survie"
La prospérité tient parfois à un simple bras de mer. Après avoir vécu une longue phase de prospérité grâce au commerce maritime, l'Opep redécouvre dans la douleur, la valeur de certains nœuds stratégiques. Les Houthis du Yémen, alliés de l'Iran, ont annoncé le 20 juillet dernier, un blocus naval visant l'Arabie saoudite, le long de la mer Rouge. Un nouveau coup dur pour le royaume pétrolier, qui comptait sur cette route pour écouler son or noir en pleine crise du détroit d'Ormuz, et pour le cartel. Jamais celui-ci n'a paru aussi affaibli, aussi ballotté par l'actualité internationale. "L'Opep a clairement perdu ses superpouvoirs", confirme Tatiana Mitrova, chercheuse au Center on Global Energy Policy de la Columbia University.
Certes, les manuels d'histoire se souviennent encore de son tour de force du 17 octobre 1973. A l’époque, les sept pays membres annonçaient un embargo pétrolier contre les États-Unis, le Canada, le Japon, les Pays-Bas et le Royaume-Uni, en représailles à leur soutien à Israël pendant la guerre du Kippour. Dans la foulée, le prix du baril quadruplait. Aux États-Unis, les files de voitures qui s'étiraient devant les stations-service obligeaient Richard Nixon à imposer une limitation de vitesse nationale à 55 miles par heure. En Europe, plusieurs gouvernements européens interdisaient la circulation automobile le dimanche. Le début d'une longue stagflation.Une hémorragie de départs
Mais cinquante-trois ans plus tard, un constat s'impose : l'Opep n'a...
-
24/07 - Santé : la prévention, ce véritable échec des politiques publiques
Il y a un certain paradoxe à parler d’échec en matière de politiques publiques en santé. En effet, d’une part, l’espérance de vie s’est littéralement envolée partout dans le monde depuis un siècle, à quelques à-coups près, comme ceux provoqués par les deux guerres mondiales, la pandémie de grippe espagnole, celle du sida ou encore celle du Covid-19. Et d’autre part jamais la santé n’a pesé autant sur les dépenses publiques et dans les comptes sociaux, la France étant sur les premières marches du podium en la matière parmi les pays de l’OCDE. En France, l’accès aux soins est quasi universel, servant toute la population. Au-delà de cet accès garanti, le service public de santé se distingue aussi par sa qualité et son efficacité, les plus riches comme les plus pauvres se faisant soigner dans les grands hôpitaux publics du pays tant pour des pathologies graves que courantes.
Cependant, la prévention ne représente que la portion congrue (seulement 2,6 %) de ces dépenses de santé. Et si les Français sont assez égaux devant la pose d’un stent en cas d’infarctus, l’administration des dernières avancées thérapeutiques du cancer ou des maladies rares, il n’en est malheureusement pas de même concernant la prévention de ces pathologies.
En réalité, de très nombreux indicateurs de ce domaine sont au rouge. Les inégalités sociales en matière de santé sont non seulement flagrantes, mais elles sont généralisées, insupportables, certains diraient scandaleuses. Or, très peu d’hommes et...
-
24/07 - "On enterre les projets les uns après les autres" : le grand malaise franco-allemand sur la défense
Rien de tel que le recueil d’informations sur le terrain. Cet hiver, Pierre Schill, chef d'état-major de l'armée de terre, s'est rendu à Berlin dans l'espoir d'un échange franc avec son homologue allemand, Christian Freuding. La France et l’Allemagne planchent depuis 2018 sur le développement commun d’un char du futur, le MGCS, aujourd’hui au point mort. Le projet, qui accuse près de dix ans de retard, a été au cœur des discussions entre les deux hauts gradés. Sans grand succès. Deux lignes, quasiment irréconciliables, se sont opposées : la nécessité d’une autonomie stratégique européenne et d’un renouvellement rapide des blindés, côté français ; l’importance du lien transatlantique et le souci de ne surtout pas tenir la bride courte aux industriels, côté allemand.
La France et l’Allemagne se remettent encore tout juste de l’échec fracassant du Scaf, acté le 8 juin. Les ambitions du projet d’avion de combat ont largement été revues à la baisse, faute d’accord entre industriels. Par effet domino, ce revers laisse planer des doutes sur la capacité des deux pays à mener à bien des coopérations d’ampleur. Les conclusions du dernier Conseil franco-allemand de défense et de sécurité, organisé le 17 juillet à Nörvenich, en Allemagne, n’ont pas dissipé ces interrogations. Le désengagement américain et la menace russe devraient, sur le papier, faire converger les deux pays. Le sommet a surtout servi à multiplier de très prudentes déclarations d’intention, notamment dans le spatial...
-
23/07 - Ekaterina Schulmann : "En Russie, le commandement militaire a intérêt à voir mourir ses propres soldats"
On le dit casematé et déconnecté de la réalité. Mais même s'il passe le plus clair de son temps dans des bunkers, Vladimir Poutine est, contrairement à ce qu'affirment de nombreux experts, très informé de ce qu'il se passe dans son pays, mais aussi sur le front, soutient Ekaterina Schulmann. Infatigable observatrice du Kremin, cette politologue exilée à Berlin analyse depuis des années la capture de l'Etat russe par les services de sécurité, FSB en tête. Implacable.
L'Express : L'enlisement de l'armée russe en Ukraine affaiblit-il réellement Vladimir Poutine ?
Ekaterina Schulmann : Cette question nous conduit à nous interroger sur la légitimité du président russe. Quels sont les fondements de son pouvoir ? Il n'est pas, à proprement parler, un chef militaire, et sa légitimité n'est pas directement liée à ses succès ou à ses échecs sur le champ de bataille. Sa légitimité repose, d'abord, sur le fait qu'il est au pouvoir depuis un quart de siècle et que les gens se sont habitués à lui. La force de l'inertie et l'absence de toute alternative visible constituent un socle assez solide pour un régime autocratique.
Ensuite, elle est liée à sa capacité à produire de la stabilité. Au tout début du XXIe siècle, la promesse de stabilité - qui, à cette époque, ne signifiait pas la stagnation, mais la stabilité de la croissance - a constitué, à mon sens, le fondement de sa légitimité politique. Mais Poutine assoit également son pouvoir sur ce que Max Weber appelait la "légitimité...
-
23/07 - Pourquoi le maire de New York Zohran Mamdani ne pourra pas faire arrêter Benyamin Netanyahou
Le Premier ministre israélien pourra faire le déplacement sans crainte. Le maire démocrate de New York, Zohran Mamdani, a déclaré dans une vidéo publiée sur X mardi 21 juillet qu'il ne disposait pas de l'autorité légale nécessaire pour faire arrêter Benyamin Netanyahou pour des crimes de guerre présumés s’il venait à se rendre dans sa ville. "Notre administration a examiné toutes les voies juridiques possibles. Il est clair que la ville de New York ne dispose pas de l'autorité légale indépendante pour appliquer ce mandat d'arrêt", a-t-il affirmé.
Benjamin Netanyahu is a war criminal. pic.twitter.com/YRezmW6YVx— Mayor Zohran Kwame Mamdani (@NYCMayor) July 22, 2026
Le week-end dernier, l'élu de 34 ans, dont le mandat a commencé le 1er janvier de cette année, avait annoncé vouloir arrêter le chef du gouvernement israélien. Dans une interview accordée au New York Times, diffusée samedi, le maire de New York a qualifié Benyamin Netanyahou de "criminel de guerre" avant d'ajouter que l'administration de New York examinait activement s'il était envisageable de l'arrêter au cas où il se rendrait à l'Assemblée générale des Nations unies, en septembre prochain.
Pour le maire, Benyamin Netanyahou est en effet "l'architecte d'un génocide horrible contre le peuple palestinien". Des propos qu'il tient à l'encontre du responsable politique israélien depuis sa campagne pour la mairie de New York, qu'il a gagnée en novembre 2025 avec un peu plus de 50 % des voix.
Benyamin Netanyahou...
-
23/07 - A Béziers, le projet controversé du premier campus de "médecine chinoise" en Europe
Il n’y a pour le moment pas grand-chose sur ce terrain appartenant à la mairie de Béziers, coincé entre les stades de football et l’un des principaux boulevards de la ville. Des pelouses et quelques feuillus bordent le Conservatoire, élégante bâtisse du XIXe siècle aux balustrades en pierre de taille et au toit particulièrement pentu. Les quelques visiteurs du jour profitent des derniers moments de tranquillité dans les jardins, avant que, bientôt, une armée d’artisans ne vienne perforer le sol et faire vrombir leurs engins.
Le 5 juin dernier, la municipalité a officiellement donné son feu vert pour la vente de ce demi-hectare de terre à un ostéopathe et entrepreneur local, passionné de sciences occultes. Le praticien, Yves Le Gourières, convaincu des bienfaits des "méthodes douces" et des "champs de vitalité", compte bien donner naissance en lisière de ville au tout premier campus de "médecine traditionnelle chinoise" en Europe. Un très ambitieux projet de 22 000 mètres carrés d'amphithéâtres et de salles d'examens, décoré de petits lampions et agrémenté d’espaces dédiés à la pratique du taï-chi, cet art martial venu de Chine.
A en croire les prospectus, une école du supérieur ("EsMTC Med"), une maison de santé, un centre d’accueil pour le trouble du spectre de l’autisme et une maison de répit pour les seniors pourraient sortir de terre dès la rentrée 2027. Des établissements tout ou partie régis par les principes non reconnus de la médecine alternative asiatique. Les...
-
23/07 - Automobile : pourquoi Mercedes pourrait faire les frais de la rivalité entre les Etats-Unis et la Chine
Mercedes-Benz, compagnie allemande qui produit aux États-Unis, pourrait être empêchée d'y vendre ses voitures à cause de deux actionnaires chinois qui détiennent, ensemble, 19,67 % de son capital. Le cas n'était probablement pas le plus évident lorsque des sénateurs américains ont entrepris de fermer davantage leur marché automobile à la Chine, mais il est désormais le plus embarrassant.
La commission du Commerce du Sénat a adopté à l'unanimité, mercredi 22 juillet, un texte renforçant les restrictions sur les véhicules connectés liés à des intérêts chinois. La mesure doit encore être examinée par l'ensemble du Sénat, puis rapprochée d'un éventuel texte adopté par la Chambre des représentants. Elle est donc loin d'entrer en vigueur. Dans sa rédaction actuelle, elle interdirait cependant la vente de véhicules connectés par tout constructeur détenu à plus de 15 % par des entités chinoises. Deux actionnaires pour un seul calcul
Le projet porte sur les véhicules connectés, dont les logiciels et les équipements communiquent avec l'extérieur. Ses auteurs redoutent qu'un État adverse puisse accéder aux données, surveiller les utilisateurs, mener des intrusions informatiques ou perturber des infrastructures critiques. En attendant, Mercedes n'est ni contrôlée ni dirigée depuis Pékin. Son problème est strictement arithmétique : le constructeur public chinois BAIC détient 9,98 % de son capital, tandis que Li Shufu, fondateur du groupe automobile Geely, en possède 9,69 %. Aucun...
-
23/07 - Un "combat acharné" en vue : aux Etats-Unis aussi, la fin du changement d’heure fait débat
Le serpent de mer semble avoir traversé l'Atlantique : après l'Europe, les Etats-Unis sont à leur tour gagnés par l'éternel débat de la fin nécessaire — ou non — du changement d'heure deux fois par an. Adoptée le 15 juillet par la Chambre des représentants avec un large soutien bipartisan, une proposition de loi soutenue par Donald Trump visant à rendre permanente l'heure d'été a relancé les discussions aux États-Unis, où l'heure d'été est appelée la "daylight saving time" parce qu'elle consiste à "économiser" la lumière du jour en avançant les horloges pour profiter plus longtemps des soirées.
Si le texte était adopté par le Sénat puis promulgué par le président, les Américains ne reculeraient donc plus leurs horloges d'une heure au mois de novembre. Mais comme sur le Vieux Continent — où le changement d'heure aurait dû être supprimé après un vote du Parlement européen qui l'avait en théorie abrogé en 2019 — l'avenir de cette réforme semble très incertain. Le chef de la majorité républicaine au Sénat, John Thune, a d'ores et déjà reconnu qu'il n'était pas certain de réunir les 60 voix nécessaires pour surmonter un éventuel filibuster (une forme d'obstruction parlementaire), tandis que plusieurs sénateurs républicains promettent de s'y opposer.Un siècle de débat et de test
En vérité, le sujet divise les États-Unis depuis plus d'un siècle. L'heure d'été y a été instaurée une première fois en 1918 pour économiser l'énergie, avant d'être abandonnée dès 1919. Elle a été...
-
23/07 - Au RN, la candidature de Marine Le Pen rebat les cartes : "Bien sûr, c’est elle qui a le dernier mot"
Un an c’est long. Voilà une année que les membres du Rassemblement national vivaient en apnée. Forcés d’attendre une décision judiciaire qui devait déterminer qui de Marine Le Pen ou de Jordan Bardella porterait les couleurs de l’extrême droite à l’élection présidentielle. Forcés de louvoyer face aux questions dérangeantes, de feindre que tout allait pour le mieux lorsque des divergences de ligne commençaient à poindre, de faire en sorte que les équipes des deux candidats putatifs s’écharpent le moins possible aux yeux de tous. Le temps de l’attente, heureusement, est terminé. Marine Le Pen, condamnée par la cour d’appel (elle se pourvoit en cassation) mais en capacité de se présenter, est officiellement candidate. La parenthèse Bardella est terminée, il est temps de tourner la page.
Avant la traditionnelle pause estivale qui devrait durer plus d’un mois, les cercles rapprochés de la candidate et du président du RN se sont réunis, pour deux jours, au nouveau siège du parti dans le XVIe arrondissement parisien. Parmi eux, les conseillers de Jordan Bardella Charles-Henri Gallois et François Durvye, les proches de Marine Le Pen Renaud Labaye et Jean-Philippe Tanguy, ou encore son directeur de cabinet chargé de coordonner le programme Ambroise de Rancourt. L’objectif : éplucher les différents livrets thématiques - une vingtaine au total - concoctés par les équipes chargées de phosphorer sur la ligne que portera le parti en 2027, et commencer les "arbitrages". Comprendre :...
-
23/07 - Moonshot AI : le prodige chinois que Washington accuse d’avoir copié Anthropic
En cinq jours, Kimi K3 est passé de prouesse technologique à dossier de la Maison-Blanche. Le 17 juillet, la start-up pékinoise Moonshot AI présentait ce modèle capable, selon ses propres tests, de rivaliser avec les meilleures intelligences artificielles américaines à moindre coût. Ce mercredi 22 juillet, Washington l'accusait d'avoir obtenu une partie de ces performances en copiant les capacités d'Anthropic et en utilisant des puces Nvidia auxquelles les entreprises chinoises ne sont, en principe, plus censées avoir accès.
L'affaire réunit ainsi les deux principales inquiétudes américaines face aux progrès chinois dans le domaine de l'intelligence artificielle. La première concerne les modèles eux-mêmes : les entreprises chinoises les développent désormais presque aussi vite que leurs concurrentes américaines. La seconde porte sur la manière dont elles y parviennent. Michael Kratsios, directeur du Bureau de la politique scientifique et technologique de la Maison-Blanche, affirme que Moonshot a "distillé" le modèle Fable d'Anthropic pour entraîner Kimi K3, une technique qui consiste à entraîner un modèle à reproduire les réponses d'un autre, mais plus puissant.
La distillation n'est pas, en elle-même, une technique clandestine. Elle est couramment utilisée pour créer des modèles plus petits ou moins coûteux. Elle devient litigieuse lorsqu'elle repose sur l'exploitation non autorisée d'un service propriétaire, à une échelle suffisante pour en reproduire les capacités....
-
23/07 - Bientôt des frappes américaines au Mali ? Cette intervention que l’administration Trump étudierait
L'administration Trump étudie une opération militaire au Mali contre le JNIM — un puissant groupe terroriste islamiste affilié à Al-Qaïda qui fait vaciller depuis plusieurs mois la junte au pouvoir — selon des responsables américains qui se sont confiés au Washington Post. Cette intervention, si elle avait lieu, ferait du Mali le huitième pays au total visé par des frappes américaines depuis le début du second mandat de Donald Trump, après le Yémen, la Somalie, la Syrie, l'Iran, l’Irak, le Nigeria et le Venezuela.
La possibilité de cette offensive militaire divise toutefois les responsables américains, selon les sources du journal. Certains d'entre eux s'interrogent dans ses pages, craignant une potentielle escalade avec les forces russes présentes au Mali, et doutant de l'efficacité d'une nouvelle approche militaire dans une région où les précédentes opérations étrangères n'ont pas permis d'endiguer sur le long terme l'expansion djihadiste.Le "problème multinational" du terrorisme
Du côté de Donald Trump, l'un des principaux défenseurs de cette réponse armée au terrorisme serait Sebastian Gorka, directeur adjoint chargé du contre-terrorisme au Conseil de sécurité nationale. La Maison-Blanche quant à elle n'a pas confirmé l'existence de plans de frappes. Un responsable de l'administration indique néanmoins auprès du journal que Washington encourage les pays d'Afrique du Nord et de l'Ouest à acheter des équipements américains pour soutenir leur lutte contre les groupes...
-
23/07 - Comment l’Europe a édulcoré le nouveau train de sanctions contre la Russie
La règle de l’unanimité fait encore et toujours des dégâts sur la politique étrangère européenne. L’adoption ce jeudi 23 juillet par les 27 Etats membres d’un nouveau train de sanctions contre la Russie - le 21e depuis l’invasion de l’Ukraine en février 2022 - n’a pu se faire qu’au prix d’un large assouplissement des mesures proposées, afin notamment de satisfaire la Grèce qui menaçait d’opposer son veto.
Il se trouve que l’armateur grec Dynagas est le seul opérateur de l'Union européenne à posséder des méthaniers de classe Arc7 capables de briser les glaces de l’Arctique, construits spécifiquement pour aller chercher le gaz naturel liquéfié (GNL) produit sur la péninsule de Yamal, la région de l’extrême nord sibérien au coeur de l’hyperpuissance gazière russe. Selon les estimations du Financial Times, Dynagas, propriété du milliardaire grec George Prokopiou, a transporté vers les marchés mondiaux plus de 10 millions de m3 de GNL russe depuis un an, avec onze navires qui ont effecté 144 trajets. Les contrats correspondants ont quasiment tous été conclus avant l'invasion, pour des durées allant jusqu’à vingt ans.
La Commission européenne, soutenue par la majorité des Vingt-Sept, avait proposé d’en suspendre l’application jusqu’à l’arrêt des hostilités par la Russie. Mais pour satisfaire Athènes, les Etats membres ont accepté que Dynagas continue, pendant une durée d’un an renouvelable, à honorer tous les contrats conclus avant 2022, à condition que les volumes transportés...
-
23/07 - Des millions de dollars et des SMS rédigés par IA : le plan d’Israël pour reconquérir l’opinion américaine
Le prochain front de la diplomatie israélienne se trouve peut-être dans une réponse de ChatGPT. Face au recul de son image aux États-Unis, Israël finance une campagne qui ne vise plus seulement les élus ou les éditorialistes, mais aussi les jeunes conservateurs, les auditeurs de podcasts, les utilisateurs de TikTok et les intelligences artificielles qui leur résument l'actualité, comme le rapporte une longue enquête du Wall Street Journal.
En mars 2026, 60 % des adultes américains interrogés par Pew Research déclaraient avoir une opinion défavorable d'Israël. Une enquête de juillet précise le constat : 42 % porteraient un jugement négatif sur les Israéliens, un chiffre qui grimpe à 69 % lorsqu'il s'agit de leur gouvernement. Le décrochage vise donc d'abord l'exécutif et sa conduite des guerres à Gaza et en Iran. C'est ici qu'entre en scène Brad Parscale : ancien directeur de campagne de Donald Trump, il a signé avec le gouvernement israélien un contrat de plus de 45 millions de dollars pour améliorer l'image de l'État hébreu outre-Atlantique. Le Wall Street Journal affirme qu'au moins six entreprises ont été engagées aux États-Unis pour participer à cette campagne et qu'une trentaine de professionnels se sont enregistrés comme agents d'Israël. Le pays a prévu plus de 700 millions de dollars en 2026 pour sa diplomatie publique. La droite conservatrice comme premier relais
Brad Parscale connaît bien le public visé. Il est aussi directeur de la stratégie de Salem Media,...
-
23/07 - En manque de soldats, la Russie élargit encore le recrutement des criminels
Les personnes condamnées pour banditisme, trafic de drogue ou participation à une organisation criminelle pourront désormais rejoindre l'armée russe. Face au ralentissement du recrutement de soldats sous contrat et à des pertes toujours élevées en Ukraine, Moscou élargit encore son vivier de recrues potentielles. Mercredi 23 juillet, la Douma a adopté une loi autorisant le recrutement de nouvelles catégories de repris de justice. Désormais, des personnes reconnues coupables de banditisme, de participation à une organisation criminelle, de trafic de drogue, d'organisation de l'immigration clandestine, mais aussi d'infractions liées au trafic d'armes, d'explosifs, de matières radioactives ou encore à la perte de documents contenant des secrets d'État pourront signer un contrat avec le ministère de la défense.
Pour compenser les pertes parmi les quelque 700 000 soldats déployés sur le front, la Russie ne cesse d'intensifier ses campagnes de recrutement. Depuis la mobilisation partielle de septembre 2022, Moscou cherche à éviter une nouvelle conscription nationale en privilégiant le recrutement de soldats sous contrat, à coups de fortes primes financières : selon le Moscow Times, elles peuvent atteindre 5,5 millions de roubles (70 200 dollars) pour un contrat d'un an. Le tout en ouvrant progressivement ce recrutement à des catégories de population toujours plus nombreuses."Laver leur honte par le sang"
Mais si le gouvernement affirme que plus de 80 000 soldats sous contrat...
-
23/07 - Comment la DZ Mafia installe son emprise à Alès : "Soit vous acceptez, soit vous vous faites rafaler"
Christophe Rivenq n’a pas pour habitude d’annuler ses engagements en dernière minute. En ce lundi 20 juillet, le maire d’Alès, dans le Gard, s’est rendu comme prévu au séminaire organisé de longue date avec des élus du territoire, dans un hôtel de la région. "J’essaie de me concentrer sur ma mission et de continuer à vivre normalement", confie-t-il à L’Express entre deux réunions, sans rien faire paraître de la fatigue des derniers jours. Pourtant, la semaine qui vient de s’écouler n’a pas été de tout repos. Jeudi 16 juillet, son épouse a découvert deux balles de neuf millimètres dans la boîte aux lettres du domicile familial, assorties d’un courrier insultant, dont le message est on ne peut plus clair : "Dis à tes putains de flics d’arrêter de nous casser les couilles".
Les auteurs, qui ont également tagué les murs de la clôture, s’identifient par un simple paraphe : "DZNG - CVN", pour "DZ Mafia Nouvelle Génération", du nom d’une nouvelle branche de l’organisation criminelle marseillaise, et "Cévennes", un quartier populaire du nord d’Alès gangrenné depuis des années par le trafic de stupéfiants. La lettre fait indirectement référence à la politique sécuritaire menée par le maire (Les Républicains) de la sous-préfecture gardoise. Pour tenter d’assécher le narcotrafic dans sa ville, l’élu a publiquement communiqué sur l’installation de nouvelles caméras de vidéosurveillance ou sur l’engagement des 110 agents de la Direction de la sécurité publique de la municipalité. La...
-
23/07 - Santé mentale au travail : ce que la Suède a compris et que la France ignore encore
La santé mentale a été déclarée grande cause nationale en 2025, puis reconduite en 2026. Cette décision traduit une prise de conscience bienvenue. Les arrêts de travail liés aux troubles psychiques explosent, le burn-out se banalise et le désengagement progresse. Pourtant, une question demeure : la France aborde-t-elle réellement le problème de la bonne manière ? Des chiffres préoccupants
Selon le Baromètre absentéisme privé 2025 de WTW, réalisé auprès de près de 2 000 entreprises représentant plus de 430 000 salariés, les risques psychosociaux représentent désormais 36 % des arrêts de travail de longue durée, contre 32 % un an plus tôt, ce qui en fait la première cause des arrêts longs. Les arrêts de plus de trois mois représentent 57 % de l'ensemble des journées d'absence, contre 48 % il y a seulement cinq ans. Plus inquiétant encore, selon le Baromètre Qualisocial et Ipsos, 37 % des salariés estiment que leur travail met leur santé mentale en danger, une proportion qui atteint 47 % chez les moins de 35 ans. Selon l'étude OpinionWay pour Empreinte Humaine, près d'un salarié sur quatre déclare être en mauvaise santé mentale et le taux de burn-out a doublé depuis 2020.
En France, la santé mentale au travail reste largement pensée sous un angle individuel. Lorsque les salariés vont mal, les entreprises mettent en place des cellules d'écoute, des formations à la gestion du stress, des numéros d'assistance ou des ateliers de bien-être. Ces dispositifs sont utiles, parfois...
-
23/07 - "En Iran, Donald Trump est pris à son propre piège" : la charge de son ex-stratège John Bolton
Après dix-sept mois à la Maison-Blanche, leur rupture avait été brutale en 2019, réglée à coups de tweets sur les réseaux sociaux. Ancien conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump lors de son premier mandat et artisan historique d'une ligne très interventionniste ("hawk") à l'égard de Téhéran, John Bolton dresse un bilan sans concession de la stratégie iranienne de la Maison-Blanche depuis les frappes du 28 février. Selon l’ex-ambassadeur américain aux Nations unies, l'absence de plan cohérent, l'isolement diplomatique des Etats-Unis et le calendrier électoral américain expliquent une situation aujourd'hui bloquée, entre un régime affaibli mais toujours debout et une administration américaine sans cap clair.
Dans ses mémoires, The Room Where It Happened (2020) - Trump a tenté d'empêcher la publication du livre -, Bolton décrivait déjà un président davantage guidé par des considérations politiques personnelles que par une stratégie cohérente de sécurité nationale. "Il n'a pas de philosophie, pas de vision stratégique en matière de sécurité nationale", critique-t-il. Entretien.
L’Express : Les Etats-Unis viennent de multiplier les frappes en Iran. La ligne dure que vous avez toujours défendue est-elle celle de Donald Trump ?
John Bolton : Je ne sais pas, et j'ai bien peur que lui non plus ne le sache pas. Une partie du problème remonte au 28 février : au moment même où il annonçait le début des frappes, aux côtés d'Israël, à 3h30 du matin, Trump n'a pas précisé...
-
22/07 - Si la Russie attaquait l’Europe : les cinq scénarios redoutés par les experts
Plus de 1 600 jours après le début de la guerre en Ukraine, Poutine n’a peut-être jamais été aussi dangereux. En l’absence de victoire claire sur le champ de bataille, nombre d’experts et d’agences de renseignement préviennent qu’il pourrait attaquer de nouvelles cibles en Europe d’ici la fin de la décennie. D’autant qu’une sortie négociée du conflit ou un simple gel des combats lui donneraient le temps de reconstituer ses forces.
Attaque amphibie contre l’île suédoise de Gotland, incursion militaire en Pologne pour tester la résolution de l’Otan... Voici les scénarios les plus probables des spécialistes interrogés par L’Express.Scénario 1 - Gotland, 3 septembre 2029 : ils débarquent
Dans le petit village de pêcheurs de Ljugarn, sur la côte est de l’île suédoise de Gotland, la matinée s’annonce paisible, alors que percent les premiers rayons du soleil en ce 3 septembre 2029. Soudain, à quelques kilomètres au large, surgissent de multiples corvettes et navires de débarquement de la flotte russe de la Baltique. Revanchard après les déboires de son armée en Ukraine, Vladimir Poutine vient d’ouvrir un nouveau front. La Suède, qui a rejoint l’Otan en 2024, en est la première victime. La petite île de Gotland, cruciale pour le contrôle de la mer Baltique, devient le théâtre d’un nouvel affrontement. Les drones et missiles russes saturent l’espace aérien tandis que des forces spéciales débarquent en hélicoptères pour s’emparer de l’aéroport de Visby – le seul de l’île. Dans le...
-
22/07 - Hongrie : l’appel de Viktor Orban à "résister" contre la "tyrannie" de Péter Magyar
Viktor Orban n'y va pas par quatre chemins. L'ancien Premier ministre hongrois, défait lors des élections législatives en avril dernier après 16 ans à la tête du pays, accuse le nouveau gouvernement de Péter Magyar de bafouer la démocratie. "L'ère de la tyrannie a de nouveau débuté en Hongrie", a déclaré l'ancien Premier ministre. "Le nouveau système politique ainsi créé est illégitime (...) Le Fidesz utilisera tous les moyens pacifiques pour lutter contre les abus de pouvoirs à l'intérieur du Parlement et à l'extérieur du Parlement", a-t-il ajouté.
Viktor Orban a lancé cet appel dans un message publié mardi soir sur Facebook, intitulé "Déclaration de résistance", peu après une perquisition dans les locaux de son parti, le Fidesz. L'ancien Premier ministre nationaliste a précisé ce mercredi 22 juillet que la police avait saisi les serveurs informatiques du parti lors de cette perquisition. Le parquet a indiqué à Reuters que celle-ci avait été menée dans le cadre d'une enquête sur des "détournements de fonds et autres infractions criminelles" au sein du Fonds national pour la culture (NKA) lorsque le Fidesz était au pouvoir.Plusieurs départs majeurs en quelques jours
Dans son message, Viktor Orban a déclaré que la Hongrie avait "cessé d'être un Etat démocratique" après l'adoption par le Parlement désormais dominé par Tisza, la formation conservatrice du Premier ministre Péter Magyar, d'un amendement constitutionnel mettant fin aux mandats du chef de l'Etat et du président...
-
22/07 - Guerre en Iran : le Pentagone revoit à la hausse le coût de ses opérations
37,5 milliards de dollars : c'est l'estimation du coût jusqu'à présent de la guerre en Iran, dévoilée mardi 21 juillet par le secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth, alors qu'il se présentait devant des parlementaires pour la première fois depuis la reprise des bombardements intensifs.
Ce montant représente une hausse de près de 30 % par rapport aux 29 milliards précédemment estimés. Lors de son audition devant la commission du Sénat, Pete Hegseth a notamment déclaré que cette somme comprenait certains aspects de la guerre ainsi que les coûts prévus jusqu'à fin septembre, sans toutefois détailler comment le Pentagone était parvenu à ce chiffre. En mars, une source avait indiqué à Reuters que l'administration Trump estimait que les six premiers jours de la guerre avaient coûté à eux seuls au moins 11,3 milliards de dollars.
Face aux dépenses entraînées par ses opérations militaires, Donald Trump a demandé le mois dernier au Congrès un financement supplémentaire de près de 90 milliards de dollars, dont 67 milliards seraient consacrés au Pentagone pour les coûts opérationnels de la guerre en Iran. Une partie de cet argent doit notamment servir à "reconstituer les stocks de munitions", selon une lettre du directeur du budget de la Maison-Blanche, Russell Vought, au Congrès. Ce mardi, Pete Hegseth et le chef d’état-major des armées Dan Caine ont défendu une rallonge budgétaire "urgente" et "nécessaire".Des sénateurs peu convaincus
Depuis que la guerre menée par les...
-
22/07 - Interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans : la France, cheffe de file en Europe
C’est fait ! La France est devenue le premier pays d’Europe à interdire l'accès aux réseaux sociaux pour les enfants de moins de 15 ans. Adoptée par le Sénat et l’Assemblée nationale ce 21 juillet, cette mesure prendra effet le 1er septembre 2026. Les plateformes devront vérifier l’âge des utilisateurs avec leur pièce d’identité ou la reconnaissance faciale.
Inspirée du modèle australien qui, depuis le mois de décembre, interdit l’accès aux plateformes aux moins de 16 ans, la "majorité numérique" devient obligatoire en France alors que les effets des réseaux sociaux sur la santé et la sécurité des mineurs suscitent des inquiétudes dans le monde entier. En France, une étude de l’Observatoire de la parentalité numérique montre que 74 % des parents d’enfants de 6 à 16 ans soutiennent cette interdiction avant 15 ans. La mise en œuvre s’annonce toutefois complexe, qu’il s’agisse de la fiabilité du contrôle de l’âge, de la responsabilité des plateformes et des risques de contournement.Finlande : le grand écart
Le Premier ministre Petteri Orpo soutient une interdiction des réseaux sociaux pour les moins de 15 ans, se disant "préoccupé par le manque d’activité physique" chez les jeunes. La proscription n’en est toutefois qu’au stade d’étude. De leur côté, 83 experts ont signé des recommandations politiques pour une sensibilisation au numérique et la mise en place d’une régulation. Selon eux, l’interdiction stricte est difficile à faire respecter.Un usage problématiqueSlovénie :...
-
22/07 - "Il met son travail au service de notre ligne" : Johann Chapoutot, l’historien préféré de LFI
Aurions-nous pu éviter pareille gêne ? Le 23 juin 2026, Marc Bloch entre au Panthéon. Johann Chapoutot n'aurait manqué cela pour rien au monde. L'historien du nazisme, auteur de la préface de la dernière édition de L'étrange défaite, est là. Sitôt dans le monument, il se joint aux universitaires déjà arrivés. Un entremetteur présente alors Johann Chapoutot à Christophe Prochasson, ancien président de l’EHESS et ex-conseiller culture de François Hollande. "J’ignore si vous vous connaissez", demande benoîtement le médiateur. "Oui, nous nous connaissons, et nous ne nous aimons pas, répond sans faux-semblant Christophe Prochasson. D’ailleurs je refuse de vous serrer la main." "Il faudrait alors que l’on se retrouve sur le pré !", rit Chapoutot. Et ainsi solder quelques querelles.
Vite, quittons ces tristes confrères. La cérémonie terminée, l’historien rejoint Jean-Luc Mélenchon et les siens, "comme intégré à la bande", narre un témoin. Une photo du mouvement politique, entourant les descendants de Marc Bloch, immortalise la connivence. Lui est juste là, derrière le quadruple candidat à l’élection présidentielle, reconnaissable à ses lunettes rondes, houppette dégarnie. Griffé par ses pairs, adoubé par la gauche : Johann Chapoutot, l’homme aux deux réputations. L’historien à double face.
L’Histoire bégaie, Johann Chapoutot le subodore. Son dernier best-seller, Les Irresponsables (Gallimard), a projeté l’universitaire dans le feu de l’actualité. L’arrivée d'Adolf Hitler au...
-
22/07 - Iran : la "Montagne de la Pioche", le site nucléaire enfoui que Donald Trump menace de frapper
C'est la nouvelle obsession de Donald Trump. Le président américain a déclaré mardi 21 juillet que les Etats-Unis allaient frapper "très prochainement" la région de la "Montagne de la Pioche" ("Pickaxe Mountain" en anglais), située tout près de l'installation d'enrichissement d'uranium fortement endommagée de Natanz, en Iran. Une semaine plus tôt, le 13 juillet, le dirigeant avait déjà menacé d'éliminer ce site. "Nous allons détruire Pickaxe Mountain. Dites aux Iraniens de se tenir prêts", avait affirmé Donald Trump lors d'une interview dans le talk-show de Hugh Hewitt. "Nous allons probablement tenter une attaque sur Pickaxe prochainement", avait-il indiqué.
Ce lieu n'est pas ciblé au hasard par Washington. Kuh-e Kolang Gaz La, en persan, est un site fortifié qui abrite deux complexes de tunnels profondément enfouis. Comme le détaille Reuters, cette montagne est située à 220 km au sud de Téhéran et à seulement deux kilomètres du complexe nucléaire de Natanz. Le sommet culmine à environ 1 600 mètres d'altitude. Le site de Natanz, emblématique du programme nucléaire iranien, où se trouvaient deux usines d'enrichissement d'uranium, a été bombardé pendant la guerre déclenchée par les Etats-Unis et Israël le 28 février dernier, et pendant la guerre de 12 jours de l'année dernière. L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a indiqué que l'usine d'enrichissement d'uranium à ciel ouvert avait été détruite. L'usine souterraine a quant à elle probablement été gravement...
-
22/07 - De Fatty à "DTF St. Louis" : une histoire de la grosseur au cinéma
Il y a une histoire de la grosseur au cinéma. Elle commence en 1913 avec l’entrée de Roscoe Arbuckle, dit Fatty (136 kilos) dans les studios de Mack Sennett. Dans Fatty et le voleur, Roscoe Arbuckle incarne un flic stupide qui se fait maltraiter par les voyous du quartier. Il n’est pas encore la vedette de la série des Fatty, mais déjà, qu’est-ce qu’on se marre à le voir revenir au commissariat en caleçon. Même les gros, dans la salle, rigolent. Peut-être pas de bon cœur. Allez quoi, un peu d’humour… Roscoe (Fatty) Arbuckle va tourner 45 Fatty avant de prendre le pouvoir sur sa célébrité, quitter Mack Sennett pour diriger lui-même les films, les produire et rivaliser avec Chaplin. On rigole moins, le gros ridicule est devenu intelligent, il gagne à la fin et c’est lui qui balance les tartes à la crème.
La voie est ouverte pour Oliver Hardy qui a trouvé en Stan Laurel un souffre-douleur à sa mesure. Pour la première fois, tout en continuant d’être ridicule, le gros du cinéma est un personnage puissant. L’énormité des conneries qu’il se permet impunément évaluant l’amplitude de son pouvoir.
Le gros cinématographique sera définitivement débarrassé de ses attributs burlesques par John Huston qui confie à Sydney Greenstreet le rôle de Kasper Gutman, le caïd obèse, à la recherche du Faucon Maltais (1941). La cruauté du personnage est supérieure à son obésité. Une promotion que son élégance vestimentaire confirme du début à la fin du film.
Légende à lui tout seul, on suit...
-
22/07 - Royaume-Uni : "Il sera difficile pour Andy Burnham d’éviter, à terme, des hausses d’impôts"
Le message est clair. Après avoir quitté avec fracas le gouvernement de Keir Starmer le 11 juin dernier, l'ancien ministre de la Défense, John Healey, fait son retour au cœur du pouvoir. Le nouveau Premier ministre, Andy Burnham, l'a nommé au poste stratégique de chancelier de l'Échiquier, un choix qui laisse présager un effort accru en faveur de la défense, précisément le sujet qui avait provoqué sa rupture avec son prédécesseur.
Mais avec une dette publique britannique qui a presque triplé depuis la crise financière de 2008 et un déficit public de 4,8 % du PIB, la marge de manœuvre est étroite. Les marchés, échaudés par l'épisode Liz Truss et par l'instabilité politique des dernières années, surveilleront de près la trajectoire budgétaire du Royaume-Uni. Pour l'économiste Jonathan Portes, professeur à King's College London, il sera difficile d'éviter, à terme, des hausses d'impôts, un sujet politiquement explosif. Cet ancien chef économiste sous Gordon Brown détaille les défis budgétaires auxquels va être confronté le nouveau gouvernement et les arbitrages qu'il devra rapidement assumer.
L'Express : La dette publique britannique a presque triplé depuis la crise de 2008. Le sujet devient-il politiquement inflammable pour le nouveau Premier ministre ?
Jonathan Portes : Le dérapage des comptes publics n'est pas propre au Royaume-Uni : la dette française se situe à un niveau comparable, la dette japonaise est bien supérieure, celle des États-Unis un peu plus élevée,...
-
22/07 - Nucléaire : cet accord entre Donald Trump et l’Arabie saoudite qui inquiète déjà
En matière nucléaire, l'Arabie saoudite demande à être traitée comme une puissance civile. Donald Trump s'apprête à lui accorder ce statut sans exiger les garanties les plus strictes prévues jusqu'ici par Washington. Selon le Wall Street Journal et le New York Times, le président américain a approuvé un accord de coopération d'une durée de trente ans. Le texte doit être signé ce mercredi 22 juillet par le secrétaire à l’Énergie, Chris Wright, et son homologue saoudien, le prince Abdulaziz ben Salmane, avant d’être transmis au Congrès.
Pour Riyad, l'objectif officiel est énergétique. Le royaume veut produire de l'électricité nucléaire afin de consacrer une plus grande part de son pétrole à l'exportation. Il espère aussi exploiter ses propres gisements d'uranium, dont l'importance reste encore à établir. Pour Washington, l'intérêt est plus immédiat : l'accord pourrait représenter plusieurs dizaines de milliards de dollars et réserver aux entreprises américaines une place de choix dans la construction des futures centrales saoudiennes. La Russie et la Chine, également intéressées, resteraient à la porte.
Robert Einhorn, ancien responsable du département d'État américain chargé de la non-prolifération, résume au Wall Street Journal les bénéfices attendus : l'accord pourrait "relancer l'industrie nucléaire américaine, renforcer les relations entre les États-Unis et l'Arabie saoudite et empêcher la Russie et la Chine d'occuper une position stratégique" dans le programme...
-
22/07 - Mer de Chine : cet incident qui ravive les tensions entre Pékin et Manille
Le président philippin Ferdinand Marcos Jr. a convoqué mardi 21 juillet l'ambassadeur de Chine à Manille, Jing Quan. Plus tôt dans la journée, le ministère chinois des Affaires étrangères avait déclaré avoir convoqué l'ambassadeur de Manille en Chine. Le tout à la suite d'accusations mutuelles de provocations en mer de Chine méridionale.
Ces convocations interviennent en effet au lendemain d'un incident entre les deux pays d'Asie de l'Est survenu dans l'archipel des Spratleys. D'après les autorités philippines, un membre de leur marine aurait été frappé à la tête alors que deux canots philippins tentaient d'éloigner une embarcation chinoise qui tournait autour d'une épave servant d'avant-poste à l'armée philippine, le BRP Sierra Madre. Un canot pneumatique de la marine philippine aurait été endommagé, selon Manille, qui a partagé une vidéo de l'incident. <script async="1" defer="1" crossorigin="anonymous" src="https://connect.facebook.net/fr_FR/sdk.js#xfbml=1&version=v25.0"></script>Deux récits contradictoires
Le récit des faits fourni par Pékin est tout autre : la Garde côtière chinoise (CCG) a déclaré lundi que deux canots philippins avaient percuté un patrouilleur chinois en mer de Chine méridionale et que le personnel avait lancé des "attaques malveillantes" contre les agents des forces de l'ordre chinois à l'aide de rames et de longs bâtons.
Dans un communiqué publié mardi, la CCG a également indiqué que la Chine avait autorisé la partie...
-
22/07 - Un nouvel ambassadeur français à l’Otan, le RN briefé sur la défense à Matignon
La CIA noyaute l’entourage du président vénézuélien,le Mossad israélien piège les bipeurs du Hezbollah,les espions de Poutine payent des petites mains pour dessiner des étoiles de David dans Paris… Si vous ne vous intéressez pas au monde de la défense et de l’espionnage, c’est lui qui s’intéressera à vous. Retrouvez, chaque semaine, notre sélection d'indiscrets exclusifs en France... et notre revue de presse des nouvelles les plus saillantes en Europe.Un nouvel ambassadeur français à l’Otan
Le Quai d’Orsay et l’Élysée se penchent sur la succession du représentant permanent de la France auprès de l’Otan. Un poste stratégique alors que la France essaie de jouer un rôle moteur dans le renforcement du pilier européen de l’Alliance. L’actuel ambassadeur, David Cvach, quittera ses fonctions à l’été pour rejoindre le Service européen pour l’action extérieure (SEAE). En lice pour lui succéder, le diplomate Charles Fries, lui-même secrétaire général adjoint du SEAE, a profité d’un passage à Paris à la faveur du Sommet de la Coalition des volontaires, le 13 juillet, pour en toucher un mot à Jean-Noël Barrot et faire valoir sa candidature. Philippe Bertoux, aujourd'hui ambassadeur de France en Corée, est lui aussi sur les rangs.Le RN briefé à Matignon sur la défense
C’est un aspect méconnu du "plan Matignon" concocté par le Rassemblement national après la périlleuse dissolution de 2024. Le RN s’est préparé à arriver au pouvoir, en approchant le cabinet militaire de Gabriel Attal,...
-
22/07 - Tensions entre Paris et Téhéran : l’Iran dément avoir maltraité deux diplomates français
Deux diplomates français que Paris accuse Téhéran d'avoir soumis à un "acte d'intimidation grave" n'ont pas été maltraités, a assuré ce mercredi 22 juillet un responsable du ministère iranien des Affaires étrangères, une assertion rejetée par la France.
Selon Paris, qui a convoqué mardi le chargé d'affaires iranien pour protester contre cet incident "inacceptable", deux membres de l'ambassade de France ont été retenus dimanche pendant quatre heures, durant lesquelles ils se sont vu confisquer leurs téléphones, ont été privés de tout contact avec l'ambassade et verbalement intimidés, l'un d'eux, le conseiller culturel, ayant été malmené physiquement.
Dimanche soir deux agents de l'ambassade de France en Iran ont été la cible d'une action d'intimidation extrêmement grave de la part des services de sécurité iraniens, en violation flagrante des immunités diplomatiques dont ils bénéficient.
Détenus sans raison pendant plusieurs…— Jean-Noël Barrot (@jnbarrot) July 20, 2026
Cité mercredi par les médias de Téhéran, un responsable du ministère iranien des Affaires étrangères, Mohammad Tanhaei, a déclaré que les services de sécurité avaient interrogé deux membres de l'ambassade de France ayant tenu une réunion avec des individus visés par des enquêtes pour des raisons de sécurité. "Les agents de sécurité ont transféré les deux individus à la police diplomatique dès qu'ils ont compris leur lien avec l'ambassade de France", a-t-il dit, assurant qu'il n'y avait pas eu d'acte...
-
22/07 - Ukraine : sous la pression de la rue, Volodymyr Zelensky limoge le commandant en chef de l’armée
C'est le plus grand remaniement de la direction militaire de l'Ukraine depuis le début de la guerre contre la Russie. Volodymyr Zelensky a nommé mardi 21 juillet au poste de commandant en chef des forces armées le général de division Mykhaïlo Drapaty, 43 ans, en remplacement d'Oleksandr Syrsky. La semaine dernière, le remaniement ministériel décidé par le président ukrainien et le limogeage du ministre de la Défense, Mykhaïlo Fedorov, 35 ans, après seulement six mois en fonction, ont suscité des inquiétudes chez les analystes quant à la possibilité que l'élan récent de l'Ukraine sur le champ de bataille soit perdu. L'ex-ministre réformiste, au cœur de l'innovation de Kiev dans l'utilisation des drones, était pourtant très populaire.
La nomination de Mykhaïlo Drapaty intervient après plusieurs jours de manifestations déclenchées par ces changements gouvernementaux. Mykhaïlo Fedorov avait critiqué Oleksandr Syrsky, l'accusant de saboter son travail, ce qui a mis en exergue les tensions entre les responsables ukrainiens considérant que le recours à la technologie est crucial pour remporter la guerre et ceux, issus de la vieille garde, favorables à une approche plus traditionnelle. Certains manifestants, qui s'étaient rassemblés devant les bureaux de Volodymyr Zelensky à Kiev, avaient appelé le président ukrainien à nommer Mykhaïlo Drapaty et demandé le retour de Mykhaïlo Fedorov, au détriment d'Oleksandr Syrsky."Une bouffée d'air frais"
Ce dernier avait joué un rôle clé...
-
22/07 - Monique Barbut, la ministre qui ne voulait pas l’être : "Je veux juste rentrer chez moi"
Tous les matins, elle quitte son domicile parisien et se rend à pied au ministère de la Transition écologique. Et tous les matins, sécurité oblige, une voiture de la République la suit au pas tout au long de sa petite randonnée urbaine. Le jour n'est pas levé que, déjà, la ministre démontre deux facettes de sa personnalité : primo, Monique Barbut ne compte pas changer ses habitudes ; deuzio, Monique Barbut va à son rythme. Qu'importent ses responsabilités. Les impératifs de l'époque. Les épreuves qui, depuis sa nomination, ont jonché ses journées. Seulement, ça y est, elle en a eu assez. De les affronter, les subir, ou de les éviter. Celle qui n'a jamais trouvé ni aimé sa place au gouvernement a annoncé démissionner, ce mercredi, au bout de neuf mois de calvaire. Quand bien même Emmanuel Macron est parvenu, quelques heures plus tard, à la convaincre de "poursuivre sa mission", cela ne change rien à l'affaire : Monique Barbut n'est jamais parvenue à entrer dans le costume qu'elle avait toujours refusé de porter.
Est-ce possible, est-ce acceptable, d'avoir pitié d'un ministre ? Osons, oui. Durant la période historique de canicule qui touchait la France, après quatre jours et quatre nuits d'âpres débats au Sénat sur le Projet de loi d'urgence agricole, elle confessait dans un attendrissant éclat de rire aux airs de supplication : "Je n'ai aucune espèce d'ambition, je veux juste rentrer chez moi. Je veux retourner à ce que je faisais et qui m'amusait beaucoup plus." Monique...
-
22/07 - Décentralisation : la recette d’Andy Burnham pour la France
Une dette publique incontrôlable, un déficit public en lévitation, une croissance atone, des taux d’intérêt ascensionnels, une valse gouvernementale, un parti populiste aux portes du pouvoir… Et une équipe de football proche du graal, mais sèchement renvoyée à la maison… On ne parle pas de la France, mais du Royaume-Uni. Andy Burnham, son septième Premier ministre travailliste depuis 2016, veut pourtant y croire : l'ex-maire du Grand-Manchester arrive à Downing Street avec non seulement une solide expérience locale, mais également du charisme et des idées.
Il se donne dix ans pour ramener de l’espoir, et "distribuer du pouvoir partout dans le pays", en appliquant son plan D comme décentralisation. L’arme magique pour relancer la croissance, tout en respectant la discipline budgétaire, assure-t-il. Son bilan à Manchester plaide en sa faveur : la métropole affiche des indicateurs économiques supérieurs à ceux de Londres. L’ancien ministre de Tony Blair et de Gordon Brown en est convaincu depuis longtemps, il faut en finir avec l’extrême concentration des pouvoirs autour de la capitale, qui règne de façon hégémonique sur l’économie du pays.
Non seulement il a raison, mais nous devrions en prendre exemple. "Il faut 'décoloniser' la province", tonnait déjà Michel Rocard en 1966. Un discours inspiré par sa propre expérience de haut fonctionnaire : à l'occasion d'un contrôle des finances de la ville d'Auxerre, il "constata avec amertume l'inertie des pouvoirs administratifs...
-
22/07 - Piraterie, contrebande et désastre écologique : le détroit de Malacca, talon d’Achille de l’ogre chinois
La crise d'Ormuz l'a bien montré, les détroits jouent un rôle vital dans le commerce mondial. De Malacca à Béring, en passant par le Bosphore, L'Express vous invite à un voyage dans ces lieux emblématiques, où se joue l'avenir du monde.
EPISODE 1 - Détroit de Taïwan : le passage maritime qui pourrait faire vaciller le monde
EPISODE 2 - Bosphore - Dardanelles : les détroits turcs, ce double verrou stratégique face à la Russie
A Belakang Padang, seule la minuscule plage de sable blanc fait rêver. Le reste n'est que misère. Beaucoup de maisons closes, une poignée de complexes touristiques bunkérisés et une horde de gamins jouant dans des ruelles écrasées d'une chaleur moite. Tout autour, un entassement de bicoques en bois aux couleurs défraîchies construites sur pilotis au-dessus de la mangrove. Une île confettis, d'où l'on aperçoit la dentelle des gratte-ciel de Singapour, la richissime cité-Etat, plaque tournante de la finance du sud-est asiatique, poumon de la mondialisation et dont le gigantesque port de commerce pointe à la deuxième place du palmarès mondial, juste derrière Shanghai. Entre ces deux mondes, une bande de mer s'étire sur à peine plus de trois kilomètres et constitue le passage le plus étroit et le plus dangereux du détroit de Malacca.
Belakang Padang a deux spécialités : la soupe de crabe et les pirates. Pas de folklore, ici. Juste des pêcheurs ou des chauffeurs de bateau taxi qui, la nuit venue et lorsque la mer est calme, se métamorphosent en bandits...
-
22/07 - Guerre en Iran : de New York à Téhéran, le retour de flamme de Donald Trump
Personne ne saura jamais précisément le sens des huées venues des tribunes à New York, un après-midi de finale de Coupe du monde de foot, à l'encontre Donald Trump : sa proximité affichée avec le très décrié patron de la Fifa, le prix vertigineux de l’essence aux Etats-Unis - qui a franchi le seuil des 90 dollars le baril - ou sa politique étrangère toujours plus erratique. A moins qu’il s’agisse un peu des trois à la fois…
Moins d'un mois après avoir accepté un cessez-le-feu - déjà caduc - et ouvert une négociation de soixante jours - qui ne convainc personne -, le locataire de la Maison-Blanche s'embourbe un peu plus chaque jour dans le dossier iranien. Aux frappes américaines contre des cibles militaires et des infrastructures civiles (ponts, aéroports, gares) - dont la population iranienne risque, une nouvelle fois, d’être la grande victime -, Téhéran rend coup pour coup avec des tirs incessants de drones et missiles sur les pays alliés de Washington dans le Golfe.
Une flambée militaire qui a déjà considérablement alourdi le prix de la guerre pour les Etats-Unis avec la mort de trois nouveaux soldats américains. La stratégie des deux belligérants est simple : Téhéran veut convaincre Washington qu'une pression prolongée, via le blocage du détroit d’Ormuz, finira par alimenter un spectre inflationniste trop coûteux pour le locataire de la Maison-Blanche. Washington mise, lui, sur un épuisement des ressources économiques et militaires de l'Iran, offrant ainsi sur un...
-
22/07 - Victor Manuel Rocha, l’espion cubain qui a infiltré les Etats-Unis pendant quarante ans
Les espions font souvent basculer l’Histoire. Dans l’ombre, depuis des siècles et partout sur la planète, certaines opérations ont défini le monde tel que nous le connaissons. Dans "Nid d’espions", le podcast de L’Express consacré au renseignement, on ouvre un dossier secret-défense, dans lequel le rôle des espions a tout changé.
L'enlèvement du président vénézuélien Nicolas Maduro, mené le 3 janvier dernier, a été réalisé grâce à une infiltration de la CIA au cœur du pouvoir vénézuélien. L’agence de renseignements américaine aurait déployé, dès l’été 2025, des espions sur place qui surveillaient chacun des faits et gestes de Nicolas Maduro. Certains agents étaient même parvenus à intégrer ou recruter des proches du président vénézuélien, permettant alors sa capture d’après le chef d’état-major des armées.
La diplomatie internationale est sous le choc : un gouvernement qui intervient dans un autre pays pour enlever son dirigeant ! Cela dépasse toutes les lois. Pourtant, dans les heures qui suivent, Donald Trump assure qu’il pourrait ne pas s’arrêter là : les Etats-Unis sont prêts à mener une opération similaire en Colombie, pour combattre le trafic de drogue, ou même à Cuba.
Cuba, c’est l’ennemi des Etats-Unis depuis des décennies. La CIA y a multiplié les opérations pour déstabiliser le pouvoir, notamment visant Fidel Castro. Mais le petit Etat des Caraïbes n'est pas en reste. Les Cubains aussi ont leurs espions et eux aussi sont capables d’infiltrer les plus hautes...
-
21/07 - Frappes en Iran : ce rapport américain qui met en doute la stratégie de Donald Trump
La dernière escalade de violence a-t-elle anéanti l'accord de paix intérimaire signé en juin dernier entre les Etats-Unis et l'Iran ? La question se pose plus que jamais alors que Téhéran poursuit ce mardi 21 juillet ses opérations contre des voisins du Golfe, Bahreïn et le Koweït, tandis que Washington a mené une dixième nuit de frappes. L'armée américaine a précisé avoir frappé des centres de commandement militaire iraniens, des capacités maritimes, des sites de lancement de missiles et de drones ainsi que des systèmes de défense aérienne.
Des explosions ont été entendues aux alentours de la ville de Chiraz, dans le sud de l'Iran, selon les médias d'Etat. Konarak et Chabahar, sur la côte sud, ainsi que la ville de Khorramabad et un site civil près d'Abdanan, à l'ouest du pays, ont également été touchés, d'après les mêmes sources.
Ces frappes américaines ont-elles des chances de faire bouger la position de l'Iran ? Non, selon les services de renseignement américains. Comme le rapporte le Washington Post, les agences américaines prévoient une longue impasse indéfinie entre paix et guerre entre Téhéran et Washington, car il est peu probable d'après elles que l'Iran assouplisse sa position de négociation simplement en raison d'une action militaire américaine. Le quotidien américain se base sur une nouvelle évaluation des services de renseignement, rédigée principalement par la CIA, décrite par des responsables, actuels et anciens, qui ont requis l’anonymat.La survie du...
-
21/07 - Les philosophes, nouvelles stars de l’IA ? Pourquoi il faut se méfier de l’emballement médiatique
Le mot est joli, "humanités", mais prononcé à voix haute dans un dîner, il fait frémir les parents. Tandis que les formations d’ingénieurs, de droit ou de commerce propulsent leur progéniture vers des CDI confortables, la philosophie offre des perspectives de carrière guère plus rassurantes que l’école du cirque. Du moins, jusqu’ici. En 2026, les mathématiciens voient l’IA venir à bout de problèmes sur lesquels s’échine leur profession. Les développeurs sont déboussolés par la vitesse à laquelle elle automatise leur métier. Les philosophes, à l'inverse, auraient le vent en poupe.
Tandis qu’en 2024, le taux de chômage des diplômés universitaires en ingénierie informatique a atteint 7,8 %, il plafonne à 5,1 % pour les philosophes, selon les chiffres de la Federal Reserve Bank of New York. The Economist, qui a compulsé les données de l’association nationale des écoles et employeurs américains, pointe une chute du taux moyen d'emploi à temps plein entre 2022 et 2024 de jeunes diplômés dans plusieurs filières réputées sûres telles l’informatique, le génie électrique ou spatial. A l’inverse, les diplômés en philosophie – certes moins nombreux - ont vu leur taux s'améliorer de quelques pourcents. L'éthique version ChatGPT
C'est que la Silicon Valley leur entrouvre ses portes. Les grands laboratoires d’IA leur offrent missions de conseil, temps partiels voir résidence permanente dans leurs open spaces modernes. Amanda Askell, philosophe écossaise passée par Oxford et titulaire...
-
21/07 - Sanctions européennes contre la Russie : le 21e paquet bloqué par les intérêts nationaux
Après vingt paquets de sanctions contre la Russie, l'Union européenne connaît la procédure : identifier les revenus russes encore accessibles, rédiger de nouvelles interdictions, puis obtenir l'accord des vingt-sept États membres. Les deux premières étapes peuvent être techniques, mais c'est bien la troisième qui pose problème. Présenté en juin, un texte présentant de nouvelles mesures doit viser les banques russes, des réseaux de cryptomonnaies et plusieurs acteurs du commerce pétrolier. Il reste suspendu au veto de la Grèce, qui refuse de limiter le transport de gaz naturel liquéfié (GNL) russe vers des pays tiers.
Athènes conteste surtout le coût prévu pour son industrie maritime. La mesure menacerait Dynagas, société du milliardaire grec George Prokopiou, exploitant notamment sept méthaniers brise-glace conçus pour le site gazier russe de Yamal, dans l'Arctique. Depuis l'invasion de l'Ukraine, l'entreprise a transporté plus de 30 millions de tonnes de GNL depuis le site russe, pour une valeur estimée à plus de 24 milliards de dollars. Un seul navire, le Fedor Litke, aurait acheminé plus de 4 milliards de dollars de cargaisons. Vetos
L'entreprise affirme aussi être liée par des contrats courant, pour certains, jusqu'en 2065. La Grèce soutient qu'une interdiction européenne ne priverait pas la Russie de ses revenus financiers : elle transférerait les contrats à des concurrents chinois, japonais, ou américains. Athènes demande donc que ses navires puissent continuer à...
-
21/07 - Plus secret qu’un service secret : le FSO, bras armé de Vladimir Poutine
Mâchoire carrée, corps taillé dans le muscle et regard noir, Alexeï Dioumine, secrétaire du Conseil d’Etat, à Moscou, a davantage un physique de garde du corps que de haut fonctionnaire. Rien d’étonnant, quand on sait que cet ancien agent du FSO (Service fédéral de sécurité) a veillé jour et nuit sur Vladimir Poutine durant ses deux premiers mandats (de 2000 à 2008). Ce redoutable "gorille" aurait même vidé son chargeur sur un ours qui se serait invité dans la datcha sibérienne du chef du Kremlin.
Sa loyauté sera récompensée. En 2015, Dioumine est propulsé vice-ministre de la Défense, puis gouverneur de la riche région houillère de Toula (au sud de Moscou), avant de rejoindre le Conseil d’Etat en 2024. Un parcours éclair qui ne surprend pas cet ancien du Kremlin : "Poutine passe plus de temps avec ses gardes du corps qu’avec n’importe qui d’autre. Il a noué des liens de confiance très forts avec certains d’entre eux."
Au point de devenir des confidents du "tsar" ? La tradition ne date pas d’hier. Après l’assassinat de son père, en 1881, le jeune Alexandre III créé un corps spécial chargé de protéger le pouvoir. En 1927, après la Révolution, Staline met sur pied un service de gardes du corps, dont le premier chef, Nikolaï Vlasik, devient un intime du dictateur… ce qui ne l’empêchera pas d’être envoyé au goulag en 1952.Promotions foudroyantes
Dioumine aura-t-il la même fin ? A 53 ans, il n’en finit pas de grimper. Son nom est même souvent cité comme successeur potentiel...
-
21/07 - "Un nouveau tournant dans la guerre" : pourquoi l’Ukraine frappe le géant russe du commerce en ligne Wildberries
La Russie ne cache pas son agacement. Le Kremlin a indiqué mardi 21 juillet que les entreprises souffraient à la suite des attaques ukrainiennes contre des entrepôts appartenant à Wildberries, le plus grand marché en ligne de Russie, équivalent d'Amazon. Dans la nuit du vendredi 17 au samedi 18 juillet, des drones ont frappé deux importants centres logistiques dans les villes de Kotovsk et d'Elektrostal, provoquant des incendies et perturbant les opérations de Wildberries.
Le bilan humain est lourd : selon le gouverneur de la région de Tambov, Evgueni Pervychov, sept employés de nuit ont été tués et 25 autres blessés dans l'entrepôt de Kotovsk, une petite ville située à environ 475 km au sud-est de Moscou. Un mort et 37 blessés ont été signalés dans l'entrepôt d'Elektrostal, dans la région de Moscou, à environ 50 kilomètres de la capitale. "La situation est effectivement difficile en raison des pertes subies tant par l'entreprise elle-même que par les représentants des petites et moyennes entreprises", a reconnu ce mardi devant des journalistes le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. Lundi, Kommersant, le principal quotidien économique de Moscou, estimait les dégâts occasionnés par cette attaque à près de 35,8 milliards de roubles (environ 400 millions d'euros).
Ce mercredi 22 juillet encore, de nouvelles attaques ukrainiennes ont visé les entrepôts de Krasnodar et de Nevinnomyssk, faisant plusieurs blessés et entraînant l'évacuation du personnel.
Sur le réseau...
-
21/07 - Comment Napoléon voyait les Etats-Unis, la Russie et l’Europe : "ll ne cherchait pas à être empereur du monde"
Quelle était la vision diplomatique derrière ses campagnes militaires ? Jusqu'à quel point Talleyrand l'influença-t-il ? Comment comprendre le "système fédératif" qu'il imaginait pour l'Europe ? Auteur d'une quarantaine d’ouvrages relatifs au Premier Empire, ainsi qu’au Second, notamment un "Napoléon : Dictionnaire historique" (Perrin) et "Napoléon et le monde" (Belin), l'historien Thierry Lentz est l'invité des Temps sauvages, le podcast géopolitique de L'Express, dans le cadre de notre série sur les grands stratèges de l'Histoire. Il nous plonge dans la tête de l'Empereur.
Un épisode à écouter en podcast sur Apple Podcasts, Spotify, Deezer, Castbox, Podcast Addict ou en cliquant sur le player en tête de l'article.
L'Express : "Précurseur de la géopolitique, Napoléon chuta pour en avoir oublié les règles élémentaires", expliquez-vous. En quoi est-il le précurseur de cette discipline ?
Thierry Lentz : Parce qu’il fonde sa politique extérieure sur une réflexion géopolitique cohérente, même si elle se révèle finalement perdante. Il n’est pas un conquérant créatif. Il n’invente rien. Il hérite d’objectifs anciens, mais dispose d’un outil militaire et économique exceptionnel. Ses erreurs commencent lorsqu’il cesse de respecter certaines réalités géopolitiques.
La première concerne le Rhin. Depuis Jules César, les Français considèrent que la Gaule s’étend naturellement jusqu’au Rhin. La Révolution réalise cet objectif en annexant la rive gauche. Napoléon aurait pu s’en...
-
21/07 - "Narendra Modi, démission !" : en Inde, le "Parti des cafards" défie le pouvoir
Une force politique pour la jeunesse, par la jeunesse indienne. A l'appel du "Cockroach Janta Party" (CJP), ou "Parti du peuple des cafards", des milliers de personnes se sont rassemblées ce lundi 20 juillet à New Delhi pour participer à une marche organisée le jour de l'ouverture de la session estivale du Parlement, malgré une interdiction annoncée par la police.
La manifestation, l'une des plus importantes organisées dans la capitale indienne ces dernières années, a donné lieu à de nombreux affrontements avec les forces de l'ordre. Des images télévisées ont notamment montré des policiers frappant à coups de matraque certains manifestants dans une zone fortement barricadée, bien que la police de Delhi ait nié tout recours à la force. Des gaz lacrymogènes ont été tirés pour disperser les manifestants près du Parlement. Ce mardi matin, 150 blessés étaient pris en charge à l'hôpital, selon le CJP.La fuite des sujets d'un examen national comme élément déclencheur
"Dharmendra Pradhan, démission", "Narendra Modi, démission", ont scandé en hindi les manifestants, faisant référence au ministre de l'Éducation ainsi qu'au Premier ministre. Au pouvoir depuis 2014, ce dernier est confronté à l'un des plus grands défis de son troisième mandat à ce jour.
Lancé par un étudiant indien fraîchement diplômé en communication, Abhijeet Dipke, et rassemblant aujourd'hui des millions de partisans sur les réseaux sociaux (dont 23 millions sur Instagram), le CJP a pris de l'ampleur jusqu'à...
-
21/07 - Royaume-Uni : John Healey, le choix surprise d’Andy Burnham pour gérer les finances du pays
Des propositions particulièrement attendues. Andy Burnham va présenter ce mardi 21 juillet ses premières mesures en tant que nouveau Premier ministre britannique, au lendemain de sa nomination à Downing Street. On connaît déjà les grandes lignes de sa feuille de route : atténuer la crise du coût de la vie et mettre fin à une décennie d'instabilité politique. Pour tenter de remplir sa mission, le nouveau chef de gouvernement travailliste a nommé une équipe ministérielle de haut niveau qu'il espère plus réactive que celle de son prédécesseur Keir Starmer. Un membre du gouvernement sera particulièrement sous les feux des projecteurs : le ministre des Finances John Healey.
La nomination de l'ancien secrétaire à la Défense (juillet 2024 - juin 2026) comme Chancelier de l'Échiquier, un poste aussi crucial que celui de Premier ministre, est une surprise, tant il n’était pas le favori. La presse britannique avait anticipé l'arrivée de la ministre de l'Intérieur sortante Shabana Mahmood, qui conserve finalement sa place, voire d'Ed Miliband, qui a hérité du poste de ministre des Affaires étrangères.
La nomination de John Healey, 66 ans, intervient quelques semaines seulement après sa démission du gouvernement précédent de Keir Starmer. Un départ lié à un désaccord majeur sur les dépenses de défense. Il avait en effet jugé insuffisant le montant accordé au plan d'investissement dans ce secteur "en cette période de menaces croissantes", déplorant que le ministère des Finances soit...
-
21/07 - Cette scène du film "L’Odyssée" que tous les dirigeants devraient méditer, par Nicolas Brault
Trois minutes. C’est le temps que le nouveau film de Christopher Nolan consacre aux sirènes. D’un point de vue cinématographique, je le comprends : cette étape de l’Odyssée est une anomalie. C’est la seule dans laquelle Ulysse n’agit pas, il ne fait qu’obéir ; la seule dans laquelle la solution n’est pas de lui, elle lui a été dictée par Circé, la seule dans laquelle le guerrier est humilié devant ses hommes. Pourtant, c’est le premier moment où le héros "aux mille ruses" cesse de ruser, pour devenir un vrai capitaine. Car au cours de cette épreuve, Ulysse prend cinq leçons de commandement.L’intégrité n’est pas une colonne vertébrale, c’est un mât
La séduction des sirènes est souvent présentée comme sexuelle, mais le mythe ne la réduit pas à cela. Appât du gain, abus de pouvoir, préjugés, renoncements, prévarications… Quelle que soit la probité du chef, des forces de corruption croiseront toujours son chemin.
Alors, la plus grande vulnérabilité est de se croire invulnérable. Nul n’est incorruptible, mais le chef peut admettre sa corruptibilité et donc construire, à l’avance, la charpente extérieure qui le fera tenir droit. Il peut "s’attacher au mât" ou se "lier les mains" avant que l’irrépressible tentation ne survienne. Cela passe par des clauses de droit, l’installation de contre-pouvoirs, la rédaction d’un code d’honneur, ou la mise en place d’une chaîne de commandement, avec des instances de contrôle.Le chef protège en s’exposant
Prévenu du risque, pourquoi Ulysse...
-
21/07 - Droits de douane : Donald Trump menace de relancer la guerre commerciale avec le Canada
Donald Trump n'aime manifestement pas le feu, mais il continue d'y jeter de l'huile : vendredi dernier, le président américain menaçait le Canada de nouvelles taxes douanières en raison de la pollution de l’air causée par les incendies dans le pays. Ce lundi 20 juillet, le républicain a bel et bien annoncé des surtaxes supplémentaires pour son voisin, dont la justification officielle répond à un grief plus classique : le Canada traiterait les produits américains moins bien que ceux de ses autres partenaires.
À partir du 19 août, une sélection de marchandises canadiennes sera frappée d'un droit supplémentaire de 50 %. La liste va du vin au ciment, en passant par les meubles, les vêtements, et les bâtons de hockey. Près de 20 milliards de dollars d'importations sont concernés. L'énergie, la potasse, les minerais critiques et le poisson sont épargnés, tout comme l'acier et l'aluminium, déjà taxés. Selon Capital Economics, la mesure toucherait environ 5 % des importations américaines en provenance du Canada.L'ACEUM détricoté
Surtout, les produits conformes à l'Accord Canada-États-Unis-Mexique, ou ACEUM, ne seront pas exemptés. Cet accord signé en 2020, lors du premier mandat de Donald Trump, protégeait jusqu'ici l'essentiel des échanges entre les trois pays. Désormais, un produit respectant parfaitement ses règles pourra tout de même être taxé à 50 %. Donald Trump l'avait présenté comme supérieur à l’ancien accord de libre-échange ; six ans plus tard, il décide lui-même d’en...
-
21/07 - Jonas Pardo : "Malgré le déni de LFI, Barbara Butch est bien victime d’une campagne de harcèlement antisémite"
Après l'extrême droite, au tour de La France insoumise de s'en prendre à Barbara Butch. La DJ française a été contrainte de quitter prématurément la scène d'un festival à Grenoble, sous les huées et les jets de bouteille en verre, conséquence d'une campagne menée par les Insoumis du coin. Voilà plusieurs mois qu'ils tentaient d'empêcher l'artiste de se produire : ils la griment en "soutien aux génocidaires", coupable d'avoir signé une tribune favorable à la loi Yadan - un geste qu'elle dit par ailleurs regretter - et d'avoir donné un concert à Tel-Aviv. Une "accumulation d'accusations sans fondement, de procès d’intentions, ponctués de faits déformés", dissèque Jonas Pardo, pour qui l'affaire à tout à voir avec de l'antisémitisme.
Le directeur de l'association Boussole antiraciste dénonce cette dangereuse "injonction géopolitique" : "On exige des Juifs qu'ils se positionnent sur le conflit israélo-palestinien, comme s'ils en étaient comptables, et qu'ils prouvent qu'ils sont 'du bon côté'", dit le chercheur. Entretien.
L’Express : Que révèle l’interruption du concert de Barbara Butch par des militants insoumis ?
Jonas Pardo : Cet événement est l'aboutissement de deux dynamiques. La première est locale : l'appel au boycott lancé par la section grenobloise de La France insoumise. La seconde est plus large : Barbara Butch fait l'objet, depuis sa participation à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Paris, d'une campagne de harcèlement qui a progressivement pris...
-
21/07 - Randonner à Val d’Isère : des promenades familiales aux itinéraires de haute montagne
Quelques minutes suffisent pour quitter le centre de Val d'Isère. Les terrasses laissent place au bruit du torrent, puis les premiers alpages ouvrent la voie vers les lacs d'altitude, les glaciers et les grands cols. Dans ce village de Savoie, les sentiers commencent au bout de la rue. Lorsque les températures grimpent dans les vallées, marcheurs, familles et trailers viennent chercher un air plus frais, mais aussi une façon différente de vivre la montagne : plus intimiste et authentique.Val d'Isère, un village façonné par la haute montagne
Bien avant de devenir un haut lieu de la montagne, Val d'Isère vivait déjà au rythme du pastoralisme et des échanges avec les vallées italiennes. Au cœur de la haute Tarentaise, le village s'est développé autour des cols empruntés par les colporteurs, les marchands et les voyageurs, faisant de Val d'Isère un lieu de passage depuis des siècles.
Cette histoire se lit encore dans le vieux village. Les maisons en pierre aux toits de lauze côtoient les anciennes granges, les fontaines et les ruelles étroites. Dominant le centre, l'église Saint-Bernard de Menthon dont le clocher date du 17ème siècle, reste l'un des principaux repères de Val d'Isère. Les sept chapelles réparties dans les hameaux racontent elles aussi cette histoire, que l'on découvre aujourd'hui en parcourant le Circuit des 7 Chapelles.Les Avalins, l'âme vivante de Val d'Isère
Mais Val d'Isère ne se résume pas à son patrimoine. Les Avalins continuent de faire vivre le...
-
21/07 - "Pour réussir, le manager doit devenir un superficiel compétent" : la leçon de management d’Henry Mintzberg
"Les managers font le sale boulot : ils règlent les problèmes difficiles et les connexions complexes. Voilà pourquoi la pratique du management est si floue et que des mots comme expérience, intuition, jugement et sagesse sont si souvent importants pour la décrire", affirme Henry Mintzberg dans Manager. L’essentiel. Ce que font vraiment les managers… et ce qu’ils pourraient faire mieux (Vuibert, 2014). Dans cet ouvrage - que nous vous recommandions déjà dans notre sélection des essais de management à lire au moins une fois dans sa vie - le spécialiste décrit, de manière didactique, le quotidien de 29 cadres. Si l'auteur parle d'une "pratique" du management, c'est parce qu'il considère qu'il ne s'agit pas d'"une profession de plus".
Pour l'enseignant en sciences de gestion et management de l'université McGill, le manager est loin du cliché du "planificateur systématique et réfléchi" : dès 1975, Henry Mintzberg montrait dans son article "Le métier du manager : folklore et réalité", publié dans la Harvard Business Review que 49 % des activités d'un manager durent moins de neuf minutes. Dans cette analyse, le chercheur évoque la brièveté, la fragmentation des tâches, leur variété mais aussi des activités répétitives qui font que les managers sont, par nature, sursollicités.
Selon Michel Barabel, professeur affilié à Sciences Po, ce mode de fonctionnement est "un moyen opportuniste de réaliser beaucoup en peu de temps dans le but de ne pas se couper du flux d’informations...
-
21/07 - "Cela profitera à beaucoup de femmes" : en 1978 naissait Louise Brown, premier "bébé-éprouvette"
Cet article a été publié pour la première fois dans L'Express du 7 août 1978
Louise se porte bien. Elle dort beaucoup, ce qui profite aux nouveau-nés. Elle a aussi bon appétit et tète durant trois heures, en six prises régulières. Depuis le 28 juillet, troisième jour qui a suivi sa naissance, elle est nourrie au sein par Lesley, sa mère, remise de sa césarienne. Sous les regards attendris de John, son père. Elle a toutes les chances, Louise Brown, petite Anglaise née sous le signe du Lion. La voici star. C'est "Bébé-éprouvette".
Sa naissance bouleverse surtout les femmes. En particulier celles qui souffrent de stérilité. Elles sont nombreuses, une sur cinquante dans le monde, en moyenne. Pour la moitié d'entre elles, l'infécondité résulte d'un blocage au niveau des trompes reliant les ovaires à l'utérus. Ce qui interdit toute fusion d'un spermatozoïde avec un ovule. Or, les légions de femmes victimes de ce mal s'interrogent maintenant. L'espoir ne lève-t-il pas, avec l'apparition de Louise Brown ? Cocktail d'hormones
A Bristol, en Angleterre, Lesley Brown, 32 ans, mariée depuis neuf ans, était stérile. Comme elles. Jusqu'à ce que sa route croise celle de deux chercheurs, Robert Edwards, physiologiste l'université de Cambridge, et le Dr Patrick Steptoe, gynécologue à l'hôpital d'Oldham. Ils prônaient depuis longtemps une technique artificielle, pour vaincre cette malformation. Ils l'expérimentaient. Ils accumulaient les échecs. Pourquoi, cette fois, ont-ils réussi ?...
-
21/07 - "Une thérapie peut vous aider" : l’Allemagne, un modèle de lutte contre la pédocriminalité
Il aura fallu du temps et un certain courage avant que Félix* ne se décide à sauter le pas. À la fin de l’année 2024, cet étudiant berlinois contacte finalement les médecins du programme Kein Täter werden (KTW), traduit en français par "Ne devenez pas un délinquant". Ce dispositif, basé à l’Institut de sexologie de l’hôpital de la Charité de Berlin, propose depuis vingt ans un accompagnement psychologique aux personnes attirées sexuellement par les mineurs, dans le but de prévenir les agressions sexuelles contre les enfants et la consommation d’images pédopornographiques. "J’en avais visionnées, et cela a gravement accentué ma dépression et mes idées suicidaires. Je voulais absolument arrêter, mais je n’y arrivais pas. J’avais besoin d’aide", raconte Félix.
À l’époque, le jeune homme est déjà suivi par un médecin non-spécialisé, à qui il n’ose pas confier ses différentes rechutes. Au sein du programme KTW, qu’il rejoint officiellement en décembre 2024, il trouve des professionnels mieux formés à ces questions : au cours d’entretiens individuels, puis de groupes de parole, ils écoutent le patient, analysent son comportement, puis développent avec lui des stratégies préventives ou réactives. En parallèle, Félix est orienté vers un traitement antidépresseur, puis une médication anti-androgène de six mois destinée à réduire sa libido. Au fil de la thérapie, l’équipe médicale travaille également à lui faire accepter son trouble, par exemple par le fait de révéler sa...
-
20/07 - Concert interrompu de Barbara Butch : la défaite morale des Insoumis
Né avant la honte. "Nous n’avons empêché personne de se produire sur scène puisque Madame Barbara Butch s’est produite sur scène." Allan Brunon, le responsable grenoblois de LFI, dit vrai, Barbara Butch s’est bien produite au festival Cabaret Frappé le 18 juillet. Malgré les appels au boycott, malgré les visuels déversés dans la ville, grossiers montages où figure l’artiste - au recto maculée d’une tache de sang, au verso aux côtés de Netanyahou. La DJ a mixé vingt minutes, "elle a interrompu elle-même son concert" ajoute Brunon ; oui, sous les insultes, les jets de gravier et de bouteilles en verre. Ce soir-là, l’Insoumis, présent dans la foule, a tout filmé, satisfait de son opération, ses camarades drapeaux palestiniens en mains. L’artiste, elle, s’est déchargée auprès de son amie Hanna Assouline : "C’était ignoble, Hanna. Tu aurais vu la haine dans leurs yeux".
Les Insoumis l’avaient défendue face au harcèlement de l’extrême droite, postérieur à la cérémonie des JO. Ils la harcèlent à leur tour car elle a trahi, signant un texte favorable à la loi Yadan - un geste qu'elle a dit regretter. Une signature "de personne concernée" par l'antisémitisme, victime depuis l'enfance - l’expression devrait faire "tilt" à gauche. Mais non. La voilà grimée en censeur des voix palestiniennes, en agent à double allégeance du "pink washing israélien" car elle s’est un jour produite à l’ambassade française de Tel-Aviv.
"Que faisiez-vous le 12 juin 2025 à Tel-Aviv ?", l’a molestée face...
-
20/07 - Vladimir Poutine, bunkerisé mais bien informé : au Kremlin, la paranoïa atteint des sommets
C’est un rapport épais qui, chaque semaine, atterrit sur le bureau de Vladimir Poutine. Produit par le très secret "Service sociologique", il sonde les humeurs et les états d’âme de 5 000 Russes, questionnés – souvent à leur insu - par des agents fédéraux qui sillonnent le pays, de Rostov à Vladivostok. Tout y est consigné : leurs frustrations, leur lassitude et leurs colères, de plus en plus vives – qu’il s’agisse des pénuries d’essence, de l’inflation ou de ces coupures Internet qui exaspèrent tant les Moscovites. Grâce à ce "sismographe" capable de détecter les éruptions populaires, Poutine sait tout. S’il le faut, il lâche du lest.
Mais il peut aussi tuer dans l’œuf toute critique sur cette "opération spéciale" qui, après 1 600 jours de combats, tourne au vinaigre. Car cette guerre, qui devait à tout prix rester invisible, s’invite désormais dans la vie quotidienne. Dans un Kremlin hanté par les attaques de drones ukrainiens et les assassinats de hauts responsables militaires, la paranoïa est à son comble. Et la baisse de popularité du président russe, alors que des élections législatives ont lieu dans deux mois, n’arrange rien. Terré dans ses bunkers, Poutine - qui n’envisage pas la paix, contrairement à ce qu’affirme Donald Trump - risque donc de durcir encore son pouvoir, dans la plus pure tradition soviétique. Car c’est son logiciel. Celui du KGB, qui n’a jamais vraiment cessé de régner sur le pays."Les anciens du KGB, ça n’existe pas"
Au début des années 2000,...
-
20/07 - Yémen : les Houthis annoncent un blocus maritime de l’Arabie saoudite
La menace planait depuis plusieurs semaines. Elle a été mise à exécution ce lundi 20 juillet. Les Houthis du Yémen, alliés de l'Iran, ont annoncé qu'ils imposaient un blocus naval à l'Arabie saoudite, leur voisin du nord le long de la côte de la mer Rouge. Dans leur communiqué, les forces armées houthies indiquent qu'elles décrètent "un embargo maritime contre l'ennemi saoudien criminel, fondé sur la loi du talion, applicable immédiatement".
Selon les rebelles houthis, cette décision est une réponse à ce qu'ils qualifient de "siège injuste et oppressif" imposé aux ports et aéroports du Yémen par les Saoudiens. On ignore toutefois à ce stade comment les Houthis procéderaient à un blocus maritime de l'Arabie saoudite, ni si cela inclurait une reprise des attaques contre les navires.
Téhéran a récemment fait pression sur les Houthis pour qu'ils ferment le point de passage de Bab el-Mandeb vers la mer Rouge si les Etats-Unis continuaient d'attaquer les infrastructures énergétiques iraniennes. Quatre jours plus tôt, rapportait Reuters, la République islamique avait ainsi demandé au mouvement houthi du Yémen de se tenir prêt à fermer la route pétrolière de la mer Rouge. Selon trois sources interrogées par l'agence de presse britannique, l'idée a été discutée parmi les dirigeants iraniens et le message a été transmis aux Houthis. Dès le 1er juin, le commandant de la Force Qods des Gardiens de la révolution, Esmaeil Qaani, avait affirmé qu'ils pouvaient bloquer la mer Rouge.Une...
-
20/07 - Andy Burnham vu par la presse britannique : un "politicien Heineken" dont "les bonnes ondes ne suffiront pas"
Andy Burnham a retrouvé un siège à Westminster, a été désigné chef du Labour sans adversaire, puis a été nommé Premier ministre. Il est devenu ce lundi 20 juillet le septième chef du gouvernement britannique en dix ans. Keir Starmer, lui, a quitté le pouvoir moins de deux ans après avoir remporté une très large majorité lors des dernières élections législatives. Outre-Manche, les journaux veulent donc savoir ce qui change cette fois-ci.
Sur un point, ils s'accordent : Andy Burnham sait parler aux électeurs. Ancien ministre sous Tony Blair et Gordon Brown, puis maire très populaire du Grand Manchester, il a battu Reform UK à Makerfield alors que le Labour était au plus bas dans les sondages. Le Telegraph le décrit comme un "politicien Heineken", capable d'atteindre les travaillistes, les écologistes et les libéraux-démocrates, mais aussi certains conservateurs ou partisans de Nigel Farage. Il ajoute que "parvenir au sommet n'est que la moitié de l'histoire". Pour gouverner, il faut encore "une direction politique très claire".Un programme encore peu détaillé
C'est justement un point que la presse conservatrice dit ne pas avoir trouvé. Le Spectator résume son article dès le titre : les "bonnes ondes" de Burnham "ne suffiront pas". L'hebdomadaire lui reproche de vouloir "remettre davantage d'argent dans les poches des gens" et de répéter qu'il possède "un plan", sans préciser comment il financera les logements sociaux, l'aide aux personnes âgées ou le trou de 7,4...
-
20/07 - Une GPA qui mène à la démission : en Allemagne, l’affaire Jens Spahn offre un argument en or à l’extrême droite
"Ils buvaient du vin en secret et en public, ils prêchaient l’eau", écrivait Heinrich Heine, le grand poète allemand du XIXe siècle. La chute d’un poids lourd de l’Union chrétienne-démocrate (CDU), le parti du chancelier Friedrich Merz, témoigne que l’hypocrisie persiste dans la politique européenne par-delà les siècles. Et qu’aujourd’hui comme hier, elle ne fait l’affaire que des démagogues.
Jens Spahn, 46 ans, présidait, jusqu’à sa démission le 18 juillet, le groupe parlementaire chrétien-démocrate au Bundestag. A ce titre, il était la cheville ouvrière de la coalition sur laquelle s’appuie Merz pour gouverner. Figure de proue de l’aile conservatrice de la CDU, il était bien placé pour revendiquer pour lui-même, le jour venu, le fauteuil de chancelier. Dès 2012, ce catholique avait déclaré son homosexualité ; en 2017, il avait épousé un cadre du groupe de presse Burda.
L’annonce la semaine dernière que le couple, domicilié à Berlin, a engendré un fils en ayant recours à une mère porteuse aux Etats-Unis, a retenti comme un coup de tonnerre dans le ciel déjà chargé de nuages de la politique allemande. Car la CDU milite contre l’autorisation de la gestation pour autrui, que celle-ci soit commerciale ou altruiste. Le parti l’a réaffirmé haut et fort lors de son congrès tenu en février à Berlin.
Stricto sensu, Spahn et son mari n’ont pas violé la loi, qui interdit la gestation pour autrui uniquement sur le territoire national. Quand elle est réalisée à l’étranger, la...
-
20/07 - Le parking de Jacques Chirac : ces réunions clandestines qui ont changé la présidentielle de 1995
Il y a la grande histoire, celle qu’a écrite la Ve République. Et il y a les petites histoires, ces secrets qui n’ont l’air de rien mais qui contribuent souvent de manière décisive aux résultats finaux. L’Express a choisi de raconter, en ce dernier été avant la grande bataille de 2027, ces épisodes méconnus des campagnes passées, de cette table qui ne se retrouve pas par hasard au débat de l’entre-deux-tours entre François Mitterrand et Jacques Chirac en 1988 jusqu’au placard qu’ouvre fortuitement François Hollande pour y faire une drôle de découverte sur Emmanuel Macron...
EPISODE 1 - Présidentielle 1988 : la table de François Mitterrand qui fit vaciller Jacques Chirac
Edouard Philippe n’a rien inventé. Le 27 novembre 2017, lors d’un stand up sur la scène du Casino de Paris, il raconte un épisode de la campagne de 2017 : "J'arrive au QG d'Emmanuel Macron, allongé dans la voiture avec une couverture." Le Havrais, qui participe au lendemain du premier tour de l’élection présidentielle à une réunion au siège des Républicains, est contacté par le secrétariat du futur président. La discrétion maximale est de mise. "On vient vous chercher où vous êtes ?" Non, pas vraiment. Et il se cachera…
Edouard Philippe n’a rien inventé, il imite même l’un de ses maîtres. Pas Alain Juppé, qu’on n’imagine pas spontanément dans ce genre de situations, mais une autre longue carcasse qu’il n’était pas simple de dissimuler : Jacques Chirac… Nous sommes à l’automne 1993. Edouard Balladur est à...
-
20/07 - Guerre au Moyen-Orient : la Jordanie, nouvelle cible de choix de l’Iran
Une coopération et une dépendance dont elle paie le prix fort. La Jordanie est la cible privilégiée de l'Iran depuis une semaine. Vendredi 17 juillet, une attaque iranienne contre une base militaire en Jordanie a tué deux soldats américains, un troisième étant toujours porté disparu, selon des responsables américains. Cette attaque, qui a fait quatre autres blessés parmi les soldats et endommagé plusieurs hélicoptères, était la quatrième de la semaine contre les forces américaines en Jordanie.
La première attaque a visé le 15 juillet un bâtiment résidentiel de la base aérienne King Faisal, blessant jusqu'à cinq militaires américains. La deuxième a touché une base dans l'est de la Jordanie, endommageant plusieurs hélicoptères Blackhawk américains. Selon les autorités, des missiles iraniens ont bombardé la base aérienne de Muwaffaq Salti à Azraq, un important centre de l'US Air Force, blessant une vingtaine de soldats américains qui se sont réfugiés dans des bunkers. Cette base a de nouveau été touchée vendredi, entraînant la mort des deux soldats.
Dimanche, la Jordanie a également évacué l'aéroport international et le port d'Aqaba, ville côtière, à la suite d'une "menace précise et crédible", a indiqué l'ambassade américaine sur place. La défense aérienne jordanienne a ensuite abattu trois missiles iraniens qui visaient le pays, a précisé l'armée jordanienne, tandis qu'un quatrième s'est écrasé dans une zone inhabitée.Une coopération militaire importante…
Durant la...
-
20/07 - Royaume-Uni : Andy Burnham devient le septième Premier ministre britannique en dix ans
Le 13 juillet 2016, Theresa May remplaçait David Cameron au 10 Downing Street. Dix ans plus tard, Andy Burnham a remplacé ce lundi 20 juillet Keir Starmer, devenant le septième Premier ministre britannique en l'espace d'une décennie. Le palais de Buckingham a officiellement annoncé sa nomination dans un bref communiqué, publiée après une rencontre entre le travailliste de 56 ans et le roi Charles III, qui lui a demandé d'assumer les fonctions de chef du gouvernement.
Lors d'un premier discours au côté de son épouse devant ses nouveaux quartiers, l'ex-maire de Manchester, populaire dans les sondages et communicant éprouvé, a promis un profond changement pour le bien de la population. Il s'est engagé à présenter dans le courant de la semaine de nouvelles mesures pour aider les ménages, avant de dévoiler plus tard dans l'année un nouveau plan sur dix ans pour le pays. "La Grande-Bretagne doit montrer au monde qu'elle est capable de retrouver sa stabilité une fois de plus", a déclaré celui qui est parfois surnommé "le Roi du Nord". "Nous n'avons pas été à la hauteur, et nous devons faire mieux", a-t-il ajouté.
Promettant aux Britanniques "une bouffée d'oxygène", il a déclaré que le gouvernement présenterait des mesures visant à lutter contre la hausse du coût de la vie, ainsi que la manière dont il prévoit de les financer. Evoquant le plus long terme, il s'est aussi engagé à aider plus de jeunes "à accéder à l'emploi en réformant le système éducatif et en leur apportant...
-
20/07 - Andy Burnham, Premier ministre d’un Royaume-Uni à bout de souffle
-
20/07 - Etats-Unis : comment le soutien à Israël divise les démocrates
Longtemps durant aux Etats-Unis, la position démocrate sur Israël reposait sur quelques principes assez stables : préserver l'alliance entre les deux pays, garantir la sécurité de l'État hébreu et défendre, au moins officiellement, la création d'un État palestinien. Les désaccords portaient sur les gouvernements israéliens, rarement sur le soutien américain lui-même. Après les attaques du 7 octobre 2023 par le Hamas, Joe Biden avait d'ailleurs réaffirmé son engagement aux côtés d'Israël et le Congrès avait voté de nouvelles aides à une large majorité.
Près de trois ans plus tard, le vocabulaire a changé, les sondages aussi. Les opérations militaires menées à Gaza et la politique de Benyamin Netanyahou ont rendu la question israélienne beaucoup plus conflictuelle au sein du Parti démocrate. Pendant que la direction continue de défendre l'alliance, une part croissante des électeurs et des candidats aux élections de mi-mandat à venir souhaite désormais conditionner l'aide de Washington à Tel-Aviv, la réduire ou y mettre fin.
Selon un sondage du Washington Post avec Ipsos réalisé en juillet, près des trois quarts des démocrates souhaitent réduire ou supprimer l'aide militaire américaine à Israël, dont quarante pour cent demandant son arrêt complet. Parmi les électeurs se définissant comme "très libéraux", cette proportion atteint 58 %. Le sujet s'invite dans les midterms
Le changement est récent. En octobre 2023, quelques jours après les attaques du Hamas, 28 % des...
-
20/07 - Pourquoi refusons-nous l’exigence que nous admirons dans le sport ? Par Julia de Funès
Ce qu’il y a de pernicieux dans la médiocrité qui gagne aujourd’hui notre pays, ce n’est pas seulement l’affaiblissement des compétences, la baisse du niveau ou l’effacement progressif de la qualité. Tout cela serait encore rattrapable par le travail. Le plus redoutable, c’est que la médiocrité finit par se faire passer pour une vertu, d’autant plus difficile à combattre qu’elle se place désormais sur le terrain moral.
Les insuffisances se transforment en avantages, les lacunes en qualités. On manque d’exigence ? On se dit tolérant. On redoute la confrontation ? On se prétend apaisé. On ne sait pas choisir ? On se proclame ouvert. On n’ose pas dire qu’un travail est mauvais ? On invoque le respect. Chaque renoncement reçoit ainsi son certificat de moralité. Pourquoi un tel renversement ? Parce que l’excellence gêne : elle rappelle ce que l’on aurait pu accomplir. Le talent irrite parce qu’il introduit une hiérarchie que l’époque voudrait abolir. Le brillant devient arrogant, l’exigeant brutal, le lucide négatif. Celui qui demande un effort serait forcément dur. Celui qui évalue serait nécessairement jugeant. Celui qui fixe un niveau exercerait une domination.
Dans l’entreprise, un manager qui dit qu’un travail n’est pas au niveau risque d’être accusé de manquer d’empathie. À l’école, un professeur qui sanctionne une copie insuffisante doit parfois davantage justifier sa sévérité que l’élève son manque de travail. Dans les relations ordinaires, celui qui ose dire "tu...
-
20/07 - Hongrie : Péter Magyar obtient le départ du président pro-Orban Tamas Sulyok
Péter Magyar concrétise sa promesse électorale phare : tourner la page Viktor Orban. Le Premier ministre hongrois a annoncé ce lundi 20 juillet vouloir proposer l'ancienne championne d'échecs Judit Polgar pour la présidence de la République. "Notre pays a besoin d'unité, de paix et d'un président dont tous les Hongrois puissent être fiers", a affirmé Péter Magyar sur Facebook. "Le nom de Judit Polgar est synonyme de talent et de persévérance depuis des décennies", a-t-il ajouté. Le chef du gouvernement a précisé qu'il allait la rencontrer ce lundi pour lui demander si elle accepte ou non la nomination.
Cette décision intervient au lendemain de la signature par le président Tamas Sulyok d'un amendement constitutionnel adopté par le parti Tisza, au pouvoir en Hongrie, qui a mis fin à son mandat de chef d'Etat à minuit. Cette législation s'inscrivait dans le cadre de la campagne menée par Péter Magyar pour démanteler les bastions du pouvoir de l'ancien Premier ministre Viktor Orban, campagne pour laquelle Péter Magyar affirme avoir reçu un mandat fort des électeurs après avoir évincé le dirigeant de droite lors d'une victoire écrasante aux élections législatives, en avril dernier. Même si Tamas Sulyok n'est pas membre du Fidesz de Viktor Orban et reste relativement inconnu, il était devenu le symbole de l'influence profondément ancrée du parti au sein de l'exécutif hongrois, étant ainsi la dernière pièce majeure du système Orban.Viktor Orban dénonce une "tyrannie"
Si Péter...
-
20/07 - "Quand on est aventurier, on est entrepreneur" : les leçons de leadership de Stéphanie Gicquel
Stéphanie Gicquel court, elle court beaucoup, longtemps, vraiment très longtemps. Le samedi 27 juin, sous une chaleur étouffante, elle a remporté pour la cinquième fois l'Ultramarin : 175 kilomètres de course à travers le golfe du Morbihan bouclée en 17 heures. Stéphanie Gicquel est vice-championne du monde du 100 kilomètres et elle détient le record du monde de la plus longue expédition en Antarctique : 2 045 kilomètres en 74 jours. La jeune femme est aussi exploratrice, aventurière, écrivaine. Un éventail d'expériences à des années-lumière de sa vie d'avant, quand elle était avocate d'affaires dans un grand cabinet américain et passait ses nuits sur des dossiers de fusion-acquisition. Pour L'Express, Stéphanie Gicquel revient sur ce changement radical de vie, marqué par l'effort et la persévérance.
Une interview issue du podcast Anatomie d'une décision, à écouter sur Apple Podcasts, Spotify, Deezer, Castbox, Podcast Addict ou en cliquant sur le player en tête de cet article.
L'Express : Plantons le décor. Nous sommes en février 2010, vous rentrez de vacances avec votre conjoint et là, dans une brasserie parisienne, vous décidez de changer de vie et de devenir aventurière. Quelques jours plus tôt, vous aviez embarqué sur un bateau à Ushuaia, à la pointe sud de l'Argentine, et longé les côtes glacées de l'Antarctique. Depuis ce jour, ces grandes montagnes blanches vous obsèdent et vous ne pensez qu'à rechausser vos chaussures de randonnée. Qu'est-ce qui vous fait...
-
20/07 - L’IA va-t-elle tuer Wikipédia ? L’encyclopédie en ligne fait de la résistance
Sous le pseudonyme de "Dirac", Miguel Tremblay est une légende discrète du Wikipédia francophone. Vingt-trois ans d'ancienneté, plus de 17 000 contributions, quelque 200 articles créés de son initiative comme le "pouce", l'unité de mesure, ou la "chopine", le verre à bière. Ces derniers mois, ce physicien de profession s’est démultiplié, ajoutant à la célèbre encyclopédie participative en ligne une cinquantaine de portraits de Québécoises primées, et des pages entières sur les législatures de la plus française des provinces canadiennes, depuis 1867. Un volume qu'il n'aurait "jamais pu produire sans l'IA générative", reconnaît-il sans ciller. "Dirac" montera sur scène à la Wikimania — la grand-messe annuelle du mouvement, qui se déroulera à Paris pour la première fois de son histoire entre le 21 et le 25 juillet — pour en discuter à voix haute. "L'exercice le plus "wikipédien" qui soit, la paraphrase, soit reformuler une source pour l'exposer sans la recopier mot pour mot, est précisément ce que les modèles réussissent le mieux", confie le bénévole.
L'aveu est courageux. Car l'IA générative et sa nuée de chatbots de ChatGPT à Claude, Gemini ou Grok, hérisse le poil de ses camarades. Tremblay le concède volontiers. Sur la version anglophone de l'encyclopédie, un vote communautaire a purement banni les modèles ; la francophone, plus pragmatique, se borne à les "déconseiller vivement" aux volontaires. En juin, le cofondateur de l’encyclopédie en ligne, Jimmy Wales, estimait...
-
20/07 - "Il ne veut pas être associé au désastre" : Marco Rubio et la guerre en Iran, une absence stratégique
Depuis Henry Kissinger en 1969, aucun Américain n'avait cumulé les titres de secrétaire d'Etat et de conseiller à la Sécurité nationale. Marco Rubio l'a fait. Cette double casquette lui vaut de siéger régulièrement à la gauche de Donald Trump dans la Situation Room, cette célèbre salle de crise de l’aile ouest de la Maison-Blanche que le père de la Realpolitik qualifiait "d'inconfortable, inesthétique et oppressante". Mais l’actuel diplomate en chef de l’Amérique - et fils d’émigrés cubains arrivés en 1956 aux Etats-Unis - n’est pas du genre à s’embarrasser de telles considérations décoratives.
C’est dans ce bunker, où se règlent toutes les grandes crises du monde depuis les années 1960, que l’ex-sénateur de Floride a participé le 14 juillet à une réunion sur de nouveaux plans de frappes du Pentagone contre des cibles stratégiques en Iran et dans le détroit d'Ormuz. C'est aussi dans ce Saint des saints de la sécurité nationale que Marco Rubio a écouté Benyamin Netanyahou vanter, le 11 février, le changement de régime - du "bullshit", selon ses propres mots - sans toutefois dissuader le président américain de frapper l'Iran. La suite de l’histoire, tout le monde la connaît : elle mérite déjà une place dans les programmes de West Point, la plus célèbre école militaire des Etats-Unis, au chapitre des erreurs stratégiques à ne jamais reproduire... Donald Trump, qui a signé le 17 juin un protocole d’accord avec les Iraniens, se retrouve embourbé avec Téhéran dans un engrenage...
-
19/07 - Venezuela : Diosdado Cabello, l’ennemi juré de Washington qui s’affiche avec les Américains
L'opposition le décrit comme la figure la plus responsable de deux décennies de répression, d'emprisonnement et de torture au Venezuela. Diosdado Cabello a gravi tous les échelons du pouvoir à Caracas jusqu'à devenir le très redouté ministre de l'Intérieur du pays. Ce nationaliste convaincu de 63 ans, qui a joué un rôle clé au sein du régime chaviste dès ses débuts, a fermement dénoncé la capture du président vénézuélien Nicolas Maduro par l'armée américaine en janvier dernier, estimant à l'époque que l'ancien président déchu était un "prisonnier de guerre" et indiquant que "le Venezuela ne capitule pas".
Côté pile, Diosdado Cabello est dans leur viseur des Etats-Unis qui l'accusent de "narcoterrorisme" et de trafic de cocaïne. Comme le relève Le Figaro, selon l'acte d'accusation de l'agence fédérale américaine, Diosdado Cabello aurait rencontré secrètement, à la frontière, des membres de l'ELN, la guérilla marxiste-léniniste colombienne, pour inspecter certaines pistes d'atterrissage clandestines destinées aux passeurs de drogue. En 2019, l'actuel secrétaire d'Etat américain Marco Rubio estimait que Diosdado Cabello était un "narcotrafiquant" qui finirait "par se retrouver en prison". Le ministre fait l'objet de sanctions américaines, tout comme plusieurs membres de sa famille et ses amis. Washington a émis un avis de recherche et offre une récompense de 25 millions de dollars pour toute information menant à son arrestation.
Côté face, cet ancien officier de l'armée...
-
19/07 - Justin Gest, spécialiste des migrations : "Une victoire du RN pourrait provoquer un exode des démocrates français"
On connaissait la "fuite des cerveaux", ce phénomène par lequel des personnes hautement qualifiées quittent leur pays d’origine pour s’installer ailleurs. On en sait toutefois moins sur la "fuite démocratique" que documente Justin Gest, spécialiste des questions migratoires, dans son récent Democratic Drain : Global Migration and the Struggle for Democracy (Cambridge University Press, non traduit) ; un ouvrage déjà encensé par le grand économiste américain Tyler Cowen ainsi que Steven Levitsky, professeur à Harvard et co-auteur du best-seller How Democracies Die.
En exclusivité pour L’Express, le politologue, directeur du programme de politiques publiques à la Schar School of Policy and Government de la George Mason University, explique ainsi pourquoi ceux qui partent, souvent les plus enclins à défendre de fortes valeurs démocratiques et libérales, peuvent favoriser malgré eux l’autoritarisme en vidant le pays des individus susceptibles de se soulever contre de possibles dérives illibérales. Un phénomène qui, en retour, peut aussi fragiliser les protections démocratiques dans les pays de destination…
L’Express : Dans votre ouvrage, vous montrez qu’au-delà de la "fuite des cerveaux", l’émigration produit aussi une "fuite démocratique". Comment l’expliquez-vous ?
Justin Gest : Quand les immigrés quittent leur pays d’origine, ils emportent avec eux leurs familles, leur talent, leurs idées et leur intelligence. Cela représente évidemment une perte de capital économique,...
-
19/07 - Iran : Washington intensifie ses frappes après la mort de deux militaires américains
Les États-Unis ont déclaré avoir mené une huitième nuit consécutive d’attaques contre l’Iran, après avoir annoncé plus tôt la mort de deux militaires américains en Jordanie, tandis que les alliés américains dans la région ont fait état de nouvelles attaques iraniennes dimanche. Les États-Unis et l’Iran ont intensifié leurs attaques alors que l’accord de cessez-le-feu provisoire signé il y a un mois s’est effondré et que la lutte pour le contrôle du détroit d’Ormuz s’est intensifiée, augmentant le risque d’un retour à des hostilités à grande échelle.
Des responsables israéliens ont déclaré qu’Israël se préparait à accueillir davantage d’avions de ravitaillement américains après la récente escalade, et en prévision d’une éventuelle extension des opérations militaires américaines contre l’Iran. Le Commandement central américain a déclaré que les dernières frappes aériennes, qui ont débuté samedi à 18 heures (heure de l’Est, 22 heures GMT), visaient "à affaiblir davantage la capacité de l’Iran à menacer la navigation commerciale dans le détroit d’Ormuz et à punir rapidement les forces du Corps des gardiens de la révolution islamique qui ont lancé des attaques contre des militaires américains en Jordanie". Le Commandement central a précisé par la suite avoir mené à bien sa vague d’attaques, visant des installations militaires iraniennes de surveillance côtière et de défense aérienne.
Ce conflit, qui a débuté lorsque les États-Unis et Israël ont lancé des frappes contre l’Iran...
-
19/07 - Crise de gouvernance en Ukraine : après le limogeage de Fedorov, Zelensky envisage de destituer le général Syrsky
C'est un limogeage accueilli avec inquiétude à Kiev… mais avec satisfaction à Moscou. Le départ de Mykhailo Fedorov du ministère ukrainien de la Défense, une éviction annoncée par Volodymyr Zelensky le 15 juillet dans le cadre d'un vaste remaniement gouvernemental, suscite des remous en Ukraine. Le limogeage de cette personnalité très populaire a déclenché des manifestations à Kiev et dans d'autres villes du pays, un fait rarissime en temps de guerre. Des milliers de manifestants se sont rassemblés vendredi pour la deuxième journée consécutive devant le bureau du président ukrainien, dans le centre de la capitale, pour exiger que le président réintègre Mykhailo Fedorov.
Ce départ s'est fait sur fond de conflit ouvert entre le ministre de la Défense sortant et le commandant en chef des forces armées ukrainiennes, Oleksandr Syrsky, devenu la bête noire d'une partie de la population et de militaires eux-mêmes. Vendredi soir, lors de l'une des plus importantes manifestations de ces dernières années, certains manifestants scandaient "Syrsky dehors !" Selon le Financial Times, ces protestations ont amené Volodymyr Zelensky à envisager de limoger le commandant en chef ukrainien.
Selon un haut responsable de l'administration ukrainienne contacté par le quotidien britannique, Volodymyr Zelensky a réuni ce week-end les commandants militaires afin de recueillir leurs évaluations de la situation sur le terrain et d'interviewer les candidats au commandement de l'armée. Toujours...
-
19/07 - Du ski au trail : comment Rossignol opère sa transformation
Depuis deux ans, une tradition s'est installée au siège de Rossignol, situé à Saint-Jean-de-Moirans, près de Grenoble. Lorsque l'hiver touche à sa fin et que les premiers bourgeons apparaissent, les skis, équipement historique de cette marque créée en 1907 par Abel Rossignol, à une dizaine de kilomètres de là, dans un petit atelier à Voiron, laissent la place dans le hall d'entrée à une nouvelle gamme d'une discipline en vogue : le trail. Une petite révolution dans ce bâtiment architectural qui épouse parfaitement les formes du Vercors et de la Chartreuse, les deux massifs faux jumeaux situés de part et d'autre du site.
Passé les portiques de sécurité, impossible de rater l'imposante vitrine - qu'il a fallu agrandir à plusieurs reprises depuis 2013 - dans laquelle trônent plus d'une soixantaine de trophées et médailles. Un butin exceptionnel amassé à la force de ses skis par l'ancien champion de biathlon Martin Fourcade, sextuple champion olympique, treize fois champion du monde et figure emblématique de la marque.
Mais juste à côté, un mannequin bien plus discret, habillé de vêtements techniques ainsi qu'un présentoir garni des premiers modèles de chaussures de course de la griffe témoignent des ambitions renouvelées du groupe isérois. Cette transformation, toujours en cours, a été enclenchée par Vincent Wauters, le 1er février 2021, lorsqu'il a pris les rênes de l'entreprise centenaire. Un moment de bascule. "Je suis arrivé dans un contexte où l'on apprenait que les...
-
19/07 - Intelligence artificielle : pourquoi il ne faut pas avoir peur du prix des "tokens"
Pendant un mois, les utilisateurs de Claude ont découvert chaque semaine une nouvelle date de péremption pour le dernier modèle de l’entreprise, Fable 5. Lancé le 9 juin, suspendu trois jours plus tard par une directive américaine, rétabli le 1er juillet, le modèle devait rester inclus dans les abonnements jusqu’au 7, puis jusqu’au 12, et enfin jusqu’au 19 juillet, mais avec des quotas d'utilisation hebdomadaires réduits de moitié. Après quoi il aurait fallu acheter des crédits à l’usage. Alors que Fable 5 restera finalement inclus dans certains abonnements, les plus onéreux, chaque sursis a nourri la même inquiétude. L’intelligence artificielle entrerait dans l’âge de la pénurie et les entreprises ayant laissé leurs salariés consommer sans compter découvriraient bientôt une ligne de coûts incontrôlable.
Ce feuilleton mêle pourtant trois sujets différents, les restrictions géopolitiques, les garde-fous de sécurité et la capacité informatique disponible. Surtout, il entretient une confusion entre le prix et la dépense. Le prix d’un niveau donné de performance s’effondre. La dépense totale augmente parce que nous demandons davantage aux modèles, avec des agents qui réfléchissent plus longtemps.
La chute du prix unitaire ne relève pas d’une intuition. Une étude d’Epoch AI estime que la somme d'argent nécessaire pour atteindre un niveau de performance donné diminue encore de cinq à dix fois par an selon les tâches. Le matériel pousse dans cette direction. La dernière...
-
19/07 - Secrets industriels : Apple cible ses anciens salariés recrutés par OpenAI
L'époque où Apple et OpenAI nouaient un partenariat visant à déployer ChatGPT sur les iPhone, il y a encore deux ans, semble bien lointaine. Depuis, les tensions sont apparues entre ces deux grands noms de la Silicon Valley. Et les voici qui montent encore d'un cran : les avocats d'Apple ont adressé des lettres juridiques personnelles à des dizaines d'employés d'OpenAI ayant auparavant travaillé pour la marque à la pomme, révèle le Financial Times (FT). Selon plusieurs personnes au fait du dossier interrogées par le quotidien britannique, une quarantaine d'anciens employés d'Apple - sur environ 400 - travaillant désormais chez OpenAI ont reçu des lettres leur demandant de conserver les documents et les communications et exigeant des rencontres avec les avocats d'Apple.
Apple recherche des preuves étayant ses accusations selon lesquelles le créateur de ChatGPT aurait volé ses secrets commerciaux. La firme à la pomme accuse deux ex-salariés d'avoir transmis des secrets industriels à OpenAI afin de favoriser l'entrée du fabricant de ChatGPT sur le marché de produits grand public. Apple a déposé vendredi 10 juillet une plainte en ce sens, ouvrant une bataille judiciaire. Cette plainte fait état d'une vaste action coordonnée visant à acquérir et exploiter des informations confidentielles d'Apple par le biais d'anciens employés, de pratiques de recrutement et de relations avec les fournisseurs, afin d'accélérer son incursion sur le marché du matériel informatique grand public....
-
19/07 - Liban : à Washington, le président libanais Joseph Aoun joue la carte Trump face au Hezbollah
Le président libanais Joseph Aoun se rendra pour la première fois à la Maison-Blanche cette semaine afin de présenter à son homologue américain Donald Trump un plan visant à désarmer le Hezbollah, groupe militant soutenu par l'Iran, et à garantir le retrait d'Israël du Liban.
Joseph Aoun, qui a occupé le poste de commandant de l'armée libanaise soutenue par les États-Unis avant d'être élu président l'année dernière, est le premier chef d'État libanais depuis près de vingt ans à se rendre à la Maison-Blanche, où il rencontrera Donald Trump en face-à-face pour la première fois.
La rencontre de mardi intervient à un moment crucial pour le Liban : les troupes israéliennes occupent une partie du sud du pays, des centaines de milliers de Libanais sont toujours déplacés à la suite des frappes israéliennes et le Hezbollah a fermement rejeté les pourparlers directs du gouvernement avec Israël, ainsi que les efforts de l’État visant à le désarmer.
Dans des déclarations publiées par son cabinet la semaine dernière, Joseph Aoun a indiqué qu’il demanderait à Donald Trump d’"exercer la pression nécessaire sur Israël" pour que soit mis en œuvre l’accord du 26 juin entre le Liban et Israël, négocié sous l’égide des États-Unis. Cet accord vise à désarmer le Hezbollah, à assurer un retrait progressif des troupes israéliennes et à ouvrir la voie à des relations pacifiques entre les deux pays.
Un responsable libanais a indiqué que Joseph Aoun présenterait à Donald Trump une proposition...
-
19/07 - La Bambouseraie en Cévennes, un terrain de jeu de l’écocréation
Des sculptures qui semblent avoir germé dans le sol, des installations façonnées par le vent, la lumière ou la croissance des végétaux : l'art contemporain n'est plus seulement inspiré par la nature, il se construit désormais avec elle. Le phénomène n’est pas neuf, mais, face aux nouveaux défis environnementaux, ces dernières années, de plus en plus d'artistes européens explorent les ressources du vivant pour inventer des œuvres moins extractives, plus sensibles aux équilibres écologiques et aux rythmes naturels. Bois, terre, fibres végétales, graines, feuillages ou matériaux biodégradables deviennent ainsi les matières premières de ces constructions, souvent regroupées sous le terme d’écocréation, qui évoluent, se métamorphosent, voire disparaissent au fil des saisons.
Le cycle d’expositions Art & Nature, proposé chaque année à la Bambouseraie en Cévennes, s’inscrit pleinement dans cette dynamique, avec, pour l’édition 2026, quatre plasticiens reconnus qui ont choisi l’emblématique jardin cévenol comme terrain de jeu. A partir d'une branche tombée du magnolia centenaire du site, Simon Augade imagine une sculpture, posée sur une structure cubique, qui transforme un épisode naturel en symbole de régénération. Plus loin, Constance Fulda fait de l’arbre un véritable coauteur en révélant sur le papier, grâce à une technique de frottage japonaise, leur mémoire intime. Dans cette Calligraphie, l’écorce devient alors la matrice de l’écriture. Ursula Caruel s'est inspirée...
-
19/07 - Des lingots transportés à la main, l’intervention de Roosevelt... En 1940, l’incroyable sauvetage de l’or français
L’invasion de la Pologne par Hitler le 1er septembre 1939, puis Staline le 17 septembre, plonge l’Europe – et bientôt le monde – dans un conflit sanglant. Pris de court par l’avancée irrésistible de la Wehrmacht, les gouvernements des pays vaincus s’efforcent de sauver en urgence ce qui peut l’être : leurs réserves d’or, convoitées par le Reich pour financer sa colossale machine de guerre. Une chasse au trésor haletante où le sens du devoir de quelques hommes, servis par une bonne dose de chance, a empêché les nazis de faire main basse sur une fortune qui aurait pu changer le cours de l’Histoire.
Dans cette série de L’Express en cinq épisodes, François Valentin, consultant à London Politica, retrace l’incroyable destinée de l’or français, belge et polonais, entre le fracas des bombes et les conversations feutrées des chancelleries.
Résumé des épisodes précédents : Juin 1940, dans la France vaincue. Une poignée de fonctionnaires ont été mandatés par le ministre des Finances pour évacuer les stocks d’or du pays au nez et à la barbe de la Wehrmacht. Plus de 2 000 tonnes de métal précieux ont été chargées à bord de différents navires qui doivent désormais se rendre en lieu sûr.
Episode 1 > "Avez-vous des chambres fortes ?" : comment la France a caché 2 500 tonnes d'or à Hitler
Episode 2 > Dans l'enfer des bombes et de la paperasse : quand la France sauva son or des nazis18 juin 1940, Halifax (Canada)
Les équipes de la Banque de France reprennent leur souffle. Il y a...
-
19/07 - Ecrivain, séducteur, prédateur sexuel : Casanova est-il encore fréquentable en 2026 ?
On se souvient que, dans Histoire de ma vie, Casanova raconte l’inceste consommé avec sa fille Léonilda, et fanfaronne ainsi : "Un ange même qui serait alors venu nous dire que nous avions monstrueusement outragé la nature nous aurait fait rire." Avec une dizaine de véroles au compteur, le libertin aux 142 "conquêtes" (parfois forcées) a payé les conséquences de sa sexualité frénétique. Il s’en moquait : "Je n’ai jamais dans ma vie fait autre chose que travailler à me rendre malade quand je jouissais de ma santé, et travailler pour regagner ma santé quand je l’avais perdue. J’ai très bien et également réussi dans l’une et dans l’autre, et je jouis aujourd’hui à l’égard de cela d’une santé parfaite, dont je voudrais bien pouvoir encore faire dégât."
Dans le contexte actuel, on peut s’étonner qu’une femme publie un hommage sautillant à un coureur qui aurait fait passer Patrick Bruel pour un bénédictin. Véronique Pittolo se justifie : "On peut croire à une provocation. Mon propos n’est pas de légitimer ou de condamner la débauche sexuelle d’hier ou d’aujourd’hui. Tous les hommes ne sont pas des prédateurs sexuels, toutes les femmes ne sont pas des victimes. M’intéresse avant tout l’œuvre d’un transfuge de classe dans l’Ancien Régime, sa créativité unique, moderne, en décalage avec ses contemporains au style infiniment plus convenu et raffiné (Crébillon, l’abbé Prévost, Rousseau)."
Pour l’absoudre de ses péchés, faut-il donc faire de Casanova l’Edouard Louis de la...
-
19/07 - Coupe du monde 2026 : les six leçons géopolitiques d’un Mondial très politique
Sur le plan sportif, avant même la finale Espagne-Argentine, les enseignements de cette Coupe du monde semblent simples : la formation espagnole n'a pas d'équivalent dans le monde, et il vaut mieux avoir un Lionel Messi dans son onze de départ. Mais au-delà des débats sur le 4-4-2 ou le 4-3-3, la compétition a aussi révélé et confirmé de précieux enseignements géopolitiques sur l'évolution de la planète. En voici six.1. La démographie bouleverse déjà les rapports de force
Le Brésil va-t-il un jour rajouter une étoile à son maillot qui en compte 5 (un record) ? Quand la Seleçao a été éliminée par la Norvège dès les 8es de finale le 5 juillet, nous avons fortement repensé aux prédictions que nous faisait quelques jours auparavant l’économiste Jesus Fernandez-Villaverde, professeur à l’Université de Pennsylvanie. Pour ce grand spécialiste de la démographie mondiale, le Brésil, longtemps nation phare du football, est condamné à un avenir sombre du fait d’un taux de fécondité en berne. Alors que les Brésiliennes avaient encore, au début des années 1960, plus de six enfants en moyenne, ce taux a chuté à 1,55. N’ayant pas de forte immigration, exceptés des Cubains ou Vénézuéliens fuyant les régimes castriste et chaviste, le pays fait face à un vieillissement rapide. "Le Brésil s’en sort bien moins bien en football aujourd’hui parce qu’il y a beaucoup moins de jeunes Brésiliens. Avant, il y avait environ 20 millions de Brésiliens en âge de jouer au football. Aujourd’hui, il n’y...
-
18/07 - États-Unis : la guerre en Iran devient un boulet politique pour Donald Trump, selon un récent sondage Washington Post-Ipsos
Les Américains portent un jugement globalement négatif sur la gestion des dossiers clés par le président Donald Trump, se disent éprouvés par le coût de la vie et sont pessimistes quant à la capacité des négociations intermittentes de l'administration avec l'Iran à faire baisser les prix de l'essence ou à empêcher les Iraniens de développer une arme nucléaire, selon un sondage Washington Post-Ipsos.
L'insatisfaction tient en partie à la guerre en Iran, dont Donald Trump avait assuré qu'elle serait courte, et qui dure maintenant depuis près de cinq mois. La majorité des Américains pense que le conflit va durer, si bien que la proportion de personnes s'attendant à un conflit prolongé est passée de 65 % fin mars à 79 % aujourd'hui. La prise de contrôle du détroit d'Ormuz par l'Iran est également vue comme un problème majeur qui n'existait pas avant la guerre.
Autre source de mécontentement liée à la guerre en Iran : Donald Trump n'a pas réussi à convaincre les Américains de pouvoir parvenir à un "bien meilleur" accord nucléaire que celui, déjà impopulaire, conclu par Barack Obama en 2015. Il s'était moqué de l'accord conclu par son prédécesseur à plusieurs reprises sur les plateaux télé. "Vous savez ce que les Iraniens ont fait ?", avait déclaré Trump pas plus tard que le mois dernier aux côtés du président égyptien. "Ils se sont moqués d'Obama et l'ont traité d'abruti fini."37 % des Américains pensent que l'accord sur le nucléaire de Trump sera "pire" que celui d'Obama...
-
18/07 - Zora la rousse, l’utopie communiste à l’heure du goûter
"Inspecteur Derrick", "Borgen", "Zora la rousse", "La Casa de papel"… Ces séries cultes ont fait un tabac tout en nous faisant mieux connaître la vie (et les névroses) de nos voisins. Cet été, L’Express vous raconte comment la fiction cathodique a, autant que le marché commun ou la monnaie unique, contribué à la construction européenne.
EPISODE 1 > Derrick, l'inspecteur qui raconte le mieux les névroses de l'Allemagne
EPISODE 2 > La Casa de papel : comment Netflix a braqué le monde avec une série ratée
Janvier 1981. Georges Marchais, le candidat du PCF, bat la campagne présidentielle, fustige une "minorité de capitalistes privilégiés qui vivent dans un luxe insolent" et promet des lendemains qui chantent. A l’heure du goûter, son alter ego à la bouille espiègle débarque dans Récré A2. Produite deux ans plus tôt par des chaînes allemande et suisse, la série Zora la rousse est un cocktail molotov lancé dans la vitrine télévisuelle de la jeunesse giscardienne. Une opération d’agit-prop au royaume décérébrant des Goldorak, Albator et autres San Ku Kaï. Sous ses dehors innocents, ce feuilleton en treize épisodes, narrant les aventures d’une bande d’orphelins dans la Croatie des années 1930, recèle un double-fond : l’éveil des bambins à la lutte des classes.
Au décès prématuré de sa mère, ouvrière dans une fabrique de tabac où elle contracte une tumeur du poumon, Branko, 12 ans, se retrouve livré à lui-même. Il rejoint un trio de garçons dirigé par la "belle et...
-
18/07 - Les Etats Unis lancent un programme de subventions pour les causes "Maga" en Europe
Jusqu'à 5 millions de dollars. C'est le montant des subventions que le département d'État américain se dit prêt à allouer pour financer deux ou trois groupes européens proches du mouvement Maga (Make America Great Again), révèle le Financial Times. Au nom, apprend-on, de la lutte contre la "censure" et contre l'immigration, et du renforcement des "liens civilisationnels" entre les États-Unis et le Vieux continent. Sont entre autres éligibles des organisations caritatives, des think-tanks, des structures éducatives, mais aussi des particuliers. Chaque groupe choisi pourra prétendre à une enveloppe pouvant aller jusqu'à 3 millions de dollars.
Dans un communiqué, le département d'Etat américain a donné plus d'informations sur les raisons de cette annonce. "L'Europe est victime d'une dérive bureaucratique supranationale" qui "concentre le pouvoir entre les mains d'institutions technocratiques moins responsables devant les choix démocratiques", stipule le texte. Qui ajoute : "le lawfare (soit la manipulation des systèmes juridiques à des fins politiques, Ndlr) est devenu un outil majeur de répression de la liberté d'expression et de l'engagement civique".Subventions colossales à des groupes européens conservateurs
Cette annonce n'a en soit rien de vraiment surprenant. En février déjà, le Financial Times rapportait que la Maison-Blanche envisageait de réaffecter des fonds destinés à l'aide internationale à des groupes proches du mouvement Maga en Europe. Depuis, des...
-
18/07 - La Pléiade de l’été : Alexandre Dumas, roi des page-turners ?
Dumas n’en finit plus d’être réhabilité. Il y a eu la nouvelle adaptation des Trois Mousquetaires avec un casting cinq étoiles, et surtout le carton de l’adaptation du Comte de Monte-Cristo avec Pierre Niney. Puis Adélaïde de Clermont-Tonnerre a touché un large public avec Je voulais vivre (prix Renaudot 2025) dont l’héroïne n’était autre que Milady de Winter. Voilà que la Pléiade réunit en deux volumes et plus de 2 700 pages de papier bible le "cycle des Valois" (soit La Reine Margot, La Dame de Monsoreau et Les Quarante-cinq). De quoi s’occuper intelligemment jusqu’à la rentrée…
Tout commence en 1844. Dumas, 42 ans, est une star des lettres – Les Trois Mousquetaires vient de faire un tabac, et Le Comte de Monte-Cristo démarre aussi bien. Soutenu par son fidèle Maquet, le bourreau de travail décide de creuser le sillon du roman-feuilleton historique. Période choisie cette fois-ci ? La cour des derniers Valois. Mettant en scène Catherine de Médicis et ses enfants Charles IX, Henri III et Marguerite (la reine Margot), la saga publiée de 1845 à 1848 nous replonge dans le contexte houleux des guerres de religion, dans les années 1570-1580. Si relire Dumas est toujours un plaisir, on conseille aux curieux de se pencher également sur l’appareil critique de cette édition : cela nous rappelle que les critiques du XIXe ne ménageaient pas l’écrivain, accusé de produire de la littérature commerciale. Si ces grincheux avaient connu l’ère Freida McFadden ils auraient moins fait la...
-
18/07 - De la Scandinavie aux Hauts-de-France : face aux canicules, le succès des vacances au frais
Pas de réveil aux aurores pour éviter le soleil brûlant, pas de ventilateur portable à emporter dans son sac à dos, et encore moins d’activités de plein air annulées à cause de la chaleur. En ce vendredi 10 juillet, alors que les températures atteignent 30°C à Bruxelles et plus de 36°C à Paris, Corinne débute sereinement sa journée de vacances depuis Stockholm, en Suède, où le thermomètre ne devrait pas dépasser les 22°C. Pendant que son mari et ses deux enfants ont choisi de découvrir la ville à vélo, la mère de famille peaufine les derniers détails de la croisière prévue dans l’après-midi. "Autant d’excursions que nous aurions dû annuler si nous étions partis dans le sud de l’Europe, où il fait actuellement entre 35 et 40°C. On a envie de bouger, de profiter, et de dormir sans étouffer dans la chaleur !", raconte Corinne. Séduite depuis plusieurs années par le climat plus clément qu’offrent les pays du nord du continent, cette Bruxelloise a déjà voyagé au Danemark, en Islande, en Laponie ou encore en Finlande. Elle est loin d’être la seule à avoir adapté ses vacances au changement climatique.
Nordic, l’agence belge spécialisée dans les voyages en Scandinavie qui a organisé son road-trip en Suède, indique à L’Express avoir constaté en 2026 une augmentation de 37 % des demandes pour de tels circuits par rapport à l’année dernière, toute clientèle - francophone et germanophone - confondue. Créée dans les années 1980, l’entreprise a même enregistré une croissance de 60 %...
-
18/07 - Un week-end dans les Cévennes : bambous, séquoias et rêves d’ailleurs
A Générargues, au pied des Cévennes, il existe un endroit où l’on voyage d’un continent à l’autre en quelques pas. On dit qu’ici les bambous murmurent, les séquoias tutoient le ciel. C’est la Bambouseraie en Cévennes, 170 ans cette année. Une longévité exceptionnelle pour ce parc botanique unique en Europe, né d’un rêve fou et devenu, génération après génération, un véritable sanctuaire du vivant, qui accueille plus de 300 000 visiteurs par an.
Tout commence en 1855 quand Eugène Mazel, un négociant cévenol féru d’horticulture, imagine un jardin d’acclimatation capable d’accueillir des plantes exotiques. Il rapporte des échantillons d’Asie, d’Himalaya, d’Amérique du Nord, et tente de les adapter au climat doux de sa région natale. Pour mener à bien son projet titanesque, l'entrepreneur utopiste fait aménager un ingénieux système d’irrigation alimenté par les eaux du Gardon, construit des canaux ; les premières plantations de bambous prennent racine dès 1856. A une époque où la plante est quasi-inconnue en Occident et où les échanges botaniques internationaux sont encore complexes, cette réussite relève presque de l’exploit scientifique.Les serres historiques Mazel.
L’histoire aurait pu s’arrêter là lorsque Mazel, à court d’argent, perd le domaine à la fin du XIXe siècle. Mais un homme, Gaston Nègre, lui aussi mordu de botanique, le rachète en 1902 pour lui offrir une seconde vie. Depuis, quatre générations se succèdent à sa tête. Aujourd’hui, c’est Valentine Crouzet,...
-
18/07 - Comment Benyamin Netanyahou veut réduire la dépendance militaire d’Israël aux Etats-Unis
Subitement, le ton a changé. Peu après avoir annoncé la signature du protocole d’accord avec l’Iran, Donald Trump tacle Benyamin Netanyahou dans un entretien au New York Times : "C’est un type très difficile. Il devrait être reconnaissant. Si l’Iran obtenait l’arme nucléaire, Israël ne tiendrait pas deux heures". Ulcéré par les critiques de plusieurs ministres et parlementaires israéliens à l’endroit du président américain, le vice-président J.D. Vance se montre encore plus direct : "Deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains." Une menace à peine voilée soulignant la dépendance israélienne aux armes américaines.
Ce coup de froid intervient alors que l’image d’Israël connaît une nette dégradation aux Etats-Unis et que l’opinion américaine renâcle désormais à prêter main-forte à Tsahal à Gaza ou au Liban. Selon un récent sondage, seuls 16 % des Américains estiment que leur pays devrait continuer à fournir des armes à Israël sans nouvelles conditions. 38 % souhaitent mettre totalement fin à ces livraisons. Certains politiciens de l’aile gauche du parti démocrate, comme Bernie Sanders, militent même ouvertement pour la fin des ventes d’armes. "Continuer à fournir à Israël les armes offensives qu'il utilise contre des civils est moralement répréhensible", a récemment déclaré le sénateur.
Face au spectre d’une brutale restriction de l'arsenal américain, Israël prépare ses...
-
18/07 - Lutte contre le tabac : les stratégies européennes pour faire partir la cigarette en fumée
Piloté par la Commission européenne, le plan européen de lutte contre le cancer s’est fixé pour objectif de créer une "génération sans tabac" d’ici 2040. Malgré des progrès considérables ces dernières années, le nombre de fumeurs reste élevé dans l'UE : ils représentent un quart de la population totale et 29 % des 15-24 ans. L’émergence de nouveaux produits à base de nicotine tels que les cigarettes électroniques, le tabac à chauffer et les sachets de nicotine, pose aussi de nouveaux problèmes de santé publique.
En France, le nombre de fumeurs quotidiens a diminué de quatre millions en dix ans et l’âge d'initiation au tabac recule plus rapidement que dans la plupart des pays européens. Ces progrès témoignent de l’efficacité d’une stratégie fondée sur la prévention, la régulation et l’accompagnement, avec la commercialisation de paquets neutres, la hausse des prix, la multiplication d’espaces sans tabac ainsi qu’une meilleure accessibilité des traitements de substitution nicotinique.Irlande : les pionniers contre la nicotine accélèrent
Bien que 17% des Irlandais fumaient encore en 2025, l’ONG Tobacco Control Scale place l’Irlande en tête du classement de la lutte antitabac en Europe. Premier Etat membre de l'UE à avoir interdit de fumer dans des espaces publics clos en 2004, elle affiche le niveau de prix du tabac le plus élevé des pays européens et réglemente les produits à base de tabac chauffés au même titre que les cigarettes, contrairement à la majorité de ses...
-
18/07 - Voitures autonomes : Bolt, le pari estonien pour contrer l’Amérique et la Chine
Tallinn, été 2013. Diplôme en poche, Markus Villig, 19 ans, passe ses nuits aux stations de taxis de la capitale estonienne. Il ne cherche pas une course ; ce serait plausible, il n’a pas le permis de conduire. Non, le jeune homme est surtout à la recherche de chauffeurs pour sa nouvelle application, mTakso. Son argumentaire est simple : "téléchargez ma pastille, vous serez payés à la course". En fait, le même discours que celui d’Uber, l'américain qui envahit petit à petit le monde depuis trois ans.
Mais sans les mêmes moyens. Son appli est montée avec 5 000 euros prêtés par ses parents, fonctionnaires modestes. Autant dire, sans marketing, d’où les maraudes nocturnes. Après des mois de porte-à-porte, seulement cinquante chauffeurs figurent sur sa liste d’attente. Beaucoup ne possèdent même pas de smartphone. Quant à leurs employeurs, ils goûtent peu la manœuvre. Qu'à cela ne tienne. Avec l’aide de son frère Martin, l’un des premiers employés de Skype, fierté nationale spécialisée dans les appels audio et vidéo numériques, le jeune homme développe un service destiné aux compagnies de taxis elles-mêmes. Elles délaissent alors peu à peu la réservation de courses, désormais gérée par cet outil. Markus revient ainsi à son premier amour, convaincre les chauffeurs en direct de travailler pour son appli. Le succès est, cette fois, bien plus rapide.
Rebaptisée Taxify ("txfy" en France), la société dépasse en 2018 le milliard de dollars de valorisation. Un an plus tard, elle...
-
18/07 - Erin Sikorsky : "La Russie a compris comment exploiter les phénomènes météorologiques extrêmes"
Déjà habituée aux menaces extérieures – la Russie de Vladimir Poutine – comme intérieures – les coups de boutoir de Donald Trump –, l’Otan a un nouvel ennemi, tout aussi redoutable : le thermomètre. Les vagues de chaleur à répétition et le changement climatique ne relèvent pas seulement d’un débat sur les bienfaits – ou non – de la climatisation, mais constituent désormais un enjeu de sécurité et de défense à part entière, que l’Otan et les États européens sous-estiment encore largement. Tel est le constat alarmant d'Erin Sikorski, directrice du Center for Climate and Security (CCS), un institut de recherche qui étudie comment les bouleversements environnementaux peuvent affecter la sécurité des États. Dans un récent article publié dans la revue Foreign Policy, cette spécialiste des implications du changement climatique pour la sécurité nationale explique pourquoi celui-ci est devenu un multiplicateur de risques économiques, géopolitiques et militaires pour les Occidentaux.
Poursuivant sa réflexion dans un entretien à L'Express, cette professeure associée à l’université George Mason et ancienne responsable du renseignement américain décrit un phénomène qui menace directement les capacités militaires (pistes d’aviation déformées, équipements moins performants, difficultés d’entraînement des soldats), fragilise les infrastructures critiques et crée de nouvelles vulnérabilités que des adversaires comme la Russie peuvent exploiter. Moscou va de plus en plus utiliser les aléas...
-
17/07 - Louise Haigh, du tribunal au premier cercle d’Andy Burnham
En 2014, Louise Haigh plaidait coupable d’une fraude commise pour obtenir un meilleur téléphone professionnel. En 2026, elle participe au choix de ceux qui pourraient entrer au gouvernement britannique. Entre les deux, la députée de Sheffield Heeley a été ministre, poussée à la démission, puis organisatrice du retour d’Andy Burnham à Westminster. Désigné chef du Labour ce vendredi 17 juillet, celui-ci devrait devenir Premier ministre lundi. À ses côtés se trouve donc une femme dont la carrière aurait pu s’arrêter pour un BlackBerry et qui reçoit aujourd’hui les candidats aux postes ministériels.
L’affaire remonte à 2013. Louise Haigh travaille alors chez l’assureur Aviva. Après avoir été agressée lors d’une soirée, elle déclare plusieurs objets volés, dont son téléphone professionnel. Elle racontera ensuite l’avoir retrouvé dans un tiroir et rallumé, déclenchant une alerte chez son employeur. Des documents judiciaires rendus publics en 2025 précisent toutefois qu’elle avait reconnu avoir menti sur la perte de son BlackBerry afin qu’Aviva lui fournisse un iPhone. Elle plaide coupable en 2014 pour fraude par fausse déclaration, reçoit une dispense conditionnelle et une amende de 100 livres. La peine est légère. La qualification pénale, elle, est suffisamment claire pour réapparaître dix ans plus tard au pire moment de sa carrière.Une ascension, condamnation comprise
Entre-temps, Louise Haigh est entrée au Parlement. Lorsqu’elle plaide coupable, elle a déjà été choisie...
-
17/07 - IA : Xi Jinping veut faire de la Chine le leader d’un nouvel ordre mondial
Moonshot AI, MiniMax, Z.ai : les start-up chinoises spécialisées dans l'intelligence artificielle sont en plein essor. Et Pékin compte bien capitaliser sur ce succès. Vendredi 17 juillet, le président chinois Xi Jinping a dépeint son pays comme le représentant d'un nouvel ordre mondial en matière d'IA, profitant de la plus grande conférence technologique du pays pour promouvoir les technologies open source et se présenter comme une alternative face à l'influence des Etats-Unis.
"Le développement de l’IA ne doit pas être le fait d’un seul pays, mais une symphonie internationale", a-t-il déclaré. Le chef d’Etat chinois a mis en évidence l’importance de l’IA, exhortant les Etats à saisir "l’opportunité historique" que représente l’IA open source, et s’engageant à aider les pays en développement. L’idée est d’éviter l’émergence de "nouvelles injustices historiques" résultant d’un accès inégal à cette technologie.
Pékin se positionne ainsi comme une alternative à Washington, et présente ses modèles d’intelligence artificielle en open source comme un bien public mondial. Pour Xi Jinping, la coalition chinoise en matière d’IA est un moyen de rivaliser avec l’initiative internationale “Pax Silica”, menée par les Etats-Unis, visant à sécuriser les chaînes d’approvisionnement mondiales en IA et en minéraux critiques. L’intelligence artificielle "sous contrôle humain"
Mais le président chinois est conscient des risques liés à ces technologies avancées : biais algorithmiques,...
-
17/07 - "Trump n’est qu’une partie de l’histoire" : le retour en force des préjugés antigays décrypté par Tessa Charlesworth
La courbe est vertigineuse. Il y a quatre ans, les recherches menées par Tessa Charlesworth montraient qu’entre 2007 et 2020, les préjugés antigays avaient décliné de façon spectaculaire outre-Atlantique. Dans une nouvelle étude, cette professeure au sein de la Northwestern University spécialiste des biais et clivages partisans montre un revirement à 180 degrés : non seulement la courbe s’est inversée, mais en plus, ce type de préjugés a augmenté d’environ 10 % entre 2021 et 2024.
Interrogée par L’Express, Tessa Charlesworth analyse les causes de cette évolution (loin de se limiter à un "effet Trump") et revient sur les enseignements les plus surprenants de ses travaux. A commencer par ce constat : ladite hausse ne touche pas seulement les conservateurs, mais aussi les progressistes. Surtout, c’est chez les moins de 25 ans qu’elle est la plus marquée…
L’Express : En 2022, vos recherches montraient un déclin spectaculaire des préjugés antigays entre 2007 et 2020. Au point que, d’après vos projections, ces biais auraient pu potentiellement approcher de zéro dès 2022. Vous montrez pourtant dans une nouvelle étude que la tendance s’est au contraire inversée, avec une hausse des préjugés d’environ 10 % entre 2021 et 2024. Comment l’expliquez-vous ?
Tessa Charlesworth : Nous avons commencé par tester certains scénarios qui auraient pu sembler évidents, comme un lien de causalité avec les biais anti-trans ou encore avec la panique morale qui entoure le concept de "grooming",...
-
17/07 - Intelligence artificielle : aux Etats-Unis, les data centers cristallisent une fronde populaire
Ce samedi 18 juillet, des dizaines de manifestations sont prévues à travers les Etats-Unis contre les centres de données dédiés à l’intelligence artificielle. Selon l’organisation conservatrice Humans First, à l’origine de cette mobilisation nationale, 120 rassemblements doivent se tenir dans 37 Etats, dont 18 au Texas, 12 en Floride et huit en Californie comme en Géorgie. Leur objectif : pousser les élus locaux et fédéraux à mettre un coup d’arrêt à ces infrastructures, accusées de menacer "nos villes, nos portefeuilles et notre mode de vie". Cependant, le combat semble dépasser les clivages politiques, mettant une partie de la population d'accord.
Longtemps cantonnée à quelques batailles locales, la contestation prend désormais une ampleur nationale. The Economist évoque même une véritable "levée de boucliers". Dans un pays profondément polarisé, l’opposition aux centres de données fait figure d’exception : elle rassemble des électeurs de sensibilités politiques très différentes. Selon un sondage Reuters/Ipsos réalisé en juin, seuls un tiers des Américains approuvent le rythme actuel de construction de ces infrastructures, tandis que seulement 14 % accepteraient l’implantation d’un centre de données dans leur propre commune.
Le Michigan illustre cette montée des tensions. À Saline Township, une petite commune agricole de 2 400 habitants, un projet de centre de données de 16 milliards de dollars porté notamment par Oracle, OpenAI, Blackstone et Related Digital est...
-
17/07 - Fin de vie : au Canada, dix ans de loi et un débat toujours ouvert sur l’aide à mourir
L'aide à mourir est désormais une affaire de droit en France, tandis que le Canada discute encore de ses contours. Adopté définitivement le 15 juillet par l'Assemblée nationale, le texte réserve le dispositif aux majeurs atteints d’une affection grave et incurable, engageant le pronostic vital de manière irréversible et parvenue à un stade avancé ou terminal. Le patient doit subir une souffrance constante, insupportable et réfractaire aux traitements, être capable d’exprimer une volonté libre et éclairée, puis la confirmer jusqu'au dernier moment. Une souffrance psychologique seule ne permet pas d'être éligible.
La France entre ainsi dans la phase que le Canada avait ouverte en 2016 : celle où les principes deviennent des critères médicaux, des procédures et, très vite, des cas difficiles. Plus de 76 000 personnes y ont depuis eu recours. Dix ans après, le débat canadien reste ouvert. Il porte désormais sur les situations où la mort n'est pas proche, le pronostic incertain ou les raisons de la demande difficiles à isoler.Une loi élargie et de nouvelles questions
Le dispositif canadien visait d'abord les adultes atteints d'une affection grave et irrémédiable dont la mort naturelle était "raisonnablement prévisible". En 2021, le Parlement a supprimé cette condition. Une personne peut désormais être admissible sans être en fin de vie, sous des critères renforcés. De quoi compliquer un dossier déjà sensible : cinq ans après son adoption, cet élargissement ne fait toujours...
-
17/07 - Comment la Chine a pris l’avantage sur les Etats-Unis dans l’opinion mondiale
L’information a de quoi surprendre tant le rêve américain a longtemps incarné, aux yeux d’une grande partie du monde, un modèle de réussite et d’attractivité. Pourtant, selon une nouvelle enquête du Pew Research Center, reprise mercredi 15 juillet par The Washington Post, la Chine bénéficie désormais d’une image plus favorable que les Etats-Unis dans une large partie du globe. Un basculement qui témoigne d’une érosion de l’influence américaine, tandis que Pékin améliore progressivement sa perception à l'international.
Menée auprès de plus de 40 000 personnes dans le monde, l’étude montre que, dans 27 des 36 pays et territoires interrogés, les populations ont aujourd’hui une opinion plus positive de la Chine que des Etats-Unis. Un changement notable par rapport aux années précédentes : parmi les vingt pays déjà sondés par le Pew Research Center, l’année dernière, la perception des Etats-Unis restait encore majoritairement plus favorable en 2025. Mais la tendance s’est inversée dans de nombreux territoires.
Cette dégradation intervient dans un contexte marqué par une succession d’actions américaines très visibles et controversées. Pêle-mêle : les menaces de Donald Trump concernant une possible annexion du Groenland et du Canada, la guerre en Iran, l’imposition de droits de douane contre une grande partie des économies mondiales, l'enlèvement du président vénézuélien Nicolas Maduro, les opérations militaires américaines dans les Caraïbes ou encore la réduction importante...
-
17/07 - Un "cadeau à Moscou" : pourquoi la Russie se réjouit du limogeage du ministre ukrainien de la Défense
Dans les rues de Kiev, des protestations ont éclaté jeudi 16 juillet pour dénoncer le limogeage de Mykhailo Fedorov. Mais l'onde de choc dépasse largement les frontières ukrainiennes. En Russie, les milieux favorables à la guerre ont accueilli la décision avec une satisfaction inhabituelle, les blogueurs militaires russes allant jusqu’à présenter le départ du ministre ukrainien de la Défense comme un véritable "cadeau" offert à Moscou. Mykhailo Fedorov était, selon plusieurs médias ukrainiens, l’un des artisans des réformes ayant contribué à compliquer les opérations de l’armée russe. À seulement 35 ans, il n’aura toutefois passé que six mois à la tête du ministère ukrainien de la Défense. Son éviction, décidée par Volodymyr Zelensky dans le cadre d’un remaniement gouvernemental, intervient pourtant à un moment stratégique pour l’Ukraine.
"Il est facile d’oublier la situation qui prévalait avant la nomination de Fedorov, lorsque les forces russes progressaient à un rythme soutenu", rappelle The Kyiv Independent. Ces derniers mois, Kiev a intensifié ses frappes en profondeur contre les infrastructures pétrolières et la logistique militaire russes, tandis que l’armée ukrainienne tente de compenser son manque de soldats au sol par un recours accru aux technologies, notamment aux drones. Dans The Moscow Times, un commentateur militaire russe estime ainsi que la politique menée par Mykhailo Fedorov dans le domaine des systèmes sans pilote représentait une menace directe pour...
-
17/07 - "J’écris encore plus depuis que je suis malade" : les confidences de Philippe Besson
De Delphine de Vigan à Guillaume Musso, de nombreux auteurs abonnés aux best-sellers ont connu cette année une forte baisse par rapport à leurs chiffres habituels. Dans ce contexte de crise, Philippe Besson a tiré les marrons du feu. Avec déjà 100 000 exemplaires vendus, Une pension en Italie est en passe de devenir son plus gros succès – d’autant qu’il sera porté tout l’été par le prix Relay des voyageurs lecteurs qu’il vient de décrocher. Le livre est un hommage à Avec vue sur l’Arno, le chef-d’œuvre d’E. M. Forster : un père de famille emmène sa famille en vacances en Toscane en 1964. Là-bas, il est rattrapé par son homosexualité refoulée. Osera-t-il enfin sortir du placard, quitte à tout perdre ? C’est l’enjeu de ce roman à la fois rétro dans son décor et intemporel dans ses questionnements.
Dans le café parisien où on interviewe Philippe Besson (qui vit désormais à Bordeaux), il est encore sur un nuage : "Un succès ne s’explique pas : ça reste mystérieux par essence. La thématique du secret de famille intéresse – mais ces livres-là sont légion. La promesse italienne et la couverture très réussie de Mathieu Persan ont dû jouer, dans notre époque anxiogène et pleine de grisaille. Le fond a plu, aussi, si j’en crois ce que me disent les lecteurs : c’est un livre sur des gens que la honte ou le déni réduisaient au silence, jusqu’à ce que l’un d’entre eux se débarrasse du poids des normes. Avoir le courage d’être soi, savoir saisir les moments de bifurcation, avec les...
-
17/07 - IA et médecine : jusqu’où ira la quête du Graal ? Par le Pr Alain Fischer
L’intelligence artificielle (IA) devient un outil d’aide à la médecine. Nous savons qu’elle peut être plus performante que les meilleurs spécialistes pour lire une biopsie et détecter une tumeur ou analyser une image radiologique. En recherche, l’IA offre un outil puissant de modélisation de la structure des protéines et de leurs interactions avec des molécules candidats médicaments. Elle permet aussi d’optimiser la séquence d’acides nucléiques (ARN ou ADN) thérapeutiques. Bref, une révolution est en marche. Jusqu’où et à quel prix ?
Une étude allemande récemment publiée dans la revue Nature décrit un système d’IA conversationnelle (de type "LLM" soit en français "grand modèle de langage") qui peut, en s’appuyant sur des dossiers médicaux, reconstituer l’histoire médicale d’un patient, prescrire et interpréter des examens biologiques et d’imagerie, porter un diagnostic, proposer un plan thérapeutique et en suivre les effets ; en gros une IA autonome dans la pratique de la médecine ! Ce système s’est avéré plus précis dans le diagnostic de maladies que des médecins. Il s’agit toutefois d’une première étude de ce type qui, in fine devrait conduire à utiliser cette IA comme support à la pratique médicale et non s’y substituer. Les auteurs de l’étude, à juste titre s’interrogent sur la sécurité d’un tel système, sur sa confidentialité mais aussi sur son organisation, et sur la question de la responsabilité en cas d’erreur ? On peut ajouter que la précision de ces agents...
-
17/07 - Finances publiques : "Laisser croire qu’on peut combattre l’arithmétique est illusoire"
Le prochain locataire de l'Elysée ne pourra pas dire qu'il ne savait pas. A la demande du gouvernement, quatre économistes de renom et de sensibilités différentes – Xavier Jaravel, Xavier Ragot, Jean-Luc Tavernier et Natacha Valla – ont planché sur la trajectoire des finances publiques d'ici la fin de la décennie. Un exercice presque théorique puisqu'ils devaient travailler à "politique budgétaire inchangée". Un exercice de salut public puisqu'il permet de mettre en évidence la dérive spontanée de la dépense publique.
Leurs conclusions sont aussi alarmantes qu'implacables. Sans mesures de redressement, le déficit public atteindra quasiment 7 % du PIB en 2030 et surtout la dette publique grimpera de 118 % du PIB aujourd'hui à un peu plus de 130 % à la fin de la décennie.
Au-delà des chiffres, ce rapport a surtout un grand mérite, il sonne la fin des illusions : "La situation de nos finances publiques est insoutenable", écrivent les quatre économistes. Pour L'Express, l'un d'eux, Jean-Luc Tavernier, l'ancien directeur général de l'Insee, pointe le caractère inéluctable du redressement budgétaire qui attend le prochain président de la République.
L'Express : Vous chiffrez à 126 milliards d'euros l'effort financier nécessaire pour seulement stabiliser le ratio d'endettement public. Est-ce que c'est, selon vous, un scénario haut, compte tenu des hypothèses que vous avez choisies ?
Jean-Luc Tavernier : Je le reconnais, nous n'avons pas pris les hypothèses les plus...
-
17/07 - Election américaine de 2020 : la charge de Donald Trump contre la Chine, accusée d’ingérence
N'ayant toujours pas digéré sa défaite contre Joe Biden en 2020, Donald Trump a prononcé jeudi 16 juillet une allocution sur la sécurité électorale lors de laquelle il a accusé la Chine d'ingérence dans les élections américaines, parlant de "la plus grosse opération de piratage de données électorales de l’Histoire".
Le locataire de la Maison-Blanche a déclaré qu'il rendrait publics des documents des services de renseignement américains montrant que la Chine avait acquis de manière illicite des dossiers concernant 220 millions d'électeurs américains, dans lesquels se trouvaient notamment leurs noms, leurs adresses et d'autres données utilisées pour enregistrer les votes.
Lors de son allocution, prononcée avant les élections de mi-mandat prévues en novembre, il a affirmé que des membres de la communauté du renseignement américain avaient délibérément supprimé des informations relatives à l'étendue des activités de la Chine. Ces déclarations viennent contredire une enquête menée par la communauté du renseignement américain rendue publique en 2021, qui disait n'avoir trouvé aucune preuve d'une ingérence étrangère lors de l'élection présidentielle de 2020.
"La Chine n'a jamais interféré, et n'interférera jamais, avec les élections présidentielles américaines", a dit un porte-parole de l'ambassade de Chine aux Etats-Unis avant l'allocution de Donald Trump."Vulnérabilités choquantes"
Cela fait des années que ce dernier remet en question le résultat des élections, alors qu'il...
-
17/07 - Présidentielle 2027 : pourquoi le climat ne sera pas au coeur des programmes
Il arrive parfois que l'actualité semble se jouer loin de nous... Alors tous les vendredis, on s’intéresse à un évènement qui a marqué la semaine, d’un point de vue européen, et on prend le temps d’expliquer pourquoi il nous concerne tous.
En France, près de 2 000 hectares de la forêt de Fontainebleau sont partis en fumée. L'Espagne, elle, est en deuil après l'incendie meurtrier qui a parcouru l'Andalousie. Au Royaume-Uni, les records de chaleur s'accumulent depuis plusieurs jours. En Allemagne, 5 000 décès supplémentaires sont à imputer à la vague de chaleur de fin juin. Bref, une grande partie de l'Europe surchauffe. Alors que l’été est loin d’être terminé, le mois de juin 2026 est déjà le plus chaud de l’histoire en Europe occidentale. Et, on le sait, avec des conséquences très lourdes.
Et l'action politique est indispensable pour faire face aux effets du changement climatique. Alors avec une élection présidentielle qui se profile en France, le sujet pourrait avoir une place importante dans la campagne. D'autant qu'avec les canicules et les incendies, les candidats - déclarés et potentiels - pour 2027 y sont allés de leur proposition.
Dans cet épisode de La semaine européenne, on se projette dans les prochains mois de campagne. Et Erwan Bruckert, rédacteur en chef adjoint du service Politique de L’Express, nous explique pourquoi l'environnement pourrait en réalité passer au second plan.
RETROUVEZ TOUS LES CONTENUS DE L'EXPRESS PODCASTS
Écoutez cet épisode et...
-
17/07 - Pierre Heilbronn : "L’avenir énergétique de l’Europe se trouve à Kiev, Mykolaïv et Odessa"
Pierre Heilbronn connaît l'Ukraine sous toutes ses coutures, ou presque. Après avoir écumé le pays comme vice-président de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd), il a été nommé envoyé spécial du président de la République pour l'aide à l'Ukraine en mars 2023. Sa mission a pris fin en décembre dernier, mais pas son envie d'œuvrer pour le rapprochement de Kiev avec l'Union européenne (UE), tant le pays est "fondamental pour la stabilité du continent". Pierre Heilbronn a rejoint à la mi-juin le conseil consultatif de DTEK, le premier acteur privé du secteur énergétique ukrainien. Auprès de L'Express, il évoque les enseignements tirés de la guerre et les atouts de son pays, dont l'Europe pourrait profiter.
L'Express : Après votre mission d'envoyé spécial du président Macron pour l’Ukraine, pourquoi avez-vous décidé de rejoindre DTEK ? Qu'attend l'entreprise de vous ?
Pierre Heilbronn : Mon engagement auprès de l'Ukraine est ancien. Il date de bien avant l'élection du président Volodymyr Zelensky. A l’époque, le cercle de ceux qui s'intéressaient à ce pays était relativement limité. Ayant côtoyé de nombreux dirigeants ukrainiens, j'ai toujours eu la conviction qu’il avait un grand avenir. Et surtout qu'il était fondamental pour la stabilité européenne. Les Etats-Unis ont toujours eu conscience de son importance géopolitique ; l'Union européenne, elle, l'a largement découvert à l'occasion de ce conflit.
L'énergie constitue un élément central...
-
16/07 - Ukraine : Serguiï Koretsky, un nouveau Premier ministre novice en politique venu du secteur de l’énergie
C'est un nouveau chef de gouvernement choisi en temps de guerre par Volodymyr Zelensky. Le Parlement ukrainien a approuvé ce jeudi 16 juillet la nomination de Serguiï Koretsky au poste de Premier ministre du pays, remplaçant ainsi Ioulia Svyrydenko à ce poste. Les députés ont confirmé sa nomination par un vote de 289 voix contre 1, avec 7 abstentions et 21 qui n’ont pas voté.
Né à Loutsk, ville de l'ouest de l'Ukraine, Serguiï Koretsky, marié et père de famille, n'a aucune expérience politique et n'est affilié à aucun parti. Cet homme de 48 ans ne dispose donc d'aucune base politique propre, dans ce pays où le pouvoir politique est concentré autour de la présidence en temps de guerre.Une carrière dans le secteur public de l'énergie…
Le nouveau Premier ministre possède une vaste expérience dans le secteur de l'énergie, ce qui explique en partie son choix pour le poste de Premier ministre. Ce cadre supérieur du secteur, respecté et à la réputation d’homme intègre, possède plus de 20 ans d'expérience dans la production et le raffinage du pétrole, la vente au détail d'énergie, la gestion de la vente en gros et le financement international, indique Reuters.
Il était depuis mai 2025 le PDG de Naftogaz, l'une des plus grandes entreprises d'Etat ukrainiennes. Ce géant pétrolier et gazier gère une grande partie de la production, des importations et de l'approvisionnement en gaz du pays. Si l'Ukraine a subi d'importantes coupures d'électricité chaque hiver en temps de guerre, le...
-
16/07 - Incendies : les nouveaux outils de l’Europe contre les feux de forêt
Les chiffres donnent le vertige. Avec près de 11 000 feux et 35 000 hectares touchés par les flammes depuis le début de l'année, la surface brûlée en France à mi-juillet a "d'ores et déjà dépassé" le total de la saison passée, a déclaré le directeur général de la Sécurité civile Julien Marion depuis Fontainebleau, ce jeudi 16 juillet, lors de la visite d'Emmanuel Macron dans cette forêt ravagée par les flammes dimanche et lundi. L'été 2025 a enregistré, selon l'Office national des forêts (ONF), près de 15 000 départs de feu en France, touchant 30 000 hectares de forêts et autres végétations. La France n'est pas la seule frappée par des incendies importants : en 2025, l'Europe a connu sa pire saison de feux de forêt, avec plus d'un million d'hectares brûlés.
Face aux feux de forêt, mais aussi contre les inondations, les épidémies ou d'autres catastrophes, l'Union européenne (UE) a institué en 2001 un plan de solidarité permettant aux 27 Etats de l'UE et à dix autres pays qui y ont pris part de demander de l'aide d’urgence quand l'Etat ne suffit pas : le mécanisme de protection civile de l'UE. Pendant longtemps, celui-ci s'est limité à coordonner des moyens nationaux prêtés au cas par cas. Face à l'intensification des incendies, l'Europe a franchi une étape en 2019, en créant sa propre réserve de moyens, appelée rescEU. Ce mécanisme peut mobiliser divers moyens comme des avions et hélicoptères bombardiers d'eau, mais aussi des avions d'évacuation médicale et des hôpitaux...
-
16/07 - L’ICE à nouveau sous le feu des critiques après deux morts en une semaine
Markwayne Mullin s’était fixé un objectif en prenant la tête du département de la Sécurité intérieure en mars 2026 : dans les six mois, l'ICE ne devait plus faire la Une des journaux américains tous les matins. Deux mois avant l’échéance, le ministre peut déjà revoir son calendrier. En une semaine, des agents de la police de l’immigration ont tué deux hommes lors de contrôles routiers, à Houston, au Texas, puis à Biddeford, dans le Maine. Selon plusieurs médias américains, aucun des deux n’était la personne recherchée.
La première victime, Lorenzo Salgado Araujo, était un immigré mexicain installé aux États-Unis depuis plus de trente ans. Il se rendait au travail avec trois passagers lorsque son véhicule a été intercepté. Dans le Maine, Joan Sebastian Durán Guerrero, un Colombien de 26 ans, a été abattu alors qu’il se trouvait lui aussi dans une voiture. Le département de la Sécurité intérieure affirme que les deux hommes ont tenté de prendre la fuite. Il n’a pas rendu publiques d’images permettant de vérifier cette version.Une fissure dans le camp républicain ?
Cette deuxième mort fait immédiatement entrer Susan Collins dans la séquence. La sénatrice républicaine du Maine appelle à trois reprises, dès lundi, Markwayne Mullin et lui demande de suspendre tous les contrôles routiers non urgents jusqu’à ce que les circonstances du tir soient établies. Mardi, le ministère accepte : les agents de l’ICE reçoivent l’ordre de ne plus provoquer eux-mêmes la plupart des...
-
16/07 - Management : pourquoi les équipes "sans chef" ne le restent jamais longtemps
Dans la guerre de chapelles qui oppose les partisans d’un management horizontal aux fervents défenseurs d’un modèle vertical, voici une nouvelle étude qui risque de relancer les hostilités. Publiée le 4 mai dans le Journal of Occupational and Organizational Psychology, celle-ci s'est intéressée à la manière dont les hiérarchies émergent dans les équipes sans managers. Lotta Harju, professeure de comportement organisationnel à l’EM Lyon Business School, et Maria Tims, enseignante-chercheuse en management à la Vrije Universiteit Amsterdam et spécialiste de la psychologie du travail, ont suivi pendant six mois 585 employés d’une grande entreprise financière néerlandaise ayant drastiquement réduit son nombre de postes de management, de 278 à seulement 25. Leur objectif : comprendre comment évoluent les dynamiques de pouvoir et de participation lorsque les hiérarchies formelles sont largement supprimées.
"Il existe une idée très répandue selon laquelle, si l’on supprime les hiérarchies traditionnelles, les employés participeront davantage, s’impliqueront plus dans la prise de décision et que cela entraînera de nombreux bénéfices. C’est la promesse associée à ces modèles", explique à L’Express Lotta Harju. Et si, ajoute la Finlandaise, "la pratique a déjà montré que cette façon d’organiser le travail peut être très efficace et offrir de nombreux avantages, il est également nécessaire de s’intéresser aux risques potentiels qu’elle comporte."Les hiérarchies se reforment en trois...
-
16/07 - Marine Le Pen – Jordan Bardella : le ticket présidentiel, cet atout qui pourrait devenir une faiblesse
Marine Le Pen n’a pas la confiance facile. Le parcours politique qui fut le sien, son histoire familiale aussi l’expliquent : lorsqu’on a passé toute son existence dans les marges et que l’on fut longtemps désigné adversaire public numéro 1, on apprend à faire attention. Au restaurant, elle a longtemps évité de se mettre le dos face à la salle, on ne sait jamais. En 2024, quand le RN croit la victoire enfin arrivée avec les législatives provoquées par la dissolution, le parti envisage la répartition des postes. Pour Eric Ciotti, qui a franchi le Rubicon, ce sera un portefeuille qui n’est pas celui de ses rêves, qui est régalien sans être directement décisif : la Défense. Pas Beauvau, pas Bercy, pas là où se font les choix qui ont un impact immédiat sur le pays, où circulent les plus confidentielles des informations. Le Niçois a très bien reçu le message.
Marine Le Pen, "gaullienne" du 1er juillet – elle se définissait ainsi ce soir-là sur LCI -, ne l’était plus le 7 juillet. Sur le plateau de TF1, elle annonce pour la première fois, avec solennité, un "ticket gagnant" : elle à l’Elysée, Jordan Bardella à Matignon. L’Etat RN aux commandes. Ce sera même le principal axe de communication dans les jours qui suivent. Au Journal du dimanche, la candidate répète : "un binôme clair, performant, complémentaire, solide et équilibré. C’est notre force. Je crois même qu’aujourd’hui, nous sommes dans la meilleure situation pour aborder cette élection présidentielle, précisément parce...
-
16/07 - Loi sur la fin de vie : vu de l’étranger, "la preuve que la démocratie française peut encore fonctionner"
"C'est 'la' grande réforme de société d'Emmanuel Macron. Celle que le président français inscrira à son bilan après dix ans de pouvoir", commente le journal belge Le Soir. Après plus de deux ans de débat, les députés français ont adopté le projet de loi sur la fin de vie par 291 voix contre 241, ce mercredi 15 juillet. "Le président français, Emmanuel Macron, aborde la dernière ligne droite de son mandat et certaines des promesses qu'il avait faites au début de son deuxième mandat sont désormais tenues in extremis" observe de son côté le titre espagnol El Pais.
Car après quatre approbations de l'Assemblée nationale et trois rejets du Sénat, le texte a connu un parcours législatif du combattant. Des difficultés qui n’ont pas échappé à la presse étrangère. El Pais note que le projet de loi "a été adopté au terme d'un parcours parlementaire mouvementé, qui avait débuté avant la dissolution traumatisante de l'Assemblée nationale en 2024 et avait repris il y a un an et demi." Le New York Times parle pour sa part d'un "bras de fer législatif". Une réforme sociale d’ampleur
Les médias internationaux semblent aussi s'accorder sur l'aspect historique de la réforme. Le journal américain ne fait pas exception et constate que "cette loi marque l'un des plus grands bouleversements sociaux que la France ait connus depuis des décennies et fait entrer le pays dans le cercle très restreint des nations ayant légalisé une forme d'aide médicale à mourir." Effectivement, "la Suisse, où...
-
16/07 - Des "traîtres" dans sa majorité : en Italie, Giorgia Meloni fragilisée par un nouveau camouflet
C'est un nouveau revers dont Giorgia Meloni se serait bien passée. Un choc politique dont les conséquences pourraient se faire sentir au sein de sa majorité. Mardi 14 juillet, à la Chambre des députés italienne, un amendement clé de sa réforme électorale a été rejeté à une voix près. Lors d'un scrutin à bulletin secret, les députés ont repoussé une proposition de Fratelli d'Italia, le parti de la Première ministre. Une surprise puisque la mesure avait pourtant reçu le soutien annoncé des deux principaux alliés de la coalition au pouvoir, la Ligue de Matteo Salvini et Forza Italia d’Antonio Tajani. Résultat : 188 voix contre 187. Un vote symbolique, mais politiquement lourd, qui révèle des fissures au sein de la majorité gouvernementale.
La réforme électorale portée par le gouvernement vise à revoir le système actuel, en instaurant un scrutin proportionnel assorti d'une prime majoritaire pour la coalition arrivée en tête. L'objectif affiché est de garantir une majorité plus stable à l'issue des élections générales prévues en 2027. Mais c'est un volet plus précis du texte qui a provoqué le premier grand accroc : celui des préférences, c'est-à-dire la possibilité pour les électeurs de choisir directement, au sein d'une liste, les candidats auxquels ils souhaitent donner un siège.
"Le manque de voix au sein de la majorité appelle à une réflexion", a réagi Giorgia Meloni sur Facebook, évoquant une "occasion manquée pour les Italiens". La Première ministre a aussi dénoncé un...
-
16/07 - Le détroit Ormuz est devenu la "carte survie" de l’Iran, par Paul Tourret
On pouvait s'attendre à ce qu’un affrontement armé avec Téhéran se transforme en crise majeure avec des conséquences importantes sur le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz. La situation est d’autant plus catastrophique que les protagonistes, Donald Trump et les Gardiens de la révolution, s’acharnent à jouer des partitions désespérantes pour le reste du monde.
On avait connu la guerre des pétroliers durant le conflit Iran – Irak, les agressions de navires en transit durant les périodes les plus tendues entre Washington et Téhéran, mais une fermeture du détroit d’Ormuz par les Iraniens nous semblait relever de l’impossible.
Que les moyens militaires iraniens puissent mener une guérilla sur la flotte marchande en transit était dans l'ordre des possibles, mais les analystes en faisaient une lecture rationnelle : la force navale américaine assurerait le libre passage, croyait-on, et les monarchies du golfe refuseraient de voir leurs économies entraver par l’Iran. Le déroulement des événements est souvent contraire à ce que nous anticipons, car notre perception repose sur des a priori que nous jugeons logiques. Donald Trump a fait confiance au blitz promis par les Israéliens pour faire tomber le régime des Mollahs. Ce n’est pas ce qui s'est produit. Comme dans le cas du conflit en Ukraine, les moyens légers de destruction iraniens ont mis à distance la très puissante US Navy…
Débarrassés de la menace d’une présence américaine directe dans le détroit, les Iraniens ont pu...
-
16/07 - Suzette Delaloge, nouvelle présidente de l’Institut national du cancer : "Je comprends que les polluants inquiètent"
C'est à première vue le profil le plus évident pour guider l'Institut national du cancer (Inca). Le plus naturel, alors que l'institution est sommée de mieux faire pour aider à diminuer les risques de développer des tumeurs. Oncologue à Gustave Roussy, spécialiste du sein, le Dr Suzette Delaloge a fait de la prophylaxie des cancers son combat. D'abord avec l'essai clinique européen MyPebs, qui vise à améliorer l'efficacité du dépistage en adaptant le rythme des mammographies au risque réel des femmes. Et plus récemment avec Interception, un vaste programme de prévention personnalisée pour les personnes présentant un haut risque de développer une tumeur, qui a déjà essaimé dans plusieurs régions.
Lors de la première édition des Prix des personnalités Sciences et santé, en 2024, notre journal lui avait remis son Prix de la Prévention, tant la scientifique a déjà accompli dans le domaine. Chercheuse reconnue, autrice de plus de 370 publications dans des revues scientifiques internationales, Suzette Delaloge continuait jusqu'à récemment à suivre 400 à 500 patients par an. Alcool, tabac, dépistage, polluants, amélioration de la qualité des soins, recherche... pour sa première prise de parole depuis sa nomination, la nouvelle présidente de l'Inca détaille à L'Express ses priorités. Entretien.
L'Express : Quelles sont vos priorités à la tête de l’Institut national du cancer ?
Suzette Delaloge : D’abord, la prévention. Nous avons besoin de modifier assez radicalement notr
-
16/07 - "La Bataille de Gaulle" : les leçons d’une remontada, par Anne Rosencher
Dans les années 1970, les théoriciens du cinéma ont développé l'idée que la première scène d'un film fonctionne parfois comme une "matrice" : tout le film y est contenu en germe, de façon condensée et métaphorique. Le premier volet du diptyque sur Charles de Gaulle s'ouvre par une bataille de mai 1940. L'armée française est en déroute. De Gaulle, alors encore colonel, s'obstine à contre-attaquer à Montcornet, dans l'Aisne. "C'est la débandade !", lui lance un soldat. De Gaulle-Abkarian le toise, regard en surplomb : "Est-ce que j'ai l'air de débander ?" - précisons que la formule est inventée. Si le réalisateur, Antonin Baudry, s'est servi de cette première scène comme métaphore de la grande histoire qu'il a ensuite - magistralement - déployée sur deux fois deux heures quarante, il ne se doutait pas, en l'écrivant, qu'elle annonçait aussi le destin du film au box-office.
Car L'Âge de fer, le premier volet du diptyque, a d'abord mal démarré : 380 000 entrées enregistrées la première semaine, ce n'est pas rien, mais au regard des 75 millions d'euros investis, c'est un accident industriel. Avant qu’un bouche à oreille dithyrambique ne le sauve de la catastrophe annoncée. Fait rarissime : L’Âge de fer a même attiré plus de spectateurs en quatrième semaine d'exploitation qu'en première. En cumulé, le diptyque (le deuxième volet, J'écris ton nom, est sorti trois semaines plus tard) a franchi les 3 millions d'entrées et pourrait, à terme, dépasser les 4 millions.
On pourrait...
-
16/07 - Dix ans après le Brexit, l’Europe a besoin du couple franco-britannique : l’appel de chercheurs
Dix ans après le vote du Brexit, la France et le Royaume-Uni ont un choix à faire : gérer leur relation comme un après-divorce, ou en faire un pilier de la réponse européenne à un monde où la guerre est revenue sur le continent, où la compétition technologique redessine les rapports de force, et où les démocraties se fragilisent de l'intérieur.
C'est cette conviction qui nous a réunis mi-juin, une vingtaine d'experts français et britanniques, à l'initiative du Haut-commissariat à la Stratégie et au Plan, pour un premier "Dialogue stratégique franco-britannique". Notre conclusion est sans ambiguïté : Paris et Londres ont tout à gagner à coopérer plus étroitement, dans trois domaines précis : la défense, la technologie, la démocratie. Renforcer la sécurité européenne
La guerre en Ukraine a démontré la pertinence d’une coopération franco-britannique renforcée en matière de défense. Elle doit aujourd’hui s’amplifier. Alors que la fiabilité de l'engagement américain ne peut plus être tenue pour acquise dans la durée, il revient aux deux puissances nucléaires du continent de renforcer leur rôle dans l'architecture de sécurité européenne, notamment en structurant un dialogue franco-britannique sur cet enjeu.
Nous appelons à pérenniser l’esprit de la Coalition des volontaires en créant un véritable Conseil de sécurité européen, appuyé sur un noyau réunissant notamment Paris, Londres, Berlin, Rome et Varsovie. Il ne s’agirait pas de remplacer l'Otan ni l’Union européenne, mais...
-
16/07 - Colère en Ukraine : Volodymyr Zelensky écarte le populaire ministre de la Défense, Mykhaïlo Fedorov
Cheveux coupés très court, déjà légèrement grisonnants malgré son visage juvénile, Mykhaïlo Fedorov, ministre ukrainien de la Défense, s'est imposé à 35 ans comme l'une des figures les plus respectées de l’appareil militaire du pays. Il compte notamment parmi les premiers promoteurs d’un recours accru aux drones, dont le rôle est devenu déterminant sur le champ de bataille. Sa démission, annoncée mercredi 15 juillet, trois jours après celle de la Première ministre Ioulia Svyrydenko dans le cadre du remaniement gouvernemental engagé par le président Volodymyr Zelensky, a donc provoqué une vague de réactions en Ukraine, et déclenché des critiques visant le chef de l'Etat.
"Ce fut un grand honneur de servir le peuple ukrainien en tant que ministre de la Défense", a écrit dans un message publié sur les réseaux sociaux Mykhaïlo Fedorov, qui avait précédemment été ministre de la Transformation numérique en 2019. Revenant sur les six mois passés à la tête du ministère de la Défense, il a dressé un bilan des actions menées par son équipe. Parmi les réalisations mises en avant figurent le blocage de l'utilisation des systèmes Starlink par les forces russes, en février 2026, les opérations ayant perturbé la logistique militaire russe en Crimée occupée, ainsi qu’une réforme de l’armée qu’il qualifie d’impopulaire, mais essentielle. Mykhaïlo Fedorov travaillait notamment à une meilleure rotation des soldats et une nouvelle politique de gestion des effectifs.
Le ministre sortant a...
-
16/07 - Gil Mihaely : "La culture militaire de l’Ukraine ressemble à celle d’Israël"
Docteur en histoire militaire, Gil Mihaely vient de publier un remarquable livre sur La culture du combat en Israël (Valeurs ajoutées éditions). Ancien officier de la marine israélienne, Gil Mihaely a acquis la nationalité française. Il vit à Paris où il est directeur du mensuel Causeur.
L'Express : Votre livre est consacré à Israël, mais, dans sa conclusion, vous pointez les "similitudes" entre la culture militaire de l’Etat hébreu et celle de l’Ukraine en guerre. Expliquez-nous.
Gil Mihaely : En effet, il existe des similitudes entre Israël et l’Ukraine, qui les différencient d’ailleurs de pays comme la France. La principale est le rapport du citoyen à l’Etat. J’insiste en effet sur le rapport particulier entre le pays réel – l’économie, la culture, la société… – et la défense nationale. En Israël ou en Ukraine, celle-ci ne relève pas d’une organisation particulière, comme un silo isolé dans un ensemble plus vaste. Il y a un va-et-vient permanent entre les sociétés civile et militaire. Il existe bien des cloisons entre elles, mais elles sont perméables. Israéliens comme Ukrainiens prennent leur défense en mains. Ils ne sont pas des outils au service de l’Etat, mais, au contraire, l’Etat est un outil entre leurs mains.
Comment cela se traduit-il en pratique ?
On connaît la réaction de la société ukrainienne lors de l’invasion russe de 2022 et qui se poursuit jusqu’à aujourd’hui. Le cas de Robert "Magyar" Brovdi est exemplaire : cet homme d’affaires ukrainien...
-
16/07 - Marine Le Pen, DSK, François Fillon : quand la justice rebat les cartes de la présidentielle
Le passé permet souvent d'éclairer l'actualité. Chaque jeudi, dans notre podcast Hier à la Une, on se plonge dans les archives de L’Express, pour comprendre autrement la couverture du magazine de la semaine.
Après sa condamnation en appel dans l’affaire des assistants parlementaires du FN, Marine Le Pen a finalement décidé d’être candidate pour l’élection présidentielle de 2027. Mais à quoi pourraient ressembler les premiers mois du Rassemblement national à l'Elysée ? Quelle ligne le parti défendra-t-il dans son programme ? Et comment les divergences entre la cheffe de file des députés et Jordan Bardella seront-elles conciliées ?
Surtout, dans quelle mesure les affaires judiciaires représenteront-elles un obstacle pour Marine Le Pen ? La candidate pourrait regarder un peu en arrière : d’autres, avant elle, ont vu leur avenir politique bouleversé par la justice.
L’exemple qui vient immédiatement à l’esprit lorsque l'on parle de politique et d’affaires judiciaires est évidemment celui de Dominique Strauss-Kahn. C'était il y a quinze ans, en mai 2011. Le directeur du FMI n'est pas encore candidat qu'il est déjà favori dans les sondages. Son arrestation pour agression sexuelle sur Nafissatou Diallo, une femme de chambre du Sofitel de New York, va bouleverser toute l'élection présidentielle de 2012.
Six ans plus tard, au début de l'année 2017, c'est François Fillon qui est emporté par la tempête judiciaire. L'ancien Premier ministre est accusé d'avoir employé sa femme...
-
16/07 - "Une connivence inavouée" : Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, ces meilleurs ennemis
Comme on se retrouve. Marine Le Pen a "purgé" les quinze mois d’inéligibilité auxquels l’ont finalement condamnée les juges d’appel. Mardi 7 juillet, elle rejoint donc Jean-Luc Mélenchon sur la ligne de départ vers l’Elysée. Les premiers mots de la candidate du Rassemblement national, sur TF1, ont aussi été à l’égard de son concurrent insoumis. "Je note quand même que, pour les mêmes faits, Monsieur Mélenchon a fait l’objet d’un non-lieu." Réponse immédiate de l’intéressé : "Madame Le Pen ment. (...) Je ne me suis pas payé un majordome, ni un chauffeur, ni rien de ce pour quoi elle a été condamnée."
Voilà quelques jours que ces quadruples candidats s’alpaguent par prises de parole interposées. Quelques mois qu’ils se signalent ponctuellement à leur mutuelle existence. Des années qu’ils fantasment ce clasico. Le match entre les deux a commencé, il est d’ores et déjà marqué par une double poussée sondagière, ainsi que l’indique l'étude d’intentions de vote Elabe pour La Tribune Dimanche et BFMTV. "Au fond, je suis convaincu qu’ils se sont intérieurement dit qu’ils feront la partie ensemble en 2027", analyse un interlocuteur de Mélenchon. Mots doux
Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen. Meilleurs ennemis et adversaires désignés, car chacun voit en l’autre sa meilleure chance de l’emporter. Mélenchon anticipe le duel face au Rassemblement national, sur les ruines du macronisme et de la social-démocratie. "C’est eux ou nous, il n’y a rien au milieu", déclare-t-il souvent, une...
-
15/07 - Fin de vie : l’Assemblée adopte définitivement le droit à l’aide à mourir
Il aura fallu à la France une convention citoyenne, une dissolution et deux textes pour arriver à une question simple à formuler, beaucoup moins à inscrire dans la loi : dans quelles conditions peut-on autoriser une personne à recourir à l’aide médicale à mourir ? Ce mercredi 15 juillet, les députés ont tranché : la proposition de loi sur la fin de vie a été adoptée à 291 voix pour, 241 contre.
Le texte crée, pour la première fois en France, un "droit à l’aide à mourir". Une personne répondant aux conditions prévues pourra obtenir une substance létale et se l’administrer elle-même. Si elle en est physiquement incapable, un médecin ou un infirmier pourra accomplir le geste. La loi Claeys-Leonetti de 2016 autorisait déjà une sédation profonde et continue jusqu’au décès, mais sans permettre qu’un produit provoque directement la mort. Le changement n’est donc pas seulement lexical. Cinq critères, tous obligatoires
L’accès sera réservé aux personnes majeures, françaises ou résidant en France, atteintes d'une affection grave et incurable engageant leur pronostic vital en phase avancée ou terminale. Elles devront aussi présenter une souffrance physique ou psychologique constante, réfractaire aux traitements ou jugée insupportable, et pouvoir exprimer une volonté libre et éclairée. Une souffrance psychologique seule ne suffira pas.
La demande devra être adressée à un médecin. Celui-ci vérifiera les cinq critères et organisera une procédure collégiale, avec au moins un...
-
15/07 - En Allemagne, les jeunes craignent le retour du service militaire obligatoire
Alors que Berlin ambitionne de faire de son armée "la plus puissante d'Europe", sa jeunesse est de plus en plus frileuse à l'idée de rejoindre les rangs. Selon les chiffres communiqués ce mardi 14 juillet par le gouvernement, le nombre de personnes ayant demandé à être exemptées du service militaire pour des raisons religieuses ou morales au premier semestre 2026 a dépassé celui enregistré sur l'ensemble de l'année précédente. Au total, 5 862 demandes ont été transmises depuis le début de l'année à l'administration chargée de statuer sur ces dossiers. En 2025, elles étaient 3 879, dont 2 830 avaient été approuvées.
Ces exemptions sont permises par la Constitution allemande qui garantit le droit à l’objection de conscience. Le texte en dispose ainsi : "Nul ne peut être contraint, contre sa conscience, d’accomplir un service militaire impliquant l’usage des armes.""Chair à canon"
Parce que le service militaire allemand repose actuellement sur le volontariat, l'ensemble de ces démarches a été effectué de manière préventive. Toutefois, cela pourrait bientôt changer. Dans les années à venir, la Bundeswehr, qui ambitionne d'être en capacité de s'opposer à la menace russe, anticipe un besoin d’au moins 60 000 soldats supplémentaires. En 2025, le ministre de la Défense, Boris Pistorius, avait assuré que le volontariat resterait la règle, promettant simplement de dégainer un "énorme paquet pour rendre [l'armée] plus attractive".
Mais, au vu de la réticence dont font preuve...
-
15/07 - "Si on ne fait rien dans les premiers jours, on est morts" : le programme du RN, entre totems et tabous
Souvent, Marine Le Pen pense à François Mitterrand. Quand il arrive au pouvoir, en mai 1981, le président socialiste est résolu à tenir ses 110 propositions de campagne, et débute dès le mois de septembre avec l’abolition de la peine de mort. L’objectif de Marine Le Pen est moins ambitieux. En 2022, ce sont 22 propositions que la candidate à la présidentielle brandissait comme des "urgences". Sur la méthode, en revanche, la députée du Pas-de-Calais entend bien s’inspirer de l’ancien chef d’Etat. Elle le revendique elle-même : il faut agir vite, et fort, comme il l’a fait. Ne pas prendre le risque de l’enlisement. "Si on ne fait rien dans les premiers jours où l’on arrive au pouvoir, on est morts", avance même un de ses conseillers. Voici Marine Le Pen qui passe de "gaullienne" à mitterrandienne.
Alors que le RN est au plus haut dans les sondages, la question de la projection se pose plus que jamais. D'éternel opposant, il faut devenir potentiel parti de gouvernement. Cela implique de renoncer aux louvoiements programmatiques, aux tâtonnements de ligne et aux errements idéologiques. La question aujourd'hui est de savoir quelle histoire le parti d’extrême droite va raconter. Projection sur deux quinquennats
"Si les gens ne votent pas pour nous, c’est aussi parce qu’ils n’arrivent pas à se projeter sur ce que nous ferons, il est essentiel de leur donner une ligne claire", préconise Renaud Labaye, bras droit de Marine Le Pen à l’Assemblée. En 2022, dans sa profession de...
-
15/07 - Enquête sur "Rendez-vous avec X" : la vérité sur le faux espion de France Inter
Rendez-vous chez Monsieur X, ce samedi 18 avril. Salon ensoleillé d’un joli appartement du XVe arrondissement de Paris, les livres de X partout, ses affaires ici et là, comme les cailloux du Petit Poucet, même ce chapeau feutre qu’il portait lors de la dernière de son émission sur France Inter, le 20 juin 2015. Mais lui demeure inaccessible. On l’entend tousser d’une pièce voisine, mais on ne le voit pas ; une dernière fois, l’image de l’inconnu le plus célèbre de la radio française se dérobe. Gravement malade, il n’a plus la faculté de se raconter. Pas sûr qu’il l’aurait particulièrement souhaité, d’ailleurs.
>> Cette enquête est à écouter dans Nid d'espions, le podcast de L'Express consacré au renseignement, disponible sur Apple Podcasts, Spotify, Deezer, Podcast Addict, CastBox ou en cliquant sur le player en tête de cet article
Dans le séjour baigné de lumière, son épouse et son fils, mi-intrigués, mi-inquiets qu’on veuille percer ce secret de trente ans, racontent un homme doux et taiseux, un anti-Bel Ami indifférent aux honneurs. "Quand la fleuriste ou le caissier entendaient sa voix et s’écriaient : 'Mais vous êtes Monsieur X', il souriait simplement. Il disait : 'C’est possible'", se souvient Gaëlle. Pour un peu, il se serait éclipsé sans rien dire, en seigneur de l’ombre, son plus grand rôle aurait fait l’objet de quelques mots lors de ses funérailles, et puis voilà, fin de l’histoire. Jacques Dumontier a pourtant eu une vie de roman. Mais n’allons pas...
-
15/07 - Refuges climatiques : pourquoi la France devrait s’inspirer de l’Espagne
Le bâtiment n’ouvre habituellement ses portes au public que deux fois dans l’année. La première en septembre pour les journées européennes du patrimoine. La seconde un mois plus tard, à l’occasion des journées nationales de l’architecture. Mais face aux épisodes caniculaires persistants, le Parti communiste (PCF) a permis à qui le voulait de se réfugier, le week-end dernier, dans son siège climatisé du 19e arrondissement parisien. Plusieurs milliers de personnes ont ainsi profité d’un moment au frais sous la coupole blanche imaginé par l’architecte brésilien Oscar Niemeyer. Qui a dit que les monuments historiques ne pouvaient pas se transformer en îlots de fraîcheur ?
Le pays vit sa troisième vague de chaleur de l’été et nous sommes à peine à la mi-juillet. Une situation historique. Pour échapper à des logements rendus étouffants, de nombreux Français recherchent les espaces pouvant leur accorder un bref répit thermique : piscines, musées, centres commerciaux ou cinémas. Mais il n’est pas toujours aisé de trouver une oasis de fraîcheur ouverte et gratuite à proximité de chez soi. En dehors du recensement effectué par certaines agglomérations ici ou là, ou d’initiatives privées, leur accès au grand public demeure encore trop peu structuré. Tout le contraire de l’Espagne voisine, en pointe sur la question, et dont le modèle pourrait inspirer la France.
Au sud des Pyrénées, l’Etat et les collectivités ont mis en place dans la plupart des grandes villes un réseau de "refuges...
-
15/07 - Appel au démantèlement : Marco Rubio repart à l’offensive contre la Cour pénale internationale
L’administration Trump franchit un nouveau cap dans son affrontement avec la juridiction de La Haye. Dans une tribune datée du 13 juillet publiée dans le Wall Street Journal, le secrétaire d’Etat américain et bras droit de Donald Trump, Marco Rubio, a appelé à "démanteler" la Cour pénale internationale. Son argument principal : celle-ci menace la souveraineté des Etats-Unis. Selon la chaîne CNN, Washington prépare une campagne diplomatique pour pousser ses partenaires à prendre leurs distances avec la Cour, sous la menace de sanctions, de restrictions de visas ou d'autres mesures de rétorsion.
"À l’heure où nous parlons, la CPI et ses alliés mènent une guerre contre notre pays", a dénoncé le secrétaire d'Etat dans une vidéo postée sur X. "Non pas à coups de balles et de missiles, mais au moyen de statuts, de traités et à la force du droit international". La campagne de Washington "mobilisera l’ensemble de l’appareil gouvernemental, a-t-il dit, pour paralyser systématiquement la capacité de la CPI à opérer, à cibler des militaires ou des responsables américains".Deux enquêtes qui effraient Washington
Cette offensive repose sur l'idée que la CPI pourrait, à terme, viser des citoyens américains — militaires, responsables politiques ou agents de la police aux frontières — pour des faits commis à l'étranger, dès lors que ces actes auraient eu lieu sur le territoire d'un Etat partie au Statut de Rome. À travers cette lecture, Washington présente la CPI comme une menace...
-
15/07 - Angleterre-Argentine : quand la guerre des Malouines s’invite sur le terrain de foot
Le match entre l'Angleterre et l'Argentine qui se disputera ce mercredi 15 juillet, à 21 heures à Atlanta, s'annonce sous haute tension. Et pas seulement parce que l'enjeu est de rejoindre en finale l'Espagne, qui a disposé la veille des Français un jour de fête nationale. Mais aussi car cette rencontre risque de réveiller une rancœur vieille de 44 ans. Au centre de celle-ci : les Malouines, un territoire britannique d’outre-mer.
Depuis toujours, l'Argentine revendique la souveraineté de ces îles de l'Atlantique Sud, qui abritent quelque 3 600 habitants et un million de manchots. En 1982, les troupes de Buenos Aires ont débarqué sur l'archipel. Une offensive qui s'est soldée par deux mois d'affrontements sanglants, coûtant la vie à 649 militaires argentins et 255 Britanniques. Aujourd'hui, le traumatisme est toujours profond en Argentine et le symbole fédère.
Comme vous le racontait L'Express il y a quelques jours, les Malouines sont partout dans le pays d'Amérique du Sud : imprimées sur les billets de banque, tatouées sur les corps, et bien sûr, présentes sur les cartes officielles du pays... Et qui dit partout, dit aussi dans le foot, partie intégrante de la culture argentine. L'archipel n'a été oublié ni par les supporters, ni par les joueurs de l'Albiceleste. Quatre ans après la guerre, en 1986, la légende argentine du football, Diego Maradona, décrivait son célèbre but mis de la main comme "une revanche symbolique contre les Anglais".
Preuve que les blessures sont...
-
15/07 - Banque de France, Cour des comptes : le jeu dangereux d’Emmanuel Macron
Au cours des derniers mois, le gouvernement a renouvelé les postes de direction de plusieurs institutions économiques majeures, profitant de l’occasion – ou, parfois, la provoquant délibérément – pour installer à ces places des profils centristes, largement alignés avec les opinions économiques et les choix de l’administration actuelle.
La nomination de proches du pouvoir à ces postes prestigieux s’inscrit dans une longue tradition, certes discutable, de "recasage" des lieutenants à l'approche d’une fin de mandat, en forme de reconnaissance pour services rendus. Elle pose pourtant des questions d’autant plus profondes que les sondages suggèrent une probabilité élevée d'accès au pouvoir en 2027 de partis "anti-système", comme LFI ou le RN, qui rêvent souvent de bouleverser le rôle de certaines de ces institutions, et qui risquent de se heurter à la réticence, voire à la résistance, de leurs dirigeants fraîchement installés.
Ainsi, après la démission de François Villeroy de Galhau, le rôle prestigieux de gouverneur de la Banque de France (et, par conséquent, de représentant de la France au conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne) a-t-il échu à Emmanuel Moulin, brillant haut fonctionnaire et spécialiste reconnu des questions économiques, mais aussi proche conseiller d’Emmanuel Macron et ancien secrétaire général de l'Elysée, dont on sait que les opinions sur la monnaie unique et l'intégration européenne ont peu en commun avec celles de Marine Le Pen ou de...
-
15/07 - Guerre en Ukraine : la Bulgarie claque la porte de la Coalition des volontaires
La Coalition des volontaires perd l'un de ses 37 membres. Mardi 14 juillet, le nouveau Premier ministre bulgare Rumen Radev a annoncé que son pays se retirait de cette alliance, créée pour soutenir l'Ukraine dans sa guerre contre la Russie, et principalement composée de pays européens. S'adressant aux journalistes depuis Paris, Rumen Radev a déclaré qu'Emmanuel Macron l'avait personnellement invité à continuer à participer à l'alliance, mais a insisté sur le fait que ce n'était pas "la place de la Bulgarie". Le tout, alors que les gardes bulgares défilaient aux côtés des forces armées européennes à l’occasion de la parade militaire du 14 juillet organisée comme une démonstration de force par le président français.
Ce revirement est peu étonnant : Rumen Radev, ancien président bulgare, de retour au pouvoir comme Premier ministre depuis avril après sa victoire aux élections législatives anticipées, affiche un positionnement ambivalent à l'égard de la Russie, plaidant le dialogue avec Vladimir Poutine plutôt que le soutien militaire à l'Ukraine. C'est son prédécesseur, le Premier ministre Rossen Jeliazkov, issu du parti pro-européen GERB, qui avait décidé de rejoindre la coalition des volontaires au moment de sa création en 2025.
Le 9 juin, après l'élection de Rumen Radev, le nouveau ministre de la Défense Dimitar Stoyanov avait déjà annoncé que la Bulgarie cesserait de fournir des armes à l'Ukraine, avant de préciser le lendemain que les ventes commerciales d'armes se...
-
15/07 - Moyen-Orient : le retour du blocus américain relance la bataille pour le contrôle du détroit d’Ormuz
À 22 heures heure de Paris mardi 14 juillet, les États-Unis ont officiellement rétabli le blocus des ports iraniens. Cette décision, annoncée la veille par Donald Trump, a été mise en œuvre par le Commandement central américain (CentCom), qui a indiqué que ses forces "feront respecter le blocus visant les navires à destination ou en provenance des ports et des zones côtières iraniens". Quelques heures plus tard, le CentCom a lancé un avertissement sur X, indiquant que "plus de 20 navires de guerre de la marine américaine et des centaines d'avions militaires" étaient actuellement déployés au Moyen-Orient, et assurant que les forces américaines restaient "vigilantes, létales et prêtes".
Les États-Unis avaient déjà instauré ce blocus à la mi-avril avant de le lever à la mi-juin, au lendemain de la signature d'un accord intérimaire prévoyant 60 jours de négociations sur le programme nucléaire iranien. Mais les discussions sont désormais dans l'impasse et les combats autour du détroit d'Ormuz ont repris, faisant voler en éclat le cessez-le-feu conclu le 17 juin.Répétition du cycle de tensions
C’est la répétition d’un cycle d’hostilités dont on connaît désormais les étapes. Quarante-huit heures auparavant, Téhéran avait annoncé la fermeture du détroit d'Ormuz après la reprise des hostilités, déclenchée la semaine dernière par l'attaque d'un navire dans cette voie maritime stratégique. Ce mercredi matin, les Gardiens de la révolution ont affirmé que le détroit resterait fermé...
-
15/07 - Les mairies RN, un avant-goût de ce qui attend la France en cas de victoire de Marine Le Pen
Marine Le Pen ne s’est pas trompée : le 7 juillet, la décision de la cour d’appel de Paris dans l’affaire des assistants du Front national au Parlement européen a, contre toute attente, marqué la "renaissance" de sa candidature à l’Elysée. Elle a beau avoir été reconnue coupable de détournement de fonds publics et condamnée à de la prison ferme et quarante-cinq mois d’inéligibilité, ainsi qu’à une amende de 100 000 euros, elle a pris un double pari : que le temps de la justice - et de son pourvoi en cassation - n’entraverait pas sa course à la magistrature suprême, et surtout que les Français, dans leur colère face aux élites, continueraient à lui faire confiance.
Les premiers sondages semblent lui donner raison : passant outre sa condamnation, nos concitoyens sont prêts à la propulser à l’Elysée. Un avertissement pour Edouard Philippe et consorts, enfermés dans leur rivalité émolliente.Festival annulé, locaux retirés aux syndicats...
Marine Le Pen dispose d’un argument clé pour gagner : les Français n’ont jamais essayé le Rassemblement national. Mais est-ce si vrai ? Depuis le printemps, son mouvement est désormais à la tête de très nombreuses villes. Or en dépit de la quête de la respectabilité voulue par Paris, des dérapages éclatent régulièrement, au nom de l’idéologie ou de la revanche. Carpentras constitue à cet égard un bon exemple.
Dans la deuxième ville du Vaucluse, le nouveau maire RN, Hervé de Lépinau, vient d’annuler un contrat pour reconstruire une grande...
-
15/07 - Un maître espion allemand à Paris, des plongeurs démineurs en eau très profonde
La CIA noyaute l’entourage du président vénézuélien,le Mossad israélien piège les bipeurs du Hezbollah,les espions de Poutine payent des petites mains pour dessiner des étoiles de David dans Paris… Si vous ne vous intéressez pas au monde de la défense et de l’espionnage, c’est lui qui s’intéressera à vous. Retrouvez, chaque semaine, notre sélection d'indiscrets exclusifs en France... et notre revue de presse des nouvelles les plus saillantes en Europe.La virée parisienne du coordinateur du renseignement allemand
Philipp Wolff, le coordinateur des services fédéraux de renseignement allemands, était de passage à Paris les 7 et 8 juillet pour intervenir à La Sorbonne, à l’Institut français des relations internationales (Ifri), et rencontrer des représentants des autorités françaises. Face à la recrudescence des cyberattaques venues de Russie, les services de renseignement français et allemands envisagent de muscler leur coopération, notamment sur le volet offensif, afin de mieux répondre à ces intrusions. Le service de renseignement extérieur allemand, le BND, se prépare à une grande réforme pour gagner en efficacité.Begoña Gomez bloquée en Espagne
Un juge espagnol a empêché l’épouse du Premier ministre Pedro Sanchez de l’accompagner au sommet de l’Otan à Ankara. Begoña Gomez avait avancé des impératifs diplomatiques pour qu’une exception soit faite à l’interdiction qui la frappe de se rendre à l’étranger, dans l’attente de son procès pour corruption. Le juge a estimé que...
-
15/07 - Six-Seven, le vide devient viral, par Christophe Donner
Ça y est, ça recommence : "Un spectre hante l’Europe", mais ce n’est pas le communisme de Karl Marx, et ça n’est pas seulement l’Europe, mais le monde entier. L’affaire Six-Seven bat son plein. Roue de secours des chroniqueurs de juillet, terrassés par la chaleur, à commencer par votre serviteur accablé par La Chaleur, le film de Stéphane Demoustier, réalisateur de l’excellent Inconnu de la Grande arche, sorti l’année dernière.
Il y a des producteurs qui savent prendre des risques : investir dans un film dont le héros, en l’occurrence Marouane (Hadrien Hussein), est un ado sans charme, plus mou que taciturne, plus bête que ses pieds, et surtout pas drôle du tout, ça n’est plus un pari risqué, c’est une partie de roulette russe avec un barillet intégralement chargé. Ils n’avaient pas besoin d’en rajouter en affublant leur anti-héros d’un sac-banane, ben si, et Marouane, cette banane, pendant toute la durée du film. Il faut dire que c’est l’arme du crime.
Pas vraiment attiré par les filles du camping, Marouane ne l’est pas non plus par les garçons. Ce n’est pas pour cette raison qu’il bouscule Oscar (Noé Houssard), l’ado populaire du camping, un peu voyou mais piètre bagarreur : en essayant d’arracher le sac-banane de Marouane pour lui piquer ses préservatifs, le bel Oscar bascule dans le vide et se tue. Pas fute-fute, Marouane dissimule le corps sous le sable de la plage (il n’est pas au courant pour les marées ?)
Après ce coup de malchance, Marouane continue de faire...
-
15/07 - Bosphore - Dardanelles : les détroits turcs, ce double verrou stratégique face à la Russie
La crise d'Ormuz l'a bien montré, les détroits jouent un rôle vital dans le commerce mondial. De Malacca à Béring, en passant par le Bosphore, L'Express vous invite à un voyage dans ces lieux emblématiques, où se joue l'avenir du monde.
> Retrouvez ici l'épisode 1 de notre série d'été, consacré au détroit de Taïwan
Sur la rive européenne du Bosphore, le soleil couchant embrase les minarets de la mosquée d'Ortaköy. Construite au XIXe siècle en pleine guerre de Crimée, quand Français et Britanniques combattaient aux côtés des Ottomans contre l'expansion russe, elle semble littéralement flotter sur les eaux. Alors que résonne l’appel à la prière du soir, les touristes - principalement Américains, Russes, pays du Golfe, Caucase - s'installent aux terrasses des cafés environnants dans ce quartier bohème de la mégapole turque, où les loyers des appartements avec vue sur le détroit ont triplé ces dernières années. En cause : une hyperinflation - à 32,1 % sur l'année - et une monnaie en pleine dépréciation, dont le pays n'arrive pas à se dépêtrer. Les détroits turcs face à la guerre en Ukraine
Ali, Iranien en vacances, déguste une kumpir, ces fameuses pommes de terre farcies, dont les effluves l’éloignent un peu de son quotidien percuté par 40 jours de guerre, de l’autre côté de la frontière turque : "Cet endroit est magnifique. Cela fait du bien de souffler car chez nous, c’est le chaos".
Scindant littéralement la ville et ses sept collines en deux, le détroit du...
-
14/07 - Alice C. Hill : "Le duel entre la Chine et les Etats-Unis pourrait se jouer sur le climat"
Alors que la France vient de connaître son deuxième épisode caniculaire de l’été, la spécialiste des risques liés au changement climatique, Alice C. Hill, prévient : il va falloir s’habituer. Dans les prochaines années, la multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes - canicules, feux de forêt, ouragans, inondations, glissements de terrain – semble inévitable. Pour cette experte au Council on Foreign Relations, l’affrontement entre la Chine et les Etats-Unis pourrait même se jouer sur leur capacité à s’adapter à cette nouvelle donne climatique. Or, dans ce domaine, Pékin dispose selon elle d’une longueur d’avance, facilitée par son régime autoritaire et l’inaction de l’administration Trump. Entretien.
L'Express : Quels sont les principaux risques associés aux effets du changement climatique ?
Alice C. Hill : Nous allons assister à une multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes : les périodes prolongées de températures exceptionnellement élevées durent plus longtemps et battent régulièrement de nouveaux records, les tempêtes gagnent en intensité, etc. Aux Etats-Unis par exemple, la côte est et les Etats du golfe du Mexique sont particulièrement exposés aux ouragans, qui déversent davantage de pluie qu’auparavant, car une atmosphère plus chaude retient plus d’humidité. En Chine, les typhons provoquent des inondations massives.
Les répercussions économiques des événements climatiques extrêmes sont immenses.
On pourrait aussi parler des feux de forêt,...
-
14/07 - Attaque iranienne au Koweït : des soldats américains accusent leurs généraux d’avoir ignoré les alertes
Quatre mois après l'attaque iranienne contre une base militaire américaine au Koweït, qui avait coûté la vie à six soldats et blessé des dizaines d'autres à Port Shuaiba, l'événement continue de susciter de vives tensions au sein de l'armée américaine. Dix-sept militaires ainsi que des personnes au fait de l'enquête interne accusent le commandement d'avoir ignoré des avertissements sur la sécurité de la base et d'avoir commis une série de manquements pendant et après l'attaque iranienne arrivée le 1er mars, révèle le Washington Post.
Cette frappe de drone Shahed, survenue au deuxième jour de la guerre entre les États-Unis et l'Iran, a constitué l'une des pertes les plus importantes subies par Washington pendant le conflit. A l'époque, elle avait déjà alimenté les critiques contre la décision du président Donald Trump d'engager les troupes américaines dans la guerre.Des avertissements ignorés
Dans les semaines précédant le conflit, le Pentagone avait choisi de disperser ses effectifs hors de ses grandes bases régionales, afin d'éviter qu'ils ne soient une cible trop importante pour l'Iran. C'est dans ce contexte qu'une partie du 103e commandement de soutien expéditionnaire, d'habitude situé dans le camp d'Arifjan, a été transférée vers Port Shuaiba, à une trentaine de minutes. Mais plusieurs membres de cette unité, chargée d'assurer la logistique de milliers de soldats au Moyen-Orient, affirment que le site présentait de graves défaillances. Dès les premières...
-
14/07 - Marie-Pierre Rey : "Poutine renoue avec le rêve impérial et l’imaginaire stratégique de Catherine II"
Ni russe, ni Romanov, Catherine II a régné de 1762 à 1796. En trente-quatre années, elle augmentera le territoire de la Russie de 500 000 km2, presque la surface de la France, en s'emparant notamment de la Crimée et d'une partie de l'Ukraine actuelle. Ouverte aux idées des Lumières, elle poursuivit l'européanisation de son pays lancée par Pierre le Grand, tout en renforçant son pouvoir absolu. Professeur émérite à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne, Marie-Pierre Rey a publié La Russie face à l’Europe : d’Ivan le Terrible à Vladimir Poutine (Flammarion). Pour la série du podcast de L'Express Les temps sauvages sur les grands stratèges de l'Histoire, elle décrypte la place de l'Europe dans l'interrogation identitaire russe sous Catherine II. Un épisode à écouter en podcast sur Apple Podcasts, Spotify, Deezer, Castbox, Podcast Addict ou en cliquant sur le player en tête de l'article.
L’Express : Quelle est l’image de Catherine II dans la Russie actuelle ?
Marie-Pierre Rey : Elle est extrêmement positive. Non pas, évidemment, parce que Vladimir Poutine admirerait chez Catherine son ouverture à l’Europe ou sa fascination pour les Lumières, mais parce qu’elle est la souveraine qui a considérablement agrandi l’Empire russe. C’est elle qui annexe la Crimée en 1783, qui fonde des villes devenues stratégiques et qui étend le territoire russe aux dépens de l’Empire ottoman, en s’emparant également d’une partie de l’Ukraine actuelle. C’est avant tout pour cette dimension...
-
14/07 - Hauts fonctionnaires : le grand défi du RN en cas d’arrivée à l’Elysée
La problématique n’est pas nouvelle. Depuis sa création, le Rassemblement national a toujours eu un sujet de ressources humaines, et peu de relais dans les réseaux du corps de l’Etat. La question se pose d’autant plus aujourd’hui, alors que le parti d’extrême droite est en capacité de remporter l’élection présidentielle. Si Marine Le Pen accédait au pouvoir, le fonctionnement de l’Etat ne s’enrayerait-il pas ?
Depuis des années, le RN tente de brandir des profils de hauts fonctionnaires issus de ses rangs. De montrer que ses équipes se sont étoffées, que les grands commis de l’Etat ne lui sont plus si hostiles. Le cercle des Horace, par exemple, ces conseillers de l’ombre de Marine Le Pen, chapeautés par André Rougé qui réunit des magistrats, des diplomates, et autres administrateurs de l’Etat. Sauf qu’en interne, on décrit plutôt des personnes en fin de carrière, un brin placardisés, et peu susceptibles de revêtir des fonctions d’importance. Une démission en masse des hauts fonctionnaires ?
Un nouveau personnage a récemment pris le relais pour étoffer les réseaux du parti. Ambroise de Rancourt, le directeur de cabinet de Marine Le Pen. Enarque, bien inséré dans ces milieux traditionnellement défavorables aux lepénistes, il a reçu pour mission de chapeauter différents groupes, composés de beaucoup de hauts fonctionnaires, justement, pour composer le programme du RN, et préparer au mieux son éventuelle arrivée au pouvoir.
Car une inquiétude pèse sur le parti :...
-
14/07 - L’Ukraine et neuf pays européens annoncent la création d’un système de défense antimissiles commun
Neuf pays européens ainsi que l'Ukraine ont annoncé, lundi 13 juillet, la création d'une "coalition purement défensive" destinée à développer conjointement un nouveau système européen de défense contre les missiles balistiques. L'initiative a été dévoilée à l'issue d'une réunion de la "Coalition des volontaires" à Paris, dans un communiqué relayé par l'Elysée.
"Conscients de la menace croissante posée par les missiles balistiques et de l'importance des capacités de défense pour la sécurité du continent européen", les dix pays signataires s'engagent à bâtir une architecture commune de défense grâce à "un effort collectif, l'ouverture technologique et la coopération industrielle". "Cette action n'est orientée contre aucun peuple, mais en défense du nôtre", souligne encore la déclaration, signée par le Danemark, la France, l'Allemagne, l'Italie, les Pays-Bas, la Norvège, l'Espagne, la Suède, l'Ukraine et le Royaume-Uni.
"Nous sommes convaincus que la protection de l'Europe passe par une solution globale, sous la forme d'une architecture intégrée de défense antimissile, destinée à dissuader et à neutraliser les futures menaces de missiles", précise le texte. Cette future architecture viendra compléter les systèmes de défense contre les missiles balistiques déjà existants ou en cours d'acquisition dans les pays participants.Intensification des frappes russes
Cette initiative intervient alors que la Russie intensifie ses frappes aériennes contre l'Ukraine. En difficulté pour...
-
14/07 - Le choc démographique va transformer l’Europe : les pistes de la Commission pour y faire face
La bascule démographique de l’Union européenne est programmée pour 2029. Cette année-là, la population du Vieux Continent va commencer à décroître inexorablement. Ce sera la première fois depuis la préhistoire, hors épidémie ou guerre. Dans un rapport consacré à ce bouleversement publié ce mardi 14 juillet, la Commission européenne estime vain de vouloir renverser la tendance mais nécessaire, en revanche, d’adapter les politiques publiques à l’impact considérable que la nouvelle réalité aura sur le potentiel de croissance économique mais aussi sur le marché du travail, la santé, le logement ou encore les finances publiques des Etats membres.
Aujourd’hui de 450,6 millions - presque 100 millions de plus qu’en 1960 - la population des Vingt-Sept va atteindre son pic historique à 453 millions dans trois ans. Elle entamera alors une lente décrue pour revenir à 445 millions en 2050 puis passer sous la barre des 400 millions à l’horizon 2100, indique le document intitulé "La transformation démographique de l’UE".
La diminution s’accompagne de changements structurels qui remodèlent l’Europe en profondeur. La part des plus de 65 ans va plus que doubler : d’un Européen sur cinq aujourd’hui, elle sera d’un sur trois à la fin du siècle. L’âge médian va passer de 44,9 ans en 2025 à 51,5 ans en 2100. L’espérance de vie à la naissance va s’allonger à plus de 90 ans pour les femmes et au moins 86 ans pour les hommes à la fin du siècle, contre respectivement 84,1 ans et 78,9 ans...
-
14/07 - "On en arrive parfois à la détestation" : quand les conflits au travail prennent une tournure personnelle
La bonne entente comme les conflits font partie des relations humaines, même si l’éducation et le collectif agissent comme des amortisseurs en mettant des barrières aux sentiments trop visibles dans un contexte professionnel. Pourtant, il arrive que d’un simple conflit au travail entre deux personnes, un service tout entier se retrouve "en guerre" avec un autre service, que des salariés soient sommés de "choisir leur camp" lorsque deux chefs ou deux collègues sont en rivalité. Le harcèlement, qui est un point de non-retour, est parfois aussi la conséquence d’un différend qui n’a pas été traité à temps.
"Le conflit est potentiellement une guerre de pouvoir", décrit Nicole Engerran, ingénieure des Mines et dirigeante du cabinet de recrutement et de management de transition Comingblue, régulièrement contactée par les entreprises confrontées à ces situations. "Le risque pour l’entreprise est particulièrement important quand les jeunes diplômés sont pris malgré eux dans cette tourmente et se demandent ce qu’ils font là", explique-t-elle. Pour ceux qui subissent un différend sans vouloir y prendre part, "il ne faut pas minimiser le risque de démotivation qui peut conduire au départ." Mais alors, comment un simple différend dans l'open space peut-il dégénérer ? "L’incapacité à trouver les mots"
"Très souvent, un conflit devient interpersonnel alors qu’il était, à l’origine, de nature professionnelle", analyse Aurore Blaschek, psychologue du travail et salariée du cabinet...
-
14/07 - En Hongrie, le Parlement adopte une loi pour destituer le président, dernière pièce du système Orban
L'heure de la fin du système Orban a-t-elle sonné en Hongrie ? Le Parlement hongrois a approuvé, lundi 13 juillet, un amendement constitutionnel proposé par le nouveau gouvernement de Peter Magyar, afin de démettre de ses fonctions le président Tamas Sulyok, qualifié de "marionnette" de l'ancien Premier ministre Viktor Orban par la nouvelle majorité au pouvoir. Avec ce vote, "nous avons achevé la réforme constitutionnelle du régime Orban", s’est félicité le nouveau Premier ministre à l'issue de la session parlementaire.
Elu aux législatives d'avril à une large majorité, Peter Magyar, un conservateur pro-européen, a mis fin aux 16 années de pouvoir du nationaliste Viktor Orban, proche du régime de Vladimir Poutine en Russie. Depuis lors, la nouvelle majorité s'est empressée de mettre en place une série de réformes pour démanteler le système de pouvoir mis en place par Viktor Orban. La semaine dernière, le gouvernement engageait par exemple une série de mesures visant à refonder les médias publics.
C'est désormais à la figure présidentielle que Peter Magyar et son parti Tisza s'attaquent. Bien que le président hongrois dispose de pouvoirs limités pour opposer son veto aux lois, il reste néanmoins une figure importante du paysage politique. "Ce serait une trahison envers la nation hongroise de ne pas toucher à cette constitution", a déclaré Peter Magyar au Parlement, quelques heures avant le vote."Grave perte de confiance"
Ce dernier dispose d'une supermajorité au...
-
14/07 - A l’ère du GPS, les Français nostalgiques de la carte routière
Qu’a-t-on créé de plus beau que la carte routière Michelin au 200 000e avec son pliage en accordéon ? Forêts en aplat vert, cours d’eau en bleu, routes principales en rouge, secondaires, locales en blanc… Les cartographes, ces artistes, ont tracé nos envies d’évasion. S’y plonger, c'est ouvrir la boîte aux souvenirs : un pique-nique, une halte dans une auberge… Et même des disputes conjugales. Le "Mais bon sang, tu ne sais pas lire une carte ?" paternel résonne encore dans certaines oreilles.
"Pour les Français, c’est le conservatoire géographique d’une longue histoire", résume joliment le journaliste Jean-Claude Raspiengeas qui consacre à ces trésors de connaissance un livre aussi érudit que sentimental : "La France à la carte". Si vous ne jurez que par le GPS, passez votre chemin. "L’écran ne dévoile le pur présent du trajet", résume-t-il. A l’ère du "mapping" et de la géolocalisation, l’automobiliste a "abdiqué le pouvoir de son imaginaire". Il n’a plus qu’une obsession : aller le plus vite possible d’un point à un autre. L'usage de la route devient purement utilitaire. Se perdre est un art que les cartes permettaient de cultiver.
Ce sont ceux qui les conçoivent qui en parlent le mieux. "Devant une d’elles, je ne vois pas juste une information", confie Philippe Sablayrolles, directeur de la cartographie chez Michelin. Le liseré vert qui signale les routes pittoresques le fascine. Il s’est battu pour que l’application Michelin les conserve. "Les distinguer, regarder...
-
14/07 - De la "révolution" à l’impuissance : comment Emmanuel Macron a nourri l’idée que le politique ne pouvait plus rien
Au crépuscule de son règne, force est de constater que la révolution esquissée par le sémillant Emmanuel Macron dans son ouvrage inchoatif, publié quelques jours après l'annonce de sa première candidature à la fonction suprême, n'est pas advenue. Pas plus d'ailleurs que ses kilos de promesses de changement qui avaient eu les Français. Non, neuf ans après son élection, la France qu'il leur avait promise n'est pas ; et ils s'en rendent bien compte, comme en témoigne la troisième édition des 100 mots qui font la France, publiée par l'institut Elabe.
Pour "celles et ceux" qui n’en connaîtraient pas le principe, l’étude soumet à un échantillon représentatif de Français une centaine de mots, auxquels chacun doit attribuer une note de 1 à 10 selon deux critères : l’image, positive ou négative, qu’il associe à ce mot, et la mesure dans laquelle celui-ci correspond, à ses yeux, à la France d’aujourd’hui. Et ce qui en ressort, c'est que les mots — ou les maux, que le chantre du "en-même-temps" avait promis de conjurer - reflètent aujourd'hui un peu plus qu'hier l'image qu'ils ont du pays.
Si quand on leur dit "France", les Français pensent évidemment à "nucléaire", "Tour de France", "Marseillaise", ils voient également, à l'intérieur de l'Hexagone, “dette”, "crise", ou encore "taxes" — notons que ce dernier arrive en tête des substantifs qu'ils associent le plus à leur pays, alors même qu'Emmanuel Macron avait fait de la baisse des impôts un axe central de son programme. À...
-
14/07 - Ce que révèle la thérapie du couple franco-allemand, par Catherine Fieschi
Lors d’une récente réunion à Berlin, la scène a pris soudain un tour presque cinématographique. Une représentante allemande s’est levée, la mine peinée, le ton grave, pour nous faire part de ses inquiétudes sur la France. Il fallait, disait-elle, que les Allemands prennent la mesure de notre fragilité, qu’ils comprennent notre manque de confiance, qu’ils nous aident même, d’une manière ou d’une autre, à la retrouver.
Ces inquiétudes n’étaient pas infondées : dette, instabilité politique, fatigue démocratique ; il y avait de quoi nourrir le diagnostic. Mais la surprise venait d’ailleurs. Non pas du constat lui-même, mais du fait qu’il vienne d’Allemagne. Pays pour lequel, depuis la guerre en Ukraine, nous avons pris l’habitude de nous faire du souci.
Il ne faut pas réécrire l'histoire : la France ne s'est pas toujours inquiétée pour l'Allemagne, loin de là. Elle l'a souvent jalousée, critiquée, soupçonnée de vouloir transformer l'Europe en extension de son ordre économique. Mais depuis l'invasion de l'Ukraine, le modèle allemand (énergie russe bon marché, exportations vers la Chine, défense sous-traitée aux Etats-Unis) a volé en éclats. Pour Paris, découvrir le géant aux pieds d'argile fut un bouleversement presque intime. Et voilà qu’au même moment, l'Allemagne, aux prises avec ses propres démons, s'inquiète pour nous ?
En thérapie de couple on y verrait un double retournement : la France n'a plus devant elle le partenaire parfaitement solide auquel elle pouvait se...
-
14/07 - Le capitalisme, arme secrète de l’Ukraine pour son industrie de défense
L’Ukraine, on le sait, doit son salut en premier lieu au courage de ses soldats, à la résilience de sa population et au talent de ses stratèges. L’assistance fournie par l’Europe, le Canada et - jusqu’à l’an dernier - les Etats-Unis, a joué son rôle. Cependant, un autre facteur explique pourquoi l’Ukraine a réussi à reprendre l’initiative militaire cette année face à un agresseur russe plus puissant, plus riche et supérieur en nombre : le capitalisme libéral.
Depuis l’invasion de février 2022, l’Ukraine a misé sur l’esprit d’entreprise, la libre concurrence et l’innovation, afin de produire les armes nécessaires à sa survie que les Occidentaux lui mégotaient. Les autorités ont assoupli la réglementation, favorisé les investissements privés y compris étrangers et encouragé une collaboration directe entre les entrepreneurs et les brigades déployées sur le front pour mettre au point et tester les innovations.
Des centaines de petites entreprises privées se sont créées dans l’urgence, à l’écart des grands conglomérats publics hérités de l’époque soviétique. "Beaucoup ont été fondées grâce à des dons, à des contributions du grand public via l'Internet ou à de riches investisseurs privés", souligne l’économiste américaine Heidi Crebo-Redike dans une étude pour le cercle de réflexion Council on Foreign Relations. Quatre ans plus tard, un chiffre résume le succès de l’opération : l’Ukraine va produire au moins sept millions de drones de tous types cette année.
Fire Point, la...
-
14/07 - "Le débat sur la climatisation en France me rappelle celui sur les armes à feu" : la sidération d’un journaliste américain
"Je n’ai jamais été aussi heureux de vivre aux Etats-Unis. (...) Pas étonnant que la France joue si bien à la Coupe du monde ! Ils ne veulent pas retourner dans des logements sans climatisation." Ce commentaire un brin taquin d’un internaute américain posté sur X le 28 juin dernier traduit bien l’incompréhension, outre-Atlantique, face à l’aversion française pour la climatisation. Une différence culturelle largement commentée dans la presse américaine ces dernières semaines.
"Des touristes américains et des expatriés, frustrés et ruisselants de sueur, ont passé cette semaine éprouvante à dénoncer en ligne les arguments fragiles avancés par les responsables français contre la climatisation", relatait récemment Alan Wirzbicki, rédacteur en chef adjoint des éditoriaux au Boston Globe, dans un billet intitulé : "Combien de morts faudra-t-il pour que la France change d’avis sur la climatisation ?" Alors qu’un premier bilan, rendu public le 30 juin, chiffrait à 2 025 le nombre de décès liés à la canicule, le journaliste américain, de passage en France lors de la première vague de chaleur, regarde d'un oeil critique certains des arguments avancés par les responsables politiques français opposés à une généralisation de la climatisation. Il estime que ces derniers ont perdu la capacité de parler de manière pragmatique de l’aggravation des épisodes de chaleur, et ont laissé la climatisation devenir un "nouveau front dans les guerres culturelles". Autant d’arguments qui freinent...
-
14/07 - Dix ans après l’attentat de Nice, un assourdissant silence, par Manuel Valls
Dix ans. Le 14 juillet 2016, sur la promenade des Anglais, un camion de 19 tonnes a foncé sur une foule venue admirer le feu d’artifice. Un carnage. Quatre-vingt-six morts, dont quinze enfants et adolescents. Des centaines de blessés à vie, des milliers de traumatisés, une reconstruction physique et psychologique qui n’en finit pas. Un soir de fête nationale devenu un soir de deuil pour tout le pays. J’étais Premier ministre. Je n’ai rien oublié, ni les visages, ni les cris, ni la colère. Et pourtant une question me poursuit. Où est la mémoire de Nice ?
De janvier 2015, nous avons la déflagration mondiale de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher, la prise de conscience de la menace islamiste et de la haine des juifs. "Je suis Charlie" a fait le tour de la planète, et le 11 janvier, près de 4 millions de Français sont descendus dans la rue, des dizaines de chefs d’Etat et de gouvernement marchant à Paris. Du 13 novembre, nous avons des films, des séries, des livres, des pièces de théâtre, un procès filmé pour l’Histoire. De Nice, presque rien. Un hommage national le 15 octobre 2016, en présence du président François Hollande, sur la colline du Château. Un premier anniversaire de l'attentat auquel s’est rendu Emmanuel Macron, au côté de son prédécesseur. Une cérémonie tous les ans sur place. Et deux ou trois documentaires, courageux, qui donnent la parole aux victimes et qui reviennent sur la terrible soirée. Le procès, en 2022, se déroule dans une relative indifférence. Puis...
-
13/07 - Iran : comment Israël a tenté de préparer le retour d’Ahmadinejad au pouvoir
Mahmoud Ahmadinejad ne figurait pas, a priori, parmi les candidats les plus évidents pour conduire un projet israélien en Iran. Lorsqu’il dirigeait le pays, entre 2005 et 2013, il avait accéléré le programme nucléaire, nié la Shoah et fait de la disparition d’Israël un thème récurrent de ses discours. Pourtant, selon une enquête du New York Times, le Mossad aurait passé plusieurs années à préparer son retour au pouvoir.
L’opération aurait commencé par une conférence sur le climat. Début 2024, un haut responsable hongrois demande au recteur de l’université Ludovika, à Budapest, d’organiser un colloque et d’y inviter Ahmadinejad. Le programme officiel porte sur l’environnement ; le véritable objet du déplacement est une série d’échanges avec les services israéliens. Gergely Deli, le recteur, sait que l’invitation risque d’être remarquée. Il accepte néanmoins, convaincu que deux ennemis disposés à se parler méritent au moins qu’on leur fournisse une salle. Il reconnaîtra ensuite avoir servi de "prête-nom". L’université s’est occupée des conférences, pendant que le Mossad avait prévu d’autres rendez-vous. Un ancien président marginal
Pour comprendre l’intérêt israélien, il faut revenir sur le parcours d’Ahmadinejad après son départ de la présidence. Marginalisé par les dirigeants iraniens, écarté à trois reprises de l’élection présidentielle et placé sous une surveillance croissante, l’ancien chef de l’État n’avait pas abandonné toute ambition. Il conservait des soutiens...
-
13/07 - Budget européen : au RN, le pari explosif d’une baisse de la contribution française
Il l’a dit à la mi-juin à Politico : Jordan Bardella veut réduire de moitié la contribution de la France au budget de l’Union européenne (UE) si le RN conquiert l’Elysée en mai 2027. Pour donner un ordre de grandeur, Paris doit verser cette année 28,8 milliards d’euros à l’UE. Deuxième économie de l’Union, la France est le deuxième contributeur en valeur absolue derrière l’Allemagne - sachant que les contributions sont définies selon la richesse nationale.
En supposant que les Vingt-Sept aient conclu d'ici à la présidentielle française un accord sur le prochain budget pluriannuel (2028-2034), ce qui est leur objectif, Marine Le Pen pourrait-elle le remettre en question ? A priori oui. Tout sujet touchant aux recettes de l’UE devant être ratifié par les parlements nationaux, un gouvernement RN pourrait très bien décider de ne pas transmettre le texte aux nouveaux députés. Autre option, ces derniers pourraient le rejeter.
"Mais attention, tout a des conséquences, prévient un diplomate européen. En matière de négociations, la partie qui rouvre un accord est toujours perdante." S’il faut trouver en urgence un nouvel équilibre, les autres Etats membres montreront à coup sûr les dents et chercheront à sabrer dans des postes chers à la France, en premier lieu la PAC, déjà dans le viseur de l’Allemagne. "Il faut s’attendre, aussi, à un impact négatif sur la pêche, l'industrie de défense, et le statut des régions ultrapériphériques [comme les Antilles et la Réunion]", énumère un...
-
13/07 - Comment la France a décidé de reconnaître l’Etat palestinien : les négociations racontées de l’intérieur
En diplomatie, une décision engage souvent tout un pays et peut faire basculer le destin d'une région. Le 22 septembre 2025 à l'ONU, Emmanuel Macron reconnait, au nom de la France, l'Etat de Palestine. Une décision historique, prise en pleine guerre à Gaza, qui a placé notre pays au cœur de l'actualité mondiale et l'a exposé aux critiques de certains alliés.
Cette décision, c'est le président de la République qui la prend. Mais elle est le fruit de mois de réflexions avec ses équipes à l'Elysée et notamment avec sa conseillère Afrique du Nord et Moyen-Orient de l’époque, Anne-Claire Legendre. Diplomate chevronnée, passée par le Yémen, le Koweït ou encore New York, elle apporte toute son expertise d'une région en ébullition à Emmanuel Macron pour l'aider à prendre la meilleure décision possible dans ce dossier explosif. Pour L'Express, la présidente de l'Institut du monde arabe a accepté de revenir sur les coulisses de ce moment diplomatique.
Une interview exclusive issue du podcast Anatomie d'une décision, à écouter sur Apple Podcasts, Spotify, Deezer, Castbox, Podcast Addict ou en cliquant sur le player en tête de cet article.
L'Express : En avril 2025, Emmanuel Macron visite un camp de réfugiés palestiniens en Egypte. Dans l'avion du retour, il annonce aux journalistes qu'il a pris une décision : la France va reconnaître l'Etat palestinien, sans préciser de calendrier. Racontez-nous le jour où le président vous a annoncé, à vous, sa conseillère Moyen-Orient, cette...
-
13/07 - Canicule : 50 degrés en cellule, dans l’enfer des prisons françaises
"C'est horrible", "j’ai l'impression d'être dans une serre tropicale". Au téléphone, Raphaël, détenu dans le Grand Est sous le régime de la semi-liberté, est à bout de nerfs. Depuis la mi-mai, il subit les vagues de chaleur à répétition, enfermé dans sa cellule. 13 mètres carrés qu'il partage avec son codétenu, lequel est cardiaque. Entre ces quatre murs de béton, le mercure a atteint les 36 degrés. Une chaleur étouffante à laquelle s'ajoute l'humidité, qui colle à la peau. Impossible de se rafraîchir grâce à la douche. Sa plomberie, en surchauffe, ne recrache que de l'eau brûlante dont les vapeurs envahissent la petite pièce. En panne, le système de ventilation mécanique est incapable de les évacuer. Son tuyau, mal placé, éructe un flux d'air chaud dans la fournaise. Depuis le début de ces épisodes, le corps de Raphaël s'est couvert de plaques rouges. Une affection cutanée attribuée aux "excès de chaleur, de transpiration et d'humidité", selon un médecin.
Aussi, pendant les matinées qu'il passe hors de la prison, Raphaël doit rivaliser d'inventivité. Il y a d'abord eu les deux ventilateurs qu'il a achetés dans un magasin de bricolage. Inutiles. Leurs hélices ne font que brasser l'air bouillant de la cellule. Puis, le quarantenaire est passé à la pharmacie du coin, acheter quelques couvertures de survie à placarder sur les murs. Rien n'y fait. "Je deviens fou", soupire le détenu. Etablissements inadaptés
Il n'est pas le seul. Près de 90 000 personnes partagent...
-
13/07 - Cyberattaques russes en Europe : la riposte de Paris, Londres et l’UE
Une dizaine de pays européens ont été ciblés par une vague d'attaques informatiques à des fins de sabotage et d’espionnage, venue de Russie. Ce lundi 13 juillet, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot qui a fustigé au micro de BFM TV, une "vaste campagne cyber", a annoncé qu'il convoquera l’ambassadeur de Russie en France "dans les prochains jours".
En plus de la sommation de l’ambassadeur, "nous allons également prendre des sanctions à l’encontre de neuf individus et de quatre entités responsables de cette campagne cyber qui a été orchestrée par le FSB, le Bureau de sécurité, le Service de sécurité fédéral de la Russie", a-t-il poursuivi.
Jean-Noël Barrot a ensuite indiqué que ces cyberattaques avaient notamment visé des ministères, des entreprises, des opérateurs. Leurs objectifs étaient "soit de capter de l’information, soit de saboter le fonctionnement, par exemple, d’infrastructures ferroviaires, comme ça a été le cas en Pologne". Le ministre a tenu à rappeler que la France, qui a "considérablement renforcé [ses] défenses", avait "la capacité de détecter ces attaques". Et d'ajouter : "Nous disposons en matière de lutte contre cette agressivité ou ces agressions hybrides en provenance de la Russie, de l’un des dispositifs les plus aboutis en Europe et dans le monde.""Semer le chaos et la division en Europe"
Dans la foulée, le Royaume-Uni et l'Union européenne ont annoncé ensemble prendre des sanctions contre Moscou. Les deux puissances ont accusé le...
-
13/07 - Les cachotteries des présidentielles - Notre série d’été
-
13/07 - Présidentielle 1988 : la table de François Mitterrand qui fit vaciller Jacques Chirac
Il y a la grande histoire, celle qu’a écrite la Ve République. Et il y a les petites histoires, ces secrets qui n’ont l’air de rien mais qui contribuent souvent de manière décisive aux résultats finaux. L’Express a choisi de raconter, en ce dernier été avant la grande bataille de 2027, ces épisodes méconnus des campagnes passées, de cette table qui ne se retrouve pas par hasard au débat de l’entre-deux-tours entre François Mitterrand et Jacques Chirac en 1988 jusqu’au placard qu’ouvre fortuitement François Hollande pour y faire une drôle de découverte sur Emmanuel Macron...
Ce sont des détails que personne ne voit. La petite histoire rapporte que les pieds des chaises de la délégation américaine, lors des négociations d’armistice de la guerre de Corée à Panmunjom en 1953, furent discrètement sciés, afin de rabaisser les interlocuteurs venus de Washington. A Pékin, en mai dernier, le fauteuil dans lequel est installé Donald Trump parait beaucoup plus bas que celui de Xi Ping, obligeant le président des Etats-Unis à lever les yeux vers le dirigeant chinois.
Des détails, vraiment ? C’est une table qui a joué un grand rôle entre 1986 et 1988. Dans le salon Murat du palais de l’Elysée, un homme se retrouve, pour la première fois depuis le début de la Ve République, face à près de quarante ministres qui lui sont hostiles et ont, pour beaucoup, été généreux en horreurs proférées sur son compte. François Mitterrand, avec Edouard Balladur sur sa droite et André Giraud sur sa...
-
13/07 - Comment le Japon est devenu un nouveau terrain de jeu pour les espions de Vladimir Poutine
Pour continuer la guerre en Ukraine, la Russie avait besoin de semi-conducteurs, d’émetteurs, de machines-outils et de composants électroniques occidentaux. Or, début février 2022, une bonne partie de ces produits lui était interdite. D’autant plus que ses espions avaient été expulsés par centaines des capitales européennes. Il fallait donc trouver un pays doté d’une industrie technologique performante, de circuits commerciaux internationaux et de lois suffisamment peu contraignantes en matière d’espionnage. Selon une enquête du New York Times, Moscou a choisi le Japon.
L’opération aurait été installée dans un endroit relativement classique : le bureau tokyoïte d’Aeroflot, au 22e étage d’une tour du quartier de Toranomon. La compagnie aérienne russe ne dessert pratiquement plus le pays, faute notamment de pouvoir y obtenir les pièces et les services nécessaires à ses avions. Son bureau, lui, aurait conservé une activité. À fortiori, il se trouve à dix minutes à pied du siège de la police nationale japonaise, chargée d’enquêter sur les affaires d’espionnage.
L’homme qui dirigeait le dispositif, Maksim Vladimirovitch Filchenkov, est, officiellement, un homme de 49 ans qui travaille pour Aeroflot. D’après les responsables de quatre services de renseignement occidentaux interrogés par le quotidien américain, il serait en réalité un officier expérimenté du GRU, le renseignement militaire russe. Arrivé à Tokyo en février 2024, il superviserait les activités de la très...
-
13/07 - Mort du sénateur Lindsey Graham : la Russie et l’Iran au cœur de théories complotistes
"La Russie a-t-elle assassiné un sénateur américain ?". C'est la question que pose aux Etats-Unis l'influenceuse d'extrême droite Laura Loomer, ainsi que plusieurs autres personnalités de la sphère Maga, après le décès soudain du républicain Lindsey Graham, samedi 11 juillet. Ce proche de Donald Trump, âgé de 71 ans, prônait un renforcement de l'Otan et du soutien à l'Ukraine, ainsi qu'une ligne dure contre l'Iran. De quoi lever de multiples spéculations sur une éventuelle responsabilité de Moscou ou de Téhéran dans sa mort, bien que ces théories soient jusqu'ici infondées.
Son cabinet avait annoncé sa mort sur le réseau social X ce week-end, précisant qu'il avait souffert "d'une brève et soudaine maladie". Ce lundi 13 juillet, on apprend que Lindsey Graham aurait été victime d'une rupture de l'aorte, selon les conclusions préliminaires du médecin légiste, relayées par l'Associated Press. Un sénateur pro-Ukraine
Mais le diagnostic ne convainc pas les internautes et commentateurs proches du mouvement de Donald Trump. Quelques heures avant son décès, Lindsey Graham revenait d'une visite en Ukraine pour rencontrer le président Volodymyr Zelensky - sa 10e visite depuis le début de l'invasion russe en 2022. Ces dernières semaines, le sénateur, grand partisan de l'Otan et de la coopération transatlantique, avait plaidé pour un renforcement du soutien à Kiev.
Il avait défendu l'idée de fournir des missiles américains Tomahawk à l'Ukraine pour renforcer sa défense aérienne, et...
-
13/07 - En frappant sa flotte fantôme en mer d’Azov, l’Ukraine fait monter la pression sur la Russie
En mer d'Azov, Kiev s'en prend à la flotte fantôme russe. Tout au long du week-end, le chef de l'unité de dronistes ukrainiens, Robert Brovdi, a indiqué que des frappes avaient été menées sur des bateaux moscovites. Dans un message publié sur Telegram ce 13 juillet, le militaire a assuré que "105 navires ont été détruits en 8 jours" par les systèmes sans pilote de l’armée ukrainienne. Et celui qui se fait surnommer "Magyar", d'assurer : "l'opération MoLoChKa se poursuivra jusqu'à ce que la flotte de l'ombre russe soit inscrite sur la liste rouge de la mer d'Azov".
Pour conduire cette offensive, l'Ukraine s'est notamment appuyée sur ses drones navals sans équipage, dont le redoutable et célèbre Sea Baby. Cet engin, moins coûteux et plus difficile à intercepter, est capable de parcourir jusqu’à 1 500 kilomètres avec une charge explosive pouvant atteindre 2 000 kilogrammes.
Ces frappes ukrainiennes ont principalement visé des pétroliers russes. Ces navires, utilisés clandestinement par le Kremlin, sont chargés de transporter le pétrole et le gaz russe en contournant les sanctions occidentales adoptées après l'invasion de l'Ukraine.Le trafic maritime suspendu
Preuve que Moscou semble prendre l'opération au sérieux : ce 10 juillet, le Kremlin a suspendu son trafic maritime dans le détroit de Kertch et le canal de Don-Azov, indique Reuters. Une autre source a toutefois signalé à l'agence de presse que la circulation était restreinte pour des raisons de sécurité, mais pas...
-
13/07 - Marine Le Pen : la probité à deux vitesses, par Jean-François Copé
Aussitôt condamnée, aussitôt candidate et toujours favorite ! La voilà désormais créditée de 36 % au premier tour et donnée gagnante au second. Depuis des années pourtant, on nous explique que les Français se détournent de la politique parce qu’ils ne supporteraient plus le manque de probité de leurs responsables publics. Les chiffres servent d’ordinaire à nourrir cette démonstration : 78 % des Français ne font pas confiance à la politique et 76 % jugent les élus et dirigeants plutôt corrompus. Autant dire que le terrain sur lequel Marine Le Pen vient d’être condamnée aurait dû être particulièrement dévastateur sur le plan politique. D’ailleurs la cour d’appel souligne "la gravité des détournements de fonds" : 2,8 millions d’euros de préjudice sous l’"impulsion déterminante" de Marine Le Pen.
Comment interpréter un tel décalage ? La première explication tient à une profonde - mais hélas classique - inégalité du traitement médiatique entre partis de gouvernement et partis populistes. Depuis des années, et il faut s’en féliciter, l’exigence de probité est absolue pour les premiers ; elle devient soudain plus relative pour les seconds.
Des costumes de François Fillon aux photos de langouste de François de Rugy, du plus sévère au plus cocasse, les exemples de condamnation en place publique avant même que toute décision ne soit prononcée par la justice sont innombrables. Un bûcher médiatique d’ailleurs savamment alimenté par les populistes, Marine Le Pen en tête. Dès 2004,...
-
13/07 - Présidentielle 2027 : les libéraux au défi de se trouver un chef de file
Rarement aura-t-on vu, en France, autant de lecteurs de Frédéric Bastiat et d'Alexis de Tocqueville rassemblés dans une même pièce. Leur point commun ? Tous ont le déficit public et la taxe Zucman en horreur. Certains rêvent même d'importer la tronçonneuse de Javier Milei pour couper dans les dépenses. Le 9 juillet, ils étaient près de 400 adeptes du libéralisme réunis pour la troisième édition de la Journée de la Liberté dans l’amphithéâtre de l’imposante Maison de la Chimie. Sur scène, pour parler retraite par capitalisation ou dénoncer les excès de taxes sur le travail ou le trop-plein de réglementations, entrepreneurs, essayistes et personnalités politiques ont fait chorus.
Une manifestation de plus de la mobilisation des patrons, galvanisés par l’approche de l'élection présidentielle de 2027. La fuite en avant budgétaire, la pression fiscale et le décrochage vis-à-vis de l’Amérique ont nourri ces dernières années un sentiment d'exaspération, favorisant l'émergence d'une myriade de collectifs et d’associations. A l’image de "Trop c’est trop", un groupe de dirigeants qui avait dénoncé, dans les colonnes de L'Express, la dérive fiscale française. Ou encore le mouvement "300 pour la France", qui centralise les propositions des entrepreneurs pour réformer le pays. Dans cette galaxie, gravitent aussi des think tanks - comme l'Institut de recherches économiques et fiscales (Iref) ou Génération Libre - mais aussi la revue Civilisations, récemment lancée pour "réveiller le...
-
13/07 - Le poche de l’été : Luc Dagognet, ou les mystères de Scarborough
Comment avions-nous pu passer à côté de cette curiosité ? Sorti l’année dernière dans la petite maison d’édition Do, réédité en poche récemment, Scarborough bénéficie d’un excellent bouche-à-oreille chez les libraires les plus éclairés. Si vous ne deviez lire qu’un poche pendant vos vacances, laissez-vous tenter par ce roman au charme vintage.Pour les anglophiles
Le héros est un sympathique professeur d’anglais vivant à Rueil qui bascule du jour au lendemain dans un monde kafkaïen. Qui est ce nouvel élève apparu un matin au fond de la classe, William Montrose, qui prétend être là depuis le début de l’année scolaire ? Faut-il croire les journaux, qui rapportent que Michel Sardou a été sauvagement assassiné (on lui a arraché la langue) ? Déboussolé, notre homme écoute en boucle Scarborough Fair (la chanson traditionnelle qui fut magnifiquement reprise par Simon & Garfunkel) et y voit un signe : c’est dans la ville de Scarborough qu’il trouvera une réponse à ses angoisses et délires. Ni une ni deux, il pose un arrêt-maladie et file en Albion.
Entre virées au pub (le grisant Leeds Arms) et découverte de la St Mary’s Church (à côté de laquelle est enterrée Anne Brontë), notre prof hanté mène l’enquête et flirte avec une Anglaise... Que Luc Dagognet, écrivain poétique et intranquille, soit désormais publié en poche chez Christian Bourgois, éditeur historique de Fernando Pessoa, est finalement assez logique – ils ont sur le plan littéraire un air de famille. A quand des...
-
13/07 - Détroit d’Ormuz : le trafic au plus bas alors que les frappes entre les Etats-Unis et l’Iran se poursuivent
Le nombre de navires transitant par le détroit d'Ormuz a atteint dimanche 12 juillet son plus bas niveau depuis plusieurs semaines, selon les données maritimes, alors que la reprise des frappes entre les États-Unis et l'Iran et les attaques contre des navires au Moyen-Orient ont accru les préoccupations en matière de sécurité.
Vendredi déjà, l'agence de sécurité maritime UKMTO, dirigée par la marine britannique, avait signalé que le nombre de traversées avait ralenti à dix, contre 120 par jour environ avant la guerre. Dimanche, six navires seulement ont franchi le détroit dimanche, selon les données de suivi de la plateforme Kpler, soit le nombre le plus bas en cinq semaines. Parmi les pétroliers ayant quitté le détroit figuraient le pétrolier géant Humanity, chargé de 2 millions de barils de pétrole iranien, et le Capetan Andreas, transportant environ 500 000 barils de produits pétroliers koweïtiens, selon les données recueillies. Trois pétroliers vides sont entrés dans le golfe Persique pour se charger de pétrole. La plupart des bateaux ont désactivé leurs transpondeurs lors de la traversée du détroit."L'Iran ne contrôle pas le détroit d’Ormuz"
Dimanche, l'Iran a resserré son étau sur le détroit d'Ormuz, annonçant de nouveau fermer cette voie cruciale pour les livraisons mondiales d'énergie. De facto fermé par Téhéran en réponse à la campagne militaire des Etats-Unis et d'Israël lancée le 28 février, le détroit avait été rouvert pour les navires commerciaux dans le...
-
13/07 - Statut de repenti : les modèles européens qui inspirent la France contre le crime organisé
Accéder aux réseaux criminels depuis l’intérieur, pour mieux les démanteler. Via le nouveau statut de "collaborateur de justice", les autorités françaises souhaitent inciter davantage de criminels "repentis" à témoigner en échange d’une protection ou d’une adaptation de leur peine. Largement inspiré du modèle italien, ce statut - qui existait déjà en France depuis la loi Perben de 2004 - a été entièrement revu et amélioré en avril dernier, afin d’inclure dans le programme des auteurs d’infraction qui n’étaient auparavant pas éligibles, comme ceux coupables de trafic d’armes, de concours à une organisation criminelle ou de meurtre.
La réduction de peine proposée par les juges a également été revue à la hausse, tandis que le "repenti" et sa famille pourront bénéficier d’une protection complète, voire d’un changement d’identité. Selon le ministère de la Justice, une vingtaine de candidats se sont déjà fait connaître en seulement deux mois, soit autant que le précédent programme en vingt ans. Italie : en pointe dans la lutte contre les mafias
Présentant le dispositif le plus abouti, l'Italie fait figure de pays modèle sur la question des "repentis". Dès la fin des années 1970, les autorités réfléchissent à des mesures de protection permettant à des auteurs ou complices d’enlèvements de témoigner. Au fil du temps, le régime de repenti est élargi aux terroristes, puis aux membres de groupes criminels mafieux et à leurs proches en 1991. Au 1er décembre 2024, 3 090 personnes -...
-
13/07 - Arbitrage, tactique : la Coupe du monde 2026, un tournant pour l’IA
Les amateurs de football qui ont assisté à la rencontre s'en souviennent comme si c'était hier. Les supporters allemands ne l'ont jamais digérée. Les Anglais, eux, feignent encore de ne pas comprendre la controverse et continuent de célébrer l'unique victoire en Coupe du monde de leur histoire, acquise le 6 juin 1966, comme si de rien n'était. Soixante ans plus tard, personne n'est en mesure d'affirmer avec certitude que le ballon frappé par l'attaquant des Three Lions, Geoffrey Hurst, a bien franchi la ligne à la 101e minute de jeu. L'arbitre a pourtant validé ce but, entré depuis dans la légende. Au fil des années, des chercheurs ont bien tenté de résoudre cette énigme à l'aide d'analyses scientifiques poussées, sans jamais parvenir à clore définitivement le débat.
Une telle incertitude serait aujourd'hui impossible, depuis la Coupe du monde 2014 au Brésil et l'introduction de la goal-line technology, capable de déterminer en une fraction de seconde si la balle a bel et bien dépassé entièrement la ligne de but. L'une des compétitions sportives les plus suivies de la planète est l'occasion, depuis une dizaine d'années, d'introduire de nouveaux outils technologiques d'aide à l'arbitrage et à la compréhension du jeu.
L'édition 2026, qui se déroule au Mexique, aux Etats-Unis et au Canada, n'y fait pas exception. Elle marque même un nouveau tournant. "C'est la première fois que l'intelligence artificielle est déployée massivement : auparavant, elle n'existait que dans...
-
12/07 - Guerre en Ukraine : Volodymyr Zelensky crée un commandement spécial pour frapper la Russie en profondeur
Volodymyr Zelensky a annoncé vendredi 10 juillet la création d’un nouveau commandement au sein des forces armées ukrainiennes consacré aux frappes à longue portée, afin de pouvoir frapper en profondeur au sein le territoire russe. "J’ai signé aujourd’hui un décret établissant un commandement spécial au sein des forces armées", a déclaré le président ukrainien dans son allocution du soir, précisant que cette structure devait avoir "un impact à long terme et, de fait, global" sur la Russie de Vladimir Poutine. Selon lui, ce commandement devra consacrer "100 % des ressources disponibles" à réduire davantage la capacité de Moscou à poursuivre la guerre.Poursuivre la stratégie d’affaiblissement énergétique
Depuis plusieurs mois, Kiev mène des opérations contre des infrastructures énergétiques et logistiques russes situées loin du front. Cette nouvelle organisation vise donc à centraliser les capacités ukrainiennes de frappe en profondeur pour poursuivre plus agressivement encore cette stratégie. Les drones d’attaque ukrainiens, capables de parcourir des milliers de kilomètres à travers le territoire russe, jouent un rôle majeur dans ces attaques visant notamment le secteur pétrolier, présenté par Kiev comme une source essentielle du financement de l’effort de guerre russe.
Ces opérations ont déjà eu des conséquences sur l’économie russe. Selon l’agence de presse Reuters, la production nationale d’essence a récemment chuté à environ 65 % de ses capacités après une série de...
-
12/07 - Dans l’enfer des bombes et de la paperasse : quand la France sauva son or des nazis
L'invasion de la Pologne par Hitler le 1er septembre 1939, puis Staline le 17 septembre, plonge l’Europe – et bientôt le monde – dans un conflit sanglant. Pris de court par l’avancée irrésistible de la Wehrmacht, les gouvernements des pays vaincus s’efforcent de sauver en urgence ce qui peut l’être : leurs réserves d’or, convoitées par le IIIe Reich pour financer sa colossale machine de guerre. Une chasse au trésor haletante où le sens du devoir de quelques hommes, servis par une bonne dose de chance, a empêché les nazis de faire main basse sur une fortune qui aurait pu changer le cours de l’Histoire.
Dans cette série de L’Express en cinq épisodes, François Valentin, consultant à London Politica, retrace l’incroyable destinée de l’or français, belge et polonais, entre le fracas des bombes et les conciliabules des chancelleries.
Résumé du premier épisode : Juin 1940, les Allemands entrent dans Paris et se ruent au siège de la Banque de France pour mettre la main sur la deuxième plus grande réserve d’or au monde. Mais les lingots sont déjà loin...Fin mai-début juin 1940, Nord de la France
L'exode jette sur les routes et les voies ferrées des millions de réfugiés fuyant l'avancée allemande. Lucien Lamoureux, le ministre des Finances, qui a pris seul la décision d'évacuer les 2 500 tonnes d'or de la Banque de France, cherche depuis la mi-mai les moyens matériels pour faire sortir le magot du pays. Une gageure : l'armée française, qui tente encore de contenir le Blitzkrieg...
-
12/07 - Vague anti-immigration en Afrique du Sud : les raisons de la colère, par Stephen Smith
Le 30 juin a été l’échéance fixée aux immigrés illégaux pour quitter l’Afrique du Sud, avec de lourds sous-entendus sur le "sinon". Ce jour-là, des milliers de manifestants ont marché dans les rues de Johannesburg, du Cap et de Durban, parfois en brandissant des gourdins ou sagaies plus ou moins traditionnels pour appuyer leur demande — "Abahambe !", "qu’ils partent !" en zoulou, la langue la plus parlée dans le pays. Ce n’est pas le gouvernement qui avait fixé cette date butoir, mais il a mis à profit la peur suscitée par une galaxie d’organisations "citoyennes" pour faire partir quelque 25 000 étrangers chassés de chez eux et réfugiés sur la place publique. Il a été aidé en cela — le rêve des polices européennes, en mal d’obtenir la réadmission de migrants expulsables — par les autorités d’une dizaine de pays africains, qui ont envoyé des cars ou des avions pour rapatrier leurs ressortissants.
L’alerte a été chaude, une fois de plus. Depuis vingt ans, l’hostilité aux immigrés couve et érupte régulièrement au "pays de Mandela". Pourquoi ?Impéritie du gouvernement
La première raison est l’impéritie du gouvernement. En trente ans au pouvoir, l’ANC, l’ex-mouvement de libération, a gangrené l’appareil de l’État et ruiné les services publics. Vu la lutte acharnée pour un lit d’hôpital et la fréquence des coupures d’eau et d’électricité, la présence d’étrangers, promptement suspectés d’avoir obtenu leurs papiers grâce à la corruption, est devenue un abcès de fixation dans le...
-
12/07 - Ukraine : Volodymyr Zelensky remplace sa Première ministre et veut un gouvernement aligné sur ses priorités
Volodymyr Zelensky s'apprête à remplacer la Première ministre ukrainienne, dans le cadre d’un remaniement gouvernemental plus large, a annoncé le président ukrainien sur X dimanche 12 juillet. L’objectif est d’aligner davantage le gouvernement de Kiev sur "la mise en œuvre de la stratégie politique actualisée", a-t-il précisé sur X.
La rupture semble paisible. "J’ai discuté des détails avec la Première ministre ukrainienne, Ioulia Svyrydenko. Nous sommes convenus que la mise en œuvre de ces changements nécessite un renouvellement du Cabinet des ministres” écrit Volodymyr Zelensky se dit reconnaissant du "travail clair, constant et efficace" de la Première ministre , qui occupait ses fonctions depuis un peu moins d’un an. Il assure aussi lui avoir proposé à "l’opportunité de diriger un nouveau domaine important des relations avec un partenaire clé". Le député d'opposition Yaroslav Zhelezniak a déclaré auprès de l’agence de presse Reuters qu’elle devrait vraisemblablement être nommée ambassadrice d'Ukraine aux États-Unis.
Україна змінює свою політичну стратегію. За кожен пріоритетний зовнішньополітичний напрямок відповідатиме конкретна людина зі значним досвідом, яка здатна реалізувати те, про що ми домовляємось на рівні лідерів і що очікує Український народ. Серед таких напрямків найбільш…— Volodymyr Zelenskyy / Володимир Зеленський (@ZelenskyyUa) July 12, 2026
Selon des parlementaires, les successeurs potentiels de la Première ministre comprennent le prédécesseur de...
-
12/07 - De 20 000 soldats à 20 seulement : le déploiement du plan de paix de Donald Trump pour Gaza tourne au fiasco
Le plan de paix de Donald Trump pour Gaza prévoyait le déploiement d'une force internationale de stabilisation (ISF) de 20 000 soldats. Le but : sécuriser l'enclave palestinienne et empêcher le retour du Hamas comme puissance militaire. Pourtant, selon le Wall Street Journal, cette force peine aujourd'hui à envoyer le premier contingent militaire prévu, alors même qu’il ne compte que 10 à 20 militaires, tous marocains.
Initialement attendus en juin, ils ne devraient finalement être déployés que dans les prochains mois. Selon le WSJ, ils ne pénétreront pas immédiatement dans Gaza. La force doit se déployer par étapes depuis deux sites : d’abord une étape d’entraînement, qui aura lieu à la Logistics Support Area, ce nouveau hub logistique déjà en grande partie achevé en Israël près du passage de Kerem Shalom. Ils devraient ensuite rejoindre le Mission Support Site à l'intérieur de Gaza afin de participer à des opérations limitées dans l'enclave. Problème : ce site destiné à accueillir un nombre bien plus important de troupes n’a lui toujours pas commencé à être construit.Le Hamas refuse de se désarmer
Une fois opérationnels, ces deux sites doivent accueillir environ 5 500 personnels de l'ISF. Le petit contingent marocain, composé d'officiers et de forces de sécurité, aura d’abord pour mission de sécuriser le site logistique, qui a récemment reçu sa première livraison de véhicules tactiques. Ce n'est qu'ensuite que les troupes basées là-bas mèneront des opérations de type...
-
12/07 - Trop de livres, pas assez de lecteurs : autopsie d’une crise
Depuis le début de l’année, les mauvaises nouvelles s’enchaînent à la pelle. En avril, le groupe Gibert (16 librairies en France) demandait son placement en redressement judiciaire. Fin juin, le groupe Nosoli annonçait la fermeture de sept enseignes Furet du Nord et quatre Decitre – ce qui va entraîner une centaine de licenciements de Roubaix à Lyon en passant par Reims. Début juillet, enfin, on apprenait la liquidation judiciaire de Sauramps, qui était jusque-là "la" librairie de Montpellier, une institution locale – comme Mollat à Bordeaux ou Kléber à Strasbourg.
"Le monde du livre est-il au bord de la faillite ?" C’est la question que Guillaume Erner a posé à ses invités, le 3 juin, dans Les Matins de France Culture. Etaient présents autour de la table Philippe Robinet (le patron de Calmann-Lévy) et Antoine Gallimard (qui est propriétaire du groupe d’édition Madrigall, mais aussi d’une dizaine de librairies et de la société de distribution la Sodis). En guise de préambule, le petit-fils de Gaston Gallimard a donné un avis tranché sur la situation : "Il y a toujours eu des boîtes qui déposent le bilan… Ce sont des erreurs de gestion." Une vision des choses qui a fait sortir de ses gonds Alexandra Charroin-Spangenberg, co-gérante de la librairie de Paris à Saint-Etienne et présidente du Syndicat de la librairie française (SLF) :"La librairie française est aujourd’hui dans une grande détresse économique. Le modèle ne fonctionne plus. Ce qui est terrible pour nous, c’est...
-
12/07 - Comment Emmanuel Macron veut faire du 14-Juillet une démonstration de force pour l’Europe
Le ton est donné. Ce 14-Juillet français symbolisera selon le thème officiel "le réarmement stratégique de la France et le réveil stratégique de l’Europe". L’objectif de ce dixième et dernier défilé d'Emmanuel Macron en tant que chef d'Etat : illustrer de la manière la plus convaincant possible le soutien français et européen à l’Ukraine, et montrer au monde la force retrouvée de la nouvelle coalition européenne face à la Russie.
Cette démonstration débutera avant même le défilé du 14 juillet, annoncé comme exceptionnel. La veille, lundi 13 juillet, au moins vingt-cinq des dirigeants de la "coalition des volontaires" se rencontreront à Paris. Créée par la France et copilotée par le Royaume-Uni, cette coalition a vocation à soutenir l'Ukraine tant que le conflit dure —70 milliards d'euros d'aide militaire à Kiev ont été votés pour 2026 — puis à offrir des garanties de sécurité à l'Ukraine lorsqu'un cessez-le-feu sera conclu. Elle compte désormais 37 pays : deux nouveaux participants, la Moldavie et la Macédoine du Nord, seront présents lundi."Montrer des armées capables d'entrer en premier dans le conflit"
La réunion se déroulera à l’Hôtel des Invalides. Volodymyr Zelensky sera présent, ainsi que les chefs des institutions européennes et de l'Otan. Le but pour les alliés sera "d'amplifier la nouvelle reconvergence" en faveur de l’Ukraine, indique l'Elysée. Et plus précisément à "montrer qu'il n'y a aucune lassitude" des Occidentaux, a indiqué un conseiller d'Emmanuel...
-
12/07 - Rencontres d’Arles 2026 : William Klein contre le spectacle du monde
Des enfants qui défient l'objectif dans les rues de la Grosse Pomme, des foules compactes happées par les enseignes lumineuses, des mannequins transformés en créatures insolentes. Chez William Klein, le monde n'est jamais sage, jamais ordonné, jamais à distance. Tout déborde du cadre. Tout bouscule le regard. A l'occasion du centenaire de sa naissance, les Rencontres d'Arles lui consacrent une rétrospective à l’intitulé ironique – This Way to Heaven ("Par ici le paradis") –, qui révèle toute la force critique d'une œuvre restée d'une étonnante modernité.
Né à New York en 1926 dans une famille d'immigrés juifs hongrois, le photographe grandit dans l'effervescence de la métropole américaine. Après la Seconde Guerre mondiale, il prend pourtant ses distances avec son pays natal, optant en 1947 pour la France, où il s'installe durablement. Paris devient son refuge, son atelier, sa base arrière. Il y passera l'essentiel de sa vie avant de s'y éteindre en 2022 à l'âge de 96 ans. Entre temps, William Klein aura profondément transformé le langage véhiculé par la petite boîte noire. Collage pour le film "Mister Freedom", vers 1967.
Dès les années 1950, il rompt avec les conventions esthétiques de son temps par des cadrages audacieux, des flous assumés, des mouvements saisis sur le vif, des contrastes violents. Mais derrière cette révolution formelle se cache un regard profondément critique sur les mécanismes du pouvoir, de la consommation et des mass médias pour montrer les...
-
12/07 - Lindsey Graham, allié clé de Donald Trump, décède subitement à 71 ans
Le sénateur américain Lindsey Graham, figure clé du Parti républicain qui était passé du statut de critique virulent de Donald Trump à celui de l’un de ses plus fidèles alliés après l’accession de ce dernier à la présidence, est subitement décédé à l’âge de 71 ans. Son cabinet a indiqué dimanche matin sur X qu'il était mort des suites d'une "maladie brève et soudaine". NBC News a précisé que les secours avaient répondu samedi soir à un appel signalant un arrêt cardiaque à son domicile du Capitole.
Colonel réserviste de l’armée de l’air américaine, il avait été brièvement candidat à l’investiture républicaine pour la présidentielle de 2016 avant de se retirer. Peu après l'annonce de son décès, Donald Trump a qualifié Lindsey Graham de "l'une des personnes et l'un des sénateurs les plus remarquables que j'aie connus" et de patriote infatigable. Lorsque Donald Trump avait refusé, en octobre 2016, de s'engager à accepter le résultat de l'élection présidentielle américaine s'il perdait, Lindsey Graham avait déclaré : "S'il perd, ce ne sera pas parce que le système est 'truqué', mais parce qu'il aura échoué en tant que candidat." Plus tard, après être finalement devenu un fervent partisan de Trump, Graham s’est publiquement opposé à la décision prise par ce dernier début 2025 de gracier environ 1 500 partisans du président qui avaient attaqué le Capitole américain le 6 janvier 2021, estimant que cela risquait d’entraîner davantage de violences.Un défenseur inconditionnel...
-
12/07 - L’Iran annonce refermer le détroit d’Ormuz, l’escalade militaire s’étend à tout le Golfe
Les forces américaines et iraniennes ont échangé des frappes massives de missiles et de drones ce week-end, Téhéran ciblant des installations américaines dans des États du Golfe dimanche après avoir déclaré avoir de nouveau fermé le détroit d'Ormuz, un passage stratégique. Une série d'attaques entre les États-Unis et l'Iran ces derniers jours a conduit le président Donald Trump à déclarer la fin du cessez-le-feu destiné à mettre fin aux combats que les États-Unis et Israël avaient entamés le 28 février, même si Donald Trump a laissé la porte ouverte à la poursuite des négociations.
Cette escalade fait suite à plusieurs attaques contre des navires commerciaux dans la région. L'Iran a déclaré avoir fermé le détroit après avoir tiré un coup de semonce qui a touché un navire naviguant sur une route non autorisée, et a affirmé dimanche avoir immobilisé un deuxième navire. Le détroit restera fermé jusqu'à "la fin de l'ingérence américaine dans cette région", ont déclaré les Gardiens de la révolution iraniens.
08h42Des missiles iraniens ont touché le territoire jordanien
Dimanche matin, trois missiles tirés depuis l'Iran se sont abattus sur le territoire jordanien, selon une annonce faite sur les réseaux sociaux par le ministère jordanien des Communications. Les dégâts matériels signalés sont limités et aucune perte humaine n'est à déplorer. Le communiqué reste silencieux sur la base aérienne du Prince Hassan, utilisée par l'armée américaine, que le Corps des gardiens de la...
-
12/07 - "Tu t’opposes donc tu es de droite..." : enquête sur la face cachée du "Monde diplomatique"
Depuis sa création en 1954, Le Monde diplomatique s’est érigé en phare intellectuel de la gauche radicale. Les colonnes de ce mensuel, devenu une référence de l’anticapitalisme, font la part belle aux enjeux de "domination économique", et couvrent très régulièrement la "classe possédante", la "précarisation des travailleurs", ou encore des "dérives autoritaires" des managers. Une ligne qui participe à attirer son lectorat. En 2025, 193 000 exemplaires sont tirés en moyenne par mois. Pourtant, lorsque le projecteur se braque non plus sur les puissants, mais sur les coulisses de la rédaction, le tableau se fissure.
Alerté par la multiplication récente de procédures judiciaires, L’Express a enquêté pendant plusieurs semaines sur l’ambiance qui règne à la rédaction. Conflits sociaux, licenciements, échanges de messages salés et insultants… Les témoignages d’anciens salariés et les documents que nous avons pu analyser dessinent le portrait d’une institution en proie à de profondes contradictions. Condamné aux prud'hommes
Dernier dénouement d’une longue série de litiges, vendredi 26 juin, le conseil de prud’hommes de Paris a condamné Le Monde diplomatique à verser plus de 52 000 euros - dont 10 000 euros de dommages et intérêts - à un ancien salarié, représentant du personnel, licencié en janvier 2023 pour faute grave. Si les juges n’ont pas tranché sur la qualification pénale des faits de harcèlement invoqués par la direction pour s’en séparer - l’affaire étant pendante...
-
12/07 - Le "dark wokisme" et les nouveaux irresponsables, par Gérald Bronner
Des commentateurs ont interprété le succès de Donald Trump, lors de la dernière présidentielle américaine, comme étant, en partie, le retour de bâton des excès du wokisme. Cela aurait-il inspiré une autocritique de la part des militants radicaux non sur le fond mais du moins sur la forme ressentie, par beaucoup, comme agressive ? Que nenni. Au contraire, selon des théoriciens du "dark wokisme", les militants woke ne seraient pas allés assez loin !
On peut comprendre en partie l’argumentaire qui s’est développé d’abord outre-Atlantique, et qui établit le diagnostic selon lequel la mouvance trumpiste a mieux maîtrisé l’agenda médiatique du fait de ses provocations. Il est vrai que lors de l'élection de 2016, les déclarations de Donald Trump ont suscité douze fois plus d’intérêt que celles d’Hillary Clinton dans les Etats républicains mais aussi deux fois plus dans les Etats démocrates. Selon cette analyse, la gauche serait restée coincée dans une "prison de respectabilité" : paralysée par la peur du bad buzz, elle a manqué de combativité. Du moins, c’est l’opinion des plus radicaux des "progressistes". On peut, au contraire, trouver que cette retenue a honoré ceux qui l’ont pratiquée, selon la doctrine de Michelle Obama : "Quand ils s’abaissent, nous nous élevons.""La guerre de l'attention"
Mais donc, qu’est-ce que le "dark wokisme" ? Il est le descendant de ce que l’on a nommé la "dirtbag left", ou "gauche trash". Il s’agit d’une sensibilité de gauche américaine apparue...
-
11/07 - Comment une compagnie pétrolière texane liée à Donald Trump cherche à s’implanter au Groenland
Donald Trump a toujours une obsession pour le Groenland et ne cache pas ses ambitions. Le 7 juillet, avant un sommet des dirigeants de l'Otan en Turquie, le président américain a répété que les Etats-Unis devraient contrôler ce vaste territoire danois semi-autonome. "Ce territoire devrait être contrôlé par les Etats-Unis, et non par le Danemark", a-t-il déclaré à la presse lors d'un entretien avec le président turc Recep Tayyip Erdogan.
Interrogée à Ankara sur les propositions du président américain, la Première ministre danoise Mette Frederiksen a répondu qu'elle attendait des alliés de l'Otan qu'ils respectent la souveraineté du Danemark et répété que "le Groenland n'est pas à vendre". "La volonté des Etats-Unis de posséder le Groenland et d'en prendre le contrôle est bien connue. J'espère que tout le monde sait également très bien que cela n'arrivera pas", a-t-elle affirmé.
Les Américains aimeraient bien plus qu'une simple présence militaire au Groenland : ils souhaitent s'installer durablement dans l'économie de ce territoire doté de ressources naturelles, notamment minières, et évidemment en tirer profit. Depuis que Donald Trump a clairement exprimé ses ambitions pour le Groenland, les entreprises américaines s'implantent de plus en plus sur ce territoire. Leurs activités vont de l'exploitation des terres rares et de l'énergie hydroélectrique à la mise en bouteille d'eau de source "de luxe".Les appétits de Greenland Energy
Une compagnie pétrolière texane liée à...
-
11/07 - Iran : le guide suprême Mojtaba Khamenei appelle à venger son père
Dans une déclaration écrite publiée samedi, le Guide suprême iranien, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, est sorti du silence et a menacé de vengeance après la mort de son prédécesseur et père, tout en précisant que cela dépendrait non seulement de l’Iran, mais aussi des "peuples libres du monde entier". Dans le premier message public du Guide suprême depuis le début, il y a une semaine, des cérémonies funéraires de son père, l’ayatollah Ali Khamenei, la déclaration lue à la télévision d’État indiquait que la vengeance était "la demande de la nation" et "devait assurément" avoir lieu.
L’ayatollah Ali Khamenei a été tué lors d’une frappe aérienne américano-israélienne le 28 février, au début de la guerre. "Nous nous engageons à venger le sang du guide martyr et de tous les martyrs de ces deux guerres face à ces meurtriers criminels et infâmes", indique le communiqué. "Que nous soyons là ou non, cela sera accompli, et bientôt, chaque personne libre à travers le monde accomplira une partie de cette mission divine", précise le communiqué.Invisible depuis sa nomination
Mojtaba Khamenei, qui, selon des sources haut placées, aurait subi des défigurations au visage et d’autres blessures lors de cette frappe, n’a pas été vu par les Iraniens depuis sa nomination au poste de guide suprême le 8 mars.
Les échanges d’attaques entre les forces américaines et iraniennes cette semaine ont semé le doute quant à la trêve conclue entre Washington et Téhéran visant à mettre fin à cette guerre...
-
11/07 - Parc Astérix, Futuroscope, Walibi... Les secrets de la Compagnie des Alpes, amuseur public européen
Depuis la fin mai, à une vingtaine de kilomètres de Leipzig, à l'est de l'Allemagne, les touristes en goguette au parc Belantis peuvent désormais déambuler dans les allées fleuries d'un village gaulois. Le décor est léché et pas un détail ne manque pour coller à l'iconographie d'Astérix, le chef-d’œuvre du tandem Goscinny-Uderzo. Des maisonnettes aux toits en rondins, un gros chaudron magique au centre de la place du village et dans un coin, un menhir. Indispensable. Tout autour, s'éparpillent quatre attractions flambant neuves reprenant l'univers de la BD, et destinées aux tout-petits et leurs parents. La star des lieux, Idefix, le chien d'Obélix, veille gentiment sur les visiteurs. La Compagnie des Alpes, géant français des loisirs, a racheté pour près de 22 millions d'euros en avril 2025 ce parc à thème qui s'étale sur près de 80 hectares et garde précieusement dans ses cartons 41 hectares supplémentaires de réserves foncières. De quoi laisser libre cours à l'imagination. A des centaines de kilomètres alentour, aucun concurrent. Outre-Rhin, l'entreprise joue presque à domicile avec ses irréductibles Gaulois. En nombre d'albums vendus, l'Allemagne est le deuxième marché après la France et chaque nouvel opus de la série s'écoule en plusieurs centaines de milliers d'exemplaires. Ce village gaulois n'est que la première pierre d'une transformation totale de "Belantis" qui devrait se terminer en 2030, si tout va bien. Des travaux de près de 5 millions d'euros pour donner...
-
11/07 - De partenaire à rival : Apple traîne OpenAI devant la justice américaine
De partenaire à concurrent, il n'y a qu'un pas qui semble désormais franchi. Apple a intenté une action en justice vendredi 10 juillet contre OpenAI et deux de ses anciens employés, les accusant d'avoir volé des secrets commerciaux du fabricant de l'iPhone afin de favoriser l'entrée du fabricant de ChatGPT sur le marché de produits grand public.
La plainte, déposée devant le tribunal fédéral du district nord de Californie, fait état d'une vaste action coordonnée visant à acquérir et exploiter des informations confidentielles d'Apple par le biais d'anciens employés, de pratiques de recrutement et de relations avec les fournisseurs, afin d'accélérer son incursion sur le marché du matériel informatique grand public. Les informations concernées sont notamment des conceptions de produits, des procédés de fabrication et des stratégies relatives à la chaîne d'approvisionnement.
Les deux anciens employés d'Apple cités dans la plainte sont Chang Liu, ancien ingénieur système principal en électronique, et Tang Yew Tan, ancien vice-président de la conception des produits iPhone et Apple Watch. Des accusations réfutées par OpenAI
"Cette affaire concerne d'anciens employés d'Apple qui ont volé des secrets commerciaux à l'entreprise au profit d'OpenAI. Apple intente ce procès pour mettre un terme à ces agissements", ont indiqué les avocats d'Apple dans cette plainte, relate le Washington Post.
Apple allègue que l'un d'entre eux a "méthodiquement utilisé les informations...
-
11/07 - Guerre au Moyen-Orient : ce nouveau plan de l’Iran pour affronter les Etats-Unis
(Mise à jour dimanche 12 juillet à 17 heures avec les informations concernant les frappes américaines sur des cibles militaires iraniennes et la fermeture du détroit d'Ormuz annoncée par Téhéran.)
Les espoirs d'accalmie entre les Etats-Unis et l'Iran ont volé en éclats. Après l'accord de cessez-le-feu conclu le 17 juin, les hostilités ont repris ce week-end avec des frappes américaines visant environ 140 cibles militaires iraniennes, les plus importantes depuis cet accord. En réponse, Téhéran a annoncé la fermeture du détroit d'Ormuz avant de lancer des attaques contre plusieurs pays de la région.
Quelques jours plus tôt, Donald Trump avait affirmé sur sa plateforme Truth Social que Washington et Téhéran avaient convenu de "poursuivre les pourparlers", tout en estimant que le cessez-le-feu était désormais terminé. Une interprétation contestée par l'Iran, qui avait affirmé ne pas avoir sollicité de négociations directes avec les Etats-Unis mais avoir accepté l'intervention d'un médiateur qatari.
Dans ce contexte de confrontation ouverte et de menaces réciproques, l'Iran s'appuie sur une stratégie destinée à imposer un coût élevé à ses adversaires, comme le révèle The Telegraph, reposant sur plusieurs axes : utiliser ses atouts géographiques, frapper les intérêts économiques de ses adversaires, augmenter le coût humain du conflit pour les Washington et maintenir une doctrine militaire volontairement imprévisible. L'objectif : instaurer un bras de fer avec son ennemi....
-
11/07 - La Casa de papel : comment Netflix a braqué le monde avec une série ratée
"Inspecteur Derrick", "Borgen", "Zora la rousse", "La Casa de papel"… Ces séries cultes ont fait un tabac tout en nous faisant mieux connaître la vie (et les névroses) de nos voisins. Cet été, L’Express vous raconte comment la fiction cathodique a, autant que le marché commun ou la monnaie unique, contribué à la construction européenne.
> Retrouvez ici l'épisode 1, consacré à Derrick, l'inspecteur qui raconte le mieux les névroses de l'Allemagne
La première fois que les Espagnols virent La Casa de papel, ils la trouvèrent franchement nulle. On le sait peu, mais le programme emblématique de la dernière décennie a d'abord été un semi-échec. Diffusée sur la chaîne Antena 3 au printemps 2017, l'épopée de cette bande de braqueurs retranchés dans la Fabrique nationale de la monnaie démarre bien en audience, puis perd ses téléspectateurs. Netflix en rachète les droits mondiaux fin 2017, remanie les quinze épisodes initiaux en vingt-deux, et les dépose sans la moindre promotion dans son catalogue, "ce tiroir à chaussettes que l’on n'ouvre jamais et dont seul l'algorithme peut vous sauver", résumera le créateur de la série, Alex Pina. Sauvée par l'algorithme
Et quelques mois plus tard, voilà, donc, la série sauvée par "l’algo". L’engouement prend, d’abord, dans quelques pays épars. En France par exemple : en 2018, La Casa de papel représente jusqu'à 14 % de la consommation totale de Netflix à son pic ! Au fil des saisons, le succès de cette bande de voleurs portant tous une...
-
11/07 - Christian Lacroix : dans les marges d’un dessinateur compulsif
Tout commence sur un coin de table, au cours d'une conversation téléphonique. Une enveloppe oubliée, un carnet froissé, un programme de spectacle, un post-it sauvé de la corbeille. Là où d'autres ne voient qu'un morceau de papier, Christian Lacroix aperçoit un territoire à conquérir. Depuis plus de soixante ans, il dessine partout, tout le temps, comme on respire. Bien avant les collections de mode qui l’ont rendu célèbre à partir des années 1980, il y a ce geste : une ligne qui cherche sa forme, une silhouette qui apparaît, un visage qui surgit au détour d'un "gribouillage", comme il appelle sa production graphique.
"Enfant, je parlais peu, tout passait par le crayon", nous raconte-t-il, lové dans un fauteuil, à l’étage du Musée Réattu d'Arles qui consacre une exposition à cette facette méconnue de son parcours. Au début des années 1960, le petit Arlésien, né six ans après la fin de la guerre, nourrit une fascination pour le passé. Un jour, il découvre dans le grenier de ses grands-parents la collection reliée de la mode illustrée de 1860, alors que sur les écrans sort Le Guépard de Visconti. "Je me suis dit que c’était ça que je voulais faire : reconstituer non seulement les costumes mais aussi les décors d’une époque". "Vous êtes fait pour le théâtre", assurera d’ailleurs Karl Lagerfeld au jeune homme venu lui présenter ses croquis."Croquis de mode", 1977-1978, crayon et gouache sur papier.
Cahiers d'écolier, esquisses de vêtements, études pour l’opéra ou le ballet,...
-
11/07 - Guyane : quand le rhum devient un enjeu économique et social
Crise profonde, déconsommation durable, taxes à l'exportation… Le marché du vin tente de résister et se réinvente constamment. Grâce à de nouvelles appellations comme dans les côtes-de -provence, avec le cru Sainte-Victoire ; de nouvelles pratiques, toujours plus innovantes à l'instar de la viticulture régénérative ; des terroirs surprenants comme le Beaujolais blanc. Enfin, il n'hésite pas non plus à se diversifier en partant à la conquête d'un "Nouveau monde", celui de la cosmétique, en s'appuyant sur les vertus anti-âge des antioxydants du raisin. A l'arrivée : soins capillaires, sérums antitaches, douche et shampoings au pinot noir, Émulsions nettoyantes, lait Corps, etc. Une large gamme pour tous les goûts et tous les besoins. Tous ces produits ne s'imposeront pas un univers déjà très concurrentiel. Mais chacun d'entre eux montre que le secteur du vin n'est jamais à court d'idée et de formules pour se diversifier. Avec une ligne de mire : laisser passer les vents mauvais, tenir pour dessiner des jours meilleurs.
Né dans les distilleries écossaises, le "spiritourisme" essaime partout dans le monde. La palme de l’originalité revient désormais à la Guyane et sa rhumerie Saint Maurice. Ses visiteurs la rejoignent depuis Saint-Louis-du-Maroni en pirogue, voguant sur le fleuve Maroni bordé par une flore luxuriante, une succession de palétuviers rouges, d’arbres majestueux, d’incroyables enchevêtrements de lianes avant d’accoster sur un ponton flottant. Posé sur la crique...
-
11/07 - Entre pétro-Etats et électro-Etats, cette frontière qui n’en est pas une
C'est la nouvelle grille de lecture du monde énergétique : d'un côté les "petro-states", l'Amérique de Donald Trump en tête, arc-boutés sur leurs hydrocarbures ; de l'autre les "électro-Etats", Chine en majesté, "premier électro-Etat de l'histoire", qui auraient fait de l'électron la monnaie de la puissance. La taxinomie est séduisante mais résiste mal au réel.
Le réel, ce sont d'abord les carnets de commandes de GE Vernova, premier fabricant mondial de turbines à gaz, ces machines qui, au cœur des centrales, brûlent la molécule pour fabriquer des électrons. 100 gigawatts commandés ou réservés, des créneaux vendus jusqu'en 2030 : pourquoi cette ruée ? Parce que le "pétro-Etat" américain vit son plus grand choc de demande électrique depuis un demi-siècle, tiré par les centres de données de l'intelligence artificielle, et que le gaz reste le moyen le plus rapide d'y répondre. L'Amérique fossile commande des machines à électrifier. Et le Texas, cœur de son industrie pétrolière, a installé en 2025 deux fois plus de solaire que la Californie ; le gaz y demeure la première source d'électricité, mais il change de métier : de fournisseur d'énergie, il devient assureur de flexibilité, prenant le relais quand le soleil se couche. Le gaz n'est pas la frontière entre deux mondes mais l’outil de passage de l'un à l'autre.
La vraie question n'est pas de savoir qui est pétro ou électro mais qui électrifie et comment. Là, les trajectoires divergent. La Chine électrifie par stratégie...
-
11/07 - Coupe du monde : Erling Haaland, sauveur de la famille royale de Norvège
Au Brésil, le football est roi. En Norvège, il fait danser toute la famille royale. Le 5 juillet, après la victoire des Vikings contre la Seleçao en Coupe du monde, le prince héritier Haakon a été filmé sur la place Slottsplassen, juste devant sa résidence royale d'Oslo, faisant la fête parmi la foule et mimant le "Row", ce fameux mouvement de rame devenu le symbole d'une Norvège triomphante. "Le prochain roi voulait être avec son peuple, s'asseoir parmi nous et célébrer, alors que rien ne l'obligeait à le faire, admire Tove Taalesen, ancienne employée de la Couronne devenue chroniqueuse royale pour la presse norvégienne. Le Palais doit être ravi de voir ces photos du prince héritier !"Une avalanche de scandales en Norvège
Depuis le début de la Coupe du monde, les "Vikings" norvégiens martyrisent les équipes adverses (à l'exception des Bleus) et font sensation sur les réseaux sociaux, en jouant sur leur style nordique et leurs racines guerrières. En battant le Brésil et en se qualifiant en quarts de finale pour la première fois de leur histoire, les coéquipiers d'Erling Haaland provoquent une euphorie sans précédent en Norvège. "Nous en avions tellement besoin après cette année froide, dure et terrible, écrivait le journal Dagbladet au lendemain de la victoire. Les taux d'intérêt et l'inflation sont au plus haut, mais surtout la Norvège a fait les gros titres de la presse internationale ces derniers mois pour toutes les mauvaises raisons." Un dénominateur commun à cette...
-
11/07 - Amiral Pierre Vandier : "La Russie est indéniablement en phase de réarmement"
La photo de famille aura finalement eu lieu sans drame. Ce 8 juillet, les membres de l'Otan ont conclu leur sommet à Ankara avec satisfaction : aucun déchirement ne s'est produit entre les alliés. Donald Trump a eu beau sermonner les alliés en public sur leurs dépenses de défense, et même viser l'Espagne lors d'une conférence de presse, les conversations en coulisses se concentrent désormais sur un travail de renforcement du pilier européen de l'alliance. Les chiffres en témoignent : le total des contrats d'armement annoncés dépasse les 50 milliards de dollars. Tous les alliés consacrent au moins 2 % de leur PIB à la défense, voire davantage. Lentement, une nouvelle version de l'Otan se dessine. Trop lentement ? D'après les services de renseignement allemands, un "choc" avec la Russie pourrait avoir lieu d'ici à 2029. Un délai serré, alors que l'Europe doit reconstruire une industrie qui a été considérablement réduite depuis la guerre froide. De l'intelligence artificielle duale aux essaims de drones testés en mer Baltique, l'amiral Pierre Vandier, commandant suprême allié pour la Transformation, à la tête de l'un des deux commandements stratégiques de l'Otan, détaille pour L'Express les chantiers qui doivent combler ce retard.
L'Express : Le sommet de l'Otan s'est conclu à Ankara ce 8 juillet. Les budgets militaires de l'Alliance dépassent tous l'objectif des 2 % du PIB consacré à la défense. Depuis votre point de vue à l'Otan, quelles seront les conséquences et enjeux...
-
10/07 - Facebook, Instagram : Bruxelles s’attaque au design "addictif" des réseaux sociaux de Meta
Il y a encore quelques années, le problème des réseaux sociaux se résumait assez bien à une question de contenus : que voit-on, qui publie, qui ment, qui harcèle, qui modère trop, qui ne modère pas assez, entre autres. Bruxelles vient de déplacer le débat d’un cran. Vendredi 10 juillet, la Commission européenne a officiellement mis en cause Meta pour le design "addictif" de Facebook, Instagram, dans le cadre du Digital Services Act, le règlement européen sur les services numériques. L’accusation ne porte donc plus seulement sur ce qui circule sur les plateformes, mais sur la manière dont elles sont fabriquées pour garder les utilisateurs devant l’écran.
Dans le viseur de Bruxelles : le défilement infini, la lecture automatique des vidéos, les notifications push et les systèmes de recommandation très personnalisés. Tout ce que l’utilisateur a appris à considérer comme le fonctionnement normal d’une application. La Commission estime que ces fonctionnalités peuvent faire basculer le cerveau "en mode pilote automatique" et contribuer à des usages compulsifs. Le détail a son importance : le reproche n’est pas que les adolescents aiment trop Instagram, mais que Meta n’aurait pas correctement évalué les risques liés à des interfaces conçues pour prolonger l’usage, y compris chez les mineurs ou les adultes vulnérables.
La mécanique est connue de tous ceux qui ont déjà ouvert Instagram pour répondre à un message et se sont retrouvés, vingt minutes plus tard, à regarder une...
-
10/07 - Canicule : quand la ruée sur les climatiseurs rappelle la dépendance de l’Europe à la Chine
La canicule historique qui sévit en Europe révèle au grand jour un paradoxe de taille. L'Union Européenne redouble de mesures pour réduire sa dépendance à la Chine. Tout en étant bien obligée de composer avec elle... Et pour cause : la Chine est de loin le premier fournisseur de climatiseurs et ventilateurs des Vingt-Sept. De quoi donner du grain à moudre à la Commission européenne, alors que Bruxelles vient de publier lundi 6 juillet une déclaration conjointe avec Pékin pour équilibrer les échanges commerciaux entre les deux blocs.Des discours rattrapés par la réalité
Autant dire que le timing est malvenu. Selon les médias d'Etat chinois, les exportations de climatiseurs vers l'Union européenne ont bondi de 43 % au cours du premier semestre de cette année, pour atteindre 3,3 milliards d'euros. Des chiffres qui n'ont pas tardé à défrayer la chronique en Chine, où la presse s'est amusée, relève The Telegraph, des sites créés en Europe pour suivre les stocks de climatiseurs chinois disponibles en temps réel. Et s'est fait un plaisir de critiquer les politiques de réindustrialisation bruxelloises, allant selon elle, à rebours de l'intérêt des consommateurs européens. "Les climatiseurs sont devenus plus rares que des cartes Pokémon", ironise même un média chinois.
Problème : l'Europe atteint aujourd'hui un déficit commercial record avec la Chine. Y compris sur des produits technologiques, où elle avait historiquement une longueur d'avance, qui comptent désormais pour la...
-
10/07 - Raphaël Glucksmann : il se rêvait en Kennedy, il est rattrapé par le fantôme de Xavier Bertrand
Une campagne à la Kennedy, une gouvernance à la Pierre Mendès France. Raphaël Glucksmann connaît sa route, de l’élection à la trace laissée dans l’Histoire, en passant par l’Élysée. Dans un monde idéal, évidemment. À quoi tient une destinée ? À l’espace politique, aux bras, à l’argent, à l’envie… Bref, la sienne est, pour sûr et d’abord, conditionnée au soutien du Parti socialiste. Hier, il lui était tout acquis dans une formalité. Aujourd’hui, il lui faudrait séduire les militants, dans une primaire taillée certes sur mesure, mais dont il se serait clairement passé. Une autre paire de manches.
Car les socialistes ont finalement tranché l’épineuse question, votant pour une désignation interne du prochain candidat réservée aux seuls membres à jour de cotisations du PS et de Place publique, le parti de Raphaël Glucksmann. Lui n’a pas encore donné de réponse : durant trois heures, dans le huis clos d’une réunion, en présence de Yannick Jadot et d'Alexandre Ouizille, émissaire de Boris Vallaud, ses soutiens se sont divisés sur l’opportunité d’y participer - ses amis socialistes l’y incitent, le député Sacha Houlié (PP) flaire le piège. Et ainsi quand deux cadres du mouvement discutent, c'est un nom bien éloigné de "JFK" et de "PMF" qui surgit : "On dirait Xavier Bertrand." Prétendant malheureux à la primaire interne de la droite, en 2021."Je ne parle pas le langage de la gauche militante"
Gauche, droite, l’histoire bégaie. "Faut-il qu’il soit candidat à l’extérieur du parti,...
-
10/07 - Ventes de livres : Freida McFadden devrait être la femme de l’été
Si elle cartonne avec L’Intruse (City), cela fait un moment que la mystérieuse graphomane américaine n’est plus une invitée-surprise dans notre classement des best-sellers. Première avec L’Intruse (bientôt 200 000 exemplaires vendus depuis sa sortie en mai), Freida McFadden est également 12e avec La Locataire (plus de 300 000 exemplaires depuis sa parution en janvier). Son troisième roman de 2026, Le Dîner, publié le 1er juillet, s’est écoulé à près de 100 000 exemplaires en une seule semaine ! Et on attend déjà Chère Debbie, annoncé pour octobre prochain…
Verra-t-on autre chose que du McFadden sur les plages cet été ? Il devrait y avoir ici et là des lecteurs de Sarah Rivens, Virginie Grimaldi et Fred Vargas, qui marchent toujours aussi bien avec le premier tome de Swan (HLAB), D’autres printemps (Flammarion) et Une unique lueur (Flammarion aussi). Notons à la 5e place Rachel Reid et Heated Rivalry (Chatterley), dont nous vous avions longuement parlé il y a deux mois. Franck Thilliez se maintient bien en 8e position avec L’Autre moi (Fleuve). Pour les jours de pluie ou de grisaille, nous conseillons toujours le superbe récit autobiographique de Romain Lemire, 17e avec Clément (Le Cherche Midi). 28e avec Une pension en Italie (Julliard), Philippe Besson n’apparaît pas dans notre tableau cette semaine – mais il vient de recevoir le prix Relay des voyageurs lecteurs, et devrait remonter et conforter encore plus son incroyable succès (dans un marché en crise, il a dépassé...
-
10/07 - Pourquoi les canicules à répétition risquent de nous faire vieillir plus vite
La tache est apparue d’un coup, semblable à une petite brume. Un léger trouble qui vite s’est transformé en voile blanc. Jusqu’à ce matin de juin, Anna*, 24 ans, étudiante en journalisme, n'avait jamais connu de tels symptômes. L’ombre s’en est d’abord pris aux mots sur son téléphone avant de faire disparaître une partie des objets de sa salle de bains. Un œil fermé, le regard en coin, la jeune femme a dû courir à la pharmacie : "Vous pensez que je dois aller aux urgences ? Je viens de perdre une partie de la vision", demande-t-elle alors, prise d’infernaux maux de tête.
A l’hôpital, les ambulances s'enchaînent. Les admissions n’ont cessé de grimper depuis la première vague de chaleur, fin mai - 650 par jour depuis le 22 juin, 10 % de plus qu’à la normale. Face à Anna, les médecins s’inquiètent. Se pourrait-il que la jeune femme fasse un accident ischémique transitoire, une sorte de petit accident vasculaire cérébral, comme les patients qui affluent sur des brancards à cause de la hausse du mercure ? Les températures extrêmes affectent surtout les personnes âgées, mais les patients en surchauffe peuvent aussi être jeunes et bien portants surtout face à des canicules de plus en plus dures, alors les médecins emmènent Anna en salle d’examen.
Une IRM puis un électroencéphalogramme plus tard, les résultats tombent : il ne s’agit que d’une méchante migraine ophtalmique, une première pour la jeune femme. L’incident, survenu quelques jours après la première vague de chaleur,...
-
10/07 - L’Allemagne arrache un accord avec Donald Trump pour obtenir des missiles Tomahawk
L’Allemagne voulait des Tomahawk, elle a fini par obtenir gain de cause. Jeudi 9 juillet, Friedrich Merz a annoncé devant le gouvernement allemand que les Etats-Unis avaient approuvé la vente à Berlin de missiles de croisière américains Tomahawk, en marge du sommet de l’Otan à Ankara. Le chancelier allemand n’a précisé ni le nombre de missiles, ni celui des lanceurs, ni le calendrier de livraison : l’information reste classifiée. Mais il a donné la justification politique : ces armes doivent permettre de "combler une lacune stratégique importante" dans la défense allemande.
Derrière cette formule, un constat : l’Allemagne ne dispose pas aujourd’hui de capacité terrestre de frappe longue portée comparable au Tomahawk. Son missile Taurus atteint environ 500 kilomètres. Le Tomahawk, selon les versions, peut frapper jusqu’à 2 500 kilomètres. Dans l’Europe d’avant 2022, l’écart aurait été un détail. Dans l’Europe d’après l’invasion de l’Ukraine, il devient un sujet de majeur. Surtout depuis que la Russie a installé des missiles Iskander dans l’enclave de Kaliningrad, entre la Pologne et la Lituanie, mettant plusieurs capitales européennes à portée de tir. Une arme ancienne pour un besoin neuf
Le Tomahawk n’est pas une nouveauté technologique : entré en service dans les années 1980, d’environ six mètres de long, lourd d’une tonne et demie, ce missile de croisière appartient au répertoire militaire américain le mieux identifié. Il coûte plus d’un million d’euros l’unité,...
-
10/07 - Sommet de l’Otan : Recep Tayyip Erdogan embarrasse les dirigeants avec un cadeau insolite
Un cadeau ne se refuse pas, encore moins quand il est offert par le pays hôte. Après la réunion des dirigeants des pays membres de l’Alliance à Ankara, le président turc Recep Tayyip Erdogan a remis à chacun d'entre eux, mercredi 8 juillet, un cadeau de départ inhabituel : un revolver d'époque et des munitions réelles.
Accompagnée d’une plaque portant l’inscription "Gumusay, le premier pistolet de type revolver fabriqué dans notre pays", en anglais et en turc, cette arme leur a été présentée dans un coffret en bois orné du drapeau de la Turquie et du logo de l’organisation transatlantique. Un Gumusay 357 Magnum en guise de cadeau
Selon des images diffusées par le bureau du président lituanien Gitanas Nauseda, il s’agirait d’un Gumusay 357 Magnum, un revolver fabriqué par le fabricant d’armes turc MKE dans les années 1990. Un moyen de mettre en avant la puissance de l’industrie de la défense turque, devenue un levier essentiel tant pour les exportations que pour la politique étrangère. Il s'agit là d'un cadeau insolite mais pas anodin.
Le porte-parole du Premier ministre espagnol Pedro Sanchez a notamment déclaré que tous les dirigeants avaient reçu le même modèle personnalisé, sur le canon duquel était gravé leur nom, accompagné de six munitions et d’une note dispensant les revolvers des contrôles à l’exportation. Des dirigeants déconcertés
Ce cadeau quelque peu original a suscité l'incompréhension de plusieurs délégations présentes au sommet de l’Otan, consacré au...
-
10/07 - "Face à la canicule, le projet de loi logement fait fausse route" : l’alerte de cinq spécialistes
Déposé au Sénat le 25 juin dernier, le projet de loi de relance et de décentralisation du logement, porté par le ministre Vincent Jeanbrun, prétend accélérer la construction en simplifiant les procédures d'urbanisme. Parmi ses nombreuses dispositions, il instaure un régime dérogatoire dans lesquelles les dispositions des Plans locaux d’urbanisme (PLU) seraient paralysées, tout comme le pouvoir d’autorisation des Architectes des Bâtiments de France (ABF), remplacé par un simple avis. Derrière l'objectif affiché d'efficacité, cette réforme compromettrait la cohérence de nos villes en supprimant l’action unificatrice conjuguée des collectivités et de l’Etat.
Surfant sur la canicule, le ministre a affirmé, dans un entretien accordé au journal Le Monde, que les ABF empêcheraient les propriétaires d'installer des "volets" dans les périmètres de protection des monuments historiques, véritable légende urbaine. Car l’ABF s’oppose - au contraire - à l’enlèvement ou demande la restitution de persiennes et volets en bois, massivement présents à Paris et ailleurs au début du siècle dernier. Il peut en revanche s’opposer aux volets roulants en PVC ou en aluminium, moins efficaces, plus fragiles donc plus coûteux à moyen terme. Cet argument n'est au demeurant que l'arbre qui cache la forêt des demandes corporatistes du secteur de l'immobilier, de la construction et de la rénovation. Il conduirait à surdensifier nos centres anciens en s’attaquant aux îlots les moins bâtis et les plus...
-
10/07 - Canicule : le gouvernement déclenche un plan Orsec inédit face aux chaleurs extrêmes
Les appels à boire de l’eau, fermer les fenêtres, prendre des nouvelles de ses proches et attendre que ça passe ne suffisent plus. Pendant longtemps, la canicule a été traitée comme une affaire de vigilance météo, de recommandations sanitaires et de messages répétés aux personnes âgées. Ce vendredi 10 juillet, le gouvernement a changé d'échelle en annonçant le déclenchement d'un "plan Orsec chaleurs extrêmes" dans les départements placés en vigilance rouge par Météo-France. Le dispositif est inédit, mais le constat ne l'est plus. Depuis plusieurs années, les vagues de chaleur se répètent, s'allongent, s'intensifient, et obligent l'État à traiter la canicule non plus comme une mauvaise semaine d’été, mais comme une crise nationale.
Le calendrier aide à comprendre l'urgence. Neuf départements de l'Ouest ont basculé en vigilance rouge ce vendredi midi, avant une extension à 24 départements samedi, dont l'ensemble de l'Île-de-France. Soixante-douze départements sont également en vigilance orange. Météo-France décrit un épisode "sévère et durable", appelé à se prolonger jusqu'au milieu de la semaine prochaine au moins. De l'alerte à l'organisation
La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a présenté ce plan sur TF1 comme un dispositif "nouveau", mis en place pour tenir compte du "retour d'expérience des dernières vagues de chaleur". L'objectif affiché est de mieux protéger les personnes vulnérables, "celles qui sont seules, souvent en ville, souvent âgées", davantage...
-
10/07 - Monaco, Etat de droit : ce que le "silence" de la France veut vraiment dire, par Bertrand Mathieu
La France se tairait sur Monaco, et ce silence serait "gênant". Une récente tribune parue dans L’Express en convient pourtant elle-même : la France "n’a pas à gouverner Monaco". Dont acte. Car, si la France se tait, c’est sans doute parce qu’elle n’a pas à juger la forme de gouvernement d’un Etat étranger et souverain — membre de l’Organisation des Nations unies depuis 1993, du Conseil de l’Europe depuis 2004 —, avec lequel elle entretient des relations séculaires, élevées au rang diplomatique par le traité du 24 octobre 2002. Entre Etats souverains, le respect n’est pas de la caution. Reste que les griefs, eux, méritent réponse.
Une "monarchie absolue" ? Les mots ont un sens : l’absolutisme, c’est un souverain délié des lois. Or la Constitution de 1962, révisée en 2002 et élaborée avec le concours du Doyen Georges Vedel, proclame dès son article 2 que "la Principauté est un Etat de droit attaché au respect des libertés et droits fondamentaux" et dispose, à l’article 12, que le Prince exerce son autorité souveraine "en conformité avec les dispositions de la Constitution et des lois". Les ordonnances souveraines elles-mêmes peuvent être censurées par le Tribunal Suprême, institué dès 1911, doyen des juridictions constitutionnelles du monde. Le Conseil National, démocratiquement élu, vote la loi et le budget avec une pleine liberté d’amendement : il n’existe à Monaco aucun 49.3, et le gouvernement n’a aucune prise sur l’ordre du jour de l’assemblée. Une "monarchie absolue"...
-
10/07 - Donald Trump menacé par un complot iranien : l’avertissement d’Israël au président américain
La République islamique d'Iran a-t-elle élaboré un nouveau plan pour assassiner Donald Trump ? C'est en tout cas les informations qui auraient été transmises par les services de renseignement israéliens à Washington, à en croire les dernières révélations du Wall Street Journal, corroborées ensuite par d'autres sources auprès de CNN.
Cette annonce vient raviver un peu plus les tensions, alors que l'accord de cessez-le-feu entre l'Iran et les Etats-Unis est mis à rude épreuve, avec une reprise des frappes entre les deux parties cette semaine. Selon les informations de CNN, les États-Unis auraient reçu ces dernières semaines un flux constant d'informations concernant d'éventuels projets d'assassinat de Donald Trump, mais l'avertissement d'Israël serait nouveau et porterait sur un complot précis.Une fuite intéressée ?
Néanmoins, comme l'ont rappelé plusieurs sources citées dans la presse américaine : Israël, qui souhaitait poursuivre les bombardements, et n'était pas favorable à un cessez-le-feu pour le moment, a tout intérêt à faire fuiter ce type d'informations. "Le rapport israélien est perçu, en partie, comme un élément d'une stratégie israélienne plus vaste visant à influencer les décisions [NDLR : militaires] de Donald Trump concernant l'Iran", confie une des sources à CNN, tandis qu'une autre indique que le renseignement américain "reste toujours sceptique face aux informations israéliennes".
L'ambassade d'Israël à Washington a refusé de commenter ces informations et...
-
10/07 - Viticulture régénérative : la nouvelle révolution des vignes
Crise profonde, déconsommation durable, taxes à l'exportation… Le marché du vin tente de résister et se réinvente constamment. Grâce à de nouvelles appellations comme dans les côtes-de -provence, avec le cru Sainte-Victoire ; de nouvelles pratiques, toujours plus innovantes à l'instar de la viticulture régénérative (ci-dessous) ; des terroirs surprenants comme le Beaujolais blanc. Enfin, il n'hésite pas non plus à se diversifier en partant à la conquête d'un "Nouveau monde", celui de la cosmétique, en s'appuyant sur les vertus anti-âge des antioxydants du raisin. A l'arrivée : soins capillaires, sérums antitaches, douche et shampoings au pinot noir, Émulsions nettoyantes, lait Corps, etc. Une large gamme pour tous les goûts et tous les besoins. Tous ces produits ne s'imposeront pas un univers déjà très concurrentiel. Mais chacun d'entre eux montre que le secteur du vin n'est jamais à court d'idée et de formules pour se diversifier. Avec une ligne de mire : laisser passer les vents mauvais, tenir pour dessiner des jours meilleurs.
Vins bio AB, ou en biodynamie Demeter ou Biodyvin : de nombreux consommateurs font de ces labels une condition d’achat de leur flacon. Mais la petite feuille verte, qui flotte sur 21 % du vignoble français, ne constitue plus l’alpha et l’oméga d’une viticulture saine et vertueuse. Dans les domaines, un mot nouveau court sur toutes les lèvres : "agroécologie", ou "agriculture régénérative", déclinée en "viticulture régénérative".
Le phénomène...
-
10/07 - Projet de loi agricole : "Il n’y a pas de meilleure façon de relancer la bataille de l’eau"
Le projet de loi d'urgence agricole fait couler beaucoup d'encre, notamment sur la question de l'eau. Voulu par le gouvernement comme un acte de "réconciliation" après les mobilisations des agriculteurs en décembre dernier, le texte a été profondément remanié lors de son passage au Sénat. Tellement qu'il pourrait devenir "une nouvelle loi Duplomb, qui met gravement en péril la démocratie de l’eau et, par conséquent, la garantie d’un partage juste de cette ressource vitale", a indiqué la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut.
Les discussions en commission mixte paritaire, le 16 juillet, s'annoncent tendues. De nombreuses organisations d'élus locaux et d'usagers, dont le poids serait affaibli au profit des préfets et des agriculteurs, se sont insurgées contre ces modifications profondes dans la gouvernance de l'eau. Même le Medef s'inquiète d'un "accaparement sans contrepartie et sans limite" de la précieuse ressource par un seul secteur. "L'Etat, en pensant qu'il réglera seul la question avec la profession agricole, sans les collectivités pour faire les arbitrages, se plante royalement, tranche Thierry Burlot, président du comité de bassin Loire Bretagne et du Cercle français de l'eau. Il n’y a pas de meilleure façon de relancer la bataille de l’eau."
L'Express : Le projet de loi d’urgence agricole est vivement critiqué par de nombreuses organisations : élus locaux, usagers, industriels… Même le Medef sonne l'alerte. Vous qualifiez le texte actuel...
-
10/07 - "On dit de Vincent Bolloré qu’il est difficile de lui refuser quoi que ce soit" : son portrait dans L’Express en 1987
Cet article a été publié pour la première fois le 6 novembre 1987 dans L'Express.Vincent Bolloré, le chevalier breton
Un jour, un homme donna cinq talents à un enfant, puis repartit en voyage, où ses affaires l'appelaient. Ces talents-là étaient plus précieux que les pièces de la parabole : éducation, religion, réseau de relations, goût du travail et esprit vif. L'enfant, sans perdre de temps, travailla, s'obstina et investit tant et tant qu'il décrocha la timbale. Aujourd'hui couronné, même ses adversaires lui reconnaissent toutes les qualités. Face aux bonnes fortunes qui le comblent, lui seul reste de marbre et ne change rien à sa vie ascétique : modeste 205 sans chauffeur, austère bureau dépourvu des gadgets de la fonction, ni tableaux ni plantes vertes, et nulle invitation nonchalamment "oubliée" sur la table. Pour quoi faire ? Il ne s'y rend jamais, Vincent Bolloré n'est pas mondain.
Bavard, encore moins : réponses rapides, phrases ramassées, exposé ténu d'une aventure aux allures de saga. Et, s'il est un "visionnaire"pour ses proches, il faut fouiller longtemps pour débusquer chez lui la moindre extravagance. En voilà un qui donnera du fil à retordre à son biographe. Question d'éducation, sans doute. Catholique et breton. On pourrait finasser, écrire plutôt breton, donc catholique, mais ce serait faire injure à cette foi religieuse qu'il met en pratique aussi bien le dimanche que tous les autres jours dans la tenue de ses affaires : "Courage, transparence,...
-
10/07 - Dominique Bussereau : "Face aux canicules, le vrai sujet n’est plus l’alerte, mais la capacité à agir vite"
Ancien ministre de l'Agriculture et des Transports, président du conseil départemental de la Charente-Maritime jusqu'en 2021, Dominique Bussereau préside aujourd'hui le groupe de réflexion Equilibre des énergies. Alors qu’une grande partie de la France suffoque, aux prises avec la troisième canicule de l’année, il revient pour L’Express sur le manque de préparation de l'Etat face aux vagues de chaleur, le débat — souvent caricatural — autour de la climatisation et les chantiers d'adaptation qui attendent le pays, des infrastructures ferroviaires à la gestion de l'eau pour les cultures. Sa recette pour mieux adapter le pays aux fortes chaleurs ? Un zeste de technologie, de l'électricité décarbonée et surtout, du bon sens.
L'Express : Nous subissons déjà la troisième canicule de l’année. Une série dramatique qui marquera aussi bien les corps que l’esprit des Français. Face à cette situation historique, certains pointent l'impréparation de l'Etat. Partagez-vous ce constat ?
Dominique Bussereau : D’un point de vue historique, la vraie surprise, c’était 2003. À l'époque, le gouvernement était en pleine trêve estivale, les ministres étaient dispersés, et rien ne remontait du terrain — ni des maires, ni des directeurs d'hôpitaux, ni des médecins. Même en tant que parlementaire et élu local depuis des années, je n'avais aucun signal d'alerte. La violence de cette découverte a été réelle, même si l'épisode de 1976 avait déjà pris le gouvernement de l'époque au dépourvu....
-
10/07 - Otan : ce que le sommet d’Ankara a changé pour l’Europe
C’est un cadeau d’adieu peu conventionnel que les chefs d’Etat et de gouvernement ont eu la surprise de recevoir de leur hôte, le président turc Recep Tayyip Erdogan, à l’issue du sommet de l’Otan à Ankara : un revolver à barillet, gravé au nom du bénéficiaire et accompagné d’une boîte de balles réelles. Le message est double : il faut savoir se défendre dans un monde de brutes ; il est temps que les Européens apprennent à le faire. Et ils s’y attellent ! La nouveauté, c’est qu’ils s’y plient de moins en moins pour plaire à l’Amérique et de plus en plus parce qu’ils ont compris combien ils ont besoin de s’armer pour rester crédibles.
L’européanisation de l’Otan, et donc l’émergence d’une défense européenne digne de ce nom, a progressé de plusieurs crans les 7 et 8 juillet à Ankara. Vladimir Poutine y est pour beaucoup. Si le président russe n’avait pas envahi l’Ukraine, s’il ne se disait pas en guerre contre l’Otan, s’il n’agressait pas les Européens par des moyens hybrides, ceux-ci ne se mobiliseraient pas avec autant de détermination. Mais Donald Trump y contribue au moins autant. Si le président américain ne redéployait pas de façon brouillonne ses moyens militaires hors d’Europe, s’il ne se comportait pas de manière brutale et humiliante envers ses homologues du Vieux Continent, ceux-ci ne seraient pas habités par un tel sentiment d’urgence.
"Sans Trump, on ne serait jamais parvenus à dépenser tout cet argent", reconnaissait un participant, sous le sceau de...
-
09/07 - Un satellite pour détecter les armes nucléaires dans l’espace ? L’idée innovante d’un chercheur du MIT
C'est une faille, non pas spatio-temporelle… mais technique. A ce jour, il n'existe aucun mécanisme technique permettant de garantir le respect du Traité de l'espace extra-atmosphérique de 1967. Ce traité sur l'espace, signé par les principales nations spatiales, interdit la mise en orbite d'armes nucléaires. Pour déterminer si un satellite en orbite autour de la Terre contient une arme nucléaire, Areg Danagoulian, professeur associé de sciences et d'ingénierie nucléaire au Massachusetts Institute of Technology (MIT), vient de proposer une méthode qu'il a détaillée dans un article publié dans la revue Nature.
L'idée ? Un système de capteurs embarqués sur satellite, capables de se rapprocher d'un satellite suspecté de transporter des armes nucléaires. Son fonctionnement reposerait sur la détection des neutrons émis lors de l'interaction entre l'uranium de l'engin nucléaire et les protons piégés dans le champ magnétique terrestre. Le satellite de détection d'armes nucléaires proposé pourrait peser moins de 100 kg et être fabriqué à partir de composants disponibles dans le commerce, indique le chercheur auprès du Financial Times.
Areg Danagoulian a calculé qu'un système de capteurs de la taille d'une grande encyclopédie pourrait détecter une arme nucléaire avec une précision de 99 % s'il orbitait à moins de 4 000 mètres du satellite suspect pendant environ une semaine. L'auteur de cette étude estime également que le temps de détection pourrait être réduit à quelques heures...
-
09/07 - L’Italie expulse deux attachés militaires russes pour espionnage
À Rome, la diplomatie russe vient de perdre deux attachés militaires et un peu de discrétion. Le jeudi 9 juillet, le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a annoncé l’expulsion d’Ivan Petrovich Gorbachev et de Mikhail Vasilyevich Astakhov, deux membres de l’ambassade de Russie en Italie, sommés de quitter le pays sous trois jours. Selon Rome, les deux hommes seraient impliqués dans l’enquête ouverte par le parquet de la capitale italienne autour de deux anciens agents des services italiens soupçonnés d’avoir transmis des informations sensibles à Moscou. D’anciens agents dans le viseur
L’affaire commence avec l’arrestation, mardi, de deux anciens membres du renseignement italien. Le principal suspect, Gavino Raoul Piras, 59 ans, ancien des services italiens parti à la retraite en 2012, est accusé d’avoir fourni des informations à un officier russe présenté comme lié au GRU, le renseignement militaire de Moscou. Cinq autres personnes, dont plusieurs militaires italiens en poste dans des services sensibles, sont également visées par l’enquête. Selon les éléments publiés par la presse italienne et internationale, Piras aurait travaillé avec plusieurs sources internes afin de fournir des renseignements à ses interlocuteurs russes. Son avocat conteste toute trahison et affirme que les informations réunies par son client relevaient de sources ouvertes. Les juges italiens, eux, décrivent des documents classifiés, allant du "confidentiel" au "secret", et...
-
09/07 - Le mois de juin a été le plus chaud jamais enregistré en Europe occidentale, selon l’institut Copernicus
Production d'électricité perturbée, écoles fermées... L'Europe occidentale vient de connaître le mois de juin le plus chaud jamais enregistré. Un nouveau record qui illustre l'accélération du réchauffement climatique sur le continent, alors qu'une nouvelle vague de chaleur frappe déjà une partie de l'Europe.
La température moyenne en Europe occidentale a atteint 20,74 °C en juin, soit plus de 3 °C au-dessus de la moyenne observée entre 1991 et 2020, selon les données du service européen Copernicus. À l'échelle mondiale, juin 2026 est devenu le deuxième mois de juin le plus chaud jamais enregistré. La France a enregistré le mois de juin le plus chaud de son histoire, l’Espagne le semestre le plus chaud et la Grande-Bretagne des températures record.Des températures extrêmes
Pour Samantha Burgess, responsable stratégique au Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme, ces records montrent que le changement climatique n'est plus une menace lointaine, mais une réalité qui bouleverse déjà le quotidien des Européens. "Le mois de juin 2026 a mis en évidence l'ampleur du changement climatique", souligne-t-elle. Selon la climatologue, cette évolution favorise des vagues de chaleur plus intenses, un réchauffement durable des océans et une hausse des risques pour les populations comme pour les infrastructures.
Le constat est largement partagé par la communauté scientifique. Joeri Rogelj, climatologue à l’Imperial College de Londres, explique que "le lien...
-
09/07 - République démocratique du Congo : comment l’épidémie d’Ebola pourrait profiter aux rebelles du M23
Le chiffre ne cesse de progresser et les inquiétudes grandissent. Le nombre de cas confirmés d'Ebola en République démocratique du Congo (RDC) a augmenté et atteint 1759, dont 600 décès, selon les dernières données gouvernementales, publiées mercredi. Au cours des dernières 24 heures, 51 nouveaux cas et 20 nouveaux décès ont été recensés. Cette épidémie d'Ebola pourrait devenir la pire de l'histoire, notamment parce que l'espèce du virus, connue sous le nom de Bundibugyo, a été identifiée très tardivement.
L'épidémie mortelle qui sévit dans l'est du pays progresse plus vite que les efforts déployés pour la contenir. Le M23, ce puissant groupe rebelle armé qui s'est emparé de vastes étendues de territoire l'année dernière dans l'est du pays et qui impose depuis des taxes, contrôle les services publics et se présente comme la seule autorité légitime sur leurs zones, pourrait tirer partie de la situation. Comme le détaille le New York Times (NYT), en cas d'explosion de l'épidémie dans les zones densément peuplées qu'elle contrôle, cette milice pourrait utiliser le virus pour tenter de consolider et de renforcer son autorité sur son territoire, qui comprend deux capitales provinciales, Goma et Bukavu. Si le M23 parvenait à contenir Ebola, le mouvement pourrait alors renforcer son image d'autorité légitime, au moment même où le gouvernement congolais peine à maîtriser l'épidémie. Une cellule de crise instaurée par le M23
Lors de l'épidémie de 2018, des centaines de millions...
-
09/07 - Référendum sur l’immigration : pourquoi la mesure phare du RN pour 2027 se heurterait à un mur
"Vous ne nous avez pas essayés" : n’avoir jamais exercé le pouvoir permet d’avancer le plus puissant des arguments électoraux. Il y a alors la force du verbe, la puissance du slogan, le poids de l’imaginaire. "Si je dis qu’on va faire le plan Le Pen pour les banlieues, vous croyez qu’on a besoin d’expliquer ?", avance un responsable du Rassemblement national. "Avec le RN au pouvoir, un immigré ne choisit pas la France", ajoute un autre. Et il y a, en cas de victoire, l’épreuve du réel, quand une formule ne suffit plus à changer la vie, quand on se rend compte que tout n’est pas seulement "une question de volonté".
Sans doute l’élection de Marine Le Pen le 2 mai 2027 susciterait-elle un "état de grâce", voire un "état de souffle". "Si on gagne, ce ne sera pas une victoire par surprise, ce n’est pas un autre 21 avril, observe un dirigeant du mouvement. Avec cette transgression énorme, nous aurions donc surmonté par une force encore plus puissante les forces hostiles, ce qui créerait une mobilisation très puissante et une adaptation des milieux réticents, que l’on constate déjà aujourd’hui avec le Medef."
Un CV singulier en guise de preuve : "Je suis mieux placée pour mener des réformes difficiles car j’en ai pris plein la gueule toute ma vie", avance parfois Marine Le Pen, qui s’adonne désormais à la "pjlisation" des dossiers – "mot affreux", convient-elle, qui annonce la rédaction dès la campagne des projets de loi pour "laisser le moins de place possible à l’inconnu à...
-
09/07 - "La diplomatie était condamnée dès le départ" : les médias américains perplexes face à la stratégie de Trump en Iran
La signature de la paix annoncée par Donald Trump avec l’Iran n’aura pas eu le temps de sécher sur le papier. Mercredi 8 juillet, après de nouvelles attaques contre des sites iraniens, le président américain a estimé que le cessez-le-feu était "terminé". "Je laisserais nos merveilleux négociateurs continuer à parler s’ils veulent, mais je ne vois pas l’intérêt", a-t-il déclaré. Dans les rédactions américaines, chacun a donc repris sa spécialité : les faucons demandent de la fermeté, les réalistes comptent les coûts, les marchés regardent le pétrole, et les chroniqueurs américains essaient de comprendre si la Maison-Blanche a une stratégie ou seulement un calendrier médiatique. La trêve sans mode d’emploi
Le Wall Street Journal (WSJ), fidèle à sa ligne dure sur l’Iran, voit dans ce revirement "une forme de retour au réel". Son éditorial, titré "Trump Tells the Truth About Iran" ("Trump dit la vérité sur l’Iran"), résume la séquence d’une formule acide : "l’âge de l’innocence", portée par J.D. Vance, chargé des négociations, n’aura "duré que trois semaines". Le quotidien conservateur rappelle que Donald Trump avait encore récemment décrit les nouveaux dirigeants iraniens comme des interlocuteurs "rationnels" et "agréables". Mercredi, le vocabulaire avait changé de registre : "menteurs", "tricheurs", "des malades". Pour le journal, la faute initiale se trouve dans "les concessions américaines sur le pétrole", accordées sans garde-fous suffisants ; Téhéran aurait profité de...
-
09/07 - Dans les coulisses de la tribune "Zapper Bolloré" à Cannes : communication, coups de pression et divisions
La réponse était attendue depuis plusieurs jours ; elle s’est faite cinglante. Le 17 mai dernier, dans l’ambiance pesante d’un festival de Cannes plus politisé que jamais, Canal+ reçoit sur la Croisette une série d’invités très influents pour son traditionnel brunch des producteurs. Au micro, Maxime Saada, président du directoire du groupe, se dit "fatigué d’avoir à répéter que Canal+ soutient l’ensemble du cinéma et sa diversité". "Si certains en viennent à qualifier Canal+ de crypto-fasciste, alors je ne peux pas accepter de collaborer avec eux, la limite est là", poursuit-il, évoquant les signataires d’une tribune publiée quelques jours plus tôt par Libération.
Le 11 mai, veille de l’ouverture du 79e festival de Cannes, ce texte paraphé par 600 professionnels du cinéma dénonçait "l’emprise de [Vincent] Bolloré sur le septième art". Rassemblés au sein d’un collectif baptisé "Zapper Bolloré", ses auteurs alertent alors sur "la stratégie d’expansion" de l’homme d’affaires dans l’industrie cinématographique - le groupe Bolloré étant le premier actionnaire du groupe Canal+, lui-même premier financeur du cinéma français, qui a acquis 34 % du capital d’UGC en 2025 et récemment fait savoir qu'il voulait en "prendre le contrôle" d'ici 2028.
"Bolloré sera en position de contrôler la totalité de la chaîne de fabrication des films, de leur financement à leur diffusion sur petit et grand écran", s’inquiètent ainsi les signataires, portés par de grands noms comme Juliette Binoche,...
-
09/07 - Le duel "Farage - Tête de poubelle" qui fascine le Royaume-Uni depuis deux jours
Plus de 40 ans après leur dernier film, les Monty Pythons sont largement dépassés par la réalité. Même les maîtres absolus de l'absurde n'auraient pas pu écrire le scénario de cet été politique britannique caniculaire : alors que Keir Starmer quitte Downing Street et sera bientôt remplacé par l'ex-maire de Manchester Andy Burnham, leur plus grand rival, le populiste Nigel Farage se retrouve à lutter pour son siège de député face à… une poubelle. "Et cette poubelle peut tout à fait l'emporter", reconnaît le journal conservateur The Spectator, bien obligé d'admettre qu'il s'agit là de "la phrase la plus bizarre de son histoire" de 200 ans.
Reprenons. Nigel Farage, père spirituel du Brexit et de Reform UK (25 % dans les sondages, premier parti du pays), est accusé d'avoir touché un "cadeau" de 5 millions de pounds (près de 6 millions d'euros) de la part d'un milliardaire des cryptomonnaies et d'avoir omis de déclarer plusieurs de ses résidences luxueuses au Parlement de Westminster.
Pour prendre de vitesse les enquêtes ouvertes contre lui, le tribun convoque les caméras le 7 juillet et annonce démissionner de son poste de député. Dans la foulée, il dépose sa candidature pour se faire réélire lors de la législative partielle, probablement en août. "Ce sera l'élection du peuple contre l'establishment", décrète Farage, dans son costume impeccable avec vue plongeante sur la Tamise. "Diversion", crient en chœur ses adversaires politiques. Un duel inattendu et décalé s'installe...
-
09/07 - L’adversaire rêvé de Jean-Luc Mélenchon, le SMS d’Eric Ciotti à François Hollande
Le grand rendez-vous de la présidentielle approche, chaque semaine apparaît un nouveau prétendant. Autant dire que la vie politique entre dans une nouvelle phase, ô combien palpitante…Les angoisses du bloc central
L’un des participants au comité de liaison du bloc central a tiré la sonnette d’alarme, passant plusieurs coups de fil auprès de responsables pour dire son inquiétude. Motif : les discussions sur les législatives qui suivraient la présidentielle se passent mal, ou plutôt ne se passent pas du tout. Les amis d’Edouard Philippe préfèrent tergiverser en arguant que le futur président - suivez leur regard - décidera des investitures ; les amis de Gabriel Attal n’entendent pas se laisser faire et comptent défendre chèrement leur peau.Le SMS d'Eric Ciotti à François Hollande
Le maire de Nice Eric Ciotti, à la tête d’un parti allié au RN, tenait beaucoup à la présence des deux anciens présidents de la République, Nicolas Sarkozy dont il a longtemps été proche, et François Hollande, à la cérémonie qui commémorera, autour d’Emmanuel Macron, le terrible attentat du 14 juillet sur la promenade des Anglais, il y a dix ans. Il a personnellement veillé à ce qu’une invitation soit envoyée au socialiste et l’a accompagnée d’un SMS auquel le Corrézien a immédiatement répondu.Une ligue d’anciens ministres contre la loi d’urgence agricole ?
L’hypothétique adoption du projet de la loi d’urgence agricole (les deux chambres parlementaires doivent s’accorder sur une copie commune en...
-
09/07 - Confrontée aux attaques ukrainiennes, la Russie interdit les exportations de diesel
Viser les principales infrastructures pétrolières de la Russie, comme les raffineries de pétrole et les dépôts de carburant. La stratégie de guerre de résistance de l'Ukraine contre Moscou porte ses fruits et a des impacts de plus en plus concrets. Afin de faire face à cette situation, la Russie a instauré mercredi une interdiction des exportations de diesel jusqu'à la fin du mois de juillet.
"Une interdiction d’exportation de carburant diesel a été instaurée aujourd'hui", a annoncé le vice-Premier ministre russe Alexander Novak lors d'une réunion gouvernementale avec Vladimir Poutine mercredi. "Cela nous permettra d'augmenter les livraisons sur le marché intérieur en juillet." Le vice-Premier ministre a indiqué que la situation en matière de carburant restait "complexe" et a reconnu que "la situation actuelle dans les stations-service suscite clairement des inquiétudes au sein de la population".
Le gouvernement a annoncé que cette interdiction des exportations de diesel, qui concerne également les producteurs de ce carburant, restera en vigueur jusqu'au 31 juillet. Les approvisionnements effectués dans le cadre d'accords gouvernementaux préexistants, comme celui conclu avec la Mongolie, seront exemptés de ces restrictions.
Cette décision s'inscrit dans le cadre d'une série de mesures visant à soutenir le marché intérieur des carburants après les attaques systématiques de drones ukrainiens contre des raffineries de pétrole russes. Ces frappes se sont intensifiées ces...
-
09/07 - Missiles Patriot pour l’Ukraine : les limites du feu vert de Donald Trump
C'est une annonce que Kiev attendait depuis longtemps. Le président américain Donald Trump a déclaré, mercredi 8 juillet depuis le sommet de l'Otan, que les États-Unis accorderaient à l'Ukraine la licence pour fabriquer les missiles Patriot - une aide importante pour renforcer sa défense antiaérienne.
Volodymyr Zelensky a plaidé de longue date pour que l'Ukraine obtienne le droit de fabriquer ce système de missiles sol-air, l'une des seules armes véritablement efficaces pour contrer les projectiles balistiques russes, difficiles à intercepter en raison de leur vitesse élevée. Symptôme de cette faiblesse, les responsables ukrainiens ont indiqué le même jour que la capitale, Kiev, avait été à nouveau la cible d'une attaque de missiles au cours de la nuit - la troisième en moins d'une semaine.
"Nous allons vous accorder une licence pour fabriquer des Patriot", a indiqué Donald Trump depuis Ankara. "C'est plutôt cool. Comme ça, vous ne pourrez pas vous plaindre que nous n'en donnons pas assez", a déclaré le président américain lors d'une rencontre avec son homologue ukrainien. "C'est une arme défensive, je préfère cela à une arme offensive", a-t-il ajouté.
Un ton qui contraste avec celui affiché par le président américain au début de son mandat, celui-ci s'étant montré particulièrement rude avec Volodymyr Zelensky, cherchant à le contraindre à accepter un accord asymétrique avec la Russie. Depuis peu, Washington, qui espère un accord rapide avec la Russie pour mettre fin à...
-
09/07 - Pour améliorer la qualité des soins, réduisons le nombre de services chirurgicaux, par le Pr Alain Bernard
La relation entre le nombre d’opérations réalisées par un chirurgien ou par une équipe chirurgicale et la qualité des résultats est l’un des faits les mieux établis de la médecine. En 2002, une étude de référence portant sur 2,5 millions de patients a démontré que la mortalité postopératoire diminue de 12 à 27 % lorsque le chirurgien et l’établissement atteignent un volume seuil. Dès 1979, ce gradient avait été identifié par une équipe américaine. Depuis, des dizaines d’études l’ont confirmé dans le monde entier.
En France, 91 hôpitaux réalisent moins de douze opérations par jour ouvré. C’est un niveau d’activité qui n’existe ni au Danemark, ni aux Pays-Bas, ni en Suède, qui sont les pays européens les plus avancés dans la réorganisation de leur tissu hospitalier. Sur les 772 établissements chirurgicaux français, près de trois sur quatre réalisent moins de 8 000 actes par an. A titre de comparaison, aucun hôpital danois ni néerlandais ne descend sous ce seuil.Un héritage du XXe siècle
Cela ne signifie pas que les chirurgiens français sont moins bons que leurs voisins. Cela signifie qu’ils exercent dans un système qui éparpille l’activité sur un trop grand nombre de sites – un héritage du XXe siècle où la proximité géographique primait sur le volume et la spécialisation.
Avec 772 établissements offrant une activité chirurgicale, le parc français apparaît clairement surdimensionné. Il est 35 fois plus grand que celui du Danemark (22 sites) pour une population 11 fois...
-
09/07 - Bac 2026 : chers lycéens, Raymond Aron n’est pas aussi "chiant" que vous le pensez
"Ne pourrait-on pas dire que la sincérité absolue serait, à la limite, la coïncidence incessamment renouvelée de l’être avec lui-même, le respect absolu des impressions naïves ?" Si la lecture de cette phrase vous a paru laborieuse, vous imaginez sans peine la détresse de milliers d’élèves de terminale, le 17 juin, au moment de découvrir le sujet proposé lors du deuxième jour de l’épreuve de spécialité HLP (Humanités, littérature et philosophie). Tiré de l’Introduction à la philosophie de l’histoire de Raymond Aron, cet extrait a indigné de nombreux candidats au bac, au point de pousser certains à lancer des pétitions réclamant "une remise à niveau des copies ou une procédure de rééquilibrage des notes".
Au lendemain des résultats, le 7 juillet, la colère n’était toujours pas redescendue chez certains bacheliers, déçus de voir leur moyenne générale perdre quelques précieux centièmes – ou pire, une mention - à cause d’une épreuve jugée trop difficile. Au sein même de la grande famille des "aroniens", certains proches, contactés par L'Express, ont trouvé le texte ardu.
Voilà qui ne risque pas de changer l’image de celui à qui l’on a toujours collé l’étiquette d’intellectuel barbant. Comment imaginer qu’un lycéen n’ayant jamais entendu parler de Raymond Aron sorte de cette épreuve avec l’envie de se plonger dans le reste de son œuvre ? "C’est une occasion manquée de le faire découvrir aux nouvelles générations", déplore Perrine Simon-Nahum, directrice de recherche au CNRS,...
-
09/07 - Ruinart, Canard-Duchêne, Bollinger : trois visions du Champagne de demain
Crise profonde, déconsommation durable, taxes à l'exportation… Le marché du vin tente de résister et se réinvente constamment. Grâce à de nouvelles appellations comme dans les côtes-de -provence, avec le cru Sainte-Victoire ; de nouvelles pratiques, toujours plus innovantes à l'instar de la viticulture régénérative ; des terroirs surprenants comme le Beaujolais blanc ; des œuvres d'art en Champagne (ci-dessous). Enfin, il n'hésite pas non plus à se diversifier en partant à la conquête d'un "Nouveau monde", celui de la cosmétique, en s'appuyant sur les vertus anti-âge des antioxydants du raisin. A l'arrivée : soins capillaires, sérums antitaches, douche et shampoings au pinot noir, Émulsions nettoyantes, lait Corps, etc. Une large gamme pour tous les goûts et tous les besoins. Tous ces produits ne s'imposeront pas un univers déjà très concurrentiel. Mais chacun d'entre eux montre que le secteur du vin n'est jamais à court d'idée et de formules pour se diversifier. Avec une ligne de mire : laisser passer les vents mauvais, tenir pour dessiner des jours meilleurs.
Ruinart et le vivant
La plus ancienne maison de champagne poursuit ses "Conversations avec la nature". Une approche mêlant création contemporaine, patrimoine et réflexion environnementale, qu’illustrent trois œuvres in situ récemment réalisées par le plasticien japonais Tadashi Kawamata. Ces installations permanentes dialoguent avec les vignes, les arbres et les crayères de la maison, inscrites au patrimoine...
-
09/07 - Guerre en Iran : nouvelle nuit de frappes après les menaces de Donald Trump
Donald Trump l'avait annoncé ce mercredi 8 juillet, depuis le sommet de l'Otan en Turquie : pour le président américain, le protocole d'accord avec l'Iran, visant à mettre fin à la guerre, est "terminé" après une série d'attaques réciproques. Cette nuit, la région a connu une nouvelle nuit de tensions, après des tirs croisés entre Washington et Téhéran.
Le Commandement central de l'armée américaine (Centcom) a annoncé mercredi soir avoir frappé "90 cibles militaires" contre l'Iran, "afin de détériorer davantage leur capacité à menacer la liberté de navigation dans le détroit d'Ormuz", a-t-il indiqué sur le réseau social X. Ce à quoi a répondu Téhéran, lançant des attaques au Koweït et à Bahreïn, contre des bases militaires américaines.
Les frappes américaines ont visé plusieurs villes le long de la côte méridionale de l'Iran, provoquant des coupures d'électricité et faisant, avec celles de la veille, 14 morts et 78 blessés dans cinq provinces, selon un responsable du ministère iranien de la Santé cité par les médias d'Etat. "Les Etats-Unis tiennent l'Iran pour responsable des récentes agressions injustifiées contre le trafic maritime commercial et les équipages civils dans une voie navigable internationale essentielle", a indiqué l'armée américaine.Détroit d'Ormuz
"Il s'agit d'un châtiment pour les bombardements contre des navires effectués hier par l'Iran. Si cela se reproduit, ce sera bien pire", a écrit pour sa part le président américain sur son réseau Truth...
-
09/07 - Présidentielle 2027 : la stratégie de Marine Le Pen, entre gain de temps et pression sur la justice
Gagne-t-elle du temps décisif ou perd-elle des mois précieux ? Marine Le Pen saute dans l'inconnu avec sa décision de se présenter à la présidentielle malgré sa condamnation dans l'affaire des assistants parlementaires européens, conjuguée à l'annonce d'un pourvoi en cassation contre l'arrêt de la cour d'appel de Paris. Ce recours suspend la peine d'un an de prison ferme sous bracelet électronique prononcée ce mardi, au risque que cette sanction ressurgisse au cœur de la présidentielle, si la Cour de cassation rejetait son pourvoi avec célérité.
Une telle option est possible. Dans un communiqué ce mercredi, la Cour de Cassation annonce qu'elle "pourrait être en mesure de rendre son arrêt au plus tard début avril 2027, avant le scrutin présidentiel". Suffisamment tôt pour entériner une condamnation - à la charge symbolique lourde - en cas de rejet du pourvoi. Mais peut-être trop tard pour contraindre la championne du RN à enfiler un bracelet électronique, tant cette sanction obéit à d'autres délais. Le pari de Marine Le Pen serait alors gagné. Pour justifier ce calendrier non définitif, la juridiction met en avant une série de facteurs - nombre de pourvois, de mémoires, complexité des arguments - tous dénués de teinte politique.
Marine Le Pen, elle, joue la montre. Ses ouailles mettent en musique cette course de lenteur, quitte à faire pression sur l'institution judiciaire. Les cadres du Rassemblement national courent les plateaux télévisés pour exiger que le pourvoi en...
-
09/07 - Pour plus de pluralisme dans les médias "mainstream", par Anne Rosencher
C'est une étude qui commence comme un exercice de vocabulaire et qui finit comme un avertissement. Il y a quelques années, The Economist a passé au crible l'intégralité des discours prononcés devant le Congrès américain entre 2009 et 2022, pour en tirer 430 expressions qui sont autant de marqueurs politiques et culturels : selon que vous employiez l'une ou l'autre, sur la santé, la sécurité, le genre ou l'identité, vous épousez plutôt le point de vue démocrate ou plutôt le point de vue républicain.
Une fois ce lexique établi, l'hebdomadaire a ensuite passé à ce tamis plus de 600 000 contenus publiés entre 2017 et 2022 dans les grands médias américains (242 000 articles de presse et 397 000 transcriptions de télévision) afin de voir si l’on pouvait en tirer des leçons quant à l’orientation de la presse et ses évolutions. Résultat : au cours des cinq années étudiées, les grands médias de référence comme CNN, le New York Times ou le Washington Post, avaient de plus en plus épousé la sémantique démocrate. Ils penchaient déjà de ce côté au début de l'étude, mais en cinq ans, ils n'avaient cessé de se déplacer vers la gauche sur les trois quarts des sujets politiques répertoriés. Pendant ce temps-là, on le sait, Fox News bâtissait ses succès d'audience sur le vocabulaire inverse, brandi de façon outrancière et volontairement provocatrice, favorisant - second ricochet - l'émergence de médias frontalement opposés, radicalement de gauche, eux aussi très doués pour le buzz et les...
-
09/07 - Comment Vincent Bolloré a bâti son empire médiatique
Le passé permet souvent d'éclairer l'actualité. Chaque jeudi, dans notre podcast Hier à la Une, on se plonge dans les archives de L’Express, pour comprendre autrement la couverture du magazine de la semaine.
Le 11 mai dernier, alors que le tapis rouge n’est pas encore déroulé sur les marches du Festival de Cannes, 600 professionnels du cinéma français publient une tribune dans le journal Libération, titrée "zapper Bolloré".
Cette tribune est l’illustration de la bataille culturelle qui se joue aujourd’hui, à moins d’un an de l'élection présidentielle. Une polarisation médiatique et culturelle qui se produit à gauche comme à droite...
Impossible ici de ne pas évoquer le cas de CNews et des autres médias du groupe Bolloré. Ce mastodonte multiplie les appels à l'union des droites derrière le RN, non sans prendre des positions embarrassantes pour les partis, comme son traitement de la guerre en Ukraine et son soutien à Vladimir Poutine.
En face, la ligne de certains médias a évolué, en partie pour répondre au groupe du milliardaire breton. Le banquier d'affaires Matthieu Pigasse assume, avec ses médias comme Radio Nova ou Les Inrocks, de mener une "bataille culturelle" face à l'extrême droite.
Mais comment en est-on arrivé à un tel remodelage du paysage médiatique ? Pour répondre, dans cet épisode d'Hier à la Une, on se replonge dans le parcours de Vincent Bolloré, afin de comprendre son incursion dans la presse, qui remonte au début des années 2000.
RETROUVEZ TOUS...
-
09/07 - Quand l’économie du bien-être produit du mal-être : la toxicité infinie des réseaux sociaux
Toxiques, les réseaux sociaux ? Il y a, en 2026, comme l’impression d’avoir déjà la réponse à la question. Les jugements historiques infligés à Meta (Facebook, Instagram) et Google (YouTube) au printemps, aux Etats-Unis, concernant des affaires d’addiction et de mise en danger de mineurs, en sont une illustration. Pas en reste, TikTok ou X ont aussi fait l’objet d’innombrables enquêtes, rapports et dénonciations. En cause, pour tous, leur inaction face à des contenus dangereux, hors-la-loi, haineux, plongeant les utilisateurs dans le mal-être, la dépression. Ou pire. Certains vont jusqu'à dresser un parallèle avec l'industrie du tabac.
Ce n'est pas la seule part d'ombre du phénomène. Les fondations Jean-Jaurès et April, dans une nouvelle étude publiée ce jeudi 9 juillet, dénoncent la "toxicité invisible" des réseaux sociaux. Leur définition : "Des contenus légaux, souvent bienveillants, parfois même éducatifs, parlent aux jeunes de santé, de sport, d’alimentation, de sommeil et de développement personnel." De l’ordinaire, en somme, qui par la force de la répétition, forge peut-être le plus néfaste : les complexes et névroses de la société de demain.
Car les 15-24 ans, ciblés dans cette étude, ne vont pas seulement faire plus de sport, ou mieux s’apprêter. "Le corps cesse d’être un objet esthétique pour devenir une monnaie symbolique", analyse le document. La jeunesse ajuste son comportement en conséquence. De l'obsession tenace au trouble alimentaire en passant, chez les...
-
09/07 - Derrière la candidature de Marine Le Pen, les ambitions contrariées de Jordan Bardella
Quel esprit ne bat la campagne ? Jordan Bardella contemplait déjà ses châteaux en Espagne. Le jeune président du Rassemblement national était quasiment candidat. La décision de la cour d’appel de Paris, rendue mardi 7 juillet, devait confirmer ce scénario et marquer le premier jour de sa campagne. Ses espoirs ont été douchés nets. Marine Le Pen a finalement écopé d’une peine amoindrie et, si elle se pourvoit en cassation, sera bien candidate à l’élection présidentielle. Adieu, veau, vache, cochon. De potentiel candidat à l’Elysée, Jordan Bardella redevient ce qu'il était à l'origine : l’hypothétique Premier ministre de Marine Le Pen.
Une requalification avec application immédiate. Ce mercredi, dans les rues de La Flèche, où le duo fait sa première apparition officielle, c’est bien Marine Le Pen qui mène la danse. Visage fermé, son numéro 2 déambule à ses côtés, relégué au rang d’accompagnateur et s’assure "ni soulagé ni déçu" : "Je suis extrêmement heureux que nous puissions rentrer en campagne avec Marine", lâche-t-il du bout des lèvres. Tout le monde semble très heureux en ce moment au RN. Lors d'un Conseil national organisé au siège du parti, les cadres ont été informés : la campagne est officiellement lancée et tout va pour le mieux. Jordan Bardella l'a répété : il se dit "heureux et ravi de pouvoir démarrer cette campagne". Julien Sanchez, pour sa part, est "un directeur de campagne heureux". Une rétrogradation qui crée des déceptions
Si la situation le comble, la...
-
08/07 - Au sommet de l’Otan, Donald Trump fait de l’Espagne sa nouvelle cible
Donald Trump avait déjà plusieurs dossiers à distribuer au sommet de l’Otan à Ankara : l’Iran, le Groenland, les dépenses militaires européennes, les alliés jugés insuffisamment mobilisés. Mais mercredi 8 juillet, c’est l’Espagne qui a concentré ses attaques. Aux côtés du secrétaire général de l’Alliance, Mark Rutte, le président américain a accusé Madrid de ne pas assez participer aux dépenses de défense de l’Otan. Puis il a affirmé vouloir "cesser tout échange commercial" avec le pays. La facture militaire
La déclaration a été faite devant les caméras, sous forme d’instruction adressée à son secrétaire du Trésor, Scott Bessent. Donald Trump a qualifié l’Espagne de "cause perdue", affirmé ne plus vouloir "faire affaire" avec elle, et accusé Madrid de traiter Mark Rutte "terriblement". Le premier reproche porte toutefois sur les dépenses militaires. Donald Trump veut pousser les alliés de l’Otan à consacrer 5 % de leur PIB à la défense. L’Espagne, elle, affirme pouvoir respecter ses engagements avec 2,1 % du PIB. Madrid rappelle aussi avoir augmenté sa contribution et participé à plusieurs missions de l’Alliance. Selon les éléments rapportés par le journal El País, le pays a notamment confirmé son engagement dans une opération en Finlande destinée à défendre l’Atlantique et l’Arctique. Le désaccord ne porte donc pas sur la présence espagnole dans l’Otan, mais sur la manière de chiffrer l’effort demandé.
Un second sujet s’ajoute au premier : l’Iran. Washington reproche à...
-
08/07 - Ce profil qui vous distinguera des autres à l’ère de l’IA, par David Brooks
Vous souvenez-vous de l'époque où l'on assurait que l'IA allait prendre nos emplois et laisser les humains sans rien à faire ? Jusqu'à présent, ce scénario ne semble pas se réaliser. Ayant analysé l’activité numérique de plus de 10 000 employés, des chercheurs d’ActivTrak ont constaté que lorsque les gens adoptent l’IA, leur vie professionnelle devient plus intense, et non l’inverse. Le temps qu'ils consacrent aux mails, à la messagerie et aux applications de chat a plus que doublé. Leur utilisation des logiciels professionnels a elle augmenté de 94 %.
Des chercheurs de la Haas School of Business de l’université de Berkeley ont observé que, lorsqu’ils utilisent l’IA, les employés se mettent à assumer des tâches qu’ils avaient auparavant externalisées, des activités telles que le codage et l’ingénierie devenant plus faciles à réaliser. Ils enchaînent des pics d’activité le soir, le week-end, dans les salles d’attente et dès qu’ils ont un moment de libre et que l’IA est à portée de main. Ils pratiquent également beaucoup plus le multitasking, supervisant toute une série de bots effectuant différentes tâches simultanément.
La tendance générale mise en évidence par cette étude est que de nombreuses personnes n’utilisent pas le temps qu’elles gagnent grâce à l’IA pour en faire moins ; elles s’en servent pour se lancer dans de nouvelles tâches. L’IA semble également modifier les attentes des employés, ainsi que celles de leurs supérieurs, quant au volume de travail qu’ils...
-
08/07 - "Marine, c’est Marine" : dans le bassin minier, des électeurs RN prêts à tout pardonner à leur candidate
En quelques secondes, le visage de Marie-Pascale passe de l’inquiétude au soulagement. "Oh non mais c’est pas vrai !", s’indigne cette mère de famille lorsque nous lui apprenons, ce mardi 7 juillet, que la Cour d’appel de Paris vient bien de condamner Marine Le Pen à trois ans de prison, dont un an ferme à effectuer sous bracelet électronique. Apaisement immédiat lorsque nous lui précisons que sa peine d'inéligibilité a été réduite à 45 mois, dont 30 avec sursis - ce qui permettra à la cheffe de file du Rassemblement national (RN) de se présenter théoriquement à l’élection présidentielle de 2027. "Ah, tout va bien alors", lâche cette habitante de Bruay-la-Buissière, commune du Pas-de-Calais située à quelques kilomètres de Béthune, en plein coeur du bassin minier. La bourgade a la particularité d’avoir été, en 2022, la ville de plus de 10 000 habitants ayant le plus voté pour Marine Le Pen au second tour de l’élection présidentielle… Avec plus de 69 % des voix.
"Elle ne mérite pas ce qui lui arrive. En plus, il n’y a pas qu’elle qui détourne de l’argent !", estime Marie-Pascale, effaçant d’un revers de main le constat très ferme des magistrats : Marine Le Pen et onze autres membres de son parti ont été déclarés coupables de détournements de fonds publics, via un système consistant à faire financer par le Parlement européen des assistants parlementaires qui travaillaient en réalité pour le Front national (FN), devenu ensuite le RN. Les faits, qualifiés de "graves" par la...
-
08/07 - "Agiter l’épouvantail du facho pour faire monter LFI" : Radio Nova, les dessous d’un virage militant
Sur la table en plastique d’un bar-tabac, une Marlboro rouge se consume d’elle-même jusqu’au filtre tandis qu’un verre de menthe à l’eau estampillé Frigolet (une marque de sirop née à la fin du siècle dernier) défie la canicule. Leur propriétaire vient de s’engouffrer côté comptoir pour participer au karaoké improvisé par deux habitués sur un tube bien connu des années 1980 : Une autre histoire, composée par Gérard Blanc. Savoureux hasard typique de la loterie des ondes. Ici, à Riorges (42), la radio est branchée sur Nostalgie. Ici, on ignore tout de la tournée d’une autre chaîne, la très branchée Radio Nova, qui ne possède même pas de fréquence FM dans le coin, mais qui vient tout de même, cet après-midi, faire une escale à une dizaine de minutes à pied, au parc Beaulieu, pour s’y produire en direct. Depuis la mi-juin, pour achever la deuxième saison de La Dernière, son émission phare, l’équipe sillonne la France des moins de 50 000 habitants à la rencontre de son public non parisien.
A première vue, l’opération aurait pu tourner au fiasco, tant Radio Nova, rachetée par le banquier d’affaires millionnaire Matthieu Pigasse en 2015, hérite d’une image parisienne et branchée. Mais pour qui aurait eu vent de l’ascension de la station, dont l’audience a été multipliée par quatre en deux ans, la présence des quelque 4500 spectateurs dénombrés par les organisateurs n’aura rien d’une surprise. A plus forte raison au vu du succès rencontré par la fameuse émission La Dernière,...
-
08/07 - Ukraine : ces sanctions de plus en plus utilisées par Volodymyr Zelensky contre ses opposants
C'est une loi adoptée en 2014, année où la Russie a déclenché une guerre en annexant la Crimée ukrainienne et en envahissant les oblasts de Donetsk et de Louhansk, dans l'est du pays. Elle était initialement conçue comme un outil de lutte contre Moscou. Le président ukrainien de l'époque Petro Porochenko a utilisé un mécanisme de sanctions principalement pour cibler la Russie et ses alliés qui constituent une menace pour la sécurité nationale.
Mais, depuis 2021, sous la présidence de Volodymyr Zelensky, le Conseil national de sécurité et de défense de l'Ukraine (NSDC) applique des sanctions contre ses propres citoyens, parfois sans décision de justice, sur la base de renseignements ou d'informations fournis par le Service de sécurité d'Ukraine (SBU). Les responsables pro-russes ne sont désormais plus les seuls visés : des personnalités critiques ou des opposants au président ukrainien sont concernés, selon une enquête de Kyiv Independent parue mardi.
Le tournant s'est ainsi produit un an avant le début de la guerre totale entre la Russie et l'Ukraine, lorsque Volodymyr Zelensky a commencé à utiliser des sanctions contre des personnalités pro-russes qui n'avaient pas été sanctionnées par le système judiciaire du pays, explique le média en ligne ukrainien de langue anglaise. Le chef d'Etat a à l'époque pris pour cible le député pro-Kremlin Viktor Medvedchuk et les chaînes de télévision qui lui étaient liées, critiques à son égard. Ces sanctions ont alors été largement...
-
08/07 - Donald Trump envisage de rouvrir à la Turquie l’accès aux F-35, malgré les sanctions américaines
Il existe des cadeaux diplomatiques bien plus simples qu’un avion militaire. Mais Donald Trump mise sur le sensationnel : rouvrir la porte des F-35 à la Turquie. Mardi 7 juillet, au sommet de l’Otan à Ankara, le président américain a déclaré qu’il allait lever les sanctions visant la Turquie et qu’il prendrait une décision sur une éventuelle vente de F-35 à Ankara. "Pourquoi ne le ferions-nous pas ?", a-t-il résumé, assis aux côtés de Recep Tayyip Erdogan, président de la Turquie, avant d’ajouter que le pays s’était montré, selon lui, "plus loyal" que d’autres alliés.
Le sujet n’a pourtant rien d’un caprice de sommet. En 2019, Washington avait exclu Ankara du programme F-35, après l’achat par la Turquie du système de défense antiaérienne russe S-400. Le Pentagone expliquait alors que la Turquie ne pouvait pas avoir "à la fois" le S-400 et le F-35, de peur que Moscou n’apprenne à mieux détecter les capacités de furtivité de l’appareil américain. La Turquie devait acheter 100 F-35 et fabriquait plus de 900 pièces du programme. Au final, tout cela fut "découplé" avec méthode. Le verrou juridique
Depuis, le dossier est resté coincé entre la géopolitique et le droit. Les sanctions imposées à Ankara relèvent du CAATSA, la loi américaine adoptée en 2017 pour sanctionner notamment les transactions sensibles avec la Russie. Le mois dernier encore, Marco Rubio expliquait que l’administration restait liée par la loi tant que la Turquie n’avait pas réglé le problème du S-400. Selon...
-
08/07 - La guerre des détroits aura bien lieu - Notre série d’été
-
08/07 - Détroit de Taïwan : le passage maritime qui pourrait faire vaciller le monde
La crise d'Ormuz l'a bien montré, les détroits jouent un rôle vital dans le commerce mondial. De Malacca à Béring, en passant par le Bosphore, L'Express vous invite à un voyage dans ces lieux emblématiques, où se joue l'avenir du monde.
A croire que cela tourne à l’obsession. Chaque année, les exercices militaires chinois simulant un encerclement de Taïwan deviennent plus réalistes… et menaçants. Lors de l’opération "Mission Justice 2025", fin décembre, une trentaine de navires de guerre et de garde-côtes entourent l’archipel, soutenu par 130 avions et drones. Le lendemain, les tirs réels s'enchaînent. Jamais des roquettes n'étaient tombées aussi près de l'île principale, au large des ports de Keelung (nord) et Kaohsiung (sud-ouest).
Les Taïwanais redoutent désormais que Pékin, qui considère leur territoire comme sien et s'est juré de le "réunifier" avec le continent, ne déclenche un véritable blocus. Une hypothèse jugée bien plus crédible qu’une invasion. Selon la plupart des experts, la Chine n'est en effet pas prête pour une attaque amphibie, d’une complexité inouïe. Un débarquement nécessiterait des centaines de milliers de soldats et une coordination étroite entre des forces navales, aériennes et terrestres qui n’ont pas combattu depuis 1979 (contre le Vietnam). La flotte devrait d’abord traverser sous le feu taïwanais un détroit aux eaux agitées, que les marins chinois de l'ère Qing appelaient le "fossé d'eau noire" - un dicton avertissait alors que "sur dix qui...
-
08/07 - Comment Donald Trump a dynamité le sommet de l’Otan
Les Européens s’attendaient à un sommet de l’Otan plutôt serein à Ankara, après tout le mal qu’ils se sont donné pour augmenter leurs dépenses de défense. C’est raté. Donald Trump a dynamité la rencontre ce mercredi en mettant brutalement sur la table une série de sujets de discorde transatlantique : le Groenland, l’Iran, le retrait des forces américaines d’Europe, le commerce…
En quelques phrases, l’irascible président américain a fait voler en éclat les certitudes de ceux qui pensaient pouvoir l’apaiser en sortant leur carnet de chèques. L’idée de renoncer à tenir un sommet de l’Otan l’an prochain a soudain gagné en popularité dans les rangs européens. Pour la première fois depuis longtemps, la déclaration finale du sommet, publiée à la fin de la rencontre mercredi, ne mentionne ni date ni lieu pour une prochaine rencontre entre chefs d’Etat et de gouvernement des 32 Etats membres. Le secrétaire général, Mark Rutte, a seulement précisé qu'elle aurait lieu "en Albanie".
Est-ce le début de la fin pour l’Alliance atlantique ? On n’en est pas là. Mais l’Otan sort affaiblie plutôt que renforcée d’une réunion qui était censée manifester son unité retrouvée à un moment crucial, alors que la menace russe sur son flanc oriental reste toujours aussi vive. Le sommet n'aura réussi qu’à prouver combien le fossé continuait à se creuser entre l’Amérique et ses alliés.
Il y a un an au sommet de La Haye, c’était l’inverse : Européens et Canadiens s’attendaient à une explosion de...
-
08/07 - Guerre en Ukraine : "Varyag", cette nouvelle brigade de drones "impressionnante" déployée par la Russie
Une "évolution préoccupante". Brendan Kelley est inquiet. Dans un article publié sur sa plateforme en ligne Substack, l'analyste militaire décrit la façon dont la Russie serait en train de déployer sur le front ukrainien sa 50e brigade de drones, baptisée "Varyag", au sein des forces russes spécialisées dans les systèmes sans pilote. Celle-ci "témoigne de la volonté de Vladimir Poutine d'étendre les capacités létales de la Russie en matière de systèmes aériens sans pilote (UAS) sur l'axe de Kherson ainsi que sur l'ensemble du front", indique-t-il.
Cette nouvelle formation - à ne pas confondre avec le croiseur Varyag, déployé par la marine russe pour participer à des exercices conjoints avec la marine chinoise - utiliserait pratiquement toutes les catégories de systèmes aériens sans pilote de l'arsenal russe, y compris les drones de combat Shahed à longue portée. Cela semble créer une structure organisationnelle d'une ampleur inhabituelle, regroupant la quasi-totalité des capacités en matière de drones au sein d'une seule formation, explique Brendan Kelley. La 50e brigade aurait été constituée à partir de la "GROM Kaskad", une unité créée en 2023 au sein des Forces aérospatiales russes (VKS). Vers le mois d’août 2025, cette formation aurait commencé à utiliser des drones Shahed pour mener des attaques contre l’Ukraine.
Contrairement aux formations de l'armée conventionnelle, "Varyag" relèverait directement de l'état-major général russe, et non d'un commandement...
-
08/07 - Frappes sur l’Iran : les troublantes failles du ciblage de l’armée américaine
Que vaut une alerte si personne ne l’écoute ? Selon CNN, de hauts commandants américains auraient approuvé des frappes en Iran malgré des avertissements internes indiquant que certains renseignements étaient obsolètes. L’une de ces frappes, menée le 29 février à Minad, dans le sud du pays, a touché l’école Shajareh Tayyiba, alors que la cible visée était une installation voisine des Gardiens de la révolution, organisation paramilitaire chargée de protéger la République islamique d'Iran. Ces révélations interviennent alors que Washington a de nouveau frappé l’Iran, mardi 7 juillet, après des attaques contre des pétroliers dans le détroit d’Ormuz.
Après la frappe meurtrière de février sur une école, les médias d’Etat iraniens avaient comptabilisé au moins 168 enfants et 14 enseignants tués. Si Washington a toujours affirmé ne pas viser les civils, une enquête militaire a été ouverte dans les jours suivant la frappe. Plusieurs mois plus tard, elle n’a toujours pas été rendue publique. La Maison-Blanche assure qu’elle est encore en cours, le Pentagone renvoie les questions au Commandement central, qui refuse de commenter pour la même raison.
Selon l'enquête de CNN, publiée mardi 7 juillet, l’affaire ne tient pas à une absence totale d’information. C’est même ce qui la rend embarrassante. Les alertes existaient, puisqu’elles figuraient dans les systèmes utilisés par l’armée américaine pour préparer ses listes de cibles de bases militaires. Ces messages indiquaient que...
-
08/07 - Marine Le Pen, candidate miraculée à la présidentielle de 2027
Le tribunal correctionnel de Paris a condamné, le 31 mars 2025, la cheffe de file du Rassemblement national à quatre ans de prison, dont deux ferme aménagés sous bracelet électronique, mais surtout à cinq ans d’inéligibilité avec application immédiate, dans l’affaire des assistants parlementaires européens. Une décision très lourde, qui entérine pour l’instant ses espoirs d’une quatrième candidature à l’élection présidentielle en 2027. Héritière d’un parti fondé par son père, Marine Le Pen a patiemment établi une transition identitaire du FN au RN, jusqu’à s’imposer comme finaliste des deux derniers scrutins présidentiels. À 56 ans, la présidente du groupe RN à l’Assemblée nationale voit brutalement stoppée une trajectoire patiemment construite depuis son arrivée à la tête du parti en 2011. Le 6 avril, ses soutiens se sont rassemblés place Vauban, à Paris, dénonçant une justice « politique ». Une décision en appel est attendue au début de l’été 2026. D’ici là, le Rassemblement national retient son souffle.
-
08/07 - Donald Trump et le cessez-le-feu en Iran : "En ce qui me concerne, c’est terminé"
Voici l’intégralité des déclarations du président américain Donald Trump au sommet de l’Otan ce jeudi 8 juillet à Ankara, annonçant sa décision de mettre un terme à l'accord qu’il a conclu le mois dernier avec l’Iran. Sa déclaration a fait suite aux frappes iraniennes qui ont ciblé trois navires commerciaux près du détroit d'Ormuz et qui ont déclenché un nouveau cycle de violences réciproques pendant la nuit.
Un journaliste interroge Trump : "Le cessez-le-feu est-il terminé, fini ? Le protocole d'accord est-il mort ?" Ce protocole, dit mémorandum d’Islamabad, a été approuvé le 17 juin, séparément, par le président iranien, Massoud Pezeshkian, et par Donald Trump. Le premier l’a signé à Téhéran et le second, le même soir, lors d'un dîner offert par le président Emmanuel Macron au château de Versailles, à la suite du G7 d’Evian.
Donald Trump répond au journaliste : "C'est une question très intéressante. Pour moi, je pense que c'est terminé. Je ne veux plus avoir affaire à eux [NDLR : les Iraniens], ce sont des ordures. Vous savez ce que sont des ordures ? Ce sont des ordures. Ce sont des gens malades. Ils sont dirigés par des gens malades. Et ce sont des gens vicieux, violents. Et s'ils avaient une arme nucléaire, ils l'utiliseraient. En ce qui me concerne, c'est terminé.
Je vais parler à nos négociateurs, ils veulent négocier, ce sont de bonnes personnes, Steve Witkoff, Jared Kushner. Mais ils doivent revenir vers moi. En ce qui me concerne, c'est une perte de temps de...
-
08/07 - Avalanche de CV à la DGSE, un polytechnicien à la tête de la Direction du renseignement militaire
La CIA noyaute l’entourage du président vénézuélien, le Mossad israélien piège les bipeurs du Hezbollah, les espions de Poutine payent des petites mains pour dessiner des étoiles de David dans Paris… Si vous ne vous intéressez pas au monde de la défense et de l’espionnage, c’est lui qui s’intéressera à vous. Retrouvez, chaque semaine, notre sélection d'indiscrets exclusifs en France... et notre revue de presse des nouvelles les plus saillantes en Europe. Coup de théâtre autour d’Exail Technologies
Revirement de dernière minute dans l’acquisition du spécialiste franco-belge des drones marins, Exail Technologies. Thales a repris la main en proposant une offre légèrement supérieure à celle soumise par Safran la semaine passée, et écartée dimanche 5 juillet. "Je ne dirais pas que Safran était notre premier choix", a indiqué Raphaël Gorgé, le PDG d’Exail, au sujet du motoriste français, avec lequel les négociations ont achoppé le 3 juillet. Son entreprise prévoit 20% de croissance sur un marché en pleine expansion, celui de la lutte sous-marine robotisée, équivalent aujourd’hui à 85 milliards d’euros. "Et à huit fois plus demain", d’après le PDG de Thales, Patrice Caine.Un polytechnicien à la tête de la DRM
Le général Patrick Justel devrait très prochainement être nommé à la tête de la Direction du renseignement militaire (DRM). Issu de l'école Polytechnique, cet officier a notamment servi au 54e régiment de transmissions, spécialisé dans la guerre électronique. Il est...
-
08/07 - Marine Le Pen condamnée mais candidate à la présidentielle : "un risque considérable" vu de l’étranger
La famille Le Pen sera bien représentée à l’élection présidentielle. Marine Le Pen a annoncé mardi 7 juillet sur TF1 sa candidature pour le scrutin de 2027, dans la foulée de sa condamnation pour détournement de fonds publics par la Cour d'appel de Paris. La députée du RN a été condamnée en appel à trois ans de prison, dont un an ferme aménageable sous surveillance électronique, et 45 mois d'inéligibilité dont 30 avec sursis, dans l'affaire des assistants parlementaires du Front national, devenu Rassemblement national.
"J'ai été heureuse qu'on rende aux Français leur liberté de voter", a-t-elle dit à propos du jugement prononcé en appel. "Les Français seront juges car ils vont avoir la liberté de choisir, ce qui jusqu'ici n'était pas le cas."
La cheffe de file du RN a indiqué qu'elle allait se pourvoir en cassation. "J'ai les mains propres et je me pourvois en cassation pour le démontrer", a-t-elle déclaré au 20H de TF1. "Je veux aller au bout des voies de recours qui me sont offertes pour défendre mon innocence dans ce dossier." Elle a justifié sa candidature : "J’avais indiqué que je ne ferai pas campagne sous bracelet électronique. Mais comme j’ai la possibilité de faire un pourvoi en cassation (...) et que le pourvoi suspend les effets de l’arrêt, je ferai campagne sans bracelet électronique", a précisé la présidente du groupe RN à l'Assemblée nationale, persuadée qu'elle n'aura pas à faire campagne sous bracelet électronique, et qui a dix jours pour se pourvoir en...
-
08/07 - Etats-Unis : accusé de viol, Graham Platner perd le soutien de ses alliés démocrates
Des membres du parti démocrate appellent Graham Platner à se retirer de la course au Sénat. Jenny Racicot, une femme de 41 ans, a déclaré avoir été violée par le candidat, cinq ans auparavant, ont rapporté lundi 6 juillet Politico et CNN.
L'homme politique a qualifié, dans un communiqué, ces "allégations" de "troublantes, graves et fausses", sans indiquer s’il envisage de suspendre ou de mettre fin à sa campagne. "Nous prenons le temps de réfléchir à la meilleure voie à suivre", a-t-il ajouté par la suite.
Cette affaire s’inscrit dans un contexte politique plus large : les élections de mi-mandat. De fait, le Maine est devenu un Etat clé dans la stratégie démocrate de reconquête du Sénat, où le parti dispose de 47 sièges, contre 53 pour les républicains. Seuls quelques sièges sont jugés réellement compétitifs, dont le Maine, aux côtés de la Caroline du Nord, de l'Ohio, du Texas et de l'Alaska.
Le siège de Susan Collins, sénatrice républicaine du Maine, est l’une des cibles de la campagne des démocrates pour obtenir le contrôle majoritaire du Sénat lors des élections. Graham Platner incarne ainsi une chance face à Susan Collins et une source d'inquiétude croissante pour une partie des démocrates.Des "allégations graves et crédibles"
Pour la direction du Parti démocrate du Maine, il est inconcevable de continuer à soutenir le candidat. Le président du mouvement dans l'Etat Charlie Dingman, la vice-présidente Imke Schessler et le directeur exécutif Devon Murphy-Anderson...
-
08/07 - Quand le beaujolais s’habille aussi en blanc
Crise profonde, déconsommation durable, taxes à l'exportation… Le marché du vin tente de résister et se réinvente constamment. Grâce à de nouvelles appellations comme dans les côtes-de -provence, avec le cru Sainte-Victoire ; de nouvelles pratiques, toujours plus innovantes à l'instar de la viticulture régénérative ; des terroirs surprenants comme le Beaujolais blanc (ci-dessous). Enfin, il n'hésite pas non plus à se diversifier en partant à la conquête d'un "Nouveau monde", celui de la cosmétique, en s'appuyant sur les vertus anti-âge des antioxydants du raisin. A l'arrivée : soins capillaires, sérums antitaches, douche et shampoings au pinot noir, Émulsions nettoyantes, lait Corps, etc. Une large gamme pour tous les goûts et tous les besoins. Tous ces produits ne s'imposeront pas un univers déjà très concurrentiel. Mais chacun d'entre eux montre que le secteur du vin n'est jamais à court d'idée et de formules pour se diversifier. Avec une ligne de mire : laisser passer les vents mauvais, tenir pour dessiner des jours meilleurs.
Lorsqu’on évoque le Beaujolais, on pense souvent au vin nouveau, fréquemment aux crus (morgon, saint-amour, brouilly, moulin-à-vent, fleurie…), mais plus rarement au blanc. Pourtant certains terroirs argilo-calcaires de la région se prêtent parfaitement à la culture du chardonnay, notamment aux portes du Maconnais, au nord de l’appellation, où ils peuvent prendre le nom de communes telles Leynes ou Lantignié, et dans les Pierres Dorées, au sud....
-
08/07 - Marine Le Pen : comment son pourvoi en cassation pourrait se retourner contre elle
Et si Marine Le Pen avait rouvert elle-même le piège dont elle croyait être sortie ? Quelques heures après le verdict de la cour d’appel de Paris, la députée du Rassemblement national a annoncé sur le plateau du 20H de TF1 qu’elle serait candidate à la présidentielle de 2027. Ayant accompli depuis le 30 juin dernier les 15 mois d’inéligibilité auxquels l’ont condamné les juges d’appel, rien, selon ses dires, ne l’empêche de briguer une quatrième fois la fonction suprême. Rien, sinon cette condamnation à un an de prison ferme sous surveillance électronique. Une semaine avant son jugement en appel, Marine Le Pen avait elle-même écarté l’idée de mener campagne avec un bracelet à la cheville.
Alors, pour ne pas donner le sentiment de se dédire totalement, la patronne honoraire du RN a annoncé, dans le même mouvement, son intention de se pourvoir en cassation - une démarche qui suspend automatiquement l’application de la décision de la cour d’appel et gèle donc, pour l’heure, le port du bracelet électronique. Une façon, ont admis hier ses avocats sur le plateau de C à vous sur France 5, de gagner du temps. L’épisode que beaucoup imaginaient clos au soir du 7 juillet ne l’est donc pas tout à fait. En se pourvoyant elle-même en cassation, Marine Le Pen prolonge son calvaire judiciaire ; un pari risqué.
Car si la présidente honoraire du RN a martelé qu’aucune autre décision de justice ne pourrait la priver d’être candidate les 18 avril et 2 mai prochains, des doutes persistent...
-
08/07 - Malouines : derrière le feu mal éteint de la guerre, des enjeux géostratégiques vertigineux
Un demi-siècle, ou presque, après la guerre des Malouines, l’archipel britannique du même nom demeure un sujet hautement inflammable en Argentine. Il aura suffi de la révélation, en avril, d’un courriel interne au Pentagone pour réveiller le souvenir traumatique de la défaite militaire face à la Royal Navy, en juin 1982. Et raviver l’espoir jamais éteint d’une reconquête des Malvinas, le nom espagnol de cet archipel perdu et venteux, composé de deux grandes îles, quelques pubs anglais, 3 600 habitants - les "Kelpers" - et d'un million de manchots.
Dans cet e-mail rédigé par Elbridge Colby, sous-secrétaire à la Défense de la Maison-Blanche, on peut lire que les Etats-Unis n'excluent pas de revoir leur soutien diplomatique aux "possessions impériales" européennes. L’objectif ? Punir les pays du Vieux Continent pour leur manque de soutien à la guerre américano-israélienne en Iran. La note mentionne explicitement les Iles Falklands (le nom anglais des Malouines), ce qui vise directement le Premier ministre britannique Keir Starmer - qui a démissionné depuis -, accusé à l'époque par Donald Trump de n’être "pas d'une grande aide" malgré la "relation spéciale" qui unit Londres et Washington depuis Winston Churchill. Milei saute sur l'occasion
Après la fuite du "mémo" d'Elbridge Colby dans la presse, le président argentin Javier Milei – fervent soutien de Washington et de Tel-Aviv– déclarait qu'il faisait "tout ce qui est humainement possible" pour récupérer les Malouines, se...
-
08/07 - Le Lafayette Fellowship, une bourse pour former la future élite américaine francophile
Ils vont découvrir la France sous son meilleur jour. Le défilé du 14-Juillet, sur invitation du président de la République. Une visite privilégiée du musée du Louvre et du Mucem de Marseille. Le tour des laboratoires de Pasqal, champion tricolore du quantique. Une immersion artistique au festival d’Avignon et aux Rencontres photographiques d’Arles… Trente étudiants américains démarrent en ce mois de juillet une année hors-norme, après avoir décroché une bourse auprès de la Villa Albertine, le service culturel de l’ambassade de France aux Etats-Unis. Admis dans la première cohorte de ce programme, baptisé "Lafayette Fellowship", ces disciples de Columbia, Yale ou Stanford s’apprêtent à intégrer un master à Paris Saclay, l’Ecole normale supérieure, Supaero ou encore HEC. Fine fleur sélectionnée parmi 3 400 candidatures, au terme de plusieurs étapes de sélection, jusqu'à un ultime jury présidé par l’économiste nobélisée Esther Duflo.
A peine arrivés en France, les heureux élus ont été conviés à la commémoration des 250 ans de l’indépendance de l’Amérique sous les ors de Versailles. Parmi eux, Braeden Carroll, étudiant de Princeton de 22 ans qui n’avait jamais quitté sa "bulle" du New Jersey, fera sa rentrée de septembre à l’Ecole Polytechnique pour suivre un master Energy Environment. Avec d’autant plus d'enthousiasme que "les prochaines avancées en matière d’énergies renouvelables viendront d’Europe plutôt que des Etats-Unis", estime le futur ingénieur. Sa compatriote née...
-
08/07 - Frappes américaines en Iran, riposte de Téhéran : la trêve vacille au Moyen-Orient
L'armée américaine a mené, mardi 7 juillet, de nouvelles frappes en Iran après avoir suspendu plus tôt dans la journée l'autorisation temporaire accordée à Téhéran de vendre son pétrole dans le cadre du protocole d'accord signé le mois dernier par les deux pays, dont Donald Trump a jugé mercredi qu'il était "terminé".
Le Commandement central de l'armée américaine (Centcom) a annoncé avoir lancé une série de frappes en "réponse" aux attaques imputées à Téhéran de trois pétroliers près du détroit d'Ormuz. "L'agression de l'Iran était injustifiée, dangereuse et une violation évidente du cessez-le-feu", a écrit le Centcom sur le réseau social X.
Les médias iraniens ont rapporté que plusieurs explosions avaient visé les ports de Sirik et Bandar Abbas, dans le sud de l'Iran, ainsi que l'île de Qeshm, sans fournir davantage de détails. Le commandement central américain a déclaré que plus de 60 petites embarcations du Corps des Gardiens de la révolution islamique figuraient parmi les cibles touchées.
Un responsable américain a déclaré à Reuters que l'armée avait visé les systèmes de défense aérienne, des systèmes de surveillance côtière, des missiles et des sites de lancement de drones en Iran lors des dernières frappes qu'elle a effectué.Bahreïn et le Koweït visés
En réponse, les Gardiens de la révolution iraniens ont déclaré mercredi avoir ciblé des sites militaires américains à Bahreïn et au Koweït. Dernier coup porté au fragile accord de cessez-le-feu, les Iraniens...
-
08/07 - "Que se passera t-il si le RN arrive au pouvoir ?" : la présidentielle obsède déjà le Parlement européen
Ile Longue, 29 juin. Une poignée d’eurodéputés pénètrent d’un pas hésitant dans l’un des bâtiments de la base stratégique. Saisis par la solennité du lieu, ils croient entendre, à nouveau, le discours qu’y a prononcé Emmanuel Macron le 2 mars, devant les plus hautes autorités militaires. En songeant à la nouvelle doctrine, la "dissuasion nucléaire avancée", ils sont pris d’un vertige : qui sera, en 2027, le chef des armées de la seule puissance dotée de l’UE ? Deux Néerlandais brisent l’imposant silence et se tournent vers Nathalie Loiseau : “Que se passera-t-il si le RN arrive au pouvoir ? Plus de dissuasion avancée ? Plus de défense européenne ? Plus de France dans le commandement intégré de l’Otan ? Mais ce n’est pas possible !" Le 22 juin, la députée européenne Renew, qui soutient Edouard Philippe, répondait aux mêmes questions après l’audition, à Bruxelles, de la ministre déléguée aux Armées Alice Rufo. Strasbourg n’est pas si loin de Paris et tout le monde a compris l’importance de l’enjeu de la campagne présidentielle française.
"Pas un jour ne passe sans que l’on m’en parle, assure François-Xavier Bellamy. Toute l’Europe nous regarde". Ce 7 juillet, justement, on lui en parle. "Alors ?", s’enquiert un eurodéputé allemand lorsque la décision de la cour d’appel tombe. "On ne sait pas trop, on est suspendus au 20 heures de Marine Le Pen", répond Bellamy. "Qu’est-ce que c’est long votre histoire…”, lâche, hilare, l’élu allemand. Si on lui en parle, l’inverse est...
-
08/07 - De la prison au palace : "Privilèges" ou le choc social en vitrine, par Christophe Donner
Malgré mes déboires avec HBO et sa calamiteuse série à gros succès, Heated Rivalry, je me suis encore laissé influencer par les dithyrambes parus dans la presse sérieuse, mais décidément complaisante, pour une autre série gay-friendly, Proud. C’est l’histoire d’un jeune modèle super sexy qui, à la suite du décès de la sœur, se retrouve avec le bébé de celle-ci sur les bras. Un gros mélo, en fait, et à peine plus supportable que les amours contrariées de nos deux tourtereaux à la crosse succès-foule. Avant de me désabonner de nouveau, je voulais savoir comment le papa-proud allait s’en tirer. Je me suis alors rendu compte que la série était servie au compte-goutte : un épisode par quinzaine. Sans doute pour décourager les petits malins comme moi de se désabonner après avoir avalé les dernières nouveautés de la plateforme en speed watching. Bien joué : je reste.
En attendant la fin de l’été pour savoir si le papa gay s’en tire en inscrivant son fardeau vagissant dans une agence de bébés mannequins, je me suis promené sur la plateforme et je me suis laissé tenter par le parfum de Privilèges, série française de Marie Monge et Vladimir de Fontenay qui se passe dans un palace parisien… et dans une prison de la région parisienne.
Qu’est-ce que les extrêmes nous apprennent sur notre petite vie moyenne, raisonnablement marconienne ? C’est à cette question enthousiasmante que ne répond aucun des six épisodes de Privilèges. Ils ne sont là que pour nous divertir, et dans le genre,...
-
08/07 - Comment le Vatican a bâti l’un des plus anciens réseaux d’espions
Les espions font souvent basculer l’Histoire. Dans l’ombre, depuis des siècles et partout sur la planète, certaines opérations ont défini le monde tel que nous le connaissons. Dans "Nid d’espions", le podcast de L’Express consacré au renseignement, on ouvre un dossier secret-défense, dans lequel le rôle des espions a tout changé.
Dans les années 1940, en pleine Seconde Guerre mondiale, le Vatican reçoit des milliers de courriers venus du monde entier. Rapports diplomatiques, lettres de missionnaires, informations envoyées depuis les paroisses. Au centre de tout ça, un homme : Eugenio Pacelli, devenu le pape Pie XII. Ancien diplomate du Vatican, fin connaisseur des équilibres européens, il se retrouve à la tête d’un Etat minuscule connecté à presque tous les autres. Et dans une Europe en guerre, cette position donne au Vatican un pouvoir très particulier : un accès constant à des informations venues des deux camps, à la manière d’un service d’espionnage.
Pendant des décennies le silence de Pie XII face aux crimes nazis a suscité de vives critiques. On lui a reproché d’être resté passif devant les agissements d’Hitler alors même qu’il connaissait l'ampleur des persécutions contre les Juifs. Alors, quand en mars 2020, à la demande du pape François, le Vatican ouvre les archives de son pontificat, les historiens comprennent immédiatement l’importance de cet événement. C’est une mine d’or. Ces archives couvrent la période de 1939 à 1958. Plus de 80 ans après l’élection de Pie...
-
08/07 - Marine Le Pen, la candidate miraculée : comment elle veut reprendre la main au RN
Marine Le Pen a toujours eu une dévotion particulière pour la Sainte Vierge. Son rapport contrarié à l’épiscopat ne l’a jamais empêchée de prier. "Je crois aux miracles", aime répéter la fille de Jean-Marie Le Pen. La foi a payé, ce mardi 7 juillet. Condamnée en première instance dans l’affaire des assistants parlementaires du Front national, la cour d’appel de Paris a confirmé sa culpabilité, mais n'a condamné Marine Le Pen qu'à 45 mois d’inéligibilité dont 30 mois assortis de sursis, trois ans de prison dont deux avec sursis et 100 000 euros d’amende. Une décision moins sévère que celle rendue en première instance, en mars 2025, lorsque la députée avait été condamnée à cinq ans d'inéligibilité avec application immédiate.
Depuis son premier passage devant les juges, Marine Le Pen a donc déjà "purgé" cette peine d'inéligibilité de quinze mois ferme, et, techniquement, rien ne l'empêche plus de se porter candidate à l'élection présidentielle. Sur le plateau de TF1, ce mardi, elle l'annonce donc officiellement : "Ce soir, je suis candidate à l'élection présidentielle, et je ne changerai pas d'avis". Le pari est périlleux. La désormais prétendante à l'Elysée se pourvoit en cassation, et prend le risque que la Cour de cassation, si elle rend son arrêt avant le scrutin, l'oblige à porter un bracelet électronique en pleine campagne. Tapis.
Elle avait pourtant juré que 2022 serait sa dernière candidature. La perspective d’une retraite forcée l’a fait changer d’avis. "La...
-
07/07 - Marine Le Pen candidate à la présidentielle, récit du jour le plus long
Ses cernes trahissent des derniers jours agités. Ce mardi 7 juillet, les secondes ont duré des heures pour Marine Le Pen, dont le destin politique reposait entre les mains de la cour d'appel. Invitée au 20 Heures de TF1, elle clarifie enfin la situation. "Ce soir, je suis candidate à l'élection présidentielle, et je ne changerai pas d'avis." "Je considère que deux juridictions peuvent commettre une erreur, et l'Etat de droit le considère aussi car il permet d'inscrire un pourvoi en cassation, ce que je ferai pour que la cour de cassation tranche ce sujet de droit", ajoute-t-elle, précisant que le pourvoi en cassation "suspend les peines prononcées par la cour d'appel", qui venait de la condamner au port du bracelet électronique pendant douze mois. C'est la fin d'un long suspense, qui durait depuis près d'un an, et s'est étiré sur toute cette journée du mardi. Retour sur le jour le plus long.
Il est 5 heures, Paris s’éveille. Une file interminable se forme devant les grilles du Palais de justice de Paris, où doit être dévoilée la décision de la cour d’appel dans l’affaire des assistants parlementaires du Front national. La journée, attendue depuis près d’un an, promet d’être longue. L’île de la Cité accueille tour à tour le flot de journalistes venus couvrir l’événement et les soutiens de la triple candidate à la présidentielle, qui ne sait toujours pas si elle pourra porter les couleurs de l’extrême droite une quatrième fois en 2027.
Fin de matinée, les couloirs du...
-
07/07 - Marine Le Pen condamnée, mais candidate : la victoire du RN est-elle inéluctable en 2027 ?
"Je suis gaullienne", a-t-elle lâché, l’air de rien, le jeudi à la télévision. "Ami, si tu tombes, un ami sort de l’ombre à ta place", a-t-elle lancé le samedi aux militants du RN, citant ainsi Le chant des partisans, hymne de la résistance française pendant l’Occupation. C’est par ce spectaculaire en même temps qu’ahurissant tête-à-queue de l’histoire que Marine Le Pen a occupé la scène de l’élection présidentielle, avant d’être condamnée, ce mardi 7 juillet, à trois ans de prison, dont deux avec sursis, et à 45 mois d'inéligibilité, dont 30 mois avec sursis. Ultime normalisation pour un parti qui s’est construit dans l’antigaullisme mais dont le sort désormais se retrouve entre les mains d’une candidate sous bracelet électronique, favorite du scrutin de 2027. "Je suis un peu différente des autres, assurait-elle il y a plusieurs mois. Je sais qui je suis, je suis mieux placée pour mener des réformes difficiles car j’en ai pris plein la gueule toute ma vie."
C’est arrivé demain ? "L’idée que nous pouvons arriver au pouvoir est aujourd’hui acquise", répète depuis plusieurs années Marine Le Pen, avant que la justice ne vienne percuter cette ascension. Une bataille présidentielle ressemble rarement à une autre. Si celle-ci en évoque une autre, c’est celle de 1981, quand François Mitterrand réussit la grande alternance dont la Ve République ne savait pas, alors, si elle en était capable. "Une poussée internationale dans les deux cas, l’acceptation de la société, le fait que...
-
07/07 - Peter Ticktin, l’ami de jeunesse de Donald Trump qui veut le pousser à déclarer l’état d’urgence électoral
À 80 ans, cet avocat installé en Floride se présente comme un ancien "meilleur ami" du président américain. Et depuis leur rencontre à la New York Military Academy — un lycée new-yorkais — il y a plus de soixante ans, Peter Ticktin l’affirme : il a conservé un lien très privilégié avec Donald Trump. Devenu l’un des défenseurs les plus visibles des thèses contestant l’élection de 2020, Peter Ticktin tente aujourd’hui, selon une enquête de la chaîne de télévision américaine CNN, de convaincre le président américain d’aller plus loin dans son combat contre ce qu’il décrit comme une "menace étrangère" pesant sur le système électoral américain. Il est même parvenu à intégrer, selon la chaîne américaine, le cercle de proches et d’alliés qui poussent aujourd’hui Donald Trump à déclarer un état d’urgence nationale. Le but ? Placer de fait les élections de mi-mandat sous un contrôle fédéral accru, en invoquant une supposée ingérence étrangère via les machines à voter.
Au cœur de son argumentaire réside une affirmation jamais démontrée publiquement : l’élection présidentielle de 2020 aurait été volée à Donald Trump par une opération impliquant notamment le Venezuela, la Chine et l’Iran. Dans un entretien accordé à CNN, Peter Ticktin a affirmé que des preuves allaient bientôt émerger, notamment à travers l’affaire judiciaire visant le dirigeant vénézuélien Nicolás Maduro. "Avec les preuves que nous avons, et avec les preuves qui vont arriver, il n’y aura aucun doute", assure-t-il...
-
07/07 - Marine Le Pen condamnée : quand la justice fait intelligemment de la politique
Quand la justice devient-elle "politique", formule à connotation péjorative ? Quand son glaive ne fait-il que prononcer des sanctions "individualisées", exigence à valeur constitutionnelle ? La condamnation en appel de Marine Le Pen dans l’affaire des assistants parlementaires européens du FN a mis en lumière la frontière ténue - existe-t-elle vraiment ? - entre ces deux approches lorsque le prévenu d'un procès est lui-même un responsable politique, de surcroît candidat à l'élection présidentielle.
Marine Le Pen a été condamnée ce mardi 7 juillet à trois ans de prison, dont un an ferme à purger à domicile sous bracelet électronique, et à quinze mois ferme d'inéligibilité. Cette peine civile est considérée comme purgée, après une condamnation en première instance à cinq ans d'inéligibilité avec application immédiate en mars 2025. Cette fameuse exécution provisoire, si décriée par les cadres RN, a peut-être sauvé la députée du Pas-de-Calais.
-
07/07 - Après le scandale financier, Nigel Farage retourne devant les électeurs
Nigel Farage a choisi une manière très personnelle de répondre à une enquête parlementaire : retourner devant les électeurs. Mardi 7 juillet, le chef de Reform UK a annoncé qu’il démissionnait de son mandat de député de Clacton, dans l’Essex, afin de provoquer une élection législative partielle. Il se présentera à sa propre succession. Dans une déclaration vidéo, il a expliqué vouloir laisser "les habitants de Clacton" juger ses actions.
Ces actions, qui, depuis quelque temps, sont sous le feu des projecteurs : Nigel Farage est sous pression après la révélation d’un don de 5 millions de livres sterling, soit environ 5,7 millions d’euros, venu de Christopher Harborne, milliardaire spécialisé dans les cryptomonnaies. Ce don n’aurait pas été déclaré aux autorités compétentes. Le comité d’éthique du Parlement britannique a ouvert une enquête en mai sur ce point. Nigel Farage, lui, affirme n’avoir "rien fait de mal". À ce stade, il n’a pas été sanctionné. Mais l’affaire impose déjà à Reform UK un exercice peu agréable pour un parti qui a bâti une grande partie de son discours sur la dénonciation des arrangements opaques. Le dossier ne s’arrête pas là
Nigel Farage a aussi indiqué que ses finances faisaient l’objet d’une deuxième enquête, après des allégations concernant George Cottrell, un proche du dirigeant de Reform UK, entrepreneur dans les cryptomonnaies et condamné par le passé pour fraude. Selon les éléments rapportés par la presse britannique, Farage aurait bénéficié,...
-
07/07 - Présidentielle : Edouard Philippe est-il trop sérieux pour l’emporter en 2027 ?
"Croire en nous" : c’est le nouveau slogan d’Edouard Philippe, lancé dimanche dernier lors de son meeting à l’Adidas Arena. Après Jean-Luc Mélenchon, Gabriel Attal, ou encore Raphaël Glucksmann, le chef du parti Horizons a clos cette première saison des meetings présidentiels.
Et s’il a saisi cette occasion pour annoncer quelques-unes de ses propositions pour 2027, le meeting était aussi le moment pour lui de tenter de se dévoiler. L’ancien Premier ministre l’affirme lui-même : il est un candidat sérieux. Mais l’enjeu pour lui est de se raconter au-delà de l’image du conseiller d’Etat raisonnable. Dans cette vidéo, notre journaliste Erwan Bruckert vous raconte ce meeting crucial pour Edouard Philippe, avec une question : est-il trop sérieux pour 2027 ?
-
07/07 - Chine : pourquoi Cai Qi est devenu l’homme clé de Xi Jinping
Quel chemin parcouru pour Cai Qi. À 70 ans, ce membre du Comité permanent du Bureau politique vient d’être nommé à la tête de l’École centrale du Parti communiste chinois, l’institution chargée de former les cadres dirigeants du régime. Le nom sent le manuel, la salle de cours et la cérémonie de remise de diplômes. Le poste, lui, est bien plus stratégique. Alors que Xi Jinping prépare un quatrième mandat et s'apprête à renouveler une large partie des dirigeants du Parti, Cai Qi se retrouve au cœur d’un enjeu décisif : identifier les responsables chargés d'appliquer la ligne du président chinois dans les prochaines années.
La question intervient à un moment particulier. Xi Jinping se dirige vers un quatrième mandat, qui prolongerait son pouvoir au moins jusqu’au début des années 2030. Mais il devra aussi renouveler une partie importante de la haute hiérarchie du Parti. Selon les règles d’âge traditionnellement appliquées, plus des deux tiers des quelque 200 membres du Comité central pourraient quitter leurs fonctions lors du prochain congrès. Il faudra donc choisir de nouveaux responsables, les tester, les faire monter, éviter les mauvais profils et surveiller les ambitions.
C’est ici qu’entre Cai Qi dans l'équation. L’homme n’est pas un nouveau venu dans l’entourage de Xi Jinping. Né en 1955 dans le Fujian, il rejoint le Parti communiste en 1975, étudie l’économie politique, puis gravit les échelons dans l’administration locale. Dans les années 1990 et 2000, il...
-
07/07 - "Xenia Fedorova était furieuse" : la bascule idéologique de CNews racontée de l’intérieur
Dominique vit seul, dans une grande maison située au cœur d’un village agricole du nord de la Bourgogne. Quand il est devant son poste de télévision, ce retraité passionné d’histoire et de politique zappe d’une chaîne d’information à l’autre. C’est qu’il met un point d’honneur à diversifier les canaux par lesquels il suit l’actualité, pour "ne pas avoir un seul son de cloche". Mais ces dernières années, cet électeur des Républicains le concède volontiers : c’est sur CNews qu’il passe le plus de temps. "Je trouve qu’ils apportent un point de vue intéressant, parce qu’ils disent des choses qu’on n’entend nulle part ailleurs". Un sain rééquilibrage pour une droite qui n’a eu de cesse de fustiger l’hégémonie culturelle de la gauche dans l’écosystème médiatique français. "Combien de fois ai-je entendu des gens me dire 'heureusement que CNews existe !'", se rappelle l’essayiste conservateur Philippe Bilger, ancien habitué des plateaux de la chaîne de Vincent Bolloré et auteur de L’Heure des crocs (L’Archipel). La liberté d'opinion, une espèce en voie de disparition ?
Depuis quelques mois, pourtant, Dominique passe moins de temps devant CNews : "quelque chose a changé, j’ai l’impression que c’est moins diversifié qu’à l’époque". A en croire la chute des audiences de la chaîne, ils sont nombreux, comme Dominique, à passer de moins en moins de temps sur le canal 14. Passée en dessous de la barre des 3 % en avril, derrière LCI et BFMTV, elle oscille entre 2,6 et 2,8 % de part de...
-
07/07 - Arnaud Teyssier : "De Gaulle éprouvait une sorte d’angoisse au sujet de la France et de son destin"
"Finalement, Charles de Gaulle avait raison", entendit-on il y a quelques mois sur la BBC. Lâchés et tancés par Donald Trump, les Européens invoquent la figure du Général. Qu'aurait pensé l'homme du 18-Juin, incarné par Simon Abkarian dans les deux films d'Antonin Baudry, de la fracture au sein de l'Occident, de Vladimir Poutine, de l'Union européenne ? On ne peut pas faire parler les grands personnages du passé. Mais on peut plonger dans leur pensée et tirer les leçons pour notre époque de leur action.
Ce que nous faisons avec l'historien Arnaud Teyssier, auteur d'une singulière biographie, Charles de Gaulle : l’angoisse et la grandeur (Perrin). Président du Conseil scientifique de la fondation Charles-de-Gaulle, on lui doit deux autres livres sur ce personnage : De Gaulle 1969 et L’énigme Pompidou-de Gaulle. Dans un style étincelant et puisant dans une érudition prodigieuse, Teyssier brosse le portrait d'un homme angoissé à titre personnel, mais qui portait en même temps "l'angoisse collective du peuple français".
Le deuxième épisode de notre série "Les grands stratèges de l'histoire" est à écouter en podcast sur Apple Podcasts, Spotify, Deezer, Castbox, Podcast Addict ou en cliquant sur le player en tête de l'article.
L'Express : "L'angoisse et la grandeur" : pourquoi avoir associé ces deux notions dans un même titre ?
Arnaud Teyssier : De Gaulle lui-même disait qu'il éprouvait une sorte d'angoisse, qui ne l'a jamais quitté, au sujet de la France et de son destin....
-
07/07 - Donald Trump lance une dérégulation historique des armes, et son fils pourrait en profiter
L’administration Trump a engagé, depuis son retour à la Maison-Blanche, un vaste démantèlement de la réglementation sur les armes à feu aux États-Unis. Selon les informations des journaux américains, le New York Times et le Washington Post, plus de 34 mesures sont actuellement en cours de suppression par le Bureau of Alcohol, Tobacco, Firearms and Explosives (A.T.F.), l’agence chargée de faire appliquer la législation sur les armes. Parmi elles, on retrouve l’abandon de la politique de "zéro tolérance" concernant les armuriers qui enfreindraient la loi, mais aussi le relèvement du seuil à partir duquel l’A.T.F. peut retirer leur licence ou encore l’assouplissement des restrictions visant certains acheteurs souffrant de troubles mentaux. La plupart de ces propositions ont été rédigées par Robert Leider, nouveau conseiller juridique de l’A.T.F. nommé par l'ancienne ministre de la Justice, Pam Bondi.
Cette réforme est présentée par l’administration du président d’extrême droite comme un retour au cadre réglementaire en vigueur avant la présidence de Joe Biden. Lors de sa campagne en 2024, Donald Trump s’était engagé à devenir "le meilleur ami des propriétaires d’armes" à la Maison-Blanche. Avant de signer, peu après son investiture, un décret demandant au ministre de la Justice d’examiner ce qu’il qualifie "d’atteintes continues" aux droits garantis par le Deuxième amendement de la Constitution américaine. Antécédents mentaux, envoi par la poste et vérification d’identité en...
-
07/07 - Hakan Fidan, le maître espion turc qui pourrait succéder à Erdogan
"C’est un grand professionnel" : que ce soit chez les diplomates ou les espions, partout son nom est désormais prononcé avec respect et considération. Hier chef des puissants services turcs de renseignement, aujourd’hui ministre des affaires étrangères et demain potentiel successeur du président Erdogan. Tel est Hakan Fidan – un personnage discret, influent et ambitieux. Il vient ainsi de jouer un rôle essentiel dans la préparation du sommet de l’Otan, les 7 et 8 juillet à Ankara, la capitale de la Turquie.
Parcours atypique que celui de ce grand costaud qui fêtera son 58e anniversaire dans quelques jours. Il est un pur produit de la méritocratie et des réseaux de l’AKP – le parti au pouvoir. "C’est un outsider dans l’establishment traditionnel. Il fait partie des rares personnalités très compétentes qui ont émergé de la base sociologique de l’AKP", assure la diplomate turcophone Muriel Domenach. En poste à l'Otan
Né dans un milieu modeste du vieil Ankara, Fidan s’était engagé à 18 ans dans l’armée comme sous-officier dans les transmissions. Il s’y spécialisa dans les interceptions électroniques et la langue anglaise – qu’il parle parfaitement – avant de quitter l’uniforme, au bout de quinze ans, avec le grade d’adjudant-chef.
Dans un pays où les généraux imposaient alors régulièrement leur loi, ce grade modeste ne le prédisposait sans doute pas à une grande carrière. Mais le jeune sous-off avait été en poste en Allemagne, au sein d’un état-major de l’Otan et, sans...
-
07/07 - Marine Le Pen condamnée : pourquoi elle pourrait quand même se présenter à la présidentielle
Ce mardi 7 juillet, la cour d’appel de Paris a rendu son arrêt dans l’affaire des assistants parlementaires européens du Front national, l’ancêtre du RN. A la suite d'un délibéré d'un peu moins d'une heure, les douze prévenus qui avaient fait appel de leur décision en première instance, ont été condamnés. Parmi eux, Marine Le Pen, cheffe de file du Rassemblement national à l'Assemblée, et, à l'époque des faits, présidente du parti.
Dans le détail, la députée du Pas-de-Calais poursuivie pour détournement de fonds publics et complicité de détournement de fonds publics, écope d’une peine de trois ans de prison dont un an ferme, sous bracelet électronique. Une décision que Michèle Agi, la présidente de la cour d'appel a justifié en soulignant qu'"un complice est un instigateur plus dangereux. Et la magistrate d'ajouter : en tant que cheffe de parti, "il convient de faire respecter les règles".15 mois ferme d'inéligibilité
A cette peine, s'ajoutent une amende de 100 000 euros et une inéligibilité de 45 mois dont 30 avec sursis. Une décision moins sévère que celle rendue en première instance, en mars 2025, lorsque la députée avait été condamnée à 5 ans d'inéligibilité avec application immédiate. View this post on Instagram
Depuis son premier passage devant les juges, Marine Le Pen a donc déjà "purgé" cette peine d'inéligibilité de 15 mois ferme. "L’exécution de cette peine [d'inéligibilité] depuis le 31 mars 2025 a...
-
07/07 - Au Quai d’Orsay, Jean-Noël Barrot recase quatre de ses proches conseillers
A la valse des ambassadeurs et au très classique renouvellement estival des postes diplomatiques à travers le monde s’ajoute la nécessité de récompenser les plus fidèles conseillers ministériels. Le cabinet de Jean-Noël Barrot au Quai d’Orsay aura servi de tremplin à plusieurs d’entre eux. La dernière fenêtre de tir s'annonce pour les profils les plus ambitieux, à moins d'un an de l'élection présidentielle et de la fin du second quinquennat d'Emmanuel Macron. Sur les dix-sept conseillers du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, trois sont en route vers des postes d’ambassadeurs, dont deux pour la première fois de leur carrière.
Le conseiller Afrique de Jean-Noël Barrot devrait prendre à la rentrée les fonctions d’ambassadeur de France au Cap-Vert. Omar Keita, qui a également officié en tant que conseiller politique à Addis-Abeba, en Ethiopie, et à New York, au sein de la mission permanente de la France auprès des Nations Unies, était plus largement en charge de l’"agenda transformationnel" du Quai d’Orsay. Une expression forgée par Emmanuel Macron dès 2017 et qui recouvre la construction de nouveaux partenariats économiques et culturels avec les pays africains, notamment d’Afrique de l’Ouest. Sa nomination a été soumise le 27 mai en Conseil des ministres et reste, au même titre que les nominations d’autres ambassadeurs, suspendue à l’agrément du pays d’accueil.
Plus inattendu sur le papier, la cheffe de cabinet du ministre de l’Europe et des Affaires...
-
07/07 - Bernard Arnault et Polytechnique : merci au Rockefeller français ! Par Eric Chol
Merci patron ! : c’était, il y a dix ans, le titre du documentaire de François Ruffin sur le patron de l’empire du luxe mondial. Satirique, le film a rempli les salles, remportant le César du meilleur documentaire. Un film très engagé, montrant le combat d’un couple d’anciens ouvriers du groupe LVMH dans le nord de la France qui cherche à se faire indemniser par le tycoon français. Depuis, Bernard Arnault continue de servir de cible dès qu’il s’agit de tourner en dérision les grandes fortunes, de taxer les riches ou d’appeler à la fin du capitalisme. La ficelle est un peu grosse, mais fonctionne toujours aussi bien.
"Merci, Bernard Arnault" : cette fois-ci, il ne s’agit pas d’un nouveau film mais des mots de Frédéric Oudéa, le président de la Fondation de l’Ecole polytechnique, le 2 juillet, à l’Hôtel des Invalides. Le président de LVMH officialisait ce jour-là une donation exceptionnelle de 50 millions d’euros en faveur de l’Ecole polytechnique, afin de créer l’Institut de mathématiques et des sciences fondamentales qui verra le jour en 2030. "Des chercheuses et des chercheurs de toutes les disciplines et du monde entier, invités de cet institut, viendront sur notre campus, au cœur du plus grand cluster scientifique européen qu’est le Plateau de Saclay", s’est réjouie Laura Chaubard, directrice de l’X.
Le futur institut abritera entre autres une Résidence mathématique et un amphithéâtre baptisé Evariste Galois, ce génie français fauché dans un duel le 30 mai 1832 alors...
-
07/07 - Explosion à Monaco : une femme soupçonnée d’être impliquée retrouvée morte près de Kiev
Le corps d'une Ukrainienne, soupçonnée d'avoir perpétré un attentat à la bombe visant un riche homme d'affaires d'origine ukrainienne à Monaco la semaine dernière, a été retrouvé près de Kiev, la capitale ukrainienne, a rapporté, mardi 7 juillet, le média Ukrainska Pravda. Citant des sources au sein des forces de l'ordre, le média ukrainien a indiqué que la femme avait été abattue par balle et que son corps avait été découvert lundi vers 23 heures, heure locale (20 h 00 GMT).
Anastasiia Berezovska, 39 ans, figurait comme principale suspecte dans une notice rouge d'Interpol ; celle-ci précisait qu'elle était de nationalité ukrainienne, parlait allemand et était recherchée par les autorités monégasques pour tentative de meurtre, dépôt d'un engin explosif dans un lieu public à des fins criminelles et association de malfaiteurs.
Le vice-procureur de Monaco a déclaré la semaine dernière que l'auteure de l'attaque avait quitté la principauté à pied pour rejoindre la France voisine, avant de fuir en voiture vers l'Allemagne en traversant plusieurs pays européens, dont l'Italie. Vadim Ermolaev, homme d'affaires d'origine ukrainienne, ainsi que sa compagne et son fils, ont été blessés lors de l'attaque survenue lundi 29 juin, selon certaines sources. Figure du monde des affaires en Ukraine, il appartient au cercle des entrepreneurs qui ont contribué à façonner l’économie du pays après la disparition de l’Union soviétique. Sa fortune est estimée à plusieurs centaines de millions...
-
07/07 - Affaire Lyhanna : repenser la justice impose de repenser le rôle du juge, par Matthieu Bourrette
"Justice, ne jamais s'en inquiéter", écrivait déjà Flaubert au milieu du XIXe siècle dans son Dictionnaire des idées reçues. Au-delà de la polysémie de cet aphorisme, force est de constater que depuis bien longtemps déjà la justice a été oubliée du débat public, et ce alors que paradoxalement la Constitution de 1958 l’a transformée en pilier essentiel de notre démocratie en faisant des magistrats les gardiens de la liberté individuelle.
Mais tel un volcan éteint qui parfois se réveille, à intervalles de scandales judiciaires irréguliers (Outreau, Lyhanna), on se souvient de cette vieille institution "clochardisée", et on s’interroge, légitimement ou faussement naïvement, sur son efficience et sa capacité à exercer sa mission de gardien des promesses de rendre la Justice.
Si la responsabilité implique de rendre des comptes, encore faut-il que le débat puisse se dérouler dans des conditions de sérénité, exigence malaisée face à l’émotion et à la douleur de parents légitimement éplorés et de concitoyens tout aussi sincèrement scandalisés et interrogatifs .
Le philosophe Gramsci définissait la crise comme cet "interrègne où l’ancien meurt et le nouveau ne peut pas naître, et où l’on observe les phénomènes morbides les plus variés". La crise de la Justice, latente ou exprimée, est à la fois ancienne et longue. Trois champs des possibles s’offrent à nous pour envisager, enfin, l’amélioration du système judiciaire.L'affaire Lyhanna, révélatrice du manque de moyens
Même si...
-
07/07 - Face aux provocations de Donald Trump, l’Italie de Giorgia Meloni fait le choix de l’indifférence
Les chancelleries ont longtemps vécu de communiqués, de coups de fil et de déjeuners sans compte rendu. Donald Trump a choisi d'utiliser son réseau social, Truth Social, pour encore une fois viser publiquement Giorgia Meloni. Dans la nuit du dimanche 5 au lundi 6 juillet, le président américain a partagé une photo retouchée de la Première ministre italienne le regardant avec admiration. En légende, une formule en lettres capitales : "Restraining order needed", soit "ordonnance d'éloignement nécessaire". Une séquence pour le moins inhabituelle entre alliés, qui survient qui plus est deux jours avant le sommet de l'Otan à Ankara.
À Rome, la consigne a été rapidement fixée : ne pas répondre. Giorgia Meloni s'est gardée de toute réaction. Antonio Tajani, vice-président du Conseil et ministre des Affaires étrangères, a estimé sur Sky TG24, média italien, que les propos de Donald Trump "se passent de commentaire". Il a ajouté que l’Italie ne répondrait pas "à ce type de propos" et qu’elle préférait "passer à autre chose", les relations transatlantiques allant, selon lui, "bien au-delà des déclarations individuelles". Le ministre de la Défense Guido Crosetto a tenu la même ligne : "L’essentiel est de préserver les relations" avec les États-Unis. L’Italie a vu, l’Italie n’apprécie pas, l’Italie ne répond pas. Une amitié "plus forte que n'importe quelle polémique"
Cette retenue s'explique aussi par le contexte. En juin, après le sommet du G7, Donald Trump avait déjà affirmé que...
-
07/07 - Iran : les funérailles de Khamenei, un "spectacle" indécent au service de la vengeance
Ironie du calendrier, au moment où l’Iran enterre l’ex-Guide suprême Ali Khamenei, le président américain vient de célébrer le 250e anniversaire de naissance des Etats-Unis. Deux événements censés incarner, chacun à leur manière, la grandeur nationale dans un contexte marqué par une double confrontation militaire en l'espace d'un an. A Téhéran, la télévision nationale montre le cercueil escorté par une marée humaine, avant six jours de procession à travers les villes saintes du chiisme, en Iran puis en Irak. Iraniens pro-régime, Libanais du Hezbollah, Yéménites, Afghans, Pakistanais, Indiens : tous ces "participants" au service d'un même symbole, celui de la puissance transnationale de la République islamique.
A contrario, la grande foire patriotique de Washington a offert la sensation d’une fête bâclée et surpolitisée avec des stands déserts, une foule éparse sous la canicule et une partie de la scène s’effondrant quelques heures avant le discours d’un président qui bat des records d’impopularité. Selon le dernier sondage du Financial Times, 44 % des électeurs déclarent même que la guerre a affaibli la position des États-Unis face à l'Iran. La bataille des récits
Mais derrière la mine des mauvais jours de l’administration américaine et la liesse orchestrée par les mollahs, qui clament leur "victoire" face à leurs ennemis historiques, se joue une autre bataille : celle des récits. S'appuyant sur une machine à propagande bien huilée, Téhéran veut imposer l'image d'un...
-
07/07 - Sommet de l’Otan : le rapport de force se rééquilibre entre l’Europe et Donald Trump
De la même façon que les Belges ont maté les Américains en Coupe du monde de football malgré la tricherie de Donald Trump, les dirigeants européens espèrent dompter le président américain au sommet de l’Otan qui s’achève mercredi 8 juillet à Ankara. Ils sont encouragés par l’évolution à leur avantage du rapport de force qui les oppose à l’irascible président des Etats-Unis. La séparation transatlantique reste douloureuse pour beaucoup d’entre eux mais désormais, il s’agit plus d’apprendre à dormir dans des lits séparés que de craindre un divorce acrimonieux.
Quelle évolution en un an ! Lors du précédent sommet de l’Otan, il y a un an à La Haye, les Européens étaient apparus pusillanimes et irrésolus, face à un Donald Trump conquérant. Six mois après son retour à la Maison-Blanche, l’Américain imposait aux Alliés l'engagement de quasiment doubler leurs dépenses de défense à l’horizon 2035. Encouragé par cet acquis spectaculaire, il n’a cessé de bousculer les Européens. En Ukraine, il a cajolé Vladimir Poutine et lâché Volodymyr Zelensky. Il a menacé de s’emparer du Groenland, Il a soutenu les forces eurosceptiques sur le Vieux Continent. Il a infligé des droits de douane unilatéraux à tout va. Il a attaqué l’Iran, déclenchant une crise énergétique de grande ampleur qui a ravivé l’inflation.
Mais voilà, si l’on excepte les droits de douane, Donald Trump n’a pu mener à bien aucun de ses paris. En Ukraine, sa promesse d’imposer un arrêt des combats n’a pas résisté à...
-
07/07 - Gaza : le Hamas annonce céder le pouvoir, mais laisse de côté la question de son désarmement
Après près de vingt ans de pouvoir sur la bande de Gaza, le Hamas dit être prêt à tourner une page. Le mouvement islamiste a annoncé, lundi 6 juillet, la dissolution de son gouvernement de fait et proposé de transférer l’administration du territoire au Comité national pour l’administration de Gaza (CNAG), une structure de technocrates palestiniens créée dans le cadre d’un plan soutenu par les États-Unis.
Présentée comme une avancée vers une gouvernance civile de l’enclave, cette annonce pourrait marquer un tournant politique majeur. Mais elle ne répond pas à la principale exigence d’Israël et de Washington : le désarmement du Hamas. Le mouvement affirme au contraire qu’il conservera ses armes tant que l’armée israélienne continuera d’occuper plus de 60 % de la bande de Gaza et que le cessez-le-feu restera, selon lui, régulièrement violé.
Dans les faits, le transfert de pouvoir reste largement hypothétique. Le CNAG, auquel le Hamas propose de remettre les rênes de Gaza, n’a jamais pu exercer ses fonctions : depuis sa création en janvier dernier, à la suite d’un cessez-le-feu négocié par les États-Unis, Israël lui interdit l’accès au territoire. Le président du CNAG, Ali Shaath, s’est déclaré "pleinement prêt" à prendre ses fonctions dès que les moyens nécessaires seront réunis. Sans calendrier précis. Un coût politique limité
De son côté, le chef de l’administration du Hamas, Mohammed al-Farra, a annoncé sa démission et assuré que le mouvement cesserait toute influence...
-
07/07 - Présidentielle 2027 : Marine Le Pen annonce être candidate, malgré sa condamnation en appel
La cour d'appel de Paris a rendu sa décision dans l'affaire des assistants parlementaires du Front national (ex-RN). Marine Le Pen a été condamnée pour détournement de fonds publics à trois ans de prison dont un an ferme sous bracelet électronique, ce qui rendrait une campagne présidentielle à la fois politiquement et logistiquement difficile.
Marine Le Pen a également été condamnée une peine de 45 mois d’inéligibilité dont 30 mois assortis du sursis, ainsi qu'à 100 000 euros d'amende. En première instance, la présidente du groupe RN à l'Assemblée nationale avait été condamnée à quatre ans de prison dont deux ferme, aménageables sous surveillance électronique, cinq ans d'inéligibilité avec exécution provisoire (immédiate), et 100 000 euros d'amende pour détournement de fonds publics.
Cette décision fait renaître les incertitudes quant à sa volonté de briguer la plus haute fonction de l'État l'an prochain. La cheffe de file de l'extrême droite française peut théoriquement briguer une quatrième candidature à l'Elysée en 2027 - puisqu'elle a purgé 15 mois d'inéligibilité après sa condamnation en première instance du 31 mars 2025 - mais elle devra faire campagne sous bracelet électronique, ce qu'elle a toujours refusé d'envisager.
Les infos à retenir
⇒ Marine Le Pen a été condamnée à trois ans de prison dont un an ferme sous bracelet électronique
⇒ La cour d’appel a confirmé les condamnations des onze coprévenus de Marine Le Pen qui avaient fait appel
⇒ Invitée du 20H...
-
07/07 - Accord commercial Etats-Unis - Canada - Mexique : l’autre match que l’Amérique risque de perdre
Ni bougies, ni confettis. Une simple réunion en visio s’est tenue le 1er juillet, à l'occasion du sixième anniversaire de l’Aceum, ex-Alena. A la date butoir pour le renouveler, l'accord jadis qualifié par Donald Trump de "plus juste et bénéfique" jamais conclu par les Etats-Unis s'est retrouvé renié par son propre architecte. "Nous n'avons besoin de rien de ce que possèdent le Canada et le Mexique, mais ils ont besoin de tout ce que nous avons", martelait-il trois semaines plus tôt.
Etrange manière de traiter ses deux principaux partenaires commerciaux. Car de l’automobile à l’agriculture, les économies de ce trio sont étroitement imbriquées. "L'incertitude que cette décision de l’administration américaine va faire peser sur la sécurité économique et la compétitivité de l'Amérique du Nord (…) est stupéfiante, s’est ému sur X Arturo Sarukhan, ex-ambassadeur mexicain à Washington. C’est un énorme but contre son camp".Clause d'annulation
En l'absence de compromis, le traité expirera le 1er juillet 2036. La période sera rythmée de réexamens annuels. Et d’ici là, toute partie peut s'en retirer avec un préavis de six mois. "Dans un cas extrême, Washington pourrait activer la clause d’annulation du traité pour mettre une pression maximale sur ses partenaires, en les forçant à limiter les investissements chinois et durcir les règles d’origine d’importation, indique Marcos Carias, économiste chez Coface. Mais ces objectifs se heurtent à deux réalités : la volonté du Canada de...
-
07/07 - Emmanuel Macron en Syrie : des explosions à Damas près de l’hôtel du président français
Deux bombes ont explosé mardi 7 juillet au matin à Damas, en Syrie, à proximité de l'hôtel où Emmanuel Macron venait d'échanger avec des acteurs de la société civile, ont rapporté les médias officiels syriens, mais le président français, qui avait quitté les lieux peu avant, est indemne et entend maintenir le programme de sa visite, selon l'Elysée.
"Rien ne pourra étouffer l’aspiration des Syriennes et des Syriens à vivre dans une Syrie pleinement souveraine, sûre, pluraliste, unie. Ce matin j’ai rencontré la Syrie dans toute sa diversité. J’ai vu la dignité, le courage et la détermination. Ma visite se poursuit", a posté en fin de matinée le chef de l'Etat sur X.
Dix-huit personnes, dont quatre policiers, ont été blessées par les explosions, a rapporté l'agence de presse officielle syrienne. Celles-ci ont eu lieu dans un quartier animé de la capitale syrienne, entre le ministère du Tourisme et le musée national syrien, de l'autre côté de la rue où se trouve l'hôtel Four Seasons et où Emmanuel Macron avait reçu dans la matinée des membres de la société civile.
La première explosion a retenti peu après le départ du convoi d'Emmanuel Macron vers le palais présidentiel où l'attendait son homologue syrien Ahmed al-Charaa. Des images tournées par Reuters montrent des flammes et de la fumée s'élevant d'une benne à ordures lorsqu'une seconde explosion se produit à quelques mètres de là, près d'une ambulance, où une vingtaine de personnes s'étaient rassemblées.
Video captured...
-
07/07 - Les séries qui ont fait l’Europe - Notre série d’été
-
07/07 - Rosé, art et hôtellerie : les nouveautés de l’été
Crise profonde, déconsommation durable, taxes à l'exportation… Le marché du vin tente de résister et se réinvente constamment. Grâce à de nouvelles appellations comme dans les côtes-de -provence (ci-dessous), avec le cru Sainte-Victoire ; de nouvelles pratiques, toujours plus innovantes à l'instar de la viticulture régénérative ; des terroirs surprenants comme le Beaujolais blanc. Enfin, il n'hésite pas non plus à se diversifier en partant à la conquête d'un "Nouveau monde", celui de la cosmétique, en s'appuyant sur les vertus anti-âge des antioxydants du raisin. A l'arrivée : soins capillaires, sérums antitaches, douche et shampoings au pinot noir, Émulsions nettoyantes, lait Corps, etc. Une large gamme pour tous les goûts et tous les besoins. Tous ces produits ne s'imposeront pas un univers déjà très concurrentiel. Mais chacun d'entre eux montre que le secteur du vin n'est jamais à court d'idée et de formules pour se diversifier. Avec une ligne de mire : laisser passer les vents mauvais, tenir pour dessiner des jours meilleurs.
La muse Minuty
Dans les années 1960, Monique Matton, fille du fondateur du fameux domaine tropézien imagina une bouteille inédite : "La Provençale", également connue sous le nom de "Flûte à Corset". Depuis 2018, la maison de Gassin invite en résidence, chaque année, une jeune artiste internationale pour "habiller" le flacon mythique de la cuvée M (16 €). Au tour de Lucia Vinti de se saisir de cette série limitée. La créatrice italienne,...
-
07/07 - Jugement décisif pour Marine Le Pen et son avenir politique : les trois scénarios possibles
Marine Le Pen sera fixée sur son avenir politique, ce mardi 7 juillet. À partir de 13h30, la cour d’appel de Paris rendra sa décision dans l'affaire des assistants parlementaires du Front national (devenu Rassemblement national). Selon l’accusation, Marine Le Pen et une vingtaine de responsables du parti auraient utilisé les fonds alloués par le Parlement européen pour rémunérer des salariés travaillant en réalité pour le Front national. Le préjudice est estimé à 4,1 millions d’euros sur la période 2004-2016.
Ce jugement dira si la cheffe de file du RN pourra briguer l’Élysée une quatrième fois en 2027 ou si elle devra céder la place à son dauphin, Jordan Bardella. De quoi enfin déterminer quelles seront les têtes d'affiche de ce scrutin. En première instance, le 31 mars 2025, le tribunal correctionnel de Paris l’avait condamnée à quatre ans de prison, dont deux ans ferme aménageables sous bracelet électronique, à 100 000 euros d’amende ainsi qu’à cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire, ce qui l’avait immédiatement privée de ses droits électoraux. Trois scénarios sont esquissés.L'hypothèse d’une relaxe
La cour d’appel n’est pas liée par les réquisitions du parquet général et pourrait prononcer une relaxe si elle estime que les infractions ne sont pas caractérisées. Les avocats de Marine Le Pen ont plaidé son acquittement, faisant valoir, comme lors du premier procès, qu’elle ignorait les règles encadrant l’emploi des assistants parlementaires européens.
Une...
-
07/07 - "Elle est disponible 24h/24" : l’IA va-t-elle bientôt remplacer les coachs en entreprise ?
Woebot. Entre 2017 et 2025, cette application de thérapie par intelligence artificielle s’est imposée comme une référence pour des millions d’utilisateurs dans 120 pays. Disponible en permanence, elle proposait un soutien psychologique accessible à tout moment. À l’origine de ce projet : Alison Darcy, chercheuse en psychologie clinique, fondatrice et présidente de Woebot Health. Un concept notamment salué aux Etats-Unis par le New York Times en 2021. La même année, le programme WB001 a également été reconnu comme dispositif innovant ("Breakthrough Device") par la FDA (Food and Drug Administration) dans le cadre du traitement de la dépression post-partum. Pourtant, le 30 juin 2025, ce chatbot a finalement cessé ses activités. Et avec son arrêt, des milliers d’utilisateurs se sont retrouvés privés d’un soutien.
Et si un phénomène similaire se produisait demain dans le monde professionnel ? Que se passerait-il par exemple si des intelligences artificielles de plus en plus opérationnelles, capables de soutenir les salariés et de les faire progresser, finissaient par remplacer les coachs professionnels auxquels certains cadres ou certaines entreprises font parfois appel ?L’IA, disponible 24h/24
"Le coaching regroupe des activités très larges, comme le coaching de performances individuelles, le coaching d’équipe ou le coaching de dirigeants, dont l’impact n’est pas le même", prend d'abord la peine de rappeler Stéphane Bout, directeur associé senior chez McKinsey et...
-
07/07 - Sommet de l’Otan : "Les Etats-Unis sont perçus comme un fournisseur d’armes non fiable"
Donald Trump a deux rôles : président, et alchimiste. A force de colères et de remontrances, il est parvenu à transformer encore davantage l'Otan en une "machine à cash", pour reprendre une expression du site américain Politico. Les membres de l'alliance, pressés par le président américain - il a plusieurs fois menacé de leur retirer son soutien si les alliés n'investissaient pas 5 % de leur PIB dans la défense à horizon 2035 -, se sont exécutés. En un an, ils se sont engagés à dépenser près de 120 milliards de dollars - un 'bon début', s'est félicité Matthew Whitaker, l'ambassadeur américain à l'Otan. La moitié de cette somme devrait être consacrée à l'achat de matériel américain.
Pour Washington, les sommets de l'Otan prennent autant des allures de salon de l'armement que de rencontre diplomatique. Mais l'industrie américaine est confrontée à un problème. Cette avalanche de contrats sera plus difficile que prévu à honorer, alors que les stocks de son armée sont éprouvés par la guerre en Iran et en Ukraine. En parallèle, l'Europe commence - lentement - à développer son industrie de défense. Analyse avec Mark Cancian, colonel du Corps des Marines à la retraite et conseiller senior au sein du département Défense et Sécurité du CSIS. Il a notamment dirigé pendant sept ans la division Force Structure and Investment du bureau de gestion du budget américain, où il pilotait la stratégie budgétaire du Pentagone.
L'Express : Les dépenses européennes en équipements américains...
-
07/07 - Terres rares et métaux critiques : la difficile riposte occidentale
Une guerre d’usure se joue à l’échelle de la planète. Deux blocs asymétriques s’affrontent. Le géant chinois d’un côté, maître incontesté de l’extraction et du raffinage des terres rares. Le reste du monde de l’autre, cherchant à s’extirper de cette emprise, sans pour autant se voir fermer trop vite le robinet de ces métaux, précieux pour la défense, la transition énergétique ou l’intelligence artificielle… Car Pékin n’hésite pas à serrer la vis sur ses exportations à la moindre contrariété. Plusieurs compagnies américaines et japonaises en ont récemment fait les frais. Face à ces restrictions de moins en moins tolérables, les Occidentaux cherchent à contre-attaquer. Au dernier sommet à Evian, les dirigeants du G7 ont déclaré unir leurs forces afin de limiter cette dépendance. Une position commune bienvenue, mais qui dissimule des rythmes et des stratégies divergentes.
Depuis son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump mène une offensive sur tous les fronts. A l’étranger, où les minéraux critiques sont devenus un élément clé de négociations, que ce soit via des menaces - Ukraine, Groenland - ou la structuration de réseaux de coopération - Minerals Security Partnership, Pax Silica. A domicile, où il a multiplié les mesures, notamment avec l’accélération des procédures d’obtention de permis ou la création d’une réserve stratégique, le "Project Vault".
Plus inédit encore, l’Etat, via le Pentagone, est monté l’an dernier au capital du stratégique MP Materials, qui exploite...
-
07/07 - "Il ne faut pas revenir à la logique d’après-guerre" : la loi Jeanbrun ravive les peurs d’une "France moche"
Voilà plusieurs mois, sinon années, qu'un cénacle de responsables politiques appelle tous azimuts à tailler dans l'épais sac de normes qui, en ankylosant l'Etat, l'empêcherait d'avancer - comprendre, de le réformer. Dans le débat public, le diagnostic prend, et les lois qui promettent de "simplifier" s'enchaînent ; loi de simplification de la vie économique, méga décrets pour les collectivités, projet de loi sur les normes locales, loi Duplomb dans l’agriculture... jusqu'au tout récent projet de loi d'urgence Jeanbrun, du nom de cet ancien maire LR de L'Haÿ-les-Roses fait ministre à l'automne dernier. Et cette fois-ci, l'enjeu est de desserrer l'étau normatif afin d'accélérer la construction de logements.
Initialement déposé à l'Assemblée nationale, le projet de loi sera finalement d'abord épluché par le Sénat à partir de ce mardi 7 juillet - à l'agenda plus léger en cette fin de session - avant d'arriver sur la table des députés à la rentrée, espère l'exécutif. C'est que, sur ce dossier, Sébastien Lecornu veut aller vite ; Emmanuel Macron davantage encore. Le locataire de l'Elysée avait promis au début de son premier quinquennat un "choc d'offre" pour répondre à la crise du logement. Mais près de dix ans plus tard, le compte n'y est pas. Sur les douze derniers mois par exemple, seuls 295 250 logements ont été mis en chantier alors qu'il faudrait atteindre les 400 000 logements pour remplir l'objectif gouvernemental de deux millions de logements d'ici à 2030.Un texte...
-
07/07 - Incendies : ce que disent les projections sur la "France des feux" en 2050
Un "feu gigantesque". C’est ainsi que le préfet Pierre Regnault de la Mothe a décrit le premier incendie d’ampleur de l’année en France, qui sévit dans son département des Pyrénées-Orientales. Plus de 4 900 hectares ont déjà brûlé, obligeant l’évacuation de quelque 10 000 personnes et l'adaptation de l’étape d'hier du Tour de France - sans public dans sa partie finale. D’autres incendies touchent également le Gard, la Drôme, l’Aude, l’Ariège et l'Hérault. "La saison des feux a démarré avec un mois d’avance", a indiqué ce lundi 6 juillet le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez. Le nombre d’hectares partis en fumée a été multiplié par deux par rapport à la même époque l’an passé, sous l'effet d’un trio explosif : canicule, sécheresse et vents violents. Le tout dopé par le changement climatique. 2026, un avant-goût du futur ?
Dans la France du milieu du siècle, la saison des incendies sera étendue à la fois dans l’espace et dans le temps, selon des projections réalisées par des chercheurs de l’Inrae (l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement), et remises en 2023 au ministère de l’Agriculture. Dans le Sud-Ouest, la zone à risque existante s’étirera au nord des Landes et en Dordogne. En 2050, la période des feux de forêts deviendrait continue entre la fin de l’hiver et le début de l’automne. Le niveau d’activité le plus fort, soit le cœur de la saison estivale, s'étalerait en moyenne pendant 100 jours (du 18 juin au 23 septembre),...
-
07/07 - Immigration clandestine en Europe : les chiffres que certains politiques ne veulent pas voir
Il y a d'abord une vérité, celle des chiffres. Frontex publie chaque année des données qui font autorité. Les entrées irrégulières sur le Vieux Continent ont chuté de 53 % en deux ans - soit 178 000 franchissements en 2025, contre 380 000 en 2023. La résorption de plusieurs crises aux portes de l'Europe - Syrie en tête - y est pour beaucoup.
Il y a ensuite un climat politique général, celui d'un durcissement des règles sans précédent en Europe. "La gestion des flux d'immigration, cela dit des choses sur la manière dont on perçoit les êtres humains qui arrivent à nos frontières. Est-ce que ce sont des victimes ou est-ce que ce sont des menaces ? La perception que ce seraient des menaces s'est amplifiée en Europe ces derniers temps", pose Yves Bertoncini, consultant et enseignant en affaires européennes.
Ce paradoxe, aux allures de thermomètre cassé, est l'objet de ce nouveau long format vidéo raconté par la rédaction vidéo de L'Express, à retrouver également sur tous nos réseaux sociaux.
-
06/07 - Au Royaume-Uni, la nouvelle affaire qui embarrasse Nigel Farage
Nigel Farage a bâti sa carrière sur une idée simple : rendre le pouvoir aux Britanniques. Reprendre le contrôle des frontières, des lois, des décisions, et du destin national. Le slogan était clair, efficace et facilement déclinable sur les affiches de campagne. Dix ans après le Brexit, une autre question s’invite dans le débat : qui contrôle Nigel Farage ? La formule vient de ses adversaires, évidemment, mais elle résume assez bien l’affaire qui embarrasse aujourd’hui le chef de Reform UK. Depuis plusieurs semaines, l’ancien champion du Brexit fait face à une série de révélations sur ses financements, les avantages dont il aurait bénéficié et ses liens avec plusieurs donateurs fortunés.
La dernière affaire en date concerne George Cottrell, ancien allié de Nigel Farage, aristocrate, entrepreneur dans les cryptomonnaies et figure du jeu en ligne offshore. Son parcours est également marqué par un passé judiciaire : arrêté aux États-Unis en 2017, il a ensuite plaidé coupable dans une affaire de fraude électronique après avoir conclu un accord avec la justice américaine. Selon des révélations du Sunday Times parues ce 5 juillet, Cottrell aurait offert à Nigel Farage plusieurs avantages non déclarés : l’usage d’une maison située près de Buckingham Palace, du personnel chargé d'améliorer sa présence sur les réseaux sociaux ainsi que des frais de sécurité. Une accusation que Nigel Farage et ses proches démentent. Reform UK parle d’un article "sans fondement et artificiel" ;...
-
06/07 - "L’Irlande est en train de devenir un protectorat militaire français" : l’alerte d’Eoin Drea
L’Irlande est-elle en train de devenir un "protectorat militaire français"? Dans un article pour la revue Foreign Policy qui a fait beaucoup de bruit, le politiste Eoin Drea alerte sur le fait que son pays, longtemps très avare en matière de budget de défense, se soit mis sous la coupe de Paris en lui confiant l’achat d’une large partie de ses armements, alors qu’il doit prendre la tête de l’Union européenne.
Pour L’Express, le chercheur au Wilfried Martens Centre for European Studies, think tank basé à Bruxelles et lié au Parti populaire européen (centre droit), explique les raisons de son inquiétude, tout en saluant la diplomatie très habile de la France qui devrait rapporter deux à trois milliards à notre pays, au détriment de la relation historique entre l’Irlande et le Royaume-Uni. Mais, par ailleurs, Eoin Drea assure que l’Europe est aujourd’hui très inquiète de l’inertie économique de la France, notamment en matière de retraites, alors que cela devrait être "son moment" face aux Etats-Unis de Donald Trump. Entretien.
L’Express : L’Irlande est selon vous en train de devenir un "protectorat militaire français". N’exagérez-vous pas ?
Eoin Drea : Non. L’Irlande fait l’objet de critiques internationales de plus en plus vives, car l’année dernière elle n’a que consacré que 0,22% de son PIB à des dépenses militaires. Elle a longtemps été un profiteur en matière de défense et de sécurité, avec seulement quatre navires de guerre disponibles à tour de rôle et aucun avion...
-
06/07 - Rafal Brzoska : "La Pologne a prouvé que la simplification était possible à un rythme rapide"
Rafal Brzoska règne sur un empire. Son entreprise, InPost, est le leader national des consignes automatiques, que l’on retrouve à tous les coins de rue en Pologne. Le groupe se positionne désormais en champion européen, fort de plus de 80 000 points de retrait répartis dans neuf pays, à travers lesquels naviguent un milliard de colis chaque année.
La notoriété de l'entreprise a franchi les frontières polonaises au moment de son entrée à la Bourse d'Amsterdam, début 2021. Dans la foulée, InPost rachète le français Mondial Relay pour quelque 650 millions d'euros. En février 2026, un consortium réunissant le géant américain FedEx, le fonds Advent International, le groupe tchèque PPF et le propre véhicule d'investissement de Brzoska (A&R Investments) met la main sur InPost pour 7,8 milliards d'euros, l'une des plus grandes opérations jamais réalisées en Europe centrale.
InPost déploie toute une gamme de services liés aux achats en ligne, jusqu'à un assistant doté d'intelligence artificielle : signe que Rafal Brzoska ambitionne de transformer l'industrie logistique.
La vie de l'entrepreneur ne s'arrête pas à InPost. En 2025, il accepte de relever le défi lancé par le Premier ministre polonais, Donald Tusk : mener un choc de simplification administrative du pays. En cent jours, il rassemble un panel d’experts pour promouvoir 500 propositions citoyennes, dont près de la moitié a déjà été adoptée par les autorités.
Classé parmi les dix plus grandes fortunes de Pologne,...
-
06/07 - De Vincent Bolloré à Matthieu Pigasse : avant la présidentielle, la bataille culturelle se joue dans les médias
Et encore, le pire a été évité. Le 10 juin 2026, le JDNews - hebdomadaire du groupe Bolloré - réunit sur sa Une prorusse quatre personnalités françaises. "L'appel au sursaut", tonne le journal, tribunes et interviews complaisantes avec Vladimir Poutine à l'appui. Derrière la promotion apparente de la "paix", Henri Guaino, Philippe de Villiers, Nicolas Dupont-Aignan et Luc Ferry plaident en creux pour une reddition de l'Ukraine, en guerre depuis 2022. La couverture suscite l'indignation, mais aurait pu être bien plus radioactive. L’ancienne patronne de RT France Xenia Fedorova, pensionnaire des médias Bolloré, devait initialement apparaître en Une du numéro aux côtés du fondateur du Puy du Fou. L'idée a été abandonnée. Trop corrosive.
Du rapprochement avec la Russie à la promotion de l'union des droites, le groupe Bolloré s'est engagé dans une bataille culturelle d’ampleur. Cette offensive produit des conséquences en cascade, tant elle remodèle le paysage médiatique. Le banquier d'affaires Matthieu Pigasse qui dit mettre ses médias - Radio Nova, Les Inrocks.... - "au service de la lutte contre l'extrême droite" décèle un phénomène politique dans le succès de sa radio. Quitte à ce que son antenne dérape également. Même le service public, victime d'un procès en partialité politique, est emporté par la vague. La politique est partout. Ou soupçonnée de l'être, derrière une apparente neutralité.Paysage fragmenté
A l'aube de l'élection présidentielle, les responsables...
-
06/07 - Pacifique : un tir d’essai de missile chinois inquiète les pays de la région
Le lancement d’un missile chinois a fait trembler la région pacifique. La marine chinoise a annoncé avoir "procédé avec succès", lundi 6 juillet, "au tir d’un missile stratégique équipé d’une ogive d’entraînement à charge simulée, en direction des eaux internationales du Pacifique".
Un porte-parole de la marine a ajouté dans un communiqué que ce missile est "tombé avec précision dans la zone maritime définie" sans préciser sa localisation exacte. Une situation exceptionnelle puisque le dernier missile de longue portée lancé par la Chine date de 2024. Aucune information concernant le type de missile lancé n'a été communiquée par l'agence de presse Xinhua. Le tabloïd chinois Global Times a cependant déclaré qu'il pouvait s'agir du JL-3, le missile chinois le plus avancé lancé par un sous-marin.
Ce test suscite la crainte de plusieurs pays de la région, peu rassurés par cette démonstration des capacités militaires de Pékin. La marine chinoise les avait cependant prévenus de leur essai militaire : "Une notification préalable a été adressée aux pays concernés, conformément au droit international et aux pratiques internationales. Ce tir ne vise aucun pays ni aucune cible particulière." "Déstabilisant pour la région"
Certains pays restent inquiets. "L'Australie a clairement fait savoir à la Chine que nous considérons cela comme quelque chose de déstabilisant pour la région", a annoncé la ministre australienne des Affaires étrangères, Penny Wong, selon qui les autorités...
-
06/07 - Iran : aux funérailles d’Ali Khamenei, l’absence de son fils et successeur, Mojtaba, pose question
C'est une absence scrutée de près. Tandis que les obsèques du Guide suprême iranien se poursuivent ce lundi 6 juillet à Téhéran, avec un cortège funéraire qui devrait rassembler des dizaines de milliers de personnes, un nom manque à l'appel : celui de Mojtaba Khamenei, fils d'Ali Khamenei, lui ayant officiellement succédé à sa mort. Mais celui-ci n'a pas été vu depuis l'attaque israélo-américaine qui avait marqué le début de la guerre, le 28 février, et dans laquelle avaient succombé le Guide suprême et plusieurs membres de sa famille, dont la femme de Mojtaba Khamenei. De quoi laisser planer le doute sur son état de santé et sa réelle capacité à diriger le pays.
Dimanche, des milliers de personnes en deuil, dont des responsables iraniens de haut rang ont assisté aux prières funéraires. Selon la tradition, Mojtaba Khamenei, désigné le 8 mars par l'Assemblée des experts comme le nouveau Guide suprême de l'Iran, aurait dû présider les rites funéraires de son prédécesseur. Sa présence aurait constitué une première apparition en public depuis le déclenchement de la guerre avec les Etats-Unis et Israël.
"Son absence a suscité une attention particulière dans un système politique où les apparitions publiques revêtent une importance symbolique et sont soigneusement orchestrées pour projeter une image d'autorité et de stabilité. Elle a alimenté les interrogations sur son état de santé et sur la dynamique politique intérieure du pays", observe le New York Times.
Blessé lors du...
-
06/07 - "J’ai décidé de ne pas choisir entre mes enfants" : le fondateur d’Urgo raconte les coulisses de sa succession
Choisir de ne pas choisir, c'est aussi une forme de décision. Quelque 500 000 dirigeants d'entreprises familiales vont devoir passer le flambeau dans la décennie qui vient. Le problème, c'est que la transmission est toujours une étape dangereuse quand elle est mal anticipée. De fait, 15 % à 20 % seulement des entreprises familiales en France sont reprises par un héritier. Contre 56 % en Allemagne et près de 70 % en Italie. Hervé Le Lous, qui a hérité des laboratoires Urgo créés par son père et les a fait grandir pour devenir un géant mondial du médical, a planché sur cette question pendant des années. Quand il cède la barre de l'entreprise en septembre 2019, il propose à ses trois fils une formule étonnante : une direction alternée tous les trois ans. Pour L'Express, Hervé Le Lous a accepté de nous parler de cette succession singulière.
Une interview issue du podcast Anatomie d'une décision, à écouter sur Apple Podcasts, Spotify, Deezer, Castbox, Podcast Addict ou en cliquant sur le player en tête de cet article.
L'Express : Nous sommes le 1er septembre 2019 et ce jour-là, vous cédez la présidence du groupe Urgo à votre fils aîné Briac… Mais pour seulement trois ans. D'où vous est venue cette idée d'une direction alternée ? Une chose rarissime dans le capitalisme hexagonal...
Hervé Le Lous : Quand j'ai créé les statuts de l'entreprise, j'avais dit que je céderai ma place à 70 ans. Dans les faits, j'ai pris ma retraite à 69 ans et 9 mois. Ce retrait de la direction...
-
06/07 - Management : trop de méthodes, pas assez d’intelligence, par Julia de Funès
"Ce n’est pas l’outil le problème, c’est l’usage que l’on en fait." La formule est devenue un réflexe. On l’entend à propos des réseaux sociaux, de l’intelligence artificielle, mais aussi de nombreuses méthodes managériales. Si un outil enferme les collaborateurs dans des cases ou rend les échanges artificiels, ce ne serait jamais la faute de l’outil. Seulement de celui ou celle qui l’utilise. L’argument paraît frappé au coin du bon sens. Pourtant, tous les outils ne se valent pas. Certains développent notre intelligence ; d’autres s’y substituent. Certains élargissent notre compréhension du réel ; d’autres la réduisent à un modèle. Oui, n’en déplaise aux marchands de méthodes et aux adeptes d’outils, il en existe de très mauvais. Le management en a abondamment consommé. Depuis plusieurs décennies, il multiplie les modélisations censées mieux comprendre les individus. Le résultat est-il à la hauteur de la promesse ? Les collaborateurs se sentent-ils réellement mieux reconnus, mieux considérés, mieux compris ?
Les tests de personnalité, si présents dans les entreprises depuis des années, en sont sans doute l’exemple le plus emblématique. En quelques questions, chacun devient rouge, bleu, vert ou jaune ; dominant, influent ou consciencieux. La richesse d’une personnalité se résume à un profil. Les promoteurs de ces méthodes rappellent d’ailleurs qu’il ne faut pas enfermer les personnes dans ces catégories. Mais pourquoi concevoir un outil dont il faut aussitôt corriger les...
-
06/07 - En Albanie, la "révolution des flamants roses" et le parfum du gaz américain
La "révolution des flamants roses" en Albanie cible le surtourisme et ses atteintes à la biodiversité. Chaque jour depuis plus d’un mois, des manifestants se rassemblent à Tirana pour défendre l’intégrité d’une lagune de la côte adriatique où ces oiseaux viennent se reproduire par milliers. La vague de protestation, la plus puissante depuis la chute de la dictature communiste il y a 34 ans, a vite dépassé la question écologique. Elle s’est muée en contestation générale du Premier ministre Edi Rama. Et elle possède une dimension géostratégique cruciale, en contrariant de puissants intérêts gaziers américains.
La discorde est née d’un projet d’au moins 4 milliards de dollars porté par Jared Kushner, gendre et émissaire diplomatique du président Donald Trump. Associé à des intérêts qataris, l'homme d'affaires veut construire un "resort" touristique avec hôtels et villas de luxe, parcours de golf et marina, sur une langue de terre sauvage dans le sud du pays, la péninsule de Zvernëc, et sur l’île voisine de Sazan, un ancien site militaire. Le projet est en phase avec la politique de Tirana qui mise sur le tourisme pour développer le pays à majorité musulmane, l’un des plus pauvres d’Europe. Avec plus de 12 millions de touristes en 2025, dans un pays de 2,7 millions d’habitants, l’activité génère plus d’un cinquième du PIB.
Depuis que des bulldozers et des barbelés sont apparus fin mai au bord de la lagune, la population, saisie par un sentiment de dépossession, s’insurge en...
-
06/07 - Coupe du monde 2026 : quand Donald Trump se mêle de la suspension d’un joueur américain
"Pendant 24 jours, la Coupe du monde aux Etats-Unis a semblé accomplir un rare exploit en 2026 : n'avoir presque rien à voir avec Donald Trump". C'était sans compter "le coup de théâtre" de ce dimanche soir, réagit CNN. Le monde du football s'agite, ce lundi 6 juillet, après ce qui apparaît comme une décision très politique de la part de la FIFA : l'annulation de la suspension de l'attaquant américain Folarin Balogun, à la suite d'un appel entre Donald Trump et le patron de la fédération de football Gianni Infantino.
L'actuel joueur de l'AS Monaco avait écopé d'un carton rouge lors d'un match contre la Bosnie-Herzégovine, mercredi, après avoir planté son pied dans la cheville du défenseur Tarik Muharemovic. Il aurait donc en principe dû être interdit de disputer le match des 8e de finale contre la Belgique, qui aura lieu mardi 7 juillet à 2 heures, heure française. Le joueur de 25 ans avait été expulsé après consultation de la VAR par l'arbitre, faisant dire au sélectionneur des Etats-Unis, Mauricio Pochettino, que la faute commise par son joueur ne justifiait pas un carton rouge.
Selon l'agence Reuters, la décision de la FIFA intervient après que Donald Trump a personnellement appelé Gianni Infantino, le patron de l'instance dirigeante du football mondial, pour lui demander de réexaminer le cas du meilleur buteur américain. Ce revirement est inhabituel, s'agissant de la première réintégration d'un joueur après son expulsion en Coupe du monde depuis le Brésilien...
-
06/07 - Kathryn Stockett, le retour : bienvenue au "Calamity club"
Ce fut la success-story éditoriale de 2009. Kathryn Stockett, jeune inconnue dont le manuscrit avait été refusé par une quarantaine d’agents littéraires, signe enfin un contrat. Bonne pioche : La Couleur des sentiments (The Help en VO), se vend à 15 millions d’exemplaires dans le monde, dont 1,3 million en France, avant d’être adapté au cinéma avec Viola Davis, Emma Stone, Jessica Chastain et Octavia Spencer dans les rôles principaux. La suite serait-elle un long fleuve tranquille ? Au contraire : bloquée selon ses termes par une "énorme pression", Kathryn Stockett a disparu une quinzaine d’années. Avec Le Calamity club, elle signe enfin son deuxième livre.
Les fans de La Couleur des sentiments ne seront pas dépaysés : la romancière nous emmène à nouveau au Mississipi, cette fois-ci en 1933. Meg, 11 ans, vit un enfer dans un terrible orphelinat. Birdie doit sauver sa famille de la ruine. Charlie, quant à elle, a été enfermée dans un asile. Leurs routes vont se croiser. Cet ample mille-feuille romanesque de plus de 600 pages a tout pour plaire, traitant d’injustice, de sororité et de santé mentale. On sait par ailleurs que construire une intrigue autour de trois personnages féminins est fédérateur en librairie, notamment chez nous (qu’on pense à Trois femmes puissantes de Marie NDiaye, à La Tresse de Laetitia Colombani ou à La Nuit au cœur de Nathacha Appanah). Kathryn Stockett a une qualité en plus : beaucoup d’humour. Cela donne à ce pavé la fluidité des meilleurs...
-
06/07 - Vins : Saint-Victoire, la naissance d’un nouveau cru de Provence
Crise profonde, déconsommation durable, taxes à l'exportation… Le marché du vin tente de résister et se réinvente constamment. Grâce à de nouvelles appellations comme dans les côtes-de-provence, avec le cru Sainte-Victoire (ci-dessous) ; de nouvelles pratiques, toujours plus innovantes à l'instar de la viticulture régénérative ; des terroirs surprenants comme le Beaujolais blanc. Enfin, il n'hésite pas non plus à se diversifier en partant à la conquête d'un "Nouveau monde", celui de la cosmétique, en s'appuyant sur les vertus anti-âge des antioxydants du raisin. A l'arrivée : soins capillaires, sérums antitaches, douche et shampoings au pinot noir, Émulsions nettoyantes, lait Corps, etc. Une large gamme pour tous les goûts et tous les besoins. Tous ces produits ne s'imposeront pas un univers déjà très concurrentiel. Mais chacun d'entre eux montre que le secteur du vin n'est jamais à court d'idée et de formules pour se diversifier. Avec une ligne de mire : laisser passer les vents mauvais, tenir pour dessiner des jours meilleurs.
Dans le monde du vin, où chaque gorgée raconte l'histoire d'une terre et d'un héritage, une nouvelle étoile brille dans le ciel provençal : l’AOP Cru Sainte-Victoire. Cette appellation d’origine protégée, éclose fin 2024 au pied du majestueux massif éponyme, se situe à l’est d’Aix-en-Provence, dans la Haute Vallée de l’Arc, sur le flanc sud de la montagne et s’étend jusqu’aux chaînons des monts Olympe et Aurélien. Ici, les vignes, arrosées par...
-
06/07 - A la Cité des sciences, un village miniature pour aiguiser son esprit critique
Un bambin aux joues roses et aux frisettes blondes gambade d’animations en petits quiz. Le visiteur du jour, trois ans, s’est introduit par erreur dans cette zone colorée et ludique de la Cité des sciences à Paris, encore fermée au public. Il rit en se dirigeant vers la sortie, ignorant tout des exercices ardemment bichonnés par les préparateurs de ce gigantesque musée consacré à la méthode scientifique, tandis que du personnel inspecte les derniers modules en carton-pâte en cours d'installation.
Ce mardi 7 juillet, la Cité des sciences inaugurera l’exposition "Esprit critique", un parcours dédié aux pièges de la raison et fraîchement agencé au premier étage du musée. Après avoir enfilé un petit bracelet en caoutchouc équipé d’une puce électronique, les visiteurs pourront voguer au gré de leurs envies autour d’une trentaine de modules interactifs, de petits stands avec écrans tactiles et boutons de jeu, conçus par les trois centres de sciences Cap sciences à Bordeaux, Quai des savoirs à Toulouse et Universcience à Paris. Une sorte de simulation géante pour tester sa capacité à résister aux arguments fallacieux et apprendre à repérer les manipulations psychiques.
Une fois le curieux bijou au poignet, se dévoile un immense jeu de piste pour petits et grands curieux - à partir de dix ans, n’en déplaise à l’intrus du jour. Les concepteurs de cette exposition trilingue, née à Bordeaux en 2021 et transposée à Toulouse et désormais à Paris, a imaginé l’activité comme une...
-
06/07 - "Identifier la prochaine grenade dégoupillée" : dans les tribunaux, le branle-bas de combat après l’affaire Lyhanna
Il a fallu sortir les centaines de documents de la pile dans laquelle ils périclitaient, et les réétudier un à un. Pendant "onze à douze heures par jour" depuis plusieurs semaines, Philippe*, enquêteur dans un commissariat de l’est de la France, relit minutieusement la quarantaine de dossiers "à risque" concernant des violences faites aux enfants, sélectionnés en amont par les magistrats du parquet local.
Jusqu’alors, ces procédures "dormantes" étaient au point mort faute de nouveaux éléments, ou tout simplement jugées moins urgentes que d’autres. C’est le cas d’un viol présumé sur mineur, arrivé sur cette pile il y a plusieurs mois. "Il n’y avait pas de preuve médico-légale, pas d’éléments concrets permettant de caractériser les faits, l’auteur présumé est inconnu de nos services et du fichier des délinquants sexuels… Entre-temps, on a reçu des dizaines d'autres affaires jugées plus urgentes. Elles sont passées devant", lâche le policier, qui évoque des services "complètement embolisés" - dont une brigade des mineurs composée de trois agents, "pour des centaines de plaintes à traiter". Dans ce dossier de viol sur mineur, les investigations ont été relancées. D'autres ont été classés sans suite, ou triés en fonction de leur caractère prioritaire.
Comme dans tous les commissariats, gendarmeries et tribunaux de France, ses équipes sont à pied d'œuvre dans la foulée de ce que certains appellent "l'Affaire". Comprendre : la mort de Lyhanna, fillette de 11 ans dont...
-
06/07 - Sommet de l’Otan à Ankara : une consécration pour Recep Tayyip Erdogan
L’Otan, alliance de pays supposés démocratiques, ferme les yeux sur la dérive dictatoriale du président Recep Tayyip Erdogan en tenant son sommet annuel en Turquie, dans le grandiose palais de plus de 1 000 pièces que le chef de l’Etat s’est fait construire sur les hauteurs d’Ankara. Pour certains dirigeants européens, la couleuvre est difficile à avaler. Mais les impératifs géopolitiques, comme souvent, l’emportent. Erdogan, lui, peut savourer son triomphe.
Il faut dire que le lieu de la rencontre des 7 et 8 juillet présente, pour la majorité des participants, un avantage appréciable : il réduit les risques que Donald Trump claque la porte de la réunion. Car le président américain, lui-même peu attaché aux grands principes démocratiques, est fâché contre beaucoup de pays européens, qu’il accuse de lui avoir mégoté leur soutien contre l’Iran et de ne pas payer assez pour leur défense. En revanche, il tient en haute estime l’homme fort d’Ankara, qu’il décrit comme “une personne très forte et très intelligente”.
Ensuite, la guerre d’Ukraine, les hostilités en Iran et le retrait américain partiel d’Europe convergent pour accroître l’importance de la Turquie pour la sécurité européenne. A proximité de la Russie, du Caucase et du Proche-Orient, sa stabilité est essentielle. En contrôlant les détroits du Bosphore et des Dardanelles, elle joue un rôle crucial en mer Noire pour contenir l’expansionnisme russe. Son industrie de défense, très performante, devient par ailleurs un...
-
06/07 - "Plus puissant qu’à l’époque soviétique" : Rosatom, l’ogre russe qui défie les sanctions occidentales
C'est l'un des paradoxes dont l'Histoire seule a le secret. Depuis 2022, la Russie est le pays le plus sanctionné au monde, devant l'Iran et la Corée du Nord. Quelque 25 000 mesures restrictives visent des individus ou des entités russes. De quoi étouffer a priori n'importe quelle économie. Et pourtant, au beau milieu du pays - et même au-delà de ses frontières - une forteresse résiste, s'étend, absorbe, rayonne. Son nom ? Rosatom.
Jamais cette entreprise - connue en Europe pour son savoir-faire en matière de nucléaire civil - n'a eu autant d'importance et d'influence, souligne un rapport récent de l'ONG Bellona. Plus grosse, plus militarisée, elle est désormais chargée de gérer de nouveaux secteurs de l'économie russe. Des filières dans lesquelles le régime de Vladimir Poutine a besoin de loyauté et d'efficacité.
"Aujourd'hui, nous estimons que Rosatom est plus puissante qu'elle ne l'était à l'époque soviétique", pointe Dmitry Gorchakov, l'un des auteurs de l'étude. A voir la vitesse avec laquelle elle absorbe le tissu industriel russe, son appétit paraît sans limite. Le périmètre du groupe est passé de 460 entités en 2024 à plus de 580 l'an dernier. Ce mastodonte emploie désormais 420 000 personnes et son influence politique est verrouillée au plus haut niveau de l'Etat : Sergey Kiriyenko, l’un des fondateurs de Rosatom, est le chef de l'administration présidentielle au Kremlin d'où il continue de superviser la stratégie du groupe.
Extraction de minerais, conception...
-
05/07 - "J’ai le plus profond mépris pour la justice française" : quand les affaires judiciaires percutent l’élection présidentielle
L'Histoire est écrite par les vainqueurs, paraît-il. Du moins, il arrive que les vainqueurs s'en racontent, des histoires, en se délestant un tantinet de leur lucidité. Le grand gagnant de 2017 en est un bon exemple. Près de dix ans plus tard, Emmanuel Macron en est toujours persuadé : si François Fillon n'avait pas connu son désormais célèbre épisode des "costumes", ni la non moins mémorable "affaire Pénélope", il aurait tout de même battu à plates coutures le candidat des Républicains au soir du premier tour. Qu'importe si François Bayrou - dont le ralliement a accéléré sa dynamique et fait grimper sa cote dans les sondages - laissait entendre, avant que la justice ne vienne violemment télescoper la campagne, qu'il envisageait de rejoindre François Fillon et négociait avec lui les investitures aux législatives...
Laissons au chef de l'État le bénéfice du doute. Mais cette certitude montre bien à quel point le scrutin de 2017 reste invariablement lié aux déboires de l'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy, point de bascule d'une folle campagne qui continue d'alimenter critiques et fantasmes sur l'institution judiciaire. Trop prompte à se prononcer ? Trop politisée ? Trop interventionniste, même, lorsqu'il s'agit de se pencher sur des prétendants à l'Élysée? Les élections présidentielles passent et se ressemblent et le cas de Marine Le Pen ne fait pas exception. Ce mardi 7 juillet, la cour d'appel de Paris rendra sa décision dans le procès des assistants...
-
05/07 - Tatiana Stanovaya : "Le conflit entre la Russie et l’Ukraine va durer des années, voire des décennies"
D'Irkoutsk à Rostov-sur-le-Don, les files de voitures s'allongent aux stations d'essence. Pilonnées sans relâche par les drones ukrainiens, les raffineries russes sont, pour certaines, à l'arrêt. Les pénuries sont telles que Moscou - l'un des plus grands exportateurs mondiaux de pétrole - achète désormais son essence à l'Inde ! Vladimir Poutine est sous pression, et les nouvelles du front ne vont pas le rassurer. Car l'armée russe ne progresse pas, tandis que les pertes en hommes ne sont plus compensées par l'arrivée de troupes fraîches.
Que peut-il se passer ces prochains mois ? Pour la chercheuse russe Tatiana Stanovaya, fondatrice du cabinet d’analyse R.Politik, situé en région parisienne, "le conflit entre la Russie et l’Ukraine ne sera pas résolu de sitôt, il va durer des années, peut-être des décennies". Et Poutine peut-il, comme le pensent les services de renseignement européens, s'en prendre aux pays baltes et à l'Otan ? "Le risque est très faible", estime cette spécialiste du Kremlin, qui est davantage inquiète pour le moyen terme. Le risque ? Que, "dans cinq ou dix ans, un Poutine vieillissant commence à perdre le contrôle et qu’autour de lui, certaines personnes lui dictent une ligne plus agressive, ou bien s’il soit remplacé par des gens qui trouveront rationnel de 'donner une leçon' aux Européens". Entretien.
L'Express : Les piètres performances de l’armée russe en Ukraine fragilisent-elles Vladimir Poutine ? Peuvent-elles infléchir sa stratégie ?
Tatiana...
-
05/07 - L’or de la Seconde Guerre mondiale - Notre série d’été
-
05/07 - Emmanuel Macron va se rendre en Syrie : une première pour un président français depuis 17 ans
La présidence syrienne l’a annoncé ce 5 juillet : Emmanuel Macron visitera prochainement le pays. Un déplacement dont on ne connaît pas la date pour l’instant, et qui sera le premier déplacement d’un président français en Syrie depuis Nicolas Sarkozy, en 2009. Une rupture avait ensuite eu lieu avec la répression du printemps arabe par le pouvoir de Bachar el-Assad en 2011. Paris avait ensuite fermé son ambassade à Damas en 2012, avant de reconnaître la coalition de l'opposition comme représentante légitime du peuple syrien, refusant toute normalisation avec le régime d'Assad tant qu'aucune transition politique crédible n'était engagée.
Cette visite sera justement aussi la première visite d’un chef d’Etat européen, et même occidental depuis l’arrivée au pouvoir fin 2024 du président islamiste Ahmed al-Charaa, après la chute du régime de Bachar el-Assad. La France avait déjà été la première à accueillir celui-ci, en mai 2025. Emmanuel Macron avait alors déclaré vouloir accompagner la transition syrienne, tout en conditionnant son soutien à des améliorations sur la stabilité régionale, la lutte contre le terrorisme, le retour des réfugiés ou encore les processus démocratiques. Le président accompagné d’une délégation d’investisseurs
En janvier 2026, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen avait déjà envoyé un message fort en se rendant en Syrie. Les échanges avaient alors principalement tourné autour de la reconstruction du pays, de l'aide...
-
05/07 - Venki Ramakrishnan, Prix Nobel : "Les gènes sont plus importants qu’on ne le pensait dans notre espérance de vie"
Il y a deux ans, L'Express interrogeait en avant-première le Prix Nobel de chimie Venki Ramakrishnan pour son remarquable Why we die. L'entretien avec l'éminent biologiste de Cambridge avait passionné de nombreux lecteurs. Son livre, qui retrace de manière pédagogique les avancées scientifiques sur le vieillissement et fait le point sur les principales pistes en matière de longévité (restriction calorique, sénolytiques, reprogrammation cellulaire...), vient d'être traduit par Odile Jacob sous le titre Pourquoi nous mourons. Le choix de l'éditeur ne doit rien au hasard : François Jacob, le père de l'éditrice et lui aussi lauréat du Nobel, est un "héros personnel" de Venki Ramakrishnan.
A l'occasion de cette publication française, le chercheur fait pour L'Express le point sur les avancées les plus prometteuses depuis deux ans. Remettant en perspective les annonces sensationnalistes de son confrère David Sinclair, il souligne en revanche le poids de la génétique, plus important qu'on ne le pensait, dans notre espérance de vie. Ce qui ne signifie pas que nous ne pouvons pas agir sur notre mode de vie, et notamment sur notre alimentation, notre activité physique et notre sommeil. Par ailleurs, Venki Ramakrishnan évoque les conséquences politiques qu'aurait un allongement conséquent de la durée de nos existences, alors que Vladimir Poutine et Xi Jinping ont il y a quelques mois spéculé sur la vie éternelle. La preuve qu'eux aussi sont contaminés par les fantasmes de la Silicon...
-
05/07 - Immigration, condamnation de Vickrum Digwa... Comment Elon Musk s’immisce dans la politique britannique
L’homme le plus riche du monde semble de plus en plus passionné par la politique interne d’un pays… qui n’est pas le sien. Selon une enquête du Guardian, Elon Musk s’immisce chaque semaine un peu plus dans le débat politique britannique ces derniers mois. Entre le 31 mai et le 12 juin, le propriétaire du réseau social X a publié, répondu u repartage — selon le décompte du journal britannique — 303 messages consacrés aux questions de race et d'immigration de l’île d’Albion. Soit deux fois plus que les 114 publications consacrées à SpaceX, pourtant au cœur de son actualité économique.
Une activité intense qui s’est concertée autour de plusieurs évènement qui ont secoué le Royaume Uni récemment. Après la condamnation de Vickrum Digwa, jeune britannique de confession sikh reconnu coupable par la justice britannique du meurtre de l'adolescent Henry Nowak, Elon Musk a par exemple relayé de nombreuses publications dénonçant un supposé traitement "anti-Blancs" par la police britannique. Allant jusqu’à publier, selon le journal, jusqu’à cinq messages en dix minutes sur l’affaire, qui ont mis en avant certains détails du meurtre ou pour repartager des commentaire des Etats-Unis, de France ou d’ailleurs.
Au moins 20 de ces publications ont dépassé les 10 millions de vues. Les émeutes de Belfast, survenues en Irlande du Nord après une attaque au couteau début juin, ont aussi fait l’objet de bien de tweet de la part du patron de Tesla… Qui a également multiplié les messages...
-
05/07 - "Avez-vous des chambres fortes ?" : comment la France a caché 2 500 tonnes d’or à Hitler
L’invasion de la Pologne par Hitler le 1er septembre 1939, puis Staline le 17 septembre, plonge l’Europe – et bientôt le monde – dans un conflit sanglant. Pris de court par l’avancée irrésistible de la Wehrmacht, les gouvernements des pays vaincus s’efforcent de sauver en urgence ce qui peut l’être : leurs réserves d’or, convoitées par le Reich pour financer sa colossale machine de guerre. Une chasse au trésor haletante où le sens du devoir de quelques hommes, servis par une bonne dose de chance, a empêché les nazis de faire main basse sur une fortune qui aurait pu changer le cours de l’Histoire.
Dans cette série de L’Express en cinq épisodes, François Valentin, consultant à London Politica, retrace l’incroyable destinée de l’or français, belge et polonais, entre le fracas des bombes et les conversations feutrées des chancelleries. Paris, 15 juin 1940
Quatre officiers nazis marchent d'un pas triomphal dans les couloirs du siège de la Banque de France. Les nouveaux maîtres de Paris – déclarée ville ouverte la veille – ont la ferme intention de saisir les mythiques réserves d'or de l'institution. Une fortune prodigieuse : 2 500 tonnes de métal précieux conservées sur place et dans une cinquantaine de succursales à travers le pays. De quoi graisser sérieusement les rouages de la machine de guerre allemande, avide de conquêtes mais pauvre en liquidités. Les émissaires du Reich traversent les salons luxueux de l'hôtel de Toulouse, rue Croix-des-Petits-Champs, dans le Ier...
-
05/07 - Guerre en Ukraine : Kostyantynivka, la ville au cœur de la bataille russe pour le Donbass
En uniforme devant son état-major, Vladimir Poutine a remercié le 4 juillet les soldats russes pour leur prise de la ville de Kostyantynivka, d’une “importance stratégique majeure”. Les images ont été retranscrites à la télévision. Selon son porte-parole, Dmitri Peskov, "la ville est désormais entièrement sous notre contrôle". Un autre commandant affirme que "des opérations de recherche et d’élimination des soldats isolés des forces armées ukrainiennes qui tentent de se cacher dans des bâtiments, caves et ruines" sont en cours dans cette ville, décrite comme "l'un des principaux centres défensifs de la zone fortifiée Sloviansk-Kramatorsk-Kostiantynivka".
Le sang n’a fait qu’un tour chez Volodymyr Zelensky. "Bien sûr, ce n'est pas vrai — il s'agit simplement d'un nouveau mensonge russe conçu pour susciter une quelconque couverture médiatique" a réagi le président ukrainien samedi, lors d’un entretien téléphonique avec le chancelier allemand Friedrich Merz. Avant d’avancer avec ironie que "si Kostyantynivka était actuellement sous contrôle russe, alors Poutine n'aurait certainement aucun problème à m'y rencontrer et à trouver des solutions diplomatiques pour mettre enfin fin à la guerre". Un mois de bataille pour la ville
Selon l’état-major ukrainien, certains groupes d’infanterie sont bel et bien entrés dans la ville, qui se trouve finalement en situation difficile après d’intenses combats, qui dure depuis un mois. Au début du mois de juin, le commandement du 19e corps...
-
05/07 - Hantavirus, Ebola, Covid : comment chaque épidémie réveille le mythe du "complot juif", par le Pr David Smadja
Au XIVᵉ siècle, pendant la peste noire, les Juifs étaient accusés d'avoir empoisonné les puits pour décimer les populations chrétiennes. Des milliers d'entre eux furent massacrés à travers l'Europe au nom de cette accusation délirante. Sept siècles plus tard, les moyens de communication ont changé, mais le mécanisme demeure. Les réseaux sociaux ont remplacé les places publiques ; les algorithmes ont remplacé les rumeurs de village. Pourtant, lorsque survient une crise sanitaire, la tentation reste la même : chercher un responsable, désigner un ennemi, transformer la peur en accusation.
L'actualité récente autour de l'hantavirus en offre une nouvelle illustration. Parmi les nombreuses rumeurs qui ont accompagné cette alerte sanitaire, l'une des plus virales prétendait que le terme "hanta" signifierait, en hébreu "arnaque" ou "mensonge". Cette pseudo-étymologie est entièrement fausse : le nom de l'hantavirus provient de la rivière Hantaan, en Corée, où le virus a été identifié dans les années 1970. A partir de cette manipulation, certains comptes ont insinué que le virus dissimulerait un complot impliquant Israël, les Juifs ou les "sionistes". Une fois encore, le mensonge a circulé bien plus vite que son démenti. Car l'antisémitisme contemporain emprunte encore et toujours les codes du complotisme. Il ne s'exprime plus par des accusations frontales. Il avance par sous-entendus, pseudo-révélations, détournements linguistiques, captures d'écran sorties de leur contexte ou...
-
05/07 - "Ils ont décidé de me vendre" : comment la guerre précipite des jeunes filles dans le mariage forcé
Zabib dort lorsque des voix viennent rompre son sommeil. On l’emmène hors de sa maison. Ce n’est que plus tard qu’elle comprend : elle est en train d'être livrée à un homme qu’elle ne connaît pas. Son mariage a été célébré en son absence dans une mosquée du Soudan du Sud. Le contrat a été signé : des têtes de bétail, des chèvres, des biens ont été convertis en argent. Les arrangements ont été conclus sans son consentement. Elle n’a que 15 ans.
Dans son pays, Zabib n’est pas une exception. Plus de la moitié des jeunes filles y sont mariées avant l’âge de 18 ans selon l’ONG britannique Girls not Brides. Certaines le sont dès 12 ans, lorsque les premières règles suffisent, dans certaines communautés, à les considérer comme prêtes pour l’union. Depuis 1991, le consentement de la femme est requis avant la cérémonie. Mais la législation contient des failles : un tuteur masculin – père, oncle ou frère – peut signer un contrat de mariage en son nom. Si la jeune fille refuse, l'événement n’est pas annulé pour autant : elle doit intenter une action en justice et prouver qu’elle n’était pas consentante. Une procédure longue, coûteuse et inaccessible à la majorité d’entre elles. "C’est aujourd’hui l’une des normes culturelles les plus néfastes qui affectent les filles de nos communautés", confie Zabib, aujourd’hui âgée de 34 ans.
La guerre n’a fait qu’aggraver cette réalité. Dans son dernier rapport sur les enfants et les conflits armés, publié en juin 2026, l’ONU dresse un constat...
-
05/07 - "On peut démolir les Russes" : voyage au cœur de l’industrie de guerre ukrainienne
En ce début d’été, dans un hangar tenu secret du missilier ukrainien Fire Point, l’odeur âcre des produits chimiques le dispute au vacarme des machines. Bleu de travail ou simple t-shirt sur le dos, des dizaines d’ouvriers s’affairent, malgré la chaleur ambiante, à la fabrication du produit phare de l’industriel : le missile de croisière FP-5, plus connu sous le nom de "Flamingo" (flamant rose), pour la couleur rose qu’arboraient ses tout premiers prototypes. Déjà, la fabrication du fuselage de l’appareil, en fibre de carbone, puis de ses ailes, avant de passer à l’électronique. "On en fabrique un à trois par jour selon les besoins", glisse fièrement un salarié, qui restera anonyme. "Mais nous avons la capacité de monter jusqu’à sept", complète un autre l’air entendu. D’une envergure de plus de six mètres, ce mastodonte peut emporter plus d’une tonne d’explosifs, et frapper jusqu’à 3 000 kilomètres.
Dévoilé l’été dernier, ce projectile est devenu la figure de proue de toute une panoplie de nouvelles armes "made in Ukraine" développées ces dernières années. Il a rapidement fait ses preuves sur le front. Le 27 juin, Volodymyr Zelensky a revendiqué une frappe "réussie" contre l’usine russe Titan-Barrikady de Volgograd - un site de premier plan pour la production de systèmes d'artillerie et de missiles. "Chaque installation de défense russe impliquée dans la guerre contre l'Ukraine est une cible légitime pour nos frappes à longue portée", a mis en garde le président ukrainien...
-
05/07 - 250e anniversaire des Etats-Unis : Donald Trump célèbre son Amérique et réactive l’ennemi "communiste"
Presque toutes les célébrations du 250e anniversaire des États-Unis portaient la marque Trump ce 4 juillet, les décisions prises par le président milliardaire d’extrême droite ayant transformé une commémoration officielle de l’histoire américaine en un nouvel épisode de la polarisation politique aux États-Unis. Sous une chaleur suffocante — les températures ont atteint 46 degrés à Washington — cette soirée, millimétrée pour être le "plus grand rallye Trump" selon ses propres mots, a finalement été victime des orages et d’un certain chaos.
À quelques heures de son discours, les éclairs ont forcé les Secret Service à évacuer une partie de ses partisans, qui l’attendaient en liesse sur l’immense esplanade du National Mall, avant qu’il ne leur demande de revenir. "J’ai dit : 'Il n’y a pas moyen — même si nous devons parler devant une seule personne à 4 heures du matin, je serai là. Rien ne nous dissuadera.'" a-t-il lancé à la foule Maga (Make America great again), moins dense que prévu. "C’est une soirée inoubliable. Je crois que c’est quelque chose de très spécial." a poursuivi Donald Trump, assurant que la persévérance des participants rendait l’événement "encore plus grand que si nous n’avions pas eu ces éclairs retentissants".Vaincre la “menace communiste”
Après une heure de retard et alors que la chaleur sévissait toujours, Donald Trump a finalement annoncé en débutant son speech, à 23 heures, qu’il allait faire "un très long discours… juste pour montrer que je peux...
-
05/07 - Micro-drama : quand les feuilletons chinois générés par IA envahissent la planète
À Hengdian, le plus grand complexe de tournage au monde situé dans la province côtière du Zhejiang, figurants et techniciens ont vu les contrats se tarir après le Nouvel An chinois de février 2026. La ville avait prospéré grâce au micro-drama, ce feuilleton vertical d'une à deux minutes par épisode conçu pour les smartphones. Elle découvre que l'IA peut désormais les fabriquer sans elle.
Le micro-drama (duanju) est un produit calqué sur le business du jeu mobile. En 2024, le marché chinois a dépassé les 50 milliards de yuans, environ 7 milliards de dollars, et devancé pour la première fois les recettes du box-office national. L'an dernier, il aurait doublé, selon le régulateur chinois. Le produit obéit à une logique très différente de la télévision. Les premiers épisodes sont offerts pour installer l'addiction, chaque saynète se clôt sur un coup de théâtre pour forcer l'achat de la suivante, payée à l'unité en monnaie virtuelle et diffusée généralement sans publicité. Le gros du budget est consacré à la quête d'utilisateurs plutôt qu'à la production. Le royaume du micropaiement
En Amérique du Nord, une série d'épisodes coûte 150 000 à 200 000 dollars à fabriquer, alors que coût d'acquisition d'un spectateur y avoisine les 15 dollars. Le producteur star Jeffrey Katzenberg pensait rafler la mise avec Quibi, son service de format court lancé en grande pompe en 2020 avec 1,8 milliard de dollars et pléthore de vedettes. L'entreprise s'est effondrée en six mois : cette...
-
05/07 - Un week-end dans le Finistère : les sortilèges de Daoulas
Entre pierres médiévales, carré de plantes mortelles et rires d’écoliers en fond sonore, l’abbaye de Daoulas cultive l’art du contraste. Ce joyau patrimonial, niché dans un bourg au fond de la rade de Brest, est aussi un lieu de vie, de transmission et de découverte, où près de neuf siècles d’histoire dialoguent avec le présent. Fondé au XIIe siècle par les chanoines réguliers de Saint-Augustin, le site conserve quelques éléments remarquables : son église associe les lignes épurées de l’art roman à des remaniements gothiques réalisés au fil du temps et son cloître, l’un des mieux conservés en Bretagne, offre un précieux témoignage de l’organisation des communautés conventuelles du Moyen Age. A quelques pas, la fontaine et l’oratoire du XVIe siècle rappellent le rayonnement dont bénéficia l’établissement à la Renaissance.
Sous la conduite de Pierre Nedelec, adjoint de direction de l'Abbaye, on apprend que, vendu comme bien national au cours de la Révolution, celui-ci a changé plusieurs fois d’usage avant d’être transformé en demeure bourgeoise au XIXe siècle, puis acquis, dans les années 1950, par une congrégation franciscaine, dont les sœurs dispensaient leurs savoirs auprès des têtes blondes du village. Lorsque le département du Finistère rachète le domaine en 1984, une clause originale accompagne la transaction : l’école maternelle et primaire installée dans l’enceinte doit être conservée. Ici, près de neuf siècles d'histoire dialoguent avec le présent.
Aujourd’hui...
-
05/07 - Face à la crise, le vin part à la conquête du marché des cosmétiques
Crise profonde, déconsommation durable, taxes à l'exportation… Le marché du vin tente de résister et se réinvente constamment. Grâce à de nouvelles appellations comme dans les côtes-de -provence, avec le cru Sainte-Victoire ; de nouvelles pratiques, toujours plus innovantes à l'instar de la viticulture régénérative ; des terroirs surprenants comme le Beaujolais blanc. Enfin, il n'hésite pas non plus à se diversifier en partant à la conquête d'un "Nouveau monde", celui de la cosmétique (ci-dessous), en s'appuyant sur les vertus anti-âge des antioxydants du raisin. A l'arrivée : soins capillaires, sérums antitaches, douche et shampoings au pinot noir, Émulsions nettoyantes, lait Corps, etc. Une large gamme pour tous les goûts et tous les besoins. Tous ces produits ne s'imposeront pas un univers déjà très concurrentiel. Mais chacun d'entre eux montre que le secteur du vin n'est jamais à court d'idée et de formules pour se diversifier. Avec une ligne de mire : laisser passer les vents mauvais, tenir pour dessiner des jours meilleurs.
Le 21 mars était jour de récolte chez Jérôme Bretaudeau, star de l’appellation Muscadet. Une vendange précoce ? Non, les grappes ne sont même pas formées à cette époque : il recueillait les "larmes" de la vigne. Au printemps, quand la vie revient dans les ceps endormis, le vigneron se rend dans sa parcelle de Vallet pour suspendre au bout des rameaux, entaillés d’un coup de sécateur, des fioles de 200 millilitres où tombent, au goutte-à-goutte,...
-
05/07 - Arts : en l’absence d’une nouvelle loi, les faussaires peuvent toujours courir
Il y a quelque chose de "pourri en leur royaume" pourrait-on écrire en empruntant la formule au fameux Hamlet de Shakespeare. Se faisant, il s’agit presque là d’une forme de plagiat qui représente pour la littérature ce que les faux sont à l’art, puisqu’il reproduit tout ou partie d’une œuvre sans l’autorisation de son auteur ou de ses descendants.
Ici, le royaume en question concerne le marché de l’art qui n’a jamais autant été fragilisé par la circulation de faux artistiques – certains experts le chiffrent à 30 % des ventes ! "Or, lorsqu’un faussaire reproduit à l’identique une toile, il ne fait pas que la copier, il dérobe un rêve", alertait récemment Emmanuel Brancaleoni, président de l'Association des Amis du Musée national Marc Chagall à Nice, où se tenait le mois dernier un colloque sur le sujet à l’initiative de la société de gestion des droits d'auteur dans le domaine des arts graphiques et plastiques (Adagp) et de l’Office central de lutte contre le trafic des biens culturels (OCBC).La plupart des faux passent sous les radars
De prime abord la fraude en matière artistique peut apparaître comme une guerre picrocholine, un marché de niche pour riches qui ne mériterait pas qu’on y porte attention. A cela s’ajoute une difficulté comptable et de définition : "Comme pour de nombreuses activités clandestines, il n’existe pas de chiffres précis afin de mesurer l’ampleur du phénomène", explique Jean-Baptiste Félicité le chef de l’OCBC. Avant de préciser : "Notre service...
-
05/07 - Essai clinique farfelu, lobbying, menaces... Les étonnantes pratiques du vice-doyen de la fac de médecine de Nantes
Un mélange de luminothérapie, de chromothérapie, de musicothérapie et de lithothérapie, grâce à des "quartz spécifiques". Une innovation mobilisant les principes de la physique quantique, de la mémoire de l’eau et des énergies. Voici donc le LineQuartz, censé lutter contre la fibromyalgie, la polyarthrite ankylosante, et les douleurs chroniques en général, mais qui s’avérerait également bénéfique contre le stress et l’anxiété, voire contre certains cancers. "J’ai traité un malade avec un glioblastome qui était condamné, puis trois autres patients avec différentes tumeurs", assure Yannick Delgado, l’inventeur de cette étrange lampe à sept branches sous laquelle s’allongent les patients.
Le corps recouvert d’une couverture, les yeux protégés par un masque obscurcissant, un casque sur les oreilles, ils restent ainsi, couchés dans l’obscurité, balayés de faisceaux lumineux colorés, changeants au rythme de la musique classique diffusée dans leurs écouteurs. Aussi relaxant que farfelu. Le concept pourrait prêter à sourire, si cet appareil n’était diffusé auprès de vrais malades par un bataillon de naturopathes, kinésiologues et autres pseudo-thérapeutes, un peu partout en France mais aussi en Suisse et en Belgique. Certains de ces praticiens ne sortent pas du cadre du bien-être, mais d’autres prétendent prendre en charge des patients, parfois atteints de pathologies graves.Une caution scientifique douteuse
Inquiétant, d’autant que Yannick Delgado peut se prévaloir, pour...
-
05/07 - José Ortega y Gasset : la philosophie est un sport de dandy
José Ortega y Gasset (1883-1955) aurait-il aimé vivre en 2026 ? Rien n’est moins sûr. Il était nostalgique de la Renaissance et, selon lui, nous avions commencé à perdre le sens commun vers 1560. Espagnol de naissance et de culture, mais nourri d’hindouisme et de philosophie allemande, Ortega y Gasset se disait "né sur une rotative", ayant un père journaliste littéraire et un grand-père maternel patron de presse. Lui-même lança plusieurs revues avant de se faire élire député et de vite revenir de la politique, ne pouvant se mêler au régime franquiste.
Européen convaincu, il dirigea de 1923 à 1936 la Revista de Occidente (qui relayait les tendances philosophiques européennes) et prononça en 1953 à l’université de Berlin sa célèbre conférence Méditation sur l’Europe, à la fois profession de foi européenne et testament intellectuel. Il disait que "la clarté est la courtoisie du penseur" et, toujours tiré à quatre épingles, précisait : "Le souci d’élégance est une dimension essentielle de l’espèce humaine – comme la recherche de la vérité, de la beauté, de la justice." La publication chez Séguier des Tableaux des petites et grandes choses de l’existence, sélection de textes parus entre 1909 et 1928, permet de redécouvrir cet esthète narquois dont l’esprit rappelle tour à tour Italo Svevo, Vladimir Nabokov ou Witold Gombrowicz.
C’est devenu un lieu commun de citer La France contre les robots de Georges Bernanos, qui date de 1947. Que la civilisation moderne soit une...
-
05/07 - Edouard Philippe, les coulisses d’une "mue" présidentielle : "Se préparer à la fonction fait partie de la campagne"
"A l’Elysée, on rit moins. On se tient. On ne peut pas y faire ni y dire n’importe quoi. Les lieux ont une mémoire, et ils font partie de la fonction." L’auteur de ces lignes a perdu six kilos lorsqu’il a été nommé à Matignon ; il est aujourd’hui candidat à l’élection présidentielle. "Si vous voulez maigrir, devenez Premier ministre" : à l’époque, lors de la parution d’Impressions et lignes claires en 2021, Edouard Philippe pouvait encore plaisanter. Mais demain, s’il est élu chef de l’Etat, combien de kilos en moins ? Il n’existe pas seulement un écart de niveau, de responsabilités et donc de stress entre les postes de numéro 1 et de numéro 2 de l’exécutif, il existe aussi une différence de temporalité : on se prépare longuement au premier, on est propulsé soudainement au second. Sans doute parce qu’il était alors dans une mauvaise posture sondagière face à un Edouard Balladur marchant sur l’eau, peut-être aussi parce qu’il avait conscience du travail sur soi qui s’imposait à lui, Jacques Chirac avait résumé cela pendant sa longue campagne de 1994-1995 par une formule : "Dans ma tête, je suis déjà au lendemain du second tour."
Muet devant la "mue" : Edouard Philippe assume le mot, "je" doit être un autre. Certes, bâtir le jour d’après ne garantit - même - pas d’être présent sur la ligne de départ du premier tour, pourtant... "Se préparer à la fonction fait partie de la campagne pour ceux qui y vont pour gagner, confie-t-il. Je ne sais pas si je gagne, mais j’y vais pour...
-
05/07 - Comment le Royaume-Uni est devenu aussi pauvre que le Mississippi
Qui a ruiné le Royaume-Uni ? Ces dix-huit dernières années n’ont apporté que stagnation et désillusion. En 2007, avant la crise financière, le pays était à l’apogée de son ère post-impériale. Le revenu médian des ménages venait de dépasser celui de l’Allemagne. Une livre sterling valait plus de 2 dollars, et Londres était en passe de détrôner New York en tant que centre bancaire international.
Mais depuis, le Royaume-Uni a été laissé-pour-compte. La production par habitant n’est désormais plus que légèrement supérieure à celle du Mississippi, l’Etat le plus pauvre des Etats-Unis — et cette légère avance n’est due qu’à Londres. En dehors de la capitale, dans les régions où les touristes ne se rendent pas, le niveau de vie est bien inférieur à celui du Mississippi. Les Britanniques en visite aux Etats-Unis constatent que leur monnaie s’est dépréciée au point que la livre ne vaut aujourd’hui qu’environ 1,35 dollar. Les salaires britanniques sont restés bien en deçà de ceux des Etats-Unis, mais aussi de ceux de l’Allemagne, de la France, des Pays-Bas et du Danemark ; une fois l’inflation prise en compte, ils n’ont pratiquement pas augmenté. D’ici une dizaine d’années, si ces tendances se poursuivent, le Polonais moyen aura un niveau de vie équivalent à celui du Britannique moyen.
Il y a une génération, la Grande-Bretagne était une grande puissance mondiale ; aujourd’hui, c’est une puissance moyenne, en proie à la sclérose. La fiscalité est à son plus haut niveau depuis la...
-
04/07 - Attaques djihadistes et touaregs au Mali : la junte confrontée à un nouveau défi sécuritaire
De nouvelles attaques coordonnées ont frappé le Mali. Des insurgés ont mené des assauts simultanés en cinq points du pays, tôt ce samedi 4 juillet, notamment dans une ville du nord où sont stationnés des combattants gouvernementaux et russes, ainsi que dans une localité située au sud de la capitale, Bamako. Cette offensive marque une nouvelle démonstration de force des groupes armés face aux autorités maliennes, déjà confrontées à une insécurité persistante. Les assauts ont visé des positions de l’armée dans plusieurs localités, dont Anefis, Aguelhoc et Gao (dans le nord du pays), Sévaré (au centre) et Kénioroba (au sud), ont indiqué les forces armées maliennes dans un communiqué.
Les soldats ont repoussé les attaques et la situation est "totalement sous contrôle", précise le communiqué, ajoutant que 20 "terroristes" ont été tués à Sévaré et six à Gao. Un combattant pro-gouvernemental a trouvé la mort à Gao et quatre autres ont été blessés, selon la même source. Un porte-parole du Front de libération de l'Azawad (FLA), un groupe rebelle à dominante touareg, a affirmé que son organisation avait pris part aux attaques de samedi. En avril, ce groupe s'était associé au Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM) — affilié à Al-Qaïda dans la région — lors d'une opération coordonnée et retentissante qui avait visé l'aéroport de Bamako et coûté la vie au ministre de la Défense. Les djihadistes du JNIM n'ont pas immédiatement revendiqué ces attaques.
Le porte-parole du...
-
04/07 - Denis Masséglia : "Avec l’IA, un député pourrait facilement bloquer l’Assemblée"
L’inverse eut été étonnant. Comme toutes les autres professions du monde — ou presque — les députés et leurs collaborateurs utilisent l’IA au travail. Plus de huit sur dix y auraient recours, chiffre un récent rapport écrit par les députés Denis Masséglia (Ensemble, Maine-et-Loire) et Nicolas Bonnet (EELV, Puy-de-Dôme), s’appuyant sur plus de 400 réponses. Dont la moitié chaque jour, pour de la reformulation d’e-mails, de la synthèse documentaire ou de la recherche sur Internet, à l’aide des biens connus ChatGPT ou Claude. Un panel suffisamment solide pour évoquer les attentes, craintes et espoirs de l’Assemblée nationale envers l’IA. Le député Masséglia, gamer invétéré et très au fait des sujets technologiques, débat lui-même de fiscalité avec un chatbot pour "sortir de ses propres biais". Et craint dans le même temps qu’un député, un jour, puisse littéralement bloquer l’institution à l’aide de quelques prompts. Entretien.
L’Express : Qu’a motivé la construction d’un tel rapport sur l’utilisation de l’IA à l’Assemblée nationale ?
Denis Masséglia : Elle est née d'une réflexion de l'une des trois questeures, Brigitte Klinkert, qui se disait que nous n'avions pas forcément d'espace d'échange avec les représentants des différentes entités : l'administration de l'Assemblée nationale d'un côté, les collaborateurs de députés de l'autre, et enfin les députés eux-mêmes. Elle a donc créé une commission des usagers et, très rapidement, il est apparu que les députés et leurs...
-
04/07 - Derrick, l’inspecteur qui raconte le mieux les névroses de l’Allemagne
"Inspecteur Derrick", "Borgen", "Zora la rousse", "La casa de papel"… Ces séries cultes ont fait un tabac tout en nous faisant mieux connaître la vie (et les névroses) de nos voisins. Cet été, L’Express vous raconte comment la fiction cathodique a, autant que le marché commun ou la monnaie unique, contribué à la construction européenne.
En Allemagne, on n’a pas de pétrole, mais on a un Derrick. Ce flic ne manquant pas de toupet a enquêté sur la chaîne publique ZDF de 1974 à 1998. En France, Inspecteur Derrick s’est fait connaître à partir de 1986, grâce à une Cinq berlusconienne qui devait remplir son quota de productions européennes. Puis il a fait les beaux jours de France 2 et France 3 : à l’heure de la sieste, les parts d’audience pouvaient dépasser les 20 %. En dépit des plus récents et fringants Dark, Babylon Berlin ou Deutschland 83, elle reste sans conteste la série germanique la plus connue à l'international.
Sordide, le pilote rendait un hommage ironique à l’amitié franco-allemande : la toute première victime, une étudiante dans un internat, se fait trucider par un pervers après avoir vu un "film débile d’Alain Delon". Avec son trench-coat, ses cravates, ses yeux globuleux et son absence totale de charisme, le policier bavarois incarné par Horst Tappert est devenu un archétype, objet d’innombrables parodies (en France, les Nuls l’ont transformé en "inspecteur Merdick"). Ce produit d’exportation "Deutsche Qualität", au même titre que les BMW prisées par...
-
04/07 - 250 ans des Etats-Unis : les chiffres qui montrent que le rêve américain vacille
Tout avait été pensé pour faire de cet anniversaire un moment de rassemblement national. Les préparatifs du 250e anniversaire des Etats-Unis débutent il y a dix ans, lorsque le Congrès crée une commission bipartisane, baptisée "America 250", chargée d’orchestrer les célébrations. Pendant huit ans, le projet reste discret. Puis Donald Trump revient à la Maison-Blanche. Durant sa campagne, il avait promis des festivités grandioses. Mais, à l’heure où le pays souffle ses 250 bougies, l’ambiance est loin de l’euphorie. Les sondages dressent le portrait d’une Amérique profondément pessimiste quant à son avenir et divisée sur l’héritage qu’elle laisse. "L'Amérique a le blues", soutient CNN.
Plus des trois quarts des Américains estiment que les Pères fondateurs seraient déçus des etats-Unis d’aujourd’hui, selon une enquête Gallup, publiée en mai et relayée par CNN. Seuls 19 % pensent au contraire que les signataires de la Déclaration d’indépendance seraient satisfaits de l’évolution du pays, tandis que 77 % jugent qu’ils seraient déçus. Gallup pose cette question depuis 1999, mais jamais le constat n’avait été aussi sombre. En 2003, ils n’étaient que 48 % à partager cette opinion. Ce pessimisme dépasse les clivages politiques. Si les républicains portent un regard légèrement moins sévère que les démocrates, seule une minorité, dans les deux camps, estime que les fondateurs verraient d’un bon œil l’Amérique actuelle.
Le malaise ne se limite pas à ce regard sur le passé. Selon...
-
04/07 - Maroc : la diaspora, bras armé de la puissance du Royaume, par Arnaud Lacheret
On se souvient de la sympathie qu'avaient récoltée les supporters irlandais en France lors de l'Euro 2016. Cette année, ce sont les Marocains qui se distinguent. Un fait qui doit autant au talent de l'équipe du Maroc qu'à la mobilisation massive de la diaspora marocaine. Un carton plein pour la stratégie d'influence - et de puissance - de Rabat.
La diaspora marocaine représente environ cinq millions de Marocains résidant à l'étranger, soit près de 15 % de la population métropolitaine. Le gros du contingent est installé en Europe de l'Ouest - France, Belgique, Pays-Bas, Espagne en tête - mais de solides communautés existent dans les pays du Golfe et en Amérique du Nord, où l'on dénombre près d'un demi-million de ressortissants marocains. Dans le cadre d'une compétition organisée sur le sol américain, ce maillage géographique offre un potentiel de visibilité considérable. Surtout quand les résultats suivent : les Lions de l'Atlas entament le tournoi avec un match nul contre le Brésil (1-1) et deux victoires contre l'Ecosse (1-0) et Haïti (4-2), et ainsi une qualification pour les phases finales suivie d’une belle victoire sur les Pays-Bas. Leur rang de septième équipe mondiale au classement Fifa est tenu. Les scènes d'une présence planétaire
Le 13 juin, pour le premier match des Lions de l'Atlas contre le Brésil au MetLife Stadium, Times Square est devenue marocain : drapeaux rouges, musique dakka marrakchia, youyous et chants ont envahi l'un des carrefours les plus...
-
04/07 - Indépendance des Etats-Unis, le point de vue de L’Express en 1976 : "Seul pays dont l’acte de naissance soit sa Constitution"
L'Express du 17 mai 1976Le grand secret de la Constitution américaine
Durant la conférence de presse tenue à l'Elysée le 22 avril 1976, quelqu'un demanda au Président ce qu'il comptait faire au cas où les partis opposés à sa politique deviendraient majoritaires à l'Assemblée nationale, après les prochaines élections législatives. "Il existe une réponse à cette question, déclara M. Valéry Giscard d'Estaing, et une seule, elle est contenue dans le petit livre que voici : le texte de la Constitution de la République française." Propos insolite dans la bouche d'un homme d'Etat français, mais propos qui eût fait figure de truisme dans celle d'un président des Etats-Unis. La question même aurait semblé superflue, saugrenue à un auditoire de citoyens américains, non seulement parce que leur Constitution, à la différence de la nôtre, fait face sans équivoque à l'éventualité particulière évoquée à l'Elysée ce jour-là, mais aussi, en général, parce que, dans la conscience collective américaine, la politique et la Constitution ne font qu'un : c'est le domaine constitutionnel qui a dessiné le domaine politique, et non l'inverse.
Certes, aux Etats-Unis comme ailleurs, nombre de politiciens cherchent à tourner les lois, et souvent y parviennent impunément. Mais, découverts, ils paient leur double jeu beaucoup plus cher qu'ailleurs. Il n'y a pas, en Amérique, d'indulgence amusée ou, du moins, avouée pour les violations habiles de la légalité. Que cette légalité ait subi des...
-
04/07 - Alain Aspect : "J’entends trop de leaders d’opinion se glorifier d’être nuls en maths !"
Les Français l’ont découvert à l’automne 2022, quand il a reçu le prix Nobel pour ses recherches sur l’intrication quantique. Et immédiatement, il a séduit le grand public. Son livre Si Einstein avait su (éditions Odile Jacob) est d'ailleurs un succès en librairie. Alain Aspect se livre dans un grand entretien éclairant, à regarder en vidéo sur YouTube et Dailymotion, ou à écouter sur les plateformes traditionnelles de podcast, comme Apple Podcasts,Spotify,Deezer, Castbox ou encore Podcast Addict.
L'Express : Vous êtes entré à l’Académie française en avril dernier et, sur le fourreau de votre épée, vous avez fait graver une devise. Quelle est-elle et pourquoi ?
Alain Aspect : "Nous, les maîtres d'école" : parce que je voulais rendre hommage aux instituteurs qui sont essentiels dans notre société, et pour mon cas particulier à mon institutrice de cours moyen, qui a certainement contribué à me donner le goût de la science. J'ai cherché une devise assez courte pour pouvoir tenir sur l’épée et, finalement, j'ai trouvé ce titre d'un livre de l’historien Jacques Ozouf, qui est un recueil de témoignages de hussards noirs de la IIIe République. C'est un livre passionnant qui montre combien ces gens croyaient à l'éducation. Je me considère comme un maître au sens où je suis autant professeur que chercheur, et où encadrer les jeunes thésards m'a toujours semblé dans mon rôle. Cette devise, c'est ma revendication d'appartenance à la tribu des maîtres d'école au sens large....
-
04/07 - Attaques russes, provocations : le scénario redouté par les Etats-Unis en Pologne
Et si la guerre en Ukraine débordait des frontières du pays pour atteindre directement un Etat membre de l’Otan ? Depuis le début du conflit, ce scénario hante les chancelleries européennes, sans que les intentions de Vladimir Poutine ne puissent être établies avec certitude. Une nouvelle alerte alimente pourtant ces craintes. Selon des informations publiées par le média polonais Onet, puis reprises par The Telegraph, des infrastructures polonaises pourraient être visées par des missiles ou des drones, tandis que des soldats russes ou biélorusses pénétreraient sur le territoire polonais dans le cadre d’une opération de provocation.
Selon plusieurs proches du président polonais Karol Nawrocki, Washington aurait adressé à Varsovie plusieurs avertissements concernant ces projets. D'autres sources au sein du renseignement, du ministère polonais de la Défense, ainsi qu’un ambassadeur auprès d’un allié de l’Otan estiment qu’une provocation en Pologne ou dans les Etats baltes constitue un risque sérieux. Un responsable sécuritaire balte a également confirmé, de son côté, au Telegraph que de tels scénarios seraient actuellement discutés à Moscou.
Avec cette éventuelle attaque contre la Pologne, l’objectif attribué à la Russie ne serait pas de déclencher une guerre conventionnelle avec l’Alliance atlantique, mais de tester sa cohésion tout en faisant pression sur les soutiens occidentaux de Kiev, résume The Telegraph. La fin du soutien occidental à l’Ukraine pourrait même être...
-
04/07 - La Côte d’Azur : le paradis perdu des écrivains étrangers ?
Quand on songe à la Côte d’Azur, des souvenirs de lecture reviennent en mémoire : Vingt-quatre heures de la vie d’une femme, de Stefan Zweig, qui se déroule à Monte-Carlo ; Marée basse de Cyril Connolly, dont l’action est située à Cagnes-sur-Mer ; et surtout l’envoûtant Tendre est la nuit, de Francis Scott Fitzgerald, qui se passe notamment à Antibes. On sait que, pas encore naturalisés français, Guillaume Apollinaire et Romain Gary furent lycéens à Nice. Nice où Friedrich Nietzsche passa tous ses hivers de 1883 à 1888, avant de perdre la raison l’année suivante à Turin. Les gens aisés furent plus heureux : Edith Wharton dans son château à Hyères ou William Somerset Maugham dans sa villa à Saint-Jean-Cap-Ferrat. Robert Louis Stevenson et Katherine Mansfield tentèrent de soigner leur tuberculose entre Bandol, Menton et Hyères. Des auteurs de premier ordre moururent dans les parages : D. H. Lawrence et Witold Gombrowicz à Vence, James Baldwin à Saint-Paul-de-Vence. Klaus Mann se suicida à Cannes en 1949 – avant lui, son père, Thomas, avait aimé ses séjours à Sanary. A cette liste non exhaustive de plumes prestigieuses qui sont venues dans le coin où y ont vécu, il faudrait ajouter Agatha Christie, Joseph Conrad, Nicolas Gogol, Graham Greene, Ernest Hemingway, Aldous Huxley, Ernst Jünger, Henry Miller et Anaïs Nin, Vladimir Nabokov, Luigi Pirandello, Georges Simenon, Anton Tchekhov… Tous apparaissent dans Les Ecrivains étrangers à la découverte de la Côte d’Azur de Ralph...
-
04/07 - A Landerneau, l’usine à rêves du créateur visionnaire Andy Wahrol
Difficile d'imaginer rencontre plus symbolique. A Landerneau, l'œuvre d'Andy Warhol s'expose sur un site qui fut autrefois le premier supermarché Leclerc de France. D'un côté, l'artiste qui a élevé les boîtes de soupe Campbell, les briques de lessive Brillo et les canettes de Coca Cola au rang d'icônes artistiques ; de l'autre, le berceau français de la grande distribution. Comme un clin d'œil de l'histoire, le roi du Pop Art retrouve ici l'univers qui a nourri toute sa réflexion sur l'abondance, les marques et les nouveaux mythes du XXe siècle.
Aux manettes de l’exposition d’envergure consacrée à l’artiste au Fonds Hélène & Édouard Leclerc pour la culture (FHEL), la commissaire Amber Morgan, directrice des collections et des expositions du Andy Warhol Museum, à Pittsburg – le plus important fonds dédié à l'artiste – se garde bien de réduire le créateur à ces sérigraphies emblématiques. A travers quelque 200 œuvres, dessins, photographies, films et archives, dont certains jamais montrés, elle révèle un créateur plus complexe que la légende, qui a fait de sa propre existence une œuvre. Derrière les couleurs éclatantes et les images dupliquées à l'envi se cache une ambition plus vaste : raconter l'Amérique et ses promesses.Andy Warhol chez Gristedes, à New York, en 1964.
Ici, c'est donc la trajectoire hors du commun d'un homme lancé à la poursuite du rêve américain qui fait office de fil rouge. Né à Pittsburg, en 1928, dans une famille modeste d'immigrés originaires...
-
04/07 - Trump, Mamdani et l’illusion d’une Amérique coupée en deux
Aux États-Unis, la droite trumpiste et la gauche radicale incarnée par Zohran Mamdani monopolisent l'attention et polarisent le débat public, donnant l’impression d’un pays ayant sombré dans la radicalité et étant déchiré entre deux blocs irréconciliables, comme si le centre avait été rayé de la carte. Pourtant, à l'heure où le pays célèbre les 250 ans de son indépendance, il n’existe pas deux, ni trois mais neuf Amérique sur le plan idéologique, révèle une vaste étude publiée par le Pew Research Center le 10 juin, qui a disséqué les opinions de quelque 10 357 Américains, ainsi que leurs valeurs et leurs croyances sur des sujets aussi sensibles que l’immigration, l’économie ou le rôle du gouvernement.
Même si certains clivages classiques, comme celui de la place de l'État fédéral ou les politiques sociales, continuent d'opposer démocrates et républicains, ces neuf familles se rejoignent parfois de façon surprenante sur certains sujets, signe que les Américains sont souvent plus nuancés que la couleur de leur bulletin de vote ne le laisse penser. Mais alors, qui sont ces neuf familles ? Les "extrêmes", bruyants mais minoritaires
Premier enseignement : celles les plus idéologiques, militantes et partisanes dominent le débat public, bien qu'elles soient minoritaires, constate l’institut de recherche spécialisé dans l’étude de l’opinion publique. Deux se situent à droite de l’échiquier politique, deux à gauche. À droite, deux groupes représentant 21 % des Américains sont...
-
04/07 - Canicule : pourquoi le climat sera encore un thème sacrifié de la présidentielle 2027
"La politique que je mènerai dans les cinq ans à venir sera écologique ou ne sera pas", trompetait Emmanuel Macron, en surplomb du Vieux port de Marseille, dans l'entre-deux tours de 2022, pour charmer les électeurs de gauche. Quatre étés, une guerre aux portes de l'Europe, une autre au Moyen-Orient, et une dissolution plus tard, il peut y avoir quelques déçus parmi ceux qui ont cru à cette promesse de campagne. Qui engageait-elle, au fond ?
L'épisode historique de canicule que vient de connaître le pays, plus intense encore que celui de 2003, a momentanément mis la lutte contre le changement climatique et l'adaptation au réchauffement au cœur de l'actualité politique et médiatique. Voilà la généralisation de la climatisation devenue un objet de grand débat national autant que de controverse, auquel aucun candidat à la succession d'Emmanuel Macron ne peut échapper. Dorénavant, beaucoup veulent y croire : "La campagne présidentielle sera marquée par la transition écologique, ou ne sera pas..." Vraiment ? Il est - malheureusement - permis d'en douter.
N'est-ce qu'un moment ? Ou une tendance lourde ? Ces derniers jours, les prétendants à l'Élysée y sont allés de leur proposition choc en matière d'adaptation au réchauffement climatique. Le Rassemblement national - dont les prises de position climatosceptiques et les critiques envers le GIEC ont été légion par le passé - a dévoilé son "plan clim" et un "plan 100% renov", basé sur des prêts à taux zéro, pour rénover les...
-
04/07 - Tour de France : Cube, l’Allemand qui règne sur l’Europe du vélo
Le "mythe du garage" n’est pas réservé aux géants américains de la tech. Comme Apple ou Hewlett-Packard, des milliers d’entreprises se sont lancées à la poursuite d’une grande idée depuis un petit local, péniblement éclairé à la lumière artificielle. Si toutes n’ont pas connu le succès des rois de la Silicon Valley, certaines ont réussi à se faire une place au soleil. A l'image de Cube, marque allemande de vélo, dont l'histoire a démarré, non pas dans un garage, mais dans un recoin de l’entrepôt de meubles paternel situé dans la ville bavaroise de Waldershof. Un cliché aux couleurs délavées, pris au tournant des années 1990, témoigne de ces débuts modestes. On y distingue le fondateur, Marcus Pürner, déchargeant lui-même des cartons d’un camion. A l’intérieur, des biclous en pièces détachées, provenant d’une usine taïwanaise, qu’il revend dans la région au gré de la demande.
Jamais, en écoulant les 160 exemplaires de ce premier container, ni les 320 du deuxième, l’étudiant en économie n’aurait imaginé que son entreprise naissante deviendrait, trois décennies plus tard, une référence mondiale du deux-roues. Un champion européen capable de fabriquer plus d’un million de vélos par an pour un très large public. Un équipementier dont les meilleurs modèles ont séduit l’équipe TotalEnergies, qui l’a choisi pour concourir sur la plus grande course cycliste de la planète, le Tour de France, qui s’élancera d'Espagne, à Barcelone, ce samedi 4 juillet.
Voir ses vélos à l’assaut de...
-
04/07 - Black-out numérique : l’Europe face au risque d’interruption stratégique
Le jour où tout s'interrompt ne ressemble à rien de spectaculaire. Les systèmes ralentissent, les accès se ferment, les flux se fragmentent. Rien ne cède visiblement, mais l'essentiel disparaît : la continuité. Ce scénario, au cœur de notre livre*, n'est pas une fiction technologique. Il prolonge une hypothèse géopolitique crédible : celle d'un usage coercitif des dépendances numériques entre alliés occidentaux.
Les sanctions américaines contre la Cour pénale internationale ont montré qu'une administration hostile pouvait mobiliser ses leviers juridiques et technologiques pour imposer des restrictions ciblées. Transposé à une crise plus large, ce mécanisme pourrait s'étendre jusqu'à une interruption générale des services numériques critiques en Europe. À mesure que le numérique devient une infrastructure vitale, cette perspective ne relève plus de la spéculation, mais de la planification stratégique.
Car la dépendance européenne est désormais structurelle. Le cloud qui héberge les données publiques et privées, les outils logiciels qui organisent les chaînes de valeur, les plateformes qui structurent l'économie : une part significative de ces briques repose sur des acteurs non européens. L'extraterritorialité du droit américain, la concentration du marché autour de quelques géants du cloud et la centralité du numérique dans les fonctions régaliennes transforment ces dépendances en vulnérabilités.
Face à ce constat, l'Union européenne dispose d'un arsenal normatif...
-
04/07 - Des vacances d’été trop longues en France ? Comment font nos voisins européens
Depuis le début de son second quinquennat, Emmanuel Macron relance chaque année le débat : faut-il réduire la durée des vacances scolaires d'été ? En février, le chef de l'Etat s'est de nouveau dit favorable à un passage de huit semaines actuellement à "un gros mois de vacances" afin d'alléger la charge de travail quotidienne des élèves pendant l'année. Mais la Convention citoyenne sur les temps de l’enfant, un organisme qui réunit 133 citoyens tirés au sort, a rendu son rapport en fin d'année dernière sans proposer de modifier ces vacances.
En réalité, cette durée estivale de congés est plutôt courante en Europe, de nombreux pays du sud et de l'est privilégiant de longues vacances à cette période, pour des raisons climatiques et culturelles. La question du rythme scolaire reste toutefois un problème en France puisque, avec un minimum d’heures de cours obligatoires en primaire qui dépasse la moyenne de l’OCDE et une semaine de quatre jours, les journées des écoliers français sont parmi les plus chargées d'Europe.En France, un programme très dense sur l'annéeDanemark, 42 jours : des congés courts pour une société équilibrée
Le rythme scolaire danois a été pensé pour permettre aux parents de concilier vie professionnelle et familiale. Les crèches sont ouvertes toute l’année, les journées de travail prennent souvent fin en milieu d’après-midi et, malgré de courtes vacances d’été de six semaines, les écoles restent ouvertes pour accueillir les élèves et leur proposer une...
-
03/07 - Spiritueux et gourmandise : trois adresses à découvrir cet été
Crise profonde, déconsommation durable, taxes à l'exportation… Le marché du vin tente de résister et se réinvente constamment. Grâce à de nouvelles appellations comme dans les côtes-de -provence, avec le cru Sainte-Victoire ; de nouvelles pratiques, toujours plus innovantes à l'instar de la viticulture régénérative ; des terroirs surprenants comme le Beaujolais blanc. Enfin, il n'hésite pas non plus à se diversifier en partant à la conquête d'un "Nouveau monde", celui de la cosmétique, en s'appuyant sur les vertus anti-âge des antioxydants du raisin. A l'arrivée : soins capillaires, sérums antitaches, douche et shampoings au pinot noir, Émulsions nettoyantes, lait Corps, etc. Une large gamme pour tous les goûts et tous les besoins. Tous ces produits ne s'imposeront pas un univers déjà très concurrentiel. Mais chacun d'entre eux montre que le secteur du vin n'est jamais à court d'idée et de formules pour se diversifier. Avec une ligne de mire : laisser passer les vents mauvais, tenir pour dessiner des jours meilleurs.Douceur corse
Un vent de fraîcheur en provenance de Corse. La plus que centenaire distillerie LN. Mattei, réputée pour son Cap-Corse, un apéritif à base de vin, poursuit sa diversification. Outre ses gins et ses whiskies estampillés P&M, elle produit également des liqueurs de très bonne facture. La dernière met à l’honneur la nepita, une plante aromatique récoltée dans le maquis. Oscillants entre menthe et origan, ses arômes herbacés font merveille en...
-
03/07 - Ventes de livres : qui marche le mieux entre Boualem Sansal et Léon XIV ?
Un pape peut-il être pop ? On se souvient de la célèbre photo d’Andy Warhol rencontrant à Rome Jean-Paul II, au début du pontificat de ce dernier. Pendant trois décennies, Jean-Paul II réussit à parler à ses contemporains. Léon XIV parviendra-t-il à marquer les esprits ? C’est trop tôt pour le dire, mais l’actualité éditoriale montre qu’il commence bien. Installé au Vatican depuis un an, il vient de publier sa première encyclique, Magnifique humanité. Si on additionne les trois éditions disponibles en français, le pape en est déjà à plus de 40 000 exemplaires vendus. En s’en prenant au danger de l’IA, et malgré les réserves de certains, il a réussi à toucher juste par rapport aux préoccupations actuelles.
Qu'un pape encore méconnu prenne la tête des ventes d’essais dans une société déchristianisée est une sorte de surprise. Le voir au coude-à-coude avec Boualem Sansal, 2e des essais, donne un attelage pour le moins inattendu. Sansal traverse une étrange année. En janvier, acclamé par tous, il était royalement élu à l’Académie française – ce fut, en un sens, son dimanche des Rameaux. Puis son transfert chez Hachette et certaines déclarations maladroites de sa part lui ont valu d’être violemment critiqué ici et là – il est entré dans sa Passion. La publication de La Légende (Grasset) a-t-elle marqué sa Résurrection ? Nous n’irons pas jusque-là. Il a essuyé des critiques parfois sévères et son score en librairie est au-dessous des attentes. Actuellement, il talonne Léon XIV...
-
03/07 - Jean-Pierre Landau : "L’Europe ne peut pas se permettre d’échouer sur l’euro numérique"
C’est une distinction totalement invisible au quotidien : nous manipulons en réalité deux formes d’une même monnaie. Une publique — matérialisée par les billets et les pièces — émise directement par la Banque centrale européenne (BCE). Et une privée, créée par les banques commerciales mais étroitement encadrée par la BCE : celle qui se trouve sur notre compte bancaire, et que l'on dépense avec une carte, parfois embarquée sur un smartphone.
Il faut bien l’admettre : le duel est de plus en plus déséquilibré. Dopée par les usages en ligne, la monnaie privée domine pour le paiement, au détriment du cash. La situation inquiète les Etats, qui craignent, à terme, une perte de souveraineté. Un sentiment renforcé par l’émergence de cryptoactifs comme les stablecoins. En Europe, la réponse se précise. La Commission des affaires économiques et monétaires (ECON) du Parlement a voté, il y a quelques jours, un texte législatif encadrant la création d'un euro numérique. Cette monnaie, directement émise par la BCE, accessible depuis les applications de paiement habituelles ou les banques, est attendue avant 2030.
Professeur associé à Sciences Po, ancien sous-gouverneur de la Banque de France de 2006 à 2011, et auteur du premier rapport officiel français sur les cryptoactifs, Jean-Pierre Landau observe de longue date les tribulations de la monnaie. L’euro numérique, dit-il, est une nécessité, mais le chantier est plus compliqué qu’il n’y paraît.
L'Express : Quel est le pari de l’Europe...
-
03/07 - Présidentielle 2027 : Fabien Roussel entre en résistance contre Jean-Luc Mélenchon
S’il y pense très fort, Fabien Roussel n’a pas encore le droit de l’exprimer. Jusqu’à septembre prochain, du moins, quand le candidat du PCF sera officiellement désigné par les siens. Non, le secrétaire national des cocos ne rechignerait vraiment pas à se présenter pour la deuxième fois à l’élection présidentielle. Il a d’ores et déjà gagné la première phase de son congrès, début juin - son courant, majoritaire, affirmant que les communistes ont "toute légitimité" à porter une candidature autonome et à “prendre toute leur place” lors du scrutin suprême.
Ce qui n’empêche pas le maire de Saint-Amand-les-Eaux (Nord) d’observer quelques "offensives très fortes de l’extérieur relayées à l’intérieur", sans doute à l’œuvre lors de l’ultime étape de la compétition, prévue ce week-end à Lille. Son regard se tourne vers La France insoumise. Et un relais interne, Stéphane Peu, le président du groupe communiste et ultramarin à l’Assemblée. Le député de Seine-Saint-Denis a récemment passé une tête au meeting de lancement de campagne de Jean-Luc Mélenchon. Il a également été invité par l’institut La Boétie, le think tank insoumis. "Je ne pense pas que ce soit une bonne idée pour le PCF de présenter un candidat", a récemment déclaré le parlementaire, partisan d’une union "sur un programme de rupture". "Alors dites quel candidat soutenir ! J’ai l’impression qu’ils ont peur de verbaliser son nom", rit Fabien Roussel, depuis son bureau.Des haines recuites avec LFI
"J’attire l’attention de...
-
03/07 - Funérailles de Khamenei : "Le régime iranien souhaite montrer qu’il veut venger sa mort"
Le régime veut en faire une véritable démonstration de force. Entre 15 et 20 millions de personnes sont attendues dans les rues de Téhéran pour les funérailles d'Ali Khamenei, Guide suprême de la République islamique pendant trente-sept ans et tué dans une frappe israélienne le 28 février dernier. Une cérémonie hors-norme à plusieurs titres qui intervient plus de quatre mois après la mort du plus haut dignitaire iranien, dans un pays exsangue au sortir d'une guerre avec Israël et les Etats-Unis, et alors même que Téhéran vient de signer un protocole d'accord avec Washington.
Cortèges à Qom - ville sainte du chiisme -, Téhéran puis Mashhad - ville où est né Ali Khamenei -, délégations étrangères, ouverture inhabituelle d'Internet pour l'occasion... Chaque détail de la mise en scène a été pensé pour en faire un puissant outil de propagande. Pour décrypter les messages que le régime cherche à envoyer à sa population, à ses alliés transnationaux mais aussi à ses ennemis américain et israélien, L'Express a interrogé le grand spécialiste de l’Iran, Clément Therme, chercheur à l'institut international d'études iraniennes (Rasanah) et auteur de Iran-Israël, la guerre idéologique, de 1979 à nos jours (Tallandier, 2026).
L'Express : Quel message le régime iranien veut-il envoyer avec ces funérailles très cadrées ?
Clément Therme : Le message est d'abord destiné à l'opinion iranienne. La République islamique vient de signer un accord avec l'ennemi américain, désigné comme...
-
03/07 - En Italie, le recul historique du chômage cache une autre réalité
En Italie, le chômage n'a jamais été aussi faible. Avec un taux de 5 %, nos voisins transalpins ont atteint un nouveau record à la baisse, selon les chiffres de l'Institut national des statistiques (Istat), parus ce jeudi 2 juillet. Alors que la Botte recense 399 000 chômeurs de moins sur un an, elle se situe désormais légèrement en deçà du taux moyen européen (5,9 % en mai).
Cette baisse, battant ainsi le précédent record établi en 2004, concerne davantage les femmes que les hommes. En outre, le taux de chômage des jeunes a également chuté pour atteindre les 15,1 % en mai, soit -7,3 points sur un an.De plus en plus d'Italiens inactifs
Dans son étude, l'Istat a défini les chômeurs comme les personnes sans emploi âgées de 15 à 74 ans qui ont effectué au moins une démarche active de recherche de travail au cours des quatre semaines précédentes. Aussi, le taux de chômage n'est pas calculé sur l'ensemble de la population mais plutôt sur la population active. En bref, pour arriver à ce chiffre, l'Istat prend en compte les Italiens qui travaillent et ceux qui recherchent du travail.
A l'inverse, le taux d'emploi est calculé sur l'ensemble des 15 à 64 ans, c'est-à-dire la population en âge de travailler. Un détail qui n'est pas des moindres : il permet d'expliquer comment ce dernier indicateur peut reculer en même temps que le taux de chômage.
Aussi, si le taux d'emploi, en légère baisse de 0,1 point de pourcentage, a atteint 63 % c'est parce que de plus en plus d'Italiens...
-
03/07 - Comment le 250ᵉ anniversaire des Etats-Unis vire à la guerre des commémorations
Les festivités s'annoncent profondément marquées par les divisions politiques. Les Etats Unis célèbreront ce 4 juillet le 250e anniversaire de l’adoption de la Déclaration d’indépendance. Mais pour ce quart de millénaire, deux organismes liés au gouvernement fédéral américain pilotent en réalité deux célébrations distinctes.
D'un côté, Freedom 250, un organisme créé par décret de Donald Trump en janvier 2025, organise les principaux événements qui se dérouleront à Washington. De l'autre, America250, une commission bipartisane créée par le Congrès en 2016, supervise ses propres événement dans le reste du pays. Selon l’agence de presse AP News, le feu d'artifice du National Mall, la Great American State Fair ou encore le défilé des grands voiliers à New York relèvent ainsi de Freedom 250, tandis qu'America250 organise par exemple l’America's Block Party, un concert caritatif à Los Angeles présenté par Queen Latifah, avec Chris Stapleton et les Smashing Pumpkins. "Le plus spectaculaire des rassemblements Trump"
Cette coexistence de deux organisations est inédite, et traduit une véritable lutte de pouvoir autour de cet anniversaire. Des documents internes consultés par l’hebdomadaire Time, ainsi que des entretiens avec cinq personnes impliquées dans l’organisation de ces événements, détaillent non seulement l’absence de coordination entre ces deux organismes, mais aussi des visions opposées, et des tensions concernant les budgets, la programmation et la communication.
Ces...
-
03/07 - Xavier Barbaro, PDG de Neoen : "Les batteries seront la très bonne surprise des prochaines années en Europe"
Nul n'est prophète en son pays. Neoen le sait peut-être mieux que quiconque. Créée et présente en France, l'entreprise s'avère pourtant bien plus connue à l'étranger. Notamment en Australie, où elle s'est imposée comme le premier acteur des énergies renouvelables grâce à d'immenses projets de centrales solaires et de stockage d'électricité par batterie. Pour son PDG, Xavier Barbaro, c'est la preuve que le pays dispose d'une "filière d'excellence", mais ne lui accorde pas la reconnaissance qu'elle mérite.
Du moins pas encore. Il espère que les différents projets de batteries de Neoen permettront à la France et à l'Europe, en retard sur le sujet, d'ouvrir les yeux sur tout le potentiel de cette technologie. Armes anti-black-out, permettant de stabiliser le réseau électrique et de mieux valoriser la production d'électrons, "elles sont devenues la solution évidente pour plein de services". Ne reste plus qu'à dépoussiérer la réglementation pour ne pas se priver inutilement de ses atouts. Entretien.
L’Express : Neoen, créée en France, s’avère bien connue à l’étranger. Souffrez-vous d’un manque de reconnaissance à l’intérieur de nos frontières ?
Xavier Barbaro : Nous avons commencé en France il y a 17 ans, avant de nous étendre en Australie, au Canada, en Allemagne, dans les pays nordiques. En Australie, nous sommes le premier acteur du renouvelable et un important donneur d’ordres, par exemple chez Bouygues, Vinci, Eiffage, Nexans. Il y a un peu eu ce côté "premier de...
-
03/07 - Intrusions de drones en Europe : comment la Russie teste les failles de la défense de l’Otan
On le sait désormais, les intrusions de drones russes dans l'espace aérien européen n'étaient ni aléatoires ni des incidents isolés. Une étude de l'International Institute of Stratégie Studies (IISS) de Londres a révélé le 2 juillet que la Russie a mené, entre fin 2024 et début 2026, une campagne coordonnée de surveillance par drone sur plus d’une douzaine de pays de l’Otan — notamment le Royaume-Uni, la France, l’Allemagne, la Belgique, les Pays-Bas, la Pologne ou encore le Danemark — ainsi que l’Irlande.
L'étude, qui pointe que les services de renseignement russes ont agi avec une "impunité considérable" et sans susciter de réponse collective de l'Alliance, recense 144 incidents sur une période d'environ 18 mois. Cette campagne aurait permis à Moscou de "cartographier les failles de la défense aérienne de l'Otan". Plus particulièrement en repérant les zones où les radars et les défenses aériennes seraient mal adaptés à des drones lents, petits et peu coûteux. Cette campagne aurait aussi permis à la Russie de repérer les lieux où il est possible de profiter des cadres juridiques, qui dans plusieurs pays ne permettent pas toujours d'intercepter ou d'abattre ces appareils lorsqu'ils survolent une zone civile.Des installations militaires et nucléaires testées
Selon les conclusions de l'IISS, l'opération a probablement été coordonnée par le GRU, le renseignement militaire russe. Une partie des drones aurait été lancée depuis des navires commerciaux russes, notamment des...
-
03/07 - Monaco : le silence gênant de la France, par Benjamin Morel
Nous ne cessons de nous gargariser de l’Etat de droit, pourtant nous cautionnons collectivement son atteinte dans un Etat voisin dans lequel la France n’est pas sans responsabilité. Derrière les paillettes, Monaco représente le symbole de nos hypocrisies. La Principauté a une Constitution, des tribunaux, une assemblée élue, des droits proclamés. D’un point de vue constitutionnel pourtant, elle est ce qui en Europe aujourd’hui se rapproche le plus d’une monarchie absolue.
La singularité monégasque tient à la place du Prince. Le pouvoir exécutif relève de sa haute autorité. Le gouvernement n’est pas responsable devant le Conseil national, seule assemblée élue du pays, mais devant lui. La loi se fait avec le Prince. La justice, selon la Constitution, "appartient" au Prince, qui en délègue l’exercice aux cours et tribunaux. Bien sûr, l’indépendance des juges est inscrite. Mais l’apparence compte aussi. Quand le justiciable voit que les juges suprêmes sont nommés par le Prince, même sur présentation d’institutions, et que certains actes liés au pouvoir princier peuvent se retrouver au cœur du débat, il peut difficilement ne pas s’interroger.L'affaire Claude Palmero
Il faut par ailleurs faire avec l’inviolabilité du souverain. Dans les monarchies parlementaires, le roi ne gouverne pas. Son irresponsabilité est donc largement symbolique. À Monaco, le Prince règne et gouverne. Il nomme, il arbitre et signe. Dès lors, protéger sa personne est une chose, mettre certains actes à...
-
03/07 - Esport à l’école : révolution pédagogique ou aberration ?
La révélation récente d’une stratégie nationale Esport 2026-2030 incluant un volet d’intégration dans les parcours éducatifs de l'Education nationale a tout pour enflammer les esprits et réveiller la croisade anti-écrans. Néanmoins, l’intérêt de faire entrer ces compétitions de jeux vidéo dans les écoles mérite d’être soigneusement examiné.
Le seul fait qu’une activité se déroule sur un support numérique impliquant un écran ne suffit pas à la rendre en elle-même toxique pour le cerveau ou nuisible aux apprentissages. De fait, certaines applications ont fait la preuve de leur efficacité pour entraîner les compétences de lecture ou pour fournir des adaptations à des élèves en situation de handicap. L’un des risques soulevé par les opposants à l’esport est l’augmentation de la sédentarité, et son cortège de problèmes sanitaires associés (surpoids, maladies cardiovasculaires ou diabète...). Mais on est bien obligé d’admettre que rester assis en classe six heures par jour est déjà une activité sédentaire, or personne ne propose d’interdire l’école au nom de la santé des élèves. La bonne question à se poser est donc plutôt : à quoi le temps consacré à l’esport se substituerait-il, et quel serait l’effet attendu de cette substitution ?
La dénomination fallacieuse "d’esport" suggère qu’il pourrait se dérouler pendant les cours d’éducation physique et sportive (ou dans les associations de sport scolaire). Ce serait dans ce cas une réelle perte en termes d’activité physique pour...
-
03/07 - Un assassinat des négociateurs iraniens par Israël : ce scénario redouté par Washington
C'est une énième information étonnante, sur fond de négociations en cours entre les États-Unis et l’Iran. Selon les révélations du New York Times, confirmées par le Washington Post, l'administration Trump a secrètement mis en garde Téhéran contre un risque de tentatives d'assassinat menées par Israël, et ce tout au long des négociations qui se déroulent depuis avril. Deux des principaux négociateurs iraniens auraient été en danger : Abbas Araghchi, ministre des Affaires étrangères, et Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement.
D'après les sources du New York Times, Washington craignait qu'une attaque contre les négociateurs iraniens ne fasse échouer les délicates discussions engagées à partir d'avril en vue d'un accord de paix intérimaire entre les États-Unis et l'Iran. Les Américains auraient même demandé, selon certaines des sources du journal américain, à d'autres pays de la région de prévenir discrètement Téhéran. La crainte d'un sabotage des négociations
L’élimination de hauts responsables iraniens faisait partie de la stratégie israélienne depuis le début de la guerre, déclenchée le 28 février par une frappe ayant tué le Guide suprême Ali Khamenei et plusieurs autres dirigeants. Le Wall Street Journal avait d’ailleurs déjà révélé en mars que Ghalibaf et Araghchi figuraient sur une liste de cibles israélienne avant d'en être temporairement retirés au moment de l'ouverture des discussions avec Téhéran.
Si les dirigeants américains ont bien estimé, au plus...
-
03/07 - "Certains grands groupes n’existeront peut-être plus..." : face à la Chine, le grand défi de l’industrie allemande
Dans le monde impitoyable de l'automobile, le paysage peut changer à toute vitesse. Entre 2018 et 2021, Volkswagen occupait la prestigieuse place de premier constructeur mondial, après avoir dominé le marché européen pendant trois décennies. L'euphorie des sommets a aujourd'hui laissé la place à une crise majeure, à l'image de celle que traverse tout le secteur en Allemagne. Le géant de Wolfsburg pourrait supprimer jusqu'à 100 000 emplois d'ici 2030, soit 15 % de ses effectifs dans le monde, selon des informations du mensuel économique Manager Magazin. "Volkswagen a fait un mauvais choix en abandonnant quasiment le moteur à combustion pour miser entièrement sur l'électrique, constate, amer, un grand industriel allemand. L'entreprise se redressera car elle dispose d'un savoir-faire exceptionnel et de solides réseaux de distribution, mais elle ne sera plus un moteur de croissance."
Un séisme sans précédent qui ne fait que confirmer une tendance profonde dans l'industrie au sens large. Le coupable ne fait aucun doute, pour Dalia Marin, professeure d'économie internationale à l'Université technique de Munich. "L'Allemagne n'a pas connu de croissance ces sept dernières années, principalement en raison du choc chinois. Celui-ci a frappé les industries les plus intensives en R&D. Or, lorsqu'elles déclinent, c'est la croissance économique qui s'essouffle, car ce sont elles qui portent l'innovation du pays."
La première puissance économique européenne entretient une relation...
-
03/07 - Congés d’été : quand les vacances deviennent un sujet de tension au bureau
Les congés d'été sont enfin là. Mais tous les salariés ne les abordent pas de la même manière. Depuis le post-Covid, il y a les adeptes des "tracances", un mélange de vacances et de travail. A l'autre bout du spectre, se trouvent les partisans de la déconnexion totale. Entre les deux, il y a aussi les "joignables partout et tout le temps". Enfin, alors qu'à une époque pas si lointaine, certains ramenaient leurs photos de mer ou de voyages improbables au bout du monde, en en faisant profiter tout l’étage, voire tout l’immeuble, leurs successeurs sont maintenant sur Instagram et TikTok, avant, pendant et après leurs congés pour que tout le monde puisse profiter de leur bonheur estival.
Au bureau, les vacances sont devenues une affaire de personnalité. Il y a ceux qui gardent leur destination secrète, ceux qui les mettent en scène, ceux qui les planifient à l'extrême.
Parmi les profils identifiés par les psychiatres François Lelord et Christophe André, figure le "méfiant-susceptible", qui s’ingénie à égarer les curieux vers de fausses pistes (Les nouvelles personnalités difficiles, Odile Jacob, 2023). Chez ceux que l’on perçoit comme des extravertis des vacances, tous n’ont pas le même profil. Convaincu d’être "exceptionnel, hors du commun et de mériter plus que les autres", le narcissique se doit de briller et d’en mettre plein la vue en faisant de ses vacances un moment extraordinaire (Lelord/André). Le "mythomane", lui, les met en scène, "incapable d’assumer la triste...
-
03/07 - Ukraine-Russie : pourquoi Kiev met désormais Moscou sous pression
Il arrive parfois que l'actualité semble se jouer loin de nous. Alors tous les vendredis, on s’intéresse à un évènement qui a marqué la semaine, d’un point de vue européen, et on prend le temps d’expliquer pourquoi il nous concerne tous.
Dans un discours publié par le Kremlin, Vladimir Poutine a reconnu que les frappes ukrainiennes contre les infrastructures russes "créent des problèmes". Un aveu rare, dans un contexte où le mécontentement lié aux pénuries de carburant monte au sein de la population russe.
Cette reconnaissance suggère que les attaques ukrainiennes commencent à produire des effets tangibles sur le territoire russe. Elle témoigne aussi d'une évolution du rapport de force dans le conflit. Depuis le début de la guerre, Moscou semblait conserver l'initiative. Ces déclarations laissent désormais penser que l'Ukraine est en mesure d'exercer une pression croissante jusque sur les arrières russes.
Dans cet épisode de La semaine européenne, Paul Véronique, journaliste au service Monde de L’Express, nous éclaire sur les nouveaux rapports de force entre l’Ukraine et la Russie.
RETROUVEZ TOUS LES CONTENUS DE L'EXPRESS PODCASTS
Écoutez cet épisode et abonnez-vous à L'Express Podcasts sur Apple Podcasts, Spotify, Deezer, Podcast Addict et CastBox.
Cet épisode a été écrit par Mélanie Pierre, présenté par Charlotte Baris, monté et réalisé par Jules Krot.
Crédits : Le Monde
Musique et habillage : Emmanuel Herschon / Studio Torrent
Visuel : Alice Lagarde...
-
03/07 - "Toutes les entreprises ne survivront pas" : l’avenir incertain des fabricants français de drones
Un temps considéré comme le cœur battant de la start-up nation, le IIe arrondissement de Paris se transforme à vue d’œil. Depuis quelques mois, le "Silicon Sentier" cède progressivement la place à de jeunes pousses tricolores à forte coloration kaki, avides d’empiéter sur les plates-bandes des grands noms de la défense. Un immeuble haussmannien en pierre de taille héberge les bureaux d’Harmattan AI, une start-up lancée en 2024 et devenue en un temps record la première licorne française de la défense. Accès sécurisés, salles de test, imprimantes 3D… Harmattan a longtemps assemblé ses drones au sous-sol de ces locaux, avant de prendre possession au printemps d’un bâtiment aux abords d’Orly, au sud de Paris. Avec un cap : y produire jusqu’à 10 000 drones par mois pour en faire la plus grande usine de ce type en France.
Figure de proue d’un secteur effervescent, l’entreprise, qui dispose de bureaux au Maroc, en Suisse, aux Emirats arabes unis, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis, recrute à tour de bras. Ses effectifs devraient doubler d’ici la fin de l’année, pour atteindre les 500 salariés. Au salon de l’armement Eurosatory, organisé mi-juin à Villepinte, son stand a attiré des dizaines de militaires de haut rang, venus manipuler le Sonora. Le petit drone d’observation de moins de deux kilos, testé avec succès cette année au fil d’un très vaste exercice militaire, Orion, est doté de caméras infrarouges, pour procéder à des missions de renseignement et de surveillance. Quelques...
-
02/07 - Iran : les funérailles d’Ali Khamenei, démonstration de force d’un régime sous pression
Quinze à vingt millions de personnes attendues rien que dans la capitale, Téhéran, six jours de cérémonies à travers tout le pays... Les préparatifs s'intensifient en Iran pour les funérailles du guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, décédé fin février dans une frappe israélo-américaine, qui avait marqué le début de la guerre. Les cérémonies débuteront samedi 4 juillet à Téhéran, et se poursuivront dans les villes saintes de Qom et Mashhad, ainsi qu'en Irak. Des responsables d'une trentaine de pays, dont la Chine et la Russie, sont attendus pour rendre hommage au chef religieux qui a régné d'une main de fer sur le pays pendant 37 ans.
Mais pour les leaders politiques et spirituels iraniens, l'événement revêt un caractère symbolique de la plus haute importance : montrer que la République islamique est toujours debout, à la suite d'une guerre avec les Etats-Unis et Israël perçue comme existentielle pour le régime. "La forte mobilisation du public lors des funérailles du dirigeant martyr et des autres martyrs constituera, de fait, un nouveau référendum pour la République islamique", a commenté l'ayatollah Mohammad Saidi aux médias d'Etat.
Et les dirigeants iraniens n'entendent rien laisser au hasard pour s'assurer de la participation massive de la population : bus et trains réquisitionnés pour assurer les transports, hébergements, nourriture... Certains hôtels vont jusqu'à offrir des réductions à moitié prix, tandis que les écoles, mosquées et gymnases ont été préparés...
-
02/07 - Christian Prudhomme : "Le Tour de France fait en sorte que l’ouvrier parle au PDG"
Qui connaît mieux la France que lui ? Directeur du Tour depuis 2007, l’ancien journaliste Christian Prudhomme passe son temps à parcourir le pays, à la rencontre des élus locaux et à la recherche de routes méconnues. Il a réussi à moderniser la course centenaire (en musclant les étapes de transition) tout en la gardant ancrée dans la tradition (en la faisant dialoguer avec l’Histoire). Contrairement à ce que croient ceux qui trouvent le cyclisme ennuyeux, les audiences sont au beau fixe.
Dans le livre collectif dirigé par Pierre Nora, Les Lieux de mémoire, l’historien Georges Vigarello signait le chapitre consacré à la Grande Boucle. Il y écrivait que "la France traversée est une France magnifiée". Chaque été, en effet, les coureurs traversent un cadre splendide. Mais la compétition n’est pas hors sol : elle met en avant des régions parfois délaissées et peut être le théâtre de certaines revendications politiques. Christian Prudhomme gère tout cela avec inventivité, flegme et humanisme. Rencontre à Boulogne-Billancourt, au siège d’Amaury Sport Organisation (ASO), avec quelqu’un qui, toute sa vie, s’est fait une certaine idée du Tour de France.
L'Express : Le Tour de France a été créé en 1903 par Henri Desgrange, patron de L’Auto-Vélo. Cette course est-elle une pure invention journalistique ?
Christian Prudhomme : Oui, sans le moindre doute. C’est ce qui a fait son mythe et sa légende, car il faut une partie de rêve – et tout journaliste rêve un peu. Cela fait vingt ans...
-
02/07 - En Serbie, "un scénario à la Poutine" se dessine pour sauver le président Vucic
Des robots dansant sur de la musique folklorique serbe, le déploiement du "plus grand drapeau de Serbie", long de 500 mètres, un spectacle de drones et une programmation musicale et sportive : le président Aleksandar Vucic avait vu grand, samedi 27 juin, pour rassembler ses partisans dans le centre de Belgrade, raconte le média allemand Deutsche Welle (DW). Confronté depuis un an à une forte contestation populaire, le chef de l'Etat a tenté d'afficher une impression d'unité, et annoncé l'intention de démissionner de son mandat de président, pour briguer celui de Premier ministre, lors de prochaines législatives anticipées. Une manoeuvre visant en réalité à se maintenir au pouvoir malgré la tourmente, selon ses critiques.
"Je ne serai président que pendant quelques semaines. Ensuite, je démissionnerai… Lors des prochaines élections, si le parti le souhaite et le demande, je contribuerai, avec vous, à regagner la confiance du peuple", a-t-il déclaré lors du rassemblement intitulé "La Serbie, une famille", organisé par son mouvement - le Parti du progrès serbe (SNS). Selon la police, le meeting rassemblait 207 000 participants, des chiffres largement contestés par l’ONG Arhiv Javnih Skupova, qui a comptabilisé 32 500 personnes, selon un communiqué de l’agence de presse Beta, cité par Courrier international.Contestation croissante
Aleksandar Vucic, 56 ans, est l'homme fort de la Serbie, qu'il dirige depuis treize ans sous différents mandats. Mais il fait face à une...
-
02/07 - Les grands stratèges de l’Histoire - Notre série d’été
-
02/07 - François Kersaudy : "Churchill aurait sans doute pensé que Trump s’était échappé d’un asile"
Qu’aurait pensé Winston Churchill du Brexit ? Comment aurait-il analysé la fracture entre les Etats-Unis et l’Europe, lui qui était à moitié américain ? Qu’aurait-il pensé de Vladimir Poutine et de Donald Trump ? On ne peut pas faire parler les grands personnages du passé. Mais on peut remonter le fil de leur pensée. Tirer des leçons de leur action. Cet été, L'Express explore la vision géopolitique de six d'entre eux : Cléopâtre, Jules César, Catherine II de Russie, Napoléon, Charles de Gaulle et Winston Churchill. Une série en six épisodes à retrouver dans notre podcast Les temps sauvages, disponible sur Apple Podcasts, Spotify, Deezer, Castbox, Podcast Addict ou en cliquant sur le player en tête de l'article.
Comment celui qui fut Premier ministre du Royaume-Uni de mai 1940 à juillet 1945 puis d’octobre 1951 à avril 1955 a-t-il forgé sa philosophie des relations internationales ? Son biographe François Kersaudy, spécialiste d’histoire diplomatique et militaire contemporaine, nous sert de guide.
L'Express : Dans votre biographie, vous écrivez que la réussite de Churchill est "attribuable au moins autant à ses défauts qu’à ses qualités". Vous songez à un défaut et une qualité en particulier ?
François Kersaudy : Churchill a été formé à la fin du XIXe siècle, dans une école de cavalerie où l’on n’enseignait pas la stratégie. Il s’est donc lancé dans ce domaine en amateur. Comme il était extraordinairement imaginatif, il avait des intuitions géniales, mais non...
-
02/07 - Du Portugal à la Grèce, ces "Sudistes" qui redonnent de l’élan à l’Europe
Cantonnés au tourisme, les Etats du Sud ? Leur retour en grâce prouve qu’il n’en est rien. Pour résister, il leur a fallu faire preuve d’agilité et d’inventivité. Voici quatre exemples de personnalités à la réussite remarquable. L’Italien Luca Ferrari, rachète et remet au goût du jour d'anciennes icônes du Web. Au Portugal, la scientifique Elvira Fortunato rayonne à l’international grâce à ses innovations dans l’électronique. L’Espagnol Enric Asuncion veut déployer ses bornes de recharge pour voitures électriques à grande échelle. Et, à Athènes, la directrice artistique du musée national d’art contemporain Katerina Gregos, figure de la résurrection de la capitale, a choisi de revenir au pays.Luca Ferrari, nouveau cador du logicielLuca Ferrari
Le carillon du Nasdaq, une valorisation d'environ 25 milliards de dollars, une croissance à trois chiffres... Ces plaisirs insolents sont d'ordinaire réservés à des virtuoses de la tech américaine. Un Italien, Luca Ferrari, vient pourtant de tous les goûter.
Ce quadragénaire dirige la start-up milanaise Bending Spoons, discrète mais très belle réussite européenne. Discrète car elle a percé sur le tard - sa création remonte à 2013. Bending Spoons n’est pas non plus une "deeptech" comme l’est Mistral AI, symbole de la rupture technologique que convoite le Vieux Continent. Ni même une idée originale. Luca Ferrari avait essayé avec Evertale, sorte de journal intime 2.0. Il s’est rapidement estimé meilleur pour valoriser les idées des...
-
02/07 - Emmanuel Macron et la tentation de la Coupe du monde, Olivier Faure "furieux" contre Radio Nova
Le grand rendez-vous de la présidentielle approche, chaque semaine apparaît un nouveau prétendant. Autant dire que la vie politique entre dans une nouvelle phase, ô combien palpitante…La bonne surprise de Richard Ferrand
Les jeunes sont ceux qui ont la meilleure image du Conseil constitutionnel, actuellement présidé par Richard Ferrand : 65 % des 18-24 ans ont une bonne opinion de l’institution (contre 53 % pour tous les Français), selon une enquête Toluna-Harris interactive. Les mêmes sont 90 % à estimer que "le Conseil constitutionnel contribue au bon fonctionnement de la démocratie" (76% pour l’ensemble de la population).Emmanuel Macron et la tentation du 14 juillet
Emmanuel Macron a été tenté de se rendre aux Etats-Unis le 14 juillet, en cas de qualification de l’équipe de France aux demi-finales de la Coupe du monde. Impossible : le match a lieu à 21 heures à Dallas, or le président français est mobilisé par le défilé le matin à Paris puis par les cérémonies en souvenir de l’attentat de 2016 à Nice en soirée. Il devra donc croiser les doigts et espérer que les Bleus aillent en finale le 19 juillet : ce jour-là, l’agenda présidentiel est bloqué pour le foot…Michel Barnier "le planqué"
La vengeance est un plat qui se mange froid, malgré la canicule. Emmanuel Macron, on le sait, n’a pas aimé la période au cours de laquelle Michel Barnier fut son Premier ministre. L’un des amis du président remarque : "La baisse du Fonds vert, c’est lui. On comprend qu’il se planque un...
-
02/07 - Contrôles aux frontières : les débuts laborieux du nouveau système européen
C'est une lettre adressée à la Commission européenne. Elle intervient juste avant l'afflux massif de touristes en Europe durant l'été et constitue à ce jour l'avertissement le plus ferme lancé par le secteur touristique concernant l’ESS (Entry/Exit system). Ce système mis en place progressivement depuis octobre 2025 et pleinement opérationnel depuis avril vise à renforcer la sécurité et lutter contre l’immigration illégale. Il exige que les ressortissants de pays tiers s'enregistrent à leur aéroport de destination en fournissant leur identité, leurs empreintes digitales et une photo. Ces contrôles concernent les personnes qui ne sont pas citoyennes de l'un des 29 pays de l'espace Schengen, de l'Irlande ou de Chypre. Ils remplaceront à terme le tamponnage des passeports par les agents des frontières.
Dans leur lettre ouverte adressée à Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, les compagnies aériennes et les aéroports du Vieux Continent demandent la possibilité de suspendre les contrôles dans le cadre de ce système. Ils craignent en effet que la situation ne s'aggrave considérablement pendant la haute saison estivale, alors que les aéroports européens devraient selon eux accueillir environ 40 millions de passagers de plus en juillet et en août par rapport aux deux mois précédents. "Nous avons atteint un point critique", estiment les organisations professionnelles ACI Europe (représentant les aéroports), Airlines 4 Europe (la principale association...
-
02/07 - Albanie : le projet immobilier controversé de la famille Trump met en péril l’adhésion à l’UE
Depuis un mois, des milliers d'Albanais descendent quotidiennement dans les rues pour s'opposer à la construction d'une station balnéaire de luxe. Derrière ce projet immobilier à 1,6 milliard de dollars, Ivanka Trump, la fille du président américain, et son mari Jared Kushner. L'immense chantier qui devrait prochainement débuter sur une partie préservée du littoral est décrié par de nombreuses ONG de protection de l'environnement. Le pouvoir de Tirana, quant à lui, le défend bec et ongles. En particulier le Premier ministre albanais, Edi Rama, persuadé que le complexe pourrait propulser son pays, l'un des plus pauvres d'Europe, au rang de destination majeure du tourisme de luxe dans les Balkans. Début juin, l'homme d'Etat a persisté et signé : "Il n’y a aucune chance que cet investissement soit suspendu tant que j’occuperai ce poste".
Et depuis, le mouvement d'opposition, surnommé la "révolution des flamants roses" ne s'essouffle pas. Au contraire, les tensions s'aggravent sur fond d’appels croissants à la démission d'Edi Rama... D'autant plus que les critiques contre le gouvernement albanais ont fini par atteindre Bruxelles. Ce mercredi 1er juillet, Tineke Strik, députée européenne néerlandaise à la tête d'une mission d'enquête du Parlement européen en Albanie, a prévenu dans les colonnes du Guardian que Tirana "jouait avec le feu" en poursuivant ce projet immobilier qui, selon elle, ravagerait le littoral. Dans le détail, le projet comprend deux complexes balnéaires :...
-
02/07 - "Dette contre énergie" : l’habile opération de la Zambie pour financer son électrification
C’est une habile tactique financière que la Zambie a menée début juin. Grâce à un prêt accordé par la Banque africaine de développement (BAD), son gouvernement, conseillé par la banque Lazard, a racheté une partie de sa dette. L’objectif de la manœuvre ? Eviter la hausse de la charge de la dette qui s'annonçait d’ici la fin de l’année, du fait de la remontée des taux d'intérêt. A la clé, 275 millions de dollars économisés. L’originalité de l'opération tient au fléchage de cette somme : au lieu de dormir dans les coffres de la banque centrale, elle se destine à l'amélioration et à l'expansion de ses réseaux électriques.
Le sujet est brûlant pour cet Etat d’Afrique australe, dont la moitié de la population est privée d'électricité. "La plupart des entreprises zambiennes sont des PME, extrêmement vulnérables face aux coupures de courant", pointe Felix Nkulukusa, secrétaire au Trésor du pays. Disposer d'un solide réseau est d’autant plus essentiel que la Zambie a vocation à devenir un véritable carrefour des échanges d’électricité sur le continent, ajoute Thomas Garreau, directeur au sein de l'équipe de notation Moyen-Orient Afrique chez Fitch Ratings : "Unique pont entre les réseaux interconnectés d’Afrique méridionale et orientale, auxquels sa connexion est prévue d’ici 2027, elle permettra de mutualiser l’approvisionnement face aux chocs climatiques d'El Niño : sécheresses au sud, pluies abondantes à l’est". Un impératif pour la Zambie, qui tire 80 % de sa production...
-
02/07 - La guerre en Iran provoque des tensions entre les Etats-Unis et l’Arabie saoudite
Des tensions diplomatiques de moins en moins feutrées et de plus en plus visibles. Lors de sa visite dans le Golfe persique la semaine dernière, le secrétaire d'État Marco Rubio s'est rendu pour des réunions à Bahreïn, au Koweït et aux Émirats arabes unis, un rival historique de l’Arabie saoudite. Le responsable américain a en revanche fait l'impasse sur Riyad. Un affront calculé, selon des responsables saoudiens. Comme le rapportent le New York Times ainsi que le Wall Street Journal, la guerre contre l'Iran a fait naître des dissensions entre Donald Trump et le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, dit "MBS".
Depuis l'attaque menée par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran le 28 février, l'Arabie saoudite s'efforce de maintenir une position neutre afin de préserver ses intérêts. Riyad a apporté un soutien militaire et diplomatique à Washington et a été attaqué par l'Iran. Mais le royaume saoudien s'est également opposé à Donald Trump à des moments critiques, faisant preuve de fermeté envers les Américains. Un événement a particulièrement envenimé les relations entre les deux pays : le "Project Freedom" ("Projet Liberté"), une opération américaine visant à rouvrir le détroit d'Ormuz afin de garantir le passage en toute sécurité des navires.
Début mai, plus de 100 avions militaires américains décollent de bases et de navires de guerre à travers le Moyen-Orient dans le cadre de cette tentative d'ouverture de ce détroit très stratégique. Mais les Etats-Unis...
-
02/07 - Réchauffement climatique : la décroissance n’est pas la solution, par Nicolas Bouzou
Les décroissants partent d’un sophisme : produire plus, c’est émettre davantage de carbone. C’est faux. Depuis 2005, une trentaine de pays riches - dont la France, les Etats scandinaves, le Royaume-Uni, les États-Unis… - l’ont démenti. Leur PIB a progressé alors que leurs émissions ont reculé. Un constat qui reste valable lorsqu'on réintègre les importations que reçoivent ces pays. Le découplage, considéré comme impossible par ceux qui se prétendent écologistes, est donc la réalité de notre monde.
On peut toujours se moquer des techno-optimistes ou techno-solutionnistes, peu importe comment on les appelle, ce sont eux qui ont empiriquement raison. Si l’on prend un peu de recul, le techno-optimisme est l’autre nom de l’humanisme. Comme l’a montré le philosophe espagnol Fernando Savater, rien n’est plus humain que la technologie, rien n’est donc plus naturel à l’humanité que l’innovation et la croissance. Opposer l’innovation à la défense de la nature est un contresens total.
Revenons à nos préoccupations caniculaires. Les rejets de carbone sont le produit de trois facteurs : la population, le revenu par habitant, les émissions par unité produite. La décroissance n’agit que sur un seul, le revenu, en appauvrissant les gens. L’innovation agit de façon autrement puissante et cohérente puisqu’elle décarbone en améliorant les revenus. Il y a mieux. Le coût des technologies propres ne baisse pas par décret : il baisse parce qu’on en produit davantage. Chaque doublement de la...
-
02/07 - Présidentielle 2027 : pourquoi les dates de l’élection sont encore critiquées
L'annonce a été officiellement faite par Maud Bregeon ce mercredi 1er juillet. La porte-parole du gouvernement a confirmé les dates de la prochaine élection présidentielle telles que validées en conseil des ministres : ce sera le dimanche 18 avril 2027 pour le premier tour et le dimanche 2 mai 2027 pour le second tour. Autrement dit, au lendemain du 1er-Mai, une date symbolique, avec son lot de défilés syndicaux et de revendications sociales, qui sert chaque année de tribune pour les partis politiques de gauche, ainsi que pour le Rassemblement national. L'autre choix permis à l'exécutif aurait été les 11 et 24 avril, mais cette option n'a donc pas été retenue.
Ces dates ont été dans la foulée critiquées, particulièrement à droite. Le président des Républicains (LR) Bruno Retailleau s'est dit "en colère" après le choix du gouvernement qui n'est "pas neutre" selon lui. "Que l'on ne me fasse pas croire que dans les cortèges, dans les prises de position, il n'y aura aucun écho politique. Le choix du gouvernement, ça a été le choix de la gauche, parce que la gauche pense qu'un second tour après le 1er-Mai, ça l'avantagera", a dénoncé mercredi le candidat LR à la présidentielle sur CNews. Selon l'ex-ministre de l'Intérieur, la proximité du second tour avec le 1er-Mai rend impossible le respect de la période de réserve électorale, qui interdit aux partis toute propagande ou prise de parole, dans les 48 heures qui précèdent le scrutin.
Un argument balayé par Maud Bregeon. Les...
-
02/07 - Mise sous pression par l’Ukraine, la Russie riposte par une attaque massive contre Kiev
Les forces russes ont lancé dans la nuit du mercredi 1er au jeudi 2 juillet une attaque massive de drones et de missiles contre la capitale de l'Ukraine, Kiev, faisant au moins 17 morts selon les services d'urgence. Moscou a présenté cette offensive comme une riposte aux récentes frappes contre ses infrastructures civiles.
"Cette nuit, la Russie a encore une fois mené une attaque cynique de grande ampleur sur l'Ukraine", a déploré la Première ministre ukrainienne Ioulia Svyrydenko sur Telegram. Volodymyr Zelensky avait prévenu plus tôt mercredi que des rapports des services de renseignement montraient qu'une attaque nocturne était probable. Le président ukrainien a écourté son déplacement à Dublin, prévu pour le début du mandat de six mois de l'Irlande à la présidence tournante de l'UE."L’ennemi a une fois de plus délibérément tué des civils"
Le maire de Kiev, Vitali Klitschko, a déclaré une journée de deuil vendredi dans la capitale ukrainienne, précisant que des dommages avaient été recensés à travers toute la ville de trois millions d'habitants. "L'ennemi a une nouvelle fois délibérément pris pour cible des quartiers résidentiels et tué des civils. Nous avons subi des dommages importants et un grand nombre de victimes, incluant des enfants", a-t-il déploré.
Des responsables de la capitale ukrainienne ont rapporté que 90 personnes - dont des enfants et des personnels médicaux - avaient été blessées et que d'autres étaient toujours piégées dans des immeubles...
-
02/07 - "Nous ne sommes pas hermétiques aux tensions de la société" : le Parlement européen déchiré par ses extrêmes
Le 17 juin dernier, l'Europe a renoué avec les guerres des tranchées. Ce n'était pas Verdun bien sûr, ni même la Somme, mais le Parlement européen avait rarement vu un affrontement aussi brutal depuis sa création en 1958. Sur les coups de 13h, un frisson parcourt l'hémicycle de Strasbourg : en quelques secondes, 418 députés européens approuvent le "règlement retour", un texte qui permet aux pays membres d'ouvrir des "centres de retour" à l'extérieur de notre continent pour y envoyer les migrants expulsables de leur territoire. Droite, extrême-droite et une partie du centre s'allient pour voter en faveur de cette petite révolution dans la politique migratoire de l'Union européenne.
Certains eurodéputés, comme Jordan Bardella (coprésident du groupe "Les Patriotes"), frappent avec les mains sur leurs pupitres. Puis, dans un élan d'euphorie, les groupes nationalistes, souverainistes et une partie du PPE (Parti populaire européen, droite traditionnelle) se lèvent pour applaudir. François-Xavier Bellamy, le rapporteur du texte (LR), tombe dans les bras de Manfred Weber, le tout-puissant patron allemand du PPE. Au premier rang, Manon Aubry (LFI), qui copréside le groupe "La Gauche", se met debout, poing levé. Face à elle, des dizaines de députés européens, les plus à droite de l'hémicycle, entonnent un refrain : "Send them back !", "Renvoyez-les !" Les bancs de la gauche s'insurgent, des huées s'élèvent : "Shame on you !", "Honte à vous !"
Après cette séquence, 68 ONG...
-
02/07 - Et si la température était prise en compte par les agences de notation ? Ce que changerait le Nutri-Score climatique
Et si les agences de notation s'étaient trompées de risque ? Pendant des décennies, la dette souveraine s'est mesurée à l'aune du déficit, du taux d'inflation ou de la stabilité des gouvernements. Un nouvel acteur entend désormais y introduire une variable longtemps demeurée fantôme dans les modèles financiers : la température.
Scientific Climate Ratings, structure adossée à l'Edhec Business School, a dévoilé le 23 juin ses "Sovereign Climate Risk Ratings" — un classement attribuant à 191 États une note allant de A à G, selon l'ampleur des pertes économiques anticipées d'ici 2035 et 2050 sous l'effet du réchauffement chronique. Un Nutri-Score climatique bien plus concret que les nombreux indicateurs ESG déjà disponibles.
"Nous allons essuyer quelques critiques, c'est une certitude, concède Rémy Estran-Fraioli, président de l'organisation, qui a pris soin, quelques jours avant la publication, d'adresser un courrier à chacun des pays évalués pour lui notifier sa note. Cependant, les marchés n'ont que faire des scénarios extrêmes et peu réalistes. Par exemple, le scénario 'Net Zéro', qui vise à contenir le réchauffement à 1,5 degré au-dessus des niveaux préindustriels, n'a, selon nos analyses, que 0,4 % de chances de se matérialiser. Il faut donc faire le tri." Ses équipes ont ainsi passé en revue l'ensemble des états du monde possibles, leur ont assigné des probabilités, puis calculé l'impact du scénario le plus vraisemblable sur l'économie d'un large échantillon de...
-
02/07 - Dette et austérité : quand la crise grecque faisait vaciller l’Europe
Le passé permet souvent d'éclairer l'actualité. Chaque jeudi, dans notre nouveau podcast Hier à la Une, on se plonge dans les archives de L’Express, pour comprendre autrement la couverture du magazine de la semaine.
Ils étaient les mauvais élèves de la zone euro. Quatre pays pointés du doigt pendant la crise financière de 2008 : le Portugal, l’Italie, la Grèce et l’Espagne. Affublés du surnom de "PIGS", cochons en anglais, ils étaient devenus le symbole d’une Europe du Sud jugée trop endettée, trop dépensière et incapable de rivaliser avec les économies du Nord. Pourtant l’histoire va prendre une tout autre direction.
Quinze ans plus tard, le paysage s’est complètement inversé. Les pays que l’on disait condamnés prennent leur revanche. En 2025, l’Espagne tire la croissance de l’Europe avec un bond de 2,8 % de son PIB, tout comme la Grèce et le Portugal, contre seulement +0,2 % pour l’Allemagne et +0,8 % pour la France. Sur le plan budgétaire, les bons élèves sont désormais Lisbonne et Athènes, dont les comptes publics sont repassés dans le vert. Plus encore, ceux qu’on appelait dédaigneusement les "pays du Club Med" sont devenus des sources d’inspiration pour des Etats du Nord englués, à l’image de la France, dans une croissance atone et des déficits publics abyssaux.
Et s’il est un pays qui incarne à lui seul cette spectaculaire transformation, c’est bien la Grèce. Longtemps considérée comme le maillon faible de la zone euro, elle s’est imposée comme un acteur de...
-
02/07 - "En Ukraine, Vladimir Poutine n’a pas de plan de victoire" : les vérités du grand diplomate estonien Jonatan Vseviov
Architecte de la politique étrangère et de la politique de défense d'Estonie, Jonatan Vseviov, 44 ans, est le plus haut diplomate de son pays en exercice. Ancien ambassadeur aux Etats-Unis, aujourd’hui secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, il est aussi le théoricien du concept d'approche globale de la défense et le coauteur de la stratégie nationale de défense.
L'Estonie (1,3 million d'âmes) est l'un des pays les plus engagés dans le soutien à l'Ukraine au sein de l'UE avec un poids diplomatique supérieur à sa taille. L'ancienne première ministre Kaja Kallas – dont Jonatan Vseviov fut l'un des principaux conseillers – est d'ailleurs devenue la haute représentante pour les Affaires étrangères de l'UE voilà un an et demi. Une première pour l'Estonie dont les habitants connaissent parfaitement la mentalité de leur grand voisin russe, qui a occupé leur pays de 1917 à 1991.
L'Express : Comment évolue, selon vous, la guerre en Ukraine?
Jonatan Vseviov : La situation s'est retournée. Elle est maintenant bien meilleure pour les Ukrainiens qu'elle ne l'était pendant l'hiver. Nous percevons des signes croissants de désespoir à Moscou, non seulement parce qu'ils n'avancent pas sur les lignes de front, mais aussi parce que les Ukrainiens ont réussi à démanteler la défense aérienne russe, qui était censée être le cœur de la force russe. Enfin et surtout, Poutine a perdu le narratif. Depuis l'échec de son offensive éclair dans les premières phases de la guerre,...
-
01/07 - "Une crise à Taïwan aurait des conséquences aussi graves que le Covid" : l’alerte d’Eyck Freymann (Stanford)
Le blocage du détroit d'Ormuz imposé par l'Iran a freiné l'économie mondiale ? Une crise à Taïwan serait bien plus dévastatrice, comme l'avertit Eyck Freymann. Dans Defending Taiwan (Oxford University Press), salué par la presse anglophone, ce chercheur pour le Hoover Institution au sein de l'université Stanford analyse avec finesse les ambitions de la Chine de Xi Jinping, qui entend procéder à une "réunification" entre l'île et la Chine continentale. Face à la menace d'une quarantaine, d'un blocus, voire d'une invasion militaire, Eyck Freymann présente une stratégie claire pour dissuader efficacement Xi Jinping, et lui rappeler qu'il a plus à perdre qu'à gagner dans un conflit qui pourrait avoir des conséquences désastreuses pour la planète.
Pour L'Express, Eyck Freymann explique pourquoi Taïwan est aussi un enjeu crucial pour la France et l'Europe. Décryptant les motivations de l'énigmatique Xi Jinping, il évoque les différents scénarios possibles, et précise comment les Etats-Unis et leurs alliés peuvent éviter la catastrophe.
L’Express : Vu de France, nous avons tendance à penser que Taïwan est loin et que c’est davantage un problème américain qu’européen. Pourquoi l’avenir de cette île serait-il crucial pour nous ?
Eyck Freymann : La réponse la plus évidente, ce sont les semi-conducteurs. Nous sommes à l’aube d’une révolution technologique qui pourrait être aussi importante, pour le développement nos sociétés, que ne le fut la révolution industrielle. Cette...
-
01/07 - Le gouvernement italien cherche-t-il à "cacher la vérité" sur les centres pour migrants en Albanie ?
C'était le 16 octobre 2024. Ce jour-là, en vertu d'un accord controversé conclu entre l'Albanie et l'Italie, deux centres de rétention, gérés par Rome, ouvrent dans le port de Shengjin et dans le village de Gjadër, dans le nord de l'Albanie. Devant des caméras, un premier navire de la marine italienne arrive avec à son bord 16 hommes originaires d'Egypte et du Bangladesh, arrêtés en mer alors qu'ils tentaient de rejoindre l'Union européenne.
Plus d'un an et demi après l’entrée en vigueur de cet accord, le bilan de ces centres de rétention ne semble pas reluisant, selon des élus. Les conditions de détention sont particulièrement pointées du doigt. Cristina Guarda, députée européenne italienne, se demande si le gouvernement italien tente de "dissimuler la vérité" sur ces conditions dans le centre de Gjadër, principalement utilisé pour la rétention administrative avant expulsion. L'eurodéputée membre de l'Alliance des Verts et de la Gauche (AVS) italienne, qui faisait partie d'une délégation européenne venue sur place, s'est vue refuser l'accès aux cellules. "On ne sait pas s'ils veulent cacher la vérité sur les conditions de vie à l'intérieur du centre de détention", s’est interrogée Cristina Guarda auprès de The Guardian. L'élue a également décrit une chaleur "suffocante" dans l'établissement, où six personnes auraient tenté de se suicider depuis la mi-mai.Un quotidien marqué par "l'incertitude et l'aliénation"
Selon Cristina Guarda, le personnel de ce centre de détention...
-
01/07 - La France insoumise à l’assaut de la culture : ce que révèle une étude choc de l’Ifop
Jean-Luc Mélenchon le sait depuis qu'il côtoie Antonio Gramsci, sur la tombe duquel il s'est recueilli lors d'un voyage à Rome en 2022 : la conquête du pouvoir passe en partie par celle de la culture. Et sur ce point, ses sympathisants le suivent. Alors qu'une large majorité de Français considèrent que la politique ne devrait pas s'immiscer dans la culture, 62 % des sympathisants insoumis pensent le contraire, d'après un rapport de l'Ifop dont L'Express a eu la primeur. Rien d'étonnant dès lors à voir La France insoumise vendre des maillots de football, lancer un jeu invitant à créer des œuvres d’art, transformer la Fête de la musique en grand concert antiraciste place de la République, ou encore convier à ses meetings des artistes comme Annie Ernaux ou Eric Vuillard.Boycott d'artistes pro-israéliens
Le patriarche insoumis n’est toutefois pas de ceux qui lisent en diagonale. Après plus d'un demi-siècle de compagnonnage avec les grands auteurs communistes, Jean-Luc Mélenchon a bien à l'esprit que, chez Gramsci, l’hégémonie culturelle ne se résume pas seulement à aligner quelques artistes derrière soi. Il faut, pour la conquérir, réussir à s'imposer comme l’autorité diffuse. Cela passe notamment par le fait de fixer les frontières du fréquentable et de l’infréquentable. Ainsi les Insoumis applaudissent la chanteuse Theodora, nouvelle égérie d’une pop militante, tout en appelant régulièrement au boycott d’artistes israéliens, ou français réputés soutenir l’Etat hébreu.
A...
-
01/07 - Pedro Sanchez, chevalier blanc embourbé dans les scandales
Le 10 juin, Pedro Sanchez a assisté à la messe. C’était la première fois, en huit ans de présidence du gouvernement espagnol. Si cet anticlérical militant s’est aventuré dans la Sagrada Familia à Barcelone, à l’occasion de l’inauguration par le pape Léon XIV de la plus haute tour de la basilique d’Antoni Gaudi, ce n’est pas qu’il s’est découvert, à 54 ans, une soudaine attirance pour la religion. Plus prosaïquement, sa démarche visait à sauver le peu qu’il lui reste de popularité, dans un pays encore marqué par le catholicisme. Car il est embourbé jusqu’au cou dans des affaires de corruption. La spirale du scandale compromet son ambition de conquérir un troisième mandat lors des élections générales, qui doivent se tenir l’an prochain au plus tard.
C’est pourtant ce même Pedro Sanchez qui est admiré comme un modèle à suivre par toute la social-démocratie européenne. Celle-ci sait gré au chef du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) d’avoir tourné la page de l’austérité qui a suivi la crise financière, d’avoir impulsé une politique sociale généreuse, d’avoir mené une diplomatie combative et, sur le plan tactique, d’avoir bloqué l’essor de la gauche radicale. Tout cela, en évitant de remettre en question le relèvement par son prédécesseur conservateur de l’âge de la retraite à 67 ans et en maîtrisant les finances publiques. Seul socialiste à diriger encore un grand pays de l’Union européenne, Sanchez incarne une gauche pragmatique, sociale et pacifiste, en perte de...
-
01/07 - "Il faut taxer ce qui dort, pas ce qui crée" : les conseils de l’économiste Jean-Hervé Lorenzi au futur président
"Mais, je pensais que vous étiez mort !" C'est par cette apostrophe, presque desprogienne, que l'économiste Jean-Hervé Lorenzi a récemment été reçu en s'asseyant dans un taxi. Enfin, combien de fois alors, l'aura-t-on confondu avec cet ancien locataire de Beauvau et emblématique maire de Lyon, de un mois et quatre jours son aîné ? Alors, il en rit, lorsqu'on lui fait remarquer que la méprise ne vient pas de nulle part ; la silhouette est pour ainsi dire identique, les traits du visage sont d'une similarité évidente, et le sourire, un brin espiègle, semble avoir été moulé sur l'un pour être posé sur l'autre. Et ce qui agite moins l'oeil, mais qui se sait, c'est que Jean-Hervé Lorenzi est au Cercle des économistes au moins autant que ce que Gérard Collomb fut à la cité des Gones : un indéboulonnable.
À près de 79 printemps, ce lion de la pensée libérale française continue de présider l'institution, devenue près de trente-cinq ans après sa fondation, une référence en matière de réflexion économique. Rien ne l'arrête, pas même les 36°C qui assomment la capitale en cette fin juin. La France vit sa journée la plus chaude jamais enregistrée depuis 1947, mais le voilà sur le pont, cravate rouge nouée autour cou, dans ses locaux (non climatisés !) installés au cœur d'un bel immeuble haussmannien de l'avenue Victor Hugo, finaliser l'organisation de la 26e édition des rencontres économiques d'Aix-en-Provence qui auront lieu du 2 au 4 juillet.
Une semaine avant de faire phosphorer...
-
01/07 - Pessimisme, incertitude, anxiété... Le cocktail morose qui façonne l’état d’esprit des Français
Qu’est-ce qu’un Français ? "Un Italien de mauvaise humeur", disait Jean Cocteau. Certes, mais pas seulement. Il est aussi plus inquiet, plus pessimiste, plus anxieux que la plupart de ses voisins européens. C’est ce que révèle la dernière vague de l’Eurobaromètre - une grande enquête réalisée tous les six mois, à la demande du Parlement européen, sur un échantillon de 26 000 Européens. À la question "quels sentiments décrivent le mieux votre état émotionnel actuel ?", 53 % des Français sondés répondent "l’incertitude", un taux nettement plus significatif que la moyenne européenne (44 %). Viennent ensuite l’impuissance (34 % contre 23 % en moyenne), l’anxiété (30 % contre 21 %) et la colère (20 % contre 15 %). Logiquement, ils se disent également moins confiants (24 % et 33 %), sereins (19 % et 27 %) et heureux (15 % et 22 %) que la moyenne.
L’étude, réalisée du 9 avril au 4 mai, donne à voir une opinion publique française minée par un contexte de crise politique et économique, incapable de se projeter dans l’avenir et largement pessimiste. Seuls 24 % des Français sondés se disent ainsi "optimistes" concernant le futur du monde et 70 % se disent "pessimistes". Ils se disent en revanche plus optimistes sur l’avenir de l’Union européenne (42 %), confirmant une tendance générale : l’UE apparaît pour trois quarts des Européens comme "un espace de stabilité dans un monde incertain".
Depuis novembre 2025, notre pessimisme sur l’avenir de la France a augmenté de 8 points,...
-
01/07 - Ces désaccords internes en Iran qui menacent les négociations avec les Etats-Unis
La perspective d'une paix durable entre les Etats-Unis et l'Iran semble s’assombrir. Des pourparlers entre Téhéran et Washington sont en cours depuis mardi soir à Doha, au Qatar. Mais ces discussions sont indirectes, avec pour intermédiaires le Qatar et le Pakistan. Steve Witkoff et Jared Kushner, émissaires du président américain Donald Trump, ont rencontré mardi le Premier ministre du Qatar pour poser les bases de ces discussions techniques.
Mardi, l'Iran a indiqué qu'il ne rencontrerait pas ces hauts envoyés américains qui se sont rendus dans la région à la suite de la reprise des hostilités. "Aucune réunion, à quelque niveau que ce soit, avec la partie américaine n'est prévue dans les prochains jours", a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei. Selon ce dernier, une délégation iranienne rejoindra le Qatar dans le courant de la semaine pour ces pourparlers indirects qui portent principalement sur l'accès aux avoirs iraniens gelés, notamment les 6 milliards de dollars détenus à Doha sous la supervision du Qatar.Une lutte de pouvoir
Si ces discussions tournent au ralenti et semblent fragiles, c'est en grande partie en raison des divisions entre les différents acteurs du pouvoir iranien et de la lutte de pouvoir entre eux, rapporte The Wall Street Journal (WSJ). Selon le quotidien américain, qui a interrogé des responsables proches des négociations, les modérés souhaitent ardemment débloquer les milliards de dollars d'avoirs...
-
01/07 - Droit du sol : pourquoi la décision de la Cour suprême est un revers majeur pour Donald Trump
Il y a quelques semaines, Donald Trump s'était présenté devant la Cour suprême pour défendre sa tentative de révoquer l'octroi de la citoyenneté américaine par le droit du sol. Ce 30 juin, les juges, par six voix contre trois, ont censuré le président, déclarant son décret anticonstitutionnel. Tout au long de sa campagne, et depuis son retour à la Maison-Blanche, le milliardaire qui a axé son programme autour de la lutte contre l'immigration avait fait de la révocation de ce droit, pourtant ancré dans la Constitution depuis 1868, un combat politique majeur. Dès son retour dans le bureau Ovale, le 20 janvier 2025, Donald Trump s'était ainsi empressé de signer un décret ordonnant aux agences fédérales de ne pas reconnaître la citoyenneté des enfants nés aux États-Unis de parents en situation irrégulière.
Après avoir été jugé illégal par tous les tribunaux, ce texte, l'un des plus contestés de son second mandat, a fait son chemin jusqu'à la plus haute juridiction américaine. Le verdict rendu par cette dernière est une défaite d'autant plus cuisante pour Donald Trump que celui-ci a personnellement nommé trois juges de l'institution majoritairement conservatrice. Deux d'entre eux ont pris position contre le décret présidentiel.Trois conservateurs contre Donald Trump
Un troisième conservateur s'est opposé à Donald Trump : John Roberts, le président de la Cour suprême. Ce dernier, qui s'est aligné sur l'avis des magistrats démocrates, a bel et bien estimé que la mesure était...
-
01/07 - Eolien offshore : un coup de force à 50 milliards d’euros, par Henri Wallard
En publiant le 12 juin le dixième appel d’offres pour l’éolien en mer (AO 10) — visant une attribution en février 2027 —, le gouvernement s’apprête à lier durablement les mains de l’État. La facture totale pourrait atteindre 50 milliards d’euros, pesant directement sur les impôts et factures d’électricité des Français. L'agenda interpelle : dans la foulée, Édouard Philippe inaugurait le 15 juin l’extension d’une usine de pales au Havre.
Mais la riposte politique s'organise. Le RN s’apprête à déposer une proposition de loi pour instaurer un moratoire sur les nouvelles capacités en supprimant les soutiens financiers. Une offensive qui résonne avec les mots du rapporteur général du budget, Philippe Juvin, qui qualifiait récemment les opérateurs de "fermiers généraux" subventionnés. À l'heure des déficits publics massifs, ces aides nées dans les années 2000 ne semblent plus ni justifiées énergétiquement, ni soutenables financièrement.Le choix du gigantisme
Ce passage en force piétine la promesse d’une "clause de revoyure", brandie en février 2026 pour apaiser le débat sur l’énergie. En jetant d'un seul coup 10 gigawatts (GW) dans la balance contractuelle — équitablement répartis entre éolien posé et flottant —, l’exécutif court-circuite le calendrier électoral. Un tel bloc représente la puissance de six réacteurs EPR2. Face à cette concentration inédite, la Commission de régulation de l’énergie (CRE) avait pourtant plaidé pour des appels d’offres fragmentés et progressifs....
-
01/07 - Thesmar et Landier : "Sur l’IA, l’indépendance de l’Europe n’est pas gratuite"
Au nom de la sécurité nationale, le gouvernement américain a décidé de restreindre le déploiement à l'étranger des modèles d'intelligence artificielle les plus performants élaborés par Anthropic (Mythos 5 et Fable 5) et OpenAI (GPT-5.6). L'Europe découvre, effarée, que les Etats-Unis peuvent fermer comme bon leur semble le robinet technologique. Les déclarations alarmistes, à Bruxelles, Paris ou Berlin, se multiplient. Mais seules les entreprises sont capables de répondre concrètement au défi du "kill switch", analysent Augustin Landier, professeur à HEC, et David Thesmar, professeur au Massachusetts Institute of Technology (MIT).
L'Express : La décision de l’administration Trump d’interdire à Anthropic d’exporter ses IA les plus puissantes a relancé la question de la souveraineté européenne. Le "kill switch", c’est-à-dire le fait de couper à distance une technologie vitale, menace-t-il le Vieux Continent ?
Augustin Landier : En tout cas, cela a ravivé le débat sur notre dépendance aux technologies américaines. Elles sont nombreuses: dans le digital bien sûr, mais aussi dans le militaire - les mises à jour logicielles sur les F35 - ou dans les systèmes de paiement - SWIFT, Visa et Mastercard. Il devient nécessaire pour l’Europe de développer des plans B si le ton monte avec les Chinois ou les Américains.
Ces solutions de secours - disons, par exemple, un système de paiement ou un opérateur de cloud basé en Europe - peuvent être moins efficaces. Mais montrer qu’on en...
-
01/07 - Explosion d’un colis piégé à Monaco : ce "bataillon" d’oligarques qui ont fui la guerre en Ukraine
Nice, Saint-Jean-Cap-Ferrat, Beaulieu, Monaco… La "French Riviera" n'a probablement jamais autant parlé ukrainien que depuis le début de la guerre avec la Russie en février 2022. Plusieurs oligarques ukrainiens ont trouvé refuge sur la Côte d'Azur ces dernières années. Parmi les richissimes personnalités établies dans le sud de la France figure Vadim Ermolaev, blessé par un colis piégé lundi 29 juin à Monaco. Âgé de 58 ans, cet homme d’affaires est à la tête d'un empire à la fois immobilier, industriel et viticole.
L'explosion, qui a fait deux autres blessés devant un immeuble résidentiel de Monaco, dont la compagne de Vadim Ermolaev, n'est pas considérée à ce stade comme un attentat terroriste et son auteur présumé est activement recherché par les autorités monégasques et françaises, a déclaré mardi le procureur général de Monaco Stéphane Thibault.
Cette attaque met les projecteurs sur le "bataillon Monaco", le surnom sarcastique donné à des Ukrainiens très fortunés en âge de se battre contre la Russie qui ont fui leur pays en guerre pour mener la grande vie dans le sud de la France. Selon les médias ukrainiens, leur départ s’est fait au mépris de la loi martiale et de la mobilisation générale décrétées par le président Volodymyr Zelensky, qui interdisent aux hommes de 18 à 60 ans en âge d'aller au front de quitter le territoire national.Voitures de luxe et yachts
Ukrainska Pravda est à l'origine de cette expression apparue à la suite d'une enquête de ce média en ligne...
-
01/07 - L’activisme russe à Madagascar inquiète Paris, les "incels" français très surveillés
La CIA noyaute l’entouragedu président vénézuélien,le Mossad israélien piège les bipeurs du Hezbollah,les espions de Poutine payent des petites mains pour dessiner des étoiles de David dans Paris… Si vous ne vous intéressez pas au monde de la défense et de l’espionnage, c’est lui qui s’intéressera à vous. Retrouvez, chaque semaine, notre sélection d'indiscrets exclusifs en France... et notre revue de presse des nouvelles les plus saillantes en Europe. Carole Delga de retour sur les bancs de l’école
La présidente de la région Occitanie fera partie de la prochaine promotion d’auditeurs de l’Institut des hautes études de défense nationale (IHEDN). Une formation élitiste, prodiguée dans l’enceinte de l’École militaire, dans le 7e arrondissement de Paris, et qui attire chaque année de nombreux cadres des industries de défense et de l’armement. Carole Delga suivra la majeure "politique de défense", au même titre que le député des Français de l'étranger Vincent Caure (Ensemble pour la République), engagé auprès d’Emmanuel Macron depuis 2016, et qu’Adnène Trojette, un ancien conseiller du président de la République sur les enjeux numériques désormais au BCG.Le SGDSN avec les Outre-mer
Le Secrétariat général à la défense nationale (SGDSN) travaille les questions de sécurité et de défense avec les préfectures des Outre-mer. Ces réunions portent particulièrement sur les ingérences étrangères. Le but : coordonner une réponse adaptée aux attaques "sous le seuil du conflit armé"...
-
01/07 - Retraites : quand l’Allemagne ose affronter ses démons démographiques
Combien de fois a-t-on annoncé la fin du modèle allemand ? Combien d'analyses pour décrire le déclin inéluctable de ce vieillard de l'Union européenne ? Encore une fois, l'Allemagne nous surprend, nous Français, par sa rapidité de réaction, cette capacité rare à regarder en face ses propres faiblesses. Et à les traiter. Frappée de plein fouet par le vieillissement démographique, l'Allemagne est en passe d'adopter une des réformes du système de retraite les plus ambitieuses et révolutionnaires de ces dernières années en Europe. Aussi radicale que celle menée par la Suède au cours de la décennie 1990. Mais à l'époque, le royaume nordique y avait été forcé par les marchés financiers. Berlin n'a pas attendu d'en arriver là pour bouger.
Le groupe d'experts indépendants chargé par le gouvernement de réfléchir à l'avenir du système des retraites a rendu récemment un rapport explosif. Parmi les pistes évoquées : la création d'un pilier de capitalisation obligatoire financé par une nouvelle cotisation pesant à la fois sur les entreprises et les salariés, la mise en place d'un système automatique indexant l'âge de départ à la retraite sur les gains futurs d'espérance de vie, la modification du calcul des pensions ou encore l'élargissement du nombre de cotisants…
Le gouvernement Merz, pourtant à la peine dans les sondages, souhaiterait s'en inspirer largement pour faire voter un texte au pas de charge, c’est-à-dire avant la fin de la session parlementaire, le 10 juillet. Le...
-
01/07 - "MerPeople" sur Netflix : comment adapter la bêtise américaine au génie français
Vous ne connaissez pas le mermaiding ? Attention, ça prend de l’ampleur, ou ça va en prendre. Après Miss Mermaid, les petites filles un peu mal dans leur corps pas-comme-il-faut (il y en a), vont vouloir demander une combinaison de sirène à Noël. Et toutes les femmes de 30 balais, échouées sur la mauvaise rive économique et sentimentale (il y en a encore plus) vont vouloir s’en sortir par le mermaiding. Ça vient d’Amérique où, depuis les années 1990, des milliers de femmes enfilent des combinaisons de sirène, souvent dans l’espoir inatteignable de devenir des Miss Mermaid Ohio ou Minnesota. Si vous voulez tout comprendre du phénomène, Netflix diffuse en ce moment une série documentaire en quatre épisodes, MerPeople, qui explique toute cette dinguerie, son commerce fleurissant.
Le premier témoignage de son arrivée en France date de 2019, avec le documentaire de Pauline Brunner et Marion Verlé, La Sirène de Fécamp, qui raconte l’histoire, ou suivait l’épopée d’Alexia Colibert dans sa quête de la couronne de Miss Mermaid. Ça commence comme ça : "Je me nomme Alexia, je suis grosse et ronde, donc comme personne veut de ma gueule, autant mettre les pieds sous l’eau et la tête avec."
Six ans plus tard, Brunner et Verlé réalisent une adaptation cinéma, logiquement intitulée Miss Mermaid, où c’est Fanny (Aloïse Sauvage) qui se transforme en sirène. Elle enfile sa grosse et caoutchouteuse combinaison en forme de queue de dauphin, qui lui remonte jusqu’aux aisselles, avec les...
-
01/07 - L’espionnage, le Vatican et la chute du communisme : les secrets de Jean-Paul II
Les espions font souvent basculer l’Histoire. Dans l’ombre, depuis des siècles et partout sur la planète, certaines opérations ont défini le monde tel que nous le connaissons. Dans "Nid d’espions", le podcast de L’Express consacré au renseignement, on ouvre un dossier secret-défense, dans lequel le rôle des espions a tout changé.
1962, le monde retient son souffle. Nous sommes au cœur de la Guerre froide et la tension vient d’atteindre son point de rupture : alors que les Américains ont pointé leurs missiles vers l’Est depuis la Turquie et l’Italie, à Moscou le Kremlin se sent menacé et la réponse est immédiate. Le 15 octobre 1962 le président Kennedy reçoit sur son bureau des clichés aériens qui révèlent l’impensable : des rampes de missiles nucléaires soviétiques sont installées sur l’île de Cuba. C’est l’opération Anadyr. L'arsenal se trouve à moins de 200 km des côtes américaines. Pour les États-Unis, une ligne rouge est franchie, Kennedy ordonne le blocus maritime de l’île.
La guerre nucléaire n’a jamais été aussi proche. Mais dans l’ombre des deux géants, un acteur inattendu s’invite à la table des discussions. C'est le Vatican. Le pape Jean XXIII y prend le rôle de médiateur. Il rédige un appel à la paix qu’il fait passer aux ambassades américaine et soviétique. Le message est diffusé par Radio Vatican et repris un peu partout dans les médias. D’après les historiens, cela n’a pas vraiment changé la manière dont l’administration Kennedy aurait géré la crise, mais...
-
30/06 - KNDS : entre la France et l’Allemagne, un mariage blindé
Attention : Paris, Berlin, relation difficile. Un couple au bord du divorce, murmure-t- on. A ce point-là ? Le 8 juin dernier a été rendu public un nouveau coup de canif dans la relation franco-allemande, avec la fin officielle du Scaf, le projet d’avion de combat européen, destiné à remplacer à l’horizon 2040 le Rafale français et l’Eurofighter. Trop de frictions et trop de méfiance auront fini par miner le programme lancé en 2017 par Emmanuel Macron et Angela Merkel. Le projet Eurodrone est lui aussi devenu un objet de disputes récurrentes entre Airbus et Dassault : on le dit également proche de la mort clinique. Faut-il donc déjà enterrer l’Europe de la défense ?
Impossible, quand les Etats-Unis amorcent leur retrait du continent et quand le chef de la diplomatie russe Sergeï Lavrov souffle sur les braises en affirmant voir dans l’Europe "la principale menace pour la sécurité mondiale". L’Allemagne réarme, la France réarme, tout comme le reste de l’Europe. Chacun a conscience que sans un minimum d’intégration, l’addition des efforts sera insuffisante pour affronter les nouveaux défis sécuritaires. C’est dans ce sens que Paris et Berlin viennent de publier les bans de leur nouvelle union capitalistique autour de KNDS, le fabricant franco-allemand de systèmes de défense terrestre créé en 2015 : KNDS (le fabricant du char Leopard et du canon Caesar) doit prochainement faire son entrée sur les deux places financières, une opération initialement prévue en juillet, mais...
-
28/06 - En Chine, le mystère reste entier après le crash d’un avion ayant percuté le plus haut gratte-ciel de Pékin
Vendredi 26 juin après-midi, un petit avion touristique a manifestement échappé aux contrôles aériens parmi les plus stricts au monde... avant de s'écraser contre le plus haut gratte-ciel de Pékin, la tour CITIC de 109 étages, tuant le pilote, seul à bord, et blessant treize autres personnes. Des éclats de verre et des débris d'avion ont été projetés au sol, provoquant la panique dans les rues de la capitale chinoise.
On ignore encore si le crash était accidentel ou intentionnel. Ce que l'on sait, à ce stade, selon les données du site Flightradar24, c'est qu'après avoir décollé de l’aéroport de Shifosi, dans le grand est de Pékin, le biplace Sunward Aurora SA60L a dévié abruptement de sa route en direction du centre-ville avant de se fracasser sur ce bâtiment emblématique, haut de plus de 500 mètres.
L'aérodrome servant de base à l’école de pilotage Easter Pioneer, qui a opéré l’aéronef par le passé, a été inspecté par la police, qui s'est notamment intéressée à un véhicule immatriculé au nom d'un certain Liu Junhua, soupçonné selon le Financial Times d’avoir été aux commandes de l’appareil. Ce nom est aussi celui d’un employé d'une filiale de CITIC, sans que l'on puisse affirmer à cette heure qu'il s’agisse d'une seule et même personne. Comme le relève le journal britannique, un communiqué publié par la filiale en question, Citic Wealth, semble indiquer que celle-ci nie que son employée soit liée au crash.
Le gouvernement chinois a mis 24 heures avant de reconnaître...
-
15/06 - Frappes en Iran : un tournant pour le Moyen-Orient
-
21/05 - Le PEA, un produit efficace et simple
C’est une interrogation qui travaille de nombreux Français ayant réussi à mettre un peu de sous de côté, mais qui n’ont pas encore vraiment réfléchi à la question de l’investissement. Comment faire fructifier son argent sans prendre trop de risques ? L’une des réponses peut être le Plan d’épargne en actions (PEA). Autrefois considéré comme un produit complexe et réservé aux initiés, il est accessible à ceux qui connaissent mal les mécanismes d’investissement, mais aussi à ceux qui veulent optimiser leur placement. Le principe du PEA est simple : il s’agit d’un compte-titres qui permet d’investir dans des actions d’entreprises cotées de l’Union européenne, et ce dans un cadre fiscal avantageux. Pourquoi avantageux ? Parce que si l’on garde son PEA pendant 5 ans au moins, les plus-values et dividendes sont exonérés d’impôt, en dehors des prélèvements sociaux.
Très concrètement, prenons l’exemple d’un PEA conservé 6 ans, avec un versement initial de 10 000 euros, des virements mensuels de 200 euros et un rendement de 7 % par an. Les versements cumulés sont donc de 24 400 euros, et le capital brut atteint 32 819 euros, soit des gains bruts de 8419 euros. Les prélèvements sociaux de 18,6 % sont dus sur cette dernière somme et sont donc de 1566 euros. Le capital net, après impôts, est ainsi de 31 253 euros. En six ans, l’épargnant aura ainsi gagné 6853 euros. Pas de commission sur les transactions
Levier puissant, le PEA reste pourtant encore sous-utilisé par les jeunes...